Exemple de fiche méthodologique détaillée

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Exemple de fiche méthodologique détaillée
COMMENT SENSIBILISER PAR L’ANIMATION ?
3.1. Les étapes de la création d’une sensibilisation animée
3.1.1. Clarifier l’effet attendu
L’insertion dans un monde nouveau – celui de la pêche – impliquait une
participation dès les premiers jours à la vie d’équipe pour y être initié. En effet, durant
ces premiers jours, l’équipe préparait des lignes pour les animations de pêche à
venir. Cela a permis d’être familiarisé au matériel, mais aussi aux différentes espèces
de poissons que l’on pêche sur Roubaix-Tourcoing.
Extraction de l’hameçon de la gorge d’une Brème
(Abramis brama)
Étant donné la qualité médiocre des eaux des canaux de la région, comme le
canal de Roubaix, la Deûle ou la Scarpe, la faune d’eau douce est longtemps restée
pour moi une interrogation.
La mission qui m’a été confiée est : « La conception et la réalisation d’une
animation sur une chaîne alimentaire en eau douce dans un but de vulgarisation
pour un public large et urbain ».
L’expérience immédiate a montré qu’il aurait mieux valu reformuler la demande
avant de commencer à y répondre, et de vérifier avec Monsieur Vincent, mon maître
de stage, qu’elle ait été bien comprise.
Ensuite, vient la définition des objectifs à atteindre lors de l’animation, c’est-à-dire
se poser la question :
« Quel est le but de cette animation ? ».
Au départ, l’attention était portée sur la sensibilisation d’enfants de 8 à 12 ans au
principe d’une chaîne alimentaire et celui de la bioaccumulation (1) (se référer au
lexique), au moyen d’une animation éventuellement adaptable à un public d’adultes,
et aussi bien réalisable en intérieur qu’en extérieur. La première idée était celle d’un
jeu de société, de type jeu de l’oie qui correspond à tout type de public. Cependant,
une fois la conception du jeu finie, on a réalisé que les questions étaient trop difficiles
et que le souhait du Syndicat des Pêcheurs visait une action plus dynamique, où les
enfants seraient plus actifs. La demande a donc été reformulée de façon précise et
sa bonne compréhension vérifiée.
3.1.2.
La conception
La reformulation de la demande a ainsi permis de définir les objectifs primaires,
puis secondaires, cohérents avec la définition de cette mission, et à atteindre lors de
l’animation à créer.
Il fallait reprendre la conception depuis le début, la question :
« Quel est le but de cette animation ? ».
En règle générale, les objectifs primaires d’une sensibilisation à l’environnement
par l’animation sont la bonne compréhension du message et des activités plaisantes.
À cela, il a été souhaité d’en ajouter un troisième qui concerne le côté pratique et qui
vise à permettre l’animation en toutes circonstances ; la contrainte essentielle
retenue étant le temps, la saison. Les trois objectifs primaires définis étaient donc :
ÿ que chaque joueur ait compris le principe d’une chaîne alimentaire et le
principe de bioaccumulation (1) ;
ÿ que chaque joueur se soit investi dans le jeu (sans excès, le meneur de jeu
est là pour calmer l’ambiance) ;
ÿ une animation extérieure adaptable en intérieur (salles de classe par
exemple).
On notera que l’aspect ludique d’une animation est particulièrement important
pour un tel public car c’est par le jeu que les enfants apprennent. En effet,
l’expérience en milieu associatif a montré que le jeu est un des meilleurs moyens
pour développer la mémorisation chez les très jeunes. Pour preuve, toutes les
associations d’éducation à l’environnement en milieu scolaire ou périscolaire ont
depuis longtemps adopté cette façon de faire. Citons à titre d’exemple Nord Nature
Chico Mendès et bien sûr A.E.R.E. et l’École de Pêche du Syndicat des Pêcheurs de
Roubaix.
Toute suite après, viennent les objectifs secondaires, c’est-à-dire des objectifs non
nécessaires à la réussite d’une animation, mais qui cependant l’optimisent. Cela peut
concerner des aspects divers tels que des éléments mémorisés en plus, comme les
noms de quelques espèces de poissons ou d’invertébrés.
Mais même si la détermination des objectifs primaires reste primordiale, il est très
souhaitable d’en définir d’autres moins importants car ils permettent d’améliorer la
qualité du message :
ÿ
le message : quelques noms de taxons (2) (se référer au lexique)
retenus ;
ÿ
bonne répartition de l’implication des joueurs au sein de chaque équipe
(que tout le monde participe de la même façon).
De la mise en évidence des objectifs, on déduit les moyens d’action. La question
qui se pose est :
« Comment vais-je organiser mon animation, quel schéma ou quelle structure lui
donner pour répondre à ces objectifs ? »
Pour que le message soit le mieux compris, il faut qu’il reste simple. C’est-à-dire
ne pas employer de termes compliqués ou du vocabulaire spécifique ; rester dans
une explication générale des principes de fonctionnement, sans s’attarder sur des
détails ou sans extrapoler ; employer les mots du public, tout en veillant à une
syntaxe correcte. Pour une communication optimale, on a préféré expliquer le
principe d’une chaîne trophique (3) directement à partir d’un exemple, ce qui permet
aux enfants de voir concrètement comment cela fonctionne, plutôt qu’un discours
plus théorique. Par ailleurs, pour améliorer davantage la mémorisation du message,
un exemple unique a été choisi et repris au cours des deux heures de l’animation. Il
s’agit de favoriser la mémorisation par phénomène de répétition d’un message
compris, car simple. Schématiquement, cela correspond à avoir appris correctement
aux enfants un exemple précis et simple de chaîne alimentaire, à partir duquel ils
peuvent déduire son fonctionnement global.
En ce qui concerne le plaisir du jeu, le choix s’est orienté vers des règles simples
et des supports attractifs, c’est-à-dire avec des couleurs, des images, un aspect
original… Les enfants de 8 à 12 ans aiment les jeux dynamiques (comme le pratique
effectivement l’École de Pêche). C’est par de telles activités qu’ils apprennent le
mieux.
Une fois ces critères retenus, la question qui se posait alors concernait le nombre
d’activités. Pour ce faire, il convenait de reprendre les conditions d’animation :
ÿ
une animation de deux heures au total : incluant l’accueil, l’explication
des règles, la formation des équipes…
La durée d’animation prévue s’est présentée alors comme le meilleur moyen
d’organisation. Sept activités de dix minutes chacune ont donc été préparées. Cela
donnait le temps en plus d’expliquer les règles, de gérer également d’éventuels
problèmes de discipline…
Bénéficiant d’une certaine expérience dans l’animation éducative, les idées
d’animation sont venues rapidement. Le cas échéant, une recherche et une liste
d’activités adaptées à ce public peuvent être conseillées, en se référant par exemple
au réseau MNE (8) et/ou aux CPIE (8) qui y sont rattachés. La piste d’une animation
aux activités variées a alors été privilégiée, pour satisfaire davantage le public. Mais
il y a un point très important à ne pas oublier mais qui revient systématiquement,
c’est la sécurité. Notamment vis-à-vis du choix du cadre, des activités, du matériel
parfois… Ce critère a permis une première sélection des activités qui constituent
aujourd’hui l’animation, puis une seconde basée sur la possibilité de réaliser cette
sensibilisation en toute saison – c’est-à-dire une animation faisable aussi bien en
extérieur qu’en intérieur.
Ces activités sont :
ƒ
une variante du parcours du combattant : « Les périples du prédateur »,
remplacée par mauvais temps par une variante du jeu «Taboo » ;
ƒ
un jeu simple de balle où l’on cite des espèces animales et végétales
aquatiques : « le jeu du Héron » (intérieur-extérieur) ;
ƒ
une chenille presque aveugle devant éviter des obstacles : « le ver de
vase », remplacée après les premiers tests par le « Chamboule-proies », une
variante de jeu de quilles (intérieur-extérieur) ;
ƒ
le jeu dit « du Tueur » : les enfants doivent retrouver qui est celui qui
fait des signes aux autres : « Qui est l’anguille » (intérieur-extérieur) ;
ƒ
« Qui mange qui ? » : variante du loup glacé avec des cibles bien
prédéfinies, adapté pour la salle si besoin ;
ƒ
un jeu de découverte et d’association des espèces et de leurs mœurs :
« À la découverte du royaume de Neptune » (intérieur-extérieur) ;
ƒ
une activité où les enfants doivent reconstituer la contamination d’une
chaîne alimentaire avec l’aide d’un animateur, « Le poison est dans le poisson »
(intérieur-extérieur).
Étant donné que le public semblait a priori un peu difficile, l’anticipation sur
d’éventuels problèmes de discipline a conduit à l’alternance des activités calmes et
dynamiques, permettant d’apaiser après un jeu qui énerve. En outre, la répartition
des enfants en deux équipes, qui jouent chacune indépendamment de l’autre,
contribue également à réduire cette difficulté et permet de rendre l’animation plus
active et dynamique.
À cette étape, on connaissait donc l’organisation globale de cette action de
sensibilisation. Il fallait alors déterminer avec précision les règles du jeu.
Naturellement, toute action, surtout nouvelle, se doit d’être évaluée, tout comme
une voiture sortant d’une chaîne de production est testée. C’est pourquoi, trois
animations-tests avaient été programmées pour pouvoir améliorer l’animation une
première fois, puis pour vérifier sa fonctionnalité après les corrections.
C’est pour cela qu’une grille d’évaluation à remplir par les deux animateurs
concernés après chaque action, a été établie suivant certains critères. Il s’agit
finalement du débriefing… Ces critères ont été choisis en se basant sur les objectifs
de la mission ; notamment :
ÿ que chaque joueur ait compris le principe d’une chaîne alimentaire et le
principe de bioaccumulation (1) ;
ÿ que chaque joueur se soit investi dans le jeu (sans excès le meneur de jeu
est là pour calmer l’ambiance) ;
ÿ le message : quelques noms de taxons (2) retenus ;
ÿ bonne répartition de l’implication des joueurs au sein de chaque équipe
(que tout le monde participe de la même façon).
De là, les deux premiers thèmes à vérifier étaient le message et l’aspect ludique.
Pour le premier, il suffisait de tester la mémorisation, facilitée en amenant les enfants
à comprendre plutôt que de leur expliquer de but en blanc. Quant au second, une
autre évaluation, destinée aux enfants et individuelle, a été mise au point. Elle
détermine dans quelle mesure l’animation leur a plu, ce qu’ils ont le plus et le moins
préféré, mais aussi de vérifier si le vocabulaire leur était adapté ou encore si les
explications étaient claires.
Ce type de questions propose, en fonction des réponses et de leur fréquence, des
explications lorsqu’on réalise que l’animation n’a pas fonctionné comme on le
souhaitait. Ce questionnaire, simple et rapide, est donné à chaque enfant dès la fin
de l’action, et les animateurs les aident à le remplir.
Les autres critères permettent de vérifier le fonctionnement des animateurs et de
l’optimiser si nécessaire. Ils remettent en cause plusieurs points tels que
l’organisation (préparation matérielle, encadrement…), la sécurité (choix du cadre,
balisage…) ou encore l’adaptation au public (langage simple…). Les animateurs
concernés doivent juger sur une échelle d’appréciation chacun des critères : à revoir,
quelques points à revoir, assez bien, très bien. Pour le traitement statistique, on en
déduit une échelle de 1 (à revoir) à 4 (très bien), à interpréter ensuite.
Avant toute exploitation de cet exemple d’évaluation, Monsieur Vincent ainsi que
Monsieur Châtelain ont validé ces deux « questionnaires », puisqu’il s’agit d’un
modèle conçu à l’occasion de cette mission ; mais qui est en règle générale
adaptable à toute animation construite à partir de cette méthodologie.
À chaque nouvelle étape de la conception, les éléments étaient ajoutés sur
l’ordinateur de l’équipe technique. J’ai ainsi d’abord écrit les règles générales, le
principe de l’animation. Puis j’ai ajouté la liste des activités et leurs modifications. À
partir de cela, un tableau de matériel par activité a été créé dans le même dossier
informatique. Puis, une fois que tout avait été précisé, une fiche technique de
l’animation a été mise au point, pour constituer un dossier qui reprenait également le
matériel « papier » nécessaire à la mise en place de l’animation au début de chaque
séance. À la fin de la mission, l’addition d’une carte par activité représentant le
positionnement du matériel et des participants et animateurs (ce dossier est joint
mais figure en dehors du rapport).
Par cette méthode, les animateurs pouvaient à tout moment savoir où en était
l’animation en cours de réalisation. Mais le but originel était de conserver un
maximum de données actualisées de façon à ce qu’ils n’aient pas, à la fin de cette
mission, qu’un dossier synthétique, mais un des documents supplémentaires qu’ils
pourraient consulter si un élément de l’animation n’était pas clair. Cependant, pour
les tests qui ont suivi, c’est le même animateur qui a travaillé avec moi, après lui
avoir détaillé le principe, les règles et le déroulement. À présent, cette sensibilisation
est acquise, que ce soit pour l’équipe technique ou pour la Direction qui était
régulièrement mise au courant de l’évolution de ce « microprojet ».
Les règles et le principe de fonctionnement une fois écrits, il faut réfléchir aux
supports les plus adaptés.
L’informatique : le Syndicat des Pêcheurs peut ainsi en disposer à volonté et juste
au prix du papier. Ce guide porte le nom de « Guide PAC » (les Principaux animaux
du canal).
Une petite partie du matériel a dû être achetée. Après un mois de stage, j’ai
réalisé que j’avais manqué d’organisation en ce qui concerne les achats nécessaires.
En effet, j’avais déjà demandé à Monsieur Châtelain un petit budget pour pouvoir
réaliser les premiers supports alors que je n’avais pas fait valider la conception de
mon animation par mon maître de stage. Le matériel acquis servira probablement,
mais pas pour ce travail. Mais par la suite, l’erreur ne s’est plus renouvelée.
Le reste des supports employés lors des animations-tests est sans risque et
provient du local associatif.
« Les périples du prédateur »
Le Guide « P.A.C. »
Il existe un dossier qui décrit l’animation dans ses détails. Ce dossier, nommé
« Plan d’action », a été conçu pour faciliter l’autonomie de l’équipe d’animation du
Syndicat des pêcheurs (fiches techniques, supports utilisés, fiches de suivi…). Il est
fourni mais constitue un document extérieur au rapport. En annexe figurent des
exemples de fiches de route à la fin du jeu.
Ce dossier contient :
ƒ
le principe général de l’animation ainsi que les cartes d’emplacement
du matériel et des participants (enfants et animateurs) ;
ƒ
les fiches techniques de chaque activité plus la fiche technique globale
de l’animation ;
ƒ
le principe et les règles de l’animation en détail ;
ƒ
les fiches de route des équipes (pour coller leurs indices et les
pastilles) ;
ƒ
les fiches de suivi des animateurs (pour savoir à tout moment quel est
le prochain jeu, quel est l’indice à donner, et quelle à quelle équipe). Cela permet
un suivi rigoureux du bon déroulement de l’animation, mais également aux
animateurs de ne pas avoir à mémoriser une animation relativement complexe de
par la diversité de ses activités ;
ƒ
la liste du matériel nécessaire par activité ;
ƒ
la fiche d’évaluation-enfant ;
ƒ
la grille d’évaluation (à remplir par les animateurs concernés).
Évaluation des animations

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