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Voir le texte d`invitation - Congrès « Et si la beauté pouvait sauver le
Les ateliers création du Congrès
"Et si la beauté pouvait sauver le monde?"
« Beauté – Guérison – Symboles »
Les 21 à 18h, 22 et 23 octobre 2016
à Vézelay
Chers amis,
Nous sommes en chemin vers le rassemblement du prochain congrès qui se tiendra à la
Toussaint 2017 à Paris.
Déjà en plusieurs régions de France, du Canada, du Chili, de la Lituanie, de la
Belgique...des rencontres riches de sens commencent à former ces tessons de couleurs qui
rejoindront la grande mosaïque des journées de Paris.
Entre « L'Hospitalité de la Beauté » dans la région toulousaine et « La Maison du
Visiteur » à Vézelay en Bourgogne, est né le désir de faire route commune.
C'est ainsi que nous vous proposons de nous retrouver les 21 à 18h, 22 et 23 octobre à
Vézelay, au sommet de la "Colline Éternelle", haut-lieu de l'architecture médiévale, pour y
respirer à plein poumon un héritage né d'une certaine vision de l'homme.
Quêteurs ensemble sur cette voie de la Beauté au cœur de nos métiers et de nos pratiques
dans les domaines de la santé, l'éducation, la médiation culturelle.… nous l'interrogerons ou
plutôt nous nous laisserons conduire par elle à travers l'ouvrage des bâtisseurs, qui à leur façon
ont excellé dans l'art d'exprimer l'homme relié, l'homme orienté. Sur place, immergés dans les
bienfaits de cette consonance de l'homme, du cosmos et du Divin et au rythme de cette danse
trinitaire palpable dans l'architecture de l'abbaye, nous nommerons un peu plus cette Réalité
humaine et spirituelle qui nous constitue et nous ouvre les portes d'une véritable anthropologie de
l'Espérance.
Tant de questions et de combats intérieurs sont les enjeux de nos transformations
personnelles et donc de société qu'il faut y apporter le plus grand soin. Nous le constatons tous,
combien l'homme d'aujourd'hui que nous sommes aussi, est en exil, loin, parfois très loin de son
intériorité. "Si la Beauté nous touche tant", comme le rappelait Iris Aguettant dans son texte
d'invitation à la mise en œuvre du congrès 2017 à Paris et que vous trouverez à la fin de ce
courrier, "...c’est qu’elle crée en nous presque à notre insu, une réconciliation, une œuvre
d’unification..."
Nous vous convions à ces instants de Beauté. Qu'ils soient révélés par les mains des
bâtisseurs ou lors de nos échanges, ils feront naître en nous une parole et des mots sensibles et
salvateurs. Les interventions préparées par ceux d'entre vous qui ont aujourd'hui un cheminement
particulier à partager seront très bienvenus.
Puissions-nous nous émerveiller une nouvelle fois de l'abondance des ressources léguées à
chacun ; elles sont, à notre échelle, l'héritage le plus précieux à cultiver face à toutes les formes
de desespérance.
Nous chercherons ensemble à balbutier humblement cette Parole née de nos rencontres
car, nous le savons, il y a urgence à parler d'âme à âme.
Nous vous attendons avec joie,
Hélène Ramin, Véronique Feugère, Christopher Kelly, Sophie-Liesse de Jacquelot de la
Maison du Visiteur avec Marie-Claire Grasset pour l'équipe de L'Hospitalité de la Beauté
Programme , quelques repères :
Vendredi soir, accueil à partir de 18h à la Maison du Visiteur, dîner à 19h30.
En fin de soirée une première immersion dans la « lumière » de Vézelay.
Samedi matin, rendez-vous à 9h00 au pied de la colline sur un sentier de pèlerin ; nous mettre en
marche ensemble pour découvrir ou redécouvrir la force de cette architecture romane, la sculpture
de certains chapiteaux, celle du grand tympan sculpté dans l'entrée. Ces images sont de véritables
paraboles-symboles de l'homme et son cœur profond.
Samedi après le déjeuner rendez-vous à la Cité de la Voix, dans la salle Romane dont la qualité
acoustique favorisera l'écoute de nos voix, de nos chants, de nos paroles.
Nous prendrons le temps de nous écouter en particulier sur :
- La relation comme genèse de toute création et recréation ; l'altérité comme source de guérison.
- L'initiation artistique comme chemin de transformation et d’accueil du sacré ; l'ascèse de l'artiste,
du poète, de l'éducateur, du contemplatif… révèle que leur renoncement à l’auto-détermination pour
accueillir le plus grand que soi est source de fécondité.
Vladimir Lossky, auteur russe du 20ème siècle dans la suite de tous les mystiques médiévaux ou
ceux du désert sont unanimes sur le fait qu'en l'homme : “C'est la volonté qui est malade... car
durcie ou repliée sur elle-même, elle ne connaît plus l'effusion de la grâce".
- La fragilité et la pauvreté comme le terreau de notre accomplissement, comme l'humus
indispensable à notre spiritualisation.
Pour ceux qui le souhaitent, messe anticipée du dimanche, le samedi soir à 19h dans la Basilique.
Dimanche matin : le soleil du levant à l'orient de la Basilique dans le silence du petit matin...
Une façon d'ouvrir la porte à notre journée ! Temps de contemplation suivi d'un petit déjeuner au
Centre Ste Madeleine. Retour à la Cité de la Voix pour la suite de nos échanges.
Avant le déjeuner, un apéritif acoustique sous les voûtes de la chapelle du prieuré franciscain de la
Cordelle.
Déjeuner et temps final de notre rencontre : mise en perspective de nos journées de Paris en 2017.
Élaboration commune d'une manifestation de cette anthropologie de l'Espérance ; une audace dont
la pertinence tiendra par l'implication de chacun. Fin de la rencontre prévue vers 16 heures.
.
Renseignements Pratiques :
Frais d'inscription : 25€ (réservation salles, redevances pour la Basilique...)
Restauration prévoir 15 euros par repas pour les quatre repas du séjour qui seront pris en commun
Hébergement : possibilité à 21 euros par nuit au Centre Sainte Madeleine, et bien sûr tous types
d’hôtellerie dans Vézelay sont à votre disposition.
La Maison du Visiteur 89450 Vézelay Tél : 03 86 32 35 65 [email protected]
Invitation au prochain congrès « Et si la Beauté pouvait sauver le monde ? »
Paris du 28 au 31 octobre 2017
« La beauté, une alternative au mythe du progrès », c’était le titre de la dernière réunion plénière du
Congrès à Montréal. Et bien entendu nous sommes loin d’avoir épuisé le sujet ! Mais qu’est-ce que
cela veut dire au juste, pour vous, pour moi ? C’est quoi cette Beauté qui prétend sauver le monde, à
l’heure de la folie meurtrière, du fanatisme galopant, de l’impuissance des gouvernants à retenir la
déferlante du réchauffement de la Planète ?
C’est une conviction intime, certes, au cœur de ceux qui se reconnaissent de ce courant, de cette
aventure, que « La Beauté sauvera le monde » et en même temps, une conviction qui demande à
être en permanence partagée, risquée, renommée, sans quoi elle devient son contraire : une
abstraction, un slogan de plus, un rêve.
Ce que l’on peut espérer, à la suite de la COP21 ou dans les cœurs meurtris par les événements qui
obsèdent nos écrans et nos nuits, mais aussi grâce à des impacts comme celui de l’encyclique
Laudato si, c’est une prise de conscience, à une échelle plus élargie, de la relation entre l’homme, le
Cosmos et le Divin, celle dont nous a parlé Agusti Nicolau Coll, lors de la table ronde du 9 octobre
à Paris. Cette trinité, même si on a tenté de l’oublier ou de la nier, pourrait s’imposer de plus en plus
à tous et surtout à chacun, personnellement. Pour certains, héritiers de la tradition judéo-chrétienne,
elle semble tellement inscrite, « habituée » qu’elle a un peu déteint et qu’il est urgent de lui
redonner ses couleurs ; pour d’autres au contraire, plus nombreux qu’on le croit, cette vision de
l’homme relié commence à pointer comme une nécessité intérieure, un besoin de comprendre, un
désir de revenir au cœur, à l’essentiel. On la retrouve même, nous dit Raimon Panikkar « dans la
plupart des cultures du monde, au point de pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un invariant culturel et, en
conséquence, d’un invariant humain ».
Le trois ne s’impose pas, il invite, il s’ouvre, il fait sortir de la dialectique ou du moins il l’amène
plus loin. Il laisse la place à l’autre, au silence, à la communion.
Et c’est bien de cela qu’il s’agit en fin de compte. Après la chute des illusions idéologiques ou
institutionnelles, reste une société qui n’est bientôt plus qu’une communauté d’hommes, de
femmes, d’enfants un peu perdus et – non pas mais – et qui a l’avantage, l’énorme avantage de ne
plus pouvoir se maintenir par l’extérieur, par un carcan artificiel. Il n’y a bientôt plus que la richesse
de la présence de chacun, avec son talent, sa couleur unique et indispensable et aussi sa blessure
intime, que l’on puisse reconnaître comme fondement de la société, force de proposition capable
d’inventer et de trouver, de créer et … de sauver. Et aussi, et surtout il y a la relation désintéressée,
le besoin vital de l’autre. Ce dépouillement qui nous oblige à changer de relation à nous-mêmes,
aux autres et au monde, à devenir ensemble des contemplatifs, n’est-il pas une espérance pour notre
monde, qui nous arrive par là où on ne l’aurait pas imaginé ?
Je crois que l’acte artistique permet ou plutôt demande de se situer au centre de cette trilogie
cosmo-divino-humaine, c’est du moins l’expérience, plus ou moins consciente qu’il fait faire à
l’artiste comme à celui à qui il s’adresse. Si la Beauté nous touche tant, c’est qu’elle crée en nous
presque à notre insu, cette réconciliation, cette œuvre d’unification, ce « trois en un » ! L’originalité
du Congrès est de poser ensemble cet acte artistique, ou du moins cet acte symbolique, de croire à la
communion en acte entre personnes aussi diverses en âges, ethnies, capacités intellectuelles, talents,
croyances, d’en goûter le fruit et d’en offrir le rayonnement et les initiatives concrètes qu’il ne
manquera pas d’engendrer.
Si donc le Congrès prétend manifester quelque chose de la beauté qui sauve, il se doit d’être
artistique pas seulement dans ses propos, ou à travers des soirées et des expositions, mais en luimême. En marche, donc !
Iris Aguettant