[email protected]@NIE - Ambassade de France en Birmanie

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Lettre d’information de l’Ambassade de France en Birmanie
www.ambafrance-mm.org
Numéro 9
Mai 2012
EDITORIAL
Décidée le 23 avril par le Conseil des Affaires
étrangères de l’Union européenne, la suspension
des mesures restrictives à l’égard de la Birmanie
était attendue de longue date.
Il s’agit, comme la France l’avait souhaité, d’une décision
adaptée et proportionnée au contexte birman.
Adaptée car elle répond de manière forte – la suspension
concerne l’ensemble des mesures restrictives à l’exception de
l’embargo sur les armes- à la transition démocratique engagée par
le président Thein Sein et aux nombreuses étapes positives que la
Birmanie a franchi depuis un an.
Proportionnée car elle témoigne de la volonté de l’Union
européenne de rester vigilante sur l’évolution du processus en cours
tout en ouvrant de nouvelles perspectives. La nécessaire vigilance
concerne les problèmes qui restent en suspens : le maintien en
détention d’un certain nombre de prisonniers politiques et la
poursuite des affrontements entre l’armée et la minorité des
Kachins notamment, domaines dans lesquels nous souhaitons que
l’ensemble des parties en présence trouvent rapidement des
solutions dans l’intérêt du peuple birman.
De ces solutions dépendra la nouvelle étape que l’Union
européenne sera amenée à franchir. La décision du Conseil a été
adoptée pour un an. A l’expiration de ce délai, le régime des
SOMMAIRE
Le consulat vous informe
…………………….page 3
Rubrique santé
…………………….page 5
Les rendez-vous de l’IFB
………….…………page 6
La page du Service
Economique……...page 8
Aide et développement
………………….....page 9
Chroniques birmanes
…………………….page 10
Associations
…………………….page 12
Calendrier
…………………….page 13
Petites annonces
…………………….page 13
1
sanctions sera levé, sauf décision explicite contraire de la part du Conseil. D’ici avril 2013,
celui-ci est libre de lever les sanctions par anticipation ou de les rétablir, en fonction de
l’évolution de la situation en Birmanie.
Cette décision ouvre une ère nouvelle pour notre coopération. L’Union européenne qui
a inauguré, le week-end dernier, une délégation à Rangoun, a décidé de consacrer de
nouveaux moyens à la Birmanie. Il en va de même de la France qui est le second pays
contributeur net du budget communautaire. Une délégation du Ministère de l’Economie et des
Finances participera dans quelques jours à Mandalay à une réunion des bailleurs d’aide au
cours de laquelle sera évoquée la question de la dette birmane. Au même moment, l’Agence
Française pour le Développement (AFD), désormais autorisée à intervenir en Birmanie,
effectuera une première mission d’expertise pour identifier les secteurs dans lesquels elle sera
amenée à intervenir : l’agriculture et la santé constitueront dans ce cadre des priorités.
La décision européenne ouvre également des perspectives pour nos entreprises
aujourd’hui invitées à s’impliquer dans le développement économique de la Birmanie à une
condition toutefois, soulignée par le Conseil européen: que cette démarche soit compatible
avec la promotion des normes les plus exigeantes en matière d’intégrité et de responsabilité
sociale des entreprises (RSE). Essentielle pour la France, cette dimension est l’occasion de
rappeler que la promotion des droits de l’homme et de la démocratie d’une part, et la
valorisation de nos savoir-faire économiques d’autre part, loin de s’opposer, relèvent dans les
mêmes conditions et de manière complémentaire de la défense des intérêts français en
Birmanie.
Thierry Mathou
Ambassadeur
2
Le consulat vous informe
RESULTATS DU 1ER TOUR DE L’ ELECTION PRESIDENTIELLE
DU 22 AVRIL 2012
Bureau de vote de RANGOUN :
RÉSULTATS TOUTES CIRCONSCRIPTIONS
Français ETABLIS HORS DE France
Nombre d’électeurs inscrits
145
Nombre de votants :
108
74,48 %
409.485
39,05 %
Bulletins blancs ou nuls
0
0%
4.428
1,08 %
Exprimés
108
100%
405 057
98,92 %
1.048.719
Nombre de suffrages exprimés par candidat :
JOLY Eva
LE PEN Marine
SARKOZY Nicolas
MELENCHON Jean-Luc
POUTOU Philippe
ARTHAUD Nathalie
CHEMINADE Jacques
BAYROU François
DUPONT-AIGNAN Nicolas
HOLLANDE François
TOTAL
Nombre
%
Nombre
%
15
7
40
12
2
0
0
4
0
28
108
13,89 %
6,48 %
37,04 %
11,11 %
1,85 %
0%
0%
3,70 %
0%
25,93 %
100 %
22 067
24 096
153 749
33 605
2 849
1 143
1 464
46 065
5 175
114 844
405 057
5,45%
5,95%
37,96%
8,30%
0,70%
0,28%
0,36%
11,37%
1,28%
28,35%
100,00 %
Tous les résultats par pays sont disponibles sous le lien suivant :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-francais-a-l-etranger/elections-2012-votez-a-l-etranger/election-presidentielle/article/resultatsprovisoires-des-votes
Le second tour de l’élection présidentielle aura lieu le dimanche 6 mai. Le bureau de vote sera ouvert de 8h00 à 18h00 à
l’ambassade. Un courrier vous sera adressé quelques jours avant le scrutin.
3
PROCURATIONS
Si vous pensez être absent le jour du vote, faites établir une procuration !
- Le mandant et le mandataire doivent être inscrits sur la même liste électorale (consulaire ou d'une commune française).
- Les procurations peuvent être établies pour un tour de scrutin, pour les deux tours de scrutin ou pour tous les scrutins pour lesquels le
vote par procuration est possible, et ce pour une durée pouvant aller jusqu’à trois ans.
- Les procurations doivent être établies en personne à la section consulaire, elles peuvent être établies jusqu’au vendredi précédent le
vote pour une procuration à l’étranger (pour la France, prévoyez les délais d’acheminement d’un courrier recommandé)
Calendrier des élections
Présidentielles :
2ème tour : dimanche 6 mai 2012
Députés représentant les Français de l’étranger * :
1er tour : dimanche 3 juin 2012
2ème tour : dimanche 17 juin 2012
* Compte tenu de l’état du réseau, le vote par internet ne sera pas mis en œuvre en Birmanie pour les législatives
Messages internet des candidats aux élections présidentielles et législatives : la mise au point de la CNIL.
De nombreux compatriotes résidant à l'étranger ont réagi à l'envoi sur leur boîte mail de messages provenant de partis politiques ou de
candidats à l'élection présidentielle ou aux élections législatives à l'étranger, en les considérant comme intrusifs.
La CNIL, Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, a été associée dès le départ à la mise en place des élections à
l'étranger par le Ministère de l'Intérieur et par le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Dans ce cadre elle a mis en ligne
un observatoire des élections 2012 avec une page spéciale pour que les électeurs puissent faire part de leurs témoignages.
Le débat électoral, gage de démocratie, est plus difficile à organiser à l'étranger où les tractages, meetings, spots sur les médias locaux
sont souvent impossibles voire interdits par les autorités locales. En revanche, comme le prévoit la règlementation, les candidats
disposent des adresses mail des électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires.
Toute personne souhaitant en savoir plus sur ces questions est invitée à le faire en consultant les sites Internet suivants :
http://s3s-main.net/l2/66mAweWeo9/62225/2639088823.html
(Pour découvrir sur le site de la CNIL le cadre réglementaire dans lequel ces messages peuvent être transmis).
http://s3s-main.net/l2/66mAweWeo10/62225/2639088823.html
(Pour signaler à la CNIL des abus éventuels).
4
Rubrique Santé
Changements Climatiques
Quels impacts sur la santé pour le futur ?
L’arrivée des grandes chaleurs qui précèdent en Birmanie la saison des pluies est l’occasion pour le Dr Cattin, médecin
référent de l’ambassade, de faire un point sur l’impact du climat sur la santé.
Même s’il est difficile d’établir
des liens de causalité directe entre le
changement climatique, phénomène de
long terme, et les fluctuations
météorologiques qui s’inscrivent plutôt
dans le court terme, on peut d’ores et
déjà anticiper les conséquences du
réchauffement de la planète suscité par
l’intensification de l’activité humaine:
vagues de chaleur ; montée du niveau des
eaux, augmentation des précipitations,
perturbations météorologiques (cyclones
et tempêtes) dont la Birmanie est déjà
coutumière, mais aussi paradoxalement
raréfaction des ressources en eau potable
qui existe même dans les pays de
mousson comme l’illustre le cas de la
« dry zone » birmane.
Ces phénomènes ne sont pas sans
incidences sur la santé humaine. Le
nombre de personnes qui n’auront pas
accès à de l’eau potable en quantité et
qualité suffisante va doubler dans le
monde d’ici 2050, ce qui devrait
entrainer une augmentation considérable
des
maladies
diarrhéiques.
Le
changement
des
schémas
de
précipitations
devrait
modifier
l’agriculture et accroître le risque de
malnutrition. L’augmentation de la
concentration d’ozone et d’allergènes
respiratoires devrait entraîner une
recrudescence de maladies comme
l’asthme et les insuffisances respiratoires
chroniques. Avec la multiplication des
vagues de chaleur, le nombre de
personnes
souffrant
d’insuffisance
cardiaque, d’infarctus du myocarde et
d’accidents
vasculaires
cérébraux
progresseront régulièrement.
Les
maladies transmises par des vecteurs du
type moustiques ou tiques seront
profondément
influencées par le
réchauffement climatique. Le paludisme
et la dengue devraient continuer à
s’étendre et apparaître dans de nouveaux
territoires. Enfin il faut s’attendre à
l’émergence d’épidémies « inconnues »
en raison de la modification importante
de l’environnement naturel et de la mise
en circulation de nouveaux virus liée à la
mutation de la canopée tropicale.
En
dehors
de
tout
catastrophisme, force est de constater que
si ces phénomènes ne sont susceptibles
de n’épargner aucune région, certaines
sont plus exposées que d’autres. Sur le
plan géographique, les zones les plus
vulnérables sont les petites îles et les
terres au niveau de la mer qui seront
touchées très rapidement par la montée
des eaux -à l’instar de l’archipel des
Mergui- la salinisation de l’eau potable
ainsi que l’augmentation de la fréquence
des tempêtes tropicales. Les populations
des grands centres urbains tropicaux
seront de plus en plus touchées par les
vagues de chaleur, les inondations et
l’aggravation de la pollution de l’air et de
l’eau. De façon paradoxale et injuste, ce
sont les populations pauvres et en
particulier les enfants des pays en voie de
développement, qui ont pourtant le moins
contribué à l’émission des gaz à effets
de serre, qui sont les plus exposées. Déjà
confrontée à des conditions naturelles
difficiles, la Birmanie constitue dans ce
contexte un pays « à risques ».
Prévenir et soigner les effets néfastes des
brusques montées de température y est
d’ores et déjà une nécessité à prendre au
sérieux. « Les coups de chaleur » sont
fréquents en Birmanie à cette période de
l’année. Les enfants et les jeunes adultes
sont particulièrement vulnérables
notamment lors des activités physiques
mais aussi des longs trajets en voiture
sans climatisation. Les symptômes sont
les suivants :
- Température corporelle supérieure ou
égale a 40ºC (thermomètre rectal)
- Mal de tête, confusions,
hallucinations et dans les cas majeurs,
coma.
- Respiration rapide et superficielle,
peau rouge et sèche, crampes
musculaires, diarrhées.
En cas de « coup de chaleur », il faut
rapidement faire baisser la température
corporelle en dessous de 40ºC en
suivant le protocole suivant:
- Enlever les vêtements et mettre la
personne a l’ombre dans un endroit
aéré (ventilateur) ou dans une pièce
climatisée ;
- Refroidir le corps avec une douche
froide (rarement disponible en pays
chaud) ou mettre des bouteilles glacées
(ou glace dans une serviette éponge)
autour du cou, aux plis axillaires et
inguinaux ;
- Donner à boire de l’eau fraîche et ou
de préférence une boisson isotonique
comme le « 100 plus »;
- Si la personne devient inconsciente, il
faut la mettre en position latérale de
sécurité ;
- Ne pas administrer du café et ou des
boissons alcoolisées.
La prévention est simple: il faut éviter
de pratiquer des sports en pleine
journée lors des périodes chaudes,
boire suffisamment de l’eau et des
boissons isotoniques et porter des
vêtements légers. Lorsque les premiers
signes d’un coup de chaleur arrivent,
comme les crampes musculaires ou les
maux de tête, il convient d’arrêter
immédiatement tout effort, et de se
mettre au frais en s’hydratant.
5
Les rendez-vous de l’Institut français
Agenda culturel de l’Institut français – Mai 2012
Exposition des œuvres de Richard Texier - Atelier Nomade Birmanie
Peintre
et
sculpteur
français
reconnu
internationalement, Richard Texier a toujours
cherché à renouveler son imaginaire à travers des
ateliers nomades. Cette stratégie de création qui l’a
conduit de Moscou à Shanghai en passant par New
York, consiste à travailler sur un site totalement
nouveau, pour créer un ensemble d’œuvres qui,
inspirées par le lieu, constituent une suite identitaire.
Durant tout le mois d’avril, Richard Texier a installé
son atelier à Rangoun au Governor’s Residence. Ses
œuvres seront présentées jusqu’au 10 mai avant de
rejoindre la France où elles créeront l’évènement à
l’occasion de plusieurs expositions.
Governor’s Residence : Exposition jusqu’au 10
mai 2012
Concert de Laurent Couson
Laurent Couson exerce les différentes professions de compositeur,
arrangeur, auteur, pianiste et chef d’orchestre. En tant qu’arrangeur et
pianiste, il a enregistré ou s’est produit avec notamment Quincy
Jones, Dee Dee Bridgewater, Liane Foly, ou Michel Fugain …
Laurent Couson présentera un concert solo où il évoque les femmes,
toutes les femmes avec tendresse, humour et autodérision.
Le Parisien: Une musique à donner le frisson, une ferveur qui fait monter
l’émotion dès les premières mesures de chaque air.
The Independent Post: Triomphe surtout fait à la création de Laurent
Couson dont l’œuvre a fait l’unanimité, par sa digne lignée de la musique
française, sa richesse d’invention, de ton et de rythme.
Salle de bal du Strand Hotel
Vendredi 11 mai, 18h30
6
Atelier photo de Christophe Loviny
Cet atelier, destiné aux professionnels et aux étudiants dans les domaines de la
photographie, de la vidéo et du multimédia, permettra à ses participants de progresser
dans l’apprentissage de la photographie et du multimedia en réalisant un court film
photographique. Les meilleurs travaux seront projetés en public à l’occasion du prochain
Festival de la Photo de Rangoun placé sous le haut patronage d’Aung San Suu Kyi.
Salle de lecture de l’Institut
Entretiens de sélection les 7 et 8 mai – Ateliers du 9 au 16 mai
Atelier photo et multimédia, niveau avancé, du 9 au 16 mai.
Exposition de photos sur la campagne d’Aung San Suu Kyi
Aung San Suu Kyi: Les Routes De La Démocratie.
Trois jeunes photographes récemment primés au
Festival de la Photo de Rangoun, Pyay Kyaw Myint,
Minzayar et Aung Pyae ont suivi Aung San Suu Kyi
pendant toute sa campagne à travers le pays. Ces
photos sont parues dans la presse internationale,
notamment en France dans Le Monde, Paris-Match et
Point de Vue.
Crédit photo : PYAY KYAW MYINT/JAZZ EDITIONS
Direction artistique: Christophe Loviny.
Salle de lecture et jardins de l’Institut
Vernissage le 17 mai, 18h00 – Exposition du 17 au 25 mai 2012
7
La page du service économique
Flottement du Kyat : première véritable réforme économique.
-Un test réussi démontrant pour la première fois de manière concrète la volonté de réformes économique
du gouvernement.
Dès les premiers signes d’ouverture économique donnés par le nouveau gouvernement, l’unification des taux de change
et des monnaies en circulation était apparue comme le préalable à toute réforme d’envergure. En effet, jusqu’au 1er avril dernier,
la Birmanie entretenait un régime de taux de change multiples où coexistaient plusieurs taux de change, officiel et informels.
L’appréciation du Kyat de plus de 25% sur le marché parallèle ces deux dernières années avait eu un impact négatif sur
certains secteurs exportateurs et sur la population dans un contexte marqué par l’inflation des prix alimentaires. Dès le 17 août
dernier, le Président de la République reconnaissait la gravité de ce phénomène et évoquait pour la première fois la mise en
place d’un marché des changes « raisonnable » et « stable », ayant vocation à « bénéficier au pays ». Moins de huit mois se sont
écoulés entre ce discours et le flottement effectif du Kyat flottant décidé par la Banque centrale, le 1er avril dernier.
Le gouvernement a fait preuve de méthode et de détermination. L’unification des taux avait été précédée par la mise en
place progressive dans le courant du mois octobre 2011 de comptoirs de change dans les banques privées et par une amorce de
libéralisation des transactions financières internationales. La décision, encore à concrétiser, d’instaurer un marché interbancaire
a vocation à accompagner l’unification et le flottement des taux. Dans le même temps, le gouvernement a fait preuve de
flexibilité. Il a démontré une réelle capacité d’écoute vis-à-vis des conseils de la Banque Asiatique de Développement et du
FMI. Selon ces institutions, la conduite des enchères par la Banque Centrale se déroule de manière satisfaisante. Même si le
marché parallèle n’a pas disparu, car les critères permettant de changer de l’argent dans les banques au nouveau taux officiel
restent inaccessibles à la plupart, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.
- Une réforme aux multiples conséquences.
Le flottement du Kyat a des conséquences considérables sur l’économie. Pour la première fois en Birmanie, le budget
national et les résultats des entreprises publiques se voient appliquer le taux de lancement (818 MMK) et non plus le taux
officiel (5,4 MMK). L’impact sur les résultats des sociétés exportatrices et sur les recettes de l’Etat – notamment celles
provenant des ressources gazières- sera donc élevé, notamment après la mise en service prévue en 2014 des projets gaziers de
Shwe et Zawtika.
Le second défi est celui de la capacité du gouvernement à gérer l’impact sur la monnaie de la forte progression attendue
des investissements et de l’intensification des échanges. Si les réserves de change de la Birmanie sont relativement confortables,
la Banque Centrale, encore rattachée au Ministère des Finances, n’en a pas la maîtrise, ces fonds sont détenus à l’étranger dans
les comptes des trois grandes banques publiques. Réforme symbolique, le flottement du Kyat, bien que très importante, en
appelle donc encore beaucoup d’autres.
8
Aide et développement
La crise humanitaire dans l’état
Kachin
La reprise des hostilités entre
l’armée birmane (« Tatmadaw ») et
l’armée indépendantiste du Kachin
(KIA - « Kachin Independence
Army ») le 9 juin 2011 a mis fin à un
cessez-le-feu en vigueur depuis 17 ans.
Le conflit a eu pour conséquences
d’importants
mouvements
de
populations et une nette détérioration
des conditions de vie des déplacés
internes.
principaux sujets de préoccupations de
la
communauté
internationale,
notamment de la France, concernant
l’évolution des questions ethniques en
Birmanie dont elle est devenue un
point de fixation.
l’assainissement, l’éducation et la
gestion des camps, la protection des
personnes, les moyens de subsistance
et les besoins non-alimentaires.
Crise
humanitaire
et
mobilisation des partenaires
locaux et internationaux
Rappel historique
Source: site du BCAH
Suite à la signature d’un accord de
cessez-le-feu avec le général Khin
Nyunt en 1994, la KIO (« Kachin
Independence Organisation ») avait
décidé de soutenir certaines initiatives
du gouvernement birman afin de
parvenir à un accord politique via le
dialogue. Les efforts de négociations
ont néanmoins été mis à mal par
l’obligation faite à la KIA d’intégrer le
corps des gardes-frontières (« Border
Guard Forces ») en 2009 puis par
l’impossibilité de la KIO de se
présenter aux élections. Les tensions
autour de l’exploitation des ressources
naturelles, la reprise des hostilités avec
le groupe armé Kokang et l’absence
de négociations politiques ont
également
contribué
au
durcissement de la position Kachin.
Suite à l’intensification des tensions,
le conflit a repris en juin 2011 à un
poste stratégique proche d’un projet
hydraulique chinois. Malgré l’appel du
président Thein Sein à l’arrêt des
combats en décembre dernier et la
poursuite des négociations de paix, des
incidents continuent d’être signalés
régulièrement. La situation dans le
Kachin où des violations des droits de
l’homme
sont
régulièrement
dénoncées,
constitue
une
des
L’inquiétude
des
acteurs
humanitaires tend à croître à
l’approche de la saison des pluies car
l’acheminement de l’aide deviendra
plus difficile ce qui pourrait entraîner
une dégradation des conditions
d’hygiène et plus largement de la
situation humanitaire.
Source: site du BCAH
Après une forte augmentation au
cours des mois suivant la reprise des
affrontements, le nombre des déplacés
internes – terme désignant les
populations forcées de quitter leurs
villages pour fuir les combats et les
exactions- semble s’être stabilisé
autour de 50 000 à 55 000 personnes
selon le Bureau de la coordination des
affaires humanitaire des Nations Unies
(BCAH). Le Secours Catholique ainsi
que certaines ONG font état d’un
chiffre de 70 000. De nombreux
villageois ont également trouvé refuge
en Chine sans que des chiffres précis
ne soient établis. Les besoins
humanitaires sont évalués par le BCAH
à 22 millions de dollars pour un an et
concernent
principalement
les
domaines
suivants:
les
abris,
l’alimentation, la santé, l’eau et
Différents partenaires internationaux
et locaux sont mobilisés pour
répondre à cette crise. Les Nations
Unies ont récemment envoyé des
convois humanitaires.
Plusieurs
ONG internationales et locales
viennent en aide aux populations non
seulement dans les zones contrôlées
par le gouvernement mais aussi dans
celles dépendant de la KIO, même si
ces dernières restent plus difficiles
d’accès. A ce jour les contributions
des bailleurs de fonds avoisinent les
10 millions de dollars, dont 6,5
millions ont été donnés par le Fonds
central pour les interventions
d'urgence (CERF).
9
Chroniques birmanes
LA MAQUETTE BIRMANE DU MUSÉE GUIMET:
TÉMOIN D’UNE ARCHITECTURE EN GRANDE PARTIE DISPARUE.
Le Musée Guimet a organisé au cours de l’hiver dernier une exposition consacrée à la Birmanie (voir
« France-Birmanie » n°3, Novembre 2011). Nous reproduisons ci-dessous un extrait de l’article que Pierre
Baptiste, conservateur en charge de la section Asie du Sud-est au musée Guimet consacrait dans le catalogue
de cette exposition à la maquette birmane conservé par le Musée, dont l’intégralité peut être consultée sur
http://www.guimet.fr/fr/magazine/dossiers.
C’est en 1894 qu’apparait pour la première fois la mention de l’existence, dans les galeries du
musée Guimet consacrées aux « religions de l’Indochine », d’une « grande reproduction, en bois
de teck, du célèbre temple bouddhiste d’Ava » (fig.1). On y précise que « cette réduction a
appartenu au grand-prêtre de Mandalay (Birmanie) »(1). Six ans plus tard, en 1910, un
complément d’information est apporté dans la sixième recension du même guide où l’on
apprend que cette maquette fut en outre « donnée à M. Haas, consul de France, par le grandprêtre de Mandalay lors de l’entrée des Anglais dans cette ville », soit en 1885(2) .
Frédéric Haas (1846-1915), diplomate en Inde depuis 1877, où il avait occupé divers postes, notamment à Pondichéry,
avait été chargé, le 20 février 1885, du vice-consulat de Mandalay (alors la capitale de la Birmanie)(3). Le poste était
particulièrement sensible, en ce qu’il s’agissait de tenter de contrer les britanniques dans ce pays. Un traité secret entre la
France et la Birmanie avait été signé en ce sens le 18 janvier 1885. Le 1er juin de la même année, Frédéric Haas obtient de
la part du roi Thibaw, la signature d’une concession de chemin de fer pour l’établissement d’une ligne Mandalay-Toungoo
(plus de 350 km), ainsi qu’un accord pour l’établissement d’une banque d’état. Mais il semble que le consul ait quelque
peu outrepassé les ordres de la métropole et, dès octobre 1885 il est rappelé à Paris, tandis que, le mois suivant, les
Anglais prennent la capitale, destituent le roi Thibaw, envoyé en exil en Inde, et annexent le pays tout entier.
C’est donc à la faveur de ce court séjour de huit mois en Birmanie que Frédéric Haas entra en possession de divers objets
qu’il allait offrir au musée Guimet à son retour. Le consul avait déjà témoigné, quelques années auparavant, du même
intérêt pour le musée d’Émile Guimet qu’il avait déjà gratifié de plusieurs dons, notamment des bois de chars indiens
représentant diverses divinités hindoues, qu’il avait acquis en Inde, à Srirangam (Tamil Nadu), alors qu’il était en poste à
Pondichéry. Il les avait offerts au musée le 7 juillet 1884(4). Dans ce nouveau don, plusieurs des objets ramenés par le
consul avaient appartenu au « grand-prêtre de Mandalay », ainsi en était-il de cette maquette qui ne sera pourtant inscrite à
l’inventaire du musée qu’à une date très tardive.
10
Une tradition invérifiable précisait qu’il s’agissait ici de la reproduction du « grand temple
d’Ava », soit un monastère célèbre de la première moitié du XIXe siècle, le Maha Aungmye
Bonzan. Construit en brique stuquée en 1818 pour l’abbé royal Ngaunggan Sayadaw par
Nanmadaw Me Nu, première reine de Bagyidaw (1819-1837), afin de servir de résidence au
Vénérable qui était son maître spirituel, ce temple est un des rares édifices à ne pas avoir
disparu lors du violent tremblement de terre de 1838 qui détruisit la majeure partie de la
ville. Plus solide en effet que les bâtiments de bois auxquels il devait survivre, il n’en imite
pas moins l’architecture traditionnelle en teck et fut restauré en 1873 par Sinbyumashin, fille
de Me Nu, et épouse du roi Mindon (1853-1878)(5). Force est de constater que fort peu
d’éléments de ce temple, très original, se reconnaissent dans cette maquette et l’hypothèse
selon laquelle on aurait eu, ici, l’évocation d’un temple de brique à l’architecture
spécifiquement inspirée des bâtiments de bois, à son tour retranscrite dans un modèle en
bois de teck, paraît bien peu crédible.
En revanche, il est très tentant de rapprocher cette maquette des sanctuaires qui furent édifiés à Mandalay dans la seconde
moitié du XIXe siècle, après l’installation de la cour dans cette nouvelle capitale, en 1857, à l’instigation du roi Mindon.
L’élégance des toitures surchargées d’ornements, le profil effilé du toit en « pagode » ou le jeu décoratif de la grande
balustrade fouillée de rinceaux habités de nombreux oiseaux se laissent en effet comparer à divers monuments de cette
époque. Ainsi en est-il du monastère de Salin (Salin Kyaung), construit en 1876 par la princesse Salin, ou surtout du
monastère édifié par la reine Su-hpaya-lat, épouse du roi Thibaw (1878-1885), dernier roi de Birmanie, le Mya Taung
Kyaung. Construit de 1881 à 1885 au sud-ouest du palais royal de Mandalay, ce monument était plus connu sous le nom
de « Monastère d’Or de la Reine », en raison de la beauté de ses sculptures dorées à la feuille. Elaboré dans le style
classique de l’architecture Konbaung, il avait été conçu par l’architecte Hsaya Khin (Maître Khin) et présentait de très
grandes similitudes avec notre maquette(6). Œuvre méritoire de la reine Su-hpaya-lat, le temple avait été édifié à l’aide des
bénéfices de la loterie nationale. Il n’est plus connu aujourd’hui que par les photographies anciennes, telles celles de
Willoughby Wallace Hooper qui participa, en tant que militaire de la British Army, à l’invasion de 1885 (fig.2). Ce
dernier chef-d’œuvre de l’art de Mandalay fut hélas détruit durant la seconde guerre mondiale, comme la plupart des
édifices de la splendide capitale qui avaient déjà très largement souffert des exactions de la colonisation britannique et du
démantèlement systématique de la ville.
Nous ne serions guère étonnés que la maquette du musée Guimet ait à l’origine été le modèle de ce dernier grand
sanctuaire, et qu’elle ait précisément servi à figurer le monument en préalable à sa construction.
11
Associations
Zawgyi Care Association Caritative : association humanitaire créée par un Français de Birmanie
Zawgyi Care Association Caritative a été créée le 7 mai 2008, peu de jours après le passage du cyclone Nargis sur le delta de
l’Irrawaddy, à l’initiative de notre compatriote François Kenedi, résidant de longue date à Rangoun. L’association est enregistrée en
France. Elle a vocation à intervenir en Birmanie plus particulièrement dans le delta. Passée la période d’urgence qui l’a conduite, au
lendemain du cyclone, à fournir de l’aide alimentaire et médicale dans des villages reculés à plus de 18.000 personnes, elle a orienté
ses fonds vers la remise en exploitation des rizières afin de permettre aux villageois de retrouver leur indépendance économique. Plus
de 5.000 hectares ont ainsi été remis en culture grâce à des dons permettant de financer l’achat de motoculteurs, de semences,
d’engrais et parfois de bétail.
Allant au-delà d’une simple logique d’assistance, l’aide ainsi apportée s’est progressivement inscrite dans une démarche
partenariale et de responsabilisation des bénéficiaires qui ont été invités à rembourser une partie des sommes reçues grâce aux recettes
de leur première récolte. Les sommes ainsi rétrocédées ont été réinvesties dans des biens collectifs bénéficiant à tous les villageois :
réservoirs d’eau douce, écoles, voire monastères nécessitant une restauration.
Forte de son expérience dans des villages reculés du delta, où elle a constaté l’absence de toute infrastructure médicale et
d’accès aux soins, l’Association a décidé en 2009 d’élargir encore le champ de son action en recourant à l’affrètement d’un bateau
dispensaire, cabotant de village en village.
Grâce à la générosité de ses membres et de ceux de l’association
allemande Stiftunglife, Zawgyi Care, elle a acheté un premier bateau qui
servait initialement au transport de riz. Totalement rénové et rééquipé pour
répondre à sa nouvelle mission, ce bateau est opérationnel depuis l’hiver
2010. Il dispose de trois salles d’examens avec ECG et échographes, d’un
laboratoire, d’une salle d’intervention, de plusieurs cabines, d’une salle à
vivre, et très prochainement d’un cabinet dentaire. Les six membres
permanents de l’équipe médicale et le médecin volontaire qui s’appuient
sur neuf membres d’équipage assurent des missions de 22 jours dans le
delta suivies d’un retour de 7 jours à Rangoun pour l’avitaillement,
l’entretient courant, les réapprovisionnements en médicaments et en
produits de laboratoire et le repos des personnels.
Au terme de sa 17ème mission qui s’est achevée le 24 mars dernier l’équipe des «Swimming Doctors» a déjà soigné 9.176
patients. 25 enfants sont nés à bord dont 8 en urgence par césarienne. Afin d’assurer la viabilité financière du projet, chaque malade, à
l’exception des moines et des indigents, paye 1.000 kyats - environ 1 euros- pour les soins. Les médicaments et les consommables
pour les examens de laboratoire et les interventions chirurgicales sont fournis à prix coûtant. Le coût pour Zawgyi Care est de 10
Euros par patient.
Toutes les demandes d’information et offres de soutien sont à transmettre à la Zawgyi House, 372 Bogyoke Aung San Road, Pabedan
T/S Yangon, également joignable à l’adresse suivante : [email protected]
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Calendrier
Petites annonces
Du nouveau dans les librairies:
"Portraits birmans – Dix-neuf vues de
la Shwedagon"
France-Birmanie souhaite la bienvenue aux
ressortissants français récemment arrivés à
Rangoun :
Nouvelles, Arléa, 220 pages. Avril 2012.
Un chauffeur de taxi errant dans la
ville à la recherche d’une chimère. Un
alchimiste en quête d’absolu. Une
employée
de
maison
trop
consciencieuse.
Un
couple
de
poissonniers amoureux. Un jeune
militant obsédé par Aung San Suu Kyi.
Une photographe soucieuse de son
indépendance. Un artiste d’avantgarde. Un travesti.
Quel lien unit ces dix-neuf vues, ces
dix-neuf vies ?
D’abord, une gravitation partagée autour de la Shwedagon,
omniprésente, bienveillante. Mais aussi, une Birmanie qui vit
en dépit du souvenir vivace des généraux et de la répression
et qu’incarne la présence tutélaire d’Aung San Suu Kyi, dont
la libération récente semble entrer en résonance avec ces
destinées prises sur le vif, se faisant l’écho d’un vent de
renouveau.
Sébastien Ortiz est le nom de plume de Fabrice Etienne,
conseiller de coopération et d’action culturelle auprès de
l’ambassade qui réside à Rangoun depuis près de quatre ans.
Ce recueil de nouvelles est son quatrième ouvrage de
littérature. Pour en savoir plus, consulter son site :
www.sebastienortiz.fr
Mathilde BEZIAU (ACF ), Marina PERILLAT (qui
remplace Valentine XENOS à l’Institut Français) et
Yves THENADEY (stagiaire IFB).
Ont quitté la Birmanie: Vincent PEARCE
(Solidarités)
-----------Cherche professeur d'anglais
L'Ecole Française Joseph Kessel de Rangoun
recherche pour la rentrée prochaine un enseignant
natif de langue anglaise pour des élèves de 6 ans à
18 ans. Celui-ci disposera d'un contrat sur une base
de 20 heures de cours par semaine. Des
connaissances en français constitueraient un plus
mais ne sont pas obligatoires. Merci de diffuser ce
message autour de vous.
Contacter l'école: C Allorent, directeur,
Tél: 09 504 1367.
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Rédacteur en chef
Xavier d’Argoeuves
Comité de rédaction
Olivier Cattin, Fabrice Etienne, Marisa Friderich, Pascal Furth, Thierry Mathou , Isabelle Mignucci,Yves-Noël Thenadey
Conception, réalisation
Jacques Dufour, Aurélie Pigeau
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