Édito - Les Amis de Vaux le Vicomte

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Édito - Les Amis de Vaux le Vicomte
FOCUS
DOSSIER
UNE ŒUVRE À LA LOUPE
Nicolas Fouquet,
mécène et collectionneur
« En quels termes
me choisirez-vous ? »
« La beauté coupant les ailes de
l’Amour afin qu’il ne s’envole pas.»
p.03
p.04
p.07
LA LETTRE DES AMIS DE VAUX-LE-VICOMTE
N°10
N°10 AVRIL 2015
L A L E TT R E
D E L’ É C U R E U I L
Édito
Chers Amis,
L’œuvre que nous admirons aujourd’hui, l’harmonie des perspectives
qui s’offrent à nos yeux, le génie fraternel de talents réunis ne
sauraient être sans l’audace, le goût d’entreprendre, l’intuition
artistique d’un homme : Nicolas Fouquet (1615 – 1680).
Personnage mystérieux, il a traversé les siècles en posant sur nous
son regard, cultivant les énigmes entretenues par de nombreux
historiens à son sujet. Associée au pouvoir, à Mazarin, à Louis XIV,
sa capacité à négocier, orchestrer et créer forme son empreinte
indélébile.
Aujourd’hui, 400 ans après sa naissance, nous souhaitons vous
inviter à comprendre l’homme en décodant sa personnalité.
Collectionneur, grand mécène des Arts et des Lettres, révélateur
de talents hors du commun : ces multiples facettes composent
son génie dont la plus belle preuve reste la pérennité du Palais
des Arts qu’ensemble nous soutenons, préservons et admirons.
L’année Fouquet sera celle des Arts, de la connaissance et du
partage à Vaux-le-Vicomte. Décoder, étudier, analyser, développer
toutes les informations que Nicolas Fouquet a égrenées autour
de lui au cours de sa vie : tel est l’objectif que nous poursuivons
avec la création d’un comité scientifique, le comité Fouquet et la
mise en place de nombreux partenariats. Daniel Dessert, membre
du Comité Fouquet, prend la parole et nous livre son point de vue
d’historien sur l’homme d’Etat, surintendant des Finances.
Ce numéro de la Lettre de l’Ecureuil vient ainsi rendre hommage
à celui sans qui nous n’aurions pu tisser les liens de confiance qui
unissent les Amis de Vaux-le-Vicomte au fruit de son génie depuis
plus de trente ans. En cette année 2015, nous vous proposons
des rencontres qui vous sont réservées afin d’être, ensemble,
aux premières loges de l’Histoire d’un homme et de son Palais : le
Château de Vaux-le-Vicomte.
Je ne saurais clore cet édito sans vous annoncer l’arrivée à Vaux-leVicomte de mon frère Ascanio qui s’associe à notre travail afin de
poursuivre, en tant que gérant, notre mission : transmettre au plus
grand nombre l’expérience vivante du Grand Siècle français,
Amicalement,
Président
02
TOUS MÉCÈNES… NOS ACTUALITÉS
ACTUALITÉS
Les Foulées
de Vaux-le-Vicomte :
Le succès était au rendez-vous pour cette troisième édition !
Dimanche 1er Février, 810 coureurs
ont couru le 15kms (temps moyen de
01:31:13) et 383 coureurs ont couru
le 6kms (temps moyen de 00:48:14).
3 courses enfants ont vu s’affronter 41
Benjamins sur un parcours de 3kms,
76 Poussins sur 2kms et 90 éveils
d’athlétisme sur 1km. Ainsi, 1400
coureurs, petits et grands, ont bravé
le froid et les chemins de forêt souvent
glissants, dans la bonne humeur.Nous
remercions les bénévoles sans qui cette
journée n’aurait pu avoir lieu.
Nous vous donnons d’ores et déjà
rendez-vous l’année prochaine ! Il vous
reste 11 mois pour vous entraîner !
Le bénéfice de l’événement (7 000 €) a
été reversé au profit de l’Association.
« Quel avenir pour les buis ? »:
Journée d’étude - Mercredi 4 mars
Témoins de la beauté et de la richesse des jardins historiques
durant plusieurs siècles, les buis dépérissent progressivement
depuis les années 2005 en raison de maladies fongiques et de la
pyrale du buis, essentiellement. Après de nombreux pays dont
la Grande Bretagne, les Pays Bas, la Belgique ou les Etats-Unis,
c’est maintenant la France qui est touchée, les dégâts causés à
l’automne 2013 et au cours de l’été 2014 ont montré l’urgence
d’une prise de conscience de la situation. Afin de faire le point
sur l’impact de ces ravageurs, sur l’avancée des recherches,
sur les réglementations et sur d’éventuelles méthodes de
gestion et/ou de remplacement, Vaux-le-Vicomte a organisé
mercredi 4 mars dernier une journée d’étude à destination
des professionnels.
Les meilleurs spécialistes européens ont partagé
leurs conclusions sur trois thèmes majeurs :
- Comment reconnaître qu’un buis est victime d’une maladie,
d’un ravageur ? Lesquels ?
- Quels sont les moyens légaux à disposition des jardiniers
pour faire face à ces attaques ? Sont-ils efficaces ?
- Quelles solutions de remplacement pour l’avenir de nos
jardins ?
Vous pouvez découvrir les conclusions de la journée sur
www.vaux-le-vicomte.com/decouvrir/evenements
L'ASSOCIATION
EN CHIFFRES
400
C’est le nombre d’années
écoulées depuis la
naissance de Nicolas
Fouquet le 27 janvier
1615.
100 %
de dons ajoutés par les
Amis à leur cotisation en
2015 : c’est le doux rêve
que Nicolas Fouquet
aimerait formuler,
héritage qu’il laisse en
incitant chacun à rester
ou devenir mécène,
à sa mesure, de la
transmission de ce chef
d’oeuvre.
8
C’est le nombre de
statues, appelées
termes, qui seront
restaurées en 2015
grâce à vos dons.
Découvrez leur histoire
dans le dossier de cette
édition.
TOUS MÉCÈNES… ET ENGAGÉS
FOCUS
Nicolas Fouquet:
audace, goût d’entreprendre, intuition artistique.
Le personnage de Nicolas Fouquet:
sa vie
L’histoire a mis sur le devant de la
scène l’intrigue politique qui fit du
surintendant des Finances de Louis XIV
un homme emprisonné à vie. Daniel
Dessert, historien membre du Comité
Fouquet, revient sur ce sujet en page
6. La déchéance, nourrie de mystère(s)
prend alors le risque de devenir la seule
mémoire d’un grand mécène des Arts et
des Lettres, collectionneur renommé :
prenons ici le temps d’évoquer « Fouquet,
le Magnifique », qui, fidèle à l’héritage de
personnalités telles Laurent de Médicis,
dit le Magnifique, donna aux arts leur
lettre de noblesse.
portrait de molière
portrait d’andré
le nôtre par carlo
maratta
portrait de
louis le vau par
pierre rabon
portrait de madeleine
de scudéry par l’ école
française
buste
de la fontaine
portrait de charles
le brun par nicolas
de largilliere
Les débuts d’un grand homme : une
forte ascension
Nicolas Fouquet naît en 1615 d’une
famille angevine. Son père, François
Fouquet, proche du pouvoir et du
Cardinal de Richelieu, est Conseiller
d’Etat puis maître des requêtes. Sa
mère, Marie de Maupeou est issue
d’une famille de parlementaires
fortunés. Les Jésuites du Collège de
Clermont assurent l’éducation de Nicolas
Fouquet. Sa carrière est marquée par une
ascension rapide : il devient conseiller au
Parlement de Metz puis Intendant du
Dauphiné. En 1650, il achète la charge
de Procureur général du Parlement de
Paris et représente alors le roi auprès de
la cour souveraine. Tout au long de ces
années qui sont celles de la Fronde*, il
apporte son soutien au roi et au Cardinal
de Mazarin. En 1653, il est nommé
Surintendant des Finances, ce qui fait
de lui le trésorier du roi.
* période de troubles graves qui frappent le
royaume de France pendant la minorité de Louis
XIV (1643-1661), alors en pleine guerre avec
l’Espagne (1635-1659) et qui marque une
brutale réaction face à la montée de l’autorité
monarchique en France.
Nicolas Fouquet, mécène
des arts et des lettres
Intelligent, habile et audacieux, Nicolas
Fouquet est le contraire de l’homme
de guerre. Il représente l’homme
galant qui apparaît au XVIIème siècle
et remplace peu à peu le chevalier
romanesque. Homme politique, juriste
et financier, il est aussi amateur d’art.
Ses contemporains n’oublient jamais de
mentionner son goût pour le Beau et le
raffinement. Mécène et collectionneur,
qu’il s’agisse des commandes ou des
résidences-pensions offertes à certains
artistes, Nicolas Fouquet compte au
nombre de ses protégés La Fontaine,
Molière, Corneille et Perrault, et au rang
de ses fidèles amis : Madame de Scudéry,
Scarron et la Marquise de Sévigné.
Nicolas Fouquet, collectionneur
L’étymologie nous rappelle le sens des
mots : éducation provient du latin
« ex-ducere » qui signifie « conduire en
dehors de, faire sortir de soi, développer,
épanouir ». Ainsi, la première curiosité
de Nicolas Fouquet s’éveille au contact
de son père, grand érudit, passionné de
littérature, conseiller d’Etat auprès du
Cardinal de Richelieu. La collection de
livres ensuite rassemblée par Fouquet
à Saint Mandé (27 000 volumes)
est seulement dépassée par celle de
Mazarin qui rassemble 50 000 volumes.
L’acquisition des terres de Vaux-leVicomte dès 1641 et de la maison et du
parc Saint Mandé en 1654 offre à Nicolas
Fouquet les conditions propices à
l’épanouissement de son goût pour l’art.
L’abbé Louis Fouquet, son frère, devient
l’ambassadeur de ses acquisitions à
Rome dès juin 1655. Sa collection
d’œuvres d’art, davantage renommée
par sa qualité que sa quantité, témoigne
de son admiration pour les artistes
italiens, grands maîtres du classicisme
inspiré des modèles de l’art antique : La
manne de Poussin, l’Ephèbe orant, David
et Bethsabée de Véronèse ou encore
l’Hercule Farnèse sont des œuvres
emblématiques de l’Histoire de l’art.
D’après Antoine Schnapper, historien
d’ar t français, dans «Curieux du
Grand Siècle» (1994), les tapisseries
comptaient parmi les œuvres les plus
précieuses de sa collection. En 1658,
dans un ancien couvent des Carmes,
Fouquet crée la manufacture de la
tapisserie des Carmes et en confie la
direction à Charles Le Brun qui dessine
les cartons des tapisseries. En 1662,
Colbert emprunte afin d’acheter l’Hôtel
des Gobelins et y regroupe l’ensemble
des ateliers parisiens. Ainsi naît la
Manufacture Royale des Gobelins
dont la direction est également confiée
à Charles Le Brun. C’est cette part du
mobilier qui aurait suscité le plus
clairement la convoitise de Louis XIV et
de ses agents. La liste des prélèvements
du roi confrontée aux inventaires de
Vaux-le- Vicomte montre que l’essentiel
des tapisseries de Fouquet passa dans
le garde meuble royal, où l’on peut
identifier, parmi d’autres, les tapisseries
suivantes :
« Les Actes des Apôtres » ,« dessin de
Raphaël » en six pièces.
« Les Mois de l’Année », « dessin de Lucas »,
en six pièces.
« L’histoire de Salomon », « dessin de
J.Romain ».
Majestueux décor à ciel ouvert, le
jardin de Vaux illustre l’alliance subtile
entre la pierre, le marbre et le végétal.
La sculpture témoigne aussi des
collections rassemblées par Nicolas
Fouquet. Michel Anguier devient l’un
des premiers protégés de Nicolas
Fouquet qui fait appel à lui dès 1655
pour travailler à Saint Mandé. A Vaux-leVicomte, plusieurs œuvres témoignent
encore aujourd’hui de son talent :
Apollon, Rhéa, La Clémence, La Justice,
La Fidélité, La Patience… .
400 ans plus tard: le comité Fouquet
En cette année anniversaire, à partir
de ces premières connaissances
encore réduites sur le sujet, nous
souhaitons découvrir et confirmer
le goût exceptionnel de l’homme qui
nous fascine depuis tant d’années.
A l’initiative d’Alexandre de Vogüé
et de Lynda Frenois, responsable du
Château et des collections, de grands
spécialistes du XVIIème siècle français
se réunissent pour former le comité
Fouquet. Ensemble, selon un rythme de
rencontres tri-annuelles, ils souhaitent
approfondir ce sujet passionnant en
donnant une direction et une validation
aux choix des sujets de recherche menés
avec huit partenaires scientifiques, dont
l’Ecole du Louvre, l’Ecole de Condé,
Harvard Business School, l’Université
de Genève, la Sorbonne, l’Ecole
Nationale des Chartes… A l’automne
prochain, les étudiants présenteront
le fruit de leurs travaux de recherche.
Ce comité vivra pendant toute la durée
des années Fouquet (2015-2017). Il a
vocation à s’étendre à l’international,
avec la possibilité d’accueillir des invités
d’honneur (chercheurs américains,
spécialistes italiens…).
Laetitia de Chabot
Responsable du mécénat
et du développement
VOICI LA LISTE
DES MEMBRES
DU COMITÉ FOUQUET :
- Jan Blanc, Historien de l’art, spécialiste
des décors. Directeur du Département
Histoire de l’art de Genève.
- Geneviève Bresc, Historienne de l’art.
Conservatrice. Spécialiste de la sculpture.
Ancienne Directrice du Département des
sculptures du musée du Louvre.
- Yves Carlier, Conservateur général
du Château de Versailles. Spécialiste du
mobilier.
- Daniel Dessert, Historien.
- Lynda Frenois, responsable du Château
et des Collections, Vaux-le-Vicomte.
- Bénédicte Gady, Historienne de l’art,
spécialiste des décors peints. Chargée de
mission au musée du Louvre.
- Alexandre Gady, Historien de
l’architecture.
- Pierre Rosenberg, Membre de
l’Académie Française. Historien et
conservateur. Ancien Président-Directeur
du musée du Louvre.
- Frédéric Sichet, Historien des jardins.
- Alexandre de Vogüé, directeur de la
communication et du mécénat, Vaux-leVicomte.
03
04
TOUS MÉCÈNES… AUTOUR DES TERMES
DOSSIER
« En quels termes me choisirez-vous ? »
C’est en ces mots qu’Hercule, Vulcain, Zéphyr, Apollon, Cérès, Flore, Minerve
ou Mercure s’expriment aujourd’hui afin de mobiliser les Amis
de Vaux-le-Vicomte en faveur de leur restauration en 2015.
© Béatrice Lécuyer-Bibal
« Altéré par les outrages du temps, ce décor sculpté en
pierre ou en marbre blanc a considérablement souffert
du fait des conditions d’exposition en extérieur (humidité, micro-organismes, ...). En 2015, grâce à votre don,
vous rendez possible une restauration devenue indispensable pour admirer à nouveau « la splendeur infinie
des choses éternelles » (Auguste Rodin). Restaurer ces
huit termes datant du XVIIème siècle en 2015, année
du 400ème anniversaire de la naissance de Nicolas
Fouquet, c’est aussi rendre hommage à celui qui fit de
Vaux-le-Vicomte un Palais des Arts, source d’inspiration
depuis plus de trois siècles. »
L’artiste, Mathieu Lespagnandel (1616 – 1689)
Fils de Jean Lespagnandel, maître menuisier parisien,
et de Judith Milleville, Mathieu naît à Paris le 16 mai
1616 dans une famille protestante. Âgé de 18 ans
seulement, grâce à la formation reçue de son père et
à la reconnaissance de ses propres dispositions, on lui
confie le décor sculpté de l’Antichambre de la Reine et
du Cabinet du Cardinal au Château Richelieu. Il travaille
ensuite à Vaux-le-Vicomte, au Louvre, à Versailles. En
1651, il est reçu à l’Académie de Saint-Luc et en 1665,
à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. À partir
de 1663, il sculpte pour la Reine Mère au Louvre, puis
pour le Roi. Sa carrière sur les chantiers royaux et dans
les églises parisiennes se poursuit alors brillamment.
Parmi ses œuvres majeures comptent les Termes
de Vaux-le-Vicomte, Les Anges en bois sonneurs
de trompette de l’orgue de l’abbaye de Saint Victor
(aujourd’hui à Saint Germain des Prés).
TOUS MÉCÈNES… AUTOUR DES TERMES
BUDGET
Histoire
De marbre, de granite ou de porphyre, ces termes – qui
ont conservé ce nom en français – sont abondamment
attestés dès le 1er siècle, avec des visages d’Hercule, de
Dionysos, de satyres ou autres ménades, pour soutenir
des portiques ou, plus fréquemment, des vasques et tables
de marbre. D’apparence humaine ou semi-humaine, les
termes illustrent des statues masculines et féminines qui
furent mariées dès l’époque antique à des fûts de colonne.
Philibert de l’Orme s’en fait le messager lorsqu’il écrit en 1567 :
«Je n’oublieray pas de vous advertir qu’au lieu des colomnes, vous pouvez
aussi mettre des figures qui representeront hommes ou femmes, ainsi
que iadis feirent les Grecs [...] Il ne fault aussi omettre, que plusieurs
au lieu des colomnes ont appliqué des Termes, les autres des Satyres».
Ces personnages donnaient au monument une part
de séduction tout en montrant la sagesse de leurs
commanditaires: ils valorisaient une pensée classique,
totalement acquise à la mythologie. Œuvres de Mathieu
Lespagnandel, réalisées entre 1659 et 1661, certains termes ne
furent pas achevés du fait de l’arrestation de Nicolas Fouquet.
Ces bustes ont la particularité d’une double tête afin d’être
aperçus tant de l’extérieur que de l’intérieur du domaine.
Budget de restauration : 70 000 €
Date de restauration:
de mai à septembre 2015.
La restauration aura lieu sur place
grâce au savoir-faire d’un atelier de
restauration en cours de sélection.
EXPOSITION
Révélez nos vrais visages
Hercule, Vulcain, Zéphyr, Apollon, Cérès,
Flore, Minerve ou Mercure : dès l’entrée du
domaine, Nicolas Fouquet célèbre ainsi les
forces de la nature. Chacun de ces dieux a son
histoire, son attribut et révèle une partie de
la personnalité de Nicolas Fouquet.
Hercule, force de la nature
Figure robuste et imposante, Hercule est
représenté à mi-corps, selon les limites
liées à la réalisation d’un terme sculpté.
L’œuvre traduit avant tout l’image de la
force du héros dont plusieurs des célèbres
travaux sont souvent rappelés
par
des attributs significatifs : le serpent,
la pomme du jardin des Hespérides,
la massue et la dépouille du lion de
Némée. La figure d’Hercule renvoie ici à
une prestigieuse lignée de décors voués
à l’exaltation du pouvoir.
Vulcain
est le dieu Romain du Feu, de la Forge,
des Volcans, des Métaux et le patron des
forgerons. Fils de Jupiter et de Junon, il
réside sous l’Etna où il forge les traits
de foudre pour son père. Il incarne non
seulement le feu bienfaisant, source des
industries humaines, mais aussi le feu
destructeur dont il peut précipiter ou
suspendre le cours : sous le surnom de
mitis, le doux, ou quietus, le tranquille, il
est celui qui peut éteindre les incendies.
Zéphyr,
le dieu du vent
Dans l’Iliade, Zéphyr est un vent violent
ou pluvieux. Plus tard on le considéra
comme un vent doux et léger, une brise
tiède qui amenait la fonte des neiges. On
faisait de lui l’amant de Flore, la déesse
des fleurs. Zéphyr et Flore sont tous
deux très importants dans l’allégorie du
printemps car Zéphyr apporte le vent
humide et chaud bénéfique à cette
saison et Flore fleurit la nature.
Apollon, la musique et la protection
des Arts
En tant que l’une des principales divinités
grecques, Apollon était représenté
comme un dieu qui parcourait quotidiennement le ciel sur son char: le plus beau
des dieux. Fils de Zeus et de Léto, frère
d’Artémis, personnalité multiple, Apollon
rassemble plusieurs divinités : il apparaît
autant comme un dieu maléfique que
comme un dieu posé et bienfaisant.
Il est régulièrement figuré de façon
idyllique, guérissant et purifiant ceux
qu’il protège, présidant à la fondation
de cités et aimant désespérément.
D’abord représenté comme un jeune
homme nu aux cheveux longs sous
l’Antiquité, idéal du dieu grec, il devient
un homme vigoureux à la Renaissance.
Dès le XVIème siècle, il apparaît en
tant que dieu de la musique, et plus
largement comme le protecteur des Arts,
conduisant son char. A la fin du XVIIème
siècle, Louis XIV choisit Apollon comme
allégorie à son pouvoir lié à la grandeur
et la maîtrise des Arts et par là-même,
des Hommes. Pour Nicolas Fouquet,
grand mécène des Arts et des Lettres,
Apollon symbolise la protection des Arts
et la magnificence. Ses attributs sont : les
instruments à cordes, le char, le cygne,
l’arc, le serpent, le soleil et le palmier.
Cérès, déesse de l’agriculture et du blé
Cérès prit forme humaine afin de sauver
sa fille Proserpine, enlevée par Pluton.
C’est lors de ce passage qu’elle fit don aux
humains du blé. Cérès est très sobrement
représentée sous l’Antiquité, uniquement
vêtue d’une tunique et assise sur un
trône à proximité d’épis de blé. Au
XVIIème siècle, la déesse est figurée
sous les traits d’une femme imposante
conduisant un char, telle une scène de
triomphe romain. Puis les peintres et
sculpteurs privilégient la représentation
de la douceur et le symbole de l’été et
de la fertilité, en l’accompagnant d’un
simple bouquet de blés dans les bras, les
pieds nus et vêtue d’un manteau léger.
Pour Nicolas Fouquet, Cérès symbolise
l’abondance, la fertilité, la prospérité et
l’approvisionnement monétaire.
Flore, annonciatrice du printemps
Déesse romaine des fleurs, des jardins,
du printemps et de la fécondité dans
la mythologie, on organisait en son
honneur de grands jeux floraux afin
qu’elle offre au peuple de bonnes récoltes
pour l’année. Ces festivités, appelées
Floralies (Floralia), duraient cinq jours
au cours du printemps.Le personnage
de Flore jeune fille devient l’allégorie
de Florence, ville de Sandro Botticelli.
Pour Nicolas Fouquet, elle symbolise le
renouveau, l’élégance.
Minerve (en grec Athena), la
prudence et la sagesse
Fille de Jupiter, Minerve est la déesse de
la sagesse, de la guerre, des sciences et
des Arts. Fille privilégiée du maître de
l’Olympe, ce dernier lui avait accordé
plusieurs de
ses prérogatives suprêmes.
Elle donnait l’esprit de prophétie,
prolongeait à son gré les jours des
mortels, procurait le bonheur après la
mort ;
tout ce qu’elle autorisait d’un signe
de tête était irrévocable ; tout ce
qu’elle
promettait arrivait infailliblement.
Beaucoup de villes se mirent sous
la
protection de Minerve, mais la ville par
excellence favorisée par la déesse fut
Athènes, à laquelle elle avait donné son
nom. Pour Nicolas Fouquet, Minerve
symbolise la prudence et la sagesse, le
combat et la justice. Ses attributs sont
ceux de l’Athéna des Grecs : la chouette,
le casque, le bouclier orné de la tête de
Méduse, la lance d’or, le Serment, la
Victoire ailée, l’olivier et l’Égide.
« Conversation en silence » : Jörg Bräuer,
photographe allemand contemporain, choisit
ce thème pour nous livrer sa perception de
ces œuvres d’art. L’exposition aura lieu du 5
septembre 2015 au 8 novembre 2015 au
Musée des Équipages.
« Les statues parfois âgées de 350 ans,
habitant les jardins créés par André Le Nôtre
à Vaux-le- Vicomte, me captivèrent dès le
premier regard, tant par leur mystère que par leur
signification. La poésie émanant de la relation
entre la lumière, leurs formes sculpturales, la
géométrie de l’architecture et des jardins, instaura
d’emblée l’envie d’explorer ce thème sous le signe
du silence qui semble pourtant insondable.[…]
Les stigmates du temps, les altérations subtiles des
matériaux me donnent maintes raisons d’explorer
le dialogue silencieux qu’elles entretiennent entre
elles, dès lors considérées comme des éléments
vivants, et laissant libre cours à l’imagination.
Lors de ma première rencontre, lorsque j’entrais
posément dans ces somptueux jardins, entouré de
la magique lumière du crépuscule, je pressentis les
fragments d’un dialogue venant de la direction
d’Apollon et Rhéa, ou était-ce Nessus parlant
à Déjanire...ou simplement le vent ? Que nous
transmettent ces statues ? Elles symbolisent les
bornes du temps sur la voie de l’éternité. »
Jörg Bräuer
Mercure, l’art du commerce
Dieu du commerce, des voyages et
messager des autres dieux dans la
mythologie romaine, Mercure est
assimilé à l’Hermès grec. Son nom est
lié au mot latin merx (marchandise),
mercari (commercer), et merces (salaire).
Ses attributs traditionnels sont la bourse,
le plus souvent tenue à la main, le pétase
(chapeau rond à bord large et plat), le
caducée (baguette de laurier ou d’olivier),
des sandales ainsi qu’un coq et/ou un
bouc.
Laetitia de Chabot
Responsable du mécénat
et du développement
Minerve, © Jörg Bräuer
05
06
PAROLE À
Daniel Dessert,
« Pour vous, qui est Nicolas Fouquet ? »
Propos recueillis par Laetitia de Chabot
PORTRAIT
ses interlocuteurs. Son talent inimitable pour
l’entreprise individuelle.
engagement fort représente une arme à
double tranchant : les dettes deviennent alors
équivalentes au capital constitué. Qui sont
les prêteurs ? Ils acceptent de prêter certaines
sommes au roi, en contrepartie du versement
d’intérêts qui peuvent, dans certains cas,
avoisiner 50%. Ils avancent l’argent au roi
sans le posséder la plupart du temps, ce
qui les oblige à l’emprunter dans le public.
Qui en prêtait dans le public ? Les bailleurs
de fonds de la monarchie, c’est à dire tout ce
que la société comptait de haut et de puissant
dans le gouvernement, dans la sphère
militaire ou religieuse. Il s’agit de 500 à 600
personnes, liées au pouvoir. Fouquet, pour
rétablir l’équilibre financier, doit demander à
ces bailleurs de fonds de restituer une partie
des profits réalisés. L’habileté demandée
relève d’une véritable prouesse : il est plus
facile d’exiger des comptes de personnalités
financières plutôt qu’auprès de ces figures
emblématiques de la société de l’Ancien
régime, véritables créanciers de l’Etat.
Surintendant des Finances de Louis XIV,
il se voit confier une double mission par
Mazarin : en quoi consiste-t’elle ?
La fortune personnelle de Fouquet fait
couler beaucoup d’encre : quelle est votre
vision du sujet ?
Dans l’Ancien Régime, un ministre des
Alors que Mazarin, Premier Ministre, décline,
finances est confronté à un problème majeur
il laisse une fortune équivalente à la moitié
qui est celui de toute monarchie : à cause
du budget annuel du royaume ; fortune issue
de finances obérées du fait de guerres très
du système financier pervers qui sous tend le
Avant d’évoquer l’homme d’affaires et
l’homme d’Etat, que représente pour vous
le personnage de Nicolas Fouquet ?
dépensières (plus d’une année sur deux est
système de la monarchie. Colbert a contribué
en guerre), il s’agit de trouver des espèces
à fomenter ce système et perçoit la menace : il
sonnantes et trébuchantes pour alimenter
sait que ce ne sont pas les héritiers de Mazarin
Daniel Dessert : Fouquet, à l’instar de la
plupart des ministres de Louis XIV, est un
exemple parfait de ces hommes du sérail
qui ont été éduqués depuis leur plus jeune
enfance au cœur d’un système qui devait en
faire de grands responsables politiques. La
famille Fouquet était constituée de six filles et
six garçons. Elle appartenait au milieu dévot
de la Contre Réforme qui recouvrait « une
société très définie au sein de la société de
l’Ancien Régime ». Les figures éminentes de ce
milieu étaient destinées soit à l’Eglise, soit à
une responsabilité politique et administrative.
L’aîné, François, suit la voie religieuse en tant
qu’évêque, puis archevêque de Narbonne. Dès
lors, Nicolas embrasse la carrière politique
laissée vacante. A l’exception du cadet, homme
de Cour, l’ensemble de sa fratrie se tourne vers
l’ordre religieux. En ce qui concerne les filles,
cela évitait d’amoindrir le capital familial.
Destiné à avoir une responsabilité politique
et administrative de haut niveau, il est formé
dès son plus jeune âge.
les caisses de l’Etat. On a l’habitude de dire
qui risquent quelque chose. Sa réponse est
« pour faire des guerres, il faut trois choses :
claire : s’il y a eu débordement, c’est du fait
de l’argent, de l’argent, de l’argent ». Le retour
d’un ministre responsable du détournement
provisoire à la paix doit permettre de revenir
des fonds des caisses de l’Etat, en somme,
à une situation où l’Etat essaie de se sortir de
de tous les maux de la monarchie. Nous
Quel est son principal talent ?
embarquer les gens d’affaires lui permet de
susciter une adhésion forte et immédiate à
ses projets financiers et culturels. Sa forte
capacité de travail est au service d’une
vision très nette du programme politique,
financier et maritime à mener. Il suit les
traces de son père François Fouquet, l’un
des bras droits de Richelieu pour tous les
sujets de politique maritime et commerciale.
Professeur d’histoire à l’Ecole Navale
pendant trente-trois ans, Daniel Dessert
consacre toute sa carrière à l’histoire de
l’Ancien Régime, en tant que spécialiste
de la société et des finances de la France
au XVIIème siècle. Au terme de 14 ans de
recherche sur les milieux financiers français
au XVIIème siècle, il publie sa thèse en
1984: « Argent, pouvoir et société au Grand
Siècle ». (Editions Fayard).
Ses enquêtes l’ont inévitablement mené
à s’intéresser de près au personnage de
Nicolas Fouquet, à sa personnalité, à son
entourage, à son action confrontée à celle
de Colbert et à son procès. (Fouquet, Daniel
Dessert, Fayard, 1987).
En tant que membre du Comité Fouquet,
Daniel Dessert nous livre aujourd’hui sa
vision de l’homme d’affaires et de l’homme
d’Etat.
Doté d’une intelligence supérieure, il affiche
un incontestable pouvoir de séduction sur
En tant qu’homme politique et social, il
ne crée pas de nouveau système mais sait
parfaitement orchestrer des méthodes déjà
expérimentées précédemment : le dynamisme
colonial (une des dernières acquisitions de
Fouquet concerne un domaine aux Antilles),
l’exploitation du potentiel maritime de la
France à des fins économiques. Ce n’est
pas un étatiste car il n’est pas adepte du
règlement inflexible : c’est un « libéral », au
sens contemporain du terme, qui prône une
grande souplesse au service d’une liberté de
ce système d’un besoin incoercible d’argent.
Ainsi, à partir de 1659, il rétablit les équilibres
financiers.
Quelles en sont les difficultés majeures ?
connaissons la suite de l’histoire. Face à une
telle attaque, Fouquet répond : « Puisque
vous m’accusez d’avoir détourné l’argent du
Roi, faites l’inventaire de ma fortune ainsi
que celle de Monsieur Colbert et de feu le
Pour financer la machine de guerre, il sollicite
Cardinal. » (Fouquet et Colbert étant deux
l’intermédiaire de l’impôt direct ou indirect
des cinq exécuteurs testamentaires de
et multiplie les affaires indirectes, aussi
Mazarin). L’inventaire de la fortune privée de
appelées affaires extraordinaires, à savoir les
Fouquet révèle 15 millions et demi de livres
ventes d’offices, les emprunts, les taxes sur un
à son actif (valorisation de l’ensemble de ses
certain nombre de personnages – receveurs
biens comprenant les biens hypothéqués de
généraux de finances, parlementaires… Le
son épouse) et une somme identique à son
surintendant des finances devient chercheur
passif (emprunts d’Etat sur ses biens propres
d’or : afin de faciliter les négociations avec les
– intérêts de ses rentes pour des terres dont
prêteurs, il prend en partie son propre crédit
il devait régler encore une partie). Ces chiffres
comme garant du crédit de l’Etat. Il s’est
ne révèlent aucun enrichissement personnel.
porté acquéreur de nombreux biens fonciers
Quant à l’inventaire des biens de Mazarin, il
à titre personnel qui devaient servir d’avance
est fait sans jamais opérer aucune addition
à des prêts qu’il allait contracter pour l’Etat. Il
entre ses différents biens. On sait, qu’à titre
rassurait ainsi les prêteurs grâce à son capital:
privé, le Cardinal avait une encaisse métallique
il s’agissait d’une démarche courante dans
de 8 millions de livres, soit une somme
les milieux d’affaire de l’Ancien Régime. Cet
supérieure à celle détenue par les Caisses de la
Banque d’Amsterdam, plus grand instrument
de crédit de l’Europe occidentale au XVIIème
siècle ; somme accumulée en 8 ans, depuis
son retour après sa chute lors de La Fronde.
On le découvre au mois de Mai 1661. Dès ce
moment là, il est décidé d’arrêter Fouquet,
bien avant la fête de Vaux.
Quelle a été la faiblesse de Fouquet ? N’a t’il pas
estimé à sa juste valeur son environnement et
les menaces qu’il contenait ?
Fouquet était habité d’une sorte de « vertige
de la bâtisse ». Il adorait bâtir, construire
et avait pour ambition de devenir Premier
ministre. Il n’a peut être pas su apprécier à sa
juste valeur la capacité de nuisance qu’aurait
Colbert. Il a pourtant été prévenu mais n’y a
pas cru. Il a sans doute surestimé sa puissance
professionnelle, sa capacité de technicien qui
rendent Louis XIV très jaloux de son pouvoir. Il
devient ombre pour le soleil. On oublie parfois
l’attitude surprenante qu’a Louis XIV à la fin
de l’existence de Fouquet (1680) : il décide de
mesures d’assouplissement des conditions
d’emprisonnement de Fouquet qui détient
dès lors le droit de recevoir sa famille, ce qui
lui était strictement interdit au préalable.
On lui demande même, depuis Pignerol, de
rédiger un mémoire sur les affaires de Finance
de la France, à la fin de la guerre de Hollande
(1678). De tels faits pourraient laisser penser
que Louis XIV s’est rendu compte qu’il avait été
manipulé par Colbert, et qu’il envisageait de
libérer Fouquet.
Sait-on quelque chose de la période de
détention de Nicolas Fouquet à Pignerol ?
Que dire de la fin de sa vie ?
Seul le droit de lire des textes religieux lui
est accordé. Il exprime son talent de grand
versificateur de poésies religieuses en latin.
Peu d’informations nous sont parvenues
sur cette période : toute correspondance
est soumise à une inspection systématique.
Sa dimension religieuse, si intrinsèque au
personnage, réapparaît alors avec d’autant
plus de vigueur : ces heures de silence lui
permettent de nouer un dialogue avec luimême et avec son Créateur. Voici un extrait
de l’une des dernières lettres qu’il écrit à son
épouse le 5 février 1675: « J’ai cru devoir par
raison de conscience ou autre m’acquitter
les joies du corps et songer à l’âme. Vous
me communiqueriez votre vertu et moi
je vous fournirai la manière de l’exercer. Il
faut que tout prenne fin mais non pas ma
reconnaissance et mon amitié pour vous. »
TOUS MÉCÈNES… LA BEAUTÉ ET L’AMOUR
UNE ŒUVRE À LA LOUPE
« La beauté coupant les ailes
de l’amour »
Portrait allégorique supposé de Madame Fouquet, « La beauté coupant les ailes de l’Amour afin qu’il ne s’envole pas», réplique de l’œuvre originale peinte par l’atelier de Charles Le Brun,
fut la première acquisition de l’Association des Amis de Vaux-le-Vicomte, en 1984, un an après sa création. Il est aujourd’hui exposé dans le cabinet de Nicolas Fouquet. En cette année
du 400ème anniversaire de Nicolas Fouquet, nous avons souhaité mettre à l’honneur celle qui resta aux côtés de son mari, « pour le meilleur et pour le pire ».
Marie-Madeleine Fouquet, née Marie-Madeleine
de Castille
Nicolas Fouquet eut deux épouses
et six enfants. Son premier mariage
avec la riche héritière Louise Fourché
dure moins de deux ans. Louise donne
naissance à une fille, nommée Marie, et
meurt six mois plus tard. En 1641, à 26
ans, Nicolas Fouquet se retrouve veuf,
à la tête d’une fortune importante. La
même année, il achète Vaux-le-Vicomte.
Dix ans plus tard, il épouse en secondes
noces, Marie-Madeleine de Castille. Elle
n’a alors que 15 ans. Ses contemporains
la décrivent comme une fière beauté
brune aux traits purs et réguliers. Fille
d’un parlementaire fortuné, sa dot est
inférieure à celle de Louise Fourché
mais elle fait bénéficier son mari d’un
vaste cercle de relations. Au cours des
premières années de son mariage,
Marie-Madeleine de Castille tient un
salon littéraire dans leur propriété de
Saint Mandé où se rencontrent têtes
couronnées, aristocrates et artistes.
Le salon des Fouquet devient le centre
du mouvement littéraire français.
Après la fête grandiose du 17 août 1661
qu’elle avait activement préparée et les
tristes épisodes qui suivirent, Madame
Fouquet est exilée à Limoges. Ses
enfants, dont le plus jeune a alors deux
mois, lui sont enlevés : la reine mère Anne
d’Autriche doit intervenir pour qu’ils ne
soient pas jetés à la rue. Ses biens sont
saisis ; elle doit emprunter de l’argent
pour survivre. Dès son retour d’exil, elle
se jette aux pieds du roi en l’implorant.
Pendant le procès, Madame Fouquet
s’efforce, de concert avec la mère de
Fouquet, Marie de Maupeou, d’exciter la
pitié des juges et de désarmer la colère du
roi. Ces deux femmes se tiennent presque
chaque jour à la porte de l’Arsenal, où
siège la chambre de justice, et présentent
des requêtes en faveur de l’accusé.
En 1673, après un second exil,
Madame Fouquet peut rentrer à Vaux.
Avec son fils aîné, le comte de Vaux,
elle reprend le domaine en main, le
fait fructifier, règle les dettes de son
mari en vendant notamment des
œuvres qu’il avait commandées. C’est
certainement l’intervention de Madame
de Montespan qui rend possible en
1679 la première visite depuis 15
ans de Madame Fouquet à son mari.
Elle lui survivra pendant 36 ans, luttant
dans un premier temps pour sauver les
restes de la fortune familiale. Leurs biens
ont été saisis par l’État et le roi ou donnés
à des œuvres pieuses. Heureusement,
Madame Fouquet est détentrice de
sûretés et de privilèges du fait de ses
conventions matrimoniales. Le roi finit
par les lui laisser. En 1705, le comte de
Vaux meurt sans postérité et sa mère
décide de vendre le château de Vauxle-Vicomte au maréchal Claude Louis
Hector de Villars. Saint-Simon a écrit :
« Elle mourut à Paris, en 1716, dans une
grande piété, dans une grande retraite et
dans un exercice continuel de bonnes œuvres
pendant toute sa vie. La mère et la femme
de Fouquet contrastent par leurs qualités
simples et modestes avec le reste de la
famille. » Elle est inhumée dans la chapelle
Fouquet du couvent de la VisitationSainte-Marie, à Paris, avec son mari.
Sa représentation
allégorique par les ateliers
de Charles Le Brun
Le tableau représente une allégorie de
l’amour conjugal. Il a probablement été
réalisé en 1651, année du mariage de
Nicolas Fouquet avec Marie-Madeleine
de Castille : l’hypothèse d’un cadeau
de mariage est peu vraisemblable.
Marie Madeleine de Castille sert de
modèle pour sa réalisation : l’oeuvre
originale est conservée à Puerto Rico,
au Musée d’art de Ponce qui l’a acquise
en 1967. Cet original, dont la dernière
présence en France est attestée en 1787,
représente étrangement une MarieMadeleine brune, alors que la copie
présentée à Vaux-le-Vicomte la figure
blonde. Dans Le Songe de Vaux (1659) ,
La Fontaine évoque « sa tresse brune » .
Il existe une gravure fidèle à l’original,
réalisée par Antoine Marcenay de Guy
(1724-1811) en 1763.
PLUSIEURS SYMBOLES SONT REPRÉSENTÉS
• une pomme d’or : symbole de Vénus, qui coupe les ailes de l’Amour.
Sur le tableau original, on retrouve ces mots sur la pomme : « A la plus belle »
• la vertu, avec Vénus recevant la lumière d’Hymen, figurée sous les traits d’un
jeune garçon
• la chasteté et la pudeur sous la forme d’une guirlande de roses rouges et
blanches
• la sagesse sous les traits de Minerve. Son bouclier est à ses pieds. Il est orné de
la tête de Gorgone, méduse figée dont le regard désespéré fait pendant à celui de
l’Amour. Minerve use de rubans afin de lier les mains de l’Amour
• la douceur avec l’agneau
• carquois et flèches, les attributs du cupidon captif, sont brûlés sur l’autel
• la réussite de Nicolas Fouquet est représentée par l’écureuil sur la corne
d’abondance.
Venez à nouveau contempler cette œuvre dans le cabinet de Nicolas
Fouquet.
Marie-Jo-Gould
Amie de Vaux-le-Vicomte
07
08
TOUS MÉCÈNES… NOTRE AGENDA
Agenda
JEUDI 30 AVRIL À
11H30
LES TERMES DE LA
GRANDE GRILLE de Mathieu
29, 30 ET 31 MAI
JEUDI 9 JUILLET 2015
FESTIVAL DE L’HISTOIRE
DE L’ART
CONCERT LES ARTS
FLORISSANTS dirigés par
William Christie
Lespagnandel contés par Adèle Armand
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier
chaleureusement l’ensemble des Amis
de Vaux-le-Vicomte qui contribuent
à la préservation de ce chef d’œuvre
pour les générations présentes et
futures. Vous êtes tous mécènes : un
immense merci !
ÉVÉNEMENTS
RÉCURRENTS
4, 5 ET 6 AVRIL : PÂQUES
Des étudiants de l’École du Louvre seront
présents à Vaux pour présenter au public
leurs sujets de recherche sur Vaux-leVicomte ou le Grand Siècle Français.
Le programme de ces journées vous
sera communiqué d’ici début mai sur
www.vaux-le-vicomte.com
RÉSERVÉ AUX AMIS
A partir de mai 2015, les huit termes,
œuvres du sculpteur émérite Mathieu
Lespagnandel, seront restaurés. A cette
occasion, Adèle Armand, *étudiante
en conservation-restauration des
œuvres sculptées à l’Ecole Supérieure
des Beaux-Arts de Tours, vous contera
l’histoire de ces œuvres, les allégories
qu’elles représentent et leur procédé de
restauration.
JEUDI 21 MAI À 12H
VISITE DU DÉPARTEMENT
SCULPTURES DU MUSÉE
DU LOUVRE
VENDREDI 26 JUIN À
9H30
DANS LES COULISSES DU
CABINET DES JEUX
Vaux-le-Vicomte, Palais des Arts : la
musique reprend ses droits grâce au
talent de William Christie et de son
ensemble de musique baroque « Les
Arts Florissants » qui se produira au
cœur des jardins de Vaux-le-Vicomte
sur le programme « Airs de Cour – Airs
sérieux et à boire » (dans le Grand Salon
en cas de mauvaise météo). Le concert
sera précédé d’un cocktail dînatoire sur
la terrasse Sud du château.
Tarif individuel unique : 275€.
Programme détaillé et réservation en
ligne sur www.vaux-le-vicomte.com
Pour les amis bienfaiteurs et grands
bienfaiteurs: un placement privilégié sera
réservé ainsi qu’une coupe de champagne
offerte pendant l’entr’acte.
DU 20 AU 25 JUILLET
2015
RÉSERVÉ AUX AMIS
▶ Cabinet des Jeux © Béatrice Lécuyer-Bibal
A l’occasion de la restauration du
Cabinet des Jeux, nous vous convions
à une rencontre avec l’atelier d’ Ariel
Bertrand, en charge de la restauration
afin de découvrir ensemble les coulisses
d’un travail si minutieux. Eve Netchine,
directeur adjoint de la Bibliothèque de
l’Arsenal- Bibliothèque Nationale de
France- nous racontera ensuite les jeux
qui animèrent la cour et la société au
XVIIème siècle.
VAUX-LE-VICOMTE ET
L’ÉCOLE DU LOUVRE :
COURS D’ÉTÉ
A l’occasion du 400ème anniversaire de
la naissance de Nicolas Fouquet, dont
la réussite fut aussi fulgurante que la
chute, l’École du Louvre consacre un
cycle de conférences au château de
Vaux-le-Vicomte, à ses décors, et à
l’homme derrière le chef d’œuvre.
Information et contacts sur http://
www.ecoledulouvre.fr/enseignements/
etre-auditeur/cours-ete
PENSÉES
RÉSERVÉ AUX AMIS
Sous la houlette de Geneviève Bresc,
ancienne directrice et conservateur
en chef du département sculptures du
Louvre et membre du Comité Fouquet,
venez (re)découvrir au musée du Louvre
l’histoire de la sculpture moderne et ses
représentants les plus célèbres.
Nous avons une pensée particulière
pour les amis qui nous ont quittés
depuis mars 2014, ainsi que pour
leurs proches.
Mme Simone MAGNE
Mme Jeanine DUBIEZ
Mr Claude GREZE
Baronne Philippine de ROTHSCHILD
La célèbre chasse aux œufs revient!
L’occasion pour petits et grands de
découvrir le jardin sous un autre angle !
DIMANCHE 21 JUIN :
JOURNÉE GRAND SIÈCLE
Venez revivre le temps d’une journée la
magnificence du Grand Siècle!
LES DÎNERS AUX
CHANDELLES
Vaux-le-Vicomte s’illuminera à nouveau
tous les samedis à partir du 2 mai.
L’entrée à certains de ces
événements nécessite une
inscription préalable (au plus
tard dix jours avant l’événement)
et se fait dans la limite des places
disponibles.
Un formulaire d’inscription
à ces évènements est joint à
la Lettre de l’Ecureuil : merci
de nous renvoyer le bulletin
complété par courrier ou
courriel. Votre carte de membre
en cours de validité vous sera
demandée afin d’accéder à
l’événement.
INFORMATIONS
Château de Vaux-le-Vicomte
77950, Maincy
www.vaux-le-vicomte.com/
soutenez-vaux-le-vicomte
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