ème Festival allemand s`est déroulé à Paris, au Cinéma L`Arlequin

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ème Festival allemand s`est déroulé à Paris, au Cinéma L`Arlequin
Le 12ème Festival allemand s’est déroulé à Paris, au Cinéma L’Arlequin, du 10
au 16 octobre 2007.
Je n’ai vu que des films intéressants. Le film d’ouverture « Nichts als Gespenter » présentait
une pléiade d’acteurs que nous connaissons déjà comme August Diehl, Maria Simon ou
Jessica Schwarz. Le spectateur suit des couples aux quatre coins du monde, au Nevada, à la
Jamaïque, en Islande ou à Berlin et une jeune fille seule à Venise. On pourrait craindre un
certain éparpillement mais il n’en est rien. L’unité est dans la thématique : la grande solitude,
la difficulté voire l’impossibilité à vivre une liaison. Quels admirables paysages et un léger
optimisme à la fin du voyage au Nevada !
« Yella » est un superbe film de Christian Petzold, l’un des principaux représentants de
l’école de Berlin. On connaît ses films « Die innere Sicherheit » et « Gespenster ».
Nina Hoss a eu pour Yella l’ours d’argent de la meilleure actrice à la Berlinale de 2007.
A première vue, ce film pourrait être l’histoire d’une femme qui refuse la fatalité et veut
prendre un nouveau départ. Mais très vite, le film prend des accents de thriller fantastique
dans un monde où règnent le capital et les calculs.
« Fata morgana » a été aussi une belle surprise. Ce film d’un jeune réalisateur, Simon Gross a
eu le prix du jury franco-allemand du festival. Voici ce qu’en dit Hélène Pierre qui a vu ce
film :
« Jeune couple, Daniel et Laura sont partis en vacances au Maroc.
Alors que Daniel veut prendre de l’essence, un homme, un Français, apparaît, vêtu de noir,
les cheveux longs. Personnage étrange, au-delà de l’humanité. Il propose à Daniel de leur
faire découvrir le désert. Daniel refuse. Ils se débrouilleront bien tout seuls.
Mais bientôt le voyage devient un parcours labyrinthique à travers les dunes de sable, un
parcours semé d’embûches. Les épreuves se succèdent, dans ces paysages, très finement
filmés. Lorsque le van de Daniel tombe en panne, le diable réapparaît au couple, comme un
sauveur.
Dans le désert, les paysages sont le symbole d’une liberté qui se perd au profit de
l’enfermement, ce que le film rend très bien. Enfermé dans cette étendue, le couple sent une
brèche se former en leur sein même, et le Loki français s’y insère. C’est celui qui fait partie
du cauchemar, celui qui ne répond pas, répare le van, sauve le couple et tente aussi de le
détruire et nous entraîne vers une réalité différente. Mais laquelle ? »
Faut-il aller voir « Mein Führer » ? Ce film est une parodie historique dans le genre de « La
vie est belle » de Roberto Benigni. Peut-on rire d’Hitler ? Je connais toute la polémique et la
trouve sérieuse et grave. En tout cas, Ulrich Mühe qui est, dans ce film, un Juif, Adolf
Grünbaum, le professeur d’Hitler, tire sa révérence avec un dernier rôle magistral.
« Der andere Junge » est un film à petit budget sur un sujet difficile : la délinquance juvénile
chez les enfants de bonnes familles. Le spectateur se trouve transporté dès les premières
minutes dans une réalité crue et violente. C’est sans doute le film qui m’a le plus ébranlée.
Un autre film vous prend aux tripes « Vier Minuten ». Ce film raconte l’affrontement entre
deux femmes, une professeur de piano âgée, Traude Krüger et une jeune détenue, Jenny,
incarcérée pour meurtre, qui est une interprète prodige mais d’une extrême agressivité. Le
thème de la musique classique en milieu carcéral n’est peut-être pas original mais
l’interprétation de Monica Bleibtreu et d’Hannah Herzsprung est remarquable.
Le coup de cœur du public est allé à « Shoppen »
Ralph Westhoff, un cinéaste munichois nous fait assister dans son premier long métrage, à un
Speed dating, un moyen pour 18 célibataires de se rencontrer et de converser afin d’établir
une relation qui doit avoir des lendemains amoureux. On rit dans ce film mais souvent jaune.
Hélas, je n’ai pas pu revoir le film de clôture, le film de Fatih Akin « Auf der anderen Seite ».
Ce film magnifique raconte les destins croisés de six personnages entre Hambourg et Istanbul.
Ce film humaniste est rempli de poésie et Hanna Schygulla a un très beau rôle.
C’est sans doute le meilleur film que j’ai vu depuis longtemps.
Il y aurait encore d’autres films et il me faudrait parler des courts métrages mais j’en ai vu très
peu cette année.
En tout cas, le cinéma allemand d’aujourd’hui se porte très bien et c’est tant mieux !