TURANDOT (1926) Opéra de Giacomo Puccini - Radio

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TURANDOT (1926) Opéra de Giacomo Puccini - Radio
Le samedi 27 novembre 2004 13 h 00 (HNE), 19 h 00 (TUC)
SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS
TURANDOT (1926)
Opéra de Giacomo Puccini (1858-1924)
Drame lyrique en trois actes
Livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni d’après la fable éponyme de Carlo Gozzi
Chef d’orchestre : Yannick Nézet-Séguin
Metteur en scène et chorégraphe : Renaud Doucet
Décors et costumes : Allen Charles Klein1
Concepteur d'éclairages: Guy Simard
Ass. chef d’orch. et chef de chœur : Jean-Marie Zeitouni
Maître d’armes : Huy Phong Doan
Pianiste-répétiteur: Claude Webster
Orchestre Métropolitain du Grand Montréal
Chœur de l’Opéra de Montréal
Un mandarin : Etienne Dupuis (baryton)2
Liù : Marie-Josée Lord (soprano)
Calaf : Renzo Zulian (ténor)
Timur : Denis Sedov (basse)
Ping : Aaron St. Clair Nicholson (baryton)
Pong : Kurt Lehmann (ténor)
Pang : Frédéric Antoun (ténor)
L’empereur Altoum : Pierre Lefèbvre (ténor)
Turandot : Anna Shafajinskaia (soprano)
1pour
le Florida Grand Opera
de l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal
2membre
En collaboration avec l'Opéra de Montréal
www.operademontreal.com
www.orchestremetropolitain.com
Argument
Acte I
Pékin, en des temps légendaires. Devant le palais impérial. Une loi régit l’empire:
le prince qui résoudra les trois énigmes de la princesse Turandot obtiendra sa main;
s’il échoue, il mourra. C’est le cas du prince de Perse, qui sera décapité. Dans le
tumulte, un vieillard tombe et est secouru par un jeune homme, Calaf, qui
reconnaît aussitôt son père, Timur, roi détrôné de Tartarie. Par crainte que Calaf ne
se fasse assassiner, Timur garde secrets le nom et le titre de son fils et révèle que
Liù est la seule personne qui lui soit restée fidèle. Turandot ordonne qu’on procède
à l’exécution. Calaf, ébloui par la beauté de Turandot, décide de relever le défi des
trois énigmes.
Acte II – Premier tableau
Dans un pavillon du palais. Trois ministres, Ping, Pang et Pong, espèrent que
l’amour touchera enfin le cœur de Turandot. La foule se rassemble pour voir le
nouveau prétendant subir la série d’épreuves et les trois ministres sont ramenés à
la réalité.
Acte II – Deuxième tableau
En face du palais. Turandot raconte l’histoire de son aïeule, Lo-u-ling, qui a péri de
la main d’un étranger. Turandot a donc imaginé cette épreuve pour la venger. Elle
pose sa première énigme, dont le prince trouve aussitôt la réponse: l’espoir. La
seconde est plus difficile. Calaf hésite, puis répond: le sang. Elle énonce la
troisième énigme à laquelle Calaf répond triomphalement: c’est Turandot.
Turandot supplie son père de la délivrer. Calaf lui propose une énigme de son cru :
si elle parvient à percer le secret de son nom avant l’aube, alors il mourra comme
s’il avait échoué.
Acte III – Premier tableau
Les jardins du palais. Turandot a ordonné que personne ne dorme avant que ne
soit découvert le nom du prince inconnu. Quand Turandot commande à Timur de
parler, Liù s’interpose : elle seule connaît l’identité du prince. Soumise à la torture,
elle ne parle pas. À Turandot qui lui demande ce qui lui donne autant de courage,
Liù répond : « L’amour », puis se poignarde. Calaf, seul avec Turandot, lui reproche
sa cruauté. Turandot avoue à Calaf qu’elle l’a craint et aimé dès le premier regard.
Calaf lui révèle son identité et remet son sort entre les mains de la princesse.
Acte III – Deuxième tableau
En face du palais. À l’aube, Turandot et Calaf paraissent devant l’Empereur.
Turandot déclare qu’elle connaît le nom de l’étranger : il s’appelle... Amour.
Notes historiques
Turandot
Giacomo Puccini (1858 – 1924)
Création: Milan, Teatro alla Scala, 25 avril 1926
Dernière production à l’Opéra de Montréal: mai 1997
C’est lors d’une rencontre entre Puccini et deux de ses librettistes à Milan, au cours
de l’hiver 1919-1920, que naît l’idée de construire un opéra à partir de la fable de
Gozzi.
Dans sa forme originale, la Turandot de Gozzi est une tragi-comédie en cinq actes
aux nombreux personnages dont certains ont été supprimés dans l’opéra. Les
librettistes se sont pliés à la suggestion de Puccini et ont inventé les personnages
de Liù et de Ping, Pang et Pong, sortis tout droit de la commedia dell’arte. Quant
aux mélodies chinoises qui traversent l’œuvre, elles sont inspirées d’une boîte à
musique appartenant à un ami de Puccini.
La composition de l’opéra a été laborieuse. Le premier acte qui semble avoir été
achevé en juin 1921, ne l’a été, en réalité, qu’à l’automne de 1922. Le deuxième
acte a été terminé peu après. Mais le troisième n’a été entrepris qu’un an plus tard.
Outre cette longue gestation, le destin allait frapper. Les douleurs que Puccini
ressent à la gorge depuis longtemps se sont intensifiées. Une entente avec Arturo
Toscanini et La Scala de Milan a déjà été conclue pour présenter Turandot le
printemps suivant. Les souffrances de Puccini deviennent intolérables et un examen
en octobre 1924 révèle un cancer de la gorge. Il succombe à une défaillance
cardiaque le 29 novembre suivant.
Il est hors de question d’abandonner Turandot. Franco Alfano, un ami de Puccini,
complète l’œuvre à partir des esquisses laissées par Puccini. Toscanini est, semble-til, furieux du résultat. Le soir de création, Toscanini dépose sa baguette après la
scène de la mort de Liù et, se tournant vers le public, dit : « Giacomo Puccini s’est
arrêté ici. La mort fut en l’occurrence plus forte que l’art. » Puis le rideau tombe
lentement et, après un long silence, résonne une ovation immense. Le lendemain
soir, l’ouvrage est repris avec cette fois la conclusion d’Alfano.
Dès 1926, Turandot est repris sur neuf scènes internationales. L’œuvre est
considérée comme le sommet de la production de Puccini en raison de la profusion
d’idées musicales et de la «modernité» de son style. Turandot figure maintenant
parmi les classiques de l’opéra du XXe siècle.