Livre 1.indb

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Livre 1.indb
SANTÉ / PRÉVENTION
CHIFFRES-CLÉS
Deux
fois plus
d’arrêts maladie
pour les personnes souffrant de
troubles du sommeil.
1 h 30
de moins
par nuit,
c’est le temps de sommeil perdu
depuis 50 ans.
N
Des causes multiples
C’est souvent à l’issue d’un
cycle que le réveil se produit…
et que l’insomnie commence.
« L’insomnie n’affecte pas forcément la structure du som-
meil. Ce qui est en jeu est
souvent plus la qualité que la
quantité de sommeil, explique
le Dr Sylvie Royant-Parola(1).
Les patients ont l’impression
de rester éveillés toute la nuit.
Mais lorsqu’on enregistre leur
sommeil par polysomnographie, on s’aperçoit qu’il n’en
est rien. »
Les troubles du sommeil n’en
sont pas moins invalidants.
Irritabilité,
performances
amoindries au travail, baisse
d’énergie, moral et sexualité en
berne : leurs conséquences psychiques sont minantes. Quant
aux effets de ces troubles sur la
ou moins de
sommeil
Dr Sylvie Royant-Parola
dans les réseaux de consultations
spécialisées Morphée (Paris) et
Hypnor (Lyon).
par nuit double le risque de maladies
cardiovasculaires.
Cette psychiatre, spécialiste du sommeil
et présidente du Réseau Morphée, réseau
de santé impliqué dans la prise en charge
des troubles du sommeil en Île-de-France,
est responsable du centre d’exploration du
sommeil de la clinique du Château de Garches.
POUR EN SAVOIR PLUS :
www.institut-sommeil-vigilance.org
www.reseau-morphee.fr
Guide « Bien dormir, mieux vivre » à télécharger sur le site de
l’INPES : www.inpes.sante.fr
Un Français sur trois dort mal. Mais seuls 23 % des intéressés sont pris
en charge. Difficultés d’endormissement, insomnies, réveils à répétition,
apnées du sommeil : dormir mal ou insuffisamment est pourtant lourd de
conséquences. Gros plan sur un mal négligé.
Ses muscles sont relâchés, sa
respiration très lente, sa température basse. Le corps récupère
de sa fatigue.
Le sommeil paradoxal s’accompagne d’une activité cérébrale intense, avec des mouvements rapides des yeux et
une respiration irrégulière. Le
dormeur rêve et récupère alors
de sa fatigue mentale.
médecins du
sommeil
5 heures
Un problème de sommeil peut
en cacher un autre
« Au fait docteur,
je dors mal »
ous passons près du
tiers de notre vie à
dormir. Dans une nuit,
notre sommeil comporte plusieurs cycles d’une heure et
demie environ. Un cycle complet comprend quatre phases.
Le stade du sommeil léger
(stade 1), très court, se caractérise par un ralentissement de
l’activité cérébrale.
Lorsque le dormeur rentre
en stade 2, le sommeil est
confirmé, mais un bruit léger
peut encore provoquer le
réveil.
Le sommeil profond isole le
dormeur du monde extérieur.
400
santé, ils sont scientifiquement
prouvés (cf. interview).
Quelles solutions ?
Sylvie Royant-Parola tient une
consultation spécialisée sur le
sommeil à Garches. Elle obtient
de bons résultats en utilisant la
restriction du temps passé au
lit. On se cale sur un horaire
fixe de lever et sur 6 heures
de sommeil. À condition de
tenir 4 à 6 semaines, la privation de sommeil finit par relancer naturellement le sommeil
continu.
À court terme, lorsque l’on traverse une période stressante ou
anxieuse et que l’épuisement
guette, les somnifères, utilisés
sous surveillance médicale,
procurent un soulagement
immédiat. « Mais attention,
prévient Sylvie Royant-Parola,
s’ils sont « magiques » pour
souffler ponctuellement, ils ne
procurent qu’une amélioration
de façade. » Après un mois de
prise continue, les anomalies
du sommeil réapparaissent et
les médicaments entretiennent
le problème. D’une part, parce
qu’ils créent une accoutumance
et qu’il faut augmenter les
doses pour obtenir les mêmes
effets. D’autre part, parce qu’ils
réduisent les phases de sommeil profond et paradoxal, les
plus reposantes.
Les somnifères devraient donc
représenter une solution de
dernier recours. C’est loin
d’être le cas : en France, 14 %
des hommes et 24 % des
femmes en consomment régulièrement(2).
(1) Sylvie Royant-Parola est l’auteur des
ouvrages Comment retrouver le sommeil
par soi-même, aux éditions Odile Jacob
et Les troubles du sommeil, vos questions,
nos réponses avec Michel Cymes, chez
Hachette.
(2) Selon l’Observatoire français des
Drogues et Toxicomanies.
« Tous les insomniaques doivent
redonner du sens au fait de
se mettre au lit et réserver
ce dernier à l’intimité et au
sommeil. »
12 – Territoire mutuel | n° 88
DÉCEMBRE 2011
Quels troubles recouvre l’insomnie ?
Avant tout des troubles psychologiques liés aux événements de
la vie et générateurs d’anxiété et de stress. Mais dans 35 % à
50 % des cas, les difficultés du sommeil sont liées à un trouble
dépressif. Il peut également s’agir de troubles liés à des
pathologies comme les apnées du sommeil, qui se traduisent
plutôt par des somnolences diurnes, ou comme le syndrôme
des jambes sans repos, une vraie torture !
Quand faut-il consulter ?
Lorsque les troubles du sommeil persistent plus de trois mois,
et ne cèdent pas avec les « petits moyens » naturels et que la
fatigue va grandissant. Mieux vaut alors consulter rapidement,
plutôt que de se contenter d’évoquer le problème entre deux
portes, en fin de consultation !
Quelles sont les conséquences des troubles du sommeil
sur la santé ?
Elles sont majeures. Il a été scientifiquement prouvé que
la privation régulière de sommeil fragilise le système
immunitaire, qu’elle accentue le risque de surpoids,
d’hypertension et, pour les femmes, de cancer du sein.
Récemment, des chercheurs norvégiens ont démontré
qu’elle augmentait considérablement les risques
d’infarctus(3).
(3) Étude publiée dans la revue Circulation en octobre 2011.
LES 10 COMMANDEMENTS
POUR UN BON SOMMEIL
À éviter
– Le sport, après 19 heures.
– Ordinateur et téléphone dans la chambre à coucher.
– Être devant un écran d’ordinateur (très stimulant) juste avant de dormir.
– Des siestes longues.
À privilégier
– Dîner léger (sans alcool ni excitant).
– Des horaires réguliers de lever (même le week-end).
– Attendre d’avoir envie de dormir pour se coucher à son rythme.
– Se lever la nuit pour s’occuper calmement lorsque vous êtes éveillé.
– Une température de la chambre entre 18 °C et 20 °C.
– Se relaxer dans l’heure précédant le coucher avec des
assouplissements, de la lecture, ou en buvant des tisanes de mélisse,
passiflore ou valériane.
n° 88 | Territoire mutuel – 13
SANTÉ / PRÉVENTION
CHIFFRES-CLÉS
Deux
fois plus
d’arrêts maladie
pour les personnes souffrant de
troubles du sommeil.
1 h 30
de moins
par nuit,
c’est le temps de sommeil perdu
depuis 50 ans.
N
Des causes multiples
C’est souvent à l’issue d’un
cycle que le réveil se produit…
et que l’insomnie commence.
« L’insomnie n’affecte pas forcément la structure du som-
meil. Ce qui est en jeu est
souvent plus la qualité que la
quantité de sommeil, explique
le Dr Sylvie Royant-Parola(1).
Les patients ont l’impression
de rester éveillés toute la nuit.
Mais lorsqu’on enregistre leur
sommeil par polysomnographie, on s’aperçoit qu’il n’en
est rien. »
Les troubles du sommeil n’en
sont pas moins invalidants.
Irritabilité,
performances
amoindries au travail, baisse
d’énergie, moral et sexualité en
berne : leurs conséquences psychiques sont minantes. Quant
aux effets de ces troubles sur la
ou moins de
sommeil
Dr Sylvie Royant-Parola
dans les réseaux de consultations
spécialisées Morphée (Paris) et
Hypnor (Lyon).
par nuit double le risque de maladies
cardiovasculaires.
Cette psychiatre, spécialiste du sommeil
et présidente du Réseau Morphée, réseau
de santé impliqué dans la prise en charge
des troubles du sommeil en Île-de-France,
est responsable du centre d’exploration du
sommeil de la clinique du Château de Garches.
POUR EN SAVOIR PLUS :
www.institut-sommeil-vigilance.org
www.reseau-morphee.fr
Guide « Bien dormir, mieux vivre » à télécharger sur le site de
l’INPES : www.inpes.sante.fr
Un Français sur trois dort mal. Mais seuls 23 % des intéressés sont pris
en charge. Difficultés d’endormissement, insomnies, réveils à répétition,
apnées du sommeil : dormir mal ou insuffisamment est pourtant lourd de
conséquences. Gros plan sur un mal négligé.
Ses muscles sont relâchés, sa
respiration très lente, sa température basse. Le corps récupère
de sa fatigue.
Le sommeil paradoxal s’accompagne d’une activité cérébrale intense, avec des mouvements rapides des yeux et
une respiration irrégulière. Le
dormeur rêve et récupère alors
de sa fatigue mentale.
médecins du
sommeil
5 heures
Un problème de sommeil peut
en cacher un autre
« Au fait docteur,
je dors mal »
ous passons près du
tiers de notre vie à
dormir. Dans une nuit,
notre sommeil comporte plusieurs cycles d’une heure et
demie environ. Un cycle complet comprend quatre phases.
Le stade du sommeil léger
(stade 1), très court, se caractérise par un ralentissement de
l’activité cérébrale.
Lorsque le dormeur rentre
en stade 2, le sommeil est
confirmé, mais un bruit léger
peut encore provoquer le
réveil.
Le sommeil profond isole le
dormeur du monde extérieur.
400
santé, ils sont scientifiquement
prouvés (cf. interview).
Quelles solutions ?
Sylvie Royant-Parola tient une
consultation spécialisée sur le
sommeil à Garches. Elle obtient
de bons résultats en utilisant la
restriction du temps passé au
lit. On se cale sur un horaire
fixe de lever et sur 6 heures
de sommeil. À condition de
tenir 4 à 6 semaines, la privation de sommeil finit par relancer naturellement le sommeil
continu.
À court terme, lorsque l’on traverse une période stressante ou
anxieuse et que l’épuisement
guette, les somnifères, utilisés
sous surveillance médicale,
procurent un soulagement
immédiat. « Mais attention,
prévient Sylvie Royant-Parola,
s’ils sont « magiques » pour
souffler ponctuellement, ils ne
procurent qu’une amélioration
de façade. » Après un mois de
prise continue, les anomalies
du sommeil réapparaissent et
les médicaments entretiennent
le problème. D’une part, parce
qu’ils créent une accoutumance
et qu’il faut augmenter les
doses pour obtenir les mêmes
effets. D’autre part, parce qu’ils
réduisent les phases de sommeil profond et paradoxal, les
plus reposantes.
Les somnifères devraient donc
représenter une solution de
dernier recours. C’est loin
d’être le cas : en France, 14 %
des hommes et 24 % des
femmes en consomment régulièrement(2).
(1) Sylvie Royant-Parola est l’auteur des
ouvrages Comment retrouver le sommeil
par soi-même, aux éditions Odile Jacob
et Les troubles du sommeil, vos questions,
nos réponses avec Michel Cymes, chez
Hachette.
(2) Selon l’Observatoire français des
Drogues et Toxicomanies.
« Tous les insomniaques doivent
redonner du sens au fait de
se mettre au lit et réserver
ce dernier à l’intimité et au
sommeil. »
12 – Territoire mutuel | n° 88
DÉCEMBRE 2011
Quels troubles recouvre l’insomnie ?
Avant tout des troubles psychologiques liés aux événements de
la vie et générateurs d’anxiété et de stress. Mais dans 35 % à
50 % des cas, les difficultés du sommeil sont liées à un trouble
dépressif. Il peut également s’agir de troubles liés à des
pathologies comme les apnées du sommeil, qui se traduisent
plutôt par des somnolences diurnes, ou comme le syndrôme
des jambes sans repos, une vraie torture !
Quand faut-il consulter ?
Lorsque les troubles du sommeil persistent plus de trois mois,
et ne cèdent pas avec les « petits moyens » naturels et que la
fatigue va grandissant. Mieux vaut alors consulter rapidement,
plutôt que de se contenter d’évoquer le problème entre deux
portes, en fin de consultation !
Quelles sont les conséquences des troubles du sommeil
sur la santé ?
Elles sont majeures. Il a été scientifiquement prouvé que
la privation régulière de sommeil fragilise le système
immunitaire, qu’elle accentue le risque de surpoids,
d’hypertension et, pour les femmes, de cancer du sein.
Récemment, des chercheurs norvégiens ont démontré
qu’elle augmentait considérablement les risques
d’infarctus(3).
(3) Étude publiée dans la revue Circulation en octobre 2011.
LES 10 COMMANDEMENTS
POUR UN BON SOMMEIL
À éviter
– Le sport, après 19 heures.
– Ordinateur et téléphone dans la chambre à coucher.
– Être devant un écran d’ordinateur (très stimulant) juste avant de dormir.
– Des siestes longues.
À privilégier
– Dîner léger (sans alcool ni excitant).
– Des horaires réguliers de lever (même le week-end).
– Attendre d’avoir envie de dormir pour se coucher à son rythme.
– Se lever la nuit pour s’occuper calmement lorsque vous êtes éveillé.
– Une température de la chambre entre 18 °C et 20 °C.
– Se relaxer dans l’heure précédant le coucher avec des
assouplissements, de la lecture, ou en buvant des tisanes de mélisse,
passiflore ou valériane.
n° 88 | Territoire mutuel – 13