GAZETTE no 259 du 20 janvier au 23 février 2016

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GAZETTE no 259 du 20 janvier au 23 février 2016
PLACE DE LA MAIRIE À St-OUEN L’AUMÔNE & 14, Rue Alexandre Prachay à PONTOISE /TEL:01 30 37 75 52/ www.cinemas-utopia.org
ANOMALISA
Réalisé par Charlie KAUFMAN
et Duke JOHNSON
USA 2015 1h30 VOSTF
avec les voix de David Thewlis, Jennifer
Jason Leigh, Tom Noonan...
Scénario de Charlie Kaufman.
Musique de Carter Burwell, le compositeur attitré des frères Coen.
EXTRAORDINAIRE FILM
D’ANIMATION POUR ADULTES
(vraiment pas pour les enfants)
« Extraordinaire film d’animation » annonçons-nous sans hésiter. On aurait pu
écrire « exceptionnel », on était à deux
doigts de se laisser aller à « génial » mais
on s’est retenu à temps. Sur ce coup, on
ne sera sans aucun doute pas les seuls
GAZETTE no 259 du 20 janvier au 23 février 2016 - Entrée : 6,50€ Abonnement : 48 € les 10 places Étud. : 4 €
COUP DE
PROJECTEUR
SUR LE FILM
« Les premiers les
derniers »
Retrouvez la présentation
de ce film dans le journal
d’informations locales
ANOMALISA
à user (abuser dirons les esprits rétifs
à l’enthousiasme) des superlatifs tant
Anomalisa s’impose comme une œuvre
hors du commun, une réussite totale en
ce sens qu’elle fait preuve d’une cohérence parfaite entre le fond et la forme.
C’est ici sans doute qu’il faut exhorter
nos spectateurs réfractaires au cinéma
d’animation à surmonter leurs préventions et à venir découvrir à quel point la
technique dite du « stop motion » (animation en volume image par image) peut
créer un univers sensible et profond,
propice aux émotions, à la réflexion,
aux interrogations les plus essentielles.
Ce que Charlie Kaufman (scénariste fameux de Dans la peau de John Malkovich et d’Eternal sunshine of the spotless
mind, réalisateur en 2008 d’un premier
film injustement passé inaperçu : Synecdoche, New York) et Duke Johnson
(le spécialiste de l’animation, c’est lui)
expriment et font vivre ici, ils n’auraient
pas pu l’exprimer et le faire vivre dans
un film en prise de vues réelles, avec
des acteurs en chair et en os. L’utilisation des figurines animées apporte un
recul, une poésie, une forme de radicalité expressive qui donnent au film toute
sa dimension de fable existentielle et
philosophique, qui lui confèrent paradoxalement une incroyable humanité.
Fascinante expérience pour le spectateur, qui est d’abord intrigué, voire perturbé, par ces personnages au visage
figé, au regard perdu, accomplissant
comme des marionnettes (qu’ils sont
doublement !) des gestes semble-t-il dénués de nécessité, se mouvant dans des
décors impersonnels comme savent si
bien les imaginer les urbanistes et autres
designers de la modernité totalitaire
et mondialisée. Et puis, peu à peu, les
traits se précisent, les détails s’affirment,
Le mercredi 27 janvier
et nous percevons que tout fait sens,
que rien dans l’image comme dans la
bande son n’est inutile (magnifique travail sur le son, sur les voix), rien n’est
gratuit, rien n’est laissé au hasard : c’est
tout un monde qui se construit sous nos
yeux, tout un monde de situations, d’actions, de mots, d’échanges, de signes,
de symboles, tout un monde qui mérite
bien notre attention de chaque instant.
à partir de 18h45 sur
radio RGB 99.2 fm
Disponible en podcast
sur radiorgb.net
Un avion vole dans un ciel nuageux. À
bord, un homme grisonnant au regard
las. Il écoute sans les entendre les paroles banales de son voisin et supporte
mal que celui-ci lui prenne la main, par
réflexe de crainte, au moment de l’atterrissage. L’homme récupère ses bagages, le pas résigné. Il prend un taxi, le
chauffeur lui parle de choses et d’autres
qui ne l’intéressent nullement. Il se rend
à l’hôtel Fregoli, où une chambre type
supérieur a été réservée pour lui. Il s’installe, allume la télé. Cet homme, c’est
Michael Stone, un spécialiste du service clients dans les grandes entreprises. Il a même écrit un bestseller sur la
question : « Comment puis-je vous aider
à les aider ? ». Il est à Cincinnati pour
donner une conférence sur son bouquin
et on le devine accablé par l’idée de
participer de son plein gré à ce jeu de
rôles dérisoire qui fait de vous une vedette parce que vous avez écrit un guide
de conseils sur l’assistance hotline…
Tous les jours à toutes les séances
Michael Stone s’est laissé fossiliser dans
la routine de sa vie. Il est mari, il est père,
il est seul. Il profite de sa présence à Cincinnati pour reprendre contact avec un
amour de jeunesse : fiasco complet, le
courant ne passe plus. Est-il jamais passé ? Peut-être la rencontre avec une de
ses fans, Lisa, hébergée dans le même
hôtel, va-t-elle le réveiller de son engourdissement ? Peut-être l’amour, cette
anomalie, va-t-il redonner des couleurs
à cette grisaille uniforme dans laquelle il
se débat ?
À PARTIR DU 3/02
TARIFS :
Normal : 6,50 euros
Abonné : 4,80 euros ( par 10
places, sans date de validité et non
nominatif)
Enfant -14 ans : 4 euros
Collégien : 4 euros ( avec la carte
cine pass VO disponible dans les établissements scolaires du département)
Lycéens - Étudiant : 4 euros
Pass culture : 3 euros
Sans-emploi : 4 euros
Sur présentation d’un justificatif
SÉANCE DE GROUPE À LA DEMANDE :
3 EUROS PAR ÉLÈVE / ENFANT
À PARTIR DE 30 PERSONNES, GRATUIT
POUR LES ACCOMPAGNATEURS.
RENSEIGNEMENT : 0130377552
TOUT LE PROGRAMME SUR :
www.cinemas-utopia.org/saintouen
LES PREMIERS LES DERNIERS
DU 27/01 AU 23/02
Écrit et réalisé par Bouli LANNERS
Belgique/France 2015 1h38
avec Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément, David Murgia, Serge Riaboukine, Michael Lonsdale, Max von Sydow, Aurore Broutin, Lionel Abelanski...
Vous l’aurez remarqué, le belge Bouli
Lanners, à l’instar de ses camarades en
cinéma Delépine et Kervern, fait partie de
nos grands chouchous, à la fois comme
acteur et comme réalisateur. On aime
chez lui cette étrange alchimie d’humour
surréaliste, de poésie mélancolique, de
regard à la fois généreux et sans concession sur une humanité qui va à vau-l’eau
dans des univers toujours un peu décalés. Bouli Lanners, ce pourrait être un curieux mélange entre des Frères Dardenne
qui auraient cédé un peu de réalisme pour
être drôles tout en étant lucides et les
sus-nommés Délépine et Kervern avec un
ton un chouïa plus grave et plus tendre.
On le sait et on le chérit aussi pour ça,
Bouli Lanners a toujours aimé les laissés
pour compte. Dans Eldorado, c’était un
jeune voleur que le héros – incarné par
le réalisateur lui-même – accompagnait
à travers la Wallonie, dans un road mo-
vie trépidant et épique, pour retrouver
sa famille dans le Sud du pays. Dans
Les géants, il filmait avec une empathie contagieuse un groupe d’enfants
livrés à eux mêmes au cœur de l’été et
de la forêt. Bouli Lanners aime à la folie les paysages désolés de fin de monde, la plaine wallonne désertée dans
Eldorado, les montagnes forestières
des Ardennes belges dans Les géants.
Les premiers les derniers s’inscrit de
plain pied dans cette veine féconde. Ses
deux héros sont deux hommes de main
chargés par un mystérieux commanditaire de retrouver un téléphone volé
contenant des informations compromettantes. Mais Gilou et Cochise ne sont
pas des chasseurs de prime de toute
première fraîcheur, aucune chance qu’on
les confonde avec Steve Mc Queen, notamment Gilou (Bouli Lanners), affublé
d’un petit chien ridicule et parfaitement
incapable de courir plus de cent mètres sans risquer la crise cardiaque. Les
voilà perdus dans la plaine de Beauce,
dont l’horizon désespérément dépourvu
de relief et la densité au km2 feraient
déprimer un clown sous euphorisants.
Leur chemin va croiser un jeune couple
de handicapés en fuite et une bande
d’autochtones fort peu accueillants.
que jamais prévisible, la force du film
tient au formidable duo Albert Dupontel /
Bouli Lanners, parfaits en losers magnifiques unis à la vie à la mort par l’amitié
et les galères. Et on n’oubliera surtout
pas les rôles secondaires : Suzanne Clément, la comédienne fétiche de Xavier
Dolan, Serge Riaboukine impayable en
beauf brutal et borné, et les vieux sages Michael Lonsdale et Max Von Sydow dans des apparitions lumineuses.
Visuellement le film est splendide : Bouli
Lanners donne une dimension épique
au paysage uniforme et monotone de
la plaine beauceronne et en fait ressortir les étrangetés, comme le vestige de
ce monorail surélevé qui devait rejoindre
Paris et Orléans et qui, abandonné au milieu des années soixante-dix, s’arrête de
manière incongrue au milieu de la forêt.
Ou dans cette scène qui voit un cerf surgir dans un hangar désert où se trouve
le corps oublié d’un homme décédé il y
a bien longtemps… Jouant en virtuose
d’une lumière volontairement crépusculaire, qui crée une atmosphère à la fois
envoûtante et inquiétante, Bouli Lanners
va dans le sens du beau titre apocalyptique de son film, mais c’est pour mieux
faire surgir cette humanité et cette généAu-delà de l’intrigue étonnante parce rosité que l’on croyait perdues.
Avant-première VENDREDI 22 janvier à 20h30 à Utopia St-Ouen l’Aumône
suivie d’une dégustation de dorayakis ( les délicieux pancakes japonais à la pâte de haricot rouge ) et thés rares japonais
Prévente obligatoire jusqu’au mercredi 20 janvier - Tarif unique en prévente : 9 euros
( possibilité d’assister à la séance seule aux tarifs habituels sous réserve des places restantes )
les délices de tokyo
ET DU 27/01 AU 16/02
dise de la vie. Ces dorayakis se révèlent
être plus que de savoureuses pâtisseÉcrit et réalisé par Naomi KAWASE
ries, ils recèlent l’essence des choses,
la saveur de l’enfance, l’attention aux
Japon 2015 1h53 VOSTF
autres, aux moindres petites choses. Ils
avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara sont une invitation à s’ancrer dans le préUchida...
sent, à aimer tout ce qui nous entoure, à
D’après le roman An,
jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem…
de Durian Sukegawa.
Mais revenons à Sentaro. Pour lui, les
Tokyo… Un quartier, excentré, banal jours se suivent… Le réveil sonne l’heure
et terne, s’il n’y avait… les cerisiers en de la clope qu’il fume, solitaire, sur une
fleurs ! Les voilà qui rivalisent d’exubé- terrasse, avant de se mettre au boulot
rance, déployant de subtiles dentelles sans conviction. Des litres de pâte qu’il
de pétales, saupoudrant d’un rose fra- transforme en dizaines de petites crêpes
gile le monde grisonnant des hommes. pour les gosiers voraces d’une poignée
Ils donneraient presque des airs de vil- de collégiennes qui les ingurgitent en
lage ancestral aux bâtisses bétonnées et se moquant de lui, de ses airs bougons.
sans charme. Mais le printemps peine à Seule Wakana semble prendre racine,
pénétrer dans certaines boutiques. Celle une fois la nuée de ses copines passée.
que tient Sentaro reste résolument insipi- Elle n’a guère d’alternative puisque ses
de, à l’image de son gérant et de la pâte camarades filent vers des cours particu« an » des « dorayakis » qu’il cuisine… liers qu’elle n’a pas les moyens de s’offrir.
Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Elle n’ose tout bonnement plus espérer
Qu’importe, vous aurez tout le film pour accéder à l’université faute de l’argent
les découvrir, vous pourlécher les babi- nécessaire. C’est une drôle de complicité
nes et entendre votre ventre gargouiller… qui se tisse en silence entre le quadragéMais ne croyez pas que vous avez affaire naire et la collégienne. La tristesse désaà un film culinaire : nous sommes dans busée de ces deux égratignés de la vie
l’univers de Naomi Kawase, avec sa dou- n’a pas besoin de mots pour s’exprimer.
ceur, sa subtilité habituelles, sa gourman- Les jours pourraient dériver ainsi long-
temps encore, lorsqu’une drôle de petite vieille, hésitante et bancale, passe sa
frimousse dans l’embrasure de la petite
échoppe. Le patron cherche un commis
pour l’aider ? Elle dit être la femme de la
situation ! Sentaro refuse, la voyant trop
âgée, trop abimée, trop tordue de la tête
aux mains… Poliment il tente de la dissuader en lui parlant du salaire minable…
Mais, chose saugrenue, ne voilà-t-il pas
que la grand-mère, loin de se décourager,
négocie son salaire encore à la baisse !
Sentaro ne sait plus comment s’en dépêtrer… D’autant que tous les jours la dame
semble revenir à la charge jusqu’à l’obliger
à goûter la délicieuse pâte « an » qu’elle
a réalisée : un comble pour celui qui déteste le sucré ! Voilà comment Tokue va
finir par imposer sa présence réjouissante dans le quartier, bouleverser la routine
de Sentaro, à coup de savoir faire, à coup
de savoir être. Elle semble ré-enchanter
le monde partout où elle vient piétiner,
hésitante et gauche. Étonnante Tokue
qui sait écouter aussi bien les murmures des feuilles qui frissonnent que ceux
du cœur des hommes ou des haricots
rouges qui patientent dans la casserole.
Ceci n’est qu’un début, un prétexte ou
presque, vous le découvrirez lorsque le
film va basculer dans un tout autre registre évoquant un pan honteux de l’histoire
nipponne… Et on comprendra que l’indéracinable capacité d’émerveillement
de Tokue a cru dans la fange d’un terrible
passé.
Séance exceptionnelle le jeudi 28 janvier à 18H30 à Utopia St-Ouen l’Aumône
à l’occasion des vœux de l’UNSFA 95, syndicat des Architectes du Val D’Oise,
qui vous invite à un échange à l’issue de la projection.
- un buffet sera offert par l’UNSFA 95 à l’issue de la projection LE MOT DES ARCHITECTES
Le cinéma,le septième art, interpelle, met en situation directe, décrit et capte l’attention pour mieux
envisager interpelle notre mode de vie, nos sentiments, nos rêves…..
«Demain » dans l’ensemble des registres qu’il
aborde est une réelle base de sujets concrets pour
une culture partagée. C’est dans ce sens que le
syndicat des architectes du Val d’Oise veut présenter ses vœux pour 2016 aux habitants et aux
élus.
L’art architectural, expression culturelle des habitants, reste celui qui fait bouger les lignes et peut
rendre l’avenir meilleur, plus équitable, plus appropriable, qui permet le dialogue si il reste partagé .
Dans chacune de ses parties ce film montre que
l’architecture est l’espace, le support, le médium
nécessaire pour situer, localiser , territorialiser ces
questions de responsabilités personnelles et citoyennes.
Le débat que nous souhaitons animer avec le public nous semble le premier pas dans l’esprit de
DEMAIN.
«L’architecture sans architecte» est ce une question qui se pose, et pourquoi, alors, fait on le
constat que les architectes ne sont pas des acteurs du quotidien ?
Le lien entre habitants et architectes est, nous
semble-t-il la base d’une expression intelligible de
la qualité de vie, de la préservation du rapport de
l’aménagement et de la construction avec l’environnement. L’architecte reste t-il un professionnel
utile et nécessaire dans l’ensemble des questions
que ne pose pas le monde de la consommation.
Le débat que nous proposons dans cette rencontre avec les architectes du Val d’Oise, autour et
après la projection de «DEMAIN » c’est le début de
rencontres plus régulières et d’une université populaire du savoir d’architecture.
DEMAIN
JUSQU'AU 23/02
Cyril DION et Mélanie LAURENT
documentaire France 2015 2h
Qui n’a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ?
Qui n’a pas rêvé d’un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement,
aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l’argent ne serait plus
le roi, mais juste un moyen, où l’air ne
serait plus pollué jusqu’à l’asphyxie, où
les océans ne seraient plus pillés par
la pêche industrielle ni envahis par le
pétrole ou le plastique, où les champs,
les arbres, les animaux ne seraient plus
empoisonnés par les pesticides, infectés
par la radioactivité invisible, inodore ? Un
monde où l’intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de
nous inventer une nouvelle et belle vie,
maintenant, pendant qu’il est encore à bout, les initiatives comme la permatemps, pour que demain ne soit pas le culture, les monnaies locales, les énerrésultat inéluctable de nos errements… gies renouvelables, dessinent un monde
possible. Ce qui peut paraître démotiLoin de l’écologie triste et punitive, loin vant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatidu discours sur le développement du- ves isolées, mais en même temps elles
rable cher au greenwashing, vous allez ne demandent qu’à être réunies ! Il y a
voir un film formidable, vivant, enthou- déjà un monde qui tient la route, qui
siasmant sur notre extraordinaire capa- existe, où tout est possible. Des solucité à rebondir face à l’adversité, notre tions sont déjà disponibles, dans tous les
extraordinaire capacité à imaginer, notre domaines, c’est forcément inspirant ! »
extraordinaire capacité à faire. Mélanie Tout s’enchaîne judicieusement et vient
Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer renforcer la certitude qu’il faut d’urdes gens passionnants à travers le mon- gence opérer une rupture symbolique,
de, qui œuvrent au quotidien à ce chan- mais aussi pratique avec notre système
gement indispensable : Inde, États-unis, actuel fondé sur le pétrole et les autres
Canada, Danemark, Allemagne, Islande, énergies fossiles, sur le nucléaire, sur
Scandinavie, Finlande, Grèce, France… le productivisme, sur le consumérisme,
Le film est composé de cinq chapitres : sur la financiarisation de l’économie, sur
agriculture, énergie, économie, démo- l’éducation normative et compétitive…
cratie et éducation. Construction intelli- Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur
gente et pédagogique, dans le meilleur avec Pierre Rabhi du mouvement Colisens du terme, qui nous montre bien que bris, et Mélanie Laurent, actrice et réatout est lié, qu’il s’agit bien d’un problè- lisatrice, tous deux activistes pour un
me politique, là aussi dans le sens noble monde meilleur, ont réussi leur coup : sur
du terme. Et il présente des actions, des les thématiques qu’il aborde, Demain est
alternatives concrètes qui sont mises en un film-somme, essentiel, un outil d’inœuvre, avec succès, dans tous ces do- formation et d’action qui est aussi un
maines. Mélanie Laurent : « Mises bout spectacle passionnant et exaltant.
NOUS TROIS OU RIEN
DU 20/01 AU 2/02
PUIS 3 SÉANCES PAR SEMAINE
DU 5 AU 14/02
Écrit et réalisé par KHEIRON
France 2015 1h42
avec Kheiron, Leïla Bekhti, Zabou Breitman, Gérard Darmon, Alexandre Astier,
Kyan Khojandi, Arsène Mosca, Johathan
Cohen...
Voilà un film qui nous redonne foi en
l’humanité… Pas celle avec un grand
H mais celle avec un grand cœur !
Pour ceux qui ont la chance de ne pas
avoir vu la bande annonce alors que
nous programmons ce film deux mois
et demi après sa sortie, sachez qu’il
est possible de rire aux éclats devant
un film sur le régime totalitaire du Shah
d’Iran puis d’être ému aux larmes par
une scène muette bouleversante entre un père et sa fille… au téléphone !
Connu pour son rôle dans la série Bref,
Kheiron, qui vient du stand-up, a le
don d’ubiquité puisque, pour raconter l’histoire de ses parents fuyant les
dictatures Iraniennes dans les années
70, il est, pour son premier film, à la
fois derrière et devant la caméra, interprétant le rôle de son propre père.
Alors qu’ils laissent leurs familles en Iran,
Hibat et Fereshteh, tout juste parents
(du futur Kheiron donc…) tentent de se
construire une nouvelle vie dans une cité
de la banlieue Parisienne. Elle, en tant
qu’infirmière, est chargée d’initier les
femmes de son quartier à la biologie…
Lui, avec son diplôme d’avocat, va faire
de la médiation sociale son cheval de bataille… Je vous laisse imaginer le nombre
de scènes impayables et de dialogues hilarants auxquels vous ne pourrez résister.
Ce n’est donc pas un énième film tiré
d’une histoire vraie… C’est une histoire vraie ! Une épopée familiale dont
on aurait pu tirer un drame mais que le
réalisateur, pétri d’amour et d’admiration
pour ses parents, à décidé de traiter sur
le ton de la comédie et de l’optimisme.
Le mélange entre Amélie Poulain et La
Vie est belle de la première demie-heure
est certes un peu brouillon et maladroit
diront les esprits chagrins… Mais peuton reprocher à un réalisateur débutant
qui raconte son histoire familiale de faire
preuve de trop générosité et de tendresse à l’endroit de ses personnages ?
Jusqu’à Alexandre Astier (Camelot) interprétant un Shah plus déjanté que
despote, la myriade de personnages
secondaires est tout aussi surprenante
qu’attachante. Et Leïla Bekhti prouve encore une fois qu’elle peut tout jouer avec
la même grâce et la même fraîcheur.
L'humour étant la politesse du désespoir, comme disait Boris Vian, en ces
périodes troubles et sombres, venez rire
du malheur des autres, ils en rient euxmêmes avec grâce et panache !
LE PONT DES
ESPIONS
AU-DELÀ DES
MONTAGNES
DU 20 AU 26/01
Écrit et réalisé par JIA Zhang-ke
Chine 2015 2h06 VO (chinois surtout et anglais) STF
avec Zhao Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong, Dong Zijiang, Sylvia
Chang...
Deux hommes aiment une femme. Elle choisit. Et à travers
l’histoire de ce trio, dans les conséquences de leurs décisions,
dans les chemins qu’ils empruntent et ceux qu’ils délaissent,
c’est tout le destin de la Chine d’aujourd’hui et de demain, entre 1999 et 2025, qui nous est raconté. Au-delà des montagnes
allie la beauté poignante d’un grand mélodrame et l’acuité d’un
regard politique sur son époque. On connaît son auteur, Jia
Zhang-Ke, 45 ans et déjà immense cinéaste, pour son habileté
à jauger l’état de son pays et de ses concitoyens. Ce fut l’objet de tous ses films jusqu’ici, tous plus remarquables les uns
que les autres, de Still life au récent A touch of sin. Il y ajoute
aujourd’hui une dimension temporelle passionnante puisque
son récit s’étale sur deux générations, celle du trio puis de sa
descendance, et nous conte l’itinéraire d’individus qui ont vu la
Chine passer de la promesse d’une libération à l’aveuglement
capitaliste complet. C’est un monde en proie à une graduelle
déshumanisation et au règne de l’argent que nous peint Jia
Zhang-Ke. Avec une liberté formelle permanente, l’esthétique
même du film en témoigne : les couleurs franches du début
laissent peu à peu place à des teintes lissées, le cadre de l’image s’élargit progressivement jusqu’à acculer les protagonistes
dans les recoins isolés de l’image. De même, la narration se
révèle d’une grande ingéniosité, en multipliant les ellipses, en
essaimant ses personnages avant de mieux les retrouver. Plein
d’empathie pour eux, Jia Zhang-Ke revient sans cesse sur le
noyau de son histoire : l’inconsolable sensation que nous avions toutes les cartes en main mais que quelque chose a raté.
Certes, c’est bien de la Chine que nous parle Jia Zhang-Ke.
Mais il faut bien reconnaître que ce sentiment, ainsi qu’une
certaine marche du monde, confère à son récit un caractère
d’universalité. Au-delà des montagnes se déploie alors comme
une fable intime autant que politique, inquiète des imbrications
que les mutations économiques provoquent dans nos manières de vivre et dans notre capacité à aimer. Et s’épanouit la
beauté d’une mélancolie exprimée, noire et lyrique à la fois.
Avec ce nouvel opus, Jia Zhang-Ke réalise une fresque familiale entre passé proche et futur imminent, aussi simple que
vertigineuse, aussi maîtrisée que profondément émouvante.
JUSQU’AU 25/01
(BRIDGE OF SPIES)
Réalisé par Steven SPIELBERG
USA 2015 2h22mn VOSTF
avec Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Sheperd II, Amy Ryan,
Sebastian Koch, Alan Alda...
Scénario de Matt Charman, Joel et Ethan Coen.
Avec Le Pont des espions, une histoire de prisonniers russes et américains échangés pendant la guerre froide, le cinéaste célèbre une délivrance qui est d’abord la sienne…
Le premier plan, superbe et saisissant, montre un homme qui
semble avoir trois visages : le sien, celui qu’un miroir lui renvoie
et celui de l’autoportrait qu’il est en train de peindre… Cet artiste est un espion. Une superbe scène de filature le confirme,
dans le New York de 1957, jusqu’à l’arrestation de cet étrange
Russe prénommé Abel (Mark Rylance). S’ouvre alors vraiment
un scénario touffu, co-écrit par les frères Coen, avec un certain
sens de la paranoïa et quelques pointes d’humour en contrebande. Pour faire condamner à mort Abel (comme les époux
Rosenberg, qui finirent sur la chaise électrique en juin 1953,
accusés d’espionnage au profit de l’URSS), l’Etat américain
veut mettre les formes et lui paye donc un avocat commis
d’office. Mais ce James Donovan (Tom Hanks), bon père de
famille spécialisé dans les problèmes d’assurance, décide de
pousser l’illusion de justice jusqu’à l’épreuve de vérité : pour
faire respecter les droits de son client, il devient le plus brillant,
le plus courageux des négociateurs, haï par ses concitoyens,
mais droit dans ses principes. Et c’est lui que la CIA vient chercher en secret, quand un de ses agents tombe aux mains des
Russes, pour tenter un grand marchandage…
Parce qu’elle est vraie, l’histoire de James B. Donovan (19161970) donne matière à bien plus qu’un simple film d’espionnage. A travers cet homme ordinaire en mission secrète, c’est
une certaine idée de l’engagement qui est mise en exergue, en
même temps que de grandes valeurs (liberté, justice) se transforment en actes. Cette partition est évidemment parfaite pour
Spielberg, qui peut ici faire vibrer sa fibre humaniste… Avec
son ami Tom Hanks, lui-même dans un rôle idéal, il donne à ce
Pont des espions la tonalité et la tenue d’un cinéma classique,
enveloppant, d’une sobre élégance.
AVE CÉSAR !
À PARTIR DU 17/02
(HAIL, CAESAR!)
Écrit et réalisé par Joel et Ethan COEN
USA 2015 1h46 VOSTF
avec Josh Brolin, George Clooney, Clancy Brown, Ralph Fiennes, Jonah Hill,
Scarlett Johansson, Christophe Lambert,
Frances McDormand, Tilda Swinton,
Channing Tatum...
Festival de Berlin 2016, film d’ouverture
Allez, ça y est, c’est bon, on y croit, en
2016 on va enfin pouvoir se marrer en
bonne compagnie ! Mais si, c’est possible : à partir du 17 Février, vous avez
de bonnes chance de vous marrer. Bon,
il n’est pas totalement exclu que vous
réussissiez à rigoler avant cette date,
pour peu que vous fassiez partie de
cette catégorie de personnes qui pensent heureusement qu’on peut rire de
tout, en toute circonstance et en dépit
d’un monde qui pousse plus à l’affliction,
la révolte ou le désarroi qu’à la franche
rigolade (un peu à la manière d’un génial François Morel, capable de livrer le
11 septembre 2015 une chronique ayant
pour titre « 3615 code terroriste, le retour
des Daechiens »). En tout cas, le 17 Février, le nouveau film des frères Coen déboule sur nos écrans et c’est sûr : ça va
nous faire un bien fou.
Parce que les frères Coen.. quand même,
les frères Coen ! On aimerait même dans
un élan un peu excessif mais néanmoins
sincère quoique pas très classe ajouter : « Ah putain !!!!, génial, LES FRÈRES
COEN »…
Parce que le cinéma des frères Coen,
c’est un peu comme la vinaigrette de ma
belle-mère Michèle : personne n’a encore
réussi à copier la recette originelle pour
tenter d’égaler ce ton si singulier, ce sens
inouï du rythme, cet humour, cette écriture qui brille autant par son intelligence
que son sens absolu de la dérision.
Alors oui, un nouveau film des frères
Coen, surtout quand il s’agit d’une comédie en mode majeur, ça s’impose illico
dans la gazette, ça prend directement sa
place sans montrer son carton d’invitation ni sa patte blanche... Certes c’est
une pratique qui pourrait sembler cavalière et que généralement, nous n’aimons
pas trop à Utopia, mais c’est aussi le privilège des grands (comme ce fut le cas
récemment avec Tarantino), des princes
tout autant que des potes. Donc vous
l’avez compris au bout de ces 1800 et
quelques caractères : nous n’avons pas
vu Ave César !, quasiment personne ne
l’a vu d’ailleurs, puisque le film ne sortira
aux Etats-Unis que le 5 Février.
Cela faisait bien des années que ce film
trottait dans le cerveau quadricéphale
d’Ethan et de Joel, à la manière de ces
vieux rêves que tout réalisateur nourrit secrètement, ce genre de projets qui
s’éloignent, et reviennent, qui s’oublient
un peu, et puis ressurgissent.
Et un jour, tous les éléments s’emboîtent : le scénario, le casting, le budget,
le timing. Et ça nous donne ça : une comédie qui se déroule dans les années
50, en plein âge d’or hollywoodien, au
coeur d’un grand studio de cinéma florissant et mégalo à souhait, tendance
Ben Hur, Cléopâtre ou Spartacus. Le récit narre la folle journée d’Eddie Mannix
(le personnage a d’ailleurs réellement
existé), un « fixer », l’homme à tout faire
du studio incarné par Josh Brolin, chargé
de retrouver l’acteur star Baird Whitlock
(George Clooney, plus Clark Gablesque
que jamais), engagé pour tourner dans
un peplum baptisé « Ave César! » mais
kidnappé au bout de quelques jours de
tournage par un mystérieux groupe de
ravisseurs baptisé « Le futur », rien que
ça…
Si vous êtes comme nous curieux et frétillants d’impatience, vous avez déjà sans
doute regardé la bande-annonce qui est
un pur régal et montre un George César
denté et gominé dans un grand numéro
d’auto-dérision dont il a le secret. Rendez-vous donc avé César le 17 février
pour cette comédie polardesque qui, on
l’espère, contrairement à certains, tiendra ses promesses.
Séance exceptionnelle le mardi 16 février à 20h30 à Utopia St-Ouen l’Aumône, à
l’occasion du lancement de la nouvelle formule du magazine Politis,
en présence de son rédacteur en chef Denis Sieffert.
Soirée soutenue par le NPA, Europe Ecologie les Verts, le Parti de Gauche, la Ligue des Droits de l’Homme et
les adhérents de Cergy d’Amnesty International.
contre-pouvoirs
Réalisé par Malek BENSMAÏL
documentaire Algérie/France 2015 1h37
VOSTF
qui nous montrent le contre-maître algérien et les ouvriers de l’entreprise chinoise, à la fois guinéens, turcs, maliens
qui ont bien du mal à se comprendre.
C’est un documentaire remarquable à
la narration classique, mais instructif et
nécessaire. Une plongée dans le quotidien du comité de rédaction d’El watan,
plus grand journal francophone algérois
fondé en 1990, qui n’a rien à envier à ses
confrères internationaux, avec son édition
en ligne, ses suppléments thématiques,
ses correspondants spécialisés, et qui a
su intelligemment et vite se moderniser.
On suit ici la campagne électorale qui
verra le cacique Bouteflika, pathétique
ombre de lui-même, obtenir un quatrième mandat présidentiel au printemps
2014. Le film suit ce chantier et un autre
aussi en parallèle, le déménagement
du journal dans de nouveaux locaux
en construction, symboles de sa future
indépendance, et de l’évolution de certains pans de la société algérienne. Avec
ses moments ubuesques, comme ceux
Vingt ans après une vague d’assassinats,
la sanglante décennie noire, qui a vu
une centaine de journalistes périr « par
l’épée », Bensmail rend hommage à cette
presse d’opposition bien vivante qui ne
cesse de se battre face à la mascarade
du pouvoir à laquelle se prête le personnel politique, qui voudrait tout museler et
prendre le peuple pour des ânes bâtés. Il
filme les visages, les rotatives, la machine en mouvement, c’est un film au cœur
de la rédaction, sur la construction et la
circulation, celle des réunions, articles
en écritures, réflexions et débats d’idées
entre journalistes, dessins satiriques à
la une, et ces moments d’une presse
farouchement indépendante qui sont
l’expression et la trace des soubresauts
de la vie politique et sociale de l’Algérie.
L’Algérie est une société qui se cherche, dans cette rédaction les idées
s’opposent, on perçoit un chaos quotidien, doutes, contradictions s’entrechoquent et c’est sûrement la force de
ce journal, laboratoire d’idées où se
défend viscéralement une conscience
politique pour donner malgré tout la
parole au peuple, un maelström qui
infuse aussi ce rythme tendu au film.
Le réalisateur a su transcrire la complexité et l’intelligence de ces journalistes
aux convictions personnelles parfois divergentes, mais pour lesquels l’unité est
une priorité, l’expression du contre-pouvoir indispensable à chaque moment où
la démocratie vacille. On apprend comment se forme, s’oppose et se construit
l’information indépendante. Journaliste
est un métier dangereux, « l’absence
de loi donne à l’activité journalistique
un haut risque pénal » souligne le patron Omar Belhouchet, véritable héros
de la guerre pour la liberté d’expression.
Bensmail ajoute : « En Algérie, il est plus
facile de définir les contre-pouvoirs ».
Dans de belles ouvertures extérieures,
piqûres de rappel nécessaires, il nous
suggère que dans la rue, des mouvements sociaux de contestation, tels que
Barakat, existent bien, preuve s’il en était
besoin que filmer comme informer sont
des activités vitales à la vie de l’Algérie.
SPOTLIGHT
DU 27/01 AU 22/02
Réalisé par Tom McCARTHY
USA 2015 2h08mn VOSTF
avec Michael Keaton, Rachel McAdams,
Mark Ruffalo, Brian d’Arcy James, Liev
Schreiber, Stanley Tucci, Billy Crudup,
John Slattery, Jamey Sheridan...
Scénario de Josh Singer et Tom McCarthy.
De Bas les masques (1952) de Richard
Brooks aux Hommes du président
(1976) d’Alan J. Pakula ou à Révélations (1999) de Michael Mann, le journaliste incarne depuis longtemps, dans
le cinéma hollywoodien, une véritable
sentinelle de la démocratie. Dénonçant
sans relâche la criminalité, la corruption de la classe politique, le cynisme
du « big business », les pires dérives de
l’hystérie anticommuniste ou les erreurs
judiciaires, il est une vigie qui pointe
les dysfonctionnements de la société
américaine, parfois au péril de sa vie.
C’est dans cette solide tradition que s’inscrit ce remarquable Spotlight qui, comme
souvent dans ce genre d’entreprise, s’inspire de faits réels. Ici, l’équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe,
surnommée « Spotlight » (littéralement «
le projecteur »), enquête sur une affaire de
crimes pédophiles perpétrés – et dissimulés – par l’Église catholique. Pour autant,
il ne faut pas chercher la moindre héroïsation du reporter. Car ce qui intéresse
McCarthy, c’est de montrer le journaliste,
ce soutier de la démocratie, au travail.
Non, son quotidien n’est pas ponctué de
révélations spectaculaires et de satisfactions flattant l’ego. Bien au contraire, ses
tâches sont le plus souvent répétitives
et ingrates, son environnement est celui
d’un bureau gris et exigu éclairé par des
néons suspendus à un faux plafond, ses
interlocuteurs le considèrent comme un
gêneur et sa vie privée est vampirisée
par son métier. D’ailleurs le réalisateur ne
s’attache à ses personnages qu’à travers
le prisme professionnel, sans s’attarder
inutilement sur leur sphère personnelle
qui aurait risqué de parasiter leur indéfectible trajectoire. D’où les plans éloquents de Sasha Pfeiffer (Rachel McAdams) interrogeant inlassablement les
victimes et tentant d’approcher les bourreaux, ou encore ceux de Michael Rezendes (Mark Ruffalo) harcelant littéralement l’avocat des survivants et de Matty
Carroll (Brian d’Arcy James) épluchant
scrupuleusement les archives du journal.
McCarthy excelle à camper cette petite
ruche industrieuse que forme le groupe
Spotlight – les visages anxieux minés
par la fatigue croissante et les rebuffades récurrentes, les innombrables appels téléphoniques infructueux, les allées et venues entre le journal, le Palais
de justice et le bureau des avocats – et
à humer l’atmosphère solidaire qui règne à la rédaction. Outre sa pugnacité,
c’est l’autre grand atout du groupe : la
complémentarité de ses membres qui,
tous, savent qu’ils ont une note à jouer
dans la partition et qu’ils occupent une
fonction essentielle, chacun à sa place.
Peu à peu, le travail acharné des journalistes esquisse les contours des violences insondables subies par les jeunes
victimes d’hier. À cet égard, la force de
Spotlight, c’est le traitement du horschamp. S’il ne fait preuve d’aucune fausse pudeur dans l’évocation des viols, le
cinéaste évite soigneusement les flashback insistants, le pathos racoleur. Entre
les témoignages recueillis et la reconstitution des faits, le film donne pourtant
à sentir l’envergure du traumatisme…
Ce plaidoyer pour la fonction salvatrice
de la presse écrite ne serait pas aussi
puissant s’il n’était pas ancré dans un
contexte géographique bien spécifique.
Car dans le film, la responsabilité écrasante de l’Église se confond avec celle
de Boston : Boston la patricienne, discrète et « provinciale », Boston qui exècre
l’ostentation, et surtout Boston la catholique, où le crime s’épanouit pourtant… «
La ville prospère quand ses grandes institutions travaillent main dans la main »
déclare, sûr de son fait, le cardinal Law
au rédacteur en chef du Globe lors d’un
entretien privé. De fait c’est toute la ville
qui semble complice des agissements
criminels de ses prélats : ici, l’Église,
impalpable et omniprésente, s’est insinuée dans le cœur et l’âme des fidèles,
si bien qu’ils ont d’eux-mêmes intégré
l’impérieuse obligation du silence… Dans
ce film subtil qui ne tombe jamais dans
l’écueil du manichéisme, tout le monde,
ou presque, partage les mêmes origines
et, partant, une responsabilité collective… Un film passionnant, de bout en
bout !
(F. Garbarz, Positif)
POUR FÊTER LA CHANDELEUR MARDI 02/02 à UTOPIA
St-Ouen l’Aumône : SOIRÉE CRÊPES AVEC LULU DÈS 19h00
AU STELLA CAFÉ SUIVIE à 20h30 DE LA PROJECTION
(prévente vivement conseillée dès le 20/01)
AVEC DÉDÉ
Réalisé par Christian ROUAUD
documentaire France 2012 1h20m
avec la tornade André le Meut et tout un
tas de gens ordinaires extraordinaires...
Il est certains protagonistes de documentaire qui sont par leur seule présence
des personnages de cinéma : le petit
Jojo du Être et avoir de Nicolas Philibert,
plus récemment Bambi, la magnifique
diva transsexuelle filmée par Sébastien
Lifshitz… pour ne citer que ces deux-là.
Et puis il y a Dédé, alias André Le Meut.
Dès les premières images, son corps trop
grand et malhabile qui se cogne partout
en s’excusant dans un marmonnement,
son élocution étrangement hachée et rapide l’imposent comme un alter ego de
notre tant aimé Monsieur Hulot, un vrai
héros involontaire du burlesque, taiseux
puis soudainement volubile, aux gestes
parfois incontrôlés.
Mais Dédé est surtout un incroyable
joueur de bombarde, cette variante made
in breizh du hautbois. Un talent qui a permis à son bagad ( le bagad est une formation musicale comportant cornemuses,
bombardes et batteries) de Locoal Mendon dans le Morbihan de devenir trois fois
champion de Bretagne. Alors que la musique bretonne est souvent caricaturée
et folklorisée, j’offre volontiers mon poids
(important) en andouilles de Guéméné ou
en caramels au beurre salé à celui qui me
dirait les yeux dans les yeux qu’il n’a pas
été saisi d’un frisson devant la beauté et
la sincérité des interprétations de Dédé.
Mais André Le Meut est plus qu’un
simple musicien, fût-il virtuose : il est
aussi un collectionneur, un anthropologue obsessionnel de la tradition orale
et des pratiques musicales bretonnes.
Il parcourt les archives départementales à la recherche de textes oubliés et
va recueillir devant de grands bols de
café la mémoire parfois défaillante des
vieux. Cette passion ne date pas d’hier,
le gaillard décidément étonnant se rappelle de son enfance quand, introverti et
silencieux (il dit n’avoir commencé à parler qu’à l’âge de quatre ans, « maintenant
je parle beaucoup et très vite pour rattraper le temps perdu… ») il restait l’oreille
collée au plancher pour entendre sa mère
chanter, et d’ailleurs il fredonna avant que
de parler. On vous le disait que c’était un
personnage de cinéma, Dédé, sorte de
créature de Tati et de Tim Burton réunis.
Un personnage formidablement attachant que seul un orfèvre patient du cinéma documentaire pouvait saisir dans
toutes ces facettes. Christian Rouaud est
de ceux-là. Vous connaissez son travail
magnifique sur les anciens de Lip (à voir
en Vidéo En Poche), et sur les vétérans de
la lutte du Larzac… André Le Meut, c’est
une longue histoire. Rouaud l’avait rencontré vingt ans auparavant en faisant un
premier documentaire, Bagad, dont Dédé
n’était qu’un des personnages. Dix ans
plus tard il filmait la rencontre du grand
Carlos Nunez, venu découvrir la culture
bretonne, avec Dédé, Nunez déclarant
que Dédé était le Coltrane de la bombarde. Ce que nous voyons aujourd’hui, entre rire et émotion, est donc le fruit d’une
longue amitié et de la longue maturation
d’un cinéaste et d’un film.
Et la lumière se rallume trop tôt à notre
goût, tant on serait bien resté encore un
moment avec Dédé et sa bombarde…
CAROL
JUSQU’AU 9/02
Réalisé par Todd HAYNES
GB / USA 2015 1h58
avec Cate Blanchett, Rooney Mara,
Sarah Paulson, Kyle Chandler, Carrie
Brownstein…
Scénario de Phyllis Nagy, d’après le
roman de Patricia Highsmith
Festival de Cannes 2015
Prix d’interprétation féminine pour
Rooney Mara
Todd Haynes fait partie de ces réalisateurs dont on attend chaque film avec
fébrilité. Parce qu’il est un brillant directeur d’acteurs, et surtout d’actrices,
parce qu’il est d’une exigence extrême
avec son art, parce qu’il est toujours surprenant, tant dans le choix de ses sujets
que dans ses partis pris de mise en scène, grands écarts parfois déconcertants
mais toujours maîtrisés. Quoi de plus
diamétralement opposé en effet qu’une
libre biographie de Bob Dylan (I am not
there) et un mélo flamboyant à la Douglas Sirk (Loin du paradis) ?
S’il fallait trouver une filiation à Carol,
c’est justement vers Loin du paradis qu’il
faudrait chercher : un sublime portrait de
femme(s), une mise en scène ultra soignée, et les très guindées autant que
glamour années cinquante comme écrin
à une histoire d’amour contrariée. Mais
Todd Haynes n’est pas du genre à se répéter et les similitudes s’arrêteront là.
Résolument plus moderne dans son scénario et volontairement moins sophistiqué
dans son traitement, Carol pourrait presque être une sorte de suite symbolique à
Loin du paradis : comme si la trajectoire
du personnage de l’un commençait là où
celle de l’autre n’avait pas osé s’aventurer ; un passage à l’acte en somme, dénouant tous les possibles d’un désir interdit. Mais il va sans dire qu’il n’est pas
nécessaire d’avoir vu le paradis pour se
laisser charmer par Carol...
Carol est une femme qui est en train de
s’écrouler. Elle ne tient plus que par l’artifice de son statut social d’épouse et de
mère, elle n’est reliée au monde que par
les innombrables fils invisibles que son
rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés.
Carol est une femme qui sait qu’elle est en
train de s’écrouler mais elle a conscience
aussi que sa chute est indispensable à
sa renaissance, dont elle ne doute pas.
En attendant de pouvoir se sortir d’une
procédure de divorce ô combien difficile
pour l’époque (nous sommes en 1952),
elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au prix d’efforts contraints et
de sourires forcés.
Therese est une femme qui est en train
d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais
autour d’elle, entourage, société... tout la
pousse à se couler sans réfléchir dans le
moule que l’époque a choisi pour elle :
se marier, être une gentille épouse et une
maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé,
Therese a pourtant l’intime conviction
que sa destinée ne peut pas déjà, si vite,
être toute tracée et qu’il doit bien y avoir
une possibilité de simplement suivre son
instinct, ses désirs.
Quand elle croise le regard un peu froid
de cette femme à la silhouette parfaite, à
l’allure distinguée et aux manières classieuses, Therese est subjuguée. Carol
est un continent lointain et inaccessible,
l’incarnation divinement séduisante d’un
monde auquel elle n’appartient pas et
auquel elle n’appartiendra sans doute
jamais, elle la petite vendeuse de jouets
derrière son comptoir.
Lorsqu’elle croise le regard curieux de ce
petit bout de nana frêle à l’allure encore
juvénile, Carol est fascinée. Therese est
une promesse de candeur et d’espoirs
pas encore broyés sous le poids des
convenances et des conventions, un
appel au rêve pour elle qui depuis trop
longtemps est prisonnière d’un mariage
raté.
Avancer en territoire inconnu. Oser
s’aimer, peut-être. Partir. Fuir. Mais tenter
de demeurer fidèles à leur propre vérité
en dépit du tourbillon émotionnel et du
climat pesant de ces années d’aprèsguerre où tout demeure figé mais où le
vernis commence à se fissurer...
Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un duo troublant de
sensualité et de douceur contenues, les
mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre... Du grand cinéma.
MISTRESS
AMERICA
DU 10 AU 16/02
Réalisé par Noah BAUMBACH
USA 2015 1h25mn VOSTF
avec Lola Kirke, Greta Gerwig, Matthew
Shear, Heather Lind, Michael Chernus,
Kathryn Erbe, Jasmine Cephas Jones...
Scénario de Noah Baumbach et Greta
Gerwig.
FILM PROGRAMMÉ UNE SEULE SEMAINE
LA MONTAGNE MAGIQUE
DU 20 AU 26/01
Réalisé par Anca DAMIAN
Film d’animation Roumanie / Pologne
2015 1h29
avec les voix de Christophe Miossec et
Lizzie Brochère...
Écrit par Anca Damian et Anna Winkler, conçu d’après les lettres, dessins, peintures et photos de Adam
Jacek Winkler.
Attention : chef d’œuvre ! Ou tout comme, parce qu’on en connaît qui vont
encore nous reprocher de nous enthousiasmer sans nuances. Maintenant, s’il
faut absolument nuancer, disons plus
modestement que La Montagne magique est un vrai, un pur, un authentique
bijou de cinéma. Voilà, on ne pourra pas
dire qu’on ne vous a pas prévenus. Une
merveille aussi rare que précieuse, forte
et belle, qui déboule telle un météore sur
les écrans. Et pourtant, nom d’une pétoire rouillée, je vous le demande : est-il
si fréquent d’assister, bien calé dans nos
confortables fauteuils de velours rouges,
à spectacle plus subtil, plus envoûtant,
plus incroyable, plus épastrouillant que
celui-là ?
A-t-on si souvent raconté destin plus fou,
plus improbable, plus enthousiasmant
que celui d’Adam Jacek Winkler, figure
don-quichottesque des temps modernes qui traverse l’Histoire du XXe siècle
et les continents, portant toujours haut
les couleurs de la chevalerie ? Incroyable bonhomme qu’on peine à croire réel,
on le dirait échappé d’un roman-feuilleton d’aventures, entre Dumas, Leblanc,
Frank & Vautrin, par là… Un funambule
toujours en lutte et en mouvement, qui
côtoie la grande et la petite histoire, Po-
lonais exilé en France dans les années
60, activiste engagé dans toutes les
luttes, viscéralement anticommuniste, il
s’éloigne du mouvement polonais après
le triomphe de Solidarnosc dont il pressent les limites – et, au moment de l’invasion russe, fonce en Afghanistan se
battre aux côtés du commandant Massoud, avant de revenir en France accomplir son destin. Anca Damian entreprend
de maintenir son film en bel équilibre
entre le socle historique, dûment daté
et référencé, et l’évocation de Don Quichotte, filant les métaphores poétiques à
la suite des événements connus et moins
connus traversés par son héros.
De fait, graphiquement, on prend les paris : La Montagne magique ne ressemble
quasiment à rien de ce que vous connaissez. Gonflée à l’hélium, sans l’once d’une
prétention mais portée par l’évidence et
la grâce de son sujet, la réalisatrice ose –
et réussit – à peu près tout. Anca Damian
vous prend par la main et vous emmène,
comme ça arrive si rarement, voyager
au cœur de l’histoire – et de l’Histoire.
Dans un bel élan généreux, elle mélange
les styles, passe du dessin à la peinture,
de la peinture à la photo, du réalisme à
l’onirisme, de la poésie au drame, de la
métaphore la plus éthérée au réel le plus
rugueux, avec un naturel et une fluidité
qui laissent pantois. Pas un instant elle
ne vous perd, pas une minute elle ne
vous déstabilise. Au contraire, elle a ce
talent, cette délicate attention de veiller à
vous garder avec elle, avec Adam Jacek
Winkler, ce diable d’homme aux côtés
duquel on se prend à rêver d’avoir, au
terme d’un rêve extatique, réellement
cheminé.
Six mois à peine après l’excellent et très
drôle While we were young, voici le très
drôle et excellent Mistress America. Noah
Baumbach va devenir notre fournisseur
attitré en comédies américaines indépendantes, intelligentes et stylées ! S’il
réussit à tenir la qualité et le rythme (deux
films en un an : mieux que Woody Allen,
dont on disait dans le texte de présentation de son précédent opus qu’il était
le successeur le plus qualifié), nous sommes prêts à lui signer un contrat à durée
indéterminée… La Mistress America du
titre, c’est Brooke, interprétée par Greta
Gerwig (qui impose ici un tempérament
comique hors du commun), également
co-scénariste du film (c’était déjà le cas
pour Frances Ha, disponible en Vidéo en
Poche). Mais pour entrer dans l’histoire,
il faut passer par Tracy : c’est elle le personnage central, ce sont ses yeux et ses
mots qui nous serviront de guide.
La réservée, la presque timide Tracy
débute sa première année d’études littéraires dans une université de Manhattan… et on ne peut pas dire que ce soit
la joie. Ses cours sont plutôt ennuyeux,
FILM PROGRAMMÉ UNE SEULE SEMAI
INE
sa camarade de chambre est plutôt
revêche, ses condisciples sont plutôt
banals… Bref son entrée dans la vie
étudiante new-yorkaise, qu’elle rêvait
enrichissante, surprenante, excitante…
est plutôt décevante. Il y a bien Tony,
qui partage son goût pour l’écriture – ils
s’échangent et critiquent mutuellement
leurs premières tentatives – mais il a un
côté mollasson assez désespérant…
et en plus il se fait mettre le grappin
dessus par une Nicolette ultra-possessive et méga-jalouse. Pas grand chose
à espérer donc sur le campus. Alors
quand sa candidature au cercle littéraire qu’elle voulait intégrer est rejetée par
les abominable snobinards du comité
de rédaction, elle se persuade qu’il faut
peut-être aller voir ailleurs si l’air est
plus vivifiant et se résout à contacter –
comme le lui demande sa mère, avec
insistance, depuis son arrivée à NewYork – la fameuse Brooke.
Mais qui donc est cette Brooke ? C’est
en fait sa future demi-sœur.
Tracy n’y croit guère mais la première
rencontre va être ébouriffante : Brooke
est une sorte de tornade blonde, exubérante, enthousiaste, qui habite Times
Square, « the place to be », dans un
appartement bric-à-brac qu’elle a évidemment décoré elle-même – et qu’elle occupe de manière plus ou moins
clandestine –, qui connaît tout un tas
de gens formidables, qui déborde de
projets tous plus épatants les uns que
les autres, dont le plus immédiat est
l’ouverture d’un resto-salon de coiffure-galerie d’art-centre communautaire,
il faut juste qu’elle arrive à convaincre
un partenaire financier et l’affaire est
faite… Sans avoir le temps de dire ouf,
Tracy est emportée dans le tourbillon de
cette fille rigolote, spontanée, grande
gueule et touche-à-tout, qui aurait tout
pour être exaspérante si on ne sentait
pas en elle une vraie générosité et une
grande fragilité…
FILM PROGRAMMÉ UNE SEULE SEMAINE
JE VOUS SOUHAITE D’ÊTRE
FOLLEMENT AIMÉE
DU 3 AU 9/02
Réalisé par Ounie LECOMTE
France 2015 1h40
avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes
Aguis, Françoise Lebrun, Louis-Do de
Lencquesaing, Pascal Elso, Catherine
Mouchet...
Scénario d’Ounie Lecomte et Agnès
de Sacy.
Musique d’Ibrahim Maalouf.
Nous avions découvert Ounie Lecomte,
réalisatrice née en Corée avant d’être
adoptée à l’âge de neuf ans par une famille française, avec Une vie toute neuve
(2010), un film bouleversant inspiré de
son expérience à l’orphelinat avant de
rejoindre la France. Son nouveau et très
joli film questionne encore la construction de l’identité familiale. Comment viton quand on ne connaît pas ses parents
biologiques ? Comment accepte-t-on
d’avoir été abandonné(e) par sa mère ?
Comment assume-t-on cette absence
d’histoire familiale, de repères ?
Elisa est une jeune femme dont on peut
dire qu’elle est en train de réussir sa vie,
elle est masseur kinésithérapeute, elle a
un enfant merveilleux, Noé… Seul bémol : elle est en train de se séparer de
son mari Alex, sans heurts, sans cris,
apparemment sans regrets. Mais le vrai
bouleversement, c’est qu’elle vient de
prendre une décision importante : quitter
Paris pour venir s’installer à Dunkerque
où elle est née dans une maternité désormais fermée, dans le cadre d’un accouchement sous X. Les choses sont claires
dans son esprit, elle veut retrouver la
trace de cette mère qui n’a pas souhaité
depuis trente ans qu’elle connaisse son
existence. Le chemin est long et semé
d’embûches : l’administration est là pour
protéger l’anonymat souhaité par la mère,
Elisa devra faire une lettre à sa génitrice
inconnue pour tenter de la convaincre
de se dévoiler. Elle va aussi essayer de
prendre contact avec les sage-femmes à
la retraite qui l’ont vu naître…
Est-ce qu’à travers les années une mère
reconnaît spontanément sa fille et réciproquement ? Est-ce qu’une grand-mère
peut reconnaître, dans les yeux d’un enfant, le regard d’un homme disparu ?
Ounie Leconte, avec une grande sensibilité, avec une infinie délicatesse, filme
en parallèle les vies de cette fille et de
cette mère qui diffèrent en tout (Elisa est
une Parisienne d’un milieu plutôt aisé,
qui croit maîtriser sa vie et ses émotions,
Annette est d’un milieu populaire et a
toute sa vie enfoui ses secrets et ses regrets) et elle tisse pas à pas les les fils
de cette histoire distendue. Une histoire
qui reflète une époque où l’on préférait
se débarrasser des enfants de l’amour
quand ils étaient le produit d’une union
prétendument inconvenante.
Le film est porté par deux remarquables
actrices : Céline Sallette, figure de plus
en plus importante du cinéma d’auteur
français, qui sait combiner détermination et fragilité, et Anne Benoît, splendide comédienne trop rare au cinéma,
parfaite pour incarner cette modeste
employée qui va enfin laisser ses sentiments l’emporter sur la pression familiale
et sociale. Ounie Lecomte, servie par la
photo splendide de Caroline Champetier,
exploite merveilleusement la beauté mélancolique de Dunkerque, port industriel
à la fois austère et ouvert sur l’ailleurs,
promesse d’une vie nouvelle (une vie
toute neuve ?) pour les protagonistes. La
musique magique d’Ibrahim Maalouf finit
de renforcer le charme de cette chronique élégante et sensible.
LES INNOCENTES
À PARTIR DU 10/02
Réalisé par Anne FONTAINE
France 2016 1h55 VOSTF - avec Lou De
Laâge, Agata Buzek, Vincent Macaigne,
Agata Kulesza, Joana Kulig...
Scénario de Sabrina B. Karine, Alice
Vial, Anne Fontaine et Pascal Bonitzer,
sur une idée de Philippe Maynial.
Ce film est un moment de grâce. Et
même davantage tant l’univers dans
lequel il nous plonge nous confronte à
quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être
humain éprouve un jour ou l’autre, particulièrement lorsqu’il est confronté à
des situations d’exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand
mystère, tout comme la mort, cette découverte que, parfois, la question de la
transcendance s’impose intensément à
nous. Il nous a rarement été donné de
voir exprimée au cinéma, avec une telle
subtilité et une telle force, la complexité
de la nature humaine et de ses aspirations les plus intimes, révélée ici par une
histoire qui, pour être douloureuse, ne
parvient pas à détruire la petite lumière
d’espoir et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par
un amour insubmersible qui la dépasse.
C’est plus qu’un beau film, c’est une expérience à la fois humaine et quasi spirituelle qui parvient à nous faire oublier
qu’on a déjà vu certains des acteurs
incarner d’autres personnages dans
d’autres films, tant ils semblent ici uniques, portés par la cohérence d’un
groupe qui se fond dans la réalité d’un
autre temps, d’un autre pays. Le film a
été tourné en Pologne, la plupart du
temps dans un couvent désaffecté, avec
des actrices (particulièrement inspirées)
et acteurs polonais et français, dans des
conditions de découverte mutuelle qui
renforcent encore l’impression d’authenticité. Si l’histoire de départ est bien
réelle – celle de Madeleine Pauliac, jeune
et jolie Française, provisoire médecinchef de l’hôpital de Varsovie en 1945 –,
elle sert ici de révélateur à des relations
aussi universelles qu’intemporelles qui
prennent une intensité particulière dans
le huis-clos de ce couvent austère, magnifié par les images de Caroline Champetier. La part faite aux chants grégoriens, interprétés essentiellement par les
comédiennes, contribue au sentiment
de sérénité, de plénitude si particulières
à l’ambiance monastique qui contraste ici avec la violence de la situation.
1944 : la Pologne a été dévastée par
l’occupation allemande. Tandis que les
autochtones tentent de survivre, la Croix
Rouge française s’est installée dans ce
qu’il reste d’un hôpital pour soigner et
rapatrier les Français qui se trouvent encore sur le territoire polonais. L’équipe
médicale n’a pas pour mission de s’occuper des Polonais, et quand une jeune
religieuse vient demander du secours, on
l’éconduit dans un premier temps, mais
Mathilde Beaulieu, interne de vingt-cinq
ans, se laisse toucher par sa détresse
et accepte de la suivre jusque dans son
couvent, malgré l’interdiction qui lui est
faite de s’éloigner du cadre de sa mis-
sion. Là, elle découvre une communauté
de Bénédictines qui continuent à vivre
leur vie de moniales, rythmée par les sept
offices quotidiens, mais qui cachent dans
la honte et le désarroi un secret terrible.
Les soldats de l’armée rouge, suivant le
reflux de l’armée allemande, ont pénétré dans le couvent à plusieurs reprises,
brutalisé, violé les jeunes religieuses et
certaines sont sur le point d’accoucher.
La mère Abbesse est d’abord réticente
à l’intervention de Mathilde, tant elle redoute que l’horreur de leur situation soit
connue à l’extérieur du couvent. Mais
peu à peu une relation se noue entre la
médecin athée, engagée corps et âme
au service des autres, et la trentaine de
nonnes qu’elle va tenter d’aider autant
que possible, s’immergeant dans leur
quotidien, à l’écoute de leurs choix sans
pour autant modifier ses orientations personnelles. Mettant sa propre vie en péril,
elle préservera le plus longtemps possible leur secret, ne demandant que tardivement de l’aide au médecin qui lui est
le plus proche et avec qui d’ailleurs elle
a une de ces relations dont on imagine
qu’elles sont inévitables dans ce genre de
lieu et de situation, entre fraternité et désir, complicité et réconfort nécessaire…
Les Innocentes est bien plus que le récit prenant d’un moment d’histoire peu
connu, le film rayonne de cette lumière
intérieure qui caractérise ceux qu’une
conviction profonde élève au dessus des
contingences les plus difficiles, jusqu’à
atteindre une sorte d’intensité harmonique rare et positive.
ET TA SOEUR
JUSQU’AU 2/02
Écrit et réalisé par Marion VERNOUX
France 2015 1h35
avec Virginie Efira, Géraldine Nakache,
Grégoire Ludig...
D’après le scénario de Lynn Shelton
pour son film Ma meilleure amie, sa
sœur et moi
C’est un cas de figure assez rare : Marion Vernoux s’attaque ici au remake d’un
film américain indépendant, un film qu’on
avait bien aimé d’ailleurs, sorti discrètement en plein été 2013: Ma meilleure
amie, sa sœur et moi de Lynn Shelton,
un trio amoureux un peu paumé, avec un
garçon dépressif affublé d’une meilleure
amie, qui croise un peu par hasard la
sœur a priori lesbienne de la dite meilleure amie lors d’une retraite hivernale sur
une île passablement déserte... Marion
Vernoux, dont on a présenté il y a deux
ans l’excellent Les Beaux jours, chroni-
que du réveil à la vie d’une jeune retraitée
incarnée par Fanny Ardant, a respecté
assez scrupuleusement le scénario
américain mais l’a évidemment adapté
à notre géographie nationale. On se retrouve donc au début du film dans un
Brest nocturne, automnal et fatalement
pluvieux, lors d’une soirée où l’on rend
hommage à un homme prématurément
disparu, le frère de Pierrick, lequel frère
était l’ancien fiancé de sa meilleure amie,
Tessa. Tout le monde y va de son souvenir ému jusqu’à ce que Pierrick casse
l’ambiance en présentant son frère comme un fieffé salaud repenti. On découvre
ainsi ce personnage brisé et en colère,
qui traîne sa déprime avec une bonne
dose d’alcoolisme. Face à la situation,
Tessa, un tantinet désespérée de l’état
de son ami, lui propose de se mettre au
vert dans une maison de famille inhabitée sur l’île sauvage de Molène. Faute de
mieux, il s’exécute et débarque en plein
milieu de la nuit par un temps... comment
dire... épouv... breton. Surprise : il découvre derrière la baie vitrée une jolie blonde
fort dévêtue, et manque de se ramasser
un coup de pagaie par la jeune femme
qui a la trouille de sa vie devant cette apparition inattendue. C’est Marie, la sœur
de Tessa, qui est venue passer quelques
jours à l’improviste après une séparation
douloureuse. Une fois la surprise passé,
on fait connaissance, on discute, on se
rapproche... mais a priori pas de risque
de rapprochement inconvenant : Marie
est lesbienne. Mais les déterminismes
sont fait pour être brisés et arrive bel et
bien ce qui ne devait pas arriver. Et tout
va se compliquer avec l’arrivée tout à fait
imprévue, le lendemain... de Tessa.
On ne vous en dira pas plus sinon que le
vrai charme du film tient à son superbe
duo d’actrices: Géraldine Nakache, plus
que parfaite en fausse bonne copine qui
va enfin péter les plombs pour se révéler
à elle même, et Virgine Efira, tout bonnement formidable en fille franc du collier
à la vanne assassine. Quant au personnage masculin, incarné par Grégoire Ludig, il est tout à fait savoureux. Dialogues
volontiers désopilants et acides, regard
aiguisé sur une histoire familiale contrariée, explosion à tout va des préjugés,
mise en scène mettant joliment en valeur
les paysages sauvages de la Bretagne insulaire: tous les ingrédients sont là pour
un moment fort plaisant ma foi.
JANIS
DU 27/01 AU 9/02
(JANIS : LITTLE GIRL BLUE)
Réalisé par Amy BERG
documentaire USA 2015 1h46 VOSTF
avec Janis Joplin, Bob Weir, Kris Kristofferson, John Lennon, Jimi Hendrix, Otis
Redding, Juliette Lewis, Pink…
et la voix de Chan Marshall alias Cat
Power...
Est-il besoin de présenter Janis Joplin ?
Une des plus mythiques chanteuses de
rock et de blues de tous les temps. Mais
au-delà de son personnage de rock-star
et de sa voix extraordinaire, ce remarquable documentaire nous dépeint une
femme sensible, vulnérable et puissante.
Une artiste complexe, déterminée et tourmentée qui a réussi à toucher le monde
entier alors que sa musique revêtait une
dimension hautement personnelle, souvent inspirée de gens qu’elle connaissait
ou qu’elle avait croisés durant ses nombreux voyages. Mieux que n’importe quel
biopic, aussi réussi soit-il, le film d’Amy
Berg nous offre un portrait foisonnant,
qui rend hommage à une femme hors du
commun, dont la voix éloquente et brute
a su incarner et exprimer au mieux les
souffrances de son temps.
On apprend que Janis Joplin ne s’est jamais vraiment remise des persécutions
qu’elle subit pendant son adolescence
dans la petite ville de Port Arthur, au
Texas, en raison de sa « marginalité ». Et
malgré son aisance sur scène, sa personnalité désinhibée et sexualisée, elle
manquait de confiance en elle et ressentait un besoin profond d’être acceptée.
Lorsqu’elle découvrit le blues, ce fut
comme un exutoire pour sa peine et sa
solitude. Elle quitta son Texas natal pour
San Francisco à l’apogée de l’ère hippie
et intégra une communauté dans laquelle elle se sentit enfin chez elle.
Janis Joplin devint alors une des plus
grandes stars de la révolution culturelle
et musicale des années 60. Chanteuse
exceptionnelle, peintre, danseuse, multi
instrumentiste… elle était surnommée
« La Reine de la Soul psychédélique » et
s’imposa définitivement grâce à ses performances inoubliables sur scène : on
pense notamment à ses interprétations
époustouflantes de Balls and Chains au
Festival Pop de Monterey ou de Summertime à Woodstock. Des moments
rares !
Ce sont les propres mots de Janis Joplin qui content l’histoire du film, à travers des lettres (lues par la voix de Cat
Power) qu’elle a écrites à ses parents au
fil des années ; la majeure partie d’entre
elles n’ont d’ailleurs jamais été dévoilées auparavant. Il aura fallu sept ans à
Amy Berg pour rassembler des dizaines
de photos, de vidéos et de témoignages
inédits sur la vie de Janis. Des vidéos
d’elle en studio et en concert, et même
des séquences de son retour dans sa
ville natale, à l’occasion d’une réunion
d’anciens élèves à Port Arthur. Ces éléments ne font qu’apporter davantage de
profondeur et de véracité au récit. Au
fil du documentaire, on découvre aussi
des interviews de sa famille, de ses amis
d’enfance, des musiciens ou des journalistes de l’époque. Se dévoile ainsi la
personnalité souvent incomprise d’une
femme au destin tragique, qui fit vibrer
des millions de personnes et révolutionna la musique avant de mourir en 1971,
à l’âge de 27 ans. Une vie courte, mouvementée mais exaltante !
argentina
JUSQU’AU 26/01
(ZONDA)
Film documentaire musical de Carlos SAURA
Argentine/Espagne 2015 1h27 VOSTF
avec El Chaqueno Palavecino, Soldedas Pastoruti, Jairo, Liliana Herrero, Luis Salinas, Jaime Torres, Metabombo, Ballet
Nuevo Arte Nativo, Lito Vitale…
Et des hommages à Mercedes Soza et Athualpa Yupanqui
« J’ai toujours eu l’envie de faire un film sur la musique argentine, spécialement pour la richesse de ses Zambas et de ses
Chacareras. Ce que vous appelez folklore. »
Carlos Saura
De la Pampa aux Andes, de l’univers des indiens Mapuche à
celui des villageois qui chantent leur nostalgie dans les cafés,
du monde des gauchos à celui des grandes villes d’aujourd’hui,
c’est un voyage fascinant que nous propose Carlos Saura,
grand admirateur et connaisseur des musiques et danses populaires d’Espagne et d’Amérique latine. Un voyage en Argentine sous forme d’un poème musical où passé et présent se
répondent, où les danses et les chants s’enchaînent et composent un riche panorama de l’immense culture de ce vase
pays. Saura a fait appel à quelques-uns des meilleurs artistes
et groupes d’Argentine, qui nous offrent un regard particulier
sur un art aussi ancien que les villages dans lesquels il est né.
Mais Carlos Saura, qui n’a plus à prouver sa virtuosité quand il
s’agit de filmer le spectacle vivant, ne se contente pas de poser sa caméra devant l’art en action. Son regard est avant tout
celui d’un cinéaste et la mise en scène, toujours fluide, toujours
savamment étudiée, utilise à merveille les tableaux vivants, les
effets de lumières et de couleurs, la projection d’images, et
surtout la sensualité et la force des corps en mouvement pour
un résultat d’une incroyable vivacité.
Le « zonda » du titre original du film est un vent chaud qui traverse l’Argentine du nord-ouest au sud-est et embrase tout sur
son passage, des Andes à l’Atlantique. Carlos Saura a voulu
assimiler les vagues successives d’immigration qui ont constitué peu à peu l’identité de l’Argentine en mélangeant des rythmes d’origine espagnole, italienne et parfois même d’Europe
de l’Est avec des musiques indiennes, antérieures à l’arrivée
des Espagnols.
Argentina nous montre, au travers de la musique et de la danse
traditionnelles argentines, un pays et un peuple, un paysage et
une histoire, un art de vivre qui se renouvelle et continue à fasciner. S’inspirant du legs des « Chalchaleros » (un des groupes
folkloriques les plus importants d’Argentine), tout en intégrant
les meilleurs musiciens, chanteurs et danseurs actuels ainsi
que leurs réinterprétations sur scène, Argentina met en lumière
cette connexion intime entre les chansons et la terre, entre la
tradition et l’avenir... et tout cela par la grâce du cinéma.
Avant-première exceptionnelle, jubilatoire et vinicole MARDI 23 février à 20h30
à Utopia St-Ouen l’Aumône du nouvel opus de nos très chers Delépine et Kervern
Suivie d’une dégustation de Saint-Amour, le vin du film, mûri sur les côteaux du Maconnais, accompagnée
d’une petite assiette de charcuterie et fromage fournie par nos amis des « Paniers de Beauchamp »
- TARIF UNIQUE POUR LA SOIRÉE: 10 EUROS (en prévente obligatoire dès le 20/01)-
SAINT-AMOUR
Écrit et réalisé par Benoît DELÉPINE
et Gustave KERVERN
France 2016 1h42
avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Céline Sallette,
Gustave Kervern, Solène Rigot, Michel
Houellebecq...
Cher Benoît, cher Gustave, c’est vrai
qu’on vous aime depuis longtemps à
Utopia. Parce que vous êtes probablement capables de tous les prodiges :
avec Aaltra, vous avez convaincu des
milliers d’handicapés qu’ils pouvaient
traverser l’Europe en faisant chier un max
de gens ; avec Louise Michel, vous avez
montré la voie pour axer la lutte sociale
sur l’exécution des patrons scélérats ;
avec Mammuth, vous avez magnifié la
revanche des retraités pauvres en mobylette ; avec Le Grand soir, vous avez
réconcilié les punks à chiens et les vendeurs de literie, et rendu immortelle une
chaîne de restauration à base de patates.
Enfin à travers votre film le plus incompris, Near Death Experience, vous rendiez justice aux cyclistes dépressifs tout
en rendant sympa et génialement drôle
l'écrivain Michel Houellebecq...
Mais là, prouvant que des hectolitres
d’alcools de toutes origines n’ont en rien
affecté votre force créatrice, vous vous
êtes surpassés. Avant Saint Amour, je ne
savais pas qu’on pouvait en une heure et
demie autant se pisser dessus de rire et
autant pleurer. Si j’avais su qu’un jour je
chialerais en écoutant le discours d’un
éleveur de bœufs à un concours agricole... Et en plus vous avez fait du Salon de
l’Agriculture le plus beau lieu de tournage
ludique qui soit.
Pourtant votre film commence sur un artifice de scénario qui est du grand n’importe quoi mais on s’en fout : au départ il
y a Jean (Gérard Depardieu, grandiose),
éleveur de bovins de compèt, et son fils
Bruno (Benoit Poelvoorde, formidable
avec le cheveu gras collé) qui participent
comme tous les ans au Salon dans l’espoir que la médaille tant espérée viendra enfin récompenser leur taureau bien
couillu. Mais Bruno n’y est pas... Tout
ça le déprime. Il a la bonne quarantaine,
bosse tout le temps dans la gadoue, se
prend des vestes dès qu’il approche les
filles et il n’est pas question pour lui de
reprendre la ferme familiale. La seule
chose qui le console, c’est de profiter
de cette semaine parisienne pour faire la
route des vins ….. à l’intérieur du salon...
éclusant un à un tous les stands de dégustation représentant les vignobles des
régions françaises.
Face à cette situation pathétique, Jean
va prendre les choses en main et embar-
que son grand fiston dépressif pour une
vraie route des vins dans le taxi de Mike
(Vincent Lacoste, parfait), jeune frimeur
parisien, mythomane patenté. Un road
movie très couteux mais très drôle pour
le père et le fils qui vont ainsi renouer les
liens au fil de rencontres détonantes :
avec une jeune serveuse obsédée par la
dette abyssale de la France, un hôtelier
airbnb très inquiétant (Michel Houellebecq très très flippant), une cavalière préménopausée en recherche immédiate de
géniteurs... Tout ça agrémenté de bitures
légendaires.
Bon, reprenons votre hagiographie les
gars. Franchement, comment réussissez-vous avec autant de succès à
concilier les scènes hilarantes, parfois
délicieusement borderline (on voit même
la quéquette molle de Benoît P, quand
même, c’est pas bien de mettre ainsi à
nu vos héros ), et des séquences d’émotion pure, notamment celles où le fils et
le père se rapprochent envers et contre
tout, ou encore celle où la superbe Céline
Sallette chevauche le long de la Seine ?
Et surtout avez vous réalisé que, derrière votre truculente comédie, vous avez
rendu un des plus beaux hommages qui
soient au monde paysan, à son courage,
son sens de l’abnégation et de la transmission ? Sans compter que, même si
vous protestez d’être devenus sobres,
vous nous invitez – en nous prévenant
bien de pas tomber dans les excès de
Bruno – à s’en jeter un derrière la cravate. Donc les gars, on s’incline une fois
de plus devant votre talent, ça va finir par
devenir lassant...
THE BIG SHORT
DU 20/01 AU 2/02
Réalisé par Adam McKAY
USA 2015 2h11 VOSTF
avec Christian Bale, Steve Carell, Ryan
Gosling, Brad Pitt, John Magaro, Finn Witrock, Karen Gillian, Melissa Leo, Marisa
Tomei...
Scénario d’Adam McKay et Charles
Randolph, d’après le livre-enquête de
Michael Lewis.
Dans le New York Times, Paul Krugman,
Prix Nobel d’économie en 2008, écrit
que The Big short « réussit génialement à
rendre distrayantes les arnaques de Wall
Street et à exploiter l’humour noir inhérent à la manière dont tout s’est écroulé ».
Réalisateur-phare de la nouvelle comédie
américaine aux côtés de son comparse
et ami Will Ferrell, relativement méconnu
en France, Adam McKay décale avec The
Big short son angle de tir. Loin des délires
absurdes et infantiles qu’il affectionne, le
sujet est cette fois plutôt grave, puisqu’il
s’agit de la crise des subprimes, étincelle
inaugurale d’une crise économique mondiale. McKay, qui pas plus qu’un autre ne
se refait, n’en signe pas moins un film drôle, mais d’un nouveau genre dans l’ordre
du rire, qu’on pourrait nommer « comique
pédagogique ». Le défi n’est pas mince :
il s’agit à la fois de divertir en montrant
une brochette de personnages passa-
l’effondrement général, des spéculateurs
comme de leurs victimes, pour mettre du
beurre dans leurs épinards. Voilà en un
mot la grandeur de The Big short, qui est
de nous rappeler que la probité ne sort
jamais gagnante d’un système où l’ultime
valeur, le serait-elle au nom d’une certaiblement allumés, mus par des affects ne définition du bien public, est le profit.
schizophréniques, et d’informer le spectateur en lui expliquant les mécanismes Loin d’être sentencieuse, cette petite lespéculatifs financiers relativement com- çon de choses néolibérales s’appuie sur
plexes qui nourrissent leur pathologie. une dramaturgie pleine de tension, filme
le huis clos à la manière d’un documentaiCe qu’il faut donc souligner – par com- re… et tire grand profit d’acteurs à l’abatparaison avec d’autres œuvres remar- tage frénétique. Christian Bale campe ainsi
quables qui se sont emparées du sujet, impérialement Michael Burry, ex-neurolodu documentaire Inside job, de Charles gue, génie des algorithmes, gestionnaire
Ferguson, au Loup de Wall Street, de de fonds excentrico-autarcique, amateur
Martin Scorsese – c’est le côté retors du de rock metal et massacreur de batterie,
film. The Big short raconte en effet l’his- inventeur du mécanisme qui permettra à
toire d’une brochette de financiers qui, tous les personnages du film de rafler la
plus clairvoyants que les autres, ont dé- mise au moment où Wall Street la perdra.
celé le caractère délictueux des prêts hypothécaires consentis aux particuliers par Steve Carell, grande mèche teinte rabatles banques, et vu venir l’énormité de la tue sur le front, incarne Mark Baum, sorte
crise des subprimes qui allait s’ensuivre. de Saint-Just perpétuellement indigné
Tout l’intérêt du film consiste à montrer d’un milieu dont il fait pourtant partie intécomment ces personnages, qui ont rai- grante, ce qui l’énerve encore plus. Ryan
son contre leur milieu, vont se positionner Gosling est Jared Vennett, un jeune loup
à la fois professionnellement et morale- de Wall Street froid comme la mort, qui
ment par rapport à ce qu’ils perçoivent a lui aussi senti le coup venir. Finn Witcomme une catastrophe annoncée. trock et John Magaro interprètent quant à
C’est très exactement en cette délicate eux deux jeunes ambitieux gestionnaires
articulation que le film gagne ses galons. de fonds qui vont s’adjoindre le concours
Car si tous entrent en lutte contre la gi- d’un ex-trader devenu un intégriste de
gantesque manœuvre qui gangrène les l’écologie (Brad Pitt) pour jouer dans la
milieux financiers, c’est essentiellement cour des grands. Autant de héros dont
par les mêmes moyens et pour les mê- la victoire sera célébrée par un désastre,
mes fins : la spéculation financière, l’en- invitant à considérer The Big short comrichissement personnel, le shoot d’adré- me une tragédie qui ne dit pas son nom.
naline. Ces hommes-là ont beau être
dans le vrai, ils n’en misent pas moins sur (J. Mandelbaum, Le Monde)
5 salles à Saint-Ouen l’Aumône: 5 lignes en
blanc dans la grille
1 salle à Pontoise:
1 ligne colorée dans la grille
ATTENTION : l’heure indiquée est celle du
début du film.
(D)= dernière projection
TOUS LES FILMS:
SAINT-OUEN
mer
20
JAN
SAINT-OUEN
16h00
18h40
Le pont des espions ARGENTINA
16h00
18h20
Au-delà des monta… THE BIG SHORT
18h20
CAROL
16h00
18h30
CAROL
ET TA SŒUR
18h30
NOUS 3 OU RIEN
22
23
24
25
Homeland 1&2
Journée spéciale le 14/02
Et du 17 au 20/01
Les innocentes
À partir du 10/02
Janis
Du 27/01 au 9/02
18h40
20h30
...montagne magique THE BIG SHORT
18h00
20h40
Le pont des espions ARGENTINA
18h30
20h50
Au-delà des monta… ET TA SŒUR
17h20
20h30
LES 8 SALOPARDS
LES 8 SALOPARDS
16h20
18h30
20h45
Le voyage d'ARLO
LES CHEVALIERS… CAROL
18h30
La fille du patron
21
La fille du patron
Jusqu’au 2/02
16h15
DEMAIN
16h50
SAMETKA LA C…
16h30
NOUS 3 OU RIEN
PONTOISE
Les 8 salopards
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Argentina
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Jusqu’au 26/01
VEN
Au-delà des montagnes
Du 20 au 26/01
Ave César !
À partir du 17/02
JAN
Avec Dédé
Séance unique + crêpes le 2/02 PONTOISE
Carol
SAINT-OUEN
Jusqu’au 9/02
SAM
Ce sentiment de l’été
À partir du 17/02
Les chevaliers blancs
JAN
Du 20/01 au 23/02
Chocolat
PONTOISE
Avt-1ère le 01/02
SAINT-OUEN
et à partir du 3/02
Le concours
DIM
Séance unique le 26/01
Contre-pouvoirs
Séance unique + débat le 16/02
JAN
Les délices de Tokyo
Avt-1ère + repas le 22/02
PONTOISE
et du 27/01 au 16/02
SAINT-OUEN
Demain
Jusqu’au 23/02 + débat le 28/01 LUN
Et ta soeur
Jusqu’au 2/02
Fatima
JAN
3 séances les 24 et 31/01 + 8/02
14h20
ET TA SŒUR
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CAROL
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LES CHEVALIERS…
14h15
LES 8 SALOPARDS
14h30
SNOOPY ET LES…
14h00
LES 8 SALOPARDS
14h00
LES CHEVALIERS…
14h00
CAROL
14h00
LES 8 SALOPARDS
18h20
THE BIG SHORT
16h00
18h30
...montagne magique ET TA SŒUR
18h30
La fille du patron
17h50
LES 8 SALOPARDS
16h00
18h20
LES CHEVALIERS… NOUS 3 OU RIEN
18h30
LES CHEVALIERS…
21h00
CAROL
22h40
..montagne magique
22h40
DEMAIN
22h45
ET TA SŒUR
18h30
21h00
Au-delà des monta… LES CHEVALIERS…
14h20
(D)
Le voyage d'ARLO
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FATIMA
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ET TA SŒUR
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LES CHEVALIERS…
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ET TA SŒUR
14h00
LES CHEVALIERS…
16h20
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SAMETKA LA C…
CAROL
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NOUS 3 OU RIEN
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ET TA SŒUR
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DEMAIN
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THE BIG SHORT
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THE BIG SHORT
ARGENTINA
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...montagne magique CAROL
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ET TA SŒUR
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La fille du patron
Au-delà des monta…
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LES CHEVALIERS… Le pont des espions
MAR
PONTOISE
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Le pont des espions
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Au-delà des monta…ARGENTINA
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LES CHEVALIERS… THE BIG SHORT
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14h20
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ET TA SŒUR
La fille du patron
THE BIG SHORT
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LES 8 SALOPARDS
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NOUS 3 OU RIEN
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NOUS 3 OU RIEN
LES CHEVALIERS… LES CHEVALIERS… CAROL
SAINT-OUEN
JAN
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ET TA SŒUR
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(D)
Au-delà des monta… La fille du patron
18h30
20h45
CAROL
LES CHEVALIERS…
18h30
(D)
20h30 Piano Campus
...montagne magique LE CONCOURS
UTOPIA / PANDORA MÊME COMBAT : NOS ABONNEMENTS SONT VALABLES LÀ-BAS ET INVERSEMENT
SAINT-OUEN
mer
27
JAN
14h10
16h20
LES DÉLICES DE…
NOUS 3 OU RIEN
14h20
16h45
SPOTLIGHT
SNOOPY ET LES…
14h15
16h10
45 ANS
Tout en haut du m…
14h15
16h10
Les premiers les d… LES CHEVALIERS…
14h20
16h00
17h00
Tout en haut… Sametka ET TA SŒUR
SAINT-OUEN
28
JAN
14h00
45 ANS
14h00
LES DÉLICES DE…
18h30
LES DÉLICES DE…
16h00
18h20
JANIS
THE BIG SHORT
16h00
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Les premiers les d… LES CHEVALIERS…
18h30
45 ANS
16h00
18h30 soirée
SPOTLIGHT
DEMAIN
SAINT-OUEN
29
JAN
16h00
LES DÉLICES DE…
14h00
SPOTLIGHT
14h00
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Les premiers les d… 45 ANS
16h00
LES CHEVALIERS…
PONTOISE
SAINT-OUEN
SAM
30
JAN
14h15
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LES DÉLICES DE…
Les premiers les d…
14h30
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ET TA SŒUR
SPOTLIGHT
14h20
16h10
SNOOPY ET LES…
LES CHEVALIERS…
14h15
16h30
CAROL
45 ANS
14h20
16h00
17h00
Tout en haut… Sametka Tout en haut…
PONTOISE
SAINT-OUEN
DIM
31
JAN
PONTOISE
1er
fév
18h30
ET TA SŒUR
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Les premiers les d…
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LES 8 SALOPARDS
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45 ANS
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CAROL
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LES DÉLICES DE…
20h40
NOUS 3 OU RIEN
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THE BIG SHORT
20h30
LES CHEVALIERS…
18h30
SPOTLIGHT
21h00
45 ANS
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THE BIG SHORT
18h45
JANIS
18h20
DEMAIN
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CAROL
18h40
ET TA SŒUR
21h00
LES 8 SALOPARDS
20h50
22h45
NOUS 3 OU RIEN
CAROL
20h40
22h30
45 ANS
THE BIG SHORT
20h45
22h40
Les premiers les d…Les premiers les d...
20h40
22h45
LES CHEVALIERS… LES CHEVALIERS…
18h40
LES DÉLICES DE…
21h00
SPOTLIGHT
14h15
DEMAIN
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LES DÉLICES DE…
14h30
Les premiers les d…
14h15
LES 8 SALOPARDS
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Tout en haut du m…
16h30
CAROL
16h40
SNOOPY ET LES…
16h30
NOUS 3 OU RIEN
17h20
SAMETKA LA C…
16h00
SPOTLIGHT
18h45
FATIMA
18h40
ET TA SŒUR
18h30
45 ANS
18h40
Les premiers les d…
18h30
LES CHEVALIERS…
20h30
THE BIG SHORT
20h40
LES DÉLICES DE…
20h30
LES 8 SALOPARDS
20h45
JANIS
20h40
SPOTLIGHT
14h15
45 ANS
16h10
LES CHEVALIERS…
18h20
SPOTLIGHT
20h50
Les premiers les d…
16h00
LES 8 SALOPARDS
19h00
ET TA SŒUR
18h30
JANIS
18h20
LES CHEVALIERS…
18h20
THE BIG SHORT
18h30
Les premiers les d…
20h50
LES DÉLICES DE…
20h40
CAROL
20h30
SPOTLIGHT
20h45
45 ANS
20h30 avant-1ère
CHOCOLAT
SAINT-OUEN
LUN
14h00
LES CHEVALIERS…
14h00
16h00
Les premiers les d… 45 ANS
16h00
NOUS 3 OU RIEN
SAINT-OUEN
2
fév
PONTOISE
22h45
ET TA SŒUR
22h45
JANIS
22h40
SPOTLIGHT
22h40
Les premiers les d...
PONTOISE
MAR
20h40
ET TA SŒUR
20h45
Les premiers les d…
20h30
SPOTLIGHT
20h30
DEMAIN
PONTOISE
VEN
20h45
LES DÉLICES DE…
20h30
CAROL
20h50
45 ANS
20h45
LES CHEVALIERS…
20h40
Les premiers les d…
18h30
20h30
Les premiers les d… SPOTLIGHT
PONTOISE
JEU
18h20
THE BIG SHORT
18h30
JANIS
17h45
LES 8 SALOPARDS
18h20
SPOTLIGHT
18h50
45 ANS
14h00
SPOTLIGHT
14h00
LES DÉLICES DE…
16h00
ET TA SŒUR
16h00
DEMAIN
18h40
JANIS
18h30
LES DÉLICES DE…
18h20
SPOTLIGHT
18h30
NOUS 3 OU RIEN
16h00
18h20
Les premiers les d… 45 ANS
18h20
CAROL
20h40
(D)
THE BIG SHORT
20h40
(D)
ET TA SŒUR
20h45
Les premiers les d…
20h30
LES 8 SALOPARDS
20h30 soirée Chandeleur
AVEC DÉDÉ
20h40
LES CHEVALIERS…
LE CINÉMA TOUS LES JOURS À TOUTES LES SÉANCES POUR LES -14 ANS C’EST 4 EUROS
Je vous souhaite d’être
follement aimée
Du 3 au 9/02
Kagemusha
Du 12 au 21/02
Legend
Du 10 au 23/02
Mistress America
Du 10 au 16/02
Mon maître d’école
À partir du 17/02
La montagne magique
du 20 au 26/01
Nous trois ou rien
Du 20/01 au 14/02
Oncle Bernard - l’anti leçon
d’économie
Séance unique + rencontre le 9/02
Le pont des espions
Jusqu’au 25/01
Préjudice
Du 3 au 23/02
Les premiers les derniers
Du 27/01 au 23/02
Saint-Amour
Avt-1ère le 23/02
Les saisons
À partir du 17/02
Salé sucré
Séance unique + repas le 12/02
Spotlight
Du 27/01 au 22/02
The Big Short
Du 20/01 au 2/02
LE COIN DES ENFANTS
Les espiègles
À partir du 17/02
+ Ciné-Goûter le 23/02
Ferda la fourmi
À partir du 10/02
Le garçon et la bête
Du 10 au 23/02
Les saisons
À partir du 17/02
Sametka la chenille qui danse
Du 20/01 au 7/02
Snoopy et les Peanuts
Du 20/01 au 7/02
Tout en haut du monde
Du 27/01 au 23/02
Le voyage d’Arlo
Jusqu’au 24/01
TOUT LE PROGRAMME SUR :
www.cinemas-utopia.org/saintouen
Ecrire au Stella café
avec l’atelier d’écriture
«couleurs de plume»
SAINT-OUEN
mer
3
Fév
16h00
45 ANS
14h30
16h15
ANOMALISA
SPOTLIGHT
14h30
16h10
17h10
Tout en haut… Sametka Tout en haut…
14h20
16h30
PRÉJUDICE
CAROL
14h20
16h30
CHOCOLAT
SNOOPY ET LES…
PONTOISE
SAINT-OUEN
JEU
Ecrire pour le plaisir au moyen de jeux
d’écriture et de contraintes littéraires
Libérer son imagination et sa créativité en jouant avec les mots
Tous les jeudis
21-28 janvier /4-18-25 février de 9h30
à 11h30 à la Maison des Associations,
Salle Prune,
Place du Petit Martroy à Pontoise
Les samedis
20 février et 12mars de 14h 30 à 16h 30
au Stella café d’Utopia
à Saint-Ouen l’Aumône
4
Fév
VEN
5
Fév
6
SAM
Fév
SAINT-OUEN
DIM
7
MERIEL / LLANWRTYD WELLS
Fév
vous invite à découvrir le
groupe gallois
PONTOISE
20h40
Je vous souhaite…
20h30
CAROL
20h45
45 ANS
20h45
LES 8 SALOPARDS
20h40
CHOCOLAT
18h30
CHOCOLAT
20h45
PRÉJUDICE
18h15
DEMAIN
18h40
LES DÉLICES DE…
18h45
45 ANS
18h30
NOUS 3 OU RIEN
18h10
CHOCOLAT
20h30
22h10
ANOMALISA
LES 8 SALOPARDS
20h50
22h40
Les premiers les d…LES DÉLICES DE…
20h40
22h45
LES CHEVALIERS… Les premiers les d...
20h40
22h40
PRÉJUDICE
JANIS
20h20
22h45
SPOTLIGHT
ANOMALISA
18h30
CAROL
21h00
CHOCOLAT
14h30
16h20
45 ANS
LES DÉLICES DE…
14h30
16h30
Les premiers les d… ANOMALISA
14h20
16h00 (D)
17h00 (D)
Tout en haut… SAMETKA… SNOOPY…
14h15
16h20
PRÉJUDICE
SPOTLIGHT
14h20
16h30
CHOCOLAT
LES CHEVALIERS…
18h30
Je vous souhaite…
18h15
CAROL
18h45
LES CHEVALIERS…
18h45
45 ANS
18h40
CHOCOLAT
20h30
DEMAIN
20h30
LES 8 SALOPARDS
20h50
JANIS
20h40
SPOTLIGHT
20h45
Les premiers les d…
14h20
NOUS 3 OU RIEN
16h30
CHOCOLAT
18h40
PRÉJUDICE
20h45
ANOMALISA
16h00
JANIS
16h00
PRÉJUDICE
18h40
(D)
FATIMA
18h30
LES DÉLICES DE…
18h20
SPOTLIGHT
18h30
Les premiers les d…
18h40
ANOMALISA
20h30
Je vous souhaite…
20h40
PRÉJUDICE
20h45
45 ANS
20h30
LES CHEVALIERS…
20h40
CHOCOLAT
16h00
PRÉJUDICE
14h15
16h10
Je vous souhaite… PRÉJUDICE
14h15
16h40
SPOTLIGHT
JANIS
14h20
16h00
17h00
Tout en haut… SAMETKA… SNOOPY…
14h30
16h20
45 ANS
LES CHEVALIERS…
14h15
16h20
CHOCOLAT
ANOMALISA
SAINT-OUEN
LUN
Espace Rive Gauche à MERIEL
Musique énergique originale
Fête garantie sur scène et
dans le public.
Entrée : 13€ - adhérent : 11€
Réservations :
01 34 21 52 88
01 34 64 87 60
8
Fév
14h00
SPOTLIGHT
14h00
CAROL
16h00
CHOCOLAT
SAINT-OUEN
9
Fév
PONTOISE
22h30
SPOTLIGHT
22h45
JANIS
22h40
Les premiers les d...
22h45
ANOMALISA
PONTOISE
MAR
20h40
JANIS
20h40
LES CHEVALIERS…
20h45
Les premiers les d…
20h45
ANOMALISA
20h30
CHOCOLAT
18h30
LES DÉLICES DE…
18h40
ANOMALISA
18h20
SPOTLIGHT
18h40
Les premiers les d…
18h30
LES CHEVALIERS…
14h00
CHOCOLAT
14h00
LES DÉLICES DE…
16h00
NOUS 3 OU RIEN
16h00
45 ANS
PONTOISE
Samedi 20 février 2016
à 20h30
20h40
CHOCOLAT
18h20
CAROL
16h00
18h30
ANOMALISA
LES DÉLICES DE…
16h00
18h30
Les premiers les d… PRÉJUDICE
18h20
SPOTLIGHT
16h00
18h40
CHOCOLAT
45 ANS
PONTOISE
contact :
[email protected]
Le Comité de Jumelage
18h30
JANIS
SAINT-OUEN
SAINT-OUEN
CONCERT CELTIQUE
à MERIEL
20h50
45 ANS
20h40
LES DÉLICES DE…
20h45
PRÉJUDICE
20h50
ANOMALISA
20h30
SPOTLIGHT
PONTOISE
15 euros l’atelier
Chaque séance est indépendante.
14h00
Je vous souhaite…
14h00
PRÉJUDICE
17h45
LES 8 SALOPARDS
18h40
Je vous souhaite…
18h50
Les premiers les d…
18h45
LES CHEVALIERS…
18h20
CHOCOLAT
14h00
CHOCOLAT
14h00
LES CHEVALIERS…
16h00
LES DÉLICES DE…
16h00
ANOMALISA
18h40
(D)
Je vous souhaite…
18h30
PRÉJUDICE
18h30
CHOCOLAT
18h20
SPOTLIGHT
16h00
18h20
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Les premiers les d… JANIS
18h30
45 ANS
20h40
LES DÉLICES DE…
20h45
ANOMALISA
20h40
(D)
CAROL
20h45
Les premiers les d…
20h30 soirée débat
ONCLE BERNARD
20h30
(D)
LES 8 SALOPARDS
LE CINÉMA TOUS LES JOURS À TOUTES LES SÉANCES POUR LES -14 ANS C’EST 4 EUROS
SAINT-OUEN
mer
10
Fév
14h20
DEMAIN
14h30
NOUS 3 OU RIEN
14h20
LES INNOCENTES
14h40
Le garçon et la bête
14h30
Tout en haut du m…
16h40
ANOMALISA
16h30
PRÉJUDICE
16h30
Tout en haut du m…
17h00
FERDA LA FOURMI
16h10
CHOCOLAT
PONTOISE
SAINT-OUEN
JEU
11
Fév
14h00
LES INNOCENTES
14h00
PRÉJUDICE
16h00
LES CHEVALIERS…
16h00
45 ANS
16h00
CHOCOLAT
18h30
LES DÉLICES DE…
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Mistress America
18h30
Les premiers les d…
18h15
LEGEND
18h20
LES INNOCENTES
20h40
ANOMALISA
20h30
PRÉJUDICE
20h30
SPOTLIGHT
20h45
45 ANS
20h40
CHOCOLAT
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LES CHEVALIERS…
20h45
LES INNOCENTES
18h40
ANOMALISA
18h20
SPOTLIGHT
18h30
LES INNOCENTES
18h20
PRÉJUDICE
18h30
CHOCOLAT
20h30
LES DÉLICES DE…
20h45
Mistress America
20h45
Les premiers les d…
20h30
LEGEND
20h40
LES CHEVALIERS…
PONTOISE
SAINT-OUEN
VEN
12
Fév
14h00
CHOCOLAT
14h00
Mistress America
16h00
ANOMALISA
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LEGEND
16h00
LES INNOCENTES
PONTOISE
SAINT-OUEN
SAM
13
Fév
14h15
KAGEMUSHA
14h30
LES DÉLICES DE…
14h20
Tout en haut du m…
14h20
PRÉJUDICE
14h15
CHOCOLAT
17h30
FERDA LA FOURMI
16h40
Le garçon et la bête
16h00
LEGEND
16h20
NOUS 3 OU RIEN
16h20
LES INNOCENTES
PONTOISE
18h20
LES DÉLICES DE…
18h30
DEMAIN
18h30
LES CHEVALIERS…
18h40
PRÉJUDICE
18h20
Les premiers les d…
20h30
KAGEMUSHA
20h45
22h30
ANOMALISA
Mistress America
20h40
22h45
LES INNOCENTES
Les premiers les d...
20h45
22h30
45 ANS
LEGEND
20h30 soirée Nouvel an chinois
SALÉ SUCRÉ
18h30
SPOTLIGHT
21h00
CHOCOLAT
18h30
Mistress America
19h00
ANOMALISA
18h40
Les premiers les d…
18h20
45 ANS
18h30
LES INNOCENTES
20h20
LEGEND
20h45
PRÉJUDICE
20h40
LES CHEVALIERS…
20h20
SPOTLIGHT
20h45
CHOCOLAT
18h40
CHOCOLAT
21h00
LES INNOCENTES
22h40
45 ANS
22h45
Mistress America
22h45
Les premiers les d...
22h40
DEMAIN
22h45
ANOMALISA
14h30
16h15
ANOMALISA
Le garçon et la bête
14h10
15h00
Ferda la fourmi HOMELAND 2
14h20
16h30
LES CHEVALIERS… Les premiers les d…
14h30
16h40
PRÉJUDICE
45 ANS
14h10
16h20
(D)
LES INNOCENTES
NOUS 3 OU RIEN
18h30
LES DÉLICES DE…
18h15
SPOTLIGHT
18h30
LES CHEVALIERS…
18h40
PRÉJUDICE
18h20
CHOCOLAT
20h40
Mistress America
20h45
ANOMALISA
20h40
CHOCOLAT
20h45
Les premiers les d...
20h30
LEGEND
PONTOISE
14h20
16h00
Tout en haut du m… CHOCOLAT
18h10
LES INNOCENTES
20h20
KAGEMUSHA
SAINT-OUEN
16h00
SPOTLIGHT
16h00
Les premiers les d…
20h40
PRÉJUDICE
20h30
45 ANS
20h45
LES CHEVALIERS…
20h30
SPOTLIGHT
20h40
LES INNOCENTES
SAINT-OUEN
DIM
14
11h00 p'tit déj
HOMELAND 1
(+ rencontre)
Fév
LUN
15
Fév
14h00
PRÉJUDICE
14h00
KAGEMUSHA
16h00
LES INNOCENTES
18h30
LES DÉLICES DE…
18h40
Mistress America
18h20
LEGEND
18h40
ANOMALISA
18h30
CHOCOLAT
PONTOISE
SAINT-OUEN
MAR
16
Fév
PONTOISE
14h00
LES INNOCENTES
14h00
45 ANS
16h00
LES DÉLICES DE…
16h00
ANOMALISA
16h00
CHOCOLAT
18h40
PRÉJUDICE
18h20
SPOTLIGHT
18h30
LES INNOCENTES
18h20
LES CHEVALIERS…
18h30
45 ANS
20h45
Les premiers les d…
20h45
ANOMALISA
20h40
CHOCOLAT
20h30
LEGEND
20h30 soirée débat
CONTRE-POUVOIRS
18h30
(D)
Mistress America
20h30
(D)
LES DÉLICES DE…
LE CINÉMA TOUS LES JOURS À TOUTES LES SÉANCES POUR LES -14 ANS C’EST 4 EUROS
STELLA café
Les horaires: tous les jours
de 15h00 à 21h00
service jusqu’à 23h les
vendredis et samedis
fermeture hebdomadaire
le mardi
SAINT-OUEN
mer
17
Fév
14h15
Mon maître d'école
14h30
CE SENTIMENT…
14h20
Tout en haut du m…
14h15
LES SAISONS
14h20
AVE CESAR
16h00
17h00
FERDA …espiègles
16h40
45 ANS
16h00
Le garçon et la bête
16h10
LES INNOCENTES
16h30
CHOCOLAT
PONTOISE
SAINT-OUEN
JEU
18
Fév
14h00
AVE CESAR
14h00
SPOTLIGHT
18h30
Les premiers les d…
18h40
ANOMALISA
18h15
SPOTLIGHT
18h20
LEGEND
18h40
AVE CESAR
20h30
HOMELAND 1
20h40
CE SENTIMENT…
20h40
LES CHEVALIERS…
20h45
PRÉJUDICE
20h45
LES INNOCENTES
18h30
CHOCOLAT
20h45
AVE CESAR
18h40
PRÉJUDICE
16h00
18h20
CE SENTIMENT…
CE SENTIMENT…
16h00
18h20
Mon maître d'école LES INNOCENTES
18h30
45 ANS
16h00
18h30
LES CHEVALIERS… AVE CESAR
20h45
ANOMALISA
20h30
Les premiers les d…
20h40
CHOCOLAT
20h30
LEGEND
20h40
AVE CESAR
PONTOISE
18h20
CE SENTIMENT…
18h20
SPOTLIGHT
18h30
ANOMALISA
19h15
Mon maître d'école
18h30
LES CHEVALIERS…
20h30
HOMELAND 2
20h45
PRÉJUDICE
20h30
CHOCOLAT
21h00
45 ANS
20h40
AVE CESAR
PONTOISE
18h30
AVE CESAR
20h45
LES INNOCENTES
SAINT-OUEN
14h30
(D)
17h30
(D)
HOMELAND 1
HOMELAND 2
14h15
16h20
18h15
CE SENTIMENT…
Les premiers les d… PRÉJUDICE
14h20
16h00
18h15
Tout en haut du m… Le garçon et la bête DEMAIN
14h15
16h00
17h00
18h00
Mon maître d'école …espiègles FERDA LEGEND
14h20
16h30
18h40
AVE CESAR
CHOCOLAT
AVE CESAR
20h40
CE SENTIMENT…
20h20
SPOTLIGHT
20h40
LES INNOCENTES
20h40
LES CHEVALIERS…
20h45
CHOCOLAT
PONTOISE
14h30
LES SAISONS
16h30
LES INNOCENTES
18h45
45 ANS
21h00
AVE CESAR
À PARTIR DU 24 FÉVRIER
SAINT-OUEN
THE REVENANT
21
14h15
(D)
KAGEMUSHA
14h20
Mon maître d'école
14h30
Tout en haut du m…
14h10
CE SENTIMENT…
14h15
LES INNOCENTES
17h30
LES ESPIÈGLES
16h00
17h00
FERDA... 45 ANS
16h10
Le garçon et la bête
16h15
SPOTLIGHT
16h30
AVE CESAR
18h30
PRÉJUDICE
18h50
LES SAISONS
18h30
LES CHEVALIERS…
18h40
LES INNOCENTES
18h40
CHOCOLAT
20h40
DEMAIN
20h45
CE SENTIMENT…
20h40
ANOMALISA
20h50
Les premiers les d…
20h45
AVE CESAR
SAINT-OUEN
VEN
19
14h00
CE SENTIMENT…
14h00
CHOCOLAT
Fév
SAM
20
Fév
SUR LA PROCHAINE GAZETTE
DE ALEJANDRO GONZALES
DIM
16h00
LES INNOCENTES
16h00
KAGEMUSHA
16h00
AVE CESAR
INARRITU
Fév
AVEC LEONARDO DICAPRIO
PONTOISE
14h20
AVE CESAR
16h30
CHOCOLAT
18h40
AVE CESAR
20h45
LEGEND
SAINT-OUEN
14h20
CE SENTIMENT…
14h15
SPOTLIGHT
14h15
Le garçon et la bête
14h30
LES SAISONS
14h20
Tout en haut du m…
16h30
LES CHEVALIERS…
16h40
ANOMALISA
16h40
AVE CESAR
16h30
DEMAIN
16h00
17h00
…espiègles FERDA
18h40
PRÉJUDICE
18h30
CE SENTIMENT…
18h45
Les premiers les d…
18h45
Mon maître d'école
18h10
LEGEND
20h45
45 ANS
20h40
LES INNOCENTES
20h45
CHOCOLAT
20h30
(D)
SPOTLIGHT
20h40
AVE CESAR
TEMPÊTE
DE SAMUEL COLLARDEY
AVEC DOMINIQUE LEBORNE
LUN
22
Fév
SAINT-AMOUR
DE GUSTAVE KERVERN
ET BENOIT DELÉPINE
AVEC GÉRARD DEPARDIEU ET
BENOIT POOLVORDE
SAINT-OUEN
MAR
23
Fév
PONTOISE
22h40
PRÉJUDICE
22h40
LEGEND
22h45
Les premiers les d...
22h45
CHOCOLAT
22h45
ANOMALISA
PONTOISE
À PARTIR DU 9 MARS
22h45
Les premiers les d...
22h30
LEGEND
22h45
ANOMALISA
22h40
AVE CESAR
14h40
16h45
CHOCOLAT
CE SENTIMENT…
14h30
16h40
LES INNOCENTES
PRÉJUDICE
14h20
16h30
AVE CESAR
LES SAISONS
14h20
16h
17h00 (D)
Mon maître d'éc… Ferda Tout en haut...
14h30 ciné-goûter
15h50
(D)
LES ESPIÈGLES
LEGEND
14h30
16h10
(D)
Tout en haut du m... Le garçon et la bête
18h50
(D)
ANOMALISA
18h45
(D)
45 ANS
18h30
(D)
DEMAIN
18h40
CHOCOLAT
18h20
AVE CESAR
18h30
LES INNOCENTES
20h40
CE SENTIMENT…
20h40
(D)
PRÉJUDICE
20h45
(D)
LES CHEVALIERS…
20h45
(D)
Les premiers les d…
20h30 avant-1ère
SAINT-AMOUR
20h45
AVE CESAR
UTOPIA / PANDORA MÊME COMBAT : NOS ABONNEMENTS SONT VALABLES LÀ-BAS ET INVERSEMENT
FERDA LA FOURMI
À PARTIR DU 10/02
Programme de 5 films réalisés par Hermina
TYRLOVA
Programme de 5 films d’animation pour les petits à partir de 3 ans (mais fonctionne aussi très
bien au-delà)
Durée totale : 42 min
Tarif unique : 3,50 euros.
Sametka
la chenille
qui danse
DU 20/01 AU 7/02
Programme de deux films
film d’animation Russie et République
tchèque 1976 39 min VF
Pour les enfants à partir de 3 ans.
TARIF UNIQUE : 3,50 EUROS
Pour donner à vos enfants l’envie de venir découvrir ce petit programme animé,
il suffit de leur dire que le second film,
le plus long, celui dont l’héroïne est la
chenille Sametka, est l’œuvre du réalisateur des fameuses, des sensationnelles
aventures de la Petite Taupe, le tchèque
Zdenek Miler. Il y a toutes les chances
que ce rappel d’un de leurs personnages animés favoris fera piaffer d’impatience vos bambins qui n’auront qu’une
envie : filer dare-dare à Utopia.
Les deux films au programme :
LES VACANCES DU LION BONIFACE
(Fiodor KHITRUK – Russie 1965 22mn)
Boniface, lion de cirque qui se sent fatigué et qui a une folle envie de partir
en vacances, décide de rendre visite à
sa grand-mère en Afrique. Armé de son
filet à papillons et de son maillot de bain
rayé, il rêve de passer ses journées à flâner, à se baigner dans le lac, à prendre le
soleil… Mais les enfants du village vont
peut-être le faire changer d’avis !
SAMETKA, LA CHENILLE QUI DANSE
(Zdenek MILER – République tchèque
1976 17mn)
Sametka est une chenille vraiment pas
comme les autres : elle a l’oreille musicale, le sens du rythme, et elle danse à
ravir ! Alors quand elle est recueillie par
un garçon qui est non seulement très
gentil mais en plus joue de l’harmonica,
c’est le bonheur ! Les deux vont faire la
paire. Ils donnent des spectacles et ils
commencent à avoir du succès. Sametka découvre alors ce qu’est le quotidien,
pas toujours facile, des vedettes de la
scène…
Un programme tout en poésie et en douceur
pour les plus jeunes spectateurs, concocté par
l’une des plus grandes artistes du cinéma d’animation. Ou quand la magie des images animées
se moque bien de la technologie et du temps qui
passe.
Ferda aide ses amis (10 mn ,1977)
Ferda la fourmi aimerait bien aider ses amis...
Un bourdon lui demande de jouer du tuba pour
réveiller ses enfants, mais elle joue un peu trop
fort…un dytique de pomper de l’air au fond de
l’étang, mais elle casse sa machine. Bonne volonté et maladresse ne font parfois pas bon ménage
Un sacré garnement (8 mn ,1973)
A la ferme, un petit garçon s’amuse à tendre de
vilains pièges aux animaux à l’aide d’un pot de
colle: il enduit la clôture où viennent se poser les
oiseaux, en met près de la mangeoire du canard,
dans la niche du chien. Mais les animaux s’avèrent moins méchants que lui quand les rôles s’inversent.
Les farces du diablotin (6 mn,1980).
Sur l’arbre de Noël, les décorations en pâte à
pain prennent vie. Un petit diablotin sème la zizanie et fait tomber de l’arbre le berger et ses
brebis, le coq et les poussins, la bergère et le
bébé... Mais alors qu’il veut s’attaquer à la colombe, l’écrevisse l’attrape par la queue.
Les féeries du corail (10 mn, 1968 )
Au fond de la mer, poissons et coquillages jouent
et se taquinent, autour de deux petits poissons
amis, jusqu’à ce que soit lancée une innocente
bataille des poissons jaunes contre les rouges.
Mais attention, cela cache l’arrivée d’un danger
bien plus grand.
Conte de la corde à linge (8 mn 1986)
Sur une corde à linge sont accrochés une salopette, un tablier, une grenouillère et un napperon. Mais la salopette s’avère rapidement être
une sacrée coquine. A tel point qu’elle décide de
quitter la corde et de découvrir le vaste monde.
LE VOYAGE
D’ARLO
JUSQU’AU 24/01
Film d’animation réalisé
par Peter Sohn
USA 2015 1 h 41 Version française
avec les voix d’Eric Cantona,
Olivia Bonamy...
Pour tous à partir de 6 ans.
Et si la catastrophe cataclysmique qui a bouleversé la
Terre et provoqué l’extinction
des dinosaures n’avait jamais
eu lieu ? Et si les dinosaures
ne s’étaient jamais éteints, et
vivaient parmi les hommes ?
Disney et Pixar nous emmènent dans un nouveau voyage original et inattendu : un
monde dans lequel les dinosaures n’auraient pas disparu.
Ils parlent, vivent tranquillou
et côtoient des humains un
peu sauvages. Découvrez le
grand voyage d’Arlo, jeune
Apatosaure au grand cœur,
maladroit et craintif, qui décide d’entamer un voyage
extraordinaire dans des terres
sauvages et mystérieuses. Il y
fera une rencontre étonnante
qui bouleversera son expédition : celle d’un petit garçon
sauvage et astucieux répondant au nom de Spot. Le problème c’est que le jeune Arlo
va se paumer dans la pampa.
Il devra compter sur son nouvel ami, Spot, pour l’aider à
rentrer chez lui.
Comme d’habitude avec
Pixar, le film déborde de poésie, d’aventure, d’humour et
bien sûr l’animation est de
haute volée. Le voyage d’Arlo
est une très chouette épopée
qui mêle des personnages
aussi drôles qu’attachants, de
folles aventures et beaucoup
d’émotion.
TOUT EN HAUT DU MONDE
DU 27/01 AU 23/02
Film d’animation réalisé par
Rémi Chayé
France 2015 1h20
Avec les voix de Christa Théret, Feodor
Atkine, Thomas Sagols, Rémi Caillebot,
Audrey Sablé, Fabien Briche
D’après un scénario original de Claire
Paoletti, Patricia Valeix
Festival international
du film d’animation d’Annecy 2015 :
PRIX DU PUBLIC
POUR TOUS À PARTIR DE 6/7 ANS
1892, Saint-Pétersbourg. Sacha, une
jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure
de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur du Davaï, son
magnifique navire de l’Arctique, il n’est
jamais revenu de sa dernière expédition
à la conquête du Pôle Nord. Et maintenant son nom est sali et sa famille déshonorée. Pour laver l’honneur de la famille,
Sacha s’enfuit. En route vers le Grand
Nord, elle suit la piste de son grand-père
pour retrouver le fameux navire.
Autant dire qu’on a un véritable coup de
cœur pour ce film qui nous fait frissonner
avec cette aventure heureuse, épique,
drôle et rythmée à la « Jack London » dans
la trace des grands explorateurs polaires
du 19ème siècle. Que dire de Sacha, si
ce n’est qu’on adore cette jeune héroïne
qui va devoir s’émanciper à rebours de
sa condition de fille élevée dans la soie
pour apprendre à se débrouiller toute
seule en apprenant à travailler, dur dur !
Elle va devoir s’intégrer avec courage, en
se retroussant les manches, au sens propre comme au figuré, dans la réalité de
son époque pour réussir à atteindre avec
pugnacité son objectif et son rêve.
L’univers artistique et graphique original
du film de Rémi Chayé est très finement
métissé des peintures des Fauves et Nabis et influencé par le côté aplat des affiches publicitaires de voyages.
La technique des trichromes russes de
l’époque du tsar a même permis à Patrice Suau, le directeur artistique, qui a
oeuvré aussi pour Le Jour des corneilles
de Jean-Christophe Dessaint, de créer la
méthodologie de fabrication des décors.
Rémi Chayé, même si c’est son premier
long-métrage, n’est pas tout à fait un novice, bien au contraire, il est issu de La
Poudrière, tout simplement la meilleure
écoles d’animation européenne qui forme chaque année 10 jeunes issus de la
crème des meilleures écoles mondiales.
Il s’est aguerri, excusez du peu, comme
assistant réalisateur de Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore, ou auprès
du grand réalisateur français Jean-François Laguionie comme assistant réalisateur du Tableau, après avoir travaillé à
ses côté sur L’Île de Blak Mor.
On se réjouit de ce vrai compagnonnage
artistique croisé entre Rémi Chayé et
Jean-François Laguionie y compris dans
une parenté de style.
Rien d’étonnant à ce que Tout en haut du
monde, Rémi Chayé et son équipe aient
été récompensés par le prix du public au
festival international de cinéma d’animation d’Annecy en juin 2015.
FESTIVAL IMAGE PAR IMAGE :
16ème FESTIVAL D’ANIMATION DU VAL D’OISE
CINÉ-GOÛTER À L'ISSUE DE LA
SÉANCE DU MARDI 23 FÉVRIER À
14H30 À UTOPIA ST-OUEN
LES ESPIÈGLES
À PARTIR DU 17/02
Programme de 4 films d’animation de l’excellent Studio AB
film d’animation Lettonie 2015 45mn
Pour les enfants à partir de 4 ans.
TARIF UNIQUE: 3,50 EUROS
Voilà bientôt cinquante ans que le Studio AB met en scène
des humains et des animaux pour faire rire son jeune public.
Mais au-delà du savoir-faire et des situations comiques, c’est
toute une poésie et un regard bienveillant qui animent les marionnettes du studio. Des thématiques simples mais des combats justes, formidablement mis en scène pour être compris
par les plus petits.
C’est tout l’esprit de programme, qui regroupe quatre films
malicieux sur la nature, et plus particulièrement sur la cohabitation – parfois difficile – entre humains et animaux.
Il y a d’abord la vie paysanne dans une ambiance festive (Au
temps des moissons), aussi bien sur terre que sous la terre…
Attention tout de même, la fête peut être perturbée par un petit garnement (Les Espiègles) prêt aux farces les plus impayables. Rien de bien méchant, cela dit, face aux problèmes de
pollution (Le Garde forestier) et d’urbanisation (Les Hérissons
en ville) qui retirent, petit à petit, la faune de son foyer naturel
pour une cohabitation forcée.
Heureusement, les animaux du Studio AB sont malins. Ils savent retourner une situation comme personne, piégeant les
humains à leur propre jeu. Pour tout reconstruire et tout recommencer. En mieux.
LE GARÇON
ET LA BÊTE
SNOOPY
et les Peanuts
DU 10 AU 23/02
Réalisé par Mamoru Hosoda
Film d'animation Japon 2015 1h58 Version française
POUR TOUS DÉS 7 ANS
Il n’est plus besoin de présenter la grande figure du cinéma
d’animation japonais qu’est Mamoru Hosoda. Déjà son premier long-métrage indépendant, La Traversée du temps, posait les jalons d’une œuvre originale et novatrice, ancrée dans
les traditions culturelles de son pays, tout en étant tournée
vers l’avenir du monde et de la société. C’est donc naturellement qu’il est devenu, en quelques années, l’un des cinéastes
les plus reconnus au monde.
Quatre ans après Les Enfants loups : Ame et Yuki, portrait
bouleversant d’une mère courage luttant pour la survie et l’intégration de ses progénitures, le réalisateur signe, avec Le
Garçon et la Bête, son film le plus complexe et le plus abouti,
entraînant le spectateur dans un voyage initiatique mouvementé et passionnant.
En pleine soirée, alors que la population rentre de sa journée
de travail, un jeune orphelin s’enfuit dans les rues sombres de
la ville, hurlant de tristesse et de haine. Cherchant à s’émanciper d’une société qu’il juge plus qu’injuste, il traverse une
porte interdimensionnelle, et se retrouve perdu dans le monde
des bêtes, laissant derrière lui une ombre de ténèbres, de colère et de douleur. C’est là qu’il rencontre Kumatetsu, un ours
mal léché (au sens propre comme au sens figuré), qui décide
de le prendre sous son aile et de l’initier aux techniques de
combat. Kumatetsu sait pourtant que les humains n’ont pas
leur place au sein de la communauté animale. Malgré cela, le
jeune apprenti, appelé Kyuta par son maître, décide de rester et de se battre pour prouver qu’il est digne de sa terre
d’adoption.
Avec ses animaux doués de parole et sa fantasmagorie enchanteresse, Le Garçon et la Bête rappelle les fables de La
Fontaine et les contes de Perrault, qui s’appliquent à éduquer
la jeunesse en la faisant rêver. C’est ce même procédé qu’utilise Mamoru Hosoda, pour aborder des concepts philosophiques, sociaux et humanistes, illustrés de manière très ludique
par chaque plan et chaque dialogue du film.
Original et follement inventif, embrassant fougueusement
la fantaisie de l’imaginaire et du merveilleux, Le Garçon et
la Bête est un conte de fées suspendu dans l’espace et le
temps, une aventure magnifique qui ravira petits et grands.
avoir-alire.com
Du 20/01 au 7/02
Film d'animation réalisé par Steve Martino
USA 2015 1h28 Version française
D'après l'oeuvre de Charles M. Schulz
POUR TOUS DÉS 5 ANS
L’univers de Charlie Brown a connu sa première publication
dans sept quotidiens américains le 2 octobre 1950 sous la
plume de Charles M. Schulz. Apparus initialement sous la
forme d’un format court de quatre cases, Snoopy et son fidèle compagnon continuèrent d’être dessinés jusqu’à la mort
de l'auteur en l’an 2000. Durant cette longue période, Peanuts (nom original du comics) a été adapté en de nombreux
dessins animés destinés à la télévision. Mais il y eut aussi
dans l’histoire de Charlie Brown quatre films d’animation :
Un petit garçon appelé Charlie Brown (1969), Snoopy Come
Home (1972), Race For Your Life, Charlie Brown (1977) et Bon
Voyage, Charlie Brown (1980). Des précédents qui font de
cette nouvelle adaptation le premier film sur Charlie Brown
depuis 35 ans, célébrant au total 65 ans d’existence.
Originellement, l’idée d’un nouveau film sur l’univers de Charlie Brown est née du fils de Charles M. Schulz, Craig Schulz.
Désireux de perpétuer l’héritage transmis par son père, celuici travailla un scénario accompagné de son propre fils, Bryan
Schulz. Très vigilant quant au respect de l’œuvre originale,
Craig Schulz choisit finalement Steve Martino comme réalisateur et le studio Blue Sky comme maison d’animation suite
à leur travail sur l’adaptation d’Horton, œuvre littéraire du Dr.
Seuss, contemporain du dessinateur des Peanuts.
Dans cette nouvelle aventure Charlie Brown tombe amoureux
d’une nouvelle venue à l’école, « la fille aux cheveux rouges ».
Voyant cela, la perfide Lucy va œuvrer pour dévaloriser Charlie et lui faire perdre confiance. Assistant à ce spectacle désolant, Snoopy soutient son maître en s’inventant une histoire
d’amour avec une sublime caniche aviatrice, contrariée par le
terrible Baron Rouge...
Le film vise sans conteste le jeune public, multipliant les bons
mots et les gags à sa destination. Les décors et les personnages, en images de synthèse rondes et colorées, au graphisme ingénieux, plairont également aux juniors. Sous l’égide de Martino, la petite bande de « Peanuts » est habilement
modernisée, sans perdre aucun des attraits qui faisaient son
charme au siècle dernier.
LES SAISONS
À PARTIR DU 17/02
Réalisé par Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
France Allemagne 2015 1h37
Film documentaire
Visible dès 8 ans
Après avoir parcouru le globe à tire-d’aile avec les oiseaux
migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des
baleines et des raies manta, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouveau film sur des terres plus familières. Ils nous convient à un voyage à travers le temps pour
redécouvrir ces territoires européens que nous partageons
avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire.
L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très
bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle
des saisons se met en place, le paysage se métamorphose,
la faune et la flore évoluent. L’histoire commence... À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche
puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne
riante.
Un peu plus qu’un simple film documentaire animalier, Les
saisons est une épopée sensible et pédagogique à travers les
âges qui relate la longue et tumultueuse histoire commune
qui lie l’homme aux animaux. Le discours n’est pourtant pas
assommant et si le film s’adresse à un public large (et donc
aussi scolaire), il reste avant tout très visuel. Pas de grand
exposé scientifique ni trop de blabla universitaire : la beauté
des images se suffit à elle-même et les mots, dévoilés avec
parcimonie, ne sont là que pour situer les grandes lignes du
propos.
La caméra suit au plus près les animaux petits et gros, lents
et rapides, prédateurs ou simple habitants de cette planète
bleue et verte que l’homme et sa technologie n’ont pas épargnée.
Bébés renard et oisillons, majestueux cerfs, sangliers, oies
sauvages, hibou, en solo ou en troupeau, sous le vent, les
feuilles, la neige ou le soleil, le règne animal est filmé dans
toute sa sublime diversité, dans sa sauvagerie autant que
son authentique poésie.
C’est un film qui se regarde et s’écoute et offre mille et une
pistes de réflexion. Les enseignants seront bien inspirés de le
montrer à leurs élèves (à partir de 8 ans) et c’est aussi l’ambition du film : nous tenons à leur disposition des documents
pédagogiques. ( nous contacter au 01 30 37 75 52 )
mon maître d’école
À PARTIR DU 17/02
Film documentaire
d’Émilie THÉROND
France 2015 1h22
On a tous eu un ou une instit qui a failli
nous dégoûter de l’école par son absence totale de pédagogie. Moi ce fut Madame Boucher, ça ne s’invente pas, une
femme à barbe probablement formée
dans un prytanée militaire sado-masochiste en pleine guerre d’Algérie, qui s’ingéniait en CP à nous apprendre la natation en nous enfonçant la tête sous l’eau
à coups de perche métallique quand
nous nous accrochions trop au bord. Et
puis au contraire il y a l’instit qui change
votre vie, qui fait que vous vous levez le
matin aussi frais qu’un gardon dans un
ruisseau alpin, parce que vous savez que
vous allez passer une super journée à
l’école. L’instit qui vous apprend plein de
nouvelles choses en vous donnant l’impression de vous amuser, vous aidant à
grandir, vous donnant la confiance pour
passer vers l’adolescence, puis vers
l’âge adulte...
Emilie Thérond était une jeune enfant
cévenole, élève moyenne qui, grâce à la
compréhension d’un de ses instituteurs,
a pris son envol et est devenue des années plus tard une brillante journaliste et
réalisatrice de télévision. Emilie Thérond
n’a jamais oublié l’instituteur de son petit
village, à qui elle estime devoir une partie de ce qu’elle est, de ce qu’elle a. Devenue mère d’élèves en âge à leur tour
d’avoir un maître, elle a ressenti le besoin
de revenir au pays rendre hommage à
Monsieur Burel, instituteur et maire de
son petit village de Saint Just-et-Vacquières, d’autant qu’elle a appris qu’il
était sur le point de partir à la retraite.
Mon Maître d’école est donc la chronique d’une année scolaire au fil des saisons, depuis la rentrée et la découverte
des quelques nouveaux jusqu’au jour
fatidique où Monsieur Burel devra poser
la craie pour la dernière fois. Les fâcheux
pourront sans doute reprocher l’image
par trop idyllique de cette école de campagne magnifiée par quelques plans aériens au dessus des splendides coteaux
languedociens. Mais voilà, Monsieur
Burel tout comme ses élèves sont bougrement authentiques et, sans tomber
dans l’angélisme ou la trop grande personnification, Emilie Thérond décrit avec
une chaleur contagieuse l’évolution des
relations entre cette vingtaine d’élèves et
leur maître. Avec des moments très drôles, inattendus, auprès de cet instituteur
quelque peu atypique. Car si Monsieur
Burel est un parfait produit classique de
l’Ecole Normale arrivé dans le village à
une époque où l’instituteur était un notable respecté (il est d’ailleurs devenu
maire), l’enseignant bientôt retraité a, au
fil de sa pratique, pris quelques libertés
avec les règlements et les programmes.
Dès que le soleil revient, les enfants partent en forêt faire des cabanes, découvrir
les plantes. Au fond de l’école est souvent présent Lionel, un handicapé de 26
ans qui a grandi dans ces murs, et qui
continue à y tromper l’ennui en dehors
de toute autorisation officielle. L’école
de Saint Just est une école toujours
ouverte, mercredi et week-end compris
les jours de pluie ! Dans un village où
le 11 Novembre, jour férié, tous les enfants accompagnent spontanément leur
maître à l’hommage aux morts . Comme
dit la réalisatrice, l’école est pour les enfants une seconde famille. Et quand la fin
de l’année scolaire – la dernière pour le
maître – approche, beaucoup d’enfants,
y compris les petits durs qu’on a vu se
bagarrer peu avant, ont la gorge aussi
serrée que celle de Monsieur Burel qui,
sous ses allures d’ours bougon, se laisse
gagner par l’émotion.
Le film nous réconcilie définitivement
avec une idée de l’école beaucoup
moins formaliste, beaucoup plus ouverte
sur le dialogue et tournée davantage vers
l’épanouissement de l’enfant que vers la
performance pédagogique. Un film qui
s’avère un magnifique hommage à un
métier de passion et d’abnégation.
SÉANCES SCOLAIRES AU 01 30 37 75 52
DANS LE CADRE DU FESTIVAL PIANO CAMPUS - 15ÈME ANNIVERSAIRE
SÉANCE UNIQUE LE MARDI 26 JANVIER À 20H30 AU ROYAL UTOPIA DE PONTOISE
Piano Campus nous offre une nouvelle fois l’occasion de découvrir ou de redécouvrir un film oublié et par la même, de
revivre le temps d’une séance la magie du cinéma « à l’ancienne », celui de la pellicule. Le film que vous allez découvrir
ce soir est en effet la copie originale et d’époque et vous sera
montré sur notre bon vieux Victoria 5, le projecteur 35mm du
Royal Utopia que nous sortirons ce soir du long repos dans
lequel il est plongé depuis le passage au cinéma numérique Il
reprendra du service pour le bonheur des mélomanes puisque
ce soir, plus encore que les années passées, le sujet colle
parfaitement à son cadre.
C’est l’histoire d’un concours, d’un concours de piano… un
concours qui aurait bien pu s’appeler « Piano Campus ». Chaque année, les douze meilleurs pianistes de moins de trente
ans se disputent un titre convoité. Un combat sans merci, une
terrible angoisse pour les candidats qui comme Paul ont atteint la limite d’âge : pour lui, ce sera la médaille d’or ou bien
un poste obscur de professeur de musique. Mais Paul va être
troublé dans son irrésistible désir de gagner: il est amoureux
de Heidi, sa principale concurrente dans ce grand prix musical...
Deux musiciens, un homme, une jeune femme qui a tout à
conquérir, vont s’affronter dans une épreuve qui fait autant
appel à la virtuosité qu’à la persévérance, à l’humilité qu’à
l’endurance.
Mais la musique, c’est bien connu, révèle autant les sentiments que le talent et forcément, l’amour va venir chambouler
la partition…
Film tombé dans l’oubli mais pourtant porté par un Richard
Dreyfuss au sommet de sa gloire, Le concours est l’occasion de nous immerger avec délice dans une bande originale
concoctée avec amour par un réalisateur passionné de musique classique et de piano, qui a pu ici s’en donner à cœur joie
pour notre plus grand plaisir.
LE CONCOURS
(The competition)
Ecrit et réalisé par Joel OLIANSKY
USA 1980 2h05 VOSTF copie 35mm
Avec Richard Dreyfuss, Amy Irving, Lee Remick, Sam Wanamaker
Pour la musique :
L'Orchestre philharmonique de Los Angeles
dirigé par Lalo Schifrin :
• Ginastera, Sonate pour piano
jouée par Eduardo Delgado.
• Brahms, Concerto pour piano no 1
avec Ralph Grierson (piano).
• Chopin, Concerto pour piano no 1,
Lincoln Mayorga pianiste
• Prokofiev, Concerto pour piano no 3,
Daniel Pollack, pianiste.
• Beethoven, Concerto pour piano no 5,
Chester B.Swiatkowski, pianiste.
Nommé meilleur montage, meilleure musique aux Oscars du
cinéma en 1981 et meilleure bande originale aux Golden Globes de la même année, «The Competition» est un vrai mélodrame interprété par deux excellents acteurs.
ce sentiment de l’été
À PARTIR DU 17/02
Réalisé par Mikhaël HERS
France 2015 1h46
avec Anders Danielsen Lie, Judith
Chemla, Marie Rivière, Féodor Atkine,
Dounia Sichov, Stéphanie Déhel, Lana
Cooper, Thibault Vinçon, Jean-Pierre
Kalfon...
Scénario de Mikhaël Hers et Mariette
Désert
GRAND PRIX
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM
INDÉPENDANT DE BORDEAUX 2015
C’est par une image lumineuse et troublante que débute ce film infiniment intelligent et délicat. Celle d’un couple nu encore endormi dans la lumière d’un matin
d’été qui écrase un vaste appartement
blanc et immaculé. La jeune femme se
lève, s’habille rapidement, nous découvrons que nous sommes à Berlin, avec
ses immenses parcs où se prélassent
une jeunesse insouciante. Sasha, notre
jeune trentenaire qui semble avoir toute
la vie devant elle, se rend à l’atelier où
elle fait de splendides sérigraphies sur
tissu. A l’issue de sa journée, elle retraverse le même parc et tombe sans explication. Les mystères de la vie font que
l’on peut mourir à trente ans sans que
rien ne l’annonce.
Et voilà qu’elle laisse son compagnon
américain, Lawrence, dévasté par sa disparition, rapidement rejoint à Berlin par
les amies parisiennes, par les parents,
par la sœur de Sasha, Zoé, dont la ressemblance avec sa compagne disparue
trouble Lawrence dans son deuil. Il y
aura les mots difficilement trouvés par les
uns et les autres dans ces circonstances
aussi cruelles qu’inexplicables. Puis le
retour tant que bien que mal de chacun à
sa vie, dans sa ville respective...
Ce sentiment de l’été est probablement
l’un des plus beaux et des plus justes
films qu’on ait pu voir sur le deuil. Il choisit de suivre sur trois années les protagonistes, aux différentes étapes de leur
vie après la mort de Sasha. Dans trois
villes différentes, Berlin, Paris, New York
(avec en bonus une petite escapade
de vacances au bord du lac d’Annecy).
Toujours l’été parce qu’il rappelle la date
anniversaire de la disparition de la jeune
fille, mais aussi peut être parce que c’est
paradoxalement la période la plus cruelle
pour les personnes endeuillées. Celle où
le climat, les corps échauffés appellent la
liberté et tous les possibles, contrastant
terriblement avec le désastre des cœurs
solitaires. Celle où les lumières intenses
et froides sont encore plus impitoyables
avec les gens tristes...
On va donc observer le taiseux et timide
Lawrence, dont le regard intense trahit la
pensée bien plus que ses rares paroles,
et la volcanique Zoé, chacun avec leur
peine et leurs tentatives pour poursuivre
le cours de leur existence. D’ailleurs ces
deux êtres, liés par le souvenir d’un être
aimé, se réuniront ils pour de bonnes ou
de mauvaises raisons ? Ou au contraire
choisiront-ils de s’éloigner pour tourner
définitivement la page et poursuivre leur
vie envers et contre tout ?
Mikhaël Hers, avec une sensibilité et une
retenue rares, tire magnifiquement parti
de la personnalité singulière de ses deux
acteurs : le comédien norvégien Anders
Danielsen Lie, qui nous avait bouleversé
dans Oslo 31 Août, prête à Lawrence
cette force intérieure toujours prête à
exploser, cette beauté marmoréenne qui
n’attend que de se fissurer ; quand à
Judith Chemla, elle est pétulante, toute
en réactivité et en fragilité. Tous les deux
sont splendides. Et les sentiments qui
traversent les personnages sont parfaitement en phase avec les lieux que le réalisateur a choisis et qu’il met remarquablement en valeur : la douce et libertaire
Berlin, où rien ne semble pouvoir arrêter
des amants à qui tout réussit ; Paris, la
futile et l’étrange (caractère souligné par
ce personnage atypique de patron d’hôtel travesti incarné par le génial Jean
Pierre Kalfon) et enfin la sensuelle New
York, jamais endormie...
FATIMA
3 SÉANCES LES 24 ET 31/01 ET 8/02
Écrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19
avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki
Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele...
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima
Elayoubi : Prière à la lune et Enfin, je peux marcher seule.
PRIX LOUIS DELLUC 2015
Fatima, c’est un magnifique portrait de femme, c’est le portrait
d’une foultitude d’autres personnages attachants et naturellement en filigrane, celui de notre société. C’est un film qui
vient plonger au plus profond de nous-mêmes, nous bousculer à tel point qu’il sera impossible de regarder de la même
manière les passantes inconnues que l’on croise dans la rue
têtes nues ou discrètement voilées.
Fatima, un prénom de princesse presque devenu un nom
commun tant on l’associe aux dames de ménage corvéables
à merci, prolétaires de l’ombre destinées à la serpillière.
Notre Fatima ne rompt pas avec ce cliché. Le pâle sourire qui
illumine son visage débonnaire, son allure de quarantenaire
plantureuse, vêtue soigneusement mais sans souci d’effets
de mode, son foulard qui cache ses cheveux : tout contribue
à en faire une Fatima semblable à ces milliers d’autres qu’on
voit circuler dans l’indifférence générale de nos cités.
Le soir, rentrée à l’appartement, il lui reste encore à affronter l’arrogance de sa plus jeune fille, Souad, qui du haut de
ses quinze ans la juge de manière tranchante. Comme si
Fatima était le symbole de l’entrave à son intégration, l’empêcheuse de se normaliser en rond. Sa révolte se trompe
d’ennemie, elle est le fruit d’une société qui l’incite à avoir
honte d’une mère qui n’est bonne qu’à « laver la merde
des Français » et qui ne sait même pas parler leur langue…
Heureusement, son aînée, Nesrine, remet un peu sa cadette
en place. Elle connaît le prix de l’ascension sociale, les sacrifices maternels pour qu’elle parvienne jusqu’au concours
de médecine… Et puis c’est l’accident, le bête accident de
travail qui cloue Fatima au lit. Alors Fatima décide d’écrire, ce
qu’elle est, ce qu’elle ressent, pour ses filles, pour elle.
Plus on entre dans son intimité, plus on dépasse sa difficulté
à s’exprimer, cette barrière de la langue qui crée un fossé infranchissable entre les humains, plus sa beauté intérieure se
dévoile, irradie. Personnage complexe et subtil, à l’intelligence vive, aux propos pertinents. On souhaiterait tous avoir une
telle Fatima dans sa vie ! Pour l’heure Philippe Faucon nous
l’offre dans son film : ne la laissons pas passer !
LA FILLE DU PATRON
JUSQU'AU 26/01
Réalisé par Olivier LOUSTAU
France 2015 1h38
avec Christa Théret, Olivier Loustau, Florence Thomassin, Patrick Descamps, Stéphane Rideau, Lona Dueñas, Pierre Berriau, Vincent Martinez, Meriem Serbah...
Scénario d’Olivier Loustau, Bérénice
André et Agnès Caffin
« J’ai besoin que tu sois gentil pour faire
l’amour et tu as besoin de faire l’amour
pour être gentil. »
Même si, dans le film, elle s’exprime en
termes un peu plus crus, c’est par cette
jolie figure de style (un chiasme pour les
spécialistes) que Madeleine résume l’impasse dans laquelle se trouve le couple
qu’elle forme avec Vital. Madeleine –
l’excellente Florence Thomassin, qu’on
aimerait voir de temps en temps en tête
d’affiche – et Vital – Olivier Loustau qui
réalise aussi le film – forment un couple
d’ouvriers qui, arrivés à la quarantaine,
ne semblent plus partager que l’amour
pour leur fille. Elle a travaillé et il travaille
encore dans une usine textile moderne,
mais en grande difficulté économique.
Ils vivent dans le sud-ouest de la France
avec tout ce que cela veut dire de sociabilité festive, particulièrement autour
de l’équipe de rugby de l’entreprise dont
Vital est l’entraîneur (on me souffle qu’en
occitan, on dit « coach »).
La fin annoncée d’un couple et celle possible d’une entreprise, ce n’est pas très
engageant comme début de film. Mais
nous allons très rapidement être emportés dans l’aventure collective d’hommes
et de femmes qui, d’une part, luttent pour
la préservation de leur emploi et, d’autre
part, espèrent remporter le championnat
de rugby opposant des clubs d’entreprises. Ces combats, ils les mènent ensemble et en font un tout indissociable.
Mais qu’en sera-t-il du groupe quand
un de ses membres, son leader, rompra
l’équilibre sur lequel il reposait?
Toutes les scènes de groupes – barbecues, matches de rugby y compris la
troisième mi-temps, rigolades ou engueulades au travail – sont particulièrement réussies. Le mélange d’acteurs
professionnels et amateurs fonctionne
parfaitement. Dans le cinéma français,
plus à l’aise dans les portraits individuels, ce n’est pas tous les jours qu’un
groupe social, ici des prolos, est montré
avec une telle justesse, aussi bien dans
le quotidien que dans les moments de
crise.
Et puis il y a Alix, une jeune femme de
passage, venue réaliser dans l’usine une
étude ergonomique visant à améliorer
les conditions de travail des ouvriers.
Amenée dans le cadre de sa mission à
se rapprocher de Vital, elle va être attirée
par l’assurance avec laquelle il exerce
sa fonction de contremaître et l’autorité
qu’il dégage à son poste d’entraîneur,
jusqu’à tomber sous le charme. Pour lui
la barrière de classe sera plus difficile à
franchir. Et il ne sait pourtant pas encore
qui elle est...
Quoi? Un film qui se passe dans la classe
ouvrière, à des centaines de kilomètres
de Paris, et sans un seul membre des
familles Garrel ou Le Besco à l’affiche !
Voilà suffisamment d’éléments susceptibles de causer une poussée d’urticaire
chez un critique cinématographique des
Inrocks. De quoi, en revanche, susciter
l’intérêt du spectateur utopien qui n’a jamais craint de sortir des beaux quartiers
parisiens. D’autant plus quand il saura
qu’Alix est interprétée par la lumineuse
Christa Théret, qui jouait le rôle d’une
vraie chanteuse dans Marguerite de Xavier Giannoli et surtout celui de la muse
du peintre dans le Renoir de Gilles Bourdos. Et en plus, Olivier Loustau viendra
en voisin puisqu‘il habite par ici !
Séance exceptionnelle le mardi 9 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen l’Aumône
en hommage à l’économiste atypique Bernard Maris, en présence du truculent
réalisateur québécois Richard Brouillette.
ONCLE BERNARD - L’anti-leçon d’économie
Réalisé par Richard Brouillette
Documentaire Québec/2015/1h19
Oncle Bernard, c’était l’incomparable
Bernard Maris, un des regrettés chroniqueurs de Charlie Hebdo abattus comme Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous,
Honoré, un sinistre 7 janvier. Bernard
Maris c’était l’économiste de la bande,
qui tentait de rendre moins opaque une
science souvent confisquée par des
experts qui voulaient la rendre incompréhensible aux béotiens. Un homme à
la gouaille impressionnante, à l’accent
du Sud-Ouest très marqué, exécutant
les pompeux cornichons de la finance
à coup de formules fleuries et assassines. Il était truffé de contradictions :
proche d’ATTAC, des Verts, il défendait
l’importance de la gratuité, du don et du
contre don, tout en acceptant en 2011
un poste de membre au conseil général
de la Banque de France. Il était homme
de gauche mais s’était pris d’amitié pour
l’incontrôlable Michel Houellebecq à qui
il avait consacré un livre. Il avait voté le
traité de Maastricht, tout en disant plus
tard qu’il fallait sortir de la zone euro. Un
mec parfois agaçant, imprévisible, qui
fascinait et énervait. En 2000, le cinéaste
québécois Richard Brouillette l’avait interviewé pour un film qu’il finira bien plus
tard, en 2008, L’Encerclement, fascinant
documentaire qui défendait des visions
alternatives de l’économie que nous
avions diffusé à Utopia en son temps.
La disparition de Bernard Maris rendait
important d’extraire cette leçon ludique
et jubilatoire d’économie à la portée de
tous. En 2000, Bernard Maris porte joliment la cinquantaine et à Charlie Hebdo,
Siné sème encore sa zone à la rédaction. Malgré le dispositif volontairement
austère (le film est tourné en pellicule
16 mm noir et blanc, et Brouillette intègre même les changements de bobines
tout en laissant tourner le son) destiné
à laisser totalement la place à la parole libératoire de Oncle Bernard, on est
subjugué par le fait que cette pensée d’il
y a quinze ans n’a pas pris une ride au
regard des événements actuels. Oncle
Bernard dénonce pêle-mêle la collusion
des trois strates des économistes (les
savants, les experts et les journalistes),
l’opacité organisée au niveau international pour empêcher les Etats de jouer
leur rôle régulateur, l’incertitude absolue
constitutive de l’économie capitaliste, la
nécessité pour le capitalisme de détruire
tout ce qui est collectif et par là-même
l’environnement, les batailles stupides
de statistiques pour masquer le réel
aux yeux de la population, le critère absurde de la croissance... Il démonte le
dogme de la main invisible du marché,
et a quelques mots peu amènes pour
les cadres (pardon pour ceux qui nous
liront). Tout cela est, malgré le dispositif
aride, extraordinairement vivifiant... Et
on a un petit coup de blues en entendant Maris engueuler Luz qui fout le bordel pendant l’interview ou lors d’un bref
échange avec Cabu mort de rire, parce
que Bernard Maris s’apprête à partir dîner avec Line Renaud... C’est sûr que
ces gaillards n’auraient que moyennement goûté l’hommage des dictateurs et
de Johnny Hallyday. En tout cas merci à
notre réalisateur du pays des caribous
d’avoir ressuscité avec ce beau film
cet économiste irrévérencieux qui nous
manque tant.
PRÉJUDICE
DU 3 AU 23/02
Réalisé par Antoine CUYPERS
Belgique 2015 1h45
avec Nathalie Baye, Arno Hintjens, Thomas Blanchard, Ariane Labed, Eric Caravaca, Cathy Min Jung, Julien Baumgartner...
Scénario d’Antoine Cuypers et
Antoine Wauters.
On se souvient du célèbre « familles, je
vous hais ! » lancé en son temps par André Gide. Une formule passée largement
de mode de nos jours au profit d’un retour en grâce du couple et de la famille
dûment estampillés par Monsieur le Maire, voire même par la sainte Église, apostolique et romaine. Mais bonne année et
bonne nouvelle aujourd’hui pour ceux
qui, à l’instar de notre glorieux écrivain,
ne kiffent pas trop cette infernale engeance. En effet on ne se souvient pas,
en découvrant ce Préjudice, avoir été
à pareille fête iconoclaste depuis longtemps et sans doute faut-il remonter assez loin pour retrouver un certain nombre
de films tout aussi furieux tels que Fanny
et Alexandre de Bergman, Festen de
Winterberg, Théorème de Pasolini, Qui a
peur de Virginia Woolf de Mike Nichols…
ou d’autres de Pialat ou de Haneke…
Aux commandes de ce fol engin, un réalisateur belge dont c’est le premier film
et qui nous fait dégringoler à grande vitesse dans les tréfonds de l’âme humaine en compagnie de quelques acteurs
de haut vol tels que Arno, le célèbre
chanteur dans le rôle du père de famille,
Nathalie Baye dans celui de la mère et
surtout Thomas Blanchard, le cœur
battant déchirant du film, incapable
malgré sa souffrance de couler sa différence dans le moule des conventions.
Tous les ingrédients d’une bonne et
sympathique petite fête étaient pourtant réunis au programme de ces retrouvailles familiales : une séduisante
maison de maître avec son parc majestueux, une belle table dressée sous
les frondaisons à côté d’un barbecue
auprès duquel s’affaire le pater familias. Une cuisine confortablement aménagée dans laquelle s’active la mère
en compagnie de sa belle-fille. Autant
d’harmonie et de bonheur paisible nous
inviteraient presque à partager quelques instants avec cette gentille famille.
Sauf que finit par flotter dans la conversation entre les deux femmes un « je ne
sais quoi », comme disent les anglais
dans notre langue, à propos d’un fils
chéri qui tarde à arriver mais dont on
croit deviner que la mère ne s’est jamais
vraiment résolue à le partager avec une
créature un peu trop exotique. Un coup
de sonnette heureux interrompt tout à
coup cet échange à fleurets très mouchetés entre les deux femmes alors que
surgit fille et beau-fils, les bras chargés
de bonnes bouteilles. L’imperceptible
tension disparaît sous l’effet de la bonne
humeur et de la convivialité un peu forcée
d’un gendre qui paraît redouter comme
la peste les climats de tension. Le malheureux sera servi alors que monte du
sous-sol les coups sourds de la course
sur tapis roulant du fils maudit, le vilain
petit canard, celui qui bientôt sèmera le
trouble par sa seule et inconfortable présence…
Bonne Année du Singe !
NOUVEL AN CHINOIS : vendredi 12 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen
Projection unique suivie d’un repas chinois
Prévente obligatoire jusqu’au mercredi 10 février (places limitées)
( possibilité d’assister à la séance seule aux tarifs habituels sous réserve des places restantes )
SALÉ SUCRÉ
Réalisé par Ang Lee
USA / Taïwan 1994 2h04 VOSTF
Avec Winston Chao, Lung Sihung, Yang
Kuei-Mei, Wang Yu-Wen...
Scénario de Ang Lee, James Schamus et Whang Hui-Ling
M. Chu est le plus grand chef cuisinier
de Taipei. Veuf depuis seize ans, il élève
seul ses trois filles : Jen, professeur de
chimie à la religiosité exacerbée, Kien,
séduisante businesswoman qui rêve
de prendre son indépendance, et Ning,
jeune étudiante qui travaille dans un
fast-food. La vie de la famille Chu est
réglée par ces rituels immuables que
sont les repas, préparés avec une minutie extrême par le père. Renfermé et peu
loquace, la cuisine est pour lui la seule
façon de communiquer…
Troisième chapitre d’une trilogie sur la
famille qui lui a valu une reconnaissance
internationale, via le succès surprise de
Garçon d’honneur, Salé Sucré (1994)
reprend l’essentiel des thèmes de prédilection du jeune cinéaste taiwanais,
alors émancipé aux
USA : le lien incassable avec la famille, le
poids des traditions
qui, a priori, pèse sur
le
développement
personnel des jeunes
de l’époque, dans un
besoin d’émancipation affective et de
globalisation.
Dans cette drôle de famille qui se fissure, la cuisine semble être l’expédient
approprié pour exprimer ses émotions.
L’on se retrouve autour d’une table pour
faire honneur aux plats préparés par le
père, cuisinier de renom, qui va perdre
soudainement le goût. Sa dépression
à lui. Les plaisirs, les déceptions, et la
reconquête de la famille, finalement
salvatrice, tout passe par l’art culinaire,
dont Ang Lee évoque l’élaboration, les
effluves et les saveurs, avec l’art manipulateur du faiseur d’appétit.
Salé, sucré baigne dans la belle émotion,
entre drôlerie des personnages secondaires cocasses, avec rebondissements
exquis, et une vraie tristesse : parmi les
thèmes abordés dans cette famille, nous
soulignerons le deuil, le vieillissement et
la perte des repères dans une société où
l’individualisme grignote toujours plus
le collectif que tente d’incarner le père
joué par l’acteur vétéran Lung Sihung,
cet ultime rempart face à l’occidentalisation des modes de vie.
Si Salé, sucré n'est pas le plus connu
des films de Ang Lee (Le secret de Brokeback Mountain, Raison et sentiments,
Tigre et dragon ), il n’en demeure pas
moins immanquable dans sa filmographie. Et pour cette nouvelle année du
Singe, c’était le film rêvé !
Frédéric Mignard sur avoir-alire.com
MENU CONCOCTÉ PAR LE RESTAURANT
« LES DÉLICES DE PONTOISE »
( 45, rue de l’Hotel de Ville )
Tarif unique film + repas : 12 EUROS
chips crevettes + plat principal :
poulet caramel/riz cantonais
ou bœuf saté/riz thaï
ou poisson sauce piquante /nouilles
+ dessert
45 ANS
DU 27/01 AU 23/02
Écrit et réalisé par Andrew HAIGH
Angleterre 2015 1h35mn VOSTF
avec Charlotte Rampling, Tom Courtenay, Geraldine James, Dolly Wells...
D’après la nouvelle de David Constantine.
Festival de Berlin 2015 :
Ours d’argent de la Meilleure actrice
et du Meilleur acteur.
Le décor est posé, maison élégante sans
trop de prétention, un couple d’âge plus
que mûr, un chien fidèle, un univers de
vieux amis et une vie simple et heureuse
au village… L’ambiance du film existe de
manière immédiate, on y croit ! La campagne anglaise et son spectre chromatique limité infuse tout de suite au film
un rythme qui nous invite à l’introspection, à l’écoute attentive de ce qui, on
imagine, va cheminer doucement. Le
réalisateur Andrew Haigh filme avec un
vrai talent pictural les longues routes
de campagne et les balades automnales de Kate, la protagoniste principale.
Charlotte Rampling est Kate, mariée à
Geoff (Tom Courtenay). Il vont prochainement célébrer comme il se doit leurs quarante-cinq ans de mariage, les préparatifs commencent, la fête sera belle. Mais
une ombre surgit : le corps disparu d’une
jeune femme que le mari a aimée dans sa
jeunesse – et qu’il n’a visiblement jamais
oubliée – vient d’être retrouvé dans une
fissure d’un glacier des Alpes, cinquante
ans après sa disparition. Cette ombre du
passé va grandir, de plus en plus présente, trop présente. Le doute s’invite à
la fête et dans le quotidien de Kate, les
mauvaises questions surgissent. Lui aije suffi ? M’a-t-il aimée autant qu’elle ?
Ces questions ne la lâcheront plus. Tout
devient alors amer et se brouille, points
de vue subjectifs et objectifs, réalités et
projections cauchemardesques. Est-ce
le passé ou le présent qui fait souffrir ?
Qui est le plus affecté, elle, lui ? On s’arrange comme on peut avec ses vulnérabilités, c’est l’effondrement du couple et de sa propre structure interne.
La montée progressive de l’émotion
tient aussi à la rigueur stylistique du film,
à son décor souvent circonscrit à cette
maison, avec ses coins et ses recoins
privés, analogie dérangeante avec le
couple. Ce lieu à demi clos devient alors
la scène où tout se défait, en silence.
Le récit tire sa force de sa simplicité
même, de son épure. Les silences, les
regards fuyants soulignent la circularité
fatidique de l’amour. Kate cherche des
réponses à des questions impossibles
et la vérité, qu’on ne dévoilera pas, éclatera un soir à la faveur d’un écran de
projection qui va tout révéler. Le secret
trop longtemps gardé de Geoff amènera
chacun des personnages à une évolution lente mais sûre… dans une direction
qu’on ne racontera évidemment pas…
C’est un film qui questionne la place des
choix, la place de l’amour dans la vie de
chacun. S’aime-t-on, égoïstement, pour
la sensation d’être l’unique dans les yeux
de l’autre ? Ou peut-on aimer l’autre réellement au delà de soi ? Ai-je besoin de
l’autre pour être moi ? Le film explore le
doute qui creuse, la jalousie qui mine, et
le rejet de tout en bloc. Charlotte Rampling, actrice à la classe folle, compose
un personnage d’une puissance et d’une
complexité rares, elle écarte en un regard
la mièvrerie qui pourrait tirer le film vers
le mélodrame pour donner à son jeu une
épaisseur presque glaçante. Elle est vertigineuse. 45 ans… Un titre laconique,
sibyllin, qui résume en un nombre plus
qu’une vie…
LEGEND
DU 10 AU 23/02
Réalisé par Brian HELGELAND
GB 2015 2h11 VOSTF
avec Tom Hardy, Tom Hardy, Emily Browning, David Thewlis, Christopher Eccleston, Chazz Palminteri...
C’est vieux comme le monde, les histoires de chasse sont rarement racontées
par les lions. Et les polars ont la plupart
du temps pour héros les flics ou les détectives. Heureusement quelques mauvais garçons sont devenues des légendes. Le Far West s’est aussi nourri de la
légende de Billy the Kid, le Chicago des
années 30 a eu Al Capone, le Nice des
années 80 Albert Spaggiari et Paris Jacques Mesrine ou Pierre Goldman. Dans
l’imaginaire collectif, le Londres des années 60, les swinging sixties, évoque
cette époque insouciante et élégante où
la capitale britannique était le centre du
monde occidental moderne. Carnaby
Street voyait défiler les extravagances
de la mode où se multipliaient les clones de la célèbre mannequin Twiggy. Et
Abbey Road fut immortalisée à jamais
par quatre jeunes gens dans le vent, qui
conquirent le monde de leur rock acidulé,
pendant qu’une série culte tout en bottes
de cuir et chapeau melon immortalisait
l’étrangeté londonienne. Mais le Londres
des sixties a aussi son côté sombre.
Dans l’East End, qui quelques décennies
plus tôt était le symbole de la lie de la
société victorienne immortalisée par Dickens ou Conan Doyle, règne toujours la
misère et son corollaire, le grand banditisme. Les princes de la ville sont les frères Krays, deux jumeaux qui rivalisent de
violence, maîtres dans l’extorsion tout en
prenant rapidement le contrôle des lieux
de nuits les plus huppés de la capitale.
Les deux chefs de la bande (qui s’appelait, bien avant le capitalisme triomphant,
The Firm) étaient jumeaux mais pourtant
dissemblables : Reggie savait être impitoyable mais gardait une forme de classe
et de raison, et n’était pas totalement dénué d’humanité et de compassion. C’est
d’ailleurs sa passion amoureuse pour
une jeune rouquine, qui voulait le faire
rentrer dans le rang, qui le perdra. Alors
que son jumeau Ronnie était, originalité
pour l’époque, un homosexuel assumé,
doublé d’un schizophrène inquiétant
donnant libre cours à des comportements étranges ou ultra violents, qui le
perdront aussi. Le côté détonant de ce
duo en a fait une légende au Royaume
Uni jusqu’à aujourd’hui, plusieurs années
après leur mort.
Au début des années 90, un premier film,
interprété par les étranges jumeaux du
groupe new wave Spandau Ballet, avait
abordé la trajectoire des Krays de l’enfance à l’âge adulte. Le film du scénariste
hollywoodien Brian Helgeland (scénariste
de L.A. Confidential et Mystic River) observe les jumeaux de leur apogée à leur
chute, alors qu’une femme va rentrer
dans la vie de Reggie et que la violence
et la folie de Ronnie deviennent incontrôlables. Helgeland réussit un film tendu et
trépidant tout en décrivant l’ambiance à
la fois sombre, décalée et so british de
la guerre des gangs de l’East End, entre
pauses thé avec maman et fusillades.
Mais le film impressionne surtout par l’incroyable performance du décidément formidable Tom Hardy (révélé par Bronson
de Nicolas Winding Refn et reconnu du
grand public grâce au dernier Mad Max)
qui incarne avec une égale puissance les
jumeaux, passant du charme de Reggie
à la folie de Ronnie : son talent permet
immédiatement, grâce à la posture, le regard, les mouvements du visage, d’identifier les frères. Legend s’avère un excellent polar de gangsters avec ses codes,
ses personnages secondaires truculents
(David Thewlis est excellent en avocat
véreux et on a plaisir à retrouver l’acteur
italo américain Chazz Palminteri, parfait
en mafieux venu de Las Vegas faire des
affaires avec les britanniques).
Mais c’est aussi un grand film romanesque et souvent touchant sur l’amour
fraternel destructeur et sur l’amour tout
court, l’histoire étant marquée par l’histoire tragique de Frances Shea, l’épouse
malheureuse de Reggie.
DIMANCHE 14 février à Utopia Saint-Ouen l’Aumône à partir de 11h:
Une journée exceptionnelle en présence du réalisateur franco-irakien Abbas Fahdel.
10h45 : petit déjeuner d’accueil ( on vous offre café, thé et jus d’orange, à vous les croissants )
11h15 : première partie : AVANT LA CHUTE
14h : mezzé oriental et thé à la menthe proposé par le restaurant Syrien « Les Saveurs de Damas » de Pontoise
15h : deuxième partie : APRÈS LA BATAILLE
Prévente obligatoire du mercredi 20 janvier au vendredi 12 février : Tarif unique de 15 euros.
Séance soutenue par le Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts, le NPA et la ligue des Droits de l'Homme.
HOMELAND - Irak année zéro -
ET DU 17 AU 20/02
Film documentaire en deux parties
d’Abbas FAHDEL
Irak 2014 VOSTF
Partie 1 : AVANT LA CHUTE – Durée : 2h40
Partie 2 : APRÈS LA BATAILLE – Durée : 2h57
Grand Prix du Jury et du Public,
Rencontres Internationales
du Documentaire de Montréal
Prix du Jury et du Public,
Festival de Yamagata
C’est une formidable lettre d’amour de
près de six heures à un pays martyr et à
un jeune garçon parti beaucoup tôt et de
manière absurde.
Abbas Fahdel est né à Hilla, Babylone,
en Irak. Mais à 18 ans, le jeune cinéphile
a rejoint la France pour y suivre les cours
de brillants disparus : Eric Rohmer, Jean
Rouch et Serge Daney. Bien évidemment le manque du pays natal et de la
famille laissée sur place était une plaie
ouverte. En 2002, alors que les discours
de Bush laissent présager une attaque
américaine imminente, le réalisateur ressent le besoin impérieux de rejoindre sa
famille restée à Bagdad et de filmer tout
ce qu’il peut de son quotidien. Un an
plus tard il doit revenir en France pour la
naissance de sa fille. La guerre éclate en
mars 2003. Quelques semaines passent
et il est de retour en Irak pour filmer un
pays dévasté, pour filmer aussi et surtout sa famille et son peuple qui survivent avec un détachement et un humour
désarmants...
Et puis un événement tragique interrompt brutalement le tournage et Abbas
Fahdel se sent incapable de toucher à
ses images pendant près de 10 ans.
Finalement il se remet à la tâche pour
constituer un film avec des centaines
d’heures de prises de vue et construire
ainsi une incroyable fresque impressionniste, la destinée d’un peuple avant et
après Saddam... et aussi pour ressusciter un être cher... Dans la lignée du grand
Wiseman et de ses films fleuves sans
commentaires inutiles, Abbas Fahdel
nous décrit admirablement toute une
époque en même temps que l’absurdité
d’une histoire chaotique.
La première partie nous plonge avec humour dans un univers kafkaïen où l’on
regarde via le satellite des dessins animés japonais entrecoupés de discours
de Saddam, que l’on croirait sortis de
la télévision nord coréenne. Il nous fait
suivre la vie quotidienne parfois ubuesque de cette famille, avec notamment
ses nièces bien décidées à poursuivre
des études envers et contre tout, avec
Haidar, ce neveu facétieux qui prend
tout en dérision... Et alors que la guerre
se profile, tout le monde, alors mêmes
que beaucoup ont déjà vécu en 1991 la
première guerre du Golfe et le terrible
embargo (dont Abbas Fahdel dit que,
plus encore que l’invasion, il a forgé des
djihadistes en puissance), reste dans
l’attente avec philosophie.
La deuxième partie est celle de la découverte du chaos, notamment au côté
de cet acteur incroyable, Sami Kaftan,
sorte de Depardieu irakien, qui cherche
désespérément dans les ruines de la cinémathèque de Bagdad la trace de films
éventuellement épargnés. Et puis il y a la
montée de l’insécurité, les bavures terribles des Américains, capables d’abattre un jeune homme qui portait une
bobine d’allumage qu’ils ont prise pour
une bombe, sans s’excuser auprès de
la famille, capables aussi de faire sauter
un dépôt de munitions sans prévenir les
habitants aux alentours, laissant derrière
eux des maisons détruites et des enfants
blessés. On devine alors les ferments de
la haine qui a nourri les fanatiques...
SUITE DE LA RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA SUR LA PROCHAINE GAZETTE
kagemusha
Du 12 au 21/02
Réalisé par Akira KUROSAWA
Japon 1980 2h59 VOSTF
avec Tatsuya Nakadai, Tsutomu Yamazaki, Kenichi Hagiwara, Jinpagi Nezu,
Hideji Otaki, Daisuke Ryu...
Scénario de Akira Kurosawa et Masato Ide
Palme d’Or Festival de Cannes 1980
Attention chef-d’œuvre ! Le splendide
Kagemusha de Akira Kurosawa ressort
en salles dans sa version intégrale superbement restaurée. Ce drame guerrier
flamboyant, qui appartient au jidai-geki
(fresque historique), est une œuvre puissante et poétique, aux accents shakespeariens. Tatsuya Nakadai joue à la fois
le seigneur Shingen Takeda et le sosie
chargé de le remplacer après sa mort sur
le champ de bataille, pour préserver le
prestige de sa grandeur et la stabilité de
son clan durant trois années. Il est « La
force de la Montagne » comme cela est
exprimé symboliquement. Le « Kagemusha » (Ombre du guerrier), incarné
donc par un vagabond pauvre, s’avère à
la hauteur de son modèle, du moins en
apparence. L’amitié naissante entre le
« Kagemusha » et le jeune Takemaru, véritable successeur de Shingen, provoque
le chaos au sein de la cour. Jalousies et
rancœurs se font jour dans l’entourage
du seigneur défunt, surtout avec Katsuyori Takeda, l’héritier bâtard de Shingen. Sur un thème universel, le cinéaste
exploite plusieurs réflexions sur le pouvoir, l’ambition et l’apparence. Mais la
force de Kagemusha est de mêler le
fond et la forme, à l’image du cinéma de
Kubrick ou de Welles où l’ensemble se
répond constamment.
Le film offre une succession de visions
fabuleuses et oniriques, comme la très
belle scène de rêve et la bataille finale.
L’intense partition musicale de Shinichiro Ikebe, pleine de lyrisme et aux
accords parfois morriconien des westerns de Leone, ajoute à la fascination et
à l’émotion. Et dire que ce joyau puissant et magnifique a failli ne jamais voir
le jour ! En effet, durant les années 70,
Akira Kurosawa peinait à trouver des
producteurs pour ce scénario. Désespéré de ne pouvoir montrer sa vision
au public, il a conçu lui-même près de
300 dessins en couleurs. L’aide providentielle est venue de George Lucas en
collaboration avec son ami Francis Ford
Coppola, qui permirent de boucler le
budget. Les financiers étaient rassurés
suite au succès immense de La Guerre
des Étoiles, sachant que nos droïdes
légendaires furent inspirés des paysans
de La Forteresse Cachée de Kurosawa,
de l’aveu même de George Lucas. À
l’écran, la dimension picturale prend son
sens : les illustrations du cinéaste japonais habitent les plans comme autant de
tableaux sublimes au sein d’un musée.
les teintes y tiennent un rôle essentiel
jusque dans les costumes des soldats ;
chaque ton rouge, vert et bleu exprime
le feu, la forêt et le vent. C’est en outre
le premier film tourné en couleurs par le
cinéaste.
Dans cette version intégrale restaurée (le
film n’avait été montré sous cette forme
voulue par Kurosawa que lors de sa
présentation à Cannes, et pour sa sortie au Japon), certains passages autrefois coupés sont particulièrement grandioses comme celui du château enneigé
de Kenshin Uesugi, le seigneur rival de
Shingen. La bataille finale apparaît quant
à elle dans toute sa splendeur visuelle,
funèbre et tragique. Raison de plus donc
de (re)découvrir ce sommet de l’œuvre
de Akira Kurosawa.
D’après Thierry Carteret (Ciné chronicle).
les 8 salopards
JUSQU’AU 9/02
(THE HATEFUL 8)
Écrit et réalisé par Quentin TARANTINO
USA 2015 2h47 VOSTF
avec Samuel L. Jackson, Kurt Russel,
Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, Bruce
Dern, Michael Madsen, Walton Goggins,
Demian Bichir...
Musique originale du vétéran et léonien Ennio Morriconne, agrémentée
comme d’habitude chez Tarantino de
quelques contributions extérieures,
dont celle des White Stripes et de Roy
Orbison...
Depuis le Code Hays des années trente,
la tradition des films de « mauvais genre » à Hollywood est d’utiliser le cinéma
de divertissement pour subvertir la morale et la bien-pensance. Sous ses allures de farce sadique de sale gosse, le
cinéma de Tarantino est plus incisif qu’il
n’y paraît, c’est de plus en plus évident à
chaque nouveau film. Tout comme Scorsese, il s’attaque dans ses dernières
réalisations aux fondations de la nation
américaine, brocardant (avec style) l’hypocrisie de ses valeurs tout en montrant
la violence et la cruauté sur lesquelles le
pays s’est construit, pays raciste, sexiste et brutal, où tout commence par une
prière et finit par une pendaison, mais
sous le regard vénérable et bienveillant
d’Abraham Lincoln. Ce n’est sans doute
pas un hasard ou un caprice si pour son
dernier opus, il a confié la musique originale à Ennio Morricone, le compositeur
des Il était une fois…
Car ce n’est pas un Tarantino comme un
autre, ou alors c’est un Tarantino comme
tous les autres à la fois, synthèse particulièrement savoureuse tout en étant
un film de la maturité. La distribution a
quelque chose à y voir, l’ensemble le
plus « tarantinesque » depuis Pulp fiction (mention spéciale à Walton Goggins
dans le rôle d’un shérif capable autant
de bêtise que de génie, qui gagnera
sans cesse en complexité et deviendra, à sa manière, aussi marquant que
les deux têtes d’affiche Samuel Jackson
et Kurt Russel). On retrouve le huis clos
tendu de Reservoir dogs, les excès de
Django unchained et ses raffinements
stylistiques, le chapitrage d’Inglourious
basterds… on a même droit à un monologue hilarant de Samuel Jackson qui
n’est pas sans rappeler le « Ézéchiel 25,
verset 10…» de Pulp fiction.
Si le titre original The hateful eight évoque The Magnificent seven, l’attelage
des Huit salopards n’aura pas la même
rédemption que les Sept mercenaires
emmenés par Yul Brynner et Steve Mc-
Queen. L’ouverture du film, ample et
lugubre, magnifie la musique de Morricone, les montagnes enneigées, immaculées, découvrant peu à peu les
contours d’un christ en croix recouvert
d’une épaisse couche de neige, page
blanche funèbre prête pour cette histoire
sanglante qui débute par l’arrivée d’une
diligence et le titre d’un premier chapitre plein de promesses : « Dernier arrêt
avant Red Rock ».
La diligence a pour passagers John Ruth
(Kurt Russell), un chasseur de primes,
ainsi que sa captive Daisy Domergue
(Jennifer Jason Leigh). Connu pour ses
principes, Ruth tient à livrer vivante sa
prisonnière à la justice afin qu’elle subisse la mort par pendaison (ce qui donnera
lieu à des conversations d’exégètes sur
les vertus comparées d’une pendaison
et d’une exécution sommaire par balle,
banale et mesquine mais qui évite quelques tracas pour le transport…). Ils croisent en chemin Marquis Warren (Samuel
Jackson), lui aussi chasseur de primes
et détenteur d’une précieuse lettre signée par le président Lincoln lui-même.
Chris Mannix (Walton Goggins), un renégat sudiste et nouveau shérif de Red
Rock, se joindra au groupe alors que le
blizzard, au loin, gagne en intensité. Ils
décident de faire escale dans une mercerie montagnarde, mais la patronne de
l’établissement n’est plus là, à sa place
se trouvent quatre étrangers… Blizzard,
blizzard… vous avez dit blizzard ? Alors
que la pénombre et le manteau neigeux
se referment sur nos huit salopards, on
ne sait pas lequel (ou lesquels) d’entre eux jouera un tour pendable aux
autres…
STELLA café
****************
Les horaires du Stella
café : tous les jours
de 15h00 à 21h00
service jusqu’à 23h les
vendredis et samedis
fermeture hebdomadaire
le mardi
LA FAMILLE DES FOOD
TRUCK S’AGRANDIT
les chevaliers blancs
C’est l’histoire d’un groupe d’aventuriers de l’humanitaire, c’est l’histoire d’un
homme charismatique au possible… et
il fallait qu’il le soit pour entraîner dans
une aventure aussi bancale que pleine de
bonnes intentions une flopée de familles
françaises, une équipe de bénévoles dévoués corps et âme, prêts à risquer plus
que leur tranquillité en s’embarquant un
beau jour pour l’Afrique dans le but (humanitaire) d’exfiltrer trois cents enfants de
moins de cinq ans de leur pays d’origine
pour les ramener vers des familles prêtes à les accueillir en France après avoir
contribué au financement de l’opération.
On se rappelle cette histoire de l’Arche
de Noé, qui défraya la chronique en 2007,
provoqua un incident diplomatique avec
le Tchad et moult rebondissements judiciaires, médiatiques… et n’est d’ailleurs
pas terminée. Les prétendus orphelins ne
l’étaient pas toujours, une certaine liberté
avait été prise avec les règles de base indispensables dans ce genre d’opération :
comment un simple pompier avait-il pu
lever plus de 800 000 euros auprès d’inconnus prêts à le suivre sans garanties
particulières, uniquement sur la conviction que de bons Français se devaient
de voler au secours d’enfants africains ?
ne sont pas des mauvais bougres. Même
si celui qui les entraîne a bien conscience
de ne pas agir en toute légalité, il semble d’abord être mu par le désir de «
faire le bien » selon une conception toute
subjective et ainsi interroge nos propres
relations à ce qu’on nomme communément la « générosité » : à qui fait-on du
bien lorsqu’on fait « le bien » ? À soi ?
Aux autres ? Est-il possible de s’affranchir dans une telle démarche de toute réflexion politique, contextuelle, historique ?
Il n’y avait pas mieux que Vincent Lindon
pour porter un tel personnage, ce qu’il
dégage rend crédible toutes ces interrogations : il est convaincant de charisme,
mu par une conviction qui n’a d’égale que
la méconnaissance du terrain sur lequel
il évolue, emberlificoté dans des relations
complexes avec des interlocuteurs africains auxquels il ne comprend rien et qui
l’impatientent, aveuglé qu’il est par l’obsession de mener à son terme la mission
qu’il s’est fixée. Autour de lui, la petite
équipe – médecins, infirmières, sauveurs
d’humanité, journalistes, intermédiaires –,
entre doutes et certitudes, est une superbe
illustration de nos difficultés à comprendre
le monde et à comprendre ce qui se cache
dans l’ombre de nos motivations affichées.
Mais si le film s’inspire avec précision de
cette histoire, il ne prend pas ouvertement
parti et s’interroge surtout sur les ressorts
humains qui peuvent conduire à une telle
situation, sur cette capacité largement
partagée (on le voit constamment et encore récemment) de se laisser emporter
par l’émotionnel, par ces pulsions épidermiques qui embrouillent le raisonnement,
ouvrent la porte aux manipulations les plus
diverses et peuvent entraîner les mieux
intentionnés à commettre des actes dont
ils ne mesurent pas les conséquences, et
parfois même aboutir au résultat inverse
de celui espéré. Les personnages du film
Les Chevaliers blancs trouve un magnifique écho dans l’émission de Laure Adler
dont on vous recommande l’écoute (Permis de penser sur le site de France Inter :
émission du Samedi 12 Décembre, avec
Thierry Levy, remarquable comme à son
habitude) qui pose une des question essentielles qu’illustre le film : où donc se
niche la vérité ? Y-a-t-il une vérité judiciaire… une vérité tout court… qu’est-ce
qui fait qu’un jour ou l’autre un individu
franchit la limite de ce qui est licite ? Qui
définit ce qui est licite ?
DU 20/01 AU 16/02
RETROUVEZ LES
CRÊPES DE LULU
TOUS LES SAMEDIS
ET
LES VENDREDIS
LES BURGERS BIO DE
TARIFS :
Tous les jours à toutes les séances
Normal : 6,50 euros
Abonné : 4,80 euros ( par 10 places,
sans date de validité et non nominatif)
Enfant -14 ans : 4 euros
Collégien : 4 euros ( avec la carte
cine pass VO disponible dans les établissements scolaires du département)
Lycéens - Étudiant : 4 euros
Pass culture : 3 euros
Sans-emploi : 4 euros
Sur présentation d’un justificatif
TOUT LE PROGRAMME SUR :
www.cinemas-utopia.org/saintouen
AVANT-1ÈRE EXCEPTIONNELLE
LE LUNDI 1ER FÉVRIER À 20H30 À UTOPIA ST-OUEN L’AUMÔNE
chocolat
ET À PARTIR DU 3/02
Réalisé par Roschdy ZEM
France 2015 1h50
avec Omar Sy, Hames Thierrée, Clotilde
Hesme, Olivier Gourmet, Frédéric Pierrot, Noémie Lvovsky, Alice de Lencquesaing, Olivier Rabourdin...
Scénario de Cyril GELY, Olivier Gorce,
Roschdy Zem et Gérard Noiriel, librement adapté du livre Chocolat clown
nègre de Gérard Noiriel.
L’histoire a parfois la mémoire qui flanche et sait être douloureusement sélective quand il s’agit de préférer le glamour
à de plus tragiques destinées… Par
exemple c’est bien le nom de Joséphine
Baker qui vient à l’esprit quand on cherche le nom du « premier artiste noir » à
avoir fait carrière en France. Joséphine et
ses seins nus, son délicieux accent, ses
déhanchements ceinturés de bananes.
L’histoire a longtemps oublié Rafael Padilla, aussi appelé « le clown Chocolat »,
qui fut, bien avant Joséphine Baker, le
premier Noir à se produire dans les plus
grands cabarets parisiens et qui créa un
numéro de cirque qui allait lui survivre :
celui du clown (blanc) autoritaire et de
l’auguste (noir) souffre-douleur. Un duo
qu’il forma avec succès pendant près de
vingt ans avec Georges Footit, imposant
ainsi le modèle inoxydable du couple comique antinomique et complémentaire…
C’est son histoire à la fois magnifique et
terrible que Roschdy Zem, inspiré par les
travaux de l’historien Gérard Noiriel, a
choisi de nous raconter. La destinée d’un
homme né esclave qui accéda au statut
de vedette, qui mena la grande vie à Paris avant de finir seul, malade et oublié de
tous, inhumé dans la partie du cimetière
de Bordeaux réservée aux indigents,
carré M, rangée 7, tombe numéro 2…
Tout commence dans la campagne française, dans un tout petit cirque familial.
Un cirque et son dompteur, son géant,
son nain, sa femme obèse ou à barbe et
son nègre dompté. C’est ici que Rafael
commence sa carrière, peau et cris de
bête, regard effrayant… Un sauvage,
dangereux et sans doute cannibale :
c’est ainsi que l’homme noir est représenté et perçu par une foule excitée, curieuse et avide de sensations fortes. Et
puis il y a le numéro de clown de Georges, un numéro un peu usé qui s’essouffle et ne fait plus rire grand monde.
Georges, perfectionniste, passionné,
bosseur maladif, sent qu’il doit impérativement se renouveler et c’est alors que
lui vient l’idée de génie : détourner Rafael
de son rôle de méchant sauvage et l’associer à son numéro de clown. Le grand
homme noir maladroit, simple d’esprit,
souffre-douleur et toujours servile et le
petit bonhomme blanc malin, manipulateur et bien entendu toujours maître de la
situation. Un rire discret, puis deux, puis
trois, puis cent… l’alchimie fonctionne,
la foule a besoin de distraction, de nouveauté et aussi de clichés rassurants :
le duo « Footit et Chocolat » est né.
Chocolat suit le duo sur près de vingt
années. La gloire, l’argent mais aussi le
difficile travail de la scène, la recherches
permanente de trouvailles comiques
dans un monde du show business où
tout est déjà là : la publicité, la concurrence, le besoin vorace de nouveauté.
La première partie du film, riche de numéros de scène parfaitement huilés où
la magie du duo fonctionne à plein, est
menée tambour battant, avec un sens
parfait du rythme et de la comédie. La
seconde partie est plus grave, plus complexe, plus politique aussi puisqu’elle
marque le réveil de Chocolat à son statut
d’homme noir soumis et inférieur, fairevaloir de la puissance blanche colonialiste et dominatrice. C’est le moment où
la fusion et l’amitié des deux hommes se
fissurent et où Chocolat veut s’affranchir
de son maître blanc pour affirmer sa position d’artiste, d’artiste tout court. En
cela, le film de Roschdy Zem résonne,
bien au-delà du pur divertissement,
comme un formidable appel à la réflexion
sur ces questions fondamentales et encore tabou dans la France d’aujourd’hui.
Servi par un imparable duo Omar Sy / James Thierrée, soutenus par des seconds
rôles écrits et interprétés amoureusement, Chocolat fait rire et fait réfléchir,
exalte avec une générosité débordante
une fraternité dont nous avons bien besoin.
PLACE DE LA MAIRIE à St-OUEN L’AUMÔNE & 14, Rue Alexandre Prachay à PONTOISE /TEL:01 30 37 75 52/ www.cinemas-utopia.org
les chevaliers blancs
Réalisé par Joachim LAFOSSE
Rebbot, Yannick Renier...
France 2015 1h52
avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin,
Valérie Donzelli, Reda Kateb, Philippe
Scénario de Joachim Lafosse, Tomas
Van Zuylen et Bulle Decarpentries,
librement adapté du livre Sarkozy dans
l’avion ? Les zozos de la Françafrique
de François-Xavier Pinte et Geoffroy
d’Ursel.
GAZETTE no 259 du 20 janvier au 23 février 2016 - Entrée : 6,50€ Abonnement : 48 € les 10 places Étud. : 4 €

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