Le saint empire romain germanique (962

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Le saint empire romain germanique (962
Le saint empire romain germanique (962-1802)
(Dans l'expression usuelle « saint empire romain germanique », l'adjectif « saint » n'est attesté qu'en 1157 et
le complément « germanique » n'est ajouté qu'au XV° siècle).
Otton Ier, (Otton le grand) : un empereur protège et dirige l'Eglise.
Après Charlemagne, l'empire Carolingien est divisé en trois parties, occidentale, médiane, orientale. Du côté
oriental, ou germanique, Otton Ier se fait couronner dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle (dédiée à Marie),
le 7 août 936, et il fait vœu de protéger l'Église.
Après sa victoire sur les Hongrois en 955 à la bataille du Lechfeld près d'Augsbourg, le pape Jean XII
l'appelle à Rome pour lui proposer la couronne d'empereur. À cette époque, le pape est menacé par les rois
régionaux italiens et espère s'attirer les grâces d'Otton en lui faisant cette offre. Le cri à l'aide du pape
montre également qu'Otton est le successeur légitime de Charlemagne.[1]
Otton Ier est ainsi couronné empereur à Rome, le 2 février 962.
Cette date est ordinairement retenue comme la date de fondation du Saint Empire romain.
Dès lors, l'empereur Otton Ier peut nommer tous les prélats de l'Empire. Il les recrute au sein de la chapelle
royale, où ils ont été formés et où leur personnalité a été jugée. Une fois désignés, ils reçoivent du souverain
l'investiture. Celui-ci leur remet les insignes de leur fonction, la crosse et l'anneau ; à leur mission
spirituelle, il associe des tâches temporelles et leur délègue les pouvoirs nécessaires pour les remplir. Ainsi
l'autorité impériale était-elle relayée par des hommes compétents et dévoués.
Non sans risque, l'Eglise de Rome s'est alors positionnée comme servante de l'Allemagne triomphante.
Qu'adviendrait-il le jour où le souverain germanique ne voudrait plus ou ne voudrait plus lui donner son
appui ? Et qu'adviendra-t-il de l'unité avec l'Eglise byzantine ?
Pire, à Rome, le pape Jean XII scandalise par ses mœurs dépravées, et rien ne parvient à le corriger. Or,
l'Eglise, au lieu de le juger directement, demande à l'empereur de le chasser du siège apostolique. Précédent
d'une incalculable portée ! Tous les antipapes créés par les empereurs durant les siècles suivants seront
opposés aux pontifes légitimes par un procédé aussi sommaire. Un simple laïc, Léon fut rapidement élu,
reçut tout aussi rapidement les ordres et devint pape (le pape Léon VIII)[2].
Piété mariale.
Durant le règne d'Otton Ier, le recours à la bienheureuse Vierge Marie est limité. Ses fêtes liturgiques sont
bien sûr célébrées mais elle n'est mise en rapport ni avec les souveraines ni avec l'exercice du pouvoir.
A partir du règne d'Otton II (973-983), Marie devient un exemple de vertu pour l'impératrice ou un rempart
pour l'empereur. Otton II.
Otton II épouse la jeune Théophano en faisant référence aux noces de Cana, et en 979, les époux créèrent à
une abbaye bénédictine dédiée à la Vierge à Memleben[3]. Otton II meurt à Rome le 7 décembre 983, il n'a
pas encore vingt huit ans.
Leur piété mariale se transmet aux générations suivantes. Conrad II[4], deux fois couronné roi - en
Germanie en 1024 et en Bourgogne (1033) lors de fêtes mariales, choisit pour église dynastique Notre Dame
de Spire dès le début de son règne, il y fait une forte donation et présente ce geste comme l'accomplissement
d'une promesse, ce qui laisse à penser qu'il avait voué à la Vierge sa candidature au trône.
La querelle des investitures et la réforme grégorienne.
La "Protection" impériale sur l'Eglise est structurellement déplacée, elle dénature l'origine spirituelle de
l'Eglise, elle dure trop longtemps et prend trop d'ampleur.
Avec Henri III et Henri IV, le rapport entre le pouvoir et la religion génère des tensions de plus en plus
graves. Henri IV (1056-1106) est excommunié en l'an 1076 pour s'être estimé supérieur au pape. Après sa
pénitence à Canossa, l'excommunication est levée mais le roi reste déchu. L'évêque de Mayenne a sacré un
autre roi, Rodolphe. Henri IV se considère encore est roi et entre en guerre, dans sa débâcle, il se réfugie
dans l'église de Spire ; ce choix se comprend pour une raison religieuse, Conrad II avait choisi pour église
dynastique Notre Dame de Spire dès le début de son règne, mais aussi pour une motivation politique : Spire
est une ville libre, c'est-à-dire directement subordonnée à l'Empereur et non à un État membre. Toujours
est-il qu'il n'y eut point de miracle : l'empereur resta déchu.
La mainmise des laïcs sur le clergé est telle qu'elle finit par susciter une réaction de l'Église. En 1059, le
pape Nicolas II réserve l'élection du pape au collège des cardinaux. Puis, en 1075, Grégoire VII, dans les
dictatus papae, retire aux souverains la nomination des évêques. Cependant, il faut attendre 1122, pour que,
par le Concordat de Worms, l'empereur accepte la libre élection des évêques, se réservant le droit de donner
aux prélats l'investiture temporelle.
Le conflit rebondit encore sous le règne de Frédéric Barberousse puis de Frédéric II.
La fin de l'Empire.
L'empire disparaît complètement le 6 août 1806 lorsque l'empereur François II dépose sa couronne pour
n'être plus qu'empereur d'Autriche.
[1]Cf. Francis RAPP, Le Saint Empire romain germanique. D'Otton le Grand à Charles Quint, Paris, 2000.
[2]Cf. E. AMMAN, A DUMAS, Histoire de l'Eglise tome VII, sous la direction de A. FLICHE et V
MARTIN, L'Eglise au pouvoir des laïques, Bloud&Gay, Paris 1942, p.51-61
[3]Cf. Patrick CORBET, « Les impératrices ottoniennes et le modèle marial », dans Marie, le culte de la
Vierge dans la société médiévale, Beauchêne, Paris 1996, p.129
[4]Patrick CORBET, p. 130
Synthèse F. Breynaert
Cet évangéliaire (Codex d'or de
l'Escurial ou Codex d'or de Spire), en
parchemin de vélin, fut commandé en
1046. Conservé à la Bibliothèque royale
de l'Escurial en Espagne, sous la cote
Codex Vitrina 17, f 3r.
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PLAN : Haut Moyen-âge (du 7° siècle à l'an 1054)
St Jean de Thessalonique (†630) et la Dormition
St Sophrone de Jérusalem (†638) et la sainteté de Marie
St Isidore de Séville, Docteur de l'Eglise (560-636)
St Maxime le Confesseur (580-662)
St Ildephonse de Tolède (607-667)
St Germain de Constantinople (†733)
St André de Crète (env. 660 - 740)
St Bède le Vénérale, Docteur de l'Eglise (672-735)
Jean d’Eubée († 750) la conception et la naissance de Marie
St Ambroise Autpert (vers 700-778)
La renaissance carolingienne (VIII° - XI° siècle)
Charlemagne († 814)
Paul Diacre (vers 720-799)
Alcuin (740-804)
Raban Maure (800-856 environ)
Charles le Chauve (823-877)
St Paschase Radbert (vers 790-865)
St Fulbert de Chartres (960-1028)
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Otton II et Théophania (empereur et impératrice), X° siècle
L’âge d’or byzantin
St Cyrille et St Méthode (vers 825-885)
Photius (810-897)
Simon Métaphraste († 1000 environ) : Vie de Marie
St Grégoire de Narek (951-1003)
St Samaan, le saint cordonnier du Caire (X° siècle)
St Jean Mauropode
Michel Psellos (1018-1080)
Réforme de Cluny (X° siècle) - St Odon, St Odilon
1054 : date symbolique de la division Orient-Occident