Sceaux dossier Campus urbain - IAU île-de

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Sceaux dossier Campus urbain - IAU île-de
Initiative « Campus urbain »
Soumise par la ville de Sceaux
Appel à initiatives 2010 du syndicat mixte Paris métropole
1.
Bien accueillir les étudiants et les chercheurs
Les problèmes d’accueil et d’hébergement des étudiants font régulièrement la une de
l’actualité. Sur la galère des étudiants chaque rentrée universitaire cherchant un logement là
où ils ont pu trouver une formation. Sur leur mise en containers empilés sur le port du Havre.
Sur le regroupement sur le site du Plateau de Saclay de tout ce qui existe, afin de donner
une rationalité parfaite et une visibilité mondiale à l’excellence de la recherche et de
l’enseignement supérieur dans notre métropole. Ou encore sur la démolition de résidences
existantes, précédant la reconstitution de l’offre, déjà dramatiquement insuffisante.
Au-delà de l’insuffisance de l’offre, c’est la qualité d’accueil des étudiants et des chercheurs,
notamment étrangers, qui est défaillante. Habitants et consommateurs de notre métropole,
ils ont néanmoins des besoins et des contraintes qui les singularisent. Habitants non
permanents, ils sont présents pour des périodes et des durées variables, souvent courtes,
parfois avec des préavis très courts. Si l’offre en cités universitaires résout partiellement
l’aspect logement du problème, bien d’autres besoins, mal calés sur la vie de la population
générale, font soucis : accès aux équipements sportifs ou culturels, tant du point de vue de
la tarification que des modalités d’inscription, accès aux canaux d’information conçus pour
les citoyens résidants, adaptation aux parcours administratifs, etc.
Le campus universitaire classique, qu’il soit en périphérie ou au contact des villes est une
solution largement répandue tant à l’étranger que dans plusieurs villes françaises. Il a pour
avantage un système complet entièrement dédié à la vie étudiante, qui peut même parfois
fonctionner en autonomie totale par rapport au territoire environnant. De taille suffisante, il
est susceptible de posséder alors la masse critique pour inclure l’ensemble des services et
des solidarités nécessaires, ainsi que des moyens performants de diffusion de l’information.
A l’opposé, le « campus urbain » prend acte de décisions anciennes ayant conduit à
disséminer dans le tissu dense de la proche couronne différents sites dans lesquels
s’organise la vie des étudiants, professeurs et chercheurs. C’est la Ville qui fait lien entre ces
sites, et c’est aussi la Ville qui partage ses services avec eux. La répartition des sites est
largement le fruit du hasard des opportunités foncières, alors que la constitution de services
est au moins autant du fait du dynamisme commercial privé que de décisions organisées.
Cette situation comporte des inconvénients liés au fait qu’aucune politique cohérente n’en
était à l’origine, ni n’en règle l’évolution.
Cependant, cette réalité empirique de « campus urbain » comporte nombre d’avantages que
ne possèdent pas les campus classiques. Le partage avec la population résidante induit
facilement des masses critiques permettant l’éclosion d’offre d’une palette de services
nombreux et variés. Les ressources sont mieux employées. L’initiative privée agit aussi
comme un mécanisme de création d’offre en face de besoins non satisfaits (mais sous
condition de rentabilité). L’abondance de l’offre permet aussi sa permanence sur l’année,
évitant que la fermeture d’un guichet ou d’un commerce ne rende la vie impossible.
Campus urbain – Ville de Sceaux – Appel à initiatives 2010 Paris Métropole – Page 1
Cette situation est assez voisine de ce qui se passe dans Paris intra-muros. Elle se distingue
toutefois nettement de la notion de « campus urbain » entendue comme campus
universitaire classique en milieu urbain, ainsi que du « cluster urbain » qui est plutôt le
constat d’une proximité d’espaces dédiés à l’activité économique, à l’enseignement, et à
l’habitat.
A noter que tous les aspects de la vie étudiante ne sont pas liés à un campus, urbain ou non.
D’autres politiques, hors de propos ici, sont à l’œuvre : tarification étudiant dans les lieux de
culture, abonnements transports, etc. A noter aussi que les choses peuvent être
significativement différentes entre de grands sites universitaires classiques, et d’autres
formes d’implantation plus encadrées comme les IUT ou les écoles d’ingénieur ou de
commerce.
Nous postulons que le « campus urbain » est un concept riche, prometteur, et durable. Sorte
de situation de fait, il lui manque un cadre de référence pour coordonner les politiques
publiques concernées. Dans ce cadre, notre initiative se propose de prendre en
considération et tenter d’apporter des solutions aux constats suivants :
Les besoins en logement des populations non résidantes d’étudiants, de
professeurs et de chercheurs sont mal satisfaits
Le logement étudiant est peu visible par les habitants
Plutôt en césure par rapport au reste de la ville, l’intégration des établissements
d’enseignement supérieur ou de recherche et des résidences pour étudiants est
peu satisfaisante
L’accès aux équipements publics, destinés à la population générale, est parfois
difficile, pour des raisons tarifaires, d’offre en termes de plages horaires ou de
contraintes liées à la périodicité des inscriptions
La question des transports est centrale, aussi bien au niveau des liaisons
structurantes régionales que de la desserte de proximité
La coordination des politiques est inexistante
2.
Elaborer une « charte du campus urbain »
Notre initiative a pour but final de tirer parti de la notion originale de « campus urbain » et
d’offrir le meilleur accueil possible aux populations d’étudiants et de chercheurs, notamment
étrangers, en résidence temporaire sur notre territoire. Elle vise aussi à sensibiliser la
population générale aux enjeux de cet accueil, et dans la mesure du possible à stimuler
l’offre de logements. Elle vise enfin à envisager les conditions d’une mise en œuvre
concrète.
L’initiative consiste tout d’abord à poser correctement la problématique et mettre ces
questions à l’étude. Elle a pour but concret d’élaborer une « charte du campus urbain »,
recherchant le bon accueil des étudiants et des chercheurs, en faisant des propositions et en
tentant d’énoncer des règles de bonne pratique. Ce document constituera par la suite une
référence pour les membres de Paris Métropole en matière de logement pour les étudiants
et les chercheurs. Paris Métropole sera alors en position de fonder et décliner les politiques
locales concernées à l’échelle de sous-territoires de la métropole dans le cadre de grands
axes, en phase avec les grands opérateurs adhérant à la démarche.
Campus urbain – Ville de Sceaux – Appel à initiatives 2010 Paris Métropole – Page 2
Il est envisagé de conduire ce travail selon un ensemble de thématiques et selon un
ensemble de pistes de réflexion détaillés ci-dessous, et qui pourra évoluer au cours du
travail :
Thème 1 : Circonscrire et mesurer les besoins des étudiants et des chercheurs qui peuvent
être satisfaits dans le cadre du « campus urbain » :
Logement, restauration, commerces, transports, information, espaces de travail
adaptés, bibliothèques, librairies, garde d’enfants, Lavomatic, etc.
Thème 2 : Imaginer comment doivent être conçus les nouvelles résidences ou autres
bâtiments au service des étudiants et chercheurs :
Taille des résidences, caractéristiques des chambres, services offerts. Par exemple
grandes unités ou réalisation de petites résidences dans le cadre d’un réseau.
Réponse adéquate aux besoins des étudiants et chercheurs, logements appropriés
aux besoins spécifiques de ces populations. Combinaison avec des services de
restauration ou autres
Définition de partenariats entre établissements d’enseignement supérieur ou de
recherche et opérateurs-gestionnaires de logements pour étudiants et chercheurs.
Cadre pour partenariats à développer à des échelles infra-métropolitaines
Mobilisation des partenaires de la politique du logement et de l’habitat
Labellisation des résidences et des pôles de services
Thème 3 : Imaginer la dissémination et l’intégration dans la ville
Quels lieux d’implantation privilégiés des sites ? Quelle répartition spatiale et
fonctionnelle entre habitat et services
Desserte par les transports et réseaux (notamment haut débit)
Bonne intégration dans la ville : taille et configuration favorisant une bonne
intégration urbaine, répartitions des services, liens avec les équipements et
structures locaux
Thème 4 : Stimulation de l’offre privée au sein du parc de maisons individuelles
Quelles possibilités d’accueil dans le parc privé
Définition d’une offre adaptée et financièrement accessible aux étudiants
Faisabilité technique, possibilités offertes ou blocage dans le code de l’urbanisme,
règles d’urbanisme à employer
Recherche de partenariats opérationnels : CROUS, MUL, ANAH, PACTARIM
Partenariats ou montages financiers pour adapter les logements (cf. conventions
ANAH)
Labellisation de ces logements selon des normes liées à la qualité, l’équipement, le
prix, l’insertion dans le « campus urbain »…
Rapprochement de l’offre et de la demande existante, communication des offres
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Thème 5 : Accès aux équipements
Faire connaître la problématique estudiantine aux gestionnaires d’équipements
Imaginer des systèmes simples et accessibles financièrement, du type du dispositif
« Carte Bièvre », rendant concrète par l’adhésion à un système et la création de
droit (accès, information, tarifs préférentiels) l’existence du territoire et créant du
lien
Thème 6 Transports
Comprendre les flux et les rythmes spécifiques de ces populations : retour le weekend, années à l’étranger en incise à une formation sur plusieurs années,
déplacements pendulaires, entre sites, etc.
Plans de déplacement des sites universitaires
Thème 7 : Autres aspects de la vie des étudiants et chercheurs
Utilisation des moyens de communication modernes, et pas seulement en français,
pour faire lien dans le « campus urbain », pour assurer la mise en réseau, pour
rapprocher l’offre et la demande de logement, mais aussi pour le rendre visible et
intelligible depuis le monde entier
Accès aux administrations, cours de français, etc.
Ce que les étudiants peuvent apporter à la Ville en échange : dynamisme
commercial, engagements intergénérationnel par exemple type « main à la pâte »,
etc.
3.
Une initiative qui fait métropole
L’initiative a pour champ les fonctions d’échelle métropolitaine d’enseignement supérieur et
de recherche, services rendus au pays et au monde, et peut contribuer à l’attractivité de la
région toute entière. Pensée au niveau local, au contact des réalités, ses recommandations
ont ensuite vocation à valoir d’exemple pour tous les territoires métropolitains, à commencer
par ceux assez nombreux qui sont déjà de petits morceaux de « campus urbain ».
Elle se situe au cœur même des besoins de la population, et ambitionne de nouer des liens
de services réciproques entre populations « de passage » et habitants permanents des
territoires. Elle prévoit en outre d’associer les différentes populations à ses travaux.
Elle est partenariale : les opérateurs des politiques publiques concernées sont impliqués
activement dans la réflexion et la perspective de sa mise en œuvre.
Elle est innovante : elle consiste à transformer une situation de fait en un concept original et
opératoire.
Elle est participative : les populations cibles de l’étude, mais aussi le public sont associés.
Elle est transversale : d’un part l’initiative concerne la mise en réseau de ressources de
natures différentes, et d’autre part implique une tentative de coordination des politiques
publiques correspondantes.
Elle est coopérative : elle repose sur une synergie entre acteurs.
Campus urbain – Ville de Sceaux – Appel à initiatives 2010 Paris Métropole – Page 4
Par ailleurs, cette initiative est susceptible de tisser des liens avec d’autres projets ou plans
œuvrant dans le même domaine :
La démarche de la Vallée scientifique de la Bièvre
Le projet cancer-campus de la communauté d’agglomération du Val de Bièvre
Le schéma régional du logement étudiant du conseil régional d’Île-de-France
Les engagements de construction de logement étudiants des CG (cf. CG92)
Les politiques définies au niveau de certains EPCI, notamment la communauté
d’agglomération des Hauts-de-Bièvre
4.
Déroulement de l’initiative : rôles, phase, planning
La ville de Sceaux assure la maîtrise d’ouvrage et l’animation de l’initiative. Elle sera le pilote
intellectuel du travail.
L’IAU-IDF assure la maîtrise d’œuvre de certaines études et fournit l’expertise sur différents
aspects techniques. Il assure aussi l’animation des rencontres avec les partenaires et le
public. Il assure enfin la professionnalisation du produit fini.
Un groupe de travail d’étudiants de Master assure l’essentiel du travail de mise en forme du
concept et des problématiques, la maîtrise d’œuvre de certaines études, notamment sur
l’existant, ainsi que d’une première rédaction du produit fini.
Des partenariats seront recherchés en vue de recueillir d’autres éléments d’expertise, mais
aussi d’anticiper une mise en œuvre : le syndicat Paris Métropole, des opérateurs de
logement étudiant, des collectivités concernées.
D’autres organismes seront associés aux travaux, notamment par le recueil de leur
contribution et leur association à la concertation : établissements d’enseignement supérieur,
gestionnaires d’équipements, syndicats étudiants, collectivités. Si besoin, des groupes de
populations seront l’objet d’enquêtes directes et/ou d’interviews : étudiants, chercheurs,
responsables de la vie étudiante au sein des établissements, etc.
L’initiative devrait se dérouler sur une période d’environ 16 mois, selon le schéma suivant :
Phase 1 : Mise en place de projet [durée 2 mois]
Démarrage de l’initiative
Finalisation de la recherche des partenaires et le cas échéant des conventions
Affinement du choix des thématiques
Définition des enquêtes
Phase 2 : Etudes et enquêtes [durée 4 mois]
Recueil et compilation du matériau existant
Analyse critique des politiques existantes, notamment en ce qui concerne les
normes
Recueil des contributions de la part des partenaires
Campus urbain – Ville de Sceaux – Appel à initiatives 2010 Paris Métropole – Page 5
Conduite d’études ponctuelles nécessaires sur des sujets nouveaux, délicats ou
techniques
Enquêtes auprès des étudiants et auprès des établissements : les besoins et la vie
des étudiants et des chercheurs
Concertation sur chacune des thématiques sous la forme d’ateliers ou groupes de
travail
Phase 4 : Production d’un premier jet de la charte [durée 2 mois]
Phase 5 : Concertation sur le contenu [durée 4 mois]
Partenaires, publics convoqués, grand public. Exposition vers population générale
Phase 6 : Finalisation de la charte, édition et production, promotion, diffusion aux
partenaires, passage de relais à une mise en œuvre [durée 4 mois]
Durée totale : 16 mois.
5.
Perspectives et mise en œuvre
Le produit de ce travail aura vocation à être une référence pour définir ou infléchir les
politiques publiques concernant l’accueil des étudiants et des chercheurs. Les partenariats
noués ont quant à eux vocation à impliquer dans la conception du document une partie de
ceux-là mêmes qui auront à le porter (s’agissant de collectivités) et le mettre en œuvre
(s’agissant d’opérateurs du logement étudiant ou de l’habitat en général).
Le travail pourra le cas échéant faire le constat d’éventuels blocages réglementaires à cette
mise en œuvre et proposer des suggestions d’évolutions législatives propres à y remédier.
Nourri de ce travail, le syndicat Paris Métropole sera alors en capacité de soutenir un
discours métropolitain cohérent sur la question de l’accueil des étudiants et des chercheurs,
aussi bien à l’endroit de ses membres que des autres partenaires. Il sera le lieu
incontournable de coordination de cette politique.
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6.
Contacts
Philippe LAURENT
Maire de Sceaux (92)
Conseiller général des Hauts-de-Seine
Vice-président de Paris Métropole
Courriel : [email protected]
Jean-Michel GRANDCHAMP
Ville de Sceaux (92)
Conseiller municipal
Suppléant au Comité syndical de Paris Métropole
Courriel : [email protected]
Valérie DEC
Ville de Sceaux (92)
Directrice générale adjointe des services
Courriel : [email protected]
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