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Mathilde de la Charie
Principaux éléments de la période
I/ Bilan des guerres de religion
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L’Edit de Nantes, signé en 1598, régla la situation des protestants : non seulement ils
obtenaient les libertés de conscience, de culte, mais ils reçurent des garanties et une
centaine de places fortes. Quant aux catholiques, Henry IV tint à les satisfaire ; il
favorisa le renouveau catholique : l’installation en France des Jésuites et du Carmel.
Reconstruction de la France : le roi aida les paysans en les favorisant : de nouvelles
terres furent cultivées et la production agricole augmenta. Le commerce et l’industrie
firent de beaux progrès grâce aux nouvelles routes, aux nouvelles manufactures. Les
groupements des métiers, les corporations furent remis en ordre. Sully redressa
complètement la situation financière en 10 ans : les dettes de la guerre furent
remboursées.
II/ Construction territoriale de la France
I) La rivalité franco-espagnole.
Henri IV face aux Espagnols
Depuis janvier 1594, Henri IV a cru bon d’entrer en conflit ouvert avec l’Espagne. Un tel
engagement, soudain, alors que le royaume revenait à la paix intérieure, a justement pour but
de calmer les inquiétudes de l’opinion protestante, de satisfaire l’Angleterre et les ProvincesUnies qui ont jusque là aidé le roi financièrement. Elle permet, dans l’esprit du roi, de
réunifier le peuple français autour d’un ennemi commun en essayant de gommer les divisions
religieuses. La guerre tourne vite à l’avantage des Espagnols qui prennent Cambrai, Doullens,
Calais et même Amiens ; si la ville est reprise au terme des efforts exceptionnels des ducs de
Mayenne et de Biron en septembre 1597, le conflit nécessite malgré tout un règlement
diplomatique. Un traité de paix est signé à Vervins le13 mai 1598, qui redonne aux frontières
leur tracé accoutumé (les Espagnols rendent les places françaises et gardent Cambrai).
Quant à la guerre de Savoie (1600), menée contre le duc Charles Emmanuel qui brigue le
marquisat de Saluces en Piémont, elle se termine par la défaite de celui-ci et la cession à la
France de la Bresse, du Bugey et du pays de Gex.
Louis XIII et Richelieu, la lutte contre la maison d’Autriche.
Malgré le mariage de Louis XIII avec l’infante Anne d’Autriche en 1615, qui se voulait un
gage de paix entre les deux nations, Richelieu est de plus en plus conscient du danger que
représente la Maison d’Autriche, dont la puissance est grandissante du fait de ses deux
branches, espagnole et autrichienne. La France intervient donc ouvertement dans la Guerre de
Trente Ans à partir de mai 1635 ; Richelieu se met aux cotés des princes protestants
d’Allemagne en guerre contre l’Empire, et il déclare la guerre à l’Espagne. La France est
d’abord envahie, les Espagnols remportent la victoire de Corbie. Puis, grâce à l’armée
réorganisée par Richelieu, les Français font la conquête de l’Artois, de l’Alsace et du
Roussillon. Mais Richelieu et Louis XIII meurent à quelques mois d’intervalle (décembre
1642, mai 1643) et Louis XIV n’a alors que cinq ans. Cinq jours après la mort de Louis XIII,
le Prince de Condé remporte la victoire de Rocroi ; l’Empereur préfère arrêter la guerre et le
traité de Westphalie est signé, qui met fin à la Guerre de Trente Ans et accorde à la France
l’Alsace, moins Strasbourg et Mulhouse.
Mazarin et la paix avec l’Espagne.
Plusieurs fois battue, l’Espagne continue pourtant la guerre en espérant profiter des désordres
de la Fronde. La rivalité franco espagnole est alors parvenue de nouveau à une sorte
d’équilibre, du à l’épuisement de l’un et l’autre des deux partis. Mais après le choix de
l’alliance française, pour des raisons maritimes, de l’Angleterre de Cromwell, et après la
victoire de Turenne à la bataille des Dunes, Philippe IV accepte de négocier la paix. C’est le
traité des Pyrénées (1659), qui cède à la France l’Artois, le Roussillon et plusieurs places
fortes. Louis XIV épouse l’infante Marie- Thérèse moyennant une dot de 500 000 écus d’or,
et l’union des deux jeunes gens symbolise la paix rétablie entre les deux royaumes.
II/ Les guerres de Louis XIV
La guerre de Dévolution. Louis XIV cherche à éprouver l’Espagne. Le prétexte en est trouvé
quand le roi d’Espagne Charles II, sans enfant, désigne pour son seul héritier l’Empereur.
Louis XIV demande la Flandres en compensation : il y a droit par dévolution, c'est-à-dire par
droit d’héritage (lui et l’Empereur ont tous deux épousé des infantes d’Espagne, soeurs du roi
actuel mais Marie-Thérèse, sa femme, est l’ainée).Charles II refuse : Turenne envahit la
Flandre, et Condé la Franche-Comté. Au traité d’Aix-la-Chapelle, (1668) Louis XIV garde la
Flandre.
La guerre de Hollande. La guerre a pour origine immédiate une guerre de traités douaniers
entre la France et la Hollande, mais les causes véritables ont plus complexes : il s’agit surtout
de l’opposition de deux modèles politiques et religieux que tout oppose. En juin 1672, l’armée
française se met en marche ; mais dirigés par Guillaume d’Orange, les Hollandais ouvrent les
digues et inondent leur pays, ce qui rend l’avancée française difficile. Le roi se retourne
contre les autres coalisés ; le traité de La Haye, signé le 30 aout 1673 par les Provinces-Unies,
l’Espagne, l’Empire et la Lorraine transforme la guerre franco-hollandaise en confrontation
générale en Europe. Vauban occupe à nouveau la Franche-Comté et Turenne bat l’armée
impériale en Alsace, mais il est tué en Allemagne ; la marine française bat la flotte espagnole
en Méditerranée. La paix est signée à Nimègue en 1678, lors d’un congrès européen ouvert
depuis 1675 : Louis XIV obtient la Franche-Comté et de nouvelles places fortes au nord.
La guerre de la ligue d’Augsbourg .En pleine paix, Louis XIV réunit à la France Strasbourg et
Montbéliard. L’Empereur, irrité, réunit une nouvelle coalition, la Ligue d’Augsbourg, avec
l’Espagne et les pays protestants (Hollande, Angleterre, princes allemands) que la révocation
de l’Edit de Nantes a scandalisés. Pour effrayer l’ennemi Louvois fait ravager le Palatinat ; la
guerre se poursuit aux Pays-Bas et dans les Alpes ; sur mer, Jean Bart fait la guerre de course.
Le traité de Ryswick (1698) qui termine la guerre laisse Strasbourg à la France.
La succession d’Espagne. Charles II meurt en 1700 et laisse un testament qui donne l’héritage
à Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Il manifeste ainsi sa volonté de ne pas démembrer le
royaume espagnol. Une nouvelle guerre éclate, très dure. Les armées françaises mal
commandées sont battues ; la France est sauvée à Villars par Denain (1712) La guerre se
termine par les traités d’Utrecht (1713) et de Rastadt (1714) qui laissent Philippe V sur le
trône d’Espagne ; mais l’Empereur reçoit les Pays-Bas et la France donne Terre-Neuve et une
partie du Canada à l’Angleterre.
III/ Bilan du règne d’henry IV
Le restaurateur de la paix religieuse.
Devenu roi de France, il n'est reconnu que par une minorité de Français. Il poursuit la lutte
contre les ligueurs, qu'il bat à Arques (1589) et à Ivry (mars 1590), mais échoue devant Paris
(août 1590), secouru par l'armée espagnole d'Alexandre Farnèse. L'influence croissante des
catholiques modérés, fidèles aux institutions monarchiques, l'incite à abjurer définitivement le
protestantisme (juill. 1593), ce qui lui permet d'entrer dans Paris en 1594. L'absolution que lui
accorde le pape (1595) est déterminante pour la pacification du pays. Tandis que les chefs
ligueurs se rallient, Henri IV bat les Espagnols et conclut avec eux la paix de Vervins (1598),
qui confirme celle du Cateau-Cambrésis. La paix intérieure est scellée par l'édit de Nantes
(13 avr. 1598), qui accorde aux protestants un statut de tolérance et met fin aux guerres de
Religion. Le réalisme politique d'Henri IV le pousse à assurer le respect de cet édit et à donner
des gages aux catholiques : il épouse ainsi Marie de Médicis (1600), rappelle les jésuites
(1603) et favorise la « renaissance catholique ».
Le restaurateur de la monarchie et de la prospérité.
Le règne d'Henri IV est une étape décisive dans l'instauration de l'absolutisme. La haute
noblesse est écartée du pouvoir et ses complots sont sévèrement réprimés. Le relèvement
économique et financier est par ailleurs une tâche prioritaire du souverain. Une fois la paix
revenue, Sully, principal ministre du roi, parvient à équilibrer le budget (1601-1610) et à
constituer des réserves. La production agricole s'améliore grâce aux techniques préconisées
par Olivier de Serres. Sous l'influence de Barthélemy de Laffemas, Henri IV prend des
mesures protectionnistes, fonde des manufactures (dont celle des Gobelins) et perfectionne les
voies de communication.
Son œuvre extérieure.
À l'extérieur, Henri IV jette les bases de la Nouvelle-France au Canada en soutenant
Champlain, qui fonde Québec en 1608. Une courte guerre contre la Savoie lui permet de
renforcer la frontière à l'est en annexant notamment la Bresse, le Bugey et le pays de Gex
(traité de Lyon, 1601). Voulant abaisser les Habsbourg, il s'allie aux princes protestants
(1608) et prépare la guerre contre l'Autriche et l'Espagne catholiques. La perspective de cette
guerre explique son assassinat par Ravaillac (mai 1610), probablement poussé par d'anciens
ligueurs.
IV/ Bilan du règne de Louis XIII
Louis XIII a eu la chance de rencontrer Richelieu, un homme exceptionnel énergique et de
bon conseil, mettant son intelligence et son ardeur à son service. Louis XIII meurt en
1643, et laisse un fils très jeune, la France va donc avoir à nouveau une régence, mais les
menaces extérieures se sont affaiblies. A l’intérieur l’autorité royale s'est peu à peu imposée
aux Grands, aux protestants. L’autorité royale n’a jamais été si affirmée. Louis XIII est le
fondateur de l’unité française.
Le règne de Louis XIII, est marqué par la naissance de la culture classique, avec notamment
la création de l’Académie Française. Louis XIII, est un roi très religieux. En 1638, il consacre
son royaume à la Vierge Marie pour « rétablir la paix et le bonheur de ses sujets ». Le
dauphin, Louis Dieudonné naît peu de temps après ce voeu par lequel Notre Dame de
l’Assomption devient solennellement la patronne de la France.
V/ Le Grand Siècle
Le siècle de Louis XIV est identifié au rayonnement de la civilisation française, au triomphe
du classicisme dans les lettres ( Boileau, l'Art poétique, 1674), dans les arts figuratifs et dans
l'architecture, même s'il faut rappeler que tous les grands esprits de l'époque ne sont pas
français ( Locke, Leibniz, Spinoza), et que le baroque trouve à s'épanouir ailleurs, en Autriche
ou en Espagne. La politique de grandeur du roi s'est accompagnée d'une politique prestigieuse
de mécénat, dans la droite ligne de celle pratiquée par Richelieu et Mazarin: Corneille,
Molière, Racine, Lully, les peintres Le Brun et Mignard, Mansart, pour ne citer que ces nomslà, illustrent la dévotion pour le «beau» et l'intensité créatrice de l'époque. Les Académies - de
peinture et sculpture, 1655; des inscriptions, 1663; des sciences, 1666; d'architecture, 1671 -,
créées à l'imitation de l' Académie française, constituent des foyers d'élaboration des règles
classiques et de rayonnement d'un art officiel tout entier tourné vers le gloire monarchique.
Vers une critique du pouvoir
Le « siècle de Louis XIV» - expression forgée par Voltaire - désigne aussi un modèle
politique. Quand il meurt, le 1 er septembre 1715, le vieux roi laisse à la France une solide
armature administrative, fortement centralisée. Son image de grandeur militaire, dynastique,
politique est enviée par de nombreux souverains; pourtant, son mépris des contingences
financières et l'aveuglement auquel l'orgueil le conduisit parfois altérèrent cette image vers la
fin de sa vie. Dans une sphère aristocratique limitée, l'absolutisme est critiqué. La réaction
aristocratique, animée notamment par Fénelon (les Tables de Chaulnes, 1711), fera de la
Régence une monarchie contrôlée par les états généraux et les corps. A la fin du règne
également, le dirigisme de Colbert n'est plus épargné ni par les négociants ni par les partisans
du libéralisme (Boisguilbert), et Vauban, disgracié, pointe durement les inégalités du système
fiscal (Projet d'une dîme royale, 1707). Les temps de l'obéissance absolue ne sont pas
totalement révolus, mais la persistance des tensions religieuses, l'essor de la curiosité
scientifique, la vulgarisation du rationalisme cartésien (Fontenelle, Pierre Bayle) nourrissent
la montée d'un esprit critique promis à un bel avenir.
2 épisodes historiques
Guerre de Dévolution (1667-1668)
Conflit qui opposa la France et l'Espagne.
À la mort de son beau-père Philippe IV d'Espagne, Louis XIV réclama, au nom de son épouse
Marie-Thérèse, une partie des Pays-Bas et la Franche-Comté, en vertu du droit de dévolution
en usage au Brabant. En mai 1667, il fit envahir la Flandre par Turenne, qui s'empara de
douze places, puis fit occuper la Franche-Comté par Condé en février 1668. Mais, devant la
menace de la Triple-Alliance conclue contre la France, entre l'Angleterre, les Provinces-Unies
et la Suède (janvier 1668), il signa le traité d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668) par lequel il
restitua la Franche-Comté à l'Espagne, mais conserva les douze places conquises par Turenne
en Flandre, dont Lille, Tournai, Douai, Charleroi et Armentières.
La bataille de Lépante
C'est le point d'orgue d'une croisade organisée par le pape en vue de libérer Chypre que le
sultan Sélim II venait de conquérir.
La bataille met aux prises 213 galères espagnoles et vénitiennes et quelques 300 vaisseaux
turcs. Cent mille hommes combattent dans chaque camp. Les chrétiens remportent une
victoire complète.
Presque toutes les galères ennemies sont prises. L'amiral turc est fait prisonnier et décapité et
15.000 captifs chrétiens sont libérés.
Le héros de la journée est le prince Don Juan d'Autriche (26 ans), qui commande la flotte
chrétienne. Il n'est autre que le bâtard de feu l'empereur Charles-Quint et le demi-frère du roi
Philippe II d'Espagne.
Retentissement de Lépante :
Lépante a un immense retentissement en Europe car elle libère les Occidentaux de la peur des
Turcs.
La bataille permet aussi au roi d'Espagne de se poser en champion de la Contre-Réforme
catholique.
Pour Venise, cependant, Lépante a le goût amer d'une victoire la Pyrrhus. Ruinée par l'effort
de guerre et la suspension de son commerce avec l'Orient ottoman, la République se détache
de ses alliés et négocie avec les Turcs.
À ceux-ci, elle reconnaît la possession de Chypre, qui avait été pourtant son but de guerre, en
échange de la reprise de son commerce.
Notons qu'un jeune soldat espagnol nommé Cervantès perd la main gauche pendant la bataille
de Lépante («pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard)... Ne pouvant plus se battre, il
écrira faute de mieux les aventures de Don Quichotte ;-)
Principaux personnages de l’époque
Henry IV : Henri IV, né Henri de Bourbon (13 décembre 1553 à Pau - 14 mai 1610 à Paris)
fut roi de Navarre (Henri III de Navarre, 1572-1610) puis roi de France (1589-1610). Il est le
premier souverain français de la branche dite de Bourbon de la dynastie capétienne.
Il était le fils de Jeanne III, dite Jeanne d'Albret, reine de Navarre et d'Antoine de Bourbon,
chef de la maison de Bourbon, descendant du roi Louis IX et premier prince de sang. En vertu
de la « loi salique » cette filiation fera d'Henri le successeur naturel du roi de France à la mort
de François, duc d'Anjou (frère et héritier du roi Henri III), en 1584.
Contemporain d'un siècle ravagé par les guerres de religion, il y fut d'abord lourdement
impliqué en tant que prince de sang et chef protestant avant d'accéder au trône de France.
Pour être accepté comme roi, il se convertit au catholicisme, et signa l'Édit de Nantes, le
premier traité de paix autorisant la liberté de culte pour les protestants, qui mit fin pendant
deux décennies aux guerres de religion. Il fut assassiné le 14 mai 1610 par un fanatique
charentais, François Ravaillac, rue de la Ferronnerie à Paris.
Louis XIII : Louis XIII est né en 1601, à Fontainebleau. A la mort d’Henry IV, Louis XIII
souffre d'être écarté du pouvoir par sa mère. Il se lie d’amitié assez rapidement avec le duc de
Luynes. Pendant son règne, il est admirablement secondé par Richelieu. Louis XIII possède
une intelligence méthodique, une volonté de fer, une grande énergie au travail et une austérité
morale peu commune à la cour. Louis XIII est très religieux, il sait pardonner à ses sujets.
Louis XIII est le fondateur de l’unité française. Le règne de Louis XIII, est marqué par la
naissance de la culture classique, avec notamment la création de l’Académie Française.
Richelieu : Le cardinal duc de Richelieu, Armand Jean du Plessis (39 ans) est remarqué aux
états généraux de 1614 par Marie de Médicis, régente et mère de Louis XIII, qui lui obtient un
poste de secrétaire d’Etat pour l’intérieur et la guerre. En 1617, l’assassinat du favori de la
régente, le marquis d’Ancre, ex-Concini, et la disgrâce de celle-ci, l’obligent à se retirer. En
1922, il réussit à réconcilier Marie de Médicis avec son fils. Celle-ci, espérant qu’il servira ses
intérêts, lui obtient alors la baguette de cardinal et le droit d’assister aux séances du conseil du
roi. Très vite, le talent et le dévouement de Richelieu sont remarqués par le roi Louis XIII âgé
de 23 ans qui lui offre au bout de quatre mois la direction de son Conseil. Richelieu,
travailleur infatigable malgré sa santé délicate, se dévoue jusqu’à sa mort au service de l’Etat
et pour la grandeur du roi en s’attachant à supprimer toute forme d’opposition. En contrepartie
le roi le protège contre de nombreuses attaques et calomnies.
Mazarin : Issu d’une modeste famille sicilienne, officier puis diplomate au service du pape,
Mazarin passe au service de la France en 1638 et est naturalisé français en 1639. En 1641, il
devient le principal collaborateur de Richelieu qui le fait nommer Cardinal (alors qu’il n’est
pas prêtre, ce qui est très rare) et le recommande à Louis XIII qui, en décembre 1642, le
nomme ministre d’Etat et chef du Conseil. Après la mort de Louis XIII, la régente Anne
d’Autriche puis le roi Louis XIV le maintiennent dans ses fonctions jusqu’à sa mort.
Louis XIV : En 1661, à la mort de Mazarin, son parrain, Louis XIV en qui tous voyaient un
jeune homme plus enclin aux divertissements tels que la musique, la chasse ou le ballet,
surprend toute la cour : il décide à la plus grande stupéfaction de ne pas prendre de principal
ministre et de gouverner par lui même, Fouquet le favori de Mazarin sera écarté. Loménie de
Brienne, alors secrétaire d'Etat, décrit avec justesse ce qui se déroula pendant le premier
Conseil du souverain : " Le roi se découvrit et puis remit son chapeau, et, se tenant debout
devant sa chaise, adressa la parole à M. le Chancelier: "Monsieur, je vous ai fait rassembler
avec mes ministres et secrétaires d'Etat pour vous dire que jusqu'à présent j'ai laissé gouverner
mes affaires par feu M. le Cardinal ; il est temps que je les gouverne moi-même. (...) La Face
du théâtre change." Ainsi Louis XIV décide de gouverner de la manière la plus absolue
comme un souverain de droit divin. Louis XIV incarne bien l'emblème qu'il a commencé à
être, celle du soleil, ainsi que sa devise Nec pluribus impar c'est à dire Supérieur à
tous! Louis XIV fixe sa résidence à Versailles en 1677 même si cela ne sera effectif qu'à
partir de 1682.
Anne d’Autriche : Née à Valladolid en 1601, Anne d'Autriche est l'infante d'Espagne, fille
du roi Philippe III et de Marguerite d'Autriche. Son mariage avec Louis XIII est organisé par
Marie de Médicis, désireuse de rapprocher la France de l'Espagne catholique. Une hostilité
réciproque s'établit entre Anne d'Autriche et le premier ministre Richelieu. A la mort de Louis
XIII en 1643, Louis XIV n'a que cinq ans. Le testament de Louis XIII confie la régence à
Anne d'Autriche, mais sans lui donner tout le pouvoir. Celle-ci va garder Mazarin comme
premier ministre.
Colbert : Jean-Baptiste Colbert (29 août 1619, Reims - 6 septembre 1683, Paris) était le
contrôleur général des finances de France de 1665 à 1683. Il entre au service du roi de France
Louis XIV, à la mort de son protecteur Mazarin. En concurrence avec Fouquet, il le remplace
à la charge d'intendant. Promoteur d'une politique économique interventionniste, il favorise le
développement du commerce et de l'industrie en France par la création de fabriques étatiques
dont lui même et les membres de sa clientèle sont indirectement les premiers bénéficiaires. On
parle parfois de colbertisme pour désigner la théorie de cet interventionnisme économique.
Chronologie
1559-1589 : les guerres de religion : guerre civile entre catholiques et protestants qui fait
intervenir les Allemands, les Anglais et les Espagnols.
7 octobre 1571 : Bataille de Lépante. Les chrétiens écrasent la flotte turque.
24 août 1572 : massacre de la Saint Barthélémy contre les chefs protestants.
1589-1610 : règne d’Henry IV
1598 : Edit de Nantes : règle la situation des protestants.
1610-1643 : règne de Louis XIII
1629- 1635 : guerre de trente ans.
1643-1661 : régence de Mazarin, la Fronde
1661-1715 : règne de Louis XIV, le Grand Siècle
1685 : la Révocation de l’Edit de Nantes.
1705 : condamnation du Jansénisme par le pape.
Art de la période
La création de l’Académie française (1635).
Depuis 1631, la Gazette de Renaudot diffusait dans le public les plaidoyers que le ministre ou
le roi lui communiquaient. En 1634, ayant appris qu’un groupe de gens de lettres et de «
beaux esprits » se réunissait régulièrement, Richelieu leur proposa de former une académie
reconnue et privilégiée. Il voulait que l’Académie s’occupât de porter à la perfection la langue
française et préparât un dictionnaire, une grammaire, une poétique et une rhétorique, où
seraient formulées les meilleures règles. L’Académie reçut l’ordre de célébrer les victoires des
armées du roi.
Le Classicisme
Les progrès des formes, du style et de l’esprit classique, qui ont été favorisés par le renouveau
catholique et l’absolutisme, correspond à un mouvement spontané de la civilisation et de
l’esthétique. Les valeurs représentatives du baroque : la mobilité, la richesse de
l’ornementation et de l’image, la maîtrise des métamorphoses, ont partiellement été évincées
par les qualités nouvelles d’ordre, de clarté et de discrétion dans l’expression. Les épreuves
subies par le pays et l’Ambition du projet monarchique, en grandissant l’orgueil national, ont
contribué à discréditer certains genres d’origine étrangère. Cette réaction est encouragée par
Richelieu et Chapelain. Si le Cid de Corneille, en 1636, entre dans le genre baroque ; Horace,
en 1640, est un modèle de perfection classique par son unité, sa densité, son rythme haletant.
La pièce nous livre un témoignage sur les enjeux et les débats politiques de la fin du règne de
Louis XIII. Louis XIII n’a pas repris les projets urbanistes de son père, et les architectes
travaillent surtout pour l’Eglise, Richelieu, pour les Grands et les financiers. Les trois plus
grands, Jacques Lemercier, François Mansart et Louis le Vau, développent les leçons de
Salomon de Brosse et définissent peu à peu un style nouveau. Lemercier collabore aux projets
du cardinal, à Rueil, à Richelieu (qui devait devenir capitale de France si le cardinal n’était
pas mort avant !), à Paris où il édifie la Sorbonne et son église (1626), le futur Palais-Royal
(1633) et le Val de grâce. Comme lui, son collègue Mansart paraît plus sensible aux leçons de
Palladio et de la Renaissance qu’à celles des maîtres italiens ses contemporains. Mansart est le
véritable créateur du style classique français. Dans le château de Blois, il construit, pour le
duc d’Orléans, un monument d’équilibre, aux arêtes vives, où la succession verticale des
ordres introduit quelques fantaisies dans le jeu régulier des fenêtres rectangulaires, des
colonnes et des pilastres doubles. Il affirmera sa maîtrise au Val de Grâce en 1645.
Le baroque français
Durant son règne, Henri IV encouragea les arts, surtout s’ils étaient monumentaux, comme
l’architecture ; son but étant de prouver la toute-puissance de la monarchie française. Il ne
faut pas alors imaginer, dans la France de cette époque, le combat de deux écoles ou de deux
styles. L’opposition baroque-classique n’avait pas de signification pour les contemporains. En
architecture, le baroque a conservé en France une réserve qui a facilité l’affirmation d’une
originalité nationale. Il ne s’affirme vraiment que dans la profusion du décor et de
l’ornementation. Sur les murs de l’hôtel de Sully, construit par Jean du Cerceau (1624-1629),
se dressent de grande figures allégoriques ; les fenêtres sont surchargées de frises et de
tympans, les lucarnes alourdies de volutes et de masques. Les églises nouvelles, édifiées par la
ferveur d’un catholicisme en plein renouveau, introduisent en France les façades à la romaine:
colonnes jumelées, frontons triangulaires et circulaires, volutes et tables au-dessus des portes.
Cependant, le baroque français conserve au XVIIe siècle un caractère sévère et géométrique.
Les réalisations de Salomon de Brosse, le Luxembourg (1615), le château de Blérancourt, le
palais de justice de Renne (1618), sont plus remarquables par l’équilibre des masses que par
le mouvement des façades.