Revue de presse

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Revue de presse
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MARSEILLAIS,
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MARSEILLAIS !
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
Benoît Cheyrou salue l’artiste chanteur naissant, l’intendant Michel Chatron. Mandanda entame un pas de danse brésilien suggéré par Brandao et Hilton. De quoi amuser Deschamps, Dassier et Stephan.
Le stade Vélodrome
LE COUP DE SIFFLET FINAL Le tour d’honneur terminé, les premières minutes dans les entrailles ont été d’une rare folie
C
’est un soir d’euphorie, dans un stade en ébullition.
Mais Frédéric Antonetti se présente devant les médias
avec un air grave. Son équipe vient de s’incliner sur la
pelouse du Vélodrome et ce n’est pourtant pas ce qui désole
le plus l’entraîneur de Rennes à cet instant précis. Non, le
technicien corse, natif de Venzolasca, tient à rappeler que ce
5 mai n’est pas ordinaire en raison d’abord de la tragédie survenue dix-huit ans plus tôt, jour pour jour, dans une autre enceinte, à Furiani. "Avant d’aborder le sport proprement dit, je
voudrais vous parler en premier lieu de ce qui s’est passé chez
moi, le 5 mai 1992, commence Antonetti. J’étais au stade, ce
soir-là. Le football français a tendance à oublier trop facilement cette catastrophe. Nous avons le devoir de nous en souvenir."
Un silence pesant a soudainement fait irruption dans la salle. C’est Antonetti, encore lui, qui le déchire sur un ton franc :
"Et maintenant, bravo à l’OM." L’ancien coach de Nice enchaîne : "Ce club mérite amplement le titre. Cette réussite vient de
loin. Elle remonte à 4-5 ans et d’une certaine manière, elle me
fait penser un peu à celle de Lyon. L’OM n’a cessé de se perfectionner dans l’élaboration de son staff et de son recrutement.
Didier Deschamps a également bien analysé les manques du
club au cours des années passées."
Valbuena arrose de champagne tout ce qui bouge !
Antonetti ne s’éternise pas au pupitre. Il se lève et regagne
le couloir qui conduit aux vestiaires. À ce moment-là, les cris
de joie des joueurs olympiens, à côté, percent les murs et reprennent le dessus sur la torpeur. Parmi les plus démonstratifs, on trouve Stéphane Mbia et Taye Taiwo, les inséparables.
Tous deux sont sollicités par Orange TV et les voilà qui traversent, simplement vêtus d’un caleçon et d’un tricot de corps, le
grand hall, sous la tribune Jean-Bouin, pour se rendre sur le
plateau de la chaîne. Sur leur chemin, ils croisent des dizaines
de supporters à la fois rieurs et éberlués. Revenu de son interview télé, Mbia s’arrête un bref instant dans l’escalier qui mène aux salons et raconte l’émotion qui l’étreint : "Je ressens
une joie intérieure. Je suis venu à l’OM pour gagner des titres et
voilà qu’on en gagne deux la même année ! Le plus important
pour nous, c’est de savourer énormément, car ce sont des moments inoubliables dans une vie. Ma réussite fait plaisir à mes
parents et à toute ma famille. Je leur dédie ce titre."
Mathieu Valbuena en fait tout autant à l’attention de ses
proches. Fou de joie, le "Petit" n’en finit pas de déverser du
champagne sur tout ce qui bouge ou pas. Il sort du vestiaire
olympien et surgit dans la salle de presse pour arroser les journalistes. L’un d’eux perdra son PC portable dans l’assaut.
"Je suis comme un gamin !", avoue Valbuena. Le garnement
est tout pardonné.
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Laurent BLANCHARD
[email protected]
Hatem Ben Arfa évoque le piment du titre avec Laurent Bonnart, sacré pour la première fois.
/ PHOTOS FRANCK PENNANT ET FRÉDÉRIC SPEICH
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
Dans le vestiaire, voici l’heure de la détente et du début d’une soirée mémorable. Kaboré, Ben Arfa et Anigo sont hilares en regardant Jean-Georges Cellier, Mandanda, Diawara et Koné lancer la danse du titre.
chante son bonheur
LES COULISSES Après le vestiaire, les joueurs ont retrouvé les dirigeants au salon présidentiel. Confidences...
I
ls étaient tous là ! Claude François, Johnny, Charles
Aznavour et même Dalida sous les traits de Michel
Chatron. L’intendant de l’équipe pro avait mis le feu
sur la pelouse, avant le feu d’artifice. Une heure plus
tard, c’était la star. Allant chercher dans son véhicule
ses CD pour revisiter le répertoire francophone avec un
don certain pour l’imitation. Pour le plus grand plaisir
des convives.
José Anigo, installé à table avec ses proches, dont les
frères Rani et Samir Berbachi, a applaudi. Même si resté
assis, il a assisté, quelque peu surpris, à la folie de Souleymane Diawara, dégoupillant une bouteille de champagne devant son directeur sportif. "Oh, José, cela fait
17 ans que tu l’attends ce titre, il faut se lâcher !" Juste derrière lui, Laurent Spinosi s’est laissé à peine distraire,
ému face au flot d’images d’une saison définitivement
hors norme, qui remontait soudain à la surface. "Si
c’était trop facile, on n’apprécierait sans doute pas
autant !" L’entraîneur des gardiens a raison. On n’est
pas champion tous les jours, n’est-ce pas Mathieu Valbuena, ce sacré lutin farceur qui a pris de la bouteille,
passant de l’ombre à la lumière en quelques mois.
Guy Stephan : "Deschamps a amené
sa touche de winner"
Pas loin de là, Guy Stephan trinque en famille, sourire... d’enfant accroché aux lèvres. "J’ai vu beaucoup
d’yeux mouillés, et même des larmes, avoue le
bras droit de Didier Deschamps auquel il est le premier
à rendre hommage. Il a amené sa touche de winner ; partout où il passe, il gagne." "On est soulagés, tout simplement", glisse Steve Mandanda, du bout des lèvres. Un
soulagement palpable jusque dans les traits, enfin détendus, d’Antoine Veyrat. Le directeur général de l’OM
entend profiter à plein des prochains jours. En bon manager, il n’oublie pas de saluer ses équipes :"Ce titre récompense l’immense travail des salariés de l’OM. Et le
choix judicieux de l’investissement de RLD."
À quelques mètres de là, l’épouse d’un haut dirigeant
ne cache pas sa satisfaction de ne plus avoir à subir la
pression de son mari. Et avoue surtout son soulagement
de ne pas être obligée d’aller à Lille demain. Juste avant
d’enlever sa veste, trempée de champagne, Cédric Dufoix réfléchit... L’un des plus anciens dirigeants du club
estime que ce titre "est plus fort que celui de champion
du monde de la France en 1998" qu’il avait suivi comme
dir com’ d’Adidas, principal sponsor des Bleus. "Ce n’est
pas une surprise. Il est cohérent par rapport à la construction du club et du centre Robert Louis-Dreyfus. Qui doit
le savourer là où il est."
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Rémi LACASSIN et Florent PROVANSAL
En bon capitaine, Mamadou Niang réunit ses troupes pour lancer le tempo des heures à venir. Ça tombe bien, tout le monde est partant.
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/ PHOTOS YANNICK PARIENTI
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
Des cris, de la joie et même des plongeons dans les eaux froides du Vieux-Port. Après une longue attente et la frustration, les Marseillais ont fait quelques folies et une énorme fête collective. Avec une fierté retrouvée.
Marseille s’est tant aimée
SUPPORTERS De la Plaine au Vieux-Port, la fête a duré jusqu’à l’aube. Le titre soude la ville et lave 17 ans d’affront
P
eut-être qu’en ce 5 mai 2010 à la météo
plombée, ce n’était pas des gouttes de pluie
qui transperçaient la nuit, s’écrasaient sur
le bitume, rafraîchissaient les crânes ou ruisselaient sur les joues. Peut-être qu’une bande de
fous de l’OM et de Marseille, partis trop tôt mettre
la "araaah" au ciel, comme on dit dans le virage
Nord du Vélodrome, ces sacrés Lux B (Massilia
Sound System), Patrice de Peretti (dit "Depé") ou
encore Imad et Lahcen (membres du MTP victimes d’un accident de bus en 2009), mettaient leur
tournée de là-haut en arrosant les copains restés
en bas.
Certes, en cette soirée de neuvième titre de
champion de France, Marseille n’a pas connu une
effervescence comparable à l’hystérie qui s’était
emparée de la ville en 1993, quand, après le triomphe européen, la fiesta avait duré près de 72 heures... pour les moins motivés. Les mémoires des
autres conservent quelques zones d’ombre. Mais
en ce mercredi frisquet, au coup de sifflet final,
une fois les premières étreintes desserrées, les verres éclusés, l’atmosphère avait une gueule émouvante. Chez les anciens - un terme définissant
tout Marseillais ayant l’âge de se rappeler du coup
de tête de Boli à Munich - une forme d’apaisement est lisible sur les visages. "L’affront est lavé.
On est content ce soir du titre, bien sûr. Mais on a
surtout l’impression d’un retour à la normale", résumait Mathieu, un Marseillais natif d’Abidjan.
"Aaaah... Ces matches d’hiver pourris où l’on était
quatre au bistrot devant un OM incapable d’aligner trois passes", se remémorait-il au cœur de la
nuit, en se rendant sur le Vieux-Port pour poursuivre la noce jusqu’à la lie. Un centre-ville en fièvre,
où des milliers de tifosi olympiens s’étaient amassés depuis un bon moment déjà.
Du Marseille en mode "la vie est belle" : cosmopolite, exubérant à souhait et capable de faire une
énorme fête collective sans le moindre dégât à servir aux oiseaux de mauvais augure. Une parenthèse enchantée, à savourer sans modération, dans
une réalité sociale qui l’est moins, avec pour acteurs principaux une majorité d’ados en liesse.
Ce sont bien eux, ces minots de Marseille, qui
n’avaient connu qu’un OM moqué et désespérant, qui allaient chanter pendant des heures le
nouveau tube de l’été. Un remix de Queen dans
une tordante version anglo-marseillaise : "We are
ze championes off ze France ! ! !". Eux, encore, qui
allaient multiplier les plongeons dans des eaux
glacées du Port, où même les poissons craignent
de se baigner. Eux, enfin, qui une fois adultes,
auront une sacrée soirée à raconter. Celle où toute la ville a eu envie de s’embrasser.
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Laurent D’ANCONA
[email protected]
Les minots de Marseille, qui n’avaient connu qu’un OM désespérant, ont sauté et chanté pendant des heures.
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Se lâcher enfin après plusieurs mois de concentration. Les Olympiens, parmi lesquels Heinze, Lucho, Brandao, Diawara, Bonnart, Niang, Taiwo, Ben Arfa et Andrade se sont offert une fête bien méritée au milieu des nightclubbers.
C
’était plus ou moins improvisé. "On a prévu d’aller prendre un verre tous ensemble, confie Hatem Ben Arfa dans
un grand sourire en quittant le Vélodrome. On va se ’textoter’ entre nous pour définir le lieu du rendez-vous. Marseille ? Ailleurs ? On ne sait pas encore ."
Ce sera Aix et la boîte de nuit Le Mistral, au cœur de la ville.
Il est 2 heures du mat’. Les salons du stade ont commencé à
se vider. Dernier joueur à sortir des lieux, Souleymane Diawara ne s’en va pas sans offrir sa tournée de champagne au personnel de sécurité posté depuis plusieurs heures à l’entrée.
Au même moment, les premiers Olympiens s’avancent vers
la discothèque. À l’intérieur, un carré privatisé est mis à leur
disposition. Les Sud-Américains y ont déjà pris place. Gabriel
Heinze, Lucho Gonzalez, Brandao et Elinton Andrade sont
entourés d’amis. Les membres du staff médical ne sont pas
loin d’eux. Dans les rires, les clins d’œil, les tapes dans le dos
ou sur les épaules, on devine une profonde complicité, celle-là même qui les unit au quotidien, tout au long de la saison.
Bien vite, l’endroit devient trop exigu. Les joueurs débarquent un à un et l’effectif olympien se recompose progressivement. Même Édouard Cissé est là. Il est pourtant plus de
3 heures déjà et le milieu de terrain a promis à ses enfants de
les accompagner à l’école. En bon père de famille, il tiendra
parole. Juste le temps de saluer ses coéquipiers et le voilà déjà reparti. Les bouteilles de champagne se débouchent sans
discontinuer, les standards de r’n’b et de soul se succèdent.
Mathieu Valbuena, Hatem Ben Arfa, Laurent Bonnart, Taye
Taiwo, Stéphane Mbia, Mamadou Niang ou encore "Souley"
Diawara viennent se fondre dans un groupe toujours plus compact, mais ils ne s’attarderont pas non plus. D’autres, en revanche, ne sont pas près de s’éclipser. Benoît Cheyrou a connu
une fin de saison des plus mitigées sur un plan personnel,
mais il ne boude pas son plaisir à l’heure de fêter son premier
titre de champion de France. Arrivé à l’été 2007, l’ancien Auxerrois a d’abord vécu les saisons frustrantes. Julien Rodriguez
aussi, lui qui doit surtout composer avec des blessures tenaces. Alors, cette fois, ils veulent vivre ce moment pleinement.
Quelques tubes de rap font l’affaire. Tous deux partent bientôt. Suivis de Lucho et d’Andrade.
La nuit s’étire. Elle tire même à sa fin. Soudain, le DJ bifurque vers les Gipsy Kings. "Volare" électrise Heinze, fan de musi36902
/ PHOTOS FRANCK PENNANT ET FRÉDÉRIC SPEICH
que gitane. L’international argentin, premier buteur en tout
début de soirée au Vélodrome, enchaîne les pas de danse. La
chorégraphie est parfaite. Sur la piste, en contrebas du carré
olympien, les supporters nightclubbers se déhanchent eux aussi et le défenseur tape dans les mains en leur direction. Heinze
est radieux. Il paye le champagne à des proches. Il ne veut pas
partir d’ici ; il ne veut pas que cette nuit s’achève. À ses côtés, il
ne reste plus que le discret Steve Mandanda adossé à un pilier.
Le gardien observe la scène avec un franc sourire. Simple comme le bonheur. Les deux hommes échangent quelques mots,
en retrait. Le bref aparté se termine par une solide poignée de
main. Le geste est fort. Dehors, le jour se lève.
Laurent BLANCHARD
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
Sous le regard de Lucho et Heinze (photo de droite), les Olympiens se sont entraînés, hier, dans une totale décontraction. Morientes et Valbuena ont enfilé les gants.
Lunettes noires de rigueur
ENTRAÎNEMENT Un air de kermesse flottait hier au centre Robert Louis-Dreyfus pris d’assaut par les médias
L
a fièvre qui s’est emparée de Marseille dans la
nuit de mercredi à jeudi, du Vélodrome au
Vieux-Port, ne s’est pas propagée jusqu’au
centre Robert Louis-Dreyfus. Hier, seule une présence médiatique plus dense qu’à l’accoutumée
rappelait que, quelques heures plus tôt, l’OM avait
conquis sa neuvième couronne nationale dans
une liesse dingue.
Trois cars régies assurant des directs avaient fait
le déplacement pour, au total, une cinquantaine
de journalistes... soit un nombre plus conséquent
que celui des supporters massés devant les grilles
de La Commanderie ! Et ne comptez pas sur Didier
Deschamps pour pimenter l’ambiance. Sa conférence de presse s’est déroulée comme si de rien
n’était... ou presque.
L’OM, vraiment champion ? Dur à croire
sauf... lorsque certains journalistes en herbe s’imaginent voguer vers un nouveau doublé la saison
prochaine, avec la coupe de France et la Ligue des
champions. "Ne faisons pas rêver les gens", coupe
Deschamps, timidement applaudi à son arrivée devant la presse.
Morientes gardien, Mandanda dans le champ
L’atmosphère se veut légère. Abriel déboule au
volant de sa berline allemande, klaxonnant et brandissant le "V" de la victoire. Juché sur le scooter de
Jean-Charles de Bono, Valbuena empêche ses partenaires de gagner les vestiaires. Heureusement,
l’entraînement, prévu à 16h30, a été retardé d’une
demi-heure. Le temps d’organiser des interviewes
impromptues, loin du cadre habituel de la salle de
presse. "On ne réalise pas", clament Niang et Cissé.
À 17 heures, Ben Arfa est le premier à fouler la
pelouse. Taiwo, Koné ou Hilton lui emboîtent le
pas. Abriel apparaît, lunettes noires sur le nez.
Niang les lui chipe, puis Valbuena et Mandanda.
Facétieux, le "Petit" joue les gardiens sur des frappes du Sénégalais. Hilare, Diawara chambre tout le
monde. Une ambiance de kermesse flotte.
Pros jusqu’au bout, Bonnart et Kaboré enquillent les tours de terrain. Lucho et Heinze font
mine de s’étirer, tandis qu’un 6 contre 6 s’organise.
Mandanda et Andrade prennent place dans le
champ, Morientes enfile les gants. Les "Ouais Nando !" fusent à chaque arrêt de l’Espagnol. Le temps
file, les journalistes aussi. La fièvre retombe petit à
petit.
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Fabrice LAMPERTI
Lunettes de soleil sur le nez, Mandanda a pris part au décrassage. Avant de les retirer lors de l’opposition où il a joué dans le champ.
/ PHOTOS FRANCK PENNANT
BRAVO
L’OM!
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L’OM CHAMPION DE FRANCE
Pendant que Mathieu Valbuena (au centre) discute, Édouard Cissé (à gauche) répond en toute décontraction aux questions des médias qui se sont massivement déplacés.
Anigo: "Encore grandir"
PASSION Entre amour du club et professionnalisme, le directeur sportif veut installer l’OM dans la durée
L
e club-house de La Commanderie, dans le nouveau
bâtiment du centre d’entraînement olympien. José Anigo est assis sur un divan sombre.
Chiffonné. Le docteur Baudot lui
apporte du citrate de bétaïne
dans une petite bouteille d’eau.
Un simple café l’a barbouillé.
Mais, en ce milieu d’après-midi,
son sourire en dit long...
"Le tort serait de croire
que le plus dur est fait.
Tout le monde essaiera
de nous battre."
❚ Le plus dur commence ?
Le tort serait de croire que le
plus dur est fait. Les autres clubs
vont se renforcer. Tout le monde
essaiera de nous battre.
Des choix vont donc être arrêtés
par le coach et nous allons tout
faire pour lui donner des munitions et mener la même politique sportive.
❚ José, mis à part le mal à l’estomac, comment ça va ?
Je manque de sommeil, je suis
crevé, je pense avoir un peu bu
mercredi soir : le cocktail n’est
pas bon. Mais c’est une belle fatigue, j’aimerais ressentir la même
chaque année.
❚ On a voulu justement vous opposer à Didier...
J’ai l’habitude. On a voulu m’opposer à Pape au début de notre
collaboration. Je n’ai plus envie
de répondre, de démentir. Je n’ai
plus rien à prouver.
J’ai fait ma part de travail avec
tous les entraîneurs, je ne m’immisce pas dans les compos
d’équipe ; mais dans notre métier, il n’y a pas que des gens
réglo...
❚ Comment comparer avec la
coupe de la Ligue ?
Je sais que c’est plus fort, plus
grand, mais pour le moment ça
ne s’est pas matérialisé de la même manière. Peut-être qu’après
"Au troisième but,
je suis sorti et j’ai vécu
la fin au bord
de la pelouse."
José Anigo a vécu la fin du match au bord de la pelouse et a partagé la joie de "Souley" Diawara et Antoine Veyrat.
Grenoble, je vais découvrir quelque chose auquel j’ai envie de
participer : le Vieux-Port noir de
monde, et un trophée dont on ne
nous dira pas que ce n’est QUE
la coupe de la Ligue. Là, il y a cette coupe, plus le championnat.
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❚ La victoire et le titre, mercredi soir, ont plus été une délivrance, un soulagement qu’une surprise...
Le public était comme nous.
Nous avons marqué très vite, il
était plein de fougue et avec l’égalisation, la ferveur s’est altérée,
nous étions tous perturbés. Avec
le deuxième but, les couleurs
sont revenues.
La crainte venait du passé. Moi
le premier, j’étais marqué par
toutes ces années d’échec où, au
dernier moment, il se passait
quelque chose. J’attendais le troisième but pour voir le match
plié.
Être champion à deux journées
de la fin,vous l’avez écrit, c’est exceptionnel. Aller à Lille et recevoir Grenoble sans pression, ce
sera très agréable.
❚ Un beau champion ?
Un titre gagné proprement, classe. Rien à redire, avec de la
sueur, du boulot, du professionnalisme. Ce titre ne doit rien à
personne, sinon à tous ceux qui
ont bossé.
❚ De la sueur, mais aussi du plaisir...
Tu ne peux pas être champion si
ton équipe ne produit pas de jeu.
J’ai vu de bons matches. Un
championnat, c’est difficile,
avec des hauts et des bas, mais le
plus régulier est sacré ; si l’OM
est champion, c’est que nous
avons été les meilleurs.
❚ Où étiez-vous pendant ce
match ?
En loge pendant la première
mi-temps, puis dans le vestiaire
avec Rodriguez, Morientes, Berbachi. Au troisième but, je suis
sorti et j’ai vécu la fin au bord de
la pelouse, pour me nourrir de
tout ce que j’avais envie de voir.
Je me suis régalé.
❚ Des souvenirs des titres de
1971 et 72 ?
Peu. J’allais au stade en famille,
avec mon père et mes frères, au
virage Nord. Mais ça reste vague.
Skoblar, Magnusson, Bonnel, Lopez, Hodoul, bien sûr, font partie de la légende pour moi. Mais
j’ai des souvenirs plus vifs des années 90.
J’ai donc vécu à distance, mais
en prenant mon pied. Malheureusement, la fin de cette histoire est un gâchis. Tous ces
joueurs méritaient d’avoir un
parcours sans tâche parce qu’ils
n’ont rien volé. L’affaire VA - OM
a terni bien des choses et c’est
dommage.
❚ Le jour du titre, en 1989, Éric
Di Meco avait rendu hommage à
l’équipe des Minots...
J’ai longuement parlé avec Éric
mercredi soir, avec Rolland Courbis aussi. Pour moi, ce titre revient à Didier, aux joueurs et à
tous les gens qui travaillent sérieusement dans ce club, parfois
dans l’ombre. Intendance, sécu-
"Un titre gagné
proprement, classe.
Rien à redire, avec
de la sueur, du boulot."
rité, administratifs... Mais je
tiens à le partager aussi avec des
gens, présidents, directeurs sportifs, entraîneurs, qui sont passés
à l’OM, ont œuvré pour qu’il
avance, avec plus ou moins de
réussite, mais avec tout leur
cœur.
Didier a dit : "Nous savons comment on peut être champions et
ce qu’il ne faut surtout pas faire."
C’est la marque du club
aujourd’hui ; nous savons qu’il
faut d’abord gagner la bataille
du mercato d’été. Et après il y a
le travail de l’entraîneur et de
son staff au quotidien.
❚ Quand vous êtes remonté en
D1 en 1984, on a eu le sentiment
que l’OM retrouvait sa place normale. Est-ce le cas aussi
aujourd’hui ?
Est-ce normal d’avoir dû attendre dix-sept ans pour être champion ? Non. On ne peut pas l’être
tous les ans, c’est dur ; mais de là
à attendre aussi longtemps, non.
Il a fallu que le club grandisse.
Après les années 90, l’OM s’est retrouvé au 36e dessous, il était difficile de tout remettre à l’endroit,
jusqu’à ce qu’on retrouve un
club stable, serein depuis
cinq ans. On peut s’améliorer,
mais le club est devenu très professionnel.
❚ Est-ce qu’enfin, l’OM n’est
plus une équipe posée sur un château de sable ?
Le temps a permis au club de se
structurer, avant de gagner quelque chose, alors qu’auparavant,
on gagnait, mais il n’y avait pas
de structures. Et en l’absence de
résultats, ça explosait.
Aujourd’hui, on a non seulement, un bon entraîneur, de
bons joueurs, mais aussi un club
propre, sain, pro. On doit tendre
vers la perfection, mais le boulot
est bien fait.
❚ Êtes-vous champion grâce à la
victoire en coupe de la Ligue ?
Elle nous a décomplexés. Ce titre
enlevait une certaine pression. Il
suffit de voir le parcours de l’OM
et celui de Bordeaux après la finale pour mesurer son importance.
Ce fut vraiment le match à ne
pas manquer.
❚ Après le défilé, vous nous
aviez dit que vous aviez remarqué
des regards révélateurs chez les
joueurs...
On les prévenait : "Vous allez voir
ce que ce sera si nous sommes
champions !"
Le problème, c’est que nous
avons été champions dix jours
avant la fin. Alors, j’espère que
contre Grenoble, ce ne sera pas
du réchauffé et que la ferveur qui
a suivi la victoire en coupe de la
Ligue sera multipliée par quatre
par tous ces gens qui ont attendu
si longtemps.
❚ Vous faites partie de
ceux-là...
J’avais vécu une remontée, loin-
/ PHOTOS FRANCK PENNANT
taine et un titre de CFA, avec des
jeunes, un vrai régal en 2002.
Mais il m’a fallu cinq finales
pour en gagner une. Gagner le
championnat de Ligue 1, c’est
une autre dimension. Je suis
comblé et j’espère qu’il y en aura
d’autres, que l’on ne s’arrêtera
pas en si bon chemin.
J’aime tellement ce club que je
veux le voir grandir. Je m’efforce
de rester le plus discret possible.
L’important, c’est de bien bosser. Mon plaisir est là : partager
ce bonheur avec les gens que
j’aime. Dans le monde où l’on
vit, il faut faire le tri.
❚ Si la finale de la coupe de la
Ligue a été importante, on peut
penser que la reprise de janvier
après la défaite contre Auxerre a
dû faire du bien...
Avant la trêve, il vaudrait mieux
finir à l’extérieur la prochaine
fois, car ça fait deux fois que ça
nous arrive. Il a fallu beaucoup
parler lors du stage de Peralada.
Didier a beaucoup parlé, j’ai
beaucoup parlé, nous avons recadré les choses, les objectifs. Et
nous avions de bons professionnels, pas des enfants. Notamment des joueurs qui avaient déjà gagné des trophées. Ils ont
amené leur culture. La trêve a
donc été un tournant important,
comme la défaite à Montpellier.
Il fallait tout remettre à l’endroit : regardez Bordeaux, il suffit d’un grain de sable. Nous
avons toujours su tenir le cap.
36902
❚ Le retour d’Henri Stambouli,
c’est aussi le chantier de la formation
Les dirigeants de l’Association
ont l’intelligence de travailler
avec la SASP. Le centre va voir le
jour en octobre, c’est ce qui nous
manquait pour que le navire
continue d’avancer.
On dit que l’OM n’est pas un
club formateur, mais quand un
jeune est bon, il joue. Il faut arrêter de faire croire aux parents
que c’est plus dur à Marseille.
Un OM champion, c’est important aussi. Nous donnons une
belle image de sérieux.
L’été dernier, il y a eu des changements, de président notamment
et le club continue d’avancer.
Ça a été l’intelligence des gens
qui ont travaillé ces dernières années. Avec Pape, nous nous disions souvent que l’important
était de ne pas laisser des ruines,
mais un bel outil pour ceux qui
passent derrière nous.
❚ Vous venez de rencontrer les
représentants d’Hatem Ben Arfa,
la saison prochaine est commencée...
On lit, on entend beaucoup de
choses, donc, les gens se renseignent, c’est normal. Mais il n’y a
encore rien de décidé, de conclu
pour quoi que ce soit.
Nous nous réunissons souvent
avec Didier, Jean-Claude Dassier
et Antoine Veyrat et nous
ne nous précipiterons pas.
Ni pour les départs, ni pour les
arrivées.
Mario ALBANO
[email protected]
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Conception-réalisation : direction de la Communication de la Région – Photo : Jean-Paul Pelissier.
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Merci l’OM
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