rapport stage - Polytech Nice Sophia / BDE

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rapport stage - Polytech Nice Sophia / BDE
NORMAND François
Polytech’Nice-Sophia
1645 route des lucioles – Parc de Sophia Antipolis
06410 BIOT
Rapport de stage ouvrier – été 2008
La vie agricole
JARDEL Jean-Marc
GAEC DE LA BELLE PIERRE
18, rue de la Maladière
21260 SACQUENAY
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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NORMAND François
Stage ouvrier – été 2008
GAEC DE LA BELLE PIERRE
La vie agricole
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Rapport de stage ouvrier Polytech’ Nice Sophia
Remerciements
A Monsieur Jean-Marc JARDEL, mon maître de stage, pour sa gentillesse et son aide
tout au long du stage.
A tous les agriculteurs du GAEC, pour leur accueil chaleureux depuis 5 ans
Et enfin à mon père, pour m’avoir transmis la passion de l’agriculture.
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Table des matières
La table des matières est vide car aucun style de paragraphe sélectionné dans l’Inspecteur
n’est utilisé dans le document.
Les termes techniques définis dans le glossaire seront signalés par "²".
Table des illustrations et annexes
Figure 1 SACQUENAY en France........................................................................................... 8
Figure 2 Les trois agriculteurs du GAEC................................................................................. 9
Figure 3 Le nouveau semoir................................................................................................... 10
Figure 4 La plaine de SACQUENAY..................................................................................... 12
Figure 5 Le "bureau" .............................................................................................................. 13
Figure 6 Une partie du matériel.............................................................................................. 14
Figure 7 La moissonneuse Lexion 600................................................................................... 15
Figure 8 Vider en marche....................................................................................................... 16
Figure 9 Vider à l'arrêt ............................................................................................................ 16
Figure 10 Sur la bascule au silo.............................................................................................. 17
Figure 11 Vider dans la fosse au silo..................................................................................... 17
Figure 12 Le stockage: tout un art.......................................................................................... 18
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Figure 13 Les rouleaux........................................................................................................... 19
Figure 14 Les herses rotatives................................................................................................ 19
Figure 15 Entretien du déchaumeur....................................................................................... 20
Figure 16 Un exemple de console.......................................................................................... 21
Figure 17 Tableau récapitulatif des années précédentes......................................................... 24
Figure 18 La classification des silos ...................................................................................... 24
Introduction
Ce rapport est la finalité de mon stage ouvrier de huit semaines, réalisé durant l'été
2008 sur l’exploitation agricole du GAEC de la Belle Pierre. Ayant déjà travaillé par le passé
dans cette entreprise, j'ai voulu renouveler cette expérience : d’une part car le travail effectué
dans cette entreprise correspond parfaitement à la notion de stage ouvrier et d’autre part car
c’était le dernier été pendant lequel je pourrai participer à la moisson et aux travaux des
champs. Enfin, je voulais confirmer la présence non négligeable de l’électronique
embarquée dans l’agriculture.
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I. Le GAEC de la Belle Pierre
1.1 Situation géographique
Le GAEC de la Belle Pierre se trouve à SACQUENAY, petit village bourguignon à
40 km au nord de DIJON. C’est mon village natal.
Figure 1 SACQUENAY en France
1.2 Historique et évolutions
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Le GAEC de la Belle Pierre tel qui est aujourd’hui a beaucoup changé depuis la
création de l’entreprise. En effet, de nombreux changements ont eu lieu aussi bien sur le
plan humain, matériel ou juridique.
Néanmoins, depuis son origine, l’entreprise a le même objectif : faciliter le travail
des agriculteurs en travaillant ensemble et en partageant les différentes tâches. Au fil du
temps, chaque agriculteur se spécialise naturellement vers un travail qu’il apprécie plus
particulièrement ou dans lequel il est plus doué que les autres.
L’entreprise a été créée en octobre 1996. A l’époque, elle s’appelait la CUMA des
Champs de Charmes et comptait 4 associés : Mrs NORMAND Jean-Marie, QUANTIN
Didier, ROUSSEL André et MEOT Gérard.
Fin 1998, ce dernier a voulu se lancer dans la culture biologique et a donc quitté la
CUMA. Il a été remplacé début 1999 par Mr JARDEL Jean-Marc, mon maître de stage.
Lorsque les associés étaient en CUMA, le travail des quatre exploitations² était
effectué en commun et les divers matériels étaient acquis par la CUMA.
Chaque associé gardait une comptabilité propre à son exploitation. Il décidait luimême des céréales à ensemencer, des traitements à effectuer, etc…
Le 1er Février 2004, la CUMA des Champs de Charmes, a été transformée en
GAEC : Groupement Agricole d’Exploitation en Commun qui a été dénommé « GAEC DE
LA BELLE PIERRE »
La différence entre la CUMA et le GAEC porte essentiellement sur la mise en
commun des revenus.
En effet, avec le GAEC, tout est mis en commun : le matériel et les différentes
exploitations.
Il n’existe plus qu’une seule comptabilité.
Le travail, les achats tant de matériel que de semences ou de produits phytosanitaires
sont décidés par tous les associés.
L’avantage est aussi de recevoir une rémunération mensuelle (ce qui n’est pas le cas
pour une exploitation individuelle), ainsi que le partage des bénéfices en fin d’année.
En mars 2008, les statuts du GAEC de la BELLE PIERRE ont été modifiés car l’un
de ses associés, Mr ROUSSEL, est parti à la retraite.
1.3 Organisation générale
Dans l’entreprise, les différents associés sont tous au même niveau. Il n’y a pas de
président, ni directeur, ni trésorier ; il n’existe pas d’organigramme de la société
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Chacun peut donner son avis et peut ne pas être d’accord avec les autres.
Ainsi, ici, la notion de partage des tâches est essentielle comme expliqué ci-dessus.
Figure 2 Les trois agriculteurs du GAEC
1.4. Les métiers de lʼentreprise
Les différents associés sont tous bien sûr des agriculteurs. Néanmoins, un agriculteur
doit avoir de nombreuses compétences dans différents domaines d’où l’intérêt de ce
regroupement. En effet, il faut entre autre des connaissances en mécanique (pour réparer le
matériel), en comptabilité (pour le maintien à jour des stocks, des factures), en physique
chimie (avec les nombreux traitements) ou encore en végétal (avec les nombreuses variétés).
Pour résumer, un agriculteur moderne se doit d’être complet. Le regroupement, lui,
emmène un peu de confort avec théoriquement moins de travail.
1.5 Une technologie à la hauteur de lʼexploitation
Le regroupement d’agriculteurs permet aussi d’avoir une technologie adaptée à leurs
besoins, technologie qui peut être renouvelée plus souvent grâce à l’amortissement plus
rapide du matériel.
Néanmoins, une grosse exploitation entraîne du matériel plus performant et donc
plus cher.
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Figure 3 Le nouveau semoir
1.6 Une exploitation céréalière
Le GAEC est une exploitation qui cultive avant tout des céréales comme le blé,
l’orge de printemps et l’orge d’hiver ou encore du maïs. Néanmoins, le GAEC produit aussi
des légumineuses et des graines oléagineuses comme le colza et le tournesol. Par contre, la
maïs se récolte au mois de novembre et le tournesol au mois d’octobre. De plus, toutes les
productions de l’entreprise ne se sème pas au même moment dans l’année.
Le GAEC exploite environ 700 hectares² avec les jachères comprises. De plus,
depuis cette année, il fauche également 125 hectares supplémentaires d’un autre agriculteur
qui ne possède plus de moissonneuse batteuse.
1.7. Evolution des productions et du chiffre dʼaffaires
La production du GAEC est bien entendu les céréales qui sont vendues à la
coopérative DIJON CEREALES. Il y a 4000 agriculteurs adhérents. Le GAEC a des contrats
avec cette entreprise pour certaines variétés de qualité : il doit alors obligatoirement exécuter
les termes du contrat : le nombre de traitements préconisés, le nombre de quintaux souhaités.
Tous les ans, les productions ne changent guère ; le GAEC cultive toujours à peu
près le même nombre d’hectares de chaque variété.
La récolte varie suivant la météo et/ou les traitements (mais surtout la météo). Celleci joue un rôle essentiel dans les rendements car une année ne ressemble jamais à une autre.
De plus, de nombreuses parcelles du GAEC sont sujettes à la sécheresse et d’autres
contiennent des cailloux (sur la roche) ce qui nuit aux rendements.
Au niveau du chiffre d’affaires, celui-ci est influencé par les rendements mais aussi
par les prix. Les prix des céréales ont augmenté en 2007 mais depuis de nombreuses années,
le cours du blé chutait. Tout ceci a entrainé la baisse du chiffre d’affaires de 2004 à 2006 ce
qui se voit bien sur le tableau récapitulatif dans les annexes
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II. Présentation du projet de travail
Dans le GAEC, je n’étais qu’un simple ouvrier et d’ailleurs le seul. J’ai travaillé en
contact avec les trois agriculteurs qui sont dans l’entreprise. Chacun n’a pas de rôles
spécifiques à part entière et ils alternent les travaux. Cependant, suivant les saisons,
certaines personnes font un peu toujours la même activité. Mr QUANTIN conduit par
exemple la moissonneuse pendant pratiquement toute la moisson. Mr NORMAND est
pratiquement le seul à semer et à labourer. Mr JARDEL, par exemple, s’occupe beaucoup
plus des papiers administratifs et des traitements dans les champs.
Tout le long de l’année, ils ne sont que trois sur l’exploitation mais pendant l’été,
pour pouvoir suivre le rythme de la moissonneuse-batteuse ou encore préparer les champs
pour les nouveaux semis, ils doivent faire appel à du personnel. Ce que je fais depuis cinq
ans.
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2.1 Lʼenvironnement
L’environnement principal de mon stage est bien sûr la plaine en général, aussi bien
sur le territoire du village de l’exploitation (SACQUENAY) que dans les territoires des
villages alentours. C’est un lieu de travail sain, sans pollution des grandes villes, avec la
tranquillité associée.
Je suis aussi resté dans mon village natal ce qui engendre plusieurs avantages : la
connaissance de la plaine et des environs, la proximité de la famille.
Figure 4 La plaine de SACQUENAY
2.2 Les locaux
Le local principal est bien entendu la ferme avec le hangar (pour ranger le matériel
agricole) associé à l’atelier, lieu indispensable dans une ferme pour réparer et entretenir le
matériel agricole.
Ensuite, il y a toutes les granges ou hangars annexes qui servent de lieux de stockage
pour les céréales mais également de rangement du matériel agricole. Ces granges
appartiennent naturellement aux différents membres du GAEC.
Il y a ensuite un local particulier appelé le « local phyto » obligatoire dans toutes les
fermes aujourd’hui avec de plus la cuve de rétention. Ces deux endroits sont soumis à des
normes auxquels toutes les exploitations doivent se plier. Le « local phyto » sert à entreposer
tous les produits de traitement sans exception et la cuve de rétention est obligatoire pour
toutes les cuves qui contiennent des engrais liquides.
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Enfin, il y a une pièce appelée «le bureau » à côté de l’atelier dans laquelle sont
réalisées toutes les opérations administratives ou encore l’accueil des différents
représentants financiers, agricoles.
Figure 5 Le "bureau"
2.3 Le matériel
Le matériel est composé de divers engins agricoles : tracteurs, outils pour le travail
du sol, pour la moisson ou encore pour les traitements.
Le GAEC possède quatre tracteurs principaux avec des puissances allant de 145 à
250 chevaux. Ces quatre engins sont les plus utilisés tout au long de l’année pour les
différents travaux des champs. Ce sont des tracteurs assez puissants par rapport à la
moyenne des exploitations françaises mais ils doivent correspondre à la taille de
l’exploitation.
En effet, l’exploitation étant relativement importante, il est donc nécessaire pour
effectuer un travail du sol correct et rapide, de posséder du matériel agricole à trainer ou à
porter assez large. Cette largeur conséquente entraîne du poids supplémentaire et donc la
nécessité d’avoir des tracteurs puissants.
En outre, il faut obligatoirement d’autres outils à atteler derrière les tracteurs pour
travailler les sols : il y a donc entre autres, une charrue², un décompacteur², un chargeur², un
déchaumeur², des rouleaux²…
L’utilisation de certains de ces outils sera plus développée dans le rapport détaillé de
l’activité.
Le matériel est également composé d’engins spécialisés comme l’automoteur², ou
encore la moissonneuse-batteuse².
Ce sont trois engins agricoles très spécifiques qui ne servent que dans un seul
domaine : l’automoteur est utilisé pour les traitements des parcelles, la moissonneusebatteuse sert bien entendu à récolter les céréales pendant la moisson.
Dans l’atelier se trouvent tout le petit matériel indispensable pour une ferme : des
graisseurs, des outils, des perceuses, des compresseurs. Tous ces objets sont nécessaires à
l’entretien des machines agricoles. En effet, dans une ferme, l’entretien quotidien est
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obligatoire pour limiter les risques de casse inutiles et pour garder le matériel en bon état de
fonctionnement.
Dans une ferme, l’autre type de matériel à ne pas négliger est la pompe à gasoil. Au
GAEC, il n’y en a pas moins de 4 ou 5. Elles sont placées bien entendue à côté des cuves. Le
gasoil est très important dans une ferme.
Pour information, le réservoir d’un tracteur moyen du GAEC a une contenance de
300 litres ; on consomme entre 15 et 20 litres par heure suivant le travail effectué.
Le carburant reste indispensable malgré les hausses répétées de son prix.
Figure 6 Une partie du matériel
2.4 Les tâches
Les tâches qui m’ont été confiées ont toujours été liées en majorité, à la conduite des
engins agricoles, développées ci-après dans le rapport détaillé.
III. Rapport détaillé de lʼactivité
Mon rôle au sein de l’entreprise est simple : ouvrier agricole.
Mon travail se décompose en 2 activités principales : la moisson et le travail du sol
dans les champs.
3.1 La moisson
Pendant la moisson, mon rôle est d’assurer le transport des céréales des parcelles
jusqu’aux différents lieux de stockage. Ces différents lieux peuvent prendre plusieurs
formes, soit des silos appartenant aux coopératives soit des granges, hangars appartenant au
GAEC.
Pour ce faire, je conduis différents tracteurs avec lesquels on tracte des bennes. Ces
bennes ont des capacités de 12 à 21,5 tonnes (une de 12 tonnes et deux de 21,5 tonnes)
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Nous partons en général en moisson vers 11h. C’est l’heure idéale car avant, les
céréales ont un degré d’humidité trop élevé dû à la nuit.
Il faut savoir que les céréales qui sont livrées à la coopérative doivent respecter un
certain taux d’humidité, variable en fonction de la variété des céréales (Blé : 15,5 ; Orge :
15, Colza : 9)
A l’arrivée au silo, un échantillon de grains est prélevé et contrôlé. Les points de
contrôle diffèrent suivant la céréale. Dans tous les cas, on mesure le taux d’humidité et
d’impuretés ; pour le blé, on recherche également les protéines, le poids spécifique ; pour les
orges d’hiver et de printemps, le calibrage
Si les grains ne sont pas assez secs et/ou trop petits, il y aura une retenue effectuée
sur le prix de la benne livrée
Aujourd’hui, il existe de nombreuses normes pour les déplacements des
moissonneuses-batteuses sur les routes car ce sont de gros engins.
Une voiture avec un ou plusieurs gyrophares sur laquelle doit être installé une
pancarte « convoi agricole » doit précéder la moissonneuse batteuse.
Suit ensuite un tracteur qui traîne la coupe de la moissonneuse car une moissonneuse
qui possède une grande coupe doit obligatoirement l’enlever sur la route.
Vient ensuite la moissonneuse et enfin les tracteurs avec les bennes.
Cette année, le GAEC a investi dans une nouvelle moissonneuse : la CLAAS Lexion
600 avec une coupe de 9 m.
Figure 7 La moissonneuse Lexion 600
Une fois arrivé dans la parcelle, c’est le même rituel. Le conducteur du tracteur avec
la coupe se place de telle manière que la moissonneuse puisse atteler celle-ci.
Ensuite, dans le champ, il existe deux scénarios : on vide les céréales dans les bennes
soit en roulant soit à l’arrêt.
A l’arrêt, c’est assez simple puisqu’il suffit de se placer correctement en bout de
parcelle.
Quand on vide en marche, il faut rester à une vitesse constante dictée par la vitesse
moyenne de la moissonneuse. Cette année, en fonction des parcelles, on a vidé entre 3 et 8,5
km/h.
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Figure 8 Vider en marche
Cela peut paraître lent mais à cette vitesse, c’est très impressionnant. Il faut faire très
attention afin que la graine ne tombe pas à côté de la benne.
La trémie de la moissonneuse batteuse a une capacité de 12000 L. Mais suivant le
poids spécifique des grains, on peut mettre plus ou moins de céréales dans la trémie et donc
dans la benne. Il faut en général 2 trémies et demie pour remplir les bennes de 21 tonnes,
une trémie et demie pour la benne de 12 tonnes.
A vide, en fonction du poids du tracteur et de la grosseur de la benne, on oscille entre
de 11 tonnes et 17 tonnes. A charge complète, on monte jusqu’à 39 tonnes. Il faut donc être
assez prudent car il faut pouvoir s’arrêter à tout moment et on ne freine pas avec 39 tonnes
comme avec une voiture.
Une fois la benne remplie, soit on livre au silo², soit on stocke dans les granges.
Figure 9 Vider à l'arrêt
3.1.1 Les silos
Toutes les livraisons aux silos s’effectuent de la même manière.
Lorsque nous arrivons, nous passons déjà sur une bascule. Il faut peser le poids du
tracteur et de la benne à charge.
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Pendant ce temps, nous allons
donner un document au responsable du silo :
c’est un acquis ou céré-trace. Sur ce
document est indiqué le nom de l’entreprise
qui livre, le nom de la parcelle, le type de
céréale, la variété et enfin si la céréale fait
l’objet d’un contrat avec la coopérative.
Figure 10 Sur la bascule au silo
Le responsable du silo prend alors un échantillon dans la benne pour mesurer le
poids spécifique, l’humidité, le pourcentage d’impureté, etc.
Nous nous dirigeons ensuite vers la fosse désignée par le responsable. Tous les silos
n’ont pas le même nombre de fosses : elles varient souvent entre 1 et 4 dans la région.
Ensuite, il existe différents types de silos : de stockage, de collecte…(voir annexes)
Une fois arrivé sur la fosse, soit on
vide directement dedans, soit on attend que la
fosse se vide si la céréale livrée juste avant
n’est pas de la même variété
Dans la plupart des silos du canton, les
fosses ne sont pas assez grandes pour vider
nos grosses bennes en une seule fois. Il faut
donc faire attention à la grosseur du trou pour
ne pas le remplir trop vite et mettre de la
graine à côté.
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Figure 11 Vider dans la fosse au silo
On retourne ensuite sur la bascule pour repeser l’attelage à vide.
Le responsable du silo nous donne alors toutes les informations relatives à l’apport :
le poids total des céréales livrées et les résultats des différentes informations recueillies
grâce à l’échantillon.
Il ne nous reste plus qu’à retourner dans les champs pour continuer.
3.1.2 Le stockage personnel
Le stockage est de plus en plus plébiscité par les agriculteurs (pour ceux qui ont des
bâtiments adéquats). Il permet de conserver la graine chez soi pour gagner une majoration
sur le prix de la graine. Les céréales peuvent rester pendant plusieurs mois dans les granges
ou hangars suivant le besoin des coopératives. Il faut donc faire attention que la graine ne
chauffe pas trop. Pour cela, on utilise des colonnes de refroidissement.
Figure 12 Le stockage: tout un art
Le stockage demande une plus grande dextérité car il faut manœuvrer correctement
en reculant et ce n’est pas toujours très facile avec une grande benne.
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Dans les granges avec un accès plus difficile, je demande à une personne de me
guider. Je pourrais y arriver tout seul mais je mettrais plus de temps pour reculer et donc la
moissonneuse devrait quelquefois attendre mon retour.
Le stockage a été plus simple cette année que les précédentes. En effet, auparavant,
nous devions vider progressivement la graine dans la sauterelle² et il nous fallait environ 15
à 20 minutes pour que la grosse benne soit totalement vide.
Cette année, Mr NORMAND et Mr QUANTIN ont créé un poussoir qui se
positionne sur l’avant du chargeur.
Ce poussoir est d’une grande utilité car nous avons pu cette année nous passer de
sauterelle. Nous vidions directement la totalité de la benne au pied du tas de grain et ensuite,
on repoussait le tas grâce au poussoir. Personnellement, je n’ai pas utilisé celui-ci.
Ainsi, lors du stockage, j’arrivais vers la grange ou le hangar avec ma benne
remplie. Je reculais, je vidais et je repartais directement dans les champs. A chaque fois,
c’était l’agriculteur qui me suivait qui poussait le tas avant de reculer et vider sa benne.
Autre possibilité, sur certains lieux de stockage et à certains moments, une personne
restait toujours au pied du tas de grain. Il aidait le conducteur à reculer sa benne, à vider et
c’est lui qui repoussait le tas. Cela nous faisait gagner un temps précieux.
Personnellement, je préfère aller vider au silo pour la simplicité bien que nous ayons
un ou deux lieux de stockage qui sont très faciles d’accès même en reculant.
3.2 Le travail du sol
Après la moisson et même pendant, il faut déjà penser à la préparation des champs
pour l’année culturale suivante. Nous commençons en priorité par les champs qui sont
destinés à recevoir du colza. En effet, le colza est la première céréale semée dans notre
région vers fin août - début septembre.
Le seul outil du sol que je n’ai jamais utilisé est la charrue pour le labour.
Autrement, je sais utiliser les différents déchaumeurs, les rouleaux, herses rotatives.
Ces différents engins ont une envergure entre 6 et 12 mètres lorsqu’ils sont dépliés.
Ce sont les rouleaux qui ont la plus
grande envergure. Tous les ans, il faut
toujours un petit temps d’adaptation car 12
mètres, c’est vraiment très large et on croise
assez rapidement ou on oublie un petit bout
du champ. Le début est toujours assez
stressant mais après deux ou trois tours, on
reprend nos repères et on est beaucoup plus
détendu au volant.
Figure 13 Les rouleaux
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Pour les différents travaux du sol, il faut toujours avoir un repère comme le garde boue
ou encore la poignée de porte (ça dépend du tracteur, du travail effectué, etc.). Ce repère
permet d’aller le plus droit possible. La ligne droite n’existe pas mais il faut s’en rapprocher
le plus souvent. Il ne faut pas trop croiser le passage précédent et en même temps garder une
petite marge de sécurité pour ne rien oublier.
Quelque soit le matériel utilisé, il faut toujours bien regarder s’il n’y a pas de
problème comme par exemple un amas trop important de terre dans le matériel ou encore un
gros caillou qui pourrait endommager la matériel en passant dessus.
Enfin, il faut faire attention aux limites de propriété : il ne faut pas travailler le
champ du voisin.
Cette année, j’ai beaucoup passé les
herses rotatives. En effet, c’est un outil qui est
utilisé après le labour. Comme il a beaucoup
plu au mois d’août, de nombreux labours ont
pu être effectués
Figure 14 Les herses rotatives
Le fonctionnement et/ou la mise en route du matériel agricole se fait de deux
manières : soit par la prise de force à l’arrière du tracteur soit par des systèmes hydrauliques
ou pneumatiques. Dans toutes les cabines de tracteurs, nous avons des accès à ces systèmes
et nous pouvons alors décider de toutes les actions à faire sur le matériel.
3.3 Le matériel agricole : des outils exigeants mais simples
3.3.1 Entretien du matériel
Il faut entretenir de façon régulière les engins agricoles : il faut graisser, souffler la
poussière et la paille qui s’accumulent sur les tracteurs et affectent le fonctionnement de
ceux-ci.
Pour ma part, je n’ai pas
réellement participé à ces entretiens
journaliers. Je me contentais de remplir
le réservoir de carburant.
Même constat pour l’attelage des
différents matériels au tracteurs : ce sont
les trois agriculteurs qui s’en occupaient.
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Figure 15 Entretien du déchaumeur
3.3.2 Une conduite similaire aux voitures
Les tracteurs, au point de vue pilotage, sont identiques aux voitures. Chaque tracteur
a une pédale de débrayage, une pédale de frein, une pédale d’accélérateur et un volant (en
position centrale). Ensuite, selon les tracteurs, les systèmes de transmission diffèrent. En
effet, sur les deux tracteurs Renault, il y a un levier de vitesse normal et il faut passer les
vitesses en débrayant (transmission manuelle). Sur le tracteur Fendt, c’est une transmission à
variation continue: le système Vario ; tout est géré électroniquement et pour avancer ou
reculer, c’est un joystick. Enfin, sur le tracteur Claas de 250 chevaux, la boite de vitesse est
de type powershift : on ne débraye pas pour passer les vitesses et on appuie sur des boutons
pour monter ou descendre les vitesses.
Ensuite, tous les tracteurs ont ce qu’on appelle des bras de relevage. Ces bras servent
à soulever le matériel du sol utilisé.
Dans la cabine, nous avons un cadran et des boutons qui permettent de régler la
hauteur du relevage sur la route, en bout de champ et en travail du sol. Il faut alors l’adapter
suivant le travail à effectuer.
Bien entendu, pour tous les matériels traînés, ces bras de relevage ne servent à rien.
Enfin, les conducteurs de tracteurs ont pour obligation d’allumer le gyrophare orange
sur les routes.
3.3.3 L’électronique : une place importante dans le monde agricole
Aujourd’hui, tous les engins agricoles motorisés ont un minimum d’électronique.
C’est d’ailleurs aussi la première cause de pannes dans l’agriculture d’après une récente
étude. L’électronique embarquée des voitures a d’ailleurs souvent été testé sur des tracteurs
avant d’arriver sur le marché automobile.
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Concrètement, sur l’exploitation du GAEC, comme il y a du matériel assez récent,
l’électronique est partout présent.
Tout d’abord, même sur les transmissions manuelles, les tracteurs ont des vitesses
électroniques (en appuyant sur un bouton) entre chaque vitesse principale passée en
débrayant.
Pour régler la hauteur des bras de relevage, on passe aussi par des boutons qui sont
associés à des cartes électroniques.
Enfin, dans les engins spécialisés comme par exemple la moissonneuse-batteuse, la
plupart des actions sont gérées par l’électronique : le guidage automatique, la remontée et la
descente de la coupe, la puissance du moteur…
Figure 16 Un exemple de console
En outre, dans l’agriculture, tout ce qui se rapporte à l’électronique est très souvent
défini en bloc : un bloc pour la puissance, un bloc pour la transmission, etc. Ainsi, lorsqu’il y
a une panne, on change le bloc en entier.
J’ai regardé différentes documentations données aux agriculteurs avec les engins. La
liste des différents blocs avec leurs fonctions et les pannes qui peuvent survenir est très bien
indexée mais l’intérieur de ces boîtes reste mystérieux. A l’inverse des parties mécaniques
où même des toutes petites pièces sont notées, on ne trouve nulle part le détail des cartes
électroniques en elle-même.
J’en ai parlé avec un technicien d’une marque de tracteur ; les causes sont toutes
simples : il n’y a pas assez de techniciens en électronique qualifiés en agriculture à la
différence de la mécanique et aussi pour une raison de coût : il serait souvent aussi cher de
trouver la carte défectueuse que de changer tout le bloc.
3.4 Aspect physique et moral
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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3.4.1 Difficultés et appréhensions
Je n’ai pas eu de réels problèmes ou difficultés. En effet, c’est le cinquième été que je
suis ouvrier agricole sur l’exploitation et donc je suis plutôt habitué aux maniements du
matériel.
Néanmoins, lorsque je n’utilise pas un matériel pendant une ou deux semaines, je
ressens quelques instants de stress le temps de retrouver mes repères pour le gabarit du
matériel tant sur route que dans la parcelle.
En outre, le stockage dans les granges ou les hangars étant un peu plus technique, les
premiers temps sont aussi synonymes de stress.
3.4.2 Horaires et conditions de travail
Etant ouvrier agricole, je ne pouvais pas avoir d’horaires fixes. Les horaires
dépendent de deux facteurs : la météo et l’avancement des travaux.
Durant la période de moisson de fin juin à début août, comme dit plus haut, on
démarre toujours à peu près à la même heure : 11 heures. Ensuite, suivant que les céréales
soient assez mûres ou pas, le temps de travail est très variable. Je peux ne pas travailler de la
journée ou alors travailler jusqu’à minuit.
Ensuite, pendant le mois d’août, on peut avoir des horaires plus réguliers : de 8 à 9
heures jusqu’à 19 ou 20 heures avec une pause pour manger.
Là encore, les horaires diffèrent encore suivant la météo et l’avancement des travaux.
L’ambiance générale au sein de l’entreprise a été plus que positive. Pendant les
quatre étés précédents et cet été en particulier, j’ai appris à connaître de plus en plus chaque
personne. Nous avons tissés de réels liens d’amitié.
La moisson est une période propice à la discussion, aux rencontres : par exemple
dans les silos avec les responsables ou les autres livreurs mais aussi dans les champs : tous
les repas sont pris en commun ; dans la voiture suiveuse, on emmène des glacières, des
chaises et une table. On mange ainsi ensemble midi et soir dans la plaine avec toujours au
moins deux chauffeurs : un dans la moissonneuse et un dans un tracteur.
A l’inverse, au mois d’août, pendant les travaux du sol, il faut aimer la solitude car
on est tout seul dans le tracteur jusqu’à cinq ou six heures d'affilée.
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Conclusion
Ce stage m’a permis de travailler pour la cinquième année consécutive dans la même
entreprise et dans le monde agricole. Malgré tout, des périodes de stress sont revenues
comme tous les ans même si la convivialité les fait vite oubliés.
Néanmoins, ce stage m’a aussi confirmé mon souhait de travailler plus tard dans
l’électronique bien entendu mais aussi dans le monde agricole car aujourd’hui, ce domaine
est présent partout dans l’agriculture.
Annexes et illustrations
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Rendement (quintaux/ha)
Colza
Blé
Orge Hiver
Orge Printemps
Surface (ha)
Colza
Blé
Orge Hiver
Orge Printemps
Total (ha)
Chiffre d'affaires hors taxes
(euros)
2006
2005
29,43
61,68
71,91
36,15
201,95
220,33
101,29
63,76
587,33
39,55
65,91
79,57
65,18
196,14
215,19
99,60
75,46
586,39
635651
33,18
64,50
74,81
52,59
181,47
273,05
84,05
55,13
593,7
646845
moyenne
30,55
65,90
72,96
56,44
2004
193,19
236,19
94,98
64,78
589,14
720693
667730
Figure 17 Tableau récapitulatif des années précédentes
Figure 18 La classification des silos
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Glossaire
Exploitation agricole
Une entreprise, ou partie d'une entreprise, constituée en vue de la production agricole
et caractérisée par une gestion unique et des moyens de production propres.
Hectare
Equivaut à 10 000 mètres carrés. C'est la surface d'un carré de 100 mètres de côté.
Moissonneuse-batteuse
Machine agricole automotrice destinée à la récolte des céréales, en une seule
opération. Elle permet de réaliser simultanément la moisson et le battage.
Silo
Réservoir de stockage destiné à entreposer des céréales.
Sauterelle
Type de bande transporteuse. C’est un tapis roulant pour monter de la graine en
hauteur. Gros inconvénient : la vitesse du tapis ; il faut 20 minutes pour vider une benne de
21 tonnes.
Automoteur
Permet de désherber, de traiter contre les maladies, de détruire les insectes nuisibles
aux cultures, ou d'appliquer des engrais foliaires.
Chargeur
Il comporte un corps automoteur articulé et une benne de grande taille à l'avant.
Celle-ci, aussi appelée godet, peut effectuer un mouvement vertical et pivoter autour de son
axe porteur.
Charrue
Matériel agricole servant à labourer les champs. Le labour permet d'ameublir la terre
et de la préparer à recevoir le semis. Il permet d'enfouir également les résidus des cultures
précédentes et les mauvaises herbes.
Rouleau
Matériel agricole servant à briser les mottes et tasser le sol. Il est composé d’une
succession de petits disques
Déchaumeur
Matériel agricole utilisé pour le travail superficiel du sol destiné à enfouir les restes
de paille pour favoriser leur décomposition.
Décompacteur
NORMAND François/ stage ouvrier EPU Nice Sophia / été 2008
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Outil de travail du sol, tracté, destiné à décompacter, aérer les sols trop compactés et
à casser les semelles de labour quand elles existent.
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