L`informatique embarquée

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L`informatique embarquée
à36 Région
- Ecotaxe : l‘économie en péril
- L‘Europe s‘engage en Bretagne
à40 Gros plan
Elle est jeune et
vient de créer sa boîte
à42 Enquête
Nº188àSEPTEMBRE 08à4,20 E
E-recrutement :
frilosité des PME
Un marché en plein bouillonnement
L‘informatique embarquée
édito
sommaire
eux grandes faiblesses caractérisent le
commerce extérieur
français.
D
ACTUALITÉS
A L’AFFICHE
FOCUS : Le secteur de la biscuiterie
AILLEURS : Le pôle Cancer-Bio-Santé (Toulouse)
5
14
18
....................................................................................................................................................................................
...............................................................................
..........................
ENTREPRISES
Valor Environnement (22) valorise les gravats
Harris-Briochin (22) mise sur la valeur ajoutée
GH Diffusion Emballage (35) innove
..........................................
...........................................
...................................................................................
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DOSSIER
L’informatique embarquée recouvre à la fois
les logiciels et les systèmes embarqués
Entretien : Jean-Luc Fleureau, délégué de l’association
Jessica France pour la Bretagne
..................................................
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...................................................................
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RÉGION
Ecotaxe : l’économie en péril
Les fonds européens pour la Bretagne en 2007-2013
Développement durable : Facet Ingénierie (29)
..............................................................................................................
............
...................................
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37
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GROS PLAN
Bellidays (35), un service touristique haut de gamme
..................
JURIDIQUE :
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Simplification de la rupture du contrat de travail
ENQUÊTE : L’e-recrutement, une vitrine pour se valoriser 42
......
Nouvelle adresse : [email protected]
Responsable Publication :
VÉRONIQUE MAIGNANT : 02 99 25 41 39
Assistante rédaction et développement :
ANNIE RENAULT
Ces constats révèlent plus largement la nécessité
de renforcer le soutien et l’accompagnement
des PME dans leur développement et gain de
compétitivité en matière d’innovation et d’action
internationale.
C’est pour répondre à ces enjeux que des
dispositions ont été prises par le gouvernement
pour renforcer l’efficacité des dispositifs publics
d’aides afin qu’ils jouent un rôle moteur,
notamment dans l’internationalisation des PME.
Confiée à Ubifrance, cette mission s’appuie sur
une politique structurelle de coopération avec
les partenaires de l’export, notamment en région.
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PRATIQUES
..............................
Trop peu d’entreprises et
notamment de PME exportent et notre présence sur
des continents à forte croissance (Amérique, Asie) est très insuffisante.
Le réseau des CCI, fort de son implantation
territoriale en France et à l’étranger, de sa proximité et connaissance des entreprises et de son
expertise à l’international, s’est engagé dans ce
partenariat. Il se concrétise en région par une
collaboration étroite pour répondre de manière
encore plus opérationnelle aux enjeux, en :
- accroissant le nombre d’entreprises accompagnées sur les marchés étrangers et en particulier les primo-exportateurs,
- orientant et conseillant les entreprises par des
services à valeur ajoutée,
- poursuivant le développement du dispositif VIE
(Volontariat International en entreprise).
Ont collaboré à ce numéro :
S. CHAPE - C. CHERON - A. LETESTU - V. MAIGNANT
S. MARSHALL – Y. POUCHARD - V. ROLLAND
EDITION “BRETAGNE ECONOMIQUE”
CRCI : 1, RUE DU GÉNÉRAL GUILLAUDOT
CS 14422 • 35044 RENNES CEDEX
Publicité : 02 99 25 41 36
Couverture : GARMIN LTD
Rédaction :
Tél. 02 99 25 41 37 - Fax 02 99 63 35 28
e-mail : [email protected] fr
Directeur de la publication :
JEAN-FRANÇOIS LE TALLEC
Maquette de couverture : HOKUS POKUS
Création, maquette & photogravure :
ODÉBI
Impression : CLOÎTRE IMPRIMEURS
Directeur délégué :
RÉMI BILGER
Comité de rédaction :
JACQUES FEUNTEUNA – YOUENN LE BOULC’H
PHILIPPE SERDET – VANESSA ERMEL
MARIO PIROMALLI – RONAN PERENNOU
PATRICK SOLO – FRANÇOIS CLÉMENT
La convention régionale signée le 3 juillet en
Bretagne entre l’Etat, Ubifrance et la CRCI de
Bretagne confirme cette évolution. Elle souligne
également au travers de ce partenariat, la volonté
d’Ubifrance et de CCI International de renforcer
les synergies entre les acteurs présents en région
pour simplifier et adapter l’offre de services aux
attentes des entreprises et accroître la lisibilité et
l’efficacité des actions conduites dans le cadre des
dispositifs publics.
Jean-François LE TALLEC
Président de la CRCI Bretagne
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
AVEC LES SOLUTIONS DU GROUPE LA POSTE,
BRETAGNE TELECOM OPTIMISE LA GESTION DE SES FACTURES
PUBLI-INFO
“Avec Maileva, on gagne la TVA”
Avec 3 000 clients “entreprises”
répartis sur tout l’Ouest, Bretagne
Télécom a choisi la solution Maileva
pour l’envoi de ses factures. Un gain
financier pour cette entreprise innovante installée à Saint-Gilles près
de Rennes mais surtout l’assurance
que toutes les factures soient distribuées en temps et en heure à leurs
destinataires.
De G à D, Frédéric Leguet, chargé de comptes à La Poste et Nicolas Boittin, associé majoritaire de Bretagne Télécom
Bretagne Télécom est née en
2003 de la rencontre de deux hommes,
Nicolas Boittin et François Chevallier,
aujourd’hui associés majoritaires à 50/50
avec 60 % du capital.
“La connaissance technique de la voix sur
IP, c’est notre domaine, explique Nicolas
Boittin. La téléphonie sur Internet permet de proposer une alternative à l’offre
de France Télécom, d’un coût inférieur de
30 %". Comment ? "Avec cette technologie, tous les appels sont centralisés sur
un seul gros centre téléphonique. La
réduction du nombre d’autocoms,
notamment dans les entreprises multi
sites, améliore leurs services mais surtout
réduit leur facture d’installation et de
maintenance. Avec nos clients, nous
repensons leur architecture téléphone.
Tout appel entrant peut être automatiquement basculé vers un mobile ou un
PC. Dans ce dernier cas, un message
s’affiche sur l’écran du collaborateur indiquant que quelqu’un cherche à le joindre.
L’accueil et les services qui en découlent
s’en trouvent sérieusement améliorés”
Cette qualité de service alliée à une proximité clients “stratégique” ont permis à
Bretagne Télécom, en 2006, de lever 1,2
million de fonds auprès de Ouest
Ventures, un fond régional d’investissement. “On a voulu attaquer plus vite, plus
fort et surtout consolider notre réseau”
précise Nicolas Boittin et ce renforcement capitalistique à hauteur de 40 % a
permis à la PME d’atteindre son objectif. En 2 ans, elle est passée de 9 à 17
salariés et a gagné quelque 2 000 clients,
comme les agences BMW du Grand
Ouest ou les établissements Maurice
Théaud. Son CA d’1 million d’euros en
2005/2006 a plus que doublé sur cette
période pour atteindre 2,1 millions en
2007/2008. En parallèle, elle a ouvert
deux agences, à Toulouse et Bordeaux.
2 000 factures mensuelles
adressées en un seul clic
Bretagne Télécom est sur une activité
récurrente avec un système d’abonnements qui nécessite chaque mois l’envoi
de 2 000 factures par La Poste, une majorité étant adressée par Internet. Conscient
de la charge qui incombe au service
comptabilité, Frédéric Leguet, chargé de
comptes à La Poste, a rapidement proposé à son client la solution Maileva pour
l’envoi de ses factures. Les gains de
temps et d’argent ont rapidement
convaincu ses responsables. “Tous les
mois, Angeline Druais, la responsable
comptable, prépare un fichier PDF contenant les factures à faire partir ainsi que le
fichier adresses. Elle se connecte depuis
son PC à Maileva, s’identifie et nous
Pour toute demande de diagnostic ou renseignement
sur les solutions Courrier du groupe La Poste,
n’hésitez pas à composer le 36-34
(0,34 euro TTC la minute à partir d’un téléphone fixe)
transfère son fichier de préférence avant
14 heures pour un départ le jour même.
Chaque facture comporte un code barre
qui offre ainsi la possibilité de tracer les
envois un par un.”
“J’ai adopté Maileva en février dernier,
poursuit Angeline Druais. Nous avons
5 000 clients et 5 types d’abonnement
selon les services rendus (de la simple
voix trafic sortant à l’hébergement de
site en passant par la location du matériel). Désormais, grâce au système de
suivi, je suis certaine que mes clients
reçoivent leur facture. En cas de problème technique, je suis immédiatement
prévenue des rejets éventuels. Pour la
relance, c’est beaucoup plus facile et
surtout c’est 20 % d’économie par rapport à un imprimeur, soit l’équivalent de
la TVA. De plus, la qualité d’impression en
couleur, recto verso, est très propre et le
papier assez luxueux. C’est important
pour l’image de la société.”
Ainsi, avec le concours de Maileva,
Bretagne Télécom a réussi à optimiser
l’envoi de ses factures et d’une manière
générale l’envoi de son courrier. En effet,
suite aux conseils de Fréderic Leguet, la
collecte du courrier mais aussi l’envoi
des colissimos sont assurés par les services de La Poste. C’est, quotidiennement, encore une demi-heure de gagnée
pour notre responsable comptable !
Le réseau des CCI
ILLE-ET-VILAINE
CRÉATION ET REPRISE D’ENTREPRISE
Co-organisées par la CCI Rennes Bretagne et le Club des Créateurs et Repreneurs
d’Ille-et-Vilaine, les Journées Régionales de la Création et Reprise d’Entreprise sont devenues au
fil des années le rendez-vous de tous les acteurs du secteur. Futurs artisans, commerçants,
prestataires de services, professions libérales (7 500 visiteurs en 2007), tous les profils de porteurs
de projets s’y retrouvent. Ici, l’approche concrète prime sur la théorie : s’informer (+ de 100
animations), et surtout tisser son réseau, essentiel à tout entrepreneur. Pourquoi cet engouement ?
Créer ou reprendre reste
une manière passionnante
MORBIHAN
de se réaliser. Chaque année, plus de 12 500 personnes franchissent le pas en Bretagne. Les JRCE conjuguent le plaisir
TOURISME
d’entreprendre et l’innovation sous toutes ses formes : Joël
Renault, fondateur de Delta Dore, spécialiste de la domotique,
parraine l’édition 2008.
CONTACT : Info + CCI Rennes Bretagne : 02 99 33 66 66
La CCIM rassemble
les professionnels
ACTUALITÉS
JRCE : 16 et 17 octobre au Parc Expo de Rennes
La chapelle Sainte Barbe - Le Faouët
CÔTES D’ARMOR
ENVIRONNEMENT ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
Les CCI françaises
en congrès à Saint-Brieuc
Depuis 1992, tous les deux ans, les responsables
Environnement et développement durable des CCI françaises se réunissent en congrès pour échanger autour de
l’environnement et du développement durable. La 9ème
édition de ces rencontres est co-organisée par la CCI
des Côtes d’Armor et l’ACFCI et aura lieu les 2 et 3 octobre prochains, à Ploufragan, près de Saint-Brieuc. Outre
la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Mme Nathalie KosciuskoMorizet et le Directeur de l’Unité développement durable
à la Commission européenne, M. Timo Makela, des dirigeants de structures publiques et d’entreprises privées
interviendront autour de la thématique “Eco-entreprises et
marché de l’environnement : quelles opportunités pour
les territoires et les PME, quel rôle pour les CCI ?”. Près
de 150 collaborateurs consulaires sont attendus.
CONTACT : 02 96 78 62 00
La Chambre de commerce et d’industrie rassemble le 13
octobre à Grandchamp les professionnels du secteur touristique.
Au-delà de l’hébergement et de la restauration, le tourisme
impacte largement l’économie du Morbihan. Il prend en compte
les loisirs, le bien-être, la santé, les activités commerciales et les
services à la personne. “Parlons tourisme” doit donner une vision
prospective des comportements touristiques. Une conférence
débat portant sur ce thème donnera aux dirigeants d’entreprises
du tourisme une vision pertinente des actions à mettre en œuvre
pour assurer l’évolution de leur activité.
CONTACT : Fabienne Glomot – [email protected]
FINISTÈRE
COMMERCE
Cocorico la Cornouaille !
C’est avec ce slogan fédérateur et un coq prénommé “Corentin” comme mascotte et visuel que la
CCI de Quimper Cornouaille et les unions commerciales du Pays de Cornouaille (incluant Châteaulin
et le partenariat de la CCI de Brest) lancent leur première campagne de communication. Eveiller les
consciences sur le poids du commerce (3 000 commerçants, un chiffre d’affaire de 2,5 milliards
d’euros, 10 000 actifs), séduire les consommateurs et l’opinion, mettre en avant les hommes et les
savoir-faire de ce secteur sont les buts de cette communication financée par l’Odesca, ainsi que partenaires publics et privés.
Plusieurs temps forts sont prévus en 2008 et 2009. Parmi eux, le 12 décembre (jour de la St Corentin), qui se donne comme ambition de devenir la “Fête annuelle du commerce” en Cornouaille.
CONTACT : Jacques GOYAT – 02 98 98 29 49 ou [email protected]
5
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ERRATUM
ACTUALITÉS
Le chiffre d’affaires 2007 réalisé par la société Josso,
spécialiste de la fabrication de palettes et installée au Roc
Saint-André dans le Morbihan, est de 10 millions d’euros.
Nous avions, par erreur, indiqué un CA de 5 millions d’euros
dans un article situé en p 35 du numéro 187 de juin/juillet.
DEVELOPPEMENT
■ Univers virtuels, télécoms et internet, tels sont les
expertises de Nereÿs-conseil installé à Brest depuis
plus d’un an.
“J’ai connu le web en 1994 quand il n’y avait que 50 serveurs
dans le monde, explique Aymeric Poulain Maubant, son dirigeant. A son origine, il était utilisé par les chercheurs pour partager leurs textes.” Après avoir mené une équipe de 5 personnes au sein d’une entreprise spécialisée dans les TIC, cet
ingénieur issu de Télécom Bretagne a fait le choix de la création. Aujourd’hui, il collabore à des programmes de recherche
européens mais dispense aussi ses conseils en prospective
stratégie et marketing dans l’internet auprès de PME. Hautdébit mobile, objets communicants, travail coopératif, auditergonomie-référencement, logiciel libre, recherche, sciences
cognitives …constituent l’activité de Nereÿs. Aymeric Poulain
Maubant est devenu un spécialiste du web2.0, des réseaux
sociaux mais plus encore des univers persistants comme
Conférence à Lille fin 2007, retransmise dans Second Life
Second Life. “Rares sont les PME qui connaissent l’enjeu de
ces réseaux sociaux. Or, les informations que l’on peut capter
permettent de prendre de l’avance. Beaucoup de grandes
entreprises ont leur île sur Second Life et l’utilisent à des fins
de veille stratégique, de prospective ou de recrutement. Via un
Intranet, certaines y créent un espace privé et organisent des
conférences avec l’ensemble de leur personnel. Chaque salarié a alors son propre avatar et peut intervenir de façon beaucoup plus libre”, explique-t-il. Car Second Life n’est pas un jeu
stricto sensu mais un espace d’échanges, visant à être aussi
varié que la vie réelle. C’est un forum Internet où s’expriment
les engagements sociaux et politiques de manière libre et
internationale, les débats, expositions, conférences, formations, recrutements événements courants. En Bretagne, le
pôle Images et Réseaux développe des programmes de
recherche dans ces domaines.
Contact : 06 62 12 15 25
■ Ronan Fouchet, dirigeant de Frigo express
(Quimper), une centaine de salariés et un CA de 8,5 millions
d’euros contre 6 millions en 2006, inaugure cette rentrée au
péage La Gravelle (35) Convecto (10 salariés). Cette nouvelle entreprise comporte “un bâtiment de 800 m2 pour une
activité dédiée au Sud-Est avec des livraisons de 1 à 33 palettes, en sec, frais et surgelés.” Le chef d’entreprise a aussi
repris, près de Valence, TDS (14 personnes). Parallèlement,
au moment de rédiger ces lignes, le dirigeant négociait la
reprise d’une autre affaire d’une soixantaine de salariés (quelque 6 millions d’euros de CA), toujours dans le Sud-Est.
Quant à la question des flux entrants et sortants, le dirigeant
a sa stratégie : “on se développe beaucoup sur l’acheminement de produits surgelés au départ de la Bretagne pour
revenir avec du vin. C’est aussi l’intérêt du Sud-Est, on réussit à équilibrer les allers et les retours. Bretagne-Paca/ PacaBretagne, voilà notre axe de travail dans un secteur qui privilégie plutôt le transport Nord-Sud ou Est-Ouest.”. Sous peu,
Ronan Fouchet ambitionne d’atteindre 150 à 170 salariés
pour un CA de 13 à 15 millions d’euros.
Contact : 02 98 57 81 81
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
■ Savormer et sa gamme
Table Marine en quête de
nouveaux
débouchés.
Après avoir réalisé 1,3 million
d’euros de CA en 2007 avec
un effectif de 9 personnes,
Savormer
(Concarneau),
filiale du groupe Nicot (29),
souhaite se développer en
région à travers, notamment,
sa gamme de poissons parfumés marinés distribuée
sous la marque “Table
Marine” et déclinée en
sachets mono portion avec,
au choix, saumon, dorade ou
espadon. Créée en 2000,
cette PME est spécialisée
dans la fabrication de plats
cuisinés surgelés à base de
produits de la mer et notamment de coquilles Saint-Jacques, 90 %
de l’activité. “Je suis là pour relancer le
développement commercial, explique
Gaël Dubouchet, le nouveau responsa-
notre gamme de Coquilles
Saint-Jacques cuisinées et
nos gammes de poissons parfumés et thon, mais aussi
continuer à développer des
marques distributeurs et des
recettes “A façon” (pour lesquelles Thiriet, client historique, représente 60 % des
volumes). Nous visons également la restauration commerciale avec une gamme adaptée en termes de conditionnement et de recettes sous la
marque Marin Plaisir. L’export
est un projet à moyen terme”.
Retenue par la Coceb et la
Région à l’occasion de l’opération “Tendance et innovations” pour participer à un
Une gamme de produits cuisinés surgelés stand commun au Sial 2008,
à base de coquilles Saint-Jacques elle y dévoilera notamment sa
et de poissons épicés
“dorade parfumée aux épices
douces 170 g”, “une offre proble de la filiale, recruté il y a 6 mois. Nous duit à mi-chemin entre le segment des
souhaitons certes développer la marque poissons surgelés nature et celui des
Table Marine sur le circuit hyper et plats cuisinés”.
supermarché dans la région Ouest avec Contact : 02 98 97 06 01
ACTUALITÉS
DEVELOPPEMENT
7
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ACTUALITÉS
DEVELOPPEMENT
■ Deux ans de forte croissance pour
■ 358 434 euros de
Concept Image à Rennes. “Interrompre
résultats en 2007
la croissance sur Paris pour développer la
pour
Effiscience.
croissance en local : dans une économie
Créée
en
2003,
mondialisée, la proximité client est un éléEffiscience (4 salariés à
ment important de différenciation”, expliRennes) réalise
que Nicolas Frappier, PDG de Concept
aujourd’hui de nomImage comptant 8 collaborateurs sur le site
breux tests in vitro et
de Rennes. Au total, Concept Image
ex vivo destinés à
compte 5 sociétés indépendantes (Paris 20
démontrer l’efficacité des produits cosmétiques. “Nous proposons notamment
personnes, Lyon 6, Tour 3 et Bordeaux 1)
d’assurer le développement complet des actifs depuis les premières phases de
qui partagent un nom de marque, un
screening jusqu’aux tests in vivo, d’évaluer les capacités de pénétration transcusavoir-faire, une activité de R&D et un call
tanée de ces derniers, de visualiser leur activité et de la quantifier à l’aide d’une
center basé à Rennes. Spécialisée dans la
station d’imagerie (et d’analyse d’images) de qualité”, expose Jean-Eric Branka,
convergence des médias et des supports
directeur général. A noter qu’Effiscience met à disposition de ses clients “son
de diffusion que sont le multimédia et la
service de rédaction scientifique et/ou de vulgarisation”. Marché visé : l’internavidéo, l’entreprise a, dès sa création en
tional même si pour l’heure la société réalise 90 % de son CA en France.
2002, envisagé son métier de manière
Contact : 02 99 33 97 77
transversale. “Nous ne sommes ni une
agence web, ni un studio marketing mais
les deux à la fois, car nous disposons d’une expertise technique intégrée. Nous créons, sans passer par des freelance,
des outils d’aide à la vente, de formation et de communication en associant vidéo, Web (sites internet e-commerce,
intranet ) et multimédia (animation, quiz…). Avec l’arrivée
massive de l’ADSL, les contenus vidéo se développent car ils
permettent une relation plus affective avec le client ou le visiteur.” Cette transversalité d’origine a permis à Concept Image
d’engranger une croissance de 80 % sur le précédent exercice. Avec un CA prévisionnel 2008/2009 de 650 000 euros,
elle devrait atteindre 60 %. Ce développement a entraîné, à
Rennes, l’emménagement dans de nouveaux locaux.
Contact : 02 99 38 09 23
■ Installée à Chantepie (35) qui concentre toute sa
matière grise via son centre R&D, Envivio (90 salariés)
connaît une progression entre 10 et 20 %, confirme Gilles
Guilgué, directeur des opérations (CA attendu : plus de 45 mil-
8
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
Envivio fournit des équipements avec solutions d’encodage et de diffusion
lions d’euros). “Notre métier est de fournir des équipements avec
des solutions d’encodage et de diffusion à des opérateurs de
téléphonie et à des diffuseurs de contenus. Un exemple : la TV
sur mobile.”. Filiale d’Envivio Inc basée à San Francisco (USA),
Envivio France est, de fait, née à l’époque où France Télécom
encourageait les start-up à se lancer, quitte à partager par la
suite les brevets déposés. “Expertise, développement et essaimage : tout cela était encore embryonnaire en 1995-96. Toujours
est-il que nous avons démarché des prospects avec cette technologie que l’on déployait au sein de France Télécom. Ainsi est
apparue Envivio France. On peut dire que nous sommes
aujourd’hui leader international pour tout ce qui est TV sur PDA
comme mobile.” Depuis le 9 août dernier, on peut ainsi suivre
tous les matchs de Ligue 1 sur les terminaux Orange “et on a
remporté le contrat de déploiement chez Bouygues Telecom.
D’une manière générale, d’Alcatel Lucent à Nokia, Siemens,
nous nous appuyons sur ces intégrateurs qui proposent ensuite
nos solutions.” Installée sur 1 200 m2 et portée par son développement, Envivio a acquis des annexes où détacher des équipes
(+ 250 m2 de locaux) et entend recruter une dizaine de personnes sur le dernier trimestre.
Contact : 02 23 35 52 60
■ Airpac (35) prévoit 30 % de son
activité à l’export dès 2009.
En 2007, sur un CA de 7,3 millions d’euros, 12 % ont été réalisés à l’international. D’ici 3 ans, Airpac vise les 50 %.
La société a été créée en 2004 par
J. Bernier et F. Martin. Basée à
Pocé-les-Bois près de Vitré,
elle emploie aujourd’hui 55
salariés. Son savoir-faire se
situe dans le domaine des
énergies renouvelables et
plus particulièrement dans
la conception et la fabrication de pompes à chaleur destinées au chauffage de l’habitat
mais aussi à la production d’eau
chaude. “Le service export a été créé en
2006, développe le tout nouveau directeur export, Alain Galmard. Nous sommes présents au Portugal, en Espagne et
en Belgique. A terme, nous visons toute
l’Europe. Nous venons de créer une
filiale au Chili, un site de production qui
fabrique des pompes à chaleur adaptées
aux besoins spécifiques de ses habi-
tants. Ce développement à l’international est indispensable pour sécuriser le
marché français. Celui-ci est un marché
aidé dont les subventions via des crédits
d’impôt aux particuliers disparaitront dès
2009.”
Amélie Brebion et Philippe Grillot,
équipe export, en compagnie d’Alain Galmard,
directeur commercial Export
Pourquoi
le Chili ? “C’est
le pays d’Amérique latine le
plus stable. Michelle Bachelet, sa présidente, souhaite entrainer un changement radical de politique et de comportement en matière de développement
durable. Elle souhaite surtout que les
Etats-Unis cessent de considérer son
pays comme leur poubelle.” Désormais,
chez Airpac, ce sont 3 personnes qui
travaillent à temps plein à l’international
dont une depuis le Chili.
Contact : 02 99 74 56 36
■ “Les entreprises ne savent pas
suffisamment qu’un décret de 2006
légifère désormais les compléments
alimentaires. Le “flou” qui pouvait
les freiner a été levé”. Directeur
général de Nutraveris (10 personnes
à Ploufragan-22), Cédric Bourges s’est
fait une spécialité du conseil scientifique/aide à la formulation (veille technologique et scientifique) ainsi que réglementaire portant sur les aliments santé ou
encore les compléments alimentation…
“Un marché de niche qui ne représente
certes que 3 % de celui de l’agro-alimentaire mais pèse tout de même 1 milliard
d’euros rien qu’en France.” Clients : les
laboratoires que Nutraveris (1,3 million
d’euros de CA attendu cette année
contre 980 000 l’an passé et 240 000 en
2006) conseille “sur ce qu’ils peuvent
donc mettre dans leurs produits et comment les homologuer” mais aussi, régionalement, des acteurs comme Leclerc
ou des fabricants de jus de fruits.
Contact : 02 96 76 54 87
ACTUALITÉS
INTERNATIONAL
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ACTUALITÉS
déposée mais, en France, à la différence de l’Italie, peu de marques de
luminaires sont clairement identifiées du consommateur.” Pour son
premier exercice, le dirigeant mise
sur 2,3 à 2,4 millions d’euros. Avec
la refonte de son site Internet,
“notamment axé vers l’international,
mon principal axe de développement”, l’entreprise semble bien
éclairée.
Contact : 02 99 70 08 82
CRÉATION ET REPRISE
■ “François Chatain et les Autres” mise sur le design
et sa marque. Reprise par Stéphane Nicorosi, passé par les
produits Grand public durable (de Camping Gaz à Lafuma),
cette PME de 27 salariés (Sixt-sur-Aff/35) est connue pour sa
production et commercialisation de luminaires en céramique.
Soit une distribution en réseau d’ameublement (Château
d’Ax), magasins de luminaires (Comptoirs des Lustres dans le
Grand-Ouest) et décoration (Bois et Chiffons, Au bout du
quai...). “Entre le low-cost et le très haut de gamme et à
l’heure des délocalisations, je persiste à penser qu’il y a de la
place pour une entreprise telle que la nôtre, sur le milieu de
gamme supérieur” positionne le repreneur, qui propose des
modèles commercialisés entre 1 000 et 1 200 euros. “Le
cédant, lui-même céramiste de métier, développait les lignes
avec deux salariés dans un mini bureau d’études. J’entends
bien renforcer cette direction. Le design est un facteur de
succès et je vais pousser en avant la marque. Elle est bien sûr
■ Démarrage de MPI comme
Matériels pour le Process
Industriel.
“Je vends des robots rétrofités, à
savoir des robots d’occasion remis
à neuf après les avoir entièrement
démontés et nettoyés. Je travaille
avec la société Roboteam (59), seul opérateur français à
exercer ce métier. J’ai mis 2 ans à mettre cette activité en
place car il faut 18 mois entre le premier contact et la prise
de commande” développe Laurent Nicolas, gérant de l’entreprise MPI, officiellement créée le 1er janvier 2008 à Lorient.
Palettisation, dépalettisation, mise en caisses, soudures
et autres manipulations de produits sont les principales
applications pour les robots industriels. IAA, cosmétique,
électronique mais aussi industries mécaniques sont des
secteurs avec lesquels MPI travaille aujourd’hui. Moins cher
qu’un robot neuf, garantie 12 mois et 20 ans sur les pièces,
il faut compter entre 80 000 et 120 000 euros pour un
Palettisation, mise en caisses, soudures
sont les principales applications
des robots industriels
palettisateur. “Il existe une dizaine de PME bretonnes à
travailler dans l’installation de robots mais il faut savoir que
chaque domaine d’activité nécessite un spécialiste. Moi je
suis apporteur d’affaires. En fonction de la demande, je fais
l’implantation, je chiffre et après avoir contacté mon intégrateur qui assure l’installation et le service après vente, je fais
mon offre de prix.” A 42 ans, Laurent Nicolas a déjà une
longue expérience dans les systèmes de palettisation pour
avoir travaillé au sein d’une entreprise de robot pour œufs.
Contact : www.mpi-technologies.com
10
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ACTUALITÉS
DÉVELOPPEMENT
■ Grâce à Soufflaïa, gâteau-apéritif
santé, Algaïa, 3 salariés à
Lézardrieux (22) sera présente au
prochain Sial, du 19 au 23 octobre
prochain. “Quatre mois ont été nécessaires pour mettre au point ce produit.
Il fallait faire vite pour pouvoir présenter
notre dossier au concours lancé par la
Coceb et la Région à l’occasion du Sial
2008”, explique Olivier Bourtourault,
gérant et également PDG d’Aléor,
entreprise de 7 personnes proposant
une algue de qualité dans des volumes
constants et sous une forme calibrée.
Mis au point en partenariat avec
l’Université Catholique de l’Ouest
(UCO à Guingamp), Soufflaïa (comme
souffle, vent et vitalité) est un produit à
base d’algues, sans sel, sucre, gluten,
ni matières grasses. “Un gâteau apéro
très peu calorique, à consommer sans
arrière pensée !” Déjà testé auprès de
son réseau de distribution composé
pour l’essentiel d’épiceries fines, de
centres de thalasso et autres espaces
Spas implantés en Bretagne, Olivier
Bourtourault imagine dans un premier
temps commercialiser Soufflaïa, produit pourtant grand public, auprès de
ce même réseau. “Je suis une petite
structure, peu armée pour faire face à
la grande distribution. Bien sûr, je ne
ferme pas la porte car j’ai conscience
que les retombées d’une présence au
Sial peuvent être considérables. Je ne
les ai pas encore estimées, car nous
achevons à peine tout le packaging.”
Avec un CA de 160 000 euros attendu
fin 2008, via la vente de ses autres
gammes de produits à base d’algues
(tisanes, épices, sels…), Algaïa
12
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
mise gros avec ce produit de grande
consommation.
Contact : 02 96 22 29 11
■ 30 millions d’euros de CA (au
31.07.08) pour Goëmar… qui doit
faire face au lobbying. Avec notamment pour métier la santé végétale (aux
côtés de la parapharmaceutique et de la
sécurité alimentaire), le groupe malouin
(140 collaborateurs) travaille au développement de vaccins de plantes en vue
de traiter les pathogènes qui attaquent
le blé dans les champs par exemple.
“L’idée étant de mettre au point des
plantes qui peuvent se défendre seules”, explique Lionel Labourdette, directeur administratif et financier. Méthode
sans danger. A la différence des OGM,
tout est ici à base d’une molécule
extraite d’algue pour une méthode qui
se veut universelle. “Toutes les plantes
ont ce système de défense et nous travaillons actuellement à l’élargissement
de son application à tous les couples
plantes/pathogènes. Après le blé et
l’orge, notre produit peut aujourd’hui
traiter la fraise et le pommier.” C’est
aussi une méthode alternative qui se
heurte au lobbying puissant des acteurs
“chimiques”. “Dès lors qu’une PME
innove, malgré la pertinence et la performance de son offre, on est en totale
rupture avec les groupes. Cela ne nous
a pas empêché de traiter à ce jour plus
de 250 000 hectares.” Le dossier,
aujourd’hui déposé aux USA, approuvé
en Suisse, est le résultat d’un travail de
près de 10 ans entre la R&D interne
(mise au point de la molécule et de la
formule), l’évaluation sur plantes opérées à l’extérieur, appuis de laboratoires
(pour fiabilité des résultats).
Contact : 02 99 21 53 70
Récolte des laminaires
FOCUS
LA BISCUITERIE : UN SECTEUR PARTICULIÈREMENT
DYNAMIQUE EN BRETAGNE OCCIDENTALE
ACTUALITÉS
( Vous reprendrez
bien
une part de gâteau ?
A l’heure où l’on observe une concentration de plus
en plus forte des enseignes – l’enjeu étant de pouvoir
s’affirmer en GMS via des marques à forte identité –
certaines entreprises de la biscuiterie continuent
à battre le beurre, à leur rythme et à leur façon :
adossées à un grand groupe ou placées sur une niche,
elles se développent et doivent aussi gérer leur croissance.
Jouer d’une ou deux références
en linéaire est périlleux !
Les “petits” d’un côté avec des spécialités positionnées sur un
marché local, les “gros” de l’autre : pour Christian Tacquard, PDG
d’un groupe dont l’activité Pâtisserie, occupe 450 personnes et
réalise125 millions d’euros de CA, il ne fait aucun doute que l’on
devrait dénombrer à terme au niveau national “4 à 5 gros acteurs
bretons”. Avec un enjeu : réussir à positionner des marques “à
caractère national”. Or, entre Traou Mad, Gavottes ou Whaou, elles
ne sont pas encore légion. On remarque surtout beaucoup de
marques intermédiaires – qui n’affichent pas une notoriété suffisante – et de MDD. Il est certain qu’au regard du contexte
économique, on note plutôt une stagnation des marques au
profit des "1ers prix" recherchés par le consommateur. “C’est bien
simple : le défi pour une marque est de réussir à se positionner
par la qualité mais aussi par sa gamme de produits. C’est pourquoi, au prochain Sial, nous allons présenter une ligne périphérique de nos Gavottes, avec 6 à 8 nouvelles références.” La
biscuiterie génère à elle seule 65 millions d’euros de CA soit 50 %
de l’activité et emploie 300 personnes. Petit au pays des gros ou
gros au pays des petits ? Christian Tacquard est plus nuancé :
“Un “petit” acteur” du secteur peut s’évaluer entre 15 à 20 millions d’euros de CA mais, avec une structure “courte” et des
charges limitées, il peut réussir à se positionner via son niveau
de contribution sur le marché. En revanche, quand une PME
dépasse 50 millions d’euros, les choses changent. Vous devez
absolument vous doter d’une structure commerciale offensive
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
– 30 personnes rien que pour nos marques Whaou et Lester
– et envisager l’export (18 % de nos résultats en pâtisserie, 40 %
rien que pour Les Gavottes).” C’est ainsi que de 600 tonnes de
Gavottes produites en 1990, le groupe est passé à 2 800
aujourd’hui. Dont une partie part en Europe du Nord et périphérique mais aussi aux USA.
Biscuiterie Louis Le Goff à Guiscriff (56)
6 mois pour développer
une (bonne) recette sans sucre
Avec une récente extension de près de 400 m2 et un CA en progression (NC), la Biscuiterie Louis Le Goff se développe depuis
Guiscriff où elle emploie 19 salariés sur 3 000 m2. Georges
Cadic, qui l’a reprise en 1994, a choisi de repositionner l’affaire
sur le marché national des collectivités. En décidant de travailler “en direct” par le biais de grossistes, cet “industriel qui
fabrique” s’est positionné sur les pâtes “jaunes” (madeleines
et moelleux, carrés au chocolat… le tout en emballages individuels) qui séduisent enfants (écoles) mais aussi personnes
âgées (foyers) et malades (hôpitaux) avec des produits éventuellement sans sucre. Soit un marché qui représente aujourd’hui
60 % des résultats de la biscuiterie qui travaille aussi pour le
compte de la GMS via les deux plates-formes d’Intermarché au
Grand-Fougeray (35) et près de Pontivy (56). Georges Cadic souligne comment les “affaires familiales dans le secteur de la biscuiterie se sont sérieusement réduites sous le coup de
regroupements. Ce qui est à noter, c’est que ceux qui se lancent dans le métier sont plutôt suivistes. Ils n’innovent pas
beaucoup. Tout le monde se retrouve sur la même gamme
avec… plus ou moins de beurre dans les formulations. Et un peu
plus de concurrence.”
D’où la nécessité pour Karine Guidat, fille de Georges, de
continuer à se différencier : “l’entrée de gamme ne nous intéresse pas. Nous sommes en revanche ouverts à tout sans
aucune restriction au niveau des process avec beaucoup de R&D
et d’essais menés en interne avec les pâtissiers. Pour les madeleines et moelleux, développer une recette sans sucre a pu nous
prendre 6 mois.” Autre atout pour séduire : le tour de main qui
fait toujours la différence pour dorer et mouler le gâteau bre-
Pose des moules autour des galettes avant la cuisson à la biscuiterie Penven
Biscuiterie Penven à Pont-Aven (29)
Un actionnaire puissant pour se développer
sur le haut de gamme
Célèbre depuis 1890 avec sa recette d’une non moins connue
galette de… (dont elle n’a plus le droit aujourd’hui de revendiquer
la paternité), la biscuiterie Penven a été reprise il y a deux ans par
le groupe Chancerelle de Douarnenez. “Un actionnaire puissant
pour nous développer, se réjouit Christian Perrot, directeur, qui
souligne un CA de 880 000 euros, multiplié par deux depuis
2006. Galettes fines et épaisses et gâteaux bretons, la biscuiterie s’appuie essentiellement sur un réseau d’épiceries fines (une
trentaine de points de vente) et la VPC, “mais notre site va être
remis au goût du jour avec une boutique en ligne. C’est vrai que
le secteur évolue à une vitesse grand V”, reconnaît le directeur
qui travaillait avant dans la sardine. “C’est un peu la course en
avant pour tous les acteurs avec des regroupements – Les
Gavottes reprises par Tacquard à Dinan ou Traou Mad qui appartient maintenant à un fonds d’investissements – destinés à affronter la GMS. Cela dit, ça n’est pas du tout notre créneau. Nous
voulons rester sur le haut de gamme. Je n’exclus pas des opé-
rations avec la GMS, mais locales avec Leclerc par exemple, et
toujours ponctuelles. Imaginez que nous travaillons sur deux
machines qui datent de 1920 ! Je parle volontiers de pâtissiersmécaniciens. Tout reste très manuel ici. Ce qui me fait doucement
rire, c’est que tout le monde se dit “artisanal” alors que tout le
monde ne l’est pas !” Avec 11 salariés, Christian Perrot sait
aussi que “le problème, pour une entreprise, quelle que soit sa
taille, c’est son développement. Avec un actionnaire puissant, on
peut établir des plans pluriannuels. Normes d’hygiène importantes à revoir et nécessité de “grossir”, les enjeux ne manquent pas.
Dans ce sens, cette rentrée, nous nous lançons sur un nouveau
marché (encore confidentiel au moment de ces lignes) qu’une
grosse entreprise ne pourrait envisager.”
ACTUALITÉS
ton : “en ne mécanisant pas, le goût est indéniablement meilleur”. Une exigence qui freine l’export. “J’ai fait une mission à
Londres. Ils veulent de la qualité mais pas cher ! L’Espagne ou
l’Italie ? Ce sont des bons et la législation est encore différente
de celle en vigueur ici. Ils ont droit aux conservateurs par exemple. Alors que nous sommes plus naturels.”
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
Le kouign Amann traditionnel de la biscuiterie Marin-Coathalem
ACTUALITÉS
Biscuiterie Roc’hélou à Plouigneau (29)
Au nom du bon et du bio
900 000 euros de CA en 2007 et 1,15 million cette année :
créée en 1950 par son père, Roc’hélou est aujourd’hui dirigée
par Jean-Paul Guillou. La biscuiterie Roc’hélou a pris le virage
du bio en 1980, “bien avant les opportunistes, se réjouit le dirigeant rentré dans l’affaire en 1979. Un choix autant dicté par une
conviction personnelle que par les perspectives économiques,
je ne le cache pas. Avec 9 salariés, nous sommes une toute petite
affaire. Les “gros” ont vite décidé de s’orienter vers la GMS. De
notre côté, nous avons très vite opté pour le créneau de la qualité.” Intervenant pour la grande distribution sous MDD (pour deux
enseignes gardées confidentielles) mais aussi pour le compte
de grossistes nationaux qui diffusent ses produits notamment
dans le réseau La Vie Claire, la biscuiterie a aussi développé sa
marque Bio Roc’hélou que l’on trouve dans les biocoops.
“Arômes naturels, farine bio, sucre, beurre, matières grasses
végétales… Tous nos produits sont issus de l’agriculture biologique. D’où cahier des charges pour tous nos fournisseurs,
une traçabilité en interne – d’un numéro de lot, nous remontons
si besoin tout le réseau de la fabrication jusqu’au distributeur –
et en amont : via une fiche de fabrication, on peut remonter
jusqu’aux champs ! Très vite, nous avons tout anticipé, la
traçabilité comme la comptabilité. Matières obligatoires pour
nous : il s’agit de prouver que c’est bien du beurre bio que nous
employons et pas autre chose.” Portée par son succès, l’entreprise doit gérer sa croissance. “Nous avions un outil quelque peu
sous utilisé, aujourd’hui il tourne à 90 % ! Au printemps, nous
avons dû mettre en place les 2X8 pendant 3 semaines en vue
de rééquilibrer les flux avec 6 intérimaires recrutés pour l’occasion.” Désormais à l’étroit dans 1 980 m2, Roc’hélou se pose la
question d’un déménagement.
Biscuiterie Marin-Coathalem à Kerlaz (29)
“Fauchon, Hédiart ? Non, merci.”
“Le dernier des Mohicans !” C’est en ces termes que Marc
Lamargue se présente volontiers avec humour. Au nom de quoi ?
Votre Agence Locale
partenaire de vos recrutements
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
“Tout simplement parce que nous fabriquons le Kouign Amann
exactement de la même manière qu’il a été créé au détour des
années 1860-65 et que le perpétuait déjà le prédécesseur de la
biscuiterie, M. Marin qui, en épousant une “fille Coathalem”, a
rebaptisé son affaire “Biscuiterie Marin-Coathalem” Avec son
Kouign Amann du Pays de Douarnenez, Marc Lamargue se targue de fournir aujourd’hui 70 % des biscuiteries de Bretagne,
“hors les “gros” tels que La Trinitaine ou la Biscuiterie de la
Pointe du Raz”, soit 70 % de son CA (NC). “Un chiffre qui montait auparavant à 100 %. Aujourd’hui, les 30 % restants se distribuent entre le gâteau breton (22 %) et le 4/4. Même si je me
réjouis d’avoir su tisser de vrais liens de confiance, voire d’amitié, avec ces biscuiteries, je ne veux pas me développer vers un
seul client. Ce qui importe, c’est que beaucoup d’autres que moi
ont essayé de les séduire mais ils continuent à nous faire
confiance : ils se sont fait une image et nos produits, sous leur
marque ou la nôtre, les aident à l’entretenir.” Farouche défenseur
du “tout à la main et au rouleau”, Marc Lamargue se souvient
encore comment, en 2001, alors qu’il reprend la biscuiterie “tout
le monde a démissionné. Avec ma femme on s’y est donc mis à
deux. Recruter n’est pas aisé. Il nous a fallu trois ans pour asseoir
une bonne équipe. Maintenant, nous avons un bon noyau dur de
11 personnes, dont 4 saisonniers.” Distingué d’un “Coq d’or” et
d’une “Marmite d’or” par la Confrérie gastronomique, “ancienne
Cie royale des officiers de marine” qui œuvre à sauvegarder le
bon goût, la biscuiterie est de plus en plus sollicitée par des épiceries fines mais aussi de grandes maisons telles Fauchon ou
Hédiart. Des touches auxquelles le dirigeant ne donne pas suite :
“Autant se lancer en GMS ! Si on veut assurer la qualité, on ne
peut pas se lancer avec eux. Si j’avais voulu faire de l’argent, je
me serais lancé dans la pâtisserie industrielle.”
■ Serge Marshall
AU PREMIER SEMESTRE, LE BONUS ÉCOLOGIQUE A DOPÉ LE MARCHÉ DES PETITES VOITURES
L’Ouest, un territoire sensible à la promotion
Laurent Peyrat, directeur régional
pour la région Ouest chez Renault
“La mise en œuvre du bonus écologique en début d’année a coïncidé avec le
lancement de nos petits modèles, Twingo II, nouveau Modus et Clio Estate. Cette
mesure gouvernementale s’est accompagnée dans l’Ouest d’une performance
commerciale sans précédent du réseau des agents Renault. Ils ont, de janvier à mai
2008, vendu 1 véhicule particulier sur 2. Sur le plan national, ce même réseau ne
comptabilise que 4 ventes sur 10. Nous sommes aussi sur un territoire très sensible
à la promotion et la proximité avec le client est essentielle”, détaille Laurent Peyrat,
directeur régional chez Renault. Ces conditions favorables lui ont permis
d’enregistrer sur les 5 premiers mois de l’année 8 200 commandes en plus par
rapport à 2007 et de totaliser au cours de cette période 29 500 commandes tous
modèles confondus. Parmi elles, 35 % reviennent à la Bretagne, 50 % à la Loire
Atlantique et 15 % à la Basse Normandie. “A fin mai, poursuit Laurent Peyrat, nous avions progressé de 3 points pour atteindre 27,2 %
de parts de marché quand le national en avait gagné 1,3 pour atteindre 26,2 % de parts de marché.” Ces bons résultats dans l’Ouest
sont aussi directement liés à la politique d’investissements menée par le réseau des agents en lien avec la DR Renault depuis
2004-2005. Chaque année, en moyenne 50 nouveaux projets de construction ou grosse rénovation d’un montant moyen
de 600 000 euros voient le jour. Pour l’heure, malgré une conjoncture difficile, le groupe s’apprête à commercialiser son modèle Laguna
Coupé présent au Mondial de l’Automobile, le 4 octobre prochain à Paris. Suivront en novembre, la nouvelle Mégane Berline
et dès le printemps 2009 les modèles Coupé et Scénic, toujours dans la gamme Mégane.
ACTUALITÉS
Avec un réseau de 838 agents répartis sur tout l’Ouest et des consommateurs à la recherche de véhicules qui consomment moins et qui
bénéficient du bonus écologique, la direction régionale de Renault
a enregistré sur les premiers mois de l’année des résultats en hausse.
Véronique Maignant
17
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
AILLEURS
ACTUALITÉS
(
TOULOUSE : PÔLE CANCER-BIO-SANTÉ
QUESTIONS À JEAN-PIERRE SAINTOUIL, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU PÔLE
“Faire avec les Basques, les Catalans …
un super cluster bio”
Il existe aujourd’hui 8 pôles de santé en France entre
lesquels des relations étroites se sont tissées, pour
des actions à l’international notamment, «sous l’impulsion de la direction générale des entreprises»
dites-vous. En quoi cette initiative s’est-elle révélée
payante pour tous ?
Prenez le BIO, salon international des technologies qui se
tient chaque année aux USA, à San Diego cette année, à
Atlanta l’an prochain. C’est un congrès mondial qui attire
20 000 personnes ! Nous jouons la force groupée. Grâce à
Ubifrance, nous disposons d’environ
500 m 2, avec néanmoins des stands
individualisés. Cette cohabitation entre
pôles nous a appris à travailler ensemble. Cela n’empêche pas des relations
encore plus étroites entre certains pôles.
Avec Lyonbiopôle et Alsace BioValley,
nous avons ainsi des spécificités. Il y a
un peu plus d’un an, en créant le Life
Science Corridor France, nous avons
décidé de travailler ensemble. Enjeu :
contacter, en vue de signer des accords
de partenariats, de grands clusters internationaux, chaque pôle s’occupant
d’une région au bénéfice des trois. Des
synergies peuvent donc se mettre en
place, avec des territoires de prédilection parfois : je travaille depuis plus de
10 ans avec le Japon, pays délicat à
aborder. En février dernier, nous avons signé des accords de
partenariat avec Osaka et Kobé. De son côté, en juillet,
Lyon a très bien avancé avec Boston, l’un des premiers
pôles au monde créé il y a 30 ans, et des négociations sont
en cours, via Strasbourg, avec San Diego et Québec. La suite
consiste à donner du contenu et à jeter des ponts entre nos
PME et les leurs.
Que pensez-vous de la réflexion de l’Etat qui souhaite
réduire le nombre de pôles dans l’hexagone sous
prétexte que “trop de pôles tuent les pôles” en termes de doublons et de lisibilité à l’international ?
Evacuons d’emblée un malentendu : en ce qui concerne la
santé, il n’existe que 8 pôles en France. Le Japon en a largement autant et, indépendamment de sa taille, un territoire
comme les USA en a partout, de Boston à San Francisco en
passant par des villes moins importantes. Mais c’est une
question importante. Du temps où je travaillais à l’Institut
Pasteur et chez Sanofi au service de transfert des techno-
18
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
logies, alors que nous étions sur un seul campus, j’avais déjà
noté qu’entre le CNRS et l’Inserm, la communication n’était
pas toujours fluide entre les chercheurs. Donc, tout concentrer sur un seul pôle Santé en France s’accompagnerait
des mêmes problèmes : on ne pourra jamais déménager toutes les PME du secteur et les laboratoires au même endroit !
Je défends donc la proximité avec des pôles au plus près
des clients, en vue de faciliter l’accélération de l’innovation.
Nous-mêmes, nous sommes à cheval entre Midi Pyrénées
et le Limousin. Quant à la lisibilité, il s’agit de mener des
actions concertées. Je pense à deux
autres de nos collaborations : avec
Prod’Innov en Aquitaine et, près de
nous, avec Orphem en LanguedocRoussillon. Notre idée ? Faire avec les
Basques, les Catalans, les Baléares…
un super cluster bio.
Depuis 2006, 60 projets ont été
labellisés au départ de votre pôle
dont 31 financés par les fonds
publics… à raison de 12 millions
d’euros. Autrement dit, peu pour
chacun. C’est pour compléter la
“manne” publique que vous mettez
actuellement “en route” un Club
des investisseurs privés ?
Une fois Pierre Fabre et Aventis mis de
côté, nous sommes plutôt un pôle de
PME et TPE avec cette question : comment faire naître les
projets ? Le problème du financement pour une entreprise
reste préoccupant : pour prétendre à une demande de subventions, elle doit justifier de la même somme en capitaux
déjà disponibles. C’est donc ici que ce Club a un rôle à jouer
avec une première rencontre en octobre. Dans le cadre de
la loi Tepa1, nous avons sollicité des partenaires en variant
volontairement les profils : banques, capital-risque, fondations, business-angels assujettis à l’ISF… Nous sommes là
pour trier et labelliser des projets et nous leur proposons de
se mettre autour d’une table, sans aucune obligation d’investir. Pas de cagnotte ! Ils conservent leur liberté et appliquent leurs critères d’évaluation.
■ Propos recueillis par Serge Marshall
1
Défiscalisation de fonds investis à hauteur de 75 %
de 50 000 euros investis dans des entreprises innovantes
■ Plus de 600 pharmacies
pour Science & Mer. Avec
une centaine de salariés répartis entre son site de production
breton (Le Relecq-Kerhuon/29)
et Paris (marketing et commercialisation), le laboratoire (fournisseur et fabricant de produits
cosmétiques marins) connaît
une croissance à deux chiffres : avec 10 millions d’euros
de CA, le laboratoire créé par
Christine Bodeau fournit
aujourd’hui 55 établissements de thalasso, “soit 85 % de l’ensemble du marché de la thalasso”, souligne celle qui est
aussi responsable de la R&D. “Nous les
approvisionnons en dizaines de tonnes
de produits par an à des fins de consommation diverses (enveloppements d’algues et autres protocoles…). Nous avons
eu aussi très vite une idée marketing :
leur proposer des produits de petite et
moyenne gammes élaborés avec rigueur
dans la qualité des produits et le packaging, sous leur propre marque.” Une idée
depuis reprise par S&M
pour son compte.
“Nous lançons en pharmacie une gamme de
20 produits cosmétiques sous notre marque. Nous en sommes
déjà à 610 pharmacies
qui nous référencent.
Objectif à terme : de
deux à trois mille.”
Contact :
02 98 28 34 29
■ Créé en 1997, Ici Bio
(Binic-22) s’est très vite positionné
“du côté des services aux laboratoires
spécialisés en biologie moléculaire
pour des technologies transversales :
diagnostics, IAA, pharmaceutique…”
explique Françoise Bonici. Pertinence
d’Ici Bio : “une recherche complète
d’informations et rédaction de synthèses” au profit d’une vingtaine de
clients en France mais aussi à l’étranger. Venue de l’industrie, la dirigeante
s’attelle à la recherche d’antériorité :
“une entreprise ne peut breveter ce qui
a déjà fait l’objet de publications, qu’il
s’agisse de revues scientifiques ou de
présentations lors de colloques, séminaires… Je fais donc pour le compte
de mes clients des recherches approfondies, via des bases de données
pour repérer toute antériorité et attaquer les dépôts de brevets…
“bidons”. Mener une recherche
exhaustive demande énormément de
temps.” Travail qu’Ici Bio réussit à
mener en collaboration avec des cabinets juridiques à qui elle apporte “sa
marque qualitative” en biologie moléculaire.
Contact : 02 96 73 33 03
Françoise Bonici, Ici Bio
ACTUALITÉS
DÉVELOPPEMENT
19
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
BRETAGNE EN RÉSEAU
ACTUALITÉS
AGENDA
■ 26 septembre,
débat public sur le transport
de marchandises en
Bretagne, Maison du Champ
de Mars à Rennes
Contact : 02 99 85 79 97
■ Forum du E-commerce
le 29 septembre
au Ponant à Pacé (35)
Contact : www.les-forums-duecommerce.com
■ 1er forum
“Ecodeveloppement”
les 1er et 2 octobre
au parc des expositions Chorus
de Vannes
Contact : 02 97 46 41 41
■ Congrès Agrofood,
les 9 et 10 octobre
sur l’agro-campus de Rennes
Contact : 02 23 48 59 64
■ Sea Techweek,
du 13 au 17 octobre
au Quartz de Brest
Contact : 02 98 33 52 49
■ Salon easyFairs Franchise
les 16 et 17 octobre
Parc expo de Rennes
Contact : 01 46 02 61 51
■ Technotrans
salon professionnel du transport
routier du 16 au 18 octobre
parc des expos de la Beaujoire
à Nantes
Contact : 02 40 52 08 11
■ 18 octobre
salon Trans’Artisans
à l’IUP de Vannes
www.trans-artisans.com
■ Le SIAL aura lieu
du 19 au 23 octobre
à Paris Nord Villepinte
www.sial.fr
■ 29 et 30 octobre
Sommet mondial des Régions
sur le changement
climatique à Saint-Malo
Contact : 02 99 27 13 54
20
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
bio
( Destrès paniers
convoités
LES JARDINS DE COCAGNE,
DES CHANTIERS POUR REDÉMARRER DANS LA VIE
Les Jardins de Cocagne sont des jardins
maraîchers biologiques nés dans les années
1990, à vocation d’insertion sociale et
professionnelle. Actuellement, le réseau
breton compte 4 jardins. Deux projets sont
en cours. La démarche des adhérents
est principalement citoyenne.
Avec 16 jardiniers volontaires, comme elle
aime à les appeler, Marie-Hélène Guitton
dirige les Jardins du Pays de Dinan depuis
octobre 2006, date de sa création. Issue du
monde de l’entreprise et soutenue dans sa
démarche par Bretagne Entreprendre, elle
prévient d’emblée : “oui, la priorité des jardins est l’insertion, mais c’est l’activité économique qui nous permet de structurer les
personnes et de les tirer par le haut. Ici, on
ne fait pas semblant. On doit arriver à un
niveau de production capable de satisfaire
nos 200 adhérents qui, chaque semaine,
viennent récupérer sur place leur panier de
légumes à 7 ou 12 euros.” Pour ce faire,
cette dirigeante emploie deux maraichers
professionnels, “encadrants” dotés d’une
vraie ouverture d’esprit pour former des
personnes qui, à 70 %, n’ont pas travaillé
depuis 8 ans. “Par choix de ma part, tout le
travail social se fait à l’extérieur avec des
référents sociaux pour chaque jardinier. Ces
derniers me sont adressés par l’ANPE. En
tant qu’entreprise d’insertion, notre travail
consiste à détecter, voire à déclencher des
aptitudes et des compétences transposables à d’autres domaines d’activité. Les jardiniers volontaires restent au maximum 2
ans chez nous avec des contrats de 6 mois
renouvelables. Dans certains cas, le travail
permet aussi de détecter des handicaps. Ils
changent alors de statut, explique MarieHélène Guitton. Selon elle, le maraîchage fait
appel à de nombreuses compétences :
observation, dextérité, conduite (le tracteur), rigueur (semences), minutie (manipu-
lation des plants) et assiduité. “Nous avons
une quarantaine d’adhérents sur liste d’attente mais avec 4 hectares, il nous est difficile de faire plus de volume. La priorité
est la réinsertion de nos jardiniers.”
“On progresse en partageant”
La force des Jardins de Cocagne est de participer à une dynamique de réseau tant au
niveau régional que national. Avec un budget dépendant à 70 % d’aides publiques,
les Jardins de Cocagne ont acquis reconnaissance et confiance auprès de la
Direction du travail et de l’ANPE. Deux projets sont en cours dans le Finistère et le
Morbihan. Au-delà du réseau national, les
4 jardins bretons ont créé leur propre réseau
et pris l’habitude de se réunir régulièrement. “En matière de formation, de système d’évaluation des compétences, de
gestion de plants de culture ou d’ingénierie, le travail en réseau est essentiel”, explique Philippe Salvin, coordinateur du Jardin
de Prélude à Brest. Avec 115 adhérents et
2 encadrants, ce chantier d’insertion
emploie 12 jardiniers en insertion depuis
2004. “Avec 5 hectares de terres cultivables,
poursuit-il, nous n’arrivons pas à satisfaire
la demande, notamment celle émanant des
crèches et des écoles. C’est pourquoi, prochainement, nous devrions recevoir 1 hectare supplémentaire de la communauté de
communes de Brest et ainsi développer
notre CA qui constitue à peine 20 % de
notre budget total.” Le financement des
Le Jardin du Breil (35),
le plus ancien en Bretagne, compte 300 adhérents
Autre jardin, celui du Breil, créé en 1997, disposant de 5,6 hectares à Rennes et dirigé par Patrick Blot : “c’est un chantier d’insertion comme tous les jardins du réseau Cocagne. Nous
accompagnons 18 salariés à l’année sous contrat d’avenir. Ils effectuent 26 heures hebdomadaires. Rmistes, ces personnes sont en
majorité des hommes, nous n’avons accueilli que 30 % de femmes
en 2007.” Comme à Dinan, 2 "encadrants" techniques travaillent
à temps plein pour assurer, chaque semaine, la livraison de 300
paniers composés de 5 légumes et complétés si besoin par du pain
et des produits laitiers bio. Ils sont ainsi 295 adhérents à venir
chercher leur panier dans l’un des 25 dépôts mis en place dans un
rayon de 30 km autour de Rennes. Au Jardin du Breil travaille éga-
12 jardiniers travaillent sur les 5 hectares du Jardin de Prélude à Brest
ACTUALITÉS
jardins est différent selon les départements et varie selon l’interprétation qu’en font les directions du travail en place. A Brest, “on nous
incite à développer la vente des paniers et accroître notre part
d’autofinancement. La barre des 30 % peut être dépassée.” Mais
pour Philippe Salvin, comme pour les autres responsables de jardins, c’est la sortie positive et durable des jardiniers qui prime. “A
l’avenir, je souhaiterais mettre en place des partenariats avec des
organismes de formation pour nos salariés en insertion. On leur
apprend les gestes techniques mais ils pourraient recevoir une
formation théorique débouchant sur une formation professionnalisante ou mieux encore diplômante.”
lement un encadrant socio professionnel : “on peut être exigeant,
avoir une rentabilité au mieux tout en accompagnant sociologiquement les personnes. Un chantier d’insertion ne peut fonctionner que
si l’économique tient la route”. Le CA s’élève à 93 000 euros pour
un budget total de 400 000 euros. Selon Patrick Blot, “il ne peut
dépasser 30 % de la totalité des produits qui rentrent dans la structure pour ne pas concurrencer les maraîchers bio.” Ici aussi, des
adhérents sont sur liste d’attente faute de terrains mais surtout de
motivation politique.
■ Véronique Maignant
21
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ACTUALITÉS
DEVELOPPEMENT
■ 25 millions d’euros de
CA
attendus
par
Imbretex contre 20 millions d’euros en 2007.
“Avec la reprise de la
licence Pen Duick
(fabrication et distribution), l’entreprise,
connue pour distribuer dans l’hexagone via
des généralistes ou le réseau
Intersport des marques
encore peu ou pas du tout
connues, continue à se positionner sur deux marchés : “le vêtement promotionnel et d’entreprise, 99 % de nos résultats… et les
lignes pour le particulier, soit 1 % de notre chiffre” explique
Erwann Moreau, Pdg de la PME (Guengat-29). “C’est indéniable, la marque Pen Duick va nous aider à nous positionner
avec une quarantaine de produits, du polo à la veste, sur le
vêtement marin de style urbain, à différencier du vêtement
technique. Nous sommes un peu plus dans la tendance
d’une marque comme Aigle pour une distribution en boutiques, hyper et coopératives maritimes et agricoles.” Une
montée en puissance qui oblige la PME à externaliser son
stockage. Elle entend aussi travailler son export où son chif-
22
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
fre est encore modeste en Allemagne avant “d’ouvrir
l’Angleterre en 2009. Nous comptons une vingtaine de
clients dans 15 pays à ce jour.”
Contact : 02 98 91 08 08
■ Artefacto s’implante à Lyon. Société
rennaise spécialisée dans la production
de contenus 3D, multimédia et audiovisuel, Artefacto vient d’ouvrir une agence
à Lyon afin de se rapprocher de certains
de ses clients et développer son activité
ainsi que celle de sa filiale de production Bilboquet basée à Rennes. Cette
implantation lyonnaise s’explique aussi
par la synergie des thématiques de travail avec le pôle de compétitivité Imaginove ainsi que
par le lancement d’une émission jeunesse sur la chaîne
câblée Cap Canal qui diffuse en région Rhône Alpes.
Artefacto participe depuis plusieurs années à de nombreux projets collaboratifs dans le domaine de la R&D en partenariat avec le pôle de compétitivité mondial Images &
réseaux. Créée en 1998 par Valérie Cottereau, Artefacto a
récemment fêté ses 10 années d’existence. Avec Bilboquet,
elle compte à ce jour une quarantaine d’employés qui seront
rejoints par trois nouveaux collaborateurs basés à Lyon.
L’entreprise adresse les secteurs de l’urbanisme, du transport, du design industriel et de la muséographie, et a généré
en 2007 un chiffre d’Affaires de 1,5 millions d’euros.
Contact : 02 23 46 46 64
Une nouvelle vie
pour les déchets du bâtiment
ports et les volumes traités, aucun
concasseur ne se déplace pour moins de
8 000 tonnes. Je voulais un matériel qui
entre dans la benne du camion, me permette de me déplacer rapidement sur les
chantiers et de me mettre au travail en 25
minutes”. Sa cible : le marché des 300 à
3 000 tonnes, ces “petites” quantités qui
ne permettent aucune solution économique de recyclage. “Nous avons réalisé
qu’on ne propose aucune solution aux
PME de travaux publics pour gérer ces
déchets, constate Sonia Bouget, qui a
suivi son mari dans l’aventure. Comme
leurs camions ne peuvent accéder aux
déchetteries, ils enfouissent au mieux.”
ENTREPRISES
VALOR ENVIRONNEMENT VALORISE LES GRAVATS
Des solutions pour tous
Pendant un an, le couple affronte une
épuisante succession de négociations,
en quête de solutions de financement et
surtout de LA machine qui répondra à
son projet. Mais Mathieu est pugnace et confiant. “Après une première déception retardant notre lancement, il aura fallu 4 mois à
passer des heures sur Internet avant de trouver un appareil
adapté… en Italie !” se souvient Sonia. Aussitôt, Mathieu se
rend en Italie et fait réaliser par le fabricant les modifications
nécessaires. Lui sur les chantiers, elle à l’administratif et au commercial, ils sont fermement décidés à faire valoir l’intérêt économique et écologique de leur activité auprès des chefs d’entreprise
encore dubitatifs. Déjà, les premiers démarchages les ont conduits
à envisager un nouveau service : “De nombreux clients ont de trop
faibles quantités pour qu’elles soient retraitées sur leur chantier à
un coût acceptable (moins de 300 tonnes), précise Sonia. Ils
nous demandent, à nous qui venons à peine de démarrer, de leur
trouver des solutions !” Elle sera bientôt en œuvre : les camions
des entrepreneurs viendront déposer sur le site de Valor
Environnement leurs déchets qui seront concassés sur place, permettant aux camions de repartir avec leurs granulats… Le couple compte donc voir l’entreprise prendre son essor rapidement :
“on est en plein dans cette problématique environnementale qui
commence à inquiéter les entreprises et les communes. Si le
président de la Fédération de Bretagne du bâtiment se déplace
pour voir comment nous fonctionnons, c’est le signe qu’il y a des
interrogations. Mais il faut le temps de démarrer…”
Sonia et Mathieu Bouget ont trouvé
en Italie le concasseur adapté
à leur projet
Depuis le 1er avril dernier, sur les bords de la RN 12
à hauteur de Pedernec (22), un nouveau bâtiment abrite
un service jusque-là inédit dans le secteur : la valorisation
des déchets inertes pour les PME de travaux publics.
Rien n’aurait pu empêcher Mathieu Bouget de créer son
entreprise, lui qui, à 20 ans à peine, achetait son premier tractopelle afin de pouvoir se mettre à son compte, aussitôt son BTS
de mécanique/travaux publics en poche. Au bout de 4 ans, il intègre l’entreprise familiale de travaux publics, dans la perspective
d’une reprise. Mais très vite, il remarque des incohérences qui le
feront dévier de sa route : “Les déchets étaient envoyés en
décharge et nous devions racheter des granulats aussitôt après…
c’était complètement illogique !” L’idée première : acheter un
concasseur afin que l’entreprise valorise ses matériaux de démolition. Or, cela s’avère rapidement un investissement trop lourd
(205 000 euros) pour une PME. La solution ? Quitter l’entreprise
parentale et se lancer dans sa propre affaire de revalorisation de
déchets inertes, en proposant une solution innovante. “Si nous
nous étions orientés vers un concasseur classique, comme cela
se fait habituellement, nous aurions été soumis aux contraintes du
convoi exceptionnel. De plus, étant donné le coût de ces trans-
■ Véronique Rolland
23
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
HARRIS-BRIOCHIN MISE SUR LA VALEUR AJOUTÉE
ENTREPRISES
Allumer
le feu !
Lancer un à deux nouveaux produits par an,
se démarquer de la concurrence par une offre
qualitative et spécifique basée
sur l’innovation… Autant de critères décisifs
et inaliénables caractérisant la société
Harris-Briochin. Pas seulement un choix,
également une question de pérennité.
On peut dire qu’entre 1998 -date à laquelle Jacques
Defontaine achète la société- et 2008, Harris-Briochin a profondemment muté. Derrière sa façade industrielle de la ZAC des GrandsChamps à Yffiniac (22), 1,6 million de bidons sont produits chaque
année. D’un côté, la marque Harris et sa gamme d’allume-feux et
de nettoyants pour inserts et barbecues ; de l’autre la marque
Briochin et ses produits ménagers, le tout vendu en GMS. “Harris
a toujours été et reste la locomotive de l’entreprise, remarque
Jacques Defontaine. Elle nous place au second rang du marché
national dans cette catégorie”. Leader en ce qui concerne la
gamme des produits naturels, Harris a été la première à se lancer
sur le marché des allume-feux sans odeur. Par cet exemple, elle
confirme la vocation des deux marques : innover. Indispensable
face au marché très concurrentiel des produits ménagers, surtout
pour se faire une place parmi les géants du secteur. “Nous avons
réalisé un énorme travail de fond avec Briochin, poursuit Jacques
Defontaine. Il fallait faire comprendre aux distributeurs et aux
consommateurs que nos produits sont très différents et qualitatifs.
Ce n’est pas évident, d’autant que nous sommes en moyenne à
15 ou 20 % au-dessus de la marque leader en termes de prix”. Assis
à son bureau, il le martèle à l’envi à ses 21 salariés : pas question
de proposer un produit qui existe déjà sur le marché. Le produit
multi-usages ? Sans intérêt non plus. L’objectif est de proposer en
GMS alimentaire la qualité et la technicité des drogueries spécialisées et des grandes surfaces de bricolage, soit des produits
adaptés à des usages et des matériaux spécifiques.
Se démarquer pour fidéliser
“Quand on cherche à lancer un nouveau produit, on se pose deux
questions, indique Florent Coeffec, le chef produits. Qu’est-ce
qui n’existe pas sur le marché que nous pourrions faire ? Que peut24
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
on faire de mieux ? On ne lance pas un produit si on n’est pas certains d’être au-dessus du lot qualitativement”. Et pour confirmer
la bonne direction, des enquêtes qualitatives et quantitatives
représentent des outils de choix. C’est l’une d’elles qui a permis
à Briochin de sortir de nouveaux packs en avril dernier, avec une
nouvelle chartre graphique plus lisible. “Nous avons réalisé que nous
donnions trop de conseils, constate Florent Coeffec. Aussi, pour
mettre un coup d’accélérateur à la marque et la rendre plus visible en rayon, nous avons simplifié l’information”. Nouveau package,
nouvelles gammes, nouvelle politique… Désormais, Briochin doit
conforter son assise comme a su le faire Harris. Une question de
temps, afin que les produits s’installent, et qui laisse entrevoir
l’avenir avec confiance : “Nos produits fonctionnent beaucoup
par le bouche à oreille et s’imposent doucement, remarque le
chef produits. C’est plus long que pour une grande marque, mais
c’est aussi beaucoup plus stable”. Un fait confirmé par le site
internet de la marque, qui cumule une base de près de 1 000 clients
et occasionne 500 à 600 commandes par an. Avec une progression du chiffre d’affaires d’environ 13 % par an ces deux dernières années (9 millions d’euros en 2007), Harris-Briochin grignote
tranquillement des parts de marché. Mais son panier est loin
d’être rempli et son dirigeant laisse à penser qu’il prépare de
nouvelles cartouches !
■ Véronique Rolland
GH DIFFUSION EMBALLAGE RÉPOND AUX BESOINS DE L’INDUSTRIE DES PLATS PRÉPARÉS EN FRANCE
Installée à La Guerche-de-Bretagne (35), la PME se
développe à la fois sur le négoce d’emballages industriels et
la diffusion de conditionnements destinés
à l’industrie des plats cuisinés.
Dans un peu plus d’un mois, les concurrents du Vendée
Globe 2008 s’élanceront du port des Sables d’Olonne. Sur la
ligne de départ, le skipper Yannick Bestaven prendra les commandes du “Cervin-Enr”, un bateau dont les colles et adhésifs
pour le montage des composites intérieurs ont été fournis par
GH Diffusion Emballage. Une intervention en marge de l’activité de la PME guerchaise, mais emblématique de la démarche
d’Hervé Pelhâte, son fondateur. “Je suis
curieux de toutes les innovations”, reconnaît le dirigeant qui a créé sa structure en
2000. “Après dix ans passés dans le
monde de l’emballage (distribution,
impression, logistique…), j’ai constaté
que son évolution passait par davantage
de services et l’adaptation des produits (coût, manipulation,
stockage, délai de livraison). Conseillé par Gilles Orhand, dirigeant de SCO à La Guerche, je me suis lancé sur ce créneau”.
Hervé Pelhâte commence par monter une activité de négoce
d’emballages toutes industries, “avec la volonté de trouver la
meilleure réponse à la demande du client.” D’emblée, il se
positionne sur l’innovation. En s’appuyant sur ses connaissances et son réseau de fabricants, il définit un cahier des charges, recherche les fournisseurs avec qui il adapte le produit,
démarre la production, parfois dans l’atelier où il a conçu une
machine originale …tout en assurant le commercial, l’administration des ventes, voire même
les livraisons. Aujourd’hui, l’entreprise compte neuf personnes,
aux fonctions plus définies même si son dirigeant n’a pas totalement renoncé à sa vocation d’homme-orchestre.
De la caisse carton au film à bulle
En 2003, Hervé Pelhâte rencontre Traiteur de Paris qui le sollicite pour définir de nouveaux emballages pour des petits
fours industriels haut de gamme : “cette demande m’a amené
à prendre une nouvelle direction”. Cette activité représente
aujourd’hui 50 % du chiffre d’affaires et répond aux besoins
de l’industrie des plats préparés sur la France entière. La
recherche est permanente : il faut étudier les matériaux, les
modes de découpe, les procédés d’assemblage. GH diffusion
Emballage travaille en réseau avec Breizpack, les laboratoires,
les industriels, mais aussi avec des chefs
de cuisine comme les enseignants du
lycée hôtelier de La Guerche. Par exemple, l’un des prochains conditionnements
devrait être une barquette en pure pâte
de cellulose associée à un contrecollé
polyester capable de supporter aussi
bien la surgélation que la cuisson, au micro-ondes comme au
four traditionnel. Ou encore une barquette étanche pour les
Fromageries Bordier. Ils devront répondre à un souci de plus
en plus présent : celui du développement durable : “La nouvelle barquette doit être entièrement recyclable et favoriser les
approvisionnements locaux”. Ainsi, pourquoi aller chercher la
cellulose des arbres scandinaves et ne pas tenter d’utiliser les
ressources locales, comme les fibres de lin ou les algues.La
démarche d’innovation semble payante : depuis l’origine, le chiffre d’affaires connaît une progression régulière (de 700 000
euros en 2004-2005 à 2,1 millions d’euros pour l’exercice
2007-2008). De quoi nourrir de nouvelles ambitions : “GH
Diffusion Emballage est à une charnière dans son développement : il faut maintenant choisir entre renforcer l’outil de production ou le bureau d’études”.
ENTREPRISES
L’innovation, ça l’emballe !
“sur dix prototypes,
deux sont retenus au final”
■ Clotilde Chéron
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DOSSIER
L’INFORMATIQUE EMBARQUÉE
Un marc
en plein bouillonne
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rché
nement
Quel est le point commun entre une
carte de crédit, un chariot de convoyage
téléguidé, un lecteur de code-barres
d’une caisse enregistreuse ou
une machine à laver ? L’informatique
embarquée ! Applications variées,
implication de tous les domaines
industriels, en l’attente de standards
internationaux, la place est largement
ouverte aux créateurs d’entreprise
qui disposent en Bretagne
d’un terreau fertile.
omme l’explique Gérard Baubau, délégué à la Meito pour
l’électronique et les TIC, “l’embarqué” recouvre à la fois les
logiciels et les systèmes embarqués, “de façon à répondre à
la demande de mobilité immédiate et permanente, au besoin
d’être raccordé à son environnement”. Les systèmes et logiciels embarqués jouent un rôle majeur dans la quasi intégralité des
secteurs industriels, de l’aéronautique aux cartes à puces, du transport au bâtiment ou aux loisirs. On estime ce marché à 4 milliards d’euros, en croissance de 15 % l’an, de quatre fois supérieure à celle du
PIB. Une performance à comparer avec le secteur de l’informatique
qui connaît une progression de “seulement” 7 %. Deux exemples illustrent ces propos. Pour Jean-Alain Le Floch, directeur de Lagassé
Technologies à Douarnenez, “les produits de sécurité (comme le
bracelet de surveillance pour les personnes atteintes de la maladie
d’Alzheimer) répondent à une préoccupation sociétale croissante,
notamment dans le domaine de la santé publique”. Autre secteur, l’automobile : “la part de l’électronique embarquée dans le coût total d’une
voiture, qui atteignait 25 % en 2002, sera de 35 % en 2010 et de 40 %
en 2015. Ce qui implique de trouver en permanence de nouvelles propositions pour assurer la fiabilité, la réduction de la consommation
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DOSSIER
L’embarqué est particulièrement
prometteur dans le secteur de la santé
(ici, bracelet de surveillance développé
par Lagassé Technologies)
électrique, la possibilité de combiner plusieurs fonctions au sein
d’un même calculateur”, explique à son tour Daniel Thouroude,
responsable de l’IETR (Institut d’électronique et des télécommunications de Rennes).
Les positions sont ouvertes
L’industrie du logiciel embarqué est en effet une industrie
jeune au sein de laquelle de nombreuses positions sont encore
ouvertes, indique Syntec Informatique (Chambre syndicale
des SSII, éditeurs de logiciels et sociétés de conseil).
Contrairement à l’industrie du logiciel traditionnel, les grands
groupes industriels y jouent encore un rôle déterminant. La
France, et notamment l’Ouest, dispose, grâce à l’existence
d’acteurs industriels de taille mondiale et de laboratoires de
recherche de pointe, d’atouts importants dans ce domaine.
Citons Thales, Thomson, Alsthom, Airbus, les constructeurs
automobiles, la DCN, Schneider électrique… “C’est à travers
les pôles de compétitivité que le gouvernement a réalisé que
le secteur de l’électronique embarquée était un secteur à part
entière car nombreux sont les projets qui développent des innovations supportées par l’électronique”, remarque Marc Frouin,
PDG de Geensys, société brestoise opérant dans le secteur
de l’ingénierie et des services appliqués aux systèmes embarqués dans les domaines du transport et de l’énergie. Dans ce
contexte, assurer la pérennité des outils utilisés, développer
des standards afin de réduire les coûts et ouvrir pleinement les
marchés aux applications innovantes, améliorer les cycles de
développement et de test revêt une importance toute particulière. Le logiciel embarqué est au cœur même de l’ensemble
des grandes innovations produits des années à venir. Ce qui
justifie le lancement de programmes transversaux comme
Cap’Tronic porté par le ministère de l’Industrie et ses applications comme Opase, Ouest plate-forme automobile systèmes embarqués, pour mettre en commun des outils de tests,
de validation et de prototypage au service des constructeurs
et de leurs sous-traitants.
Un puzzle d’initiatives
Nombreuses aussi sont les initiatives, notamment en Bretagne,
d’un puzzle de PME intervenant sur des niches et opérant d’entrée sur un marché global. Par exemple, Medria à Chateaugiron
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
(35), lauréat du ministère de la Recherche en 2005 pour son
système de surveillance des bovins. Issu d’une famille d’exploitants agricoles, ingénieur télécom attaché pendant 11 ans
à un grand groupe, Jean-Pierre Lemonnier a défini une plateforme pour le suivi et le contrôle des activités de production
appliquée à l’élevage : “en faisant ingérer à l’animal un capteur
capable de mesurer certains indicateurs comme la température ou le rythme cardiaque, on réalise un lien électronique entre
le bovin et le système d’information par voie radio. En consultant l’ordinateur ou le téléphone portable, l’exploitant lit, comme
à livre ouvert, les indicateurs de santé, de reproduction, de performance”. Premier au monde à développer ce système de
monitoring, Medria, créée en 2004, emploie maintenant 16 personnes et comptera 25 salariés en 2009. Et Jean-Pierre
Lemonnier de souligner la qualité des réseaux bretons : “il faut
de bonnes chaussures pour créer une entreprise (en termes de
qualifications, de réactivité, d’opportunités,…). Normand et
Parisien, je suis venu en Bretagne car les réseaux d’entreprises et de laboratoires sont actifs. C’est aux interfaces des
métiers et des savoir-faire qu’on crée de la valeur”.
L’international tout de suite
Installé à Guidel (56), Kannad est fabricant de balises de détresse
connectées à des systèmes de secours, “commercialisés d’office sur un marché international, dans 70 pays, Amérique,
Australie, Europe, grâce à un réseau de distribution et de maintenance assurant la proximité avec le client”, développe Sébastien
Guitton, directeur marketing et commercial. Depuis septembre
2007, la société s’est spécialisée sur la R&D et sous-traite en
France la fabrication : “en plus des difficultés liées à la parité
euro/dollar, c’est la course à l’innovation permanente. Il faut
jouer sur tous les paramètres (design, ergonomie, durée de vie,
maintenance…). La Bretagne nous permet de nouer des partenariats fructueux avec des laboratoires et des universités et de
participer, via les pôles, à des projets européens”. A Rennes,
Kerlink “fournit depuis 2004 des solutions pour interconnecter
des équipements distants avec le système d’information d’une
entreprise ou d’une organisation. Ces équipements peuvent
être fixes (compteurs d’énergie, parcmètres, …) ou mobiles
(véhicules de transport de biens ou de personnes), explique
William Gouesbet, directeur général. Par exemple, chez Cityroul
(location de véhicule en libre-service sur Internet sur abonnement
avec un badge), nous fournissons le boîtier et le service de gestion des abonnements sur le site : cryptage des données, exploitation, maintenance.” Issue d’une société
parisienne qui avait implanté sa R&D à
Rennes, Kerlink emploie 17 personnes
Kannad est spécialisé
dans les balises de détresse
connectées à des systèmes de secours
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CAMKA SYSTEM À QUEVEN (56) EN RECHERCHE PERMANENTE DE MULTIFONCTIONNALITÉS
Champion de la télémaintenance
pour un chiffre d’affaires qui est passé d’un million en 2007 à deux
millions d’euros en 2008. “Nous avons été accompagnés par la
technopôle qui nous a mis en relation avec les experts dont nous
manquions pour la gestion financière, le marketing, la promotion
de l’offre, le juridique… Le vrai levier de développement, ce sont
nos partenaires, ce sont eux qui vont nous ouvrir les marchés
européens.”
Une offre à géométrie variable
Créée en 2003 par six ingénieurs venant de Thales
Microelectronics, “Atlantic RF est spécialisée dans l’étude, le
avec les utilisateurs pour une
meilleure réactivité. Il existe au
monde moins de 10 sociétés
de télé-expertise, c’est un marché émergent, boosté par la
hausse du carburant et la pénurie de techniciens. Pour démarrer, il fallait un financement, une
crédibilité, une logistique. Nous
nous sommes appuyés sur les
structures régionales comme
Bretagne International, Oséo,
les pôles de compétitivité. Nous
avons appris de façon empirique le marketing de l’innovation : pour bâtir une stratégie, il
faut nous faire connaître, avoir
un positionnement, faire preuve
de créativité pour concilier les
aspects innovation et prix. La recherche de multifonctionnalités reste permanente.”
SDIS 29 - Marins Pompiers Brest - Préfecture maritime Brest - Innovadys - Alcatel Lucent - Camka System - Technopole Brest Iroise
“La pierre d’achoppement, c’est Intervention à distance d’un sapeurle lancement commercial d’un pompier sur l’Abeille Bourbon
produit pas connu du marché”,
explique Pierre Couëdelo, PDG
de Camka. Au croisement de
l’informatique, de l’électronique
et de la vidéo, Camka System
permet à un expert de faire réaliser à distance des opérations
de maintenance, sans se déplacer, par un intervenant présent
sur site (pompier, urgentiste,
agent de sécurité). Présente sur
les marchés internationaux
(USA, Suisse, Italie, Algérie,
Emirats Arabes Unis, Turquie,
Arabie Saoudite, etc), Camka
est issue d’une entreprise de
maintenance industrielle qui
voulait disposer d’un outil d’interven- la production étant confiée en soustion à distance. Depuis deux ans, l’ac- traitance à la société d’origine. “Nous
tivité de R&D a pris son indépendance, produisons des petites séries, en lien
développement, la fabrication et la commercialisation de produits et services électroniques dans les domaines des radiofréquences, précise Mokrane Yaker. La société (basée à Etrelles
- 35) s’est positionnée sur trois marchés : la télémesure et le
télé-relevé de compteurs d’eau et gaz pour Véolia, Suez et
Actaris (70 % d’un CA de 8,8 millions d’euros), la géo-localisation de détresse par satellite (20 % du CA) et le suivi de contenants industriels pour une gestion automatisée de ces stocks.
Loin de vouloir délocaliser, nous allons réintégrer une partie de
la production en investissant 3 millions d’euros dans des
machines nous permettant de répondre à une montée en
volume”. “Pragmatique”, Atlantic RF se démarque par “une
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du
(At
Bal
par
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IDIL À LANNION S’APPUIE SUR LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ
Entre 10 et 20% de croissance par an
Créée en 1995 par Patrice Le Boudec à
Lannion, Idil a su tirer son épingle du jeu
grâce à une double stratégie : associer
création de nouveaux produits et
distribution de produits existants, et
s’intégrer aux pôles de compétitivité.
Aujourd’hui, elle emploie 14 personnes et
dispose d’un bureau commercial à Paris.
Son chiffre d’affaires est de 3 millions
d’euros. Son coeur de métier est l’ingénierie de la fibre optique pour différentes
applications : agro-alimentaire, armée,
médical, en associant capteurs optiques
et télécommunications. Par exemple,
dans le domaine du génie civil, elle a mis
au point un capteur qui mesure la résistance des matériaux pour un pont ou
une conduite d’eau. En 2001, en réaction
à l’effondrement de la “bulle” des télécoms, Idil a commencé à vendre du
matériel (notamment des kits éducatifs
pour l’enseignement) et cette activité
représente 50 % des ventes. Grâce à
cette stratégie, le développement de l’entreprise est linéaire (progression entre 10
Module radio pour relever
à distance l’index
du compteur d’eau
(Atlantic RF)
Pose de capteurs à fibre optique pour mesurer la résistance des matériaux
et 20 % l’an) car elle
propose des solutions propres sur
mesure. Si “en optique, les grandes
séries sont fabriquées en Asie, nous
nous centrons sur des petites et moyennes séries, sur lesquelles les marges sont
confortables.” De plus, Idil participe à
bonne expérience en production et
en marketing de produits techniques à l’export”, une veille efficace
et par la qualité de service.
“L’horizon est serein” constate le
directeur commercial. Un
avis que partage
Abdelmoula Tamoudi,
chez Kereval. Depuis
2002, cette société rennaise s’est spécialisée dans les tests
et la qualification de logiciels, (vérification
de conformité, montée en charge, sécurité des systèmes d’information) et s’est investie dans le pôle Automobile haut de
gamme. La PME de 28 personnes, réalisant un
chiffre d’affaires d’un million d’euros, reprend
les mêmes arguments, précisant : “Les
fonds publics, la technopôle, sont des
accélérateurs de développement”.
Au fil de témoignages, un mot revient
souvent, celui de réseau, de partenariat.
Comme le résume Jean-Alain Le Floch :
“La capacité la plus importante à acquérir c’est d’amener le produit sur le marché, donc de disposer, en propre ou
avec un réseau de partenaires, des
capacités technologiques, industrielles, commerciales en plus de l’inno-
des projets régionaux ou nationaux pour
le compte de partenaires présents dans
les pôles de compétitivité.
vation.” Filiale de LCI créée en 2008 à Douarnenez, Lagassé
Technologies “dispose dans le groupe de toutes les compétences en logiciel, électronique et mécanique”. Elle est en lien
avec son site de Berlin, porte ouverte sur les marchés européens. Mais la société, qui “profite du potentiel breton en
équipement et en personnel qualifié, notamment grâce à la
Balise de localisation
par satellite (Atlantic RF)
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THOMSON DISPOSE À RENNES DE SON PLUS GRAND CENTRE DE R&D AU MONDE
Demain, nous vivrons dans un autre
monde, “tout à fait épatant”. Demain, les
habitants de la planète seront tous
connectés et des milliards d’objets intelligents dialogueront entre eux, interpellant
au passage les humains. Si vous démarrez votre feuilleton favori sur votre téléphone mobile, le téléviseur de votre
cuisine prendra immédiatement la relève
pour que vous ne manquiez sous aucun
prétexte le moindre rebondissement d’intrigue. Le Portable Info Center, sorte de
petit écran mobile sans antenne, sera
votre nouveau compagnon de jeu. Ou
encore, selon l’itinéraire suivi dans votre
supermarché favori, votre chariot équipé
d’un écran vous indiquera toutes les promotions rayon par rayon… Cette ère de
“l’image sans couture”, comme la désigne
Jean-Dominique Meunier, viceprésident du pôle Images et
Réseaux et directeur des programmes coopératifs chez
Thomson R&D, c’est celle que
prépare activement le leader
mondial des solutions vidéo.
En choisissant, voilà plus de
trente ans, d’installer au coeur
de Rennes Atalante son plus
grand centre de R&D au
monde, Thomson s’est fixé au
sein d’un écosystème particulièrement dynamique, toujours à la pointe
de l’innovation. En s’engageant résolument dans le pôle Images et Réseaux,
Thomson R&D s’est investi dans un
réseau dont l’excellence scientifique, la
présence de laboratoires reconnus sur le
Thomson permet de diffuser
de la vidéo sur tous les écrans
plan international et d’autres gros centres
de recherche (France Télécom, Alcatel),
irriguent réciproquement les différents
partenaires. Poussant l’innovation, le pôle
conquiert ainsi une visibilité et une compétitivité mondiales.
Bientôt, selon l’itinéraire suivi dans votre supermarché,
votre chariot équipé d’un écran vous indiquera toutes les promotions rayon par rayon
proximité d’universités de bon niveau”, mise aussi sur ses
relations avec les écoles, les grandes entreprises des pôles
Images et Réseaux et Mer, comme avec des PME telle Adwave
à Quimper. Ces liens forts, que toutes les sociétés rencontrées
revendiquent, sont-elles les prémices d’un regroupement qui
semble inéluctable ?
En phase de test
“Le marché est en plein bouillonnement, poursuit le dirigeant de
Lagassé Technologies. Quand les technologies vont se standardiser et donc la demande s’accroître, il y aura des regroupements
à l’initiative de très grandes sociétés mais on est encore en
Photo : Carrefour / Cereja - PRN
Demain, tous connectés
phase de test”.“La grande différence avec les autres secteurs
émergents, analyse aussi Marc Frouin de Geensys, c’est qu’il
va falloir apprendre à combiner les savoir-faire techniques avec
les contraintes de chaque métier. Il existe beaucoup de spécialités mais très peu de transversalité, chaque métier ayant développé des solutions de manière isolée. Une seconde vague de
développement se prépare pour 2015/2017 avec la mise en
place d’un réseau mondial de l’électronique embarquée qui
s’appuiera sur un concept de qualité de service. Faute d’un leader, la solution pourrait passer par la création d’une fédération
de PME de l’embarqué”.
Ce que confirme Syntec Informatique : “le tissu des prestataires, éditeurs et sociétés de services, est encore très fragmenté
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DOSSIER
DE QUIMPER, IJINUS DÉVELOPPE UN CAPTEUR ULTRASON POUR L’AGRO-ALIMENTAIRE
La PME s’est installée en Australie
L’électronique et les matières explosibles ne font pas bon
ménage ! Pourtant, Ijinus, jeune société quimpéroise, a réussi
à créer un capteur ultrason sans fil, compact, capable de
mesurer des matières dangereuses avec précision. Quels que
soient l’état et la forme de la surface de la matière (congères,
crevasses, …) dans le silo, le capteur associé à “ijitrack.com”
offre la première solution de télégestion des stocks pour les silos
de 1 à 25 m de haut et permet une visualisation de la qualité
de la mesure par l’imagerie acoustique. Le capteur réduit les
déplacements entre les sites, élimine le risque de chute et les
ruptures ou les surcharges de stock, détecte des anomalies de
consommation, de température et apporte de manière numérique et en temps réel la preuve de la livraison.
tant par la taille des acteurs que par la variété de leur domaine
d’intervention. Cette industrie, qui vit sur un modèle verticalisé
et cloisonné par grands secteurs (aéronautique, automobile,
défense, télécommunications…), est en passe de connaître une
évolution importante vers la transversalité des solutions. Ce
décloisonnement est poussé par la standardisation des composants de base (processeurs, mémoire, bus…) pour une part et
par les industriels des différents secteurs, d’autre part, qui
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
“J’ai créé la société en juillet 2003 suite à une conversation avec
un ami qui travaille dans la nutrition animale. Après la suppression de l’activité de R&D de l’entreprise d’électronique qui
m’employait, j’ai commencé par six mois de maths acoustiques,
raconte Olivier Le Strat, fondateur d’Ijinus. L’innovation repose
sur la technique mais une entreprise c’est de la comptabilité,
du commercial, du juridique. La technopôle Quimper-Cornouaille
m’a mis en relation avec des partenaires fidèles avec qui je travaille en totale transparence”. Aujourd’hui, Ijinus emploie sept
personnes (dont cinq ingénieurs) et se développe sur l’Espagne,
le Mexique, l’Australie… En trois ans, son chiffre
d’affaires est passé de 100 000 à près de 900 000
euros cette année.
commencent à voir des intérêts communs sur les outils mais aussi
sur les processus. Cette évolution sera approfondie et accélérée si la standardisation englobe l’ensemble de la plate-forme
d’exécution, et notamment le logiciel. L’évolution en cours est
un épisode critique de la transformation du secteur qu’il est
important de réussir pour l’industrie française du logiciel
embarqué si elle veut continuer à y jouer un rôle majeur”.
■ Clotilde Chéron
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ENTRETIEN AVEC JEAN-LUC FLEUREAU,
ANIMATEUR EN BRETAGNE DU PROGRAMME CAP’TRONIC1
DÉVELOPPÉ PAR JESSICA FRANCE (MINISTÈRE DE LA RECHERCHE)
Une industrie jeune sur un marché atomisé
Comment appréhendez-vous le marché
de l’informatique embarquée ?
C’est un très grand marché né de
l’explosion des télécoms et des télé-services
(tout ce qui permet de gérer à distance, de
connaître l’état, de réparer, d’aider au
diagnostic) sans avoir à déplacer un technicien.
L’innovation ne fait que croître pour répondre
à la très forte croissance de la demande ainsi
qu’à l’envie d’améliorer les produits et services
existants en y ajoutant de la communication.
Parmi les nouveaux secteurs, celui de la santé
me paraît particulièrement prometteur. Les
champs d’innovation sont vastes puisque les
solutions doivent prendre en compte les
contraintes : miniaturisation, fiabilité, autonomie, faible consommation énergétique et
criticité (réponse dans un temps court, réponse
juste et régulière à une sollicitation). C’est une
industrie jeune, où les opportunités sont
ouvertes, mais nous entrons dans une phase
critique où il est important que les entreprises
marquent leurs positions.
Comment se situe la Bretagne ?
En bonne position, même par rapport à Toulouse ou l’Ile-deFrance ! La région bénéficie évidemment de sa culture des
télécommunications, des relations étroites entre les entreprises
et les chercheurs dans les laboratoires ou les écoles. C’est
aussi la terre des réseaux, notamment du RDT (réseau de
diffusion technologique) piloté par Bretagne Innovation et qui
regroupe une quarantaine de partenaires. C’est un facteur de
rapidité et d’efficacité dans la mise en relation.
La qualité professionnelle des créateurs
est-elle suffisante pour garantir le succès
de leurs entreprises ?
Chaque innovation a une portée mondiale, l’avantage c’est qu’ici
tout le monde travaille dans la même direction. C’est une des
raisons de la réussite de ces jeunes entreprises. Souvent les
créateurs sont des ingénieurs, le plus souvent issus d’un grand
groupe. Mais ils sont épaulés par des structures qui les aident
à combler certains manques (connaissances en gestion, en
marketing...), et à construire économiquement leurs projets. Je
suis le délégué de l’association Jessica France pour la Bretagne.
Cette association, qui regroupe les centres techniques, l’Afeit, la
Meito, l’Agence de développement économique, Oséo, etc,
permet la mise en œuvre du programme Cap’Tronic qui finance
les études de faisabilité et organise la mise en relation entre
centres de recherche, entreprises et institutionnels.
Alors, quelles sont les perspectives pour demain ?
On est loin de la bulle Internet. Actuellement, le secteur de
l’embarqué est un marché atomisé, fait d’une constellation de
niches, avec très peu de concurrence quel que soit le niveau
auquel on se place (régional, national et international). Nos entreprises disposent de produits vraiment originaux. De plus, elles
ont su entrer dans un cercle vertueux où elles bénéficient des
ressources et de la solidarité de tous les acteurs qui les accompagnent. Si elles continuent à innover, à se faire accompagner,
il n’y a pas de raison pour qu’elles ne poursuivent pas leur
développement. La demande est telle que chacun peut trouver
sa place. Ma seule interrogation c’est le prix : nous ne sommes
pas très bons pour produire à moindre coût. Quand la demande
se renforcera, que les standards se généraliseront, comment
pourra-t-on y répondre en gardant la production en Bretagne ?
■ Propos recueillis par Clotilde Chéron
1
Cap’Tronic a pour vocation d’accompagner les entreprises
innovantes dans le domaine de l’électronique.
L’antenne régionale est basée à Brest.
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RÉGION
GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT :
VERS LA TAXATION DES POIDS LOURDS EN TRANSIT
Ecotaxe,
la grande arnaque?
Des chambres consulaires, Commerce, Agriculture et Métiers,
aux militants culturels bretons, en passant par les élus
de toutes obédiences, c’est l’unanimité : l’écotaxe
sur les transports, qui va être débattue cet automne,
met en péril grave la Bretagne.
“Il ne s’agit pas d’un problème de transport mais d’une atteinte
à la compétitivité de la Bretagne et donc à son avenir”, résume
Jacques Kuhn, président de la CCI de Brest, pour expliquer la
mobilisation générale des acteurs bretons. Au-delà des réactions épidermiques, des explications s’imposent. Dans son
volet transport routier de marchandises, le Grenelle de l’environnement prévoit six mesures essentielles : augmentation de
25 % du fret non routier d’ici 2012, promotion du transport combiné, création d’autoroutes ferroviaires, développement du
transport maritime et fluvial et taxation du transport routier
pour les camions en transit. De transit, il ne serait plus question dans le texte final à présenter aux députés cet automne pour
simplement taxer les véhicules de plus de 3,5 tonnes circulant
sur les voies expresses et certaines départementales jusqu’ici
non soumises à péage. Donc aux routes bretonnes gratuites
depuis que le Général de Gaulle, conscient lui de l’état incontournable de péninsule de la région, a lancé le plan routier
breton gratuit d’usage pour compenser le handicap.
70% de desserte régionale
Concrètement, un camion circulant en Bretagne sera, via un
mouchard à son bord dont le coût n’a pas été évalué, repéré
par des bornes au bord des routes qui lui enverront ensuite une
facture à répercuter sur le client livré. “Cette taxe coûtera 1 %
de rentabilité aux entreprises bretonnes dont la majorité oscille
entre 0 et 3 %, analyse Christian Guyader, président du Medef
Finistère. Pour fragiliser le tissu économique breton, on ne s’y
prendrait pas autrement !” Même sentiment chez Jean-Claude
Le Gall, ex-patron de Savéol et administrateur de Produit en
Bretagne : “une tomate venant d’Espagne remontera vers Paris
sans taxe alors que celle du Finistère arrivera après avoir vu son
prix handicapé par une taxe jusqu’à Rennes.” Les chiffres ne
semblent pas avoir ébranlé les technocrates de la capitale. “Le
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
Après les camions fin 2011,
la taxe toucherait les véhicules
particuliers dès 2013
trafic de camions en Bretagne concerne à 70 % de la desserte
interne pour livrer des chantiers, des exploitations agricoles,
transporter des animaux, amener des produits d’une entreprise à l’autre pour poursuivre la transformation… Quel que soit
le modèle choisi, un transport commence et se termine en
camion, raconte Jean-Jacques Le Calvez, patron des transports
qui porte son nom. Il faut dénoncer une idée selon laquelle nous,
transporteurs, serions opposés au transfert de nos camions sur
rail : au contraire, nous y sommes favorables. Mais on sait qu’il
n’existe pas aujourd’hui de proposition sur rail en Bretagne et
que, de toute façon, l’organisme qui percevrait la taxe n’a
aucun projet en Bretagne avec l’argent qu’il y collectera.”
Taxé jusqu’à sept fois
Le débat est loin d’être théorique. Ainsi, un plat cuisiné breton
à base de poulet serait taxé : lors de la livraison des poussins
à l’élevage, lors de la livraison de l’aliment, pour la conduite des
poulets à l’abattoir, vers l’usine de découpe, vers l’entreprise
de plats préparés, vers le stockage de froid, à direction du
client… Au moins sept fois selon le process. “La Bretagne est
la 1ère région agricole de France et a un rôle à jouer au moment
où l’on parle de pénurie alimentaire mondiale, explique Jacques
Jaouen, président de la Chambre régionale d’agriculture. Et donc
pour nous permettre de jouer notre mission de nourrir les gens,
on nous pénalise sur le transport. De qui se moque-t-on ?” Pour
tous les partenaires, la mesure relève de la perfidie. En effet, la
taxe collectée serait affectée à AFIFT, chargée de développer
les infrastructures ferroviaires, qui, travaillant sur des projets rail
à l’est de la France et sur le tunnel Lyon-Turin, est en déficit d’un
milliard d’euros… “la somme que rapporterait la taxation des routes aujourd’hui sans péages alors que le gouvernement vient de
brader ses autoroutes à des sociétés privées”, conclut JeanJacques Le Calvez. Après les camions au plus tard fin 2011,
la taxe toucherait les véhicules particuliers bretons dès 2013.
“C’est la fibre bretonne qui doit vibrer et se lever pour faire annuler ce projet car, de toute façon, nous ne laisserons pas faire”,
affirment les partenaires.
■ Yves Pouchard
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EN LANÇANT SON PROGRAMME 2007-2013, L’EUROPE SE VEUT ACCESSIBLE À TOUS
sans accessibilité, la bataille de la compétitivité et de l’innovation était difficilement réalisable”, précisait le préfet. De son côté,
Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional, également
présent lors de cette journée de lancement, ajoutait : “il a fallu
que tous les territoires acceptent de participer à des programmes globalement régionaux et privilégient le ferroviaire. C’est
maintenant, quand tout va encore bien, qu’il faut distiller de l’innovation à haute dose.” C’est dans ce sens que l’Etat et la
Région s’engagent à finaliser d’ici le milieu de l’année 2009, un
schéma régional d’innovation. Les pôles de compétitivité, les
centres de recherche et de transfert de technologie et, à travers eux, les PME devraient en être les grands bénéficiaires.
■ Véronique Maignant
Photo : SNCF CAV
“Développement durable, développement social, bataille
de l’innovation et de la culture scientifique, pour faire face à la
mondialisation l’Europe s’engage en Bretagne à hauteur de
600 millions d’euros”, déclarait Jean Daubigny, préfet de région
à l’occasion du lancement des programmes européens pour la
période 2007-2013. Outre ces priorités thématiques, la fin du
zonage est également annoncée. Cette enveloppe financière,
en baisse de 153 millions d’euros par rapport à la période précédente du fait de l’élargissement de l’Europe, est répartie
dans 4 fonds (voir tableau).
Particularité de la Bretagne, 1/3 des 383 millions d’euros réservés au Feder va au financement de la Bretagne à grande
vitesse. “Nous avons dû nous battre et prouver à l’Europe que,
ferroviaire
RÉGION
La Bretagne privilégie
l’innovation et le
RÉPARTITION DES FONDS EUROPÉENS ATTRIBUÉS À LA BRETAGNE POUR 2007-2013
Fonds
FEDER
(fonds européen de
développement
régional)
FSE
(fonds social
européen)
Objet
Axes
Promouvoir l’attractivité et
l’excellence territoriale pour
les investissements et
l’emploi dans les régions
- Faire de la Bretagne une région accessible et attractive
afin de conforter son développement équilibré et durable
(exemple Bretagne Grande vitesse)
- Accroitre la compétitivité et la performance économique
par l’innovation et la connaissance
- Valoriser les atouts de la Bretagne dans le domaine maritime
- Préserver l’environnement et prévenir les risques naturels
Soutenir l’emploi, développer
la formation, valoriser le capital
humain et favoriser l’insertion
professionnelle
- Adapter les travailleurs et les entreprises
- Direction régionale
aux mutations économiques
du travail, de l’emploi
- Développer l’accès à l’emploi des demandeurs d’emploi
et de la formation
- Renforcer la cohésion sociale et lutter contre les discriminations professionnelle
- Investir dans le capital humain et la mise en réseau,
l’innovation et la transnationalité
FEADER
Anciennement FEOGA
(fonds européen
agricole pour le
développement rural)
FEP
(fonds européen
pour la pêche)
Organismes
gestionnaires
en région
Anciennement IFOP
- Conseil régional
- Direction régionale
de l’équipement
- Ademe
-(1)
Montants
attribués
par l’Europe
à la Bretagne
301,7 M€
183,3 M€
Poursuivre la politique de développement des zones rurales
- Direction régionale
de l’agriculture
et de la forêt
107 M€
Poursuivre le développement de la pêche et l’aquaculture
- Direction régionale
des affaires maritimes
24 M€
(1) Pour les entreprises, le réseau des CCI constitue également un des relais d’accès à ces fonds
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
RÉGION
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■ AgroFood à Rennes, les 9 et 10
octobre prochains : “Pour une industrie agro-alimentaire européenne
compétitive” Cette rencontre, s’inscrivant dans la période de la Présidence
française de l’Union Européenne, aura
pour thème : “Pour une industrie agro-alimentaire européenne compétitive”.
Particulièrement destiné aux responsables agro-alimentaires, le congrès
AgroFood aura pour mission de mettre la
compétitivité de l’agro-alimentaire européen et français au cœur des enjeux
mondiaux. À cette occasion, une étude
réalisée par la Commission Européenne
sera présentée. Des débats sur l’écoinnovation, les comportements d’achat
des consommateurs, les réglementations
européennes en construction et les évolutions des modes de management
auront lieu en présence d’experts.
Organisé par le pôle de compétitivité
agro-alimentaire Valorial et Bretagne
Innovation, AgroFood sera présidé par
Monsieur Coomans, Chef d’Unité
“Industrie Alimentaire” à la Direction
Générale Entreprises et Industrie à la
Commission Européenne.
Contact : Valorial : 02 23 48 59 64
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
■ 8 000 visiteurs et 380 exposants lors de la dernière édition
du
salon
professionnel
Prévent’Ouest qui s’est tenu à
Nantes en juin dernier. Parmi ces
visiteurs, 66 % étaient originaires
du Grand Ouest, attirés par les principes mis en avant sur ce salon à
savoir l’hygiène-sécurité, l’ergonomie et la santé au travail. Concept
original réunissant en un seul lieu un
salon et un congrès sur la prévention des risques professionnels et
l’optimisation des conditions de travail, Prévent’Ouest touche à 40 %
les secteurs industrie et bâtiment.
Les thématiques les plus fortes
abordées au cours de la centaine
de conférences organisée durant
ces deux journées furent la pathologies professionnelles / TMS, la prévention des risques psychosociaux
/ stress, le BTP / travaux en hauteur
et la formation à la maîtrise des risques. Les principaux organisateurs,
les Cram des Pays de la Loire et de Bretagne, ont décerné les prix de l’innovation
à plus de 14 lauréats. Parmi eux, citons l’entreprise Sapelem (Beaucouzé près
d’Angers) et sa poignée ergonomique Zii conçue pour une assistance musculaire
ultra sensitive, intelligente, dynamique et sécurisée.
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Développement durable
FACET INGÉNIERIE LANCE LE BÂTIMENT ÉCONOLOGIQUE®
HQE : Hésitation Quasi Exclue
“Il faut absolument
changer de manière de voir le
bâtiment d’entreprise. Toute
construction nouvelle devrait
déjà être équipée en panneaux
photovoltaïques : ce sont des
millions de m2 qui dorment sur
les toits !” En déposant la marque Bâtiment éconologique®,
Horace Bertaux, président de Facet, veut mettre les chefs d’entreprise face à leurs responsabilités… et leur intérêt. Et de montrer l’exemple. Pour ses locaux du Faou (Finistère), un
environnement paysager, des ampoules basse consommation,
de la visioconférence pour travailler avec ses collaborateurs ou
partenaires sans besoin de retour au siège, des panneaux photovoltaïques qui abritent l’entrée de la pluie, donnent de l’ombre
à l’exposition au sud et évitent ainsi une climatisation tout en produisant de l’électricité rachetée par EDF… pour preuve, un écran
face à la porte donne en temps réel l’argent gagné sur la facture
électrique. Trois des six véhicules de l’entreprise sont des voitures hybrides et elles le seront toutes au gré du renouvellement
du parc. “Construire un bâtiment éconologique® ne représente
qu’un surcoût de 3 à 5 % mais il aura un temps de vie supérieur
de 30 à 40 % et le retour sur l’économie d’énergie est vite palpable.”
Le monde a changé
Créée en 1990, Facet s’est imposée au-delà de la région dans
le métier d’interlocuteur unique pour le chef d’entreprise désireux
de construire un bâtiment. De la signature du projet à la livraison,
la société prend tout en mains, permettant ainsi à l’entrepreneur
de se consacrer pleinement à son métier, hors des aléas d’un
chantier. Autour d’Horace Bertaux, les 10 personnes réparties en
services commercial, méthodes et travaux assument la concrétisation de réalisations d’un coût de 350 000 euros à 2 millions
d’euros. Dernier chiffre d’affaires : 8,5 millions d’euros. “Pour
l’anecdote, Facet a été initialement créée pour installer des stations-service pour Total, sourit le président. Depuis, le monde a
Facet a équipé ses bureaux du Faou de panneaux photovoltaïques
RÉGION
Contractant général
pour la construction de
bâtiments pour PME-PMI,
Facet Ingénierie a lancé
le concept de l’Econologie®,
fusion incontournable
aujourd’hui entre économie
et écologie selon
Horace Bertaux.
bien changé et nous nous voulons à la pointe des réponses aux
nouveaux défis pour l’énergie et l’environnement de la planète au
service des entreprises.” Une première étape avait été franchie
en lançant un service maintenance, quasi unique chez les
contractants généraux : “nous assumons ce que nous avons
construit et ne laissons pas l’entrepreneur seul, face à son bâtiment, au-delà de la garantie légale.”
La Haute Qualité Environnementale
Le Bâtiment éconologique® s’appuie sur les 14 points de la charte
de haute qualité environnementale (HQE). Avec en fers de lance,
le traitement des déchets, la récupération des eaux de pluie, la
ventilation double flux et la structure bois lamellé-collé. Et bien
sûr le photovoltaïque. “Aux États-Unis, nous avons trouvé un matériel adapté aux toits plats, comme souvent dans les entreprises.
Baptisé “Amorphe”, il est constitué d’une couche mince de silicium et est particulièrement adapté à la Bretagne : il a besoin de
pluie de temps en temps pour laver sa surface et de températures limitées. Bien sûr, pour les autres situations le "polycristallin"
bien connu répond bien aux attentes.” Horace Bertaux aurait
apprécié dans sa démarche de solutions durables un soutien plus
concret des décideurs politiques : “la Bretagne est une des rares
régions de France à ne pas aider l’équipement photovoltaïque pour
les entreprises. C’est une aberration coupable car on sait déjà que
l’on va payer plus pour avoir moins : l’écologie est le plus important combat des années à venir… qu’il faut lancer dès aujourd’hui.
Beaucoup en parlent et ne font que ça, nous nous agissons !”
■ Yves Pouchard
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
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Créer sa “boîte” quand on est jeune
BELLIDAYS PROPOSE VÉHICULE ET MINIBUS AVEC CHAUFFEUR POLYGLOTTE,
7/7 J, TOUTES DISTANCES ET GUIDE TOURISTIQUE SI BESOIN
GROS PLAN
“Je prends un risque et alors ?”
Bellidays propose des services haut de gamme
dans la location de voitures et minibus
avec chauffeur. Sa jeune créatrice,
Belinda Chellali, a conduit et guidé
en autocar, 4 ans durant, des touristes
aux quatre coins de l’Europe. A l’époque,
elle n’avait que 21 ans. De cette expérience
est née son entreprise basée à Rennes.
“Maintenant je peux le dire, mais la première fois que j’ai
eu à gravir le volcan du Vésuve au volant d’un car à double étage,
j’étais morte de trouille.” A l’époque, Belinda avait 21 ans et un
physique d’hôtesse plutôt que de chauffeur. C’est après avoir passé
un an en Italie et enchaîné un BTS tourisme par correspondance
que la jeune femme se met à chercher du travail auprès des
agences de voyage. Mais là, déception : elle découvre qu’être jeune
et sans expérience constitue un gros handicap. Qu’à cela ne
tienne, avec son tempérament bien trempé et son envie énorme
de réussir, elle décide de passer son permis de transport en
commun pour conduire des autocars, “mais surtout pour mieux
me vendre auprès de mes futurs employeurs”. Et ça marche !
“M. Boute, PDG des Voyages Cottin m’a donné ma chance en me
confiant un de ses autobus. Au vu de ma jeunesse, ce n’était pas
évident, surtout pour évoluer dans un milieu très masculin.” De là
débutent sa carrière et sa vocation qui la mèneront sur toutes les
routes d’Europe au volant de son car. Elle découvre ainsi l’Italie,
l’Espagne, l’Allemagne. “J’apprends ma géographie, découvre les
cathédrales et les châteaux, c’est fantastique ! Mais un chauffeur,
c’est aussi un guide touristique, le bureau des plaintes et un
accompagnateur. Ces années sont une expérience unique mais
elles m’ont coupée de ma famille et de mes amis. Alors, fin 2006,
je dis stop à cette vie. Le projet de création que j’avais en tête depuis
toujours était prêt à éclore.” Bélinda avait eu l’occasion de transporter et accompagner des Japonais en minibus durant une
semaine pour leur faire découvrir la Bretagne. A travers cette
aventure, elle avait pris la mesure de l’absence, en région, d’une
offre personnalisée haut de gamme pour des transports de petits
groupes. Il y avait donc un marché à prendre.
Les vraies difficultés commencent
“Plus j’avançais dans mon projet et plus j’avais le sentiment
qu’on cherchait à me décourager.” Il faut dire que Belinda cumule
les handicaps : 28 ans, femme, française mais d’origine hispano-algérienne et sans fortune personnelle. Pour créer sa boîte,
40
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
ce n’est pas le meilleur profil. “Par chance, pour obtenir mon certificat de capacité de transport de voyageurs (seulement 7 % de
taux de réussite), mon bac + 2 me donnait une équivalence. J’ai
simplement eu un stage d’une semaine à effectuer. Le Conseil
régional l’a financé à hauteur de 700 euros. En étant autocariste,
j’ai une habilitation touristique, à savoir que je peux organiser des
voyages à l’étranger. Il suffit, par exemple, que je réalise le transfert jusqu’à l’aéroport.” La recherche d’une banque fut un échec
total. “J’ai essuyé 4 refus. Sans le piston de mon ami, directeur
commercial dans une entreprise, je n’aurais jamais obtenu de prêt.
Je demandais 18 000 euros et j’en apportais 6 000 !” Aujourd’hui,
Belinda bénéficie de surcroît du fond de garantie à l’initiative des
femmes géré par Bretagne développement initiative. Il garantit
l’emprunt bancaire à hauteur de 70 % du montant du prêt.
Démarrage officiel le 1er juin 2008
“J’ai conscience de prendre un risque et alors ? ça ne va pas me
tomber dessus tout cuit ?” Belinda a donc déjà appris à tout faire :
site internet, prospection, devis, les premiers mois sont consacrés au commercial. “J’intéresse beaucoup de prospects car je
suis non seulement chauffeur mais j’ai cette carte “guide touristique” qui plait énormément. De plus, je parle anglais, espagnol
et italien. Avec mon véhicule 6 places, il m’arrive de concurrencer les taxis. Le Grand Hôtel Barrière à Dinard m’a donné ma
première chance. Je suis également en relation avec le Comité
régional du tourisme. J’organise aussi bien des tours de Bretagne
que des navettes pour les mariages. J’ai des tarifs bien négociés.
Je suis la commerciale des autocaristes. Ils me font travailler et
moi également. J’ai plein d’idées pour mes clients et l’envie de
revenir. Je suis sur un créneau encore peu développé et je
compte proposer des services supplémentaires : presse,
boisson, écran DVD, audio- guides, etc.” conclut Belinda, qui ne
s’est jamais départi de son sourire tout au long de cet entretien.
■ Véronique Maignant
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Juridique
SIMPLIFICATION DE LA RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL
La rupture par consentement mutuel du contrat à durée indéterminée empruntée au Droit civil n’est pas une nouveauté.
Cependant, elle n’est quasiment jamais utilisée du fait de la privation du bénéfice de l’assurance chômage pour le salarié, de l’application
aux éventuelles sommes versées du traitement fiscal et social des salaires et de l’absence de valeur transactionnelle entre les parties.
La loi portant modernisation du marché du travail du 25 juin 2008, complétée par le décret du 18 juillet et par la circulaire du 22 juillet,
crée un nouveau mode autonome de rupture du contrat de travail à durée indéterminée qui simplifie incontestablement
le droit positif sans cependant apporter une sécurisation juridique totale.
Les apports positifs de ce nouveau mode de rupture sont
incontestables :
Sa mise en œuvre en trois étapes est relativement précise sinon
simple : discussion entre les parties, signature de la convention
et homologation par le directeur départemental du travail sur la
base de deux formulaires préétablis disponibles par téléchargement. La rupture conventionnelle, contrairement au licenciement,
n’a pas à être motivée ce qui évite un travail particulièrement
délicat pour l’employeur et l’acceptation difficile du motif par le
salarié. Les salariés concernés par le dispositif sont de droit
bénéficiaires des prestations de l’assurance chômage non
précisées à ce jour. Enfin, et par dérogation aux règles de droit
commun, le dispositif de rupture conventionnelle est étendu aux
salariés protégés après autorisation de l’inspecteur du travail.
La rupture conventionnelle limite également les coûts et
les risques : en effet, le dispositif ne prévoit pas d’indemnité
de préavis, la rupture intervenant au plus tôt le lendemain du jour
de l’homologation. Quant à l’indemnité spécifique de rupture
conventionnelle, son montant ne peut être inférieur à celui de
l’indemnité légale de licenciement désormais doublé par le
décret du 18 juillet 2008, et non à celui de l’indemnité
conventionnelle souvent plus élevé. Elle est soumise au régime
fiscal et social de l’indemnité de licenciement.
Enfin, les éventuelles contestations seront irrecevables au-delà
d’un délai de douze mois à compter de la date d’homologation
de la convention.
La rupture conventionnelle présente cependant des contraintes
sans apporter une sécurisation absolue :
Le dispositif nécessite un entretien formalisé à défaut d’un
véritable entretien préalable et le salarié (comme d’ailleurs
l’employeur) dispose d’un délai de 15 jours calendaires pour se
rétracter.
La convention doit être homologuée par le directeur départemental du travail (15 jours ouvrables). Cependant, les modalités de
ce contrôle restent floues.
Enfin, la mise en œuvre de cette rupture est relativement longue :
de l’ordre de 40 jours en tenant compte des délais de
convocation, de rétractation et d’homologation.
La rupture conventionnelle, qui ne constitue pas une
transaction, pourra parfaitement être contestée notamment sur
le terrain du vice du consentement ou de l’irrégularité de
procédure (imprécision du texte sur les délais et la forme de la
convocation à l’entretien obligatoire), voire même sur le fond
(motif économique, inaptitude…).
PRATIQUES
Limiter les coûts et les risques
Enfin, demeure totalement imprévisible la position des tribunaux
appelés à se prononcer sur ce type de rupture (le sort du CNE
est encore dans toutes les mémoires).
En conclusion, la rupture conventionnelle constitue une
réponse particulièrement adaptée aux demandes de salariés
désirant quitter leur emploi sans démissionner mais ne semble
pas devoir se substituer aux modes traditionnels de rupture
lorsque celle-ci est subie ou lorsqu’il y a conflit entre les parties.
Jean-Luc GAUTIER
Avocat spécialiste en droit social
SELARL GAUTIER-CARABIN
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Enquête
PRATIQUES
L’E-RECRUTEMENT,
UNE VITRINE POUR SE VALORISER
Frilosité des PME
Selon un état des lieux publié par le Monster Index
de l’emploi en France, le volume des offres d’emploi
sur Internet a grimpé en juin de 8 %. L’Ouest s’est inscrit
dans la mouvance nationale avec un indice de 121,
au lieu de 116 le mois précédent. Pourtant, sur le terrain,
la réalité du e-recrutement breton est plus nuancée.
D’un côté, on trouve les entreprises qui font partie
des grands groupes et ne conçoivent pas le recrutement
sans le web. De l’autre côté, les PME et les TPE qui recrutent
par relations, annonces presse ou sites d’emploi traditionnels.
Entre les deux, quelques entreprises novatrices relevant
du secteur des Tic, de taille souvent modeste, qui recrutent
via des sites interactifs et attrayants.
A Brest, s’est tenu, début juillet, le 3ème Forum des usages coopératifs. Assez peu médiatisé, ce forum est pourtant révélateur d’un
désir de rencontres et d’échanges autour d’Internet entre les
acteurs économiques du privé et du public. Ces trois journées de
42
BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
“remue-méninges” ont permis, entre autres, de présenter le
réseau Rubi (http://www.lerubi.net/). Un réseau dont le but est de
créer une dynamique qui relie et amplifie les initiatives autour des
usages innovants des Tic (technologies de l’information et de la
communication). Un projet fédérateur, à l’initiative de la Région,
de Brest et de Rennes, de Mégalis (réseau régional à très haut
débit, destiné aux établissements publics et aux collectivités
locales), de “Marsouin” et de la Meito pour atténuer, voir éliminer
la fracture numérique. Clément Petit, dirigeant de U-Job et
concepteur du site de recrutement du CMB, s’étonne de la frilosité apparente des entreprises à l’égard d’Internet et du e-recrutement : “Elles ont tout à gagner à se mettre sur Internet, à
communiquer avec les autres, à lancer le recrutement en ligne.
C’est un moyen de se mettre en valeur !”
De bonnes raisons de recruter sur Internet
“Les entreprises se sont rendu compte que les annonces Internet
coûtaient seulement 10 % des annonces presse”, souligne Marion
Salkin, consultante en recrutement chez Abaka Conseil à Quimper.
Outre le coût, c’est aussi la réactivité quasi en flux tendu qui motive
les entreprises. Sans oublier le fait que cela évite de passer du
temps à traiter les candidatures papier. L’e-recrutement peut
aussi permettre - contrairement à une présentation papier classique - d’exposer sur le site l’intérieur de l’entreprise, ses spécificités. Clément Petit précise : “pour une entreprise, c’est très
valorisant de montrer au candidat les lieux où il va travailler. Ça permet d’humaniser l’offre. En mettant en 3D l’intérieur d’Arkéa, on
a offert au candidat un monde virtuel très proche de la réalité.” En
dehors du recrutement officiel, d’autres moyens existent aujourd’hui
pour dénicher la perle rare ou “se faire dénicher par…” ; les
réseaux sociaux, qui passent par les blogs et les “chats”, en
sont la preuve. Denis Failly, spécialiste du Web 2 sur Brest, croit
fortement au “selfmarketing” qui passe souvent par le blog : “ Les
réseaux sociaux sur Internet permettent de se valoriser, d’être sa
propre marque. On est lu par des confrères, des recruteurs et cela
crée une spirale vertueuse de contacts presque naturelle d’un blog
à l’autre, de mises en liens et de référencements.”
Guillaume Thomas, rennais et fondateur du site www.aladom.com,
a eu l’idée lumineuse de faire “sortir” d’Internet un site de services à domicile, qui met en relation les personnes à la recherche
d’un prestataire et celles qui proposent leurs services aux particuliers, aux entreprises et aux associations. Son site est coloré,
simple d’utilisation, fluide et extrêmement interactif. Candidats et
entreprises peuvent proposer leurs services.
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Une photo pour “rassurer le demandeur”
Recruter sur Internet est aussi signe de bonne santé économique
et tout se sait très vite sur Internet. Jocelyne Loaec, chargée
d’études au sein de la DRH du CMB (voir encadré) confie : “Cela
apporte une valeur ajoutée de communiquer sur son recrutement par le biais d’Internet. Lorsque nous souhaiterons faire de
la mise en avant pour nos offres d’emploi, nous passerons par des
sites du type Second Life. Quand nous voudrons faire de la notoriété d’image, nous passerons par d’autres sites.” Un site n’est pas
une plaquette d’entreprise. Elle ajoute : “Aujourd’hui ce n’est
pas suffisant d’avoir un beau site et des offres d’emploi, il faut réussir à se démarquer, étonner, détonner…”. Guillaume Thomas, sur
son blog (blog.aladom.fr/), dit la même chose. “Pour moi, ce qui
compte, ce n’est pas le moteur, mais la carrosserie !”
vu le jour”. L’évolution somme toute relative des Tic dans les entreprises bretonnes est-elle due au manque de communication ? Au
fait “que chacun travaille dans son coin”, comme l’a fait remarquer Hugues Aubin, chargé de mission Tic de la ville de Rennes,
lors des rencontres du 3ème Forum de Brest ? Nicolas Jullien, du
Laboratoire des usages “Marsouin”, place beaucoup d’espoirs
dans le réseau Rubi : “Il vise à mettre en lien tout le monde, à créer
l’émulsion et à réduire la fracture numérique, pas seulement au
niveau local…”
PRATIQUES
Enquête
■ Anny Letestu
E-recrutement et fracture numérique
“Il y a tout un pan de la population et pas seulement les personnes âgées, qui a une vision réduite d’Internet. Même chez les jeunes, Internet se limite aux MSN, aux jeux et aux téléchargements.
Il y a une traditionnelle fracture numérique”, déplore Denis Failly.
Il y a ceux qui ont accès aux Tic et ceux qui en sont exclus, par
manque de moyen ou de curiosité. “Je sais que certaines entreprises ont des blogs qui permettent de “chatter” avec les candidats, remarque Marion Salkin, mais ce n’est pas une pratique
courante dans les PME bretonnes. Quant à Second Life, dans le
Finistère, les seuls à en parler ce sont les étudiants des grandes
écoles d’ingénieurs” Evoquer le Web.2 avec certains cabinets de
recrutement qui ont pourtant leur siège à Paris suscite même l’interrogation ! “Dans le tissu local, artisanal et dans les PME,
constate Denis Failly, on retrouve la vision Web.1, c’est-à-dire la
vitrine et le site. Le Web.2 est complètement ignoré la plupart du
temps !” Pour simplifier, le Web.1 est statique, alors que le Web.2
vise l’interaction entre les utilisateurs et la création des réseaux
sociaux. Les sites Web.2 sont plus centrés sur l’humain que sur
l’entreprise. L’internaute est acteur. Dernier constat : les réseaux
sociaux sont plus courants chez les citadins et les personnes diplômées de moins de 45 ans. Clément Petit a malgré tout une vision
optimiste du paysage “e-recrutement” breton : “l’année dernière,
les sites semblaient réservés aux grands groupes et, en un an, les
demandes semblent avoir explosé ! On nous demande même d’intégrer des vidéos…” Pour U-Job, les entreprises bretonnes ont,
semble-t-il, fait un pas de géant, “mais on dirait que les projets
n’ont pas le temps de s’épanouir et qu’ils disparaissent avant d’avoir
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LE CMB SE LANCE SUR LE WEB.2
PRATIQUES
Recrutement en 3D
“Il y a un an et demi, explique
Jocelyne Loaec, chargée d’études au sein
de la DRH, on a considéré que la partie
“recrutement” de notre site avait vieilli et
qu’elle ne correspondait plus à l’image
que nous voulions donner aux candidats” : une image dynamique, à la pointe
des nouvelles technologies. Une réflexion
a donc été engagée pour voir ce qui se
pratiquait sur le web en matière de recrutement. “On a constaté que les sites
n’étaient plus statiques mais dynamiques. On avait envie de surprendre le
candidat, qu’il tombe sur un site qui
détonne dans le paysage bancaire et dans
le paysage du recrutement en général.”
Une jeune agence de communication
brestoise U-Job a travaillé sur le projet.
Depuis le 17 mars, le site www.cmbrecrutement.fr est en ligne.
Un travelling vertigineux balaye la place
virtuelle de la cité du CMB. Le soleil éclabousse les pelouses, les trottoirs et les
façades des bâtiments. Sur une mer bleue,
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BRETAGNE ÉCONOMIQUE • N°188 • SEPTEMBRE 2008
étale, on aperçoit un voilier. “Nous espérons attirer de nouveaux profils, car nous
nous sommes aperçus que 75 % des
candidatures se faisaient sur Internet et
nous voulions faire progresser ce chiffre.” Grâce au graphisme soigné du site,
le CMB élargit sa cible aux 20-35 ans. “Le
site en 3D donne une nouvelle image de
nous, modernise aussi l’idée qu’ont les
candidats des métiers de la banque, une
idée un peu vieillotte. Par ce nouveau
moyen de communication, nous sommes
dans la mouvance Second Life…” Face
au CMB, l’internaute a le choix : soit il traverse, rentre dans le hall d’accueil et d’un
clic de souris découvre les métiers propres
à une agence en s’approchant des personnages en place, soit il se rend au siège
ou bien opte pour l’espace RH. Dans chacun de ces lieux, il a l’impression de dialoguer avec une personne qui lui parle des
spécificités de son métier. Le visiteur peut
enfin se rendre sur le forum. Trois bancs
font face à la mer. Deux personnages par
banc le renseignent sur le recrutement :
profils, étapes de recrutement, stages
etc. S’il est motivé et convaincu, il peut,
à chaque instant de sa promenade, déposer un CV ou faire suivre une information
à un ami ou à un réseau. “Nous n’avons
pas encore lancé de campagne de communication, mais on a déjà constaté une
augmentation de 10 % des candidatures. Avec ce site, nous souhaitons préparer l’avenir, car nous allons subir, comme
toutes les banques, les effets du papy
boum, de la pyramide des âges…” Dans
quelques semaines, le site émettra des
sons et diffusera des vidéos “pour lui
donner un aspect plus humain”. Il ne lui
manque que la parole…
A.L.
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http://www.regionsjob.com
http://www.secondlife.com/ http://www.apec.fr/
Né il y a 7 ans, avec un site par grande
région, dont la plateforme “ouestjob”. Ils
ont tellement compris l’importance des
blogs qu’ils ont créé cet été un “concours
du meilleur blog emploi”. Le blog ou le
moyen de parler de son métier, ou encore
celui de lancer un appel à candidats.
Mais aussi un espace wikimétiers pour
informer sur les professions et partager
avec le plus grand nombre d’internautes.
Pour encore plus de convivialité, on trouve
un coin “café” par secteur professionnel,
avec une météo des offres d’emploi, des
billets, des infos. D’après les cabinets
de recrutement de l’Ouest, “ouestjob” a
de plus en plus la cote.
Un monde pas si virtuel. En juin 2007,
L’Oréal s’est aperçu que les 20-30 ans
étaient très friands des nouvelles technologies et des nouveaux médias comme
MySpace ou Viadeo. Le groupe de cosmétique a donc lancé un recrutement (une
première française) sur le site. Le candidat crée un avatar (petit personnage virtuel) et passe ensuite un entretien
d’embauche de dix minutes. Si la candidature est retenue, le recruteur fixe un
autre rendez-vous dans la vraie vie cette
fois. Le CMB pense un jour utiliser ce
moyen de recrutement…
Avec celui de l’ANPE, il est bien sûr le site
incontournable pour les cadres, mais
aussi les recruteurs. Il rassemble une
grande majorité des offres d’emploi pour
les cadres. A noter que les offres sont
recueillies et qualifiées par son réseau de
consultants. Des “chats” sont organisés
mensuellement depuis 2005 sur différents thèmes. Un réseau Linkedln et des
blogs permettent l’interactivité entre candidats et recruteurs.
PRATIQUES
Quelques
sites
Quelques sites
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PRATIQUES
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