les matériaux polymères - Allizé

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les matériaux polymères - Allizé
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PLASTILIEN
Le magazine d'Allizé-Plasturgie
Novembre 2010 n°72
LES MATÉRIAUX POLYMÈRES
et le Secteur du TRANSPORT
Dossier p.12
DROIT DES AFFAIRES p.19
LME : UNE ATTAQUE EN RÈGLE !
MARKETING p.26
COMMENT VENDRE LE PRODUIT
AVANT MÊME DE L’AVOIR
DÉVELOPPÉ ?
TECHNOLOGIE p.48
LIMITES ET AVANCÉES DE LA
SIMULATION EN PLASTURGIE
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A la « Une »
FIP Solution plastique 2011 :
toute la filière plasturgie française impliquée
Fort de son succès en 2009, le FIP évolue. C’est un nouvel événement de la
Plasturgie qui revient sur le devant de la
scène du 24 au 27 mai 2011 à Lyon
Eurexpo : fiP solution plastique®. Son
objectif est de rassembler toute la profession. Unique rendez vous fédérant
l’ensemble de la filière, il s’annonce
comme une rencontre d’affaires stratégique et un temps fort de communication de la plasturgie.
Unique salon professionnel en France pour le secteur, fiP solution
plastique® permettra à plus de 500 acteurs de la filière de présenter leurs innovations, solutions techniques et répondre à de multiples attentes des visiteurs issus de tous secteurs d’activité : formation et information, sourcing, innovations, solutions intégrant le
développement durable, information marchés... . Plus de 8000
décideurs sont attendus.
fiP solution plastique® a pour ambition d’être le reflet de la diversité de la filière, et d’offrir une vitrine dynamique de la Plasturgie
en France et la faire rayonner en Europe. C’est l’unique salon en
France qui rassemble en un seul lieu l’ensemble des acteurs de la
filière plastique. En amont de la filière, seront présents les fournis-
seurs de matières premières, Machines/ Equipements, Moules/
outillages, Bureaux d’études/ Design/ Prototypes/ Maquettes, Services/ Contrôle/ Qualité/ Logiciels, Recyclage.
Un salon dans le salon
Pour répondre aux attentes et recherches spécifiques de compétences en plasturgie des donneurs d’ordre, quel que soit le marché, FIP Solution Plastique® abritera un espace inédit qui leur est
tout spécialement dédié, un salon dans le salon.
Ils trouveront au sein de fiP’projets, les transformateurs de plastiques et composites : injection, soufflage, rotomoulage, extrusion,..., ainsi que les bureaux d’études, de conception de pièces,
sans oublier les spécialistes en finition et décoration.
En outre, combinant des démonstrations, conférences gratuites,
mises en avant des nouveautés et innovations, focus sur le développement durable, et bien d’autres animations et rencontres, le
programme des 4 journées de salon viendra enrichir les échanges
au sein de la profession.
Allizé-Plasturgie soutient cet événement, participe
au Comité de Pilotage, et sera bien entendu présent
en force sur l’édition 2011.
La profession resserre les rangs autour de l’évènement
L’ACDI soutient fiP solution
plastique® 2011
L’association des Constructeurs, Distributeurs et importateurs d’équipement et
matières premières pour la plasturgie
apporte son soutien à Fip solution plastique 2011. Tous les acteurs de la profession sont ainsi désormais unis et impliqués pour réaliser l’unique évènement
de la plasturgie en France.
Comme l’affirme Jean-Michel Flamein,
président de l’ACDI, cette dernière
jouera un rôle actif à plusieurs niveaux :
« Nous soutenons ce salon qui représente une chance unique pour toute la
plasturgie française. Outre la présence
active de nos membres en tant qu’exposants, nous serons impliqués dans les
animations et conférences de cet évènement afin d’informer et de promouvoir
les technologies performantes, clés du
futur de la plasturgie ».
salon et pour la plasturgie de pouvoir
compter sur l’implication de l’ACDI. Tous
ensemble, nous allons pouvoir œuvrer
pour un évènement efficace du point de
vue des affaires et pertinent pour la promotion et la représentation de toute
cette industrie. »
Nathalie Grosdidier, Directrice générale
déléguée de la société organisatrice
s’en réjouit: « C’est important pour le
Rendez-vous est donc pris du 24 au 27
mai 2011 à Lyon Eurexpo
n°71 • Octobre 2010 Plastilien
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Sommaire
Plastilien Novembre 2010 n°72
ALLIZÉ-PLASTURGIE
01/ A LA UNE
01 FIP Solution plastique 2011 : toute la filière
plasturgie française impliquée
05/ PROFESSION
05 Prêts Verts Bonifiés désormais disponibles
05 Fibres de verre : Application des mesures
conservatoires de la Commission
Européenne
05 Plastigreen : dernières étapes
de la formation
06 Un nouveau service d’aide aux économies
d’énergies dans la plasturgie
07 Une nouvelle organisation pour
la Plasturgie en PACA
07 La région Languedoc-Roussillon
a désormais son syndicat régional
08 Aurélia LE ROUX : Déléguée Régionale
d’Allizé-Plasturgie Lorraine
12/ CHRONIQUE
12 Made in... ?
19/ DROIT DES AFFAIRES
19 LME : une attaque en règle !
22/ FISCALITÉ
43/ INNOVATION
43 Avec 60 % de fibre de verre, un polyamide
66 supplante le métal
45 Quand la fibre de verre concurrence la fibre
de carbone
47 Roquette se lance dans le plastique
technique
48/ TECHNOLOGIE
48 Limites et avancées de la simulation
en plasturgie
50/ ENVIRONNEMENT
52/ SOCIAL
52 Réforme des retraites :
impacts sur la Médecine du travail
55/ PLASTIFAF INFOS
56/ REPORTAGE
56 Le groupe COURBIS
devient thermoformeur
24/ POINT DE VUE
62/ AGENDA
26 Comment vendre le produit avant même
de l’avoir développé ?
31/ STRATÉGIE
Nouveau !
Plastilien est aussi accessible en ligne pour les
adhérents d’Allizé-Plasturgie uniquement. Vous
pouvez retrouver les numéros parus pour les
télécharger, les transmettre à vos collègues et
collaborateurs librement sur : www.plasticway.com, Espace Communauté, Base Economie,
critère « Plastilien ».
58/ ÉCONOMIE
58 Tendances Plasturgie
61 Mercuriales
26/ MARKETING
p.50
50 Les fluides frigorigènes
22 Les téléprocédures fiscales
24 Délais de paiement :
l’Europe en ordre de marche
p.36
DOSSIER DU MOIS
ÌÌ
Les Matériaux Polymères et le Secteur
du Transport
31 Qualité et performance, deux amies
qui vous veulent du bien.
36 Innover …avec quelle compétence ?
38 Innovons en écoutant : nos collaborateurs,
nos clients et nos fournisseurs
p.12
Plastilien est édité par : Cediplast Communication - Plastilien - 39, rue de la Cité - 69441 LYON cedex 03 - Tél. : 04 72 68 28 28 - Fax : 04 72 36 00 80 • Directeur de
la publication : Anne de Lansalut • Comité de Rédaction : Dominique Appert / Amandine Authier / Thierry-Guillaume Bardin / Thierry Charles / Valérie Clayton /
Christophe Contini / Benoît Dorsemaine / Marion Druet / Samir Fodil / Elisabeth Garnier / Guillaume Robert / Emmanuel Rossi / Ulrich Thomir • Secrétariat de
rédaction : Christine Poupon • Graphisme, maquette et réalisation P AO : Cécilie Felt • Service publicité : Cediplast Communication • Impression : Ferréol •
Routage : Routage Rhône-Alpes • Diffusion de ce numéro : 1 300 exemplaires - Tous droits réservés. La reproduction partielle ou totale des articles/
illustrations/schémas/ photos est soumise à autorisation écrite préalable de l’éditeur • Crédits photographiques couverture : Andres Rodriguez - fotolia.com
Répertoire des Annonceurs : ACDI (p.64) / Akeoplus (p.57) / Albis (p.4) / Albro (p.59) / Alma (p.63) / Apicil (p.54) / Arburg (2e couv.) / Bewe Plast (p. 6) / Billion (p.33) / Datapaq (p.34) / Farpi
(p.44) / Idice (p.30) / Lifocolor (p.57) / Lypsis (p.21) / Martiplast (p.20/p.60) / Mondon (p.42) / Piovan France (3e couv.) / Plastdecor (p.8) / Polymix (p.18) / Reed expo (p.60) / Resin Express
France (p.3) / Setaram (p.25) / Sofras-Conseil (p.10) / Sumitomo Demag (p.9) / Uniloy Milacron (4e couv.) / Wittmann (p.46).
2
Plastilien Novembre 2010 • n°72
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P R O F E S S I O N
FIBRES DE VERRE
©Sebastian Kaulitzki - Fotolia.com
Application des mesures
conservatoires de la
Commission Européenne
Depuis le 17 septembre 2010, les
mesures antidumping de la Commission Européenne sur les produits en
fibre de verre provenant de Chine
sont effectives et ce, pour une
période de 6 mois.
Cette nouvelle taxe de 43,6 % va
renchérir le prix des fibres de verre
importées et risque d’induire une
pression à la hausse sur l’ensemble
du marché européen.
Si elles sont pérennisées, ces
mesures affecteront le secteur des
matériaux composites dont la compétitivité sera mise à mal par rapport à des matériaux traditionnels
comme l’aluminium et l’acier.
Par ailleurs, ces mesures nuiront à la
rentabilité des entreprises.
Certains pays ne se sont pas encore
prononcés.
La notification de la Commission
Européenne spécifie que les partenaires intéressés ont un mois pour
faire connaître leur position. Durant
cette période, le GPIC et l’association européenne EUCIA continueront leur travail de sensibilisation
des acteurs concernés, en démontrant l’impact négatif de la décision
communautaire sur l’économie et
l’emploi.
Contact
Sylvie DOMENECH,
Responsable Economie
Fédérationde la Plasturgie
T. 01 44 01 16 12 /
[email protected]
Prêts Verts Bonifiés....
c’est désormais disponibles
Dans le cadre du programme
d’investissements d’avenir
porté par l’emprunt national,
Oséo a mis en place les prêts
verts bonifiés. 300 millions
d’euros seront ainsi consacrés à ces investissements
d’ici à 2013.
Les prêts verts sont destinés
aux entreprises de plus de
3 ans comptant jusqu’à 5000
salariés, financièrement saines
(notation FIBEN de 3 à 5), qui
réalisent des programmes d’investissements visant à accroître leur compétitivité et la protection de l’environnement.
Pour être éligible, un investissement doit comporter à
minima 60 % d’investissements corporels. Le montant
des prêts verts varie de
50 000€ à 3 000 000 €, et est
systématiquement associé à
des financements extérieurs
(prêts bancaires, apport des
actionnaires, sociétés de capital risque, prêts participatifs)
dans un rapport de 1 pour 1.
Les financements d’accompagnement des prêts verts
pour les PME (moins de 250
salariés et moins de 50 millions d’€ de CA) pourront faire
l’objet d’une garantie Oséo à
hauteur de 60 % dans la limite
de 1,5 millions d’€.
Les catégories d’investissements pouvant bénéficier des
prêts verts sont :
• Les équipements :
-matériels de récupération de
force ou de chaleur;
- matériels destinés à l'amélioration du rendement énergétique d'appareils ou d'installations consommant de
l'énergie;
- matériels de captage et
d'utilisation de sources
d'énergie autres que les
hydrocarbures liquides ou
gazeux, les combustibles
minéraux solides et l'électricité, pour utilisation dans le
cadre du procédé industriel;
- matériels permettant le
stockage d’énergie quand la
réutilisation ultérieure de
cette énergie permet des économies globales d'énergie
primaire;
- matériels et équipements
permettant la réduction des
émissions polluantes dans
l’air;
- matériels et équipements
permettant la réduction de la
quantité de déchets produite
ou l’augmentation de la valorisation matière ou énergétique des déchets du procédé;
- matériels et équipements
permettant la réduction de la
consommation d’intrants
autres que énergie (eau,
matières premières, …);
- Les actifs immatériels permettant une optimisation des
ressources et des process
(outils logiciels, système d’information);
- Les services permettant la
mise en œuvre d’investissements physiques dans des
équipements ou matériels
bénéficiant à la compétitivité
de l’entreprise et à son bilan
environnemental;
- Les matériels, équipements
et services liés à des modifications de procédés permettant de limiter l’impact des
produits sur l’ensemble de
leur cycle de vie.
PLASTIGREEN : DERNIERES ETAPES DE LA FORMATION
La dernière réunion préparatoire du projet
Plastigreen a eu lieu à Bruxelles à la mi septembre et a réuni tous les partenaires européens. Après deux ans de travail, les résultats de ce projet ont également été
communiqués lors de la conférence des
Fédérations Européennes de la Plasturgie à
Madrid le 21 septembre dernier.
Financé par la Commission Européenne, ce
projet a pour objectif de répondre aux besoins
des industriels du secteur de la plasturgie
concernant l’évolution des compétences
nécessaires des techniciens opérateurs.
Cette formation met l’accent sur des nouvelles compétences émergentes liées au
développement durable et est organisée
autour de 6 modules : maintenance, sécurité,
utilisation de l’énergie, organisation et communication, gestion des déchets, qualité.
A terme, le projet doit déboucher sur la
création d’un réseau européen
« écoles‐entreprises » favorisant ainsi la
mobilité dans les parcours formatifs et professionnels en Europe.
Coordination du projet
Audrey Noble
[email protected]‐plasturgie.fr
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
5
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P R O F E S S I O N
first choice
in temperature control
Un nouveau service d’aide
aux économies d’énergies
dans la plasturgie
Pour répondre aux enjeux croissants portés
par les coûts de l’énergie et l’atteinte des
objectifs du protocole de Kyoto, la Fédération
de la Plasturgie continue de déployer son dispositif d’aide à destination de ses adhérents.
Les pâtes « al dente » demandent à la
fois une température de cuisson précise
et un timing exact.
Ce qui est vrai pour la cuisson des pâtes
l‘est également pour la régulation thermique des moules.
Les thermorégulateurs SINGLE sont
puissants tout en restant peu gourmands en énergie – appareils à eau jusqu‘à 200°C et à huile jusqu‘à 350°C.
Ils possèdent un affichage du débit,
une commande multilingue ainsi que
de nombreuses interfaces et options.
Avec SINGLE, prenez goût aux économies. WWWSINGLETEMPDE
Un partenariat a ainsi été signé entre la
Fédération de la Plasturgie et la société
Certinergy pour apporter la solution la plus
adaptée aux financements des investissements porteurs d’économies d’énergie,
question stratégique pour la profession.
Certinergy, qui est un acteur majeur dans
l’obtention et la valorisation des certificats
d’économies d’énergie (CEE), accompagnera dorénavant les plasturgistes dans
leurs démarches énergétiques.
Il prendra en charge gratuitement le dépôt
de dossiers de CEE standards ou spécifiques et assurera à tout plasturgiste qui en
fera la demande une aide à la valorisation
financière des investissements permettant
la réalisation d’économies.
Les projets de développements de nouveaux
CEE nationaux (presses tout électrique …)
et la formalisation de données et argumentaires nécessaires au déploiement des prêts
verts bonifiés seront également facilités.
Rendez-nous
visite à la K 2010
Du 27 oct. au 3 nov. 2010
Hall 10, stand N° 10G56
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6
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la
démarche globale de la Fédération de la
Plasturgie pour aider les plasturgistes à
réduire leurs consommations d’énergie :
des fiches techniques, des journées de formations‐actions sur site …
1. Des fiches pédagogiques d’aide à la
réduction des consommations d’énergies sur
un site de plasturgie, validées par l’ADEME,
issues de l’action collective menée par la
Fédération : E=MCE ( Economie = Maîtrise
des consommations d’énergie ).
Ces fiches sont disponibles gratuitement :
- sur internet pour les abonnés à :
www.enviroplast.org
- sur demande auprès de la Fédération.
2. Deux journées techniques :
« Les Economies d’Energie en Plasturgie »
‐ 10 décembre 2010 à l’ISPA d’Alençon,
‐ 1er trimestre 2011 au Pôle Européen Plasturgie (Oyonnax).
3. Formations Actions d’Accompagnements :
« Plan de réduction des consommations
énergétiques »
Objectif : Accompagnement à l’identification
de potentiels d’économies d’énergie du site
et rédaction d’un plan d’action des réductions envisagées (démarche compatible
avec la future norme ISO 50001 sur le management de l’énergie à paraître début 2011).
Délivrable : la « Feuille de route énergie »,
listant les actions à mettre en oeuvre avec
(machines …) et sans investissements
(comportemental, monitoring), les gains
attendus, les TR, les fournisseurs à contacter, les possibilités de financement.
Durée : 1 journée sur site
Coût : 1 100 €HT.
La plaquette détaillant ces quatre services
est disponible sur demande auprès du
Département HSE et téléchargeable sur
www.laplasturgie.fr.
Contact
Eric GRAVIER
Responsable du
Département HSE
Fédération de la Plasturgie
T. 01 44 01 16 09
Email : [email protected]
www.enviroplast.org
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page7
E N V I R O N N E M E N T
Une nouvelle organisation pour la Plasturgie
en Provence-Alpes-Côte d’Azur
ALLIZÉ-PLASTURGIE
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR
Véronique GAY
L’Assemblée Générale extraordinaire d’Allizé-Plasturgie Arc Méditerranéen qui s’est
tenue le 17 juin dernier à Aix-en-Provence
a décidé de doter chacune des régions
relevant de sa compétence géographique
d’un syndicat professionnel régional.
C’est ainsi qu’Allizé-Plasturgie Arc Méditerranéen a changé de périmètre géographique
et de raison sociale et est devenu AllizéPlasturgie Provence-Alpes-Côte d’Azur (la
région Corse étant également rattachée à ce
syndicat) et est né le même jour le syndicat
Allizé-Plasturgie Languedoc-Roussillon.
Allizé-Plasturgie Provence-Alpes-Côte
d’Azur est présidé par Madame MarieHélène CASANOVA (Société ETIQ ETAL -
Marseille) entourée d’une équipe d’industriels régionaux :
 Philippe SOILLE (Vice-Président)
Société AECS (13 - Saint Martin de Crau)
 Eric CHEVALIER (Trésorier)
Société SARTORIUS STEDIM (13 - Aubagne)
 Pietro PELLERANO (Secrétaire)
Société SFAT (06 - Mouans Sartoux)
Et des administrateurs :
 Yvan FLANDIN - Société FYM PROFILES
(84 - Saint Saturnin les Avignon)
 Jean-Claude LAGARDE - Société ATN
INTERNATIONAL (83 - Six Four)
 Laurent COYON
Société SAVIMEX (06 - Grasse)
 Daniel SANTAMATILDE
Société ALP (05 - Chorges).
Véronique GAY assure depuis le 4 octobre
2010 la fonction de Déléguée Régionale
Allizé-Plasturgie Provence-Alpes-Côte
d’Azur.
De formation juridique (Maîtrise en droit
privé - Maastricht Pays Bas – Diplôme
Universitaire 3ème cycle en Propriété industrielle et Technologies nouvelles – Lille III)
Véronique GAY a complété son cursus
avec des formations avancées comptables, financières et d’audit CAC.
Elle a exercé successivement les fonctions de Directrice Générale au sein d’un
Syndicat Professionnel (UNOGEP - Paris)
puis comme Auditrice Senior au sein de
DELOITTE (Neuilly-sur Seine) Cabinet de
Commissaires aux Comptes, et enfin de
Directrice Générale Associée au sein
d’une agence web (ECEDI - Paris), avant
de rejoindre en octobre 2010 l’équipe d’Allizé-Plasturgie, basée à Marseille.
Contact
Allizé-Plasturgie
Provence-Alpes-Côte d’Azur
16 place du Général de Gaulle
13231 MARSEILLE cedex 01
Tél : 04 88 66 88 60 13
[email protected]
La région Languedoc-Roussillon a désormais son
syndicat régional Allizé-Plasturgie Languedoc-Roussillon !
ALLIZÉ-PLASTURGIE
que mènera Marie BASSOUD, nommée
Déléguée Régionale le 2 Novembre 2010.
LANGUEDOC-ROUSSILLON
Le 17 juin dernier est né le syndicat régional, présidé par Alain DALLOZ (société
MERIDIES – 30 Nimes) entouré de :
 Jean HREBLAY (Vice-Président)
Société FUTURPLAST (30-Moussac)
 Marina GRANDJEAN (Trésorière)
Société CID PLASTIQUES (34-Valvergues)
 Christian BARBERIS (Secrétaire)
Société CFO POLYMOULES (30-Anduze).
Le nouveau syndicat est amené à se
développer grâce à l’action de terrain
Après avoir obtenu un DEUG de droit,
Marie a poursuivi son cursus avec un
Bachelor Professionnel « Administration
et gestion du personnel » et un Master
Professionnel « Responsable Gestion du
personnel et de l’emploi ».
Elle a occupé successivement les fonctions de Chargée de recrutement (Manpower), d’Assistante RH (Calsun), d’Assistante en gestion du personnel
temporaire (Lustrucru Frais) et depuis
avril 2010 elle assumait la fonction de
Conseillère en formation pour Plastifaf.
Marie BESSOUD
Contact
Allizé-Plasturgie Languedoc-Roussillon
Le Triade 3
215 rue Samuel Morse
34 965 Montpellier Cedex 2
[email protected]
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
7
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P R O F E S S I O N
Aurélia LE ROUX : Déléguée Régionale
d’Allizé-Plasturgie Lorraine
ALLIZÉ-PLASTURGIE
LORRAINE
tion en conduite de projets RH. Cela lui a permis de mener des missions au sein de différentes entreprises (Aidelor - Longwy,
Decathlon - Amiens, Banque SNVB - Jarny,
Crédit Agricole de la Somme, Plastic Omnium
- Amiens).
Aurélia LE ROUX
Le syndicat régional Allizé-Plasturgie
Lorraine créé en avril 2010 est animé
depuis le 25 octobre par Aurélia LE ROUX
(Déléguée Régionale).
Après avoir obtenu un DUT en Gestion des
entreprises et des administration, Aurélia
LE ROUX a complété son cursus avec le
diplôme de l’Ecole Supérieure de Commerce
d’Amiens (Groupe SUP DE CO) option
« Entrepreneur par Alternance » spécialisa-
A l’issue de sa formation, elle a rejoint
pendant deux ans la Division Gaz d’EDF –
GDF pour y déployer une démarche GPEC,
puis le Cabinet ARTHA Conseil (Amiens)
comme Consultante (accompagnement
des entreprises pour l’aménagement et la
réduction du temps de travail) et enfin,
depuis 2001 Consultante en organisation /
RH / Travail au sein du CESTP – ARACT
(Amiens) association du réseau ANACT.
En rejoignant Allizé-Plasturgie Lorraine,
Aurélia retrouve sa région d’origine (elle
est née à Metz) et mettra toutes ses compétences au service des entreprises
régionales de la filière plasturgie.
Rappelons qu’Allizé-Plasturgie Lorraine
est présidé par Monsieur Jean-Loup SERGENT (Société SPIDELOR), entouré des
membres du Bureau :
 Monsieur Michel BORENS (Vice président) Société MIL PLAST – 88 Remiremont)
 Monsieur Daniel KUBIAK (Trésorier) –
Société SOCOTUB – 54 Tiercelet
 Monsieur François TINELLE (Secrétaire)
Société NP VOSGES – 88 Saint Dié.
Contact
Allizé-Plasturgie Lorraine
Maison de L'Entreprise Site Saint Jacques II
8, Rue Alfred Kastler
54522 MAXEVILLE Cedex
Tél. : 03 83 95 65 22
Fax : 03 83 95 65 01
[email protected]
Plastdecor
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• ACHAT
• VENTE DE MATÉRIEL D’OCCASION
ASION
POUR LA TRANSFORMATION DES MATIÈRES PLASTIQUES
• IMPORT / EXPORT
PLASTDECOR / ZI Sud – 741 Rue de l’ange / 01100 Bellignat / Tel : 00 33 (4) 74 81 80 98 / Fax : 00 33 (4) 74 77 93 90 / Mail : [email protected]
8
Plastilien Novembre 2010 • n°72
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page9
Une plate-forme puissante
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au niveau énergétique
Lorsque le high-tech japonais rencontre l’engineering allemand, le
résultat ne peut être qu’exceptionnel !
Trois technologies d’entraînement – hydraulique, hybride et
tout électrique – sont basées sur une plate-forme commune et
couvrent une gamme de forces de fermeture de 250 à 20.000 KN.
Combinées avec un très large catalogue d’options, elles apportent
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C H R O N I Q U E
EMMANUEL ROSSI
Délégué Général d’Allizé-Plasturgie
éco-responsable
ACT GREEN : L’engagement
de la Plasturgie
La filière plastique s’est engagée pour l’amélioration de l’éco-efficacité des produits plastiques, en visant une « mise en décharge zéro »
et une valorisation des déchets en ressources
par des voies complémentaires et optimisées.
Il faut savoir que cet objectif est ambitieux.
En effet par rapport aux autres pays européens, la France valorise globalement mieux
ses déchets 55% contre 50% pour la moyenne
européenne, cependant elle recycle moins
17% au lieu de 20,4%.
Cette faiblesse dans le recyclage pourrait
être améliorée dans la mesure où les pouvoirs publics contribueraient plus à l’automatisation des centres de tri en France afin de
pouvoir collecter, trier et recycler plus de
déchets (par exemple sacs, films et emballages souples en plastique).
En matière de tri et de recyclage, la technologie existe. Pellenc Selective Technologies
conçoit, produit et commercialise des
machines de tri pour tous matériaux et tente de
trouver des solutions toujours plus efficaces
au tri des déchets. Son fer de lance est le recyclage des emballages ménagers et industriels,
les technologies de l'optique constituant l'axe
central pour le développement de ses applications en matière de tri automatique. Le fruit de
ses travaux est mis en application par Veolia,
leader mondial dans le traitement des DIB.
Le groupe Veolia n’a pas hésité à investir près
de 15M d’euros dans un nouveau centre de
7000m² afin d’y installer 4 machines de tri
optique Pellenc ST pour optimiser son process.
Les résultats s’avèrent être au-delà des
attentes : "Avec plus de 50% de taux de valorisation, les résultats sont au-delà des
attentes" commente Jérôme AUFFRET, Responsable des projets combustibles solides de
récupération (CSR) et Valorisations.
La filière plastique propose également que le
soutien public au développement des énergies renouvelables soit étendu aux réseaux
de chaleur qui sont alimentés par les combustibles solides de récupération.
Les combustibles solides de récupération
(CSR - normalisation européenne CEN 15359)
sont produits à partir de déchets non dangereux (ordures ménagères et déchets industriels banaux prétraités). Ils représentent à la
fois une solution de traitement des déchets
non recyclables et une véritable ressource
énergétique. Ils peuvent soit contenir une
part significative de déchets de biomasse,
soit être associés lors de leur combustion à
des biocombustibles solides (déchets de biomasse traités). Le pouvoir calorifique des
déchets d'origine fossile contenu dans les
CSR est largement supérieur à celui de la biomasse (44 MJ/kg pour le plastique contre 17
MJ/kg pour le bois par ex.) ce qui permet une
meilleure combustion de l'ensemble et un
rendement accru des installations de valorisation énergétique.
Il convient de soutenir le développement de
cette filière en France (formation, emploi,
aides à l’investissement). Plusieurs pays
européens ont déjà investi dans cette technologie. En 2005, on comptait déjà 158 unités
de production de CSR en Europe occidentale,
pour une production totale de près de 5 millions de tonnes par an.
Nos élus ont décidé de favoriser toutes initiatives collectives et individuelles d’évitement
des déchets, et à l’exemple de la région
Rhône-Alpes, qui a voté à l’unanimité le 22
octobre le plan régional d’élimination des
déchets dangereux (PREDD).
Il appartiendra aux acteurs locaux de se
réapproprier ce plan et d’encourager les
entreprises à dynamiser l’éco-conception de
ses produits.
L’éco-conception permet en effet de réduire
l’ensemble des impacts environnementaux
d’un produit au long de son cycle de vie.
Concrètement, la réflexion environnementale
intégrée au stade de la conception du produit
permet de réduire la matière et l’énergie nécessaires pour sa fabrication, d’optimiser les performances du produit durant sa phase d’utilisation et de prévoir son recyclage ou sa
valorisation énergétique en fin de vie dès sa
conception.
Cette démarche d’éco-conception est
aujourd’hui retenue par les grandes entreprises qui ont mis en place des équipes
dédiées au développement durable.
Afin de faciliter le déploiement de ces
démarches d’éco-conception dans les PME,
le Pôle de compétitivité dédié à la plasturgie,
Plastipolis, va saisir les opportunités offertes
par les « investissements d’avenir » (Grand
emprunt) pour avancer sur quatre grands
enjeux de la plasturgie : les composites, les
emballages, la plastronique (intégration de
composants électronique sur des supports
injectés en plastique) et l’éco-conception.
Rappelons que la Fédération de la Plasturgie a
favorisé la création d’un centre d’éco-conception des produits plastiques en avril à Lyon.
Ce centre dénommé Plastic Ecodesign Center
a pour objectifs de :
- favoriser les actions de R&D sur les matériaux (biosourcés ou biodégradables);
- identifier et faire partager les meilleures
pratiques de réduction de consommation de
matières et d’énergie;
- de développer des écotechnologies propres à la filière plastique;
- de diffuser les méthodologies d’écoconception par le design, le choix des matériaux, d’assemblage des composants sur les
différentes filières;
- et de développer les formations à l’écoconception dans les entreprises, ainsi que
dans les formations initiales pour les jeunes
générations d’ingénieurs et techniciens.
Observons que le succès d’une politique de
« zéro mise en décharge » repose également
sur une éducation du consommateur citoyen
afin qu’il partage le fait qu’un produit en fin de
vie n’est pas un déchet mais une ressource
qui peut à nouveau être valorisée, soit en
réutilisation, soit par recyclage, soit en
source d’énergie.
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page12
DOSSIER
Les matériaux polymères prennent une place de plus en plus importante dans
le secteur des transports, motivée notamment par la recherche de réduction
du CO2 émis lors de l’usage. Réduire le poids, mais pas le cahier des charges,
favoriser le développement durable sans pénaliser les coûts, isoler du bruit,
des vibrations, des hautes températures, …
les solutions vont bien au-delà du choix des matières.
©Arthur Péquin
Les Matériaux
Polymères et le
Secteur du
Transport
Le CFP, en partenariat avec l’ARDI Rhône-Alpes Matériaux et Procédés, a
organisé à Oyonnax le 14 septembre 2010 une journée de l’innovation dédiée
au secteur du Transport. Cette journée avait pour objectif de montrer les derniers progrès à propos des solutions utilisant les matériaux polymères pour
répondre aux attentes du secteur du transport.
Contact
• Dominique APPERT
Ingénieur R&D - CFP
T.06 74 14 16 01
[email protected]
• Christelle Gallet
Ingénieur Chargée de mission
ARDI Rhône-Alpes Maîtrise
des Matériaux
[email protected]
12
Plastilien Novembre 2010 • n°72
L’entreprise Faurecia
5 équipementier au niveau
mondial, a présenté de façon
générale les contraintes et
opportunités des polymères
pour l’équipement automobile.
Faurecia produit des systèmes
intérieurs et extérieurs et
consomme 290 000 tonnes de
plastique par an, majoritairement des thermoplastiques
dont le polypropylène. Le marché de l’automobile est actuelème
lement conduit par l’intégration de nouvelles fonctionnalités, la baisse de poids et de
consommation, la durabilité, la
transversalité entre les différents véhicules, le contrôle
des émissions et la récupération d’énergie.
Le poids d’un véhicule est passé
de 750 Kg en 1970 à 1350 kg en
2010 en raison de l’apport de
nouvelles fonctions pour amé-
liorer la sécurité et le confort.
La consommation a été, dans
la même période, divisée par 2
ou 3 en raison d’importants
efforts réalisés au niveau de la
motorisation.
Aujourd’hui l’objectif des
constructeurs est d’atteindre
un poids de 850 Kg en restant
dans une logique d’intégration
de nouvelles fonctions. Les
objectifs d’émission de CO2
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... Les principaux défis du secteur du transport sont liés au développement durable
avec un axe majeur qui est la réduction du poids du véhicule...
varient entre 120 et 140 g/km en
fonction de la taille du véhicule, sachant que 10 kg embarqués correspondent environ à
1 g de CO2. De gros efforts sont
à faire par les constructeurs
automobiles aussi bien pour
les gros que pour les petits
véhicules. On pourra remarquer que dans ce domaine les
constructeurs français sont
assez bien placés par rapport à
leurs concurrents.
PLANCHE
PP/ABS/PA/PC/PE
GARNISSAGE
PUR/PP/PVC/PE
SIÈGES
PUR/PP/PVC/ABS/PA
DÉCORATION
PP/ABS/PET/POM/PVC
PARE CHOCS
ABS/ABS/PC
DECORATION
EXTERIEURE
ABS/PA/PBT/ASA/PP
PANNEAUX
DE CARROSSERIE
PP/PPE/UP
Source et copyright Faurecia
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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DOSSIER
LES MATÉRIAUX POLYMÈRES
ET LE SECTEUR DU TRANSPORT
Taux de réutilisation/Recyclage des principaux matériaux de fin de vie
Véhicules hors d’usage - Traitement des matériaux
Documentation FAURECIA
Le remplacement du métal par
du polymère nécessite de reconcevoir totalement les
pièces avec un autre état d’esprit que ce qui a pu être conçu
pour du métal. Au niveau des
pièces d’aspect, la tendance va
vers des voitures plus « fun ».
Les matériaux utilisés pour les
véhicules bas et moyen de
gamme sont plutôt standard
mais on voit de plus en plus
d’ajouts d’objets design très
qualitatifs qui ont un impact
très important sur le consommateur (matière translucide,
mise en valeur d’éléments de
commande, …).
Pour les véhicules haut de
gamme, on reste sur des matériaux « nobles » comme l’aluminium massif et le bois. Malgré
leurs avantages, l’utilisation
des polymères présentent éga-
14
Plastilien Novembre 2010 • n°72
lement des contraintes : il est
nécessaire de maîtriser leurs
coûts et de garantir l’approvisionnement en matière, et la
part de matériaux recyclés doit
augmenter. Actuellement 60 %
du plastique en fin de vie est
enfoui. En 2015, 100 % des plastiques devront être recyclés ou
valorisés. La question de l’approvisionnement en matière
(vierge ou recyclé) est également une question centrale et
le recyclage des matières
localisées sur le territoire
pourrait devenir un enjeux géopolitique.
A noter que sans l’intervention
de la législation, il est difficile de
faire avancer la filière recyclage
car les différents acteurs ont des
intérêts économiques différents.
L’entreprise Sabic IP,
fabricant de polyoléfines et
plastiques techniques, a illustré par deux exemples l’utilisation des polymères dans
l’automobile.
Le premier concerne le remplacement du verre par du
polycarbonate qui était utilisé
jusqu’à récemment unique-
ment pour les phares. L’utilisation du polycarbonate pour les
vitrages arrière ou de toit permet un gain de poids significatif (moins 50 % par rapport au
verre). Il apporte également
une liberté de forme et la possibilité d’intégrer des fonctions.
Le deuxième exemple, moins
récent, concerne le remplacement du métal par du Noryl
GTX pour la fabrication des
ailes. L’utilisation du polymère
pour cette application a permis
un gain de poids de 40 % par
rapport à l’acier et a apporté
©Tan Kian Khoon - Fotolia.com
Les polymères peuvent apporter un certain nombre d’avantages dans cette course au
poids. Ils sont utilisés dans des
pièces d’aspect ou structurelles, aussi bien en extérieur
qu’en intérieur : planche de
bord, bloc avant, hayon, …
Le Lexan GLX est une famille
de grades de polycarbonate
spécifiquement développé par
Sabic IP pour atteindre les critères de qualité optique, de
transmission et de pureté
requis par les constructeurs.
Selon les applications un traitement de surface est nécessaire car le point faible du polycarbonate est sa résistance à
la rayure. Il est également possible d’intégrer par impression
le système de dégivrage ou des
antennes.
une meilleure résistance aux
petits chocs et à la corrosion.
Elle participe de ce fait à l’atteinte des exigences choc piéton. Les ailes en Noryl GTX
peuvent suivre les mêmes
étapes de mise en peinture que
le reste de la carrosserie.
La première génération de
Noryl GTX n’était pas conductrice et ne tenait pas à la température de cataphorèse. La
troisième génération est
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page15
conductrice avec un coefficient de dilatation réduit et une
meilleure tenue thermique.
Par ailleurs, Sabic IP propose
des matières répondant à la
demande des constructeurs
automobiles en terme de recyclabilité et d’utilisation de
matériaux recyclés.
Sabic IP propose la reprise des
ailes en Noryl GTX en fin de vie
ou en rebus de production,
qu’elle intègre à nouveau dans
sa production de matière.
L’entreprise fabrique également,
par régénération de bouteilles
en PET (recyclage chimique), les
produits nommés Valox IQ (PBT)
et Xenoy IQ (PC/PBT).
Ces produits ont une empreinte
carbone très réduite par rapport aux autres résines techniques. Le Xenoy IQ est notamment utilisé pour fabriquer des
absorbeurs d’énergie pour les
pare chocs.
L’entreprise Dupont
De Nemours développe
Tout d’abord, des contraintes
thermiques : la réduction des
monoxydes de carbone et particules (NOx) va engendrer une
élévation de température au
niveau des systèmes d’échappement de 650°C à 780°C, voire
plus. La tendance très forte de
l’emploi des moteurs Turbo
engendre
aussi
des
contraintes thermiques importantes, avec nécessité de
récupérer la chaleur pour la
réinjecter dans le moteur et
d’isoler thermiquement les
silencieux d’échappement.
Ces nouvelles fonctions apportées par des pièces supplémentaires devront faire l’objet
d’une recherche de poids équivalent de la fonction échappement par la réduction des
épaisseurs de pièces. Il y a
aussi des contraintes chimiques.
Certains concepts d’échappement utilisent de l’ammoniac
sous forme d’urée liquide
(AdBlue®) très corrosif pour
les plastiques. Ces systèmes
rejettent, de plus, de l’eau à
200°C pouvant provoquer des
réactions d’hydrolyse des plastiques environnant.
Par ailleurs, les matières chargées fibres de verre peuvent
contenir des traces de calcium
susceptibles de polluer l’urée.
Dans d’autres systèmes qui
utilisent une deuxième boucle
basse pression où l’on réinjecte les gaz d’échappement
dans le Turbo pour prolonger la
combustion dans le but de
mieux recycler les gaz EGR
(Exhaust Gas Recirculation), le
taux de condensat acide est
augmenté.
Toutes ces contraintes peuvent
sembler, en premier abord, difficilement compatibles avec
des matériaux polymères.
Dupont De Nemours a développé un polymère à base de
Polyamide nommé Zytel qui peut
être utilisé pour certaines pièces
du système d’échappement : filtre à particules, silencieux, système d’attache, piège à NOx.
Le Zytel 1ère génération passait
le test des 1000h à 210 °C, la
2 ème génération passera les
3000 h à 230 °C. Ce polymère
présente également une bonne
résistance chimique (aux
huiles, EGR, CaCl2) et une
résistance accrue aux chocs.
Un concept plastique a été
développé. Il intègre une
coque plastique et une barrière thermique en fibre de
verre et permet un gain de
poids de plusieurs kilogrammes et une diminution de
la chaleur dissipée.
Inoplast est une Société du
groupe Plastic Omnium, équipementier a utomobile, q ui
développe des pièces d’habillage et des pièces de structure
en polymère et composite afin
d’apporter une réduction de
poids des véhicules automobiles et camions.
La réglementation sur la
réduction des émissions de
CO2 évoquée en début de journée est rappelée, avec des
précisions sur les lourdes
pénalités appliquées à partir
des polymères haute température p our d es a pplications
dans l’automobile.
Les évolutions de l’automobile
vont vers l’emploi de moteurs
turbo essence, vers des systèmes d’échappement avec
boucles basse pression pour
régénérer les gaz d’échappement, des systèmes pour
réduire les quantités de NOx
(monoxydes de carbone et particules), des systèmes pour
récupérer l’énergie avant
l’échappement.
Ces nouveaux concepts
d’échappement vont conduire
à une augmentation des
contraintes pour les matériaux
utilisés dans ces systèmes.
Technologies Plastic Omnium de réduction de poids
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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DOSSIER
de 2012 si les objectifs ne sont
pas atteint : 5 euros par
gramme et par véhicule à partir
du 1 er g de CO2 en excès, 15
euros pour le 2 ème g en excès,
25 euros pour le 3ème et jusqu’à
95 euros …
La motivation pour trouver des
solutions de réduction des
émissions de CO2 est grande,
même si des bonus pourront
être accordés par exemple aux
constructeurs proposant dans
leur gamme des véhicules
électriques.
Outre les progrès liés la motorisation, le gain de poids des
véhicules est un véritable challenge.
Dans ce domaine, Inoplast a
travaillé sur des pièces de carrosserie en introduisant le PP
20% charges minérales pour
des pièces peintes hors ligne,
ou par l’utilisation du PP 30%
fibres de verre longues pour
des pièces peintes en ligne.
Des pièces semi-structurelles
de plancher arrière sont réalisées par injection de thermoplastiques chargés de fibres de
verre ou par compression de
SMC. Actuellement des essais
sont menés par la Société pour
introduire des pré-imprégnés
de thermoplastiques et fibres
de carbone permettant de
réduire très nettement encore
le poids des pièces.
Quelques cas sont présentés,
comme le capot hybride composé d’une peau en aluminium
ou en acier et d’une partie
interne en composite. Cette
conception développée par
Inoplast permet d’apporter une
réduction de poids, de répondre aux normes de protection
des piétons, et aussi de per-
16
Plastilien Novembre 2010 • n°72
LES MATÉRIAUX POLYMÈRES
ET LE SECTEUR DU TRANSPORT
mettre un assemblage des 2
pièces identique à ce qu’il
serait si les 2 pièces étaient
métalliques.
L’entreprise propose également des modules complets
avec des fonctions intégrées
(aile avec optique de phare) à
l’industrie automobile.
Un hayon arrière avec une
pièce interne en composite
thermodurcissable et une
pièce de peau en thermoplastique a également été développé par Plastic Omnium. Il
permet un gain de poids de
30 % et apporte une résistance
aux petits impacts.
L’entreprise Victrex a
présenté la famille de polymères
constituée du PEEK, du PEK et
du PEKEKK dont la température
de fusion s’élève respectivement à 342°C, 373°C et 389°C.
Ces matériaux sont des copolymères obtenus par alternance
de groupements éther (E) et
cétone (K) et sont commercialisés selon des grades non chargés ou chargés fibres de verre
ou fibres de carbone.
Il s’agit d’une famille de polymères haute performance dont
l’emploi se justifie dans les
applications techniques exigeant la combinaison des propriétés de tenue à haute température, de résistance
mécanique et de tenue chimique.
L’entreprise Victrex possède
une ligne de fabrication entièrement intégrée au RoyaumeUnis. 42 % du marché du PEEK
Victrex se trouve dans l’automobile : cages de roulement,
joints d’étanchéité, coussinets,
bagues, engrenages,… La
majorité des applications pour
ce secteur est localisée en
Allemagne.
A noter que les applications
dans l’automobile française
ont du mal à déboucher. On
trouve également du PEEK Victrex dans des applications
aéronautiques : boitiers et isolants de connecteurs, gainage
et fixations de câbles électriques, enjoliveurs de train
d’atterrissage,
radomes,
pompes d’alimentation en
kérosène, poignées de portes,
…
La densité et l’augmentation
des prix de l’aluminium et du
titane ces dernières années
ont rendu les matériaux
comme le PEEK plus attractifs
avec une mise en œuvre économique et un coût global des
systèmes inférieur grâce à l’intégration de fonctions.
L’entreprise PSA a un
objectif de proposer des voitures citoyennes qui soient
sûres, accessibles à tous, adaptées à l’usage, avec des émissions réduites en CO2 et polluants et avec une empreinte
environnementale limitée.
Sur ce dernier aspect, PSA a
présenté sa politique d’introduction de matériaux verts
dans les véhicules. Actuellement, la masse d’un véhicule
est répartie en moyenne à 70 %
de métaux, 5 % de fluides et
20 % de polymère représentant
150 à 200 kg de matière.
Jusqu’en 2007, 6 à 7 % sur les
20 % de polymères étaient des
matériaux verts. Depuis 2007,
PSA a une réelle volonté d’introduire dans les véhicules des
matériaux verts avec l’objectif
d’atteindre 20 % de matériaux
verts dans la part des polymères en 2011 et 30 % en 2015.
L’entreprise a créé une norme
à destination des équipementiers qui définit ce qu’est un
matériau vert.
Trois familles de matériaux
sont visées : les matières recyclées (issues de pièces automobiles récupérées en fin de
vie, mais aussi issues de mobilier urbain ou de bouteilles de
PET), les fibres naturelles (utilisées en mélange avec un polymère à un taux allant jusqu’à
80%) et les biomatériaux (polymères issus de ressources
renouvelables).
Des collaborations étroites
sont mises en place avec les
fournisseurs pour une proposition systématique de matériaux
verts. L’objectif est de constituer un portefeuille de matériaux au meilleur compromis
technico-économique.
Pour chaque sous-ensemble
véhicule, une solution matériaux
verts est identifiée puis intégrée
aux projets en cours en fonction
de la faisabilité, y compris pour
des pièces sous capot qui présentent d’autres contraintes
comme l’ignifugation. Dans le
sous-ensemble pare choc, trois
zones sont éligibles pour des
matériaux verts : les supports,
l’absorbeur et le déflecteur.
A moyen terme, l’utilisation des
matériaux verts sera étendue
aux grandes pièces d’aspect et
de choc. Pour le plus long
terme, il est nécessaire d’accentuer la recherche, par
exemple pour le développement des matériaux polymères
d’origine renouvelable.
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Positionnement de véhicules automobiles sur un gr aphique d’émission de CO2 en f onction du poids du véhicule . L’objectif
2015 des valeurs d’émission de CO2 est représenté par les points verts.
Le centre
technologique Rescoll
a développé une colle réversible facilitant le démontage en
fin de vie.
Les premiers essais ont été
réalisés sur des vitrages automobiles qui peuvent être facilement démontés par activation thermique de la colle.
pérature d’activation de
2‐3min, on obtient un décollement manuel avec des pièces
en PP et SMC visuellement
correctes et sans résidus de
colle coté SMC.
L’adhésif contient un additif
capable de générer une
contrainte de décollement
interfaciale par la libération de
gaz sous l’effet d’un apport
thermique. L’activation est réalisée en moins de 3 minutes et
le vitrage ne comporte pas de
résidus d’adhésif.
Rescoll participe également au
projet ECO WINDAR dans
lequel ils vont intégrer le collage démontable pour les
assemblages polyamide-verre
dans les vitrages latéraux de
type Baie Flush et mettre au
point un processus de traitement de l’ensemble du produit
en fin de vie. L’intérêt environnemental du collage démontable sera également évalué sur
une ACV complète.
Des essais ont également été
réalisés sur du collage de peau
et spoiler PP sur un hayon en
composite SMC dans le cadre
du projet européen ECODISM.
Après un chauffage à la tem-
En conclusion, nous pouvons
dire que les principaux défis
du secteur du transport sont
liés au développement durable avec un axe majeur qui est
la réduction du poids du véhi-
Le CFP et l’ARDI Rhône-Alpes Matériaux et Procédés remercient
les partenaires qui ont soutenu cette manifestation : Conseil
Régional Rhône-Alpes, Communauté de Communes d’Oyonnax,
et remercient les intervenants de la journée du 14 septembre
2010, par ordre d’intervention à la journée : Mr Frédéric CHARON (FAURECIA), Mr Marc MEZAILLES et Mme Christine
LAVENTURE (SABIC Innovative Plastics), Mr Philippe LEBOEUF
(DUPONT DE NEMOURS), Mr Denis BERGERON (INOPLAST),
Mr Didier PADEY (VICTREX), Mr Claude NICOT (PSA) et Mr
Maxime OLIVE (RESCOLL).
http://www.plasturgie-formation.com/journees-innovation.html
cule : f aire l e c hoix d e l a
bonne matière au bon endroit
et de repenser l’intégration
des fonctions.
D’autres axes de développement concernent l’introduction de matériaux « verts »
dans les véhicules, matériaux
recyclés, matériaux d’origine
renouvelable, et le développement de procédés nouveaux
comme le collage démontable.
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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D R O I T
Thierry CHARLES
D E S
A F F A I R E S
• Allizé-Plasturgie •
LME : une attaque
en règle !
« Si on n’en sort pas, il faudra bien reconnaître que le texte est inapplicable. C’est vrai
qu’une nouvelle loi, personne n’en veut. »
Catherine Vautrin, Présidente de la CEPC1
pas en cause l’objectif d’harmonisation des droits à l’origine
de la Directive du 29 juin 2000 ?
D’autre part, quid des difficultés
posées par les nombreux
accords dérogatoires qui augmentent sensiblement les difficultés de mise en œuvre de la loi
en multipliant les exceptions ?
©Antoinemonat - Fotolia.com
Deux ans après le vote de la
LME, le Gouvernement doit-il
déjà revoir sa copie ?
Les derniers mois ont confirmé
les problèmes d’interprétation
de la LME que nous subodorions dès la promulgation de la
loi.
règle en France de la part de
la grande distribution3 : Maître
Jean-Daniel Bretzner, l’avocat
de Darty, ayant à cet égard
remporté une première
manche devant le tribunal de
commerce de Bobigny, le
13 juillet 2010, en demandant
l’examen de la constitutionnalité de la LME, rien de mois4.
D’éminents juristes s’interrogent en effet sur la conformité
de la loi n° 2008-776 du 4 août
2008 de modernisation de
l’économie (LME) – notamment à propos du volet délais
de paiement –, à la Directive
du 29 juin 20002.
Sur le plan communautaire, on
considère que la multiplication
des accords dérogatoires au
délai maximal de paiement
que la LME a imposé rend la
situation sur le terrain bien
complexe, voire impossible.
Ils soulèvent non sans pertinence plusieurs questions,
alors qu’à première vue la LME
paraissait conforme au texte
communautaire. D’un point de
vue plus général, la LME subit
également une attaque en
Et à nouveau doit-on s’interroger sur ces dérogations : sontelles bien conformes à l’interdiction
des
délais
manifestement abusifs posés
par les autorités communautaires ? Pire ne remettent-elles
Les débats sans fin sur le
champ d’application des
accords et les éventuelles
(hypothétiques ?) sanctions en
cas de dépassement du délai
maximum ne risquent-elles
pas de repousser à 2010 l’entrée effective de la réforme
des délais de paiement ?5 Sur
le plan interne, la polémique
concerne, outre la réforme des
délais de paiement, l’article L
442-6 du Code de commerce
qui prévoit que la responsabilité d’une enseigne peut être
engagée si elle essaie « de
soumettre ou de tenter de soumettre un partenaire commercial à des obligations créant
un déséquilibre significatif
dans ses droits et obligations
des parties ».
Certains acteurs de la grande
distribution veulent faire
reconnaître l’inconstitutionnalité de cet article, dans
1 : Lire à ce sujet « La LME est-elle inapplicable ? », http://www.agraalimentation.fr/
2 : Lire Anne-Marie Luciani, Laurent Roberval, Jean-Louis Fourgoux, Les délais de
paiement, un an après la loi LME, in Concurrences, N° 1-2010, n°30043,
www.concurrence.com
3 : Lire également le point de vue d’Arnaud Mulliez, « Le mauvais procès contre
Auchan », Les Echos, 19.07.2010, p.8.
4 : En effet la loi organique n°2009-1523 du 10 décembre 2009 « relative à
l’application de l’article 61-1 de la Constitution » précise le mécanisme d’une
nouvelle procédure à la disposition des parties en justice : « la question prioritaire de constitutionnalité » qui permet aux justiciables de saisir le Conseil
Constitutionnel via la Cour de cassation, ou le Conseil d’Etat, sur la validité d’une
loi.
5 : Quid enfin de l’action des pouvoirs publics à l’égard des fournisseurs et des
clients étrangers, d’autant que la question de l’application de la réglementation
française aux contrats internationaux reste entier (loi de police ou non ?) et alors
que des clauses contractuelles peuvent l’évincer ?
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
19
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D R O I T
la mesure où il entrerait en
conflit avec le principe de légalité des délits et peines, qui stipule qu’une condamnation
n’est possible qu’en vertu d’un
texte précis et clair (sic !).
En créant en septembre 2010
les « mardis de la LME »,
groupe de travail sur l’application de la LME, la Présidente de
la Commission d’Examen des
Pratiques
Commerciales
(CEPC) semblent leur donner
raison… 6 , sans compter que
Catherine Vautrin n’exclut pas
de faire également appel au
médiateur des relations interentreprises industrielles et de
la sous-traitance Jean-Claude
Volot.
Ainsi, tant sur le plan communautaire qu’en droit interne,
20
Plastilien Novembre 2010 • n°72
D E S
toutes les difficultés que rencontre l’Etat français pour rendre effectives les dispositions
de la Directive (sur les délais
de paiement) et de la LME (sur
les relations commerciales)
aboutissent aux mêmes
conclusions.
Simple carence de la transposition française de la Directive du
29 juin 2000 ou, plus généralement, texte communautaire
insuffisant pour réformer les
délais de paiement, le législateur
doit si ce n’est revoir sa copie
(d’autant que nous sommes à la
veille d’une refonde de la Directive du 29 juin 2010), du moins se
donner les moyens de faire
appliquer la loi.
Quant aux problèmes d’interprétation de la LME entre les
A F F A I R E S
6 : Les « mardis de la LME » doivent ainsi réunir industriels et distributeurs sous
l’égide de la CEPC lors de cinq sessions dès le mois de septembre 2010 pour
aborder notamment les questions des stocks déportés, des prix, des NIP
(Nouveaux Instruments promotionnels), du plan d’affaires, de la notion de « déséquilibre significatif, etc.
7 : Lire à ce sujet « La LME est-elle inapplicable ? », http://www.agraalimentation.fr/ op.cit.
8 : Et «Heureusement qu'il n'y avait pas la paire !», ironisait Sacha Guitry.
industriels et les distributeurs
(toujours dans l’attente d’une
circulaire d’application), un
retour à la case législative
n’est pas non plus à exclure (a
fortiori si l’article L 442-6 du
Code de commerce est déclarée inconstitutionnel) tant
l’échec est patent et les critiques concordantes.
En tout état de cause, comme
l’écrivait André Gide à propos
du « Soulier de satin », « nous
vivrons assez pour voir le
moment où l’on se rendra
compte de la médiocrité de
cette pièce ».
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page21
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page22
F I S C A L I T É
Valérie CLAYTON
• Allizé-Plasturgie •
Les téléprocédures
fiscales : de quoi s’agit-il ?
Quand deviennent-elles
obligatoires ?
Les téléprocédures permettent aux professionnels de déclarer et de payer
les principaux impôts (TVA, l’impôt sur les sociétés, la taxe sur les salaires ainsi
que la CVAE) en utilisant des moyens modernes : internet ou la transmission de
fichiers. Les seuils de chiffre d’affaires à partir desquels elles deviennent obligatoires
sont abaissés depuis le 1er octobre 2010. Il existe deux modes de transmission
des impôts par voie électronique, directement sur Internet (mode EFI)
ou par l’intermédiaire d’un comptable ou d’un autre prestataire (mode EDI).
Par internet (mode EFI)
L’entreprise effectue elle-même
ses déclarations et paiements
sur www.impots.gouv.fr dans
son espace abonné (Professionnels / Espace abonné).
Dans cet espace, elle peut :
- déclarer et payer la TVA ;
- déposer des demandes de remboursement de crédit de TVA ;
- payer l’impôt sur les sociétés,
la taxe sur les salaires, la contribution économique territoriale
(CVAE et CFE) et la taxe foncière.
Par l’intermédiaire d’un comptable ou d’un autre prestataire
(mode EDI)
Ce partenaire transmet à l’Administration Fiscale les données déclaratives et de paiement des impôts pour le
compte de l’entreprise.
22
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Les téléprocédures disponibles en mode EDI sont :
- la déclaration et le paiement
de la TVA ;
- le dépôt des demandes de
remboursement de crédit de
TVA ;
- le dépôt des déclarations de
résultats et des liasses fiscales (procédure EDI-TDFC) ;
- le dépôt de la déclaration de
CVAE (procédure EDI-TDFC).
Les obligations varient pour
chaque impôt en fonction du
chiffre d’affaires de l’entreprise.
Ce seuil est abaissé :
- à compter du 1 er octobre
2010, à 500 000 €hors taxes
(article 29 de la loi de finances
rectificative pour 2009) ;
- à compter du 1 er octobre
2011, à 230 000 € hors taxes.
Si le chiffre d’affaires de
l’exercice clos au 31 décembre 2008 dépasse 760 000 €,
l’entreprise est tenue de télédéclarer à partir de février
2010 pour les opérations de
janvier 2010.
Le montant du chiffre d’affaires
de référence pour les sociétés
imposables à l’impôt sur les
sociétés correspond à la
somme des données inscrites
dans les déclarations de résultats (formulaire 2052 – ligne FL).
En matière de TVA
L’exercice de référence est,
par principe, l’avant dernier
exercice clos.
 En cas de clôture de l’exercice à un mois autre que
décembre :
L’entreprise doit télédéclarer
et télérégler la TVA si son chiffre d’affaires de l’avant-dernier exercice clos dépasse
760 000 €. Ainsi, si elle clôture
son exercice en mars 2009 et
que son chiffre d’affaires
dépasse 760 000 €, elle est
tenue de télédéclarer et télérégler la TVA à partir du mois
de mai 2010 au titre des opérations d’avril 2010.
L’entreprise doit déclarer et
payer la TVA en ligne ou par
l’intermédiaire d’un prestataire
EDI (comptable …) si le montant de son chiffre d’affaire
dépasse 760 000 € hors taxes.
Exemple :
 En cas de clôture de l’exercice au 31 décembre :
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page23
F I S C A L I T É
Un dispositif particulier s’applique au titre de l’abaissement du seuil de chiffre d’affaires au 1er octobre 2010.
Ainsi, pour un exercice clos de
référence en août 2009 ou
avant cette date, les entreprises entrant dans l’obligation de recours aux téléprocédures professionnelles pour la
déclaration et le paiement de
la TVA à compter du 1 er octobre 2010 sont celles dont le
chiffre d’affaires est compris
entre 500 000 € et 760 000 €.
Pour les exercices de référence clos au titre d’une
période postérieure à août
2009 : si le chiffre d’affaires de
l’avant dernier exercice clos
dépasse 500 000 €, l’entreprise
doit télédéclarer et télérégler
sa TVA à compter du 2ème mois
suivant la clôture de son exercice et au titre des opérations
du premier mois qui suit la clôture de son exercice.
En matière d’impôt
sur les sociétés
et de taxe
sur les salaires
L’article 29 de la loi de
finances rectificative pour
2009 crée un seuil pour l’obligation de télérégler l’impôt sur
les sociétés et la taxe sur les
salaires.
Le télérèglement de l’impôt sur
les sociétés et de la taxe sur les
salaires est obligatoire pour les
entreprises dont le chiffre d’affaires réalisé au titre de l’exercice précédent dépasse les
seuils de 500 000 € hors taxes à
compter du 1er octobre 2010 ou
de 230 000 € hors taxes à compter du 1er octobre 2011.
Le montant du chiffre d’affaires
de référence correspond à la
somme des données inscrites
dans les déclarations de résultats (formulaire 2052 – ligne FL).
Exemple :
Lorsque l’entreprise clôture
son exercice au 30 juin 2010 et
que son chiffre d’affaires de
l’exercice clos au 30 juin 2009
dépasse 500 000 €, elle est
tenue de télérégler au 15 octobre 2010 :
- le solde de l’IS de l’exercice
clos au 30 juin 2010 ;
- éventuellement, l’acompte de
taxe sur les salaires concernant les rémunérations versées
au titre de septembre 2010.
Les services offerts aux usagers par la Direction Générale
des Finances Publiques en
matière de dématérialisation
couvrent d’ores et déjà l’essentiel du champ des impôts
professionnels.
L’abaissement des seuils
d’obligation de recours aux
téléprocédures professionnelles institué par l’article 29
de la loi de finances rectificative pour 2009 a pour objectif
de faciliter les obligations fiscales des entreprises en développant la transmission dématérialisée.
Par ailleurs, avec les téléprocédures fiscales, les entreprises bénéficient d’un avantage : le prélèvement est
effectué au plus tôt à la date
d'échéance quelle que soit la
date à laquelle elles ont souscrit leur déclaration et adressé
leur ordre de paiement. Ainsi,
57 % des adhérents à la télédéclaration et au télérèglement de TVA ont choisi cette
téléprocédure pour les avantages qu'elle procure en
dehors de toute obligation.
En matière
de cotisation sur la
valeur ajoutée des
entreprises (CVAE)
Toutes les entreprises redevables de la CVAE ont l’obligation de télépayer les acomptes
et le solde de la cotisation.
La procédure de télédéclaration (TDFC) est applicable aux
déclarations de résultats et de
CVAE à partir d’un seuil de
chiffre d’affaires. Ainsi, si le
chiffre d’affaires de l’entreprise dépasse 15 000 000 €
hors taxes et si les résultats
sont soumis à l’impôt sur les
sociétés, elle doit transmettre
sa déclaration de résultats par
l’intermédiaire d’un partenaire
EDI (procédure EDI-TDFC).
De même, lorsque le chiffre d’affaires de l’entreprise est supérieur à 500 000 € hors taxes, elle
doit télédéclarer et télérégler la
CVAE. La CVAE (imprimé 1330)
est télédéclarée selon la procédure EDI-TDFC, par l’intermédiaire d’un partenaire EDI et
téléréglée par paiement en ligne
sur www.impots.gouv.fr.
Le montant du chiffre d’affaires de référence, pour les
sociétés soumises à l’IS, correspond à la somme des données inscrites ligne FL sur le
formulaire 2052. Pour la CVAE,
il s’agit du chiffre d’affaires
porté dans la case A3 de la
déclaration 1330 CVAE.
Concernant les déclarations
de résultats, l’exercice de
référence est l’exercice clos
précédent celui au titre duquel
la déclaration de résultats est
déposée.
Pour la déclaration de la
CVAE, l’exercice de référence
est l’exercice au titre duquel la
déclaration CVAE est déposée.
Une entreprise devra télédéclarer en N + 1 la déclaration
1330 CVAE relative à l’année N
si le chiffre d’affaires porté sur
cette déclaration est supérieur à 500 000 €.
Exemple :
Si le chiffre d’affaires de
l’exercice clos au 31 décembre 2009 dépasse 500 000 €,
l’entreprise est tenue de déposer avec TDFC en 2010 sa
déclaration CVAE relative à
l’exercice clos en 2009.
Les professionnels concernés
sont invités dès maintenant à
effectuer leurs démarches
d'adhésion afin de se préparer
dès à présent à leurs futures
obligations.
Pour adhérer ou s’informer sur
la télédéclaration et le télérèglement de la TVA, de l'impôt
sur les sociétés, la taxe sur les
salaires ou la CVAE, il suffit de
consulter le portail fiscal
www.impots.gouv.fr, rubrique
« professionnels » où cette
procédure est détaillée.
Les entrepreneurs peuvent
naturellement aussi s’adresser à leur service des impôts
des entreprises qui pourra les
aider dans leurs démarches.
Ils peuvent également consulter leur expert-comptable,
association de gestion et de
comptabilité ou organisme de
gestion agréé.
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
23
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page24
P O I N T
Thierry CHARLES
D E
V U E
• Allizé-Plasturgie •
Délais de paiement :
l’Europe en ordre
de marche
« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage à demain, si on ne vous paie pas le
salaire d'aujourd'hui », écrivait Jacques Prévert. Une réflexion qui a dû inspirer la
Commission européenne qui, conformément à un engagement pris dans le cadre du
« Small Business Act », invite à adopter une nouvelle approche pour remédier à la
situation des retards de paiement.
Adopté en juin 2008, le « Small
Business Act » pour l'Europe
reflète la volonté de la Commission de reconnaître le rôle
essentiel joué par les PME
dans l'économie européenne.
Il établit, pour la première fois,
un cadre politique global pour
l'Union européenne et les
États membres.
«La date limite standard pour
payer une facture relative à des
biens ou des services sera désormais de 30 jours pour les secteurs public et privé» précise le
Parlement dans un communiqué, une disposition qui remet
notamment en cause le principe de liberté contractuelle qui
prévalait jusqu’à présent.
Ainsi, le 13 septembre 2010
marque une étape importante
dans la procédure visant à
réviser la directive de 2000 sur
les retards de paiement dans
les transactions commerciales
(Directive 2000/35/CE du Parlement européen et du Conseil
du 29 juin 2000 concernant la
lutte contre le retard de paiement dans les transactions
commerciales).
C’est un succès d’autant plus
important que la proposition initiale de la Commission laissait
« les débiteurs et les créditeurs
s'entendre en pratique sur les
grandes lignes » selon la négociatrice de l'assemblée, l'eurodéputée S&D, l’allemande Barbara Weiler. Elle ajoute que
« cet accord signifie que les
PME ne seront plus forcées à
servir de banques aux entreprises publiques et aux grosses
compagnies » (via le crédit interentreprises que les entreprises
s'accordent entre elles implicitement à travers les délais de
paiement consenti par une
entreprise à ses clients). Toute-
C’est ainsi que les négociateurs du Parlement ont réussi
à convaincre les représentants des États membres d'accepter une règle de 30 jours à
l'échelle européenne !
24
Plastilien Novembre 2010 • n°72
fois, le Parlement a concédé
une dérogation de 60 jours pour
les marchés publics qui devra
être motivée par une « justification spéciale » et ne s'appliquera que dans des « circonstances exceptionnelles ».
Il est par ailleurs précisé qu’en
cas de non respect de ce délai
de 30 jours, une majoration de
8% du taux d'intérêt de référence serait appliquée (outre
un montant fixe de 40 euros de
compensation pour les frais
de recouvrement).Enfin, en
vue de s'assurer que les produits ou services sont
conformes aux termes du
contrat, une période de vérification serait fixée à 30 jours,
sans que ce délai ne puisse
être utilisé comme échappatoire en vue de retarder le
paiement inutilement.
Rappelons qu’en France, la Loi
LME du 4 Août 2008 a modifié
l’article L 441-6 du Code de
commerce qui dispose désor-
mais que : « Sauf dispositions
contraires figurant aux conditions de vente ou convenues
entre les parties, le délai de
règlement des sommes dues
est fixé au trentième jour suivant la date de réception des
marchandises ou d’exécution
de la prestation demandée. Le
délai convenu entre les parties pour régler les sommes
dues ne peut dépasser quarante-cinq jours fin de mois ou
soixante jours à compter de la
date d’émission de la facture »
(toutefois, la loi PERBEN du 5
janvier 2006 impose déjà des
délais de paiement de 30 jours
aux transporteurs routiers).
La prochaine étape est prévue
d’ici la fin de l’année à Strasbourg devant le Parlement
européen, qui devrait voter en
session plénière l’accord révisant la directive de 2000, ce qui
obligera le gouvernement à
revoir une nouvelle fois sa copie
sur les délais de paiement.
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P O I N T
D E
V U E
A N A LY S E T H E R M I Q U E P O U R L A
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n°72 • Novembre 2010 Plastilien
25
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M A R K E T I N G
Lionel CHARPENTIÉ
• Cabinet POLARISE - Réseau Experts Allizé-Plasturgie - Domaine Innovation •
« Ecouter les usages »
ou comment vendre le
produit avant même de
l’avoir développé…
Cintrafil est une PMI auvergnate dont l’activité principale est la fabrication d’articles
métalliques en fil, tôle et tube. Le business de l’entreprise, principalement fondé sur
la sous-traitance, n’échappe pas à la crise économique. Il fallait trouver une diversification avec un produit propre. Le projet Jetti est né de la rencontre entre le dirigeant
et un papa ingénieux à la recherche d’un industriel pour concevoir et développer
une poussette tout-terrain pour enfant handicapé. Il y a eu cession d’un brevet.
Au terme de quelques mois d’études, en novembre 2009, une écoute des usagers
est lancée pour définir les axes marketing du produit.
Cet article résume les principaux axes de cette écoute
Trois personnes témoignent :
• Pascal REY chef de projet chez Cintrafil PR
• Jacques BOIS designer PARDI DESIGN JB
• Lionel CHARPENTIE Cabinet POLARISE en charge de l’écoute des usages LC
Quelle est l’origine du projet ?
PR : « Avant tout une rencontre. Une histoire touchante, une idée séduisante et
surtout c’était le bon moment pour l’entreprise pour se lancer dans la production de
produit en nom propre.»
Quel était le produit envisagé ?
PR : «Une poussette tout-terrain pour enfant
handicapé. L’intérêt du produit était de pouvoir sortir de l’asphalte, partir à l’aventure
sur des sentiers escarpés.»
Quelle était l’équipe et le contexte ?
PR : «L’équipe est constitué autour de
26
Plastilien Novembre 2010 • n°72
compétences très diverses et complémentaires : un designer, une ergothérapeute, un ingénieur BE, un sellier et… un
responsable projet novice.»
JB : «Première expérience design pour
Cintrafil.»
LC : «Personnellement je suis arrivé à la
suite d’une expertise OSEO AUVERGNE.»
Premier réflexe, s’entourer des compétences
nécessaires pour avancer.
Pourquoi avoir lancé une écoute des usagers ?
PR : «Pour se rassurer. Car c’est plus facile
de réorienter le projet à ce stade que
lorsque tous les outillages sont lancés !»
JB : «Dans un premier temps, je fonctionne à l’intuition, qui repose sur ma propre vision, mais il est essentiel de confronter son intuition avec des idées
complémentaires.»
LC : «Je l’ai proposé compte tenu du nombre important d’options sur le futur produit.»
au départ, l’écoute des usages est souvent
lancée pour se réassurer
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page27
M A R K E T I N G
Qu’est qui distingue une écoute des usages
d’une écoute des clients ?
LC : «L’écoute des usages se met en place
avant tout début de conception et avant le
design. Dans le détail on peut distinguer les
focus groupes des écoutes individuelles.
C’est ce que je pratique car les effets de
groupe sont trop importants dans les
focus.
Sur internet on trouve aussi des solutions
nombreuses en tapant CEM ou Conception en Ecoute des Marchés… Nota cela
n’a rien à voir avec la compatibilité électromagnétique…
- L’écoute client recouvre d’autres pratiques, cette fois plus proches de la vente
et du commercial.»
« Ecouter l’usager » nécessite-t-il une
approche structurée ?
LC : «Voici le dilemme :
- soit on demande au client ce qu’il pense
et dans ce cas on ne recueille que des lots
d’insatisfactions;
- soit on propose, sans écoute , un
concept de rupture et le risque est fort de
rester décalé …
Pour sortir de ce dilemme, je me suis posé
cette simple question : par quelle méthode
associer l’usager en le rendant co-créateur du futur produit ? Ceci nécessite une
approche structurée.
Ainsi l’idée de faire une poussette évolutive est un positionnement qui résulte de
cette écoute. Sans cette écoute structurée, il est impossible d’identifier cette
attente latente qui se cache derrière le lot
des insatisfactions habituelles.»
Associer l’usager dans la co-création
de son innovation
Quelle est votre méthode ?
«La méthode consiste à d’abord formater
des concepts simples et clairs pour faire
parler les usagers . Il faut donc proposer
trois ou quatre concepts que j’appelle
« provocateurs » pour faire réagir. Il y a
ensuite une phase où ce n’est pas ce que
l’on propose qui est important mais ce que
disent les clients. Par la suite l’analyse
des verbatims ressemble à un puzzle avec
Ici il s’agit d’une écoute de type B2B avec des professionnels de la santé.
Crédit photo Lionel Charpentié
des morceaux qui se posent les uns à coté
des autres. Au bout de 8 à 10 analyses,
une « image » se forme et il est possible de
percevoir les attentes et le cahier des
charges. Cette méthode est le résultat de
10 années de travaux.»
Quel est le matériel nécessaire ?
«Il n’est pas besoin de faire des maquettes
car 4 « planches de concept » sur des formats A4 suffisent. Ces concepts sont rédigés et dessinée suivant une méthodologie
précise.
A ce niveau, ce n’est pas l’objet qui est
important mais l’usager, et il faut représenter dans les planches des personnes
qui utilisent cet objet.
Quelle est la partie la plus difficile ?
LC : «Au début car l’équipe doit « segmenter » pour choisir les personnes à écouter.
Ici nous avons donné priorité aux ergothérapeutes sur les distributeurs et les parents...
… et à la fin, lors du retour d’écoute, car
l’équipe projet est toujours surprise des
attentes des clients. Parfois dans mes
missions, j’ai pu assisté au déni des
conclusions mais ce n’était pas le cas
chez Cintrafil, au contraire.
Parfois certains clients commencent à
dessiner sur les planches ou faire des propositions, c’est souvent très riche...»
Pour moi, c’est un moment très difficile
car le chef de projet doit tout à la fois
digérer les conclusions et rédiger ensuite
le profil marketing produit : il lui faut donc
définir le mix valeur, c’est à dire choisir les
attributs de valeur sur lesquels on va
investir et ceux qu’il faut délaisser, c’est
vraiment délicat, même lorsque les arguments sont bien amenés.»
Ce n’est pas ce que l’on propose qui est
important mais ce que disent les usagers
Innover dans un bon rapport qualité prix
c’est le défi des PMI.L‘écoute des usagers
permet de définir ce rapport
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
27
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page28
M A R K E T I N G
PR : «Comme à chaque étape de conception : faire les bons choix.»
JB : «Assurer et assumer pleinement ces
choix en sachant les accompagner avec
souplesse. En apportant de nouvelles
réponses judicieuses partagées, une saine
remise en cause est toujours profitable.»
Comment avez vous fonctionné ensemble ?
PR : «Cela s’est fait naturellement ! Le
meilleur moment du projet (à ce jour !) : la
séance de créativité où nous avons imaginé 4 concepts produit. Un régal de pousser chaque concept à l’extrême !»
JB : «Dialogue toujours ouvert, respect
des savoirs mutuels, échange et réactivité
et confiance affichée et soutenue de la
direction.»
LC : «Personnellement, j’ai apprécié un
fonctionnement d’équipe très complet
avec créativité et décision qui sont deux
qualités fondamentales pour la réussite
d’une écoute des usagers.»
Quel a été le livrable ?
LC : «C’est le profil marketing du produit
Crédit photo Pardi design
envisagé ; cela comprend une représentation par le modèle KANO et un document
qui va rappeler la stratégie de l’entreprise.
Essais à partir
de l’invention
24 mois
2007-2009
28
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Le modèle KANO est très visuel et permet
de distinguer 3 niveaux dans la différenciation :
- ce qui est distinctif ; ici l’élément de distinction est le trois roues tout terrain donc
le brevet initial qui est conservé mais ne
constitue plus le cœur d’usage;
- ensuite il y a le cœur d’usage. Dans ce
marché, le niveau d’exigence est très
élevé : légèreté, pliage associé du châssis
et du siège, etc...
- ensuite l’attractif la surprise ; nous avons
retenu tout ce qui concerne les aspects
coloristiques sur les sièges.»
Le livrable est le cahier des charges
marketing qui va soutenir le design
Comment positionner cette offre nouvelle
JETTI ?
JB : «C’est une réponse optimisée, pour
mieux accompagner les parents, sur la
durée, avant de passer à l’équipement
d’un fauteuil pour leur enfant».
LC : «L’entreprise est passée d’une offre
atypique, le tout terrain, qui n’était pas à
sa portée à une offre alternative, la poussette évolutive.»
Écoute des usages
septembre 09
Profil marketing
produit novembre
09
«Un siège auto RECARO
sur une poussette
tout terrai»
«Une poussette JETTI
évoluant aves l’enfant
et qui passe partout
Quels sont les autres apports ?
PR : « Gain de temps, cela nous a permis
de faire des choix technologiques importants très rapidement.»
JB : «Assurance et validation pour poursuivre sereinement avec la définition du
profil marketing du produit attendu et par
les parents et par les prescripteurs.»
LC : «CINTRAFIL a su associer les professionnels de la santé avant d’avoir lancé le
produit ; c’est donc un acte commercial qui
permettra aussi de gagner du temps :
connaissance des arguments, des réseaux,
des gestes professionnels précis.»
Dans la plupart des cas une écoute
des usagers agit comme un véritable
booster de projet
Comment avez-vous continué à partir de
ce document ?
PR : « C’est le véritable point de départ de
la conception. A partir du profil marketing
produit, il est très facile de réaliser l’analyse fonctionnelle et rédiger le cahier des
charges techniques.
La méthode Kano met du relief aux fonctions du produit, on voit très clairement où
il faut concentrer ses efforts.»
Design et réalisation
6 mois
Août 2010
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page29
M A R K E T I N G
CHANGEMENT DES USAGES FORTS
NOUVELLES PRATIQUES
CRÉATION DE REFERENTIELS ET DE MARCHES NOUVEAUX
L’atypique
L’excellence
L’alternatif
Le générique
MODIFICATION LIMITÉES DES USAGES
HYBRIDATION FORTES AUX PRATIQUES
L’abondance
L’essentiel
Leaders
Nouveaux entrants
«Légitimes pour proposer»
«Doivent prouver»
MASSE DES «MEE TOO»
ET «PREMIERS PRIX»
Le défensif
RENFORCEMENT DES USAGES
L’intemporel
Le collector
RETOUR DES TRADITIONS
JB : «Je traduis les désirs exprimés et les
solutions techniques retenus en formes
matières couleurs servant nos desseins :
légèreté et maniabilité tout en douceur et
rondeur, plus ludique que technique.»
LC : «Mon intervention est « biodégradable »
et le principal est quelle soit assimilée par
l’équipe projet. Je disparais ensuite…»
Quels sont les types de produits ou services pour lesquels il faut recommander
une écoute des usages ?
LC : «Ce n’est pas adapté pour les produits
dont on veut vérifier les aspects sensoriels
par exemple... il y a d’autres méthodes
pour cela et une planche de concept ne
sert à rien.
Par expérience je sais que cela fonctionne
très bien sur :
- de nouveaux loisirs;
- des produits « compliqués » : poussettes,
mobilier, électroménager…;
- les NTIC : Portail WEB;
- de nouveaux services;
- pour valider des relations nouvelles à la
distribution …;
- pour aider à faire des choix en interne
(nouvelles gouvernances…)»
En une phrase comment décrire l’importance de l’écoute des usagers ?
JB : «Pour chercher à satisfaire l’usager
plutôt que de flatter le client.»
PR : «Tôt ou tard le client se fera entendre !»
LC : «Pour vendre le produit avant même
de l’avoir développé !»
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
29
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page30
Pour plus d’informations : 04 74 73 42 33 ou [email protected]
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page31
S T R A T É G I E
Yvon MOUGIN
• Membre du Réseau Expert d’Allizé-Plasturgie •
Qualité et performance,
deux amies qui vous
veulent du bien
Cet événement signifieraitil que « qualité » et
« management »
sont synonymes ?
Cela signifieraitil que parler de
« Management
de la qualité »
est une redondance ?
Dans le cas de
l’EFQM
(pardon,
l’EFM), cela ne pose pas
de problème sémantique
majeur.
La qualité est morte,
vive la qualité
J’étais à l’AFNOR il y a
quelques mois et j’y ai appris
un scoop de la bouche d’un
visiteur bien informé. Il parait
que la qualité va disparaître de
notre vocabulaire. Ce n’est pas
une blague. Enfin, ce n’était
pas annoncé comme tel. En
effet, le mot « qualité » sera,
dans un premier temps, retiré
du nom (acronyme) de l’organisme qui représente l’excellence, j’ai cité l’EFQM. On ne
dira plus : « European Fundation for Quality Management »
mais plus simplement EFM
autrement dit : « European Fundation for Management ».
Ils vont adopter ce changement sans générer d’angoisses métaphysiques chez
leurs clients et adhérents.
Cependant, pour élargir le
sujet, nous pourrions nous
tenir les mêmes réflexions à
propos de la qualité et de la
performance.
C’est pareil.
« Qualité » et « performance »
sont dans un bateau, « qualité »
tombe à l’eau que reste-t-il ?
Nous pourrions encore nous
pencher, avec le même état
d’esprit sur le cas du référentiel du PFQP (le Prix Français
de la Qualité et de la Performance) qui deviendra certainement, si cette manie est
contagieuse, le PFP.
La disparition d’un mot ne tue
pas le concept. On a déjà vu
de nombreuses associations
perdre l’un des deux associés
et survivre dans la mémoire
collective. Mercédès et Benz
ou Rolls et Royce ou Harley et
Davidson ou Sony et Ericson
ou Spirou et Fantasio, ou Tintin
et Milou, Coca et Cola (pour ne
citer que quelques cas) en
sont des exemples connus.
Entre parenthèses, n’oubliez
pas cependant, si vous vous
associez un jour, qu’il vaut
mieux se mettre en premier
dans la dénomination de la
dite association. Revendiquez
l’ordre alphabétique, l’âge, la
taille ou le poids, bref, tout
argument qui justifiera une
position initiale dans l’intitulé
de la raison sociale.
Mais pour en revenir à nos,
comme on dit, moutons, que
ferons-nous lorsque le mot
« qualité » est utilisé seul, sans
association, dans le langage
courant ?
Il faudra bien trouver une solution n’est-ce pas ?
Or nous avons vu que le remplacer par un autre mot tel que
« performance » ou « management » ne convient pas.
Alors ?
Que faire ?
Nous devons absolument trouver un remplaçant à ce terme
bientôt disparu.
Oui mais lequel ?
Compliqué n’est-ce pas ?
Et si en lieu et place d’un mot
nouveau, nous utilisions un
son ?
Tiens, par exemple :
« Mmmmm ».
On pourrait dire alors :
- Le management de la
« Mmmmm ».
- Je
suis
responsable
« Mmmmm ».
A la question :
- Dans quoi travaillez-vous ?
Vous répondriez :
- Je suis dans la « Mmmmm ».
Vous pourrez dire aussi :
- Aujourd'hui, j’ai livré de la
« Mmmm » à mes clients.
Ou bien encore :
- Satisfaire ses clients, c’est
de la « Mmmm ».
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
31
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:23 Page32
S T R A T É G I E
Pardon ?
Vous avez le sentiment que
cela ne sonne pas juste ?
Vous pensez que cette substitution n’est pas très harmonieuse ?
Bon alors oublions !
Qualité et
performance, même
combat ?
Quoi qu’il en soit, la perte probable de ce terme est un peu
dommageable tout de même.
Personnellement, je commençais seulement à comprendre
ce que signifiait le mot qualité.
Ce qu’il représentait en tant
que concept.
Si nous prenons un peu de
temps pour comparer qualité et
performance par exemple,
cette dernière implique (pour
moi) une notion d’individualisme, d’égocentrisme peut
être. On parle de la performance d’un sportif, de la performance d’une machine.
Il s’agit alors critères intrinsèques, endogènes comme la
vitesse pour le coureur, la puissance pour un véhicule, la
contenance pour un lave-linge,
etc. Je ne déteste pas le mot
mais il ne veut pas dire la
même chose que qualité.
Nous savons aujourd'hui que
la qualité est la recherche (difficile) d’un équilibre délicat
entre les intérêts (la satisfaction) des diverses parties impliquées dans le fonctionnement
d’un organisme.
Les parties prenantes comme
disent les normes.
Il y a d’abord le client bien
entendu car sans lui, pas d’organisme. Il faut aussi compter
les actionnaires ou les institutions de tutelles pour le service
32
Plastilien Novembre 2010 • n°72
public. Il faut compter encore
les personnels et la société
civile, etc.
La performance sans la qualité,
cela consiste en quoi pour une
entreprise ? Produire n’importe
quoi et vendre à tous prix (ou
plutôt le plus cher possible) ?
Cela nous renvoie dans les
années de l’entre deux
guerres.
La qualité sans la performance,
cela consiste en quoi pour une
entreprise ? Satisfaire les
clients et les usagers au détriment de la profitabilité pour les
privés et de l’intérêt général et
des budgets (nos impôts) pour
le public.
Cela nous renvoie dans les
années quatre-vingts.
Ce n’est certainement ni l’une
ni l’autre de ces alternatives
qui montre la bonne voie.
Alors choisissons, comme
nous le faisons tous (ou
presque) aujourd'hui, la qualité
ET la performance.
Choisissons la qualité parce
dans un univers qui se mondialise, nous avons intérêt à satisfaire nos clients pour qu’ils préfèrent acheter français, nous
avons intérêt à satisfaire nos
actionnaires pour qu’ils continuent à nous faire travailler ici,
pas trop loin de la maison et
nous avons intérêt à satisfaire
nos personnels pour qu’ils se
remettent à aimer le travail vite
fait et bien fait.
Choisissons la performance
parce que pour un temps
encore, on a des salaires plutôt
élevés (par rapport à ceux des
pays émergents bien entendu)
et que si on veut les garder, il
nous faut sortir les doigts du,
comme on dit, nez pour faire
quelques améliorations de productivité dans tous les
domaines.
Performance globale,
totale, générale ?
Cependant, si nous sommes
obligés de ne parler que de
performance, si ce concept
avale l’autre, il nous faudra
revoir la signification de ce
terme. Il nous faudra l’élargir.
Nous dirons alors que la performance est la capacité d’un
organisme à s’adapter en permanence aux contraintes de
son environnement socioéconomique. Sa capacité à survivre quoi.
La performance pourrait être
considérée comme une sorte
d’intelligence sociétale. Nous
retrouvons là un lien évident
entre les organisations et les
systèmes vivants.
Les entreprises et les organismes de tous poils et de
toutes tailles sont comme des
êtres vivants et à ce titre, ils
doivent faire preuve d’adaptabilité.
La performance se manifestera
dans l’accomplissement d’une
finalité sociétale en satisfaisant à toutes les contraintes
extérieures.
Ces éléments extérieurs, ces
métas-modèles, ce sont les
marchés et les clients ou les
usagers dont les attentes évoluent sans arrêt.
Ce sont les réglementations qui
nous amènent de nouvelles
contraintes chaque jour qui
passe.
Ce sont les technologies qui
progressent de manière vertigineuse.
Ce sont les concurrents, ce
sont les impératifs environnementaux et sociaux.
Ce sont les défis du développement durable.
La performance s’exprimera
dans l’accomplissement de sa
finalité en optimisant ses ressources, comme le font naturellement tous les animaux qui
calculent, intuitivement mais
en continu, les recettes et les
dépenses en énergie.
La performance se montrera
dans l’innovation parce que
demain ne ressemblera pas à
aujourd’hui. Il ne s’agit pas
d’innover seulement dans les
grandes entreprises. Ils s’agit
de montrer que cela est possible dans les petites structures,
sans rupture, dans les produits
mais aussi dans les procédés,
dans les relations avec les
clients, dans les relations avec
les personnels, dans l’organisation, dans la réduction des
dépenses.
La performance s’affirmera
dans la recherche permanente
de la difficulté et de la prise de
risque. Il ne s’agit pas de jouer
à la roulette russe tous les
jours mais accepter quelquefois des affaires ardues, relever quelques défis de temps à
autre.
La performance se révèlera
dans la quête de la souplesse,
de l’agilité et de la réactivité. Il
faudra appliquer le principe de
subsidiarité pour permettre à
chacun à son niveau de résoudre rapidement les problèmes
qui lui échoient. Il faudra donner un peu plus de pouvoir de
décision aux opérationnels.
Ah, le pouvoir !! Il a beaucoup
de mal à se partager avec
notre culture ancestrale de la
hiérarchie et du chef tout puissant qui sait tout, qui décide de
tout, qui est partout (et comme
l’infini de Pascal qui est nulle
part) mais qui est un empêcheur de tourner rond et surtout vite.
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page33
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page34
S T R A T É G I E
La performance se dissimulera
dans la mise en place de
réseaux pour améliorer la
transversalité, dans l’adoption
de vertus comme valeurs d’entreprises afin que tout un chacun se sente bien dans son
environnement professionnel
et trouve un sens à son travail.
La performance se déploiera à
travers la prise de conscience
que nous travaillons pour les
autres, nos collègues en
interne lesquels feront du mauvais boulot si nous ne les servons pas correctement.
Elle est collective. Cela ne sert
à rien d’être efficace dans son
coin. Ce qu’il faut aujourd'hui
c’est aider les autres à être efficaces.
N
O
U
VE
A
U
Cette liste n’est pas exhaustive
bien entendu et je vous sou-
haite du courage et de l’inventivité pour contribuer à ce rude
combat qui nous attend dans
les années à venir.
Retour vers le futur
Je ne résiste pas, à la fin de ce
petit texte, au désir de partager avec vous un court extrait
d’une nouvelle de Jack LONDON que j’ai découverte au
hasard d’une lecture de
vacances.
C’est l’introduction d’une histoire racontant l’aventure
d’une jeune femme confrontée
à une situation totalement inattendue et totalement dramatique et qui s’en sort parce
qu’elle était habituée aux
changements et aux situations
difficiles.
Le titre du livre (paru en éditions
poche) est : « L’amour de la vie ».
Celui de la nouvelle est : « L’imprévu ».
« L’imprévu.
C’est chose facile que de voir
ce qui saute aux yeux, de faire
ce qui est prévu.
La tendance de la vie individuelle est plutôt statique que
dynamique ; cette tendance
devient propension grâce à la
civilisation où l’on ne voit que
ce qui est évident, où l’imprévu
arrive rarement.
Lorsque l’inattendu arrive
cependant et qu’il amène de
graves conséquences, les faibles succombent.
ornières nouvelles et étranges.
Bref, lorsqu’ils arrivent au bout
de leurs ornières, ils meurent.
D’autre part, il y a des hommes
qui s’arrangent pour survivre,
des individus entraînés qui
échappent à la règle de l’évidence et de ce qui est prévu et
qui ajustent leurs vies à toutes
les règles étranges qu’elles
peuvent rencontrer ou auxquelles elles sont forcées de
s’assujettir. Edith Whittlesey
était de ces individus. »
Cette histoire a été écrite vers
1800. Etonnant d’actualité non ?
Ils ne discernent pas ce qui est
facile à voir, ils ne peuvent pas
agir contre l’inattendu, incapables qu’ils sont d’ajuster leurs
vies bien réglées dans les
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34
Plastilien Novembre 2010 • n°72
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novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page35
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novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page36
S T R A T É G I E
Thierry-Guillaume BARDIN
• Pôle Conseil d’Allizé-Plasturgie •
Innover… avec quelle
compétence ?
Le mot magique est lancé « Innover » … oui mais comment ? Dans une économie
matérielle de plus en plus immatérielle, la valeur de l’idée géniale peut valoir son
pesant d’or… Oui mais comment la mettre en œuvre et la rendre matérielle ? Nous
pouvons disposer du cas exceptionnel où le découvreur saura à lui seul trouver,
concevoir, industrialiser, produire, protéger, marketer, vendre… Cela reste toutefois
atypique…
La complexité du processus
d’innovation mobilise les différentes facettes de l’organisation, le savoir technique, la
capacité à gérer un projet, la
capacité à sortir du cadre de
réflexion habituelle.
cite une chaine de compétences dont l’efficience facilitera la production de l’innovation quelle qu’elle soit.
L’innovation produit : Elle vise
à satisfaire de nouveau besoin
ou des besoins non encore
satisfais. Un nouveau produit
Surtout, il suppose un dépassement de l’ensemble de ces
paramètres dans un processus itératif plus ou moins long.
Dans les étapes d’innovation,
l’agrégation et le niveau compétence feront la différence.
Innover suppose de créer un
nouveau champ du possible,
de dépasser ses connaissances, de dégager de nouveaux savoir-faire. Aussi le
processus innovation dans
ces différentes phases, solli-
36
Plastilien Novembre 2010 • n°72
L’innovation process et dans
les équipements : Ce type d’innovation vise plus de performance industrielle (coût, qualité, délai), financière (marge
et avantage concurrentiel).
Les impacts en terme d’organisation induisent de détecter
(d’anticiper) les évolutions
nécessaires en terme de compétences. En effet l’intégration
de nouveaux équipements,
logiciels, processus aura une
conséquence directe sur les
tâches des collaborateurs, sur
le niveau de rigueur à atteindre. Une approche dite de
GPEC pourra ainsi permettre
de se préparer.
©MaxFx - Fotolia.com
Une étude réalisée par OSEO
en 2006 soulignait que le
second facteur d’échec dans le
processus d’innovation était le
manque de compétence. Il est
un fait que chercher n’est pas
trouver et avoir l’idée est le
début de l’aventure industrielle.
Nous pouvons évoquer 4 types
d’innovation pour lesquels la
compétence joue un rôle primordial :
internes sont elles adaptées à
un nouveau mode de distribution, à une nouvelle relation
clients. En supposant que ce
nouveau produit soit destiné à
l’export. L’anglais est-il maitrisé dans mon entreprise ?
peut permettre de se diversifier. Cela peut signifier une
nouvelle organisation commerciale. Les ressources
L’innovation marketing : Elle
va viser à définir un avantage
concurrentiel afin de mieux se
positionner sur son marché
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page37
S T R A T É G I E
mais aussi de viser de nouvelles cibles. La conception, le
design, le conditionnement, la
valeur et les fonctionnalités du
produit pourront faire l’objet
d’une refonte complète.
moyen. Certaines entreprises
se sont lancées dans des projets innovants sans estimer les
impacts de ce type de processus sur le fonctionnement
habituel de l’entreprise.
Les ressources internes sontelles ouvertes au changement.
Le BE dispose t-il des compétences techniques pour aller
plus loin. Le design est-il une
approche à laquelle nous
sommes sensibilisés. Avonsnous les bons contacts…
Encore une fois, l’agilité des
compétences est un facteur
clés de succès évident pour
réussir.
Les différentes phases du projet n’ont pas fait l’objet d’une
investigation particulière pour
évaluer quelles seraient les
compétences nécessaires pour
faire aboutir chaque étape
dans des conditions optimums.
L’innovation en terme d’organisation : Mon entreprise estelle organisée pour favoriser
l’innovation.
La flexibilité, le partage des
réflexions, la circulation des
idées, l’élévation des compétences sont-ils des leviers de
notre développement. Dans
cet aspect de l’innovation, la
culture et l’organisation de
l’entreprise sont les conditions
d’expression de nouvelles
compétences.
En 2008, dans le cadre d’un
projet, nous analysions le lien
entre compétences et innovation dans les différentes
phases d’un projet innovant.
Nous avons constaté d’une
manière générale un niveau
d’organisation moyen du processus RH dans ses différentes facettes : Politique RH,
Gestions des Emplois, Gestions
des Compétences, Dynamique
Sociale en relation avec une
formalisation minimum de la
stratégie.
Le degré de maturité en terme
de gestion de projet était plutôt
Dans le cadre de cette analyse, les bonnes pratiques
valorisaient l’élévation des
compétences aux bénéfices
d’un projet réussi.
Il est assurément plus aisé
d’anticiper lorsque l’entreprise
s’est dotée d’une démarche de
GPEC en lien avec la stratégie
de l’entreprise.
Les plans d’actions qui ont en
découlé ont permis de gérer
les évolutions métiers, de
recruter, de préparer les changements prévus.
Nous avons donc un processus innovation que l’on peut
proposer de découper en 3
phases (qui vont impliquer des
spécificités) : Avant, Pendant
et Après… la dynamique de
l’innovation va générer une
nouvelle complexité que l’entreprise va devoir anticiper,
intégrer et dépasser pour faire
de l’innovation un levier de
développement.
Avant le projet : il est important
de mesurer plusieurs paramètres tels que la vision stratégique de l’entreprise. Est-elle
claire ? Les compétences
actuelles sont-elles adaptées
pour porter et gérer un projet ?
Ai-je anticipé les aspects juri-
diques ? Ai-je intégré enjeux
techniques, commerciaux ? La
culture de l’entreprise est-elle
naturellement tournée vers
l’innovation ? Ai-je la capacité
à dégager le temps nécessaire
forcement important sans
dégrader le mode de fonctionnement habituel ?...
L’ensemble de ces questions,
peuvent permettre d’anticiper
sur les compétences nécessaires pour vous accompagner
dans l’organisation du projet
sur toutes ces phases.
Pendant le projet dans les
phases de réflexion, les compétences mobilisées, les
méthodes utilisées sont-elles
celles dont j’ai besoin pour
sortir du cadre et faire émerger l’innovation attendue ?
Dans la production des idées
avons-nous l’expertise nécessaire pour prendre en compte
tous les champs du possible… ?
Les connaissances techniques
sont-elles limitées ou avonsnous la capacité de nous dépasser ? Avons-nous créé les conditions pour intégrer de nouveaux
aspects
comme
le
design, l’approche matériaux…?
Avons-nous mis en place la
bonne organisation pour nous
permettre de conduire les changements nécessaires.
Après le projet : les aspects
commerciaux, marketing, juridiques ont-ils été anticipés
pour permettre un accès
rapide au marché et un temps
de retour sur investissement
adapté ?
Dans le cadre d’une rencontre
récente, un dirigeant nous
exposait que pour se doter de
toutes les chances de réussite
avoir créé ce qu’il nommait sa
« zone fertile ».
En amont de son projet, les
enjeux de son projet ont été
anticipés. Il a constitué un
groupe de réflexion composé
de compétences internes et
externes sur des nouveaux
sujets. Le chef de projet a suivi
une formation spécifique en
lien avec les complexités du
processus pour manager l’innovation.
L’exemple de ces questions et
de la zone fertile illustre le
besoin de compétences pour
accompagner une démarche
d’innovation.
Aussi réaliser un diagnostic en
amont peut permettre de dégager le plan d’action en terme
d’accompagnement et/ou de
formation qui viendra renforcer la capacité de l’entreprise
à conduire ses ambitions. Il est
clair que l’entreprise pour
atteindre son projet doit s’imposer de poser son cadre de
réussite en terme d’organisation, de ressources dédiées,
de savoir-faire, d’environnement externe.
La GPEC est comme nous
l’avons évoqué un levier complémentaire pour vous doter
par anticipation du processus
qui permettra de gagner du
temps et d’éviter de vous
engager sur une voie difficile
sans visibilité.
Pour ce faire, des outils spécifiques ont été élaborés par la
branche, pour en savoir plus
vous pouvez nous solliciter.
Contact
Thierry-Guillaume Bardin
[email protected]
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
37
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page38
S T R A T É G I E
Yvon MOUGIN
• Membre du Réseau Expert Allizé-Plasturgie •
Innovons en écoutant
nos collaborateurs,
nos clients et nos
fournisseurs
A propos d’innovation
Aujourd’hui, nous entendons
ou lisons partout que l’innovation est la planche de salut de
notre économie. Comme nos
coûts de main-d’œuvre sont
plus chers que ceux de la plupart des pays émergents, nous
devons apporter un peu plus
de valeur ajoutée qu’eux.
Une de ces valeurs ajoutées
peut être apportée via l’innovation : produire des objets et
des services nouveaux, auxquels personne avant vous
n’avait jamais pensé.
Cela, nous le savons depuis
belle lurette, cependant l’innovation a un peu de mal à pénétrer dans les mentalités communes et surtout dans celle
des PME et des TPE qui pensent que cela ne les concerne
pas. Nous ne parlons pas des
grandes entreprises qui en
France et en Europe n’ont pas
(trop) à rougir de leurs concurrentes internationales.
En revanche, dans les entreprises de taille plus modeste,
38
Plastilien Novembre 2010 • n°72
celles où l’on ne trouve pas de
fonction de recherche et de
développement, ni même de
bureau d’études, on commence à se faire un peu de
mouron.
Il est certain que dans cinq
ans, nous ne vivrons pas
comme aujourd'hui.
Il est certain que les produits
vont évoluer, que les habitudes des consommateurs
vont changer, que le monde
bougera encore et encore.
Il est donc quasiment certain
que les activités des entreprises seront différentes.
A nous de prendre un temps
d’avance, à nous d’anticiper
sur la concurrence.
Aujourd'hui que l’innovation
est revenue à l’avant de la
scène économique, il nous a
semblé que nous la prenons
encore par le mauvais bout.
Ou plutôt que nous ne prenons
pas tout en compte.
Innovation
et créativité
En effet, chaque fois que l’on
cherche des meilleures pratiques pour innover dans les
entreprises, on nous répond
« Créativité ».
C’est bien et il faut commencer par là bien entendu.
Cependant, il semblerait que
la difficulté à innover ne réside
pas dans cette phase primordiale et nécessaire, certes,
mais non suffisante.
Un ingénieur d’une DIRECCTE
(Direction Régionale des
Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation,
du Travail et de l’Emploi) m’expliquait un jour que, sur une
centaine de brevets déposés à
l’INPI (Institut National de la
Propriété Industrielle), une
dizaine seulement faisait l’objet d’une exploitation commerciale. Il y a donc une forte
déperdition entre le nombre
d’idées innovantes déposées
et celles qui rapportent de l’argent en direct.
Ce n’est pas tout.
On peut imaginer que pour dix
brevets déposés, il y a peut
être une centaine d’idées
innovantes qui ont été générées et cela représente
encore un facteur de déperdition de un à dix.
La plupart des idées qui ne
sont pas issues des entreprises elles mêmes ne sont
pas exploitables. Ce n’est pas
qu’elles ne valent rien mais
elles ne prennent pas en
compte les difficultés de production ou d’exploitation ni les
contraintes environnementales ou sociétales.
Une idée innovante est une
idée qui rapporte de l’argent à
son (ou ses) inventeur. Une
belle idée qui reste dans un
tiroir ou dont la mise sur le
marché échoue ou bien ne
rapporte aucun gain ne peut
être considérée comme réellement innovante (intéressante). Inventons un nouveau
terme pour désigner une idée
qui non seulement apporte du
nouveau mais aussi de la
richesse.
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page39
©Uolir - Fotolia.com
S T R A T É G I E
Innover partout,
sans rupture
La méthode doit permettre de
produire des idées certes mais
aussi de produire des idées qui
soit « fabricables » par l’entreprise et qui utilisent ses savoirfaire particuliers.
Il est toujours facile de réunir
quelques collaborateurs pour
faire des séances de brainstorming et de sortir deux cents
idées toutes plus farfelues les
unes que les autres mais
ensuite, on est souvent déçu
parce qu’après analyse des
idées, il n’en reste pas beaucoup qui puissent faire l’objet
de développement sérieux
sans remettre en cause les
structures complètes de l’entreprise. Aussi faut-il essayer
de produire de l’innovation
sans rupture en regard de son
savoir-faire et de son cœur de
métier. Si vous êtes spécialisés dans les pots de yaourt et
que vous pondez une géniale
idée qui vous incite à fabriquer
des chaussures spécialement
conçues pour l’acro-branche
(parcours acrobatiques dans
les arbres), vous serez bien
avancé.
Vous n’avez aucune idée des
techniques de production des
chaussures et investir dans
une telle fabrication met votre
entreprise actuelle en danger.
Sauf exception, ce n’est pas la
bonne façon d’aborder l’innovation. Il faut que celle-ci soit
raisonnablement accessible.
Et puis, l’innovation ne
concerne pas forcément uniquement les produits. Si vous
êtes sous traitant vous pouvez
travailler sur de l’innovation
relative aux procédés de production.
Si vous réussissez à réaliser ce
que les autres ne sont pas
capables de faire (en général
l’innovation réduit les coûts de
production), soit vous vendrez
plus cher, soit vous vendrez au
même prix mais avec des
marges qui se sont multipliées
par un coefficient dont vous
n’aviez même pas rêvé.
Il est possible également d’innover dans les relations avec
les clients ou toutes les autres
parties intéressées. Tout le
monde songe à la vente sur le
net qui est une opportunité
bien entendu mais on peut
imaginer aussi d’autres façons
de vendre ses produits.
Il convient d’accepter l’idée
qu’une innovation bien conçue
ne provoque pas nécessairement une rupture avec les produits et avec l’activité de l’entreprise. Un nouveau produit,
un nouveau procédé, une nouvelle méthode de vente peut
s’intégrer gentiment dans le
métier traditionnel.
Bon d’accord, ce n’est pas
totalement gratuit mais les
investissements consentis
pour une innovation progressive ne mettent pas une entreprise en danger.
Il vaut mieux éviter de jouer à
pile ou face.
Bien entendu, comme tout
changement dans une entreprise, il est plus intéressant d’y
penser quand tout va bien et
que l’on dispose d’un peu d’ar-
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
39
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page40
S T R A T É G I E
gent plutôt que lorsqu’on est
acculé à la dernière, comme
on dit, extrémité et que l’on est
coincé de partout y compris
sur le plan financier.
Il ne faut pas confondre innovation avec invention. Un produit ou un service peuvent
être innovants tout bonnement
parce qu’ils possèdent une
caractéristique en avance sur
les concurrents (un avantage
concurrentiel). C’est pour
cette raison que l’innovation
ne génère pas de rupture dangereuse pour la survie de l’entreprise. La culture de l’innovation est une culture du
progrès permanent.
Il convient donc de proposer
des idées d’innovation qui
entrent dans les savoir-faire
de nos entreprises et qui peuvent entrer sur le marché existant ou sur un marché proche
de celui de l’entreprise. Cela
ne veut pas dire qu’il faille
abandonner toute idée nouvelle révolutionnaire mais
nous sommes certains qu’il
existe tout un tas de pistes
intéressantes à explorer dans
des contrées proches de
celles que l’on pratique tous
les jours.
Innover ensemble
et régulièrement
Innover en écoutant
les collaborateurs
Il faut donc que les entreprises intègrent en leur sein
une réflexion permanente sur
l’innovation. Cela signifie
qu’elles doivent disposer
de structures pérennes d’innovation. De plus, nous pensons que nous devons élaborer une pratique d’innovation
qui concerne tous les personnels (plus on est de fous et
plus on rit).
Les idées innovantes de produits, de service ou d’organisation ne peuvent pas venir de
n’importe où. Il faut qu’elles
soient applicables dans l’entreprise et en conséquence, il
faut éviter les séances de
créativité basées sur le
brainstorming tous azimuts.
La structure pérenne en question ne passe pas forcément
par la création d’un service
R&D. Cela n’est pas toujours
possible financièrement pour
des PME ou TPE.
En revanche, il est possible
par exemple de demander à
un groupe de personnes,
représentants des principales
composantes de l’entreprise
de consacrer une partie de
leur temps à l’innovation,
comme on le fait déjà par
exemple pour les audits
internes ou pour les CODIR.
On confie à ce groupe des
40
idées innovantes, charge à lui
de les travailler et d’en faire
du business pour l’entreprise.
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Les sources de l’innovation doivent être proches de l’entreprise et en conséquence venir
soit des collaborateurs, soit des
clients ou des fournisseurs.
Mettons en œuvre d’abord une
méthode qui associe les collaborateurs à l’innovation afin
qu’ils deviennent des acteurs
et des moteurs dans la
recherche d’innovation et
qu’ils
acceptent
les
contraintes et entreprennent
les changements générés par
cette activité.
Pour cela, exploitons les passions des personnels comme
moteur de la recherche de
nouvelles idées.
En effet, nous sommes tous (la
plupart d’entre nous) des passionnés et nous pratiquons
nombre de hobbies en dehors
de l’entreprise ou de l’organisme dans lequel nous travaillons. Lorsque nous
sommes sortis du boulot, nous
l’évacuons de notre tête et
lorsque nous y sommes, nous
laissons en sommeil nos projets et nos passions.
ces passions par l’entreprise.
Une méthode utilisant cette
approche a été mise au point
par un groupe de travail du
MFQ (Mouvement Français de
la Qualité) de Franche Comté.
Pour Information : contact :
[email protected]
Or un passionné est en quelque
sorte un expert de sa passion.
Le randonneur connait parfaitement le matériel nécessaire
à l’exercice de sa passion et il
sait parfaitement ce qui lui
manque pour qu’il la vive
encore plus passionnément.
Pareil pour le mycologue ou le
pêcheur. Idem pour le motard
ou le généalogiste. Si nous
arrivions à croiser ces passions et les savoir-faire de l’entreprise, peut être serait-il possible de faire émerger des
idées de nouveaux produits ou
de nouveaux procédés tout à
fait réalisables.
Pratiquement toutes les TPE &
PME assurent des démarches
commerciales et visitent leurs
clients pour proposer et expliquer les caractéristiques des
produits qu’elles fabriquent.
Mais qu’elles soient sous-traitants ou en produits propres,
très peu questionnent leurs
interlocuteurs sur leur position
ou leurs contraintes à 2 ou 3 ans.
Outre les passions, nous
avons constaté également que
certains d’entre nous exercent
des activités externes au sein
d’associations diverses. Ce ne
sont pas à proprement parler
des passions mais plutôt des
vocations ou des engagements sociaux ou culturels.
Tel est pompier bénévole dans
sa commune et tel autre est
moniteur de judo ou animateur
de quartier. Là aussi, ces personnes connaissent cet environnement et savent ce qui
manque et qui pourrait être
fabriqué (innovation produit)
ou copié (innovation procédé)
par leur société.
Notre approche se base donc
sur l’expression des passions
et la possible exploitation de
Innover en écoutant
les clients
Par ailleurs, nombreuses sont
les entreprises qui ont mis en
place pour leur démarche
qualité des questionnaires
clients, mais est ce suffisant ?
Lors d’audit de la fonction
commerciale, en dialoguant
avec les dirigeants qui sont en
contact avec les clients ou les
commerciaux, nous constatons que les entretiens ou
questionnaires sont élaborés
sur des faits passés. L’on
évoque les délais, la qualité
intrinsèque des produits ou
services, l’offre de l’entreprise
sur ses savoirs-faire ou son
catalogue.
Si l’écoute de l’entreprise
dans son suivi des commandes est un facteur important pour rester un partenaire
et un fournisseur cela ne permet pas de préparer les nouveaux produits.
Récemment, dans une mission
sur l’innovation permanente,
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page41
S T R A T É G I E
alors que j’échangeais avec le
Directeur commercial de la
société qui fabrique des
machines outils, il exprimait sa
crainte de l’avenir vis-à-vis de
ses concurrents qui sont mondiaux. Il utilisait son expression
préférée : « J’ai un vertige permanent : découvrir que l’un de
nos concurrents mette au point
une nouvelle machine pour
répondre à un besoin client
que nous n’aurions pas su
identifier ».
Ce responsable parle de vertige car il sait que l’entreprise
qu’il codirige aujourd’hui a
connu d’importantes difficultés
en ne proposant pas une
gamme suffisamment innovante et pour éviter que cela
ne se reproduise, il a mis en
œuvre une écoute client orientée « innovation ».
Cela nécessite un peu plus que
les habituels entretiens commerciaux ? Cela demande des
postures nouvelles.
Il faut par exemple, en amont
des rendez vous habituels chez
les clients ou les prospects,
préparer les collaborateurs qui
sont ou seront en contact avec
les clients.
Ceci signifie que l’on exploite
le canal des vendeurs mais
également celui des techniciens.
En effet, lors d’un déplacement
pour un entretien sur un site, le
responsable du SAV détectera
des informations dans les ateliers qu’aucun commercial ne
pourra connaître, par exemple
l’âge des machines pouvant
être renouvelées, les machines
des concurrents qui sont le
plus en panne et pourquoi, les
points d’améliorations souhaités par les opérateurs qui ne
sont pas exprimés par les
acheteurs ou bureaux d’études
parfois éloignés du terrain.
Lorsque nous évoquons une
posture, ceci signifie qu’il n’est
pas naturel pour un technicien
de questionner les clients.
Celui-ci, en général, plutôt
introverti, intervient et rentre le
plus tôt possible à son entreprise. Il faut donc le préparer,
le former puis à formaliser des
entretiens pour que tous les
services de l’entreprise possèdent les informations recueillies et puissent aider à une
évolution technologique, donc
à innover.
Même pour les commerciaux
dont la fonction principale est
de suivre des clients ou des
prospects, il est nécessaire
d’exploiter la phase de découverte avec comme finalité l’innovation et non plus simplement la signature d’une
commande ou l’évaluation
d’une satisfaction.
Pour détecter des besoins non
exprimés, il convient de mener
des entretiens structurants
avec des questions ouvertes,
fermées ou en miroir pour
accéder à des niveaux d’approfondissement qui recèlent
de nombreuses données pour
les produits ou services à proposer ensuite.
Bref, il faut ouvrir et élargir
l’écoute des clients sur des
relations possibles et non plus
seulement sur des relations
existantes.
Innover en écoutant
les fournisseurs
Les fournisseurs ont plus à
proposer que des prix et des
produits ou services, encore
faut-il prendre le temps de les
questionner et les écouter eux
aussi.
Les fournisseurs sont source
d’innovation parce qu’ils participent à des séminaires, sont
adhérents de syndicats professionnels, se déplacent à
l’étranger, font partie de
groupes internationaux, vendent à des secteurs différents.
Souvent, les achats sont éclatés dans les TPE & PME et les
responsables approvisionnent
en négociant au mieux le prix
mais très peu se déplacent
chez leurs fournisseurs car ils
assurent cette fonction en
complément d’un autre métier
et non comme une tâche principale. C’est dommage car les
fournisseurs évoluent dans un
environnement concurrentiel
et ont pour obligation d’être
innovants s’ils veulent pérenniser leur business.
Les entreprises souvent l’oublient et n’exploitent pas les
informations distillées par
leurs interlocuteurs, pis, elles
ne posent guère de questions.
Pour écouter efficacement ses
fournisseurs, il convient ici
encore de travailler en transversalité.
Que le poste « achats » soit
réparti entre plusieurs personnes où assuré par un responsable, tous les collaborateurs doivent posséder un
guide d’écoute.
Qu’est ce qu’un guide d’écoute ?
Il s’agit d’un support élaboré
avec chaque service pour
récolter les informations qui
seront des leviers d’innovation.
Récemment, un responsable
d’entreprise qui achète des
matières plastiques se déplace
sur le salon et rend visite aux
stands de ses fournisseurs et à
ceux qui ont une offre comparable pour élargir son panel.
Il a abordé des questions tarifaires et logistiques, je dirais
qu’il s’est positionné en vision
globale.
S’il avait été accompagné du
responsable de production ou
d’un opérateur, les questions
se seraient orientées sur
l’usage, les contraintes de
transformation, les réductions
de déchets, leur vision aurait
été détaillée et ils auraient certainement
évoqué
des
matières de substitution à mettre en test par exemple comme
je l’ai observé chez l’un de ses
concurrents.
Dans ce cas, le guide aurait
été élaboré avant le salon, en
demandant à chaque responsable de l’entreprise de s’interroger sur ses besoins, ses difficultés et de préparer les
entretiens en cherchant des
réponses à ces problématiques.
Il faut faire de même avec les
responsables qui sont en relation avec les fournisseurs
comme la logistique, le service
après vente, la qualité.
Bref, là aussi, il faut ouvrir et
élargir le dialogue avec des
guides d’entretiens structurés
et orientés « innovation ».
En résumé, on structure, on
oriente la curiosité. Prenons
par exemple un salon professionnel.
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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SAS MONDON
ZI de Courtanne 2
F- 43620 SAINT-PAL-DE-MONS
Tél. : +33 (0)4 71 75 14 50
Fax : +33 (0)4 71 66 18 36
42
Plastilien Octobre 2010 • n°71
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I N N O V A T I O N
Avec 60 % de fibres
de verre, un polyamide
66 supplante le métal
Offrant des propriétés mécaniques, une stabilité dimensionnelle et un fini de surface
inégalés dans des géométries complexes, des polyamides 66 renforcés à 50 ou 60%
de fibres de verre sont maintenant utilisées dans différentes applications structurelles,
telles que des charnières de portes verticales pour des meubles de cuisine haut
de gamme. Explications.
réelle avancée en thermoplastiques techniques destinés à
la réalisation de composants
structuraux à esthétique élevée.Ils ont ainsi mis au point
une gamme de polyamides 66
renforcés à 50 et 60 % de
fibres de verre baptisés Latigloss 66 H2 G50 et 60.
Remplacer le métal est depuis
longtemps le défi des composites renforcés fibres de verre
pour réduire le coût, la complexité et le poids.
Afin de fournir des performances supérieures tout en
offrant de nouvelles opportunités d’un point de vue esthétique, 3B-the fibreglass company et Lati, l’un des plus
importants compoundeurs
européens indépendants spécialisé dans les compounds
thermoplastiques à haute performance, ont associé leurs
expertises pour marquer une
Ces produits offrent non seulement une remarquable performance mécanique en terme
de rigidité du PA66, mais également une excellente mouillabilité qui permet d’atteindre
une dispersion très homogène
à des taux de renfort de fibres
de verre aussi élevés et offre
une interaction fibre / matrice
optimale.
La technologie d’ensimage et
le procédé de 3B, associées
au verre Advantex, ont permis
de transformer un fil coupé en
un produit à forte valeur ajoutée qui contribue à une solution d’ingénierie.
Compound fait sur mesure, le
Latigloss a été utilisée avec
succès pour remplacer le
métal dans différentes applications structurelles, telles
que des charnières de portes
verticales pour des meubles
de cuisine haut de gamme.
Pour relever les défis exigeants qu’imposait ce système
très sophistiqué, Lati a travaillé en étroite collaboration
avec le groupe de design
Effegi Brevetti.
La géométrie de chaque composant a été optimisée et leur
conception pensée en fonction des possibilités et des
avantages offert par le PA renforcé.
Le système de charnière a
ainsi été entièrement reconçu
à partir d’analyse par éléments
finis, conduisant à une amélioration globale de la géométrie
des différentes pièces.
L’influence des paramètres de
transformation sur les pièces
moulées a également été prise
en compte et les résultats ont
été excellents tant d’un point de
vue structurel qu’esthétique.
Remplacer le métal
est un enjeu majeur
« Le remplacement du métal a
été et reste une préoccupation
majeure pour de nombreuses
industries car cela permet de
réduire le poids, les émissions
de CO2 et le coût.
Les composites thermoplastiques renforcés fibres de
verre ont relevé avec succès
le défi de répondre à ces exigences tout en continuant à
repousser les limites de la performance mécanique, de la
durabilité à long terme et de
l’aspect de surface.
L’écart entre les composites et
le métal se réduisant, de plus
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
43
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I N N O V A T I O N
en plus d’industries et d’applications bénéficient des avantages que sont un faible poids,
une flexibilité de design, une
résistance à la corrosion, un
bel aspect de surface et une
coloration aisée.» , déclare
Eric Martin, directeur Produits
Thermoplastiques pour 3B.
« En travaillant avec un partenaire d’un niveau d’expertise
similaire, comme Lati, nous
fournissons à nouveau aux
designers et ingénieurs une
solution d’une flexibilité
accrue et qui leur permet de
réduire le coût des composants. Cette solution est très
attractive pour plusieurs marchés. Elle apporte une perfor-
mance supérieure tout en
minimisant l’impact sur l’environnement.»
Luca Posca, directeur marketing et technique de Lati Industria Termoplastici SpA, basé à
Vedano Olona en Italie, complète : « Notre principal challenge était de garantir des propriétés mécaniques et une
stabilité dimensionnelle,
exceptionnelles avec un fini
de surface inégalé dans des
géométries complexes.
La performance de la solution
de renfort Advantex de 3B
nous a permis de conserver le
PA 66 comme polymère de
base, ce qui est particulière-
ment adapté aux composants
complexes, tout en étant compétitif en prix et d’une transformation aisée.
Latigloss trouvera sans aucun
doute de nombreuses applications dans divers marchés tels
que l’automobile et l’électroménager ».
Source
Techniques de l’ingénieur
Lorsque l’acheminement de vos pièces
est aussi important que leur fabrication
Ventilateurs de
refroidissement
Automatismes
Comptage
Détecteur
de métaux
Goulotte
rotative
Plat, angulaire ou col
de cygne
Modulaire et flexible
S’adapte à vos besoins
Diverses options
O#>#ÆAZ8]VcVnÇ"7#E#(
+.,'%H6>CI7DCC:I9:BJG:
I‚a#/ ((%),-)%-&('";Vm/ ((%),-)%,.,(
:"bV^a/^c[[email protected][Vge^#[g"mmm$\Whf_$Yec
44
Plastilien Novembre 2010 • n°72
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I N N O V A T I O N
Quand la fibre de verre
concurrence la fibre
de carbone
Grâce à la fibre de verre, les réservoirs haute pression destinés aux automobiles
qui utilisent du gaz naturel comme carburant, peuvent bénéficier, à un coût compétitif,
de la légèreté jusqu’à présent réservée aux composites en fibre de carbone.
Ces dernières années, le GNV
(Gaz naturel pour véhicules)
n’a cessé de gagner en popularité et plus de 11 millions de
véhicules roulent aujourd’hui
avec ce carburant plus respectueux de l’environnement.
Actuellement, les réservoirs à
haute pression réalisés en
acier sont extrêmement
lourds.
Certes les composites en
fibres de carbone, plus légers,
peuvent être utilisés comme
alternative, mais leur coût est
prohibitif pour la plupart des
utilisateurs.
Une troisième solution arrive
sur le marché avec le réservoir fabriqué en fibre de verre
hautes performances HiPertex de 3B-Fibreglass que Gastank Sweden AB vient de mettre au point.
Ce produit répond aux exigences strictes de la norme
ECE R110 qui régit l’utilisation
des réservoirs cylindriques de
type IV contenant du gaz natu-
rel sous haute pression destinées aux moteurs automobiles.
Destiné à une utilisation sous
200 bar, il ne pèse que 0 ,56 kg/l
tout en offrant des caractéristiques mécaniques supérieures de 10 à 24% à celles de
des fibres de verre classiques.
Le professeur Kurt Berglund,
président de Gastank Sweden
AB, société basée à Pitea en
Suède, explique : "La fibre de
verre hautes performances
HiPer-tex permet, grâce à l’ensemble des propriétés qu’elle
offre à moindre coût, permet
de combler la demande entre
un acier lourd et les composites à base de fibres de carbone à coût élevé.
La solution que nous avons
développé facilite l’accès aux
réservoirs GNV en composites
légers, synonyme d’économie
d’énergie et de réduction
d’émissions de CO2."
Hugues Jacquemin, présidentdirecteur général de 3B-Fibreglass, ajoute: "Notre technolo-
gie de production de la fibre
HiPer-tex fournit un haut niveau
de performances à des pièces
composites telles que les pales
d’éoliennes, les blindages
balistiques et les cylindres
haute pression, tout en garantissant des gains économiques
importants pour nos clients.
Nous sommes fiers d’être partenaires de Gastank Sweden
AB pour le développement
d’un réservoir GNV, possédant
une très grande durabilité
grâce aux propriétés mécaniques élevées, à la résistance
à la corrosion et à la tenue à la
fatigue de notre fibre."
équipées d’un système de carburant GNV, représentant
jusqu’à quatre réservoirs par
véhicule.
Certains donneurs d’ordres
proposent le GNV en option, et
la conversion de véhicules
existants devrait entraîner une
augmentation de l’utilisation
du GNV de 18 % par an.
Source
Techniques de l’ingénieur
La fibre HiPer-tex est adaptée
aux applications automobiles
mais aussi à d’autres secteurs
de l’industrie, car elle répond
à une forte demande de réduction de poids associée à des
performances élevées, tout en
étant économiquement rentable pour une production de
grande capacité.
Chaque année, près de deux
millions d’automobiles sont
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
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I N N O V A T I O N S
ROQUETTE se lance
dans le plastique
technique
A l’occasion du salon k 2010 (Düsseldorf) le spécialiste de l’amidon présentait
Gaïalene, une gamme de matières plastiques issues du végétal. Elle vise les
applications performantes où elle remplacera les polyoléfines, l’ABS ou les polymères
techniques. De plus, sa mise en œuvre est moins énergivore.
Le groupe Roquette, l'un des
leaders mondiaux de l'amidon
et de ses dérivés, se lance sur
le marché des matières plastiques avec Gaïalene, une
gamme de plastiques végétaux. Celle-ci fait partie des
retombées de GaïaHub, l’un
des programmes majeurs d’innovation du groupe. Celui-ci
manie depuis 2007 le greffage
de polymères naturels pour
produire des résines végétales thermoplastiques.
Elles ne résultent pas d’un
simple mélange ni d’un compoundage, mais bien d’une
véritable hémi-synthèse qui
communique à nos résines
des propriétés inédites ».
D’ailleurs, une douzaine de
brevets protègent les innovations technologiques de
Roquette autour de Gaïalene.
Pour des applications
performantes
« Le procédé de fabrication de
Gaïalene repose sur notre
savoir-faire acquis en 75
années dans la transformation
de l’amidon et la synthèse de
ses dérivés, associé à une collaboration fructueuse avec la
société Setup Performance,
experte en chimie des polymères » , précise Jean-Bernard Leleu, Directeur Général
délégué de Roquette.
Ces nouvelles matières plastiques proposées par Roquette
constituent une alternative
végétale aux matières plastiques ‘‘traditionnelles’’, avec
un très bon compromis
coût/performances.
Les
résines Gaïalene visent des
applications durables utilisant
d’ordinaire des polyoléfines,
de l’ABS ou des polymères
plus techniques.
« Nos résines Gaïalene comprennent plus de 50 % de
matières premières végétales
et sont totalement nouvelles.
En effet, la gamme Gaïalene
se distingue d'autres familles
de plastiques d'origine végétale par des qualités spéci-
fiques comme par exemple la
résistance aux chocs, un toucher soft, une facilité de coloration et de compoundage
(fibres minérales, fibres végétales…). Ces qualités ouvrent
de nouvelles perspectives aux
matières ‘‘végétales’’ dans les
applications traditionnelles
des matières plastiques
comme par exemple dans
l’emballage, l’électroménager,
l’automobile, le mobilier…
Les résines Gaïalene peuvent
être aisément transformées et
mises en forme selon les procédés classiques en usage
dans l’industrie : l’injection ;
l’extrusion gonflage ; l’extrusion soufflage…
Une mise en oeuvre
plus ‘‘verte’’
La gamme Gaïalene s’inscrit
aussi dans une démarche de
progrès par rapport aux
matières plastiques traditionnelles avec une empreinte
carbone inférieure d’au moins
40 %. « Notre matière se trans-
forme comme un thermoplastique, mais à une température
inférieure (environ 170°C), ce
qui la rend moins énergivore
lors de sa transformation.
Gaïalene est également recyclable et conforme à la législation REACH » , précise
Michel Serpelloni, Directeur
du Programme GaïaHub.
Le groupe Roquette, qui dispose d’un centre R&D regroupant plus de 350 chercheurs,
va aider ses clients à utiliser
Gaïalene. « Nos moyens en
R&D permettent aux industriels intéressés de disposer
de notre support et de nos
compétences pour développer
en toute confidentialité, de
nouveaux produits avec cette
nouvelle gamme de résines »,
conclut-il.
Source
Industrie et Techniques
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
47
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T E C H N O L O G I E
Marie-Pierre BEATRIX
• Pôle Européen de la Plasturgie •
Limites et avancées
de la simulation
en plasturgie
Sur des marchés de plus en plus compétitifs, la progression de la demande en termes
de qualité de pièces et de réduction de temps de production, conduit les
transformateurs à avoir de plus en plus recours à la simulation numérique.
dès les premières étapes du
développement. En effet, une
régulation performante passe
par une bonne conception
thermique de la pièce.
Aspects historiques
de la simulation
numérique appliquée
à la plasturgie
Cette forte demande en outils a
permis le développement de
logiciels de plus en plus complexes mais également de plus
en plus adaptés à la profession.
La maîtrise de la qualité des
pièces ainsi que la réduction
des temps de cycle passent
par la maîtrise thermique du
procédé puisque le temps de
refroidissement représente
entre 50% et 70% d’un cycle
d’injection et que la déformation des pièces et la direction
48
Plastilien Novembre 2010 • n°72
des contraintes internes peuvent être reliées directement
au champ de températures
dans la pièce et sur sa surface.
L’enjeu de l’optimisation de la
régulation thermique de l’outillage n’est pas du seul fait de la
conception de l’outillage, il est
également fortement lié à la
conception même de la pièce.
Les résultats les plus intéressants sont obtenus lorsque la
thermique est prise en compte
Historiquement, la simulation
numérique est née dans les
années 50 de l’application de
la Méthode des Eléments Finis
(MEF) au dimensionnement
des structures métalliques.
Si bien que, traditionnellement,
les banques de données implémentées dans les codes de
calcul sont issues de la métallurgie et s’accompagnent des
hypothèses classiques de
continuité, d’homogénéité et
d’isotropie de la matière.
Ces hypothèses, acceptables
pour les métaux, perdent leur
validité dès que l’on raisonne
sur des polymères. En effet, il
suffit de penser à la structure
complexe des macromolécules polymériques et notamment à l’orientation et à la
répartition des fibres de renfort, au comportement viscoélastique, à la tenue au fluage
pour s’apercevoir que le comportement des polymères est
infiniment plus complexe que
celui des métaux et nécessite
donc une analyse plus fine et
aussi plus coûteuse.
A ce jour, l’enjeu majeur concernant l’application de la simulation numérique à la conception
des pièces plastiques réside
donc dans une meilleure
connaissance des propriétés
intrinsèques de la matière.
Les outils
de simulation en
conception
mécanique
- Objet de la Mécanique des
structures : le dimensionnement économique des pièces
En mécanique des structures,
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T E C H N O L O G I E
également appelée mécanique des corps déformables,
on fait appel aux notions
d’équilibre relatives à la mécanique statique, aux notions de
déplacement (relatives à la
cinématique) et aux propriétés
des matériaux.
L’analyse des structures a donc
pour but d’assurer l’utilisation,
pour une pièce donnée, d’une
quantité minimale de matière,
tout en satisfaisant aux exigences du cahier des charges.
Un choix judicieux de matériaux et un dimensionnement
adéquat assurent généralement le respect de chacune
de ces exigences.
Pour ce faire, le PEP dispose
de la gamme de produits
SOLIDWORKS SIMULATION
principalement dédiée aux
calculs de transferts thermiques et de dynamique des
fluides ainsi que du code de
calcul Ansys. La société
ANSYS, Inc. éditrice du logiciel, détient (données 2007) la
plus grande part de marché
dans le domaine de la distribution de logiciels de simulation
et de calcul par éléments finis.
C’est un code universel utilisé
dans tous les grands programmes scientifiques.
- Simulation rhéologique
La rhéologie 3D sur Moldflow
est un outil complémentaire à la
simulation 2D. Les pièces massives, à faible parcours de coulée, ont une géométrie qui n’est
pas adaptée au code de calcul
des modèles 2D ou 2D1/2, car
les lois simplifiées utilisées ne
sont plus en adéquation avec la
réalité. Dans ce cas la rhéologie
3D ouvre d’autres portes d’autant plus que l’évolution des
moyens de calcul n’est plus un
obstacle à la réalisation des cal-
culs exigeants en ressources. Il
en va de même pour les pièces
de taille moyenne mais de
formes complexes où le 3D permet d’éviter des simplifications
de forme préjudiciables aux
résultats des calculs. Le rhéologue doit choisir, en fonction de
la pièce à étudier et le degré de
précision souhaité, le modèle
permettant d’atteindre au mieux
les objectifs de délai, de précision des résultats et de coût.
La rhéologie 3D nous permet
aujourd’hui de répondre favorablement à des problématiques de plus en plus poussées. Le raccourcissement
des temps de développement
et de mise au point d’une pièce
injectée, la pression des donneurs d’ordre sur les investissements, sont des réalités qui
poussent les industriels à utiliser l’outil numérique pour prédire et anticiper le comportement de la pièce moulée.
Simulation et
Conformal Cooling :
vers la maîtrise de la
thermique outillage
Du point de vue de l’outillage, le
positionnement du système de
régulation est très souvent relégué dans les dernières étapes
de conception d’un outillage. La
mise en place du circuit se fait
généralement de façon empirique, les canaux sont disposés
là où il reste de la place, privilégiant ainsi les aspects mécaniques et rhéologiques au détriment de la performance
thermique et de l’équilibrage
hydraulique du circuit. De plus,
le mode de fabrication actuel
des circuits limite la géométrie à
des combinaisons de canaux
droits et rend difficile le refroidissement de certaines zones
du moules. L’apparition de nou-
veaux procédés de fabrication,
comme les procédés de mise en
forme par addition de matière, a
changé la donne. En effet ces
nouveaux modes d’élaboration
des outillages d’injection laissent une grande liberté de
conception et, par conséquent,
offre la possibilité d’une meilleure maîtrise de la thermique
outillage.
Les alternatives de conception
qu’autorisent ces procédés
sont larges en termes de forme
et de positionnement des
canaux. La simulation et l’optimisation numérique permettent
alors de guider le concepteur
vers un choix de régulation efficace et pertinent.
Les premières études menées
ont montré :
• une réduction du temps de
refroidissement de 10 à 40 %,
notamment en régulant des
parties de moule qui ne sont
pas accessibles avec des circuits conventionnels;
• une amélioration de l’homogénéité des températures en
surface de la pièce et ainsi
une réduction des défauts
d’aspect et des déformations;
• une diminution de l’inertie
thermique du procédé et un
meilleur contrôle sur le réglage.
Vers l’intégration
et le couplage des
outils de conception
numérique du marché
Dans le cadre de ses activités
de recherche dans le domaine
de la conception et de la simulation numérique, le Pôle Européen de Plasturgie s'est doté
de l'outil modeFRONTIER. Edité
par la société Esteco.
ModeFRONTIER est une plateforme dédiée à la conception
numérique de solution inno-
vante. La force de cet outil
réside dans l'art d'intégrer et
de coupler la majorité des outils
de conception numérique du
marché (dans des domaines
aussi variés que la mécanique,
la fluidique, la thermique, etc.)
à un moteur d'optimisation multiobjectifs puissant.
L'outil modeFRONTIER permet
à ses utilisateurs de mettre en
œuvre simplement des problèmes de conception multidisciplinaires complexes
grâce à une interface conviviale et intuitive.
Perspectives
A terme (dans les dix ou vingt
prochaines années), les logiciels d’analyse numérique
seront sans doute capables de
simuler le cycle de vie complet d’une pièce plastique, de
sa phase de mise en forme
(aspect rhéologique) à sa
tenue mécanique dans un
environnement fonctionnel
(sollicitations mécaniques,
conditions thermiques,..).
Plus simplement, les calculs
mécaniques pourront intégrer
l’histoire rhéologique de la pièce
et s’appuyer sur un matériau
« vrai » et non plus idéalisé
comme c’est encore le cas
aujourd’hui. Cet effort scientifique et technique devra s’accompagner du savoir faire de
tous les acteurs de la plasturgie
et aussi des progrès, toujours
croissants, de la puissance de
calcul informatique.
Contact PEP
[email protected]
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
49
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page50
E N V I R O N N E M E N T
Nathalie GONNET
• Allizé-Plasturgie •
Les fluides frigorigènes
Les fluides frigorigènes sont des substances ou des mélanges de substances utilisés
dans les circuits de systèmes frigorifiques
©Beboy- Fotolia.com
réal puis le protocole de Kyoto
10 ans plus tard. Cet accord
international vise à réduire, et à
terme éliminer complètement
les substances qui appauvrissent la couche d’ozone.
Qu’est qu’un fluide
frigorigène ?
Les fluides frigorigènes ont la
propriété d’absorber de la
chaleur lorsqu’il passe de la
phase liquide à la phase
gazeuse et peuvent la transférer au sein des circuits frigorifiques des équipements.
Les principaux fluides frigorigènes sont regroupés en 4
familles : (voir encart pour
connaître la catégorie de
fluides selon la désignation
commerciale).
• Les substances inorganiques pures : telles que l’ammoniac et le dioxyde de carbone.
50
Plastilien Novembre 2010 • n°72
• Les hydrocarbures : butane,
propylène.
• Les hydrocarbures halogénés.
- Les CFC : Chlorofluorocarbures, tels que les R115, R12,
R11 très dangereux pour la
couche d’ozone, ils sont interdits depuis janvier 2000.
- Les HCFC : Hydro Chlorofluorocarbures ex : le R22. les
HCFC sont interdits de mise
sur le marché depuis le 01 janvier 2010 et au 01 janvier 2015,
les HCFC recyclés pour la
maintenance et les entretiens
d’équipements réfrigérants
seront également interdits au
01 janvier 2015.
- Les HFC : Hydrofluorocarbures : utilisés actuellement
dans les installations neuves
(purs ou sous forme de
mélange).
• Les autres fluides comme les
alcools (méthanol, éthanol).
Pourquoi appliquer
une réglementation
aux fluides
frigorigènes ?
Ces composés présentent des
risques très importants pour la
couche d’ozone et contribuent
à l’effet de serre. Ils ont de
plus des durées de vie assez
importantes quand ils sont
rejetés dans l’atmosphère.
C’est pourquoi depuis le 16 septembre 1987, 24 pays et la CEE
ont signé le Protocole de Mont-
Le protocole de Montréal
invite les intéressés à prendre
les mesures nécessaires pour
réduire l’émission de fluides
frigorigènes dans l’atmosphère selon 3 objectifs principaux :
- d’améliorer l’étanchéité des
circuits frigorifiques;
- de lutter contre les purges et
les rejets dans l’atmosphère;
- de récupérer systématiquement les fluides frigorigènes.
Quels sont les textes applicables à ce jour aux fluides frigorigènes ?
Les principaux textes réglementaires applicables aux gaz
frigorigènes utilisés dans les
appareils de climatisation /
réfrigération sont :
- Le règlement européen
n° 2037/2000 du 29 juin 2000 ;
- Le règlement européen
n° 842/2006 du 16 mai 2006 ;
- Articles R543-75 à R543-100
et R543-122 et R543-123 (Ex
décret du 07/05/2007).
Quelles sont les principales
prescriptions ?
Les entreprises possédant des
groupes froids ont l’obligation
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page51
E N V I R O N N E M E N T
de faire contrôler l’étanchéité
des équipements frigorifiques
et climatiques par une entreprise employant des contrôleurs titulaires d’une attestation de capacité.
Cette attestation est nominative,
valable pour un opérateur, réalisant la mise en service, l’entretien, la réparation, le contrôle
d’étanchéité, le démantèlement,
et effectuant la récupération de
la charge du fluide.
fuite : les points de l’équipement où la fuite a été détectée.
- Le constat de fuite : Il est établi à chaque fuite de fluide,
l’entreprise doit prendre toutes
les mesures nécessaires afin
de remédier à la fuite.
« 1 g de R-22 rejeté dans l’atmosphère équivaut à l’émission de 1 700 g de CO2 (source
ADEME) ce qui correspond à
une voiture qui effectue un trajet d’environ 15 à 20 Kms. »
Un contrôle obligatoire
Contrôle initial
Contrôle périodique
O
PÉRI
Quelle que soit la charge
Charge>2Kg
Charge>30Kg
Charge>300Kg
É
DICIT
L
SEUI
A la mise en service
Annuel
Semestriel
(annuel si contrôleur d’ambiance)
Trimestriel
( semestriel si contrôleur d’ambiance)
Contrôle ponctuel
Quelle que soit la charge A chaque modification du circuit
Les documents administratifs
- La fiche d’intervention : dès la
manipulation de fluides, une
fiche doit être établie et
conservée 5 ans.
Au vu de cette donnée, nous
constatons que les fluides frigorigènes émis en très petites
quantités participent fortement
à l’effet de serre.
Pour les installations d’une
charge > à 3 Kg, l’industriel doit
tenir un registre par équipement et conserver également
les fiches.
Il tient donc à chaque industriel de se conformer à la réglementation pour en limiter les
effets et participer à la protection de la planète.
Doivent être inscrits : les coordonnées de l’opérateur, son
numéro d’attestation, date et
nature de l’intervention, la
nature, quantité et destination
du fluide récupéré.
Description des principaux
fluides frigorigènes utilisés
dans les systèmes de production de froid (Tableau issu de
l’aide mémoire juridique de
l’INRS « ED 969 »).
La quantité de fluide éventuellement réintroduite et lors d’une
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
51
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page52
S O C I A L
Chantal BEDARRIDE
• Allizé-Plasturgie •
Réforme des retraites
impacts sur la Médecine
du travail
Après une présentation générale du projet de réforme des retraites dans le Plastilien
d’octobre 2010, nous vous proposons un nouvel éclairage de ce projet.
©Japolia - Fotolia.com
Des mesures concernant la
médecine du travail sont introduites dans le projet de loi sur
la réforme des retraites.
Dès le printemps 2010, le ministre du travail avait envisagé un
lien entre le texte sur la médecine du travail et la réforme
des retraites au regard de la
pénibilité des parcours professionnels et des facteurs d’exposition aux risques. Un amen-
52
Plastilien Novembre 2010 • n°72
dement à la réforme des
retraites a été proposé par le
gouvernement le 8 septembre.
Celui-ci redéfinit le rôle du
Médecin du travail du fait des
missions qui lui seront confiées.
Ce texte associe au Médecin du
Travail de nouveaux acteurs de
la santé au travail.
Il laisse en l’état subsister
quelques interrogations.
La pénibilité du parcours professionnel
pénibilité qui se traduit par
l’instauration de deux articles
au code du travail, concernant
le carnet de santé et les conditions de pénibilité.
Le projet de loi comporte un
titre dédié à la pénibilité avec
deux séries de propositions
portant sur les conditions de
départ anticipé et le renforcement de la prévention des
situations de pénibilité.
Instauration
d’un carnet de santé
Concernant le second point
l’option prise est une
approche individuelle de la
L’article L 4624-2 du code du
travail, issu du projet de loi,
prévoit notamment qu’ « un
carnet de santé au travail,
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page53
S O C I A L
constitué par le médecin du
travail, retrace dans le respect
du secret médical les informations relatives à l’état de santé
du travailleur, aux expositions
auxquelles il a été soumis,
ainsi que les avis et propositions du médecin du travail ».
En cas de risque pour la santé
publique ou à sa demande, le
médecin du travail le transmet
au médecin inspecteur du travail. Ce carnet peut être communiqué à un autre médecin
du travail dans la continuité de
la prise en charge, sauf refus
du travailleur.
Création d’une fiche
individuelle sur les
conditions
de pénibilité
Concernant les obligations de
l’employeur et dans la suite
logique du document d’évaluation des risques professionnels un nouvel article L 4121-31 est ajouté au code du travail.
« Pour chaque travailleur
exposé à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels
déterminés par décret et liés à
des contraintes physiques
marquées, à un environnement
physique agressif ou à certains
rythmes de travail susceptibles
de laisser des traces durables
identifiables et irréversibles
sur sa santé, l’employeur
consigne dans une fiche, les
conditions de pénibilité auxquelles le travailleur est
exposé et la période au cours
de laquelle cette exposition est
survenue ».
Cette fiche individuelle est
communiquée au service de
santé au travail.
Elle complète le carnet de
santé de chaque travailleur. Le
modèle de cette fiche sera fixé
par arrêté.
Pluridisciplinarité
dans les services
de santé au travail :
une mise en œuvre
délicate ?
Les articles L 4622-2 et L 4622-4
du code du travail actuel sont
abrogés par le projet de loi.
L’article L 4622-2 prévoyait que
« les services de santé au travail sont assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le
nom de médecins du travail ».
L’article L 4622-4 du code du
travail indiquait que « les services de santé au travail font
appel soit aux compétences
des CRAM (…) soit à des personnes ou organismes (…).
Cet appel aux compétences
est réalisé dans des conditions
garantissant les règles d’indépendance des professions
médicales et l’indépendance
des personnes ou organismes
associés ».
Le nouvel article L 4622-1-2 du
code du travail, prévoit un
transfert des missions du
médecin du travail auprès du
directeur du service de santé
au travail au sein duquel les
médecins du travail travaillent
« en lien avec les employeurs
et les salariés désignés pour
s’occuper des activités de protection et de prévention des
risques professionnels ou les
intervenants en prévention des
risques professionnels».
D’autres dispositions du projet
de loi tendent également à
redéfinir le rôle du médecin du
travail.
L’article L 4622-7-2 du code du
travail, introduit par le projet
de loi prévoit que « les missions des services de santé au
travail sont assurées par une
équipe pluridisciplinaire de
santé au travail composée au
moins de médecins du travail,
d’intervenants en prévention
des risques professionnels,
d’infirmiers et, le cas échéant,
d’assistants des services de
santé au travail ».
La pluridisciplinarité est une
exigence communautaire de la
directive-cadre du 12 juin 1989.
Comment la mettre en œuvre
au regard des nouveaux intervenants en matière de santé
au travail ?
Un transfert
de tâches vers
le corps infirmier
Le nouvel article précité
implique le transfert d’une partie des tâches actuellement
dévolues aux médecins du travail vers le corps infirmier.
Ceci s’avère problématique
puisque au regard du code de
santé publique, les infirmiers
et infirmières ne sont pas habilités à poser un diagnostic.
Par ailleurs ces personnels,
contrairement aux médecins
du travail, n’ont ni protection
légale, ni indépendance statutaire par rapport à l’employeur.
La désignation
de salariés pour
s'occuper de la
prévention
ployeur désigne un ou plusieurs
salariés compétents pour s’occuper des activités de protection
et de prévention des risques professionnels de l’entreprise ».
Cette mesure interroge sur la
place de la santé au travail et,
en particulier, sur l’indépendance de ses acteurs, au
moment même où les risques
psychosociaux, les TMS et,
plus généralement, les maladies professionnelles sont au
cœur des préoccupations?
L’enjeu de la santé au travail
est au cœur de la réforme des
retraites. Les nouveaux
acteurs devront œuvrer
ensemble pour répondre à cet
enjeu, et ainsi permettre l’exercice d’une activité professionnelle jusqu’au nouvel âge légal
de départ en retraite.
A défaut il est à craindre une
recrudescence de déclarations d’invalidité ou d’inaptitude, permettant ainsi aux
salariés un départ anticipé,
mais faisant peser sur la collectivité et les entreprises une
charge importante, voir difficilement supportable pour ces
dernières.
La plupart des mesures contenues dans cet amendement
ont été adoptées dans le projet
de loi sur la réforme des
retraites par l’Assemblée
nationale, en première lecture,
le 15 septembre. Le texte est
examiné par le Sénat depuis le
5 octobre.
A suivre ...
Pour répondre à cette exigence
de pluridisciplinarité, un article L
4644-1 est créé, dans le code du
travail, par le projet de loi qui
prévoit notamment que « l’em-
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
53
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page54
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page55
P L A S T I F A F
I N F O S
Plastifaf infos
Subventions du Fonds Paritaire de Sécurisation
des Parcours Professionnels (FPSPP)
Renouvelant son positionnement déjà
effectif en 2009, PLASTIFAF a été récemment retenu dans le cadre des appels à
projets 2010/2011 du Fonds Paritaire de
Sécurisation des Parcours Professionnels
(FPSPP), permettant ainsi l’accompagnement des entreprises et la formation des
salariés, sur deux axes de financements :
• Périodes de Professionnalisation qualifiantes ou permettant l’acquisition d’un
CQP de la Plasturgie pour les salariés en
CDI.
• Formation des salariés appartenant à
une entreprise ayant eu une autorisation
de chômage partiel dans les 12 mois qui
précédent le début de l’action.
Attention : la date limite pour adresser
vos dossiers à PLASTIFAF (votre antenne
régionale) est le 10 décembre 2010.
La période de réalisation des actions
quant à elle se situera obligatoirement :
Pour connaître tous les détails de ces
dispositifs, nous vous invitons à prendre
rapidement contact avec votre antenne
régionale, ou à consulter notre rubrique
«actualités» sur le site :
www.plastifaf.com.
- pour les formations "chômage partiel"
entre le 1er juin 2010 et le 30 juin 2011;
- pour les périodes de professionnalisation entre le 1er juin 2010 et le 31 décembre 2011.
Prochainement à Lyon et Oyonnax :
Point et échanges sur deux thèmes d'actualité
PLASTIFAF et ALLIZE-PLASTURGIE RHONEALPES convient leurs adhérents le 24
novembre à Lyon et le 25 novembre à Oyonnax, autour de deux thèmes d'actualité:
1er sujet :
Le DIF et sa portabilité
La loi du 24 novembre 2009 dans son
article 6, a précisé le cadre juridique de la
portabilité du droit individuel à la formation.
En effet, dorénavant, ce droit peut être
exercé par les salariés dans trois situations : dans le cadre d'un licenciement
pendant le préavis, en qualité de demandeur d'emploi inscrit à Pôle Emploi, ou
dans le cadre d'une embauche chez un
nouvel employeur.
 Comment s'exerce ce droit ? Quelles
sont les obligations des employeurs qui en
découlent ? Qui finance ?
Des réflexions et réponses seront
apportées par le service juridique d'AllizéPlasturgie et par PLASTIFAF, en particulier
à partir d'exemples concrets.
2ème sujet :
La transmission des savoir-faire
et le tutorat
Notamment en lien avec le plan d'action
Séniors, les entreprises ont retenu les
transferts de savoir faire et le tutorat
comme action. Ces deux thématiques sont
développées et mises en œuvre depuis
déjà plusieurs années dans les entre-
prises de la plasturgie, et il nous semble
intéressant de revenir sur ces démarches ,
afin de donner des "clés" pour agir, des
retours d'expériences, et échanger.
Nous ferons intervenir à cette occasion
des experts du tutorat, ARAVIS et une
entreprise témoignera d'une expérience
significative.
Pour tous renseignements
contacter PLASTIFAF au :
• 04 72 68 28 29 (Lyon)
• 04 74 12 19 35 (Oyonnax)
• Allizé-Plasturgie Rhône-Alpes :
Magali LACOSTE au 04 72 68 28 28.
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
55
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page56
R E P O R T A G E
Le groupe Courbis
devient Thermoformeur
Après une année 2009 en demi-teinte, le groupe COURBIS renoue avec la
croissance et poursuit sa politique d’extension sur les marchés innovants
par la croissance externe, et poursuit sa politique d’implantation à l’étranger, en particulier au Brésil et aux USA.
Le groupe Courbis
intègre la technologie
du thermoformage
Le Groupe COURBIS vient de
faire l’acquisition de la société
TRANSFORMERS (Ex BERTUCAT).
Dans les années 2000, TRANSFORMERS (80 personnes, 8M€
de CA), était l’un des acteurs
majeurs du thermoformage en
France, fournisseur de grands
donneurs d’ordres.
Depuis 2007, cette société a
connu des difficultés ramenant l’effectif à une trentaine
de personnes pour un CA de
3M€; elle a été liquidée en
Septembre 2010 sans interruption d’activité.
56
Plastilien Novembre 2010 • n°72
A la barre du Tribunal de
Bourg-en-Bresse, le Groupe
COURBIS a donc repris cette
activité pour compléter son
offre technique. Le Groupe est
maintenant capable de proposer à ses 3000 clients, des produits thermoformés via la nouvelle
entité
COURBIS
THERMOFORMAGE, située à
MIRIBEL près de LYON.
Les ingénieurs et l’équipe
commerciale connaissent
cette technologie qui s’insère
parfaitement dans leurs compétences et sur les marchés
de prédilection du Groupe.
- la Thermo Pression (unique
en France) qui permet de donner à des pièces thermoformées un aspect injecté avec
des angles vifs et des détails
précis.
- le Thermoformage TWINSHEET qui permet de faire, en
une seule opération, des
pièces en corps creux. Cette
technologie permettant d’obtenir des pièces particulièrement rigides, précises et
légères, est particulièrement
appropriée pour des pièces
d’aspect sur les 2 faces, des
réservoirs, etc.
Ces Process particuliers permettent au Groupe d’apporter
de nouvelles solutions à ses
clients, de renforcer sa présence commerciale auprès
des grands donneurs d’ordres
et de développer de nouveaux
marchés en plein expansion.
Contacts
• Hervé COURBIS
Président & D.G
Tél. : 33 (0) 475 700 391
• Christophe COMBALUZIER
Direction Commerciale
Tél. : 33 (0) 475 700 391
Le nouveau périmètre du Groupe COURBIS en chiffres
- 10 pôles d’excellence (8 technologies dont le Thermoformage)
- N° 1 Français de la transformation des polyuréthanes
- N° 1 Français de la transformation du PDCPD (procédé RIM)
- 270 personnes.
- CA 2010 : 37 M€ (dont 20 % à l’Export)
- Présence mondiale : unités de production en France, Slovaquie et Chine.
- Répartition du CA par secteur utilisateur : 29% = Véhicule Industriel
15% = Automobile
14% = Offshore / Pétrole & Gaz
11% = Aérospatial et Militaire
10% = Energie
21% = Divers
Au-delà du thermoformage
classique, le site de Miribel
développe 2 savoir-faire qui
sont remarquables :
- Locaux industriels : 40 000 m² de bâtiments sur 70 000 m²
- Nombre de clients : 3 000
- Site Internet : www.groupe-courbis.com
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n°72 • Novembre 2010 Plastilien
57
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page58
E C O N O M I E
Sylvie DOMENECH
• Fédération de la Plasturgie •
Plasturgie tendance
Evolution de la production mensuelle
( à un an d’intervalle )
Source : Fédération de la Plasturgie - selon INSEE à partir de données brutes en volume
Poursuite
du redressement
de l’activité dans
la plasturgie
Comparée à 2009, la production de l’industrie de la plasturgie était en hausse de 5,5 %
en juillet, soit une augmentation de 8 % sur les 7 premiers
mois de 2010 à un an d’intervalle. En 2009, sur la même
période, la production était en
baisse de près de 17 %.
Sur le secteur des pièces
techniques, la bonne tenue de
la construction automobile a
permis de maintenir l’orienta-
58
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Par marché, les principales évolutions
en volume sont les suivantes
tion positive de la production
en juillet.
Sur l’ensemble des 7 premiers
mois de l’année, ce secteur a
accru sa production de 21,5 %
(contre ‐25 % en 2009).
Néanmoins, les anticipations
toujours moroses du secteur
de l’automobile pour la fin de
l’année, pourraient entraîner
un ralentissement de la croissance sur le dernier trimestre
2010. Les entreprises de ce
marché déplorent une visibilité toujours très réduite quant
à leurs perspectives d’activité.
Juillet 2010 Juillet 2010 7 mois 2010 7 mois 2010
juin 2010 juin 2010 7 mois 2009 7 mois 2008
Plaques, feuilles, tubes
et profilés
-8%
-5,3%
+4,7%
-8%
Emballage
-2,1%
+2,1%
+5,8%
-6%
Construction
+2,2%
+6,6%
-3,9%
-18%
Biens de conso.
et produits divers
-9,6%
+11,7%
-3,1%
-15%
Pièces techniques
-8,9%
+11,1%
+21,5%
-9%
-5%
+5,5%
+8%
-10%
TOTAL PLASTURGIE
Source : Fédération de la Plasturgie - selon l’INSEE à partir de données brutes en
volume
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page59
L’alliance des compétences
E C O N O M I E
Evolution des défaillances d’entreprises
( en nbre )
Source : Fédération de la Plasturgie - selon l’Observatoire de la Plasturgie
Nous vous appor tons :
t
t
t
notre savoir-faire,
le meilleur choix,
le service le plus complet du
marché...
Toutefois, celle‐ci ne permet pas encore de retrouver le niveau
moyen de production relevé sur les 7 premiers mois de 2008 avant
la crise (‐6 % sur les 7 mois 2010 / 7 mois de 2008).
Pour la première fois depuis le mois de septembre 2009, le secteur des éléments pour le bâtiment a enregistré une progression
marquée de son activité en juillet 2010 (+ 6,6 % à un an d’intervalle). Compte tenu d’un début d’année particulièrement difficile,
l’évolution de la production sur 7 mois demeure néanmoins négative à ‐4% par rapport à 2009.
Ce recul fait suite à une baisse de la production en 2009 et 2008
(respectivement ‐14 % et ‐3 % sur les 7 premiers mois à un an d’intervalle).
Evolution de l’indice des prix à la consommation en août
(source Insee)
• En données brutes :
+ 0,2 % à un mois et + 1,4 % à un an.
• En données CVS (Corrigées des Variations Saisonnières) :
+ 0% à un mois et +1,4% à un an.
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L’alliance des compétences
Avec un taux de croissance de près de 6 % sur 7 mois à un an en
volume, l’emballage connaît également une évolution favorable.
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page60
E C O N O M I E
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Plastilien Novembre 2010 • n°72
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novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page61
LA PLASTURGIE
Créateurs du futur
Mercuriales prix matières
Source : Fédération de la Plasturgie selon ICISLOR
Évolution des cours du PEBD
(indice base 100 décembre 2003)
Évolution des cours du PEHD
(indice base 100 décembre 2003)
210
180
168
170
159
160
157
154
160
149
154
150
164
168
164
167
171
171
170
167
170
169
169
164
155
149
165
190
173
167
161
170
147
147
140
168
158
151
150
146
130
130
120
140
156
162
144
146
133
134
nov.09
déc.09
179
168
189
184
188
182
173
178
178
175
176
174
156
110
110
90
sept.09
100
sept.09
oct.09
nov.09
déc.- janv.- févr.- mars- avr.09
10
10
10
10
mai10
juin10
PEHD Inj
juil.10
août- sept.10
10
200
192
188
192
181
180
167
150
142
140
143
140
135
140
148
154
183
179
173
160
134
nov.09
déc.09
févr.- mars10
10
avr.- mai-10 juin-10 juil.-10 août- sept.10
10
10
183
PEBDL
Évolution des cours du Polystyrène
(indice base 100 décembre 2003)
187
185
200
180
179
178
160
160
183
178
180
172
167
163
177
172
160
142
134
janv.10
PEBD
PEHD-S
Évolution des cours du Polypropylène
(indice base 100 décembre 2003)
160
oct.09
140
140
120
100
136
135
oct.09
nov.09
138
120
sept.- oct.-09
09
janv.10
févr.10
mars- avr.-10 mai-10 juin-10 juil.-10
10
août10
sept.10
100
PP homopolymère
PP copolymère
sept.09
déc.- janv.- févr.- mars09
10
10
10
avr.- mai-10 juin-10 juil.-10 août- sept.10
10
10
Évolution des cours du Polycarbonate
(indice trimestriel base 100 4ème trimestre 2003)
Évolution des cours du PVC
(indice base 100 décembre 2003)
160
125
150
146
144
140
139
137
135
131
130
128
135
136
147
149
124
123
121
140
119
117
130
115
115
113
111
120
112
112
109
110
107
108
108
108
105
1er trim 2009
100
sept.09
oct.09
nov.09
déc.- janv.- févr.- mars09
10
10
10
avr.10
mai10
juin10
4e trim. 2009
1er trim 2010
2e trim. 2010
3e trim. 2010
167
167
Évolution des cours du PA 6.6
(indice base 100 janvier 2004)
125
180
118
120
113
115
110
107
104
105
95
95
90
3e trim. 2009
juil.-10 août- sept.10
10
Évolution des cours du PA 6
(indice base 100 janvier 2004)
100
2e trim. 2009
92
95
95
95
91
91
101
112
117
117
116
116
116
116
170
160
116
115
115
104
151
145
150
151
151
151
151
115
115
115
162
162
123
123
162
167
140
104
130
101
126
120
110
115
115
123
127
127
127
110
91
100
85
96
90
80
sept- oct-09 nov09
09
déc09
janv10
févr10
mars- avr-10 mai-10 juin-10 juil-10 août10
10
sept10
sept-09 oct-09 nov-09 déc-09 janv-10 févr-10
PA 66 30 %
PA 6 chargé 30% fibres de verre
mars10
avr-10 mai-10
juin-10
juil-10
août-10 sept-10
PA 66 non chargé
PA 6 non chargé
n°72 • Novembre 2010 Plastilien
61
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page62
A G E N D A
Les journées de l’innovation 2011 :
les progrès des matériaux polymères et des procédés de la plasturgie
Les journées de l’innovation 2011 ont pour objectif de montrer les progrès des matériaux polymères et des procédés sous l’angle de la
mesure, illustrés par des applications industrielles.
Ces progrès répondent aux impératifs croissants de qualité, aux nouvelles réglementations, aux attentes des utilisateurs pour plus de performances, plus d’esthétique et moins d’impact sur l’environnement pour des coûts maîtrisés.
Les Journées de l’Innovation 2011 présentent des méthodes de mesure, nouvelles ou évolutives, comme la tomographie, la mesure des
effets visuels ou tactiles des surfaces, la conduite des procédés par des mesures dans le moule, l’interaction contenu et contenant pour des
emballages, le comportement au feu, l’identification des polluants, l’estimation des durées de vie des produits etc., comme autant de
réponses à l’évaluation des nouvelles performances des produits plastiques ou la surveillance et l’optimisation des procédés.
• L’analyse et le contrôle des matières plastiques
pour l’évaluation des nouvelles propriétés
8 février 2011, Lyon
• Les procédés de plasturgie : optimiser, surveiller, piloter
les process
27 septembre 2011, Oyonnax
• L’impact des produits plastiques sur l’environnement
et la santé : évaluer, comparer, améliorer
29 mars 2011, Paris
• Les produits plastiques en usage : anticiper les défaillances,
le vieillissement, la durabilité
20 octobre 2011, Lyon
• Le contrôle de la pièce finie : géométrie, précision, aspect,
coût, …
23 juin 2011, Dijon
• Comment caractériser les propriétés nécessaires aux calculs
de simulation en plasturgie
29 novembre 2011, Dijon
L’agenda mondial des salons professionnels est en ligne sur : www .eventseye.com/salons.html
Journée TEXTILE & PLASTURGIE
02 DECEMBRE 2010 – LYON
OBJECTIF
La journée du 2 décembre propose de faire rencontrer les professions du Textile Technique et ceux de la Plasturgie pour se
connaître, échanger, parler de ses particularités et de ses
complémentarités, envisager des développements en commun
dans un futur proche et innover ensemble.
Cette journée s'adresse aux personnes des services marketing, commercial, scientifique, technique des entreprises du
Textile Technique et de la Plasturgie.
DEROULEMENT
Des interventions seront réalisées en alternance Textile Technique et Plasturgie par les acteurs de chaque profession : les
structures professionnelles, les marchés d’application, les
technologies et les savoir-faire, les innovations, les développements communs en cours…
62
Plastilien Novembre 2010 • n°72
Un glossaire regroupant la terminologie liée à chaque profession sera remis aux participants.
Des ateliers de démonstration et d'exposition de produits des
secteurs du Textile Technique et de la Plasturgie seront proposés aux participants tout au long de la journée.
Et à l'issue de la journée, les participants pourront exprimer
des souhaits de poursuite d'échanges entre les deux professions : ateliers à thème pour petits groupes de travail, formations et autres formes de coopération.
http://www.plasturgie-formation.com/texplast/cfp.html
novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page63
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sont vos investissements
de demain
Notre objectif est d'aider les dirigeants d'entreprises à
améliorer leur rentabilité sans remettre en cause leur
organisation ni leurs effectifs.
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vos leviers de croissance par département :
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Optimisation des impôts, taxes et redevances,
génération de liquidités
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gestion des risques professionnels et de l'absentéisme,
maîtrise des enjeux de la protection sociale
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Rationnalisation du coût des frais de fonctionnement
• Recherche & Développement
Développement des alliances scientifiques
et financement des projets innovants
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novembre_Mise en page 1 02/11/10 11:24 Page65
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-AURIZIO"AZZO0RÏSIDENTD)NGLASS
0IOVANINSIDE
TECHNOLOGYOUTSIDE
,E DYNAMISME ET UNE TECHNOLOGIE AVANCÏE SONT LES CLEFS DU SUCCÒS
D)NGLASS ,EADER DANS LA CONSTRUCTION DE MOULES POUR LES PIÒCES
DÏCLAIRAGES DES VOITURES )NGLASS EST AUJOURDHUI IMPLIQUÏ DANS
LINNOVATIONTECHNOLOGIQUEDUh'LAZINGvQUIPERMETDERÏALISERLESPIÒCES
ENVERREAVECDELAMATIÒREPLASTIQUECOMMELESPOILERPOSTÏRIEURPOURLA
NOUVELLE(ONDA#IVIC,ACAPACITÏMAXIMUMDADAPTATIONDECONTRÙLEET
DE PRÏCISION DES INSTALLATIONS CENTRALISÏES DE DÏSHUMIDIFICATION ET DE
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