La séance en classe

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La séance en classe
La séance en classe
Avant d'animer une séance de répétition devant un groupe vocal, une phase préalable
de préparation est -comme toute activité pédagogique- nécessaire. Cette réflexion peut
s'articuler autour de quelques questions :
-
Que connaissent déjà les enfants ?
De quel(s) chant(s) vais-je poursuivre l'apprentissage ?
Quelle(s) difficulté(s) les enfants ont-ils rencontrée(s) lors des précédentes répétitions ?
Quelle(s) difficulté(s) risquent-ils de rencontrer au cours de cette nouvelle répétition ?
L'activité "chorale" réunissant plusieurs groupes d'enfants, si elle existe dans l'école, ne doit
pas se substituer à l'activité "Éducation musicale" de la classe. Elle constitue plutôt une forme
d'aboutissement de la pratique vocale au sein de laquelle les compétences travaillées dans les
différentes classes vont trouver leur pleine expression.
Fiches pédagogiques proposées
La préparation vocale
l'échauffement systématique
la posture
la décontraction physique
la respiration
la décontraction laryngée
la concentration
l'approfondissement
l'articulation
le rythme
la justesse
L'apprentissage du chant
la disposition matérielle
la conduite de l'apprentissage
les situations particulières
L'interprétation du chant
le choix de l'interprétation
les moyens à mettre en œuvre
les gestes du meneur
l'accompagnement
Prolongements, exploitations
l'utilisation de la chanson
la prestation publique, le concert
la chanson intégrée à un spectacle (danse, comédie musicale…)
la réalisation d'un CD
la chanson, support d'activité musicale
Un exemple de déroulement de séance
tableau synthétique
les différentes phases et leur durée
les objectifs visés
le matériel utilisé
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La préparation vocale
Comme pour tout sportif avant l'épreuve (car chanter durant 30 ou 45 minutes nécessite un effort
physique non négligeable !), une préparation de quelques minutes est souhaitable en début de séance.
Ce temps de mise en voix répond à deux exigences :
- l'appareil phonateur se composant de muscles, de ligaments et de cartilages, il requiert, comme tout
appareil musculaire, un échauffement préalable
- le développement des performances vocales est une priorité afin de pouvoir aborder des chants plus
complexes
Lors de cette "entrée en matière", il est préférable que les enfants soient disposés debout et
relativement distants les uns des autres pour avoir une certaine aisance d'exécution.
Les exercices d'échauffement doivent être variés et ludiques, sous peine d'être rébarbatifs.
Nous avons réparti les différents axes de travail possibles en deux "pôles" :
Les exercices d'échauffement systématiques (à inclure dans chaque séance)
La posture : c'est la préoccupation première. On peut employer l'image de l'arbre, bien "planté"
sur le sol, mais dont les branches et les feuilles sont souples et mobiles (exercices d'équilibre, de bascule du
bassin, de rotation du tronc…)
La décontraction physique : il s'agit de relâcher les tensions du larynx, du cou, des mâchoires, du
visage, des épaules… en utilisant les procédés de massage, de rotation, de balancement, d'étirement, de
bâillement… Il faut cependant garder toujours à l'esprit les mots "lenteur, souplesse, détente".
La respiration : on peut expliquer aux enfants le rôle des muscles de l'abdomen et du
diaphragme dans la ventilation, leur faire ressentir leur présence, en contrôler peu à peu l'activité et
développer leurs capacités par des exercices variés.
La décontraction laryngée : on peut imaginer à l'infini des vocalises permettant à la fois
d'assouplir l'appareil phonateur et d'étendre peu à peu la tessiture des chanteurs. Les exercices
s'effectuent généralement par progression ascendante : une courte mélodie (extraits de chansons
populaires ou phrases musicales plus techniques…) est d'abord chantée par l'enseignant dans un registre
assez grave, puis repris plusieurs fois par l'ensemble des choristes en la rehaussant demi-ton par demi-ton.
La concentration : l'apprentissage d'un chant s'effectuera d'autant plus facilement et
précisément que l'ensemble des choristes sera attentif aux "messages" du chef de chœur. Ceci requiert
donc une capacité d'attention et de concentration qu'il est intéressant de développer (exercices
d'imitation de gestes, d'attitude).
Les exercices d'approfondissement plus spécifiques (éventuellement, en fonction du choix des
chants et des difficultés de la séance)
L'articulation : lors d'une production publique, le nombre élevé de choristes ou la simultanéité
imparfaite des voix nuisent parfois à la compréhension des paroles par les spectateurs. Mais une
prononciation approximative peut encore accentuer l'aspect "brouillon" du chant.
Plus le chant est rapide, plus le travail d'articulation a son importance. Bégayer, exagérer les mouvements
de la bouche, bafouiller, faire "sonner" voyelles et consonnes constituent autant d'exercices possibles.
Le rythme : cette composante sensible de la musique doit faire l'objet d'un travail particulier sur
la structure rythmique des mots, des phrases et des textes (travail à dominante corporelle, vocale ou
instrumentale), sur la pulsation, sur la variation de tempo, sur l'accompagnement rythmique (ostinato par
exemple) ou encore sur la reconnaissance et l'invention de structures rythmiques.
La justesse : l'unisson est très difficile à obtenir dans un groupe non exercé car certains enfants
ont tendance à chanter à une hauteur différente de celle du groupe : pris individuellement, ces enfants
chantent juste… mais plus "haut" ou plus "bas" que le modèle proposé. Il faut donc mettre en place de
multiples jeux de répétition afin que l'émission vocale s'affine progressivement.
2
L'apprentissage du chant
Le chant sollicitant de nombreux muscles dont le diaphragme et les abdominaux, la
position "debout" est préférable car elle facilite un relâchement du ventre, donc une inspiration
plus ample, et un contrôle plus attentif de l'inspiration, donc de l'émission vocale. Cependant les
enfants ne peuvent rester concentrés s'ils sont figés en position verticale durant toute la séance.
L'idéal est par conséquent de disposer de bancs permettant aux enfants de s'asseoir de temps
en temps : dans ce cas, la posture à privilégier est dos bien droit, épaules en arrière et
"tombantes", jambes légèrement écartées et mains sur les genoux.
La disposition matérielle
La place des chanteurs par rapport au maître qui
dirige est essentielle dans le processus d'apprentissage. Tous
doivent voir le meneur qui lui-même doit pouvoir observer
tous les enfants. A cet effet, la disposition en arc de cercle
semble la plus efficace car toutes les voix convergent ainsi
vers le même point et chacun entend mieux l'autre.
La conduite de l'apprentissage
Avant de commencer l'apprentissage, il est nécessaire de bien repérer les phrases
musicales. Une musique est structurée comme un texte : plusieurs phrases se succèdent et
s'articulent les unes aux autres, s'interrompant pour laisser place aux respirations comme à des
ponctuations naturelles.
Le principe de l'apprentissage repose sur l'acquisition successive des différentes phrases
musicales :
Le maître chante
Le maître chante
Le maître chante
Les enfants chantent
Phrase A
Les enfants chantent
Phrase B
Phrase A
Phrase B
Les enfants chantent
Phrase A
Phrase B
Phrase A
Phrase B
Il est préférable d'apprendre la chanson a capella (l'enseignant discerne mieux les
difficultés rencontrées) et sans l'appui du texte (les enfants sont plus attentifs).
Les situations particulières
Le recours au modèle enregistré : même s'il impose d'emblée un style d'interprétation, il
a le mérite de la justesse et de l'assurance et peut être d'un précieux secours pour le maître qui
estime ne pas avoir une maîtrise vocale suffisante.
Le recours à un instrument mélodique ou harmonique : un clavier, une guitare…
peuvent être utiles pour maintenir la hauteur choisie au départ (qui a naturellement tendance à
baisser en cours d'interprétation).
Il faut veiller à la justesse mélodique et rythmique de cette première interprétation, car il
est difficile ensuite de corriger les erreurs. La connaissance et la restitution complète du 1er
couplet et du refrain (s'il y a lieu) nécessiteront parfois 2 séances. Une séance spécifique sera
ensuite réservée à l'apprentissage des autres couplets.
3
L'interprétation du chant
Avant d'aborder l'apprentissage d'un chant, il est souhaitable d'apporter aux enfants
quelques éléments de son contexte (compositeur, interprète, origine géographique ou
historique, époque…), éléments qui pourront servir à élaborer une présentation du chant par un
élève lors de la prestation de fin d'année par exemple.
Le choix de l'interprétation
C'est une phase nécessaire de l'apprentissage. Imaginer la (ou les) façon(s) d'interpréter
un chant va mettre en jeu un travail sur :
- les nuances, la "couleur", l'atmosphère du chant (qui peuvent être différentes selon les
couplets, les personnages mis en scène ou les émotions, les sentiments que l'on veut
transmettre)
- le tempo, les départs et arrêts précis
- les dispositifs (solistes, groupes)
- l'accompagnement (percussions simples par exemple)
- le mime ou la mise en scène…
Les moyens à mettre en oeuvre
Les gestes du meneur
Pour beaucoup d'entre nous, la direction d'un groupe vocal évoque une maîtrise
rigoureuse de la technique gestuelle. Il n'en est rien. L'essentiel est de réussir à établir "une
communication efficace" entre les enfants et le maître. La gestuelle de direction peut -doitrester très sobre et ne donner que quelques indications tout au long du chant. On peut
distinguer 4 types de gestes "utiles" pour diriger un chant :
Les gestes de départ et de fin
Les quelques instants qui précèdent le début d'un chant sont importants. Le meneur peut
par exemple procéder ainsi :
- Définir la première note à l'aide d'un instrument (flûte, clavier…) ou des premières
mesures de la bande orchestre
- Penser cette note, l'entendre intérieurement avant de la transmettre aux enfants
- Prendre une attitude de départ immobile, sollicitant le silence et la concentration
- Effectuer un premier geste par lequel on invite les chanteurs à inspirer et un second
marquant de façon précise le début du chant
De la beauté et de l'élégance de la dernière phrase d'un chant dépend l'impression
finale de l'auditeur. Elle doit donc être préparée, travaillée aussi minutieusement que la première
phrase. On peut par exemple faire remonter peu à peu les bras durant les dernières mesures de
la chanson, les mains se refermant en un petit mouvement circulaire explicite au moment précis
où toutes les voix se taisent.
Les gestes de désignation
Il est important, dès la première répétition, d'établir quelques règles élémentaires de
communication avec les enfants afin de préciser "qui chante ?" et "à quel moment ?" :
- Le maître chante : il regroupe ses mains sur sa poitrine
- Les enfants chantent : le maître avance ses mains, paumes ouvertes, vers le groupe
- Lorsque le chœur est scindé en plusieurs groupes (chant à réponse, chant avec ostinato
ou bourdon, canon, chant à deux voix), le meneur doit apporter à chacun quelques
aides durant le chant (départs, reprises, achèvement…). Il peut alors utiliser le geste
précédent en s'adressant au(x) groupe(s) désigné(s).
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La battue de la pulsation
Se pose à beaucoup d'enseignants la technique de direction durant le chant. Faut-il
utiliser une gestuelle codifiée ou une technique plus personnelle ? L'essentiel est d'indiquer aux
enfants la pulsation.
Pendant que la main gauche souligne les nuances, la main droite bat la pulsation, soit de
façon classique (en fonction de l'organisation interne des mesures : 2, 3, 4 temps…), soit en
dessinant des arabesques de gauche à droite suivant la ligne mélodique du chant (cette
méthode, plus personnelle, est plus aisée à entreprendre pour un meneur débutant car elle
s'instaure "à l'oreille", sans acquis technique préalable).
Les gestes d'intensité
Afin de transmettre les nuances d'une chanson, les gestes ont aussi leur importance :
- Pour indiquer une interprétation forte, les gestes doivent être amples (les coudes
s'éloignent de plus en plus du buste)
- A l'inverse, lors d'un chant plus doux, les gestes sont plus petits, les mains se rapprochent,
le corps se referme
- Outre l'expressivité communiquée par les bras et les mains, le visage peut parfois donner
de précieuses indications aux enfants. Par sa physionomie, il devient le miroir de la
musicalité : il traduit le caractère de l'extrait, chante ou articule les paroles, se durcit ou
s'éclaire tour à tour
L'accompagnement
Même si le chant a capella a toute sa place à l'école élémentaire, le choix d'un
accompagnement musical présente un double intérêt :
- Il enrichit la production
- Il permet de maintenir tout au long du chant la hauteur choisie au départ
La bande orchestre
Il est intéressant d'employer de temps en temps ce type d'accompagnement, en général
très apprécié par les enfants. Mais il doit apporter quelque chose au chant, l'enrichir. Il faut
cependant être prudent quant à son utilisation au sein d'un grand groupe d'enfants (dans le
cadre d'une rencontre vocale inter-écoles par exemple) : si un décalage s'opère entre les
paroles et la B.O, il est très difficile de rectifier la situation…
L'accompagnement instrumental
Bien plus riche, musicalement et humainement, sera l'accompagnement par des
instrumentistes (enfants du groupe, enseignants, parents, école de musique). Il offre en outre
l'avantage de "suivre" plus facilement les enfants en corrigeant le cas échéant les erreurs de
tempo durant le chant (contrairement à la B.O).
Quel que soit le type d'interprétation choisi (a capella, avec bande orchestre ou
accompagnement instrumental), il faut toujours veiller à :
- maintenir une interprétation dynamique de la chanson qui favorise la conservation de
tous ses caractères (hauteur, intensité, tempo, style).
- chanter avec le sourire !
Remarque : il est préférable que le répertoire de chants de l'année soit aussi varié que
possible et que l'interprétation ne soit pas "un modèle unique" (chants a capella, avec B.O, avec
accompagnement instrumental, avec intervention de solistes…) afin que les répétitions et les
prestations publiques éventuelles ne lassent ni les chanteurs, ni les auditeurs…
Les quelques aspects techniques de la direction chorale que nous venons d'évoquer se
mettent petit à petit en place au fil du temps et de l'expérience. Il importe avant tout à
l'enseignant de communiquer l'envie de chanter juste et ensemble.
5
Prolongements, exploitations
L'utilisation de la chanson
Apprendre une chanson choisie par le maître et/ou les enfants est avant tout une
démarche qui doit procurer à chacun un réel plaisir : celui de s'entendre chanter et celui
d'entendre chanter le chœur. C'est l'un des objectifs premiers de l'éducation musicale que
précisent les programmes 2002 de l'école élémentaire en ces termes : "les activités musicales, au
cycle des apprentissages fondamentaux, se caractérisent par la recherche d'un équilibre entre
activités visant le plaisir de faire de la musique et activités mises au service d'apprentissages
précis".
Tout en gardant à l'esprit cet objectif essentiel, on peut cependant imaginer quelques
pistes de travail à partir du répertoire appris tout au long de l'année :
la prestation publique, le concert
-
les concerts informels
Dans le cas de chants appris en classe, on peut chanter régulièrement pour les autres
élèves de l'école, par exemple avant chacune des "petites vacances".
Dans le cas d'une chorale de cycle ou d'école, on peut chanter pour les moments festifs
de l'école (Noël, carnaval, kermesse, repas de l'A.P.E), pour l'école voisine ou la maison
de retraite, à l'occasion de la fête de la musique…
-
le concert "tout public"
Les occasions peuvent être multiples et sont souvent stimulantes pour les enfants :
rencontres vocales inter-écoles ou Ecoles/Collège, concert avec la chorale du village ou
du quartier (la chorale de l'école assurant par exemple la 1ère partie du spectacle),
concert intégré à une audition de l'école de musique…
la chanson intégrée à un spectacle
Une ou plusieurs chanson(s) peut (peuvent) aussi être apprise(s) –en classe ou en
formation chorale- dans le but de "nourrir" un spectacle chorégraphique, un conte vocal,
une comédie musicale ou un opéra pour enfants.
la réalisation d'un CD
Un autre projet musical est d'enregistrer (à l'aide d'un lecteur-enregistreur minidisc par
exemple), en fin d'année scolaire, un CD réunissant l'ensemble des chants appris. Chaque
enfant conserve ainsi "le fruit du travail" réalisé.
la chanson, support d'activité musicale
La chanson peut également servir de support à de nombreuses activités musicales au
sein de la classe : travail sur la pulsation et le rythme, jeux d'écoute, création de paroles,
création d'accompagnement instrumental (percussions), codage (représentations
graphiques)…
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Un exemple de déroulement de séance
3 "moments" dans la séance :
un échauffement vocal
une phase d'apprentissage :
- révision et consolidation d'un chant
- apprentissage d'un nouveau chant ("corps de la séance")
une séquence-plaisir pour terminer
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Pierre GÉRÉEC, CPEM 29
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