Bible / presse - compagnie MPTA

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Bible / presse - compagnie MPTA
Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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DOSSIER DE PRESENTATION
Compagnie les mains les pieds et la tête aussi
Direction artistique : Mathurin Bolze
Administration / production
Colin Diederichs
[email protected]
06 72 65 09 65
Régie générale
Jérôme Fèvre
[email protected]
06 11 52 27 49
Production/communication
Julie Grange
[email protected]
06 83 28 97 39
www.mpta.fr
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Deux chapitres d’une même histoire, à voir dans le désordre,
à la suite ou indépendamment pour leurs résonances et leurs correspondances.
PRESENTATION DE LA COMPAGNIE MPTA
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PROGRAMME ARTISTIQUE
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Fenêtres
Barons perchés
BIOGRAPHIES
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Mathurin Bolze
Karim Messaoudi
CALENDRIER DE TOURNEE
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PRESSE FRANÇAISE 15_16
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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LA COMPAGNIE LES MAINS, LES PIEDS ET LA TÊTE AUSSI
LA COMPAGNIE LES MAINS, LES PIEDS ET LA TÊTE AUSSI EST UNE ASSOCIATION FONDÉE EN 2001 À LYON PAR
MATHURIN BOLZE, JÉRÔME FÈVRE ET JULIE
GRANGE.
ILS SONT REJOINTS PAR
COLIN
DIEDERICHS ET
MARION FLORAS EN 2009.
ELLE DÉDIE SON ACTIVITÉ À LA RECHERCHE, À LA CRÉATION ET À LA DIFFUSION DU CIRQUE
CRÉATIONS, COLLABORATIONS ET COMPAGNONNAGES SONT RÉGULIÈREMENTS
PRÉSENTÉS EN FRANCE ET À L’ÉTRANGER. ÉVÉNEMENTS ET CARTES BLANCHES LUI SONT CONFIÉS À
MESURE QUE LE REGARD PORTÉ PAR CE COLLECTIF DE TRAVAIL EMBRASSE UN VASTE RÉSEAU D’ARTISTES
MOBILISÉS PAR DES EC
́ RITURES NOUVELLES.
CONTEMPORAIN.
ALTERNANT RECHERCHE, CRÉATION, TOURNÉE ET CONSEIL ARTISTIQUE, À LA FOIS CONCEPTEUR ET
INTERPRÈTE, MATHURIN BOLZE NE CESSE DE RÉINTERROGER LES ARTS DU MOUVEMENT ET DE LA SCÈNE
AVEC LE DÉSIR QUE LES AFFINITÉS ARTISTIQUES ET HUMAINES SOIENT MOTRICES DE CETTE RECHERCHE.
DEPUIS 2011, EN ASSOCIATION AVEC LES CÉLESTINS - THÉÂTRE DE LYON, LA COMPAGNIE MPTA CONDUIT
LE FESTIVAL UTOPISTES ÉVÉNEMENT DÉDIÉ AUX ARTS DU CIRQUE & AUX GRANDES ET PETITES UTOPIES.
CRÉATIONS ET COMPAGNONNAGES
LA CABANE AUX FENÊTRES (2001)
FENÊTRES (2002)
TANGENTES (2005)
ALI AVEC HÈDI THABET (2008)
DU GOUDRON ET DES PLUMES (2010)
XÉBÈCHE DE DIMITRI JOURDE (2010)
UTOPISTES/LE SPECTACLE AVEC LA CIE XY (2011)
À BAS BRUIT (2012)
NOUS SOMMES PAREILS À CES CRAPAUDS QUI DANS L’AUSTÈRE NUIT DES MARAIS S’APPELLENT ET NE SE
VOIENT PAS, PLOYANT À LEUR CRI D’AMOUR TOUTE LA FATALITÉ DE L’UNIVERS D’ALI & HEDI THABET
(2013)
LA MARCHE (2015)
BARONS PERCHÉS (2015)
SOMNIUM DE!JUAN!IGNACIO!TULA!ET!STEFAN!KINSMAN (2015)
ICI!OU!LA,!MAINTENANT!OU!JAMAIS!AVEC!LE!CHEPTEL!ALEIKOUM!(2016)!
SANTA MADERA DE JUAN IGNACIO TULA ET STEFAN KINSMAN (2017)
www.mpta.fr
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Fenêtres
Création 2002 – reprise 2015
Un spectacle de Mathurin Bolze
Avec Karim Messaoudi
« J’en ai marre de vivre à plat, dans ma cabane en bois, je vivrai en volume. »
Il est question des solitudes siamoises qui unissent Bachir a quelques-uns du monde. Sur des
planètes en friche, il croise Côme, Baron perché, et part pour des journées entières dans les arbres.
Ses explorations rencontrent d’autres voyageurs : marins nostalgiques, astronautes affranchis de
l’apesanteur, Plume et autre Philémon.
Il est question de nouveaux regards et d’un doux postulat : « J’en ai marre de vivre à plat, dans ma
cabane en bois, je vivrai en volume ». Tirée du Baron perché d’Italo Calvino, cette décision étrange
devient la nouvelle règle du jeu pour Bachir, habitant de cette cabane aux fenêtres, qui invente une
vie à la gravité moins pesante, moins présente. Un sol qui rebondit, un plancher à la verticale, une
maison qui a basculé en entier, un lampadaire qui regarde à l’intérieur... : rien ne se trouve à sa
place, tout est détourné, pour un quotidien à réinventer.
La « morale » de la gravité en est bousculée...
Pièce initiale de la compagnie Mpta, Fenêtres reprend la route avec un nouvel habitant, Karim
Messaoudi.
Mathurin Bolze
Scénographie: Goury
Dispositif lumière: Christian Dubet
Création sonore: Jérôme Fèvre
Régies son : Frédéric Marolleau
Régie plateau : Nicolas Julliand
Production : Compagnie les mains les pieds et la tête aussi avec le soutien exceptionnel de la
convention de coopération Ville de Lyon / Institut français et de la Région Rhône-Alpes en 2015.
La compagnie est conventionnée par la DRAC Rhône Alpes et la REGION Rhône-Alpes Auvergne.
Partenaires de la création originale : La brèche – PNAC Grande Normandie, Parc de la Villette –
Paris, Théâtre Sénart, Festival FURIES - Chalons en Champagne, La Verrerie d’Alès – PNAC LR. Avec
le soutien des dispositifs d’aide à la création « arts du cirque » du Ministère de la Culture et de la
Communication et de la Région Rhône Alpes.
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Barons perchés
Création 2015
Conception : Mathurin Bolze
Avec Mathurin Bolze & Karim Messaoudi
Où l’on retrouve Bachir à la fois plus jeune et plus vieux, cet habitant de la cabane aux
fenêtres. A-t-il seulement une ombre ? A-t-il un frère, s’invente-t-il un ami ? A-t-il basculé
dans la folie ? A-t-il seulement rêvé ? Comme dans une nouvelle de Dostoïevski ou de Poe,
c’est l’étrangeté de cette double présence qui sème le doute… Bachir arpente les zones où se
disputent ses fêlures et l'étrangeté du réel dans l'espace mental et pourtant concret de cette
maison-cage. On entre alors de plain-pied dans un imaginaire en suspens, fait du temps qui passe,
de solitude et de fraternité.
« Il se présentait, oblique, sans me regarder ni peut-être me voir. Je questionnais sans attendre de
réponse. Une réponse qui m'aurait bien plus étonné que son silence. Et en effet, il ne répondit pas.
{…}. L'Autre devenait fumée, avant de m'avoir répondu. Cependant, avant qu'il ne disparaisse en
entier, j'avais eu le temps non mesurable, mieux : j'avais eu le moment d'en recueillir toute la
présence, et surtout de le reconnaître : l'Autre était moi, de seize à vingt ans. »
Equipée, Victor Segalen, 1929
« …toi et moi on va vivre comme le poisson et l’eau, comme des frères, nous autres vieux frères on
va ruser, on va ruser ensemble… »
Le Double, Dostoïevski, 1846
Scénographie : Goury
Dispositif lumière : Christian Dubet
Création Lumière : Jérémie Cusenier
Création sonore: Jérôme Fèvre
Régie son/vidéo : Frédéric Marolleau
Régie plateau/lumière : Nicolas Julliand
Coordination artistique : Marion Floras
Production : Compagnie les mains les pieds et la tête aussi.
Coproduction : La Comédie de Valence – CDN Drôme Ardèche
Avec le soutien de la commission nationale d'aide aux arts du cirque (DGCA) et l’aide
exceptionnelle de la convention de coopération Institut Français/Ville de Lyon et de la Région
Auvergne Rhône-Alpes. La compagnie est conventionnée par la DRAC Rhône Alpes et la Region
Auvergne Rhône Alpes.
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Biographies
Mathurin Bolze s’initie au spectacle avec le metteur en scène Jean-Paul Delore, et le cirque
Archaos avant d’intégrer le Centre National des Arts du Cirque. A sa sortie, il rejoint le collectif de
cirque Anomalie et collabore régulièrement avec les chorégraphes François Verret et Kitsou
Dubois.!
En 2001, il fonde la Compagnie Mpta au sein de laquelle il crée La Cabane aux fenêtres (2001),
Fenêtres (2002), Tangentes (2005), Ali avec Hèdi Thabet (2008), Du goudron et des plumes (2010),
utoPistes avec le collectif Xy (2011) et A bas bruit (2012).
Il est par ailleurs regard extérieur de la création Singularités ordinaires du GdRA, de Deux
hommes jonglaient dans leurs têtes de Jérôme Thomas et Roland Auzet, et plus récemment de
Samedi détente de Dorothée Munyaneza.
En 2009, il reçoit le prix « arts du cirque » de la SACD.! En 2011, il reprend le spectacle Cavale de et
avec Yoann Bourgeois. En 2013, il répond à l’invitation des frères Thabet et participe à la création de
Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l’austère nuit des marais s’appellent et ne se voient
pas, ployant à leur cri d’amour toute la fatalité de l’univers.
Il intervient régulièrement au CNAC, à l’ENSATT, à CNR et à l’Ecole de cirque de Lyon.
En 2015, il conçoit une nocturne pour le Musée Picasso à Paris et, en tant que membre du
collectif artistique de La Comédie de Valence, un parcours dans l’espace public pour le festival
Ambivalence(s). En juillet 2015, il crée Ninet’InfernO, en duo avec Pascal Greggory, mis en scène par
Roland Auzet. Il répond à l’invitation du metteur scène en emmenant avec lui la scénographieagrès de son spectacle du goudron et des plumes (2010). Il reprend également le spectacle Fenêtres
avec l’acrobate Karim Messaoudi et crée Barons perchés en duo avec ce dernier dans le même
dispositif scénographique. Il engage aussi un compagnonnage avec deux jeunes artistes de cirque
Juan Ignacio Tula et Stefan Kinsman dédié à leur premier projet de création : Somnium.
En 2016, dédié à la troisième édition du festival utoPistes, il crée un spectacle In Situ Ici ou là,
maintenant ou jamais avec 14 acrobates du Cheptel Aleïkoum et la complicité du metteur en scène
Christian Lucas.
Karim Messaoudi commence le cirque dès son enfance en entrant au Pop Circus et découvre
ainsi l'acrobatie au sol. En 2006, il intègre l'Ecole nationale des Arts du Cirque de Rosny-sous-Bois où
il découvre la voltige à la bascule et au trampoline ainsi que les portés acrobatiques. Il poursuit son
cursus au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne dans la 22ème promotion
dont il sort diplômé avec le spectacle Âm, mis en scène par Stéphane Ricordel.
Ensuite, dès 2011, il participe à la fondation du Collectif de la Bascule avec lequel il crée Rien
n'est moins sûr. En 2012 Karim rejoint la Cie Cabas en tant qu'interprète pour le spectacle Terrier,
chorégraphié par Nedjma Benchaïb, puis enchaîne une nouvelle création avec le Collectif de la
Bascule, Quand quelqu'un bouge.
En 2014 il participe à différents laboratoires de recherche et croise ainsi le chemin de la
Compagnie Mpta lorsque celle-ci organise une rencontre dédiée au trampoline.
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Agenda de tournées
2015
Festival VIE - Modène
Théâtre Franco Parenti - Milan
La Comédie de Valence - CDN Drôme Ardèche
Bonlieu – Scène nationale d’Annecy
Les 16, 17, 18 Octobre 2015
Les 21, 22, 23 Octobre 2015
Les 23, 24, 26, 27, 28 Novembre 2015
Les 1, 2, 3, 4 Décembre 2015
2016
Barons perchés
Théâtre Monfort – Paris
Espace Malraux – Chambéry
Festival utoPistes – Lyon
Festival des 7 collines – Saint Etienne
Festival Noorderzon – Groningen – Pays Bas
Festival Torino Danza – Turin - Italie
Du 24 au 27 mars 2016
Le 14 mai 2016
Les 10 et 11 juin 2016
Le 30 juin 2016
Les 23, 24, 25 aout 2016
Du 15 au 18 septembre 2016
Fenêtres
Cirque Théâtre d’Elbeuf
Théâtre Montfort – Paris
Espace Malraux – Chambéry & Savoie
Festival utoPistes – Lyon
Festival des 7 collines – Saint Etienne
Festival Torino Danza – Turin
Les 3, 4, 5 mars 2016
Du 12 au 20 mars 2016
Le 12 et 13 mai 2016
Les 11 et 12 juin 2016
Le 1er juillet 2016
Du 10 au 11 septembre 2016
Théâtre Durance – Château Arnoux
Hexagone – Meylan
Les 7 et 8 octobre 2016
Les 15 et 16 novembre 2016
2017
Fenêtres
London MIME Festival
Le Toboggan – Décines
L’Espace Marcel Carné – St Michel sur Orge
Théâtre Théo-Argence – St Priest
Sortie Ouest – La Tuilerie à Bédarieux
Théâtre du Vellein - Villefontaine
Festival Circa – Auch
L’Espace Pluriel - Pau
Du 11 au 15 janvier 2017
Le 8 février 2017
Les 4 et 5 mars 2017
Le 9 mars 2017
Les 15 et 16 mars 2017
Les 23 et 24 mars 2017
Le 29 mars 2017
Du 6 au 7 avril 2017
Barons perchés
London MIME Festival
DAC Vitrolles / Biennale Internationale des Arts du Cirque
Théâtre de l’Archipel SN de Perpignan
Le Toboggan – Décines
L’Apostrophe SN de Cergy-Pontoise
L’Espace Marcel Carné – St Michel sur Orge
Théâtre Théo-Argence – St Priest
Festival Circa – Auch
L’Espace Pluriel - Pau
Du 11 au 15 janvier 2017
Les 20 et 21 janvier 2017
Du 31 Janvier au 2 février 2017
Le 10 février 2017
Les 28 février et 1er mars 2017
Les 4 et 5 mars 2017
Le 10 mars 2017
Le 30 mars 2017
Le 8 avril 2017
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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De la flexion qui précède le saut par Lea Malgouyres le 21 juin 2016
Article publié dans I/O Gazette papier du 22/06/2016
Au milieu de la cour du lycée Saint-Just de Lyon, aux allures seigneuriales, se dresse une structure
étrange. Un petit appartement d’une pièce qui paraît suspendu et construit de murs transparents.
Un homme entre, comme de retour de voyage, dans un appartement auquel il semble avoir
manqué. Peut-être est-ce un soir d’été dans une chambre d’étudiant à Perpignan, ou alors l’heure
de la sieste dans un logement de fonction à Tunis. Il pousse la table, allume la radio, range le balai,
replace l’ampoule, déplace un meuble puis tombe sur le sol et… rebondit. Quel sentiment fabuleux
pour le spectateur, qui, surpris par ce premier mouvement d’une beauté incongrue, comprend que
le sol de cet appartement est en fait un trampoline.
D’une puissance poétique considérable, le trampoline donne aux mouvements des acteurs une
amplitude lyrique incroyable, fait bondir l’ordinaire vers la magie, fait de l’anodin une allégorie,
d’une anecdote un mythe. Mathurin Bolze avait présenté, il y a environ quinze ans de cela, une
pièce intitulée « Fenêtres », dans laquelle il évoluait seul dans un espace assez similaire. « Barons
perchés » est un spectacle incroyable en ce qu’il est porteur de ses conditions mêmes de création.
Mathurin Bolze, atteignant un âge auquel il convient de transmettre, cherche et trouve un jeune
trampoliniste pour le remplacer à l’interprétation de « Fenêtres ». Dans « Barons perchés », un jeu de
double se met en place entre les deux artistes ; c’est la pièce, qui, à la fois, est une passation et traite
cette question de la transmission générationnelle dans tout ce que cela peut avoir de beau, ou de
triste, de difficile ou de réjouissant.
Mathurin Bolze et son disciple Karim Messaoudi sont de véritables danseurs ; il y a une justesse dans
leurs mouvements qui nous convainc de quelque chose, qui nous raconte une relation et ses affres,
ou plutôt ne raconte rien et est pure jouissance du mouvement. Le trampoline donne à la danse un
ballon surréaliste et libère le mouvement de son besoin d’appuis. Mathurin saute une dernière fois
pour mieux faire rebondir Karim. À pleurer de beauté.
Deux hommes bondissaient dans leur tête par Julien Avril le 21 juin 2016
Article publié dans I/O gazette papier du 22/06/2016
Dans la cour du lycée Saint-Just, Mathurin Bolze convoque à nouveau Bachir, son bondissant
habitant de la cabane aux « Fenêtres ». Mais cette fois il n’est pas seul. Karim Messaoudi, mystérieux
side kick, l’accompagne. Ensemble, ils sont les « Barons perchés », bien décidés à faire régner
l’apesanteur et à lutter contre la loi de la chute des corps.
Bachir rentre chez lui ; nous pénétrons dans son intérieur, boîte transparente, espace mental et
concret à la fois, échafaudage qui s’étire vers les arbres. Ici, la gravité n’a pas le même usage qu’à
l’extérieur. À chaque instant, l’homme va pour chuter, volontairement ou pas, mais rebondit
toujours, comme rattrapé par miracle, et reprend sa place exacte au ralenti. Ce vœu (cette
malédiction ?) de ne jamais redescendre semble lui peser avec les années. Il croise son reflet dans la
vitre, portrait de l’artiste en jeune homme. Celui-ci le suit partout, le soutient, le pousse, l’agrippe,
prend sa place, lui tend la main, joue avec lui… Il semble qu’une faille temporelle se soit creusée et
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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que deux fantômes, celui de la jeunesse et celui de la maturité, viennent y régler leurs comptes ou y
puiser la force de continuer à rebondir.
Karim Messaoudi a repris le rôle de Bachir, créé par Mathurin Bolze il y a quatorze ans dans
« Fenêtres », pièce manifeste de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête aussi. Quelle belle façon
de passer le témoin que d’en faire un spectacle. Impossible pour les artistes de cirque de défier le
temps comme ils savent défier l’équilibre. Alors, il n’y a pas d’autre possibilité pour s’en sortir que
de transmettre, comme dans cette émouvante scène d’entraînement dans laquelle Mathurin
s’avoue vaincu et renonce à atteindre le sommet de la structure, et dans cette autre où Karim,
bondissant encore et encore, encouragé par son maître, y parvient ! Ce cirque, extrêmement
raffiné, plonge ses racines dans la littérature, se nourrit des affres de ceux-là mêmes qui
l’interprètent. Le vent fait danser ses branches et chanter ses feuilles. Le fruit qu’il porte et que
nous goûtons ensemble s’appelle « poésie ».
Pour délibéré.fr par Marie-Christine Vernay le 12 juin 2016
(…)Dans ce décor idéal pour Harry Potter, la compagnie Mpta avait installé sous les arbres son
castelet, pour des marionnettes très spéciales, deux trampolinistes, Mathurin Bolze et son compère
Karim Messaoudi, avec lequel il joue et auquel il a transmis une de ses premières pièces, Fenêtres.
Sa nouvelle création, Barons Perchés, fait d’ailleurs écho à la première, en la développant. Dans la
cabane au fond des bois qui, étant donné l’actualité, pourrait ressembler à un refuge de migrant, les
deux se livrent à un combat titanesque contre leur propre ombre et contre leur propre solitude.
Dans cet espace confiné a priori peu conçu pour le trampoline, ils inventent une danse drôle,
délicate et performante. Alors qu’un léger vent murmure à leurs oreilles les mots un rien décalés
des fantômes du jardin, ils s’envolent, grimpent aux murs, disparaissent par une trappe, reviennent
par une fenêtre, font les clowns et les coqs, se mesurent, s’ennuient. Tout est ingénieux dans le
dispositif scénographique, des échelles aux tables qui se replient. Et dans ce castelet, se joue une
histoire d’amitié, absurde mais simple et vraie, d’une précision déconcertante. Et comme le
trampoline devient parfois une piste de danse, Karim Messaoudi se livre à une danse arabe à sa
façon. Quant aux deux, ils se projettent dans l’espace jusqu’à atteindre les cintres. On se croirait
dans une nouvelle d’Edgard Poe. Ce n’est pas uniquement parce que son père, Bernard Bolze, est
un ardent défenseur des droits de l’homme et des prisonniers, que nous suivons le parcours de
Mathurin Bolze depuis son envol dans la pièce de François Verret de 2001 Kaspar Konzert mais parce
que cet artiste rend heureux sur les planches de l’intranquillité.
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Et si on se moquait de la pesanteur ?
Par Trina Mounier pour Les Trois Coups, le 11 juin 2016
Dans le cadre du Festival Utopistes qu’il organise à Lyon, Mathurin Bolze a choisi de reprendre un
spectacle déjà ancien, mais qui avait attiré l’attention lors de sa création, « Barons perchés ». Un duo
renversant !
Le titre s’inspire d’un roman d’Italo Calvino dont le héros décidait de grimper dans un arbre et de ne
plus jamais en redescendre. Ici, ils sont deux, deux acrobates, deux danseurs, Mathurin Bolze et
Karim Messaoudi, deux barons perchés. À moins qu’ils ne soient qu’un, finalement, tant leur
ressemblance est frappante, leurs mouvements synchrones. L’un est-il le double de l’autre ? son
jumeau ? son ombre ? ou encore son reflet inversé dans le miroir ? Car si la plupart du temps ils
évoluent de manière absolument parallèle, à d’autres moments l’un rentre par la fenêtre quand
l’autre sort par la porte ou bien l’un marche normalement tandis que l’autre utilise une verticale
inverse, seuls les pieds (ou la tête ou une main) se touchant, troublants siamois…
Dans un cube de bric et de broc, une cabane dans les arbres du style de celle dont nous rêvions
enfants et qu’habitait le héros de Calvino, endroit inaccessible, repère, nid, cachette, Mathurin
Bolze et Karim Messaoudi jouent. Au sol, il n’y a pas de sol… mais un immense trampoline qui
autorise tous les envols, tous les pieds de nez à la pesanteur. Et c’est peu dire qu’ils en font. Leur
dextérité, leurs prouesses sont éblouissantes, même si elles ne recherchent pas la sidération de
regards non avertis. Leurs mouvements défient l’attraction terrestre, leur passage à l’immobilité
soudaine fascine, mais nul roulement de tambour, nul faisceau de lumière pour le souligner. Ces
deux-là avancent masqués, ne se donnent qu’avec circonspection, exigent beaucoup de leur public
en refusant tout recours à la démagogie ou au spectaculaire. Cette étonnante et apparente facilité
avec laquelle ils marchent sur un mur vertical, corps à l’exacte diagonale, ou s’accrochent au mur,
jonglent avec leur corps, le corps de l’autre, s’impose comme leur marque de fabrique.
Les images pleuvent, nuée d’oiseaux évidemment, ou voiles qui s’affalent, et certaines évoquent
même la grande Pina Bausch… Il existe une telle élégance dans ce qu’ils disent ainsi du rapport à
l’espace, de la passion de la liberté qui émane de chacun de leurs gestes qu’on en est médusé, un
peu hypnotisé aussi. Il faut également saluer ces moments d’insondable poésie qui vous prennent
quand le spectacle s’étire… parfois juste un petit peu trop ou lorsqu’ils relâchent leur corps épuisé,
dans un abandon total et touchant. ¶
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Baraque à rêves
Par Milena Forest pour Mouvement.net, le 3 avr. 2016
La baraque inventée pour le spectacle Fenêtres il y a près de quinze ans par Mathurin Bolze et Goury, son
complice scénographe, reprend vie. Le temps a passé. Retapée, adaptée, pourvue de trappes, la voilà qui
accueille la recréation de Fenêtres et la nouvelle création du circassien : Barons perchés.
D’abord conçue comme une véritable cabane aux ouvertures réduites (une forme courte pour cinquante
spectateurs avait constitué la première vie de la scénographie), la structure s’était vue soustraire quelques
pans de murs et avait abrité la forme définitive – aujourd’hui reprise – de Fenêtres. Puisqu’on « ne jette rien,
sait-on jamais », la cabane avait été conservée et a sommeillé pendant des années, avant de faire une brêve
apparition à Valence pour la création in situ Promenons-nous dans l’émoi (Festival Ambivalence(s) 2015 (1)),
puis d’abriter Fenêtres et Barons perchés.
Retour à deux
Le temps a passé. Des draps recouvrent les objets. Les plantes vertes poussent toujours tête en bas mais la
végétation gagne du terrain. Barons perchés n’est pas une pièce qui résout l’énigme de Fenêtres. Elle en
complexifie plutôt la réception, en ramifie les motifs. Car Bachir, le personnage de Fenêtres, est désormais
double et confronté à un autre qui, « nocturne compagnon, [n’est sans doute] autre que lui-même » (2).
Bachir, c’est à la fois Mathurin Bolze (qui avait créé le rôle dans Fenêtres) et Karim Messaoudi (qui en assure
aujourd’hui la reprise). Ils pourraient être les mêmes mais ne le sont pas tout à fait... et nous les retrouvons à
l’unisson dans Barons perchés. Complémentarité magnifique que ces deux acrobates réunis, l’un s’affirmant
par la densité de sa présence, l’autre s’effaçant presque, semblant saisir par le regard des images venues de
loin.
La scénographie, cette baraque renversée au parquet vertical, devient absolument vivante, un agrès à part
entière. Une multitude de lampes disparates, de la loupiotte au lampadaire, peuplent le lieu et appellent les
images d’autres espaces. Dans cette cabane de bric et de broc, dans son esprit sans limite, un homme erre.
Échos obsessionnels
Comme amplifié, c’est à deux voix, à deux corps, que résonne dans Barons perchés l’écho de Fenêtres.
Mathurin Bolze explore dans les deux propositions des motifs communs, obsessions intimes que le temps n’a
pas annihilées. Ainsi, dans Barons perchés comme Bachir l’avait été dans Fenêtres, les acrobates, guettés par
la folie, sont traversés par de fabuleux états de corps gallinacés ; soumis au diktat du marché du travail, ils se
perdent dans les méandres rhétoriques d’un entretien d’embauche ; assujettis à la discipline sportive, ils
exécutent d’impressionnantes figures techniques. Si ces situations constituent avec justesse les délires
fantastiques du personnage solitaire de Fenêtres, elles semblent pour l’instant (car le spectacle est encore
tout fraîchement créé) s’inscrire un peu artificiellement dans Barons perchés. Ce spectacle advient comme
un écho, des années après que le premier jaillissement, celui de Fenêtres, ait retentit. Il tire sa beauté de ce
temps écoulé, de cette recherche renouvelée, de cet admirable duo.
Problématique actuelle pour qui s’intéresse à l’inscription du « cirque contemporain » dans le champ du
spectacle vivant, la question du répertoire en cirque trouve ici, avec la programmation concomitante de
Fenêtres et de Barons perchés, un bel exemple qui fait sens pour le spectateur. Bachir, saisi à deux moments
de sa vie, répercute un laps de cheminement intérieur, celui de Mathurin Bolze.
(1) Lire la critique « Valence en émoi » sur Mouvement.net, 9 juin 2015.
(2) Fédor Dostoïevski, Le Double.
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Autant de solitudes qui se font miroir
Par Julia Bianchi pour Le Coryphée - 20 mars 2016
FENETRES
Ce sont des retrouvailles pour ceux qui avaient eu la chance de voir ce spectacle à sa création il y a
maintenant treize ans. La performance physique, la virtuosité, l’humour sublimaient une histoire allant
chercher au cœur de l’humain, celle de l’homme face à lui même, face à sa solitude, face à sa condition. Un
moment magique qui pourra être partagé en famille.
Le dispositif est celui d’un intérieur. Cela pourrait être une chambre, un salon. Le sol est élastique puisqu’il
s’agit d’un trampoline sur lequel l’acrobate va mener une infinité de variations ; sorte d’arène autour de
laquelle les spectateurs sont disséminés derrière des fenêtres, au plus près de l’interprète. Les fenêtres, ce
sont aussi tous ces yeux qui regardent. Autant de solitudes qui se font miroir, qui se font face sans oser que
leurs regards se rencontrent ou peu…Chacun devient le spectacle de l’autre, le spectateur de l’autre. A se
débattre avec l’ennui qui le guette, virevolter en tous sens, Karim Messaoudi interpelle, cherche l’autre sans
jamais le trouver. Cette quête devient la quête de lui-même. Se trouver pour provoquer la rencontre ;
renverser la logique comme on marcherait au plafond ou sur les murs ; amener l’extérieur à l’intérieur pour
élargir le champ des possibles, pour abattre ce qui cloisonne… Mathurin Bolze illustre parfaitement son
propos en reprenant et en transmettant ce rôle à ce jeune acrobate treize ans après sa création, posant en
creux la problématique de la pérennité d’un spectacle relevant d’une écriture de plateau, celle-ci se
dissociant rarement de son auteur-metteur en scène-interprète.
Le spectacle quant à lui n’a rien perdu de l’enchantement qui ressortait de la première version. Les
prouesses techniques sont au rendez-vous avec l’humour et la magie qui caractérisent certains passages
comme celui du verre d’eau.
En sortant de là, nous voilà bien en état d’apesanteur nous aussi. Il est des moments de grâce qui font les
petits bonheurs…
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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Arpenteur de songes
Par Léna Martinelli pour Les Trois Coups - 24 mars 2016
Créé en 2002, « Fenêtres » a fait connaître Mathurin Bolze, figure emblématique du cirque contemporain.
Pour la reprise du spectacle, notamment au Monfort, dans le cadre du festival (Des)Illusions, c’est Karim
Messaoudi qui hérite du rôle. Merveilleuse célébration de la voltige acrobatique !
Un sol qui rebondit, un plancher à la verticale, une maison de travers… Ici, rien ne se trouve à sa place. Même
les spectateurs, sur scène, voient leurs repères bousculés. Avec Bachir, on entre d’emblée dans un
imaginaire en suspens. Fenêtres est l’histoire d’un homme qui veut vivre pleinement, dans tous les sens.
Celui-ci s’envoie donc en l’air. Par ses explorations, ce personnage énigmatique rencontre d’autres
voyageurs invisibles : marins nostalgiques, astronautes affranchis de l’apesanteur, Plume et autre Philémon.
Tous un peu borderline.
Bachir en a effectivement marre de « vivre à plat ». Il se cogne à une bien triste réalité, refuse de rentrer dans
le cadre. Tel un animal en cage, il allume et éteint toutes les lumières, fait le tour et le détour de son espace,
de façon obsessionnelle. A-t-il basculé dans la folie ? Que nenni ! Bachir veut seulement « vivre en volume ».
Pour s’en sortir, ce doux dingue s’invente donc une vie à la gravité moins présente, réinvente son quotidien.
Arpenteur de songes, il repousse les limites. Il n’a pas pour autant la folie des grandeurs, ce rêveur. Il prend
juste un peu de hauteur. Autant d’échappées à sa si pesante solitude.
Pour ce solo inspiré du Baron perché d’Italo Calvino, le metteur en scène Mathurin Bolze a fait du trampoline
le centre de son dispositif. En contrebas de la scène, son personnage s’y jette, rebondit et s’élève. Et c’est
une idée géniale, car Fenêtres ouvre de bien belles perspectives.
Un réel sublimé d’humour et de poésie
Dans tous ses spectacles, le fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête aussi
(M.P.T.A.) mêle plusieurs techniques, croise cirque, danse et théâtre. Comme terrain de jeu, une
grande cabane en bois aux larges fenêtres, aux mille et un détails (praticables, guindes, loupiotes
insensés). Mathurin Bolze y a réglé, au millimètre près, chaque mouvement pour tantôt rendre
absurdes les gestes quotidiens, tantôt transformer le dérisoire en sublimes envolées poétiques.
Avec inventivité et beaucoup de talent.
Les pieds en l’air et la tête en bas, son interprète s’en donne à cœur joie. De façon virtuose, Karim
Messaoudi fend l’air de sa présence incandescente, disparaît dans un souffle pour mieux ressurgir
et prendre la tangente. Lunaire à souhait, il plane, brille au firmament. Quelle envergure ! Il est ici et
ailleurs, comme l’homme et son double, l’ombre et la lumière. Avec une agilité et une grâce peu
communes, ce voltigeur époustouflant défie les lois de la gravité. En dansant ainsi dans les airs, il
ancre son empreinte dans les esprits pour longtemps. Attention de ne pas laisser passer cet ange ! ¶
Léna Martinelli
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
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L’acrobate et son double
Par Maryvonne Colombani pour Zibeline - Janvier 2016
Mathurin Bolze et Karim Messaoudi défient la gravité dans une pièce d’une aérienne poésie,
Barons perchés.
Avec son spectacle, Barons Perchés, Mathurin Bolze nous convie à suivre le deuxième volet de l’histoire
commencée avec Fenêtres et son personnage Bachir. À l’instar de Côme, fils aîné du baron Laverse Rondeau,
du conte d’Italo Calvino, notre personnage s’évade de la médiocrité de vies attachées à la loi d’une
gravitation qui se voudrait universelle, faisant la démonstration de l’exercice plein de la liberté. Le cadre
scénique se compose d’une cabane en bois, façade ajourée de larges baies, côtés aux nombreuses issues,
portes (dont une en hauteur au milieu d’un mur), fenêtres, volets, trappe… la plus grande partie du sol est
occupée par un trampoline. Bachir entre, de retour de voyage sans doute, renoue avec l’univers familier de
sa maison, enlevant les draps qui ont protégé les meubles durant son absence. L’éclairage sobre, semble
émaner simplement des diverses lampes, tandis qu’une radio égrène ses mots et ses musiques, situant le lieu
dans un paysage urbain, vraisemblablement oriental, avec, au cours de l’histoire, lointaine, la chanson
grecque à propos d’un amour perdu Gulbahar (Γκιούλμπαχαρ)… Le solitaire se voit rejoint par son double,
ombre qui épouse ses gestes, les copie, les décale, s’échappe parfois, hors de contrôle, à l’instar de l’ombre
d’un Peter Pan. Chutes, bondissements, voltes, vrilles, sauts, les figures gymniques deviennent danse
aérienne, acrobatique poésie où les murs sont pris d’assaut où le vertige se fait ivresse… Fluidité des gestes,
des corps, qui accorde une dimension onirique au quotidien. Le cirque ici est théâtre, danse, accompagné
par un jeu de lumières et de sons d’une sensible délicatesse. Bachir, héros récurrent ? En espérant un
nouveau voyage en apesanteur…
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Fenêtres, un solo de Mathurin Bolze transmis à Karim Messaoudi
Barons perchés, un duo de Mathurin Bolze et Karim Messaoudi
Le trampoliniste Mathurin Bolze a trouvé son double.
par Mathieu Braustein pour Télérama le 18 Janvier 2016
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Habités, les voltigeurs explorent le monde la tête en bas, dans une danse-poursuite élégante.
C'était il y a quinze ans. Mathurin Bolze, un acrobate au tempérament de danseur, nous livrait les
clés de sa cabane. Assiégé par le public accoudé aux fenêtres, le jeune rêveur sur trampoline — à
l'image du Baron perché d'Italo Calvino, dont était déjà inspiré le spectacle — ne trouvait
d'échappatoire que vers le haut. Dans ce premier vol en solitaire, le fondateur de la compagnie Les
Mains les Pieds et la Tête aussi (MPTA) jetait les bases de ce qui allait faire son style, tissé d'élégance
et d'une extrême justesse de positionnement.
Aujourd'hui revenu de diverses aventures (Du goudron et des plumes, Nous sommes pareils à ces
crapauds...), l'acrobate a retapé sa cahute. Pour mieux marquer le passage de la quarantaine,
peut-être, Bolze a sacrifié au rituel du costume deux-pièces. Surtout, le trampoliniste s'est trouvé
un jumeau, un clone de cirque, en la personne de Karim Messaoudi, jeune voltigeur lui aussi issu du
Centre national des arts du cirque, qui reprend son rôle dans Fenêtres (2002) et lui tient compagnie
dans ce récent Barons perchés (2015). Même silhouette, même gabarit, mêmes boucles brunes, la
ressemblance physique entre les deux « monte-en-l'air » est troublante.
Mais celle-ci nous importe moins que l'usage de l'espace. A la fois intérieur et extérieur, la cabane
définit un cadre ouvert, une boîte dans la « boîte noire » du théâtre, d'où surgissent maintenant
deux diables habités. Mathurin et son double s'y relaient sans jamais croiser le fer. Impossible de
déterminer qui précède qui, dans cette poursuite minutée où une ombre juvénile s'attache aux pas
de son aîné, mais tout aussi bien lui ouvre la voie vers un possible ailleurs... Entre musique bruitiste
et brouhaha de foule (mixés par Jérôme Fèvre, cofondateur de la compagnie MPTA), le monde réel
s'y introduit par le biais d'une bande-son travaillée. Invisible depuis la salle, la toile du trampoline
devient par ricochet le lieu de toutes les projections : hantise, folie et, pour ce qui nous concerne,
sublime nostalgie.
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