rhône-alpes - Comité Bellecour

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rhône-alpes - Comité Bellecour
RHÔNE-ALPES
© ATELIERS AS, 2007 - VINCENT LEROUX
LES ARTISANS
DU LUXE
Portraits de ceux qui renouvellent
le savoir-faire d'exception
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Rhône-Alpes est héritière
d’une histoire marquée par
les filières bijoux, cuir et textile.
LE NOUVEAU LUXE
RÉGIONAL
Petite main discrète des géants du luxe international et berceau historique
de nombreux artisans de talent, la région Rhône-Alpes ne cesse de réinventer ses traditions
pour mieux les propulser dans le XXIe siècle. Tour d’horizon.
L
PAR AUDREY GROSCLAUDE ET PAULINA JONQUIÈRE D'ORIOLA
e luxe se rapporte, selon le Larousse, à ce
qui est « coûteux, raffiné, somptueux ».
D’aucuns ajouteraient « et français », tant
l’art de vivre hexagonal continue de faire
fantasmer le monde. Avec 39 milliards
d’euros de chiffre d’affaires (Business France, 2013), les marques tricolores représentent un quart du
CA planétaire (Etude Bain & Company, 2013). L’on retrouve même, parmi les sept premières au classement international, trois fleurons français
(Deloitte, 2014) : l’Oréal, Kering et le leader mondial LVMH,
propriétaire entre la Drôme et l’Ardèche de plusieurs sites
(Marsaz, Saint-Donat, Sarras…). Un autre grand du secteur,
Hermès, est entré au capital des ateliers A.S de PierreBénite, lesquels réalisent l’impression de ses carrés, dès
1965, « avant d’en devenir progressivement l’actionnaire majoritaire », précise Guillaume de Seynes, directeur général du
pôle amont et participations d’Hermès, qui possède à
Pierre-Bénite une autre usine dédiée à la maroquinerie. Des
références emblématiques qui restent, en région, exceptionnelles. Car, si l’industrie du luxe fait figure de
3 JUIN 2016 - RHÔNE-ALPES - LE FIGARO MAGAZINE 3
© TASSINARI & CHATEL/MORGANE LE GALL
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moteur pour la compétitivité
nationale, sa simple appellation relève du paradoxe tant le secteur est
d’abord affaire de TPE, de PME et
d’artisans d’art œuvrant en solo. Une
diversité des profils que l’on retrouve
localement au sein du Comité Bellecour, format «micro » du prestigieux
Comité Colbert.
Créé en 1996 par Charles Jouffre, Joël
Orgiazzi, la Manufacture Prelle et les
ex-établissements Reymondon (Lyon
Manufacture Passementerie), le Comité Bellecour et ses 15 membres
travaillent en réseau pour exporter
leurs créations made in Rhône-Alpes.
Prochaine escale : Londres et ses
40 000 décorateurs. Pour beaucoup
d’entreprises rhônalpines, l’essentiel du business se fait en effet hors
de nos frontières. Moissonnier exporte ainsi 90 % de sa production,
l’ébéniste Christophe Isaac (société
Image) installe ses vasques en bois
massif au Moyen-Orient alors que le
verrier Vincent Breed exporte ses
œuvres à Hong Kong. « Les étrangers
sont très sensibles à cet amour du métier et aux choses bien faites », analyse
Jean-Philippe Caille, dirigeant du
groupe Ideal Sport qui compte,
outre la Filature Arpin, les marques
Skis Lacroix, Degré 7 et Duvillard.
Pour autant, ce riche patrimoine n’est
plus synonyme de prix exorbitants.
« Le luxe aujourd’hui relève de l’attitude », souligne Emmanuel Foyatier
de Maison Martin Morel.
Même réflexion chez Pure Slo : « Nous
ne faisons aucun compromis sur la
qualité, mais ce qui nous intéresse,
c’est surtout de créer du lien avec nos
clients. » Un nouveau luxe de proximité qui n’a paradoxalement jamais
été aussi international grâce aux réseaux sociaux et à la capacité des
entreprises, centenaires ou non, à
mettre en scène leur patrimoine sur
Instagram. A.G.
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LES ÉTRANGERS
SENSIBLES AU
SAVOIR-FAIRE
FRANÇAIS
CHAUSSURES
LE SOULIER FRANÇAIS
OU LA RENAISSANCE
D’UN SAVOIR-FAIRE
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aut-lieu de la chaussure, la
Drôme a souffert des fermetures successives d’ateliers.
Un paradoxe, puisque la demande en
made in France ne cesse de croître.
Mais faute d’usines ne travaillant pas
uniquement en marque propre, nombreux sont les chausseurs contraints
de se rabattre sur une production
étrangère. Cette difficulté, Xavier
Porot et Priscille Demanche l’ont
rencontrée lorsqu’ils ont lancé Ellips,
en 2010, puis Bichette, en 2014. L’année suivante, le couple apprend la
fermeture des usines Charles Jourdan
et Stéphane Kélian. « Après avoir rencontré les artisans, nous avons décidé de
reprendre l’activité », explique le tan-
dem. Un vrai défi, mais le duo est
bien armé. L’un possède une solide
expérience dans la performance industrielle, l’autre évolue depuis longtemps dans le milieu de la chaussure.
Priscille Demanche a en effet remporté le premier prix européen de
création de chaussures en 2007. Et
son prototype avait justement été fabriqué dans l’usine Jourdan, un joli
clin d’œil ! Aujourd’hui, Le Soulier
Français accompagne une dizaine de
marques, s’appuyant sur le réseau et
le savoir-faire des anciens, qui forment
la nouvelle génération. En 2016, l’usine
de Bourg-de-Péage s’est agrandie et un
concept store a ouvert ses portes. P.J.D’O.
lesoulierfrancais.com
BIJOUX
TOURNAIRE,
LA HAUTE-JOAILLERIE
AFFRANCHIE
D
es créations sculpturales et une passion transmise de père
en fils : tel pourrait être l’ADN de la maison Tournaire. Son
Bague
fondateur, Philippe Tournaire, est un parfait autodidacte.
French
Fasciné par les objets du quotidien créés par les premiers hommes, il
Kiss.
allie dès ses débuts les savoir-faire ancestraux aux techniques modernes. Ses bijoux sont alors façonnés à partir de galets déposés par la rivière serpentant au pied de son atelier. En 1984, il ouvre sa première boutique
dans la Loire, à Montbrison, sa terre natale, puis à Lyon, en 1998, avant d’être intronisé place
Vendôme, en 2004. Fervent défenseur d’un « désordre organisé », l’enfant terrible de la haute
joaillerie s’est aussi ouvert à l’international, et connaît un franc succès en Chine, notamment
avec sa collection French Kiss. Diplômé en gemmologie, Mathieu Tournaire, son fils, a rejoint
l’aventure familiale après avoir étudié l’histoire et l’anthropologie. Du dessin à la présentation
en boutique, tout est pensé et réalisé en interne, dans la Loire. Le joaillier aime aussi s’associer
à d’autres maisons pour des collaborations exclusives. Prochainement, Tournaire dévoilera la
boule de pétanque la plus chère au monde aux côtés d’Obut, une autre vedette locale. P.J.D’O.
À partir de 300 ¤. 112, cours Charlemagne, Lyon 2e. www.philippetournaire.com
4 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
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© D.R.
Grégory Moreau, fondateur de Valgrine.
GOLF
VALGRINE,
LA ROLLS DES PUTTERS
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abellisée Entreprise du patrimoine vivant, au même
titre que les grands noms de la haute couture française, la manufacture ValGrine allie l’excellence de la
technologie au savoir-faire des maîtres artisans. Issu d’une
famille d’industriels de la métallurgie, Grégory Moreau
lance la marque, basée à Saint-Étienne, en 2012, à Megève
avec une seule ambition : créer le putter le plus innovant au
monde. Ce passionné de golf s’entoure des meilleurs
joueurs et ingénieurs du globe, et après trois années de
R&D, dépose plusieurs brevets. ValGrine s’appuie sur des
matériaux de pointe issus de l’aéronautique ou de la compétition automobile, mais aussi sur la joaillerie et l’horlogerie de luxe, le tout combiné à une délicate science des
matériaux. Produits pièce par pièce en un à trois mois, les
putters sont entièrement personnalisables, afin de répondre
aux exigences techniques et esthétiques de chacun sur le
green. Le raffinement à l’état pur. P.J.D’O.
© D.R.
Prix sur demande. www.valgrine.com
Produits pièce par pièce, Valgrine peut
personnaliser chacun de ses putters.
6 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
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TEXTILE
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MAISON
MARTIN MOREL
LA MARQUE
D’UN SIÈCLE
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MARION CLÉMENT
ET SES BIEN JOLIS CHAPEAUX
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essiner, créer et fabriquer de
ses mains, tel est le leitmotiv
de cette touche-à-tout. Après
des études en design et arts appliqués, Marion Clément se forme à
l’ébénisterie, avant d’intégrer le
musée du chapeau de Chazelles-surLyon (Loire), où elle se perfectionne
auprès des meilleurs chapeliers de
France. Un savoir-faire unique qui lui
permet de confectionner des pièces
pour le cinéma ou encore les grands
couturiers tel Jean-Paul Gaultier. Depuis un an, Marion Clément s’est ins-
tallée à Saint-Étienne. « Cette ville
me permet de tester et d’inventer »,
confie-t-elle. Dans son atelier, elle
confectionne des chapeaux sur mesure pour sa clientèle locale, et élabore sa propre collection. Parmi ses
matières fétiches : le feutre en poils
de lapin, mais aussi le cuir, la paille
et les plumes qu’elle travaille de
façon artisanale ou plus contemporaine, avec des outils comme la découpe au laser. P.J.D’O.
Nicolas et Kyle,
le duo fondateur de Pure Slo,
SPORTS DE GLISSE
PURE SLO, TRICKS CHIC
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À partir de 120 ¤. 25, rue Pointe-Cadet,
Saint-Étienne. marionclement.com
B AG AG E S
DE RIGUEUR,
LA MAROQUINERIE CONNECTÉE
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’histoire débute en 2008 dans le grenier familial quand Adrien Deslous-Paoli y déniche
un petit sac en cuir appartenant à son grand-père. « J’ai découvert un authentique
“baise-en-ville”, un modèle très répandu dans les années 1930 qui permettait
de transporter le nécessaire pour passer une nuit hors de chez soi », se souvient-il. Séduit
par son élégance et sa praticité, ce diplômé de l’Edhec décide de le remettre au goût du jour,
en l’agrémentant des apports de la technologie. C’est ainsi que naît De Rigueur, une gamme
de maroquinerie intelligente fabriquée à la main. Son produit phare, le Connected Sleeve, est
une mallette compacte permettant de transporter une tablette et tout
ce qui se fourre habituellement dans les poches. Son petit plus ?
Un système intégré de recharge de smartphone par
induction électromagnétique. Pour rendre hommage
au passé très français de cet objet, le fondateur a choisi
de faire fabriquer dans l’Hexagone, et notamment dans
le Rhône, à Colombier-Saugnieu. Adrien Deslous-Paoli
a également développé un bureau d’études et devrait
travailler avec de grandes marques de luxe, intéressées
par sa technologie. P.J.D’O.
De 35 à 650 ¤. www.derigueur.fr
8 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
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MODE
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Marion Clément.
Talents de Mode, il propose cet été
une espadrille pour hommes et femmes
co-réalisée avec Angarde. « La marque
travaille sur un produit traditionnel remis
au goût du jour, nous sommes dans
un positionnement assez similaire »,
remarque Emmanuel qui déclinera
dès septembre son formidable vivier
d’imprimés dans une ligne d’accessoires
pour la maison (papier peint, coussins…).
Le début, peut-être, d’une success-story
à la Marimekko (emblématique marque
finlandaise en matière de tissus imprimés,
NDLR)dont il évoque timidement l’épopée
depuis ses débuts. A.G.
www.maisonmartinmorel.com
lle est disponible en vingt exemplaires seulement. La
petite dernière de Pure Slo, une planche « du quotidien » en érable canadien et acajou, baptisée Cruiser
(300 €), a été lancée il y a quelques semaines, après huit mois
de travail aux côtés du skater-menuisier suisse Laurent
Golay. Un produit rare, performant et précieux, qui illustre
parfaitement l’esprit de la griffe lyonnaise, singulier mix
de glisse contemporaine et d’artisanat. Skis, wakeboards et
wakesurfs sont en effet fabriqués en toute petite série avec
l’appui de Ludovic Lacroix, à la tête des prestigieux skis
Lagriffe. « Les matières utilisées sont nobles (comme l’épicéa
du Risoux, traditionnellement utilisé par les luthiers NDLR)
mais nous tenons absolument à rester proches de nos clients »,
insistent ses fondateurs. Aussi à l’aise dans ses ateliers du
Jura que sur les réseaux sociaux, le duo d’entrepreneurs
formé par Nicolas Dubost (Insa, EM…) et l’Américain Kyle
Bonhomme (histoire de l’art, management international)
s’est créé un univers suffisamment riche pour séduire bien
au-delà de la communauté des amateurs de glisse. « Même
si elles sont très techniques, certaines de nos planches ne verront
peut-être jamais l’eau », s’amuse Nicolas. Lancé il y a un an
à peine, grâce à une campagne de
financement participatif, leur catalogue totalise déjà une dizaine
de références made in France, du
t-shirt aux wakesurfs. En attendant l’arrivée, cet hiver, de nouveaux modèles de skis, le duo
vient d’annoncer la mise en vente
prochaine d’une planche décorée
par un autre duo en vogue, les artistes de TFTH, qui devraient aussi
cosigner une centaine de t-shirts
en série limitée. A.G.
www.pureslo.fr
© IGO STUDIO ©AURÉLIEN AUMOND
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© D.R.
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© IGO STUDIO ©AURÉLIEN AUMOND
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n 1896, Martin Morel installe à
Bourg-de-Thizy, dans le Beaujolais
(Rhône), son entreprise
d’impression textile. En 1982, l’usine ferme
ses portes mais la famille continue
d’habiter sur place pour la plus grande joie
d’Emmanuel Foyatier, son arrière-petit-fils,
qui explore, enfant, les moindres recoins
des bâtiments. Devenu grand, il s’inscrit en
école de commerce et multiplie les stages
dans l’univers du luxe, de Dior cosmétiques
à Moët & Chandon, avant de redécouvrir
presque un siècle d’archives textiles.
Des milliers de dessins dans lesquels
le jeune entrepreneur puise depuis 2013
pour imaginer combinaisons, jupes, robes,
tops et pantalons (de 40 à 700 ¤) bien
dans l’air du temps, imprimés de motifs
vintage mais toujours revisités. Installé
au Village des Créateurs depuis son prix
3 JUIN 2016 - RHÔNE-ALPES - LE FIGARO MAGAZINE 9
© MOISSONNIER
Le modèle 573 ou commode L.XV se prête à toutes
les personnalisations. Il est disponible partir de 10 900 euros.
MOBILIER
MOISSONNIER,
LA JOYEUSE ÉBÉNISTERIE
C
e qui fait Moissonnier, la magie des couleurs, son audace, sa créativité, nous l’avons hérité de la famille fondatrice. Artistes, ils ont marqué l’entreprise de leur
originalité en traçant la route que nous suivons encore aujourd’hui », rappelle Christine Duval, sa directrice générale
depuis sept ans. Ouvrant grand les portes des commandes
spéciales, elle a propulsé l’entreprise bressane dans le cercle des marques ambassadrices d’un certain art de vivre à
la française, installant son « mobilier haute facture » chez
Harrod’s (Londres), dans divers palaces (Meurice, Mandarin
Oriental, Grand-Hôtel du Cap-Ferrat…), mais aussi en
Chine (Shangaï, Chengdu…) et bientôt à Vancouver, où la
marque s’entoure de partenaires locaux pour inaugurer
d’ambitieux showrooms. 90 % de la production quitte ainsi
les ateliers de Bourg-en-Bresse (Ain), fondés en 1885, pour
l’international. Ce qui n’empêche pas Moissonnier, labellisée Entreprise du patrimoine vivant et membre des Ateliers
d’art de France, de préserver jalousement les gestes d’antan
et la production française, supplément d’engagement écologique en prime (essences en provenance de forêts locales,
tri sélectif…). Son best-seller, la commode L573 d’inspiration Louis XV se prête à toutes les fantaisies et peut, selon les
finitions choisies, flirter avec les 15 000 €. A.G.
© MOISSONNIER
www.moissonnier.com
Moissonnier préserve jalousement les gestes d’antan
et la production rhônalpine.
10 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
é v a s i o n
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L’abbaye
de Hautecombe.
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© PHOTOS : SAVOIE MONT-BLANC/LANSARD
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Le château de Ripaille,
dernière demeure
d’Amédée VIII.
S
LE DUCHÉ DE SAVOIE, 600 ANS D’HISTOIRE
L
© J.-S. FAURE
Au cœur des basses
vallées, les nobles
forteresses
s’apprêtent à hisser
haut les bannières
de la Maison
de Savoie. Plusieurs
expositions
attendent les curieux
pour revivre
les grandes heures
du Duché qui célèbre
ses 600 ans.
e 19 février 1416, le château de
Chambéry, robuste forteresse du
XIe siècle, accueillait un opulent
banquet en l’honneur de l’empereur Sigismond du Saint-Empire romain
germanique. Élevé au rang de duc, le comte
Amédée VIII, qui préférait l’art de la négociation à celui de la guerre, prenait ainsi la
tête de l’un des plus puissants territoires
d’Europe : le Duché de Savoie. Siège de l’administration, Chambéry fut capitale jusqu’en 1563, avant qu’on lui préfère Turin,
moins exposée aux assauts des Français. Seigneur mélomane, Amédée VIII fit pénétrer
la musique au sein de la vie religieuse de la
chapelle ducale, connue pour avoir abrité le
Saint-Suaire au XVIe siècle. Cet été, le château fera à nouveau la part belle aux artistes
en s’ouvrant au spectacle vivant pendant les
Estivales (du 5 au 22 juillet).
Pour asseoir son autorité, le duc escorté par
sa cour se déplaçait dans les places fortes de
son royaume, à Rumilly, Chillon, Clermont
ou encore Annecy. Le musée-château de la
Venise des Alpes propose justement une exposition sur Les vies de château, mettant en
lumière le regard porté sur ces outils de
construction politique mués en monuments
emblématiques.
Édifice le plus visité de Savoie, l’Abbaye de
Hautecombe ambitionne aussi de faire découvrir l’histoire de ces bastions du pouvoir
12 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
à travers une exposition gratuite au sein de
la Grange-Batelière. Véritable trésor architectural, l’abbaye fut construite par des
moines cisterciens au XIIe siècle. Sa fantasmagorique façade s’élève au-dessus des
eaux du Bourget, et c’est donc seulement
par voie fluviale qu’elle se laisse contempler
(de nombreuses croisières sont organisées
au départ d’Aix-les-Bains).
Dernière demeure d’Amédée VIII, le château de Ripaille ouvre ses portes au public
pour une ultime visite sur les traces du plus
emblématique duc de Savoie. Entre Thonon
et Évian, cette incroyable bâtisse mêle style
médiéval et Art-Nouveau. De nombreux
concerts y sont organisés, et on peut y acheter le vin AOC de la propriété. Il sera alors
l’heure de vous attabler pour ripailler !
PAULINA JONQUÈRES D’ORIOLA
MANGER. Premiers Mets dont le chef est passé par
les cuisines du double étoilé Laurent Petit, propose
une cuisine délicate et raffinée.
2, place Saint-Maurice, Annecy.
Tél. : 04.57.09.10.54.
DORMIR. Le Petit Hôtel Confidentiel risque de ne
pas le rester bien longtemps. Au cœur de cette bâtisse classée du XVe siècle, onze chambres et suites
douillettes vous attendent pour un séjour 5 étoiles.
10, rue de la Trésorerie, Chambéry.
Tél. : 04.79.26.24.17.
e n c h è r e s
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H
A
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S
À LA BONNE
HEURE
ET LA LUMIÈRE
FUT !
R
olex, Patek Philippe,
Breguet, Vacheron
Constantin… La seule
évocation de ces grands
noms de l’horlogerie suffit à
faire vibrer les connaisseurs.
Et ils sont nombreux en la
matière. « Les ventes de
montres de ces manufactures
d’exception sont suivies par
des collectionneurs du monde
entier », atteste Denis Corpechot, expert en horlogerie.
Le 7 juin prochain, la maison
Conan Hôtel d’Ainay, à
Lyon, mettra en vente trois
pièces exceptionnelles susceptibles de retenir l’attention des passionnés les plus
avertis. Notamment une
montre des « Établissement
mixtes » de Breguet N° 1578,
vendue en 1820 du vivant
d’Abraham-Louis Breguet.
« Il s’agit d’une pièce qui
AGENDA
Vente de bijoux. Mardi 7 juin,
à 14 heures. Étude Carlier
à Saint-Étienne.
Mobilier, objets d’art, orfèvrerie,
art d’Asie. Mercredi 15 juin,
à 14h30. Étude de
Baecque à Lyon.
Vente militaria, armes
anciennes, souvenirs
historiques. Jeudi 16 juin,
à 14 heures.
Étude Bremens à Lyon.
I
s’adresse à des personnes
conscientes de la qualité artisanale d’un véritable artiste »,
s’enthousiasme Denis Corpechot.
Une Patek Philippe de smoking en platine et une montre gousset en or avec un
cadran à décor de théâtre
feront aussi partie de cette
vente. Des montres d’exception estimées entre 6 000 et
10 000 euros chacune.
Jacques Adnet, Stilnovo,
Castiglioni, Scalpa, Seguso,
Murano, Jacques Quinet…
ces fabricants et designers
reconnus de luminaires
du XXe siècle font aujourd’hui
les beaux jours des salles
des ventes.
Ces lampes, principalement
composées de verre soufflé,
parfois gravé à l’acide,
et de matériaux assez nobles
comme le laiton et le métal
nickelé et chromé, ont le vent
en poupe. « Ces luminaires
sont achetés par
des particuliers lorsqu’ils
ont un coup de cœur, pour
les professionnels, ce sont
plutôt des architectes
d’intérieurs et des décorateurs
FRANÇOISE SIGOT
Vente montres et bijoux, Conan
Hôtel d’Ainay, le 7 juin à 18 heures.
LES ARTS DÉCORATIFS
EN VEDETTE
Loin des effets de mode, les Arts
décoratifs sont une valeur sûre
des salles des ventes. Gallé,
Daum, Lalique, de grands noms
de la verrerie d'art sont ainsi
régulièrement représentés dans
ces enchères, tout comme Louis
Majorelle, Pierre Paulin et bien
d’autres maîtres de l’ébénisterie
ou du design. « Ces dates sont
suivies par une clientèle à 80 %
internationale », fait-on valoir
ÉDITION : Le Figaro Magazine/Partenaire Publyme I ÉDITION DÉLÉGUÉE :
Frédérique Roche I RÉDACTION EN CHEF
DÉLÉGUÉE : Catherine Foulsham (Tél. :
04.72.32.29.13) I RÉDACTION : Agence
de presse Objectif Une ([email protected]
objectif une.fr) I ONT COLLABORÉ À CE
NUMÉRO: Rachida El Mokhtari (coordination), Emmanuelle N’Diaye (relecture), Audrey Grosclaude, Paulina
Jonquères d’Oriola, Françoise Sigot
I MISE EN PAGE : Pôl’arts Lyon I PUBLICITÉ :
PartenaireRégie:15,rueLouis-Blanc,
69006 Lyon - Tél. : 04.72.83.74.60
I CONTACTS : Anne Bouvard, Jessy
Kosman, Didier Revy, Laetitia Souci.
www.partenaire.fr
14 LE FIGARO MAGAZINE - RHÔNE-ALPES - 3 JUIN 2016
à l’Étude Aguttes. Le 21 juin,
une vente « Arts décoratifs »
regroupera des pièces
exceptionnelles dont une console
en fer forgé, signée Gilbert
Poillerat, un modèle exécuté sur
commande spéciale pour
une famille lyonnaise et estimé
entre 20 000 et 25 000 euros. F.S.
Vente Arts décoratifs du XXe,
Étude Aguttes,
le 21 juin à 14 heures.
© D.R.
E
LY O N
© D.R.
N
HORLOGERIE
© D.R.
Ô
qui les recherchent »,
note Frédéric Milliarède,
commissaire-priseur au sein
de l’étude éponyme,
qui propose, le 9juillet
prochain, une vente
entièrement dédiée
aux luminaires du XXe
de l’époque Art Déco
jusqu’aux années 1990. F.S.
Vente luminaires du XXe,
Étude Milliarède à Lyon
le samedi 9 juillet à 14h30.

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