De nouvelles conflictualités depuis la fin de la Guerre froide

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De nouvelles conflictualités depuis la fin de la Guerre froide
Thème 2. Chapitre 5.
De nouvelles conflictualités depuis la fin de la Guerre
froide
HISTOIRE, THEME 2, CHAP.5. Les nouvelles conflictualités…
Lire le cours du manuel p. 138 et 144. Voir carte p. 136-137.
REPERES
CHRONOLOGIQUES
- 1991 : éclatement de l’URSS.
- 1990-1991 : « Guerre du Golfe » sous l’égide de l’ONU
- Président de Etats-Unis : G. H. Bush (1989-1993), B. Clinton (1993-2001), G. W. Bush (2001-2009), B. Obama
(2009- 2017), D. Trump (2017- ?)
- Président de la République française : F. Mitterrand (1981-1995), J. Chirac (1995-2007)
- 1991- 1996 : Guerres de Yougoslavie.
- 1992-1996 : Siège de Sarajevo.
- 11 Septembre 2001 : Attentats à New- York et à Washington.
- 2001-2014 : « Guerre contre le terrorisme », Etats-Unis en Afghanistan.
- 2003-2011 : « Guerre d’Irak », Etats-Unis en Irak.
- 2011- ? : Guerre en Syrie.
→ Raconter la Guerre du Golfe et montrer en quoi elle illustre le nouvel ordre international post-guerre
CONNAISSANCES
NOTIONS ET
VOCABULAIRE
CAPACITES
→
→
froide.
Décrire et expliquer la multiplication des conflits dans un monde multipolaire depuis 1990.
Montrer que les attentats du 11 septembre ouvrent une nouvelle période dans l’histoire des
relations internationales et illustrent les nouvelles formes de menaces qui pèsent sur le monde.
Hyperpuissance – résolution du conseil de sécurité de l’ONU – « nouvel ordre
mondial » – droit international – multilatéralisme – « gendarmes du monde » – guerre
dissymétrique – monde multipolaire – guerre civile – guerre conventionnelle – guerre
nationaliste/ethnique – terrorisme international – « Axe du Mal » – guerre préventive –
guerre irrégulière – guerre de basse intensité – jihadisme – salafisme – chiite –
sunnite.
► Etudes de documents vidéo
► Etude critique de documents
I. Un nouvel ordre mondial après la Guerre froide. Etude : la guerre du Golfe (1990-1991).
II. La multiplication des conflits depuis 1990. Etude : le siège de Sarajevo (1992-1996).
III. Le terrorisme mondialisé. Etude : le 11 septembre 2001.
I. Un nouvel ordre mondial après la Guerre froide.
Etude : La Guerre du Golfe (1990-1991)
1. Histoire à la carte : carte 2.17 (Irak en guerre)
2. Visionnage d’un film extrait du DVD « Planète BAC, quand le monde bascule. Les années 1990, épisode 1, la
guerre du Golfe ». Questionnaire à compléter.
La guerre du Golfe (1990-1991) illustre la naissance d’un nouvel ordre mondial fondé sur le droit
international et l’hyperpuissance américaine.
En 1990, l’URSS est moribonde : les Soviétiques ne s’opposent pas à l’émancipation des
démocraties populaires d’Europe de l’Est, en 1991 le Pacte de Varsovie est dissous et l’URSS éclate. Au
moment de l’invasion irakienne du Koweït l’URSS n’est pas en mesure d’imposer un point de vue et elle
condamne l’agression de S. Hussein laissant ainsi les Américains et les Occidentaux réagir : les
Soviétiques acceptèrent toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la guerre du
Golfe. La Guerre froide est terminée.
La guerre du Golfe peut être considérée comme le premier acte du « nouvel ordre mondial » défini
par le président américain G. H. Bush (1988-1992) qui déclare dans un discours au Congrès le 6 mars
1991 « Maintenant nous voyons apparaître un ordre nouveau (…). Un monde où les Nation Unies,
libérées de l’impasse de la Guerre froide, sont en mesure de réaliser la vision historique de leurs
fondateurs ». En effet, la disparition de l’URSS a permis à l’ONU de retrouver une place de premier plan
sur la scène internationale : la guerre du Golfe a été légitimée par les résolutions du Conseil de sécurité et
une large coalition de pays a participé à l’offensive contre l’Irak. L’ONU est donc acteur majeur des
relations diplomatiques à partir des années 1990. Les missions de paix de l’ONU sont nombreuses mais
se limitent souvent à un rôle humanitaire ; l’ONU est cependant impuissant à faire appliquer le droit
d’ingérence qui désigne le droit d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat au nom de la défense de
populations en détresse.
Ce nouvel ordre mondial dont la base est le droit international garanti par l’ONU, doit être fondé sur
le multilatéralisme c'est-à-dire la conciliation des positions de tous les Etats. Mais, dans les faits, les EtatsUnis sont la seule puissance majeure capable d’imposer par la force les décisions d’une communauté
internationale qu’ils dominent : ce sont les « gendarmes du monde ». Sous la présidence de Bill Clinton (
1993-2001), les Etats-Unis apparaissent comme la seule hyperpuissance. Ils allient en effet la force
militaire – avec la moitié des forces nucléaires et navales du monde -, la puissance économique, mais
également la connaissance (renseignement) et surtout la capacité de façonner l’opinion mondiale par le
contrôle de l’information. Ils influencent le reste de la planète par leur cinéma ou encore la chaîne CNN,
créée en 1980.
Le nouvel ordre mondial est, en terme militaire, conçu par les Américains comme un
perfectionnement des guerres conventionnelles et totales dans lesquelles les Etats-Unis écrasent l’ennemi
dans un conflit dissymétrique. Mais la multiplication des conflits dans les années 90 montre les limites de
ce nouvel ordre mondial.
II. La multiplication des conflits depuis 1990.
Etude : Le siège de Sarajevo (1992-1996), symbole des guerres de Yougoslavie
1. Archives vidéo :
- Reportage télévisé sur les début et les causes de la guerre en Yougoslavie (10/06/1992),
http://www.ina.fr/video/I04219874/retro-conflit-yougoslave-video.html.
- Reportage télévisé sur les débuts du siège de Sarajevo (15/07/1992), http://www.ina.fr/video/CAB92041105.
2. Etude de documents du manuel p. 142-143. Questions 1-2-3 + étude d’une caricature de Plantu.
chronologie.
Juin-juillet 1991 : Slovénie + Croatie proclament leur indépendance. La Yougoslavie (dominée par les Serbes, Slobodan Milosevic) intervient
militairement.
Février 1992 : CSR 743 et 758, création de la FORPRONU (Forces de protection des Nations unies). Proclamation de l’indépendance de la BosnieHerzégovine (province multiethnique).
Avril 1992 : Début du siège de Sarajevo en Bosnie par les forces serbes.
1993 : Création du TPIY par les Nations unies. Les Serbes sont tenus pour responsables de la guerre.
5 février 1994 : Bombardement serbe du marché de Markale à Sarajevo.
Avril 1994 : Bombardements de l’OTAN sur les forces serbes.
Mai 1995 : Les Serbes prennent des Casques bleus en otage.
Juillet 1995 : Massacre de Bosniaques (6000-8000 morts) par les Serbes à Srebrenica.
28 août 1995 : Bombardement serbe du marché de Markale à Sarajevo.
Septembre 1995 : Bombardements massifs de l’OTAN + attaques au sol contre les Serbes. 400 avions, 5 000 soldats de 15 nations. Les Etats-Unis
constituent la principale force armée.
Octobre-Novembre 1995 : Accords de Dayton mettant fin au conflit, la Bosnie est séparée en 2 (Bosniaques et Serbes).
29 février 1996 : Fin du siège de Sarajevo.
Bilan : 100 000 victimes en Bosnie Herzégovine, 4 millions de déplacés.
La fin de la bipolarisation des relations internationales et la naissance d’un monde multipolaire a
provoqué la multiplication de conflits de différentes natures.
La guerre du Golfe (1990-1991), d’Irak (2003-2012) et d’Afghanistan (2001-2014) ou le conflit IndePakistan à propos du Cachemire sont des guerres conventionnelles qui opposent des Etats. Néanmoins
ce type tend à diminuer au profit de conflits plus complexes qui mêlent guerre civile et interventions
extérieures d’Etats ou de groupes armés.
Des conflits sont liés à l’effondrement du bloc communiste : guerres de Yougoslavie (1992-1995
puis 1999) et guerres de Tchétchénie (1994-1996 puis 1999-2000). Le conflit qui secoue l’Ukraine depuis
2013 est une lointaine conséquence de la dislocation de l’URSS et certains évoquent le retour d’une
guerre froide entre la Russie et les pays occidentaux.
La majorité des conflits sont des guerres civiles qui provoquent des troubles régionaux comme la
guerre de Yougoslavie. Les causes de ces conflits peuvent être déclenchées par les revendications
nationalistes/séparatistes et par des tensions ethniques/religieuses. Le continent africain est depuis le
début des années 1990 en proie à de nombreux conflits de ce type : guerre en Sierra Leone (1991-2001),
Somalie (1991- ?), Rwanda-Zaïre (1994-1997), Algérie (1991-1997)… Le Proche et le Moyen-Orient sont
également la proie de ce type de conflit comme les guerres civiles en Irak et en Syrie (depuis 2011) sur
fond de rivalités chiites-sunnites, de revendications nationalistes kurdes et d’intérêts économiques (les
hydrocarbures)
Les civils représentent 75% des victimes de ces guerres comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie.
L’épuration ethnique menée en Bosnie par les Serbes (massacre de Srebrenica) est un autre exemple.
Mais le plus terrible massacre de masse est le génocide des Tutsis : entre avril et juillet 1994, au Rwanda,
800 000 Tutsis furent assassinés par les Hutus. Ces conflits entraînent par ailleurs d’importants
déplacements de population comme au Darfour (Soudan) où quelques 2,7 millions de personnes ont fuient
les zones de combats. La plus grande médiatisation de ces conflits sensibilise les opinions publiques et
les Etats ne peuvent rester indifférents notamment les grandes puissances qui tendent à imposer un droit
d’ingérence.
La multiplication des conflits remet en cause l’ordre mondial prôné par les Etats-Unis après la
Guerre froide.
Le droit international est régulièrement bafoué et les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ne
suffisent pas à régler les conflits. L’ONU doit se contenter d’envoyer des missions d’observation, des
missions humanitaires ou des forces d’interposition sans pour autant imposer la paix aux belligérants.
Parfois même les Casques bleus sont pris à partie sans pouvoir répliquer comme en Yougoslavie ou au
Liban.
Les Etats-Unis sont la seule puissance qui peut débloquer des situations de crise ou de guerre par
leur intervention armée et/ou diplomatico-économique. La guerre en Yougoslavie en fournit l’exemple : les
pays de la CEE/UE ont été incapables de régler un conflit qui se passait à proximité de leur territoire et
seule la volonté américaine a réussi à imposer la paix.
Cependant les Américains ne peuvent intervenir partout et ils doivent faire face à la contestation de
leur leadership mondial. Et depuis la présidence de B. Obama les Etats-Unis se désengagent d’un certain
nombre de conflits notamment au Moyen-Orient : la prise d’Alep en décembre 2016 par l’armée syrienne
soutenue par les Russes et les milices chiites face aux rebelles syriens soutenus par les Occidentaux
marque un tournant majeur dans les rapports de force au Moyen-Orient et illustre ce désengagement
américain et annonce la fin de la domination de l’Occident dans cette région du monde.
III. Le terrorisme mondialisé.
Etude : Le 11 septembre 2001
1. Archives vidéo : http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00219/les-attentats-du-11-septembre-2001.html
2. Etude critique de document : discours de G. W. Bush (12 et 15 septembre 2001).
Les attentats du 11 septembre sont un événement majeur dans l’histoire car ils marquent un
tournant dans les relations internationales. Les Etats-Unis, attaqués pour la première fois sur leur sol, sont
bouleversés par les attentats et ils réagissent de manière brutale en déclarant unilatéralement la guerre
contre le terrorisme. Ainsi la vision américaine des relations internationales change durablement. Afin
d’assurer leur sécurité, de promouvoir la démocratie et de défendre leurs intérêts, les Américains
s’autorisent à mener des guerres préventives contre le terrorisme c'est-à-dire d’attaquer préventivement
des territoires abritant des bases terroristes ou ayant des liens avec le terrorisme, pour éviter toute
agression éventuelle. G. W. Bush définit un « Axe du Mal » constitué d’ « Etats voyous » (Irak, Iran,
Afghanistan, Corée du Nord) et de groupes terroristes qui menacent les Etats-Unis.
L’Afghanistan est la première cible des représailles américaines (7 octobre 2001, opération
Enduring freedom) car le pays accueille Ben Laden qui dispose de camps d’entraînement de jihadistes.
L’opération est menée avec l’accord de l’ONU (RCS 1368, au nom de la légitime défense) et les EtatsUnis ont rassemblé une très large coalition de pays (une centaine). Face à la disproportion des forces le
régime des talibans s’effondre : les talibans et Ben Laden s’enfuient. Commence alors la traque du chef
d’Al-Qaida qui est finalement tué au Pakistan par les forces spéciales américaines le 2 mai 2011.
L’Irak est la deuxième cible des Etats-Unis qui envahissent le pays en mars 2003 sous prétexte d’y
détruire des armes de destruction massive que posséderait S. Hussein, ceci sans la caution du Conseil de
sécurité de l’ONU (à cause du veto français). Les opérations militaires ne durent qu’une quarantaine de
jours, S. Hussein est arrêté, jugé et exécuté.
Dans ces deux guerres les Etats-Unis ont montré leur supériorité militaire écrasante. Cependant les
Américains doivent ensuite pacifier les pays conquis. C’est alors que commencent des guerres irrégulières
c'est-à-dire des guerres sans front, sans frontières, où l’adversaire n’est plus un Etat mais des groupes
rebelles, des insurgés, des résistants, des irréguliers, des terroristes. On parle de conflits de basse
intensité dans lesquels la puissance militaire n’est pas toujours déterminante. Ainsi, depuis les
interventions américaines, les conflits impliquant des jihadistes combattant les Américains se sont
multipliés en Afghanistan et en Irak.
Suite à ces interventions armées les jihadistes radicaux ont organisé des attentats à Madrid en
2004 et à Londres en 2005.
Afin de lutter contre les organisations terroristes, les Américains ont lancé des campagnes
d’assassinats ciblés grâce à leurs drones. Ils emprisonnent également des jihadistes à Guantanamo et
espionnent la planète grâce à leur immense réseau de surveillance. Ces actes unilatéraux et sans
fondement juridique international suscitent les vives critiques de nombreux pays et de nombreux citoyens
américains. Sous la présidence du Président américain B. Obama (2009- 2017), Les Etats-Unis tentent de
modifier leur approche de la lutte contre le terrorisme : ils ont quitté l’Irak en décembre 2011 et
l’Afghanistan en 2014 et ils cherchent le moyen de se désengager des conflits qui secouent toujours le
Moyen-Orient mais ils ont été victimes d’attentats terroristes à Boston en 2013.
On assiste aujourd’hui à une intensification de guerres liées à des mouvements jihadistes : du Mali
au Moyen-Orient (Syrie, Irak) en passant par la Libye de nombreux combattants se revendiquant d’un
Islam radical qui déstabilisent les Etats et mènent de véritables opérations militaires comme l’organisation
Etat islamique (Daech) en Syrie et en Irak. Cette recrudescence du jihadisme international sur fond de
rivalité chiites-sunnites poussent les grandes puissances occidentales à réagir : la France est intervenue
militairement au Mali tandis que les Américains et leurs alliés bombardent la Syrie et l’Irak. Et les
démocraties occidentales sont des cibles majeures du terrorisme mondialisé comme le démontre les
attentats qui ont touché la France en 2015 (7-9 janvier et 13 novembre) et 2016 (14 juillet) ainsi que
l’Allemagne.