Les restaurants KFC redonnent de l`espoir à la filière avicole française

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Les restaurants KFC redonnent de l`espoir à la filière avicole française
www.agraalimentation.fr
51e année - Semaine du jeudi 28 janvier 2016 - n° 2364
Restauration rapide
Les restaurants KFC redonnent
de l’espoir à la filière avicole
française
La Commission
européenne invitée
à revoir sa copie
sur les aliments
Un accord d’approvisionnement entre le transformateur SNV, filiale de LDC, et
pour bébés
p.11 la chaîne de restauration rapide KFC, redonne un espoir à la filière avicole
Cassegrain adapte
ses recettes
pour séduire
les jeunes
p.19
La co-entreprise
Avril/Tönnies
opérationnelle
en avril
p.25
Delpeyrat mise
toujours sur
les innovations
p.20
Montfort résiste
en dépit de son
déréférencement chez
Intermarché
p.24
française. Une filière malmenée notamment en raison de la grippe aviaire décelée dans le Sud-Ouest. Ce partenariat à long terme doit également permettre à l’enseigne américaine d’accroître son expansion sur le territoire national.
«N
ous sommes dans une démarche de reconquête du marché intérieur », commente Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture
et de l’Agroalimentaire, présent à la signature du partenariat
entre SNV et KFC à Laval, en Mayenne, le 25 janvier. « Cette contractualisation de partenariat entre un transformateur et un distributeur, c’est ce
qui va créer de la valeur ajoutée et apporter des débouchés aux éleveurs.
En cela, les intermédiaires industriels ont un rôle important à jouer », insiste-t-il. En effet, pour SNV, filiale à 100 % de LDC, leader national de la
volaille, ce partenariat engage à long terme l’entreprise et ses 600 éleveurs
mayennais. « Notre volonté est de reconquérir le marché national et de redonner espoir à la filière », complète Gilles Huttepain, président de SNV.
« En 1990, seulement 9 % de la volaille étaient importés. En 2000, nous
étions à 20 % et en 2013 à 44 % de volaille importée. Nous devons réagir à
cette importation en proposant des produits de qualité à un tarif compétitif
pour la consommation intérieure et redescendre à 20 % d’importation ».
C’est dans cet objectif que LDC a choisi d’investir massivement dans ses
outils de production. « En 2016, LDC aura investi 160 millions d’euros
dans la modernisation de ses sites de production en France », poursuit
Gilles Huttepain. Un record pour le leader français et européen de volaille
en label, avec ses marques Le Gaulois, Maître Coq ou Loué. Un industriel
qui s’attache à promouvoir le « né, élevé, abattu et transformé en France »
sur ses différents segments de marché.
ISSN 1638 - 3427
Les MDD toujours
à la peine
p.31 10 M€ INVESTIS DEPUIS 2012 À LAVAL
Ancien abattoir du groupe Doux qui périclitait, le site de Laval a été racheté par
SNV en 2012. « Dix millions d’euros ont été investis depuis, dont trois millions
uniquement pour le projet KFC », rappelle Christophe Marreau, directeur du
SOMMAIRE
L’ÉVÉNEMENT
Restauration rapide : les restaurants KFC
redonnent de l’espoir à la filière avicole française
LEADERS
POLITIQUES-PROFESSIONS
7
9
Economie agroalimentaire/UE : La tendance à la
baisse enrayée à l’automne 2015
9
Aliments pour bébés/UE : Strasbourg tient à ne
pas trop sucrer les aliments pour bébés
11
Boulangerie industrielle/Emplois : fermeture de
l’usine Panavi à Saint-Estève : 98 suppressions
d’emplois
22
Compléments/Acquisition : Dôme Pharma se
renforce dans les compléments alimentaires
23
Bilan/Foie gras : Montfort résiste malgré
son absence des rayons d’Intermarché
24
Porc/production : la co-entreprise Avril-Tönnies
opérationnelle en avril
25
Laiterie/Allemagne : Emmi devient majoritaire
chez Gläserne Molkerei
27
PRODUITS & MARCHÉS
31
Programmes alimentaires à l’école/UE :
les eurodéputés soutiennent le programme
de distribution dans les écoles
13
Salon/Tendances : pas d’inversion
de tendance sur les MDD
Filière laitière/Accord : la FNPL propose
une charte laitière aux membres de la filière
15
Etude/Consommation : le marché du snacking va
croître de 4% d’ici 2018
32
Financement/Etude - CICE: 23,5 milliards d’euros
déjà perçus par les entreprises
depuis le lancement
16
Projet - Etiquetage des produits transformés :
un décret en préparation
ENTREPRISES
31
Chiffres/Consommation : la guerre des prix
favorise bien le consommateur
32
17
Produits festifs : le chiffre d’affaires
progresse de 3,2%, les promotions orientées
à la hausse
33
19
Produits festifs/Résultats : l’épicerie sucrée
cherche des relais de croissance à l’export
34
Appertisé/Marketing : Pour ses 160 ans, Cassegrain veut séduire les jeunes
19
AGENDA
36
Produits festifs/Stratégie : La stratégie de Delpeyrat pour affronter une année 2016 complexe 20
INDEX
36
Boulangerie industrielle/ExpansionJacquet :
Brossard poursuit son expansion internationale 21
2 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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L’ÉVÈNEMENT
Restauration rapide
Edito
Pouvoir dire non
Rien ne va plus pour les MDD. D’année en
année, elles continuent à perdre du terrain
au profit des grandes marques. La faute à la
guerre des prix qui pèse sur les marques nationales et le recours croissant aux offres
promotionnelles dans les enseignes. Ainsi
en 2015, les grandes marques ont enregistré une hausse de 11,2 % de leurs ventes en
promotion, quand celles des MDD reculaient
de 1,7 %.
Et on comprend le consommateur : pourquoi
se priver d’une grande marque quand elle
est au même prix, voire moins chère dans
certains cas, qu’une MDD ? Et quand il apparaît que 79 % des consommateurs (contre
61 % en 2006) sont sensibles aux promotions, difficile dans ces conditions d’imaginer comment les choses pourraient s’inverser dans le contexte actuel de guerre des
prix.
Cette perte de vitesse des MDD met à mal
de nombreuses PME, sachant qu’elles fournissent près de 70 % des MDD, rappelle la
Feef. Le constat n’est pas neuf, mais reste
d’actualité. Il y a quelques mois, Bonduelle
refusant des demandes de baisses de prix
de distributeurs, avait décidé d’arrêter certains contrats de production de conserves
MDD. Le groupe qui avait à cette occasion
fait savoir qu’il n’avait pas vocation à produire à perte, vient d’annoncer une réorganisation de son outil industriel. Sa filiale BELL
arrête l’activité de l’usine de Russy-Bémont,
un site entièrement dédié à la production de
légumes d’été pour les marques de distributeurs et de premier prix, dont les salariés seront reclassés.
Malheureusement, tous les fabricants de
MDD ne sont pas logés à la même enseigne
que Bonduelle qui a des marques en propre
et surtout les reins suffisamment solides
pour dire « non ».
Perrine Delfortrie
Reproduction interdite
De gauche à droite : Frédéric Levacher, directeur général KFC France, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et l’Agroalimentaire et Gilles Huttepain, président de SNV
site. Il a fallu réaménager 600 m2 d’espace congélation en une
nouvelle ligne de production dédiée à KFC afin de répondre à
un cahier des charges très strict. Tout a été refait à neuf pour ce
partenariat. Une ligne de découpe de poulet ultra-précise en
termes de poids et de dimensions des filets, aiguillettes ou ailes,
avec rayons X pour écarter toute présence d’os. Un espace marinade et barattage ainsi qu’un tapis de dosage pour l’ensachage
des morceaux de poulet complète le nouvel équipement. Le
tout est également contrôlé à plusieurs niveaux de la chaîne. Le
poulet est ensuite livré cru congelé à l’une des trois plateformes
de KFC France avant d’être distribué dans les restaurants.
« Nous nous donnons deux ans pour apprendre à travailler ensemble et affiner les objectifs en termes de volumes », indique
Etienne Cousson, directeur Finance, Achat et Informatique de
KFC France. En tout état de cause, ces investissements ne sont
pas vains. En trois ans, le site SNV de Laval a gagné en compétitivité et réalise aujourd’hui près de 60 millions d’euros de
chiffre d’affaires, contre 54 millions un an auparavant. De
140 000 poulets abattus et transformés par semaine, le site est
passé à 380 000 aujourd’hui. Avec le recrutement de 110 personnes en trois ans, ce sont 340 salariés qui travaillent dans
cette usine aujourd’hui. « Vingt-cinq nouveaux postes sont encore à créer d’ici 2019 », assure Christophe Marreau.
2 000 TONNES PAR AN POUR KFC
Le contrat d’approvisionnement des restaurants KFC concerne
2 000 tonnes de morceaux de poulet par an. Depuis 2013, KFC
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 3
L’ÉVÈNEMENT
Restauration rapide
France a souhaité revoir sa politique d’approvisionnement en poulet en faisant ainsi
entrer davantage de matières premières françaises. Un premier partenariat avait été signé en 2013 avec Gastronome (groupe Terrena), deuxième acteur français de la volaille
avec 836,4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette fois, avec SNV, filiale de LDC,
KFC se rapproche du numéro un de la volaille en France, qui pèse 3,4 milliards d’euros
de chiffre d’affaires (estimation). « Ensemble, nos deux fournisseurs représenteront désormais 25 % des besoins en poulet de nos restaurants en France », indique Frédéric
Levacher, directeur général de KFC France, soit 4 000 tonnes par an. Les 12 000 tonnes
de poulet restants proviennent d’autres pays d’Europe : Allemagne, Pays-Bas et Pologne. Si parvenir à 100 % de poulet français ne se justifie pas au regard des risques de
grèves ou d’épizooties, les perspectives de progression de l’approvisionnement français
sont tout de même importantes. En effet, KFC compte aujourd’hui 188 restaurants et a
pour objectif de poursuivre son maillage du territoire national. « Aujourd’hui, nous
sommes présents dans les villes de plus de 100 000 habitants, demain nous irons nous
implanter dans les villes de 50 000 habitants », indique Olivier Grouet, directeur Excellence Restaurant Innovation et Qualité chez KFC France.
LE CHALLENGER VEUT GAGNER DES PARTS DE MARCHÉ
Débarqué des Etats-Unis en 2001, KFC connaît une forte croissance, de quinze à
vingt nouveaux restaurants par an en France. L’enseigne américaine appartient au
groupe Yum ! Brands, leader mondial de la restauration thématique avec plus de
41 000 restaurants sous enseignes KFC, Pizza Hut et Taco Bell… dans 130 pays. KFC
représente 20 000 points de vente aux quatre coins du globe et ambitionne de parvenir
à 500 restaurants dans les dix ans en France. « Nous aurons dépassé la barre des 200
restaurants dans les six mois et des 500 millions d’euros de chiffre d’affaires », indique Susan Marro, directrice des relations publiques de KFC France. « Notre concept
unique propose une offre différente des autres fast-food. Il s’agit de vrais morceaux de
poulet entiers cuisinés sur place par nos équipes ». Cet héritage traditionnel de la
marque se transmet depuis 75 ans. Une
fois décongelés durant 72 heures, les
LDC et SNV en chiffres
morceaux de poulet sont préparés dans
les conditions du frais. « Notre process
Filiale du groupe LDC depuis 1997, SNV dispose de six sites de producest spécifique et nécessite deux panures »,
tion dans l’Ouest approvisionnés par un millier d’éleveurs. La société
emploie 2540 salariés et réalise 470 millions d’euros de chiffre d’afindique Stéphane Rabu, franchisé KFC,
faires, dont 60 M€ de chiffre d’affaires pour le site de Laval. SNV transpropriétaire des établissements de Laval,
forme 116 000 tonnes de poulet, dinde, lapin, canard, pintade, chapon
Vannes et Cesson-Sévigné. Un procédé
et oie par an. 55 % des ventes sont réalisés en GMS, 18 % en RHD.
De son côté, LDC possède 67 sites de production en France et cinq
qui oblige aussi les restaurants à se doter
plateformes et plus de 5 500 éleveurs sont engagés à ses côtés.
d’une taille suffisante en cuisine et arLe groupe compte plus de 17 500 salariés répartis en France (90
rière-cuisine, avec une moyenne de
% d’entre eux), en Pologne et en Espagne. Sur l’exercice 2014/2015
(clos fin février) il a réalisé 3,02 milliards d’euros de chiffre d’affaires,
230 m2. « Nous cherchons aujourd’hui à
dont 17 % à l’international et dégagé un résultat opérationnel courant
optimiser ces espaces pour nous installer
de 153,5 millions d’euros. 85 % de l’activité de LDC est liée à la vodans des centre-ville », précise Olivier
laille et 15 % au marché traiteur (marques Marie, Traditions d’Asie).
Sur 2015/2016, le CA devrait atteindre 3,4 Mrd €, compte tenu des
Grouet. Le chiffre d’affaires moyen d’un
acquisitions réalisées en 2015.
restaurant KFC est de 55 000 euros par se4 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
Reproduction interdite
L’ÉVÈNEMENT
10 000 salariés chez KFC en CDI
Chaque ouverture de restaurant KFC permet la création d’une cinquantaine d’emplois. « Nous avons créé plus de 10 000 emplois en
France depuis 2001 », note Etienne Cousson, directeur financier de
KFC France. « Nous sommes treizième recruteur de France avec 1
000 à 1 200 postes créés par an ». Des postes majoritairement en
CDI. « La formation nécessaire pour travailler chez KFC est assez
longue », précise Stéphane Rabu, franchisé propriétaire des établissements de Laval, Vannes et Cesson-Sévigné. En effet, deux mois
de formation sont nécessaire à un équipier pour être opérationnel
sur les trois métiers de l’entreprise : la production, l’élaboration
des sandwichs et la vente. « Cela discrédite totalement les CDD
et contrats saisonniers », indique ce dernier. Cinquante-six partenaires franchisés opèrent 65 % du réseau de restaurants en France.
Restauration rapide
maine pour environ 7 000 clients. « Le modèle économique est assez compliqué »,
reconnaît Stéphane Rabu. « Nous décongelons nos produits en fonction d’un prévisionnel et d’un mix des ventes et avons par
conséquent entre 1 et 3 % de perte. Ce qui
est beaucoup quand on réalise seulement
entre 2 et 4 % de rentabilité ». D’ailleurs, un
programme international de revalorisation
des invendus est en cours au sein du groupe
Yum ! Brands pour éviter le gaspillage alimentaire. « Des expériences sont menées
aux Etats-Unis dans certains restaurants du
groupe et nous verrons s’il est possible de
les dupliquer ici », explique Olivier Grouet.
Violaine Pondard
290 M€ d’aides supplémentaires
pour l’élevage
Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, a annoncé vouloir réajuster le plan d’aide à l’élevage, en raison des différentes crises. « Nous investissons 660 M€ à destination des éleveurs, notamment pour éradiquer le virus de
grippe aviaire et préserver la filière avicole », indiquait le ministre en déplacement à
Laval le 25 janvier. Une enveloppe déjà complétée de 290 M€ supplémentaires pour
aider les éleveurs, dont 130 M€ directement affectés aux éleveurs de palmipèdes du
Sud-Ouest a été annoncée le lendemain. Des indemnisations complémentaires, notamment pour les abattoirs, seront précisées ultérieurement. L’arrêté précisant le dispositif de sécurisation des élevages de canetons sera publié au Journal Officiel fin de
semaine prochaine.
Dans le but d’assainir la production de canard, des mesures d’éradication du virus
seront mises en place pour que, dès le mois de juin, la production reprenne normalement. Un vide sanitaire d’environ un mois, imposé par l’Etat, doit commencer à partir
du mois d’avril. Le plan d’aide prévoit ainsi de compenser la perte de revenus liée à
ce vide sanitaire ainsi que des mesures de chômage partiel pour les abattoirs. Ce vide
sanitaire concerne 18 départements au total et recouvre 70 % de la production nationale de palmipèdes. Un tiers de la production de foie gras du Sud-Ouest ne pourra pas
être produit en 2016, ce qui risque d’engendrer une hausse des prix. Pour Stéphane Le
Foll, l’agriculture s’en sortira par la valeur ajoutée et des organisations structurées.
« Ce sont des partenariats gagnant-gagnant dont l’objectif est de satisfaire le marché
français, comme celui de SNV et KFC, qui redonnent de l’espoir à la filière avicole.
Responsabiliser les industriels et les distributeurs en contractualisant leurs partenaReproduction interdite
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 5
L’ÉVÈNEMENT
Restauration rapide
riats permet de mieux structurer la filière afin de chercher de la valeur ajoutée, poursuit-il. Il est important que chacun se prenne en main. On ne peut pas tout attendre de
l’Etat ». Pour autant, le p.-d.g. de SNV, Gilles Huttepain, demande un appui de l’administration française afin de redonner espoir à la filière avicole et repasser sous la
barre des 20 % d’importation de volaille. Il a fait des propositions en ce sens à Stéphane Le Foll. Son souhait : obtenir un soutien de l’administration française dans
l’objectif de simplifier les démarches. « En Pologne, il faut 6 à 9 mois pour installer
un éleveur quand il faut deux à trois ans en France, dit-il. Par ailleurs, les élus gestionnaires de collectivités et restaurations publiques doivent prôner la volaille française. »
VP
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Pays
alimentation
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L’Agence de l’économie alimentaire et de la distribution
50e année - Semaine du jeudi 5 février 2015 -
n°2320
Communication
Tél.
Port
45 n°/an
Ouverture
du 8e round
des négociations
sur le TTIP
p.9
La Brasserie de
Champigneulles
innove dans les
bouteilles PET p.18
E-mail (obligatoire pour la version numérique)
Ferme Margerie
investit dans le petit
conditionnement p.19
McCain ferme
une usine
en Belgique
SIRET
p.20
Vers un
rapprochement
Tereos/Cristal
Union ?
p.28
Code APE
N° TVA intra
Les PME anglaises
victimes de la guerre
des prix dans
la distribution p.32
En finir avec Martine
à la ferme
Voilà bientôt deux ans, tout le secteur agroalimentaire
était secoué par la
crise de la viande de cheval. Certains acteurs ne
sont pas remis de cette
crise (Delpeyrat Traiteur ou Barral par exemple).
Certes, la fraude n’a pas
entraîné de risque sanitaire en France. Mais dans
l’opinion publique, les
dégâts sont les mêmes : une défiance généralisée
vis-à-vis des industries
agroalimentaires, relancée à chaque fois que survient
une nouvelle crise.
Alors que s’ouvre prochainement le Salon de l’agriculture,
qui véhicule globalement une image d’Epinal du métier, on peut
s’interroger ce que mettent en avant par les secteurs agricole et agroalimentaire.
Un récent avis
du Conseil national pour l’alimentation (CNA, avis
n° 73, 11 décembre 2014)
explore d’ailleurs les enjeux de la communication
sur l’alimentation.
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TVA à 2,1% pour la France métropolitaine. Version numérique monoposte non transférable.
*VUMVYTtTLU[nSHSVP0UMVYTH[PX\LL[3PILY[tZKL]V\ZKPZWVZLaK»\UKYVP[K»HJJuZL[KLYLJ[PÄJH[PVUH\_PUMVYTH[PVUZ]V\ZJVUJLYUHU[H\WYuZKLUV[YLZLY]PJLHIVUULTLU[Z
6 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
Reproduction interdite
LEADERS
Stéphanie Rismont-Wargnier nommée secrétaire
générale de Kronenbourg SAS.
Le 1er février, Stéphanie Rismont-Wargnier rejoindra le brasseur français,
filiale du danois Carlsberg. Elle remplacera Jean Hansmaennel, parti pour
des projets personnels. Stéphanie Rismont-Wargnier sera en charge de la
communication interne et externe, des affaires publiques et de la RSE. Elle
reportera directement à Marc Vermeulen, p-.d.g. de Kronenbourg et sera
membre du Comex. Après avoir démarré sa carrière en agence de communication, elle a ensuite dirigé les relations publiques de la Sopexa, avant de
devenir en 2000 conseillère en charge des relations presse auprès du ministre de l’agriculture Jean Glavany. Elle a ensuite intégré le groupe Danone,
où elle est restée treize ans.
Hannu Kottonen quitte HKScan
Hannu Kottonen (58 ans) a quitté le poste de CEO qu’il occupait depuis trois
ans à la tête de l’entreprise HKScan. Aucune raison n’a été invoquée publiquement pour justifier ce départ, ni sur le montant de l’indemnité de départ.
L’intérim à la tête de l’entreprise finlandaise sera assuré par le directeur
général adjoint chargé de la production, Aki Laiho.
Bruno Vincent-Genod
dirige le Cellier des Dauphins
Bruno Vincent-Genod prend la direction de la plus grande union de caves
coopératives de la vallée du Rhône, le Cellier des Dauphins. Il succède à
Franck Gaudet qui était en poste depuis avril 2014. Issu de l’agroalimentaire,
Bruno Vincent-Genod a notamment redressé les Fromageries Occitanes en
2013. Il a commencé sa carrière dans la distribution, chez Monoprix et Intermarché avant d’intégrer le groupe Bongrain, où il a passé douze ans, successivement chez Rambol et aux directions générales de Pareco et d’Avi-Charente. Il dirigeait en 1997 Novandie, la filiale produits laitiers ultra-frais du
groupe Andros. Le Cellier des Dauphins réalise 110 M€ de chiffre d’affaires
avec 120 collaborateurs qui produisent 50 millions de cols par an.
Arnaud Leboulanger nommé directeur de la filiale France
du Groupe Ceva Santé Animale
Ceva Santé Animale a annoncé le 21 janvier la nomination d’Arnaud Leboulanger à la direction de la filiale France. Ingénieur, diplômé de l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers, ce dernier (40 ans) a commencé sa carrière
en Chine au sein de Guyomarc’h Nutrition Animale, puis aux USA pour le
Groupe Roullier. Il a rejoint Ceva Santé Animale en 2003 afin de prendre la
direction de la filiale roumaine, il a ensuite dirigé la filiale marocaine et ces
cinq dernières années, la filiale australienne.
Carole Le Meur
nommée DRH de Barry Callebaut
Barry Callebaut a annoncé le 20 janvier, la nomination de Carole Le Meur au
poste de directrice des ressources humaines du groupe, avec effet au 1er
avril 2016. Dans le cadre de ses fonctions, Carole Le Meur siégera au comité
exécutif de la société. Elle sera directement rattachée à Antoine de Saint-Affrique, CEO de Barry Callebaut. Carole Le Meur qui a commencé sa carrière
Reproduction interdite
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 7
LEADERS
dans le marketing, travaillait depuis 2008 chez Baxter Healthcare et auparavant chez Aventis.
Véronique Rosso-Rebert nommé directrice générale
adjointe de Dalloyau
La maison Dalloyau a annoncé le 26 janvier la nomination de Véronique Rosso-Rebert au poste de directrice générale adjointe, en charge du développement du retail France et international. Diplômée de l’École supérieure de
commerce de Grenoble et d’un Master of Business Administration de l’Université du Texas (USA), cette dernière (46 ans) a consacré consacre l’ensemble de sa carrière à l’univers du luxe et de la distribution.
Cédric Dugardin
Quick : départ de
et arrivée de Jérôme Tafani
Le groupe Olivier Bertrand, principal actionnaire de Burger King France et
nouveau propriétaire de Quick, a annoncé jeudi 21 janvier le départ de Cédric Dugardin, p.-d.g . de Quick depuis 2013, et la nomination de Jérôme
Tafani, comme « dirigeant du nouvel ensemble constitué de Burger King
France et de Quick, à compter du 1er février 2016 », indique le communiqué.
Directeur exécutif depuis un an de Chipotle Europe, chaîne de fast-food
américaine spécialisée dans la restauration mexicaine, Jérôme Tafani a
également occupé auparavant différents postes chez McDonald’s France.
Trois nominations chez Pernod Ricard
Eric Douvier, actuellement directeur des ressources humaines de Martell
Mumm Perrier-Jouët, est nommé directeur des ressources humaines de la
région Pernod Ricard Asie. Il remplace Bernard Coulaty, VP ressources humaines Asie, « qui a souhaité quitter le groupe après quinze années au cours
desquelles il a activement participé à son développement », indique le communiqué du 25 janvier.
François Patschkowski, actuellement directeur ressources humaines de
Pernod SA, sera nommé directeur ressources humaines de Martell Mumm
Perrier-Jouët. Basé à Paris, il sera membre de l’équipe de direction de
MMPJ et sera rattaché à César Giron, président-directeur général.
Dans le cadre de la réunion en un seul département des services des ressources humaines de Ricard SA et de Pernod SA, Stéphane Dehlinger, actuellement directeur des ressources humaines de Ricard SA, devient directeur des ressources humaines des deux sociétés. Basé à Marseille et
membre de l’équipe de direction, il sera rattaché à Philippe Savinel, président-directeur général.
Ces nominations prendront effet le 1er avril 2016.
Thierry Coste réélu président du groupe vin du Copa-Cogeca
Thierry Coste, administrateur de la Confédération des Coopératives vinicoles de France en charge des questions internationales, a été réélu le 20
janvier à la présidence du groupe vin du Copa-Cogeca pour les deux prochaines années. Lui-même viticulteur, avec un vignoble de 40 ha situé en
France, il sera assisté dans sa tâche par les vice-présidents du groupe, eux
aussi réélus pour un nouveau mandat : Palma Esposito, de l’organisation
italienne Confagricoltura, et Rudolf Nickenig, d’Allemagne.
8 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
ECONOMIE AGROALIMENTAIRE/UE > Augmentation de la production, hausse des
ventes, excédent commercial consolidé, emploi stable… autant de résultats économiques encourageants relatifs au troisième trimestre de l’année 2015 que FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE, révèle dans son dernier Bulletin économique trimestriel
La tendance à la baisse enrayée
à l'automne 2015
S
i l'on en croit les auteurs du dernier Bulletin économique publié le 21 janvier
2016 par FoodDrinkEurope, le porte-voix de l'industrie agroalimentaire de l'UE,
les données relatives au troisième trimestre de 2015 auraient contribué à renverser la tendance à la baisse enregistrée lors des deux trimestres précédents. En effet,
durant le 3e trimestre 2015 la production agroalimentaire a augmenté de 1,3 % sur le
trimestre précédent, alors qu'elle avait accusé une baisse de 0,3 % lors du 2e trimestre
et une autre baisse de 0,3 % lors
Production de nourriture et de boisson par Etat membre
du 1er trimestre (voir tableau).
Le chiffre d'affaires du secteur
Etat membre
2015 trim. 2 / 2015 trim.1 2015 trim.3 / 2015 trim.2 2015 trim.3/ 2014 trim.3
alimentaire et des boissons de
(% variation)
(% variation)
(% variation
l'UE a quant à lui augmenté de
EU
-0,3
1,3
1,4
0,7% au 3e trimestre 2015,
Allemagne
-1,5
0,2
-1,1
contrairement à la tendance néAutriche
3,1
2,8
3,3
gative du trimestre précédent (Belgique
0,9
0,4
2,9
0,8%). En ce qui concerne les
Bulgarie
-2,7
-2,2
-1
prix à la production, ceux-ci
Danemark
-3,1
1,9
1,1
sont restés stables pendant deux
Espagne
0.0
1,1
1,7
trimestres consécutifs, alors
Estonie
0,3
1,9
-2,2
qu'une diminution de 1,7% a
Finlande
-1,1
2,4
-0,5
été observée par rapport au 3e
France
0,4
0,9
1
trimestre 2014.
Grèce
-1,7
-0,2
0,7
Hongrie
-1,5
1,6
5,1
Irlande
3,8
4,4
16,3
Italie
-0,1
-0,3
0,2
Lettonie
-1,4
2
-2,5
Lituanie
-0,7
1,1
4,5
Pays-Bas
1,9
0,2
1,6
Pologne
-3
3,3
4,4
Portugal
10.3
17
0,2
République tchèque
-1,1
3
7,3
Roumanie
-1.4
5,4
7,9
Suède
1,4
-0,3
-5,2
EMPLOI STABLE
AU 3E TRIMESTRE
Source Eurostat - Données manquantes pour la Croatie, Chypre, Luxembourg, Malte, la Slovaquie, la Slovénie, le Royaume-uni
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Selon les auteurs du rapport de
FoodDrinkEurope, l’emploi dans
l’industrie alimentaire et des
boissons de l’UE a augmenté
de 0,2% au 3e trimestre 2015
(contre 0,1% au 2e trimestre et
0,3 % au 1er trimestre). L'emploi est resté sur une tendance
de croissance positive et, sur le
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 9
POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
long terme, a continué à entretenir la performance de la croissance moyenne du niveau de l'emploi dans l'industrie manufacturière globale (3e trimestre 2015 par rapport
au 3e trimestre de 2010: + 2,2% pour l'industrie agroalimentaire et + 0,8% pour l'industrie manufacturière dans son ensemble).
PROGRESSION DE L'EXCÉDENT COMMERCIAL EXTÉRIEUR
L'excédent commercial de l'Union a atteint 6,6 milliards d'euros au 3e trimestre 2015
(3e trimestre 2015 par rapport au 3e trimestre 2014: + 5%). Cet excédent commercial
a progressé grâce à la forte performance à l'exportation des sous-secteurs agroalimentaires (notamment les « Top 5 »: exportations de boissons spiritueuses :
+ 5,8 % au 3e trimestre 2015 pour une valeur d'environ 2,85 milliards d'euros; produits
à base de viande : + 0,2 % pour une valeur d'environ 2,7 milliards d'euros ; vins :
+ 12,9 % pour une valeur de près de 2,4 milliards d'euros ; produits laitiers : - 5,1 %
pour une valeur d'environ 1,75 milliard d'euros et chocolat et confiseries: + 19,7 %
pour une valeur de près de 1,9 milliard d'euros). Les exportations de produits alimentaires et de boissons sur les pays tiers ont totalisé 25 milliards d'euros en 2015 (3e trimestre 2015 par rapport au 3e trimestre 2014: + 8,3%). Les importations extra-UE de
produits alimentaires et de boissons ont atteint de leur côté 18,4 milliards d'euros (3e
trimestre 2015 par rapport au 3e trimestre 2014: + 9,5%).
LES VENTES AU DÉTAIL: RÉSULTATS MITIGÉS
Selon les auteurs du Bulletin économique de FoodDrinkEurope, le commerce de détail dans les denrées alimentaires et les boissons a augmenté en juillet 2015 (+ 0,3%)
et en août (+ 0,3%) mais il est resté inchangé en septembre (0,0%). Entre septembre
2015 et septembre 2014, le commerce de détail des denrées alimentaires et des boissons a augmenté de 2,3% contre 3,7% pour le commerce de détail global. Les prix à
la consommation ont été légèrement inférieurs – 0,9% par rapport au 2e trimestre 2015
(+ 0,2% par rapport au 3e trimestre 2014).
Aziz Ben Marzouq
10 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
ALIMENTS POUR BÉBÉS/UE > Le Parlement européen a rejeté un projet d’acte de
la Commission européenne qui aurait prolongé l’autorisation – dans les denrées
alimentaires pour nourrissons – de niveaux de sucre trois fois supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Afin de contribuer à
la lutte contre l’obésité infantile, la Commission est invitée à revoir sa copie et à
aligner sa nouvelle proposition avec les niveaux prônés par l’OMS.
Strasbourg tient à ne pas trop
sucrer les aliments pour bébés
A
lors que le projet d’acte délégué de la Commission européenne (2) aurait autorisé que les sucres puissent continuer à représenter au maximum 30 % de
l’énergie apportée par les denrées alimentaires pour bébés, les eurodéputés,
dans la résolution législative qu’ils ont adoptée en session plénière, le 20 janvier,
considèrent que cette proposition est contraire à tous les conseil de santé émis par
l’OMS qui recommande notamment de réduire l’apport de sucres libres à moins de
10 % de l’apport énergétique total et qui estime par ailleurs que ramener l’apport de
sucres libres à moins de 5 % présenterait des avantages supplémentaires pour la santé.
(1) Résolution sur le
« Le vote d’aujourd’hui est une étape importante pour faire en sorte que les règles
règlement délégué de la
européennes sur les aliments pour bébés aient pour priorité absolue leur santé. La
Commission du 25
septembre 2015 complétant
proposition de la Commission européenne aurait permis que ces aliments contiennent
le règlement 609/2013 en
des niveaux de sucre beaucoup trop élevés comparés aux recommandations de
ce qui concerne les
l’OMS. L’exposition à une telle quantité de sucre, en particulier si tôt dans la vie,
exigences spécifiques en
matière de composition et
contribue à l’obésité infantile et altère les préférences gustatives des enfants. Il
d’information applicables
convient donc de limiter ces niveaux à un minimum », a déclaré Keith Taylor (Verts,
aux préparations à base de
Royaume-Uni), le rapporteur du Parlement sur ce dossier. Les eurodéputés estiment
céréales et aux denrées
alimentaires pour bébés.
qu’une mauvaise alimentation « est à présent, de loin, la principale cause sous-jacente
de maladies et de décès dans le monde,
avant le tabac, l’alcool et l’inactivité
physique réunis » et que la teneur maxiPlusieurs voix contre la résolution...
male en sucre autorisée dans les aliments
Le vote de la résolution législative du Parlement a été très serré : 393
pour nourrissons devrait être considéradéputés ont voté contre la proposition d’acte délégué de la Commission,
blement réduite pour être ramenée à un
305 ont voté pour et 12 se sont abstenus. Dans un communiqué, la Briniveau conforme aux recommandations
tannique Julie Girling, eurodéputée du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) a déclaré que les eurodéputés ne devraient
de l’OMS.
pas bloquer la législation européenne à chaque fois qu’ils ont des inquiétudes sanitaires. «Le chiffre de 30 % de l’énergie contenue dans les
aliments pour bébés est un plafond, pas le niveau conseillé et le sucre
présent dans l’alimentation pour bébé, comme les céréales, est donc en
général bien en deçà de cela », a-t-elle affirmé. D’ailleurs, a-t-elle ajouté, « la décision de s’opposer à la proposition de la Commission est très
discutable puisque la Commission a même indiqué qu’elle réviserait le
plafond de sucre autorisé après la publication de l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ».
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NÉCESSITÉ D’UN ÉTIQUETAGE
ADÉQUAT
Dans leur résolution, les eurodéputés estiment par ailleurs que compte tenu des
recommandations mondiales de santé
publique et de l’incidence mondiale des
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 11
POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
exportations de l’Union vers les pays tiers, l’étiquetage et la commercialisation des
aliments transformés pour bébés devraient indiquer clairement que ces produits ne
sont pas adaptés à des nourrissons âgés de moins de six mois et ne devraient pas affaiblir la recommandation relative à l’allaitement au sein exclusif pendant les six premiers mois. Ils considèrent dès lors que l’étiquetage et la commercialisation devraient
être révisés sur la base des recommandations de l’AMS (Assemblée Mondiale de la
Santé) concernant les denrées alimentaires destinées aux nourrissons et aux enfants en
bas âge.
UN PEU DE TRANSPARENCE SVP
D’un autre côté, dans un souci de transparence et pour renforcer la confiance du public
dans les institutions de l’Union et dans le processus de prise de décision de l’UE, ces
mêmes députés estiment que « la liste des “réunions bilatérales” (y compris leur date
et le nom des participants) que la Commission européenne a organisées avec les parties concernées (notamment les lobbies de l’industrie) dans le cadre du processus de
rédaction du règlement délégué devrait être rendue publique ».
PROCHAINE ÉTAPE
Les députés européens invitent la Commission à soumettre un nouvel acte délégué,
lequel devra tenir compte des conclusions de l’analyse de l’EFSA sur les exigences en
matière de composition applicables aux préparations à base de céréales et aux denrées
alimentaires pour bébés (que l’EFSA devra rédiger dans le courant de l’année 2016).Il
devra aussi tenir compte des données scientifiques sur les effets du sucre ajouté et de
l’introduction précoce d’aliments transformés au regard des recommandations pour
Aziz Ben Marzouq
une alimentation optimale des nourrissons et des enfants en bas âge.
12 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
PROGRAMMES ALIMENTAIRES À L’ÉCOLE/UE > L’accord du «Trilogue » (Conseil/
Commission/Parlement) sur de nouvelles mesures visant à renforcer et à stimuler
le financement d’un programme de l’UE pour fournir des fruits, des légumes et des
produits laitiers dans les écoles a reçu le plein appui de la commission de l’agriculture du Parlement européen (30 voix pour, 6 contre). Ces nouvelles mesures mettent
davantage l’accent sur l’éducation des enfants à manger sainement, augmentent le
budget et fusionnent des régimes aujourd’hui distincts pour le lait et les fruits dans
les écoles.
Les eurodéputés soutiennent
le programme de distribution
dans les écoles
C
omme la consommation de fruits, de légumes et de lait a diminué au sein des
Etats membres de l’UE, les eurodéputés estiment qu’il est de la plus haute importance de renforcer le programme « fruits, légumes et produits laitiers à
l’école » en augmentant son budget et en l’axant davantage sur l’éducation à une alimentation saine. Dans le cadre de ces nouveaux programmes en faveur des écoliers,
250 millions d’euros (100 millions d’euros pour les produits laitiers et 150 millions
pour les fruits et légumes) seront répartis entre les Etats membres de l’UE, lesquels
devront décider individuellement le montant des subventions à accorder aux différents
produits. En attendant que le nouveau régime puisse entrer en vigueur en 2017, les
États membres devront communiquer leur nouvelle stratégie dans le cadre du régime
actuel d’ici juillet 2016.
RÉPARTITION PLUS JUSTE ENTRE ETATS MEMBRES
Les eurodéputés ont également insisté sur une répartition plus juste des fonds communautaires entre les États membres en fixant deux critères de base pour l’ensemble du
système (la part d’enfants de six à dix ans dans la population et le degré de développement de la région au sein de l’État membre). Les niveaux passés des fonds du régime du lait seront pris en compte et éventuellement revus après les six premières
années du nouveau régime et seront complétés par un nouveau montant minimum
annuel d’aide européenne par enfant.
METTRE L’ACCENT SUR L’ÉDUCATION
Pour rendre le système scolaire de l’UE plus efficace, les États membres doivent faire
davantage pour promouvoir de saines habitudes alimentaires, les chaînes alimentaires
locales, l’agriculture biologique et la lutte contre le gaspillage, ont insisté les députés.
Les mesures éducatives doivent aussi favoriser le contact des enfants avec l’agriculture, par exemple à travers des visites de fermes et la distribution de spécialités locales
comme le miel et les olives.
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 13
POLITIQUE - PROFESSIONS
Europe
PRODUITS ÉLIGIBLES À UN FINANCEMENT DE L’UE
Le Parlement a insisté pour que les denrées alimentaires distribuées dans les écoles
soient en priorité des produits sous-consommés, frais et locaux plutôt que des aliments
transformés. Les États membres seront en mesure de distribuer les aliments transformés comme les soupes, compotes, jus de fruits, yaourts et fromages seulement en plus
de fruits et légumes frais et du lait ou du lait sans lactose. Aux yeux des eurodéputés,
seuls les produits ayant un contenu nutritionnel sain peuvent être distribués. Les
édulcorants et exhausteurs de goût artificiels ajoutés seront interdits. La distribution
de produits avec du sucre, du sel et de la graisse ajoutés ne devrait être autorisée
« qu’à titre exceptionnel», insistent les députés. Des limites strictes pour les quantités
de ces additifs dans le produit final seront définies au niveau de l’UE et le produit
devra être approuvé par une autorité nationale de la santé avant qu’il puisse être mis à
disposition des enfants de l’école dans le cadre du programme de l’UE. Des produits
contenant des fruits, des noix ou du cacao ajoutés tels que le lait au chocolat ou des
yaourts aux fruits, et des produits alimentaires aromatisés seront toujours éligibles à
un financement de l’UE au titre du régime scolaire. Cependant les eurodéputés ont
insisté pour que l’UE n’intervienne financièrement que pour la partie « lait » de celui-ci, qui devra représenter au moins 90%, ou dans des cas exceptionnels, au moins
75% du produit final.
PROCHAINES ÉTAPES
Le texte convenu entre les trois institutions européennes (Conseil/Parlement/Commission) doit encore être approuvé par le Parlement dans son ensemble lors de la
session plénière de mars ou avril 2016 avant d’aller au Conseil des ministres pour
Aziz Ben Marzouq
approbation en première lecture.
EN BREF
PORC
Bruxelles clôture l’aide au stockage
privé
La Commission européenne a décidé
de mettre fin à partir du 27 janvier au
régime d’aide au stockage privé de
viande de porc, estimant que le dispositif avait atteint son objectif avec en-
14 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
viron 90 000 t (soit 4,5% de la production mensuelle de l’UE) retirées du
marché. Bruxelles affirme que les prix
se sont stabilisés depuis le début de
l’année et juge que le volume stocké
risque de déstabiliser le marché dans
cinq mois au moment du déstockage.
Plus de trois quarts de ces quantités
ont été stockées par quatre pays : l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark et
les Pays-Bas.
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POLITIQUE - PROFESSIONS
France
FILIÈRE LAITIÈRE/ACCORD > La Fédération nationale des producteurs de lait
(FNPL) l’avait promis en décembre dernier. La voilà enfin ! La charte laitière de valeurs, destinée à remettre un peu d’éthique et de transparence dans la filière, a été
rendue publique le 20 janvier par le syndicat. Reste à la faire signer !
La FNPL propose une charte
laitière aux membres de la filière
S
i les industriels et la distribution veulent aggraver la désertification des campagnes et le chômage, conserver une opacité dans les relations commerciales ou
encore voir disparaître les producteurs de lait, surtout, qu’ils ne signent pas la
charte de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) ! Présentée le 20 janvier par André Bonnard, secrétaire général du syndicat, elle a pour vocation de remettre un peu d’éthique dans la filière, au moins pour un an. Rédigée en ce sens, elle
présente six axes, comme celui de « favoriser le maintien d’un patrimoine laitier économique, sociétal et environnemental durable, support de modernité et d’innovation
». Elle instaure également « un tiers extérieur de confiance », le médiateur des relations commerciales, qui devra recevoir chaque trimestre les conditions commerciales
négociées entre distributeurs et transformateurs. Les organisations de producteurs
pourront alors y faire appel afin de savoir si oui ou non, leur laiterie – coopérative – a
bien joué le jeu. La mention de l’origine, source de valeur ajoutée, est également clairement mise en avant.
DES CONSOMMATEURS BIENTÔT AU COURANT
« Ne pas signer cette charte devient un exercice d’auto-justification compliqué ! »,
souligne André Bonnard avec le sourire. Le syndicat souhaite largement communiquer sur celle-ci auprès des consommateurs afin de l’éclairer au mieux dans ses
choix… et surtout de mettre la pression sur l’aval de la filière, quelques semaines
avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. « Essayez de faire de la Vache qui rit avec
du lait de nulle part ! », lance André Bonnard. Pas sûr que Bel aura le même succès
auprès des consommateurs qui gardent l’image du « comté raté de Lons-Le-Saulnier
», continue-t-il. Pourtant, la partie n’est pas gagnée. « Les seuls qui vont avoir du mal
à signer, ce sont ceux qui ont le plus de mal avec la transparence ! », estime-t-il. « Si
une coopérative n’adhère pas à ces valeurs-là, ça va être compliqué ! […] Côté distribution, on a des chances que cela fonctionne si toutes les enseignes signent en
même temps », continue-t-il. Pour Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, cette
charte est aussi « une main tendue » à la filière, « une manière de relancer un axe de
travail » au sein de l’interprofession dans un contexte de crise.
DES ÉLEVEURS « CHAUDS BOUILLANTS »
L’an passé, les industriels n’ont pas tous retransmis le niveau de prix payé par les distributeurs. Certains ont donc augmenté leurs marges au détriment des deux autres
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 15
POLITIQUE - PROFESSIONS
France
maillons de la filière. Les distributeurs ne sont pas prêts à continuer de payer dans ce
sens. « “À quoi bon faire des efforts, car le maillon du milieu est trop opaque”, disent
les industriels », explique André Bonnard. Aussi, les producteurs devaient trouver un
moyen de pérenniser les bonnes intentions de la distribution, dans un cadre plus transparent, d’où cette charte. Pour la FNPL, en pleines négociations commerciales, les
industriels ont tout intérêt à justifier leur prix avec cette charte, face à une distribution
qui demande des baisses de l’ordre de 10 %. Des questions subsistent cependant :
comment taper sur les doigts de ceux qui l’auront vertueusement signée mais qui ne la
respecteront pas ?, que faire si tous les acteurs ne la signent pas ?, certains industriels
ne privilégieront-ils pas plutôt leur charte interne ? Thierry Roquefeuil imagine déjà
de remettre la pression sur le terrain. « Le terrain est chaud bouillant si rien n’avance »,
souligne André Bonnard. Du côté de la Commission européenne, le syndicat reste
serein. Chaque acteur signe individuellement. « La meilleure utilisation de la charte,
c’est de l’intégrer dans les conditions générales de ventes ou d’achats », conclut
André Bonnard.
ED (Agra Presse)
FINANCEMENT/ETUDE > Créé en 2013 puis intégré en 2014 par le président François Hollande dans le pacte de responsabilité destiné à réduire les charges sur les
entreprises pour leur permettre d’investir et d’embaucher, le CICE représentait
27,4 milliards d’euros auxquels elles pouvaient prétendre au total en 2014 et 2015.
CICE: 23,5 milliards d’euros déjà
perçus par les entreprises depuis
le lancement
P
lus d’un million d’entreprises ont bénéficié du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) chaque année depuis son lancement, et elles ont déjà touché 23,5
milliards d’euros grâce à ce dispositif, selon des chiffres transmis le 20 janvier à
l’AFP par Bercy. .
Sur ce montant, 85% ont été effectivement touchés par les entreprises à fin 2015, soit
23,5 milliards d’euros, répartis entre 18,6 milliards versés par l’Etat sous forme de
crédit d’impôt et 4,9 milliards préfinancés par la banque publique Bpifrance et les
banques traditionnelles. 3,9 milliards restent encore dûs.
Pour Bercy, cela montre que le dispositif de préfinancement du CICE a été « bien approprié par les entreprises ». Les TPE-PME en ont été les principales bénéficiaires,
avec 11,9 milliards touchés, contre 3,1 milliards alloués aux entreprises de taille intermédiaires (ETI) et 3,6 milliards aux grandes entreprises. Le CICE est un allègement
d’impôts pour les entreprises, calculé en fonction de leur masse salariale, hors salaires
16 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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POLITIQUE - PROFESSIONS
France
supérieurs à 2,5 fois le Smic. Son taux
est passé de 4% de la masse salariale
Le CICE, sésame pour l’embauche ?
brute en 2013 à 6% en 2014.
Une enquête exclusive (1) réalisée par l’expert mondial du recrutement
spécialisé Robert Half montre que 66 % des personnes interrogées ont
François Hollande a annoncé qu’il
recruté « grâce à cette mesure ces derniers mois ». Des embauches qui
voulait transformer ce dispositif en
ont eu lieu essentiellement dans les PME qui sont 80 % à avoir recruté
baisse définitive de charges sociales
grâce au CICE, contre 62% pour les ETI et grands groupes et 60 % des
TPE, toujours selon le sondage. De quoi faire dire à Olivier Gélis, direcau-delà de 2017, une mesure que le
teur général chez Robert Half, que ces résultats montrent que les DAF
patronat réclamait avec insistance.
interrogés « expriment de la confiance dans leur secteur d’activité ».
« Cette année encore, le CICE de(1) Etude menée par un institut de sondage indépendant en décembre 2015 auprès de 200 DAF en
vrait représenter 18,5 milliards supFrance.
plémentaires pour les entreprises », a
déclaré à l’AFP le ministre des Finances Michel Sapin. « Ce n’est pas
une bouffée d’air éphémère, c’est une baisse du coût du travail qui est là pour durer », a-t-il ajouté, appelant les chefs d’entreprise à « se saisir pleinement du dispositif pour embaucher et investir ».
Le bilan de Bercy ne fournit toutefois pas de données sur les effets du dispositif en
termes d’embauches et d’investissements. Difficile donc de dire si le CICE a été efficace sur ce point. Un rapport du comité de suivi du dispositif piloté par France Stratégie, organisme placé auprès du Premier ministre, a jugé en septembre que ses effets
sur l’emploi et l’investissement restaient encore difficiles à mesurer, renvoyant au
printemps 2016 pour les premiers résultats d’une évaluation qui ne porteront que sur
2013.
Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le CICE a permis de créer ou de sauvegarder près de 120 000 emplois, mais il a aussi été utilisé pour
PDf
augmenter les salaires, ce qui n’était pas son objectif initial.
PROJET
Etiquetage des produits transformés :
un décret en préparation
Alors que le projet a du mal à passer à Bruxelles, Stéphane Le Foll a décidé de prendre
l’initiative sur le problème de l’étiquetage France des viandes dans les produits transformés. Un étiquetage censé réorienter les consommateurs vers les viandes françaises.
Le ministre l’a annoncé en marge de la présentation du plan de soutien à l’élevage le
26 janvier. Il proposera un projet de décret en Conseil d’État pour rendre obligatoire
l’étiquetage d’origine des viandes sur les produits transformés. A la Commission de
décider alors si elle fait le geste politique de le censurer, et dans quel délai. La mesure
intéresse surtout les producteurs de porcs pour lesquels le poids des produits transformés est considérable. A leur attention, Stéphane Le Foll a dit tout le bien qu’il pense
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 17
POLITIQUE - PROFESSIONS
France
du regroupement de cinq grandes organisations de producteurs pour peser plus lourd
face aux abatteurs.
Quelques heures avant cette annonce, Philippe Bizien le président du Comité régional
porcin (CRP) de Bretagne avait plaidé, lors d’une conférence de presse à Rennes, pour
que la France mette en œuvre l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes dans les
produits transformés, malgré un risque de plaintes et de sanctions de Bruxelles. Des
demandes répétées enfin entendues.
PDf, avec Agra Presse
EN BREF
RAPPROCHEMENT
SynadisBio rejoint l’Union nationale
des syndicats de détaillants en
fruits, légumes et primeurs
SynadisBio, le syndicat national des
distributeurs spécialisés de produits
biologiques et diététiques, a rejoint
l’UNFD (Union nationale des syndicats
de détaillants en fruits, légumes et
primeurs) après avoir quitté la
FNDECB (Fédération nationale de
l’épicerie, caviste et spécialiste en
produit bio). SynadisBio, qui « partage
les mêmes valeurs d’éthique et responsabilité, les mêmes objectifs et les
mêmes principes de gouvernance »
que l’UNFD, selon un communiqué du
20 janvier, espère, par ce rapprochement « faire entendre la voix du commerce alimentaire spécialisé de proximité auprès des autorités de tutelle et
des pouvoirs publics ». Contacté par
Agra Presse, SynadisBio a souligné
l’intérêt de se rapprocher de l’UNFD
mais n’a pas souhaité s’exprimer sur
les raisons de son départ de la
FNDECB.
18 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
BOVINS
Les éleveurs veulent proposer
un projet de filière
Dans un contexte de relations très difficiles avec Bigard, le premier abatteur de France, la Fédération nationale bovine (FNB) tente de reconstituer,
pour la filière, un projet partagé de filière. Le 26 janvier, son président,
Jean-Pierre Fleury, a témoigné d’une
écoute renouvelée des grandes surfaces de distribution à l’égard des éleveurs, tandis que des contacts ont été
pris à ce sujet avec Coop de France et
son nouveau président. « Le prix producteur au cœur des relations commerciales » sera le thème de l’assemblée générale de la FNB qui se
déroulera à Bourg en Bresse les 3 et 4
février. Soit on rentre dans un modèle
hyper-compétitif soit on défend le
modèle français avec des races à
viande affirme Jean-Pierre Fleury qui
se déclare naturellement plutôt partisan de la deuxième solution. Tout
choix, de toute façon, passe par « la
manière dont on repositionne le troupeau allaitant français », affirme le
président de la FNB.
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INDUSTRIE
France
APPERTISÉ/MARKETING > La marque premium de conserves de légumes entend
augmenter le nombre de ses clients et attirer les plus jeunes avec de nouvelles
recettes. Plusieurs lancements et une opération de distribution massive de 350 000
boites sont prévus à partir de février. Les ventes 2015 ont progressé de 4% en valeur
sur un marché en recul de 1%.
Pour ses 160 ans, Cassegrain
veut séduire les jeunes
L
a marque premium de légumes appertisés propriété de Bonduelle a dévoilé le
19 janvier ses ventes pour 2015. Elles progressent en volume de 8% (34 828
tonnes) et en valeur de 4% (130,2 M€) sur un marché de la conserve de légume
en recul de 1% en valeur (panel IRI). Avec 10,6% (+0,5 point sur un an) de part de
marché valeur, Cassegrain est la première marque de légumes en boîte. À partir de ces
bons résultats, Cassegrain va mettre à profit l’année 2016 pour faire parler d’elle et
atteindre ses objectifs : augmenter le nombre de clients et attirer des acheteurs plus
jeunes.
Pour cela, Cassegrain lancera des nouveautés, dont trois au printemps : haricots verts
et haricots beurre, poivrons cuisinés au piment d’Espelette, légumes cuisinés à la
mexicaine. Ces produits s’inscrivent dans une politique plus large de la marque qui
a mis sur le marché ces dernières années des recettes de légumes cuisinés. « Cassegrain a lancé depuis 2012 pas moins de 20 produits inédits en explorant de nouveaux
segments comme les champignons cuisinés et les recettes exotiques », explique JeanLuc Bruandet, directeur France conserve et surgelé de Bonduelle. Les derniers
lancements réalisés en 2015 portent sur les légumes cuisinés exotiques (sauce aigre
douce ou à la thaï) qui plaisent à des clients jeunes et en attente de nouveautés.
Alors que sa taille de clientèle a doublé en dix ans, le but est d’augmenter encore le
taux de pénétration de Cassegrain de 28% à 32% à terme. « La majorité de cette
progression devra se faire auprès des jeunes », souligne Fabrice Renaudeau, directeur marketing conserve France de Bonduelle. Aujourd’hui, 58% des clients de
Cassegrain ont plus de 50 ans (alors qu’ils sont 51% parmi les acheteurs de légumes
appertisés) et 55% sont issus des CSP supérieures (vs 45%). Ils dépensent en moyenne
17,20€ et achètent cinq fois par an des produits Cassegrain. Le positionnement premium de la marque ne sera pas remis en cause. Les produits Cassegrain sont en
moyenne deux fois plus chers que les MDD.
À partir du 1er février, Cassegrain lancera un plan pluri-médias dont le temps fort aura
lieu lors de la deuxième semaine du mois. Le producteur distribuera à cette occasion
350 000 boîtes en partenariat avec le quotidien 20 minutes. Là aussi, Cassegrain vise
CB
des clients jeunes qui seront incités à découvrir la ratatouille provençale.
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 19
INDUSTRIE
France
PRODUITS FESTIFS/STRATÉGIE > Le producteur de foie gras, saumon fumé et jambon sec affiche ses ambitions de challenger après une année 2015 en croissance. La
crise de l’influenza aviaire va perturber son approvisionnement avec 30% de foies
gras en moins issus de la zone de restriction.
La stratégie de Delpeyrat face
à une année 2016 complexe
C
’est dans une ambiance particulière que Delpeyrat a dévoilé le 20 janvier les
résultats de ses ventes de fin d’année et ses projets pour 2016. Depuis le 18 janvier, les mises en place de palmipèdes à foie gras sont arrêtées dans 18 départements du Sud-Ouest. Pour le producteur qui réalise 70% de ses foies gras sous IGP,
l’impact sera important, avec « une chute de 30% en volume de foies frais issus de la
zone de restriction », selon Philippe Carré, directeur général de MVVH (Maïsadour
Vivadour Val de Sèvre Holding). MVVH, le pôle gastronomie du groupe Maïsadour,
a réalisé en 2014/2015 un chiffre d’affaires de 516 M€, qui comprend Delpeyrat. Il
faudra donc s’attendre en fin d’année à une production moins importante et à des prix
plus élevés. « L’année 2016 s’annonce complexe pour Delpeyrat », a souligné le directeur général adjoint Dominique Duprat.
Delpeyrat assure que 2015 a été « une belle année pour le foie gras, le saumon et le
jambon sec ». Les ventes de foie gras de fin d’année (12 dernières semaines de l’année 2015) sont en progression de 8,1% en volume (511 tonnes) et de 2,6% en valeur
(31 M€) sur un marché stable (-0,1%) à 4 032 tonnes et en légère progression en
valeur (+ 2,2%) à 231 M€. Les ventes de foie gras mi-cuit Delpeyrat (segment qui
représente 81% du marché) ont fait quant à elles un bond de 13% en volume. En part
de marché volume (mi-cuit et conserve), Delpeyrat est numéro 2 (12,7%) derrière
Labeyrie (20%) et juste devant Montfort (12,2%).
Delpeyrat obtient en 2015 de fortes progressions sur ses deux autres familles de produits : le saumon fumé (+22% sur un marché en progression de 3%, 6,1% de part de
marché) et le jambon sec (+15% sur un marché en progression de 1%, 7,9% de part
de marché). Le producteur explique ses résultats flatteurs par la sensibilité des
consommateurs aux produits de qualité et issus de terroirs reconnus. Le marché du
saumon fumé est toujours en convalescence depuis la crise d’image de 2013 (baisse
des volumes de 8% entre 2013 et 2015).
Sa stratégie pour les prochain mois consiste à multiplier les lancements. Sur le jambon sec, Delpeyrat sera « un challenger actif », selon Dominique Duprat qui a l’ambition de « devenir un référent des jambons secs d’origine » en s’appuyant sur la
montée en gamme du segment et les nouvelles origines. En avril, la marque du SudOuest lancera trois jambons secs en tranches (Savoie, Auvergne et Pyrénées) avec un
affinage de 12 mois. Pour le saumon fumé, Delpeyrat installera en mars dans les
rayons des GMS une gamme baptisée « Instants apéritifs » composée de dés (aux
épices douces ou au thym citron) et d’émincées nature. L’objectif est de répondre aux
20 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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INDUSTRIE
France
attentes des consommateurs pour des produits qualitatifs (sans injonction de saumure
et sans chair brune) prêts à être consommés à l’apéritif. Il s’agit d’un axe de développement qui sera poursuivi pour d’autres lancements en 2016.
CB
BOULANGERIE INDUSTRIELLE/EXPANSION > La branche boulangerie-pâtisserie
de Limagrain cherche des relais de croissance au Brésil, aux Etats-Unis et en Chine
avec des spécialités qui mettent en valeur le savoir-faire français. En France, l’industriel s’appuiera sur une innovation maison (« sans sucre ajouté ») et sur ses
produits phares Savane et Brownie qui obtiennent de bons résultats.
Jacquet Brossard poursuit
son expansion internationale
L
’année 2016 va être placée sous le signe de l’innovation et de l’international pour
la branche agroalimentaire grand public de la coopérative Limagrain. Jacquet
Brossard (308 M€ de chiffre d’affaires en 2014/2015), jusqu’alors présent sur le
continent américain, a commencé à exporter ses pâtisseries en Chine à l’automne dernier avec une gamme de sept références, dont des brownies « made in France ». Les
paquets sont proposés dans plus de 500 points de vente dont Auchan, Vanguard et 200
Carrefour.
Avec la Chine, l’industriel complète donc son implantation sur des grands marchés
où il utilise exclusivement la marque Jacquet. Depuis ces dernières années, le Brésil
est la cible de l’industriel avec une usine ouverte en novembre avec son partenaire
local, le brésilien Guerra, qui fait suite à plusieurs années d’export vers cette destination. Sur place, les brownies constituent 50% des ventes, avec une mise en avant
importante du savoir-faire français. Les produits sont présents dans 450 Pao de Açucar, 200 Carrefour et bientôt dans les supérettes. Mais la récession que connaît le
pays pourrait l’amener à revoir son offre vers des produits de milieu de gamme.
Aux Etats-Unis, plusieurs produits sont exportés depuis 2013 comme des gaufres,
des brownies, du pain de mie sans croûte, proposés dans 1 200 magasins dont Key
Food, Whole foods, Stop&Shop et en test chez Costco. Les prochaines étapes
consistent à passer à 2000 points de vente mi-2016. Après un bureau commercial
ouvert en septembre 2015 et des débuts jugés « encourageants », Jacquet Brossard se
donne encore un à deux ans avant de se décider au sujet d’un site de production local.
Alors que 18% du chiffre d’affaires de l’entreprise sont réalisés à l’international,
« nous nous fixons pour objectif d’atteindre 30% d’ici 5 à 6 ans », a souligné Emmanuel Almond, directeur général de l’entreprise, au cours d’une présentation tenue à
Paris le 19 janvier.
BOUSCULER LE MARCHÉ AVEC LE « SANS SUCRE AJOUTÉ »
En France, Jacquet Brossard va poursuivre sa politique d’innovation, en répondant
au mieux aux tendances de consommation actuelles. Sur un marché du pain de mie
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 21
INDUSTRIE
France
emballé atone (-0,6% à 287,6 de millions de paquets, source Nielsen), sur lequel
Jacquet est numéro 2 derrière Harrys avec 10,4% de part de marché (PDM) en évolution stable, la marque va innover en proposant les premières références « sans
sucre ajouté » du marché (Maxi Jac nature ou complet). Cette innovation, fruit de la
R&D interne, a été réalisée sans ingrédient supplémentaire, en se basant sur le process et sur les variétés de blés, selon l’entreprise. Le « sans suce ajouté » permet de
répondre aux attentes pour des produits moins sucrés et avec le moins d’ingrédients
possible. Si les résultats sont au rendez-vous dans les mois prochains, Jacquet étendra le « sans sucre ajouté » à l’ensemble de ses pains. Cette nouveauté s’inscrit dans
le cadre d’une politique plus large puisque Jacquet a banni l’huile de palme de sa
gamme de pains. Jacquet lancera aussi en mars une déclinaison de Maxi Jac aux 11
céréales et graines.
Sur les pains spéciaux, soit un tiers du marché du pain emballé, Jacquet souhaite profiter du dynamisme de ce segment (+5% en 2015, 150 millions de paquets) et garder sa
place de leader (28,6% de PDM). En mars, il étoffera sa gamme des « baguettines
viennoises » à tartiner ou à sandwicher, un segment en hausse de 15% par an.
INNOVER DANS LA PÂTISSERIE INDUSTRIELLE EN ÉTOFFANT LA GAMME
SAVANE
Sur la pâtisserie industrielle (+3,1% à 462 millions de paquets), Brossard affiche une
part de marché de 10,4% en 2015 (+0,7 point). La marque garde de solides positions
avec 24% de PDM sur les gâteaux moelleux pour enfants et 29% sur les cakes aux
fruits, deux segments sur lesquels il est numéro un. Savane, qui représente 67% de la
croissance de Brossard, détient 14,8% de PDM (+3,7%) avec 62 millions de paquets
en 2015 (+14%) va améliorer sa visibilité avec un logo et des paquets modernisés.
La nouveauté prendra la forme d’une déclinaison « jungle » avec un fourrage apparent aux fruits, lancé en mars. Objectif : contrer les MDD qui dominent les fourrés
aux fruits. Les brownies ont aussi réalisé une belle performance avec des volumes en
hausse de 11,1% sur un segment en progression de 7%. Là aussi, Brossard innovera
CB
en mars avec les mini brownies cœur caramel et cœur vanille.
BOULANGERIE INDUSTRIELLE/EMPLOIS
Fermeture de l’usine Panavi à Saint-Estève:
98 suppressions d’emplois
La boulangerie industrielle Panavi va fermer son site de Saint-Estève (66), entraînant la suppression de 98 emplois. Le groupe Panavi, qui appartient au groupe familial belge Vandemorteele, a déjà fermé son usine de Châtellerault dans la Vienne fin
2015, mais aussi Saint-Auvens (Haute-Vienne) en 2014 et Caen (Calvados) en 2012.
Ce projet est « susceptible d’entraîner la suppression de 98 emplois », a souligné la
préfecture dans un communiqué, indiquant qu’elle entendait aider à un « reclassement rapide des salariés ».
22 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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INDUSTRIE
France
Pour le porte-parole du groupe, Eric Müller, il s’agit de restructurations. « Dans
notre métier, certains produits disparaissent au bénéfice de nouveaux outils » et
« nous sommes amenés à déménager », comme par exemple vers Lyon où quelque
70 emplois ont été créés dans une usine « flambant neuf », a-t-il expliqué à l’AFP.
S’il s’est refusé à fournir des précisions sur la « restructuration » de Saint-Estève,
Eric Müller a néanmoins affirmé à l’AFP que le groupe mettrait en place des solutions pour accompagner ses employés. Il a fait état de réunions avec les salariés du
site, d’une « procédure juridique en cours » et d’une « réunion officielle » le 3 février
avant la fermeture du site fin avril.
Panavi, créé en 1896 et présent en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en
Espagne en Italie et aux Pays-Bas notamment, réalise un chiffre d’affaires annuel
d’environ 1,4 Mrd€.
La France est un des pays où il a le plus investi avec quelque douze sites de production à l’heure actuelle.
PDf
COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES/ACQUISITION
Dômes Pharma se renforce
dans les compléments alimentaires
Le groupe familial Dômes Pharma a pris la totalité du capital du distributeur français
de compléments alimentaires, le Laboratoire Léro, auprès du laboratoire pharmaceutique EG Labo (filiale du groupe allemand Stada), pour un montant non dévoilé.
Spécialiste de la santé animale, avec la marque Biocanina notamment, Dômes Pharma « confirme son développement en santé humaine et élargit la gamme de produits
d’automédication proposée aux pharmaciens par sa filiale les Laboratoires Auvex »
indique le communiqué du 14 janvier. Les produits Léro seront distribués par la filiale Auvex qui possède également une branche santé humaine et dispositifs médicaux et dont la répartition de « l’activité est de 50% en santé humaine et 50% en
santé animale avec cette acquisition », indique Dômes Pharma, précisant qu’au niveau du groupe, « la santé animale reste majoritaire, à près de 80% de l’activité ».
Fondé en 1986 par une équipe de chercheurs composée de pharmaciens et de médecins, le Laboratoire Léro a développé une gamme de compléments alimentaires autour de l’association oméga-3 d’origine marine, vitamines et oligo-éléments. La société a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 6,7 M€. De son côté, Dômes Pharma
qui compte plus de 330 salariés sur huit sites en France et en Suisse a réalisé en 2014,
PDf
un chiffre d'affaires consolidé de 64 M€.
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 23
INDUSTRIE
France
BILAN/FOIE GRAS > Le producteur de foie gras, dans le giron d’Euralis, présente un
bilan mitigé des ventes de fin d’année. Son déréférencement d’Intermarché a pesé
sur ses résultats.
Montfort résiste malgré son
absence des rayons d’Intermarché
L
a fin de l’année 2015 s’achève sur un bilan mitigé pour la filiale de la coopérative
Euralis. Les ventes de foie gras de Montfort à la fin de l’année (12 octobre 2015
au 3 janvier 2016, source IRI) sont en recul de 8,7% à 492 tonnes, dans un marché stable à -0,1% (4 032 tonnes). Sa part de marché (PDM) passe de 13,4% à 12,2%.
En PDM, Delpeyrat devient le numéro deux (12,7%) derrière le leader Labeyrie qui
détient 20%. L’explication se trouve, d’après Montfort, dans le déréférencement des
produits du circuit Intermarché, suite à un désaccord entre les deux parties.
Toutefois, « Montfort s’inscrit dans une stratégie de valorisation entamée en 2013 et
donne donc la priorité à la valeur comme référence », explique Sébastien Joho, directeur marketing de Montfort. Pour cela, la marque utilise une grille de lecture basée sur la valeur nette de nouveaux instruments promotionnels (NIP). Un choix qui
s’explique aussi par le fort taux de promotion du foie gras constaté sur la saison.
Selon IRI, en décembre 2015, ce produit, toutes marques confondues, a connu un
taux de promotion de 66,3%, en hausse de 5,9 points. Il s’agit du produit festif le plus
promotionné. Montfort assure réaliser moins de ventes sous promotion que ses
concurrents. En chiffre d’affaires net de NIP, Montfort se classe deuxième après Labeyrie à 26,3 M€ avec une PDM à 13% en recul de 0,6 point, dans un marché qui est
à l’arrêt en valeur nette de NIP.
PART DE MARCHÉ PRÉSERVÉE SUR LE MI-CUIT
Sur le marché du mi-cuit, qui représente l’essentiel des ventes (168,8 M€ sur 202 M€),
Montfort détient une PDM valeur de 14,1% (-0,7 point) avec des ventes qui atteignent
les 24 M€. À périmètre constant (en retranchant les magasins Intermarché où les
produits étaient absents), Montfort constate que ses volumes vendus augmentent
pour le mi-cuit entier et le bloc et sont stables pour le bloc avec morceaux. Le chiffre
d’affaires dégagé est aussi en hausse pour l’entier et le bloc avec morceaux. Enfin, la
marque obtient de très bons résultats sur le foie gras cru : dans un marché en régression de 10,5% en valeur, Montfort accentue son leadership avec une PDM de 25,2%
(+1,6 point) selon le panel Kantar pour décembre 2015. Un succès enregistré grâce à
l’ « extra-fraîcheur », une innovation maison, et une nouvelle approche en fonction
du profil de la cliente.
2016, UNE ANNÉE DE CHALLENGES POUR MONTFORT
Cette année, les défis vont se multiplier pour la filiale d’Euralis. Elle devra convaincre
tous les distributeurs de référencer ses produits et que sa stratégie de valorisation est
24 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
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INDUSTRIE
France
gagnante. Le manque de matière première va se faire sentir, comme pour toute la filière, sachant que Montfort transforme tous les canards produits par les adhérents
d’Euralis, sans en vendre à l’extérieur. La coopérative doit détailler ces jours prochains l’impact de la crise chez ses éleveurs. Quant aux autres régions de production
– ouest de la France et Bulgarie dans le cas d’Euralis –, les capacités en place ne
seront pas suffisantes pour compenser la chute de production. Il faudra donc se préparer en 2016 à gérer la pénurie, avec à la clé des prix orientés à la hausse.
CB
PORC/PRODUCTION
La co-entreprise Avril-Tönnies
opérationnelle en avril
Annoncée à l’automne dernier, le projet de co-entreprise entre le groupe Avril et
l'allemand Tönnies verra le jour à Vire dans le Calvados. Pour un investissement de
5 millions d'euros, « cet outil ultra-moderne de découpe et d’élaboration baptisé
l’Atelier des viandes de France », sera opérationnel dès le 1er avril 2016 et permettra
la création de 30 emplois, indique un communiqué commun du 25 janvier. Et d’ici
fin 2016, « ce sont 60 emplois qui pourraient être générés dans le bassin de Vire »,
est-il précisé.
Ce site entièrement dédié à la valorisation des productions porcines françaises réunira les compétences et les expertises de chacun des partenaires. Concrètement, Abera,
filiale d’Avril fournira la viande de porcs « nés, élevés, abattus, découpés et élaborés
en France », et Tönnies « renforcera son offre de produits porcins français et élaborés
en GMS à destination du marché français », explique le communiqué.
Dans un contexte de marché peu favorable pour la filière porc français « la création
de ce nouvel atelier est un signal fort non seulement pour Avril et sa filiale Abera,
mais également pour l’ensemble de la filière porcine nationale et ses éleveurs »,
commente Fabrice Chapelle, directeur général d’Abera. Et ce dernier de rappeler que
depuis 2013, « la France importe plus de viande porcine qu’elle n’en exporte. Alors
que ces importations proviennent en grande partie d’Allemagne pour l’élaboration
de produits en barquette, cet atelier réunit le made in France et l’expertise allemande pour récupérer les parts de marché perdues en France par le porc français. »
Spécialisée dans la 1ère et 2e transformation de viande de porc, Abera (650 éleveurs
partenaires), basée à Saint-Brice-en-Coglès en Bretagne abat 1 million de porcs
(93 000 tonnes) par an. Le groupe Avril affiche un chiffre d’affaires 2014 de 6,5 Mrd€
et le groupe familial Tönnies de 5,6 Mrd€.
PDf
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 25
INDUSTRIE
France
EN BREF
COOPÉRATIVES
Dans le sud de la France, Arterris
annonce sa fusion avec Synergie
Implanté dans le sud de la France (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon
et Provence-Alpes-Côte d’Azur), le
groupe coopératif Arterris (25 000 exploitations, leader français de la collecte de blé dur et de tournesol) annonce, dans un communiqué le 15
janvier, sa fusion avec la coopérative
Synergie, spécialisée dans les activités bovine et équine (1 500 exploitations bovines). Par cette opération,
Arterris « intègre la production bovine
», explique le communiqué et « cette
étape est le point de départ de la
constitution d’une filière ruminants
qui devra aboutir à une position sur
son aval ». Arterris veut ainsi « sécuriser les débouchés », et « créer de la
valeur ajoutée ».
BIO
Léa Nature obtient le label
Entrepreneurs + Engagés
Le label permettant de valoriser les
PME et les ETI, porté par la Feef, a été
décerné à Léa Nature à la suite d’un
audit réalisé par Ecocert en octobre
2015. L’entreprise spécialiste de l’alimentation et de la cosmétique bio et
naturelle (154 M€ de chiffre d’affaires
en 2014) rejoint la trentaine de labellisés en France. La Feef a lancé en 2014
le label Entrepreneurs + Engagés dont
le but est de valoriser les entreprises
s’inscrivant dans une démarche de
responsabilité sociale et environnementale (Agra Alimentation du 2 octobre 2014).
Œuf Nord Europe
finalise l’acquisition de Cocorette
La société de commercialisation
d’œufs, Œuf Nord Europe, vient de fi26 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
naliser le rachat de son concurrent,
Cocorette, selon le quotidien Les Marchés du 20 janvier (Agra Alimentation
du 3 décembre 2015). Le rapprochement de ces deux opérateurs du nord
de la France donnera naissance au
leader de l’œuf alternatif (plein air, volière ou bio) en France. Les accords
ont été signés le 15 janvier dernier. Le
nouveau tour de table inclut également le groupe coopératif Noriap, entré à hauteur de 34 %, BPI France et
Picardie Investissement.
DÉVELOPPEMENT
Fleury Michon veut attaquer
les Etats-Unis
Leader des produits traiteur en
France, Fleury Michon ne réalise que
6 % de son chiffre d’affaires à l’international (707,1 M€ de CA en 2014).
Fortement dépendante de la grande
distribution, l’entreprise familiale
vendéenne a décidé d’accélérer son
développement à l’export. Après
l’inauguration d’une usine à Cambrai
pour couvrir les pays du nord de l’Europe, « la prochaine étape sera l’est
des Etats-Unis en 2017 », selon l’Usine
Nouvelle. Le groupe compte proposer
des produits de snacking sain, un
marché en plein développement
outre-Atlantique.
APPERTISÉS
Bonduelle va fermer sa conserverie
de Russy Bémont (Oise)
Bonduelle Europe Long Life (Bell), filiale du groupe Bonduelle, a annoncé
le 25 janvier sa décision de fermer son
site de production de Russy Bémont
(Oise) exclusivement dédié à la production de légumes d’été pour les
MDD et les marques premier prix.
L’entreprise justifie son choix par une
surcapacité découlant de la baisse régulière du marché des légumes en
conserves sous MDD. La production
sera désormais concentrée sur les
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INDUSTRIE
Europe
sites
d’Estrées-Mons
(Somme),
Vaulx-Vraucourt (Pas-de-Calais) et
Renescure (Nord). « Le projet de fermeture serait effectif fin juin 2016
pour la partie production, les activités
logistiques du site se poursuivant
jusque fin septembre 2016 », précise
le communiqué de Bonduelle. Un reclassement de l’ensemble des 62 salariés concernés peut être assuré par
les sites de la région Nord Picardie de
Bonduelle, précise l’entreprise.
VOLAILLE
concurrence son rachat de Doux, selon le magazine LSA. En septembre,
un communiqué des deux entreprises
avait indiqué que la prise de contrôle
devrait être finalisée avant fin 2015,
sous réserve de l’obtention de toutes
les autorisations nécessaires. L’acquisition porte sur 52,5% de Doux, lequel, avec une production d’un million
de têtes par jour, est numéro deux de
la volaille en France et premier exportateur européen. Son chiffre d’affaires
2015 est estimé à 530 M€ (Agra Alimentation du 10 septembre 2015).
Terrena-Doux : notification auprès
de l’autorité de la concurrence
Le groupe coopératif Terrena a notifié
le 13 janvier 2016 à l’autorité de la
LAITERIE/ALLEMAGNE
Emmi devient majoritaire
chez Gläserne Molkerei
Après avoir augmenté sa participation de 24 % en 2012 à 76 % en 2014, le suisse
Emmi a annoncé avoir acquis la totalité du capital de la société allemande Gläserne
Molkerei. Cette laiterie fondée en 2001 est « une société leader dans la transformation de lait bio implantée dans le nord-est de l’Allemagne », indique le communiqué
du 21 janvier. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires d’environ 100 M€, avec près
de 100 collaborateurs, transforme environ 120 millions de litres de lait, en provenance essentiellement du nord-est de l’Allemagne, en particulier du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, du Brandebourg, du Schleswig-Holstein et de Saxe,
ainsi que du pays voisin qu’est le Danemark. Le prix de la transaction n’a pas été
dévoilé.
Cette opération confirme la volonté d’Emmi, qui se présente comme le plus grand
producteur de produits laitiers biologiques en Suisse, de renforcer ses positions sur
ce segment de marché à l’étranger. En 2014, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires
de 3,4 Mrd CHF (3,1 Mrd€) et un bénéfice net corrigé des effets extraordinaires de
CHF 109M CHF (99,5 M€)
PDf
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28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 27
INDUSTRIE
Europe
EN BREF
RÉSULTATS
Barry Callebaut : hausse de 3,8%
des ventes au 1er trimestre
Le numéro un mondial du cacao Barry
Callebaut a annoncé une hausse de
3,8 % de son chiffre d’affaires pour le
premier trimestre de son exercice
2015/2016 (clos fin août) à 1,81 Mrd
CHF (1,6 Mrd€). En volume, la progression ressort à 6,4 % à 494 873
tonnes. Le chocolatier suisse a poursuivi sur sa lancée après un bon quatrième trimestre 2014/2015. « Notre
recherche d’une “croissance intelligente”, c’est-à-dire d’un équilibre
entre la croissance du volume et
l’amélioration de la rentabilité, ainsi
que la génération de cash-flow disponible, est mise en œuvre progressivement et nos projets de transformation
sont en bonne voie », a expliqué le directeur général, Antoine de Saint-Affrique, dans le communiqué du 20
janvier.
PAYS-BAS
Katjes monte à 100 % de Festivaldi
L’allemand Katjes (Lutti, Piasten...)
est désormais propriétaire à 100 % du
néerlandais Festivaldi, dont il détenait
50 % depuis 2010. Avec sa marque
Harlekijntjes, Festivaldi est le premier
producteur de réglisse en volume aux
Pays-Bas, selon un communiqué du
19 janvier, qui ne donne pas le montant de la transaction. « Festivaldi
s’inscrit parfaitement dans notre stratégie et se développe positivement depuis notre prise de participation », explique Bastian Fassin, président de
Katjes International. Après 146 M€ de
chiffre d’affaires en 2014, Katjes prévoyait de dépasser 200 M€ en 2015.
Intéressée par les activités de confiserie de Mondelez, l’entreprise a levé
28 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
60 millions d’euros sous forme
d’émission obligataire en mai dernier.
POLOGNE
Le fonds Highlander Partners
devient majoritaire chez Quantum
Food Group
A la faveur d’une augmentation de capital, le fonds américain Highlander
Partners a pris 60 % du capital du polonais Quantum Food Group (QFG), le
solde restant aux mains des fondateurs de l’entreprise. L’investissement, dont le montant n’a pas été rendu public, doit permettre à QFG de
développer une troisième unité de
production pour le marché polonais et
d’introduire des technologies innovantes dans ses lignes de production.
QFG qui exporte 80 % de ses productions (produits à base de viande), a réalisé un chiffre d’affaires de 117 millions de zlotys (27 M€) en 2015 et
devrait terminer l’année avec un
chiffre d’affaires proche de 200 millions de zlotys (47 M€) selon les estimations. C’est la première fois que
Highlander Partners (un milliard de
dollars de fonds, 918 M€) investit dans
le secteur de la viande.
ROYAUME-UNI
B Riley&Sons supprime 130 emplois
L’un des plus grands abattoirs indépendants du nord de l’Angleterre vient
de supprimer 130 emplois, à Burnley.
B Riley & Sons a dû cesser son activité
en raison de grosses difficultés de
trésorerie, révélait Foodmanufacture.
co.uk début janvier. L’abattoir transformait et fournissait principalement
de l’agneau au marché britannique et
européen halal. En Grande-Bretagne,
le marché de la viande halal représenterait plus de 2,6 Mrd£ (3,5 Mrd€)
par an. L’administrateur recherche
actuellement des repreneurs pour
l’activité de découpe et de transformation. L’abattoir avait été agrandi et
Reproduction interdite
INDUSTRIE
Europe
rénové en octobre 2014 afin de pousser la production à 12 000 moutons
par semaine.
Arla reprend 100 %
de Westbury Dairies
Les groupes coopératifs First Milk et
Arla ont annoncé, le 15 janvier, que ce
dernier reprenait l’intégralité de
Westbury Dairies (poudre de lait et
beurre), dont il est actionnaire depuis
2010. Aucun chiffre n’a été communiqué. Le géant d’origine danoise (10,6
Mrd€ de chiffre d’affaires en 2014)
étend ainsi son réseau au RoyaumeUni. Cette opération s’inscrit aussi
dans le plan de retournement annoncé par First Milk en mai 2015. En difficulté financière, la coopérative britannique a alors décidé de se recentrer
sur le lait de consommation et le fromage (et elle continuera à fournir
Arla). En 2014/2015 (exercice clos fin
mars), la perte nette de First Milk a
atteint 24,9 M£ (32,6 M€) pour un
chiffre d’affaires de 442,2 M£ (580
M€).
The Real Yorkshire Company racheté
par Go2 Foods
Entreprise familiale basée dans le
Yorkshire, The Real Yorkshire Company vient de quitter les mains de ses
fondateurs. En effet, Paul Holmes et
sa femme ont cédé 95 % de leurs parts
à Go2 Foods, société d’investissement
détenue par Paul Simmonds, propriétaire de Glisten. Depuis 1991, The Real
Yorkshire Company fournit en
yorkshire puddings la GMS, les grossistes et les industriels. Une gamme
sans gluten vient également de faire
son apparition. Un complément d’activité pour Glisten spécialisé dans les
snackings salés et les barres de céréales. Glisten, qui compte 150 M£
(203 M€) de chiffre d’affaires, emploie
850 personnes en Grande-Bretagne
au sein de 10 sites de production. The
Real Yorkshire Company réalise un
Reproduction interdite
chiffre d’affaires de 6,5 M£ (8,8 M€) et
emploie 50 personnes.
Metcalfe’s Skinny Limited racheté
par Diamond Foods
Le Metcalfe’s Skinny passe dans le giron de l’américain Diamond Foods.
Propriétaire des marques Diamond of
California ou Kettle Chips, l’américain
Diamond Foods a pris une participation de 26 % dans Metcalfe’s Skinny
Limited. Le fabricant britannique de
popcorn haut de gamme restera géré
par l’équipe en place, est-il indiqué
dans le communiqué du 11 janvier
2016. Pour l’américain, cette opération vise à prendre de nouvelles parts
de marché dans le snacking. Metcalfe’s Skinny a été cofondé en 2009
par Robert Jakobi et Julian Metcalfe
également fondateur de la chaîne de
restauration Prêt A Manger. En valeur,
les ventes de popcorn à teneur faible
en sucre ont progressé de 67,4 % en
un an. La start-up qui emploie une
vingtaine de personnes, affiche une
croissance de chiffre d’affaires multiplié par 60 en seulement cinq ans, réalisant 18 M£ (24,36 M€) en 2015, et
envisage d’atteindre 50 M£ (67,67 M€)
en 2017. Rappelons que des négociations sont toujours en cours avec Kellogg qui cherche à racheter Diamond
Foods, pour environ 1,5 Mrd$ ou 35 à
40 $ par action (Agra Alimentation du
5 novembre 2015).
100 suppressions d’emplois
en vue chez Marine Harvest
Marine Harvest devrait supprimer une
centaine d’emplois en Écosse, où l’entreprise fait travailler près de 700 personnes sur une cinquantaine de sites
dont 48 fermes aquacoles de pleine
mer. Cette réduction d’effectifs survient dans un climat compliqué. Les
exportations de saumon d’Écosse ont
reculé de près d’un cinquième en 2015
par rapport à 2014, voire d’un tiers sur
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 29
INDUSTRIE
Monde
certains marchés clés comme le
Moyen-Orient, les USA et le Canada, a
précisé l’association écossaise des
producteurs de saumon. Le manque à
gagner est estimé à 100 M£ (92 M€)
avec pour cause principale l’embargo
russe. Par ailleurs, on a appris le 25
janvier le départ du directeur « Europe
» de l’entreprise, Maiko Ven der Meer.
Il avait rejoint Marine Harvest en 2012.
ETATS-UNIS
Tyson veut renforcer
son activité boulangère.
Hillshire Brands va investir 28 M$
(25,8 M€) pour développer les capacités de production de son usine de Tarboro en Caroline du Nord. Cette unité
produit des pains et des produits de
boulangerie (croissants, cakes…),
commercialisés sous marque Sara
Lee. La mise à niveau de l’usine comprendra la création d’une ligne de production sans gluten. Ouverte en 2000,
l’usine de cette filiale de Tyson Foods
emploie 700 personnes et en accueillera une centaine de plus une fois les
travaux terminés.
30 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
KAZAKHSTAN
AMK Metal Fzco se lance
dans la production bovine halal
En association avec les responsables
locaux, AMK Metal Fzco (Dubaï) est en
train de construire une vaste ferme
d’élevage au Kazakhstan, de 20 000
têtes de bovins par an. L’ensemble
comprend 17 000 hectares de pâturages, 2 000 hectares de terres irriguées, le tout couplé à un abattoir et
une usine de transformation développés sur un site de 5 hectares pour une
production attendue de 5 000 tonnes.
L’investissement total s’élève à 30 M$
(27 M€). C’est la première fois que
l’entreprise, jusqu’ici active dans le
monde de l’acier, met un pied dans
l’univers de la viande et de l’alimentation. Une entreprise kazakh avait déjà
annoncé en décembre l’ouverture
d’une unité de production uniquement
dédiée au halal, pour une production
de 7 200 tonnes annuelles. Le Kazakhstan a de fortes ambitions de développement depuis son adhésion à
l’OMC l’été dernier.
Reproduction interdite
PRODUITS & MARCHÉS
SALON/TENDANCES
Pas d’inversion de tendance sur les MDD
La quinzième édition du salon des marques de distributeur (MDD) s’ouvre dans un
contexte de consommation toujours tendu. Même si elles restent très appréciées des
consommateurs, la tendance sur les MDD est à l’effritement depuis plusieurs années,
et ce en dépit d’une augmentation régulière de l’offre. À 30 % de parts de marchés
(pdm) valeur de 2009 à 2012, les MDD sont tombées à 28 % en 2015, selon l’Institut
Nielsen dans une étude pour MDD Expo sur le thème des « MDD challengées...
quelles perspectives ? ». Le recul de pdm est particulièrement fort sur le frais non
laitier, qui passe de 48 % en 2009 à 42 % en 2014. Pire, « les MDD reculent sur leurs
bastions », a souligné Sébastien Monard, directeur marketing et communication
chez Nielsen, notamment sur le traiteur/produits de la mer. En cause ? « La guerre
des prix, l’agressivité promotionnelle et l’effet d’offre », cite pèle–mêle ce dernier.
LE MALHEUR DES UNS FAIT LE BONHEUR DES AUTRES
En 2015, les MDD reculent en valeur de 1,8% les PME elles, gagnent 4,7 % et les
grandes marques 1,7 %. Mais tout n’est pas perdu pour les MDD. En effet, « contrairement aux idées reçues selon laquelle trop de MDD tue l’offre, indique Nielsen, eh
bien, « rajouter un item est un plus pour la catégorie ». Ainsi pour « neuf marques sur
dix, une extension de l’offre des marques distributeurs génère du chiffre d’affaires
additionnel », précise Nielsen. Les nouveaux items, tels que le végétarien ou encore
le sans gluten fonctionnent d’ailleurs très bien.
Dans un tel contexte de consommation, les marques distributeurs trouveront leur
salut, selon Nielsen, en ciblant les catégories bio et premium, deux segments
particulièrement additifs, « sans oublier
Un salon en phase avec les évolutions de
les MDD standards, qui restent la plus
consommation
grosse part de marché », prévient SébasLe Salon MDD ouvrira ses portes les 30 et 31 mars. Cette année, six
parcours tendances qui correspondent aux « évolutions de consommatien Monard. Autant dire que l’impact
tion » seront proposés aux visiteurs : nutrition & santé, Produits des
de la guerre des prix n’a pas fini de peser
régions de France, Produits du monde, ingrédients et PAI, Fine sélection
sur le développement des MDD et
et Snaking. Durant ces 2 jours, 500 exposants, dont plus de 150 groupes
internationaux, présenteront leurs produits aux 4 500 professionnels de
qu’une des solutions à terme reste la difla distribution attendus cette année par les organisateurs. Toutes les
férenciation, qui doit jouer comme « un
gammes seront représentées, frais, épicerie, surgelés et non-alimeneffet de levier dans l’accroissement de
taire. L’accent sera mis sur le savoir-faire français qui couvrira 70 % de
la surface de l’expo, aux côtés des savoir-faire internationaux.
l’offre pour les enseignes », toujours sePDf
lon Nielsen.
Reproduction interdite
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 31
PRODUITS & MARCHÉS
ETUDE/CONSOMMATION
Le marché du snacking
va croître de 4% d’ici 2018
Selon une étude de Xerfi Research, le marché du snacking en France est promis à un
bel avenir et va amplifier à l’avenir la croissance de 3% en valeur enregistrée entre
juillet 2014 et juin 2015 dans les GMS. « La croissance du snacking restera très soutenue à moyen terme, autour de 4% en valeur par an en moyenne à l’horizon 2018 »,
note l’auteur de l’étude Jérémy Robiolle. Premiers bénéficiaires de ces bonnes performances : les biscuits salés et sucrés et les produits frais non surgelés. A l’inverse,
les snacks à réchauffer et les fromages ont atteint la maturité.
Pour expliquer ses prévisions, Xerfi s’appuie sur le développement des capacités de
productions, à l’image de Mars (Haguenau) et Sibell (Aubagne), qui va se traduire
par une offre étoffée et diversifiée. Le snacking est aussi un enjeu pour les distributeurs qui y voient un moyen d’améliorer la fréquentation des magasins, de lancer de
nouvelles enseignes de proximité et de développer leur offre sous MDD.
A l’avenir, l’offre va encore gagner en sophistication et connaître un virage qualitatif
touchant les recettes, les ingrédients et les formats plus pratiques et plus valorisants.
L’offre de produits plus équilibrés, plus sains, moins caloriques va aller de pair avec
le développement du « sans gluten » et du « sans allergènes ». Ces deux dernières
catégories connaissent une croissance actuelle de 8 à 10% en valeur, selon Xerfi.
Pour les prochaines années, Xerfi estime que le marché du snacking va attirer de
nouveaux entrants, mais sans qu’ils parviennent à bousculer les acteurs actuels bénéCB
ficiant d’une « prime à l’ancienneté ».
CHIFFRES/CONSOMMATION
La guerre des prix favorise
bien le consommateur
En dix ans, le prix du panier moyen (35 produits de consommation courante) des
familles françaises a augmenté de 4,55 % soit une hausse très modérée sur le long
terme, comparativement à l’inflation cumulée depuis 2006 (+13,7 %), selon l’enquête de Familles Rurales. Le 19 janvier, l’association de consommateurs a rendu
publics les résultats de son enquête pour l’année 2015 et revient sur l’évolution de
ces chiffres depuis 2006. « Cette hausse de 4,55 % appelle deux constats : jusqu’en
2012 inclus, l’observatoire connaît des augmentations de prix parfois très importantes dans un contexte de crise économique », observe Dominique Marmier, président de Familles rurales. Un pic est atteint en 2012 avec un panier à 137,07 €. «
Depuis 2013 compris, l’observatoire connaît une baisse des prix liée à un contexte de
concurrence très importante entre distributeurs », continue-t-il. En 2015, la hausse
est de +0,37 % par rapport à l’an passé. Il s’interroge cependant sur certaines pra32 - AGRA ALIMENTATION - n° 2343 - 28 janvier 2016
Reproduction interdite
PRODUITS & MARCHÉS
tiques des distributeurs : « On observe une disparition de produits de certaines
gammes. Les distributeurs présentent des formats plus petits et donc le consommateur en achète plus ». De fortes fluctuations de contenance existent aussi. « Cela
peut-être une manière d’augmenter le ticket de caisse du consommateur », constate
l’association. Dominique Marmier se dit très « vigilant » sur ce point pour l’étude de
2016.
(ED, Agra Presse)
PRODUITS FESTIFS/RÉSULTATS
Produits festifs : le chiffre d’affaires
progresse de 3,2%, les promotions orientées
à la hausse
Les produits festifs ont réalisé en décembre 2015 une performance de +3,2% en
chiffre d’affaires et de 1,6% en ventes unitaires, comparable à celle de décembre
2014 (respectivement +3,5% et +1,8%), note IRI à partir de l’activité réalisée dans
les supermarchés et les hypermarchés.
Parmi les produits qui ont réalisé les meilleures performances, on note les vins effervescents, crémants et vins étrangers (essentiellement italiens) à +9,9% en chiffre
d’affaires, les whiskies (+7,6%) et le saumon fumé (+5,6%). Les foies gras pro-
Produits festifs (hors chocolats saisonniers)
Saumon fumé
Total foies gras (Frais + épicerie)
Champagne
Vins effervescents (crémant et vins étrangers)
Total Whisky HG ( pure malt, 12 ans et +, …)
Spécialités glacées fin année
Fruits de mer surgelés
3,2 %
5,6 %
3,6 %
0,7 %
9,9 %
7,6 %
3,0 %
-0,5 %
Evol. ventes
unitaires
1,6 %
4,7 %
-0,9 %
0,1 %
8,5 %
6,1 %
2,4 %
-10,7 %
Chocolats saisonniers
3,3 %
2,2 %
Evol. CA
Reproduction interdite
43,6%
52,6%
66,3%
50,1%
34,1%
34,8%
38,0%
43,9%
Evol. taux promo
(en pt)
4,0
8,5
5,9
2,9
4,8
4,8
8,3
2,4
ND
ND
Taux promo
Source IRI
Evolution des marchés des produits festifs du PGC en HM+SM en décembre 2015
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 33
PRODUITS & MARCHÉS
gressent à +3,6% en valeur, mais le nombre d’unités recule de 0,9%. Les champagnes ne progressent pas (+0,7%) alors que le taux de promotion atteint 50,1%.
« Le plus spectaculaire est sûrement le très fort développement de l’activité promotionnelle sur l’ensemble des produits festifs » qui atteint 43,6% (+4 points), note
Jacques Dupré, directeur Insights IRI. La fin d’année 2014 n’avait pas connu de
croissance de la promotion. Les plus forts taux de promotion sont relevés en 2015
sur les foies gras (66,3%, en hausse de 5,9 points) et le saumon (52,6%, en hausse de
8,5 points). Les spécialités glacées de fin d’année ont aussi connu des promotions en
hausse de 8,3 points à 38%. Les fruits de mer et les surgelés n’ont pas séduit les
consommateurs avec des ventes en recul de 0,5%.
CB
STRATÉGIE/EXPORT
L’épicerie sucrée cherche
des relais de croissance à l’export
Cap sur l’export, tel est le mot d’ordre pour les industriels des biscuits et gâteaux, des
confiseries, des chocolats et des miels qui assureront une forte présence à l’occasion
de la prochaine édition de l’lSM à Cologne, la grand-messe mondiale des spécialités
sucrées. L’Alliance 7 (fédération des produits de l’épicerie et de la nutrition spécialisée qui représente plus de 320 entreprises) va accompagner 81 entreprises parmi la
centaine d’opérateurs français présents, soit 20% de plus qu’en 2015. Signe de l’ambition nationale en matière d’export, la France est l’invitée d’honneur de salon. 13
innovations françaises seront présentées dans le hall « new products showcase ».
« Les industriels peuvent s’appuyer sur plusieurs points forts à l’export : le qualité
française, la capacité à s’adapter aux attentes des marchés étrangers et l’innovation », explique Nelly Bonnet, en charge de l’export à l’Alliance 7. Les zones visées
en priorité sont les marchés émergents dont les classes moyennes en croissance ont
de l’appétit pour les produits d’épicerie sucrée parmi lesquelles l’Asie et le MoyenOrient. L’Amérique du nord est aussi un gisement de développement. Toutefois, les
400 entreprises du secteur, qui représentent 16 Mrds d’euros de chiffre d’affaires
(CA) dont 27% à l’export, ne sont logées à la même enseigne en termes de niveau de
ventes à l’international. Les biscuits et gâteaux (2,9 Mrd d’euros de CA en 2014)
réalisent 45% de leur CA à l’export vers les pays limitrophes mais aussi les EtatsUnis, l’Arabie saoudite ou l’Algérie. En revanche, les confiseries (1,2 Mrd d’euros)
s’exportent encore peu avec un quart du CA réalisé à l’étranger, en Europe, mais
CB
aussi aux Etats-Unis et au Japon.
34 - AGRA ALIMENTATION - n° 2343 - 28 janvier 2016
Reproduction interdite
PRODUITS & MARCHÉS
EN BREF
ALIMENTATION ANIMALE
Production de l'UE en légère hausse
en 2015, baisse prévue en 2016
La production d’aliments composés
pour animaux dans l’UE en 2015 a atteint un niveau estimé de 156,1 Mt,
soit une hausse de 0,2 % par rapport à
2014, selon les données publiées le 20
janvier par la Fefac (fabricants européens d’alimentation animale). C’est
principalement le secteur de la volaille qui a tiré la production (+2 %)
alors que la fin des quotas laitiers ne
s’est pas fait ressentir (-1 %). Pour
2016, la Fefac prévoit un recul de 0,5
% de la production d’aliments composés. La tendance à la hausse de la demande d’aliments pour volaille devrait
persister, à un rythme inférieur à celui
de 2015 (+ 1 %). Mais une réduction significative de la demande de l’alimentation pour les porcs est attendue
(entre -2 et -3 %) du fait de la crise
que traverse le secteur européen. À
cela s’ajoutent des conditions climatiques très favorables aux cultures
fourragères en Europe du Nord avec
des
températures
relativement
chaudes, ce qui devrait peser sur la
demande en aliments pour le bétail
(-1 % attendu à nouveau en 2016).
NORVÈGE
Les exportations de produits de la
mer en hausse de 8% en 2015
Les exportations norvégiennes de
produits de la mer s’élèvent à 74,5 Mrd
de couronnes norvégiennes (7,8 Mrd€)
en 2015, soit +8% par rapport à 2014.
L’UE est la première destination d’export avec 67%. La France est le troisième marché d’export après la Pologne et le Danemark, avec 6,2 Mrd de
couronnes norvégiennes (655 M€) en
hausse de 9% et 141 000 tonnes (+1%).
En 2015, les exportations de saumon
Reproduction interdite
vers la France ont augmenté de 10%
en valeur pour atteindre 5,6 Mrd de
couronnes norvégiennes (591 M€).
LAIT
Les industriels chinois et étrangers
ralentissent leurs investissements
en Chine
« En raison de l’augmentation
constante du coût de revient de la production, des politiques de plus en plus
strictes, etc., plusieurs producteurs
étrangers de poudre de lait ont ralenti
leurs plans d’investissement en
Chine », annonce la lettre de veille internationale chinoise de FranceAgriMer en date du 15 janvier. Ainsi, l’article du China Business Journal, que
rapporte FranceAgriMer, cite Danone,
Fonterra ou encore Royal FrieslandCampina. De grandes laiteries
chinoises ont également choisi de fermer leurs usines locales en optimisant leurs investissements à l’étranger, selon l’article : Yili a fermé
plusieurs usines de production en
gardant seulement les usines pour la
production de poudre de lait en emballage de grande contenance ; Yashili
vient de fermer une usine au Heilongjiang et transférerait progressivement la production des produits milieu
et haut de gamme dans son usine située en Nouvelle-Zélande ; Synutra
transférera progressivement sa capacité de production vers la France ;
Beingmate aurait renforcé sa production en Nouvelle Zélande, en Irlande et en Australie tandis que
toutes les usines de Guangming de
poudre de lait infantile se situeraient
à l’étranger.
28 janvier 2016 - n° 2364 - AGRA ALIMENTATION - 35
AGENDA
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Autres pays : nous consulter
agenda
Salon des vins de Loire
à Angers
Fruit Logistica à Berlin
Europain et Intersuc à Paris
Nord Villepinte
10 au 13
Biofach (aliments biologiques) à Nuremberg
27 février au 6 mars
30 et 31
Emmi
Euralis
A
F
25
30
29
26
25
B
Barry Callebaut
28
Bonduelle
19, 26
B Riley&Sons
28
26
D
Delpeyrat
20
Diamond Foods
29
Dômes Pharma
23
Doux
1, 27
23
36 - AGRA ALIMENTATION - n° 2364 - 28 janvier 2016
30 et 31
MARS
AVRIL
8 au 10
13 au 15
Festivaldi
First Milk
Fleury Michon
27
24
28
29
26
G
Gläserne
Molkerei
Glisten
Go2 Foods
Guerra
27
29
29
21
H
Highlander
Partners
Hillshire Brands
J
28
30
Jacquet Brossard 21
K
Forum Labo & Biotech
à Lyon
Salon du fromage et des
produits laitiers à Paris
CFIA à Rennes
Index
EG Labo
Sandwich and Snack Show
à Paris
28 au 2 mars
5 au 9
E
Sirha à Genève
Salon de l’agriculture à Paris
3 au 5
Cocorette
14 et 15
24 au 26
1er au 3
C
Siag à Alger
Vinisud à Montpellier
FÉVRIER
Abera
AMK Metal Fzco
Arla
Arterris
Avril
9 au 12
15 au 17
MDD Expo à Paris
SIAL Canada à Montréal
KFC
Katjes
L
Labeyrie
Laboratoire Léro
Laboratoires
Auvex
LDC
Léa Nature
Limagrain
M
Marine Harvest
Metcalfe’s Skinny
Limited
Mondelez
Montfort
1
28
24
23
23
1
26
21
29
29
28
24
Q
Quantum
Food Group
28
S
SNV
Stada
Synergie
1
23
26
T
Terrena
4, 27
The Real Yorkshire
Company
29
Tönnies
25
Tyson Foods
30
V
O
Vandemorteele
P
Westbury Dairies 29
Œuf Nord Europe 26
Panavi
22
W
22
Reproduction interdite

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