Avenue de la Toison d`Or

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Avenue de la Toison d`Or
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Avenue de la Toison d’Or, vers 1900 (Collection de Dexia Banque).
IXELLES
Avenue de la Toison d'Or
Région de Bruxelles-Capitale
INVENTAIRE DU PATRIMOINE
ARCHITECTURAL
Reliant la chaussée d'Ixelles à la Porte de Hal, ce large boulevard à
plusieurs voies de circulation est arboré sur la berme centrale.
Jusqu'à la Porte Louise/rue des Quatre-Bras, l'avenue relève du
territoire d'Ixelles, tandis qu'elle se poursuit ensuite sur celui de
Saint-Gilles. L'autre côté de l'avenue est dénommé boulevard de
Waterloo (territoire de Bruxelles).
L'avenue fait partie intégrante de la petite ceinture tracée par
l'ingénieur Jean-Baptiste Vifquain à partir de 1819 en remplacement
de la seconde enceinte de Bruxelles, démolie à partir de 1785.
L'ouvrage entre les portes de Namur et de Hal débuta en 1823. Les
alignements furent décidés dans le cadre du tracé du quartier Louise
suivant les plans de l'inspecteur-voyer et architecte Charles
Vanderstraeten le 30.08.1840.
Elle est anciennement dénommée Esplanade, Glacis de Waterloo,
puis Boulevard extérieur de Waterloo et Boulevard extérieur du
Régent. En 1851, elle reçoit son appellation actuelle, en référence à
l'Ordre de la Toison d'Or institué à Bruges en 1430 par le duc de
Bourgogne Philippe le Bon.
Le terrain sur lequel s'implanta l'avenue était à l'origine très
irrégulier, à la fois par sa nature même, mais également en raison de
la présence des vestiges des ouvrages défensifs avec bastions des
XVIe et XVIIe siècles. Deux bastions jalonnaient la distance entre les
portes de Namur et Louise: le bastion du Roy (à hauteur des rues de
Stassart et des Chevaliers) et le bastion de Sainte-Gudule (entre la
rue Capitaine Crespel et l'avenue Louise). Les vestiges du premier
bastion constituaient «un affreux monticule, la butte de la porte de
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Namur», et furent démembrés en 1863 (LE ROY, P., p. 246). À la fin
des années 1850, la promenade fut plantée d'arbres.
La physionomie ancienne de l'avenue, avec ses maisons
bourgeoises et ses hôtels de maître, a largement disparu et a fait
place à des galeries commerciales avec bureaux et appartements
aux étages, à des hôtels et à un grand terrain vague (voir plus loin).
Même les rangées d'arbres de l'ancienne promenade ont disparu
pour faire place, dans les années 1950, à des bandes de circulation.
Les plus anciennes constructions se trouvaient du côté de l'avenue
Louise, sur l'ancien bastion de Sainte-Gudule, et consistaient en des
maisons de campagne appartenant aux familles Fortamps (voir n°30
à 38) et Graux (démolie, voir n°40, 49a-50), toutes deux remontant
au début du XIXe siècle.
La véritable urbanisation de l'avenue ne débuta qu'après la
suppression de l'octroi en 1860, avec une période de construction
particulièrement intensive vers 1860-1870. Le bâti de cette époque
consiste en des maisons bourgeoises néoclassiques et des hôtels
de maître éclectiques. Le plus ancien bâtiment de l'avenue est
l'église des Carmes déchaussés (voir n°46-46a-47), datée de 1861.
Ce sont surtout la haute bourgeoisie et les tenants de professions
libérales qui s'établirent d'abord sur l'avenue en raison de la
proximité du Palais de Justice (l'ancien et le nouveau) et de l'avenue
Louise. Pour la construction de leur habitation, ils s'adressèrent à
des architectes comme Désiré Dekeyser (n°21, pour la famille
vanden Corput, 1864), (Félix?) Janlet (n°23 et 24, pour Brumant,
1861), Wynand Janssens (voir plus bas) et Henri Macquet. Seul
l'hôtel de maître conçu par ce dernier a plus ou moins bien traversé
l'évolution de l'avenue (voir n°22-22a).
Au tournant des XIXe et XXe siècles, le caractère résidentiel de
l'avenue fut progressivement battu en brèche par l'installation de
commerces et de lieux de loisirs consacré au théâtre et au cinéma.
Au n°4-5 avenue de la Toison d'Or et rue de Stassart n°9-11 se
trouvait le Cinéma L'Avenue, installé dans deux maisons
bourgeoises sur parcelle traversante avec la rue de Stassart, de la
seconde moitié du XIXe siècle. Celles-ci furent réunies et
transformées en cinéma (n°4) et pâtisserie (n°5) sur les plans de
l'architecte Paul Hamesse, de 1911. Anciennement appelé Cinéma
Select Pathé, il fut ensuite transformé et rebaptisé Select/Agora
(architecte Michel Polak, 1930) puis Cinéma Actual (architecte Paul
Stevens, 1935). En 1953, il devient Cinéma L'Avenue, avec
adjonction d'une deuxième salle au n°5 (Le Studio), qui s'impose
comme le premier cinéma en duplex du monde. Une troisième salle,
Le Club, est ajoutée en 1956. Le Cinema L'Avenue est resté en
fonction jusqu'au milieu des années 1990. Suite à la montée d'un
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intérêt croissant pour le monde d'internet, il est transformé en
Cyber-Théâtre avec salle de réunion, salle de spectacle, horeca, etc.
(architectes Olivier Bastin, Olivier Messiaen et Vincent Szpirer). Ce
complexe multifonctionnel ferma ses portes quelques années plus
tard.
Au n°8 de l'avenue et rue de Stassart n°13-15, se trouvait le Cinéma
Capitole. Conçu en 1918 par l'architecte Gaston Ide, rénové à
plusieurs reprises et agrandi, il porte aujourd'hui l'enseigne d'UGC
Toison d'Or.
Aux n°17 et 18, derrière une belle façade en style Louis XVI conçue
par l'architecte Wynand Janssens en 1864, se trouvait le Palais de
Trocadéro, une salle de concert et de cinéma en demi-cercle
imaginée par l'architecte Léon Janlet en 1914. Plusieurs fois rénovée
et rebaptisée (elle devient en 1925 Le Casino et en 1930 L'Acropole
), elle est complètement détruite en 1969 pour faire place à la
Galerie de la Toison d'Or (pour l'entrepreneur Fernand Gillion, par
l'architecte Pierre Pirenne) qui comprend des magasins, des bureaux
et le complexe cinématographique UGC Acropole.
À la fin des années 1930 apparaissent les premiers immeubles à
appartements. Un bel ensemble conçu à l'angle de la rue des
Chevaliers par l'architecte Félix Janlet en 1861 disparaît (voir n°23 et
24). À la même époque, le patrimoine existant se dégrade: une place
accrue est conférée aux espaces de vente, plus nombreux, et qui ne
se cantonnent plus au rez-de-chaussée.
À la fin des années 1960, suite au succès de la Galerie Louise, bon
nombre de maisons sont détruites et remplacées par une galerie
commerciale moderniste avec appartements et/ou espaces de
bureaux aux étages.
Récemment (2002), le pâté de maisons néoclassiques entre la rue
des Chevaliers (n°1 à 19), l'avenue de la Toison d'Or (n°24A à 29) et
la rue des Drapiers (n°2 à 14) est démoli pour faire place au
complexe Heron Plaza. Depuis, il est toujours à l'état de terrain
vague.
Archives
ACI/Urb. 5: 286-5; 8: 286-7-8, 286-8, 95-13-15; 17, 18: 286-17, 286-19. 23 & 24: 286-23.
Ouvrages
DEBLIECK, D., VAUTHIER, E., et al., Inventaire des salles de cinéma de la Région de Bruxelles,
La rétine de plateau asbl, Bruxelles, 1994, fiche 125-126 et 128-129.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Porte de Namur, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2000 (À la découverte
de l'histoire d'Ixelles, 7), pp. 9-11.
Périodiques
N°17-18: «Œuvres publiées, Hôtel av. de la Toison d'Or, à Bruxelles, Arch. W.Janssens»,
L'Émulation, 11, 1878, col. 72; JANSSENS, W., «Hôtels, 17 et 18, av. de la Toison d'Or,
Bruxelles», L'Émulation, 11, 1878, pl. 9-12.
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Avenue de la Toison d’Or 17 et 18, maisons détruites,
architecte Wynand Janssens (L’Émulation, 11, 1878, pl. 10).
Avenue de la Toison d’Or 17 et 18, plans (L’Émulation, 11,
1878, pl. 9).
Avenue de la Toison d’Or 48, hôtel de maître (démoli),
architectes Albert & Alexis Dumont, ACI/Urb. 286-48 (1881).
Plan des fotifications entre la porte de Namur et la porte de
Hal, 1782, © AGR, Cartes et plans manuscrits, 1617.
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Avenue de la Toison d’Or 21, Maison Vanden Corput
(démolie), architecte Désiré Dekeyser, ACI/Urb. 286-21
(1865).
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