Un projet mythologie en classe de CM1

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Un projet mythologie en classe de CM1
Un projet
mythologie
en classe de
CM1
Mémoire M2 MEEF
Maëlle Mosser – Pauline Roy
REMERCIEMENTS :
Nous tenons à remercier Mme Natacha Espinosa, directrice de mémoire, pour son aide, l’équipe
administrative du Sufom ainsi que nos collègues PES en master 2 pour leur soutien.
1
Table des matières
INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 3
I.
ÉTUDIER LA MYTHOLOGIE GRECQUE A L’ECOLE ELEMENTAIRE ................................................................ 5
A.
1.
2.
B.
1.
2.
3.
4.
5.
C.
1.
2.
3.
D.
II.
MYTHOLOGIE ET PATRIMOINE COMMUN............................................................................................................. 5
Qu’est-ce qu’un mythe ? ........................................................................................................................ 5
La mythologie, un patrimoine commun ................................................................................................. 6
LA PLACE DE LA MYTHOLOGIE DANS LES TEXTES OFFICIELS ....................................................................................... 9
La mythologie dans les programmes de l’école élémentaire ................................................................. 9
Les ouvrages conseillés par l’Éducation Nationale .............................................................................. 11
Le socle commun : constituer un patrimoine commun à tous les élèves ............................................. 12
La mythologie dans les programmes de 2016 ..................................................................................... 13
Les programmes d’histoire des arts ..................................................................................................... 14
ART ET LITTERATURE DE JEUNESSE : QUELLES ŒUVRES POUR ETUDIER LA MYTHOLOGIE ? ........................................... 15
La mythologie dans la littérature de jeunesse ..................................................................................... 15
Les livres étudiés en classe ................................................................................................................... 16
La mythologie dans l’art ...................................................................................................................... 18
ÉTUDIER LA MYTHOLOGIE POUR AIDER LES ELEVES EN DIFFICULTE .......................................................................... 22
ANALYSE D’UN PROJET MYTHOLOGIE EN CLASSE DE CM1 ..................................................................... 24
A.
1.
2.
B.
1.
2.
3.
C.
1.
2.
3.
4.
LE PROJET MYTHOLOGIQUE ET LA SEQUENCE ANALYSEE........................................................................................ 24
La pédagogie de projet ........................................................................................................................ 24
Présentation du projet mythologie ...................................................................................................... 24
LA SEQUENCE D’ANALYSE ............................................................................................................................... 26
Séance 1 : la comparaison des versions du mythe d’Hercule ............................................................... 26
Séance 2 : savoir trouver des références mythologiques sur des supports variés ............................... 27
Séance 3 : réinvestir ses connaissances hors contexte en enquêtant .................................................. 30
L’ANALYSE DES RESULTATS DES PRODUCTIONS ET DES REPRESENTATIONS DES ELEVES ................................................ 31
L’implication dans le projet et la motivation des élèves ...................................................................... 31
L’entrée dans la mythologie grâce à la littérature .............................................................................. 33
L’interdisciplinarité comme outil d’aide face aux élèves en difficulté.................................................. 35
Réinvestir ses connaissances ............................................................................................................... 38
CONCLUSION .................................................................................................................................................. 40
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................................. 41
TABLE DES ANNEXES ...................................................................................................................................... 43
2
Introduction
Notre mémoire se base sur un double constat. D’une part, la mythologie
grecque est présente dans notre société sous de nombreuses formes, qu’elles soient
artistiques, littéraires, ou encore langagières. D’autre part, des élèves d’école
élémentaire n’ont pas conscience de l’origine mythologique de ce qu’ils connaissent
au quotidien : le nom des étoiles, les créatures fantastiques comme Pégase ou
Cerbère (certains élèves parlent même d’un « pégase », nom commun qui
caractériserait tous les chevaux ailés), les bandes dessinées comme Achille Talon ou
Les 12 Travaux d’Astérix, l’atlas qu’ils utilisent en géographie… Autant de références
qui font écho aux mythes grecs nous amènent à nous demander si la mythologie
grecque ne devrait pas être considérée comme un patrimoine commun, et être ainsi
lue en classe au même titre que les contes de fées et les classiques de la littérature
de jeunesse.
En parallèle de ces constats, l’une d’entre nous, enseignante dans une classe de CM1,
a mené tout au long de l’année scolaire un projet de classe autour de la mythologie.
Lecture de mythes adaptés en littérature de jeunesse, étude d’œuvres d’art antiques
et de leurs détournements dans la publicité, comparaison entre mythe original et sa
transposition à l’écran, pièce de théâtre mythologique, etc., le projet a permis aux
élèves d’explorer les mythes grecs et leurs échos dans notre société.
Nos constats ainsi que ce travail nous ont ainsi amenées au questionnement suivant :
comment faire prendre conscience aux élèves de ce patrimoine commun et de ses
origines mythologiques ? Nous avons émis plusieurs hypothèses vis-à-vis de cette
problématique :
-
Faire travailler les mythes gréco-romains aux élèves leur permettra de repérer
ses occurrences dans d’autres œuvres culturelles.
-
Travailler sur l’art gréco-romain (statues, vases, fresques, mosaïques) en
parallèle des mythes permettra aux élèves de reconnaître les différents
personnages et les dieux, et de repérer leurs détournements dans d’autres
œuvres culturelles.
3
C’est ainsi un travail en français et en histoire de l’art qui s’amorce. Il s’agira dès lors
d’étudier la place de la mythologie grecque à l’école, puis d’analyser les résultats du
projet mythologie mis en place dans une classe de CM1.
4
I.
Étudier la mythologie grecque à l’école élémentaire
A.
Mythologie et patrimoine commun
1.
Qu’est-ce qu’un mythe ?
Le mot mythe vient du latin mythus, qui signifie récit, fable. C. Estin et H. Laporte, dans
Le livre de la mythologie grecque et romaine (2004), en donnent la définition suivante :
« le mythe est un récit imaginaire qui met en scène des éléments de la nature ou des
créatures surnaturelles ».
Les mythes relèvent d’une mythologie, c’est-à-dire « un ensemble de mythes […]
propres à une civilisation, à une religion » (définition du Petit Robert, 2014). Pour la
suite de ce mémoire, nous parlerons de mythe et de mythologie pour désigner
les mythes appartenant spécifiquement à la mythologie grecque et romaine.
Plusieurs éléments entrent donc dans la définition d’un mythe.

Le mythe est un récit. D’abord transmis oralement, il est donc soumis à des
variations. Ainsi, nous pouvons très bien trouver plusieurs versions d’un seul et
même mythe. C’est par exemple le cas du mythe d’Achille : une version indique
que, alors que sa mère le baignait dans le Styx pour le rendre invincible, une
feuille est venue se poser sur son talon, empêchant l’eau de le rendre
invulnérable en cet unique endroit. Dans une autre version, sa mère le tenait
par le talon afin de pouvoir le plonger dans le fleuve des enfers.

Les mythes tels que nous les connaissons nous ont été transmis par des
auteurs grecs et latins qui les ont ainsi fixés par écrit. On attribue à Homère,
poète grec de l’antiquité, deux épopées fondatrices de la mythologie grecque :
l’Iliade et l’Odyssée, respectivement récits de la guerre de Troie et de l’épopée
d’Ulysse. C’est Pisistrate, tyran d’Athènes, qui fait transcrire les vers d’Homère,
vers 550 avant J.-C. D’autres auteurs, tels qu’Hésiode et Pindare, vont
également transcrire les récits mythologiques, contribuant à leur transmission
au-delà de l’antiquité.
5

« Éléments de la nature et créatures surnaturelles » sont les protagonistes des
mythes. Dans la mythologie gréco-romaine, on distingue ainsi, d’après la
typologie de C. Estin et H. Laporte présentée dans Le livre de la mythologie
grecque et romaine (2004) :
o Les forces élémentaires, à l’origine du monde : Océanos, un fleuve,
Thétys, une masse d’eau, Flot, la mer, Chaos, l’abîme, Gaia, la Terre,
Ouranos, le ciel…
o Les dieux de la « première génération », nés des forces élémentaires,
engendreront à leur tour une nouvelle génération de dieux. Ce sont
notamment les Titans et les Titanides, dont Cronos et Rhéa, parents de
Zeus et de ses frères et sœurs.
o Les grands dieux sont les plus connus, et ceux pour lesquels l’on
connaît une multitude de mythes : Zeus, le roi des dieux, et sa femme
Héra ; Hadès, Poséidon, Héphaïstos, Arès, Dionysos, Apollon, Hermès,
Athéna, Artémis, Aphrodite, Déméter…
o Les héros sont des mortels ou des demi-dieux, enfants d’un dieu et d’un
mortel. Leurs aventures sont le sujet de grandes épopées, dans
lesquelles les dieux jouent aussi un rôle : Ulysse, Achille, Hercule, Pâris
sont quelques exemples parmi les plus connus.
o Les créatures extraordinaires sont également très nombreuses dans
la mythologie : les cyclopes, les satyres, la Chimère, le lion de Némée,
l’Hydre de Lerne…
o Les divinités secondaires : Éole, le dieu des vents, est le fils de
Poséidon ; Pan est le fils d’Hermès ; Hélios est le soleil ; les nymphes et
les Muses sont également des divinités secondaires.

Les mythes répondent « à des questions fondamentales : l’origine du monde,
de l’Homme et même des dieux ». Se fondent ensuite les mythes sur l’origine
des cités, comme avec le mythe de Romulus et Rémus pour Rome.
2.
La mythologie, un patrimoine commun
La notion de patrimoine comprend plusieurs acceptations. Le Larousse en donne la
définition suivante (2015) :
6
1. Bien qu’on tient par héritage de ses ascendants.
2. Ce qui est considéré comme un bien propre, une richesse.
3. Ce qui est considéré comme l’héritage commun d’un groupe.
4. Ensemble des biens, droits et obligations ayant une valeur économique dont
une personne peut être titulaire ou tenue.
5. Ensemble des éléments aliénables et transmissibles qui sont la propriété, à
un moment donné, d'une personne, d'une famille, d'une entreprise ou d'une
collectivité publique.
La notion de patrimoine commun transparait à travers ces définitions, évidemment à
travers la troisième, « ce qui est considéré comme l’héritage commun d’un groupe »,
mais également à travers les mots « richesse » ou « transmissibles ».
C’est le droit international qui va poser les bases de la définition du patrimoine
commun. Ce dernier est reconnu dans plusieurs domaines, qui sont exposés dans La
notion de patrimoine commun (2004), document de la Consultation Nationale pour la
Charte de l’Environnement :

Le droit de la mer « mentionne […] que le fond des océans et ses ressources
sont le patrimoine commun de l’humanité ».

Pour l’Unesco, le patrimoine universel est entendu « dans une acception très
culturelle (livres, monuments, œuvres d’art) ».

« La Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel
constate, dans son préambule, que la disparition de ce patrimoine culturel et
naturel appauvrit de manière néfaste le patrimoine des peuples du monde » :
on retrouve ici la notion de richesse que constitue le patrimoine.

La charte du Conseil de l’Europe précise que son rôle est « de sauvegarder et
promouvoir les idéaux et principes qui sont leur patrimoine commun ».
Ces définitions nous permettent de compléter la définition d’un patrimoine commun : il
peut être matériel (un monument, une œuvre d’art…), vivant (les ressources du fond
de l’océan…), mais également immatériel (des idéaux, des principes). On peut ainsi
inclure dans cette notion des mythes et légendes, dans leur forme orale en tant que
patrimoine immatériel, mais également en tant que livres, tous deux appartenant au
patrimoine culturel : l’Unesco introduit ainsi la notion de patrimoine culturel immatériel.
7
Mais c’est surtout la notion « d’héritage commun d’un groupe » qui peut nous
permettre de considérer la mythologie comme un patrimoine culturel commun. Ainsi
depuis l’Antiquité, les mythes grecs et romains ont été une source d’inspiration pour
de nombreux artistes. Aujourd’hui encore, ces mythes sont une référence culturelle
commune, que l’on retrouve dans la littérature, l’art, le cinéma…
Le tableau ci-dessous regroupe quelques-unes de ces références.
Dans le langage
De
En littérature
nombreuses expressions de la Les mythes ont beaucoup inspiré les
langue française font référence à la auteurs de théâtre : Œdipe, P. Corneille
mythologie : se croire sorti de la cuisse (1659) ; Antigone, J. Anouilh (1944) ;
de Jupiter, un travail d’Hercule, riche Électre, Giraudoux (1937) ; du même
auteur, La Guerre de Troie n’aura pas
comme Crésus…
Certains mots sont même devenus des lieu (1935) …
noms ou des adjectifs : un dédale, être Mais
médusé,
un
pactole,
un
la
mythologie
est
également
atlas, présente dans les autres genres : la
narcissique, avoir une voix de stentor…
bande
dessinée
(Les
12
travaux
d’Astérix, les super héros de Marvel) ; le
roman (L’Odyssée de Pénélope, M.
Atwood (2005)) ; la poésie (les poètes de
la Pléiade) …
Au cinéma ou à la télévision
En peinture et sculpture
Jason et les Argonautes, Don Chaffey Saturne dévorant un de ses fils, Goya
(1963) ; Hercule, Disney (1997) en (1819-1823) ; Le centaure, César (1983dessin animé ; Troie, W. Petersen (2004) 1985) … L’influence de la mythologie
…
dans l’art sera détaillée dans la partie C
(Art et littérature de jeunesse : quelles
œuvres pour étudier la mythologie ?)
En musique
Œdipe roi, Stravinsky (1927) ; La Belle
Hélène, Offenbach (1864) ; Le ballet de
Psyché, Lully (1656) ; La Jeunesse
d’Hercule, Saint-Saëns (1877)…
8
La mythologie, en tant que source inépuisable d’inspiration dans tous les domaines
artistiques, et clé commune pour comprendre de nombreuses œuvres, fait partie de
notre patrimoine commun. Les mythes sont des références partagées, transmises, qui
constituent une richesse et contribue à augmenter un patrimoine culturel en constante
création.
B.
La place de la mythologie dans les textes officiels
Les références directes à la mythologie grecque sont extrêmement rares dans les
programmes du primaire de 2008 et dans le socle commun. Ce sont les programmes
du collège qui, eux, font directement référence aux « mythes » et aux « figures
mythiques » en littérature et en histoire de l’Art.
1.
La mythologie dans les programmes de l’école élémentaire
Aucune référence directe à la mythologie n’est faite dans les programmes
actuellement en vigueur pour l’école élémentaire. Cependant, nous pouvons relever
plusieurs de nombreuses compétences que la mythologie permet de faire travailler.
En littérature, la mythologie permet de lire une œuvre intégrale, ou de larges extraits
(en CE2). Les recueils permettent en outre de faire des rapprochements entre les
mythes : personnages, caractéristiques, métamorphoses… La diversité des supports
sur le thème de la mythologie est également très intéressant : recueils, albums,
documentaires, bandes dessinées, sont autant d’occasions de travailler sur différents
types de livres.
Le tableau ci-dessous regroupe les différentes compétences qui ont été travaillées
cette année en CM1 au travers du projet mythologie décrit dans ce mémoire, pour le
français puis pour l’histoire de l’Art.
9
Compétences en français
Activités
Langage oral
- Présenter un travail à la classe en - Les élèves ont réalisé des exposés sur
s’exprimant en phrases correctes et dans le
un vocabulaire approprié
thème
des
mythologiques
(héros,
personnages
monstres
et
- Réagir à l’exposé d’un autre élève en dieux) et les ont présentés au reste de la
apportant un point de vue motivé.
classe ;
- ils ont également réalisé des visites
guidées du musée de la classe à
destination
des
élèves
des
autres
classes, et des parents ;
- ils ont préparé une pièce de théâtre et
ont participé à cette occasion à plusieurs
ateliers théâtre.
Littérature
- Lire au moins un ouvrage par trimestre - Les élèves ont lu intégralement 3 livres :
Les
et en rendre compte
12
Travaux
d’Hercule,
Karine
- Se rappeler le titre et l’auteur des Tournade (1999) ; Éros et Psyché,
œuvres lues. - Participer à un débat sur Chochana Boukhobza (2012) ; Ulysse et
une œuvre en confrontant son point de le cyclope, Viviane Koenig (2016) ; et
vue à d’autres de manière argumentée.
une pièce de théâtre, La gorgone aux
cheveux de serpents, Sylvaine Hinglais
(2009).
- ils ont également travaillé sur Le
feuilleton d’Hermès, de M. Szac (2006),
qui leur a été lu par l’enseignante en
lecture offerte.
Lecture
- Lire silencieusement un texte littéraire - Pour chacun des livres lus, ils ont
ou documentaire et le comprendre travaillé sur la compréhension au travers
(reformuler, résumer, répondre à des de questionnaires, de résumés et d’un
questions sur ce texte).
travail sur la chronologie du récit et les
personnages ;
10
- Repérer dans un texte des informations - ils ont également travaillé sur différents
explicites et en inférer des informations mythes (Midas, Narcisse…) à travers
nouvelles (implicites).
des textes plus courts, extraits de
- Dans un récit ou une description, l’ouvrage de D. Gaston Le français et les
s’appuyer sur les mots de liaison qui maths avec la mythologie (2014) ;
marquent les relations spatiales et sur - les différentes compétences (travail sur
les
compléments
comprendre
avec
de
lieu
pour l’implicite…) ont été travaillées au fil des
précision
la textes, selon les possibilités offertes par
configuration du lieu de l’action ou du lieu chaque texte.
décrit.
- Comprendre l’usage de l’imparfait et du
passé simple dans un récit, du présent
dans
un
texte
scientifique
ou
documentaire.
Rédaction
- Rédiger des textes courts de différents - Les élèves ont réalisé le portrait d’un
types (récits, descriptions, portraits) en monstre mythologique qu’ils ont imaginé
veillant à leur cohérence, à leur précision (portrait) ;
(pronoms, mots de liaison, relations - ils ont imaginé une 13e épreuve pour
temporelles en particulier) et en évitant Hercule (récit) ;
les répétitions.
- ils ont rédigé une lettre écrite par Ulysse
- Dans les diverses activités scolaires, à
Pénélope
pour
lui
narrer
ses
noter des idées, des hypothèses, des aventures ;
informations utiles au travail scolaire.
- ils ont travaillé la prise de notes comme
support pour effectuer la visite du musée
en tant que guide.
2.
Les ouvrages conseillés par l’Éducation Nationale
Le Ministère de l’Éducation nationale met à disposition des enseignants une liste de
romans et d’albums conseillés (La littérature à l’école : listes de référence, cycles 2 et
3). La liste n’a cependant pas une valeur contraignante et les professeurs des écoles
sont libres de travailler sur des livres ne figurant pas dans cette liste. Une première
liste datant de 2007 a été publiée, puis une seconde liste en 2013.
11
Dans la liste de 2007 ne figurent ni textes sources, ni adaptation jeunesse de mythes
gréco-romains. Un ouvrage de fiction centré autour du mythe d’Œdipe y figure : Œdipe
schlac ! shlac ! de Sophie Dieuaide (2010). Ce n’est cependant qu’une seule référence
pour le cycle 3, sur les 300 que comporte la liste. Cette référence disparaît de la liste
de 2013, qui ne compte plus aucune référence à la mythologie.
L’école élémentaire est plus centrée sur les contes, comme l’indique la catégorie
« Contes et fables » des listes d’ouvrages conseillés pour le cycle 2 et le cycle 3.
Dans la pratique en revanche, de nombreux ouvrages de mythologie sont étudiés à
l’école élémentaire, au cycle 3. L’Inspection de l’Éducation Nationale de Bonneville,
dans l’académie de Grenoble, conseille ainsi plusieurs livres dans un dossier
pédagogique « récits mythologiques et littérature ». On peut notamment relever :

Les Héros grecs, Florence Noiville (2002)

Les fabuleuses Histoires d’Ulysse, Brigitte Coppin (2003)

Sacrés caractères. Ulysse le petit malin, Hercule le petit costaud, Pandore la
curieuse, Mireille Vautier, (2004)

Les mythes racontés par les peintres, Marie Bertherat (2004)
3.
Le socle commun : constituer un patrimoine commun à tous les
élèves
Au-delà des compétences en lecture, en littérature et en rédaction qu’il permet de faire
étudier, c’est dans le socle commun que le travail sur la mythologie grecque à l’école
élémentaire prend tout son sens, et plus particulièrement avec la compétence 5, la
culture humaniste. Pour le palier 2 (fin de CM2), il est ainsi requis :

« de lire des œuvres majeures du patrimoine et de la littérature de jeunesse et
d’établir des liens entre les textes lus ». L’universalité des mythes grecs et les
multiples reprises, détournements et références qui y sont faites dans toute
l’histoire de la littérature, en font indubitablement des œuvres majeures du
patrimoine. Il est nécessaire de connaître certains mythes pour se rendre
compte des résonnances multiples qu’ils ont dans la littérature et ainsi établir
des liens entre les différents textes abordés.
12

« de distinguer les grandes catégories de la création artistique, dont la
littérature, la peinture, la sculpture ». L’histoire de la sculpture ne peut être
évoquée sans passer par la statuaire grecque et romaine, et la mythologie
continue à inspirer les artistes contemporains. Il en va de même pour la
peinture, où des œuvres comme la Naissance de Vénus de Botticelli sont des
éléments importants de l’histoire de l’Art. Des références culturelles en matière
de mythes sont ainsi indispensables pour comprendre ces œuvres.
Une référence directe à la mythologie est faite dans le socle commun, au sein des
connaissances à acquérir en culture humaniste. Le socle commun concerne
l’ensemble de la scolarité obligatoire d’un élève et cette référence n’est donc pas
directement destinée à l’élémentaire ; cependant, elle met en lumière l’importance des
mythes dans la création d’un patrimoine commun à tous les élèves. Ainsi, le socle
prévoit « une connaissance des textes majeurs de l'Antiquité », avec notamment
l’Iliade et l’Odyssée d’Homère et les récits de la fondation de Rome.
La culture humaniste est pensée comme « [participant] à la construction du sentiment
d'appartenance à la communauté des citoyens ». C’est ici la notion de patrimoine et
de culture communs qui fait de la mythologie un élément important dans la scolarité.
Sa place majeure dans l’histoire, dans la littérature, et particulièrement la littérature de
jeunesse, et dans l’art, en font un élément du patrimoine. Le peu de place qui lui est
accordé à la fois dans les programmes de 2008, dans le socle commun de 2005, et
dans les listes d’ouvrages recommandés par le Ministère de l’Éducation Nationale, est
ainsi assez discutable.
4.
La mythologie dans les programmes de 2016
Les nouveaux programmes pour l’école élémentaire, qui seront appliqués dès
septembre 2016, viennent confirmer cette lecture du socle commun. Les références à
la mythologie y sont cette fois nombreuses et explicites, et ce dès le cycle 2. Au cycle
3, les mots mythe et mythologie apparaissent 13 fois dans les programmes de français,
alors qu’ils étaient totalement absents des programmes de 2008. L’histoire de l’Art est
également concernée.
Ainsi, en CM1 – CM2, « découvrir des contes, des albums adaptant des récits
mythologiques, des pièces de théâtre mettant en scène des personnages sortant de
13
l'ordinaire ou des figures surnaturelles ; comprendre ce qu'ils symbolisent » devient
« un enjeu littéraire et de formation personnelle ». Ainsi la dimension patrimoniale de
la mythologie est reconnue, au même titre que pour les contes, déjà présents dans les
programmes de 2008.
Les nouveaux programmes donnent également « des indications de corpus ». On
retrouve ainsi la lecture conseillée d’un « recueil de contes merveilleux ou de contes
et légendes mythologiques (lecture intégrale) » ou « d’albums adaptant des récits
mythologiques ».
En histoire de l’Art, les œuvres faisant référence à la mythologie sont également
inscrites au programme. Il faudra, pour les élèves, « identifier des personnages
mythologiques », « [connaître] des mythes antiques », et mettre en relation un mythe
et ses représentations artistiques.
Enfin au cycle 2, une référence est faite aux « mythes fondateurs » comme élément
déclencheur pour un travail en arts plastiques. Mais dans ces programmes, la
mythologie reste avant tout étudiée au cycle 3, c’est-à-dire en CM1, CM2, 6e. La classe
de 6e est l’occasion d’aborder la mythologie sous l’angle historique avec Rome et
l’Empire romain.
5.
Les programmes d’histoire des arts
Les programmes actuellement en vigueur en histoire de l’Art préconisent pour le CE2,
le CM1 et le CM2, d’étudier l’histoire de l’Art au travers de grandes périodes
historiques, dont l’Antiquité gallo-romaine. Une liste d’œuvres de référence est
fournie ; cette liste ne cite pas d’œuvres précises, le choix des œuvres étant laissé à
l’enseignant. Cependant, elle donne des indications sur le type d’œuvres à choisir, et
pour le CE2, il est préconisé d’étudier « une sculpture antique » ainsi que « des
peintures et sculptures de la Renaissance », période pendant laquelle les sujets
mythologiques ont beaucoup inspiré les artistes.
14
C.
Art et littérature de jeunesse : quelles œuvres pour étudier la
mythologie ?
1.
La mythologie dans la littérature de jeunesse
Dans la littérature de jeunesse, la mythologie est un sujet récurrent. Le succès est tel
que plusieurs éditeurs ont créé des collections qui y sont spécifiquement consacrées.
Ainsi l’on trouve chez Casterman la collection La Mythologie en BD, chez Nathan les
collections Histoires Noires de la Mythologie et Petites Histoires de la Mythologie,
ou encore Ma Première Mythologie chez Hatier. Toutes ces collections sont des
collections destinées à un même public : les enfants et les adolescents.
La diversité des supports et des références nécessite de catégoriser les différents
types de livres existant. Nous avons retenu la classification proposée par le CNDP de
l’académie de Créteil.1

Les textes « sources » sont les récits mythologiques transmis par les auteurs
grecs et romains. Ces textes existent sous différentes traductions, et ils sont à
l’origine des différentes adaptations qui existent, notamment en littérature de
jeunesse. Les Métamorphoses d’Ovide, L’Iliade et l’Odyssée d’Homère
(néanmoins fixée à l’écrit par des auteurs ultérieurs), ou encore des textes
d’Hésiode et d’Eschyle sont les plus connus. Ces textes ne peuvent cependant
pas être étudiés avec des élèves de l’école primaire, n’étant pas adaptés à leur
niveau. C’est pourquoi l’on étudie avec les élèves des adaptations de ces textes
classiques issues de la littérature de jeunesse.

Les adaptations jeunesse sont ainsi les transpositions des mythes grécoromains adaptées pour les enfants. Il existe de nombreux ouvrages plutôt
destinés à des collégiens, mais également des livres s’adressant à un plus
jeune public. Ils s’articulent autour d’un seul mythe (une adaptation jeunesse de
l’Odyssée d’Ulysse, par exemple), ou constituent un recueil de mythes.

Les documentaires : de nombreux documentaires sur la mythologie sont
destinés aux enfants. Dans le cadre de l’école primaire, c’est un support
1
http://www.cndp.fr/crdp-creteil/telemaque/comite/mythologie-bibli.htm
15
intéressant car les programmes officiels incluent la lecture de documentaires et
le travail sur leur compréhension.

Les fictions autour d’un mythe reprennent et détournent les mythes
classiques. Il peut s’agir par exemple d’une transposition du mythe à une autre
époque, d’un détournement, ou d’un récit centré autour d’un mythe. Ainsi dans
Œdipe schlac ! schlac ! Sophie Dieuaide raconte l’histoire d’une classe de CM2
qui tente de mettre en scène le mythe d’Œdipe pour le spectacle de fin d’année.
Victor et l’arbre à livres, de Jean-Pierre Duffour, raconte l’histoire d’un
minautore qui s’ennuie et part à la recherche d’un arbre à livres. La saga Percy
Jackson de Rick Riordan raconte les aventures d’un adolescent américain, qui
s’avère être le fils de Poséidon.

Enfin, de nombreux ouvrages de littérature de jeunesse font référence à la
mythologie, sans pour autant faire du mythe l’élément central de l’histoire.
Nombre de best-sellers font ainsi référence à des éléments de la mythologie
gréco-romaine. On peut citer le personnage de bande dessinée Achille Talon,
ou encore les romans Harry Potter de J.K. Rowling, où de nombreux
personnages ont des prénoms à consonance mythologique : Minerva
McGonagall, Rémus Lupin, Hermione Granger… On y retrouve également des
créatures comme le sphinx, les sirènes ou encore Cerbère.
2.
Les livres étudiés en classe
Le Feuilleton d’Hermès – Murielle Szac (2006)
Ce livre est découpé en épisodes, ce qui permet une lecture
régulière. Il permet une certaine réflexion philosophique qui peut
également être utilisé en éducation civique. Par exemple, au cours
d’un épisode, Apollon rencontre Hermès, son demi-frère, et ressent
de la jalousie à son égard. C’est un thème qui peut permettre de
lancer un débat philosophique, sur un sujet que les enfants sont susceptibles de
ressentir.
16
Chaque épisode est l’occasion d’aborder un thème universel : connaître ses parents,
chercher ses racines, la jalousie, etc.
Ce livre peut également être utilisé en étude de la langue, le vocabulaire utilisé étant
très riche. Les notions d’implicite et d’explicite sont également présentes dans les
épisodes, ce qui permet de travailler ces compétences en compréhension.
Les 12 Travaux d’Hercule – Karine Tournade (1999)
Cette adaptation jeunesse est adaptée à une classe de CM1. Le mythe
d’Hercule est un des mythes les plus connus et les plus repris dans des
fictions. Sa structuration en 12 épisodes rend son exploitation aisée dans
une classe. Chacun des épisodes est structuré selon le même schéma
narratif : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement.
Pour chaque chapitre, Hercule est aidé ou ralenti par des adjuvants et des opposants.
Éros et Psyché – Chochana Boukhobza (2012)
Ce mythe se situe dans un autre genre et présente une histoire d’amour.
Adapté à l’âge des élèves, il permet de découvrir une autre facette de la
mythologie, qui n’est pas uniquement constituée de récits épiques mais
raconte également les histoires d’amour et de filiation entre les dieux et
les humains.
Ulysse et le cyclope – Viviane Koenig (2016)
Ce livre est une introduction au mythe fondateur de l’Odyssée. De
nombreuses versions existent en littérature de jeunesse, mais elles sont
très souvent d’un niveau collège. Cette version est plus accessible pour
une classe de cycle 3 avec une structuration en épisodes.
17
La gorgone aux cheveux de serpents – Sylvaine Hinglais (2009)
Cette pièce est extraite d’un recueil de pièces de théâtre mythologiques édité par Retz.
Elles sont destinées à des élèves d’école élémentaire. Le choix de cette pièce au sein
du recueil a été guidée par différentes raisons :
-
Le registre est celui de l’aventure, avec un héros ;
-
Elle comporte des personnages étudiés en classe ;
-
Elle est adaptée à une classe de 27 avec la présence de figurants,
un chœur, plusieurs personnages pour les moins timides.
3.
La mythologie dans l’art
Trois arguments principaux plaident en faveur de l’étude de la mythologie au travers
de l’histoire de l’Art à l’école élémentaire.

D’une part, la sculpture grecque et romaine, qui représente notamment les
dieux, les héros et les créatures mythologiques, constitue une étape essentielle
de l’histoire de l’Art. Elle a été une source d’influence considérable, en
particulier à la Renaissance, période à laquelle l’art de l’Antiquité a été remis au
goût du jour. L’étude de l’art grec et romain est ainsi présente dans les cursus
d’histoire de l’Art. Par exemple, les étudiants de l’École du Louvre étudient, dès
la première année de formation, l’archéologie grecque, étrusque et romaine, la
technique des bronzes grecs et romains, et la sculpture sur pierre en Grèce et
à Rome ; la licence Histoire de l’Art et Archéologie de l’Université ParisSorbonne programme également dès la première année une introduction à
l’histoire de l’art grec, et une introduction à l’étude de l’art romain.

D’autre part, la mythologie a toujours constitué une source d’inspiration pour les
artistes. Ainsi les auteurs de Héros et dieux de l’Antiquité : guide
iconographique (2008) 2 écrivent-ils : « Avec la Bible et la vie des saints, la
mythologie gréco-romaine a constitué une source d'inspiration toujours féconde
pour les artistes occidentaux : aussi bien pour les sculpteurs, les peintres ou les
2
Héros et dieux de l'Antiquité : guide iconographique, p.316, Irène Aghion, C. Barbillon, F. Lissarrague,
Flammarion, 2008.
18
céramistes de l'Antiquité que pour ceux de la Renaissance, de l'art baroque et
de l'art néoclassique ».
De nombreux mythes ont ainsi été représentés, à travers les siècles, bien après
l’antiquité. En voici quelques exemples en peinture et en sculpture, dont une
représentation des mythes d’Hercule et d’Éros et Psyché, étudiés en classe lors du
projet mythologie.
La naissance de Vénus, S. Botticelli, 1485, Galerie des
Bacchus malade, Le Caravage, 1593 – 1594, Galerie
Offices, Florence
Borghèse, Rome
La chute d’Icare, Brueghel l’Ancien, 1558 (copie),
Musée royal d’art ancien, Bruxelles
Les trois grâces, P. P. Rubens, 1639, Musée du
Prado, Madrid
19
Psyché découvre Éros, Benedetto Luti, 1720,
Academia di San Luca, Rome
Hercule et Lichas, Canova, 1815, Galerie d'art
moderne, Rome
Métamorphose de Narcisse, S. Dali, 1937, Tate
Gallery, Londres.
Saturne dévorant un de ses fils, F. de Goya, 1819 1823, Musée du Prado, Madrid

Enfin, le socle commun de connaissances et de compétences actuellement en
vigueur requiert de « situer dans le temps les œuvres […] artistiques, […] et de
les mettre en relation avec des faits historiques ou culturels utiles à leur
compréhension ». Ainsi, l’étude des œuvres d’art se rapportant à la mythologie
prend son sens dans les liens que l’on peut en faire avec les mythes étudiés. Il
s’agira alors de pouvoir permettre aux élèves de reconnaître les dieux et les
héros représentés grâce à leurs attributs, leurs vêtements, leur position, et ainsi
d’établir une relation entre l’œuvre artistique et le fait culturel qu’est le mythe.
20
Les illustrations des livres étudiés peuvent également être mis en relation avec
les représentations classiques des personnages mythologiques.
Diane de Versailles, IVe
Apollon du Belvédère, IVe
siècle avant JC, Musée du
siècle avant JC, Musée du
Vatican, Vatican
Louvre
Diane (Artémis) est
Apollon est souvent
représentée avec son
représenté
carquois
manteau
et
ses
nu,
un
sur
les
épaules, chaussé de
flèches, accompagnée d’un cerf. Elle
porte une tunique, un manteau noué à la sandales et les cheveux bouclés. Il tient
un de ses attributs : un arc, un rameau
taille et un diadème.
Ce sont des attributs fréquemment de laurier ou une lyre, et est souvent
retrouvés sur les statues grecques et appuyé, comme ici, sur un tronc d’arbre.
romaines de la déesse. Diane peut
également
être
accompagnée
d’un
chien.
Vénus de Mazarin, IIe siècle, Getty Museum, Los
Jupiter, 150 après JC, Musée du Louvre, Paris
Jupiter (Zeus) est Angeles
représenté torse nu
Vénus (Aphrodite) est
ou
souvent
nu
manteau.
avec
Il
un
représentée
nue. Elle peut être
porte
d’un
une barbe et tient
accompagnée
dans sa main des
cygne ou d’un élément
marin
éclairs. Il peut être accompagné d’un
aigle, ou assis sur un trône.
comme
dauphin, qui rappelle sa naissance.
21
le
Hermès, anonyme, Villa Lainzer, Vienne
Hermès
reconnaissable
est
à
son casque ailé et à
son caducée. Il porte
un manteau.
Pour les élèves d’école élémentaire, il est aussi intéressant d’étudier des œuvres
illustrant les mythes qui ont été lus en classe. Un projet autour de la mythologie est
également l’occasion d’étudier des œuvres majeures, qui constituent des étapes
importantes de l’histoire de l’Art et dont la notoriété est établie. C’est le cas par
exemple d’œuvres telles que La Naissance de Vénus de Botticelli (1485), mais
également d’œuvres antiques comme la Vénus de Milo (130-100
avant JC), exposée au Musée du Louvre. Cette œuvre majeure
de la statuaire grecque appartient au patrimoine commun. Elle a
été la source d’inspiration de nombreux artistes (Salvador Dali,
Vénus de Milo aux tiroirs ; Arman, La Vénus des arts ; Niki de St
Phalle, Vénus de Milo...). Mais elle a également été reprise et
détournée par la publicité. Les programmes d’histoire de l’Art
préconisent en outre l’étude d’une sculpture antique. D’autres sculptures peuvent être
étudiées, comme la Victoire de Samothrace par exemple (190 avant JC, Musée du
Louvre).
D.
Étudier la mythologie pour aider les élèves en difficulté
Serge Boimare, dans son article « Lire les mythes pour guérir la peur d’apprendre »
(2005), définit les élèves en difficulté comme des élèves qui, bien qu’ayant la curiosité
de savoir, ne parviennent pas entrer dans les apprentissages car l’acte d’apprendre
lui-même leur fait peur. Un élève sera en difficulté devant un exercice pour lequel « ce
qu’il y a à voir ne se donne pas d’emblée », comme par exemple « associer des lettres
pour en faire un son ou un mot quand on ne sait pas encore lire ». Face à ce moment
de « vide », un enfant peut ainsi, selon l’auteur, ressentir une anxiété qui, trop forte, le
poussera à abandonner ou à qualifier l’exercice de « pourri ».
22
Or pour S. Boimare, il y a dans les mythes des éléments qui peuvent aider ces élèves
en difficulté. Les sujets évoqués, la figure du héros qui y est représentée permettent
tout d’abord de capter l’intérêt de l’enfant. Dans un entretien publié dans Lecture
Jeune, l’auteur déclare : « J’ai, par exemple, travaillé autour du mythe de Castor et
Pollux avec un enfant de 12 ans, braqué dans le refus d’apprendre. Cette histoire s’est
révélée suffisamment dramatique et proche pour exciter sa curiosité, pour lui donner
envie de maîtriser les éléments nécessaires à sa compréhension, mais elle est aussi
suffisamment distante dans le temps et dans l’espace pour ne pas le déborder et le
pousser aux passages à l’acte comme le faisaient ses fantasmes personnels ».
On retrouve ici l’analyse de Bruno Bettelheim qui, dans son ouvrage Psychanalyse des
contes de fées (1999), expose les points communs et les différences entre les contes
et les mythes. Il note que les contes présentent leurs protagonistes comme des
personnages tout à fait ordinaires, et leurs péripéties, bien que merveilleuses, comme
pouvant arriver à « n’importe qui ». En revanche, les mythes introduisent eux leurs
héros comme des personnages hors du commun, aux « dimensions surhumaines ».
D’après l’auteur, c’est une dimension importante pour l’enfant : le héros mythique
apparaît comme un « idéal » extraordinaire dont il est « impossible d’égaler les
exploits ». Il n’y a ainsi pas de risque pour l’enfant de se sentir inférieur, de se
décourager de « la différence qui existe entre cet idéal et sa propre médiocrité ».
Aussi S. Boimare conseille-t-il de lire des mythes avec les élèves, une heure par jour
(c’est ce qu’il appelle « un apport culturel commun », ou la « médiation culturelle »,
dans Lire les mythes pour guérir la peur d’apprendre), puis d’en discuter avec eux,
d’échanger. Retrouver l’intérêt des élèves sera ainsi le premier pas vers un déblocage
de « la peur d’apprendre ».
23
II.
ANALYSE D’UN PROJET MYTHOLOGIE EN CLASSE DE CM1
A.
Le projet mythologique et la séquence analysée
1.
La pédagogie de projet
La pédagogie de projet a pour but de rendre les élèves acteurs de leurs
apprentissages, c’est le cœur de la pédagogie active, qui, comme son nom l’indique,
se base sur le fait qu’on apprend mieux en étant actif et en découvrant par soi-même,
que résume la formule de l’américain J. Dewey « learning by doing ».
Nous sommes parties du postulat, à travers nos hypothèses et l’application en classe,
que la pédagogie de projet permettait, entre autres, une plus grande motivation à
apprendre, une meilleure compréhension de l’information, un développement des
capacités de recherche, d’analyse et de résolution de problèmes et d’avantage
d’interactions sociales. À mesure qu’ils réaliseront des projets, les élèves apprendront
à mieux réfléchir, auront plus confiance en eux, et développeront un modèle
d’apprentissage dont ils se serviront tout au long de leur vie. Mais l’intérêt le plus fort
de cette pédagogie réside dans le fait qu’elle permet de donner du sens aux choses.
Rien n’est plus décourageant pour un élève que de se dire “ça sert à rien ce truc…”.
Un projet pédagogique doit comporter :

Des difficultés que l’apprenant doit surmonter

Des problèmes qu’il doit résoudre

Des contenus qu’il doit comprendre, définir, assimiler, réutiliser

Des plans qu’il doit élaborer, mettre en œuvre.
2.
Présentation du projet mythologie
Le projet se construit en étapes : la première est le choix du sujet. Rechercher un
thème intéressant, vérifier la faisabilité, rechercher un consensus, ont en eux-mêmes
une valeur pédagogique importante. Toutefois, cette année, le choix a été fait par
l’enseignante, devant l’engouement généré par la lecture offerte du livre Zeus, le roi
des dieux d’Hélène Montarde. De plus, la lecture de Serge Boimare, sur les enfants
en difficulté et le constat de départ d’une classe très hétérogène, avec beaucoup
d’enfants en difficulté, dont deux en décrochage scolaire et une ambiance de classe
24
tendue, ont fortement aidé dans cette direction. Le choix de la mythologie comme fil
conducteur des projets de l’année a été soumis à l’approbation du groupe-classe et
mis en place dès les premières semaines de septembre.
La seconde étape est la production. Le groupe-classe s’est posé la question :
« comment donner à voir les connaissances, les œuvres réalisées et l’intérêt de la
mythologie grecque aux enfants des autres classes et aux parents ? ». Le musée de
la classe3 est né de ce problème. Les élèves ont alors réalisé des exposés, créé des
œuvres en art visuel, enrichi la bibliothèque du musée avec des ouvrages. Des métiers
ont été assignés à chacun par un vote collectif. Comme dans un vrai musée, il y a eu
des directeurs et directrices du musée, en charge de superviser la mise en place de
l’exposition, de réfléchir aux textes des affiches promotionnelles, des invitations
données aux parents et autres classes, de rédiger le discours de bienvenue pour la
soirée des parents. Les restaurateurs d’œuvres et le support technique ont aidé à
installer l’exposition, à réparer les œuvres et exposés abîmés, les guides ont mené les
visites des autres classes, des guichetiers vérifiaient les entrées, des bibliothécaires
étaient en charge des ouvrages, revues, jeux, sur la mythologie et devaient les
présenter aux autres élèves.
Enfin, un bilan oral a été fait avec les élèves, puis un article retraçant le projet a été
écrit pour être publié dans le journal de l’école et une affiche avec quelques photos en
couleurs a été créée4.
Le second projet découle du premier : après avoir exposé leurs travaux, initié un public
à la mythologie grecque, recherché les résonnances de leurs nouvelles connaissances
dans la culture commune, les élèves ont choisi de jouer la mythologie grecque. La
pièce de théâtre5 de fin d’année était un bon moyen de clôturer le projet mythologie. Il
y a eu une répartition des rôles, les élèves répètent leurs scènes avec assiduité. La
prochaine étape est la collecte des idées de mise en scène, costumes, décors, puis la
réalisation de ces idées et enfin la représentation finale du spectacle.
3
Annexe : carte heuristique du musée de la classe
Annexe : photographies du musée et affiches
5
Annexe : La Gorgone aux cheveux de serpents de Sylvaine Hinglais
4
25
B.
La séquence d’analyse
1.
Séance 1 : la comparaison des versions du mythe d’Hercule
Organisation : individuel
La première étape de cette séquence est d’analyser la capacité des élèves à comparer
deux versions différentes d’un même mythe. Lors d’une séquence précédente les
élèves ont lu et analysé l’œuvre Les douze travaux d’Hercule de Karine Tournade en
intégralité. L’étape suivante a été de visionner avec eux l’adaptation dessin animé
Hercule de Walt Disney.
À l’issue du film un questionnaire comparatif 6 a été distribué, il sert de support
d’analyse entre les récits mythologiques et le film. Les élèves ont pour consigne de
compléter le questionnaire individuellement. Ils ont droit de s’aider du livre pour vérifier
les noms des personnages.
Ce travail combine une comparaison entre les versions ainsi qu’un travail sur l’image.
En effet, les deux dernières fiches du dossier se concentrent sur la reconnaissance
visuelle des monstres et des dieux présents dans le mythe d’Hercule. Les élèves
doivent faire appel à leurs connaissances descriptives des monstres et des dieux afin
de correctement les nommer. Pour reconnaitre les dieux, ils peuvent également s’aider
des attributs présents à l’image. Ces informations étaient présentes dans les récits des
mythes effectués en lecture offerte, dans les œuvres lues par les élèves, ainsi que
dans les exposés réalisés.
L’exercice a été globalement très bien réussi par les élèves. Un élève a relevé la
volonté de Walt Disney de garder une filiation « classique » pour Hercule (ses parents
sont les dieux Zeus et Héra et sont mariés dans la version dessin-animé, dans la
version mythe, son père est Zeus mais sa mère est Alcmène, une mortelle séduite par
Zeus hors lien matrimonial, ce qui déclenche la fureur et vengeance d’Héra, son
épouse légitime).
Afin d’identifier les dieux et les monstres, plusieurs stratégies ont été mises en place
par les élèves :
6
Annexe : comparatifs des versions d’Hercule
26

Identification des attributs

Identification du sexe (masculin/féminin)

Mémorisation du film

Par élimination.
Graphique 1 : Ce que les élèves ont pensé du film Hercule et de la comparaison avec
le mythe :
Ce que les élèves ont pensé du film Hercule et de la
comparaison avec le mythe.
Ont été gênés de la liberté d'adaptation du film
17
10
2
Ont relevé les différences avec le mythe
25
7
Ont reconnu les personnages grâce à leurs attributs
20
4
Ont reconnu les personnages grâce à leurs noms
ont reconnu les personnages
0
ont aimé le film
2
23
27
25
0
non
5
10
15
20
25
30
oui
2.
Séance 2 : savoir trouver des références mythologiques sur des
supports variés
Il nous semblait important de travailler sur des supports variés avec les élèves, tels
que les affiches publicitaires, des films, des ouvrages jeunesses ou documentaires,
pour que les élèves soient sensibilisés aux différentes formes que peut revêtir un
langage mythologique. En effet, d’après Roland Barthes, dans son livre Mythologies
(Points essais, 1957, p. 182) le mythe est un « message » et n’est pas qu’oral : « il
peut être formé d’écritures ou de représentations : le discours écrit, mais aussi la
photographie, le cinéma, le reportage, le sport, les spectacles, la publicité ».
Cette séance en ateliers a pour objectif de confronter les élèves à différents supports
avec des références mythologiques afin d’observer si les élèves réussissent à
réinvestir leurs connaissances, à trouver les références et les relier aux mythes
étudiés.
27
Cinq ateliers ont été installés7 :

L’atelier littérature : à partir d’extraits choisis des livres Harry Potter, les élèves
recherchent dans les textes des références mythologiques. Lorsque celles-ci
sont définies, les élèves doivent alors préciser le mythe, le héros, ou le dieu
auquel il est fait référence, avec précision.
 Dans le premier extrait de Harry Potter à l’école des sorciers, la référence
à Cerbère, chien gardien des enfers doit être relevée grâce à la
description « […] un chien monstrueux », « L’animal avait trois têtes :
trois paires d’yeux […], trois museaux […] et trois gueules. ».
 Le second extrait est tiré du tome 3 Harry Potter et le prisonnier
d’Azkaban. La référence à relever est le prénom d’une professeure,
Minerva, qui est inspiré de la déesse Minerve (Athéna en grec).
 Enfin, dans le dernier extrait issu de Harry Potter et la coupe de feu, il
s’agit de repérer l’épreuve du sphinx endurée par Harry, épreuve
qu’Œdipe dut subir dans la mythologie grecque.

L’atelier albums : les élèves sont confrontés à différents albums de jeunesse et
bandes dessinées et doivent relever les références mythologiques.
 L’album L’odyssée d’Avalanche comporte quatre références : le mot
« Odyssée », le nom de l’animal de compagnie du héros, « Aristote »,
les
« Amazones »,
les
créatures mi-humaines mi-monstrueuses
(référence par exemple au minotaure ou aux satyres).
 L’album Le fil d’Ariane fait référence dans le titre et dans les illustrations
au mythe d’Ariane et de Thésée, qui réussirent à échapper au labyrinthe
de Dédale et au minotaure grâce à l’ingéniosité d’Ariane, qui déploya une
pelote de fil pour que Thésée retrouve la sortie du piège mortel.
 La bande dessinée Les douze travaux d’Astérix renvoie directement aux
douze travaux d’Hercule : les élèves doivent relever ces douze travaux
et les comparer à ceux réalisés par Hercule.
 La bande dessinée Achille Talon donne à voir dans son titre une
référence claire au talon d’Achille, héro grec de la guerre de Troie.
7
Annexe : supports des ateliers
28

L’atelier art classique : des photos d’œuvres antiques sont
distribuées, statues, fresques, vases, les élèves ont pour tâche
d’identifier les personnages et les scènes de la mythologie
représentés. Ils n’ont pas d’outils d’aide, pour cela ils doivent
relever des indices comme les attributs des divinités, ou
encore associer aux héros les monstres et épreuves
représentées. Les œuvres présentées :
Héraclès combattant le lion de
Némée, premier de ses douze
travaux, avec Hermès à ses côtés.
Amphore grecque d’Athènes, 5e
siècle avant J.C, Musée Saint
Raymond, Toulouse

Minerve (Athéna), IIe
siècle après J.C, Musée
du Louvre, Paris
Diane de Versailles, « Diane
chasseresse » accompagnée
d’une biche. 4e siècle avant J.C,
Château Versailles, Versailles
Ulysse, attaché au mât, écoute le
chant des sirènes. Mosaïque
romaine, Musée du Bardo, Tunis.
L’atelier art détourné : cette fois des photos d’œuvres d’art moderne sont mis à
la disposition des élèves. Leur tâche est de reconnaitre l’œuvre antique prise
comme modèle par le détournement.
La Vénus aux tiroirs de Dali, 1936
Pegasus, sculpture commandée par
le fabricant de téléphones mobiles
Huawei, exposé au Mobile World
Congress 2012 (entièrement fait de
téléphones mobiles)
29
Man, Daniel Arsham, 2010,
d’après l’Apollon du Belvédère
vers 330 avant J.C.

L’atelier publicité et marques : des affiches de publicité et des marques de
produits de consommation sont présentés aux élèves. Ils doivent relever les
références mythologiques et les relier aux mythes et personnages précis grâce
aux attributs ou indice jouant sur la consonance des noms.
Publicité de la marque de sacs Chabrand, Vénus
Publicité de Pizza Hut pour la Saint Valentin,
Cupidon
Publicité de Sony, le cheval de Troie
Publicité de Nokia, Cupidon
3.
Séance 3 : réinvestir ses connaissances hors contexte en
enquêtant
La deuxième séance a lieu après les vacances d’avril. Les élèves ont eu comme
devoirs à la maison durant les vacances, de collecter le plus de références
mythologiques qu’ils pouvaient, en jouant au petit enquêteur mythologique 8 . Des
affiches9 ont été réalisées en classe. Ce devoir avait pour but de mettre les élèves
dans le rôle d’enquêteurs et de collecteurs d’indices en dehors de l’école. Nous
voulions observer les résultats d’une recherche personnelle de références, sans aide
de l’enseignante.
8
9
Annexe : le devoir des vacances d’avril
Annexe : photographies des affiches
30
Les élèves ont bien joué le jeu, certains ont rapporté des emballages de produits de
chez eux. Les affiches ont été réalisées en groupe, les illustrations ont toutes été
mutualisées.
C.
L’analyse des résultats des productions et des représentations des
élèves
Un questionnaire a été distribué aux élèves (l’effectif total est de 26 élèves, une élève
étant absente ce jour-là) afin d’affiner l’analyse de leur travail et la portée du projet10.
1.
L’implication dans le projet et la motivation des élèves
L’implication et la motivation des élèves est primordiale pour mener à bien les projets.
Le groupe-classe a majoritairement adhéré au projet mythologie, sur 26 élèves, 2 ont
déclaré préférer les récits du moyen-âge et des chevaliers. Au lancement du projet,
une courte majorité d’élèves (14 sur 26) n’avait jamais été confrontée aux mythes
grecs. Les 12 élèves qui avaient des connaissances de base ont surtout visionné le
film Percy Jackson. On observe sur le graphique qu’après le lancement du projet, une
majorité d’élèves (17) ont investi le thème mythologique en lisant de nouveaux livres,
ouvrages documentaires et en visionnant des films. Le calendrier de passage pour
présenter un livre à la classe était bien rempli toute l’année. Enfin, l’implication dans le
projet est clairement positive avec 24 élèves souhaitant continuer à travailler sur la
mythologie.
10
Annexe questionnaire élève
31
Graphique 2 : l’entrée des élèves dans le projet mythologie et leur motivation
L'entrée des élèves dans le projet mythologie et leur
implication
30
25
20
15
10
5
0
Je connaissais la mythologie
grecque avant le projet
Je lis, regarde des vidéos sur la
mythologie à la maison
oui
J'ai envie de continuer la
mythologie à l'école
non
Afin de mettre en lumière les leviers de la motivation des élèves, nous nous sommes
intéressées aux réalisations concrètes auxquelles les enfants ont le plus adhéré. La
mythologie en général motive bien les élèves avec un score positif de 21 élèves sur
26. La réalisation des exposés individuels a remporté le plus grand score : 24 élèves
sur 26 ont trouvé cela motivant. Ce score aurait même pu être plus élevé si la
dimension orale de l’exposé (présenter devant la classe) n’était pas rentrée en jeu : en
effet les deux élèves qui ont répondu non ont tous deux justifié leur réponse par le fait
d’être timide et de ne pas apprécier présenter leur travail devant la classe. Il est
intéressant de souligner que cet exercice est le plus plébiscité par les élèves, lui qui
rend le élèves acteurs de leurs apprentissages en leur faisant endosser le rôle de
chercheurs.
Avec un score de 23 sur 26 élèves, juste derrière les exposés, le musée de la classe
remporte également beaucoup de suffrages : non seulement il a été une finalité
pratique (réaliser les travaux dans le but de les exposer) mais a aussi joué sur la
valorisation des élèves et de leur travail, les autres classes de l’école étant venues
visiter le musée et les élèves ayant alors pu endosser leurs rôles en responsabilité. En
effet, afin que tous les élèves participent aux visites, un calendrier des visites et des
élèves en charge a été créé. L’enseignante restait dans la classe avec le groupe tandis
que les élèves en responsabilité allaient effectuer la visite avec les autres classes (les
32
enseignants des autres classes étaient bien sûr présents dans le musée et ce sont
eux qui ont pris des photographies). Enfin, la soirée des parents a clôturé les visites.
Dans les justifications du questionnaire, la possibilité de montrer leur travail en
situation a beaucoup plu aux enfants. La pièce de théâtre arrive en troisième position,
conséquence de l’appréhension de certains de devoir parler en public.
Toutefois on voit bien que même si les ateliers d’écriture autour de la mythologie ont
été motivants pour une majorité d’élèves (le manque d’imagination et le fait de ne pas
aimer écrire sont les justifications les plus fréquentes), ce sont les réalisations
pratiques avec une portée collective qui plaisent le plus.
Graphique 3 : La motivation des élèves quant aux jalons du projet
La question posée aux élèves : "As-tu aimé les activités
suivantes?"
30
25
20
15
10
5
0
La mythologie
2.
Le musée de la classe
oui non
les exposés
la pièce de théâtre les ateliers d'écriture
L’entrée dans la mythologie grâce à la littérature
La mythologie et la littérature sont intimement liées, et les livres restent un support
privilégié dans la diffusion des mythes. C.G. Jung rappelle dans son ouvrage
Introduction à l’essence de la mythologie, que « les anciens mythologèmes (mythes
anciens voués à connaitre plusieurs versions) éveillent une disposition d’esprit de
contes de fées. Ils ne le font pas d’une manière incompréhensible, totalement
irrationnelle, mais par leurs traits fondamentaux qui se répètent toujours et qu’on peut
reconnaître avec certitude ». Nous avons déjà exposé plus haut les vues de B.
33
Bettelheim et S. Boimare pour exploiter la mythologie à l’école afin d’aider les enfants
en difficulté. Toutefois, au-delà de la différenciation quasi-naturelle que la mythologie
induit, elle explore également des thèmes porteurs : C.G Jung parle de « destins
d’enfants » fondés sur « les thèmes de l’insignifiance, de l’exposition, de l’abandon,
des dangers ». Cette année les élèves ont lu en intégralité quatre ouvrages, Les douze
travaux d’Hercule, Eros et Psyché, Ulysse et le cyclope et La gorgone aux cheveux de
serpents (pièce de théâtre) et Le feuilleton d’Hermès leur a été lu en lecture offerte.
Le graphique ci-dessous reprend les réponses au questionnaire distribué aux enfants.
On peut voir sur le graphique que le livre qui a remporté le moins de succès est Eros
et Psyché. Dans la partie justification du questionnaire, on a pu relever une explication
récurrente : l’histoire d’amour entre les protagonistes est la péripétie principale et il n’y
a pas d’aventures trépidantes ni de héros victorieux. On observe bien avec les scores
des histoires d’Hercule et d’Ulysse que le thème du héros embarqué dans des
aventures périlleuses remporte beaucoup de succès. D’après Jung, le « principal
travail du héros est de remporter la victoire sur le monstre de l’obscurité : c’est la
victoire espérée et attendue de la conscience sur l’inconscient » : on retrouve ce thème
dans l’histoire d’Hercule, contraint de laver ses crimes (la violence étant considérée
comme élan primitif) en achevant douze travaux. La pièce de théâtre traite également
des aventures d’un héros, Persée, et la lecture offerte suit les tribulations d’Hermès,
jeune dieu courageux et malin. Toutefois, le support de ces deux ouvrages varie : il
faut prendre en compte le format même de la pièce de théâtre dans le score élevé,
ainsi que le plaisir d’écouter des histoires, l’oralisation contée du feuilleton d’Hermès
qui amène les enfants à se forger leur propre image mentale du récit.
La clé d’entrée dans la mythologie grecque à l’école serait-elle alors le thème du héros,
masculin de préférence et les aventures légendaires ? D’après les résultats du
questionnaire c’est une piste plausible. On pourrait également explorer la piste du
clivage fille/garçon, d’autant plus que sur 10 élèves n’ayant pas aimé lire Eros et
Psyché, 8 sont des garçons et 2 sont des filles.
34
Graphique 4 : l’entrée dans la mythologie via la littérature pour développer le plaisir de
lire
Question posée aux élèves : "As-tu aimé lire les livres
suivants?"
25
20
15
10
5
0
Les douze travaux
d'Hercule
Eros et Psyché
Ulysse et le cyclope La pièce de théâtre
oui
Lecture offerte (
feuilleton d'Hermès)
non
3.
L’interdisciplinarité comme outil d’aide face aux élèves en
difficulté
Au-delà de la motivation des élèves, encouragée par les liens avec le projet
mythologique, nous nous sommes intéressés à la corrélation entre la motivation des
élèves et leur progression dans des disciplines telles que les maths, le français et
l’histoire. Malgré un consensus sur l’importance de donner du sens aux leçons de
français (orthographe, grammaire) en utilisant des textes connus tirés de la
mythologie, une majorité d’élèves considèrent que cela ne les aide pas à comprendre
la notion en jeu (exemple : l’accord dans le groupe nominal). De même, en maths et
en histoire, des liens avec la mythologie feront écho à des connaissances ou au plaisir
de se consacrer au projet mais ne les aideront pas à comprendre la leçon technique.
Toutefois il est intéressant de s’intéresser à la minorité des élèves qui considèrent que
relier les disciplines au projet mythologique leur apporte une aide. Grâce aux bulletins
trimestriels nous avons pu approfondir le profil des élèves et donc analyser leurs
35
réponses. Pour cela nous avons étudié les résultats scolaires des élèves et nous avons
établi trois catégories :

En difficulté, lorsque sur deux trimestres l’élève a une majorité de C aux
évaluations, qu’une différenciation a été mise en place et que l’élève a souvent
besoin d’être accompagné lors des heures de soutien (APC).

Moyennement performant lorsque les notes sont majoritairement des B et que
l’élève a besoin de temps en temps d’heures de soutien.

Très performant lorsque le bulletin n’affiche presque que des A et que la
différenciation mise en place pour l’élève est une graduation plus élevée des
difficultés dans les exercices et/ou du travail en plus.
Bien sûr nous sommes conscientes que cette classification reste limitée par le système
de notation.
Toutefois sur ce second graphique apparaît clairement que ce sont les élèves le plus
en difficulté qui estiment que les liens transversaux du projet leur sont le plus utiles.
Les élèves les plus performants au niveau scolaire comprendront la notion en jeu grâce
à la pédagogie de projet comme avec d’autres pédagogies pouvant être mise en place.
Les liens avec le projet influent sur leur motivation mais pas sur leur capacité à
appréhender de nouvelles connaissances. Il est intéressant de souligner l’importance
de donner du sens et de travailler par projets avec les élèves en difficulté scolaire. Par
ailleurs, ces résultats sont en adéquation avec l’analyse de S. Boimare que nous avons
évoquée plus haut. En observant ces élèves dans le quotidien de la classe il paraît
également fondamental de mettre en lumière la dimension affective de l’apprentissage
en projet : le plaisir de « faire de la mythologie » comme l’expriment des élèves, de
découvrir des ponts entre les disciplines et d’être impliqués dans un projet collectif
dans lequel ils ont tous un rôle à jouer, quels que soit leurs résultats scolaires, sont
des moteurs puissants.
36
Graphique 5 : L’interdisciplinarité comme générateur de sens pour les élèves
L'interdisciplinarité comme générateur de sens pour les
élèves
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Faire du français et des maths avec la mythologie
m'aide (exercices)
oui
Je comprends mieux l'histoire et le français quand il y
a des liens avec la mythologie
non
Graphique 6 : Comparaison des résultats scolaires avec la quête du sens pour les
élèves
Comparaison des résultats scolaires avec la quête du sens
pour les élèves
total des effectifs
Le travail de projet en mythologie les aide à
comprendre l'histoire et le français
Le travail de projet en mythologie les aide à
comprendre les maths
0
très performant
2
4
moyennement performant
37
6
8
en difficulté
10
12
4.
Réinvestir ses connaissances
L’analyse suivante porte sur la capacité de réinvestissement des connaissances des
élèves.
Le graphique ci-dessous peut nous aider à répondre à une de nos hypothèses, celle
du réinvestissement et la conscience, pour les enfants, de construire un répertoire de
connaissances dépassant le cadre scolaire, qu’ils seront capables de réutiliser pour
appréhender une culture commune. Il s’agit de croiser les résultats du questionnaire
avec l’analyse des productions d’élèves afin de faire la différence entre ce qu’ils ont
été capable de réaliser et la vision qu’ils ont de leur travail (l’étape de la métacognition).
Sur 26 élèves, 18 affirment réussir à reconnaître les références mythologiques dans
des supports nouveaux et 18 également ont le sentiment de mieux comprendre le
monde qui les entoure, c’est-à-dire de savoir déchiffrer les codes d’une culture
commune. Toutefois, malgré le même score, ce ne sont pas forcément les mêmes
élèves qui ont répondu oui aux deux questions. Même si la réponse à la deuxième
question entretien une forte corrélation avec la première, certains élèves estiment avoir
acquis une meilleure connaissance du monde qui les entoure grâce à la mythologie,
mais n’identifient pas leur capacité à reconnaître les références comme prépondérante
dans cette nouvelle compétence. Il est possible que les thèmes universels des mythes
aient fait écho chez certains élèves et de ce fait leur permettent d’affirmer avoir une
meilleure connaissance de monde. A contrario, certains élèves estiment pouvoir
reconnaître les références mais ne les relient pas à une meilleure connaissance du
monde. Enfin, 25 élèves sur 26 disent avoir acquis de nouvelles connaissances. Ce
score écrasant comparé aux deux autres montre bien qu’il y a encore du chemin à
faire avec les élèves afin qu’ils arrivent à réinvestir leurs connaissances et surtout
prennent conscience de cette capacité.
38
Graphique 7 : Savoir réinvestir consciemment ses connaissances
Savoir réinvestir consciemment ses connaissances
30
25
20
15
10
5
0
J'arrive à reconnaître les références Je comprends mieux le monde qui
mythologiques
m'entoure
oui
J'ai acquis de nouvelles
connaisances
non
L’analyse des travaux d’élèves effectués en atelier lors de la séance 2 montre que les
élèves ont en très grande majorité tous pu relever les références mythologiques
attendues. Seules deux élèves ont bénéficié d’une indication supplémentaire afin de
trouver la référence à la déesse Minerve dans le prénom Minerva, dans le second
extrait d’Harry Potter. Ces résultats apportent un nouvel éclairage au questionnaire : il
est possible que certains élèves réussissent à identifier les références quand celles-ci
sont directement induites par l’activité proposée, ou la consigne donnée en classe et
n’y arrivent pas une fois sortis du cadre scolaire. Enfin, certains élèves sont
susceptibles de relever les références mythologiques sans avoir la réflexion
métacognitive suffisante pour répondre par l’affirmative au questionnaire.
39
Conclusion
Nous avons exposé l’importance des mythes et plus précisément la mythologie grécoromaine dans la formation scolaire des élèves autant à travers l’analyse d’auteurs tels
que S. Boimare et B. Bettelheim, que dans une analyse des programmes et socles
communs, actuels et à venir. Le choix d’introduire des références directes à la
mythologie dans les programmes 2016 nous semble très judicieux, aux vues des
enjeux scolaires et du développement psychique des enfants. L’application en classe
et l’analyse des travaux et ressentis des élèves abondent en ce sens. En effet, le projet
a été facteur de motivation pour le groupe classe tout au long de l’année et a permis
de créer du sens entre les divers apprentissages pour les élèves en difficultés
scolaires.
Nous étions parties du postulat qu’étudier ces mythes et textes fondateurs pouvait
avoir une incidence sur la construction d’un patrimoine commun, aussi bien comme
facteur de cohésion du groupe-classe que support de compréhension d’une culture
partagée plus large, au niveau sociétal. En effet, le « vivre ensemble » prôné par les
programmes de l’Education Nationale ne peut être atteint qu’à travers une meilleure
connaissance d’une culture et des codes sociaux partagés. Cet apprentissage du
patrimoine commun n’est cependant jamais figé, il ne s’arrête pas aux mythes de
l’Antiquité, mais, dans une société toujours changeante, englobe de nouvelles
références, mouvements artistiques, littéraires… Il est tout à fait possible d’imaginer
une classe de cycle 3 travaillant sur la figure du héros à travers les super-héros ou
bien les héros cinématographiques passé dans la « pop culture », tels que Luke
Skywalker et son némésis Dark Vador, ou Superman et sa suite d’alter egos. Après
tout, ce sont les héritiers des anciens héros de la mythologie gréco-romaine : souvent
demi-dieux, dotés de pouvoirs surnaturels ou réalisant des exploits hors de portée du
simple mortel.
Ce travail nous a également permis d’appliquer une pédagogie de projet et grâce à
ses retombées, nous a conforté dans son utilité auprès de tous les élèves. Il est
envisageable, pour les années à venir, de mettre en place d’autres projets avec nos
futures classes.
40
Bibliographie
Ouvrages de base
E. Battut, D. Bensimhon, La mythologie par les mots croisés, Retz, 2011
R. Barthes, Mythologies, Points essais, 1957
B. Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, Pluriel, 1976
C. Estin et H. Laporte, Le livre de la mythologie grecque et romaine, Gallimard, 2004
D. Gaston, Le français et les maths avec la mythologie, Retz, 2014
E. Hamilton, La mythologie, Marabout 2008
Homère, L’Iliade et l’Odyssée, Folio, 1965
C.G. Jung et CH. Kerényi, Introduction à l’essence de la mythologie, Petite
bibliothèque Payot, 1951
G. et J. Pastiaux, La pédagogie, retenir l’essentiel, Nathan, 2014
Dictionnaire, Petit Robert, 2014
Dictionnaire, Larousse, 2015
Ouvrages jeunesse
C. Boukhobza, Eros et Psyché, Lire c’est partir, 2012
A. Collognat, 25 métamorphoses d’Ovide, Folio junior, 2010
R. Gosciny et A. Uderzo, Les douze travaux d’Astérix, Hachette, 1976
Greg, Achille Talon, cerveau de choc, Dargaud, 1966
S. Hinglais, La gorgone aux cheveux de serpents, Retz, 2009
V. Koenig, Ulysse et le cyclope, Belin, 2016
T-M. Le Thanh et E. Nouhen, L’odyssée d’Avalanche, Gautier-Languereau, 2006
H. Montarde, Zeus, le roi des dieux, Nathan, 2013
J.K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et le prisonnier
d’Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu, Gallimard jeunesse, 2004
41
J. Sobrino et E. Odriozola, Le fil d’Ariane, Autrement jeunesse, 2010
M. Szac, Le feuilleton d’Hermès, Bayard jeunesse, 2006
K. Tournade, Les 12 Travaux d’Hercule, Lire c’est partir, 1999
A-C. Vivet-Rémy, Ulysse, l’homme aux mille ruses, Pocket jeunesse, 2005
Articles
S. Boimare, Lire les mythes pour guérir la peur d’apprendre, Cahiers pédagogiques
n°300, 2005
S. Boimare, La bosse des mythes, Lecture Jeune n°114, 2005
Document de la Consultation Nationale pour la Charte de l’Environnement, 2004
Programmes 2007 et 2016, Education nationale
Progressions 2012, Education nationale
Listes de référence en littérature 2007 et 2013, Education nationale
Socle commun, Education nationale
Sites
http://www.cndp.fr/crdp-creteil/telemaque/comite/mythologie-bibli.htm
http://www.cndp.fr/crdp-creteil/telemaque/formation/theorie-boimare.htm
http://www.bdemauge.free.fr/index_mythes.htm
http://www.huffingtonpost.fr/serge-boimare/comment-retrouver-le-plaisir-denseigner_b_5707221.html
Films
Percy Jackson, C. Colombus, 2010
Hercule, Walt Disney, 1997
42
TABLE DES ANNEXES
Annexe 1 : carte heuristique du musée de la classe…………… p. 44
Annexe 2 : les affiches du musée de la classe………………….. p. 45
Annexe 3 : la pièce de théâtre……………………………………. p. 46
Annexe 4 : Travail comparatif des versions du mythe d’Hercule p. 47
Annexe 5 : supports des ateliers…………………………………. p. 50
Annexe 6 : devoir des vacances d’avril………………………….. p. 52
Annexe 7 : affiches réalisées grâce aux trouvailles des élèves
p. 53
Annexe 8 : questionnaire élèves…………………………………. p. 55
Annexe 9 : réponses des élèves avec justification……………... p. 59
43
Annexe 1 : carte heuristique du musée de la classe
Les apprentissages liés au musée
de la classe
44
Annexe 2 : les affiches du musée de la classe
Affiche d’élève sur le dieu Hadès.
Affiche d’élève sur la déesse Artémis.
45
Annexe 3 : La pièce de théâtre
46
Annexe 4 : Travail comparatif des versions du mythe d’Hercule (source :
http://lutinbazar.fr/hercule-de-disney/)
47
48
49
Annexe 5 : Supports des ateliers
Harry Potter :
50
Les albums :
51
Annexe 6 : Devoir des vacances d’avril :
52
Annexe 7 : Affiches réalisées grâce aux trouvailles des élèves
53
54
Annexe 8 : questionnaire élèves
OUI
25
NON
1
As-tu acquis des nouvelles
connaissances ?
25
1
As-tu l’impression de
mieux connaître le monde
qui t’entoure grâce à la
mythologie ?
18
8
Arrives-tu à reconnaître
des références à la
mythologie dans la vie de
tous les jours ?
18
8
Apprécies-tu d’étudier la
mythologie à l’école ?
Pourquoi ? Justifie ton choix.
Pubs, monuments, expressions françaises, arts
55
La mythologie est-elle un
sujet qui te motives ?
21
5
Connaissais-tu déjà la
mythologie grecque avant
de la travailler en classe
cette année ?
12
14
Oui : grâce à Percy Jackson, un peu en CE2
As-tu l’impression de
mieux comprendre les
leçons de français ou
d’histoire quand il y a des
liens avec la mythologie ?
11
15
Ceux qui ont répondu oui ont des difficultés dans ces
matières.
As-tu envie de continuer la
mythologie, grecque, ou
d’une autre origine,
comme égyptienne par
exemple, à l’école ?
24
2
56
Fais-tu de la mythologie
grecque à la maison ?
17
9
Si oui, avec quel support ? Livres, films, bandesdessinées…
Percy Jackson
Livres divers
Est-ce plus facile de faire
des exercices de maths ou
de français à partir de la
mythologie (par exemple
mesurer la taille des
monstres en centimètres
en maths ou comprendre
un texte en français) ?
10
15
Ceux qui ont répondu oui ont généralement des
difficultés dans ces matières, ou bien un manque de
confiance en soi.
Le musée de la classe a été
motivant pour toi ?
23
3
Faire son métier, faire visiter aux autres, tout préparer
(installation)
La pièce de théâtre est
motivante pour toi ?
22
4
Non : timidité, pas beaucoup de texte.
As-tu aimé lire Les douze
travaux d’Hercule ?
21
5
Oui : beaucoup d’aventures ; Non : ils n’aiment pas en
lire en général, pas que ce livre
As-tu aimé lire Eros et
Psyché ?
16
10
Oui : l’histoire d’amour ; Non : l’histoire d’amour, pas
assez d’aventures
Aimes-tu lire Ulysse et le
cyclope ?
21
5
57
As-tu aimé lire la pièce de
théâtre ?
23
3
Aimes-tu les livres que la
maîtresse lit en classe (le
feuilleton d’Hermès) ?
23
3
Etait-ce motivant d’écrire
des textes sur la
mythologie grecque en
rédaction ? (L’invention de
ton monstre, la treizième
épreuve d’Hercule, dans
ton cahier d’écriture) ?
18
7
As-tu aimé faire ton
exposé sur la mythologie
grecque ?
24
2
Cet exposé était-il
motivant ?
24
2
Oui : le thème, l’imagination ; Non : manque
d’imagination, pas de goût pour l’écriture.
58
Annexe 9 : Réponses des élèves avec justification (la première colonne est pour le
« oui », la deuxième pour le « non »).
59
60
61
62