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* L E MAGAZINE DE
LA JEUNESSE DE LA
CROIX-ROUGE SUISSE
#3/2013
IN TÉ G R ATI O N
D IV E R S IT É
APROPOS
LA PISCINE POUR SALLE DE CLASSE
APROPOS
APROPOS
FAIRE BEAUCOUP AVEC PEU
UNE PASSERELLE ENTRE RÉORIENTATION ET MONDE DU TRAVAIL
SONDAGE
COMMUNIT Y
QUE SIGNIFIE LA DIVERSITÉ POUR TOI?
BIEN INTÉGRÉ GRÂCE AUX SAMARITAINS
Le magazine de la Jeunesse de la Croix-Rouge suisse
E D I T E U R Jeunesse de la Croix-Rouge suisse
CO N TA C T Croix-Rouge suisse
Centre de compétences Jeunesse
Rainmattstrasse 10, Case postale, 3001 Berne
[email protected], www.redcross.ch/youth
R É D A C T I O N Julia Zurfluh
Parution 3 × par année
Pour ce numéro: Rebecca Bannwart, Christopher Barco, Danielle
Breitenbücher, Myriam Bschir, Corina Futter, Mélina
Gadi, Natalia Luque, Sonja Nodup, Stella Nüssli, Anja Stadelmann,
Kurt Venner, Anna Wolf, Lara Zedi, Julia Zurfluh
CO N C E P T G R A P H I Q U E
SRK graphic-print, [email protected]
L AYO U T E T G R A P H I S M E
SRK graphic-print, [email protected]
P H OTO CRS, SSS, ASS, SSTS, AC-CR Genève; Raphaëlle Sestranetz, Marc Albert
I M P R E S S I O N Schlaefli & Maurer AG, Uetendorf
T I R A G E 1100 ex. F, 4600 ex. A
Cette publication paraît aussi en allemand.
soutenu par
« R E A DY F O R R E D C R O S S » le magazine de la Croix-Rouge suisse (CRS)
*
T’
S TI M
E
les organisations de jeunesse de la CRS qui choisissent les thèmes
I
écrit par des jeunes et pour des jeunes. Ce sont des bénévoles de toutes
Tu aimerais toujours être au courant de ce qui se passe à la Jeunesse de
la Croix-Rouge suisse? Alors deviens fan de notre groupe Facebook et
échange avec des jeunes du monde entier!
www.facebook.com/SwissRedCrossYouth
R
E
auprès de Julia via l’adresse [email protected]
FO
souhaites participer à l’équipe de rédaction de «Ready», renseigne-toi
S
abordés, rédigent les articles et prennent les photos. Si toi aussi, tu
HERO
HENRY DUNANT – MÈRE TERESA
– ROBIN DES BOIS – SOPHIE SCHOLL
– ACHILLE – GANDHI
ET TOI?
Toi aussi, tu es un héros! Avec tes camarades,
participe au concours «It’s time for Heroes»
en réalisant un court métrage. De supers prix
« R E A DY F O R R E D C R O S S » est le magazine de la Jeunesse des
sont mis en jeu. Par ailleurs, tous les
Associations cantonales de la Croix-Rouge suisse, de l‘Alliance suisse
participants recevront un magnifique t-shirt
des samaritains, de la Société Suisse de Sauvetage et de la Société
Suisse des Troupes Sanitaires.
Henry Dunant. Tu trouveras toutes les
informations nécessaires sur
WWW.REDCROSS.CH/HEROFR
—3—
SOM M A I R E
I N T E R N AT I O N A L
—4—
Sur le terrain en Jordanie
CARINE FLEURY BIQUE
APROPOS
RESPONSABLE DU CENTRE
D E CO M P É T E N C E S J E U N E S S E D E L A C R S
—6—
La Trouvaille
—8—
Une autre voie
CHÈRE LECTRICE, CHER LECTEUR
— 10 —
Uri, lieu de rencontre multiculturel
Ce numéro du « Ready for Red Cross » consacré au
thème de la diversité et de l’intégration me fait penser
— 12 —
La piscine pour salle de classe
à une mosaïque, dans laquelle chaque élément doit
trouver sa place pour donner du sens à un ensemble.
— 20 —
Faire beaucoup avec peu
La Croix-Rouge étant, dans ce cas-là, le ciment qui unit
chaque fragment.
P R E M I E R S S E CO U R S – P E T I T S CO N S E I L S
La nourriture comme vecteur d’intégration pour les
— 14 —
Les morsures
uns et l’appréhension d’autres cultures pour les
autres, voilà résumé en quelques mots le projet
FOMAZ. Ce projet caractérise très bien le phéno-
NEWS
mène de l’intégration qui poursuit un double effet :
— 15 —
premièrement un effet direct sur la personne
INSIDE SRK
concernée et deuxièmement pour la communauté
— 16 —
Ömer Güven, délégué CRS en Égypte et au Liban
Croix-Rouge suisse visent à intégrer des personnes
dans son ensemble. De nombreuses activités de la
vulnérables. C’est bien, mais la Croix-Rouge suisse
B O N S T U YA U X
est-elle représentative de la diversité en Suisse ?
L’Alliance suisse des samaritains se lance un défi et
— 18 —
cherche, avec le projet Diverso, à accueillir des
SONDAGE
bénévoles issus d’autres cultures. Le Conseil de la
— 19 —
Diversité?
Croix-Rouge et beaucoup de comités d’associations
cantonales ont également fait un pas de plus vers
la diversification en accueillant des jeunes engagés
DÉLÉGUÉS JEUNESSE
en leur sein. A n’en pas douter, toute l’organisation
— 22 —
Un moment clé pour la jeunesse CRS
en bénéficiera !
— 23 —
Danielle Breitenbücher, la nouvelle benjamine du conseil de la Croix-Rouge
Toi aussi tu souhaites prendre part à cette mosaïque
vivante ? Tu peux le faire tout près de chez toi en allant
t’adresser aux organisations de jeunesse de la CRS. De
125 ANS ASS
nombreuses opportunités s’offrent à toi ! Je te remercie
— 24 —
Une grande fête pour jeunes et moins jeunes
de ton engagement et te souhaite beaucoup de plaisir
dans la découverte de ce nouveau numéro du «Ready
for Red Cross»!
CO M M U N I T Y
— 26 —
Bien intégré grâce aux samaritains
— 28 —
Un Roger peut en cacher un autre
— 30 —
Une amitié qui sort de l’ordinaire
READY #3 /2013
—4—
I N T E R N AT I O N A L
SUR LE TERRAIN
EN JORDANIE
Le projet d’allocation d’espèces de la Croix-Rouge suisse
(CRS) en Jordanie vise à soutenir les réfugiés
syr iens qui vivent en dehors des camps. Il s’agit la plupart
du temps de f amilles nombreuses ayant réussi à
fuir les violences dans leur pays et attendant la fin du
conflit sans savoir de quoi leur avenir sera f ait.
PA R M Y R I A M B S C H I R *
W W W. R E D C R O S S . C H → A C T U A L I T É S → É T R A N G E R
A se promener à travers les rues de la paisible Amman, troublée seulement par le
bruit des automobiles, on ne croirait pas
que de si tristes événements sont en train
de se dérouler dans la Syrie voisine. Le
jour de mon arrivée en Jordanie, j’accompagne Nadine Weber, responsable du
projet d’allocations d’espèces de la CRS,
sans bien savoir à quoi m’attendre. Tout
est allé si vite! Il y a un mois à peine, je
prenais contact avec le département
Coopération internationale pour savoir
s’il me serait possible de me rendre sur un
projet de la CRS à l’étranger pendant mes
vacances. Peu de temps après, on m’informait que je pourrais participer en avril
à un projet de la Gestion de catastrophes
CRS en Jordanie. Et voilà comment je me
retrouve aujourd’hui à Amman!
à nouveau mes connaissances d’arabe.
Le projet prévoit l’enregistrement des réfugiés syriens auprès du Croissant-Rouge
jordanien; cette étape est l’occasion de
faire le point sur la situation familiale et
les besoins de chacun. Combien d’en-
fants compte le foyer? Y en a-t-il qui ont
moins de cinq ans? Certains membres de
la famille sont-ils malades ou handicapés? Une procédure standardisée permet
ensuite de sélectionner les familles qui
vont recevoir un soutien financier de la
Les familles gèrent
elles-mêmes leur argent
Mon séjour aura été très intense, mais ô
combien enrichissant. Trois semaines durant, j’ai pu suivre Nadine dans son travail, au bureau comme sur le terrain, mais
aussi me rendre utile partout où l’on
avait besoin de mes services et mobiliser
Les connaissances d’arabe de Myriam étaient très utiles lors des
échanges avec les collaborateurs du Croissant-Rouge jordanien.
READY #3/2013
—5—
I N T E R N AT I O N A L
Le paysage idyllique entre Amman et Jerash est trompeur. A quelques kilomètres de là vivent de nombreux réfugiés.
CRS. Cette aide prend la forme d’un versement mensuel en monnaie locale d’un
montant équivalant à 135 CHF, les bénéficiaires disposant d’une carte bancaire
avec laquelle ils retirent l’argent euxmêmes en fonction de leurs besoins. Ce
système garantit une bonne gestion des
fonds alloués aux réfugiés, qui procèdent
aux achats les plus urgents pour eux.
Des échanges réguliers
Le bureau de Nadine est situé dans le
même bâtiment que ceux de la Fédération internationale des Sociétés de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. J’y ai
vécu au plus près les différentes activités
menées à la mi-projet, pour l’essentiel
des tâches de coordination: commander
les cartes auprès de la banque, les remettre à leurs destinataires et surveiller le
solde des comptes. Nous étions aussi
souvent en contact avec le responsable
de la banque de données, qui gère la saisie de toutes les données relatives à l’enregistrement, à la sélection, aux ordres
bancaires et à l’affectation des fonds en
faveur de chaque famille. Et bien sûr,
toute l’équipe, à savoir Nadine et des col-
laborateurs du Croissant-Rouge jordanien, se réunissait une fois par jour pour
échanger. Le rôle premier des membres
de ce groupe est d’assurer le contact direct avec les réfugiés syriens. Ils les informent de leur enregistrement et saisissent
les données nécessaires en anglais et en
arabe dans la banque de données.
L’équipe organise également des visites à
domicile et informe les réfugiés par téléphone des prochains rendez-vous de distribution de cartes, auxquels assistent
également les bénévoles du Croissant-Rouge local.
le projet. Mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’est le contact direct avec les réfugiés syriens: leurs récits de fuite, l’expression de leurs yeux quand ils nous parlaient de leurs proches disparus, leur
regard dans le vague à l’évocation de leur
avenir. Des rencontres qui m’ont marquée pour longtemps. •
Des impressions fortes
Enfin, il y a bien entendu aussi des
échanges réguliers avec Berne. La responsable informe régulièrement le Siège
CRS de l’avancement du projet ainsi que
des autres mesures planifiées. Il est très
rare en effet que les choses se déroulent
exactement comme prévu, car il faut sans
cesse se demander ce que l’on pourrait
faire de plus, ce qu’il faudrait adapter...
J’ai souvent eu avec Nadine des discussions passionnantes au cours desquelles
j’ai pu apporter mon regard extérieur sur
READY #3/2013
*M Y R I A M
EST DÉLÉGUÉE DROIT
I N T E R N AT I O N A L H U M A N I TA I R E D E L A C R S
ET AIME LA CUISINE ARABE.
—6—
APROPOS
«LA TROUVAILLE»
UNE PASSERELLE ENTRE RÉORIENTATION
ET MONDE DU TRAVAIL
Les boutiques de seconde main La Trouvaille de la Croix-Rouge
Ber n-Mittelland sont des mines d’or pour les chineurs. Mais
ce n’est pas tout: elles offrent aussi des stages aux chômeurs et leur
f acilitent le retour vers la vie prof essionnelle. Cor ina a visité
un de ces magasins pour «Ready f or Red Cross».
PA R CO R I N A F U T T E R *
W W W. L A -T R O U VA I L L E - B E R N . C H
La Trouvaille: un nom bien «trouvé» pour
ces cavernes d’Ali Baba gérées par la
Croix-Rouge et qui, de l’assiette de porcelaine à la table de nuit, proposent un
peu de tout! Quelle meilleure désignation, en effet, pour ceux qui aiment
chiner, mais aussi pour ceux qui souhaitent «retrouver» un emploi.
13 000 sacs contenant
220 tonnes de vêtements
«Nous recevons annuellement plus de
13 000 sacs de vêtements», m’explique
Simon Garo, responsable de la production et de la logistique, lorsque nous pénétrons dans la salle où les textiles sont
triés et répartis par classe de prix. C’est lui
qui me fait visiter les coulisses. Partout,
de hauts porte-vêtements et des chariots
d’achat, tous pourvus de grands panneaux de façon que chaque pièce destinée à la vente soit rangée au bon endroit.
«Chaque année, nous trions environ 220
tonnes d’habits. Malheureusement sur
ce volume, seuls 20 pour cent sont utilisables», déplore Simon. La Croix-Rouge
dispose de huit conteneurs à textiles. Elle
a parfois aussi des arrivages en prove-
La Trouvaille offre des places de stages pour des personnes en recherche d’emploi. Le stagiaire
en logistique Van Che Huynh voudrait travailler plus tard dans une grande surface.
nance de magasins de prêt-à-porter. La
Trouvaille vit de tous ces dons. «Les revenus des différentes boutiques nous permettent de financer d’autres projets de la
Croix-Rouge. Dans la région de Berne,
nous avons des points de vente à Breitenrain, Bümpliz, Liebefeld et Münsingen.»
READY #3/2013
Bien plus qu’une
simple boutique
La Trouvaille, c’est bien plus qu’une
simple boutique. L’enseigne propose
aussi des stages aux demandeurs d’emploi. «Nous offrons des stages de 6 à 12
mois», explique Simon Garo. Les maga-
—7—
APROPOS
Avec les bénéfices de la La Trouvaille d’autres projets sociaux de la Croix-Rouge de Bern-Mittelland peuvent être soutenus.
sins comptent actuellement, à côté des
14 collaborateurs fixes, 35 stagiaires travaillant surtout dans la vente et la logistique. La Trouvaille constitue ainsi une
passerelle entre le chômage et la réinsertion professionnelle. Nous donnons à ces
personnes les compétences nécessaires
pour être aptes à retourner dans le
monde du travail. Outre les activités pratiques, les stagiaires suivent des cours
d’allemand et de préparation de dossiers
de candidature ou participent à des formations continues spécifiques», précise
Simon.
De cuisinier à magasinier
Van Che Huynh, alias Che, est cuisinier et
exerçait son métier dans la restauration.
Mais avec les années, l’irrégularité des
horaires a commencé à lui peser. Il rêvait
d’avoir des journées structurées. «Souvent, je finissais tard dans la nuit, ce qui
rendait ma vie sociale difficile, explique-til. C’est pourquoi, après dix ans de ce régime, j’ai décidé de changer de profession.» Depuis bientôt six mois, il fait un
stage de magasinier à La Trouvaille. De
retour d’un immense appartement qu’il
vient d’aller débarrasser, il est encore
tout essoufflé: «J’aime beaucoup ce
stage, explique-t-il, un grand sourire aux
lèvres. Je suis souvent en déplacement et
les tâches sont très variées. J’aimerais
continuer dans la logistique ensuite, de
préférence dans un entrepôt de denrées
alimentaires. Parce qu’en tant qu’ancien
cuisinier, j’ai une grande expérience dans
le domaine», sourit-il. La Trouvaille entretenant d’excellentes relations avec les
entreprises les plus diverses, l’entrée de
ses stagiaires sur le marché de l’emploi
s’en trouve facilitée. Ils ont en effet acquis
une expérience professionnelle et disposent d’un certificat de travail récent. Et
les résultats sont là: environ six sur dix retrouvent le chemin du monde du travail à
l’issue de leur stage. La Trouvaille n’aura
jamais aussi bien porté son nom! •
Tu as des habits ou des objets qui
sont encore en excellent état mais
que tu ne souhaites pas garder?
Apporte-les à La Trouvaille et soutiens ainsi les projets sociaux de la
Croix-Rouge Bern-Mittelland.
WWW.LA-TROUVAILLE-BERN.CH
*CO R I N A
ADORE ÉCUMER LES BROCANTES
P E N D A N T S E S LO I S I R S
READY #3/2013
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APROPOS
UNE AUTRE VOIE
La Croix-Rouge genevoise mène en partenar iat avec
l’Office Cantonale de l’emploi, le Semestre de Motivation
(Semo). Ce programme d’insertion prof essionnelle
vise à aider les jeunes de 16 à 25 ans qui ont interrompu
leur scolar ité ou leur f ormation.
PA R N ATA L I A L U Q U E *
W W W. C R O I X- R O U G E - G E . C H → J E U N E S → S E M E S T R E D E M OT I VAT I O N
Chacun cherche à faire son chemin, à trouver sa voie et s’y engager avec assurance
et entrain. Mais ce chemin n’est pas tout
tracé, il faut parfois défricher les sentiers
de son être pour pouvoir avancer avec des
pas plus au moins hésitants. Le Semestre
de motivation de la Croix-Rouge genevoise est un programme qui aide les jeunes
de 16 à 25 ans en rupture scolaire à faire le
lien entre leurs capacités, les possibilités et
leurs envies. Avec des parcours atypiques,
ces jeunes personnes atterrissent dans un
cadre qui ne l’est pas moins. Ici, c’est une
autre forme d’apprentissage qui rythme
leurs journées, une autre philosophie. Au
travers d’ateliers de remise à niveau ainsi
que d’ateliers pratiques et manuels, ils se
redécouvrent, pour certains se reconstruisent et réalisent les capacités qu’ils ont
en eux. Ces ateliers sont un sas d’expérimentation et de mise en action. On y (ré-)
apprend le savoir-faire et le savoir-être
mais surtout, on leur insuffle la confiance
en eux nécessaire à leur envol.
on y trouve notamment le Service Traiteur et un atelier d’horticulture qui réalisent des véritables commandes auprès
de clients privés. Cela permet aux jeunes
de se confronter davantage au monde
professionnel. Loin de stagner dans des
eaux marécageuses, le long fleuve tumultueux de la vie en effraye plus d’un. Pour
soutenir nos jeunes explorateurs de la
vie, ils bénéficient de la présence d’une
équipe éducative dont un conseiller en
insertion qui suit leurs cas. Ces référents,
sortes de coach personnels, les aident
dans leurs recherches de travail, les
écoutent, soulignent leurs points forts –
qu’ils ont tendance à oublier – et les
guident pour s’améliorer. Ces conseillés
catalyseurs de motivation sont là pour les
revaloriser mais aussi pour les pousser à
se prendre en main, poser le cadre dans
lequel ils vont pouvoir évoluer et s’exprimer. Une réelle relation de confiance et
d’échange se crée entre l’équipe éducative et les étudiants. Finalement, ce n’est
Des ateliers, du soutien et la
motivation d‘avancer
Il existe plusieurs versions du Semo. Dans
le programme mené par la Croix-Rouge,
Les jeunes apprennent à se connaître et à renforcer le confiance en eux durant les ateliers pratiques et manuels.
READY #3/2013
—9—
APROPOS
Les jeunes du Semo acquièrent des compétences utiles pour leur avenir professionnel notamment en apprenant l’horticulture.
pas seulement créer un cocon pour lui
permettre de se développer, c’est aussi
lui donner le marteau pour casser la coquille, les outils pour passer de chrysalide
à papillon.
Une expérience personnelle
pour se reconstruire
Karim a 17 ans, il est au Semo pour la
deuxième fois et me raconte son parcours, son expérience au sein de ce programme. Avec déjà deux stages en
mécanique à son actif, ce qu’il aime
principalement ce sont les activités manuelles. Les ateliers pratiques et activités avec le bois ou le métal lui permettent de laisser cours à ses talents
tout en apprenant les bases d’un métier. Comme pour la mécanique, en
cours, il affectionne particulièrement
les projets sur des objets cassés ou de
récupération en vue de les améliorer et
les transformer. Au travers des activités
et de l’environnement qui leur est proposé, ils ont l’occasion de réparer ce qui
était cassé, récupérer et redonner de la
valeur à ce qui était destiné à la casse
par celui qui ne savait plus lui attribuer
de l’importance. C’est aussi prendre
soin de soi, se réparer et préparer le terrain pour y cultiver de nouvelles compétences ; c’est réaliser quelque chose
dont ils peuvent être fiers.
métier qui est parfois idéalisé. Cette
étape d’ouverture à l’extérieur se fait
aussi par des entreprises qui viennent se
présenter et clarifier ce qu’ils attendent
d’un jeune candidat afin d’être employé.
Il arrive aussi que ce soit des « anciens » du
Semo qui viennent raconter leur histoire.
Dans quelques mois, Karim aura 18 ans. Il
pense retravailler avec l’employeur qui
l’avait pris en charge au cours de son
stage au sein du Semo. Pour certains de
ces jeunes, le Semo est une passerelle
entre l’école et le monde professionnel,
le monde de l’enfance et le passage à
une vie d’adulte. Cette étape de vie peut
s’avérer difficile à franchir, elle se fait à
des rythmes et manières très variés. Ici,
on essaye de mettre en place un programme pour faciliter les pas qui les mèneront vers de nouveaux horizons. •
La passerelle entre l’école et le
monde professionnel
Les jeunes du Semo apprennent à répondre aux
demandes des clients dans le cadre du service traiteur.
Au-delà du développement personnel, il
est essentiel de créer un lien avec l’extérieur. Pour cela, chacun est incité à faire
les démarches nécessaires pour obtenir
un stage et se confronter à la réalité du
READY #3/2013
*N ATA L I A
TROUVE QUE CE PROJET EST UNE RÉELLE
OPPORTUNITÉ À SAISIR !
— 10 —
APROPOS
URI, LIEU DE
RENCONTRE
MULTICULTUREL
Pour Kurt Strehler, l’intégration n’est pas un vain mot. A travers ses idées
et projets créatifs, le responsable du centre pour requérants d’asile
d’Altdorf géré par la Croix-Rouge suisse (CRS), dans le canton d’Uri,
permet à des personnes provenant d’horizons divers de se rencontrer.
PA R J U L I A Z U R F L U H *
W W W. F O M A Z . C H
Le village d’Altdorf se dresse dans une
vallée étroite, encaissée entre lac et
montagnes. C’est ici, à deux pas de la
gare et en plein cœur d’un quartier résidentiel, que se trouve le centre d’hébergement du canton d’Uri pour les personnes relevant du domaine de l’asile,
où la CRS assure l’encadrement de réfugiés reconnus ou admis à titre provisoire. La porte du garage est taguée
d’une grande croix rouge. «Ce tag a été
réalisé à l’occasion d’une fête de quartier organisée pour nos résidents et le
voisinage», explique Kurt Strehler, responsable du centre. Il est à ses yeux essentiel que cet établissement ne soit
pas isolé si l’on veut favoriser l’intégration de ses occupants à la vie du village.
«S’intégrer signifie entrer en relation
avec les autres. Au sommet d’une montagne, c’est plus difficile, car les occasions de rencontre sont rares!», estime
Kurt Strehler. Il est important que les requérants d’asile puissent avoir des
contacts avec la population locale.
Cette possibilité leur est notamment offerte par le restaurant de formation Fomaz, situé au cœur d’Altdorf.
Un appétit immense
Au Fomaz, la CRS permet à six réfugiés reconnus ou admis à titre provisoire d’effectuer un apprentissage d’un an dans la
restauration. Cette formation vise à faciliter l’insertion professionnelle de personnes relevant du domaine de l’asile.
«Sur les 13 candidats accueillis jusqu’à
présent, huit ont trouvé un emploi qui
leur permet de vivre une vie plus autonome. Se libérer peu à peu de la dépendance à une assistance constitue un aspect important de l’intégration», estime
Strehler. La formation dispensée au Fomaz est très complète. Les apprentis qui
en bénéficient sont ainsi formés dans les
domaines service, buffet, bureau et cuisine. Les après-midis sont consacrés aux
apprentissages théoriques. «Cette année
de formation m’a permis d’acquérir de
bonnes bases et m’a vraiment donné envie de travailler», témoigne Abas Mohamed, qui a trouvé un emploi fixe après
son apprentissage au Fomaz. Bien qu’il
vienne de terminer un service éreintant à
l’heure du déjeuner, un large sourire illumine le visage du jeune Somalien. «Avant
de commencer ce travail, j’étais triste et
READY #3/2013
Abas Mohamed se cuisine quelques fois les plats qu’il a
appris à Fomaz.
abattu. Aujourd’hui, je suis heureux, car
on m’a donné une chance d’accéder au
monde du travail», affirme-t-il. A l’avenir,
le Fomaz entend aussi accueillir des personnes de la région dépendantes de
l’aide sociale afin de favoriser leur retour
à la vie active.
— 11 —
APROPOS
L E R E S TA U R A N T F O M A Z
Durant six mois, des collaborateurs de la CRS
et des résidents du centre pour requérants
d’asile d’Altdorf ont travaillé sans relâche
pour transformer un ancien bistrot de village
Les menus du Fomaz sont exotiques mais aussi quelques fois bien suisses.
en restaurant de formation. C’est ici, dans
ce nouveau lieu baptisé Fomaz, que six
réfugiés reconnus ou admis à titre provisoire
accomplissent un apprentissage dans la
Une scène ouverte
Les menus proposés au Fomaz comprennent aussi bien des spécialités locales que des plats exotiques, préparés
dans la mesure du possible avec des produits frais de la région. «J’aime beaucoup
travailler en cuisine. Chez moi, je refais
souvent les plats qui figuraient au menu
de midi», confie Abas Mohamed en riant.
L’intégration se fait ainsi également à travers la gastronomie. Et en la matière, cet
établissement hors du commun, dont le
nom signifie «grande faim» en romanche,
tient toutes ses promesses. On y constate
en effet un appétit immense, non seulement pour les découvertes culinaires,
mais aussi pour les rencontres et la
culture. Des concerts s’y donnent de
temps à autres. Le Fomaz permet ainsi à
de jeunes artistes d’exprimer leur talent
et de faire leurs premières armes sur
scène. La programmation, très éclectique, comprend tous les styles musicaux.
«Nous avons organisé il y a peu une soirée house avec un DJ. Le Fomaz a accueilli des gens qui n’avaient auparavant jamais mis les pieds chez nous!», se réjouit
Kurt Strehler. «Notre restaurant se veut
un lieu de rencontre ouvert à tout le
monde.» Un jeune artiste uranais a réalisé
la décoration intérieure, l’occasion pour
lui de présenter pour la première fois son
travail à un large public.
Abolir les peurs
«S’intégrer, c’est aussi prendre une part
active à la vie collective», remarque Kurt
Strehler. Et apprendre à se connaître les
uns et les autres contribue à abolir les
peurs et à lutter contre les a priori. Grâce
à l’esprit d’ouverture du petit canton
d’Uri, les projets d’intégration de la CRS
ont trouvé un terrain fertile pour s’épanouir, au sens propre comme au sens figuré. En effet, il y a quatre ans, la CRS a
également conduit un projet d’intégration dans un jardin ouvrier. Ces initiatives
variées permettent à la population locale
et aux requérants d’asile de se rencontrer
régulièrement et de tisser peu à peu des
liens de confiance. •
restauration. Les menus proposés au Fomaz
comprennent aussi bien des spécialités du cru
que des mets exotiques. L’intégration se fait
ainsi dans les deux sens. Dans le canton d’Uri,
les autorités ont confié à la CRS les prestations d’aide sociale aux personnes relevant du
domaine de l’asile. Il s’agit notamment
d’assurer leur hébergement et de leur
proposer des programmes d’occupation afin
de favoriser leur intégration dans leur nouvel
environnement et, le cas échéant, dans le
monde du travail.
WWW.FOMAZ.CH
*J U L I A
N O U V E L L E FA N I N CO N D I T I O N N E L L E D U F O M A Z ,
A U Q U E L E L L E AT T R I B U E L A N OT E D E 1 0 S U R 1 0 !
READY #3/2013
— 12 —
APROPOS
LA PISCINE POUR
SALLE DE CLASSE
Dans le cadre de l’offre d’intégration Viens chez moi de la
Croix-Rouge suisse (CRS) Canton de Zur ich, les enf ants
d’or igine turque Ali Akif et Hatice rendent régulièrement
visite à Myr iam Bschir. Ensemble, ils br icolent et jouent,
exercent l’allemand ou f ont l’une ou l’autre sortie.
PA R S O N J A N O D U P *
W W W. S R K- Z U E R I C H . C H → I C H M A C H E M I T → F R E I W I L L I G E
Nous sommes mercredi après-midi dans le
quartier zurichois de Friesenberg, et Myriam (32 ans) attend de la visite. A 13h
pile, on sonne. Ali Akif (9 ans) et sa sœur
Hatice (8 ans) montent en courant à son
appartement. Les deux petits visiteurs
rayonnent lorsqu’ils entrent chez elle et
Myriam se réjouit tout autant de
l’après-midi qu’ils vont passer ensemble.
Juste au coin de la rue se trouve la piscine
Heuried. Comme les quelques dernières
fois, le programme est tout trouvé: que
faire de mieux par un si bel après-midi
d’été? Les découvertes commencent déjà
sur le chemin de la piscine. Tout est passé
à la loupe, étudié et expliqué. Myriam saisit chaque occasion pour enseigner de
nouvelles choses à ses deux protégés ou
pour approfondir ce qui est déjà connu.
Les enfants se montrent motivés et enthousiastes. Avec tous ces points à compter, la coccinelle n’est-elle pas un moyen
idéal d’entraîner le sens de l’observation?
Apprendre les uns des autres
Très importante, l’amélioration des
connaissances d’allemand se fait par des
«devoirs» ludiques ciblés ou au détour
Bien que Myriam ait annoncé qu’elle n’était pas une «maîtresse » d’allemand,
Ali et Hatice l’ont appellée dès le début «Madame la professeure d’allemand».
d’une conversation. Dans ces échanges,
Hatice et Ali Akif ne sont pas les seuls à
faire des découvertes. En parlant du 1er
août («Wouaouh! la Suisse a 722 ans?!»),
le petit groupe en vient à évoquer l’anniversaire de la Turquie moderne. Elle a fait
suite à l’Empire ottoman, et sa création
date de 1923, explique Ali Akif. Ensemble,
READY #3/2013
ils calculent son âge: 90 ans! Myriam précise que d’emblée, elle ne souhaitait pas
une relation enseignant-élève classique,
mais voulait elle aussi apprendre des enfants. Hatice et Ali Akif lui inculquent donc
de temps à autre des mots turcs. Le weekend précédent, elle a été invitée dans leur
famille pour fêter la fin du ramadan.
— 13 —
APROPOS
Des idées à revendre
Les rencontres «régulières» avec Myriam
sont elles aussi distrayantes. «Nous
sommes déjà allés au zoo et au cirque»,
racontent fièrement les enfants en prenant leur goûter sur la pelouse de la piscine. Et ils sont encore plus joyeux lorsqu’ils racontent les après-midis dessin et
bricolage. Il est prévu prochainement de
construire un petit avion avec les tiges de
bambou qui poussent ici, près de la piscine de Heuried, explique Ali Akif en
montrant la haie derrière lui. Hatice
adore aussi écrire. Lorsqu’on lui demande à quoi elle veut jouer, elle répond
souvent: «On fait une dictée!». Ali Akif,
quant à lui, aime le football. Ils sortent
donc parfois tous les trois shooter dans
un ballon. A ce propos, un grand projet
pourrait se réaliser bientôt: inscrire le petit fan de foot chez les juniors du FC Wiedikon! Mais d’abord, ils iront découvrir
un tout nouveau monde: la bibliothèque
locale. Bien que Myriam et les enfants se
voient depuis bientôt neuf mois, ils ne
sont jamais à court d’idées pour entreprendre des activités communes. •
S I X Q U E S T I O N S À U R S I N A M AY O R ,
beaucoup et, ainsi, d’améliorer les connais-
les bénévoles peuvent poser des questions et
CO O R D I N AT R I C E D E V I E N S C H E Z
sances linguistiques.
échanger leurs expériences.
MOI
Viens chez moi existe depuis longQuels sont les buts de l’offre Viens
temps déjà. Quels échos en avez-vous
chez moi?
eu jusqu’ici?
Qui peut participer à Viens chez moi?
Des étudiants, des seniors, des familles ou des
personnes actives professionnellement. L’aspect
Amener des enfants et des adolescents de
En mai 2013, Viens chez moi a fêté ses 20 ans
important, c’est que les bénévoles soient
langue étrangère et des bénévoles germano-
avec musique, stands de nourriture et jeux. On a
intéressés par le projet et ouverts à la rencontre
phones à se rencontrer deux à trois heures par
accueilli 250 personnes: enfants participant au
interculturelle. Il faut qu’ils aient deux ou trois
semaine. Viens chez moi permet à des enfants
programme avec leur famille, bénévoles et colla-
heures hebdomadaires à disposition pendant six
d’apprendre l’allemand en s’amusant, l’objectif
borateurs.
mois au moins pour s’engager auprès d’enfants
étant une cohabitation respectueuse et une
Nous recevons souvent des échos. Voici par
ou d’adolescents parlant une autre langue.
compréhension mutuelle entre personnes
exemple celui de Lozan (12 ans): «Ce que je
d’origines différentes.
préfère, c’est qu’avec la personne chez qui je
vais, on ne prévoit rien à l’avance. Si j’ai besoin
En quoi Viens chez moi se distingue-t-il
d’aide pour mes devoirs, je peux les apporter et
d’autres programmes d’intégration?
on regarde ensemble.» Ou ce que nous disent
CRS CANTON DE ZURICH, VIENS CHEZ MOI,
[email protected],
TÉLÉPHONE 044 360 28 60
Tanja et Walter, qui accueillent des enfants:
Essentiellement parce qu’il propose des
«Nous souhaitons que les relations avec des
rencontres dans un cadre familial. La relation se
enfants étrangers soient quelque chose de tout
fonde sur la volonté réciproque et s’établit à
à fait normal pour nos propres enfants.»
long terme.
Comment les bénévoles sont-ils
Comment décririez-vous un engage-
préparés à leur engagement et quel
ment typique?
suivi leur est proposé?
Les bénévoles choisissent de recevoir un enfant
Toutes les personnes intéressées passent un
chez eux, ou de participer à des rencontres
entretien préalable et suivent un cours
linguistiques où ils voient un groupe d’enfants
d’introduction obligatoire d’une journée.
pour jouer, bricoler, lire et les aider à faire leurs
Pendant la période d’essai, les bénévoles et les
devoirs. Il arrive souvent qu’ils cuisinent
enfants sont accompagnés de façon particulière-
ensemble. Autant de manières simples de parler
ment intensive. Il y a en outre des réunions où
READY #3/2013
*S O N J A
V U L A C H A L E U R D E C E T T E J O U R N É E E S T I VA L E , S O N J A
A U R A I T E L L E A U S S I V O LO N T I E R S P LO N G É D A N S L’ E A U
FRAÎCHE DE LA PISCINE!
— 14 —
PREMIERS SECOURS – PETITS CONSEILS
LES MORSURES
Bello, à l’instant si gentil, te happe soudain
le bras. Pendant une randonnée au Tessin, une vipère
te mord au mollet. Saurais-tu quoi f aire dans
de telles situations? «Ready f or Red Cross» t’inf orme de
la conduite à tenir en cas de morsure.
Le contact avec l’animal, quel qu’il soit, expose à des
morsures. En Suisse, les plus fréquentes sont le fait de
chiens et de chats, beaucoup plus rarement de serpents.
Les blessures ouvertes comportent un risque élevé de
complications infectieuses, car la salive de l’animal est
porteuse de germes pathogènes.
Comment traiter une morsure?
• Ne touche la plaie qu’après avoir revêtu des gants, afin
d’éviter la pénétration de germes.
• Nettoie la plaie avec de l’eau potable.
• Retire tout bijou de la partie du corps lésée si celle-ci enfle.
• Applique un pansement propre.
• Surélève la partie du corps blessée.
• Consulte un médecin le plus vite possible.
Morsures de serpents
En mordant, le serpent injecte dans le corps humain un venin
qui peut induire des réactions locales comparables à celles
causées par une piqûre d’insecte. Des troubles de la coagulation et une hémolyse (destruction des globules rouges)
peuvent survenir. Quand il exerce son action sur le système
nerveux, le venin peut provoquer une faiblesse musculaire,
des paralysies et une insensibilité. En Suisse, les morsures de
serpent n’ont heureusement que très rarement une issue
fatale.
Comment traiter une morsure de serpent?
• Calme la victime et accompagne-la dans un endroit
ombragé. Le choc et les états anxieux sont souvent plus
dangereux qu’une intoxication.
• Après une morsure de serpent, le patient doit aussi vite que
possible s’allonger et se reposer. La pose d’un pansement
permet de limiter la diffusion du venin. Si le pansement doit
être serré, il ne doit pas comprimer la plaie et en aucun cas
interrompre la circulation sanguine.
• Attention: n’incise pas la plaie! Ne la suce pas et ne la perce
pas!
• Désinfecte la morsure pour prévenir toute infection. Veille à
n’employer que des produits incolores afin de ne pas
entraver l’examen ultérieur par le médecin.
• Transporte la victime chez le médecin ou à l’hôpital. Tout
effort physique devant être épargné à la victime, utilise une
civière ou, suivant les circonstances, alerte la Rega.
• Informe le médecin aussi précisément que possible du
lieu et du moment de l’accident et décris de façon exacte le
serpent. Rends compte des premiers secours que tu as
apportés et des allergies existantes.
Comment se protéger des morsures de serpent?
• Porte des chaussures montantes et un pantalon.
• Vérifie que l’endroit où tu veux pique-niquer est exempt de
serpent.
• Fais attention où tu mets les mains.
• Si tu dors à la belle étoile, contrôle qu’aucun serpent ne
s’est introduit dans ton sac de couchage, dans tes chaussures ou sous tes vêtements.
• Ne touche pas un serpent.
• Renouvelle régulièrement ton vaccin antitétanique.
READY #3 /2013
— 15 —
NEWS
JEUNES SAUVETEURS EN PLEINE ACTION
P R E M I È R E R E N CO N T R E D E L A C R O I X- R O U G E
Les Championnats suisses jeunesse de natation de sauvetage, qui ont
J E U N E S S E D E LU C E R N E
lieu tous les deux ans, ont été organisés en juin 2013 par la section
C’est fin mai qu’a eu lieu Fit & Food, le premier événement de
lucernoise de la SSS. Près d’un millier de jeunes nageurs sauveteurs
la Croix-Rouge Jeunesse lucernoise qui vient d’être créée. Les
entre 11 et 16 ans se sont mesurés les uns aux autres dans six
huit bénévoles ont aidé un groupe d’enfants à concocter un
disciplines: lancer de ballon, ceinture de sauvetage, planche de
menu sain à trois plats. L’objectif a été atteint: transmettre
sauvetage, relais avec mannequin, nage avec obstacles et concours
aux enfants le plaisir de cuisiner et leur inculquer les bases
récréatif. Tu trouveras sur http://jsm.slrg-sm13.ch le palmarès ainsi
d’une alimentation équilibrée. L’après-midi, les participants
que de superbes photos de la compétition.
se sont essayés au basket et au karaté.
S W I S S Y O U T H B A N S T H E B O M B – A H U M A N I TA R I A N
I M P E R AT I V E
En Suisse, les jeunes sont peu sensibilisés à la thématique de
l’interdiction de l’arme nucléaire. C’est pourquoi la CRS prend part à
l’organisation d’une manifestation à ce sujet le 31 octobre prochain à
Heiden, dernier port d’attache d’Henry Dunant. Les partenaires
suivants s’engagent à ses côtés: Médecins pour une responsabilité
sociale et pour la prévention de la guerre nucléaire (PSR/IPPNW
Suisse), l’association Henry Dunant 2010+ et le musée Henry Dunant
de Heiden ainsi que la Campagne internationale pour l’abolition de
l’arme nucléaire (ICAN).
www.redcross.ch/interdiction-armes-nucleaires
GREIS, NOUVEL AMBASSADEUR CRS
Grégoire Vuilleumier, alias Greis, est désormais
ambassadeur de la CRS. Ces prochaines années, le rappeur
D E S É CO L I E R S CO L L E C T E N T D E S F O N D S
accompagnera des projets de l’œuvre d’entraide
P O U R L E S E N FA N T S E N D É T R E S S E
dans les domaines de la migration, de la santé et de la
La 8 classe de l’école de Worb a préparé des gâteaux et les a vendus un
e
jeunesse.
samedi au centre commercial. Elle a reversé la totalité des recettes à la
Croix-Rouge suisse pour ses projets en faveur des enfants en détresse.
U N E G R A N D E F Ê T E C R O I X- R O U G E À B Â L E
Fin juin, la Croix-Rouge de Bâle-Ville a célébré ses 125 ans
150 ANS DU CICR
en organisant une grande fête sur la Barfüsserplatz. Le
Il y a 150 ans tout juste, cinq visionnaires fondaient à Genève le
programme varié a permis à chaque visiteur de trouver
Comité international de la Croix-Rouge (CICR), jetant ainsi les bases de
son compte: le rappeur Greis, nouvel ambassadeur de la
la plus importante organisation humanitaire au monde. Gardien et
CRS, a chauffé le public, des mannequins ont présenté des
promoteur du droit international humanitaire, il a pour tâche de faire
vêtements de la boutique Croix-Rouge et les enfants ont
respecter les Conventions de Genève, ainsi que de protéger et de
pu écouter des contes du monde entier.
soutenir les victimes des conflits armés dans le monde entier.
Rends-toi sur www.facebook.com → SRK Basel pour
www.ifrc.org/150ans
regarder les photos de cet événement.
READY #3 /2013
— 16 —
INSIDE SRK
ÖMER GÜVEN,
DÉLÉGUÉ CRS EN ÉGYPTE
ET AU LIBAN
Délégué de la Croix-Rouge suisse (CRS) en Égypte et au
Liban, Ömer Güven doit accomplir un travail d’une immense
diversité. Il raconte à Lara son métier extraordinaire et ses
différentes activités lors d’un entretien par Skype.
PA R L A R A Z E D I *
W W W. R E D C R O S S . C H → A C T I V I T É S → É T R A N G E R → É GY P T E
«Il ne suffit pas de simplement respecter nos différences, il faut
aussi les célébrer», m’a dit un jour un ami jamaïcain. C’est grâce
à cette ouverture aux cultures nouvelles que j’ai pu m’intégrer
en Égypte et au Liban et que je m’y suis tout de suite senti bien.
La diversité des cultures me fascine, je m’imprègne comme une
éponge de nouvelles impressions.
Un travail très varié
Mon travail en tant que délégué Croix-Rouge est très diversifié.
Les jours se succèdent mais ne se ressemblent pas, impossible
de savoir le matin de quoi la journée sera faite. A l’heure actuelle, je vis à Beyrouth, capitale du Liban, où je travaille à la
mise sur pied du bureau de la CRS sur place, tâche qui a débuté
l’an passé. L’une de nos missions est d’améliorer le dispositif de
transfusion sanguine à l’intention des réfugiés palestiniens. J’ai
une grande admiration pour le Liban, qui a déjà accueilli près de
500 000 réfugiés enregistrés alors qu’il ne compte que 3,5 millions d’habitants. Mais si les exemples sont nombreux de Libanais et Libanaises qui se montrent solidaires envers les réfugiés,
les tensions qui montent dans le pays du fait de cette situation
sont palpables. A côté de mon travail au Liban, j’interviens en
Égypte dans deux domaines: d’une part, nous collaborons avec
le ministère de la Santé en soutenant et renforçant le service de
transfusion sanguine national; d’autre part, avec le Croissant-Rouge égyptien, nous avons lancé un projet commun de
gestion et de réduction des risques après avoir fourni une aide
humanitaire aux réfugiés libyens et aux victimes de la révolution. En outre, j’ai visité il y a deux ans un projet CRS dans la forêt vierge équatorienne qui avait trait notamment à la promo-
tion de la santé. Ce fut pour moi une expérience impressionnante, et j’ai pu sans peine imaginer intervenir aussi en
Amérique du Sud ces prochaines années.
Parcours professionnel
Je suis délégué de la CRS depuis trois ans et demi. Cela faisait
longtemps que je voulais travailler pour une organisation d’utilité publique. Je disposais d’une vaste expérience professionnelle si bien que ma première mission en tant que délégué en
Égypte était faite pour moi. A l’origine, j’ai appris le métier de
READY #3 /2013
D A N S L E S CO U L I S S E S D E L A C R S
Dans cette nouvelle rubrique,
des personnalités liées de près ou
de loin à la Croix-Rouge suisse
racontent leurs activités et leur
parcours. Tu souhaites nous proposer
un invité à qui donner la parole
ici dans le prochain numéro de
«Ready»? Fais-le nous savoir à
l’adresse [email protected]
— 17 —
INSIDE SRK
Ömer Güven, Délégué de la CRS en Égypte et au Liban, a trouvé le métier de ses rêves.
dessinateur de machines puis d’ingénieur-électricien. J’ai ensuite été conseiller d’entreprise dans le domaine du développement organisationnel puis gestionnaire de changement à l’internationale avant de me retrouver à l’hôpital universitaire de
Bâle en tant que chef du développement d’entreprise. Mes
connaissances techniques et mon expérience dans l’accompagnement par le changement de personnes et d’organisations
me sont souvent très utiles.
siaste de voir les jeunes membres du Mouvement Croix-Rouge
s’engager pour un monde plus humain. A titre personnel aussi,
travailler pour la Croix-Rouge est très enrichissant. Ce que je fais
est exigeant et passionnant. Malgré l’avenir incertain de la situation au Liban et en Égypte, je veux y poursuivre ma mission.
Pour moi, c’est le boulot de mes rêves. C’est formidable de pouvoir faire partie d’une organisation prônant des valeurs si
nobles. •
Discours saisissant d’une jeune Libanaise
Il y a peu, j’ai eu l’occasion d’assister à la conférence MENA
(Middle-East & North Africa), lors de laquelle une jeune Libanaise a tenu un discours qui m’a fortement impressionné. «En
tant que jeune Libanaise, je ne veux appartenir à aucun parti
politique. Je veux être neutre, sur le plan tant politique
qu’éthique, parce que je crois que tous les hommes sont libres
dans leur foi et qu’ils sont égaux dans leur dignité et dans leur
humanité.» Autant de convictions qui rejoignaient très précisément les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge. Elle a ensuite dépeint les opinions des bénévoles libanais qui s’occupent
des réfugiés syriens: «Voilà deux ans déjà que le conflit a éclaté
et rien ne laisse espérer une fin prochaine. Pourtant, les bénévoles continuent de s’occuper des réfugiés. Ils viennent en aide
aux personnes en détresse, sans s’attarder sur leur confession
ou leur appartenance politique.» En général, je suis enthou-
READY #3 /2013
*L A R A
A É T É FA S C I N É E PA R L’ E N T H O U S I A S M E E T L’ É N E R G I E
Q U ’ Ö M E R G Ü V E N M E T D A N S S O N T R AVA I L E T
D A N S S O N I N V E S T I S S E M E N T P O U R L A CO O P É R AT I O N
A U D É V E LO P P E M E N T.
— 18 —
B O N S T U YA U X
CO N S E I L L E C T U R E D E J U L I A
CO N S E I L C I N É M A D E M Y R I A M
CRS
CRS
«Le bizarre incident du chien pendant la nuit», de
Mark Haddon, 2006
EAN13 978 2266 142830, 394 pages
«Voyage vers l’espoir»
de Xavier Koller, 1990
Christopher Boone, 15 ans, 3 mois et 2 jours, souffre d’une
forme légère d’autisme. Il s’est assigné le devoir de résoudre le
meurtre perpétré sur le chien de son voisin. A l’image de Sherlock Holmes, il veut procéder avec logique et précision. Mais
pour ce faire, il est obligé de quitter son monde ordonné et d’aller jusqu’à parler avec des gens, ce qui constitue pour lui un véritable défi. Ce magnifique roman de Mark Haddon sur l’autisme est émouvant, drôle et crédible. On sent que l’auteur a
travaillé avec des personnes handicapées et qu’il sait de quoi il
parle.
Une famille turque vend tous ses biens pour entreprendre le
dangereux voyage vers la Suisse, qu’elle voit comme un paradis.
Sur le trajet, le couple et leur enfant tombent entre les mains de
passeurs sans scrupules. Après s’être vu refuser l’entrée dans le
pays à la frontière, ils tentent de pénétrer sur le territoire par les
montagnes enneigées. Une violente tempête s’abat sur eux et
leur petit garçon meurt de froid. Et comme si le sort ne s’était
pas suffisamment acharné sur eux, le père désespéré doit répondre devant un tribunal d’homicide par négligence pour la
mort de son fils.
Ce film bouleversant inspiré d’une histoire vraie m’a beaucoup
touchée et m’a tiré des larmes.
CO N S E I L L E C T U R E D E CO R I N A F U T T E R
CRJ ZURICH
«Bilal sur la route des clandestins»,
de Fabrizio Gatti, 2011
EAN13 978 2867465550, 477 pages
CO N S E I L C I N É M A D E M I C H E L L E P I N N O W
Le journaliste italien Fabrizio Gatti suit le voyage des flux de réfugiés le long de la piste dite des esclaves, du Sénégal à Lampedusa. Grâce à son passeport, il n’est pas soumis au même arbitraire que ses compagnons, mais il subit la violence et l’horreur
en plein. Arrivé à Lampedusa, il se fait passer pour Bilal, un réfugié kurde, et est conduit dans le tristement célèbre camp d’internement. Il vit dès lors la cruauté qui s’exerce à l’encontre des
clandestins débarquant en Europe. Un livre méritant, mais loin
d’être anodin, qui rend leur dignité aux immigrés illégaux.
La jeune Turque Umay, qui a grandi en Allemagne, vit avec son
fils et son mari à Istanbul. Son quotidien est fait de violence et
d’oppression. Pour se protéger et protéger son enfant, elle fuit
pour se réfugier auprès de sa famille restée en Allemagne. Mais
arrivée là, elle est confrontée aux mêmes problèmes. Sa famille
musulmane, très conservatrice, est dépassée par la situation.
Umay se trouve face à l’incompréhension, à la honte et à la colère des siens.
«L’étrangère» est un drame bouleversant sur une jeune femme
à la recherche du bonheur, qui se heurte sans cesse aux frontières de sa propre origine.
CRJ ARGOVIE
«L’étrangère», de Feo Aladag, 2010
Connais-tu un bon livre ou un bon
film sur le thème «Intégration – diversité»? Si oui, parles-en sur le
forum de la page Facebook «Swiss
Red Cross Youth»!
READY #3 /2013
— 19 —
SONDAGE
DIVERSITÉ?
En juillet der nier a eu lieu en Valais, le cinquième camp de la croix
rouge fr ibourgeoise. Cette colonie destinée aux enf ants qui ne
peuvent pas partir en vacances accueille des jeunes de 8 à 12 ans.
Mélina Gadi leur a demandé qu’est-ce que le camp leur a apporté
comme nouvelles expér iences et découvertes autour de la diversité.
PA R M É L I N A G A D I
M AYA
11 ANS
S U I S S E E T M A LG A C H E
«Cette année, je reviens pour la deuxième
fois au camp de la Croix-Rouge. Avec une
de mes amies que j’ai rencontrée à la
colonie l’année passée, on s’était promis
de revenir. Cette année encore j’ai
rencontré de nouvelles personnes. Et
même si certaines paraissaient timides, en
apprenant à les connaître je me suis fait
pleins de nouveaux amis. Tout le monde
était bien intégré dans le camp même si je
n’arrivais pas toujours à comprendre
certains accents.»
Angel, Clara, Andrei, Maya, Fatme (de gauche a droite)
CLARA
FAT M E
ANDREI
10 ANS
ORIGINAIRE DU CAMÉROUN
12 ANS
SYRIENNE
11 ANS
SUISSE
«J’ai beaucoup aimé cette semaine de
«Je suis venue au camp pour apprendre
«Durant ce camp j’ai pu me faire de nombreux
colonie car il y avait de nombreuses
le français et j’ai eu la chance de pouvoir
amis, apprendre le partage, découvrir d’autres
activités sympas comme la disco, les jeux,
beaucoup parler français avec mes
cultures mais surtout faire l’expérience du
les bricolages. J’ai aussi aimé découvrir
nouveaux amis de la colonie. J’ai
respect qui a permis à tous les enfants de vivre
d’autres cultures et d’autres religions.
également pu parler kurde avec une
une semaine ensemble malgré leur différence
Mais ce qui est le plus important c’est que
autre fille, elle pouvait parfois me
de couleur de peau, de langue ou de culture.
je me suis fait beaucoup d’amis avec qui
traduire certaines choses. Durant ce
Pour moi le mot le plus important de cette
on a pu parler de tout.»
camp, j’ai également pu découvrir de
semaine est donc le respect. »
nouvelles activités et bricolages et j’ai
pu goûter à la fondue que je n’avais
jamais mangé avant. »
ANGEL
9 ANS
ORIGINAIRE DU CAP VERT ET DU PORTUGAL
«Je n’étais encore jamais allé en montagne et je n’avais encore jamais mangé
de fondue. J’ai pu découvrir tout cela au
A Toi de donner ton avis ! Que signifie
camp et c’était vraiment quelque chose
pour toi la diversité ? Confronte tes
que j’ai aimé. Comme il y avait des enfants
vues à celles d’autres jeunes béné-
qui venaient de différents pays j’ai aussi
voles ru le forum de la page Facebook
pu apprendre quelques mots d’autres
« Swiss Red Cross Youth ».
langues comme l’arabe par exemple.»
READY #3 /2013
— 20 —
APROPOS
FAIRE BEAUCOUP
AVEC PEU
La Fondation swisscor organise son 14 e camp: elle invite des
enf ants venus d’une des régions les plus pauvres
d’Europe de l’Est à passer deux semaines en Suisse. Impressions d’Anna Tekako, une jeune bénévole de la
Croix-Rouge suisse (CRS), qui encadre les enf ants du camp.
PA R A N N A W O L F *
W W W. S W I S S CO R . C H
«Anna, Anna!» Les enfants saisissent les
mains d’Anna Tekako pour attirer son attention tandis que, debout au milieu du
petit groupe, la jeune femme les enduit
de crème solaire et plaisante avec eux.
Les 87 enfants que Schwarzenburg (BE)
accueille cette année viennent de dix
foyers différents en Moldavie. Au cours
de leur séjour, les enfants bénéficient de
soins médicaux complets, car beaucoup
d’entre eux ont des problèmes de santé.
Si certains sont malvoyants, malentendants ou infirmes, tous ces enfants âgés
de 10 à 12 ans sont aussi orphelins ou ont
été abandonnés par leurs parents. C’est
la deuxième fois qu’Anna participe à un
camp swisscor en tant que jeune bénévole de la CRS, mais la première en tant
qu’accompagnante. La jeune femme de
22 ans profite de son année de césure
pour glaner diverses expériences: «Pour
moi, le plus important ici, c’est le rire», dit
Anna, ajoutant que pendant ces deux semaines, les enfants doivent pouvoir oublier un peu leur quotidien difficile. En
tant qu’accompagnante, elle ne s’occupe
Anna Tekako (au milieu) est bénévole pour la deuxième fois au camp Swisscor.
READY #3 /2013
ni du programme, ni des soins, mais se
concentre sur les enfants et tente de leur
accorder une attention qu’ils n’ont probablement jamais connue.
Bel enthousiasme
Les enfants sont répartis dans quatre
maisons pour suivre le programme prévu.
En marge des examens médicaux,
swisscor et les jeunes bénévoles de la CRS
proposent aux enfants des excursions, du
sport et des jeux, des initiations ludiques
à la culture suisse et des ateliers de musique. Ils découvriront notamment le
Gasterntal, une vallée alpine au-dessus
de Kandersteg, en compagnie d’Adolf
Ogi, fondateur de swisscor. Quant au
projet chili de la CRS, il apprend aux enfants à mieux gérer les conflits. Aujourd’hui, le groupe d’Anna va visiter le
parc zoologique Dählhölzli à Berne. Les
autres accompagnants sont les responsables moldaves qui connaissent bien les
enfants et qui parlent russe et roumain.
Anna ayant gardé contact avec certains
d’entre eux depuis la dernière fois, la collaboration est aisée.
En franchissant l’Aar couleur turquoise,
on entend des «oh» et des «ah» d’admira-
— 21 —
APROPOS
Anna Tekako accompagne «ses» enfants au zoo Dählhölzli. Les enfants
ne peuvent décoller les yeux du spectacle offert par les phoques.
tion. «Ces enfants sont faciles à enthousiasmer», commente Anna. Cela se
confirme lorsqu’ils découvrent les premiers animaux, des phoques, à la
contemplation desquels on n’arrive
presque plus à les arracher. Je suis touchée de la confiance que les enfants me
témoignent: ils me prennent la main
comme si cela allait de soi, veulent savoir
mon nom, me sourient et essaient même
de me taquiner. Leur groupe aussi est
bien soudé; Anna me montre une fillette
sourde qui pousse la chaise roulante de
sa camarade infirme. «Ils sont très compréhensifs pour leurs handicaps, et il n’y
a jamais de moqueries entre eux.» Même
si aucun des bénévoles CRS ne parle russe
ou roumain, il y a toujours un moyen de
se faire comprendre. Du reste, Anna a déjà appris quelques mots: «juca!», lance-telle – «jouer!» – et aussitôt les enfants accourent vers elle.
Et après?
Anna a vite établi un bon contact avec
«ses» enfants. Ils l’appellent sans arrêt
pour lui montrer leurs découvertes zoologiques, rient avec elle et l’aspergent
d’eau. Anna les embrasse, imite les cris
des animaux et les menace en riant de sa
gourde remplie d’eau. «J’essaie simplement de leur donner un peu d’insouciance et de sécurité pour qu’ils se
sentent bien et sachent que quelqu’un
est là pour eux», dira-t-elle ensuite, pensive. Et d’ajouter qu’elle a la chance de
pouvoir faire beaucoup avec peu et de recevoir beaucoup en retour, que ce soit
par la joie qu’expriment les enfants ou
par les moments de bonheur qu’elle partage avec eux. Et après ces deux semaines? L’an dernier, les adieux furent
difficiles pour Anna. C’est dur, dit-elle, de
renvoyer ces enfants à leur pauvreté
après deux semaines intenses qui leur
ont permis de vivre plus de choses que jamais auparavant. Que deviendront-ils
une fois adultes? Depuis sa dernière expérience, Anna a appris à se protéger un
peu pour ne pas trop souffrir de la séparation. De toute façon, ce n’est jamais facile. Participera-t-elle au camp de l’année
prochaine? Si elle a le temps, oui, absolument! Car ces deux semaines resteront
inoubliables – tant pour les enfants que
pour les bénévoles. •
L A S U I S S E A CC U E I L L E AV E C L E CΠU R
Cet été, la Fondation swisscor a invité 87
enfants venus de Moldavie à passer deux
semaines dans un camp médicalisé à
Schwarzenburg (BE). Ces enfants, orphelins ou
abandonnés par leurs parents, vivent chez eux
dans la pauvreté. Comme ils sont nombreux à
avoir des problèmes de santé, ils reçoivent
des soins médicaux pendant leur séjour. Des
jeunes bénévoles CRS organisent pour ces
enfants toutes sortes d’activités ludiques et
les accompagnent dans leur quotidien.
WWW.SWISSCOR.CH
*A N N A
A É T É TO U C H É E D E L A CO N F I A N C E Q U E L U I O N T
T É M O I G N É E L E S E N FA N T S M O L D AV E S .
READY #3 /2013
— 22 —
DÉLÉGUÉS JEUNESSE
UN MOMENT CLÉ
POUR LA JEUNESSE CRS
Danielle Breitenbücher a été élue au Conseil de la Croix-Rouge lors de
la dernière Assemblée Croix-Rouge, permettant ainsi aux jeunes
d’être représentés au sein de l’organe suprême de la Croix-Rouge
suisse (CRS). Le délégué Jeunesse Christopher Barco * raconte à Ready
le déroulement de cette assemblée un peu particulière.
«Plus de sang neuf dans votre comité!»
Telle était notre revendication, à Chris­
toph Lenz et à moi, lors de l’Assemblée
Croix-Rouge de l’an passé. Tous deux, en
notre qualité de délégués Jeunesse (cf.
encadré), nous avons milité pour que les
jeunes et les jeunes adultes aient leur
mot à dire au sein de la CRS. Mais jamais
nous n’aurions imaginé que les choses
iraient aussi vite. Aujourd’hui, un an tout
juste après notre intervention, nous pouvons nous féliciter de l’élection de Danielle Breitenbücher, 24 ans, au sein du
Conseil de la Croix-Rouge. Sans oublier
que plusieurs associations cantonales
ont admis des jeunes dans leur comité.
C’est incroyable! Et c’est vraiment bien
que nous ayons pu faire bouger les
choses! Mais nous ne nous reposons pas
sur nos lauriers: nous continuons à faire
entendre la voix des jeunes, comme lors
de l’Assemblée Croix-Rouge de cette année.
La promesse des courageux
L’association cantonale de Bâle fêtant
cette année ses 125 ans, c’est là que s’est
tenue l’Assemblée 2013, dans l’impressionnante salle du Grand Conseil de l’hôtel de ville. La veille au soir, les délégués
ont pu profiter d’un repas sur le Rhin, à
bord du Christoph Merian. Nous aussi
nous y étions, et nous avons eu la possibi-
lité d’échanger nos idées avec les représentants des différentes associations cantonales et organisations de sauvetage.
Sur un bateau, aucune possibilité d’esquive, et nous avons saisi cette occasion
pour lancer un nouvel appel. Nous avons
invité les personnes présentes à réfléchir
sur le sujet «Croix-Rouge suisse: Gemeinsam – ensemble – insieme», car tous sur
ce navire, nous représentons une part
certes infime mais essentielle de la CRS. Il
fallait apporter des suggestions sur la façon dont la CRS peut évoluer dans le bon
sens. Nous avons mis au défi les plus courageux des participants de faire une promesse. Une promesse – ou une déclaration pour les plus timides – que les délégués ont écrite sur une petite croix rouge.
Après avoir ramassé les morceaux de papier, nous les avons collés sur une pancarte de sorte qu’ils forment une grande
croix rouge. Une action symbolique pour
donner de la force à nos revendications.
Nous, les délégués Jeunesse, nous avons
montré l’exemple en promettant de
poursuivre nos efforts pour faire en sorte
que les jeunes et les jeunes adultes soient
représentés à tous les niveaux de la CRS
et qu’ils puissent faire entendre leur voix.
READY #3 /2013
QUE FONT LES
DÉLÉGUÉS JEUNESSE CRS?
Intégrés à la délégation officielle de la CRS,
les délégués Jeunesse représentent la
Jeunesse CRS, dont ils relaient le point de vue
lors de conférences et de réunions nationales
et internationales. Ils font en outre office de
référents auprès de la CRS pour toutes les
questions relatives à la jeunesse.
*Christopher Barco (à gauche) et Christoph
Lenz (à droite) sont les délégués Jeunesse de
la CRS 2012–2013.
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DÉLÉGUÉS JEUNESSE
DANIELLE
BREITENBÜCHER,
LA NOUVELLE BENJAMINE DU
CONSEIL DE LA CROIX-ROUGE
Je m’appelle Danielle
Breitenbücher et j’interviens depuis l’été 2006 sous
la bannière de la CroixRouge suisse (CRS). J’ai notamment participé à divers
projets de la Croix-Rouge
Jeunesse bâloise. J’ai ainsi
encadré des soirées jeux
dans des foyers à l’intention d’enfants de requérants et le camp d’été en
Bosnie, et organisé avec un
groupe des concerts de
bienfaisance et des animations de stand. Je siège en
outre depuis 2009 dans le
comité de l’association cantonale Croix-Rouge de BâleVille. J’ai aussi à mon actif diverses expériences aux niveaux
national et international: animation en 2009 du cortège
«Youth on the move» entre Solférino et Genève et participation pendant deux ans en tant que déléguée Jeunesse à
des conférences internationales de la Croix-Rouge. Le fait
d’unir mes efforts à ceux d’autres jeunes pour améliorer la
situation de publics démunis me motive. J’aime m’engager
pour des projets aux visées concrètes dont je peux influencer le cours et dans lesquels je peux m’investir. J’ai voulu rejoindre le Conseil de la Croix-Rouge (CCR) pour mettre mon
expérience multiple à la CRS au service des générations de
bénévoles futures et peser sur l’orientation stratégique de
la Croix-Rouge.
J’ai été élue au CCR lors de
la dernière Assemblée
Croix-Rouge. La jeunesse
est bien sûr la cause qui me
mobilisera le plus au sein
de cet organe. Je m’engage
pour la promotion des activités de jeunesse et l’amélioration des conditions
d’exercice du bénévolat. Je
veillerai notamment à ce
que la jeunesse continue
d’être perçue à la CRS
comme un groupe cible
spécifique. La participation
des jeunes aux processus
décisionnels est un autre
enjeu de mon action. Il m’importe que nous ayons nous
aussi notre mot à dire et que la CRS puisse s’enrichir de nos
expériences. Je me réjouis aussi de pouvoir faire valoir mon
point de vue de jeune et de contribuer à la réflexion sur les
voies que doit privilégier la Croix-Rouge pour s’adapter aux
mutations de la société. Je suis convaincue que nous avons
énormément à apprendre les uns des autres à l’échelle de la
CRS, d’où l’importance d’intensifier les échanges entre les
différentes organisations membres et avec d’autres Sociétés nationales. Il me tient à cœur de rester proche de vous,
les bénévoles, et de prendre la mesure de vos aspirations et
de vos besoins, afin que ma parole au sein du CCR fasse
écho à vos préoccupations.
Souhaites-tu contacter Danielle? Dans ce cas,
écris à [email protected]
READY #3 /2013
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125 ANS ASS
UNE GRANDE FÊTE POUR
JEUNES ET MOINS JEUNES
Quelque 1100 samar itains ont fêté l’anniversaire de leur
organisation lors du week-end de la Pentecôte. Pour
la première fois, les joutes samar itaines et le traditionnel
camp Help ont eu lieu en même temps. Ready revient
sur les moments f orts du programme.
PA R R E B E CC A B A N N W A R T, S T E L L A N Ü S S L I , J U L I A Z U R F L U H
Quiz Croix-Rouge
Qui a été le plus rapide pour
traverser le terrain de jeu
Croix-Rouge? Les connaissances sur le Mouvement ne
suffisaient pas, il fallait aussi
avoir de la chance aux dés. Le
jeu a été animé par six
bénévoles des organisations
de jeunesse de la CRS.
Les cadeaux Croix-Rouge
Sur un stand, nous avons présenté la
Croix-Rouge suisse et distribué des
cadeaux. Nous avions apporté 1000
capes de pluie et 400 sacs à dos. Les
imperméables ont eu un franc succès
auprès des samaritains, et il n’a pas fallu
attendre longtemps pour voir de
nombreux petits bonshommes rouges
envahir le terrain. Essayez de deviner
combien de capes nous avons dû
ramener à Berne!
READY #3 /2013
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125 ANS ASS
Un logo samaritain humain
Les cieux ont été cléments. Juste au
moment où les participants devaient
former un logo samaritain humain, les
nuages se sont dissipés et ont fait
apparaître quelques rayons de soleil
pour que tous puissent admirer le
résultat. Cela valait le coup d’attendre,
même dans la boue!
Les joutes samaritaines
Il s’agissait de rallier cinq postes en
surmontant des tâches épineuses
théoriques et pratiques. 138 sections de
samaritains, dont 31 groupes Help,
ont relevé le défi. Le groupe Help de
Muolen est sorti vainqueur, devançant
d’un point celui de Zoug et de deux
points celui de Tschiertschen.
Les Samy-Games
Ce grand jeu confrontait quatre groupes composés au hasard
dans différentes disciplines. Au programme par exemple,
un «jeu du loup sanitaire» ou la mise en position latérale de
sécurité par une troupe de samaritains d’une personne
ayant perdu connaissance. Pour clore en beauté les SamyGames, tous ont formé un grand cercle pour entamer
une longue «ola».
Lancer de corde sur skateboard
Le rallye de la Société Suisse de Sauvetage a consisté en un
lancer de cordes de sauvetage sur la terre ferme. Deux duos
s’affrontaient à chaque fois. Tandis que l’un lançait la corde,
l’autre devait l’attraper et tirer, assis sur un waveboard. Pas si
simple, puisque la planche ne disposait que de deux roues, ce
qui garantissait sa grande instabilité. Un jeu qui a mis au défi
jeunes et moins jeunes d’une façon amusante.
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COMMUNITY
BIEN INTÉGRÉ
GRÂCE AUX
SAMARITAINS
La section de samar itains de Bienne-Romande est un modèle
de diversité. Des samar itaines et samar itains issus de la migration
racontent par quels chemins ils y sont arr ivés et comment
leur appartenance à la section a contr ibué à leur intégration.
PA R K U R T V E N N E R
W W W. S A M A R I TA I N S . C H → J E U N E S S E
Annamaria Giuffrida a des racines argentines. Sa vie en Suisse a commencé en
1963: «Mon père est Suisse. Il émigra en
Argentine en 1929. Quand je suis arrivée
ici, c’est ma tante qui m’a aidée à trouver
mon chemin. J’avais 18 ans et j’habitais
avec elle dans un petit village du Jura.
Elle trouvait qu’il fallait que j’entreprenne quelque chose pour me familiariser avec la société suisse. En 1967, j’ai suivi un cours de samaritain, puis je suis entrée dans la section.» Nous lui avons
demandé si elle pensait avoir pu s’intégrer plus rapidement et mieux grâce à
son appartenance aux samaritains. Sans
hésiter Annamaria nous a répondu: «Certainement, c’était tout simplement génial. Je pouvais participer aux services sanitaires, j’ai fait la connaissance d’un tas
de gens et ai rapidement pu surmonter
ma réserve et ma timidité.» Plus tard, elle
a épousé le menuisier Giuseppe Giuffrida, originaire d’Italie, qui était déjà à
l’époque membre de la section de
Bienne-Romande. Cela fait trente ans
que tous deux font partie de la section et
leur enthousiasme n’a pas pris une ride.
«Les services sanitaires sont ce qu’il y a
de plus important, explique Annamaria,
on rencontre beaucoup de gens, ont est
utile et on peut déployer son savoir-faire
de secouriste.»
Heureux en Suisse
Ludovic Filippo Petrillo, maçon de formation, est arrivé en Suisse au cours des années 1950. Il avait fait le voyage depuis
l’Italie pour trouver du travail. A la question de savoir comment c’était à l’époque
et comment il avait pu s’intégrer, il ré-
Annamaria Giuffrida et son mari Giuseppe ont rencontré énormément
de personnes dans la section des samaritains.
READY #3 /2013
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COMMUNITY
Pour le président de la section des samaritains de Bienne, Stephan
Guggisberg, les secondos sont une chance.
pond, pensif: «C’était très rude, d’abord à
la frontière, puis en Suisse. A l’époque,
nous les ouvriers italiens n’étions pas
bien traités. Tous ceux qui venaient d’Italie ou du Portugal avaient la vie dure.»
Aujourd’hui, il est accepté et heureux en
Suisse, travaille comme masseur sportif
et fait partie des samaritains depuis plus
de trente ans. Lui aussi a rencontré beaucoup de gens grâce aux samaritains, ce
qui a facilité son acclimatation.
Cela peut porter des fruits
Stephan Guggisberg, président de la section de Bienne-Romande, estime quant à
lui que les secondos sont une chance. «Je
suis toujours heureux de voir avec quel
enthousiasme les samaritains participent. Plus d’un tiers des membres vient
régulièrement aux exercices, c’est ainsi
qu’ils gagnent en assurance.» Le rêve de
Stephan Guggisberg est de fonder un
groupe Help. La section de Bienne-Romande participe à la phase pilote du projet Diverso (voir encadré). «Cette année,
nous voulons travailler avec Multimondo
Bienne, une institution en faveur de l’intégration (www.multimondo.ch) soutenue par la CRS. Notre section réalisera
des exercices ou d’autres formations
dans les locaux de l’organisation. Nous
pourrons présenter les samaritains aux
personnes qui fréquentent le centre et
nous ouvrir aux migrants. L’idée est de
garder la porte ouverte pendant les exercices, ainsi les personnes intéressées verront ce que nous faisons et pourront poser des questions. C’est comme cela que
nous envisageons l’intégration, j’espère
que cela portera ses fruits.» Et le bouillant
président répète de souligner: «Nous
sommes ouverts aux autres. Les membres
de la section feront la connaissance de
personnes provenant d’autres cultures,
ce qui permettra de corriger les idées reçues et de surmonter les préjugés. Il ne
faut jamais oublier qu’en matière de premiers secours, nous sommes tous logés à
exactement la même enseigne.» •
VERS LA DIVERSITÉ DANS LES
S E C T I O N S D E S A M A R I TA I N S
Le projet Diverso vise à promouvoir la
diversité culturelle parmi les samaritains.
L’idée est de faciliter l’accès des migrants aux
sections et de les interpeller davantage à
travers les offres de celles-ci. Diverses
mesures ont été imaginées à cet effet. Ainsi,
le matériel publicitaire et les documents de
cours seront adaptés aux personnes d’origines
diverses. Quant aux messages publicitaires,
ils seront diffusés en plusieurs langues. Pour
leur part, les samaritains apprennent en cours
à interagir avec ce groupe cible particulier. Le
projet Diverso de l’Alliance suisse des
samaritains (ASS) et du département Santé et
intégration de la CRS a démarré en 2012. La
phase pilote, à laquelle participent les
sections de samaritains de Bienne-Romande,
de Wädenswil et de Zurich, se terminera fin
2013, à la suite de quoi les expériences
recueillies seront communiquées aux autres
sections.
WWW.SAMARITAINS.CH
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COMMUNITY
UN ROGER PEUT EN
CACHER UN AUTRE
Roger von der Crone et Roger Beuret assurent la sécur ité sur
la plage «Ufschötti» de Lucer ne. Tous deux nageurs sauveteurs, ils
surveillent la baignade en tant que bénévoles. L’un est jeune,
l’autre un peu moins. Comment se passe la collaboration entre eux?
Ready a posé la question.
VON JULIA ZURFLUH*
W W W. S S S - J E U N E S S E . C H
On rencontre Roger et Roger près du drapeau de la Société Suisse de Sauvetage
(SSS). Les deux bénévoles de la SSS, section de Lucerne, sont installés sur une
chaise haute avec vue sur les 200 mètres
de la plage «Ufschötti» de Lucerne. La
ville les a mandatés, avec d’autres bénévoles, pour surveiller la baignade.
Roger Beuret: J’ai eu quelques coupures ou
dangereux de tenter un
piqûres d’insecte à soigner, mais rien de
sauvetage seul. Imagine
grave. Nous sommes équipés d’une petite
que tu coures un danger,
pharmacie pour ces cas.
que se passerait il alors?
C’est pourquoi on est
Vous êtes bien visibles sur votre
toujours deux à
chaise surélevée. Les gens viennent-
surveiller la plage.
ils vous poser des questions?
Lorsque je prépare les
horaires, je fais toujours
«Ready»: Roger von der Crone,
Roger von der Crone: Il arrive que des
attention à ce qu’un sauveteur peu expéri-
quelles sont vos tâches en tant que
touristes nous posent des questions sur ce
menté fasse équipe avec un vieux routier.
maîtres nageurs?
qu’il y a à voir dans la région. Nous faisons
C’est bon pour la transmission du savoir et
aussi office du tourisme (il rit)! Parfois, des
des expériences, mais aussi pour l’intégration
Roger von der Crone: Nous surveillons les
mères et leurs enfants viennent tout excités
dans l’association.
baigneurs et réagissons en cas de problème. Nos
vers nous pour nous demander de sauver un
tâches sont avant tout préventives. Cette année,
canard blessé! Le sauvetage animal ne fait
La relève des nageurs sauveteurs est
j’ai dû sortir particulièrement souvent avec ma
pas encore partie de notre formation. Nous
ainsi très rapidement sur le terrain?
planche de sauvetage pour aller dire à des
laissons cette tâche à la police ou au service
plaisanciers amateurs qu’ils n’avaient pas le droit
de sécurité local (il rit à nouveau). Nous
Roger Beuret: Oui, exactement. Dès l’âge de
de naviguer dans la zone de natation délimitée
sommes très appréciés. Beaucoup de gens
16 ans, les jeunes peuvent intervenir sur la
par les bouées. Cela pourrait mettre les nageurs
viennent nous dire à quel point ils trouvent
plage, pour autant bien sûr qu’ils aient suivi
en danger. Heureusement cette année, nous
notre engagement super.
tous les cours nécessaires. Je leur recom-
n’avons pas connu d’incident majeur …
mande de commencer même plus tôt, par les
Roger Beuret, c’est toi qui coordonnes la
services de sauvetage: ce sont les engage-
Avez-vous déjà dû sauver des
surveillance de la plage. A quoi veilles-tu
ments où nous surveillons le plan d’eau lors
baigneurs de la noyade?
lorsque tu constitues tes équipes?
de manifestations telles que régates d’aviron
ou traversées de lac. Là, les titulaires du
Les deux Roger d’une seule voix: Ouf non!
Roger Beuret: Chez nous à la SSS, la devise
brevet «jeune sauveteur» peuvent déjà
Heureusement pas!
est: «une personne, c’est personne.» Il est très
participer. Ce brevet peut être passé dès l’âge
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COMMUNITY
Roger von der Crone (droite) et Roger Beuret (gauche)
sont bénévoles au poste de sauvetage «Ufschötti».
L E S 7 5 A N S D E L A S S S LU C E R N E
de 10 ans. Nous veillons à intégrer la relève
savoir comment une personne fonctionne
très tôt et dans toutes les activités.
dans une équipe pour évaluer la manière dont
elle réagira en situation d’urgence. Ensuite, il
Ainsi, la majorité des surveillants
a testé mes connaissances techniques. Il
de plage commencent dans le cadre
voulait par exemple savoir comment je
d’un service de sauvetage. Vous
réagirais si un des bateaux chavirait. Il m’a
souvenez-vous de votre premier
parlé de son expérience et m’a donné plein de
engagement de ce type?
conseils. J’ai appris un nombre incroyable de
choses ce jour-là. Après les services, les
Roger Beuret: Oh oui! C’était littéralement un
sauveteurs restent souvent un moment
plongeon dans l’eau glacée! On m’avait
ensemble à discuter et les jeunes sont
engagé lors d’un concours de canoë dans le
naturellement intégrés. L’aspect social est
Muotatal, où le courant est extrêmement
très important pour nous.
puissant. Mieux valait avoir de bons muscles!
La plus ancienne section de la Société Suisse
de Sauvetage (SSS) – Lucerne – a fêté ses 75
ans par de nombreuses manifestations. Elle a
par exemple organisé les championnats
suisses Jeunesse (voir communiqué) et ceux
des nageurs sauveteurs. Le 14 septembre, on
a même assisté à un record mondial: 75
nageuses sauveteuses et nageurs sauveteurs
ont tiré le bateau à vapeur Gallia – un «poids
plume» de 330 tonnes! – sur une distance de
100 mètres. Clique sur www.slrgluzern75.ch
et tu trouveras des photos, des vidéos et des
informations sur cette année anniversaire.
WWW.SLRGLUZERN75.CH
Aujourd’hui, on ne confierait jamais un tel
Roger Beuret: C’est vrai! Ça doit être pour ça
poste à un sauveteur inexpérimenté.
que je suis resté accroché à la SSS depuis 34
ans (rires)! Nous tenons à ce que tous –
Roger von der Crone: Pour moi, l’intervention
jeunes et vieux – se sentent bien chez nous. A
a été un peu moins stressante. Lors d’une
la SSS, il règne une grande variété. Chacun est
régate d’aviron sur le Rotsee, j’ai été assigné
le bienvenu, avec ses spécificités et ses
caractéristiques. •
au service de sauvetage sur un bateau avec
un vieux briscard de la SSS. Ce nageur
sauveteur expérimenté a l’art de toujours se
trouver là où il se passe quelque chose! On
dirait qu’il attire les accidents (rires). Mais ce
jour-là, tout est resté calme, ce qui nous a
*J U L I A
laissé beaucoup de temps pour discuter. Il a
commencé par me poser des tas de questions
A T R O U V É U N N O U V E A U S P OT D E B A I G N A D E
SUPER – ET SÛR EN PLUS!
sur moi. C’est vrai qu’il est important de
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— 30 —
COMMUNITY
UNE AMITIÉ QUI SORT
DE L’ORDINAIRE
Le projet d’accompagnement de personnes handicapées conduit par
la Croix-Rouge Jeunesse (CRJ) de Bâle réunit des bénévoles,
comme Gina Lee, et des handicapés physiques, comme Marco. Il s’agit,
par des rencontres régulières, de soutenir l’intégration de
ces personnes, qui jouissent généralement de peu de considération au
quotidien.
PA R A N J A S TA D E L M A N N *
W W W. S R K- B A S E L . C H → A K T I V I TÄT E N → J U G E N D R OT K R E U Z
Gina Lee peut, grâce à son activité bénévole,
avoir une vision du métier qu’elle veut faire
plus tard: pédagogue sociale.
«Comment tu vas?» C’est plus ou moins
par ces mots que débutent toujours les
moments passés ensemble. «Je suis désolée de n’avoir pas pu venir au zoo avec toi
samedi», s’excuse Gina Lee. «Pas de problème», répond Marco, qui est très
souple. De temps en temps, l’un ou
l’autre propose une activité qui, au moins
une fois par mois, convient aux deux. Ils
sont déjà allés au cinéma et dans une discothèque réservée aux personnes atteintes de handicaps physiques ou mentaux (voir encadré). Leur première rencontre s’est déroulée en présence d’une
collaboratrice de la CRJ. Elles se sont rendues dans l’appartement que Marco occupe à Riehen depuis dix ans, et qui fait
partie d’un foyer proposant une assistance la journée. Si Marco peut cuisiner seul,
il délègue en revanche volontiers ménage et lessive…
Des liens par le football
C’est un ami du foyer qui l’a incité à se
rendre la première fois à la discothèque,
où il a entendu parler du projet d’accompagnement individuel. «Pourtant, je suis
plutôt timide», précise Marco en souriant. Mais l’idée l’a tout de même en-
READY #3 /2013
thousiasmé et, peu après, on lui a présenté une bénévole de la CRJ bâloise. Par
cette belle soirée, Marco et Gina Lee se
baladent le long de la promenade du
Rhin, bien fréquentée à cette heure, en
cherchant un endroit où s’installer. «Moi,
je peux m’asseoir partout!», plaisante
Marco. En raison d’une dystrophie musculaire, il est en effet tributaire d’un fauteuil roulant électrique. Ils repèrent enfin
un banc libre et, au milieu des pépiements d’oiseaux, Gina Lee raconte à Marco la fête du week-end précédent. Originaire d’Allemagne et âgée de 17 ans, elle
est en troisième année à l’école de
culture générale. Son bénévolat lui
donne une bonne idée de son futur métier: pédagogue sociale. Plus tard, elle envisage de travailler avec des jeunes, mais
a aussi du plaisir à se trouver en compagnie de gens plus âgés ou socialement
défavorisés – tout comme Marco aime
passer du temps avec des jeunes. «On
peut plaisanter, rigoler, discuter football
— 31 —
COMMUNITY
«Grâce à ce projet, je me sens plus intégré dans la société. » Une fois par mois, la
bénévoles de la CRJ Gina (droite) rencontre Marco (gauche), handicapé moteur.
ou faire des activités ensemble», souligne
ce fan du FC Bâle. Quand on a un handicap physique, c’est d’autant plus important de ne pas rester cloîtré chez soi.
«Dans la rue, on est souvent ignorés,
parce que les gens pensent qu’on a également un handicap mental. La plupart
détournent les yeux au lieu de nous
adresser la parole. Grâce à ce projet, je
me sens mieux intégré dans la société.»
«Je t’écris sur Whatsapp»
Depuis trois mois, Marco fait partie d’une
association de e-hockey qui vient de se
créer à Bâle. Pour jouer, il tient sa crosse
d’une main et pilote son fauteuil de
l’autre. Si, à 50 ans, il est nettement le senior de l’équipe, il est loin de faire de la figuration à l’entraînement hebdoma-
daire, même si le plus jeune n’a que 12
ans! «Il y a dix ans, quand je pouvais encore marcher, je faisais beaucoup de
sport. Aujourd’hui malheureusement,
ma limite se situe à une heure trente par
semaine. Marco fait en sorte de ne pas
s’ennuyer dans la vie. Il est employé la demi-journée dans une entreprise d’électronique, se rend de temps à autre au
parc ou reçoit ses collègues de travail
chez lui pour des grillades. Et pour
d’autres activités, il envoie un message à
Gina Lee par Whatsapp. «Cet été, je voulais t’inviter à une grillade», dit-il en écoutant couler le Rhin. Gina Lee sourit.
«Bonne idée. On peut aussi faire un pique-nique au parc!» En matière de sorties, ni l’un ni l’autre ne sont à court
d’idées. •
DANSER LE ROCK ENSEMBLE – UNE
D I S COT H È Q U E P O U R L E S P E R S O N N E S
AV E C O U S A N S H A N D I C A P
Plusieurs fois par année, la Croix-Rouge de
Bâle-Ville organise une discothèque pour les
personnes avec ou sans handicap. Environ
140 participants viennent à chaque fois au
centre de quartier de Bachletten pour danser
sur les rythmes de DJ Sunflower. Ce dernier
est de temps à autre assisté de personnes
handicapées qui ont suivi un cours de DJ. Les
bénévoles de la CRJ aident au bar ou
préparent des cocktails, des popcorns et des
hotdogs.
*A N J A
A É T É I M P R E S S I O N N É E PA R L’ I D É E D U E - H O C K E Y
E T A D M I R E L’ É N E R G I E Q U E M A R CO D É P LO I E À CÔT É D E
SON ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE.
READY #3 /2013
FO R
FREE
ES-TU
READY
«
FOR RED CROSS»?
OUI ! Je recevrai donc trois fois par année le magazine de la
Jeunesse. Nombre d’exemplaires:
NON ! Je n’aimerais plus recevoir «Ready for Red Cross».
Rayez-moi s.v.p. de votre liste d’adresse.
J’ai déménagé. Envoyez-moi s.v.p. le «Ready for Red Cross»
dès maintenant à ma nouvelle adresse.
Nom:
Prénom:
Rue:
Bulletin à remplir, couper et envoyer à:
Croix-Rouge suisse, Centre de compétences Jeunesse
Rainmattstrasse 10, Case postale, 3001 Berne
Ou alors commande un abonnement
auprès de [email protected]
NPA/Lieu: