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Actualité
Eh bien, j'ai eu fort peur de ne pouvoir vous offrir de critiques intéressantes ce mois-ci... Avec
la sortie du dernier Interpol qui traînait, un nouvel REM plus fade que jamais, deux ou trois , un
Libertines également assez insipide... qui plus est, rien d'assez mauvais que pour mériter un bon
démolissage en règle. Mais tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, nous voici
finalement avec un assez bonne fournée automnale. N'oubliez pas de nous faire part de vos
idées, contributions, conseils sur [email protected] !
Maxime Lambrecht
Interpol - Antics (US)
Rock ténébreux
Interpol nous présente (enfin!) en ce beau mois d'octobre son nouvel album,
Antics. Alors, quoi de neuf depuis Turn On The Bright Lights, premier opus
que d'aucuns avaient qualifié de meilleur album de l'année 2002 ? Disons le
tout de suite : nous n'avons pas affaire à une révolution. Mais ces ambiances
sombres, cette voix ténébreuse, unique, de Tom Banks, cette tristesse non pas
pleurnicharde mais froide, déterminée, qui ressort à chaque riff... tout ce qui
fait le style Interpol, on le retrouve dans cet album et on ne regrette finalement
pas que le groupe New-Yorkais ait décidé de persévérer dans cette voie qui leur va à merveille.
C'est de bonne augure pour l'avenir du groupe. Les morceaux sont généralement moins accrocheurs
et rhytmés que ce qu'on avait pu entendre précédemment (en fait je ne vois que Evil qui pourrait
prétendre sérieusement concurrencer des morceaux comme Obstacle 1 ou PDA). Vous l'aurez
compris, on n'atteint pas ici les sommets de Turn On The Bright Lights, mais on a malgré tout
affaire à un album de très bonne facture et que je vous recommande chaudement. g
Soulwax – Any Minute Now (B)
Electro
Ouaaay ! Je suis arrivé à caser un disque
dont le style musical ne contient pas le mot
rock ! Je suis vachement fier de moi. Bon,
bon, ce n'est pas si simple évidemment. Cet
album se trouve plutôt à la frontière de
différents genres. Les belges de Soulwax se
paient le luxe d'un album assez éclectique
finalement. Donc effectivement le disque est
à dominante électronique, mais ça tend
surtout vers la house (Compute), le rock
noisy (Any Minute Now), voire même
parfois la ballade (A Ballad To Forget).
Mais que nous donne ce méli-mélo me
direz-vous ? Eh bien un disque assez
prenant, qui surprend à chaque plage. Et le
comble, c'est que tout cela n'a rien
d'indigeste. On reconnaît la 'patte' du groupe
: un son un peu grossier, bourru (c'est le côté
noise rock),des synthés jamais kitsch, c'est
un peu ça Soulwax. En voilà qui ne risquent
pas de perdre leur titre largement acquis de
meilleurs représentants de l'électro belge. g
Blues Explosion - Damage (US)
Blues-Rock
Ceux qui étaient auparavant les
Jon Spencer Blues Explosion, et
qui ont récemment opté pour un
nom un peu plus simple (et visible
sur les étalages !) pondent
aujourd'hui ce Damage fort
intriguant a priori. On finit par vaguement cerner
la chose après quelques écoutes. On parlait de
diversité avec Soulwax... le disque de Blues
Explosion est également loin d'être monolithique.
On apprécie le contraste entre des titres plus funky
comme Spoiled et Crunchy (parmi les meilleurs de
l'album) et d'autres plus rock, comme Burn It Off.
Mais cette volonté de varier la production, abouti à
un album assez inégal. Pourtant, sur le papier, ça
présente bien, avec des collaborations de noms
assez prestigieux comme DJ Shadow, Chuck D ...
Mais en pratique, si le premier arrive à tirer son
épingle du jeu avec Fed Up And Low Down, le
second commet un Hot Gossip, pas vraiment
brillant. Rattling est également fort peu
intéressant. Du très bon, quelques déceptions,
voilà comment je résumerais la chose. g
Octobre 2004 - Le Marais
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Musique
Vieilleries
Use Your Illusion – Guns n'Roses
Formé à Los Angeles, les Guns N’ Roses furent les représentants d’un hard rock classique
dignement hérité de Led Zeppelin. Connus surtout pour certains de leurs morceaux quelque peu à la
limite du kitsch et pour les envolées grandiloquentes de la guitare de Slash ("Sweet Child O’ Mine",
"November Rain", "Don’t Cry"), leur oeuvre recèle néanmoins de créations qui, de nos jours, ont
tendance à être oubliées, voire même à être trop rapidement dédaignées. Ainsi, une brève
présentation de l’album qui reste à ce jour leur opus le plus abouti, à savoir Use Your Illusion
(1991), suffit pour constater le non-fondement des détracteurs actifs ou passifs de ce sextuor de hard
rock. Cet album, dont la couverture fut mise au point par l’artiste américain Mark Kostabi sur base
d’un détail de la fresque L’Ecole d’Athènes de Raphaël, a été publié en deux disques séparés, I & II.
S’ouvrant par une intro à la basse suivi instantanément d’une
batterie lourde et incisive ainsi que d’un riff à la guitare du
grand Slash ("Right Next Door To Hell") accompagné de la
voix d’un Axl Rose proche de Robert Plant de Led Zeppelin
mais avec quelques touches plus heavy, Use Your Illusion
démarre sur un rythme soutenu et excessif, présent durant tout
l’album, et qui pourra apparaître à certains endroits comme
héritier de lointaines résonances punk ("Perfect Crime") ou,
dans une moindre intensité, country ("You Ain’t The First").
Par ailleurs, comme tout bon groupe de hard rock, les Guns
ont pris le soin de produire quelques ballades sentimentales
("Don’t Cry) ou épiques ("November Rain") notamment pour
lesquelles ils obtinrent un succès mondial.
Néanmoins, ce n’est que sur le II que nous pouvons rencontrer leurs plus grands chefs-d’œuvre. Le
bijou "Civil War", inspiré, entre autres, des manifestations initiées lors de la mort de Martin Luther
King, dévoile tout le génie des musiciens qui y dénoncent l’absurdité de la guerre. Du reste, le piano
y est bien plus présent que sur le I, notamment sur "14 Years", "Breakdown", "Yesterdays" ou
encore sur "Estranged", un superbe morceau où se succèdent magnifiquement les différents passages
à la guitare et au piano. Le II possède également deux tubes à savoir la reprise réussie de "Knockin’
On Heaven’s Door" de Bob Dylan et le très heavy-metal "You Could Be Mine" composé pour la
bande originale du film Terminator II.
Use Your Illusion représente donc bien l’apogée musicale des Guns N’ Roses. Mais quelques
années plus tard, à la suite de tensions internes, le groupe est pratiquement démantelé. Depuis, Axl
Rose continue toutefois à enregistrer et à tourner en s’entourant d’autres musiciens toujours sous le
nom de Guns N’ Roses. Hélas, l’album Chinese Democracy qu’Axl et ses nouveaux acolytes nous
promettent depuis plus de quatre ans se fait attendre. Pour nos oreilles non rassasiées, il ne leur reste
dès lors plus qu’à s’orienter vers une stéréo diffusant ce fameux Use Your Illusion ou quelque autre
disque. g
Thomas Vermer
Septembre 2004 - Le Marais
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