Juin 2010 Bulletin n° 48

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Juin 2010 Bulletin n° 48
Juin 2010
Bulletin n° 48
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Siège social : 14, rue de l’Ecole 67310 Traenheim
 : 03-88-50-50-16
E-mail : [email protected]
Présidents d’honneur :
M. Gilbert SCHAAL, Président Fondateur ┼ M. Hubert DENNI ┼ Mlle Marie-France MAZIER ┼
Mme Fernande SCHAAL, Vice-Présidente d’honneur
CONSEIL D’ADMINISTRATION :
M. Gilbert GERHARD
PRESIDENT
14, rue de l’Ecole 67310 Traenheim - E-mail : [email protected]
 03-88-50-50-16
 09-60-40-91-61
M. Bernard FEUERSTOSS
VICE-PRESIDENT
TRESORIER-ADJOINT
16, rue des Bonnes Gens 67700 Saverne - E-mail : [email protected]
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 06-63-87-19-20
Mme Marie-Rose GERHARD
VICE-PRESIDENTE
14, rue de l’Ecole 67310 Traenheim - E-mail : [email protected]
 03-88-50-50-16
 09-60-40-91-61
Mme Elisabeth KAISER DESGIGOT
SECRETAIRE
27, quai des Alpes 67000 Stasbourg - E-mail : [email protected]
 03-88-61-22-94
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M. Johann MANSY
TRESORIER
62, route de Bischwiller 67300 Schiltigheim - E-mail : [email protected]
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Mlle Joëlle DESGIGOT
SECRETAIRE-ADJOINTE
18, rue de Genève 67000 Strasbourg - E-mail : [email protected]
 03-88-24-51-84
 06-71-12-32-50
Mme Brigitte DOUGADOS
ASSESSEUR
3, route de Soultz 68500 Guebwiller - E-mail : [email protected]
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ASSESSEUR
16, rue des Bonnes Gens 67700 Saverne - E-mail : [email protected]
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M. Jean-Marie OSWALD
ASSESSEUR
16, rue des Vignes Guising 57410 Bettviler
 03-87-09-80-93
 06-75-75-45-50
C.C.M. Westhoffen n° 10278 01462 00020139302 56
SOUFFLE D’AMITIÉ
_______________ SOMMAIRE ________________
SOMMAIRE
……………………………………………………………………………………………………………………………
1
ÉDITORIAL : ………………………………………………………………………………………………………………………
2
L’OXYGÉNOTHÉRAPIE DE LONGUE DURÉE : PR WEITZENBLUM ………………
3-7
ÉCHOS DE L’AMIRA …………………………………………………………………………………………………………
8
NOS SORTIES EN PHOTOS ……………………………………………………………………………………………
9
PLANTES ET MÉDICAMENTS : LA MÉSALLIANCE ? ………………………………………
10-16
MOTS CROISÉS N° 48 ……………………………………………………………………………………………………
17
TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LE CANCER DU POUMON …………………
18-23
COIN DES LECTEURS… COIN DES LECTURES…
BIENFAITS DE LA RESPIRATION ABDOMINALE …………………………………
24-25
LES FEMMES VICTIMES DE BPCO ………………………………………………………………
26
LE SYNDRÔME D’APNÉES HYPOPNÉES OBSTRUCTIVES DU SOMMEIL ……
27-29
ASTHME, OUVREZ VOS POUMONS ! …………………………………………………………………………
30-31
SOLUTION DES MOTS CROISÉS …………………………………………………………………………………
32
LES LEGUMES BULBES FORTIFIENT VOS ARTÈRES ………………………………………
33-34
PISSALADIÈRE – QUICHE AUX POIREAUX – PESTO D’AIL DES OURS
35
« LE NOUVEAU PORT » – poème de Joëlle REITENBACH-PEIFFER …
36
« A JEAN-CLAUDE, mon mari » : poème de Gabrielle STADLER …
BULLETIN N° 48
Dépôt Légal :
Juillet 2010
Rédaction :
Par les Membres de l’Association,
Rédaction et le Corps Médical.
le
Comité de
Directrice de rédaction : MME BRIGITTE DOUGADOS
Dactylographie et mise en page : Mmes B. DOUGADOS et M.R. GERHARD
Imprimé :
Par l’Imprimerie RIED - DRUCK D. KEHL GOLDSCHEUER
1
ÉDITORIAL
L’Assemblée Générale est l’occasion, une fois par an, de faire le
bilan des actions écoulées et des projets d’avenir. Le premier objectif
de nos prédécesseurs, il y a plus de 25 ans était de « briser l’isolement
des insuffisants respiratoires » ! Il n’a rien perdu de son actualité.
Certes, les outils techniques ont bien évolué (voir l’article cicontre du Professeur WEITZENBLUM) et offrent une plus grande autonomie
aux
insuffisants respiratoires, mais le regard des autres, quand on est trachéotomisé
ou « affublé » de lunettes à oxygène, n’est pas facile à supporter… en particulier pour
les femmes : il faut une certaine force de caractère pour oser se montrer. C’est là que les
rencontres entre personnes « du même bord » peuvent faciliter un nouveau départ. Dans ce
but, nous avons mis de nombreuses sorties au programme.
Hélas, certains de nos membres sont trop malades pour se déplacer… Pour eux tout
particulièrement, nous avons organisé l’opération « Chocolats de Noël ». A cette occasion,
nous avons sillonné toute l’Alsace et découvert des situations parfois dramatiques ! Notre
bulletin « SOUFFLE D’AMITIE », désormais en couleur, complété par l’« AMIRA
EXPRESS », maintient également le lien entre les membres.
De plus, nous avons pris l’habitude, depuis un an, de leur passer un coup de fil, le jour
de leur anniversaire. Par ailleurs, nous venons de lister les personnes qui désirent un contact
téléphonique plus régulier, ainsi que celles qui se réjouiraient d’une petite visite. Nous
sommes en train de mettre en place un moyen de satisfaire ces demandes.
L’autre objectif, c’est d’informer les malades. A ce propos notre bulletin, le
« SOUFFLE D’AMITIE », s’efforce de les tenir au courant dans le domaine médical, légal,
les appareillages… Un complément d’informations leur est fourni par « LA VOIX DES
AIR », le bulletin de la FFAAIR.
Nous essaierons aussi de compléter l’information par des conférences de spécialistes,
ou des opérations « Portes Ouvertes » chez les prestataires. Et, moyen d’information quasi
indispensable à notre époque : un site Internet est en préparation !
Un des nouveaux objectifs de l’AMIRA, c’est de faire de la prévention auprès du
grand public. Si l’apnée du sommeil est de mieux en mieux connue, la BPCO reste quasiment
ignorée. Or, plus une BPCO est dépistée à temps, plus le malade, s’il se prend en charge de
manière adéquate, a de chances de ralentir la spirale infernale du déconditionnement (Voir le
témoignage, dans ce bulletin, d’un de nos membres atteint de la maladie). C’est la raison pour
laquelle nous avons procédé à des « Mesures du Souffle » dans les grandes surfaces, afin
d’inviter les personnes, dont le débit respiratoire est insuffisant, à consulter un pneumologue.
Un autre objectif encore, c’est d’inciter nos membres insuffisants respiratoires à faire
du réentraînement. Les bienfaits de pratiques sportives adaptées ne sont plus à démontrer.
Certains pneumologues encouragent leurs patients à se prendre en charge dans ce domaine,
mais il faut bien reconnaître que dans notre région, les centres de réhabilitation respiratoire ne
sont pas légion. L’association « L’AIR DE RIEN » vient de se créer, il y a un an. Elle offre ce
service, mais manque cruellement de moyens financiers. Aussi, l’AMIRA va-t-elle s’engager
à ses côtés, en prenant en charge une partie du coût de ces séances pour nos membres
demandeurs. Mais dans ce but, il faut trouver des subventions : c’est pourquoi nous
démarchons des annonceurs, des partenaires, des organismes capables de nous épauler. Le
travail dans ce domaine ne manque pas !
2
Nous remercions M. Brayé, notre ex-trésorier, de nous avoir laissé une situation
financière saine. Notre reconnaissance va également à son épouse et à Mme Baysang pour
leur investissement durant la période passée au sein de notre équipe.
L’oxygénothérapie de longue durée dans
l’insuffisance respiratoire chronique
Professeur Emmanuel WEITZENBLUM,
Service de Pneumologie, CHU de Strasbourg.
L’oxygénothérapie de longue durée (OLD) est l’un des
traitements majeurs de l’insuffisance respiratoire chronique, laquelle est définie par une
hypoxémie chronique, c’est-à-dire une chute de la PaO2 (pression partielle en oxygène dans
le sang artériel) qui traduit une insuffisance de l’oxygénation au niveau pulmonaire.
L’OLD est un traitement relativement récent puisqu’en France elle ne s’est développée
réellement qu’à la fin des années 1980. Elle a bénéficié des progrès technologiques de ces 20
dernières années (concentrateurs, oxygène liquide) et de la prise en charge par la collectivité
(Caisses de Maladie) de ce traitement coûteux. Après un rappel historique, qui me paraît
nécessaire, je développerai les principaux aspects de l’OLD : résultats, indications, différentes
sources d’oxygène, modalités pratiques du traitement, observance.
Rappel historique
L’oxygène (O2) est un gaz médical connu de très longue date. On peut dire qu’avant
1950-1960 il n’était utilisé pratiquement qu’en milieu hospitalier et lors d’épisodes
d’aggravation de l’insuffisance respiratoire. Il était utilisé à des forts débits et il est important
de souligner qu’à cette époque on ne disposait pas en routine de la mesure des gaz du sang
artériel ni de l’oxymétrie transcutanée qui nous paraissent tellement naturelles aujourd’hui.
La mise au point de la mesure des gaz du sang artériel dans les années 1950-1960 et
les progrès technologiques dans la mise à disposition de l’oxygène ont permis de mieux
codifier l’utilisation de l’O2 médical en milieu hospitalier, mais l’O2 n’était pas utilisé au
long cours au domicile des patients, essentiellement parce que l’on redoutait ses effets
dépresseurs sur les centres respiratoires d’où possibilité d’aggravation importante de
l’hypercapnie (taux de CO2 dans le sang artériel) et d’apparition d’une « carbonarcose ». En
fait, on s’est rendu compte dans les années 1960 que l’oxygène utilisé à des débits modérés
(de l’ordre de 2-3 litres/min) chez des patients en état stable (c’est-à-dire en dehors d’une
« exacerbation » de l’insuffisance respiratoire) n’aggravait pas l’hypercapnie et était bien
toléré par les patients.
Les premières études sur les effets de l’O2 administré en continu à des insuffisants
respiratoires sévères traités à domicile ont été réalisées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne
et publiées à la fin des années 1960. Elles ont suscité le développement de l’OLD, mais il faut
souligner que le nombre de patients inclus dans ces études était limité et que la durée de
l’étude n’était généralement que de quelques mois. Dix ans plus tard, deux études majeures
réalisées à nouveau aux Etats-Unis (NOTT) et en Grande-Bretagne (MRC), publiées en 1980
et 1981, ont porté sur des effectifs de patients beaucoup plus importants et sur une période de
suivi de quelques années. Les résultats étaient très encourageants puisque l’OLD améliorait
significativement l’espérance de vie par rapport aux patients non traités. Ces deux études
fondamentales marquent réellement le début de l’ère moderne de l’OLD.
En France l’OLD à domicile a été initiée par Pierre LEVI-VALENSI à Amiens dès
1970. Il disposait de l’O2 liquide. L’auteur de ces lignes a débuté l’O2 à domicile en Alsace
en 1976, avec de l’oxygène gazeux, mis à disposition par les pharmaciens qu’il tient à
3
remercier pour leur coopération, et avec l’appui des Caisses Primaires de Sécurité Sociale.
Les premiers concentrateurs d’O2 sont apparus en France dans les années 1980 et l’O2 liquide
n’a été disponible sur une large échelle qu’à partir de 1990.
Le système associatif de l’ANTADIR date de 1981. C’est à cette époque qu’ont été
mis au point les premiers protocoles de prise en charge de l’OLD par l’Assurance Maladie.
L’ANTADIR a eu un certain temps le monopole de la prise en charge de l’OLD à domicile,
mais ce n’est plus le cas depuis longtemps et de nombreux prestataires sont présents sur le
« marché », offrant les mêmes services que le système associatif.
La simplicité de la mise à disposition de l’O2 de nos jours ne doit donc pas faire
oublier que l’OLD a une « histoire » et qu’il y a 40 ans elle n’était pas disponible en France. Il
ne faut pas oublier non plus que seuls les pays développés ont un accès réel à l’OLD.
Effets bénéfiques de l’OLD
Si l’OLD a pris un tel essor à partir de 1980, c’est parce que les études NOTT et MRC,
signalées ci-dessus, et publiées en 1980 et 1981 dans de grands journaux médicaux, ont
montré clairement que l’OLD améliore de façon indiscutable et statistiquement significative
la survie des patients BPCO franchement hypoxémiques. Rappelons que le terme de BPCO
englobe la bronchite chronique obstructive, l’emphysème pulmonaire et leur association. La
BPCO est documentée par les résultats des EFR. L’hypoxémie est démontrée par la mesure
des gaz du sang artériel. On parle d’hypoxémie lorsque la PaO2 (pression partielle d’oxygène
dans le sang artériel mesurée par ponction artérielle) est inférieure à 70mmHg. Les malades
inclus dans les études NOTT et MRC avaient tous une hypoxémie importante avec une PaO2
inférieure à 55-60mmHg. Les résultats favorables de l’OLD ne s’appliquent qu’à ce type de
patients. Tous les insuffisants respiratoires et tous les patients BPCO ne relèvent donc pas
d’une OLD : elle n’est prescrite qu’à des patients franchement hypoxémiques. Une étude
relativement récente a d’ailleurs montré que l’OLD n’améliorait pas l’espérance de vie de
patients BPCO dont l’hypoxémie n’est pas sévère (PaO2 supérieure à 60mmHg) comparés à
des patients ayant le même degré d’hypoxémie mais ne recevant pas d’O2 à domicile.
Les effets bénéfiques de l’OLD en dehors de l’amélioration de l’espérance de vie, qui
représente bien sûr l’élément le plus positif, sont :
-
L’amélioration de la qualité de vie, ce qui inclut l’activité, les possibilités de marche et
de déplacement, la vie sociale, la vie sexuelle etc.
-
L’amélioration des troubles neuropsychologiques parfois rencontrés (troubles de la
mémoire et des fonctions cognitives).
-
L’amélioration de l’hypertension pulmonaire qui est une conséquence de l’hypoxémie
prolongée et qui peut aboutir, en l’absence d’OLD, à une insuffisance de la partie
droite du cœur, dénommée insuffisance cardiaque droite.
-
L’amélioration du transport de l’oxygène vers les tissus périphériques (cerveau,
muscles, reins, muscle cardiaque etc.).
Indications de l’OLD
-
4
Les insuffisances respiratoires liées à une BPCO ; ce sont de loin les plus fréquentes.
La stabilité d’une hypoxémie importante (PaO2 inférieure à 60mmHg) doit être
vérifiée par 2 mesures des gaz du sang artériel séparées par au moins un mois ; ces
contrôles doivent être effectués en dehors de toute exacerbation de la maladie (épisode
infectieux bronchique ou pulmonaire par exemple).
-
Par extension on prescrit l’OLD dans d’autres affections respiratoires chroniques
conduisant à l’insuffisance respiratoire, avec les mêmes critères que pour la BPCO
(PaO2 inférieure à 60mmHg de façon persistante). Ces affections sont :
o La fibrose pulmonaire diffuse et les pathologies qui s’en rapprochent,
o Certaines scolioses et cyphoscolioses,
o La mucoviscidose, affection grave à transmission héréditaire, première cause
d’insuffisance respiratoire chez les sujets de moins de 35 ans. L’OLD permet
de retarder le recours à la transplantation pulmonaire, seul traitement efficace à
l’heure actuelle.
o Le syndrome obésité-hypoventilation, qui est une insuffisance respiratoire
rencontrée chez certains grands obèses. L’OLD est souvent associée à une
ventilation non invasive nocturne.
Cette petite liste est loin d’être exhaustive. Dans toutes ces affections les
résultats de l’OLD sont globalement moins bons que dans la BPCO.
A côté des indications ci-dessus qui font l’objet d’un consensus et de
recommandations officielles des Sociétés Scientifiques, certaines indications de l’OLD sont
discutées et ne font pas l’objet d’un accord unanime :
-
Faut-il traiter par oxygénothérapie limitée à l’exercice les patients (généralement
BPCO) dont l’hypoxémie est absente ou modérée au repos mais apparaît nettement au
cours des efforts ? Les Caisses d’Assurance Maladie prennent en compte cette
indication et remboursent l’OLD.
-
Faut-il traiter par oxygénothérapie nocturne les malades (généralement BPCO) dont
l’hypoxémie ne devient franche qu’au cours du sommeil ? Nous manquons d’études
démonstratives dans ce domaine et on préconise actuellement de ne pas prescrire
d’OLD purement nocturne à ces patients.
Les trois sources d’oxygène actuellement disponibles
Ce sont les concentrateurs (ou extracteurs) d’O2, l’O2 gazeux et l’O2 liquide. Leurs
avantages et leurs inconvénients respectifs apparaissent sur les 3 tableaux ci-joints. L’oxygène
gazeux n’est plus guère utilisé en France, sauf pour la déambulation (bouteilles d’O2
portables qui ont l’inconvénient d’être relativement lourdes). En pratique l’OLD est assurée
soit par des concentrateurs qui ont l’avantage d’être mobiles et de pouvoir être déplacés dans
l’appartement, mais qui ont l’inconvénient de ne pouvoir permettre une oxygénothérapie de
déambulation ; soit par l’O2 liquide qui est la source d’O2 recommandée pour les patients qui
se déplacent souvent en dehors de leur domicile. Des concentrateurs portables, de petite taille,
sont disponibles, mais leur coût est élevé.
Les débits d’O2 varient généralement de 1,5 à 3 litres/min, mais ils peuvent être plus
faibles, par exemple dans les insuffisances respiratoires dites restrictives (cas de la
cyphoscoliose) ou plus élevés dans des insuffisances respiratoires avec hypoxémie sévère. Le
débit d’O2 est déterminé en fonction de mesures précises de la PaO2 (gaz du sang artériel) ou
de la saturation en O2 (oxymétrie de pouls) faites sous O2. Le débit d’O2 doit être
systématiquement augmenté, d’au moins 1 litre/minute lors de la déambulation et des efforts.
Durée quotidienne de l’OLD. Observance du traitement.
Les études de références mentionnées ci-dessus, qui ont suscité le développement de
l’OLD, ont porté sur des patients BPCO recevant de l’O2 pendant au moins 15 à 16H/24H.
5
On sait que les résultats de l’OLD sont d’autant meilleurs que la durée d’administration
quotidienne est plus élevée. L’idéal est de prendre l’O2 pendant 24H/24H, mais ce n’est pas
facile à concilier avec la poursuite de certaines activités, le souhait de quitter son appartement
etc… De ce point de vue l’O2 liquide a permis des progrès très substantiels puisqu’il permet
l’oxygénothérapie de déambulation.
En pratique on conseille au médecin (le plus souvent des pneumologues) de prescrire
18H d’OLD/jour et l’on proscrit les interruptions longues de plus de 3H/jour : elles peuvent
avoir des effets défavorables sur l’oxygénation de certains organes et sur l’hypertension
pulmonaire présente chez certains patients.
Comme pour tout traitement, médicamenteux ou autre, l’observance de l’OLD est très
variable d’un patient à l’autre et elle est parfois médiocre. La période d’initiation du
traitement est particulièrement critique à cet égard. Des études ont montré qu’en moyenne la
durée du traitement quotidien est inférieure de 2-3H à la durée prescrite. Or la durée
quotidienne de l’OLD est un élément capital. Comment améliorer l’observance du
traitement ?
-
D’abord en augmentant la durée de l’OLD prescrite (18H/jour et plus si possible)
puisqu’il est démontré que le meilleur critère prédictif de la durée de l’OLD effective
est la durée prescrite. Il ne faut pas prescrire 12H/jour, ni même 15H/jour sauf cas
particuliers, mais plus de 16H, et mieux, plus de 18H/jour.
-
Il faut assurer aux patients qui le souhaitent la possibilité d’oxygénothérapie lors des
activités, des courses, de la marche, des voyages. C’est aujourd’hui possible grâce au
développement considérable de l’O2 portable liquide.
-
Enfin, et surtout, et cet aspect est trop souvent négligé, il faut fournir au patient une
information suffisante sur l’OLD, ses objectifs, ses modalités, ses résultats etc. Il est
utile d’organiser des réunions d’information, de mettre sur pied des programmes
d’enseignement même si cela représente une lourde charge, de distribuer des
brochures etc.
-
Il est par ailleurs capital de suivre de façon très régulière ces patients et ce suivi multidisciplinaire inclut le médecin généraliste, le pneumologue, des soignants, des
kinésithérapeutes etc.
Si des avancées sont réalisées dans les domaines énumérés ci-dessus, on peut espérer
que les effets favorables de l’OLD sur l’espérance et la qualité de vie vont encore
progresser, notamment chez les patients BPCO, au cours des années à venir.
Tableau 1 : Avantages et inconvénients des 3 principales sources d’oxygène
AVANTAGES
Oxygène gazeux
-
-
Permet d’obtenir les
débits les plus élevés
Peut être utilisé pour
la déambulation (petits
cylindres d’O2
portables)
Facile à obtenir
INCONVENIENTS
-
6
La quantité d’oxygène
disponible est limitée
Les cylindres sont lourds et
assez volumineux
Risque d’explosion
La maintenance doit être très
stricte
Le coût est relativement élevé
Tableau 2 : Avantages et inconvénients des 3 principales sources d’oxygène
AVANTAGES
Concentrateur
INCONVENIENTS
Pas de limitation du volume
d’O2 fourni
Possibilité de débits élevés
(association de 2
concentrateurs)
Maintenance relativement
simple
Coût relativement modeste
Facile à obtenir (en tout cas
dans les pays développés)
-
-
-
-
FiO2 < 100%, en
particulier en cas de
débits élevés
Ne permet pas
d’oxygénothérapie de
déambulation
Tableau 3 : Avantages et inconvénients des 3 principales sources d’oxygène
Oxygène liquide
-
La quantité d’oxygène
disponible est
importante
Permet d’obtenir des
débits modérés à élevés
C’est le système le plus
pratique pour la
déambulation (O2
liquide portable)
-
-
Risque de brûlure
thermique
N’est disponible qu’à
proximité d’agglomérations
importantes,
La maintenance doit être
stricte
C’est de loin le système le
plus cher
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7
ECHOS DE L’AMIRA
8
ECHOS DE L’AMIRA
•
14 décembre 2009 : Visite à l’hôpital de Saales. Mais deux personnes seulement étaient au
rendez-vous, la plupart des malades n’ayant pas eu accès à l’information. Il faudra donc revoir
l’annonce de ce type d’opération. Nous y retournerons au printemps.
•
16 décembre 2009 : assemblée générale de l’ADIRAL sous la présidence du professeur
Sauder. Le directeur, M. Hagenbach, a présenté le budget prévisionnel 2010. Nous avons pu
visiter, ensuite, les nouveaux locaux de l’ADIRAL, qui dispose désormais de son propre
réservoir d’oxygène liquide.
•
Opération « Tournée du Père Noël » : durant toute la période des fêtes, les membres du
Conseil d’Administration et quelques amis de l’AMIRA ont sillonné les routes d’Alsace pour
distribuer les boîtes de chocolats, et prendre contact avec les membres de l’association.
•
16 janvier 2010 : Bilan de l’opération « Tournée du Père Noël »
•
22 janvier 2010 : rencontre avec M. Schaeffer, Président du Théâtre Alsacien de Saverne, qui
se propose, au nom du CA, de nous offrir la recette de la séance du 28 mars.
•
23 janvier : plusieurs membres de l’association ont profité de l’opération Portes Ouvertes
d’AUXILIA MEDICAL pour découvrir « l’envers du décor » d’un prestataire, et entendre
l’exposé du Professeur WEITZENBLUM concernant l’oxygénothérapie de longue durée dans
l’insuffisance respiratoire chronique, dont le compte rendu est reproduit dans ce numéro.
•
30 janvier 2010 : Présentation des vœux à l’Auberge du NEULAND à Colmar. Un certain
nombre d’anciens de l’AMIRA se sont retrouvés avec plaisir autour d’un déjeuner raffiné,
malgré un temps hivernal rigoureux, qui a rendu le déplacement quelque peu périlleux. Le
cadre idyllique et l’accueil chaleureux des « patrons » nous incitent à retourner sur les lieux à
la belle saison.
•
14 mars : L’Assemblée Générale a réuni 70 personnes. Le buffet a été assuré par M. Pierre
NAEGEL, chef à la retraite, qui nous a gâtés pour un prix d’ami. Mmes IMBS, DESGIGOT
et FEUERSTOSS ont proposé des décorations de table, des œufs de Pâques au crochet et des
arrangements floraux au profit de l’association. Catherine NEISS, elle aussi membre de
l’AMIRA, a apporté une touche d’exotisme avec l’association péruvienne, ALTIPLANO. Des
personnes extérieures à l’AMIRA ont exposé leurs chefs d’œuvres et montré leur savoir-faire :
ainsi, l’artiste peintre TATIANA de Wasselonne, Mme KLEIN Eléonore, spécialiste des
« frivolités », et Mmes « Les Abeilles de l’Ouvroir de Wasselonne ». Nos plus chaleureux
remerciements à tous ceux et celles qui ont contribué à l’embellissement et l’animation de
cette journée. Pour clore ce moment de convivialité, le tirage au sort du gros lot a rapporté à
M. et Mme KLEIN, un week-end en Forêt Noire.
•
28 mars : Représentation de la pièce de théâtre « LE MINET GALANT » de Feydeau à
Saverne ! Après la pièce, le président, M. SCHAEFFER, a remis un chèque de 1600€ à notre
association. Un grand bravo aux artistes pour l’excellente après-midi qu’ils nous ont fait
passer grâce à leurs talents, et un grand merci pour leur exceptionnelle générosité.
•
14 avril : Visite aux insuffisants respiratoires à l’hôpital de SAALES. Cette fois, notre visite a
été bien annoncée, puisque 16 personnes étaient présentes au rendez-vous. Mais quel sera
l’avenir de l’hôpital ? Pour l’instant il semble incertain !
30 janvier 2010 : Présentation des vœux à
L’Auberge du Neuland à Colmar
14 mars : L’Assemblée Générale
28 mars : Représentation de la pièce de théâtre « LE MINET GALANT » de Feydeau à Saverne
9
Plantes et médicaments : la mésalliance ?
Les associations plantes/médicaments font parfois des cocktails détonants. Voici
comment et pourquoi il faut être prudent quand on les mélange.
Faut-il avoir peur de prendre du mélilot lorsqu’on est cardiaque ? Une tisane
d’eucalyptus modifie-t-elle le taux de glycémie ? Il faut le savoir, les associations plantes et
médicaments sont loin d’être anodines. Et les deux approches ne sont pas toujours faciles à
combiner. Selon les doses, ils peuvent avoir des conséquences non souhaitées sur la santé,
mais la quantité n’est pas seule responsable.
Les médecins préfèrent éloigner ces risques en décourageant leurs patients d’avoir
recours aux plantes. Ils ont aussi une autre bonne raison de ne pas être à l’aise : les références
documentées traitant de ces questions sont quasiment inexistantes.
Heureusement, l’expérience des naturopathes et des herboristes est riche
d’enseignements. C’est pourquoi nous avons souhaité faire le point sur les contre-indications,
précautions, voire effets secondaires connus à ce jour. Mais, au-delà de ces conseils, il nous
semble important de ne pas perdre de vue ses propres priorités en matière de choix de santé.
Ainsi, on présente souvent les plantes comme responsables d’interférences ; or les seules
interactions médicamenteuses entraînent 8 000 décès par an, selon le ministère de la Santé.
Les plantes sont beaucoup moins nocives car elles relèvent naturellement du précepte
d’Hippocrate : « d’abord ne pas nuire ».
Précaution
L’aubépine : attention au retour de manivelle !
L’aubépine est connue depuis le Moyen Âge comme
régulateur cardiaque. Il faut cependant savoir qu’un
surdosage entraîne un risque de dépression respiratoire et
cardiaque avec brachycardie (le cœur bat à moins de 60
pulsations par minute…).
Listing
Dix plantes « sensibles »
Parmi les plantes les plus utilisées, voici celles qui ont été
associées à des interactions médicamenteuses significatives. Si vous
êtes sous traitement, mieux vaut prendre des précautions : ail (Allium
sativum) ; aloès (Aloe vera) ; dong quai (Angelica sinensis) ; ginkgo
(Ginkgo biloba) ; ginseng (Panax ginseng) ; éleuthérocoque
(Eleutherococcus
senticosus) ;
kava
(Piper
methysticum) ;
millepertuis (Hyperricum perforatum) ; onagre (Oenothera biennis) ;
réglisse (Glycyrrhiza glabra).
10
Chahut sur le système cardio-vasculaire
On connaît assez bien les plantes qui peuvent perturber
l’action des médicaments anticoagulants. Le mélilot ou
l’aspérule, par exemple, peuvent interagir avec une molécule
comme la warfarine que l’on retrouve dans nombre de
médicaments destinés à fluidifier le sang. Ils amplifient l’effet
de celle-ci. A l’inverse, d’autres plantes ont un effet inhibiteur
de la warfarine : c’est le cas de la racine de l’angélique de
Chine (dong quai), de l’huile de bourrache, de l’huile
d’onagre, de la reine-des-prés, du ginkgo, de l’ail.
Certaines plantes peuvent avoir un effet inhibiteur sur
l’agrégation plaquettaire. Bien sûr, les plantes citées ci-dessus
sont concernées, mais il faut aussi mentionner la myrtille, le
gingembre, le ginseng, le reishi et le curcuma.
Enfin, de nombreuses plantes abaissent ou élèvent la
tension artérielle de façon sensible. Parmi celles qui abaissent
la tension, on trouve au premier rang l’ail et l’aubépine mais
aussi la feuille d’olivier. Naturellement, elles seront en opposition avec des médicaments qui
chercheront à avoir un effet hypertenseur. La réglisse, le maté, le ginseng ou la yohimbine ont
l’effet inverse.
Pour ceux qui sont traités pour le cholestérol, méfiez-vous de la levure de riz rouge. Ce
produit, issu d’un champignon microscopique élevé sur le riz, est un excellent
hypocholestérolémiant. Sa prise régulière fait nettement baisser les taux de LDL et de
triglycérides. Mais ses effets s’ajoutent à ceux des médicaments abaissant le taux de
cholestérol, ainsi qu’à ceux des médicaments anticoagulants. On soupçonne aussi la levure de
riz rouge d’amplifier les effets d’autres médicaments susceptibles de provoquer une
myopathie : ketoconale (antifongique), ciclosporine (immunodépresseur), fibrates et
gemfibrozil (hypolipidémiants), néfazodone (antidépresseur) et les inhibiteurs de protéase
(utilisés dans le cadre des multi thérapies anti-VIH).
Des molécules dissonantes
Des recherches sont en cours pour mieux comprendre
comment certaines plantes ont des actions très précises sur
certains types de médicaments. Les différentes molécules
interagissent dans l’intestin. Ainsi on a mis en évidence
que les feuilles de romarin peuvent avoir une incidence
sur la vinblastine et la doxorubicine, deux principes actifs
entrant dans la composition de médicaments anti-cancer.
Mais des plantes ont parfois l’effet inverse. Le poivre ou
le piment, par exemple, sont connus pour augmenter
l’absorption de la théophylline, qui est utilisée contre
l’asthme. Dans ce cas-là aussi il convient d’être prudent
car on risque le surdosage.
11
Interactions nerveuses…
Les médicaments antidépresseurs font partie d’une médecine moléculaire très pointue
et complexe. Lorsque des plantes auront des interférences avec ces médicaments qui sont
puissants, ce ne sera pas anodin. A contrario, il existe aussi des plantes puissantes pouvant
s’opposer à ces médicaments, dans le cadre de la dépression notamment. C’est le cas du
millepertuis. Cette fleur agit sur la gestion de la sérotonine dans l’organisme, or « l’hormone
rose » empêche un certain type d’antidépresseurs d’agir, notamment ceux qu’on appelle les
inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS). Donc il faut choisir : ou bien on prend un
médicament IRS auquel cas on ne prend pas de millepertuis, ou on fait le choix du
millepertuis mais indépendamment d’une médication de ce type. Une personne médicalement
suivie en discutera avec son médecin, son psychiatre ou son psychologue. De même, on
soupçonne aussi la valériane et la passiflore d’avoir
des actions un peu similaires bien que moins
puissantes sur les produits intervenant sur l’humeur, y
compris les benzodiazépines.
Enfin, le kava, puissant décontractant du
système nerveux (très en vogue bien qu’interdit en
Europe car il serait toxique pour le foie) doit faire
l’objet d’une grande attention : il interfère avec tous
les médicaments qui agissent sur le système nerveux
central, notamment les antidépresseurs et les
neuroleptiques… Quant au cannabis, utilisé parfois
sous le manteau, il faut savoir que c’est aussi un
perturbateur pour tous ces médicaments…
Incompatibilité
Le millepertuis : un cas d’école : Le millepertuis
peut aujourd’hui être conseillé à double titre. Soit en tant
qu’antidépresseur dans un cadre médical, soit en tant que
normalisateur de l’humeur en tant que complément
alimentaire. C’est une plante exceptionnelle dans les deux
cas, mais il faut savoir que le millepertuis a de nombreuses
interactions avec des médicaments, ou plutôt il existe de
nombreux médicaments présentant des interférences avec le
millepertuis. Retenons surtout : les anticoagulants, les
contraceptifs oraux, les immunodépresseurs (la ciclosporine
notamment) et les antidépresseurs.
Glycémie et diabète : prudence !
Les plantes ayant des vertus hypoglycémiantes sont nombreuses. Leurs modes
d’action sont souvent très complexes avec des effets soit régulateurs soit modérateurs du sucre
dans le sang. Il faut bien évidemment prendre la plus grande précaution pour associer un
médicament antiglycémique à une plante présentant une action de ce type. Il peut en effet y
avoir aussi bien des effets combinés positifs (susceptibles d’entraîner un surdosage) que
négatifs (l’action du médicament est contrariée). L’aigremoine, la racine de bardane, les
feuilles de myrtilles, les feuilles de damiana, l’éleuthérocoque, l’eucalyptus, mais aussi le
12
galéga, le haricot, la feuille d’olivier… toutes ces plantes peuvent en
infusion modérer ou réguler la glycémie. Mais, en cas de prise de
médicaments hypoglycémiants, mieux vaut éviter ces associations.
Citons le cas particulier de l’aloès (Aloe vera), un produit
aujourd’hui extrêmement banalisé et pourtant susceptible de provoquer
des interactions cliniquement significatives. La médecine ayurvédique
nous a enseigné que l’aloès avait d’excellentes propriétés
hypoglycémiantes ou antidiabétiques, propriétés qui ont été validées
par plusieurs études cliniques. C’est ici que la plus grande prudence
s’impose car il est avéré que l’effet du gel d’aloès s’ajoute à celui du
glyburide (Diabeta), un médicament antidiabétique, et cet effet pourrait
aussi s’additionner à celui des médicaments dont l’action est
hypoglycémiante. Par ailleurs, son principe actif, l’alloïne, s’ajoute
aussi aux effets des médicaments laxatifs.
Le bon zeste
Une orange parfois bien amère…
L’orange amère (Citrus aurantium) est couramment utilisée pour
favoriser la perte de poids, la perte d’appétit ou pour lutter contre
certaines formes de troubles du sommeil ou des manifestations de
nervosité passagères. Mais voilà : on sait maintenant qu’elle
contient de la synéphrine, dont les effets sur le système cardiovasculaire sont néfastes. Selon certaines études, l’association
synéphrine / caféine serait mauvaise pour l’organisme. On la
déconseille aussi aux personnes présentant des troubles de la
circulation ou de la thyroïde. On sait en outre que l’association du
zeste d’orange amère avec des hypertenseurs, des
sympathomimétiques ou des inhibiteurs de la monoamine oxydase
pourrait causer de l’hypertension et des troubles cardio-vasculaires.
Enfin, tout comme le jus de pamplemousse, l’orange amère contient des furocoumarines,
substances qui peuvent interférer avec des antihypertenseurs, des antifongiques, des agents
chimiothérapeutiques et des glucocorticoïdes.
Circulation sanguine
Zoom sur le ginkgo : Le ginkgo améliore les
troubles de la mémoire ou de l’attention, les troubles
visuels ou auditifs d’origine vasculaire, les douleurs des
jambes provenant d’une mauvaise circulation, etc. On en
a même tiré un excellent médicament, le Tanakan. Mais
les plantes ou médicaments qui peuvent interagir avec le
ginkgo sont nombreux. Qu’on en juge : son action
anticoagulante peut s’ajouter à celle de l’ail, du ginseng,
du saule, du trèfle rouge, mais aussi à celle des
anticoagulants allopathiques, et augmenter les risques de
saignements. Heureusement, des études cliniques ont démontré qu’aux doses habituellement
recommandées, cette association est sans conséquence sur les personnes en bonne santé.
13
Les traitements hormonaux en question…
Le système hormonal est un système d’équilibre et par
essence fragile. Certaines plantes favorisent naturellement le
retour de l’équilibre hormonal comme la sauge ou l’armoise
(pour le cycle féminin). En tout cas, on ne peut pas soumettre
au système hormonal, qui par définition est un système
d’informations, des stimuli opposés. Il ne sait pas gérer ces
contradictions. C’est pourquoi, soit on suit un traitement
hormonal allopathique et on s’y tient, auquel cas on évitera
toutes les plantes qui peuvent présenter des actions sur la
médication proposée par le médecin, soit on fait appel à une
complémentation de produits naturels pour remédier à un
déséquilibre.
On ne peut combiner médicaments et plantes ! Au niveau des hormones thyroïdiennes
par exemple, il n’existe pas de plantes qui contiennent de la tri-iodothyronine (T3) ou de la
thyroxine (T4) mais en revanche on peut trouver des plantes qui stimulent l’activité de la
thyroïde, notamment celles qui contiennent de l’iode, à savoir les algues de mer, comme le
fucus.
Au contraire, l’argile a un effet modérateur. Elle se prend par voie interne à petites
doses. Mais si vous optez pour ce traitement, pas question de prendre le médicament bien
connu qui s’appelle le Lévothyrox.
Les hormones féminines, les oestrogènes et la progestérone soulèvent également le
même problème. Dans la famille des oestrogènes, on trouve des plantes qui peuvent aider le
système à mieux comprendre ses équilibres notamment la sauge, l’armoise ou l’achillée, ou
alors des plantes qui vont elles-mêmes apporter des molécules ressemblant à des oestrogènes,
des phyto-oestrogènes : le kudzu, le houblon, le trèfle, le soja, l’alfalfa… Côté progestérone,
le gattilier, l’alchémille, la verveine officinale ou la mélisse apportent de la même façon de la
progestérone-like. Il est important de le savoir lorsque l’on prend un traitement hormonal de
substitution. Une femme prévenue en vaut deux !
Logique
Misez sur la synergie
Le phénomène des synergies n’est pas étudié avec les médicaments allopathiques. On
s’efforce juste de savoir si un médicament est compatible avec un autre. Au contraire, les
herboristes savent comment marier les plantes. C’est pour cette raison que les médicaments et
les plantes vont mal ensemble. Le monde de synergies des produits naturels est peu
compatible avec le monde des médicaments basé sur des oppositions.
Effets secondaires
Un herboriste regarde les plantes en face
Tout herboriste sérieux le sait, l’emploi de plantes pour se soigner n’est jamais bénin, voici
pourquoi :
14
 Les plantes peuvent engendrer des phénomènes
d’allergies. C’est le cas des salicacées en raison de leur
teneur en salicylates (principe actif proche de celui de
l’aspirine) : peuplier, bouleau, reine-des-prés, saule
blanc. Dans la mesure où l’on y est allergique, il faut
être prudent avec ces plantes. Et ne pas en consommer
en même temps que l’aspirine…
 Les plantes peuvent engendrer des phénomènes de
photosensibilisation. Appliquées sur la peau, les huiles
essentielles extraites des agrumes peuvent entraîner un
effet bronzant trop fort et par conséquent des brûlures.
C’est aussi l’inconvénient du millepertuis : l’hypéricine
qu’il contient photo-sensibilise la peau. Il faut
cependant en absorber une quantité non négligeable et
faire des expositions soutenues au soleil pour avoir une
réaction forte !

la
berce du Caucase (Heracleum Mantegazzianum) est
une géante toxique à ne pas confondre avec la berce
commune, de taille plus modeste.
 Les plantes peuvent entraîner des phénomènes d’irritations locales. Beaucoup ont des
sucs agressifs. On n’applique donc pas une plante sur la peau, qui est un organe fragile, si on
ne la connaît pas bien. Attention aux accidents, par exemple ne confondez pas la berce de
chez nous, avec la berce du Caucase, qui peut entraîner des brûlures…
 Les plantes peuvent provoquer un phénomène inflammatoire. L’harpagophytum, bien
qu’il présente des contre-indications beaucoup plus réduites que les anti-inflammatoires
médicamenteux, n’en est pas moins contre-indiqué chez les sujets hypersensibles.
Des aliments qui ne passent pas…
Bien que ce vaste domaine reste en partie lui aussi inexploré, l’alimentation est bien
évidemment susceptible d’agir sur une médication et d’altérer celle-ci. On connaît la
recommandation de base : ne pas boire d’alcool, notamment avec tous les médicaments
entraînant une perte de vigilance (antidépresseurs, neuroleptiques…) mais aussi avec les
antibiotiques. On sait maintenant aussi qu’il faut éviter la caféine avec ces derniers, en
particulier ceux qui contiennent de l’énoxacine, de la ciprofloxacine
et de la norfloxacine, couramment utilisés dans le traitement des
infections urinaires (cystites). La caféine ne fait pas bon ménage non
plus avec la théophylline, un antiasthmatique, qui a les mêmes effets
qu’elle… Elle se marie mal également avec les médicaments
intervenant sur le système nerveux central.
On ne sait pas toujours qu’il faut consommer avec beaucoup
de parcimonie les aliments riches en vitamine K comme le chou, les
brocolis, les épinards, le persil, la laitue, l’avocat ou les abats quand
on prend des médicaments anticoagulants. Ces aliments diminuent
l’efficacité du traitement et augmentent le risque de thromboses. Il
est conseillé, en cas de traitement avec des anticoagulants oraux, de
ne pas manger plus d’une portion de légume par jour et de ne pas
15
puissant
Un anticholestérol trop parfait…
Le pamplemousse est remarquable quand on a
trop de cholestérol. Plusieurs études l’ont
démontré. Celle menée par la chercheuse
israélienne Shela Gorinstein est très claire : les
patients qui avaient consommé un pamplemousse
rouge par jour ont vu leur taux de cholestérol total
chuter de 15,5% et de 7,6% avec le
pamplemousse blanc. Du coup, un tel remède
naturel s’associe mal avec la chimie allopathique.
De fait, le jus de pamplemousse augmente de façon importante l’absorption des médicaments
anticholestérol dans l’organisme. C’est le cas avec la simvastatine et, dans une moindre
mesure, l’atorvastatine. Un jus de pamplemousse pris en même temps que la simvastatine peut
mulriplier par 15 l’absorption du médicament et provoquer des atteintes musculaires graves. Il
est donc conseillé d’éviter de prendre un jus de pamplemousse dans les deux heures qui
précèdent la prise. Ou d’opter pour le régime pamplemousse, sans médicament…
modifier brutalement ses habitudes alimentaires. On sait encore moins que le jus de
pamplemousse interagit fortement avec les médicaments anticholestérol en augmentant de
façon importante son absorption par l’organisme ainsi qu’avec les immunosuppresseurs
préconisés contre les rejets de greffes (tacrolimus, ciclosporine…). Une prise concomitante de
ces derniers avec un jus de pamplemousse, de façon quotidienne, peut endommager le rein.
D’une façon générale, selon les recommandations de l’AFSSAPS, il faut faire attention aux
agrumes : ils doivent par exemple être évités avec l’aspirine ou les anti-inflammatoires « sous
peine de majorer ou de déclencher des brûlures d’estomac ou des reflux acides ».
Même le meilleur demande parfois un peu de prudence : le thé vert, par exemple, doit
être consommé avec une grande modération en présence d’anticoagulants, de warfarine,
d’aspirine, de barbituriques, de benzodiazépines et de stimulants du système nerveux. Quant à
la réglisse, sous forme de bonbon ou de boisson anisée, les hypertendus – sous médication ou
non – doivent s’en abstenir !
Douleur
Quand la plante est l’antidote au médicament
Contre les migraines, les problèmes respiratoires ou contre
les douleurs, il existe aujourd’hui quelques médicaments à
base de caféine ou en contenant significativement. Si ce
médicament « passe mal » parce que vous ne supportez pas la
caféine, ou si vous l’avez surdosé, sachez qu’il existe un très
bon antidote naturel : le kudzu. Un excès de café ou d’un médicament contenant de la caféine,
par exemple Claradol Caféiné, sera parfaitement contré par la prise de gélules de kudzu ou
d’une cuillère à café de fécule de kudzu. Détente et soulagement assuré ! Comme quoi les
plantes ne sont pas uniquement synonymes d’interactions négatives…
Jean François ASTIER – naturopathe
Source : revue « PLANTES & SANTE » octobre 2009
16
MOTS CROISES
MOTS CROISES N° 48
A B C D E F G H I
J K L M N O
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2
3
4
5
6
7
8
9
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11
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HORIZONTALEMENT : 1. De Genève, Pascal Lamy le combat
vigoureusement. 2. On en parle surtout à ses débuts – Artères. 3. Idole
de Ramsès – Outil rudimentaire de sondages, ou objet d’un autre type
de sondage, pas très ragoûtant ! – Symbole d’un métal toxique –
Expression du talent. 4. Bien de chez nous ! 5. Il encercle la prunelle
– Le temps de quelques révolutions sur la Terre – Liquide – Bout de
fer. 6. Liliacée – Colorant résultant de la cokéfaction. 7. Cardinal –
Randonnées – Vieux fusil. 8. Rassembler – Pareil – Au cœur du berceau. 9. Palefrenier chargé
des cracks – Hélices. 10. Procédure médicale d’urgence – Etablissement d’enseignement
supérieur à cursus court. 11. Canton suisse – Aval de la Garonne. 12. Trouble – Il circule à
Tirana – Courroux. 13. Frauderaient. 14. Obstacle voisin du pépin – Recueillent tous les
suffrages – Encore trop jeune pour porter le bonnet ! 15. Cité sagienne – Démantibulée.
VERTICALEMENT : A. Donner un avant-goût – Idole d’Ulysse ou d’Agamemnon. B. Note
– En horreur – Sodium des tout-petits – Détînmes. C. Colorai d’argile – Grandes plaines
herbeuses d’Amérique du Sud. D. Normandie depuis Deschanel ou France depuis de Gaulle.
E. Berné – Tel le platine du mètre-étalon – Vieille vache ! F. Migraine – On le trouve après
Jekyll, et avant Hyde – Chef des Insurgeants de 1774. G. Chargé plus ou moins, on le
rencontre aussi en fin de réunion – Symbole d’un gaz évoquant la planète, natale de Superman
– Jeu africain. H. Comme des sciences sans conscience – Ravit – Agent de voyages, parfois
sans retour ! I. Pas forcément Vilaine, mais toujours au même endroit. J. Quand on l’a vue, on
peut en mourir ! – Useras. K. Aristo, mais tout juste… - Ville du Nigeria. L. À la tombée du
soir – Mesure – Dernière demeure d’Homère ? M. Idole des jeunes… et des moins jeunes ! –
Dans l’Eure, mais pas forcément sur-le-champ. N. Selon la légende, le fatal retard de Grouchy
en aurait été la cause – Blanc cassé – À la carte. O. Massif en Provence – Annonce la fin
d’une fugue.
17
TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR
SUR LE CANCER DU POUMON
Par Anne-Sophie Glover-Bondeau
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 1,3
millions de personnes meurent d’un cancer du poumon
chaque année dans le monde. Causes, symptômes,
traitements, recherche…Zoom sur ce cancer.
Un cancer fréquent et meurtrier
Les cancers du poumon sont les plus répandus dans le monde avec 900 000 nouveaux
cas par an chez l'homme et 330 000 chez la femme. Le cancer du poumon est l'une des formes
les plus fréquentes de cancer. Il tue par an 1,3 millions de personnes dans le monde, soit près
de 18% des décès par cancer. Plus de 4 cancers du poumon sur 5 sont liés au tabac. Les
hommes sont actuellement plus touchés que les femmes. Néanmoins, cette tendance tend à
disparaître compte tenu de l'augmentation du tabagisme féminin.
En France, on estime qu’en 2005, ce cancer a été responsable de plus de 26600 décès.
La même année, plus de 30600 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans notre pays. Le cancer
du poumon représente la première cause de mortalité par cancer chez l'homme. Il est la
troisième cause de mortalité chez la femme après celui du sein et du cancer colorectal.
Cependant, la fréquence de ce cancer augmente chez les femmes : elle a été multipliée par 4
en 10 ans chez les femmes de 35 à 45 ans: augmentation de 5,8 % par an, avec 7000 cas par
an.
Le cancer dont la mortalité est la plus élevée
85% des patients qui développent un cancer du poumon en
meurent : il s'agit d'un des cancers les plus meurtriers. La moitié des
patients atteints meurent au cours de la première année suivant le
diagnostic et 80% d'entre eux dans les deux ans. Le risque diminue
fortement en cas d'arrêt de la cigarette et le taux de survie est
largement supérieur lorsque la maladie est précocement diagnostiquée.
Source: American Thoracic Society, juin 2009
Le cancer broncho-pulmonaire
Le cancer du poumon est en premier lieu un cancer de la bronche qui envahit ensuite
le poumon. Il faut donc plutôt parler de cancer broncho-pulmonaire. Il existe deux grands
types de cancers du poumon. Ceux dits « à petites cellules » représentent environ 15 % des
cancers diagnostiqués. L’autre type, les cancers pulmonaires « non à petites cellules »
représentent la grande majorité des cancers du poumon diagnostiqués (environ 85 %). On
distingue trois principaux sous-types de cancers pulmonaires non à petites cellules : les
carcinomes épidermoïdes, les adénocarcinomes et les carcinomes à grandes cellules.
A savoir : le cancer du poumon apparaît le plus souvent entre 45 et 70 ans.
18
Les femmes, de plus en plus touchées
Conséquence de l’augmentation du tabagisme chez la femme, le cancer du poumon est
devenu la première cause de mortalité par cancer chez la femme aux Etats-Unis, devant le
cancer du sein.
Les évolutions des habitudes en matière de tabagisme expliquent, en partie, la
progression de l'impact du cancer du poumon sur les femmes. En l’espace d’un demi-siècle,
l’âge de la première cigarette a baissé de 7 ans chez les femmes, au lieu de 2 ans chez les
hommes. Le tabagisme régulier apparaît désormais 9 ans plus tôt chez les femmes au lieu de 7
ans chez les hommes. Il s’ensuit une exposition au tabac plus précoce et plus intense. La
courbe d’incidence du cancer du poumon chez la femme a été multipliée par 4 entre 1980 et
2005, alors que celle des hommes n’a augmenté que de 46%. Selon l'assurance maladie, cette
tendance dramatique devrait se poursuivre durant les 2 prochaines décennies du fait de
l'augmentation du tabagisme féminin depuis la deuxième guerre mondiale.
En outre, la maladie atteint les femmes plus jeunes et pour une moindre consommation
de tabac. En effet, différentes études, dont une étude suisse de 2009, ont montré que les
femmes étaient plus sensibles que les hommes aux effets toxiques du tabac.
Source : European Society for Medical Oncology, 3 mai 2009
Symptômes
Malheureusement les symptômes du cancer du poumon sont rarement très clairs et
spécifiques, ce qui fait qu'on découvre souvent une tumeur par hasard, par exemple après une
radio. Le poumon ne contenant pas de terminaison nerveuse, l’apparition d’une tumeur
pulmonaire ne provoque pas directement de douleur. Celle-ci devient perceptible quand une
tumeur atteint certains tissus comme la plèvre, ou lorsqu'elle appuie sur des structures
nerveuses avoisinantes. La tumeur peut également comprimer ou envahir d’autres organes et
provoquer d’autres symptômes. Certains signes doivent amener à consulter :
 Toux rebelle
 Crachements de sang même minimes
 Douleur thoracique persistante
 Essoufflement
 Infections bronchiques répétées
 Modification de la voix
 Gonflement du cou et de la face, surtout le matin au réveil
 Hippocratisme digital : bombement inhabituel des ongles et élargissement des
phalanges du bout des doigts
 Maux de tête, phlébites, signes neurologiques avec confusion mentale…
Le cancer du poumon peut aussi se manifester par des signes généraux : fatigue,
amaigrissement, fièvre prolongée… Ces symptômes ne sont pas « spécifiques » du cancer,
c'est-à-dire qu’ils peuvent être causés par d'autres maladies. Il est important de consulter un
médecin si l'un d'eux persiste plusieurs jours, d'autant plus en cas de tabagisme. Tout
symptôme respiratoire apparaissant chez une personne tabagique doit conduire celle-ci à
consulter.
19
Diagnostic
Un examen clinique suivi d'une radiographie pulmonaire, constituent les premières
étapes dans le diagnostic du cancer du poumon. Le médecin peut en outre prescrire un
examen d’imagerie, appelé scanner ou tomodensitométrie.
Quels que soient les résultats de ces examens, seule une biopsie peut permettre
d'affirmer la présence ou l'absence de cancer. Cette technique consiste à prélever un fragment
de tissu suspect pour l’étudier au microscope. Les biopsies sont effectuées lors d'une
bronchoscopie, un examen qui permet au médecin d'observer les voies aériennes à l'aide d'un
tube équipé d'un système optique. Cette exploration est réalisée par un pneumologue, sous
anesthésie locale, à l’hôpital ou en clinique. La biopsie permet non seulement de savoir si le
patient est bien atteint de cancer, mais aussi d’obtenir des indications sur le type de cancer
dont il souffre (cancer « à petites cellules » ou « non à petites cellules »)
Les facteurs de risque du cancer du poumon
Certaines personnes ont une susceptibilité particulière de développer un tel cancer mais
on ne sait pas encore bien les identifier ni pourquoi.
Certains facteurs augmentent les risques de développer un cancer du poumon. On peut
agir sur les facteurs identifiés :
► Le tabagisme est le principal facteur de risque de cancer du poumon: à lui seul, il est à
l’origine d’environ 90% de toutes les maladies liées à ce cancer. La fumée du tabac ne nuit
pas seulement aux fumeurs eux-mêmes : le tabagisme passif augmente également les risques.
Le pourcentage de cancer broncho-pulmonaire chez les patients non fumeurs est en
augmentation, notamment chez les femmes.
► Les expositions professionnelles : les personnes exposées à des substances cancérigènes
telles l’amiante ont un risque accru de cancer du poumon, risque aggravé si elles sont
fumeuses.
► Les facteurs environnementaux, comme la pollution atmosphérique (implication pas
encore démontrée).
► Les facteurs hormonaux et/ou biologiques chez les femmes, même si dans l’immédiat on
ne peut pas réellement agir sur ces facteurs
Sources : Association pour la Recherche sur la Cancer, cancer du poumon, 2009 ;
Le cancer du poumon : les traitements
Il existe trois principaux types de traitements du cancer du poumon : la chirurgie, la
radiothérapie et la chimiothérapie. Chacune de ces approches peuvent être utilisées seules ou
associées, en fonction de chaque cas.
La chirurgie
La chirurgie, lorsqu'elle est possible, reste le seul traitement curatif du cancer du
poumon, elle consiste à enlever la tumeur dans sa totalité. L'étendue de la chirurgie dépend de
la taille et de la localisation de la tumeur : on réalise l'ablation de tout (pneumonectomie
totale) ou partie (lobectomie) du poumon atteint.
20
La radiothérapie
La radiothérapie utilise des faisceaux d'électrons pour détruire les cellules cancéreuses
et empêcher leur prolifération. Comme avec la chirurgie, il s'agit d'un traitement local
dépourvu de toute action sur d'éventuels foyers à distance (métastases). La radiothérapie peut
être utilisée seule ou associée à d'autres traitements. Certaines techniques de radiothérapie très
précises sont maintenant disponibles, par exemple la radiothérapie stéréotaxique ou
radiochirurgie. Seuls certains stades de la maladie sont concernés par ces nouvelles
techniques.
La chimiothérapie
La chimiothérapie consiste à administrer un ou plusieurs médicaments toxiques pour
les cellules cancéreuses. Il existe de nombreuses molécules, qui sont principalement
administrées par voie intraveineuse ou plus rarement par voie orale. Les agents administrés
diffusent dans tout l'organisme, contrairement à la chirurgie et à la radiothérapie qui assurent
un contrôle local de la tumeur. La chimiothérapie peut traiter simultanément toutes les lésions
tumorales de l'organisme, qu'elles soient visibles ou non sur les examens effectués.
 Le traitement des cancers pulmonaires à petites cellules
Le cancer pulmonaire à petites cellules se propage rapidement vers des régions
éloignées du poumon. C'est pourquoi la chirurgie n'est quasiment jamais proposée et le
traitement repose souvent sur la chimiothérapie qui traite toutes les lésions, y compris les
métastases qui ne se verraient pas. Une radiothérapie du thorax est parfois proposée, en
fonction de l'extension initiale de la maladie. Une radiothérapie cérébrale est très souvent
indiquée, même en l’absence de métastases cérébrales visibles sur le scanner ou l’IRM.
 Le traitement des cancers pulmonaires non à petites cellules
Lorsque la tumeur est localisée et opérable, elle doit être retirée si le patient ne
présente pas de contre-indication chirurgicale. L'étendue de l'opération dépend de la taille et
du siège de la tumeur. Une chimiothérapie et/ou une radiothérapie postopératoire peuvent être
proposées, dans certains cas, pour renforcer les résultats de la chirurgie et éviter une rechute
locale ou à distance. Lorsque la tumeur est jugée inopérable mais reste localisée au thorax,
une radiothérapie est indiquée. Elle est parfois associée à une chimiothérapie, selon l'état de
santé général du patient. Dans le cas où la tumeur a envahi d'autres organes et donne lieu à
des métastases, le traitement repose d’abord sur la chimiothérapie et parfois sur la
radiothérapie.
Les thérapies ciblées : une nouvelle génération de traitements du cancer
Ces nouvelles molécules s’attaquent plus spécifiquement aux cellules cancéreuses, ou à
leur environnement.
► La pionnière de ces molécules est un inhibiteur du récepteur de l'EGF (ou EGFR), une
protéine présente dans la membrane des cellules cancéreuses. Les inhibiteurs de l'EGFR
bloquent alors spécifiquement la croissance des tumeurs sous le contrôle de l'EGFR. Dans
certains cas, l'activation de ce récepteur membranaire induit des signaux dans les cellules
cancéreuses et entraîne leur multiplication.
► Les molécules anti-angiogéniques forment une autre catégorie de thérapie ciblée. Elles
freinent le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur, l’empêchant ainsi
de croître. Dans le traitement du cancer bronchique, ces traitements sont parfois proposés en
association avec la chimiothérapie.
► Dans le traitement des cancers bronchiques, ces traitements sont parfois proposés seuls
ou en association avec la chimiothérapie.
21
Les livres et sites pour en savoir plus :
•
•
Pierre Magdeleinat, Jeanne-Marie Bréchot, Catherine Durdux, « Cancer du poumon-Guide à
l’usage des patients et de leur entourage », Editions Bash, Paris, 2006 (2ème édition)
www.fnlcc.fr : le site de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer propose
un livret à télécharger « Comprendre le cancer bronchopulmonaire » et les coordonnées des
vingt centres régionaux de lutte contre le cancer.
Témoignages sur le cancer du poumon
Jean-François, 57 ans
« C’est une métastase qui m’a sauvé »
« J'ai eu un cancer des poumons non à petites cellules avec une métastase au cerveau. Je
n'avais aucun symptôme à part la fatigue et une perte de poids. C'est la métastase qui m'a
"sauvé" car elle comprimait certains nerfs et j'avais de forts maux de tête, je n'arrivais plus à
parler, ma vue baissait terriblement... On a découvert ainsi ma tumeur au poumon. Mon
cancer n’était pas opérable. On m’a fait de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Cela a été
très dur, mais je me suis battu et je suis en rémission depuis le 7 juillet 2008. Je fais un
scanner de contrôle tous les trois mois. »
Serge, 62 ans
«J’étais un grand fumeur »
En octobre 2005 on m'a décelé un cancer du poumon droit. J'étais un grand fumeur. J'ai subi
une pneumonectomie. Après 27 jours d'hospitalisation, à ma sortie je n'ai plus eu envie de
fumer. Mon message aux fumeurs : arrêtez tout de suite, n’attendez pas qu’une catastrophe
vous arrive… »
Marion, 32 ans
« Le tabac a tué ma mère »
« J’ai perdu ma mère d’un cancer du poumon il y a deux ans. Elle n’avait que 57 ans. Elle
avait arrêté de fumer cinq ans avant l’annonce de sa maladie, mais elle avait fumé pendant 35
ans. Quand je lis que de plus en plus de plus de femmes ont un cancer du poumon, ça me fait
vraiment mal. J’essaie d’informer les gens autour de moi, de les avertir, mais c’est difficile. »
Cancer du poumon : où en est la recherche ?
La recherche en cancérologie pulmonaire est très active et a fait de gros progrès ces
dernières années. Elle se concentre sur trois axes : les causes, le diagnostic et les traitements
du cancer du poumon.
Les causes biologiques
Elles restent mal connues, mais la recherche fondamentale découvre chaque année de
nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliquées dans le cancer pulmonaire. On
commence à comprendre la façon dont se développent ces cancers, ce qui permettra de mieux
les traiter et peut-être les prévenir.
Un diagnostic plus précis
Le diagnostic est aujourd'hui de plus en plus affiné, grâce au développement d'outils
comme la tomographie à émission de positons (PET-Scan) ou la fibroscopie à fluorescence
qui permettent de mieux visualiser les zones tumorales ou pré-tumorales. Mieux classifier les
tumeurs et repérer les modifications biologiques et mutations génétiques associées à celles-ci,
22
cela permettra de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques et par conséquent d'élaborer des
traitements plus efficaces.
Des traitements plus ciblés
Aujourd'hui, on dispose de nouveaux moyens permettant d'apporter une alternative à
la chirurgie lorsque celle-ci n'est pas réalisable (par radiothérapie stéréotaxique par exemple,
ou par radiofréquence sous scanner), ou de limiter celle-ci, grâce à des techniques
chirurgicales moins invasives. En ce qui concerne les médicaments, ces dernières années ont
vu l'arrivée de nouvelles molécules qui ont fait la preuve de leur efficacité. Beaucoup d’autres
médicaments sont testés et la recherche est très active dans ce domaine. Les résultats sont
prometteurs. Ils se traduiront dans l'avenir par une meilleure efficacité des traitements.
Source : « le cancer du poumon », brochure Collection « soigner… », ARC, septembre 2006
Un test de l’haleine pour détecter le cancer du poumon ?
Un simple test de l'haleine pourrait un jour permettre de savoir si une personne est
atteinte d'un cancer du poumon.
Des chercheurs israéliens ont mis au point un processus qui permet de diagnostiquer ce
type de cancer par une simple analyse de l'air rejeté par la bouche en provenance des
poumons. L'équipe de l'Institut de technologie d'Israël affirme que ce test permet d'établir la
présence du cancer avant même que les tumeurs ne soient visibles sur des radiographies.
Des nanoparticules en or sont utilisées pour permettre la détection des niveaux infimes
de certains composés organiques volatiles, dont la quantité augmente chez les individus
atteints du cancer. Les premiers essais ont permis de détecter des cancers du poumon avec une
réussite de 86 %. Actuellement, seulement 15% des cancers sont découverts avant que la
maladie ait commencé à s’étendre.
« Ces résultats sont très prometteurs pour des diagnostics rapides, faciles et peu coûteux
du cancer du poumon » ont souligné les chercheurs, estimant que la technique pourrait être
étendue à d’autres types de cancer.
Selon l'auteur principal des travaux, le Dr Hossam Haick, la technique doit cependant
encore être soumise à des essais cliniques à grande échelle.
Source : “Diagnosing lung cancer in exhaled breath using gold nanoparticles”, Nature Nanotechnology, 30/08/09
Fiche santé n°11
Cancer du poumon : le prévenir
Dr François BLANCHON, Chef du service pneumologie, CHU de
Meaux
•
Le moyen préventif le plus efficace est sans aucun doute de
ne pas commencer à fumer ou d’arrêter de fumer.
•
•
Eviter d’être exposé au tabagisme passif
Eviter de s’exposer à des substances cancérogènes en milieu
professionnel. Si vous devez manipuler de tels produits, respectez les mesures de
précaution propres à chaque produit (port de masques…). Attention de ne pas ramener
vos vêtements de travail à la maison.
Eviter l’exposition à l’amiante
•
Ce dossier est extrait de la revue « LA LETTRE DU SOUFFLE » n° 56 - bulletin de liaison des amis
du Comité de Lutte Contre les Maladies Respiratoires (CNMR).
23
COIN DES LECTEURS… COIN DES LECTURES…
BPCO : BIENFAITS DE LA RESPIRATION
ABDOMINALE :
Un témoignage de M. Joseph BIETH
M. Bieth est atteint de BPCO. Son essoufflement, suite à un effort, remonte aux
années 70/80, suivi plus tard par des "bronchites" à répétitions avec aggravation du déficit
respiratoire.
Une hospitalisation pour décompensation lui fait prendre conscience qu’il faut arrêter
la cigarette. Et surtout, il continue à se battre, en « sportivant » pour garder son autonomie et
éviter l’oxygénothérapie. Il est vrai qu’il a la chance de ne pas souffrir d’emphysème !
Il nous livre ici l’exercice respiratoire qu’il pratique depuis sa jeunesse, et qui lui est
très profitable.
Je souffre de BPCO liée au tabagisme depuis une vingtaine d’années. Il y a trois ans,
j’ai été hospitalisé pour cause de décompensation de l’insuffisance respiratoire avec pO2 trop
faible et pCO2 trop élevée. Le traitement principal a été l’oxygénothérapie qui a été poursuivie
pendant quelques mois à domicile*. De retour à la maison, j’ai immédiatement arrêté de
fumer, multiplié les exercices physiques (marche, vélo, jardinage) et, surtout, appris et
pratiqué la respiration abdominale adaptée à la BPCO.
*Il estime qu’il n’est pas suffisamment atteint pour poursuivre l'oxygénothérapie, car il la considère
comme invalidante, vu qu’elle le prive dangereusement de liberté de mouvement, et qu’elle induit un
effet rassurant, parfaitement néfaste.
La respiration abdominale adaptée à la BPCO : principe
Il existe essentiellement deux types de respiration :
1. La respiration thoracique où inspiration et expiration se font par élargissement et
rétrécissement de la cage thoracique sans que le ventre ne bouge significativement. La plupart
des adultes respirent instinctivement de cette façon. Ce type de respiration est incapable de
corriger la dyspnée liée à la BPCO où le moindre effort physique conduit à un essoufflement
difficile à contrôler.
2. La respiration abdominale où inspiration et expiration se font par gonflement et
dégonflement du ventre à la manière d’un ballon sans que les côtes ne bougent
significativement. C’est la respiration instinctive des nouveaux-nés ou la respiration
volontaire des chanteurs professionnels. Elle remplit totalement les poumons ce qui confère
une capacité respiratoire maximale.
La respiration abdominale met en jeu de façon quasi exclusive le diaphragme, le
muscle respiratoire principal. Celui-ci est bombé vers le haut au cours de l’expiration (lorsque
le ventre se dégonfle) alors qu’il est abaissé au cours de l’inspiration (lorsque le ventre se
gonfle). Le diaphragme est un muscle lisse dont la contraction ne dépend normalement pas de
notre volonté. On peut cependant, à l’aide des exercices qui suivent, rendre ses mouvements
partiellement volontaires. Plus important encore : si ces exercices sont faits avec assiduité
pendant une longue période, la respiration abdominale pourra devenir inconsciente.
Pour adapter la respiration abdominale à la BPCO, il suffit de faire en sorte que
l’inspiration et l’expiration soient suffisamment lentes pour permettre à l’oxygène inspiré de
passer de l’alvéole pulmonaire dans le sang et au gaz carbonique de quitter le sang pour se
retrouver dans l’espace alvéolaire. Pour atteindre ce but, on inspirera par le nez et on expirera
par la bouche positionnée en cul de poule. Ainsi pratiquée, l’expiration augmentera aussi la
pression dans les voies aériennes, ce qui diminura leur obstruction.
24
La respiration abdominale adaptée à la BPCO : exercices
remarque : par différence avec notre respiration habituelle, les exercices qui suivent font de
l’expiration un acte actif alors que l’inspiration est plutôt passive.
- Position du corps : debout, buste droit, jambes légèrement écartées et légèrement fléchies
- Expiration : pincer les lèvres comme pour siffler (bouche en
cul de poule) puis chasser l’air très lentement en comprimant
le ventre (au début, se servir des deux mains croisées sur le
ventre pour mieux le comprimer). Au cours de cette expiration
dire mentalement « mon ventre se dégonfle lentement et
pousse mon diaphragme vers le haut ». L’expiration doit se
poursuivre jusqu’à ce que tout l’air soit sorti du poumon. Elle
doit durer au moins 6 secondes chrono sinon modifier le degré
de pincement des lèvres.
- Inspiration : A la fin de l’expiration, fermer la bouche,
relâcher brutalement le ventre et inspirer lentement par le nez jusqu’à ce que les poumons
soient pleins puis déglutir avant de recommencer à expirer. Au cours de cette inspiration dire
mentalement « mon diaphragme redescend lentement et pousse mon ventre fortement vers
l’avant ». L’inspiration doit être deux fois plus rapide que l’expiration (exemple : si
expiration = 6 secondes, inspiration = 3 secondes). Il est important de veiller à ce que le
ventre se gonfle fortement au cours de l’inspiration (au début garder les deux mains sur le
ventre).
- Fréquence des exercices : 5 minutes trois fois par jour.
Après quelques semaines d’exercice, on pourra évaluer l’efficacité de ce type de
respiration à l’aide d’un oxymètre de pouls : le taux sanguin d’oxygène augmentera lentement
mais significativement au cours des 5 minutes que dure l’exercice. Par exemple, ma saturation
en oxygène qui est d’environ 93% à cause de ma BPCO, passe à 96% ou même 97% après 5
minutes d’exercice.
La respiration abdominale adaptée à la BPCO : avantages
-
Musculation du diaphragme et des muscles abdominaux d’où respiration plus efficace
Relaxation (diminution de l’anxiété et du stress)
Expectoration des sécrétions bronchiques facilitée par l’expiration à lèvres pincées
Dyspnée (essoufflement) soulagée suite à la lente expiration à lèvres pincées qui
augmente la pression dans les voies aériennes diminuant ainsi leur obstruction
Echanges gazeux au niveau des poumons beaucoup plus efficaces
Comment j’ai appris à pratiquer la respiration abdominale adaptée à la
BPCO
Pendant mes études à l’Université, j’ai été choriste à l’EVUS (Ensemble vocal
universitaire de Strasbourg). Un jour, notre chef de choeur a demandé à une cantatrice de
nous apprendre à respirer efficacement pour bien chanter. Elle nous enseigna la méthode de
respiration abdominale qu’elle pratiquait. Elle disait sans cesse « Je veux voir vos ventres
bouger ! ». Sa méthode a aussitôt retenu mon attention et je n’ai cessé de la pratiquer. J’ai
transmis son enseignement aux choristes de l’ensemble vocal dont je fais partie actuellement.
Après l’hospitalisation mentionnée ci-dessus, j’ai glané divers renseignements sur des
sites Internet pour mettre au point ma méthode. Je pratique ces exercices avec succès
plusieurs fois par jour en contrôlant régulièrement ma saturation en oxygène avec mon
oxymètre de pouls.
25
Les femmes victimes de bronchites chroniques
Les femmes, presque aussi touchées que les hommes par la BPCO, maladie des
poumons et des bronches provoquant une insuffisance respiratoire chronique, meurent plus
souvent de cette maladie à consommation égale de tabac, selon les pneumologues. Trois
millions et demi de personnes sont atteintes en France de « broncho-pneumopathie
obstructive », une maladie due dans plus de 80% des cas au tabac et dans 20% des cas à
l’exposition environnementale, et qui peut dégénérer en bronchite chronique ou en
emphysème.
La BPCO serait largement sous diagnostiquée chez les femmes. Elles représentent en
France 40% des malades, mais il y a déjà plus de femmes que d’hommes atteints aux EtatsUnis. En outre la BPCO fait chez les femmes des ravages, avec des symptômes plus
importants, et plus précoces. Les causes de ces différences sont mal établies : sans doute les
bronches des femmes, de plus petit calibre, provoquent une « hyperréactivité bronchique ».
Leurs contacts plus fréquents avec les sprays ménagers ou les produits irritants peuvent
également jouer un rôle. Peut-être aussi y a-t-il des facteurs hormonaux. Côté positif, leur
réaction au sevrage est meilleure, puisqu’elles améliorent alors l’état de leurs bronches 2,5
fois plus que les hommes.
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26
LE SYNDROME D’APNÉES HYPOPNÉES
OBSTRUCTIVES DU SOMMEIL
Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est une pathologie
encore méconnue, fréquente chez l’adulte d’âge moyen. Il se produit à cause de l'obstruction
répétée, au cours du sommeil, des voies aériennes supérieures, qui peut provoquer le
ronflement ou l'arrêt de la respiration. Une fois le diagnostic établi, le traitement de référence
proposé est la Pression Positive Continue ou PPC.
Le traitement par PPC :
Aujourd’hui c’est le traitement de l’apnée du sommeil le plus efficace, et le mieux toléré. Sa
mise en place nécessite le port d'un masque raccordé par un circuit respiratoire à un appareil
électrique qui délivre de l'air. Cet air pressurisé agit comme une « attelle pneumatique »
permettant de maintenir les voies aériennes supérieures ouvertes et d'empêcher l'apnée.
Le générateur d'air envoie de l'air dans le circuit
respiratoire et le masque. L'air passe par votre nez et
votre gorge, où vos voies aériennes supérieures sont
maintenues ouvertes par la légère pression à laquelle
l'air est délivré. L'air délivré à faible pression ne
perturbe pas la respiration - bien que certaines
personnes aient besoin de plusieurs nuits pour s'habituer
à la sensation du débit d'air positif. Il est recommandé
de mettre en place un masque nasal en première
intention en l’absence de contre-indication.
Reste à déterminer ce niveau de pression efficace : c’est le rôle de la titration.
Les appareils de PPC :
Cette titration va s’effectuer avec un appareil de PPC dit « autopiloté », réglée entre 4 et 16
mbar. Cet appareil va ajuster automatiquement tout au long de la nuit le niveau de pression
nécessaire pour prévenir des événements respiratoires tels que les apnées et hypopnées.
Chaque appareil de PPC autopiloté possède son propre algorithme, breveté par le fabricant,
dont la performance a été cliniquement validée.
Algorithme de Resmed dévoilé, sur la gamme Spirit :
27
Signal de pression oscillatoire propre à la SomnoSmart II de Weinmann :
Au domicile le technicien effectuera
un relevé de titration, avec lequel,
en tenant compte des pressions des
90 et 95ème percentiles, il
déterminera la pression efficace.
Les valeurs de pression efficace
oscillent en général entre 6 et 14
mbar. Pour mener à bien cette
titration, le patient devra avoir une
utilisation moyenne supérieure à 4h,
et un masque adapté.
Graphique d’un relevé de titration obtenu sur la iSleep20i :
Une fois la titration réalisée,
un appareil de PPC dit
« Fixe » est installé. Cet
appareil fournira un débit d’air
constant tout au long de la nuit
à
la
pression
efficace
déterminée précédemment.
A noter qu’au long cours, il
est recommandé d’utiliser une
PPC autopilotée dans les cas
suivants :
 Haut
niveau
de
pression efficace,
 Variabilité importante
du niveau de pression
efficace.
De même il est préférable de mettre en place un traitement par PPC fixe dans les cas
suivants :
 Co-morbidité respiratoire (Syndrome d’hypoventilation alvéolaire, BPCO),
 Insuffisance cardiaque.
Système d’humidification :
Il est possible d’adjoindre à l’appareil de PPC un humidificateur chauffant. Sa mise en place
répondra essentiellement à des problèmes d’assèchement nasal ou buccal.
Revue des points forts des modèles existants :
Ces appareils sont sur le marché depuis 1 à 3 ans et disponibles pour la plupart en fixe comme
en auto-pilotée ; l’humidificateur est désormais intégré, leur niveau sonore se situe entre 2530 dB à 10 mbar, et leur poids entre 1-2 kg sans l’humidificateur.
Ils comprennent également pour la plupart, l’arrêt et le démarrage automatiques, et intègrent
des modes de confort tels que la rampe, les diminutions de pression à l’expiration…
28
De gauche à droite, et de haut en bas :
Gamme Sandman, Covidien : Appareil le plus léger grâce à sa micro-turbine, compact avec
son humidificateur,
Gamme Somnoconfort, Weinmann : Bon système de filtration,
Gamme S8, Resmed : Facile d’utilisation, appareil comme humidificateur chauffant très
ergonomique,
Gamme Sleepcube, Devilbiss : Système de Smartcode, il suffit au patient de donner une série
de codes, pour avoir un état des lieux du suivi patient (fuites, pressions délivrées, observance),
Gamme HC604, Fisher & Paykel : Le tuyau est chauffant, ce qui évite les problèmes de
condensation,
Gamme iSleep, GE Breas : Peut faire office de réveil, grande capacité de mémoire interne,
Gamme M Series, Philips-Respironics : Mode flex le plus abouti, qui permet une diminution
de pression à l’expiration, donc une expiration plus facile pour le patient.
Source : Recommandations pour la pratique clinique (RPC) du syndrome d’apnées
hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) de l’adulte suite au XIIème CPLF, site internet
constructeur, contact fournisseur.
29
ASTHME Ouvrez vos poumons !
Bronchodilatateurs, cortisone et aérosols sont les
indispensables alliés des personnes sujettes aux crises
d’asthme, qui provoquent respiration irrégulière et
sensation d’étouffement. Pour aider à endiguer la crise
et calmer l’angoisse, l’aromathérapie est un renfort
aussi efficace que méconnu !
Le poumon est l’organe majeur de la respiration. Il accueille
l’air inspiré par le nez, cet air étant préalablement réchauffé,
humidifié et débarrassé de ses poussières par le mucus et les
parois cillées des muqueuses. C’est ainsi le seul organe ouvert
en permanence vers l’extérieur. Son état va donc signer la
façon dont on gère les situations avec le monde environnant.
Les vécus d’agression, conscients ou non, se manifestent à ce niveau. « Il me pompe l’air », « j’étouffe
avec lui », « j’ai besoin d’air » : ces phrases s’accompagnent souvent au niveau physiologique par des
difficultés à respirer profondément, des oppressions thoraciques. Il peut y avoir des oppressions
irritantes ou grasses et, dans le pire des cas, la respiration devient irrégulière, pénible, les muscles
commandant l’ouverture et la fermeture des bronches se contractent brutalement. La crise commence.
Mieux respirer : voie cutanée
HE d’estragon
Artemisia dracunculus
50 gouttes
HE de camomille noble
Chamaemelum nobile
40 gouttes
HE de verveine citronnée
Lippia citriodora
40 gouttes
HE de khella
Ammi visnaga
30 gouttes
HE de mandarine
Citrus reticulata
30 gouttes
HV* de noyau d’abricot QSP*
15 ml
* HV : huile végétale
* QSP : quantité suffisante pour
Préparation :
Verser les huiles essentielles, selon les
quantités indiquées, dans un flacon en
verre teinté de 15 ml muni d’un comptegouttes. Compléter jusqu’en haut du
flacon avec l’huile végétale. Refermer
soigneusement et agiter.
Mode d’emploi :
Appliquer 8 gouttes sur le thorax et le
haut du dos dès les premiers symptômes
de dyspnée (respiration irrégulière).
Répéter l’application pendant la crise
toutes les demi-heures, au maximum 4
fois. En prévention : 8 gouttes, 3 à 4 fois
par jour, sur le thorax et le long de la
colonne vertébrale.
Des huiles pour maîtriser la crise
Pour calmer cet état d’urgence, on s’aidera d’huiles essentielles aux propriétés
antispasmodiques pour détendre les muscles bronchiques, anti-inflammatoires pour diminuer l’œdème
sous-jacent et, bien sûr, bronchodilatatrices pour rouvrir l’ensemble des alvéoles pulmonaires. L’huile
essentielle d’estragon est très efficace pour améliorer tous les types de spasmes neuromusculaires
comme les règles douloureuses, les oppressions thoraciques, mais aussi les spasmes intestinaux… Elle
permettra de détendre toute la zone. Celle de camomille noble est un très bel anti-inflammatoire de la
peau et des muqueuses. Elle est très utile pour toutes les affections dermatologiques inflammatoires et
prurigineuses (varicelle, urticaire, lésions de grattage) et participe au retour au calme du système
nerveux central. Enfin, elle excelle dans tous les chocs nerveux et toutes les manifestations du stress
(anxiété, douleurs abdominales, palpitations, oppressions thoraciques).
30
L’huile essentielle de khella est utilisée dans les séquelles d’infarctus, de pathologies
asthmatiques, car elle possède des activités broncho, coronaro et urétro-dilatatrices. Attention, la
présence de molécules coumariniques lui confère une toxicité photosensibilisante si l’on s’expose au
soleil dans les 6 heures qui suivent l’application (ou l’administration) de l’huile essentielle. Elle est
issue d’une plante ombellifère appelée aussi fenouil annuel (famille des apiacées), ses fleurs en formes
d’ombelles ressemblent à celles de la carotte. Cultivée en Egypte on l’appelle aussi l’herbe à curedents car ses tiges sont lignifiées et raides.
L’estragon, pour traiter l’allergie
Lorsque l’asthme est d’origine allergique, il est fortement recommandé
d’utiliser en traitement de fond (en prévention) l’huile essentielle
d’estragon. Elle peut être utilisée en complément de la formule
proposée, par voie sublinguale, à raison de 1 goutte sous la langue ou
sur un sucre, tous les jours, matin et soir, 3 semaines sur 4. Elle
possède de très belles propriétés antihistaminiques qui seront
appréciées par tous les sujets souffrant d’allergies : rhinites
saisonnières, rhume des foins, larmoiements. Cette huile ayant un fort
tropisme hépatique, elle rétablira le terrain et sera efficace quel que soit
l’allergène en cause. La meilleure façon de l’utiliser est en prévention
(15 jours avant la période à risque), mais aussi pendant la crise. On la
prendra sur un sucre, à raison d’une goutte tous les quarts d’heure, au
maximum 4 fois.
Rééquilibrer le système nerveux autonome
Dans l’état de crise d’asthme, il est utile d’apaiser la crise d’angoisse associée et de
réharmoniser le système nerveux autonome pour calmer les battements cardiaques, diminuer l’anxiété
et la pression artérielle, réguler le rythme respiratoire. On peut s’appuyer dès lors sur deux huiles
essentielles. Celle de mandarine est très appréciée des enfants. Son utilisation dans le bain du soir ou
en diffusion atmosphérique est remarquable d’efficacité pour le stress des tout-petits. Quant à l’huile
essentielle de verveine citronnée, c’est l’huile de l’espoir et de la gaieté. Elle travaille dans le sens de
l’apaisement nerveux, calme l’emballement adrénergique et redonne de la joie aux sujets déprimés. En
effet, en médecine chinoise, le poumon est le siège de la tristesse, de la mélancolie, de la solitude,
voire de la rancœur. L’excès ou le fait de cultiver le chagrin, la tristesse par rapport à un événement
passé ou par rapport à quelqu’un, vient épuiser l’énergie de cet organe. Il peut donc être utile de
travailler au niveau subtil avec les odeurs mais il existe aussi d’autres techniques appropriées pour
débloquer les émotions (du latin motio, mouvement) comme l’olfactothérapie ou certaines techniques
de réflexologie. Ainsi, les sujets souffrant d’asthme nerveux sans étiologie apparente allergique ou
bien sécrétoire auront tout intérêt à privilégier en aromathérapie ces huiles essentielles
réharmonisantes du système nerveux autonome comme celle de camomille noble, de verveine
citronnée, de mandarine ou bien encore celle de lavande fine ou de marjolaine des jardins. Toutes
ces huiles viennent apaiser les tensions nerveuses et libérer les nœuds émotionnels.
Hygiène : Les huiles essentielles font fuir les acariens
Certaines huiles essentielles mènent la vie dure aux petites bêtes
présentes dans les literies, les moquettes ou encore les canapés. Prenez
un flacon pulvérisateur de 1 litre et versez les huiles suivantes : verveine
citronnée, 60 gouttes ; cannelle de Chine, 40 gouttes ; et giroflier, 20
gouttes, puis ajoutez 1 litre d’eau. Comme les huiles essentielles ne se
mélangent pas à l’eau, il faut agiter le flacon avant et pendant
l’utilisation. Vaporisez une fois par jour pendant une semaine, puis une
fois par mois.
Aude MAILLARD aromathérapeute
Source : « PLANTES & SANTE » sept. 2009
31
Solution des MOTS CROISES
MOTS CROISES N° 48
A B C D E F G H I
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
P
R
E
F
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uelques éfinitions umoristiques du etit arousse !
Adolescence : L’ennui d’être seul, l’envie d’être deux, la peur d’être trois.
Aide au Tiers Monde : Aide payée par les pauvres des pays riches pour aider les riches des
pays pauvres.
Avocat : Seule personne capable d’écrire un document de 10 000 mots et de l’intituler
« Sommaire » !
Baby Sitters : Adolescents tenus de se conduire comme des adultes, de manière à ce que les
Oxygénothérapie Apnée du sommeil
adultes qui sortent puissent se comporter comme des adolescents.
Aérosolthérapie
Banquier : Homme qui teVentilation
prête un parapluie
lorsqu’il fait beau et qui te le reprend lorsqu’il
commence à pleuvoir (Mark Twain).
Réentraînement à l’effort
Consultant : Spécialiste qui retire ta montre de ton poignet, te donne l’heure et te fait payer le
Perfusion Nutrition
service.
Maintien à domicile
de l’escarre
Echo : Phénomène naturel qui Traitement
a toujours le dernier
mot, même avec une femme.
Dromadaire : Chameau qui bosse à mi-temps.
Economiste : Expert qui sera capable de dire demain pourquoi ce qu’il a prédit hier n’est pas
Alsace
arrivé aujourd’hui.
0 810
15 61
Facile : Se dit d’une femme qui a la même morale
sexuelle
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les hommes.
Femme : Ensemble de courbes qui font redresser une ligne.
Mariage : Union qui permet à deux personnes de supporter des choses qu’elles n’auraient
jamais eu besoin de supporter si elles étaient restées seules.
Groupe Initiative Pour la Santé
anté
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Les légumes bulbes fortifient vos artères
On peut en manger toute l’année… mais leur saveur
est beaucoup plus douce au printemps. Une raison de
prendre de bonnes habitudes car les légumes bulbes
(ail, oignon, échalote, poireau…) sont de sérieux
fortifiants pour notre cœur et nos artères.
Leur saveur marquée et leurs relents à la digestion ont
tendance à nous rebuter… voire carrément à nous
incommoder. Leur utilisation marque aussi une frontière
culinaire : la cuisine méditerranéenne utilise l’ail facilement et fait peu de cas de l’haleine des
convives tandis qu’au nord de la Loire l’oignon domine et on le retrouve dans de nombreuses
spécialités.
L’odeur et la saveur typée des légumes bulbes sont les signes d’une qualité
nutritive très spécifique. Ils contiennent des substances soufrées en grande quantité. « Et si
ces composants sont plus ou moins bien tolérés par l’estomac, c’est un petit mal pour un
grand bien, précise la naturopathe Aude VERET, car ils drainent le foie de façon très
efficace. » De façon plus générale le soufre, sous la forme de différents acides aminés, est
indispensable à notre organisme. Il participe notamment au transport de l’oxygène dans les
cellules. Mais notre organisme ne peut l’assimiler que quand il a été transformé par des
végétaux. Et, parmi ceux qui en sont richement pourvus, la famille des alliacés est très bien
placée.
Du soufre sous toutes ses formes
Tous les légumes bulbes ne contiennent pas exactement les mêmes composés soufrés.
Dans l’oignon, on trouve du disulfure d’allyle et de propyle dont l’action spécifique s’oppose
à une élévation excessive de sucre dans le sang. C’est un acide aminé (acide propénylsulfinique) qui, en s’échappant quand on coupe l’oignon, fait pleurer. Dans le bulbe de l’ail se
loge un antibiotique naturel, l’allicine, reconnue pour ses propriétés antibactériennes,
antimycosiques.
Ces composés soufrés ont toutefois en commun leur action thérapeutique : ils sont de
grands protecteurs du cœur et des artères. Certains – présents notamment dans l’ail –
fluidifient le sang, réduisent l’agrégation des plaquettes et luttent contre le dépôt des plaques
d’athérome. Ils jouent un rôle important dans la prévention des maladies cardiovasculaires
qui représentent aujourd’hui la première cause de mortalité en France. Selon plusieurs études,
la consommation d’une gousse d’ail cru par jour (soit environ 3 grammes) permettrait
d’obtenir un abaissement significatif du taux de cholestérol sanguin et plus
particulièrement du mauvais cholestérol (le fameux LDL). La pectine que l’on trouve dans
le poireau joue également ce rôle protecteur des artères.
Des antioxydants en réserve
Plus récemment, les effets anticancérigènes des composés organosoufrés ont été mis
en évidence. Ils permettraient d’inhiber la transformation de certains composés
potentiellement cancérogènes et de prévenir ainsi les tumeurs cancéreuses. La cystéine par
exemple est un excellent antioxydant et renforce le système immunitaire. D’autres nutriments
plus rares, comme le sélénium (dont l’oignon est la meilleure source végétale) viennent
renforcer ces propriétés.
La famille des alliacées a un autre point commun. On y trouve, dans des
concentrations élevées, des fructosanes. Ce sont des sucres complexes qui, en constituant la
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réserve énergétique de la plante, nous permettent aussi de la conserver pendant plusieurs
mois. Une qualité qui, à l’époque des grandes traversées sans escale, permit à de nombreux
marins d’éviter le scorbut. L’oignon leur permettait d’avoir tout au long de leur voyage un
approvisionnement en vitamine C.
Aujourd’hui, les fructosanes ont pour effet d’équilibrer la flore intestinale en
arbitrant la lutte entre les bonnes et les mauvaises bactéries. Ce sont ces fructosanes qui
permettent d’obtenir, quand on fait revenir ces légumes à la poêle, ce rendu caramélisé très
agréable.
Pour bénéficier à plein de toutes ces vertus, n’hésitez pas à les manger crus. Mais ne
négligez pas leurs apports une fois cuits. D’autant que l’oignon et l’échalote contiennent une
substance qui fait exception à la règle qui veut que les nutriments soient détruits par la
chaleur. En effet la quercétine – un antioxydant de la catégorie des polyphénols – ne
disparaît pas à la cuisson. Privilégiez tout de même le petit feu.
On ne compte plus les remèdes traditionnels réalisés à base d’ail, d’oignon, de
cives et autres légumes bulbes. Et pour cause, ils sont redoutablement efficaces. En voici
une petite sélection.
 Contre le rhume : faites bouillir 30 g de ciboule (la partie blanche) et 6 g de gingembre
frais. Boire chaud, se mettre au lit et se couvrir afin de transpirer abondamment.
 Contre les règles douloureuses : cuire un gruau de riz avec 80 à 100 g de riz blanc.
Quand il est prêt, hachez 30 à 60 g de ciboulette ail (ou ciboulette chinoise). Incorporez et
salez.
 Contre l’otite : moulinez des oignons crus et appliquez la purée en cataplasme autour de
l’oreille. A renouveler toutes les 4 heures. L’effet décongestionnant est au rendez-vous.
 Contre les petits vers : avalez sans mâcher une gousse d’ail crue coupée en petits dés
avec un grand verre d’eau. Vous serez rapidement débarrassé de ces parasites.
 Victime d’une foulure ou d’une petite entorse ? Faites appel à l’ail, connu pour éliminer
les toxines. Faites macérer une tête d’ail dans un peu d’huile que vous appliquerez en massage
doux sur le membre meurtri avant de mettre un bandage pour la nuit.
L’ail des ours : l’ail puissance 10
Dans les sous-bois vous repérerez vite l’odeur caractéristique de
l’ail des ours. Cueillez ses feuilles, – ce sont elles et non le bulbe
qui concentrent toutes les substances actives – car ses propriétés
sont décuplées par rapport à l’ail cultivé. Sa forte teneur en
sélénium en fait un excellent chélateur des métaux lourds
(plomb, mercure…). Autre qualité : l’ail des ours contient
beaucoup plus d’allicine et d’adénosine – deux antibactériens
puissants – que son cousin des champs. Enfin, l’ail sauvage
renferme des acides aminés spécifiques permettant de lutter
contre la formation des caillots de sang.
•
Préparez, 3 ou 4 fois par jour, une infusion de feuilles séchées. Cela stimulera la
diurèse et l’élimination des éruptions cutanées. Et ajoutez dans vos salades les pousses
printanières.
Par Isabelle SAGET
Source : Revue « PLANTES & SANTE »
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Pissaladière
Ingrédients : 1 kg d’oignons doux – 3 gousses d’ail – 2 cuil. à
soupe de thym émietté (frais en saison) – 6 cuil. à soupe de
câpres – 12 filets d’anchois à l’huile – 3 cuil. à soupe d’olives
noires confites (les dénoyauter de préférence) – sel – poivre
noir du moulin – facultatif : 6 filets de rougets
Pour la pâte : au choix, pâte à pain, brisée ou feuilletée
•
•
•
•
•
•
• Emincez et faites fondre les oignons 30 min dans une poêle.
Ajoutez l’ail pressé, le thym, le sel, le poivre et l’huile d’olive.
Ecrasez les câpres et ajoutez-les aux oignons avec éventuellement 1 cuil. à soupe de pâte
d’anchois si vous aimez.
Etalez la pâte de votre choix sur une surface farinée, faites-en un disque et disposez-le sur une
plaque de cuisson farinée.
Préchauffez le four (220°) (Si vous utilisez de la pâte à pain, la cuisson sera plus courte).
Répartissez la préparation aux oignons sur la pâte et enfournez pour 10 minutes. Baissez ensuite la
température du four à 200° et poursuivez la cuisson 10 autres min. Sortez la tarte et installez les
filets d’anchois égouttés par-dessus, ainsi que les olives noires dénoyautées. Faites cuire 5 à 10
min. de plus.
Pendant ce temps, faites dorer les filets de rougets 3 min. de chaque côté dans une poêle dans un
peu d’huile d’olive et posez-les sur la tarte au sortir du four. Poivrez et salez.
Quiche aux poireaux
Ingrédients : 600 g de poireaux – 300 g de pâte feuilletée ou
brisée – 125 g de lardons – 60 g de beurre – 4 gros œufs – 12
cl de lait + 12 cl de crème liquide – sel – poivre – muscade –
huile d’olive.
Lavez bien les poireaux et coupez-les en rondelles.
Chauffez l'huile et faites fondre le beurre dans une
sauteuse, mettez-y les poireaux à revenir à feu doux
pendant 15 à 20 min en remuant souvent.
• Pendant ce temps, faites dorer les lardons dans une petite poêle anti-adhésive.
• Préchauffez le four à 210°. Abaissez la pâte au rouleau et garnissez-en un moule à tarte à bords
hauts. Piquez le fond à la fourchette, puis répartissez-y les lardons et la fondue de poireaux.
• Battez les œufs puis mélangez-les au lait et à la crème. Salez légèrement, poivrez, 1 pointe de
muscade et versez cette préparation sur les poireaux.
• Cuire 35 minutes environ et servir avec une salade.
Variante : Remplacez les lardons par des petits morceaux de Maroilles ou de Munster si vous aimez
le fromage. Vous pouvez également mettre un couvercle de pâte pour confectionner une tourte. Ne pas
oublier une petite « cheminée » centrale pour la cuisson.
•
Pesto à l’ail des Ours
Ingrédients : 2 gousses d’ail – 1 gros bouquet d’ail
des ours – 50 g de pignons de pin – 120 g de
parmesan râpé – 15 cl d’huile d’olive – 1 cuil. à café
de gros sel – poivre du moulin.
•
• Laver le bouquet d’ail. Sécher les feuilles sur du
papier absorbant. Eplucher les gousses d’ail et en retirer le germe. Les détailler en fins copeaux
Mettre dans le petit bol du mixeur, les feuilles d’ail et les gousses, les pignons, la cuillère de gros
sel. Mixer par pulsions pendant 3 min. pour obtenir une purée fine. Ajouter 1 cuillère à soupe de
parmesan, puis la moitié de l’huile d’olive et continuer à mixer, puis ainsi de suite en alternant
parmesan et huile. Poivrer à la fin. Le Pesto se garde au frigo 2-3 jours et se congèle très bien.
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Huile sur toile (55 cm par 46cm) de Robert DELOUCHE – 2009 « Bourrasque »
Le N ouveau Port
J’ai quitté cette terre
D e misère et de guerre
J’ai largué les amarres
Et j’ai saisi la barre
Je vogue vers la terre promise
M algré le froid et la bise
Je n’ai plus peur de la mort
Car déjà je vois le N ouveau Port
Le N ouveau Port
A l’abri des quatre vents, j’amarre mon âm e
Près du phare où brille l’éternelle flam me
Et sur le quai, je sais qu’Il est là, qu’Il m’attend
Pour un autre Com mencement.
Joëlle REITENBACH - PEIFFER
Recueil « VERS LA LUMIERE » éditeur : Do Bentzinger
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Pour toi, Jean-Claude… D e ton épouse G abrielle, qui a chem iné vingt-huit ans à tes
côtés et t’a épaulé durant la m aladie que tu as supportée sans te plaindre. Tu disais
souvent : « on fera… » ou « on ira… », car tu as toujours cru que cette m aladie allait un
jour s’envoler. M ais c’est toi qui t’es envolé, vers ta brillante étoile.
Tu es parti avant le printem ps…
Tu es parti avant le printemps,
Sans voir les oiseaux ni les fleurs.
O ù sont donc tous tes souvenirs ?
Efface nos larmes, nos pleurs,
Fais renaître notre sourire !
Sur cette terre de labeur
O ù tu travaillas de grand cœur,
R ends-nous la force de l’espoir :
N ous allons un jour te revoir.
Près de Jésus, les bras ouverts,
Tu diras : « M angez, mes amis ! »
Tu auras mis notre couvert,
N otre joie sera infinie.
N ous n’aurons plus à nous quitter.
A jamais, dans l’éternité,
N ous retrouverons ton am our
Q ui nous comblera pour toujours.
« A dieu »
Toos V an H olstein (peintre hollandaise)
Boesenbiesen
10 m ars 2010
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ADIRAL
Association d’Aide aux Traitements à Domicile
3, rue Kellermann – C.S. 11004.67451 MUNDOLSHEIM CEDEX
Tel. : 03.88.18.08.30
. Fax : 03.88.20.36.32 . www.adiral.fr