Les zones mal desservies en haut débit sont des

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Les zones mal desservies en haut débit sont des
Les zones mal desservies en haut débit
sont des opportunités pour les initiatives
publiques FTTH
L
e Très Haut Débit est un
enjeu majeur pour l'aménagement et le développement économique des
territoires, mais l'ampleur
des investissements (30
milliards) et le temps de déploiement (15
à 20 ans) nécessitent de fixer une stratégie pour rechercher l'efficacité maximale de
l'action publique. Les schémas directeurs
(SDTAN et SCORAN) sont des opportunités
pour bâtir une feuille de route efficace qui
conduise vers le très haut débit pour tous.
Les premiers arbitrages relatifs aux actions
prioritaires seront déterminants notamment
ceux concernant les zones mal desservies
en haut débit.
La France est
incontestablement
en retard mais le
marché devrait se
réveiller d'ici 1 8
mois
Fin 2010, les chiffres du très haut débit
et notamment du FTTH en France, mettent
en évidence le retard de notre pays pour
la migration vers cette nouvelle génération
de réseau. En un an, à peine 40 000
nouveaux
clients
ont
souscrit
un
abonnement FTTH pour un total d'environ
100 000 abonnés soit 0,4% des foyers, ce
qui positionne notre pays en 12ème rang
européen
(derrière
tous
les
pays
scandinaves et certains pays d'Europe
centrale), les meilleurs dépassant 10% de
pénétration. En Asie, le Japon et la Corée
du Sud renforcent leur domination mondiale
avec respectivement 25% et 15% de
pénétration. La régulation française
poursuit ses efforts
1 0 GUIDE CITÉS NUMÉRIQUES 2011
pour inciter les opérateurs télécoms à
partager plus encore leurs infrastructures
FTTH, ce qui est du bon sens économique
et le minimum pour assurer concurrence
et effort pour la couverture du territoire.
Cependant, l'absence de moteur incitatif
(pression concurrentielle externe à l'ADSL
trop faible) a fait jusqu'alors défaut. En
effet, la concurrence du réseau câblé
modernisé face aux opérateurs ADSL n'a
pas permis d'enclencher une dynamique
forte, faute à la moindre performance
commerciale
de
Numéricâble.
Les
opérateurs ADSL continuent à dominer le
marché (95% de part de marché).
Cependant, l'arrivée en 2010 d'un nouvel
acteur dans le marché du fi xe (Bouygues
Télécom) motivé par la perspective d'ici
2012 du lancement de Free Mobile peut
se révéler un moteur pour l'ensemble du
secteur.
En moyenne 60 %
des foyers et
entreprises
resteront hors du
programme
d'investissements
des opérateurs !
L'ARCEP a défi ni en 2009, une liste de 148
communes couvrant environ 3 millions de
foyers, pour lesquels les opérateurs
envisagent une couverture totale en FTTH à
laquelle viennent s'ajouter les annonces
des opérateurs (déclarations via le guichet
« A » du grand emprunt ou initiatives en
propre). France Télécom, le plus ambitieux,
cible entre autre toutes les préfectures
départementales. Pour les territoires, il
est difficile d'anticiper précisément où les
opérateurs iront ou n'iront pas réellement,
d'autant plus qu'une large part des
communes désignées ne feront l'objet
d'aucun engagement contractuel ni avec
l'Etat, ni avec l'ARCEP ou les collectivités
locales.
Structurellement,
l'on
peut
cependant considérer que la zone
d'emprise actuelle du réseau câblé (environ
9,5 millions de foyers) correspond à un
périmètre
maximal
sur
lequel
la
concurrence par l'infrastructure s'exercera
probablement à terme et devrait donc
disposer d'une couverture FTTH par
l'investissement des opérateurs. Le marché
français du FTTH va donc progressivement
décoller, mais les collectivités territoriales
peuvent sans plus attendre agir. L'étude
menée par TACTIS met en évidence
qu'environ 60% des logements et
entreprises seront non couverts par les
investissements des opérateurs télécoms
y compris avec l'appui de l'Etat via le «
grand emprunt ». Plus encore, pour 50%
des départements les moins bien lotis ce
sera 75% des foyers et entreprises qui
resteront hors de portée des projets FTTH
privés.
Les zones
inéligibles à l'ADSL
et au triple play
offrent des
opportunit és
stratégiques à ne
pas rater pour
l'aménagement du
territoire
Pendant que les plus chanceux disposeront
d'offres concurrentielles très haut débit
(FTTH et câble), près de 500 000 foyers
resteront inéligibles à l'ADSL ou à l'internet
par le câble et plus de 25% des foyers inéli-
PAROLE D'EXPERT • STÉPHANE LELUX, FONDATEUR ET PRÉSIDENT DE TACTIS
gibles au triple play. Sur une région comme
Rhône-Alpes plus de 100 sous -répartiteurs
sur 9000, comptent au moins 50 foyers
inéligibles à l'ADSL et 3000 comptent
plus de 50 foyers inéligibles au triple play.
L'aménagement numérique des territoires
est donc face à un double enjeu, d'une part
créer un écosystème pour que les
métropoles et zones prioritaires conservent
leur attractivité, ce qui peut conduire à des
interventions publiques y compris en zones
très denses et en périphérie. D'autre part,
de ne pas considérer les zones rurales mal
desservies en haut débit comme
durablement condamnées à recevoir
tardivement une offre THD de moindre
qualité que celle des zones urbaines denses.
Envisager le
passage direct
au FTTH face
aux options
alternatives de
montée en
débit dans les
zones mal
desservies
Pour les collectivités locales, dans leurs
schémas directeurs, le traitement de ces
zones ressort naturellement comme l'une
des préoccupations prioritaires. Certains
envisagent de mettre en place des
solutions dites de « montée en débit » via
des technologies ADSL, radios ou
satellitaires.
Mais une autre approche, qui peut sembler
utopique, consiste à équiper directement
en FTTH les zones de sous-répartition
ayant au moins quelques dizaines de foyers
non éligibles à l'ADSL ou au triple play.
Cette démarche a plusieurs vertus. Sur le
plan politique elle est très lisible et positive
car permet à la collectivité de cibler des
zones où la population est en forte attente
d'intervention, sans risque de conflit avec
les opérateurs qui les délaissent. Pour la
collectivité cela peut être une première
étape consensuelle car répartie sur
plusieurs points du territoire, concrète et
d'un coût budgétaire progressif qui
pourrait s'inscrire dans le plan global de
couverture très haut débit pour tous à
terme. Sur le plan technique, cela permet
de bâtir simultanément des plaques locales
ciblées avec un réseau de collecte
structurant. Sur le plan économique, ce
ciblage peut paraître risqué (lignes souvent les
plus coûteuses à construire) mais dans les
faits, il n'est pour autant pas aberrant et
même probablement judicieux pour un
territoire. En effet, dans cette zone, les
clients insatisfaits par l'ADSL seront
immédiatement intéressés par le passage au
FTTH. C'est le cas notamment dans des
départements comme l'Ain ou la Haute-Savoie
où les zones desservies en FTTH captent en
quelques mois près de 90% des foyers et
entreprises qui ne sont pas éligibles à l'ADSL
ou même à un débit permettant l'équivalent du
triple play. Cette adoption très rapide est
d'autant plus forte si la même zone cumule
une mauvaise couverture TNT.
Le modèle économique de l'approche directe
FTTH bénéficie d'un taux de pénétration
clientèle bien meilleur que celui des zones
très denses. En effet, l'écart perçu par les
clients entre une offre triple play de très
bonne qualité et la nouvelle offre FTTH ne
déclenche pas une adhésion massive du fait
de la qualité du réseau ADSL dans ces zones.
Ce constat conduit à s'interroger sur
l'opportunité dans les zones mal desservies
en haut
débit à procéder à une montée en débit. Il est
important de bien étudier les avantages et
inconvénients
des
deux
approches,
notamment sur le plan économique. En effet,
la montée en débit se traduit par un modèle
de dépense par ligne très significatif (300 à
1000 euros) sans recette (du fait que les
opérateurs FAI ne sont pas disposés à payer
plus cher un réseau amélioré ADSL) face à
un investissement FTTH qui reste plus
important mais limité (2 fois en moyenne)
mais offrant des perspectives de recettes
pour l'infrastructure nouvellement créée
(basculement de la location des liaisons FT,
taux de pénétration important et rapide).
De plus, il faut analyser les conséquences d'un
choix à court terme de montée en débit sur
le passage au THD à moyen terme (taux de
pénétration réduit pour le basculement FTTH).
Cependant, plusieurs éléments techniques
conditionnent le succès d'une approche
directe FTTH. En premier, le ciblage de
groupements d'habitats pertinents (type
hameau ou centre bourg) adaptés aux
solutions filaires FTTH, ce qui est moins
évident pour l'habitat totalement isolé
pour lequel les technologies radio peuvent
s'imposer. En deuxième, le raccordement
des poches FTTH à un réseau de collecte
très haut débit est indispensable (Fibre
ou parfois si justifié FH). En troisième, la
recherche d'un regroupement par plaques
d'au moins 300 et plutôt idéalement 1000
prises FTTH conformément à la décision
de l'ARCEP de décembre 2010. Il s'agit
notamment de permettre l'arrivée des
opérateurs FAI nationaux en plus de l'offre
d'opérateurs locaux.
Pour les collectivités locales, il est
important d'analyser précisément ce point
dans leurs stratégies. La finalité est de
permettre aux foyers, entreprises et
services publics l'accès à une gamme de
nouveaux services indispensables à terme
au développement économique et à la
qualité de vie des citoyens. ¦
A propos de Tactis
A propos de Renaissance Numérique
Créé en 1995, TACTIS est le cabinet indépendant de conseil
stratégique dans le secteur des télécommunications. Il est
notamment leader en France en matière d'aménagement des
territoires et de développement économique liés au numérique.
Tactis dispose d'une équipe de 25 experts et consultants qui
interviennent en France et à l'étranger (via sa fi liale Diffraction
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Le Think Tank, lancé en novembre 2006, regroupe
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technologies. Sa mission est de REFLECHIR et
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Stéphane
LELUX,
Président du
Cabinet TACTIS,
membre de
l'Association
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