1. Quels acteurs sont concernés par l`utilisation des eaux

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1. Quels acteurs sont concernés par l`utilisation des eaux
III. Les eaux du Colorado : une ressource convoitée et menacée ?
Une ressource fortement exploitée et source de convoitises devient-elle systématiquement menacée ?
1. Une ressource convoitée et menacée
Doc. 1 : le Colorado, un Aral américain ?
Le plus grand fleuve de l’ouest des Etats-Unis a été un modèle d’aménagement intégral d’un bassin versant.
Long de 2 330 km, considéré comme « un Nil en attente d’aménagement », les Etats-Unis y ont construit de très
grands barrages, dont le Hoover Dam et le Glen Canyon Dam, et ont détourné ses eaux vers la Californie et le
Nouveau-Mexique. 120 m3/s d’eau du Colorado partent aujourd’hui vers les villes de Los Angeles et de San Diego.
Une partie des eaux est également détournée juste avant la frontière mexicaine vers les grands périmètres irrigués de
l’Imperial Valley, à l’extrême sud de la Californie. C’est d’ailleurs une erreur dans la conception du canal de dérivation
qui a conduit à la formation de la Salton Sea, qui reçoit les eaux polluées issues de périmètres irrigués en amont.
Le même sort était dévolu au Mexique, où se trouve l’embouchure du Colorado, dans le golfe de Californie.
En 1944, un traité avec les Etats-Unis lui réservait 35 m3/s sans en préciser la qualité qui allait en se dégradant
[…].L’eau était impropre à l’irrigation et a fortiori à la consommation humaine […]. Un effort a cependant été réalisé
afin d’améliorer les méthodes d’irrigation et de baisser la salinité de l’eau à 240 ppm grâce à la construction d’une
usine de désalinisation juste avant la frontière mexicaine. Tous les problèmes ne sont pas résolus pour autant : la
division des eaux entre les Etats fédérés américains, réglée par un arbitrage en 1922, est peu adaptée à une région
en forte croissance démographique, et la pollution par les engrais et les pesticides reste préoccupante dans la Salton
Sea.
Le Colorado aurait pu connaître une évolution potentiellement similaire à l’Aral, mais la prise en compte
relativement précoce des problèmes et des investissements massifs ont permis de stabiliser et d’améliorer la situation.
BLANCHON David, Atlas mondial de l’eau : de l’eau pour tous ?, Autrement, 2009, 79 p., p.49.
Questions :
1.
2.
3.
4.
Quels acteurs sont concernés par l’utilisation des eaux du Colorado ?
Identifiez les causes de tensions entre les différents acteurs et classez-les.
Quelles menaces pèsent sur la qualité des eaux du Colorado ? Sur la quantité d’eau utilisée ?
Quelles solutions existent ou peuvent être envisagées ?
Transition : peut-on imaginer qu’à plus ou moins court terme le Colorado puisse devenir un cas similaire à
la Mer d’Aral ?
3. Le Colorado n’est pas un « Aral Américain ».
A partir du document, pourquoi peut-on dire que le Colorado n’est pas un « Aral américain » ?
(Complétez votre réponse à partir de vos recherches en autonomie)
Travail préparatoire : recherche en autonomie au CDI.
- Existe-t- il des traités, accords qui permettent de gérer et / ou régler les conflits liés aux usages de
l’eau , à l’échelle internationale ?
- Qu’est ce que la révolution verte ? La révolution bleue ? Quels points communs et/ ou différences
relevez- vous ?
Documents
• Texte précédent.
• Planisphère : conflits et coopérations.
BLANCHON David, Atlas mondial de l’eau : de l’eau pour tous ?, Autrement, 2009, 79 p., p.67.
Apport de connaissances de la part du professeur
Le Colorado n’est pas un fleuve géré au niveau international.
Le Congrès de Vienne (1815) institue une commission centrale pour la navigation fluviale du Rhin
afin de gérer en commun le cours d’eau mais il faut attendre le XX° siècle pour que les coopérations
internationales s’élargissent aux autres usages de l’eau.
En 1997, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une convention sur le droit relatif aux usages
des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, elle réaffirme le concept
d’utilisation équitable et raisonnable de la ressource (Article 5), l’obligation de ne pas causer de dommages
significatifs aux Etats riverains (Art 7) et enfin une obligation générale de coopération (Art 8). Elle reprend
les principes énoncés dès 1966 à Helsinki.
A. Wolf, de l’université de l’Oregon, recense que l a gestion de l’eau se règle maintenant le plus
souvent par la coopération mais il recense une permanence de conflits entre le Bangladesh et l’Inde pour
les eaux du Gange/ Brahmapoutre, au Proche orient pour les eaux du Jourdain , pour le tigre et
l’Euphrate… ainsi que pour les eaux du Colorado.
Spécificité de la Californie.
•
Prise de conscience des Etats fédérés des enjeux environnementaux : mise en place de « plan
climat » pour réduire les GES, la Californie est le seul état à avoir assorti ces objectifs de sanctions.
•
Nouvelles techniques : Révolution bleue avec comme Objectif de réduire les pertes de l’eau a
cause de l’évaporation ou des infiltrations
Comment :
o Aspersion qui reproduit artificiellement la pluie
o Micro irrigation qui apporte l’eau au pied de la plante grâce à des tuyaux en plastique
o Actions en amont : bétonnage des canaux d’adduction pour éviter les pertes par infiltration
o Actions en aval : amélioration du système de drainage pour empêcher la salinisation des
terres ou leur engorgement.
•
Modifications des pratiques des agriculteurs qui introduisent dans les périmètres irrigués de
nouveaux produits à haute VA (noix de pécan, agrumes…) pour avoir le même revenu avec la même
quantité d’eau utilisée. Accentuation des différences sociales entre les agriculteurs qui peuvent
s’adapter et les autres et qui seront remplacés par les FTN.