Humanisme et Franc

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Humanisme et Franc
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Humanisme et Franc-Maçonnerie
(Planche pour la Tenue du 26 janvier 2007)
Vén. Maître et vous tous mes FF en vos Grades et Qualités,
La GLSA stipule dans ses principes généraux que l’Alliance maçonnique a pour but le développement moral
de ses membres et la pratique des principes humanitaires. .
Lors de la cérémonie de notre initiation, l’humanité se voit placée au centre de nos préoccupations. En tant
que Franc-Maçon, nous nous engageons à travailler sur nous-même et à dégrossir notre pierre brute dans le
but de pouvoir, par l’exemple de nos qualités et par nos actions, œuvrer incessamment à l’avènement d’une
humanité meilleure et plus éclairée.
A chaque Tenue, le Vénérable nous répète que le FM travaille à
l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité et que, pour ce
faire, il doit à la fois améliorer et l’homme et la société.
Il en résulte qu’en toute circonstance, le FM a
l’obligation de se soumettre à la loi de la solidarité humaine. Dans cet ordre d’idée, on a tendance à associer
l’humanisme à l’altruisme, plus précisément à la bienfaisance qui représente un comportement social dont le
but est d’aider - par compassion ou suivant des principes éthiques - des humains dans le besoin ou ceux
laissés pour compte. Faire une bonne action est un des principes éthiques chrétiens qui nous est inculqué
depuis notre tout jeune âge. Pour nous Franc-Maçon, la bienfaisance n’est toutefois qu’une petite partie de
notre comportement humaniste. C’est justement cela qui nous différencie des Clubs de Service où la
bienfaisance faite avec grand fracas est le but principal de toute action sociale.
Depuis toujours, la Franc-Maçonnerie est fortement liée à l’Humanisme et à ses principes. Le terme
humanisme est toutefois ambigu. Le mot humanisme nous vient du mot latin « humanitas ». C’est au 2ème
siècle avant JC qu’on trouve le mot « humanitas » dans les écrits de l’élite intellectuelle romaine, entre autre,
chez Cicero.
Mais on parle ici d’humanité pour marquer la différence qui distingue l’homme de la bête. Cette différence se
manifeste par la faculté de la pensée, de la culture, de l’érudition et par l’éducation personnelle qui vont
anoblir l’être humain dans le but de le conduire vers un niveau éthique élevé. Pour les Romains, l’humanisme
désigne donc toute chose élevant l’homme à une place à part des autres être vivants. S’appuyant sur les
auteurs de l’Antiquité, ils souhaitent bâtir une société nouvelle, différente, et espèrent éduquer l’homme pour
le grandir. C’est un courant culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique. Ce
courant propose un modèle humain définit comme une synthèse des qualités intellectuelles, morales, sociales
et affectives, caractéristiques même de la nature humaine.
Sous quel angle devons nous approcher
l’humanisme ?
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L’humanisme est d’abord une philosophie qui met l’homme et les valeurs humaines au au-dessus de
tout. Cette philosophie désigne toute pensée qui met, au premier plan de ses préoccupations, le
développement des qualités essentielles de l’être humain. Elle vise l’épanouissement de l’homme
rendu plus humain par la culture et par sa propre réalisation en suivant la voie de sa conscience et de
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la raison. L’humanisme est fondé sur la connaissance de l’homme et l’accomplissement harmonieux
de sa nature. Il défend rigoureusement tout ce qui constitue les plus grandes richesse de l’homme :
l’indépendance d’esprit et la liberté de mouvement. Il dénonce tout ce qui l’asservit ou le dégrade. Ce
mouvement consiste en fait à valoriser l’homme en partant d’une théorie de base, que l’homme est en
possession de capacités intellectuelles illimitées. Il faut seulement lui apprendre à développer et à
faire bon usage de ses facultés.
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L’humanisme est aussi un mouvement intellectuel d’un retour vers l’antiquité. Cette philosophie
cherche une synthèse entre la civilisation grecque et latine .Par l’étude des grands auteurs grecs et
latins, l’homme digne de ce nom est celui qui a pour essence la culture De mon temps on disait – en
étant élève du lycée – je fais mes humanités, en allemand, on dit aujourd’hui encore : ich bin im
humanistischen Gymi, c'est-à-dire, je fais des études avec latin et grec.
Ce retour à la pensée antique remit en vogue certaines notions, notamment :
celle de l’homme idéal qui se réalise lui-même en atteignant le plus grand accomplissement intérieur
grâce à l’étude des lettres anciennes, les fameuses humanités. On redécouvre les valeurs morales
encloses dans la littérature greco-latine et l’affirmation d’une liberté de l’homme et d’une certaine
indépendance d’esprit. Dans cet humanisme pédagogique, l’enseignement est libre de toute pression
et s’oppose ainsi à la souveraineté de l’enseignement scolastique
du moyen âge, basé
principalement sur les écritures chrétiennes autorisées par Rome, au cadre le plus souvent formaliste,
dogmatique, rigide et sclérosé et dont les autorités ecclésiastiques monacales en avaient le
monopole.
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L’humanisme est encore état d’esprit, un changement de perspectives dans la perception que
l’homme avait de lui et du monde dans lequel il vivait. Il y a une refonte des idéaux et des pratiques de
la vie sociale qui s’oriente vers l’agrément, la politesse et la civilité. C’est un humanisme politique. Ce
fut le début d’un processus d’interaction entre le contrôle corporel et les valorisations sociales. Surtout
les élites font l’apprentissage du primat de l’égalité des talents sur les privilèges de la naissance. On
parle de l’égalité des droits. L’homme, de par la dignité acquise, ne doit être soumis à la domination
de personne. Il se distingue entre autres des autres êtres par la liberté et l’indépendance de sa
pensée et de sa conscience. Il est libéré de tout préjugé. Il a le courage d’agir selon les principes qui
lui sont apparus vrais, justes et beaux.
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L’humanisme est enfin une conception philosophique de l’antiquité (Protagoras 480 BC) pour la quelle
l’homme constitue la valeur suprême absolue. Cet enseignement affirmait que « de toutes les choses,
la mesure est l’homme » Ainsi, suivant cet humanisme présocratique, c’est par l’homme et du point de
vue de l’homme que le bien et le mal, le vrai et le faux prennent leur définition. Protagoras dit que
c’est l’homme qui crée les différences en ce qui concerne le langage, le savoir, la sensibilité, les
couleurs ou toute autre perception. Il faut conclure que toute affirmation faite par un homme n’aurait
de signification absolue que pour cet homme. Cela mène vers un relativisme évident.
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C’est avec Pétraque qui vécu de 1304-1374, que surgit en Italie le mouvement humaniste de la Renaissance.
Parti d’Italie, le courant humaniste va rapidement conquérir toute l’Europe cultivée, grâce à la découverte de
l’imprimerie. Au début un humanisme chrétien se développe dans les milieux religieux avec le souci de
réaliser une synthèse entre les écrits antiques et la tradition scolastique. Puis l’humanisme se sécularise. On
considère que l’âge d’or de l’humanisme se situe au début du 16ème siècle avec ses grandes figures comme,
entre autres, Erasme, Thomas More, Rabelais ou Guillaume Budé. L’humanisme de la Renaissance prône le
retour aux sources antiques payennes et cherche à retrouver l’authenticité de la pensée des Anciens, perdue
sous les multiples interprétations chrétiennes du Moyen-âge. L’humanisme de la Renaissance cultive et
favorise l’aspiration à la connaissance des possibilités humaines ainsi que la réflexion de l’homme sur luimême suivant l’inscription figurant au ponton du temple de Delphe « Connais toi toi-même ».
L’humanisme de la Renaissance s’oppose à tout ce qui fait obstacle au développement de l’esprit et rejette
toute autorité arbitraire. Ses représentants (Erasme, Rabelais, Montaigne Eliot, Vives) mène un triple combat
qui touche l’éducation, la religion et la politique. Ils recherchent une nouvelle organisation de la vie sur le plan
social, politique, esthétique et religieux. Les Humanistes de la Renaissance prônent une éducation libérale
caractérisée par le respect de la personnalité et l’absence de tout endoctrinement. La politique doit être
caractérisée par l’amour du peuple, le pacifisme, la volonté d’équilibre entre les pouvoirs. Les humanistes de
la Renaissance restent théistes. Ils manifestent toutefois leur profond désaccord avec la hiérarchie
ecclésiastique. Ils refusent de reconnaître les dogmes de l’église mais ne sont pas contre la religion ; ils
s’élèvent exclusivement contre les pratiques ecclésiastiques. Cet humanisme donnera naissance au
protestantisme (Luther) ainsi qu’à certaines réformes de l’église romaine (Ignace de Loyala) et à la séparation
de l’Angleterre de l’Eglise romaine (Henri VIII).
Les philosophes des lumières (Montesquieu, Diderot et d’Alembert, Voltaire, Rousseau) sont les continuateurs
des humanistes de la Renaissance. Le mouvement des Lumières a été aussi le prolongement des
découvertes de Copernic et des théories de Galilée. Le développement des sciences mathématiques,
physiques et de la médecine avaient bousculé l’organisation du savoir.
Les Lumières veulent comprendre le monde et la vie par l’observation et l’expérimentation. Ils refusent de
croire sans comprendre, de répéter sans vérifier ce que transmet la tradition. Ils utilisent leur esprit critique. Ils
remettent tout en question. Pour eux, les capacités créatrices de la raison humaine sont capables de rendre
meilleures les conditions de vie humaine. C’est l’idée du progrès. Les Lumières sont ainsi en opposition à
l’obscurantisme du moyen age où tout s’opposait au progrès afin de ne pas mettre la foi chrétienne en péril.
Eclairés par la raison et la connaissance, les Lumières veulent chasser l’obscurité de l’ignorance et de la
superstition fondées sur la crainte ou l’ignorance. La Philosophie des Lumières consiste essentiellement en
une affirmation la notion de la liberté de penser, du libre arbitre, d’indépendance, de tolérance, d’ouverture et
de curiosité.
« Sapere aude » est la devise des Lumières: aie le courage de te servir de ton propre
entendement.
L’humanisme est fortement associé à la Franc-Maçonnerie. Entre 1717 et 1789,
les Loges, dont
les
membres faisaient partie de l’Elite de la Société, se sont répandues dans toute l’Europe. Elles ont fortement
contribué à répandre les idées philosophiques et l’esprit de réformes humanistes des Lumières dans les lieux
politiquement stratégiques. Nos principes et notre enseignement concentrent tous les caractères de la
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Philosophie humaniste, particulièrement ceux du siècle des Lumières. . En effet, la Franc-Maçonnerie est
dans son fond :
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elle est une société dite de pensée où le discours et la discussion entre Frères favorisent le
développement intellectuel et moral des Frères dans un but d’apprendre pour comprendre,
de
comprendre pour progresser, de s’instruire pour éduquer
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elle est une école de sagesse, car elle cultive non seulement une éthique de responsabilité, mais elle
incite à acquérir les connaissances qui feront du FM un homme cultivé, utile à la société et conscient
de la possibilité de diriger son évolution
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elle prône la tolérance; toutes les idées philosophiques, sociales, politiques ou autres étant égales à
ses yeux
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elle n’admet aucune limite à la liberté d’esprit et de conscience et ne fait subir aucune entrave à la
raison ou au sentiment. Le libre arbitre est de rigueur.
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elle lutte pour les droits de l’homme et s’élève contre toute entrave à la dignité de l’homme
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elle s’oppose à tout autre endoctrinement
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elle est théiste, conformément aux anciens devoirs, mais elle respecte et accepte les pratiques
déistes
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elle n’admet aucune des barrières, qui dans la vie ordinaire compartimentent les groupes humains:
Race, origine, profession, fortune, instruction
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elle invite à pratiquer la charité envers ceux qui sont dans le besoin
Comme vous le constatez, la FM est héritière de l’esprit humaniste du 18ème siècle. Elle a su le conserver
durant toutes les turbulences provoquées par les diffamations et les poursuites politiques encourues durant le
siècle dernier. La personne humaine possède une dignité fondamentale. Et cette dignité est inviolable. C’est
sur son appartenance à une humanité qui transcende tous les autres éléments de l’univers que repose la
vérité de l’homme. Nous sommes appelés à la défendre. C’est à nous de prendre le témoin. Basé sur la
justice et le respect de l’être humain, l’humanisme maçonnique revient avant tout à respecter et à faire
respecter les droits fondamentaux de l’être humain. L’homme n’est pas fait pour vivre seul. Son humanité
débouche obligatoirement sur la découverte de l’autre. Et c’est au contact des autres que l’homme se forme
lui-même.