Comédie Odéon (Lyon entreprises – 30/09/12)

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Le saltimbanque se mue en entrepreneur : Stéphane
Casez transforme l'ex-cinéma Odéon à Lyon en caféthéâtre
Dominique Largeron
L'heureux producteur du succès mondial « Arrête de pleurer Pénélope » et
propriétaire de deux salles de café-théâtre lyonnaises ajoute un fleuron à son
petit empire : l'ex-cinéma CNP Odéon du quartier Grolée de 300 places qui d'ici
la fin de l'année se muera en café-théâtre de deuxième génération, doté de
tout le confort moderne. Un investissement d'un million d'euros.
Une petite lueur se fait
jour dans le quartier
Grolée
Situé au cœur de la Presqu'île
lyonnaise entre le Rhône, la rue et la
place de la République, il était sinistré.
La plupart des commerces ou agences
de voyage qui y étaient fort
nombreuses ont fermé dans la
perspective pour le propriétaire de
l'ensemble des immeubles, de faire de
ce quartier un joyau haut-de-gamme,
un nouveau carré d'or. Mais pour des
raisons complexes et une ambition
probablement démesurée, hormis
l'installation d'un magasin à l'enseigne
Sephora, personne ne voit rien venir,
de depuis plus de cinq ans.
Cette lueur dans ce quartier mort prend la forme d'un café-théâtre qui ouvrira prochainement ses portes.
Parmi les établissements fermés depuis trop longtemps figurait l'ex-CNP Odéon où les cinéphiles se
délectaient entre autres des derniers films de Woody Allen, avant que le rideau ne se baisse pour toujours.
Comme la grande majorité des immeubles du quartier ce cinéma appartenait à une société bien connue à
Lyon : des Docks Lyonnais qui avait racheté les immeubles pour près de 100 millions d'euros au fonds de
pension américain Cargill. Ce dernier l'avait lui-même acquis en bloc après un appel d'offres auprès de la
Ville de Lyon. Cette ancienne salle aurait pu se muer une banque, en agence de mutuelle ou de société
d'assurance. Ce que craignaient les élus lyonnais désireux de maintenir ce quartier vivant.
Grâce à l'enthousiasme de Stéphane Casez, un ex-comédien de 44 ans, il est en train de se transformer en
un lieu de vie, en l'occurrence une salle accueillant des spectacles vivants.
L'ex-CNP Odéon qui sera rebaptisé « Comédie Odéon » est actuellement en travaux. Stéphane Casez a
décidé de le transformer en une scène « qui n'existait pas à Lyon : un café-théâtre de deuxième génération,
de trois cents places confortables, doté de fauteuils de cinéma et de tout le confort que l'on peut désormais
exiger ». Un investissement de près de 1 million d'euros réalisé en compagnie d'un autre producteur,
Philippe Giangreco, et une société d'investissement lyonnaise bien connue, mais qui entend rester discrète.
Les deux producteurs sont majoritaires dans le capital.
Mis aux normes de sécurité actuelles, le Comédie Odéon sera doté d'un plateau de 40 m2. « Nous aurons
beaucoup de moyens : nous allons pouvoir répondre à la forte demande des professionnels. Nous allons
pouvoir accueillir les grosses pièces de café théâtre ou des one man show de vedettes qui veulent se roder
avant de jouer de plus grandes salles. Nous allons pouvoir monter en gamme », se félicite Stéphane Casez.
Deux spectacles seront donnés chaque jour : des grosses pièces de café-théâtre à 19 h 45, puis à 21 h 30
des spectacles invités de la jeune génération de comédiens en train de percer.
Du fait de sa capacité, le futur Comédie Odéon aura aussi une programmation qui s'élargira au-delà des
frontières du café-théâtre : du jazz, voire, à des mini récitals d'opéra.
Stéphane Casez vise aussi la clientèle des entreprises
Stéphane Casez veut aussi proposer des soirées incentives aux entreprises. « Nous mettrons aussi cette
salle à disposition des conventions d'entreprise en leur proposant des spectacles adaptés, voire spécialement
conçus pour elles », annonce-t-il. Lever de rideau à la fin de cette année.
Mais qui est donc cet homme qui, bilan de ses différentes sociétés en main, a réussi à convaincre les
Docks Lyonnais de lui donner les clés d'un de ses immeubles, à lui, un saltimbanque ?
A l'origine, Stéphane Casez est comédien. Mais il participe à cette race d'acteurs qui a réussi la transition
en devenant chef d'entreprise, en l'occurrence producteur et directeurs de salles.
Il en possède d'ailleurs deux autres à Lyon : le Boui Boui (80 places) dans le Vieux Lyon, une salle de caféthéâtre où a notamment débuté Florence Foresti et le Rideau Rouge (130 sièges) à la Croix-Rousse. Il faut
y ajouter le Palace installé au sein de l'ancien cinéma Pathé d'Avignon qui pendant l'été, lors du Festival,
attire près 80 000 spectateurs.
Il a été aussi le producteur d'un des plus grands succès de l'histoire du café-théâtre : « Arrête de pleurer
Pénélope » qui a déjà drainé un total de deux millions de spectateurs. Un beau succès quand on connaît
l'exiguïté de la plupart des salles de café-théâtre. Il a été aussi le producteur de Stéphane Guillon.
Il prend autant de plaisir dans son métier de comédien que dans la gestion de ses différentes entreprises :
« Dans mon métier, le côté business est primordial. Quand on réussit, c'est formidable. J'ai la même
sensation d'adrénaline que lorsque je jouais un spectacle ! »
Un modèle économique à la forte rentabilité
Un autre argument lui a permis de convaincre les Docks Lyonnais de lui faire confiance : dans toute la
galaxie du spectacle vivant, le café-théâtre est le modèle économique qui fonctionne le mieux. « Dans le
café théâtre, on apprend à faire beaucoup avec très peu. Vous avez des artistes pas toujours reconnus, ce
qui les oblige à être inventifs, créatifs. On peut se permettre parfois des taux de remplissage très bas : il
constitue la plus forte rentabilité du spectacle vivant ! »
C'est donc un homme ambivalent mi-saltimbanque/mi-businessman qui prend la destinée du futur plus
grand café-théâtre de Lyon. Ce qui devrait constituer un gage de pérennité.
Photo (Dominique Largeron) : Stéphane Casez dans le futur Comédie Odéon, en travaux.
Publié le 30 sept. 2012 par Dominique Largeron.
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