Bijoutiers et risques prof 1998 J Piollat

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Bijoutiers et risques prof 1998 J Piollat
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Risques professionnels
en bijouterie joaillerie
Table des matières
Introduction............................................................................................................... 6
1. Historique.............................................................................................................. 6
1.1. Les techniques primitives[1, 2 ]____________________________________________ 6
1.2. La fonte et les débuts de la bijouterie______________________________________ 10
1.3. Les couleurs, les débuts de la joaillerie ; le lapidaire _________________________ 13
1.4. La bijouterie-joaillerie à travers l’histoire ___________________________________ 14
1.5. L’émergence de la bijouterie fantaisie _____________________________________ 22
2. Procédés actuels et mode d’exercice ............................................................... 24
2.1. La bijouterie en chiffres _________________________________________________ 24
2.2. Analyse de la fabrication des bijoux _______________________________________ 29
3. Les risques professionnels ............................................................................... 49
3.1. Risques généraux ______________________________________________________ 49
3.2. Risques toxiques par famille de produits___________________________________ 52
4. Effets toxiques par appareil............................................................................... 75
4.1. L’appareil respiratoire __________________________________________________
4.2. La peau ______________________________________________________________
4.3. L’ulcère de l’estomac ___________________________________________________
4.4. Le rein _______________________________________________________________
4.5. Le système nerveux ____________________________________________________
4.6. Le cœur et les vaisseaux ________________________________________________
4.7. L’appareil articulaire ____________________________________________________
4.8. Les appareils auditif et visuel ____________________________________________
4.9. Le cancer [7] ___________________________________________________________
77
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82
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83
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5. Récapitulatif des risques par poste .................................................................. 89
6. Prévention des risques professionnels............................................................ 93
6.1. Prévention technique ___________________________________________________ 93
6.2. Prévention médicale ___________________________________________________ 102
7. Législation et maladies professionnelles........................................................120
7.1. Les valeurs limites françaises et étrangères [52,53] __________________________
7.2. Classification des cancérogènes ________________________________________
7.3. La réglementation s’appliquant à la profession [59] _________________________
7.4. Maladies professionnelles indemnisables en bijouterie ______________________
120
141
142
149
8 . Visite d’une entreprise artisanale ...................................................................152
8.1. Entreprise A__________________________________________________________ 152
8.2. Entreprise B__________________________________________________________ 172
9. Conclusions .......................................................................................................183
10. Références bibliographiques .........................................................................186
11. Table des matières détaillée ...........................................................................194
Auteur : Dr Jacques PIOLLAT
MT2I – Médecine du Travail
Tél. : 04 76 40 09 09
15 Rue des Colibris - 38100 Grenoble
Fax : 04 76 22 77 77
Mémoire pour le DES de Médecine du Travail – soutenu le 27/04/1999
Encadrement scientifique : Dr Anne MAITRE – IUMTE – CHRG - 38700 La Tronche
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Glossaire
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brasure : soudure obtenue par interposition entre les pièces métalliques à joindre d'un
alliage ou d'un métal fusible, apporté à l’état liquide.
camée : cf. glyptique
cannetille : fil de métal (or, argent, etc.) tourné en spirale, que l'on utilise en broderie
châtelaine : ornement de ceinture de femme, auquel était suspendue une chaîne avec
des bijoux et des clefs (fin du XVIIIes., époque romantique)
cheville : avancée en bois de l’établi, situé en son centre et permettant d'y poser le bijou
pour le travailler
cloisonné : émail dont les motifs sont délimités par de minces cloisons de métal
retenant la matière vitrifiée
cire perdue : l’objet, façonné en cire, est recouvert de plâtre ou de sulfate de calcium
sauf en un point qui servira d’orifice par lequel la cire ,une fois fondue pourra s’écouler
et être remplacée par le métal précieux en fusion
collobore : mélange d’eau et de borax, utilisé lors de la soudure, afin de favoriser la
fonte du métal qui en est imprégné.
émail : substance vitreuse, opaque ou transparente, fondue à chaud, dont on recouvre
certaines matières pour leur donner de l'éclat ou les colorer d'une façon inaltérable.
dérochage : décapage d’une surface métallique par un bain d'acide sulfurique.
échoppe : burin des ciseleurs, graveurs, clicheurs, orfèvres, etc., affectant des
dimensions et des types variés.
épargne : technique qui permet en recouvrant une partie du métal de résine de ne
plaquer que la partie découverte.
estampage : façonnage, par déformation plastique, d'une masse de métal à l'aide de
matrices, permettant de lui donner une forme et des dimensions très proches de celles
de la pièce finie. glyptique :Art de tailler les pierres fines ou précieuses, en creux
(intailles) ou en relief (camées).
guillochis : décor gravé d'une surface, dessinant des lignes brisées ou onduleuses .
intailles : cf. glyptique
laminoir : machine à laminer un produit métallurgique par passage entre deux
cylindres
opus interassile : dessin en ajour sur feuille en or
nielle : incrustation décorative d'une substance de couleur noire (à base de sulfures
métalliques) sur un fond de métal incisé
repoussé : Se dit d'un travail exécuté au marteau et au ciselet sur une lame mince de
métal ou de cuir, afin de leur donner un relief ornemental. (Ce travail s'effectue en
attaquant le revers de la pièce à décorer, à la différence du défoncé)
filigrane : Ouvrage de bijouterie ajourée, fait de bandes ou de fils métalliques fins
entrelacés et soudés.
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Introduction
La bijouterie est un monde professionnel souvent mal connu du grand public. Les étapes
avant d’arriver au bijou définitif nécessitent la mise en œuvre de procédés variés, nombreux.
Ce travail tente d’expliquer les différents modes de fabrication des bijoux, qu’ils soient de
conception artisanale ou industrielle, qu’ils soient précieux ou fantaisie. Les risques sont
énumérés en fonction du poste, ainsi que leurs natures : chimiques, physiques, voire
psychiques. Des modes de prévention sont proposés.
1. Historique
1.1. Les techniques primitives [1, 2 ]
1.1.1. L’objet trouvé
Aussi loin que l’on remonte dans le temps, l’homme a utilisé des parures dont la signification
était tacitement comprise par le groupe.
La valeur de l’objet pouvait provenir de sa difficulté à l’obtenir. Son détenteur, avait dû
accomplir une prouesse, qui pouvait avoir une valeur initiatique. C’est le cas des dents
d’animaux féroces que certains hommes préhistoriques arboraient en pendentif. Il pouvait
s’agir de colliers de coquillages dans des contrées éloignées de la mer.
L’objet pouvait avoir une valeur symbolique et sacrée. Les ethnies d’Australie considéraient
le cristal de roche, comme des fragments de la voûte céleste; l’or représentait la chair des
divinités égyptiennes et évoquait le soleil en Amérique du Sud.
Le bijou a été longtemps sacralisé, représentation d’une puissance temporelle ou divine.
L’aspect talismanique de l’objet créa un langage du bijou. L’améthyste, du fait de sa couleur
violette, préservait de l’ivresse; le coquillage, par sa forme, avait des vertus contre la stérilité.
Figure 1 : Collier de dents [1]
1.1.2. Les techniques du choc
Après l’Objet « trouvé » (objet non travaillé, trouvé dans la nature ou sur l’animal), dont les
vestiges remontent entre 25 et 18 000 ans avant JC, le paléolithique a vu les premiers bijoux
« travaillés » ; il s’agit essentiellement des pierres percées, polies, lustrées (15000 à 5000
ans av JC). Ces techniques sont regroupées sous le terme d’art glyptique. A l’âge de bronze,
le bijoutier a essentiellement un travail de martelage.
Mais rapidement, dès 4000 ans avant JC, l’histoire de la bijouterie s’est intimement
confondue avec la fascination de l’homme pour l’or. Elle s’explique d’abord par sa rareté qui
est telle que même aujourd’hui, son tonnage mondial est limité.
Outre son aspect brillant et lumineux, ce sont surtout ses caractéristiques physico-chimiques
qui ont séduit :
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Si sa malléabilité le rend impropre, à l’état pur, à la confection d’outils ou d’armes, on
peut en revanche le battre et le modeler, même à froid.
- Son point de fusion est bas (1064°C), donc facilement atteint. [3]
- Il est ductile, plastique.
- Il ne s’oxyde pas.
- Il ne se corrode pas avec les acides habituels. Ni rouille, ni noircissement.
Très tôt, les connotations précieuse et talismanique de l’or ont incité les souverains et les
prêtres à s’en parer et à protéger leurs orfèvres.
Les premiers orfèvres ont tout d’abord utilisé des techniques ne nécessitant pas l’usage du
feu, se contentant de marteler (technique du choc), avec en particulier l’utilisation du
repoussé.
Cette technique consiste à étendre une feuille d’or sur un lit de poix chaude, le motif de
décoration étant tracé puis repoussé avec des poinçons arrondis. Selon ces principes de la
déformation plastique, les techniques de la ciselure et de l‘estampage, ont vu le jour. Cette
dernière permit l’ébauche d’une production en série. L’estampage consiste, à l’aide de deux
matrices métalliques (mâle et femelle), en l’emboutissage d’une feuille de métal précieux,
imprimant ainsi la forme ou le motif désiré.
A la différence de la ciselure qui déforme simplement le métal, la gravure a posé plus de
difficulté à l’orfèvre antique. En effet cette technique nécessitait des objets tranchants qui
enlevaient une partie du métal. Il fallut attendre l’invention de l’acier vers 600 ans av JC pour
que ce procédé puisse se répandre. Auparavant, en Egypte, on utilisait du bronze qui
s’émoussait rapidement.
Figure 2 : Outils du bijoutier [1]
1.2. La fonte et les débuts de la bijouterie
1.2.1. Quelques définitions
La glyptique ne concerne que le travail des pierres par perçage et polissage ;
L’art du martelage consiste à transformer le métal par le choc ;
Le bijoutier, lui, apporte la transformation de la matière par le feu. Il est un fondeur et il peut
être un soudeur. S’il fallait définir un bijoutier, il serait difficile de ne pas introduire les notions
de fonte du métal.
Quant à la définition de l’orfèvre, c’est l’artisan qui fait ou qui vend les gros ouvrages de
métaux précieux, argent et or principalement (vaisselle de table, objets de toilette,
luminaires, etc.) [4].
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Cependant ces deux derniers vocables sont souvent utilisés indifféremment lorsque l’on
parle de la bijouterie.
Le polisseur joue un rôle important, qu’il travaille des pièces en métal en bijouterie, ou des
pierres en joaillerie.
1.2.2. Les techniques archaïques de soudure
Pour fondre l’or, il faut atteindre une température d’au moins 1000°C, point de fusion qui peut
varier en fonction des impuretés présentes. Les peintures des tombes égyptiennes nous
permettent d’apprécier les techniques utilisées. Les orfèvres initialement soufflaient sur le
feu, au moyen de roseaux protégés par de la céramique aux extrémités. Progressivement ils
construisirent des fours à soufflets.
Les granulés ou paillettes d’or placés dans un four de boulanger fondaient en un bloc unique
qui, une fois refroidi, était réchauffé une seconde fois afin de préserver ses qualités de
malléabilité et de plasticité qui sont perdues lors de leur premier passage au contact de la
flamme. Il s’agit de la re cuisson.
Le métal pouvait être alors martelé ou transformé en feuille d’or.
L’assemblage des différentes parties du bijou fut d’abord réalisé en cousant au fil d’or.
A l’état naturel, l’or se présente sous la forme d’un alliage mêlé à d’autres métaux,
essentiellement l’argent et le cuivre. Ceux ci se caractérisent par un point de fusion plus bas
que ce métal précieux. Les premières soudures ont été réalisées, fortuitement ou non, grâce
à cette propriété physico-chimique, les impuretés fondant plus tôt que l’or permettant une
brasure.
Cette invention permit l’émergence d’autres techniques comme le filigrane et les granulations
qui nécessitent la fixation de fils ou de grains par soudure.
1.2.3. La fonte proprement dite
1.2.3.1. Les techniques initiales
La fonte ouverte : elle est connue depuis 5000 ans, elle fut d’abord réalisée par simple fusion
puis refroidissement.
La technique du moule : le bijou était réalisé en cire, puis recouvert d’argile qui, après
consolidation, formait un moule que l’on fendait en deux. La cire était alors enlevée pour être
remplacée par le métal en fusion. Il ne restait plus qu’à casser la moule après le
refroidissement du métal. Ce procédé nécessitait des améliorations du fait de la trop grande
quantité d’or utilisé, en raison de la reconstitution de la forme souhaitée par un objet plein.
La fonte creuse : le recours à la fonte creuse y remédia en interposant un noyau solide au
centre de la forme et en coulant le métal entre la forme et le noyau. Plus gros est le noyau
au sein de la forme, moins la quantité d’or utilisée sera importante.
1.2.3.2. La fonte à cire perdue
Enfin la technique de la fonte à cire perdue est le procédé encore utilisé aujourd’hui. Il est
connu depuis le IIIème millénaire avant notre ère.
Les étapes restent les mêmes : constitution d’un bijou en cire qui est ensuite recouvert
d’argile, de plâtre ou de sulfate de calcium sauf en un point, pertuis par lequel on laissera la
cire fondue s’évacuer en la chauffant. A la place, le métal définitif en fusion, sera coulé dans
le moule par le pertuis.
1.3. Les couleurs, les débuts de la joaillerie ; le lapidaire
Le souci des couleurs, la recherche de pierres précieuses sont le rôle dévolu à l’orfèvre
joaillier.
1.3.1. Quelques définitions
-
Le lapidaire est le professionnel qui taille et polit les pierres précieuses et fines,
spécialisé soit dans le diamant, soit dans les autres gemmes [4].
Le joaillier met en valeur les pierres fines et précieuses, en utilisant leur éclat, leur
forme, leur couleur. [4].
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Les différences sont subtiles et ces deux termes peuvent être considérés comme
synonymes. Il est difficile de faire des différences trop strictes entre chaque métier de la
bijouterie.
1.3.2. La joaillerie
La passion des pierres colorées avait précédé celle de l’or. Elle était restée très forte en
Egypte, même après le début du travail de l’or. Initialement elle relevait du simple objet
trouvé non travaillé. Puis la glyptique, art de la taille et du perçage des pierres, dès le
néolithique s’est développée.
Les premières pierres utilisées par les Egyptiens ou les Sumériens, furent le lapis-lazuli
(bleu), la cornaline (orangé), la turquoise, l’agate, le jaspe (verte). Après avoir été utilisées
seules, les artisans essayèrent de les utiliser associées à l’or.
Ce fut la naissance du cloisonné. Cette technique consiste en l’assemblage de petites
bandes de minces feuilles de métal soudées à la surface du bijou, constituant des niches
pour une pierre ou un émail.
Les Egyptiens, déjà, ont recherché des substituts aux gemmes. En particulier ils utilisaient
des cristaux de roche transparents, qu’ils faisaient cuire après les avoir amalgamés avec des
ciments colorés. Ils utilisaient aussi du verre poreux à émail.
Autre technique de coloration, le nielle, qui permet d’accentuer le contraste entre la partie
polie du métal et l’incrustation. Une substance noire, réalisée à partir d’un mélange de cuivre
et d’argent chauffé, est coulée dans les sillons d’une portion gravée par exemple. Les
Mycéniens l’utilisèrent pour la décoration de leurs armes. Les romains l’introduisirent dans la
bijouterie. Puis ce procédé fut négligé jusqu’au XIXème siècle où il retrouva une certaine
audience.
1.4. La bijouterie-joaillerie à travers l’histoire
1.4.1. L’Antiquité
Les influences égyptiennes, grecques et romaines, dans la bijouterie aussi, semblent avoir
marqué toutes les civilisations occidentales et méditerranéennes.
Les différents auteurs font souvent remonter l’histoire de la bijouterie aux Sumériens (IVème
millénaire av JC ). On retrouve dans la tombe de Mesilim, roi de Kish, un casque d’or ciselé,
un stylet de cérémonie en or dont le manche était constitué d’un seul morceau de lapislazuli décoré d’or avec filigranes et granulations. Ils utilisaient aussi l’agate ou la cornaline.
Malgré les nombreuses profanations et les refontes d’objets, l’Egypte ancienne nous a laissé
un témoignage précieux du niveau de compétence des orfèvres de l’époque située entre
3000 et 2000 ans avant JC. Ils maîtrisaient le cloisonné qui leur permettait de mettre en
valeur les nombreuses pierres qu’ils affectionnaient particulièrement : cornaline, lapis-lazuli,
turquoise, jaspe, améthyste, ambre, calcédoine, stéatite , etc. Les boucles d’oreille inusitées
jusqu’au Nouvel Empire, furent probablement introduites de l’Asie où elles étaient produites
depuis plus de 2000 ans . Les colliers étaient aussi très populaires pendant toute l’époque
dynastique.
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Figure 3 : Orfèvres et menuisiers égyptiens: copie d'une peinture
des tombes de Nebaùin et Ipuky( 1380 avant JC.)[1]
Aux mêmes époques, d’autres civilisations poursuivaient une évolution similaire. C’est le cas
de la Crète, qui, après avoir développé le repoussé au Minoen ancien (2800-2000 ans av
JC), utilisa les granulations et les filigranes au Minoen moyen (2000-1550 av JC ), puis le
cloisonné et l’émaillage au Minoen récent et au Mycénien (1550-1100av JC ).
Il en sera de même pour les Grecs dès 600 ans avant JC, puis les Romains, mais ces deux
peuples manquaient d’or et durent attendre leur expansion pour pouvoir réellement le
travailler et le maîtriser. Cette pénurie explique les deux lois romaines restreignant l’usage
de l’or vers 450 avant JC. La loi des Douze Tables limitait la quantité d’or enterré avec les
morts ; la Lex oppia autorisait les femmes à ne porter sur elles que quinze grammes d’or.
Les orfèvres romains, après une longue période de respect strict du style grec, innovèrent
avec l’opus interassile, qui consiste à réaliser un dessin en ajourant une feuille d’or au burin .
Ils portèrent la sculpture des gemmes à un niveau encore inégalée, avec en particulier l’art
du camée.
1.4.2. Le Moyen Âge
A la chute de l’Empire romain, les orfèvres ont fui à Constantinople. A la pauvreté en or
relative de Rome, s’oppose l’abondance de Byzance. En 518 son Empereur Anastase
léguait en testament plus de 145 000 kilogrammes d’or. Les matériaux et les techniques
étaient les mêmes; en revanche la virtuosité de la bijouterie byzantine est restée célèbre.
Charlemagne, par son couronnement en 800, eut un retentissement considérable sur la
joaillerie dans toute l’Europe. En revanche, il confirma l’interdit chrétien d’enterrer les morts
avec leurs bijoux et il réserva le port de la joaillerie profane aux membres royaux et aux
nobles. Ceci fut prorogé jusqu’au XIVème siècle, confiant, de fait, l’orfèvrerie aux moines pour
un usage presque exclusivement religieux. Mais dès le XIème siècle, des artisans laïcs
officièrent à leur contact.
Le XIIIème siècle fut celui des grands bijoux royaux. Les gemmes non travaillées étaient alors
moins en vogue que les pierres sculptées. Les artisans devenaient artistes et avaient chacun
leur originalité. Le regard du connaisseur décelait, pour chaque bijou, l’atelier de sa
provenance. La profession commençait à s’organiser afin de se protéger, mais aussi pour
répondre aux exigences de la clientèle. En 1331 et 1335, en France, des lois furent
promulguées, interdisant l’usage des pierres fausses, limitant l’usage des perles de rivière,
ainsi que celles venues d’Orient.
Dès le XIVème siècle, les lapidaires arrivèrent à tailler le cristal à moitié et à en tirer deux
pyramides. L’étape suivante fut la taille ou le polissage de cette pyramide en une surface
plane. C’est la taille en table. Cette évolution de la glyptique se continua, les trois siècles
suivants, abaissant le bijoutier au rôle de simple faire valoir du lapidaire. L’orfèvrerie perdait
progressivement son caractère de reconnaissance de castes et devenait partie intégrante de
la mode naissante. Elle était moins cérémonielle, plus laïque.
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1.4.3. La Renaissance et les Temps Modernes
Figure 4 : Atelier de bijoutiers au XVIIIémesiècle
"Les ouvriers a et b montent des bijoux. Un autre c forge le métal; un autre d le chauffe ou le
soude à la forge. Un dernier , en c, soude au chalumeau ou à la lampe tandis qu'
une femme
au comptoir pèse et vend les marchandises". Encyclopédie de Diderot [2]
Le XVIème siècle fut celui des perles et des émaux cloisonnés. La bourgeoisie en assurait la
prospérité, mais ne pouvait encore guère en profiter.
Le XVIIème fut celui des diamants, des motifs floraux et du Cardinal de Mazarin. En effet
celui-ci incita les lapidaires à développer la taille de pierres. Ainsi naquit la taille Mazarin ou
brillant double, qui permettait d’obtenir trente deux facettes et deux tables. A la fin du XVIIème
siècle, Vincenzo Perruzi réalisa la taille brillant triple ou taille brillant, qui permettait d’obtenir
cinquante six facettes et deux tables. (C’est la technique actuellement employée.)
Figure 5 : Types de taille du diamant : brillant double et triple et émeraude [2]
C’est le début des diamants célèbres : le Hope, Le Régent, le Grand Moghol, le Koh-i-noor,
le Orlov, le Sancy, le Florentin, le Shah, le Cullinam. Chacun a sa personnalité, son histoire,
son caractère bénéfique ou néfaste.
Du fait de la corrélation fréquente de la bijouterie et de l’horlogerie, il faut citer l’invention du
balancier, qui révolutionna cette industrie.
Le XVIIIème siècle fut la poursuite de la passion des pierres et celui de la mode des
châtelaines et des boucles ; le style rococo favorisant la diversification des couleurs .
1.4.4. Les XIXéme et XXème siècles
Après la récession créée par la Révolution française, le Premier Empire instaura un style
retrouvant des tendances classiques, voire même antiques.
La Restauration de la monarchie Capétienne fut aussi celle du style gothique. Les bijoutiers
copièrent des objets de la Renaissance ou antiques, composés de peu de diamants, mais de
beaucoup d’améthystes, de topazes, d’aigues-marines et de turquoises. Certains s’en
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inspiraient pour innover, comme François Désiré Froment-Meurice à Paris et Pio Fortunato
Castellani à Rome. Une seule nouvelle technique à citer : la cannetille, procédé de
production de fils d’or entrelacés en gros filigrane.
Le second Empire vit le retour de la mode des gemmes, alors qu’en Angleterre, le veuvage
de la reine Victoria créa, de 1861 à 1886, une bijouterie de deuil avec l’utilisation de
matériaux nouveaux, comme le jais, le verre noir (jais français ), le bois de chêne (bog oak).
A la fin du siècle, pendant que la famille Romanov rendait Fabergé célèbre, l’Europe
occidentale fut envahie par l’Art nouveau qui essayait d’utiliser des matériaux nouveaux,
comme l’ivoire, le bois, les émaux et des inspirations différentes, en particulier orientales.
René Lalique en fut l’artisan parisien le plus célèbre, en partie grâce aux bijoux qu’il confia à
Sarah Bernhardt. La bijouterie et l’orfèvrerie traditionnelles continuèrent à Paris, en
particulier, avec Cartier et Boucheron.
Le début du XXème siècle vit l’apparition du platine, métal qui, à la différence de l’argent, ne
s’oxyde pas et qui est si résistant qu’il ne nécessite que peu de matière pour enchâsser une
pierre.
Dès 1918, l’orfèvrerie commerciale des grandes maisons persista aux côtés de producteurs
artisans créateurs. Parmi ceux là, François Hugo est resté célèbre pour avoir produit les
œuvres de Cocteau, Picasso et Ernst.
1.5. L’émergence de la bijouterie fantaisie
Le terme « bijou fantaisie » fut cité pour la première fois à l’Exposition Universelle de Paris
en 1900. Pendant des siècles, la bijouterie a été interdite aux bourgeois, du fait de son coût
et aussi en raison des interdictions royales ou du clergé. Progressivement l’étau se desserra
et la révolution industrielle débutante du XVIIIème siècle enrichit certains bourgeois; ce qui les
incita à prétendre à une place dans la cité .
Les évolutions technologiques engendrèrent de nouveaux matériaux qui permirent de
confectionner des bijoux à moindre prix. Des pierres artificielles apparurent à la fin du siècle.
George Ravenscroft créa le glass of lead ou flint glass, verre à base d’oxyde de plomb doté
d’un indice de réfraction supérieur à celui de certaines pierres traditionnelles. Ce nouveau
matériau pouvait subir une taille brillant.
Par ailleurs Joseph Strasser fabriqua un oxyde de plomb, plus lumineux que le flint glass : il
s’agit du strass .Un marché légal pour ces pierres non précieuses s’ouvrit. En 1767, à Paris,
314 artisans les fabriquaient et cet art fut reconnu en tant que tel. D’autres matières furent
utilisées : la pyrite , la marcassite (qui sont des minerais de fer) et des fragments de cristal
de roche.
Autour de 1800, Christopher Pinchbeck créa un alliage qui porta son nom ; il était composé
de 17% de zinc et de 83 % de cuivre. Il s’agissait essentiellement de bijoux d’imitation.
En Angleterre, Woodstock fut célèbre dans toute l’Europe pour ses bijoux en acier. Cet
alliage, connu déjà dans l’Antiquité, put trouver son essor avec l’érection des hauts
fourneaux. Il pouvait remplacer non seulement le métal, mais aussi les pierres car il pouvait
même être taillé. L’Angleterre parvint à maintenir cette industrie jusqu’au début du XXème
siècle, en développant ses propres modes et sa propre culture.
A Berlin, en Allemagne, le coût des guerres Napoléoniennes favorisa l’essor de la bijouterie
en fer. Les bijoux précieux furent échangées contre d’autres en fer sur lesquels il était gravé
Gold gab ich fûr Eisen (j’ai donné de l’or en échange de fer ) ou Ein Gest auscht zum wohl
des Vaterlands (donné pour le salut de la mère patrie ). La mode de ce matériau dépassa
l’Allemagne, envahit l’Europe et survécut à la défaite napoléonienne.
Au XIXème siècle, l’Angleterre Victorienne, développa le plaqué, procédé inventé par Luigi
Valentino Brognatelli, au début du siècle qui permet une électrodéposition d’un film
métallique sur un matériau moins noble par électrolyse. La conséquence était une
consommation d’or ou d’argent infime par rapport à la grosseur du bijou et une apparence
strictement équivalente. En outre, les techniques d’estampage s’améliorèrent, permettant
des gains de productivité.
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Figure 6 : Bijoux en acier, bracelet et boucle d'oreilles à facettes; fin XVIIIéme siècle [1]
2. Procédés actuels et mode d’exercice
2.1. La bijouterie en chiffres
2.1.1. Les métaux précieux [ 5,2]
2.1.1.1. L’or
C’est le métal contenu dans le minerai qui est comptabilisé. En 1996,la production mondiale
était de 2 041 tonnes, extraite principalement dans les pays suivants (par ordre dégressif ) :
l’Afrique du Sud , les Etats Unis , l’Australie , le Canada .
L’or est exploitable sous deux formes :
- l’une visible, à l’état natif, où il se présente sous forme de poudre, de paillettes et de
pépites dans des gisements alluvionnaires de surface,
- l’autre invisible, dans des filons souterrains, où il est mélangé à d’autres composants. Il
est ensuite broyé, transformé en concentré aurifère par flottation ou par cyanuration,
puis filtré ou précipité et enfin fondu en lingot d’or pur ou allié. La température de fusion
de l’or, qui varie selon ses impuretés, est de 880 à 1000°C(1064°C).
Sa malléabilité ne lui permet pas de rester pur mais nécessite qu’il soit allié à d’autres
métaux [6,7] :
- l’or rose contient 20% d’argent et 5% de cuivre
- l’or gris ou blanc contient 20%de nickel et 5% d’argent, avec présence de palladium
Le carat correspond à 0.041g d’alliage d’or. Il correspond à la quantité d'or fin contenu dans
un alliage, exprimée en vingt-quatrièmes de la masse totale [4]. En France, l’or pur contenait
24 carats, soient 1000 g pour 1000 g d’alliage. L'
or à vingt-quatre carats est de l'
or pur.
Depuis peu, il peut contenir 18 carats (75%d’or et 12 à 20% d’argent,1 à 12% de cuivre) [7].
A l’étranger, il existe de l’or à 14, voire 9 carats. [3]. Un poinçon garantit le titre. [8]
Tableau I : Pourcentage de poids suivant le carat
% by weight
10 carats
14 carats
18 carats
or
41.7
58.3
75
cuivre
32.8
23.5
2.23
nickel
17.1
12.2
17.3
zinc
8.4
6
5.4
2.1.1.2. L’argent :
La production mondiale était de 14 462 tonnes en 1996, extraite principalement dans les
pays suivants (par ordre dégressif ) : le Mexique, le Pérou, les Etats Unis, le Canada, le
Chili. L’argent se trouve à l’état natif (sous forme de fils ou dendrites) ou de sulfure d’argent.
Les dendrites sont en géologie des figures arborescentes ramifiées formées de petits
cristaux, à la surface de diverses roches.
Il peut aussi être mélangé à du sulfure de plomb, à l’or, au cuivre ou au mercure. Il est le
métal le plus ductile [3]. Après broyage, dissolution, il y a création d’amalgame. L’affinage est
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réalisé par coupellation ou électrolyse. La température de fusion de l’argent est de 960 à
1000°C.
2.1.1.3. Le platine :
La production mondiale est de 133 tonnes en 1996, extraite dans les pays suivants (par
ordre dégressif) : l’Afrique du Sud, la Russie, le Canada, les Etats Unis, la Colombie.
Sa température de fusion est de 2000°C(1755°C) [6].
Il est très résistant, tout en étant malléable et ductile. Il est habituellement utilisé allié à un
autre métal, en particulier le palladium, qui l’éclaircit [3].
2.1.1.4. Les impuretés du métal
Tous ces métaux peuvent contenir, à l’état de traces du cadmium, du cuivre, du nickel, du
zinc ou du palladium.
2.1.2. Les pierres précieuses et les matériaux organiques [3]
Les pierres précieuses sont des minéraux dont les spécificités sont la dureté, la résistance,
l’éclat, la transparence et la couleur.
Les pierres transparentes sont les diamants, (dont la dureté est la plus importante), les
émeraudes, les rubis, les saphirs.
Les pierres semi-précieuses sont opaques, plus jeunes, moins dures. Elles ont pour nom :
agate, aigue-marine, grenat, lapis-lazuli, onyx, topaze, turquoise…
Les matériaux organiques sont depuis longtemps utilisés aussi, comme l’ambre, la perle,
l’ivoire. Pour la nacre et les coraux, des poussières très fines contenant de la conchyoline,
s’en dégagent et sont responsables d’irritations respiratoires.
2.1.3. Le marché de la bijouterie en France [9,10 ]
Le monde de la bijouterie est en pleine mutation, depuis1986, date de l’arrivée des grandes
surfaces sur le marché de l’article précieux. Aujourd’hui elles représentent 30% du marché,
en volume pour les bijoux et 20% en valeur. Elles ont dynamisé les ventes, les faisant passer
de 12 à 15 milliards de francs (hors horlogers et établissements de la place Vendôme) en six
ans. Le nombre de bijoux vendus est passé de 10 à 16 millions d’unités.
Le marché parait encore prometteur, si l’on considère que seulement 18 % des françaises
possèdent cinq bijoux en or, contre 48% en Italie. Un tel marché intéresse aussi les
étrangers, en particulier les Thaïlandais et les Italiens, qui représente déjà 50 % du marché
avec un doublement de leurs exportations en six ans. L’Italie est le premier fabricant mondial
de bijoux en or. Quant à la Thaïlande, ses coûts de production sont dix fois inférieurs à ceux
constatés en France.
L’objectif aujourd’hui, c’est le bijou d’appel à 500 francs, sachant qu’un achat moyen dans
ces grandes surfaces est de 468 francs actuellement. De ce fait, les marges s’amenuisent et
les entreprises se modernisent, se regroupent dans leur organisation et dans leurs achats.
Certains industriels ont investi dans une fonderie. Les délais de livraison chutent, les
entreprises travaillent en juste à temps.
Face à ces grosses sociétés, les entreprises artisanales, dont les prix de revient sont plus
importants, ne peuvent trouver leur salut que dans la création. Ils ont la nécessité de
proposer un autre service, comme la réparation ou la transformation tout en améliorant leur
technique de vente.
2.1.4. Les effectifs de la bijouterie en France
En 1985, le secteur de la bijouterie française comptait 5088 personnes, à répartition égale
entre les sexes. Le secteur se répartissait, pour ses 2/3, en entreprises de moins de 10
salariés (soient 209 /330) [6]
En 1990, en France, il existait 3380 entreprises artisanales (de moins de dix salariés) dont le
chiffre d’affaires cumulé était de 2.5 milliards de francs ; leur effectif global était de 7532
personnes.
Il existait 299 entreprises de plus de dix salariés, dont le chiffre d’affaires était de plus de 7.3
milliard de francs pour un effectif global de 13 370 personnes. [9]
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En 1990,la Commission d’Etudes Générales d’Organisation Scientifique ( le CEGOS )
déplorait qu’en France, les sertisseurs, les tailleurs et les émailleurs aient presque disparu.
Les points de vente traditionnels diminuent (8000 en 1990 pour 10 000 en 1982 ) ; en
revanche les succursalistes se multiplient (Marc Orian est passé de 23 à 256 magasins entre
1994 et 1998.
La Fédération National Artisanale des Métiers d’Art de Création de bijoux( la FNAMAC )
déplorait qu’il n’y ait que 125 CAP de bijoutiers en 1990.
2.2. Analyse de la fabrication des bijoux
2.2.1. Conception du bijou [2,6 ]
Depuis 5000 ans, malgré les progrès réalisés, l’atelier d’orfèvre actuel est peu différent de
celui de l’époque sumérienne (IVème millénaire av JC ).
Un bijou débute par un dessin que réalise le créateur (bijoutier ou non), au crayon, puis à
l’encre de chine ou la gouache. Une première maquette est parfois réalisée.
2.2.2. Réalisation traditionnelle
2.2.2.1. La flamme
La flamme intervient lors de très nombreuses étapes de la chaîne, dont :
- le coulage du métal en lingot,
- l’élaboration d’alliages
- le recuit qui permet à l’or de conserver ses qualités initiales de malléabilité.
o La technique de la cire perdue : la fonte du métal
La majorité des bijoux est actuellement réalisée par la technique de la cire perdue qui
nécessite l’intervention de la flamme.
La maquette en cire : après le dessin proposé par le concepteur, une maquette peut être
réalisée directement en cire ou en résine acrylique pour une pièce unique, ou bien en cuivre,
en laiton ou en maillechort, si elle est destinée à être reproduite. Dans ce cas, elle est
imprimée par pression dans un bloc de caoutchouc, qui est vulcanisé, à 145°C. Ainsi il y a
constitution d’un moule en caoutchouc dans lequel il sera possible de recouler de la cire pour
obtenir autant de maquettes qu’il est nécessaire.
Dans les deux cas, les étapes suivantes de la cire perdue sont employées.
Figure 7 : Technique de la cire perdue [2]
Le grappage : habituellement les objets en cire sont traités ensemble. Ils sont rassemblés en
grappage. Cela désigne le soudage sur une tige centrale de cire, de tous les modèles
destinés à être fondus. [3]
Le moule en plâtre : les pièces de cire sont placées dans un moule en fonte rempli de plâtre
réfractaire (contenant parfois de la silice cristalline sous forme de quartz et cristobalite [7]).
Cette étape permet de constituer un moule en plâtre, sur lequel est réalisé un pertuis qui
permettra, à l’épreuve de la flamme (650°C au moins 12 heures), de laisser la cire fondue
s’évacuer.
L’introduction du métal précieux : l’alliage du métal précieux choisi a été préalablement placé
dans un creuset en terre réfractaire (enduit de borate (borax)), puis chauffé au chalumeau,
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ce qui lui permet d’être coulé dans le moule de plâtre à la place de la cire par le pertuis, puis
centrifugé. Le borax est secondairement, éliminé par de l’acide nitrique à 10% [3].
La finition [3] : après le bris du moule en plâtre (habituellement par immersion dans l’eau ), la
pièce définitive est libérée, meulée, éventuellement sablée, voire trempée dans de l’acide
fluorhydrique.
Le sablage est habituellement réalisé par pulvérisation de microbilles de verre, dont la taille
varie de 20 à 45µ (au-dessous de 20µ, elles n’ont pas d’efficacité pour cette activité). Les
machines sont équipées d’une cellule filtrante en mousse avec système de rinçage, afin de
retenir les plus petites.
Des soufflettes sont parfois utilisées (100dB A)
L’arbre de métal est découpé à la pince.
Le jet de coulée de métal est éliminé à la fraise recouverte de papier émeri (silicogène).
o La soudure et le décapage
La soudure
Actuellement, après le travail du fondeur, la pièce est finie par les techniques traditionnelles
de choc et de dent. Les assemblages sont réalisés, le plus souvent par soudure, plutôt que
par sertissage ou perçage.
La soudure est réalisée avec un métal plus fusible (habituellement argent ou cadmium) que
la substance du bijou (c’est une brasure). Elle est réalisée par utilisation du chalumeau dont
la chaleur est obtenue grâce au gaz de ville ou au butane et oxygène, mobilisée par une
pompe à pied. Le collobore, mélange d’eau et de borax, est utilisé lors de la soudure, afin de
favoriser la fonte.[3]
Le décapage
Puis les pièces à souder sont nettoyées, décapées au déroché, qui est composé d’acide
sulfurique à 15%, puis elles sont rincées et séchées dans de la sciure.
D’autres produits sont aussi utilisés pour les nettoyer, comme la soude caustique,
l’ammoniac(alcali), parfois du trichloréthylène et différentes lessives du commerce.
Actuellement d'autres produits différents de l'acide sulfurique sont proposés, en particulier à
base de sulfamates.
2.2.2.2. Le polissage :
Après la découpe, le bijoutier utilise le grattoir et la lime afin de débarrasser la pièce de ses
scories. Le brunisseur permet de mater et brunir le métal.
Mais la technique la plus utilisée est réalisée au tour électrique. Le polissage est une longue
étape méticuleuse, réalisée souvent par des femmes. Elle intervient après la soudure et le
dérochage. Elle est réalisée en deux temps : dégrossissage et avivage, à l’aide de disques
en feutre, contenant du crin de cheval, actionnés sur des tours électriques (2000
tours/minute) [3]. Ils sont enduits d’une pâte abrasive, dont la composition peut varier : [6]
- émeri : 3% de silice cristalline
- tripoli : le barbarie contient 90% de silice cristalline
- potée rouge d’Angleterre :
trioxyde de fer (ex. DIALUX ROUGE®)
- potée étain :
étain + antimoine ou cuivre, parfois plomb
- pierre ponce+ huile
- DIALUX BLANC® : alliage contenant de l’alumine (cf.compositions des différents dialux
chap 8.2.)
- corindon : alumine. Ce sont les pierres les plus dures après le diamant grâce à leur
constitution à base d’alumine. Beaucoup sont précieuses, comme le rubis
ou le saphir et qu’on utilise comme abrasif. [4]
- vert de chrome[11] : suif + oxyde de chrome (ex.DIALUX VERT®)
2.2.2.3. Mise en forme de la pièce brute
Le choc :
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Il est le plus ancien des procédés, comprenant le martelage, le laminage, l’emboutissage, le
repoussé et le ciselage.
La dent :
Elle concerne toutes les étapes de découpe. Elle peut se faire avec plusieurs outils
différents, comme la scie ou bocfil ( : lame de scie tendue ). Le perçage était réalisé par la
drille, mais elle est aujourd’hui remplacée par une perceuse électrique à flexible munie d’un
mandrin ou d’un porte-foret sur lequel se fixent des fraises. De nombreuses techniques
d’assemblage par perçage ou rivetage ont été remplacées par la soudure.
Initialement, à partir du dessin, le bijoutier découpait la forme dans une plaque de métal, en
la martelant ou en la laminant. Le volume était obtenu par repoussage, estampage,
emboutissage. Ce travail mécanique intervient actuellement après le démoulage de la pièce.
Elle peut être ajourée ( : opus interassile ), puis les différentes parties seront assemblées et
soudées.
Il existe actuellement des machines à découper, à estamper, à guillocher.
La gravure :
Elle est réalisée avec des burins, des échoppes, des onglettes, des gouges. Ils sont poussés
par la paume et guidés par le pouce.
Nous ne ferons que citer d’autres techniques de sculpture du métal, comme le ramolayé, de
gravure comme le champlevé ou le guillochage.
Le planage et le laminage :
A partir de tire fils et des laminoirs, dans le cadre de son travail, le bijoutier crée :
du plané, ruban de métal précieux avec un laminoir,
du fil d’or, avec un tire fil.
2.2.2.4. L’électrodéposition [6]
Elle peut se faire chez le bijoutier ou le polisseur. Elle se réalise après un dégraissage
préalable.
Le dégraissage : 3 techniques
Les Tensioactifs : Le bijou est chauffé dans un bain de lessive plus ou moins alcalins (
hydroxyde de soude, méta silicate, carbonate, tripolyphosphate de sodium)
- Les ultrasons : dans des bains d’ammoniaque ou de soude
- Les bains : de soude ou cyanure de sodium ou de potassium.
L’électrolyse :
Elle se fait sous 1 à 6 Volts, avec une intensité de 10 à 50 Ampères dans des petits bains
(habituellement prêts à l’emploi[7]), mais elle peut atteindre 2000 A dans les grandes cuves
de l’industrie [6 ,12].
- Les bains de dorure : Ils sont constitués par les associations suivantes :
cyanure d’or + acide éthylène diamine tétracétique (EDTA)
chlorure d’or + acide acétique + acétate de sodium ( pH à 4 à 5 ).
- Les bains d’argenture : cyanure de potassium + cyanure d’argent
- Les bains de rhodiage : ils sont utilisés pour le blanchiment des pièces par dépôt d’un
film de rhodium : sulfate de rhodium + acide sulfurique (ou phosphorique )
- Le déverdi : Cette électrolyse permet de faire disparaître la couleur verdâtre de l’or qui a
été chauffé : cyanure de potassium + cyanure de fer ou d’acide chlorhydrique et de
glycérine + eau bouillante. A cette étape, les mesures de prévention sont
fondamentales, compte tenu du danger des produits utilisés.
2.2.2.5. Finition, réparation
Le décapage :
Le but est d’éliminer la couche d’oxyde. L’opération s’appelle le dérochage, et consiste à
tremper le bijou, dans un mélange d’eau et d’acide sulfurique à 10% chauffé ; ce qui
nécessite l’utilisation d’une aspiration. Cette étape peut aussi être réalisée avec une base
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(soude, ammoniaque) ou des solvants (trichloréthylène.). L’utilisation des Ultrasons est
possible pour cette étape.
La réparation
Ce travail reprend chacune des étapes de la création d’un bijou avec le nettoyage, le
rhodiage, le polissage, les soudage.
Dans certains procédés de réparation, voire d’élaboration, des colles cyanoacryliques et
époxydiques peuvent être utilisées. [16]. Les cyanoacrylates sont utilisés pour la préparation,
en raison de leur destruction sous l’effet de la chaleur, alors que le montage définitif est
réalisé avec une colle époxydique[3]
2.2.3. La bijouterie fantaisie et la bijouterie industrielle
2.2.3.1. Les matériaux de la bijouterie de fantaisie
Les matériaux traditionnels :
Comme à l’époque de l’Art Nouveau, de très nombreux supports sont utilisés, comme le
bois, le verre, le cuir, les matières plastiques, le laiton, le zamak, avec de nombreuses
techniques comme les alliages plomb étain, les colles acryliques. [7]
Les nouveaux alliages :
Le but est de trouver un alliage le moins cher possible, avec des propriétés de dureté, de
brillance, de résistance à la torsion, à la corrosion et une facilité à le travailler. [8, 13]
En 1988, Romaguera résumait la composition des alliages et métaux utilisés dans la
bijouterie fantaisie par le tableau suivant : [14]
Tableau II : Constitution des alliages les plus habituels
Noms
Compositions
Paladex
75% palladium + 25% nickel
Laiton
70%cuivre + 30% zinc
Acier I( Low fusion steel I)
89% plomb + 3% étain+ 8% antimoine
Acier II(Low fusion steel II)
33% plomb + 33% étain+ 33% bismuth
Cuivre
100% cuivre
Fer
99.98 % fer + 0.02 % carbone
Bronze
80 % cuivre + 20 % étain
Acier inoxydable
72% fer + 18 % nickel + 8% chrome + 2 %manganèse
Alpaca
60-65 % cuivre + 12-22 % nickel + 18-23 % zinc
67% nickel + 20% cuivre + 11.5 % fer + 1 % manganèse +
Monel
0.5% carbone
Aluminium
100% aluminium
Aluminium silicone
90% aluminium + 10% silicone
Bronze phosphore
87.75% cuivre + 12% étain + 0.25% phosphore
Or
99% or fin (23-24 carats) + 1 % cobalt
Depuis les années 80, de très nombreux brevets d’alliages sont déposés.
L’un, composé de nitrite de titane (TiN), carbure de chrome(cr2C2) et de nickel, a été
découvert en 1986.
Un autre vit le jour en 1983. Il était composé de niobium(Nb) ou de columbium (Cb),pour leur
propriété antimagnétique, associé au TiN et au nickel , auquel est ajouté le molybdène(Mo)
lorsque l’on désire la couleur or rouge(gold red ).
Citons le CuNiStan, composé de cuivre, nickel et d’étain ;
le peltre, composé d’étain et de cuivre ou d’antimoine( Sb) ,mais pour lequel une couche de
nickel est toujours ajouté afin d’améliorer sa brillance, sa dureté et sa stabilité.
Il existe aussi des associations nickel-chrome-beryllium.
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Les propriétés physiques sont améliorées avec l’inclusion de tantalum (Ta), de cuivre, d’étain
et de vanadium (Va) dans l’industrie de la bijouterie d’imitation[8].
Tableau III.1 : Résumé des nouveaux alliages et des nouvelles inclusions
Nom ou année de naissance
Composition
Propriétés
1986
TiN +Cr2C2 +Ni
Nb et Cb :antimagnétique
1983
( Nb +Cb )+ ( TiN + Ni ) +Mo
Mo : couleur rouge
CuNiStan
Cu +NI + Sn
(Sn +Cu+ Sb ) + plaqué en
Placage nickel : brillance,
Peltre
nickel
dureté, stabilité
?
Ni + Cr + Be
Nouvelles inclusions au sein
Amélioration des propriétés
Ta, Cu, Sn, Va
de différents alliages
physiques
Ce qui ressort de cette énumération, c’est l’omniprésence du nickel avec ses effets cutanés
bien connus.[ 8]. En mars 1998, Vilaplana reprend son travail d’analyse des nouveaux
alliages[13], note la prise de conscience de l’industrie des problèmes d’allergie, utilisant
même cette notion, comme argument commercial ( : antiallergique, hypoallergique, non
allergique, etc.)
De nombreux alliages sont étudiés. L’un utilise le titane, l’aluminium et se singularise par sa
dureté et sa capacité hypoallergénique. Un autre utilise un métal noble tel que le palladium,
le platine, associé à un placage au titane, couche antiallergique. D’autres présentent un
placage hypoallergique formé de résine acrylique ou silicone pour le premier et de sélénium
pour le second.
De nombreux nouveaux alliages non allergéniques sont proposés, constitués :
- de chrome, molybdène, titane, niobium, vanadium, zirconium et fer
- ou d’aluminium, magnésium, fer et cuivre.
Un autre alliage antiallergique associe l’or (94%), le fer (3 %) et le palladium ( 3 %).
Des alliages à l’aspect du nickel, mais n’en contenant pas, ne renferment plus que du zinc
recouvert de cuivre ou du zinc et du chrome électrodéposés ou bien ils peuvent être réalisés
à partir d’un alliage constitué d’or, de manganèse, de cuivre avec adjonction de zinc, gallium
et indium.
Enfin, outre la tendance à l’élimination du nickel, la recherche essaie de remplacer l’étape du
bain de chrome par un placage réalisé par un traitement avec passage dans 10%
d’hydroxyde de sodium à 55°C pendant 15 minutes, puis dans de l’acide nitrique et enfin
dans l’acide sulfurique. [13].
Tableau III.2 : Suite du résumé des nouveaux alliages et nouvelles inclusions
Compositions et procédés
Propriétés
Ti +Al
Hypoallergénique
Pa + Pt + placage en Ti
Placage en Ti : Hypoallergénique
Placage en résine acrylique
Placage en silicone
Placage en sélénium
Hypoallergénique
Cr + Mo + Va + Ti + Nb + Zi +fer
Al + Mg + Fe + Cu
94%Au + 3% Fe + 3% Pa
Zn + placage Cu
Placage Zn et Cr
Alliage d’aspect nickel sans nickel
Au + Mn +Cu + ( Zn + Ga + Id )
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Compositions et procédés
Bain NaOH à 55°c 15’ puis HNO3 puis H2SO4
Propriétés
Suppression du bain de chrome
2.2.3.2. Le monde de l’industrie
C’est un monde nouveau en plein essor. Les techniques les plus modernes sont envisagées
si elles permettent des gains de productivité. L’industrie a débuté avec les bijoux fantaisie,
mais depuis 1986, elle s’attaque à la bijouterie joaillerie.
Le plus gros fabricant français vient d’inventer un procédé qui permet de fabriquer des
pièces en or creux [10]. Un autre industriel utilise des machines à commandes numériques
pour la gravure des médailles.
D’autre part, compte tenu de l’exigence de leurs gros clients, comme les grandes surfaces,
ces industries essaient de limiter les rebus et utilisent les lasers « qui corrigent un défaut à
5000°c, sans dégager de chaleur »[10]
La Conception Assistée par Ordinateur arrive aussi dans cette profession et elle sera
couplée à une machine-outil.
Enfin l’électroformage, procédé utilisé pour produire ou reproduire un objet métallique par
électrodéposition, arrive progressivement [10, 15]
2.2.3.3. Les techniques de la bijouterie fantaisie
La fabrication : les techniques sont les mêmes, avec dessin, fonte à cire perdue, travail du
verre avec ou sans plomb, par chauffage à partir de baguettes colorées. Le travail des
pièces brutes retrouve les meulage, polissage, sciage, soudage ou soudobrasage( avec
brasures à l’argent ou cadmium).
Les pièces sont souvent maintenues par un support en amiante ou en vermiculite.
La phase d’électrodéposition : l’électrodéposition par dépôt de nickel ou de cuivre est
équivalente. Les bains de nickelage sont très variables, mais retrouvent souvent l’association
du sulfate et du chlorure de nickel et d’acide borique. Le cuivrage : est souvent réalisé dans
des bains de cyanure ou de pyrophosphate [12]
Le polissage : il est similaire, mais l’opération est d’autant plus délicate que le couche de
métal précieux est fine. De ce fait, on a souvent recours à l’utilisation de brillanteurs qui,
dans des bains de galvanoplastie, suppriment cette étape.
2.2.4. La Joaillerie
Le joaillier met en valeur la pierre, taillée et polie par le lapidaire. Le sertisseur la fixe sur
l’objet métallique préparé par le bijoutier. Cette explication est plus didactique que réelle,
chacun dans cette profession, étant polyvalent.
2.2.4.1. Le lapidaire
C’est un travail de taille et de polissage, après un tri, des pierres.
C’est une profession à part dans le métier de la joaillerie.
L’art du lapidaire consiste à obtenir avec une pierre, le maximum de facettes afin que son
scintillement soit optimisé. Nous ne reviendrons pas sur les spécificités de chaque possibilité
de taille (cf. 1.4.3 ).
La taille à facettes s’effectue sur un diamant serti dans un moule en métal, fixé sur un tour
électrique ; L’ensemble est habituellement posé sur un socle en caoutchouc afin de limiter le
bruit et les vibrations.
Les diamants peuvent être polis, nécessitant l’utilisation de meules très dures, en particulier
en cobalt [11].
L’emploi de loupes aplanétiques, qui permet d’avoir une image nette d’un objet, même s’il
est très prêt de l’œil [3]] est souvent nécessaire, en particulier lors du travail sur des pierres
transparentes
2.2.4.2. Le joaillier
L’art de la joaillerie consiste à mettre en valeur le travail du lapidaire. Sur un lit de cire,
reprenant la forme du futur joyau, les différentes pierres sont agencées comme le désire le
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créateur du bijou. Puis sur la feuille de métal, le logement de chaque pierre est dessiné, puis
gravé et enfin percé à sa dimension.
2.2.4.3. Le sertisseur
Le sertisseur réalise un travail de finition, où les deux objets précieux (la pierre et le
bijou) sont unis. Pour cela, il fixe le bijou sur un panneau de bois avec du ciment à sertir,
après l’avoir talqué, afin de ne pas être gêné par ses reflets. Ce ciment est ensuite enlevé
par trempage dans l’alcool à brûler, voire le trichloréthylène.
Le sertisseur utilise deux instruments spécifiques:
- les échoppes permettent de réaliser des dessins dans le métal. Un affûtage régulier, sur
pierre ou meule, est nécessaire.
- La fraise est un appareil électrique qui permet de percer le métal [3].
Le travail exige une vision parfaite de l’objet. Cela se fait le plus souvent au détriment de la
posture, le sertisseur adoptant une position en cyphose.
2.2.5. Le poste de travail du bijoutier
2.2.5.1.Le local et la récupération des poussières
Il se trouve souvent en étage. Le sol des ateliers est habituellement recouvert d’un caillebotis
qui permet de récupérer les poussières d’or, appelées : broutilles. Les ouvriers travaillent,
une peau de mouton posée sur leurs genoux. Ainsi les cendres, les poussières du sol et les
filtres des aspirations des bancs de polissage sont récupérés afin de les refondre dans des
lingotières. Afin de séparer l’or et les impuretés et de favoriser sa fonte, certains ajoutent du
plomb ou de l’eau régale (constituée d’acides nitrique et chlorhydrique). [6 ? ?]
2.2.5.2. Le poste traditionnel de travail du bijoutier
Il est très spécifique. Les ouvriers sont regroupés autour de l’établi traditionnel à hauteur fixe,
assis sur des tabourets bas, les jambes fléchies, si bien que la table se retrouve au niveau
du haut du thorax. Les bras sont horizontaux, les coudes surélevés, posés sur la table.
Une telle position semble privilégier la vision de l’objet, d’autant que l’ouvrier utilise
habituellement une loupe et peut bénéficier d’une lampe d’appoint.
Traditionnellement la pièce est fixée sur la cheville : avancée de bois de l’établi qui est
spécifique à la profession. Cependant il arrive que la pièce soit maintenue par une plaque
contenant de l’amiante[7]. Celle ci est aujourd’hui remplacée par des plaques en charbon de
bois, par des cartoplanes, des briques réfractaires ou des perruques en fil de fer [3]
Les tâches sont peu spécialisées, chaque ouvrier confectionnant sa pièce.
Une aspiration est habituellement placée, au-dessus du poste du dérochage.
Figure 7 : l'établi du bijoutier au XVIII ème siècle [2]
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"en hêtre ou en chêne , l'
établi reçoit plusieurs ouvriers devant la fenêtre. Chaque place est
marquée par une échancrure en demi-cercle, au centre de laquelle une cheville amovible en
bois sert d'
appui au bijoutier pour la confection de petites pièces. Un ou deux tiroirs se
glissent sous la cheville, pour le rangement des bijoux en cours de finition. Sur les genoux de
l'
ouvrier, la peau d'
établi , pièce de cuir attachée sous l'
établi par une cordelette ou des
anneaux. " Encyclopédie de Diderot
2.2.5.3. Le poste traditionnel de travail du polisseur
L’aspiration se trouve sous la meule avec un filtre intégré et une grille interne. Les brosses
verticales sont protégées par un capot en acier en arrière et en plastique ou en plexiglas® en
avant, avec juste un espace pour introduire le bijou.
Ici les tables et les sièges sont à hauteur variable, avec habituellement un tabouret sans
dossier.
Les avant-bras reposent sur l’avant de la polisseuse, le bijou étant tenu à la main.
3. Les risques professionnels
3.1. Risques généraux
3.1.1. Les risques physiques
3.1.1.1. Les contraintes musculo-squelettiques
La position traditionnelle de l’ouvrier ( bijoutier, sertisseur) semble privilégier la vision de
l’objet, au détriment d’une bonne posture.
Le travail s’exécute avec les bras horizontaux, ce qui engendre des tendinopathies des
membres supérieurs, des scapulalgies, des cervicalgies et des lombalgies.[3, 16, 17*, 6]
La taille des pierres favorise ces pathologies, en raison des cadences soutenues, la
monotonie[18*]. Des névralgies du nerf cubital et des syndromes du canal carpien ont été
signalés pour ce type d’activité. [19*]
3.1.1.2. Le bruit
De nombreux postes peuvent être à l’origine de troubles auditifs. Toute opération de
choc(estampage, emboutissage), de séchage(lorsqu’il se fait par ultrasons), peuvent
engendrer des traumatismes sonores.[16]. L’étape de la cire perdue et la taille des diamants
sont aussi d’éventuelles sources de nuisances. [3]
3.1.1.3. L’éclairement et les troubles visuels
Les bijoutiers ont toujours dû accommoder pendant une grande partie de leur temps de
travail. Cela pose un réel problème chez les travailleurs âgés. L’éclairement est
habituellement de 2000 à 3000 Lux [3 , 20].
3.1.1.4. Les risques mécaniques de blessures
Les blessures
L’usage de meules, de laminoirs, de tours, de bancs à étirer, de machines à estamper,…les
cadences qui peuvent être soutenues, peuvent les favoriser ; des cas d’amputation ont été
rapportés [21].
Les plaies des doigts sont fréquentes, avec possible inclusion de fragments de scie, de
métal [lefèbvre].
Les risques de projection : les projections oculaires (colle, métal en fusion, …) sont aussi à
envisager. [3]
Les troubles angioneurotiques
Le polisseur subit des vibrations, qui peuvent être responsables de troubles
angioneurotiques, quoique peu décrits. [6][16]
3.1.2. Les risques psychiques et les contraintes de sécurité
L’utilisation de matériaux précieux est une contrainte, qui freine les bijoutiers à prendre des
apprentis [10] et qui peut être plus ou moins bien vécue. Le risque du hold-up existe [6, 17 ]
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3.1.3. Les risques chimiques et thermiques
3.1.3.1. Les effets loco-régionaux
Les irritations cutanéo-muqueuses et les brûlures
- Les irritations aiguës :
Les possibilités de brûlures thermiques existent lors de la fonte et lors des soudures des
grosses pièces. Elles peuvent être d’origine chimique, causées par des liquides ou des gaz
(acide fluorhydrique, acide sulfurique, acide nitrique, soude) [ 6].
Elles intéressent la peau, engendrant des ulcérations profondes, mais aussi les yeux, étant à
l’origine de blépharites, de conjonctivites, voire de quelques rares cas de cécité. Enfin elles
peuvent toucher la muqueuse respiratoire. [3]
- Les irritations chroniques [6 ]
A moyen terme, des pathologies d’irritation chroniques des muqueuses peuvent s’observer,
telles que les eczémas et les dermites irritatives, dont les étiologies peuvent être variées
(colles, nickel, lessives, métaux précieux,…).
Les poumons et les intoxications aux fumées
- Les irritations aiguës
Si elles peuvent être causées par des brûlures thermiques ou chimiques, elles peuvent aussi
être générées par des émanations de gaz toxiques (vapeurs d’acides, sulfureuses, nitreuses
essentiellement) ; quelques cas exceptionnels d’œdème du poumon ont été signalés. [3].
Des cas de fièvres des métaux sont cités par tous les auteurs, qui, tous s ‘accordent à
reconnaître leur rareté. [21, 20, 6, 3]
- Les irritations chroniques
Les muqueuses respiratoires peuvent être aussi concernées et être à l’origine de toux
irritatives, bronchites chroniques. Les agents évoqués sont multiples : vapeurs acides,
poussières, durcisseurs de colle, fumées métalliques…
3.1.3.2. Les effets généraux
les explosions et les incendies
L’utilisation de produits dangereux, la proximité de la flamme sont des conditions qui peuvent
faciliter cette hypothèse, mais les cas sont rares. [ 3]
Les intoxications
De nombreuses substances peuvent en être responsables, comme les cyanures (qui seront
détaillées au chapitre 3.3.4.), les métaux (3.3.1.) dont le plomb, le cadmium, les solvants,
dont le trichloréthylène, les acides et les bases.(3.3.3)
3.2. Risques toxiques par famille de produits
3.2.1. Les solvants
Utilisation et exposition
Il s’agit essentiellement du trichloréthylène,
éventuellement utilisé lors du nettoyage des bijoux après soudure,
lors du décapage afin d’enlever la couche d’oxyde.
Le sertisseur peut aussi l’utiliser pour enlever le ciment à sertir. [6] [21] .
Il semble que le benzène, utilisé en 1916 et signalé par Kober, n’est plus cité dans la
littérature actuelle [20].
Pathologies
Géraut cite des cas de dermites irritatives et de syndromes d’intolérance aux vapeurs de
solvants [16]. Peu de cas cités dans la littérature.
Classiquement l’intoxication aiguë au trichloréthylène génère :
- une narcose,
- une hyperexcitabilité myocardique,
- des nausées,
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une irritation pulmonaire pouvant aller jusqu’à l’œdème pulmonaire,
une atteinte hépatique
des troubles du nerf trijumeau.
L’intoxication chronique au trichloréthylène est à l’origine :
de dermite,
de flush lors d’absorption d’alcool,
d’un psychosyndrome,
de possibles hépatopathies et néphropathies,
outre ses effets mutagènes et cancérogènes [22].
3.2.2. Les acides et les bases [21]
Utilisation et exposition
L’acide nitrique à 10% est utilisé lors de la technique de la cire perdue afin d’éliminer le
borax, qui recouvrait le fond du creuset en pierre réfractaire.
Après quoi, le bijou peut être nettoyé avec de l’acide fluorhydrique.
Les pièces à souder sont nettoyées :
au déroché, ( qui est composé d’acide sulfurique à 15%),
mais aussi à la soude caustique ou à l’ammoniac (alcali).
Les bains d’électrolyse contiennent de nombreux produits acido-basiques, comme :
- La soude et l’ammoniac pour le dégraissage des pièces qui subiront l’électrodéposition.
- l’EDTA et l’acide acétique pour la dorure,
- l’acide sulfurique ou phosphorique pour le rhodiage,
- l’acide chlorhydrique pour le déverdi,
- l’acide borique pour le nickelage,
L’eau de régale, lors de la fonte, permet de séparer l’or, des impuretés. Elle est
constituée d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique.
Vilaplana évoquait le remplacement des bains de chrome par un procédé utilisant les
acides nitrique, sulfurique et la soude.[13]
Peltier ne trouvait aucune élévation des concentrations atmosphériques de ces différents
caustiques et corrosifs, à l’exception d’un atelier où le taux de nitrate était à 24.47 mg/m3
alors que la VLE est à 10.
Pathologies
Les risques chimiques habituels des caustiques et des corrosifs.
(déjà cités dans le paragraphe 3.1.3)
L’acide fluorhydrique
C’est un caustique majeur, dont les effets sont plus liés à l’ion F- qu’à l’ion H+.
En milieu professionnel, le risque réside dans la projection accidentelle de liquide.
Manifestations locales aiguës : brûlures et irritations
Ce sont des brûlures graves en profondeur, avec des douleurs intenses et durables
contrastant avec l’apparente bénignité en superficie pendant les heures qui suivent le
contact, mais pouvant évoluer vers la nécrose sans traitement d’urgence.[16].[24]
En effet cet acide produit ses effets en profondeur (liés à l’ion F-) et non à la superficie :
- kératoconjonctivite
- irritation des voies aériennes supérieures
- bronchopneumopathies aiguës, œdème aigu du poumon
Manifestations générales aiguës générales
Si la contamination est étendue, elle peut avoir des effets systémiques retardés, avec
pénétration du fluor dans les tissus et saturation du tissu osseux.
Les manifestations sont une hypocalcémie profonde et brutale avec :
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Paresthésies, fasciculations, myoclonies,
troubles cardiaques : allongement QT, troubles de la repolarisation, de conduction et du
rythme cardiaque
- Convulsions,
- Acidose métabolique et insuffisance rénale mixte [24]
Manifestations chroniques :
Il peut exister des signes irritatifs locaux à type de dermite non spécifique, conjonctivite.
L’acide fluorhydrique peut être responsable d’un syndrome ostéoligamentaire douloureux ou
non, comportant une ostéocondensation diffuse et associé à des calcifications des ligaments
sacrosciatiques ou des membranes interosseuses, radiocubitale ou obturatrice. Il s’agit de la
fluorose. Elle nécessite une exposition répétée à l’acide fluorhydrique [25]
3.2.3. Les colles
Utilisation et exposition
Les colles cyanoacryliques et époxydiques peuvent être utilisées. [16].
Les cyanoacrylates sont utilisés pour la préparation, en raison de leur destruction sous l’effet
de la chaleur, alors que le montage définitif est réalisé avec une colle époxydique [ 3] [17*]
Pathologies
- Les colles époxydiques peuvent être à l’origine de pathologies irritatives et
sensibilisantes, essentiellement cutanées, très rarement pulmonaires et seraient
responsables de tests d’Ames positifs. [27]
- Les colles cyanoacrylates peuvent être à l’origine de pathologies cutanées irritatives et
sensibilisantes, ainsi que de céphalées. [28]
3.2.4. Les macromolécules organiques
Utilisation et exposition
Le crin de cheval est cité dans les produits utilisés dans lors des opérations de polissage.
Pathologies
Bosio signale que le crin de cheval, peut être considéré comme une nuisance pour l’appareil
pulmonaire.[26]
3.2.5. Les cyanures
Utilisation et exposition
Les bains de soude ou cyanure de sodium ou de potassium sont utilisés, avant
électrodéposition, afin de dégraisser les bijoux. Dans les bains d’électrolyse, des sels de
cyanure sont retrouvés :
- cyanure d’or pour la dorure
- cyanure d’argent et de potassium pour l’argenture
- cyanure de potassium ou de fer pour le déverdi
- les cyanures sont aussi utilisés dans les bains de cuivrage.
En 1987, Pryor, pour le NIOSH, affirmait, après métrologie, que ces bains lors d’une
utilisation normale, ne sont pas émissifs, alors qu’en 1989, Chataigner relatait vingt six cas
d’intoxication par inhalation d’acide cyanhydrique, dont neuf salariés qui travaillaient dans un
atelier de galvanoplastie ( dont 4 intoxications sévères). [29] [30]
Ce risque paraît l’un des plus importants de l’activité de bijoutier joaillier. Il est cité par tous
les auteurs.[16,6, 17*, 20, 3, 7,...] . Le risque d’émanation d’acide cyanhydrique existe, en
particulier lors du rechargement des cuves d’électrolyse s’il y a mélange intempestif d’acide
et de cyanure. L’inhalation lors de dégradation thermique de certaines résines se rencontre
dans d’autres professions.
Professionnellement, les accidents ont habituellement des conséquences moins graves que
lors d’accidents domestiques en raison de la faible quantité de gaz produit et des hottes
d’aspiration. [30]
Pathologies
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Intoxication aiguë [31]
Les manifestations cliniques sont la conséquence de l’effet anoxiant aigu qui se produit au
niveau cellulaire, avec :
o céphalées, vertiges, ébriété, agitation et état confusionnel.
o ou une dyspnée d’emblée suivie d’une perte de connaissance et de convulsions :
- un arrêt cardiorespiratoire est possible.
- Sinon un coma profond s’installe, avec mydriase, acidose lactique intense,
dépression respiratoire, (œdème pulmonaire possible) .
o Les patients ont classiquement une haleine amande amère.
Intoxication chronique [24]
Elle se manifeste par :
- une irritation des muqueuses : cutanée, oculaire, pulmonaire
- un psychosyndrome
- une neuropathie optique et une neuropathie ataxique
- une éventuelle hypothyroïdie
3.2.6. Les métaux
3.2.6.1. Les métaux retrouvés dans les poussières et aérosols
Outre les poussières d’or, d’argent, de platine, de très nombreux métaux sont retrouvés à
l’état de trace, comme l’aluminium, le béryllium, le chrome, le nickel, le cuivre, le zinc, le
cadmium, le rhodium, le cobalt, le plomb, l’antimoine, le mercure, etc.
3.2.6.1.1. L’aluminium :
Utilisation et exposition
Il est retrouvé sous forme d’alumine dans les pâtes à polir.
Pathologies
Il n’est pas cité, dans la littérature spécifique à cette profession.
Classiquement l’aluminium peut provoquer :
- une bronchite chronique,
- une dermatose
- une encéphalopathie, un syndrome psycho-organique touchant les fonctions
cognitives. De plus il faut signaler la polémique actuelle concernant la discussion
d’une éventuelle corrélation entre l’intoxication chronique à l’aluminium et une
démence. [32]
Ces pathologies n’ont pas été retrouvées pour cette profession
3.2.6.1.2. Le béryllium : (appelé aussi le glucinium)
Utilisation et exposition
Il peut participer au coulage des alliages cuivreux, dont il augmente leur dureté. Peltier, en
1994,dans des entreprises artisanales, sans aspiration efficace, a trouvé des concentrations
atmosphériques à la moitié de la VLE, lors de la fonte et de la coulée du bronze au béryllium
et même, dans une autre entreprise, des valeurs dépassant largement la VLE, pour des
mesures individuelles, lors de l’utilisation de ce bronze [7]
Pathologies
- Des allergies de contact existent, notamment avec le fluorure double de glucinium et de
sodium. Il n’a pas été trouvé de cas dans cette profession. En effet les dermatoses
(érythèmes, allergies, ulcères, papulovésicules) sont habituellement classiques lors
d’intoxications au béryllium. [ 33] [34]
- Ce métal peut engendrer une bronchopneumopathie chronique, voire une bérylliose
chronique qui comprend l’association d’une altération de l’état général, d’une dyspnée
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progressive, évoluant vers la fibrose interstitielle diffuse, ainsi qu’une
hépatosplénomégalie, des arthralgies et des lithiases salivaires et rénales.
Dans cette profession, il n’a été retrouvé dans la littérature qu’un cas de bérylliose [7].
3.2.6.1.3.Le chrome
Utilisation et exposition
Il est utilisé dans les alliages des bijoux fantaisie.
Pathologies
* Les anosmies
Belle cite deux cas d’anosmie et d’agueusie définitives au vert de chrome, chez des
polisseurs sur métaux en orfèvrerie. [11]
* Les autres symptômes classiques de l’intoxication au chrome
Les signes cutanés sont classiques en particulier dans les métiers du BTP, où les chromates
sont les allergies les plus fréquentes. Il peut exister aussi des ulcérations [ 35].
Cavelier, en 1996 étudie les métallurgistes manipulant des solutions de nettoyage des
métaux renfermant des chromates, les chromeurs, les soudeurs, les fondeurs. Il cite le cas
d’un orfèvre réalisant de la dorure et de l’argenture, victime d’une allergie causée par le
chromate [36]
En revanche, il n’est pas mentionné dans la littérature compulsée, de pathologies des
muqueuses respiratoires. En effet le chrome hexavalent est reconnu cancérogène pour les
muqueuses nasales et broncho-pulmonaires[ 37]
3.2.6.1.4. Le zinc et le cuivre :
Utilisation et exposition
Ils sont aussi retrouvés dans les alliages des bijoux fantaisie.
Pathologies
Ils sont peu pathogènes dans cette profession.
3.2.6.1.5. Le cadmium
Utilisation et exposition
Il intervient dans les brasures d’assemblage des pièces d’argent. Il n’existe pas encore de
fils ou pâte à braser sans cadmium.
Il existe à l’état de traces à l’état naturel et est présent dans certains alliages.
Peltier, en 1994, dans des entreprises industrielles, notait, lors d’évaluation
d’empoussièrage, de rares dépassements de la VLE dans les concentrations
atmosphériques de cadmium à 0.8mg/m3 dans un cas et 1.0 dans l’autre [7]
Pathologies
La pathologie liée à l’intoxication chronique au cadmium, associe une tubulopathie proximale
avec lithiase rénale, une ostéomalacie et une pathologie respiratoire obstructive avec
emphysème ou bronchite chronique. [ 37*] [24] [34]
Des rares cas d’intoxication ont été décrits dans la profession. [7] Des cas d’irritations
respiratoires chroniques, d’emphysème avec dyspnée, douleurs thoraciques, de vertiges et
de dysurie ont pu être corrélés à des taux sanguins élevés. [16][26][38]
3.2.6.1.6. Le mercure
Utilisation et exposition
Il intervient lors de la récupération de l’or par amalgamation. [7, 20] . En 1966, Jones notait
des vapeurs mercurielles atmosphériques très élevées, dans sept petites entreprises, allant
de [0.17 à 35 mg / m3] d’air initialement. Elles chutèrent à [0.001 à 0.18] après mise en
œuvre de mesures de prévention. [38]
Les valeurs légales sont exposées au tableau X. Pour le mercure, la VME est de 0.05 et la
VLE à 2 mg/m3
Pathologies
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La littérature relate de nombreux cas d’imprégnation lors de la récupération de l’or[ 38]. Un
cas fut décrit à la suite de l’utilisation de l’alliage mercure-cadmium, un autre chez des
ouvriers fabriquant des bijoux fantaisie [7]. L’exposition chronique au mercure donne
habituellement une altération de l’état général, une polynévrite sensitivomotrice distale, une
irritabilité, des tremblements, voire une encéphalopathie, une stomatite, un eczéma,
d’éventuelles aberrations chromosomiques et un syndrome néphrotique. [ 37*][24] [ 34][32]
3.2.6.1.7. Le plomb
Utilisation et exposition
Il intervient dans de nombreux alliages de la bijouterie fantaisie ( alliages plomb étain, émaux
plombifères, verres à plomb, etc.). La purification et la détermination du titrage de l’or
passent par la fusion de plomb métallique [7].
Le risque existe aussi lors :
du polissage, avec la potée étain [16]
lors de l’utilisation de mordaches en plomb placés sur les étaux,
pour la ciselure ou l’orfèvrerie [39].
Peltier constata que, sans aspiration, les valeurs atmosphériques peuvent dépasser les
valeurs limites légales (VME 0.15 mg/m3) ayant relevé une concentration de 0.166 mg/m3.
Les risques de saturnisme sont réels [7][18].
En 1983, Raj Behari décrivait 9 cas de saturnisme, chez des indiens qui purifiaient de
l’argent en le chauffant avec du plomb, sous un système d’aspiration approprié. Les
concentrations étaient de 6.33 à 19.85 mg /m3 !
Biologiquement, il retrouvait des taux significativement augmentés des protoporphyrines
sanguines, de l’acide delta aminolévulinique urinaire et des taux abaissés de l’hémoglobine
sanguine.[40]
En 1989, Petitteville relatait une intoxication chronique découverte par un cas aigu, ayant
nécessité un traitement chélateur et rappelait la nécessité de vigilance de la part du Médecin
du travail. [39]
Pathologies
La symptomatologie caractéristique du saturnisme comprend :
des douleurs abdominales, une constipation,
une anémie, une inappétence, une altération de l’état général
des céphalées, un déficit moteur, une atteinte du système nerveux central , une neuropathie
périphérique atrophiant les muscles des avant bras. [40].
le classique liseré de Burton
une atteinte rénale [ 37*] [24] [34][32]
3.2.6.1.8. Le cobalt
Utilisation et exposition
Il est retrouvé sur les meules des tailleurs de diamants. [7, 16]
Pathologies
On retrouve quelques cas d’irritation et de sensibilisation cutanées [41].
En revanche, il n’a pas été retrouvé d’atteinte pulmonaire dans la littérature, malgré la notion
de syndromes irritatifs, d’asthmes et de fibroses interstitielles diffuses, classiquement décrits
lors d’intoxication au cobalt. [42,34, 24].Peltier relate des cas de fibroses pulmonaires de la
littérature et confirme la rareté du cobalt dans les pièces anatomo-pathologiques, qu’il tente
d’expliquer par la solubilité de ses composés et leur forte élimination urinaire. [7]
3.2.6.1.9. Le rhodium
Utilisation et exposition
Il est utilisé sous forme de sulfate, lors des bains de rhodiage(cf.2.2.3). [7]
Le rhodium n’étant pas catalogué dans la liste internationale des haptènes, il est utilisé
comme placage de l’argent chez les personnes sensibilisées au nickel et au cobalt.[43]
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Pathologies
Quoique réputé non allergénique, des cas de sensibilisation cutanée ont été décrits. Bedello,
en 1987, en signalait un, avec l’hexachlorhodiate [43] De La Cuadra, en 1991, relatait une
sensibilisation au cobalt et au rhodium, provenant d’une solution de dicyanoaurate d’or pour
dorure. [41]
3.2.6.1.10. L’antimoine
Utilisation et exposition
Il intervient lors du polissage lorsqu’on utilise la potée étain. Il est présent dans certains
alliages de la bijouterie fantaisie.
Pathologies
Il ne semble pas exister de cas relaté dans la littérature de stibiose.
Classiquement l’antimoine peut être responsable de pneumopathies avec signes
radiographiques et d’eczémas [25]
3.2.6.1.11. Le nickel (cf 3.3.3.5.1)
3.2.6.2. L’or
« L’or et l’argent ne possèdent pas de toxicité importante » signalait Kober, en 1916[20]. Il
existe, cependant quelques symptômes classiquement décrits.
Utilisation et exposition
L’or est présent dans les alliages précieux. Il n’a pas été retrouvé dans la littérature de
biométrologie ou de concentration atmosphérique quantifiant l’exposition des ouvriers.
Pathologies
o Les intoxications aiguës
Les très rares intoxications aiguës provoquent :
- une atteinte digestive : avec coloration du contenu de l’intestin, nécrose des muqueuses
et réactions œdémateuses et hémorragiques.
- une atteinte rénale (congestive et hémorragique)
- une atteinte hépatique( congestive)
- une atteinte pulmonaire avec œdème et surtout emphysème
- un œdème hémorragique cardiaque et cérébral
Aucun cas n’est décrit dans la littérature chez les bijoutiers.
o L’intoxication chronique
Les signes cutanés :
- L’or peut donner une éruption papuleuse chronique persistant après élimination du
contact L’or gris, qui contient du nickel et du palladium, peut provoquer un eczéma. [7]
- Dans les bains d’électrolyse, le chlorure d’or est très sensibilisant et le cyanure de
potassium aurique est même responsable d’onycholyse, de pustules érosives, voire de
nécrose. [6].
- Goh, en 1988, relate un cas rare d’eczéma des avant-bras et des mains, chez un
bijoutier, réalisant des placages par électrolyse. Celui ci ne réagissait pas au nickel, ni au
chrome, ni au dicyanaurate de potassium, mais à l’or (aqueus gold) et à son chlorure.[44].
- En 1984, Sivennoien-Kassinen, à l’occasion de la découverte d’un cas d’eczéma chez
une femme, lorsqu’elle portait ses bijoux en or, réalisa des tests épicutanés à la feuille
d’or, au dicyanoaurate de potassium, au thiosulfate de sodium et d’or, au chlorure d’or,
chloroaurate de sodium et au bromoaurate de potassium. Seul, le thiosulfate de sodium
et d’or(gold sodium thiosulphate) était positif. En revanche la transformation des lymphoblastes
fut possible avec tous les sels, excepté le chloraurate de sodium. [45]
Les autres manifestations de l’intoxication chronique sont classiquement, en dehors des
signes cutanés :
- Un syndrome pseudo grippal ou une gastro-entérite.
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Des cas d’atteintes rénales ou respiratoires ont été décrits, lors de la chrysothérapie,
mais pas en pathologie professionnelle.
Outre les manifestations rénales d’origine toxique, il existe des glomérulopathies par
processus immunologiques et des néphrites interstitielles aiguës.
Les manifestations pulmonaires sont très rares, d’origine iatrogène.
Il existe quelques agranulocytoses, éosinophilies, voire des anémies légères.
3.2.6.3. L’argent
Utilisation et exposition
Peltier, en 1994, retenait, dans les entreprises artisanales, des taux qui pouvaient
ponctuellement se rapprocher des valeurs limites (VME 0.1 mg/m3), avec une concentration
extrême à 5.7 [7]
Pathologies
Les intoxications aiguës ne sont obtenues qu’expérimentalement. [42]
Les intoxications chroniques : l’argyrie. Ce métal n’est pas non plus très toxique, en dehors
de la classique argyrie. Il n’est pas signalé de cas d’allergie, ni d’irritation. L’argyrie est une
pigmentation cutanée, par dépôts, localisés (tatouage ) ou généralisés, ne survenant
qu’après une longue exposition (10 ans ). Ces dépôts peuvent être aussi cornéens, sans
diminution de l’acuité visuelle ; ou respiratoires, sans effet notable ; ( un seul cas d’atteinte
de la DLCO et d’augmentation de la trame broncho-pulmonaire est connu.) [6] [20]
Autres manifestations de l’intoxication chronique : en dehors de l’argyrie cutanée, oculaire et
pulmonaire, il a été décrit des atteintes rénales avec protéinurie, voire un syndrome
néphrotique, des encéphalopathies myocloniques uniquement d’origine iatrogène [42] [34]
3.2.6.4. Le platine
Utilisation et exposition
Il est présent dans de nombreux alliages
Pathologies
Le platine est considéré sans effet pathologique.
Les platinoses associant prurit, asthme, urticaire sont dues aux chloroplatinates, que l’on
rencontre uniquement dans les opérations de raffinage des métaux précieux [6] [27] [ 7][26]
3.2.6.5. Le nickel
Utilisation et exposition
C’est le métal qui est le plus souvent incriminé dans les sensibilisations cutanées. Il est
présent dans l’or blanc, mais aussi dans de très nombreux alliages(cf.2.2.3.1) [8 ; 13].
Comme le signale Vilaplana, en 1998, les industriels ont pris conscience de l’intérêt d’utiliser
des produits le moins allergisant possible. « Mais s’ils ont pris conscience des effets du
nickel, ils n’ont pas encore pris en compte d’autres métaux sensibilisants, comme le
palladium et le cobalt. » [13].
Cependant en 1996, Cavelier, qui réalisait un dossier sur l’allergie de contact aux métaux et
à leurs sels, ne cite pas spécifiquement les bijoutiers dans sa très longue liste de professions
étudiées. En revanche les nombreux travaux qu’il étudie, sont régulièrement réalisés par les
bijoutiers. Il rappelle la fréquence des allergies croisées entre le nickel, le cobalt et le
chrome. [36]
Pathologies
Les signes cutanés : déjà, en 1916, Kober signalait la fréquence des eczémas au nickel. [17]
Romaguera, en 1988, remarquait une augmentation de13.8 à 26% des sensibilisations au
nickel en 10 ans. Sur ces 26%, 5.5% étaient professionnels, 20.5% ne l’étaient pas.
La prise de conscience des industriels est telle que la tendance actuelle est à la restriction
de son utilisation.
Déjà, en 1988, 80% de l’or était jaune, pour seulement 20% de blanc. Sa substitution est en
partie réalisée avec le palladium et le bronze [14]
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Les autres signes d’intoxications au nickel :
Chez les bijoutiers, ce sont les signes cutanés qui dominent dans l’intoxication au nickel. Les
irritations et sensibilisations pulmonaires classiquement décrites n’ont pas été retrouvées
dans la littérature concernant cette profession. De même il n’a pas été décrit les classiques
cancers des muqueuses orl ou broncho-pulmonaires engendrées par l’intoxication chronique
au nickel. [ 34]
3.2.6.6. Le palladium
Utilisation et exposition
Le palladium est présent en faible quantité dans l’or blanc, de même il est souvent allié au
platine. Enfin il participe à de très nombreux nouveaux alliages.
Pathologies
Le palladium est cité par Cavalier en tant qu’allergène. Le dermatologue a des difficultés à
attribuer une allergie au palladium et non à d’autres métaux associés (nickel ou platine ).
Cependant la réalité de l’allergie au palladium est aujourd’hui admise. [36]
3.2.6.7. Le bore
Utilisation et exposition
L’acide borique est retrouvé en galvanoplastie dans les bains de nickelage.
Le borax ( tétraborate de sodium ) est utilisé :
- lors de la cire perdue, tapissant le creuset en pierre réfractaire
- lors de la soudure, afin de favoriser la fonte du métal (cf. 2.2.2.1 ).
Peltier, en 1994, trouvait dans des entreprises industrielles, un dépassement de la VME
(10mg/m3) en fumées de B2O3. [7]
Pathologies
Les accidents aigus regroupent des brûlures chimiques, des signes irritatifs ORL, pouvant
aller jusqu’à l’œdème pulmonaire. Une atteinte systémique avec le pentaborane et le
décaborane est possible, avec crises convulsives.[24]
Le borax, lors d’exposition chronique, entraîne des dermatoses psoriasiformes, des
alopécies, des syndromes irritatifs cutanés et respiratoires évoluant vers la bronchite
chronique, des troubles digestifs, des atteintes rénales avec protéinurie. On peut constater
un liseré gingival. [16, 24] Il n’a pas été retrouvé de cas pathologique dans la profession.
3.2.7. Les agents responsables de pneumoconioses
3.2.7.1. La silice cristalline
Utilisation et exposition
Lors la technique de la cire perdue, le moule en pierre réfractaire contient de la silice
cristalline sous forme de quartz et cristobalite(cf. le polissage). [7].
Lors du polissage, le bijoutier utilise des pâtes abrasives, dans lesquelles de la silice
cristalline est retrouvée à 3% pour l’émeri et à 90% pour le barbarie (tripoli ). [6]
Le polissage des pierres dures peut aussi être à l’origine de silicose [46]
Peltier ne retrouvait des teneurs excessives en quartz et cristobalite (dépassement de la
valeur limite) que dans un seul atelier de mise en revêtement (entreprises industrielles).
L’utilisation de plâtre réfractaire occasionnait dans un atelier artisanal de courtes et rares
pointes de pollution. [7]
Pathologies
La silice cristallisée peut être à l’origine d’une atteinte pulmonaire sclérogène, souvent
responsable d’un cœur pulmonaire chronique dans un deuxième temps.
Elle se traduit initialement par une atteinte radiologique, puis par une dyspnée progressive
d’origine essentiellement obstructive, puis mixte. Une évolution cancéreuse est possible.
Outre les effets pulmonaires, la silice est à l’origine de dysimmunité.
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3.2.7.2. l’Amiante
Utilisation et exposition
Quoique l’utilisation de l’amiante soit en forte régression, elle peut se retrouver encore :
dans le support des bijoux lorsqu’ils sont travaillés (plaque ou pâte isolante ).
Dans les entreprises industrielles, où la fonte est pratiquée, l’ouvrier est équipé
habituellement avec des gants en amiante, un tablier en cuir et en amiante, des chaussures
de sécurité, des lunettes teintées[3].
Déjà en 1994, Peltier reconnaissait que l’utilisation de l’amiante, dans les entreprises
artisanales ou industrielles, devenait rare. Mais deux d’entre elles, artisanales, dépassaient
cependant les valeurs limites d’alors avec 0.87 fibres/cm3 (VME d’alors 0.6 fb/cm3 ;actuellement
0.1fb/cm3). [7] [47]
Pathologies
Des cas de plaques pleurales, de mésothéliomes, d’asbestose ont été décrits dans la
profession [6, 21, 26].
En 1994, Dossing relatait quatre observations de bijoutiers. L’un avait une atteinte pleurale
isolée, l’autre, une infiltration interstitielle parenchymateuse ; les deux derniers avaient des
atteintes pulmonaire et pleurale. [47]
Dubrow, en 1987, ne signalait cependant pas d’excès de décès par mésothéliome chez les
bijoutiers. [23]
La pathologie est consécutive à l’inhalation de silicates fibreux. Elle se traduit par une fibrose
interstitielle diffuse avec ou sans atteinte pleurale. Les cancers parenchymateux ou pleuraux
sont possibles.
3.2.7.5. L’étain
Des cas de stanose, pneumoconiose bénigne, ont été décrits lors de l’utilisation de potées
d’étain (cf. le polissage). [ 6]
3.2.7.6. Le fer
Utilisation et exposition
Lors de l’étape du polissage, on peut utiliser de la potée rouge (cf.2.2.2 )qui contient du trioxyde
de fer. Des cas de sidérose ont été décrits. [17].
Pathologies
La sidérose est due à l’inhalation de particules de fer et ses oxydes. Le tableau est proche
de la silicose, qui peut d’ailleurs être associée, selon le type d’exposition. La radiographie
montre des opacités micronodulaires diffuses pouvant régresser à l’arrêt de l’exposition.
Le béryllium et le cobalt, que nous avons déjà traités, peuvent être aussi à l’origine d’une
pneumoconiose.
3.2.8. Le Diéthylènetriamine
Pour tenter d’être exhaustif, il faut citer cette amine signalée une seule fois dans la littérature
Utilisation et exposition
Il s’agit d’une amine aliphatique qui peut être utilisée dans les bains de dorure
Géraut relate un cas décrit par Meding d’une sensibilisation à la diéthylènetriamine. [16, 48]
Pathologies
La pathologie habituelle des amines aliphatiques sont leur causticité et leur pouvoir
sensibilisant:
- pour l’œil,
- la peau (dermite de contact, eczéma),
- les voies respiratoires( bronchite chronique, asthme). [24]
4. Effets toxiques par appareil
NB : Ce chapitre a été en grande partie écrit à partir de trois études :
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Tableau IV : Récapitulatif de trois études sur la mortalité des bijoutiers
Dubrow & Gute[23]
Hayes & coll. [50]
Sparks &
Wegman [49]
1èreétude
(admission de1950 à 1959) :
Cohorte
Cohorte prospective à New
rétrospective :
York avec recueil des décès
Cohorte
étude des
en 1980. Comparaison à une
rétrospective
: étude
certificats de décès
population non exposée
des certificats de
des bijoutiers
comparable
Type
décès des bijoutiers
masculins de
d’étude
2ème étude
de
Rhode
island,
Attleboro
comparé à l’ensemble Cohorte rétrospective : étude
(Mass.), comparé à de la population
des certificats de décès de
l’ensemble de la
bijoutiers de 24 états des
population
USA, comparé à une
population non exposée
comparable
1956-1975
1968-1978
(1950-1980) + (1984-1989)
Période
race
Sexe,
Sexe,
Précisions
date du décès
race,
race,
mentionnée
Age,
age lors du décès,
age lors du décès,
s dans
sa cause,
sa cause
sa cause
l’étude
activité profes
activité profes
activité professionnelle
1334 bijoutières
1èreétude :5645
décédées pour 44720 bijoutiers(ères)étudié(e)s
femmes décès
931 bijoutiers
Effectif de
2ème étude
masculins décédés 1807 bijoutiers pour
l’étude
919 hommes décédés
49788 hommes
605 femmes décédées
décédés
PMR [Proprtional
PMR +PCMR [Proportional
Outils
PMR
mortality ratio]
cancer mortality ratio]
statistiques
4.1. L’appareil respiratoire
L’appareil respiratoire des bijoutiers peut être altéré à la suite :
- d’irritation des muqueuses
- de sensibilisation des muqueuses de type asthmatique
- de réaction cellulaire et fibrosante de type pneumoconiotique
- de proliférations anarchiques cellulaires de type cancéreux
Bosio, en 1992, essaie par le tableau suivant de récapituler les différents polluants
pulmonaires auxquels sont soumis les bijoutiers.[26]
- Les pneumoconioses sont une pathologie qui mérite d’être particulièrement pris en
compte dans cette profession, surtout la silicose. L’asbestose tend à disparaître du fait
de l’utilisation de produits de substitution à l’amiante.
- Toutes les différentes vapeurs ont leur importance, en particulier les nitreuses et
sulfureuses [17]
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Fumées
Vapeurs
Autres
molécules
organiques
?
X
X
X
X
X
?
X
X
X
X
?
?
?
?
?
Cancer
broncho
pulmonaire
X
Fibrose
pulmonaire
Minéraux
Métaux
Silice
Amiante
Or
Cadmium
Talc
Zinc
Fumées de soudure
Fumées d’oxydes métalliques
Caustiques
Vapeurs processus d’électrodéposition
Résine acrylique
Nickel
Macromolécules organiques
Colles
Sels de platine
Irritations
Nuisances
Allergie
Tableau V : Nuisances et pathologies respiratoires liées aux activités de bijouterie joaillerie
d’après E.Bosio [26]
Risques respiratoires
X
X
?
?
?
?
?
X
?
?
?
?
?
?
4.2. La peau
Dubrow retenait un excès de pathologies cutanées bénignes chez les ouvrières et l’attribuait
aux produits utilisés. [23]
Il signalait un surcroît significatif des décès par pemphigus et pemphigoïde bulleuse
(pathologies auto-immunes) et de dermatoses de contact. (PMR=383 ; p<0.05)
[PMR= proprotionate mortality ratio]
Celles ci peuvent avoir de très nombreuses étiologies, comme cela a été vu au chapitre
précédent. Citons :
- les atteintes chimiques : métaux, solvants, colles, agents corrosifs et caustiques,…
- les atteintes physiques : microtraumatismes, brûlures …
4.3. L’ulcère de l’estomac
Dans l’étude de Sparks, les polisseurs avaient un excès d’ulcère d’estomac (Odds ratio :
5.0 ;p<0.01); ce qui était confirmé par Dubrow en 1988, qui chez les bijoutières retrouvait un
PMR à 235 (décès observés (Obs): 8 ; p<0.05) [49] [23]
4.4. Le rein
Dubrow retrouvait chez les hommes, un excès de tumeurs bénignes du rein ( PMR : 163 ; obs :
19 ; p<0.05), qu’il attribuait aux métaux lourds (cadmium, mercure, plomb) et aux solvants[23]
4.5. Le système nerveux
Les atteintes neurologiques d’origine chimique
Le bijoutier est régulièrement en contact avec des produits classiquement responsables de
psychosyndrome et d’atteinte du système nerveux périphérique. (métaux, solvants,…)
Les atteintes psychiques conjoncturelles
L’environnement d’objets de prix et de substances dangereuses peuvent favoriser des
pathologies névropathiques, voire psychopathiques.
Dubrow retrouvait par ailleurs dans les deux sexes, un taux élevé de toxicomanie dans la
profession, avec des accidents d’empoisonnements, peut être liés à leurs interactions avec
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les solvants omniprésents ou avec l’alcool
population étudiée par Dubrow.
[23].
Ce résultat paraît être une spécificité de la
4.6. Le cœur et les vaisseaux
L’athérosclérose
Hayes retient chez les hommes, un excès d’athérosclérose (PMR =125 ; 95% CI :114-137) et de
troubles circulatoires consécutifs avec cardiopathie(PCMR =110 ; 95% CI :102-119). [50]
Les troubles angioneurotiques
Les vibrations provoquées par le polissage peuvent être responsables de troubles
angioneurotiques.
4.7. L’appareil articulaire
Les positions de travail privilégiant la vision de l’objet sont à l’origine de troubles
musculosquelettiques.
4.8. Les appareils auditif et visuel
Ils peuvent être sollicités en fonction du travail réalisé. Des surdités peuvent être rencontrées
si des mesures de prévention ne sont pas prises. De même une accommodation durable
peut dégrader la vue. Des cas de cataracte sont signalés par Redor, à la suite d’exposition à
des rayons infrarouges chez les fondeurs [3]
4.9. Le cancer [7]
Hayes retient un excès des cancers dans la profession, quelque soit le sexe. [50]
-
chez les hommes: PMR : 117 ; 95% ; CI :102-133
chez les femmes : PMR : 124 ; 95%CI : 107-142
La vision synoptique de ces trois études laisse penser que le cancer de l’estomac chez les
salariées serait plus fréquent, sans que l’on puisse en expliquer la cause.
4.9.1. Les cancers digestifs
La très grosse étude de Hayes en 1993 retenait un excès de cancer digestif pour les deux
sexes. Ci dessous le détail de l’étude de Hayes :
Tableau VI : Résumé de l’étude de Hayes sur la mortalité par cancer digestif chez les
bijoutiers
Résultat global des cancers digestifs:
ére
PCMR : 113. 95%
- pour la 1 étude
CI [intervalle de confiance] 0.89-1.41
ème
PCMR : 122 ; 95% CI : 101-147
- pour la 2 étude
PCMR : 119 ; 95% CI : 90-154
Excès de cancer chez les hommes
PCMR : 126 ; 95% CI : 96-162
Excès de cancer chez les femmes
Excès de cancer du colon
chez les hommes
chez les femmes
Excès de cancer de l’œsophage
Excès de cancer de l’estomac
global
chez les femmes
PCMR : 153 ; 95% CI : 105-215 (1ère étude)
PCMR : 127 ; 95% CI : 82-188 (2ème étude)
PCMR : 136 ; 95% CI : 92-327
PCMR : 203 ; 95% CI : 108-347
PCMR : 166 ; 95% CI : 95-269
PCMR : 250 ; 95%CI : 120-461
Le cancer de l’estomac
Dans l’étude de Sparks, les polisseurs faisaient plus de cancers d’estomac (Odds
ratio :4.4 ;p<0.01) [49]
Les résultats étaient confortés par ceux de Dubrow en 1988, qui, chez les femmes, retrouvait
un taux anormalement élevé de cancers d’estomac ( PMR : 174 ; décès observés(obs) : 20 ; p<0.01),
[23]
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Le cancer du pancréas
Pietri en 1991 reprenait la littérature afin d’essayer de faire ressortir des facteurs de risque
dans le cancer du pancréas. [51]
Il rappelait l’étude de Sparks et Wegman, en 1980, qui retrouvait une augmentation
significative du risque de contracter ce cancer dans cette profession( 16/9 ; p<0.05). Aucune
explication n’est actuellement proposée.[49]
Les études suivantes de Dubrow et de Hayes ne retrouvaient pas cette élévation.[23, 50]
Le cancer hépatique
Dubrow retrouvait chez les hommes un taux élevé de cancer hépatique(PMR : 297 ;obs : 6 ;
p<0.05), qu’il attribuait à l’usage d’hépatotoxiques, comme les solvants (trichloréthylène,
pertrichloréthylène, tétrachlorure de carbone) [23]
4.9.2. Le tissu hématopoïétique
Hayes signale un léger excès de tumeurs du tissu hématopoïétique et en particulier plus de
lymphome non hogkinien[ 50]
- PCMR =112 ; 95% CI :72-167 pour la 1ère étude
- PCMR =123 ; 95% CI :90-166
- PCMR =139 ; 95% CI :93-200 pour les lymphomes non hodgkiniens
Parmi les atteintes possibles de l’hémogramme, l’hypothèse du saturnisme est toujours à
envisager.
En conclusion, le tableau VII essaie de résumer et de faire ressortir les tendances qui se
dégagent de ces trois études.
Tableau VII : Tentative de résumé des études de mortalité par cancer chez les bijoutiers
Dubrow
Hayes
Sparks
H+F
H
F
H
F
Cancer en général
PMR :
117 ; PMR :
124 ;
95%
95%
CI :102-133
CI : 107-142
Cancer digestif
PCMR : 119 ; PCMR : 126 ;
95%
95%
CI : 90-154:
CI : 96-162
-colon
-œsophage
-estomac
PCMR : 153 ; PCMR : 136 ;
95%
95%
CI : 105-215
CI : 92-327
PCMR : 203 ; 95% CI : 108-347
Odds ratio :
4.4
p<0.01
-foie
-pancréas
Cancer hématopoïétique
Tumeurs bénignes du rein
PMR :
obs : 20
p<0.01
174
PCMR : 250 ;
95%
CI : 120-461
PMR : 297
obs : 6 ;
p<0.05
16/ 9 ; p< 0.05
PCMR =123 ; 95% CI :90-166
PMR:163
obs : 19
p<0.05
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5. Récapitulatif des risques par poste
Risques
Thermiques
Laminage
Estampag
e
Sertissag
e
Décapage
Réparatio
++ tous
++
Chimiques
locaux
Electrolys
e
++
+ tendinite
(découpe du
métal, après
fonte)
Soudeur
Fondeur
(cire
perdue)
Posture
++
vibration
névralgies
Polissage
Lapidaire
Tableau VIII : Récapitulatif des risques par poste
++
++ (HF, HNO3, H2SO4, NaOH)
+
+ décapage
++
++ décapage
Chimiques
généraux
Silices et
silicates
- silice (émeri)
-amiante
- amiante
(support)
(EPI)
-Métasilicates
(dégraissage)
- Acide
- Acide
fluorhydirque
sulfurique
(déroché)
- Acide
- Soude
nitrique
- Ammoniac
-Trichlor- Acide
éthylène
chlorhydriqu
e
- acides *sulfurique
*acétique
*phosphorique
*chlorhydrique
*borique
- soude, ammoniac,
carbonate, tripoly
phosphate de
sodium
- EDTA (dorure)
- diéthylène-diamine
(dorure)
-Sn, Sb, Pb,
Fe, Al, Cu,
Cr
(pâte à
polir)
+ Au, Ag, Ni
- Be (alliage
en cuivre)
- Cr, Zn, Cu,
Ni, Pa, Pb
(alliage
fantaisie)
+ Au, Ag, Ni
- Ag
- Cd (brasure)
(alliage Hg.Cd)
+ Au, Ni
Fièvre des
métaux
- sulfate de Rhodium
- or :
* chlorure d’or
* cyanure de
potassium aurique
+ Ag, Ni
-
Crin de
cheval
Borax
Borax
Cyanures de Na, K,
Ag, Fe
Cyanoacrylate,
époxy (réparation)
- silice
Acides et
bases et
solvants
Métaux
- Cobalt
Autres
- Trichloréthylène
(sertisseur)
-
Acides
*chlorhydrique
* nitrique
(récupération de
l’or)
Pb
*mordache
*titrage de l’or)
- Hg (récupération
de l’or)
+ Au, Ag, Ni
+++
estampage,
séchage (si US)
+++
travail sur
diamants
+
Contrainte
visuelle
+++
+
++
++, tous, en
particulier
estampage
Contrainte
psycho
+++
+
+
++, tous
+++
+
Mécanisme
électrique
++
++, tous risque
mécanique et
électrique
(laminage)
Bruit
Blessures
++
cire perdue
(soufflettes)
- Amiante (fixateur
des pièces)
++ brûlures
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++
US (décapage)
+
++ risque électrique
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6. Prévention des risques professionnels
6.1. Prévention technique
6.1.1. Prévention technique collective[6,3]
6.1.1.1. Le lapidaire
Les postures
Une amélioration de la position de travail parait souhaitable. Malgré les habitudes, voire les
us et coutumes, la négociation porte :
- sur le choix du siège, avec ou sans dossier, de sa hauteur, réglable ou non,
- ainsi que sur la sélection de l’établi le plus adapté.
Des formations sur l’apprentissage des gestes et postures à adopter au travail peuvent être
à envisager.
Le bruit
La taille avec un tour électrique génère beaucoup de bruit. Il est souhaitable de le disposer
sur un socle en caoutchouc, afin de faire régresser bruit et vibrations[3]
La contrainte visuelle
Elle est très forte à presque tous les postes de la profession. L’usage d’une loupe adaptée
est souhaitable. De même le confort d’éclairement est à apprécier, voire à quantifier.
La contrainte psychologique
Une prise en compte de cette composante paraît souhaitable. Il appartient à l’employeur de
prendre toutes les précautions afin de ne pas exposer ses salariés au risque d’un hold up et
à ses conséquences physiques et psychiques.
La discussion concernant le temps de travail pourrait porter aussi sur la durée des postes et
celle des pauses.
Les préventions contre l’incendie et contre les accidents
Tout accident peut faire l’objet d’un examen, d’une discussion auprès des responsables de la
sécurité, voire du CHSCT s’il existe, afin de l’analyser et d’y remédier.
Les conditions de stockage des produits doivent être conformes à la législation et au bon
sens :
- L’éventuelle proximité entre deux produits est à éviter s’ils sont réputés ne pas devoir
être mélangés.
- Le local doit avoir un sol lisse, non poreux, légèrement déclive.
- L’atmosphère y est fraîche et ventilée.
- Une arrivée d’eau est souhaitable placée au point le plus bas de la déclivité.
Les récipients sont fermés et étiquetés.
Il faut veiller à ce que les manipulations soient réalisées en vase clos ou sous aspiration,
munis des protections individuelles qui sont détaillés plus loin.
L’installation électrique, ainsi que tous les appareils sont vérifiés régulièrement.
Des extincteurs en bon état, à poudre ou mousse carbonique, doivent être à portée de main.
Il en est de même pour la trousse à pharmacie. Elle doit être vérifiée régulièrement. Une
personne doit s’en charger, sous le contrôle du médecin du travail et la responsabilité du
chef d’entreprise
6.1.1.2. Le fondeur
Risques thermiques
Le risque principal de ce poste reste les brûlures. La prévention technique passe par le
respect de l’ordre et de la propreté des locaux. [3]
Remplacements des produits dangereux
Devant tout produit toxique, la première question à poser au responsable des méthodes, est
de savoir si ce procédé est indispensable.
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-
Dans le cas de la cire perdue, de nombreux ateliers ont déjà remplacé le talc
potentiellement silicogène, utilisé afin de faciliter le démoulage, par de la silicone en
bombe [3]
De même la disparition de l’amiante est souhaitable et est détaillée au paragraphe
suivant, traitant du soudage.
L’utilisation de l’acide fluorhydrique, compte tenu du risque potentiel est à évaluer ; son
usage ne paraît pas indispensable.
6.1.1.3. Le soudeur
l’entretien des appareils de soudure
Le matériel doit être régulièrement contrôlé : tuyaux correctement montés, protégés, équipés
de valves antireflux, détendeurs dégivrés(réchauffeur électrique spécial), …
Les gaz combustibles
Certaines règles simples sont à respecter :
- Les précautions d’emploi : le personnel doit en être averti
- Le personnel doit être informé des risques inhérents au soudage.
Les dispositifs d’aspiration
Une hotte d’aspiration pour le soudage, en particulier à l’oxygène, est souhaitable pour les
grosses pièces.
La substitution des supports en amiante
Elle est réalisée avec :
- des plaques en charbon de bois
- des cartoplanes
- des briques réfractaires
- des perruques en fil de fer.
Objectivement, aucun n’a les mêmes qualités techniques que l’amiante ; cela explique sa
très lente disparition. [3]
Les préventions contre l’incendie et contre les accidents (cf. 6.1.1.1 )
6.1.1.4. Le décapage
Il est réalisé par dérochage.
L’aspiration
Un mélange à base d’acide sulfurique , s’il est chauffé, doit être utilisé sous une hotte
d’aspiration.
Remplacements des produits dangereux: le déroché
L’acide sulfurique ne se justifie plus actuellement. Des produits de la famille des sulfamates
permettent d'obtenir une efficacité similaire.
Les consignes de sécurité doivent être rappelées, comme :
- le danger de l’ingestion de produits
- le respect de l’ordre chronologique des mélanges : eau, puis acide.
6.1.1.5. Le polissage
Il s’agit en effet le plus souvent de femmes.
La posture (cf. 6.1.1.1 )
L’aspiration
Pour être efficace, « elle doit être individuelle, placée sur le tour, raccordée à un capot avec
plaque de plexiglas®, équipée d’un filtre intégré et d’une grille interne » [3]
L’éclairage et la contrainte visuelle
L’éclairage doit être adapté au travail réalisé, conformément à la loi, au bien être du salarié
et à la qualité du travail.
Gestion des appareils dangereux
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Le nettoyage est réalisé hors tension
Les installations et l’efficacité des aspirations sont contrôlées.
Remplacements des produits dangereux
Les pâtes à polir doivent être choisies en fonction de leur innocuité.
Il paraît licite, sauf obligation technique pour une tâche précise d’éliminer :
- tout risque de silicose : possible avec le tripoli et l’émeri
- tout risque de saturnisme possible avec la potée étain
- tout risque lié au chrome, possible avec le vert de chrome
- tout risque de sidérose , possible avec la potée rouge
Il semble que les abrasifs à base l’alumine (type DIALUX BLANC®) paraissent les moins
dangereux.
6.1.1.6. Les électrolyses
La prévention porte, d’abord sur le risque lié à l’utilisation du cyanure de potassium.
Le stockage
Les produits sont dans des récipients clos étiquetés et entreposés dans des locaux fermés et
ventilés à l’abri de l’humidité et des acides, enfermés sous clé.
La limitation des rejets cyanurés
La limitation de l’évaporation des gaz cyanogènes peut se faire par utilisation de flotteurs en
propylène, sur les cuves, qui limitent l’évaporation.
Pour évacuer les gaz cyanogènes : les hottes doivent être de surface suffisante, es
capacités des aspirateurs ou extracteurs doivent être compatibles avec la taille des hottes.
Les résidus et eaux usées, cyanurées doivent être neutralisées avant rejet.
Consignes de sécurité
Interdiction de fumer, de manger, de boire sur les lieux de travail.
Le numéro de téléphone et l’adresse du centre antipoison doivent être affichés lisiblement
sur les lieux de travail.
6.1.1.7. Les autres postes : laminage, estampage
Les risques mécanique et électrique
Ils existent avec le laminoir, les machines à découper, à estamper
En raison d’utilisation de machines dangereuses, sur le plan mécanique et électrique, il est
conseillé :
- de débrancher les appareils lors du nettoyage,
- d’en assurer un entretien régulier,
d’actionner les dispositifs d’arrêt d’urgence, chaque fois que nécessaire [3]
Le bruit
La machine à estamper est évaluée à 90dB A au moins. Il faut veiller à diminuer le bruit dès
la source. Si cela est insuffisant, un capotage est à discuter avec le responsable des
méthodes [3]
Les accidents
L’utilisation d’objets tranchants incite :
- à la prudence lors de leur utilisation,
- au bon entretien des différents outils
- à leur remplacement, lorsque cela est nécessaire
6.1.2. Prévention technique individuelle
6.1.2.1. Le lapidaire
Le lapidaire doit se protéger des éclats lorsqu’il taille les pierres. Le port de lunettes est
indispensable, ainsi que des protections auditives.
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6.1.2.2. Le fondeur
L’équipement de l’ouvrier comporte :
- de grandes pinces pour la coulée
- des gants, classiquement en amiante
- un tablier en cuir, parfois encore en amiante
- des chaussures de sécurité
- des lunettes teintées
- des protections auditives
6.1.2.3. Le soudeur
Le travail est très spécifique et impose un EPI complet comprenant :
- des chaussures de sécurité
- un bleu de travail
- des gants
- masque et lunettes
- des protections auditives
6.1.2.4. Le décapage par dérochage
Nécessité du port d’EPI, lors du remplissage des cuves, dont des gants et lunettes résistants
aux acides.
6.1.2.5. La polisseuse
Les projections
Les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés comprennent :
- un tablier en caoutchouc ou en cuir,
- une crème protectrice, si nécessaire, sur les zones découvertes.
Le bruit
Le port de protections auditives est vivement conseillé.
6.1.2.6. L’électrolyse
L’utilisation des cyanurés nécessite des EPI spécifiques :
- gants, lunettes de protection (résistants aux acides).
- masque,…
6.1.2.7. L’estampage, le laminage
L’utilisation de machines dangereuses
Lors de l’utilisation de laminoir, de machines à estamper, à découper,… il faut veiller à des
règles strictes :
- d’habillement : pas de vêtement ample, ni cravate qui pourraient se prendre dans la
machine
- de coiffure, pour les mêmes raisons
Le bruit
En fonction du bruit régnant dans l’atelier, l’usage de protections auditives est vivement
conseillé.
Les accidents
L’utilisation d’objets tranchants nécessite des règles de protection individuelle, comme :
- le port de lunettes lors de leur affûtage
- le port de gants, si cela est techniquement compatible à la tâche.
6.1.2.8. Mesures générales
Le tabagisme, les repas
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L’interdiction de fumer ou de prendre des repas dans l’atelier doit être comprise par les
salariés, en raison du risque d’absorption de produits toxiques et de l’hypothèse de
l’incendie.
L’hygiène
Pour les mêmes raisons, un minimum d’hygiène personnelle est exigé
6.2. Prévention médicale
6.2.1. Le lapidaire
Dès l’embauche et lors du suivi médical, l’attention porte essentiellement sur les organes
soumis à des contraintes spécifiques :
L’audition
En visite médicale : le suivi clinique et par audiogramme paraît nécessaire. La visite est
l’occasion de rappeler l’intérêt du port des protections auditives.
En entreprise : des plans de mesurage par sonométrie permettent de quantifier le bruit et
ainsi motivent les différents acteurs de l’entreprise pour améliorer les conditions de travail
La vue
En visite médicale : une bonne vue est nécessaire pour une bonne réalisation du travail
dans des conditions acceptables. L’examen quantifie
- la vue de loin, mais aussi de près,
- s’attache à préciser les éventuelles astigmatismes
- mais aussi les troubles de la vision des couleurs .
Le vieillissement et la presbytie rendent le salarié moins performant s’il n’est pas
correctement corrigé
En entreprise : le médecin du travail doit connaître les différents postes et s’attache à
améliorer les éclairements et la luminance de chacun ; ces deux données pouvant être
quantifiées facilement.
Le médecin doit être contacté lors de travaux dans l’entreprise et il peut alors donner son
avis sur les couleurs des murs, du sol, sur la qualité et le nombre des luminaires, ainsi que
sur leur emplacement.
L’appareil respiratoire
En visite médicale : bien que le poste ne soit pas le plus exposé, le lapidaire est
potentiellement soumis au cobalt et à ses conséquences pulmonaires.
- Le suivi médical, dès l’embauche, précise l’état clinique de l’appareil pulmonaire.
- Un suivi par explorations fonctionnelles et radiographies pulmonaires parait souhaitable.
- L’intérêt d’un suivi biologique urinaire n’est pas mentionné dans la littérature
En entreprise : le médecin du travail veille à la bonne utilisation des EPI, discute avec le
responsable de l’intérêt de l’utilisation d’un capotage le plus adapté.
L’appareil ostéo-articulaire et les postures
En visite médicale : un bon état ostéoarticulaire est souhaitable. L’examen est l’occasion de
conseiller le salarié sur les postures à adopter au travail. Une névralgie périphérique est à
rechercher.
En entreprise : le travail porte essentiellement sur le respect des règles de gestes et
postures.
Le psychisme
En visite médicale : la visite médicale est l’occasion pour le salarié de verbaliser ses
angoisses professionnelles, concernant
- l’angoisse du hold up et de l’agression
- mais aussi le coût des produits utilisés et la crainte des reproches face à un ouvrage
imparfait.
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En entreprise : une étude épidémiologique sur le stress ou la constitution d’un groupe de
paroles peuvent être à discuter, selon le niveau d’angoisse dans l’entreprise et sa taille,
habituellement trop petite pour la constitution d’un CHSCT.
La peau
Le risque de dermatose nécessite une surveillance régulière, dès l’embauche. La discussion
concernant l’intérêt des gants, des crèmes et autres EPI spécifiques peut être entamée afin
de le convaincre.
6.2.2. Le fondeur
6.2.2.1. La surveillance médicale
Outre la surveillance commune à tous les bijoutiers (audition, psychisme, vue), l’examen
surveille plus spécifiquement certains points.
La peau
L’interrogatoire recherche les éventuelles brûlures par coulée de caustiques.
L’appareil respiratoire
Les contacts possibles avec : amiante, silice, béryllium, chrome, nickel incitent à réaliser une
surveillance pulmonaire appropriée : clinique, radiographie, EFR, voire indices biologiques
d’exposition et métrologie atmosphérique.
L’appareil ostéoarticulaire
L’examen recherche chez les ouvriers qui utilisent des pinces pour découper le métal après
fonte, d'éventuelles tendinopathies.
6.2.2.2. La formation des secouristes
Il est souhaitable que le ou les secouristes soient formés aux premiers gestes à réaliser lors
d’une projection d’acide et d’acide fluorhydrique en particulier.
6.2.2.3. La prévention spécifique contre l’acide fluorhydrique
Le matériel de secours
Il faut prévoir la proximité de douches
La trousse à pharmacie
Elle doit comporter de quoi permettre un lavage à grande eau, tant pour les yeux que pour la
peau
Le gluconate de calcium sous plusieurs formes :
- à 1%, pour instillations oculaires,
- en poudre, pour la constitution d’un gel
- vaseline.
La conduite à tenir en cas de projection d’acide fluorhydrique
La discrétion initiale des symptômes cutanés contraste avec l’intensité de la douleur. La
gravité de l’intoxication est telle qu’un traitement d’urgence systématique doit être entrepris.
Il comprend, pour l’œil comme pour la peau : tout d’abord une décontamination soigneuse
par un lavage à l’eau courante, dans un deuxième temps, un traitement neutralisant est
proposé à base de gel au gluconate de calcium :
Pour l’œil : instillation de gluconate de calcium à 1%, puis hospitalisation en milieu
spécialisé
Pour la peau : pour les doigts, trempage prolongée dans une solution de gluconate
de calcium à 10%. Pour les surfaces planes : application renouvelée toutes les 3 à
4 heures par pansement avec des compresses imbibées ou massage avec un gel à
2.5% (réalisé par mélange - de 3 à 5 g de gluconate de calcium en poudre dans
150 g de vaseline)
La suite du traitement est en milieu hospitalier, voire chirurgical.
Pour une contamination étendue, le traitement visera à lutter contre l’atteinte systémique et
son hypocalcémie. Il est réalisé en milieu hospitalier.
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6.2.3. Le soudeur
Outre la surveillance commune à tous les bijoutiers (ostéoarticulaire, audition, vue, …)
L’appareil respiratoire
En raison de contact possible avec l’amiante, le cadmium ou le nickel, une surveillance de
l’appareil respiratoire est indispensable. [3]
La peau
Comme pour les fondeurs, l’interrogatoire recherche les éventuelles brûlures par coulée de
caustiques.
La prévention contre le cadmium
Lors des brasures, le bijoutier peut être régulièrement en contact avec le cadmium. A ce
poste, outre la surveillance clinique (pulmonaire, denture, recherche d’une protéinurie à la
bandelette urinaire), l’indice biologique sanguin peut être réalisé.
Produits mutagènes
S’il existe un contact à ce poste avec le trichloréthylène, une information des femmes en âge
de procréer sur le risque potentiel pour une future grossesse est nécessaire.
6.2.4. La polisseuse
Par chaque poste, on retrouve les mêmes éléments de surveillance, déjà détaillés pour le
lapidaire
- L’appareil ostéoarticulaire
- La contrainte visuelle
- La contrainte psychologique
- Le bruit et l’audition
Sur ce poste, certaines surveillances sont plus spécifiques.
L’appareil respiratoire
En visite médicale : Les risques pulmonaires lors de cette activité, sont réels. Outre la
prévention technique, un suivi médical s’impose.
- Examen clinique, radiographie pulmonaire et exploration fonctionnelle respiratoire
paraissent souhaitables.
- En effet une pneumoconiose est possible qu’il s’agisse d’une silicose, sidérose ou
staniose. D’autre part l’intoxication au chrome ou au nickel est à surveiller par la clinique,
la radiographie et si nécessaire la biologie urinaire.
- Outre les signes fonctionnels habituels, l’interrogatoire recherche une irritation ou
sensibilisation au crin de cheval s’il est utilisé.
En entreprise : Selon les arguments découverts lors des visites médicales, des
prélèvements atmosphériques peuvent être décidés.
La peau
Outre la surveillance proposée chez le lapidaire, une recherche d’irritation ou de
sensibilisation à un métal est justifiée. Une dermatose en phase aiguë est une cause
d’inaptitude temporaire et remet en cause l’aptitude à ce poste à plus long terme.
Le saturnisme
En visite médicale : Le contact possible avec le plomb peut amener à rechercher
biologiquement un saturnisme. Cliniquement l’examen recherche une polynévrite
périphérique des quatre membres et oculomotrice.
Les femmes en âge de procréer sont averties du risque et de l’éventualité de changement de
poste pendant leur grossesse.
En entreprise : Selon les données de l’examen clinique et des indices biologiques, une
métrologie atmosphérique peut être décidée.
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6.2.5. L’électrolyse
6.2.5.1. La prévention spécifique aux cyanures
Le médecin du travail doit prévoir une intoxication aux cyanures :
les consignes de sécurité (cf.6.1.1.6)
Le matériel de secours
A proximité de l’atelier, le médecin du travail veille à la présence de brancards et de
couvertures, de douches. Selon la taille de l’entreprise et du risque, il peut être discuté de la
présence :
- d’équipements de protection individuelle ( appareils de protection respiratoire autonomes
et isolants destinés à une intervention afin d’aller chercher un blessé en zone
contaminé.)
- d’appareils de détection des concentrations atmosphériques
- et surtout d’un matériel d’oxygénothérapie avec masque (voire de ventilation assistée)
qui doit être en état de fonctionner, donc vérifié régulièrement.
La trousse à pharmacie
Elle doit posséder des traitements spécifiques à l’intoxication au cyanure avec :
Seringues de 20 et 50ml,
- aiguilles pour injections intraveineuses,
- compresses stériles
- alcool ou solution antiseptique
- garrot
- sérum isotonique, 2 flacons de 250 ml
- CyanokitR( cher mais efficace)
- Kelocyanor R (moins cher, moins bien supporté) (4 ampoules de 20 ml)
Sérum glucosé hypertonique à 30% (2 flacons de 250 ml)
A discuter :
- Nitrite de sodium à 3%, hyposulfite de sodium à 25%
- Vitamine C injectable, bleu de méthylène
Conduite à tenir en cas d’intoxication aux cyanures [30, 31]
Il faut que le Médecin du Travail prépare une conduite à tenir : Traitement symptomatique,
avant prise en charge par un service médical d’urgence. Le responsable de la sécurité doit
faire passer le message qu’un bon secouriste est un secouriste vivant. Il est bon que le rôle
du secouriste soit préalablement défini, car il sera le plus souvent seul lors de cette première
phase.
En cas de malaise suspect :
- Alerter le SAMU et/ou les pompiers, les responsables de l’usine, le médecin et/ou
l’infirmière
- Evacuer le personnel des locaux environnants, potentiellement suspects
- Revêtir l’EPI adapté à ce risque, avant de s’introduire dans l’espace contaminé
- Si possible agir sur la source d’émission, si cela est possible et si elle est connue, mettre
en marche les ventilations de secours
- Soustraire les victimes du local pollué
- Dresser un bilan rapide : pouls, conscience, ventilation,
- Premiers soins : Libération des voies aériennes, Oxygénothérapie au masque. Ne pas
faire de bouche à bouche, afin d’éviter une contamination, Massage cardiaque externe,
uniquement si nécessaire, si l’hypothèse de l’arrêt est réellement fondée,
Décontamination cutanée, en cas de besoin par lavage à grande eau après
déshabillage.
- Accueillir le SAMUet les pompiers
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- Préparer la trousse d’urgence du médecin
- Traitement symptomatique, par le service d’aide médicale d’urgence
A partir de cette étape, l’acteur est le médecin.
- Correction des troubles hémodynamiques,
- Correction de l’acidose métabolique
- Traitement des convulsions
Les antidotes :
- Le CyanokitR : flacon de 4g d’hydroxocobalamine, à diluer dans 80ml de thiosulfate de
sodium. Une molécule d’hydroxocobalamine neutralise un ion cyanure en se
transformant en cyanocobalamine.
- Le thiosulfate, en apportant du soufre, facilite la transformation des cyanures en
thiocyanates par la rhodanèse.
- Le KélocyanorR (EDTA dicobaltique), autre thérapeutique : qui forme des complexes
stables, atoxiques, avec l’ion cyanure. C’est un chélateur qui est responsable
d’accidents thérapeutiques fréquents. Il s’administre à la dose d’une ampoule de 300mg,
intraveineuse en 30 secondes, suivie de 50 ml de soluté glucosé à 30% sur la même
voie.
Selon de nombreux auteurs, les agents méthémoglobinisants ne devraient plus être utilisés.
Ils aggravent l’hypoxie, la méthémoglobine produite est difficilement contrôlable, les nitrites
compliquent les troubles hémodynamiques, par leur effet vasodilatateur.
6.2.6. Autres mesures
Le bruit lors de l’utilisation de machines
Une surveillance spécifique est réalisée dès l’embauchage, suivi d’un contrôle continu, avec
sonométrie en atelier et audiométrie des salariés concernés. [3]
La surveillance vaccinale
Il faut sensibiliser les salariés sur l’importance de l’immunité vis à vis du tétanos, bien qu’elle
soit légalement non obligatoire.
L’information des salariés et la formation des secouristes
Il est bon d’informer les salariés des risques inhérents à leur activité, afin de favoriser une
prise de conscience du risque, tout en évitant de les alarmer ou de les inquiéter.
De même les secouristes doivent être sensibiliser aux premiers gestes lors des accidents les
plus probables : projection de caustiques, intoxication aux cyanures, blessures
En résumé :
Le médecin du travail surveille dès l’embauche plus spécifiquement les appareils suivants :
- Cutané
- Respiratoire
- Ostéoarticulaire
- Visuelle
- Orl ( suivi audio)
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Suivi médical
Prévention
technique
individuell
Laminage
Estampage
++
+
+
++
+
+
+
++
+
++
++
+
++
+
++
+
++
+
++
++
+
+
+
++
++
+
Electrolyse
++
++
++
++
++
Substitution
des produits
dangereux
Gestion des
machines
Décapage
Psy
Incendie et
accidents
Brûlures
++
+
++
Soudeur
Vue
+
++
+
++
Fondeur
Bruit
Polisseuse
Postes de
Travail
Posture
Lapidaire
Prévention Technique Collective
Prévention
Tableau IX : Récapitulatif des actions de prévention par poste
+
++
silice,
plomb, fer
silice,
amiante,
plomb
amiante
déroché
++
+
++
plomb
+
++
Gestion des
produits
dangereux
++
+
+
cyanures :
*stockage
* consignes
de sécurité
Aspiration
++
+ dont
++
++ dont
+
++
++
consignes
de sécurité
++
++
++ dont
protection
auditive
protection
auditive
++ dont
protection
auditive
protection
auditive
++
++
++ dont
protection
auditive
Hygiène
personnelle
++
++
++
++
++
++
++
Appareil
respiratoire
++ cobalt,
++ silice,
fe, cr, ni sn,
crin de
cheval
++ be, cr,
ni , silice,
amiante
amiante, ni,
cd
++
Ni
Ostéo
articulaire
++
++
+
+
++
+
Cutané
++
++
++
++
++
+
Audition
++
++
++
++
+
++
++
++
+
++
++
EPI
spécifique
Vue
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++
+ ni
++ risque
de
projection
+
amiante, ni
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7. Législation et maladies professionnelles
7.1. Les valeurs limites françaises et étrangères [52,53]
Il est possible de surveiller l’exposition des salariés par dosage du toxique et/ou de ses
métabolites, essentiellement dans les urines ou le sang.
La surveillance de la pollution dans un atelier peut être aussi réalisée par des métrologies
atmosphériques des substances en cause.
Des valeurs limites sont proposées tant pour lors les prélèvements atmosphériques, que
pour les dosages sur les produits biologiques des salariés. Elles sont fondées sur une
tentative de consensus des experts après revue de la littérature.
7.1.1. Les valeurs limites des concentrations atmosphériques
Le tableau X essaie de proposer un regard synoptique sur les valeurs françaises et
américaines, et quelquefois allemandes.
ACGIH : (American Conference of Governemental Industrial Hygiene) :
Les valeurs proposées dans le tableau X sont les TLV-TWA (Threshold Limit ValuesWeighted Average) qui sont destinées à servir de guide ou de recommandations techniques.
Ces valeurs correspondent à des moyennes pondérées sur 8 heures/jour et 40
heures/semaine. Elles sont à rapprocher des VME françaises (valeurs moyennes
d’exposition).
Il existe aussi les TLV-STEL ( Short Term Exposure Limit) qui sont des valeurs limites
d’exposition sur une courte durée , qui ne peuvent pas être dépassées à aucun moment de
la journée. Elles sont à rapprocher aux VLE françaises
La commission MAK en Allemagne
La valeur MAK correspond à la concentration maximale d’une substance chimique, qui ne
provoque pas d’effet défavorable sur la santé des travailleurs, après 40 ou 42 heures,
pondérés sur 8 heures/jour.
Les VME et VLE françaises
Les VLE : Ce sont les valeurs limites d’exposition professionnelle pour des durées
inférieures ou égales à 15 minutes. Elles ont un intérêt indicatif en général, mais peuvent
avoir un caractère réglementaire pour quelques composés (benzène, chlorure de vinyle,
plomb,…).
Les VME : Ce sont les valeurs moyennes d’exposition, mesurées ou estimées sur la durée
de 8 heures. Elles sont destinées à protéger les travailleurs des effets à terme. Elles peuvent
être dépassées sur une courte période sous réserve de ne pas dépasser la VLE.
Commentaires et abréviations du tableau X
-i
: fraction inhalable
-a : fraction alvéolaire
-P : valeur plafond(acgih)
-S : valeur STEL (acgih) (:short term exposure limit) :à rapprocher aux VLE françaises (valeurs limites
d’exposition de courte durée)
Les valeurs limites des gaz et vapeurs sont exprimées à la fois en poids (mg/m3) et en volume (ppm).
La correspondance entre ces valeurs est donnée, à 25°C et sous 760 mmHg, par les formules
suivantes :
ppm = mg/m3 x masse molaire / 24.45
mg/m 3= ppm x 24.45 / masse molaire
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Tableau X : Les valeurs limites lors des prélèvements atmosphériques[52,53]
Eléments métalliques
SUBSTANCES
Aluminium (métal)
Antimoine
Argent
Béryllium
poussières
Bore
totales
(oxyde)
fumées
Cadmium (oxyde de)
(fumées)
Chrome (métal)
Cobalt (métal, fumée
et poussières)
Fer (trioxyde de di-,
fumées)
Mercure (vapeur)
Poussières
;métal
Nickel
Composés
solubles
Plomb (métal)
Métal
Rhodium Composés
solubles
USA (ACGIH)
TLV-TWA
Ppm
mg/m3
10
0.5
0.1
0.002
France
VME
VLE
ppm
mg/m3
ppm
mg/m3
10
0.5
0.1
0.002
-
TMP n°
73
33
-
10
-
10
-
-
-
-
5
-
5
-
-
-
-
-
-
-
-
0.05
61
-
0.5
-
0.5
-
-
-
-
0.02
-
0.1
-
-
65,66
-
5
-
5
-
-
-
-
-
0.05
-
-
44,44b
s
2
-
1
-
1
-
-
37 ter
-
0.1
-
1
-
-
-
0.05
1
-
0.15
1
-
-
1
-
-
0.01
-
-
-
-
-
Acides, bases et sels
SUBSTANCES
Ammoniac
USA (ACGIH)
TLV-TWA
Ppm
mg/m3
25 (mak :50) 17 (mak :35)
ppm
25
VME
mg/m3
18
France
VLE
ppm
mg/m3
50
36
TMP n°
-
Acide chlorhydrique
P5
P 7.5
-
-
5
7.5
-
Acide cyanhydrique
P 4.7
(mak :10)
P5
(mak :11)
2
2
10
10
-
Acide fluorhydrique
P3
P 2.3
-
-
3
2.5
32
Acide nitrique
2
5.2
2
5
4
10
-
Acide phosphorique
-
1
-
3
-
-
-
Acide sulfurique
-
1 (S3 )
-
1
-
3
-
Diéthylène-triamine
1
4.2
1
4
-
-
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Silice et silicates
USA
SUBSTANCES
ACGIH
Amiante
Ppm
Silice cristalline
France
mg/m3
VME
VLE
ppm
mg/m3
ppm
mg/m3
TMP n°
Amosite
0.5 fibre/cm3
-
0.1
fibre/cm3
-
-
30
Chrysotile
2 fibres/cm3
-
0.1
fibre/cm3
-
-
30
crocidolite
0.2 fibre/cm3
-
0.1
fibre/cm3
-
-
30
Cristoballite
-
0.05a
-
10/
(2x+2)a
-
-
25,
25bis
Quartz
-
0.1a
-
10/
(x+2)a
-
-
Tridymite
-
0.05a
-
10/
(2x+2)a
-
0.1a
-
-
Tripoli
en quartz
-
-
-
25,
25bis
25,
25bis
25,
25bis
7.1.2. Les valeurs limites des indices biologiques d’exposition
La surveillance peut être réalisée par le dosage des polluants ou de leurs métabolites dans
l’organisme, en particulier l’urine ou le sang.
Le tableau XI essaie de compiler les indices biologiques américains, allemands et français.
L’ACGIH
Elle définit des BEI (biological exposure indice), indice, pour lequel un ouvrier exposé 8
heures/ jour, 5 jours/ semaine, a des concentrations de polluants inhalés conformes aux
TLV.
Les BAT en Allemagne (biologischer arbeitsstoff toleranz wert)
Ils sont définis sur 8 heures/jour, 40 heures/semaine.
Les IBE en France
Les indices biologiques d’exposition reflètent le cas d’un travailleur en bonne santé, inhalant
des polluants dont le taux atmosphérique correspond à la VME, pour une période de 8
heures/jour et 40 heures/semaine.
Commentaires et abréviations du tableau IX
-A : non fixé
-B : avant le début du poste
-C : indifférent
-D :fin de poste et de semaine
-E :après plusieurs postes
-K : augmentation durant le poste
-L : avant le poste
* : fonction de la concentration dans l’air
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Tableau XI : Les valeurs limites des indices biologiques d’exposition [54, 24,55,56]
Allemagne DFG
Milieu
BEI
Moments
Prélèvement
BAT
Moments
prélèvement
IBE
Moments du
prélèvement
France
Substances
USA ACGIH
Aluminium
urine
-
-
200 µg/l
D ;E
-
-
Cadmium
et composés
inorganiques
sang
5 µg/l
C
15 µg/l
A
C
15 µg/l
A
K
-
-
D
-
-
Chrome (VI)
Cobalt
Mercure
(métal et
composés
inorganiques
)
Nickel
Plomb
(métal)
urine
urine
5 µg/g de
créatinine
10 µg/g de
créatinine
30 µg/ g de
créatinine
5 µg/l
(<1.5 chez le
non fumeur)
5 µg/ g de
créatinine
10 µg/g de
créatinine
30 µg/ g de
créatinine
C
C
K
D
sang
1 µg/l
D
2.5 µg/l*
1 µg/l
D
urine
15 µg/l
D
30 µg/l*
15 µg/l
D
sang
15µg/l
D
50 µg/l
A
15 µg/l
D
urine
35 µg/ g de
créatinine
L
200 µg/l
A
35 µg/ g de
créatinine
B
urine
-
-
sang
0.3 mg/l
0.1 mg/l chez
femme
enceinte
C
15 µg/l*
700 µg/l
300 µg/l pour
les femmes
<45ans
A
A
400 µg/l
A
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7.2. Classification des cancérogènes
Les produits utilisés sont classés par le Centre International de Recherche du Cancer en
plusieurs catégories, qui sont : [ 57,58]
Tableau XII : Résumé des produits potentiellement cancérogènes chez les bijoutiers
Groupe 1
Groupe 2A
Groupe 2B
Groupe 3
Groupe 4
Produits cancérogènes : (cancérogénécité établie)
amiante, benzène, béryllium, cadmium,
composés du nickel et du chrome hexavalent
Produits probablement cancérogènes pour l’homme
Trichloréthylène ;silice cristallisée
Fusion du fer et de l’acier, production de l’aluminium,
Produits possiblement cancérogènes pour l’homme
Cobalt et composés du cobalt
Nickel métal
Plomb et ses composés inorganiques
Fumées de soudage
Inclassable
Acide chlorhydrique, acide acrylique,
Chrome métallique, chrome trivalent,
Composés organiques du plomb
Mercure et composés inorganiques du mercure
Silice amorphe
Agents probablement non cancérogènes
7.3. La réglementation s’appliquant à la profession [59]
7.3.1. La gestion des poussières
7.3.1.1. Les concentrations maximales légales de poussière
Quelques définitions :
Une poussière totale (R232.5.1)
Est appelée ainsi, toute particule solide dont le diamètre aérodynamique est au plus égal à
100 micromètres ou dont la vitesse limite de chute, dans les conditions normales de
température, est au plus égale à 0.25 mètre par seconde.
Une poussière alvéolaire
Est appelée ainsi, toute poussière susceptible d’atteindre les alvéoles pulmonaires
La pollution spécifique
Lorsque des substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs,
aérosols, aérosols solides ou liquides autres que celles qui sont liées à la seule présence
humaine, on peut parler de pollution spécifique.
Les concentrations maximales légales de poussière (R232.5.5 )[52,53]
Dans l’atmosphère inhalée pour une personne, sur une période de huit heures :
France
USA (TLV.TWA)
Poussières totales
< 10 milligrammes/ m3
< 10 milligrammes/ m3
Poussières alvéolaires
< 5 milligrammes/ m3
< 3 milligrammes/ m3
7.3.1.2. Aération, assainissement (R232.5)
Dans les locaux fermés où le personnel est appelé à séjourner, l’air doit être renouvelé de
façon à :
1. Maintenir un état de pureté de l’atmosphère, propre à préserver la santé des travailleurs
2. Eviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les
condensations. (R232.5)
La ventilation, le captage (R232.5.6-7)
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Pour chaque local à pollution spécifique, la ventilation doit être réalisée et son débit
déterminé en fonction de la nature et de la quantité des polluants ainsi que, le cas échéant,
de la chaleur à évacuer, sans que le débit minimal d’air puisse être inférieur aux valeurs
fixées pour la pollution non spécifique ( déterminée par le R232.5.3 )
Les émissions de gaz, de vapeurs, d’aérosols solides ou liquides, de substances insalubres
gênantes ou dangereuses, doivent être supprimées lorsque les techniques de production le
permettent.
Sinon elles doivent être captées au fur et à mesure de leur production, au plus près de leur
émission,…, tenant compte de la nature, des caractéristiques et du débit des polluants et
des mouvements de l’air.
Le captage des polluants est réalisé à la source si possible. Dans le cas contraire une
ventilation les évacue de façon à respecter les valeurs limites de l’article R232.5.5.
Un système de captage d’air extérieur compense son évacuation par la ventilation.
Recyclage et/ou épuration de l’air (R232.5.8 )
Equipements de protection individuelle (R232.5.13, R233)
7.3.2. La gestion des risques physiques
7.3.2.1. Cuves et bassins (R233.46)
Les cuves, bassins et réservoirs doivent être construits, installés et protégés dans des
conditions assurant la sécurité des travailleurs, afin d’éviter les chutes, les risques de
débordements, d’éclaboussures ou de déversements lors d’une rupture des parois de la
cuve.
7.3.2.2. Le bruit (R232.8)
L’exposition au bruit doit demeurer à un niveau compatible avec la santé des travailleurs.
Le contrôle est sous la responsabilité de l’employeur.
Valeurs maximales quotidiennes
Valeurs maximales de crête
< 85 dB A
< 135 dB
7.3.2.3. L’éclairage (R232.7 + circ du 11.4.84) [60]
Les valeurs d’éclairement minimales sont définies ainsi :
Locaux
Locaux de travail, vestiaires, sanitaires
Locaux aveugles affectés à un travail permanent
Petites pièces où l’on dessine
Comparaison des couleurs
Tâches difficiles
Valeurs minimales
> 120 lux
> 200 lux
300 lux
400 lux
800 lux
L’éclairement doit être adapté à la nature et à la précision des travaux à exécuter
7.3.2.4. Autres textes législatifs
Les incendies (R 232.17 à 22)
Les installations électriques
Le décret n° 88-1056 du 14 novembre 1988 concerne la protection des travailleurs dans des
établissements mettant en œuvre des courants électriques.
Sa Section V concerne la protection des brûlures et des explosions d’origine électrique
7.3.3. La gestion des risques chimiques
L’étiquetage
Le décret n°87- 200 modifié du 25 mars 1987 impose aux fabricants et importateurs de
produits chimiques de fournir aux utilisateurs des fiches de sécurité.
Instruction aux premiers secours (R241.39)
Dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux, un membre du personnel doit
avoir reçu obligatoirement l’instruction nécessaire pour donner les premiers secours en cas
d’urgence.
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Dispositions prises pour assurer les premiers secours (R241.40)
L’employeur, après avis du médecin du travail, prend les dispositions nécessaires pour
assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades.
Travaux interdits aux femmes (R 234.9)
Il est interdit d’occuper les femmes et de les admettre de manière habituelle dans les locaux
affectés aux travaux suivants :
- Mercure : emploi et composés du mercure (aux travaux de secrétage dans l’industrie de
la couperie de poils)
- Silice libre : travaux exposant à l’action de la silice : dont le nettoyage, le décapage ou le
polissage au jet de sable sauf lorsque ces travaux s’effectuent en enceinte étanche
Travaux déconseillés aux femmes enceintes
Dans l’esprit de la circulaire du 2 mai 1985, de l’instruction technique n°115 qu’elle contient
et du R241.50, certains travaux sont déconseillés pendant la grossesse :
Pas d ‘exposition aux risques toxicologiques suivants :
- Solvants dont le trichloréthylène
- Plomb et Mercure
Pas d’exposition aux risques physiques suivants
- Chaleur
- Vibrations, exposition aux trépidations
- Station debout prolongée
Selon l’article L 122.25.1 du code du travail, une affectation temporaire de la future mère à
un autre poste est à envisager.
Travaux interdits aux mineurs ( R 234.12 à 21)
Selon les articles R234.12 à 21, les jeunes travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent pas être
employés aux travaux suivants :
Utilisation de cisailles, presse de toute nature, outils tranchants,
Travail d’alimentation en marche de scies,
Travail au contact des cuves contenant des liquides, gaz ou vapeurs inflammables,
toxiques, nocifs ou corrosifs
Laminage et tréfilage de la verge de tréfilerie
Travail de ponçage ou bouchardage de pierres dures
Occupation et admission dans un local affecté à l’utilisation des produits suivants :
- Acides fluorhydrique, cyanhydrique, nitrique
- Soude caustique
- Amiante
- Silice libre : décapage ou polissage à sec de roches contenant de la silice libre,
polissage au jet de sable sauf si l’opération est réalisée dans une enceinte étanche
- Cyanures
- Mercure, plomb
- Métaux en fusion
Une dérogation de l’inspecteur, après accord du médecin du travail peut être établie (R234. 22).
La surveillance médicale spéciale (arrêté du 11 juillet 1977 )
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7.4. Maladies professionnelles indemnisables en bijouterie
Selon l’article L 498 de la Sécurité Sociale, les pathologies suivantes, qui ont été décrites
chez les bijoutiers peuvent être reconnues et indemnisées comme pathologies
professionnelles. (TMP : tableau de maladie professionnelle) [25]
Tableau XIII : Récapitulatif des maladies professionnelles chez les bijoutiers
MP n°1
Affections dues au plomb et à ses composés
MP n°2
Affections dues au mercure et à ses composés
MP n°10
Ulcérations et dermites provoquées par l’acide chromique, les chromates et
bichromates alcalins, le chromate de zinc et le sulfate de chrome
MP n°10 bis
Affections respiratoires provoquées par l’acide chromique, les chromates et
bichromates alcalins (liste limitative : chromage électrolytique; fabrication,
manipulation, emploi de chromates et bichromates alcalins)
MP n°12
Affections provoquées par les dérivés halogénés suivants des hydrocarbures
aliphatiques
MP n°25
Pneumoconioses consécutives à l’inhalation de poussières minérales renfermant
de la silice libre
MP n°25 bis
Affections non pneumoconiotiques dues à l’inhalation de poussières minérales
renfermant de la silice libre
MP n°30
Affections professionnelles consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante
MP n°32
Affections professionnelles provoquées par le fluor, l’acide fluorhydrique et ses
sels minéraux
MP n°33,
Maladies professionnelles dues au béryllium et à ses composés
MP n°37
Affections cutanées causées par les oxydes et les sels de nickel
MP n°37 bis
Affections respiratoires causées par les oxydes et les sels de nickel (liste
limitative : nickelage des métaux)
MP n°42
Surdité provoquée par les bruits lésionnels (liste limitative : emboutissage,
martelage, tréfilage, laminage, …)
MP n°44
Affections consécutives à l’inhalation de poussières ou de fumées d’oxyde de fer
MP n°51
Maladies professionnelles provoquées par les résines époxydiques et leurs
constituants (liste limitative : préparation et emploi des résines époxydiques)
MP n°57
Affections péri articulaires provoquées par certains gestes et postures de travail
(liste limitative : appui prolongé sur la face postérieure du coude)
MP n°61
Maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés.
MP n°65
Lésions eczématiformes de mécanisme allergique
MP n°66
Affections respiratoires de mécanisme allergique
MP n°69
Affections provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines
machines-outils, objets et par les chocs itératifs du talon de la main sur des
éléments fixes (liste limitative : polisseuse, meuleuse, martelage, ...)
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8 . Visite d’une entreprise artisanale
Tout bijou a la nécessité de recevoir le poinçon de titrage ; or celui-ci n'étant délivré qu'à
Lyon, la majorité des entreprises industrielles de bijouterie de la région Rhône-Alpes se
situent autour de Lyon, afin de limiter les coûts de trajets.
8.1. Entreprise A
8.1.1. Présentation de l’Entreprise
8.1.1.1. Effectif et activité
Effectif
Il s’agit d’une entreprise artisanale, située au centre ville de Grenoble, dans une avenue très
passante.
Elle comprend :
- quatre femmes dont trois sont à un poste administratif et une, en temps partiel au
polissage ;
- et trois hommes, dont
le directeur (qui participe à l’activité),
un ouvrier
un apprenti, actuellement en CAP à Lyon
L’ambiance est familiale et l’accueil convivial.
Activité
Actuellement l’entreprise a pour vocation première, la réparation en sous-traitance pour de
nombreuses autres bijouteries du Dauphiné.
Elle rachète aussi de vieux bijoux en or 18 carats, qu’elle refond.
Elle fabrique et vend des chaînes en or aux bijouteries.
Elle crée des répliques de bijoux anciens.
Sa mission principale est la réparation et la remise en état des bijoux.
Pour cela, elle s’est donnée la possibilité :
de fondre le métal,
de créer des modèles de bijou en cire, à partir de moules en caoutchouc
de réaliser le polissage,
la soudure
l’électrodéposition
8.1.1.2. L’accès aux locaux
L’accès se fait par une cour intérieure qui donne sur un bâtiment du début du siècle .
L’atelier est au deuxième étage qu’on atteint par un escalier.
8.1.1.3. Présentation générale des locaux
Les locaux sont dans un grand appartement dont on note l’importante hauteur de plafond.
Ils comprennent :
- la grande pièce d’entrée, d’environ 80m2,qui fait office de bureau administratif, où
travaillent trois femmes.
- Puis, un couloir permet d’accéder au bureau du directeur sur la gauche et à la cuisine en
face.
- La cuisine fait office de salle de repos. Elle comprend un réfrigérateur, une cuisinière, un
lavabo muni de savon et d’une serviette propre. Pas de véritable évier. On accède aux
toilettes par la cuisine.
- C’est de la cuisine, que l’on pénètre dans l’atelier
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8.1.1.4. L’atelier
Il s’agit d’une pièce d’environ 70 m2 , éclairée par une grande baie vitrée coulissante, qui
couvre toute la cloison donnant sur la cour.
Chaque poste de travail se côtoie :
les deux postes de travail de bijoutiers
un poste de polissage.
le poste de fondeur
le dérochage
le séchoir par ultrasons
l’évier
le poste d’électrodéposition
le poste de la cire perdue
Tous les locaux sont chauffés.
Tableau XIV : Agencement des différents postes de travail dans l’atelier
Dépôt des bacs
d’électrolyse
non utilisés
Poste d’électro Porte donnant
sur la cuisine
-déposition
Poste de
bijoutier
(8.2.3)
Poste de
la cire
perdue
(8.2.1)
70m2
Poste de
fondeur (8.2.4)
Rangemen
t de
documentation
Poste de
bijoutier
(8.2.3)
Bureau +
chaise
Poste de
dérochage
(8.2.5)
Bac à
US
Evier, contenant
le bac de
décantation
Baie vitrée
Poste de
polissage (8.2.2)
8.1.2. Etude des postes
8.1.2.1. Le poste de la cire perdue
Dans cette entreprise, une partie seulement de cette opération est réalisée.
- Il n’y a que très rarement la création d’un dessin original
- Le modèle autour duquel va être constitué un moule en caoutchouc ou en élastomère
est un bijou ancien, choisi selon la demande de la clientèle ou le désir du bijoutier de
recréer un belle pièce sur laquelle il a été amené à travailler.
- Une presse permet sa constitution.
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-
Puis ce moule reçoit de la cire et permet des reproductions en cire.Les étapes suivantes
sont accomplies dans un laboratoire de Lyon. Ce qui exclut les risques de silicose à
cette étape.
Figure 8 : Poste de la cire perdue
A gauche, un moule en élastomère est ouvert, sa base à gauche et la partie supérieure à droite. Il a
été réalisé avec la presse bleue de la photo de droite. Ce moule permet la réalisation d'
une maquette
en résine grâce à la machine située à droite de la presse, d'
où sort de la résine. Sur la photo de
gauche, il est possible de distinguer des ébauches de maquettes.
8.1.2.2. Les postes de bijoutiers
C’est le poste véritable de travail des deux ouvriers.
Deux postes de bijoutiers sont disposés, côte à côte, perpendiculairement à la fenêtre face
au mur, la lumière du jour arrivant de la gauche. Ils sont identiques, quoique chacun a été
personnalisé par son occupant habituel.
L’aspect général
Il est typique, conforme aux archétypes de la profession. Il s’agit d’un établi en bois,
échancré pour que l’ouvrier puisse s’avancer et reposer le bijou qu’il travaille sur la cheville
(: petite avancée centrale en bois). (cf. 2.2.5.2)
- Sous l’établi, un espace est prévu pour accueillir les différentes gouges, limes, etc…
- A leur droite, le poste à soudure est prêt à être utilisé. L’un des postes fonctionne au gaz
de ville, associé à l’air comprimé; l’autre au butane, associé à l’oxygène.
- L’espace de travail est situé devant la cheville, sur l’établi. Il est recouvert par du
cartoplane. La nécessité d’éradication de l’amiante a été comprise.
- Une lampe fluorescente, munie d’une loupe intégrée est située 40 cm au dessus du plan
de travail.
- Le bijoutier est assis sur une chaise dont la hauteur peut être modulée, mais qui est
réglée assez basse.
- Entre les deux échancrures de l’établi, est fixé un tablier en peau, qui va ainsi reposer sur
les cuisses de l’ouvrier et permettre de récupérer les poussières d’or.
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Figure 9 : Poste du bijoutier de l'entreprise A
L’activité à ce poste
L’activité nique
méca
Le bijoutier utilise la cheville lorsqu’il lime ou fait une activité mécanique sur un objet. Le
travail mécanique est facilité par l’usage d’une fraise, proche de celle d’un dentiste, sur
laquelle il est possible de fixer plusieurs forets ou meules. Ces dernières sont faites en
silicone ou caoutchouc.
Figure 10 : L'activité mécanique de perçage (à gauche) et de soudure (à droite)
L’activité ude
dureso
Par ailleurs, c’est à ce poste que se fait la soudure. Le bijoutier fixe le bijou par une pince,
sur le cartoplane, après l’avoir trempé dans le collobore, qui est situé dans une coupelle à sa
gauche. La soudure est réalisée par brasure, par apport de petites pièces métalliques de 2
mm x 2mm.
Les ouvriers l’appellent palladium, mais considèrent qu’elles sont constituées d’or.
En réalité ce sont des alliages d’or, de composition différente ; ce qui leur permet d’avoir
chacun des points de fusion différents et ainsi permettre des brasures successives, sans que
l’une altère la précédente.
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8.1.2.3. Le décapage ou dérochage
Il se fait dans une casserole de cuisine, chauffée sur une plaque électrique individuelle qui
se situe à la droite des postes de bijoutiers.
L’acide sulfurique, habituellement utilisé a été récemment remplacé par un nouveau produit
dit : dérochage écologique à base de sulfamates (nom chimique : 3PP). Il s ‘agit d’un agent
mouillant, saponifiant. Cette opération est effectuée sans aspiration.
Figure 11 : Le dérochage dans l'entreprise A
8.1.2.4. Le poste de polissage
8.1.2.4.1. Le polissage proprement-dit
L’étape du polissage intervient à plusieurs reprises.
Ce poste est face à la fenêtre ; ce qui n’est peut-être pas la position idéale pour un bon
confort visuel. Il est utilisé de façon sporadique par les deux ouvriers bijoutiers et de manière
plus régulière par la polisseuse, qui travaille 20% de son mi-temps.
Elle travaille assise sur un siège à hauteur variable. Devant elle, un tour vertical sur lequel
est fixée une sorte de brosse, que l’on peut remplacer selon l’objet à polir. Il n’a pas été
possible d’affirmer s’il s’agit de crin de cheval. Sur cette brosse, qui va être entraînée par le
tour électrique, la polisseuse laisse frotter un pain de pâte abrasive afin d’en imprégner la
brosse.
Figure 12 : Poste de polissage de l'entreprise A
Ici la seule pâte utilisée est le DIALUX VERT®.
Sa composition exacte est l'association :
de poix
d'acides gras
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d'oxyde de chrome pour 30%
d'alumine pour 50%
L’appareil de polissage comprend une aspiration en aval, ainsi qu’une grille qui récupère les
fragments d’or qui auraient pu être abrasés.
Lors de l’utilisation, on ne retient pas de bruit excessif ( environ 60 dB). Les ouvriers
signalent que cet appareil génère une poussière, qui laisse un revêtement sur les meubles
environnants. Cette poussière provient de l’abrasion de la pâte à polir.
Il n'existe ici pas de capotage en plexiglas® entre l'opérateur et la brosse.
8.1.2.4.2. Le polissage par billes
Il ne s’agit pas véritablement de polissage car alors que l’opération décrite au paragraphe
précédent abrase véritablement le bijou, l’opération suivante ne permet que de brillanter
l’objet.
Il s’agit d’un tambour rotatif rempli de billes métalliques de 1 à 2 mm de diamètre qui flottent
dans une eau savonneuse. Le bijou est inséré dans le tambour que l’on laisse tourner un
certain temps. La rotation est réalisée par un petit moteur électrique. Celui ci n’est pas
bruyant.
8.1.2.5. Le poste de fondeur
Ce poste se situe, en contiguïté avec les postes précédents. Ce sont les mêmes ouvriers qui
y travaillent ; sachant que dans cette entreprise, la fonte n’est réalisée que quelques jours
par mois.
Il s’agit d’un poêle, comportant un creuset à l’intérieur et permettant l’insertion d’une
lingotière. La combustion est assurée par le gaz de ville associé à l’air comprimé. Les
fumées sont évacuées à l’extérieur par le tuyau. Le poêle est surmonté d’une hotte en béton
munie d’un trou d’évacuation qui donne sur l’extérieur.
Pour travailler à ce poste, l’ouvrier porte des gants, dont la matière n’est plus l’amiante,
mais du Kevlar® qui est une fibre aramide légère, robuste et très résistante au feu et à la
corrosion. [4] ).
Figure 13 : Poste de la fonte dans l'entreprise A
8.1.2.6. L’électrodéposition
Stockage des bacs
A droite de l’évier, les bacs d’électrolyse sont entreposés. Il s’agit de bocaux en verre
habituellement recouverts d’un couvercle. Les mélanges sont préparés par le directeur une à
deux fois par an.
A leur droite, se trouve l’appareil d’électrodéposition.
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Les électrolyses réalisées
Il est utilisé quelquefois par semaine. Dans cet atelier, sont pratiqués :
après un dégraissage systématique dans un bac à base de produits lessiviels
le rhodiage avec des solutions associant sulfate de rhodium et acide sulfurique
la dorure à base d’aurocyanures.
Le déverdi n’est pas pratiqué ici.
Chaque opération correspond à un bac différent.
L’électrodéposition est réalisée ici sans aspiration, ni hotte.
L’intensité utilisée
Selon le type de l’électrolyse, l’intensité utilisée est entre 20mA et 1 A.
Figure 14 : Poste d'électro-déposition
8.1.2.7. Autres postes
8.1.2.7.1. le poste de gravure
Il existe mais est rarement utilisé.
8.1.2.7.2. Les différents bacs
Le bac à Ultrasons
Cette étape intervient juste après le polissage, dans le but d’enlever la pâte à polir sur le
bijou.
Le bac se situe à droite du dérochage, à gauche d’un évier. Il s’agit d’un bac fermé,
hermétique, contenant de l’eau et du liquide vaisselle du commerce. Cet appareil peut
générer un certain bruit, lorsqu’il est en fonctionnement.
Le bac de sciure
Il est utilisé après les ultrasons pour sécher les bijoux qui y sont déposés
Le bac à décantation
Il se trouve dans l’évier, rempli de liquide vaisselle. Les ouvriers se lavent les mains dessus ;
ce qui permet la récupération des poussières d’or.
8.1.2.7.3. Autres produits
Les colles
Dans cet atelier, des colles sont utilisées :
Les cyanoacrylates, pour la préparation
Les époxydiques pour le montage définitif.
Autres produits
Trichloréthylène : il n’est pas utilisé sauf lorsqu’ils utilisent l’épargne, technique
qui permet en recouvrant une partie du métal de résine, de ne plaquer que la
partie découverte. Dans un second temps, un solvant ( le trichloréthylène)
enlève la résine.
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White spirit : non utilisé
Ammoniac : non utilisé
Acide nitrique à 58%: non utilisé
Acide fluorhydrique : non utilisé
8.1.2.7.4. Le recueil des poussières d’or
Elles sont permises par le tablier en peau décrit au paragraphe 8.2.3.
Le bac à décantation recueille l’or contenu sur les mains des ouvriers qui s’évacue lors de
leur lavage sur l’évier.
Enfin le balayage de la pièce recueille aussi des poussières qui sont ensuite titrées dans un
laboratoire de Lyon, afin d’en connaître la concentration et la valeur.
8.1.2.7.5. Les consignes contre l’incendie
L’atelier a un contrat avec une société spécialisée .
Elle fournit les extincteurs, au nombre de quatre; chacun ayant une composition et un rôle
spécifiques.
Elle les vérifie chaque année et profite de son passage pour faire une sensibilisation et une
information des employés.
8.1.3. Conclusions de la visite de l’entreprise A
L’entreprise paraît sensibilisée à la prévention .
Les locaux ne posent pas de problème particulier
8.1.3.1. Les efforts déjà réalisés.
La suppression de l’amiante,
Le support du poste de travail du bijoutier a été remplacé par du cartoplane
Les gants du fondeur ont été remplacé par des gants en Kevlar®
La pâte à polir
Elle est à base d’alumine et d'oxyde de chrome. Les produits à base de plomb, de fer ont
été exclus
Le dérochage
L’acide sulfurique a été remplacé par un agent mouillant de la famille des sulfamates.
Le plomb
Il ne paraît pas exister de poste où le risque de saturnisme existe.
Le bruit
Pas de risque notable
8.1.3.2. Les efforts à envisager
Les équipements de protection individuelle
Les lunettes pour le soudage ou le meulage devraient être portées.
Les aspirations
L’électrolyse
Quoique ce poste ne soit utilisé que sporadiquement, une aspiration serait souhaitable.
Le dérochage
Le changement du produit de dérochage rend l’intérêt de l’aspiration discutable.
La fonte
Un extracteur pourrait être discuté. Mais la fonte est rarement réalisée et il existe déjà un
trou d’évacuation.
Le polissage
L’aspiration au polissage paraît actuellement d’une efficacité limitée, puisque l’on constate
de la poussière qui se dépose sur le mobilier environnant
Un capotage entre l'opérateur et le tour serait à envisager.
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Les produits dont le remplacement est à discuter
Le polissage au vert de chrome peut engendrer des pathologies d'anosmie et agueusie [11].
Ce produit est il indispensable à la qualité du polissage ?
Le stockage de produits dangereux
Tout produit dangereux doit être stocké dans des conditionnements hermétiques. Cette règle
est à retenir pour les bacs d’électrolyse lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Leur fermeture avec un
couvercle doit être systématique.
8.2. Entreprise B
8.2.1. Présentation de l’Entreprise
8.2.1.1. Effectif et activité
Il s’agit d’une entreprise composée de deux magasins; l’un en centre ville, l’autre dans une
grande galerie marchande de Grenoble.
C’est dans ce dernier, attenant au magasin, que l’atelier de fabrication et de réparation est
situé. Seul un ouvrier bijoutier y travaille. Selon l’activité, il participe aussi à la vente.
La fabrication est occasionnelle, la réparation régulière.
8.2.1.2. L’accès aux locaux
Le magasin se situe dans une grande galerie marchande, au niveau d’un vaste atrium. A
côté de l’entrée principale, se situe une seconde ouverture surplombée d’une pancarte :
APRES VENTE.
8.2.1.3. Présentation générale de l’atelier
Derrière une banque, se trouve une pièce qui fait office d’atelier. Il s’agit d’un local de 25 à
30 m2 sans fenêtre, dans lequel travaille un ouvrier bijoutier. L’ensemble de la pièce est
éclairé par des spots halogènes encastrés dans le plafond. L’ensemble des locaux est
climatisé.
Cette entreprise a deux activités essentielles :
La création de bijou original
La réparation
Pour cela, les moyens mis en œuvre comprennent :
Un poste de bijoutier
Un poste de polissage
Un poste de dérochage
Un bac à Ultrasons
Il n’y a ni fonte, ni électrolyse dans cette entreprise.
Figure 15 : Poste du bijoutier dans l'entreprise B
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Tableau XV : Agencement des différents postes de travail dans l’atelier
estampage polissage
dérochage Evier
Porte
donnant sur
le magasin
de
Laminage,
tréfilage
Poste
bijoutier
30m2
bureau
Porte d’entrée
8.2.2. Etude des postes
8.2.2.1. Le poste de la cire perdue
Ici il n’existe pas la possibilité de faire un moule autour d’une maquette ou d’un bijou ancien.
En revanche, le maître bijoutier, propriétaire de l’entreprise crée sur le papier des bijoux. Puis
une maquette en cire est façonnée. Les étapes suivantes de la cire perdue sont sous traitées.
Ainsi il n’y a pas de risque de contact avec la silice.
8.2.2.2. Les postes du bijoutier
L’aspect général
Le poste de travail reste très classique, constitué d’un établi en bois échancré en son centre, sur
lequel est fixée la cheville. Devant celle ci, se situe le plan de travail recouvert d’une brique
réfractaire, qui a remplacé avantageusement l’amiante. Le plan de travail est éclairé par une
lampe à incandescence.
L’activité mécanique à ce poste
Le bijoutier peut utiliser ses différents outils situés dans un tiroir sous la cheville de l’établi. De
même il utilise une fraise électrique, sur laquelle il peut fixer différentes mèches.
L’activité de soudure
Le matériel
L’appareil de soudure habituel, qui est situé à droite de l’établi, fonctionne au butane, associé à
l’air ambiant. Au dessus une aspiration a été encastrée dans le plafond.
Lorsque l’ouvrier a la nécessité d’obtenir une température plus importante, il utilise pour les
soudures, l’association butane et oxygène. Dans ce cas il utilise des lunettes de protection.
Le procédé
Le bijoutier trempe son bijou dans le collobore, puis réalise une brasure. L’agent apporté est un
alliage d’or, dont la composition varie selon ce que souhaite l’ouvrier. Malgré certains conseils qui
l’incitaient à utiliser les brasures au cadmium, il a préféré continuer à n’utiliser que des matières
nobles. Ici le métal travaillé est presque exclusivement de l’or à 18 carats.
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8.2.2.3. Le décapage ou dérochage
Après soudure, le bijou passe au dérochage. Il s’agit ici d’une simple casserole chauffée sans
aspiration. Comme dans l’entreprise A, l’acide sulfurique a été remplacé par un dérochage
écologique, provenant du même fournisseur lyonnais. Le dérochage actuel est à base de
sulfamate. L’ouvrier signale qu’il n’y a plus les émanations toxiques, très désagréables, ni les
brûlures des doigts et des vêtements qui en résultaient.
8.2.2.4. Le poste de polissage
Le poste de polissage est un tour vertical sur lequel il est possible de fixer des brosses de
consistance différentes. Il existe une aspiration en aval des brosses.
Entre le tour et les yeux de l’opérateur, une protection en plexiglas® a été fixée.
Ici trois types de pâtes à polir sont utilisés :
Le DIALUX vert : à base d'oxyde de chrome (cf.8.1.2.4.1)
Le DIALUX rouge: composé de poix, d'acides gras et d'oxyde de fer
Le DIALUX blanc : composé de poix, d'acides gras et d'alumine
Chacun a des indications spécifiques.
Figure 16 : Poste de polissage de l'entreprise B
8.2.2.5. Le bac à Ultrasons
Après dérochage, le bijou est trempé dans le bac à Ultrasons, dans lequel a été versé un liquide
lessiviel (lessive Saint Marc®, liquide nettoyant pour sol…). Sa mise en œuvre génère un bruit
aigu, désagréable, d’environ 70 dB.
8.2.2.6. Autres postes
-
Laminage, planage, tréfilage, estampage
Il existe un appareil qui permet le planage et le tréfilage.
Au moyen d’un moule spécifique, le bijoutier peut faire de l’estampage, en martelant la pièce
métallique
L’ammoniac est parfois utilisé dans le bain à US, pour certains bijoux
Figure 17 : Outils pour l'estampage
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Le recueil des poussières d’or
- Dans cette entreprise, le bijoutier travaille à son poste, sans tablier de peau sur les genoux.
mais il existe un tiroir, sous le plan de travail qui permet le recueil des poussières du métal
précieux.
- Il n’y a pas de bac à décantation dans l’évier
- En revanche le local est balayé et toutes les poussières sont collectées dans un sac poubelle,
dont la destination finale sera un laboratoire lyonnais pour le recueil et le titrage de l’or
contenu 8.2.2.7.Les consignes contre l’incendie
Cette société est équipé d’extincteurs spécifiques dont la gestion est confiée à une société
extérieure qui en assure le bon fonctionnement.
8.2.3. Conclusions de la visite de l’entreprise B
8.2.3.1. Les efforts déjà réalisés.
Le risque dans cette entreprise est limité
- Les opérations complexes de fonte, d’électrolyse, de constitution d’un moule autour de la
maquette en cire ont été sous traitées.
- L’acide sulfurique a été supprimé, ainsi que l’amiante et la silice
- Des lunettes spécifiques sont à portée de main, lors des soudures.
- Une aspiration est prévue au-dessus du poste de soudure.
- Le stockage des différents produits paraît bien géré
8.2.3.2. Les efforts à envisager
-
-
Cette aspiration, au-dessus du poste de soudure se trouve encastrée dans le plafond. Elle
paraît haut située, son efficacité est moindre. Les fumées de soudure, de leur naissance vers
l’aspiration, passent en partie devant le visage de l’opérateur.
L’utilisation de chaque pâte à polir présente un risque spécifique:
Agueusie et anosmie avec le vert de chrome [11]
Sidérose avec la potée rouge [17]
Peut on se contenter techniquement de la potée blanche, uniquement constituée de poix,
d'acides gras et d'alumine?
La consigne de ne pas fumer sur les lieux de travail est passée ; mais la tasse à café fait
toujours partie des multiples objets qui figurent sur l’établi du bijoutier
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9. Conclusions
La bijouterie est un art dont l'histoire suit celles des civilisations humaines depuis des millénaires.
Ce métier a ses us et coutumes. Actuellement deux métiers très différents se côtoient.
La bijouterie artisanale suit cette tradition et ne vit essentiellement que par la réparation ou
quelquefois la création d'objets uniques de grande qualité. Parallèlement un nouveau métier voit
le jour: la bijouterie industrielle qui utilise tous les moyens modernes de la rationalisation et de la
production en grande série pour fabriquer des pièces identiques à un coût le plus faible possible,
afin de conquérir une nouvelle clientèle. C'est une autre culture.
Dans les deux cas les bijoutiers se regroupent autour des grandes villes qui peuvent proposer le
poinçon qui valide l'authenticité du bijou et sa teneur en or. En Rhône-Alpes, le poinçon se situe
à Lyon.
Lors de la fabrication ou la réparation, les ouvriers sont soumis à une succession de
risques dont ils sont en partie conscients.
Après le dessin initial, l'étape de la fonte du métal soumet le bijoutier, bien sûr aux risques
mécaniques et thermiques peu spécifiques, mais aussi à la silice, lors de la constitution d'un
moule en plâtre réfractaire.
Ce dernier est tapissé de borax, secondairement enlevé par de l'acide nitrique. Puis la pièce est
trempée dans un bain d'acide fluorhydrique pour le nettoyer. Jusqu'à récemment le fondeur était
équipé de gants en amiante
L'étape suivante est celle de la soudure par brasure. Elle est réalisée habituellement avec de
l'argent, du cadmium ou des alliages d'or, après un trempage préalable dans du borax. L'amiante
a été longtemps le matériau sur lequel l'ouvrier posait l'objet à souder.
Après son assemblage, le bijou est classiquement décapé par de l'acide sulfurique à 10%
chauffé.
Puis il est poli sur un tour imprégné de pâte à polir dont la constitution peut contenir de la
silice, de l'étain associé au cuivre ou au plomb, de l'oxyde de fer, de chrome.
Enfin le bijou est séché dans un bain à Ultrasons, qui peut être bruyant.
Nombreuses électrodépositions peuvent être réalisées, en particulier la dorure qui met en jeu
de l'aurocyanure.
A tous les stades du travail, des réactions d'irritations ou d'hypersensibilisation, en particulier
au nickel sont possibles.
L'amiante peut être éradiqué dans cette profession, de même que le plomb ou l'acide
fluorhydrique. Les risques liés à la silice sont liés au plâtre réfractaire et au meulage. Un autre
matériau est probablement utilisable.
Le décapage des bijoux peut être effectué avec des produits moins toxiques que l'acide
sulfurique.
Le polissage nécessite une surveillance spécifique car les risques liés à la pâte à polir existent.
Une prévention technique et individuelle associée à un suivi médical paraît souhaitable.
Quant à l'électrodéposition, elle nécessite des règles de stockage et d'utilisation des produits
strictes associées à un système d'aspiration le plus efficient possible.
Le suivi médical s’intéresse tout particulièrement au poumon. Lors de la soutenance de mon
mémoire, le Professeur PROST, de Lyon, parlait du poumon du bijoutier, comme on cite le
poumon du soudeur afin de résumer l’atteinte multifactorielle que subissent les voies
respiratoires des bijoutiers
Le médecin du travail dans cette profession se trouve face à de petites entreprises et il lui faut
être le plus convaincant et le plus persuasif possible car toute modification pour la sécurité
représente des investissements importants qui doivent faire l'objet d'un consensus pour qu'ils
soient réalisés, puis utilisés.
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10. Références bibliographiques
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55. Brondeau M.T ., Schneider O., Indicateurs biologiques d’exposition ; Principes de base et
valeurs guides utilisables en France ; Cahiers de notes documentaires ; ND2065-169-97 ;pp 589596
56. Armitage S.A. ,White M.A. Wlison H.K. , The determination of biological monitoring of
occupaitonnally exposed groups.The Annals of Occupationnal Hygiene ,vol.40 ,n°3 ,1996
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57. Picot A, Zerbib JC, Castegnaro M, Guéry J, Sécurité et Prévention ; Risques liés à la
manipulation des produits cancérogènes. Liste réactualisée des produits génotoxiques classés
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française sur les produits cancérogènes (octobre 1996) Unité de Prévention du Risque chimique ;
L’actualité chimique- juillet-aout-sept 1993
58. Produits chimiques cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction,
Classification réglementaire ;Cahiers de notes documentaires, n°169 ;ND 2063-169-97 pp 547573
59. ECLAIRAGE : Eclairage des lieux de travail. Documents pour le Médecin du Travail, ,30tj13
60. Dalloz ,Code du Travail
61. WURAFTIC,J,,and C.V. HICKEY. A Survey of Industrial Hygiene Conditions in the Jewelry
Industry of Rhode Island. Department of Public Health,State of Rhode Island and Providence
Plantations,1938,37 pages
Je n'ai fait cette lettre plus longue que parce que je n'ai pas eu le
loisir de la faire plus courte (Blaise Pascal)
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11. Table des matières détaillée
Introduction __________________________________________________________ 6
1. Historique __________________________________________________________ 6
1.1. Les techniques primitives[1, 2 ] ____________________________________________ 6
1.1.1. L’objet trouvé _________________________________________________________ 6
1.1.2. Les techniques du choc _________________________________________________ 7
1.2. La fonte et les débuts de la bijouterie ______________________________________ 10
1.2.1. Quelques définitions ___________________________________________________ 10
1.2.2. Les techniques archaïques de soudure ____________________________________ 11
1.2.3. La fonte proprement dite________________________________________________ 12
1.2.3.1. Les techniques initiales __________________________________________ 12
1.2.3.2. La fonte à cire perdue ___________________________________________ 13
1.3. Les couleurs, les débuts de la joaillerie ; le lapidaire__________________________ 13
1.3.1. Quelques définitions ___________________________________________________ 13
1.3.2. La joaillerie __________________________________________________________ 13
1.4. La bijouterie-joaillerie à travers l’histoire ___________________________________ 14
1.4.1. L’Antiquité ___________________________________________________________ 14
1.4.2. Le Moyen Âge________________________________________________________ 17
1.4.3. La Renaissance et les Temps Modernes ___________________________________ 19
1.4.4. Les XIXéme et XXème siècles______________________________________________ 21
1.5. L’émergence de la bijouterie fantaisie ______________________________________ 22
2. Procédés actuels et mode d’exercice __________________________________ 24
2.1. La bijouterie en chiffres__________________________________________________ 24
2.1.1. Les métaux précieux [ 5,2] ______________________________________________ 24
2.1.1.1. L’or : ________________________________________________________ 24
2.1.1.2. L’argent : _____________________________________________________ 26
2.1.1.3. Le platine : ____________________________________________________ 26
2.1.1.4. Les impuretés du métal __________________________________________ 27
2.1.2. Les pierres précieuses et les matériaux organiques [3] ________________________ 27
2.1.3. Le marché de la bijouterie en France [9,10 ]_________________________________ 27
2.1.4. Les effectifs de la bijouterie en France _____________________________________ 28
2.2. Analyse de la fabrication des bijoux _______________________________________ 29
2.2.1. Conception du bijou [2,6 ] _______________________________________________ 29
2.2.2. Réalisation traditionnelle________________________________________________ 29
2.2.2.1. La flamme ____________________________________________________ 29
2.2.2.2. Le polissage :__________________________________________________ 33
2.2.2.3. Mise en forme de la pièce brute____________________________________ 34
2.2.2.4. L’électrodéposition [6] ____________________________________________ 35
2.2.2.5. Finition, réparation ______________________________________________ 36
2.2.3. La bijouterie fantaisie et la bijouterie industrielle______________________________ 37
2.2.3.1. Les matériaux de la bijouterie de fantaisie____________________________ 37
2.2.3.2. Le monde de l’industrie __________________________________________ 43
2.2.3.3. Les techniques de la bijouterie fantaisie _____________________________ 44
2.2.4. La Joaillerie__________________________________________________________ 44
2.2.4.1. Le lapidaire ___________________________________________________ 44
2.2.4.2. Le joaillier_____________________________________________________ 45
2.2.4.3. Le sertisseur __________________________________________________ 45
2.2.5. Le poste de travail du bijoutier ___________________________________________ 46
2.2.5.1.Le local et la récupération des poussières ____________________________ 46
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2.2.5.2. Le poste traditionnel de travail du bijoutier ___________________________ 46
2.2.5.3. Le poste traditionnel de travail du polisseur___________________________ 48
3. Les risques professionnels___________________________________________ 49
3.1. Risques généraux ______________________________________________________ 49
3.1.1. Les risques physiques _________________________________________________ 49
3.1.1.1. Les contraintes musculo-squelettiques ______________________________ 49
3.1.1.2. Le bruit_______________________________________________________ 49
3.1.1.3. L’éclairement et les troubles visuels ________________________________ 49
3.1.1.4. Les risques mécaniques de blessures_______________________________ 50
3.1.2. Les risques psychiques et les contraintes de sécurité _________________________ 50
3.1.3. Les risques chimiques et thermiques ______________________________________ 50
3.1.3.1. Les effets loco-régionaux_________________________________________ 50
3.1.3.2. Les effets généraux _____________________________________________ 52
3.2. Risques toxiques par famille de produits ___________________________________ 52
3.2.1. Les solvants _________________________________________________________ 52
3.2.2. Les acides et les bases [21] ______________________________________________ 53
3.2.3. Les colles ___________________________________________________________ 56
3.2.4. Les macromolécules organiques _________________________________________ 56
3.2.5. Les cyanures_________________________________________________________ 57
3.2.6. Les métaux __________________________________________________________ 59
3.2.6.1. Les métaux retrouvés dans les poussières et aérosols __________________ 59
3.2.6.1.1. L’aluminium :_________________________________________________ 59
3.2.6.1.2. Le béryllium : (appelé aussi le glucinium) _______________________________ 60
3.2.6.1.3.Le chrome ___________________________________________________ 60
3.2.6.1.4. Le zinc et le cuivre : ___________________________________________ 61
3.2.6.1.5. Le cadmium _________________________________________________ 62
3.2.6.1.6. Le mercure __________________________________________________ 62
3.2.6.1.7. Le plomb ____________________________________________________ 63
3.2.6.1.8. Le cobalt ____________________________________________________ 64
3.2.6.1.9. Le rhodium __________________________________________________ 65
3.2.6.1.10. L’antimoine _________________________________________________ 65
3.2.6.1.11. Le nickel (cf 3.3.3.5.1)__________________________________________ 66
3.2.6.2. L’or__________________________________________________________ 66
3.2.6.3. L’argent ______________________________________________________ 68
3.2.6.4. Le platine _____________________________________________________ 69
3.2.6.5. Le nickel______________________________________________________ 69
3.2.6.6. Le palladium __________________________________________________ 71
3.2.6.7. Le bore_______________________________________________________ 71
3.2.7. Les agents responsables de pneumoconioses _______________________________ 72
3.2.7.1. La silice cristalline ______________________________________________ 72
3.2.7.2. l’Amiante _____________________________________________________ 73
3.2.7.5. L’étain _______________________________________________________ 74
3.2.7.6. Le fer ________________________________________________________ 74
3.2.8. Le Diéthylènetriamine __________________________________________________ 75
4. Effets toxiques par appareil __________________________________________ 75
4.1. L’appareil respiratoire ___________________________________________________ 77
4.2. La peau _______________________________________________________________ 81
4.3. L’ulcère de l’estomac____________________________________________________ 81
4.4. Le rein ________________________________________________________________ 82
4.5. Le système nerveux_____________________________________________________ 82
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4.6. Le cœur et les vaisseaux_________________________________________________ 82
4.7. L’appareil articulaire ____________________________________________________ 83
4.8. Les appareils auditif et visuel _____________________________________________ 83
4.9. Le cancer [7] ___________________________________________________________ 83
4.9.1. Les cancers digestifs __________________________________________________ 83
4.9.2. Le tissu hématopoïétique _______________________________________________ 85
5. Récapitulatif des risques par poste ____________________________________ 89
6. Prévention des risques professionnels _________________________________ 93
6.1. Prévention technique____________________________________________________ 93
6.1.1. Prévention technique collective[6,3] ________________________________________ 93
6.1.1.1. Le lapidaire ___________________________________________________ 93
6.1.1.2. Le fondeur ____________________________________________________ 95
6.1.1.3. Le soudeur____________________________________________________ 95
6.1.1.4. Le décapage __________________________________________________ 96
6.1.1.5. Le polissage___________________________________________________ 97
6.1.1.6. Les électrolyses ________________________________________________ 98
6.1.1.7. Les autres postes : laminage, estampage ____________________________ 99
6.1.2. Prévention technique individuelle ________________________________________ 100
6.1.2.1. Le lapidaire __________________________________________________ 100
6.1.2.2. Le fondeur ___________________________________________________ 100
6.1.2.3. Le soudeur___________________________________________________ 100
6.1.2.4. Le décapage par dérochage _____________________________________ 101
6.1.2.5. La polisseuse_________________________________________________ 101
6.1.2.6. L’électrolyse__________________________________________________ 101
6.1.2.7. L’estampage, le laminage _______________________________________ 101
6.1.2.8. Mesures générales ____________________________________________ 102
6.2. Prévention médicale ___________________________________________________ 102
6.2.1. Le lapidaire _________________________________________________________ 102
6.2.2. Le fondeur__________________________________________________________ 105
6.2.2.1. La surveillance médicale ________________________________________ 105
6.2.2.2. La formation des secouristes _____________________________________ 105
6.2.2.3. La prévention spécifique contre l’acide fluorhydrique __________________ 106
6.2.3. Le soudeur _________________________________________________________ 107
6.2.4. La polisseuse _______________________________________________________ 108
6.2.5. L’électrolyse ________________________________________________________ 109
6.2.5.1. La prévention spécifique aux cyanures _____________________________ 109
6.2.6. Autres mesures______________________________________________________ 113
7. Législation et maladies professionnelles ______________________________ 120
7.1. Les valeurs limites françaises et étrangères [52,53] ___________________________ 120
7.1.1. Les valeurs limites des concentrations atmosphériques_______________________ 120
7.1.2. Les valeurs limites des indices biologiques d’exposition ______________________ 134
7.2. Classification des cancérogènes _________________________________________ 141
7.3. La réglementation s’appliquant à la profession [59] _________________________ 142
7.3.1. La gestion des poussières _____________________________________________ 142
7.3.1.1. Les concentrations maximales légales de poussière___________________ 142
7.3.1.2. Aération, assainissement (R232.5)__________________________________ 143
7.3.2. La gestion des risques physiques ________________________________________ 144
7.3.2.1. Cuves et bassins (R233.46) _______________________________________ 144
7.3.2.2. Le bruit (R232.8) ________________________________________________ 144
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7.3.2.3. L’éclairage (R232.7 + circ du 11.4.84) [60] __________________________ 145
7.3.2.4. Autres textes législatifs _________________________________________ 145
7.3.3. La gestion des risques chimiques ________________________________________ 146
7.4. Maladies professionnelles indemnisables en bijouterie ______________________ 149
8 . Visite d’une entreprise artisanale ____________________________________ 152
8.1. Entreprise A __________________________________________________________ 152
8.1.1. Présentation de l’Entreprise ____________________________________________ 152
8.1.1.1. Effectif et activité ______________________________________________ 152
8.1.1.2. L’accès aux locaux ____________________________________________ 153
8.1.1.3. Présentation générale des locaux _________________________________ 153
8.1.1.4. L’atelier _____________________________________________________ 154
8.1.2. Etude des postes ____________________________________________________ 156
8.1.2.1. Le poste de la cire perdue _______________________________________ 156
8.1.2.2. Les postes de bijoutiers _________________________________________ 158
8.1.2.3. Le décapage ou dérochage ______________________________________ 162
8.1.2.4. Le poste de polissage __________________________________________ 163
8.1.2.5. Le poste de fondeur____________________________________________ 165
8.1.2.6. L’électrodéposition_____________________________________________ 167
8.1.2.7. Autres postes_________________________________________________ 168
8.1.3. Conclusions de la visite de l’entreprise A __________________________________ 170
8.1.3.1. Les efforts déjà réalisés. ________________________________________ 170
8.1.3.2. Les efforts à envisager _________________________________________ 171
8.2. Entreprise B __________________________________________________________ 172
8.2.1. Présentation de l’Entreprise ____________________________________________ 172
8.2.1.1. Effectif et activité ______________________________________________ 172
8.2.1.2. L’accès aux locaux ____________________________________________ 173
8.2.1.3. Présentation générale de l’atelier _________________________________ 173
8.2.2. Etude des postes ____________________________________________________ 176
8.2.2.1. Le poste de la cire perdue _______________________________________ 176
8.2.2.2. Les postes du bijoutier__________________________________________ 176
8.2.2.3. Le décapage ou dérochage ______________________________________ 177
8.2.2.4. Le poste de polissage __________________________________________ 178
8.2.2.5. Le bac à Ultrasons_____________________________________________ 179
8.2.2.6. Autres postes_________________________________________________ 179
8.2.3. Conclusions de la visite de l’entreprise B __________________________________ 181
8.2.3.1. Les efforts déjà réalisés. ________________________________________ 181
8.2.3.2. Les efforts à envisager _________________________________________ 181
9. Conclusions ______________________________________________________ 183
10. Références bibliographiques _______________________________________ 186
11. Table des matières détaillée ________________________________________ 194
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