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POSITIF
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N°620 octobre 2012
Photo de couverture :
Jean-Louis Trintignant et Michael Haneke
sur le plateau d’Amour
ÉDITORIAL
Hiérarchies ?
Sur notre podium de ce mois (Olympiades obligent) : Savages, Amour, César doit mourir. La vie
est un choix permanent, la vie d’une revue et d’un critique aussi. Si les hiérarchies sont souvent
mal vues aujourd’hui, elles s’imposent néanmoins par la force des choses. La présence d’Oliver
Stone surprendra sans doute, mais pas nos fidèles lecteurs. Il a mauvais genre et ne possède pas
la carte. Dans son parcours inégal, car à risque, il a pourtant retenu notre attention, de Nixon à
U Turn et Alexandre le Grand. Savages appartient à un cinéma impur fascinant par son audace et
ses excès. Stone n’est pas de ces réalisateurs qu’on retrouve dans les compétitions festivalières, à
cause peut-être de la nature hybride de son cinéma. Michael Haneke avec sa Palme d’or cannoise
et les frères Taviani avec leur Ours d’or berlinois sont au contraire de fréquents lauréats. Faut-il
pour autant les dédaigner comme cela arrive parfois pour une certaine tendance de la critique que
les consécrations officielles effarouchent ? Certes La Parole donnée d’Anselmo Duarte (pâle copie
oubliée du Cinema Novo) triompha à Cannes face à L’Éclipse d’Antonioni, au Procès de Jeanne
d’Arc de Bresson et à L’Ange exterminateur de Buñuel, et La Mission de Roland Joffé, lui aussi
tombé dans les oubliettes, priva Le Sacrifice de Tarkovski d’une Palme d’or. Mais tant de grands
films l’emportèrent à Cannes (dont Amour) qu’ils suffiraient à légitimer en partie ses palmarès.
Pourtant, dans le sondage1 organisé tous les dix ans par notre très réputé confrère Sight and Sound
et publié dans leur numéro de septembre (maquette rafraichie, nombre de pages augmenté, nouvelles rubriques), sur les dix plus grands films de l’histoire du cinéma ne figurent parmi les cent
arrivés en tête que quatre Palmes d’or, Apocalypse Now (14e), Taxi Driver (31e), La dolce vita (39e),
Le Guépard (56e), trois Lions d’or, Rashomon (26e), Ordet (42e), La Bataille d’Alger (48e) et un Ours
d’or, Les Fraises sauvages (63e). Cet exercice a ses mérites, il permet d’établir un canon provisoire et
de prendre le pouls d’une époque et de son jugement sur les films grâce au concours de critiques,
d’historiens, de programmateurs, d’enseignants du monde entier.
On y découvre par exemple que Le Voleur de bicyclette (classé premier de l’enquête en 1952) avait
été réalisé quatre ans plus tôt et que L’avventura (deuxième en 1962, avait provoqué un scandale
cannois deux ans auparavant. Sans doute frappés par la disparition de ces deux films du Top Ten
depuis quelques décennies, les participants, devenus plus prudents, ont retenu comme œuvre la
plus récente 2001 : l’Odyssée de l’espace, vieux de quarante-quatre ans ! Les organisateurs se félicitent que Citizen Kane, en tête depuis cinquante ans, soit enfin détrôné par Vertigo, mais est-ce si
bouleversant ? Cette liste en effet traduit un certain immobilisme puisque sept des dix premiers
films se trouvaient déjà dans les palmarès de 1992 et 2002 et que seuls trois films des années
2000 sont retenus parmi les cent premiers : In the Mood for Love (24e), Mulholland Drive (28e) et
Yi Yi (93e). Après Vertigo et Citizen Kane figurent Voyage à Tokyo, La Règle du jeu, L’Aurore, 2001,
La Prisonnière du désert, L’Homme à la caméra, La Passion de Jeanne d’Arc et 8½. La présence de
trois films muets confirme le rôle grandissant du DVD qui permet de voir des films difficilement
accessibles (comme celui de Vertov).
Si le burlesque est encore présent (mais Chaplin et Keaton sont loin d’être aussi souvent cités
qu’auparavant), deux comédies seulement, Certains l’aiment chaud et Playtime (42e), sont retenues,
comme si le genre le plus difficile et le plus populaire ne plaisait guère aux critiques, chevaliers à
la triste figure qui ont ainsi écarté Lubitsch, le prince de la comédie sophistiquée. Les cinémas
américain et français se taillent la part du lion avec 36 et 22 films sur cent respectivement, suivis
de sept italiens, six russes et japonais, quatre anglais et trois allemands. Sic transit, certains des
dix premiers films choisis en 1952 ont disparu corps et biens : Le jour se lève, Brève Rencontre,
Louisiana Story, tout comme La terre tremble, retenu en 1962. On sera surpris néanmoins de
voir un joli film comme Les Quatre Cents Coups figurer en 39e position, alors que sont écartés
Sternberg, Capra, Vidor, Walsh, McCarey, Cukor, Minnelli, Preminger, Huston, Mankiewicz,
Losey, Kazan, Ray, Tourneur, A. Mann, ce grand cinéma classique américain que la critique avait
arraché à l’opprobre contre le succès populaire. Il faut peut-être voir dans ces résultats surprenants
la conséquence de l’élargissement à 846 participants contre 145 il y a dix ans. Les conditions
requises pour une telle consultation devraient être une connaissance aussi riche que possible du
passé du cinéma et des titres de service reconnus (publications…). Que l’on ne voit ici aucune
acrimonie, puisque nous faisons partie des heureux élus, mais pour s’en tenir à la France, tant
de spécialistes, auteurs d’articles et d’ouvrages remarqués n’ont pas été consultés qu’il serait bon
d’affiner dans le futur le choix des sondés. La présence de Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce,
1080 Bruxelles (36e) et de Beau Travail (78e), seuls films de femmes retenus et non ceux de Jane
Campion, Agnès Varda ou (grande parmi les grandes) Ida Lupino, laisse penser qu’on s’est adressé à nombre d’universitaires anglo-saxons spécialistes de sémiologie, de gender studies et de lacanisme pour qui le film est davantage une nourriture pour les concepts et la théorie qu’une source
de plaisirs esthétiques et d’une meilleure connaissance de l’homme et du monde. Camarades
britanniques, encore un effort pour être résolument cinéphiles !
Michel Ciment
1. Consultable sur bfi.org.uk/sightandsoundpolls/2012

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