Le Marché des Langues à l`Heure de la Mondialisation

Commentaires

Transcription

Le Marché des Langues à l`Heure de la Mondialisation
Le Marché des Langues à l’Heure de la Mondialisation
Un résumé de l’étude Linguaid 2009-2013
www.linguaid.net
1. LE MARCHE DES LANGUES AUJOURD’HUI – RESUME DE L’ETUDE
LINGUAID 2012-2013
TENDANCES ET ENJEUX EN 2013 : ANALYSE DE LINGUAI D
LE MARCHE SE CONCENTRE-T-IL ?
Le
processus de regroupement (fusions, cessions, absorptions), parallèlement à la réduction du
nombre d’organismes en activité observée, indique que le marché se concentre peu à peu (ex : rachat
de WSI et de Global English par Pearson, de Telelangue par Berlitz). L’évolution reste néanmoins lente : le secteur n’est pas très attractif car peu rentable.
LA MONDIALISATION DE LA FORMATION A DISTANCE
Le
marché mondial de la formation linguistique
professionnelle est plus atomisé encore que le
marché français.
Depuis quelques années, les grandes entreprises
mondiales cherchent à globaliser leur dispositifs de
formation, afin de réaliser des économies d’échelle, centraliser la gestion des effectifs et proposer une
offre homogène à l’ensemble de leurs employés.
La formation à distance, avec ses prix réduits, sa
flexibilité et sa simplicité de déploiement est
apparue comme une solution idéale pour
industrialiser le présentiel. Aujourd’hui, bon nombre de multinationales tentent de créer une
offre de formation linguistique à l’échelle du groupe en proposant un catalogue de programmes à
distance synchrones et asynchrones en plusieurs langues.
Les sociétés de e-learning et de formation à distance ont compris cette évolution et tentent de
développer une offre intégrée, ainsi que leurs propres programmes d'e-learning.
En 2010, coup de tonnerre au cœur de la crise : la maison mère de Wall Street Institute est vendue par
Carlyle à Pearson Education, qui avait déjà acheté les filiales chinoises de WSI en 2009.
Deuxième coup de tonnerre en pleine crise : la holding de Berlitz International achète Telelangue en
août 2011. Cette cession crée le leader mondial de la formation professionnelle en langues aux côtés
d’EF Englishtown, déployant une offre complète et à terme intégrée.
Un marché mondial de la formation à distance est ainsi en train d'émerger grâce à l'intégration
verticale entre l'apprentissage à distance, le e-learning, l'édition pédagogique et la formation en face à
face. D’autres fusions risquent de se produire dans les années qui viennent. Mais le marché est encore émergent ; la plupart des acteurs sont petits et leur offre ou leur systèmes
ne couvrent pas encore tous les besoins exprimés.
1
A TERME, LA FORMATION PRESENTIELLE DISPARAÎTRA-T-ELLE ?
Cette évolution n’est pas inéluctable en réalité. En parallèle à la concentration mondiale d’acteurs majeurs de la formation à distance, deux autres tendances émergent depuis quelques années : la
demande de formations spécialisées, personnalisées, et la démocratisation des outils de
l’apprentissage en ligne. En effet :
1) Une partie importante de la demande (20 à 25%) s’oriente vers des formations individualisées, personnalisées, centrées sur des métiers spécifiques en constante évolution.
2) Ce rôle spécialisé, personnalisé, ne peut pas toujours être rempli par un formateur à distance,
travaillant dans un pays lointain, qui ne maîtrise pas suffisamment la langue de l’apprenant (compétence clé dans les formations métier) et coupé de son environnement économique, social
et culturel.
3) L’interactivité croissante de l’internet grâce à la généralisation du haut débit, la simplification des outils open source de communication synchrone et de création de contenus, le développement
fulgurant des médias sociaux, ouvrent de nouveaux espaces de création pour ceux qui n’ont pas de moyens financiers énormes.
Le marché grand public : explosion de l’offre en ligne
Côté grand public, avec la mondialisation, le marché des langues
pour les particuliers explose, surtout en Asie et dans les
nouveaux pays émergeants. Un kaléidoscope étourdissant de
sites, d’outils et de ressources en ligne peu chères, parfois gratuites, envahit l’espace virtuel international pour répondre à cette demande. On y trouve les formateurs à distance par
téléphone ou webcam, tels Woospeak ou Myngle, ainsi que les
sites de social learning comme Busuu, Babel, LingQ, English
Central ou Live Mocha et les mondes virtuels comme LanguageLab ou Simulang, dont la plupart sont
aujourd’hui en croissance rapide, soutenus par des investisseurs publics et privés. En revanche, on
peut s’interroger sur la capacité de ces sites à offrir les garanties suffisantes en termes de sécurité,
d’efficacité et de suivi requis par les grandes entreprises. Et leur modèle économique est encore loin
de faire ses preuves.
2
EVOLUTION DU BLENDED LEARNING
Le haut débit, la révolution du web 2.0 et des TICE (technologies d’information et de communication pour l’enseignement), sont en train de provoquer une mutation radicale de l’apprentissage en ligne. Les systèmes en ligne sont devenus plus interactifs, plus riches en multimédia et avant tout,
permettent aux utilisateurs de communiquer en temps réel (live learning) où qu’ils soient dans le
monde.
Le Blended learning (parcours multimodal combinant ressources multimédia et interaction avec un
formateur à distance ou en face-à-face) est devenu le modèle dominant dans la formation linguistique.
Cela pour des raisons financières, mais également parce que l’e-learning sans formateur n’a jamais fait ses preuves, enregistrant bon an mal an des taux d’assiduité extrêmement faibles. Avec l’intégration des outils et des ressources, le concept du blended learning lui-même évolue
rapidement. On passe d’un modèle de parcours juxtaposé, avec des modalités non-intégrées,
proposés par des partenaires différents, à des parcours plus intégrés. Ces parcours sont créés et
réalisés, soit par un seul prestataire, soit par des partenaires.
LE PARI DE LA QUALITE, LA SPECIALISATION ET LE REFUS DU LOW COST
Certaines sociétés parient aujourd'hui sur la qualité de service et la spécialisation, tout en refusant la
course au moins-disant, et affichent par ailleurs une bonne performance en temps de crise. Leurs taux
de croissance et/ou de marge nette attestent qu’une telle stratégie de différentiation par le haut peut se révéler payante pour les organismes de formation en face-à-face, d’autant plus qu’un certain nombre de défaillances récentes d’organismes importants ont alerté les clients à la fragilité des
organismes traditionnels (Langues et Entreprises, IFG Langues, Diamond School…).
DES ACHETEURS PLUS RAISONNABLES?
C’est pourquoi, dans certains cas encore minoritaires, les acheteurs commencent à appliquer des
méthodes plus rationnelles lors des appels d’offres, tels que l’analyse de la structure des coûts des fournisseurs pour déterminer un tarif plancher en dessous duquel le prestataire serait fragilisé. La
notion de formation durable fait son chemin, car les défaillances à répétition font peur.
DES RESISTANCES A LA CENTRALISATION
Malgré l’application de plus en plus fréquente par les sièges parisiens des grandes entreprises d’une politique nationale de référencement et d’achats concernant les prestataires de formation (Global
Corporate Policy), cette approche ne va pas de soi et ne convient pas toujours à leurs établissements
ou filiales en région. Dans un nombre croissant de cas, ils ignorent ou contournent ces directives et
continuent à travailler avec leurs prestataires locaux. L’industrialisation montre ici ses limites. LA PROFESSIONNALISATION : UN BILAN CONTRASTE
On entend beaucoup parler de la « professionnalisation » du métier de la formation langues. Mais
qu’entend-on par professionnalisation ? Et est-ce vrai que la profession se professionnalise ?
La professionnalisation des achats : On applique désormais à la formation les
mêmes exigences que l’on retrouve dans les autres domaines d’approvisionnement. Les procédures d'appels d'offres et de référencement des organismes se généralisent. Mais les exigences sont parfois irréalistes et
peuvent aller de la démotivation des formateurs jusqu'à la faillite du
prestataire.
La professionnalisation des achats peut ainsi avoir comme résultat le contraire
du but recherché : une déprofessionnalisation de la prestation de formation achetée et un retour sur
investissement aléatoire. Le temps est-il venu d’élaborer un modèle de formation plus réaliste, où le client et le prestataire seraient tous les deux gagnants : la formation durable ?
3
La professionnalisation du management des organismes
Depuis 10 ans, des gestionnaires et des entrepreneurs, ayant accès à des capitaux, capables de
négocier avec les acheteurs et de mettre en place des systèmes administratifs modernes remplacent
donc les formateurs à la tête des organismes. Mais aujourd'hui, certains se demandent s’ils ont fait le bon choix, compte tenu de l’évolution actuelle de ce marché. Ils n’imaginaient pas qu’ils allaient « travaillez plus, pour gagner moins » lorsqu’ils ont repris ces entreprises.
La professionnalisation de la prestation de formation
L’expérience montre que les parcours multimodaux complexes, aujourd'hui très en vogue, lorsqu’ils sont bien conçus et réalisés avec professionnalisme, coûtent certes plus cher qu’une formation classique, mais garantissent in fine un retour sur investissement largement supérieur. Lorsqu’ils sont mis en place dans le seul but de réduire les coûts, le retour sur investissement est invariablement
faible, voire négatif.
Mais la clé essentielle de la maîtrise des coûts et de la garantie des résultats se trouve en amont et en
aval de la formation, dans l’analyse des besoins réalisée au préalable par l’entreprise bien entendu, mais dans un second temps, dans l’évaluation initiale et finale des stagiaires réalisée par l’organisme (ou le consultant). Pour mettre en place un dispositif efficace, ces étapes doivent être réalisées de
manière professionnelle. Or ce n'est pas toujours le cas. En effet, lorsque les entreprises, comme c'est
de plus en plus fréquent, exigent que les évaluations en amont et en aval soient gratuites, les
prestataires y consacrent de moins en moins de moyens. Résultat : même si la formation elle-même a
été réalisée conformément aux objectifs fixés et a permis au stagiaire de progresser, il sera difficile de
le savoir : il y aura peu de traçabilité. Avec un co-investissement de l’organisme et du client en amont et en aval de la formation, les résultats et la traçabilité seront toujours bien mieux garantis.
Les tests automatisés sont-ils la solution ?
L’expérience démontre qu’il est risqué d’utiliser ces tests seuls pour évaluer les compétences linguistiques, surtout orales, ou pour former des groupes
homogènes de stagiaires. Ils donnent une mesure statistique relativement
fidèle des connaissances passives d’une personne, ou de son niveau de compréhension orale, mais ne peuvent pas mesurer fidèlement sa capacité à
communiquer de manière pertinente en contexte professionnel, ou a fortiori,
évaluer les résultats d’un module de formation de 30 heures dont l’objectif est de mieux communiquer dans des situations spécifiques. .
Pour les entreprises, la meilleure solution est de mettre en place : en amont, un test blended – c’est à dire qui associe les résultats d’un test automatique reconnu et ceux d’un évaluateur humain qualifié, et en aval, une évaluation formative associée à un test standardisé, centrée sur le programme suivi.
Mais comment garantir le professionnalisme de l’évaluateur ou l’objectivité du formateur, qui est à la
fois juge et partie ? Et comment étendre le système à une population importante, tout en maintenant
une approche standardisée? Le marché n’a pas encore été capable de proposer La spécialisation des contenus
La demande de formation linguistique spécialisée est en croissance rapide, en raison de l’amélioration du niveau linguistique des nouvelles générations et de la mondialisation de l'activité
économique. Il existe aujourd’hui des examens diplômants en anglais financier et
juridique, tels ceux proposés par l’Université de Cambridge, avec des composantes en ligne. On peut également trouver des manuels et des ressources en ligne dans
des domaines aussi divers que l'anglais technique pour la mode, l’anglais pour la
dentisterie et la technologie dentaire, l’anglais des relations publiques.
Le développement des formations spécialisées langues pour les métiers est une tendance de fond
dans la formation professionnelle et fait partie du processus de professionnalisation de l’activité.
4
La professionnalisation de la pédagogie
S’il y a un domaine où le processus de professionnalisation est en retard, c’est celui de la pédagogie. Dans bon nombre d’organismes, les produits élaborés en interne ont été remplacés par les produits
des partenaires du e-learning et de la formation par téléphone délocalisée. L’administratif et la logistique ont pris le pas sur la pédagogie.
Pour que les organismes de formation en face-à-face puissent se différencier dans un marché envahi
par le low cost, qui a fortement réduit leurs marges, un recentrage sur leur méthodologie, la recherche
et le développement de produits, l'intégration des nouvelles technologies web 2.0 et la formation et la
valorisation de leurs formateurs est indispensable, et ce malgré les difficultés financières auxquels ils
font face. Ils ne peuvent espérer rivaliser avec les majors dans les domaines où ils n’ont qu’une faible valeur ajoutée et une capacité d'investissement minime - leur produit phare est la formation en faceà-face et aujourd'hui, celle-ci doit également être «professionnalisée».
La professionnalisation du métier du formateur
Malgré les progrès technologiques et une tendance qui pourrait être qualifiée de « gadgetisation » de
la formation, le cœur du métier de la formation reste le formateur. Ce métier est en pleine mutation : les formateurs linguistiques doivent maîtriser aujourd’hui des compétences et des connaissances nouvelles : ils doivent apprendre à travailler davantage en équipe, à gérer des parcours multimodaux
complexes, à maîtriser les outils technologiques, à réaliser des cours spécialisés et personnalisés ou
des formations en double compétence, à assurer du coaching linguistique, à animer des ateliers de
haut niveau ,rôles qui seront de plus en plus demandés à l'avenir.
Pourtant, une fois les prestataires présélectionnés, sans critères objectifs pour comparer les
formateurs d’un organisme à ceux d’un autre, c’est souvent le prix heure/formateur qui sert de différenciateur pour faire la sélection finale du prestataire. Or le prix heure formateur (55 à 65 euros
en moyenne aujourd’hui) rend une formation de haut niveau presque irréalisable, puisqu’un formateur de base coûte déjà à son employeur entre 30 et 40 euros/heure, charges comprises (le
formateur lui, ne touche que la moitié de cette somme). Cela explique le recours croissant à des
formateurs moins expérimentés, plus jeunes et aux autoentrepreneurs, beaucoup moins chers. Le
métier se précarise.
5
EVOLUTION DU MARCHE 2008 - 2013
IMPACT DE LA CRISISE ECONOMIQUE
REDUCTION GLOBALE DU CHIFFRE D’AFFAIRES DE LA FORMATION LANGUES
PRESSIONS ACCRUE SUR LES PRIX ET LES PRESTATIONS
HAUSSE DE LA DEMANDE EN PARCOURS « BLENDED » MULTIMODAUX
REDUCTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES ET DES MARGES DES ORGANISMES
AUGMENTATION DU NOMBRE DE DEFAILLANCES ET DE CESSIONS
Conséquences :
60% des organismes ont vu leur CA baisser en 2009 et 51% en 2010
28% des organismes ont subi des pertes en 2009, 26% en 2010.
1. Tableau de la progression moyenne et de la marge nette des « pure players » de la
formation langues 2008-2011
*chiffres 2011 provisoires
Cette conjoncture plus morose a généré son lot de défaillances, qui ont doublé dans le secteur au
cours de cette période : entre 2009 et 2012, une trentaine d’organismes de plus de 100 k€ ont été liquidés ou dissous, parmi lesquels des organismes importants. De même, les cessions se sont
multipliées au cours de la période.
Ce taux de défaillance, même s’il a fortement augmenté, n’est pas très élevé par rapport à d’autres
marchés : les organismes de formation linguistiques sont pour la plupart petits et n’exigent pas
d’investissements ni de frais fixes très élevés. Les propriétaires, pour la plupart exerçant l’activité ou
l’ayant exercé eux-mêmes, se serrent la ceinture pour tenir le coup.
FORMATION A DISTANCE + 7% / ELEARNING + 4%
Globalement, le secteur du e-learning et de la formation à distance a progressé sur la période
contrairement au marché mais bien moins vite qu’au cours des années précédentes et de manière contrastée. Aujourd'hui, si l’on croit les majors de la formation à distance, leur croissance s'accélère à
nouveau et leurs marchés sont de plus en plus internationaux.
6
LES PERSPECTIVES A MOYEN TERME
Malgré la mondialisation et la popularité jamais démentie
de la formation langues, des facteurs structurels sont à
l’œuvre. En France, les grandes entreprises ont tendance
aujourd’hui à investir prioritairement dans la formation à distance, plus standardisée et plus économique, les
financements des OPCA se concentrent sur les populations
plus fragilisées et les autorités publiques sont tentées
d’utiliser les milliards de la formation professionnelle pour amortir les coûts sociaux de la crise. Ces facteurs, conjugués à l’amélioration progressive du niveau d’anglais de la population, risquent de réduire les budgets de formation linguistiques dans les années à venir.
7
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
LE MARCHE DE LA FORMATION LANGUES
A L’HEURE DE LA MONDIALISATION
Executive Summary de l’étude de 2009
Andrew Wickham
Joss Frimond
09/03/2009
© Linguaid 2009 - Tous droits réservés
Avec le soutien de
1
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
LE MARCHE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
LINGUISTIQUE : EXECUTIVE SUMMARY
OBJECTIFS
Face à la mondialisation de l’activité économique et aux évolutions technologique qui à la fois
l’accompagnent et l’accélèrent, les différents acteurs du marché de la formation professionnelle langues,
qui sont de plus en plus amenés à collaborer et à fonctionner dans le cadre de partenariats, sont
confrontés aujourd’hui à une mutation profonde du métier qu’ils exercent et à des défis majeurs.
L’objectif premier de cette enquête est donc de mettre à la disposition des acteurs une analyse fiable de
l’évolution récente, de la structure actuelle et des perspectives de leur marché. Elle vise à améliorer la
transparence, à faciliter un dialogue clair entre les acteurs et à encourager la collaboration indispensable à
un fonctionnement mutuellement profitable, afin de les aider à mieux adapter leurs stratégies et leurs
pratiques aux défis futurs qui les attendent
PORTEE DE L’ETUDE
Cette étude porte en priorité sur les formations linguistiques dispensées dans le cadre de la formation
professionnelle continue des adultes (salariés et chômeurs) en France métropolitaine.
L ‘étude est descriptive – son but n’est donc pas de comparer les différentes offres disponibles entre elles,
ni d’évaluer la qualité ou l’efficacité formative de tel produit, organisme ou service.
CONTENU DE L'ETUDE
Description de l’environnement économique, juridique et social et des caractéristiques principales du
marché
Spotlight sur quelques acteurs représentatifs, avec entretiens approfondis
Evolution récente du marché et bref rappel historique
Examen des tendances en cours en 2008-2009 et des enjeux principaux
Analyse de quelques scénarios d ‘évolution future
METHODOLOGIE SUIVIE (voir annexe 1)
Enquête qualitative (60 entretiens approfondis) parmi les acteurs représentatifs du marché.
Enquête quantitative (2 questionnaires en ligne envoyés à des échantillons représentatifs de l’offre et
de la demande, 174 réponses exploitables) Analyses par un logiciel expert (Formaeva).
Etude statistique et documentaire sur le secteur (publications, articles, moteurs de recherche sur les
entreprises, sites Internet, analyses financières, marketing, etc..)
CONTENU
1. SECTION 1 : LE CADRE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
2. SECTION 2 : ANALYSE DE L’OFFRE
3. SECTION 3 : LA FORMATION A DISTANCE
4. SECTION 4 : LES SUPPORTS PEDAGOGIQUES DU FACE A FACE
5. SECTION 5 : ANALYSE DE LA DEMANDE
6. CONCLUSIONS
7.
2
ANNEXE 1 : METHODOLOGIE DETAILLEE
Abréviations utilisées:
RF = responsable de formation
OF = organisme de formation
OFL = OF langues
FP = Formation professionnelle
FPL = FP langues
FOAD = formation à distance
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
SECTION 1 : LE CADRE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
A) UN SYSTEME COMPLEXE, UNE REFORME AU PAS DE CHARGE
Le système de la formation professionnelle est devenu très complexe, voire opaque au fil des réformes
successives, soulignent la plupart des rapports officiels et semi-officiels1 récents. Il serait :
peu adapté aux nouveaux besoins générés par les transformations profondes de la société française
il formerait peu les populations qui en ont le plus besoin (salariés des PME, chômeurs),
il aurait des résultats médiocres en termes de qualification
il coûterait pourtant très cher (27 milliards d’euros)
C’est pourquoi, depuis 2003, en application des objectifs européens de Lisbonne et aujourd’hui sous
l’aiguillon de la crise, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux tentent de moderniser le dispositif.
Rôle de la formation langues
La formation professionnelle linguistique a un rôle important à jouer dans cette mutation car elle est, par sa
nature même, à la pointe de la mondialisation et un des terrains d’expérimentation privilégiés pour les
pratiques innovantes en termes de pédagogie, d’organisation et de technologie.
B) QUELS SONT LES OBJECTIFS DECLARES DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ?
1.
2.
3.
4.
Renforcer la performance et la compétitivité de l’industrie française.
Accompagner les salariés confrontés à un environnement en perpétuelle mutation
Lutter contre l’exclusion sociale.
Répondre aux aspirations de promotion professionnelle et culturelle des salariés.
C) COMMENT S’ORGANISE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ?
Le système français est caractérisé par une implication très forte des pouvoirs publics et des partenaires
sociaux dans son financement et sa gestion. L’Etat transfère peu à peu ses compétences aux régions.
Les dépenses
En 2007, 27 milliards d’euros ont été consacrés à la Formation Professionnelle. Les entreprises sont les
financeurs principaux (>11 Mds), suivies par l’Etat (10 Mds) Les OPCA ont un rôle croissant (37%)
Un système qui forme en priorité les plus diplômés des grandes entreprises
Le taux d’accès des salariés à la formation professionnelle :
! TPE (10-19 salariés) : 13%
! Entreprises de > 2000 personnes : 58%.
Les cadres et ingénieurs des industries aériens et spatiaux et des banques, en bénéficient le plus.
D) LES PRINCIPAUX DISPOSITIFS QUI CONCERNENT LA FORMATION LANGUES
Le Plan de Formation, le DIF, Le CIF, la Période de Professionnalisation et les chéquiers Langues
Le DIF, instauré en 2004, permet pour la première fois aux salariés de prendre l’initiative de leur formation.
Il a un impact croissant, car les salariés l’utilisent principalement pour se former en langues.
En 2007, 5% des salariés du privé en ont bénéficié. Il recèle néanmoins beaucoup d’ambiguïtés.
Le chéquier langues, à destination des demandeurs d’emploi, a permis des partenariats étroits entre les
régions et les OFL privés. Le Conseil général de l’Ile de France à arrêté le dispositif (8 M€) en janvier 2009,
ajoutant aux difficultés des grands organismes parisiens, déjà fortement impactés par la crise.
_______________________________________________________________________________
(1)« La Formation professionnelle : diagnostics, défis et enjeux » Nicole PERY, 1999, « La Formation Professionnelle
des adultes, un système à la dérive » Pierre Cahuc et André Zylberberg, 2006, « Formation professionnelle : le
droit de savoir » Mission Sénatoriale d’information sur la formation, 2007, « La formation professionnelle tout au
long de la vie » Rapport de la Cour des Comptes, octobre 2008, « Financement de la Formation professionnelle :
pourquoi il faut tout changer », Institut Montaigne, juin 2008
3
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
E) LA REFORME EN COURS
Le gouvernement lance un processus de réforme en février 2008. Le rapport « Ferraci » est publié en juillet
2008. Le gouvernement établit les priorités de la négociation entre les partenaires sociaux :
1) Améliorer le lien entre formation et emploi. 2) réduire les inégalités d'accès à la formation. 3) Rendre le
système plus efficace 4) Rendre l'individu acteur de son parcours professionnel.
Le 6 janvier 2009, un Accord National Interprofessionnel (ANI) est donc signé et soumis à l’approbation des
partenaires sociaux. Le gouvernement s’engage à valider par la loi ces dispositions en avril 2009.
Les propositions qui pourraient impacter le plus le marché de la formation langues sont :
! La Création d’un "fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels" (FPSPP) Il recevrait
5 à 13 % des sommes dues au titre de la contribution obligatoire des entreprises aux OPCA, soit
entre 300 et 800 M€ et serait destiné à la formation des populations fragilisées.
! La réforme des OPCAS (regroupement et évolution de leur rôle, en cours de négociation)
! La réforme du DIF (portabilité et articulation avec le CIF, en cours de négociation)
! Les OPCA et les branches professionnelles pourraient, à titre expérimental, prévoir des accords
permettant aux FOAD de se dérouler hors temps de travail, sans rémunération du stagiaire
CONCLUSIONS : QUEL IMPACT SUR LE MARCHE DE LA FORMATION LANGUES ?
Au total, si elle reflète les orientations actuelles de l’ANI, la réforme ne créera pas un
environnement très favorable pour le marché de la formation langues « traditionnel » dans les
prochaines années.
1. Les formations transversales ou générales comme l’apprentissage des langues risquent de
voir leur part décroître, car le redéploiement des crédits se fera sans augmentation du budget
global
2. Les publics prioritaires ciblés par la réforme ne sont pas ceux qui considèrent l’apprentissage
des langues comme une priorité, ni ceux qui sont les plus exposés à la mondialisation.
3. L’intervention croissante des pouvoirs publics dans le pilotage du dispositif va augmenter la
pression sur l’offre (garanties de résultat, certifications, procédures, standardisation et prix)
4. La collaboration croissante entre pouvoirs publics, OPCA et OF publics et parapublics (Greta,
CEL, Afpa, etc.) dans le cadre de la régionalisation, pourrait avantager ces organismes et
mener à des distorsions de la concurrence, au détriment des organismes privés.
5. Les OPCA interviendront de plus en plus en amont dans la structuration de l’offre et
deviendront incontournables.
6. Si les dispositions concernant le e-learning et la formation à distance se confirmaient, les
entreprises seront probablement tentées d’avoir recours plus souvent à ces modalités.
A moyen terme, La réforme contribuera très probablement à accélérer la concentration de
l’activité en cours, en restreignant la possibilité pour les petits organismes de dépasser la taille
critique nécessaire pour se pérenniser et en obligeant les prestataires à se professionnaliser, à se
soumettre à des procédures contraignantes de certification et de référencement, à industrialiser
leur procès et à inclure une part de plus en plus importante de formation à distance et d’elearning dans leur offre.
4
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
SECTION 2 : ANALYSE DE L’OFFRE
CHAPITRE 1
Périmètre de l’analyse
Un grand nombre d’organismes, d’individus et d’entreprises de toutes tailles, avec des statuts et des offres
de formation très variées, exercent une activité sur le marché de la formation langues.
C’est un marché de PME, atomisé, difficile à cerner. Beaucoup d’organismes ne publient pas leurs comptes
(46% du CA global) La sous-traitance entre organismes complique la donne.
2 niveaux d’analyse sont proposés :
o
une analyse globale statistique
o
une analyse fine centrée sur les organismes « pure players » (spécialisées en FPL)
Objectif : une vision globale du marché, une compréhension précise des dynamiques à l’œuvre.
L’analyse fine de 271 organismes identifiables, qui exploitent 800 centres, représentant un chiffre d’affaires
global de 360 M€ (79% du CA d’un marché estimé entre 375 et 400 M€)
Les organismes sont segmentés par CA, appartenance à un réseau et implantation régionale.
SEGMENTATION DES ORGANISMES PAR CHIFFRE D’AFFAIRES
Calcul en volume (CA) et en nombre, totalité des organismes identifiés
TAG
CA
(en milliers
d’euros)
SEGMENTS
6
Nationaux-Internationaux
5
Régionaux-Nationaux
4
Interrégionaux
3
Régionaux
2
1
0
Locaux-régionaux
Locaux
TPE
>12,500
5 à 12,500
2,5 à 5000
1 à 2,5 m k
500 à 1 m k
250 à 500 k
0 à 250 k
Effectif
équivalent
temps
plein*
>250
100-250
50 –100
20-50
10-20
5-10
1-5
TOTAL ou MOYENNE
Nombre
4
9
6
43
92
63
54
271
CA Total
en France
127 800 000
61 587 180
16 585 487
60 813 154
63 109 802
21 951 450
8 057 888
359 904 961
part en % Ancienneté
du CA total moyenne
35,5 %
17 %
4,5 %
17 %
17,5 %
6%
2%
100 %
41
28
19
18
14
13
10
14,4
Explications
!
!
!
!
La segmentation est empruntée à l’approche dite de « structuration managériale », qui définit, pour les
entreprises, des « seuils critiques » en fonction de l’effectif et du chiffre d’affaires (Le guide CDPME,
Conduire le Développement des Petites et Moyennes Entreprises, de Patrick Daymand)
Le nom donné à chaque segment correspond grosso modo au périmètre d’activité.
Les organismes sont classés par entité juridique et financière, non pas par réseau
*L’effectif équivalent temps plein (ETP) théorique est un indicateur approximatif, surtout pour les
grands organismes privés,
Répartition CA organismes
étudiés
6% 2%
Nat-internat
Reg-nationaux
Inter-régionaux
17
%
17
%
36
%
17
%
Régionaux
Locaux-reg
Locaux
5%
5
Nombre d'organismes
TPE
23%
20%
35%
16%
1%
2%
3%
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DE L’OFFRE
1 – UN SECTEUR DE PME ET TPE, CONCENTRE EN HAUT, EMIETTE EN BAS
•
4 organismes (1%) réalisent 36% de l’activité (réseau CEL/CCI, Telelangue, Berlitz et GRETA)
•
13 organismes (4%) réalisent 53% de l’activité
2 - LES ORGANISMES PUBLICS ET PARAPUBLICS CAPTENT 26 % DE L’ACTIVITE
Les Greta et les Centre d’Etudes de Langues concentrent au moins 26 % de l’activité (>96 M€ en 2007)
3 – LA PRIME RESTE A L’ANCIENNETE, MAIS LE MARCHE N’EST PAS FIGE
Le rapport entre ancienneté et taille est évident. Mais le marché n’est pas figé : de nouveaux acteurs
sont apparus depuis 10 ans, notamment le spécialiste de l’offshore GoFluent (environ 4,5 M€ en France
en 2007) et le réseau Wall Street Institute, (environ 35 M€ de CA, toutes franchises additionnés),
spécialiste des formations multimédia en centre.
4 – 40% DES ORGANISMES SONT LIES A UN RESEAU, 25% ONT DES LIENS INTERNATIONAUX
Réseaux nationaux ( Greta, CEL, Inlingua, Infolangues, Canspeak, Groupe ETC. )
Internationaux : (Berlitz, Telelangue, Linguarama, Wall Street, Linguaphone) Les réseaux se développent,
avec un taux de croissance supérieur à celui du marché.
5 – PARIS SE TAILLE LA PART DU LION
Les 9 grands OFL du segment régional-national sont tous parisiens. Ceux du segment régional sont à 66%
basés en Ile de France, majoritairement à Paris et RP. Loin derrière, Lyon/Rhône-Alpes.
Nombre d’organismes par
segment et par région
TOTAL
Ile de France + Paris
Rhône Alpes
PACA et Corse
Nord Pas de Calais
Alsace
Autres régions
9
TOTAL
9
4
27
6
1
Répartition
CA par
région (M€) *
Répartition en
pourcentage *
1
3
2
5
35
9
11
2
5
30
17
11
6
2
2
25
16
2
11
2
4
19
108
28
28
10
13
80
146,0
33,7
18,0
17,0
16 3
122,7
41,3%
9,5%
5,1%
4,8%
4,6%
34,7%
6
43
92
63
54
267
353,7
100,0%
*déduction faite du montant estimé de l’activité sous-traitée (12 M€), afin d’éliminer la comptabilisation en double du
CA correspondant + intégration du CA reparti des 4 réseaux nationaux-internationaux
ANALYSE : Y A-T-IL UNE TAILLE CRITIQUE POUR UN ORGANISME DE FORMATION ?
En analysant la segmentation, un certain nombre de questions se posent :
•
Pourquoi le nombre d’organismes diminue-t-il brusquement au-delà du seuil de 1 million d’euros de CA ?
•
Pourquoi y a-t-il un « trou » de 2,5 millions d’euros de CA entre les entreprises interrégionales(dont le plus
grand ne dépasse pas 3 M€) et les régionales-nationales (dont le plus petit a un CA de 5,5 M€) ?
•
Pourquoi y a-t-il un « trou » de presque 9 millions d’euros entre les régionales-nationales (le plus grand ne
dépasse pas 10 M€) et les nationales-internationales (dont le plus petit a un CA de 15 M€) ?
Pour comprendre, nous avons pris comme hypothèse l’approche de Patrick Daymand, de « structuration
managériale », en dénombrant le nombre d’organismes par tranche de 250 k€ de CA.
1er SEUIL CRITIQUE : 1,2 M d’euros, 15 à 20 SALARIES
le 1er seuil de 20 salariés, du « management adaptatif » correspond, au seuil de 1 à 1,2 millions d’euros, à
partir duquel le nombre d’organismes chute brusquement. Plusieurs dirigeants d’OFL nous ont parlé d’un
seuil critique entre 1 et 1,5 M€. Selon JM Dubedout, Telelangue :
6
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
«1,5 millions de chiffre d’affaires, c’est à peu près la limite maximum où le dirigeant fait tout luimême, après il commence à sous-traiter. »
Au-delà d’1 million d’euros, on trouve peu d’organismes dans chaque tranche, jusqu’à 3 millions d’euros :
les organismes régionaux et interrégionaux. Dans les Régionaux, 20 à 50 salariés, on rencontre des
organismes de proximité ayant fait leurs preuves, avec une clientèle locale et régionale fidèle. Ce sont des :
« - Entreprises qui ont, dans la plupart des cas, entrepris une démarche de structuration
managériale dont la qualité conditionne les performances et leur maîtrise du développement »
Patrick Daymand
2ème SEUIL CRITIQUE : 2,5 à 3 M€, 50 à 100 SALARIES ?
Entre 2,5 et 5,5 millions de CA, (50 à 100 salariés), on trouve les 6 Interrégionaux, tous regroupés dans la
tranche entre 2,5 et 3 millions d’euros. Ce sont des entreprises: « ..de 50 à 100 salariés où l’on rencontre
encore de nombreux cas de processus de structuration managériale inachevés se traduisant par des
dysfonctionnements plus ou moins importants »
A partir de 3 millions de CA, il n’y a plus une seule entreprise en France dans les 9 tranches suivantes. Se
trouve-t-on de nouveau devant une limite de croissance naturelle ? Une taille critique ?
5,5 à 12,5 M€, > 100 salariés : LES « ENSEMBLIERS »
Dans le segment supérieur, les grands organismes parisiens, tous créés dans les années 70. Il y a 10 ans, ces
organismes appartenaient tous aux segments régional et interrégional. Depuis 1998, leur chiffre d’affaires
a donc plus que doublé. Comment ont-ils réussi ?
L’évolution récente des grandes entreprises françaises permet de mieux comprendre. Depuis la fin des
années 1990, beaucoup ont centralisé leurs dispositifs de formation, sélectionnant un maître d’œuvre pour
piloter l’ensemble des sites. Les grands réseaux étant aux abonnés absents à cette époque, ces organismes
se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont inventé le métier « d’ensemblier», multiplié les partenariats.
L’écart s’est rapidement creusé avec le segment régional.
Ce redimensionnement du marché a généré de nouveaux défis à tous les niveaux. En réponse à la crise de
2002, les acheteurs ont redoublé la pression sur les prix, exigé des systèmes « blended »* intégrés, des
outils de suivi perfectionnés. Structurées à l’origine pour répondre à un marché régional, avec un
management encore centré sur la personnalité de leurs créateurs, ces PME en pleine croissance ont dû
redoubler d’efforts pour faire face, tout en maintenant leur rentabilité et leur qualité.
Ces organismes sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Ils ont commencé à se transformer en réseaux à
périmètre national. Mais alors qu’ils en sont encore loin, la mondialisation s’accélère de nouveau, les
grandes entreprises internationalisent leurs dispositifs, la concurrence s’intensifie et la notion même de
marché national perd de son sens. Ils ne peuvent pas revenir en arrière, car leurs coûts fixes exigent le
maintien de volumes importants, ni aller beaucoup plus loin, car leur dimension de PME ne leur permet pas
seuls d’accéder au marché mondial.
Certains ont senti le vent : Formalangues s’est associé en 2007 avec Demos, un des leaders européens de la
formation, Westmill refonde entièrement sa stratégie. D’autres risquent de les suivre.
REMARQUES SUR LA TAILLE CRITIQUE
Cette approche permet de mieux comprendre certains phénomènes, mais a le défaut de rester statique,
alors que le marché lui-même est en perpétuel flux. La mondialisation de la formation et le
développement très rapide des formations à distance commencent à mettre en cause les frontières de
l’activité de formation langues. Enfin, les frontières entre les acteurs se modifient. Les partenariats sont une
tendance forte et relativement récente, imputable à la centralisation des dispositifs de formation, qui
pousse les organismes à proposer des solutions intégrées à l’échelle industrielle, couvrant des populations
importantes et distantes entre elles.
D’où la tendance grandissante des organismes de toute taille à fonctionner en réseau.
7
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
CHAPITRE 2 : LES RESEAUX
Pour mieux appréhender la concentration du marché, l’analyse par organisme n’est pas suffisante.
Certaines sociétés ont des liens financiers ou opérationnels entre elles ou partagent une même marque – ce
sont des réseaux. Il y a plusieurs types de réseau (associatifs, franchisés, intégrés, etc.), ainsi que des
organismes qui ont un fonctionnement de réseau ou qui se transforment peu à peu en réseau (proto-.
réseaux), sur le marché
*blended learning = formation « mixant » plusieurs modalités (ex : 1 module par téléphone + 1 module e-learning + 1 module de cours
groupe)
SEGMENTATION DES RESEAUX
CATEGORIE
N°
6 Grands Réseaux
6
5 Réseaux
RégionauxNationaux
7
4 Réseaux
interrégionaux
TOTAUX
4
Effectif
N°
ETP centres
CA Total
%
M€
périmètre
(approx)
>12,5
>250
476
182
50%
42%
39
5à
12,5
100250
57
49
13%
12%
30
3à5
50 -100 39
13
3,5%
3%
25
244
65%
65%
31
CA
M€
Noms
CEL, WSI, Berlitz, Telelangue,
Inlingua, Greta
Canspeak, Groupe ETC,
Langues et Entreprises,
Westmill, Transfer,
Formalangues-Demos, IFG
Langues
Infolangues, Cetradel,
CapFormation, Linguaphone
17
572
Part de
marché
FPL (e)
Ancienneté
(années)*
En bleu : réseaux nouveaux (moins de 10 ans d’existence)
PART DE MARCHE* DES RESEAUX : 68%
(répartition par chiffre d'affaires
global)
Réseaux
TYPES DE RESEAU
(répartition par CA global)
régionaux-
32%
50%
14%
4%
Grands Réseaux
nationaux
Réseaux interrégionaux
29% de directeurs d’organismes pensent à rejoindre un réseau,
49% pensent que le marché va se concentrer dans les années qui
viennent, 26% que le nombre de prestataires restera stable et
13% que leur nombre va augmenter (questionnaire en ligne)
Le degré de concentration dépendra surtout des parts de marché
respectifs que gagneront ou perdront les segments. Aujourd’hui,
le différentiel de croissance entre les grands organismes et les
petits constitue en lui-même un processus de concentration
REMARQUES GENERALES SUR LES RESEAUX
!
8
Associatifs
6%
Franchisés
22%
Intégrés
13%
Publics
42%
OF hors réseau
QU’EN PENSENT LES PRESTATAIRES ?
!
Protoréseaux
17%
Le renforcement récent de cette tendance est la traduction
organisationnelle de la collaboration croissante entre
acteurs, entraînée à la fois par les mutations de la demande
et par la diversification des modalités de formation. C’est un
des signes avant-coureurs de la concentration en cours du
marché.
Pour les petits organismes, c’est un moyen de se défendre
et d’accéder aux marchés multisite.
Les grands réseaux dominent
Les 5 majors captent 50% du chiffre
d’affaires du périmètre et 42% du CA
global
Le public et parapublic très présents
Avec > 40% du CA des réseaux et un quart
du chiffre d’affaires global de la FPL (près
de 100 millions d’euros)
La prime à l’expérience ?
L’ancienneté moyenne des réseaux est
supérieure à la moyenne du marché mais
masque la tendance : celle des réseaux
récents ne dépasse pas 10 ans.
Des réseaux très divers
(franchises, réseaux associatifs, intégrés…).
Cette diversité témoigne d’une tendance à
la concentration qui émerge difficilement
en raison du modèle dominant des
organismes de formation : la PME familiale
dirigée par ses fondateurs.
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
!
Un foisonnement de réseaux encore anarchique, incertain. La plupart des organismes sont limités dans
leurs ambitions par le sous-dimensionnement de leurs structures et leur manque d’assise financière.
!
Des vendeurs, des acheteurs, mais y a-t-il des banquiers ? Une génération de dirigeants arrive à l’âge
de la retraite. Bon nombre souhaitent vendre, surtout avec la crise qui menace. Des entrepreneurs
nouveaux et d’autres plus établis affichent leur intention de racheter des organismes et d’étendre leurs
réseaux. Mais trouveront-ils les fonds nécessaires pour financer ces opérations, dans un contexte de
crise?
CHAPITRE 3 : EVOLUTION ECONOMIQUE ET SITUATION FINANCIERE DES OFL 2004 à 2007
271 ORGANISMES
CROISSANCE 2004 à 2007
2005
2006
2007
2004 à 2007
inflation
2004
1,7%
1,5%
1,4%
4,9%
Croissance CA
5,2%
6,9%
7%
19,5% §
résultat net/CA
3,3%
3,2%
4,0%
5,4%
disponibilités/CA
12%
11,5%
11,5%
14,7%
Les chiffres 2007 comprennent également une estimation (conservatrice) du CA des sociétés n’ayant pas encore publié leurs comptes
2007
§ la croissance globale sur la période est calculée à périmètre constant et hors inflation
TAUX DE CROISSANCE DES OFPL de 2004
à 2007
segm 6
23,4
segm 5
26
COM
MENTAIRES
15,9
segm 3 & 4
20,1
segm 2
8,4
segm 1
12,1
segm 0
19,5
moyenne
0
10
20
30
Un retour à la croissance en 2007-2008, qui
profite plus aux grands OF qu’aux petits
! Des marges qui s’améliorent peu à peu, mais qui
restent faibles
! Une trésorerie en hausse, sauf pour les grands
« ensembliers » parisiens.
! Des organismes fragilisés (45% des organismes
présentent une fragilité financière importante à l’analyse
de leurs principaux ratios)
!
40
50
POURQUOI SONT-ILS SI FRAGILES ?
Lorsqu’on demande aux dirigeants de ces organismes les enjeux qui les préoccupent le plus, ils
citent par ordre de priorité (questionnaire en ligne) :
! LES MARGES
! LA COMPLEXITE ADMINISTRATIVE
! LA TRESORERIE
! LE RECRUTEMENT DES FORMATEURS
! LE ROLE CROISSANT DES ACHETEURS
! LE DEVELOPPEMENT DES FORMATIONS A DISTANCE OU OFFSHORE
Selon les dirigeants des organismes, les marges restent faibles en raison de la pression des acheteurs sur les
prix horaires et la surenchère à la baisse de certains prestataires, y inclus les opérateurs de formation à
distance. La complexité administrative croissante, due à l’externalisation de la gestion par les entreprises et
à la réglementation de plus en plus contraignante des OPCA et les délais de règlement qui s’allongent de
plus en plus, alourdissent leurs charges et grèvent leur trésorerie.
9
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
Puisque les salaires des formateurs restent leur charge principale (entre 40 et 50% du CA), cette
compression de leurs marges ne leur permettrait pas de proposer des salaires suffisamment attractifs et les
bons formateurs seraient de plus en plus difficiles à trouver.
Nous avons tenté de vérifier ces affirmations, en examinant les comptes de 20 organismes représentatifs en
activité de 1998 à 2007, ainsi que l’évolution des prix et des salaires sur la même période.
Depuis dix ans, les marges se tendent, malgré l’amélioration notée en 2007
la marge brute moyenne se dégrade pour les régionaux-nationaux (-53%), et pour les régionaux (-9%)
Les délais de règlement s’allongent d’un jour par année. Pour les régionaux-nationaux, ils passent de 3,5 en
1998 à 4,5 mois en 2007 (110 à 135j) Pour les régionaux, + 8 jours en moyenne sur la période (109 à 117)
En proportion du chiffre d’affaires, les charges du personnel ont peu évolué depuis 10 ans.
Le niveau de trésorerie moyen reste stable ou est en légère hausse pour la majorité des organismes.
Toutefois, elle baisse de 46% chez les OFL régionaux-nationaux, et atteint un niveau préoccupant : 4,3% du CA
LES PRIX AUGMENTENT-ILS ? STAGNENT-ILS ? OU BAISSENT-ILS ?
Prix moyen horaire du face-à-face pédagogique 1995 et 2007, hors FOAD et e-learning
valeur
décompte inflation
1995
euros
infl. +23,7%
prix moyen
constaté
aujourd'hui
prix catalogue
380 FRF
58 €
72 €
60 €
-12 €
-16,6 %
prix négocié
360 FRF
55 €
68 €
55 €
-13 €
-19,1 %
valeur en
2007
écart
%
*Prix moyen horaire du face-à-face pédagogique 1995 et 2007, hors FOAD et e-learning, estimé à partir des déclarations des
principaux OFPL parisiens en activité sur la totalité de la période, croisés avec les statistiques disponibles. En province, ces prix
sont généralement minorés de 15 à 20%, sauf Rhône-Alpes et Nord. Estimation haute.
La valeur réelle d’une heure de formation linguistique en face-à-face a donc baissé de 15 à 20% entre 1995
et 2008. Pour éviter de sombrer, les organismes ont dû comprimer leurs charges. Selon eux, c’est la baisse
des frais généraux qui est majoritairement évoquée (39%) (questionnaire en ligne)
QUID DES SALAIRES DES FORMATEURS ?
Evolution du salaire moyen des formateurs (toutes catégories)(colonnes 1 et 2 : source Institut I+C
/FFP)
EVOLUTION
SALAIRE MOYEN
PAR CATEGORIE
2002
salaire moyen
2007
salaire moyen
après 3 ans
progression
2002 à 2007
écart sal
valeur 2002
moyen 2007 et
actualisée
sal moyen 2002
infl.cum : 9,3%
actualisé
D1
20 900 €
21 400 €
+500 €
22 843 €
-1 443 €
-6,7 %
E1
25 700 €
25 000 €
-700 €
28 089 €
-3 089 €
-12,3%
F
33 600 €
31 900 €
-1 700 €
36 724 €
-4 824 €
-15,1%
%
les salaires moyens des formateurs s’approchent de plus en plus des minima conventionnels.
! 60% des OFL affirment avoir plus de difficultés qu’avant pour trouver des formateurs expérimentés.
! Lorsqu’on leur demande de dire s’ils sont d’accord ou pas d’accord avec l’affirmation suivante : « Les
salaires des formateurs de langues sont trop faibles », 75% des OF se disent d’accord
! Or, lorsqu’on demande (questionnaire en ligne) aux Responsables de formation quels sont les
critères principaux de sélection des prestataires, hors la qualité pédagogique, ils répondent : 1. Les
prix (34%) 2. le statut et le profil des formateurs (24%) 3. le label qualité (20%)
! les mots-clés qu’ils choisissent pour décrire les qualités principales qu’ils recherchent chez leurs
prestataires, sont : pédagogie-personnalisation-formateur
10
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
Dans une situation où l’offre (de formateurs compétents) se raréfie alors que la demande reste forte, les
prix devraient augmenter. Or ce n’est pas le cas. Pourquoi ?
Regardons ce qui se passe du côté de la formation à distance.
SECTION 3 : LA FORMATION A DISTANCE
Les acteurs sont repartis en fonction de leur spécialité principale : éditeurs de e-learning d’un côté,
formateurs à distance de l’autre. Toutefois, cette approche devient de moins en moins pertinente, car il y a
un phénomène de convergence entre ces technologies et les frontières entre les spécialités s’estompent.
CHAPITRE 1 - LES MODALITES : RESULTATS DE L’ENQUETE EN LIGNE
!
Les modalités en face-à-face continuent à être largement dominantes dans le CA des organismes de
formation (80%)
!
Pour les organismes, c’est le Blended Learning qui se développera le plus à l’avenir (23,6%)
!
Pour les responsables de formation, ce sont les cours spécialisés, les cours par téléphone, le blended
learning et les ateliers spécialisés qui se développeront le plus à l’avenir
CHAPITRE 2 - E-LEARNING, BLENDED LEARNING ET FORMATION A DISTANCE
Depuis 30 ans les révolutions technologiques successives annoncées, censées restreindre ou éliminer le
rôle du formateur dans le processus de l’apprentissage, ont pour la plupart fait long feu.
30 ANS DE MONTAGNES RUSSES TECHNOLOGIQUES
Les années 70-85 : grandeur et décadence du laboratoire de langues et de l’EAO
Les années 85 à 98 : la révolution multimédia n’a pas eu lieu
Les années 98 à 2005 : la révolution e-learning 1.0 fait long feu
2006-2007: Le e-learning en friche ? Selon une enquête récente du Préau (Baromètre CCIP
2008), sur 2000 entreprises françaises, seules 12% ont financé des formations en e-learning en
2007. 56% de ces formations sont en langues
2008 : Les nouvelles technologies trouvent pourtant peu à peu leur place.
!
!
!
!
!
CHAPITRE 3 – LE MARCHE DU E-LEARNING
On peut estimer le marché de la formation professionnelle e-learning langues en France à entre 10 et 15 M€
Estimation de parts de marché
FPL e-learning France 2007
Telelangue
Auralog
Global English
30%
24%
Englishtown
Reflex
13%
5%
4%
6% 8%
10%
7Speaking
digital
publishing
autres
11
E LEARNING & BLENDED LEARNING :
Résultats de l’enquête en ligne
" Les entreprises font un choix diversifié de
produits e-learning : aucun acteur ne domine le
marché. Près de 50% des entreprises sondées
n’en proposent pas.
" Les organismes préfèrent proposer Reflex
de Commest, Auralog, 7speaking et Digital
Publishing, lorsqu’ils ont le choix. 32% d’entre eux
n’en proposent pas.
" La croissance du e-learning rencontre des
résistances : 50% des organismes et des
entreprises ne proposent ni plus ni moins de elearning qu’avant.
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
! 50% des OF, et 43% des RF considèrent le e-learning comme un complément utile, 27% et 36%
comme un outil ponctuel : seuls 1% pensent qu’il peut remplacer le formateur.
SYNTHESE DES RESULTATS DES ENQUÊTES QUALITATIVES, QUANTITATIVES ET STATISTIQUES
1. C’EST UN MARCHE EN EXPANSION mais de plus en plus dans le cadre du « blended »
2. IL Y A DEUX MODELES POUR LE BLENDED : le partenariat avec un organisme et la
prestation en direct. Les éditeurs e-learning commencent à concurrencer les organismes
de formation sur le blended.
3. LE E-LEARNING EST UN OUTIL COMPLEMENTAIRE FLEXIBLE, adapté aux contraintes et qui
peut améliorer les compétences professionnelles spécifiques
4. IL RENCONTRE ENCORE BEAUCOUP DE RESISTANCES : (open space, pression du travail,
manque d’équipements, expériences non concluantes, manque de qualité.
5. LES GRANDES ENTREPRISES RECHERCHENT UN OUTIL E-LEARNING INTEGRE ET
ATTRACTIF qui peut être déployé au niveau international et accompagné en local.
LE E-LEARNING 2.0 : SOIS POLI AVEC L’AVATAR
L’approche e-learning 2.0 part de l’hypothèse que l’apprentissage est un phénomène collaboratif et que
le savoir, le sens et la compréhension sont construits par la pratique et à travers des interactions
sociales spontanées (constructivisme) L’intuition et l’émotion doivent y être intégrées.
Le e-learning 2.0, comprenant les « serious games », les univers virtuels comme « 2nd Life » et les outils
collaboratifs comme Moodle est un phénomène qu’on aurait tort d’ignorer : des institutions vénérables
comme la British Council s’y sont mises. Les entreprises commencent à s’y intéresser sérieusement. Voir
ici une étude de Mckinsey sur les applications web 2.0 pour les entreprises.
CHAPITRE 4 -LA FORMATION A DISTANCE : Résultats du questionnaire en ligne
"
Pour les organismes, les cours par téléphone sont surtout efficaces pour entretenir le niveau. Aucun
organisme ne pense qu’ils sont inefficaces.
"
Pour les responsables de formation, les cours par téléphone ont plusieurs usages. Pour une
minorité de RF, (11%), les cours par téléphone ne sont pas du tout adaptés à la formation langues.
SYNTHESE DES ENQUÊTES
1) la formation par téléphone est globalement appréciée par les stagiaires, car elle est pratique,
intensive et très flexible, s’adaptant bien à leurs contraintes de travail et de déplacement.
2) certains responsables signalent une amélioration du niveau des stagiaires grâce à cet outil
3) d’autres soulignent son efficacité pour améliorer la compréhension d’accents variés, un problème
de plus en plus évoqué par les entreprises.
4) comme pour le e-learning, l’expérience de formations par téléphone peu structurées, avec une
logistique défaillante et des formateurs peu motivés, ne parlant pas toujours la langue parfaitement,
a discrédité cette modalité aux yeux de certains responsables de formation et acheteurs.
5) un nombre important de responsables de formation tient à maintenir la relation principale de
proximité avec leur organisme de formation local et à conserver une part de face à face dans leur
« mix-formation » Ils attendent du prestataire à distance un partenariat étroit avec cet organisme.
Des partenariats sous tension ?
Le partenariat entre organismes de formation et sociétés de formation à distance pourrait se tendre
avec la crise, car les organismes sont tentés de rapatrier les cours par téléphone pour occuper leurs
formateurs et la croissance rapide des formations à distance au moment où les organismes voient leur
chiffre d’affaires baisser risque d’aiguiser les appétits des uns et susciter la méfiance des autres.
12
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
Offshoring, Nearshoring et Homeshoring : les formateurs virtuels arrivent en France
Offshoring : emploi de formateurs à distance dans des pays où les coûts salariaux et les obligations
sociales sont moins contraignantes. Nearshoring : implantation dans des pays géographiquement
proches, pour les mêmes raisons. Homeshoring : emploi de formateurs à distance travaillant de chez
eux (économise les frais de locaux)
ESTIMATION DES PARTS DE MARCHE (estimation approximative : peu d’acteurs publient leurs comptes)
Parts de marché estimées de la FPL par téléphone en
France en 2008
Telelangue
goFLUENT
2%
Proformation
15%
3%
3%
39%
IntercountryM
6%
10%
Ecsplicite
Telab
22%
Phonalangue
Autres
Les formations par téléphone explosent
Les principales sociétés de formation à
distance : goFluent, Telelangue, Ecsplicite et
Proformation, voient leur chiffre d’affaires
s’accélérer depuis 3 ans, à un rythme bien
supérieur à celui du marché (entre 2007 et
2008 : Telelangue +32%, goFluent +56%,
Proformation +35%, Ecsplicite +50%)
Un foisonnement d’acteurs français sur
un créneau en voie d’internationalisation
Les spécialistes de la formation à distance sont
principalement français, et s’internationalisent à
pas accéléré. Le créneau attire de nouveaux
acteurs offshore.
Une intégration croissante des technologies de l’information et de la communication (TIC)
PERSPECTIVES A COURT TERME
La crise économique impacte très durement le marché. Le secteur de la formation à distance en revanche
est actuellement en forte progression, car les entreprises sont à la recherche de formations flexibles à
faible coût. Si la crise s’aggrave encore, il sera également touché.
TENDANCES A MOYEN TERME
Les conférences téléphoniques, La visioconférence, Le M-Learning (MALL)
LA FORMATION A DISTANCE REMPLACERA-T-ELLE A TERME LES COURS EN FACE A FACE ?
Pour les responsables de formation, c’est le développement des formations à distance (35%)
et l’individualisation (30%) qui seront les tendances dominantes dans les 5 années qui
viennent
La formation à distance, e-learning inclus, représente aujourd’hui un peu plus de 10% du
marché de la formation professionnelle linguistique. Les professionnels pensent que le
FOAD représentera au moins 33% du marché, à terme.
Les freins à son développement sont moins importants que pour le e-learning et les
stagiaires pour la plupart apprécient cette modalité.
Mais beaucoup dépendra de la qualité de l’offre, elle-même conditionnée par les
contraintes exercées par la demande. Si les considérations économiques à court terme
priment tant chez les acheteurs que chez les prestataires, on peut sans beaucoup de risques
prédire que la formation à distance aura du mal… à tenir la distance.
13
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
SECTION 4 - LES SUPPORTS PEDAGOGIQUES DU FACE A FACE
Les supports et ressources du face à face (80 à 90% des modalités), sont produits principalement par
les grandes maisons d’édition internationales, comme Pearson, MacMillan, Cambridge University
Press, Oxford University Press, Scholastic, ainsi que par des maisons d’édition françaises,
européennes et internationales pour les autres langues. Les questions que nous nous sommes
posées sont les suivantes :
Quelles est la demande actuelle pour les supports ? Que proposent les éditeurs aux
formateurs ?
Qu’en pensent les organismes de formation ? Sont-ils satisfaits des produits proposés ?
Pourquoi y a-t-il aujourd’hui si peu de programmes e-learning proposé par les éditeurs, alors
qu’ils dominaient le marché des produits multimédia et sont devenus des multinationales ?
Comment réagissent-ils aujourd’hui ? Vont-ils revenir sur le marché du e-learning ?
Le marché français : un laboratoire expérimental dopé par l’investissement public
Le marché français de la formation professionnelle continue est un des plus dynamiques
du monde, selon les éditeurs. Les tendances qui émergent sur le marché français
apparaissent quelques années plus tard dans les autres pays européens
Trop en avance, le marché français a été délaissé par les éditeurs en 2000
L’individualisation des parcours, les modules courts, spécialisés, ont mis en cause leur stratégies
produits, fondé sur la vente mondiale de méthodes générales.
A court de produits adaptés, les organismes commencent à réaliser leurs propres supports
Réponses au Questionnaire en ligne:
Le budget moyen du matériel pédagogique est d’environ 40 €/stagiaire
la moitié des organismes réalisent plus de 25% de leurs ressources pédagogiques
L’investissement principal des organismes au cours des dernières années a été dans
l’élaboration de produits
Les éditeurs reviennent : modularisation, personnalisation, spécialisation, blended
Pour rentabiliser leurs investissements tout en répondant aux besoins spécifiques du marché, ils
conçoivent de nouveaux produits modulaires avec des ressources complémentaires (e-tools) qui leur
permettent à la fois de vendre à grande échelle et d’économiser sur les coûts de stockage,
d’impression et de distribution. Ils proposent également davantage de méthodes courtes, très
spécialisées.
89% des organismes sont très satisfaits ou moyennement satisfaits de la qualité des
supports
Ils souhaitent néanmoins plus de supports spécifiques, spécialisés, courts.
LA TECHNOLOGIE BLENDED ENTRERA-T-ELLE DANS LA SALLE DE CLASSE ?
Tableaux blancs interactifs, blogs, logiciels de création de ressources, wikis, ordinateurs de poche,
téléphones portables, iPods, DVD, deviennent des outils qui peuvent démultiplier les ressources à la
disposition du formateur de face à face
Mais les freins sont encore nombreux – du côté de certains formateurs, qui ont peur de perdre leurs
emplois et du côté de certains organismes, qui leur proposent peu de formation sur ces outils et sont
souvent sous-équipés. Pourtant, le développement des supports numériques et le déploiement des
TIC dans et hors la salle de cours semblent inéluctables.
14
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
Face à la déferlante de la formation à distance et à une demande qui sera chaque jour plus
exigeante, tant de la part des entreprises que des OPCA, les organismes de formation en face à face
devront impérativement valoriser leur savoir-faire et leurs équipes pédagogiques.
SECTION 5 : ANALYSE DE LA DEMANDE
CHAPITRE 1 : FAITS ET CHIFFRES*
La demande en formation professionnelle linguistique émane principalement des entreprises
publiques et privées. Les OPCA, deviennent de plus en plus des acteurs de la demande.
DES AGENTS PUBLICS QUI SE FORMENT ENTRE EUX
Les administrations publiques ont dépensé, pour la formation de leurs agents, 5,5 Mds d’euros en
2006. Elles ne financent que 3% du marché des OF privés. Les formations linguistiques représentent
environ 5%.
DES ENTREPRISES ET DES OPCA QUI SE RAPPROCHENT
Les dépenses déductibles de formation professionnelle des entreprises de plus de 10 salariés ont
atteint, en 2007, presque 9 Mds d’euros. 2,6 Mds correspondent à des dépenses de formation.
Les 99 OPCA, qui ont collecté au total 5,7 Mds d’euros en 2007 (+5%), ont pris en charge plus de 5
milliards d’euros pour le compte des entreprises, soit > 47 % de leur dépense.
La Dares estime à 2,9 Mds € les achats des entreprises auprès des organismes de formation, dont
1,9 Mds d’achats directs et 1 Md par l’intermédiaire des OPCA. Les formations linguistiques
représenteraient environ 10% de ce total : 300 M€.
Le OPCA de plus en plus présents dans le financement de la
formation des entreprises
Entre 2005 et 2006, la part des OPCA a augmenté de 14%, alors
que les dépenses directes de formation faites par les
entreprises ont stagné (+ 0,8%) En 2007, la part des OPCAS a
encore augmenté de 8%. Selon la Dares : « les entreprises
cherchent sans doute, en passant par les OPCA, le moyen
d’externaliser la négociation et la gestion des conventions avec les
organismes de formation. En regroupant leurs besoins et en
permettant ainsi des achats collectifs, les entreprises peuvent
également obtenir de meilleurs prix. Enfin, les OPCA jouent un rôle de
conseil et d’assistance aux directions des ressources humaines des
entreprises »
Achats auprès des organismes de
formation
achats
par
OPCA
34%
…mais surtout dans la formation des PME
Dans l’échantillon de 102 responsables de formation interrogés au cours de l’enquête en ligne, la
part du budget langues financée par les OPCA reste limitée. Pour les entreprises qui forment plus de
100 stagiaires, la part de financement par les OPCA est inférieur à 25% dans 73% des cas. En
revanche, pour 51% des OF interrogés, la part des OPCA dans leur facturation est supérieure à 30%.
De plus en plus de salariés en formation, qui suivent des stages de plus en plus courts
De 1971 à 2007, le taux d’accès à la formation pour les salariés a plus que doublé, alors que la durée
de leurs stages, sur la même période, a été divisée par deux – 30 h (sources : Insee, Céreq)
Le DIF, très anglais, monte en régime
19 % des entreprises ont financé le DIF en 2007 (5 % des salariés) contre 13 % en 2006. Selon la
Fédération de Formation Professionnelle, « La part du DIF dans l'activité des organismes de formation
est passée de 1,2 % en 2005 à 6,3 % en 2008 avec en perspective 9,3 % pour 2009 » selon le Baromètre de
la formation professionnelle© (Place de la Formation) 38% des formations DIF concerneraient les langues,
et 28% spécifiquement l’anglais, qui représente le thème le plus demandé.
15
achats
directs
66%
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
* Sources : Projet de loi de finances pour 2009, Céreq, Dares, Insee, La Place de la Formation
RESULTATS DE L’ENQUETE EN LIGNE LINGUAID CONCERNANT L’UTILISATION DU DIF
Pour 55% des répondants, le DIF représente moins de 25 % de leur budget de formation langues
Les entreprises intègrent le DIF dans le Plan de Formation (> 47%)
Les avis des RF sur le DIF sont partagés : 50% le trouvent utile ou très utile, 49% peu ou pas utile
Temps de travail : les pratiques restent très diverses (29% hors temps de travail, 34% dans le
temps de travail, 37% mixte)
REMARQUES : Même s’il a commencé à modifier profondément le marché de la formation, le DIF
reste un dispositif de transition et les pratiques de déploiement sont très diverses. Le DIF a stimulé la
formation dans les PME et relancé un marché en berne. Il monte peu à peu en régime, mais est freiné
par la complexité de sa mise en œuvre. Beaucoup d’incertitudes demeurent : (voir section 1 – zoom
sur le DIF)
CHAPITRE 2 - EVOLUTION RECENTE ET GRANDES TENDANCES
Pour les Responsables de Formation, 3 TENDANCES MAJEURES : individualisation (44%),
développement des formations à distance (13%), centralisation de la gestion (10,5).
Les mutations les plus importantes de la demande ont surtout eu lieu dans les grandes
entreprises appartenant à des secteurs fortement impactés par l’internationalisation.
EVOLUTION DE LA DEMANDE DES GRANDES ENTREPRISES DE 1985 à 2008
Les années 85-95 : expérimentation et centralisation des outils pédagogiques et des
contenus. Développement de l’autoformation et des centres de ressources
Les années 95-2000 : centralisation de la gestion de la formation, recherche de
productivité, émergence de la formation à distance, recentrage sur les besoins
professionnels
Les années 2001 à 2004 : les crises successives accélèrent la tendance à la centralisation.
Fortes pressions sur les coûts. Essor du e-learning 1.0 et de la formation par téléphone
Les années 2005 à 2008 : le DIF booste l’individualisation, le blended learning remplace
le e-learning, les universités d’entreprise globalisent les dispositifs de formation à
distance
BESOINS ET LES PRIORITES EN FORMATION LANGUES : UNE AUBERGE ESPAGNOLE ?
La définition des besoins en formation linguistique n’est pas une tâche simple. Il y a souvent un
décalage important entre les priorités et attentes de l’entreprise et celles des salariés
bénéficiaires. Dans bien des cas, les critères le plus importants restent le coût, la satisfaction des
stagiaires et les indicateurs d’assiduité. La réussite d’un projet de formation se détermine
pourtant d’abord en amont et le temps et les moyens qu’on y consacre représentent un
investissement essentiel.
La formation langues n’est pas la priorité n°1 pour les 102 RF sondés. 31% pensent qu’elle est
prioritaire, 44% qu’elle est moyennement prioritaire et 25% qu’elle est non prioritaire.
C’est une priorité de moins en moins stratégique pour les grandes entreprises internationales.
Leurs équipes sont engagées à l’international depuis longtemps, elles filtrent les recrutements.
PME et TPE : des besoins en formation linguistique encore peu développés. Une enquête
récente d’Agefos PME, Perspectives 2009, indique que la formation linguistique est en 7ème
position sur 10 dans leurs plans de formation aujourd’hui.
La délocalisation a fait émerger des besoins nouveaux pour les personnels techniques ou
informatiques. Les salariés des PME d’ingénierie et de conseil sont dans le même cas.
16
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
« On ne raisonne plus en niveau, mais en capacité de faire »…dans les entreprises où la
maîtrise des langues représente un enjeu important, les compétences de communication
priment. Les formations langues « métier » ou transversales ont le vent en poupe.
L’amélioration du niveau général des salariés, génère une demande croissante d’entretien des
connaissance et de formations en double compétence*
La tendance vers des modules plus courts, individualisés, centrés sur des métiers
spécifiques, qui a d’abord émergé en France, s’est généralisée dans les autres pays.
MODALITES ET CONTENUS PEDAGOGIQUES : SYNTHESE DES RESULTATS DE
L’ENQUÊTE
Depuis la fin des années 1990, on observe une accélération de l’individualisation des
parcours. Les formations extensives ou intensives en groupe sont de moins en moins
pratiquées (loi des 35 heures, pénurie de salles, montée en régime du DIF et développement
du blended learning, qui permet une réduction du coût horaire de l’individuel) Les formations
collectives qui résistent bien sont les ateliers de compétences ou thématiques, généralement
d’une journée.
*Double-compétence : formation mixant apprentissage linguistique et formation technique (ex : séminaire de droit italien en italien)
Les parcours sont plus structurés et l’évaluation des résultats au moyen de tests, souvent
réalisés par un autre organisme, devient la norme.
Deux tendances contradictoire émergent, en fonction des priorités de l’entreprise : 1)
développement des modules de formation « sur catalogue », 2) création de parcours
personnalisés, construits en fonction des besoins spécifiques.
Deux autres tendances divergentes : dans certaines entreprises, contrôle et suivi stricts
de l’apprenant, dans d’autres, l’apprenant est un « client » et on adapte les modalités en
fonction de ses possibilités et priorités.
La qualité pédagogique et la formation en face-à-face sont encore très appréciées par les
RF
ORGANISATION ET GESTION DES DISPOSITIFS
Sous la pression de la réduction des coûts, certaines entreprises centralisent et parfois
externalisent la gestion, la logistique et le suivi de leurs dispositifs de formation. Dans
d’autres, on fait le choix inverse, laissant l’initiative au responsable local.
Dans les groupes multinationaux, la création d’Universités d’Entreprise est une nouvelle
tendance. Dans quelques cas, ces instituts prennent en charge la centralisation, externalisée
ou non, des contenus, de l’ingénierie pédagogique, de la logistique et du suivi, alors que dans
d’autres, la centralisation se limite aux outils e-learning et formation à distance.
EVOLUTION DU ROLE DES GESTIONNAIRES DE LA FORMATION
dans les organisations fortement centralisées, on observe un dumbing down ou réduction de
la fonction formation locale à un rôle principalement administratif. A cet égard, une étude
récente de PriceWaterhouseCoopers « Managing people in a changing world* Key trends in
human capital - A global perspective – 2008” indique que les investissements dans la fonction
ressources humaines sont en baisse, en particulier en Europe.
Dans d’autres cas, au sein d’organisations ayant fait le choix d’un fonctionnement plus
ouvert et où le développement des compétences revêt un caractère stratégique, la fonction
du responsable de formation s’enrichit, se professionnalise, devient plus polyvalente, se
17
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
tourne vers le développement et la gestion des compétences. Mais les RF ont moins de
temps à consacrer à la formation langues. Parfois, on a recours à des consultants extérieurs.
VERS DES MODELES D’ORGANISATION OPPOSES ?
On peut voir dans ces réponses le reflet de deux modèles d’organisation divergents :
! Un modèle vertical fortement centralisé, centré sur la recherche de gains de
productivité et l’industrialisation des fonctions, avec catalogues standardisés
! un modèle collaboratif relativement décentralisé, encourageant l’initiative de
proximité, l’individualisation et la personnalisation des parcours.
CHAPITRE 3 - SELECTION DES PRESTATAIRES : résultats de l’enquête Linguaid
Les RF préfèrent leurs prestataires peu chers (34%), avec d’excellent formateurs (25%), un
label qualité (20%), et une couverture géographique suffisante (11%)
70 % des RF déterminent le choix final du prestataire. Les acheteurs ne jouent ce rôle que
dans 1% des cas. Dans 17% des cas, la décision est partagée entre les acheteurs et les RF
Seul un tiers des entreprises référence les fournisseurs
Les responsables de formation sont largement favorables à la création d’un label de qualité
pour la formation langues (72%)
COMMENT LES RESPONSABLES DE FORMATION VOIENT-ILS LES PRESTATAIRES ?
54% des RF trouvent que l’offre est trop pléthorique, 39% ne sont pas d’accord
La capacité à proposer des formateurs de qualité, à personnaliser les prestations, à être
disponible et réactif, à déployer un suivi et une logistique efficaces est bien plus importante
que l’ingénierie pédagogique, l’innovation ou la réputation.
Ce que les RF aiment chez les prestataires
1) La qualité des formateurs : elle est liée à un faible turnover des formateurs dans
l’organisme, à leur expérience, et à leurs qualités professionnelles.
2) La proximité et la capacité à s’adapter au client, à être partenaire
Ce que les RF aiment moins
1)
2)
3)
4)
Les organismes qui prétendent savoir tout faire
Le manque de stabilité des formateurs
Le manque de rigueur administrative et logistique
Les surenchères à la baisse sur les prix
SYNTHESE : LES PRINCIPALES ATTENTES DES RF :
1) Formateurs : proposer des formateurs de métier, stables, motivés et capables de
s’adapter aux besoins professionnels spécifiques des stagiaires.
2) Produit : être capable de créer et de délivrer des formations sur mesure, centrés sur
les métiers de l’entreprise, en assurant un contrôle, un suivi et une qualité
irréprochables.
3) Partenariat : être disponible, à l’écoute de leurs besoins, réactif, entretenir une
relation de proximité et faire preuve de flexibilité.
18
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
4) Gestion administrative : offrir une organisation administrative, un reporting et une
logistique irréprochables, en simplifiant au maximum la tâche du responsable de
formation
5) Intégrité : respecter les objectifs fixés, proposer uniquement des prestations qu’on
maîtrise : dire ce qu’on fait, faire ce qu’on dit. Ne pas avoir peur de dire ce que l’on ne
sait pas faire.
6) Garanties : offrir des garanties en termes de qualité (labellisation) et avoir une taille
suffisante pour assurer la pérennité du service et la couverture géographique requise
par l’entreprise (mono site/multisite)
7) Coût : offrir le meilleur rapport qualité/prix possible.
LES RESPONSABLES DE FORMATION ET LES ACHETEURS VUS PAR LES PRESTATAIRES
70% des prestataires pensent que les responsables de formation comprennent généralement
bien les moyens et les conditions requises pour assurer une formation langues de qualité
76% des prestataires pensent que les acheteurs ne comprennent pas bien les moyens
et les conditions requises pour assurer une formation langues de qualité
QUELQUES COMMENTAIRES D’ORGANISMES
« Les entreprises cherchent de plus en plus à obtenir un maximum de prestations pour un prix minimum.
Elles sont de plus en plus exigeantes, il y a une véritable rupture entre leurs attentes et le niveau
d'investissement financier qu’elles sont prêtes à consentir. » Thierry Pelletier, GRETA
« Les acheteurs s'éduquent. Ils continuent à faire pression sur les prix, mais ils reconnaissent mieux la
qualité, surtout des formations spécialisés, type interculturel. » OFL régional
« Il y a beaucoup de mouvement chez les RF – dans certaines entreprises on a du travailler avec 7
responsables en 15 ans. Mais le profil ne change pas beaucoup. Les RF que nous avons en face ont un
souci de qualité, de développement de la personne. Il y a une pression de rentabilité terrible et une
pression des achats. On a des gens en face qui sont des professionnels. Parfois très jeunes, mais avec la
volonté de bien faire leur travail, d’utiliser leur budget de façon aussi efficace que possible, pour le
développement de chaque personne, un souci individuel. » Barbara Curtin, Quai d’Orsay Language
Center
CHAPITRE 4 : COMMENT LES RESPONSABLES DE FORMATION VOIENT-ILS L’AVENIR ?
2008 a été une année de croissance pour les budgets de formation (40% ont eu un budget en
augmentation, 44% un budget stable, 12% en baisse)
51% estiment qu’il y aura un impact mesuré de la crise sur leurs budgets, 40% pensent qu’elle
aura peu ou pas d’impact sur leur budget (réponses entre juillet et décembre 2008)
La grande majorité des RF ne souhaite pas réduire encore le nombre de prestataires (67%),
La majorité des RF ne projettent pas d’externaliser davantage la gestion de la formation (59%),
26% l’envisagent toutefois.
Les formations à distance et l’individualisation sont les deux tendances porteuses (35% et 30%)
Les formations langues spécialisées (22%), les cours par téléphone (21%), le e-learning
/blended learning (19%) et les ateliers spécialisées (18%) sont les modalités qui se
développeront le plus.
L’IMPACT DE LA CRISE
En France, la réforme occupe les esprits. Jusqu’en février 2009, des professionnels sont
inquiets, mais relativement optimistes. Baisse de 11% des budgets de formation aux USA en
2008.
19
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
Décembre 2008 - 1ere alerte : Telelangue constate une baisse de 24% de ses commandes au 4ème
trimestre
Février 2009 – la crise éclate : réductions de 20 à 30 % des budgets au niveau national
La Formation à distance et le e-learning à contre-courant, continuent de progresser
La recherche de solutions « low cost » et simples à mettre en œuvre se développe
POINT DE VUE : L’HISTOIRE VA-T-ELLE SE REPETER ?
Va-t-on de nouveau observer certaines entreprises se tourner vers des solutions « low cost », destinées à
concilier une réduction immédiate de budget avec un saupoudrage de formation pour le plus grand
nombre, afin de préserver la motivation des salariés en période d’incertitude, comme en 2002 ? Verra-ton une nouvelle fois, une ou deux années plus tard, un retour de balancier vers le présentiel, avec une
désaffection renouvelée des salariés pour les solutions « blended » technologiques ?
On peut le craindre dans certain cas, même si les solutions e-learning et à distance actuelles sont
beaucoup plus au point qu’elles ne l’étaient en 2002 et que nombre de responsables de formation et
d’acheteurs aujourd’hui ont intégré la notion du coût exorbitant de la non-qualité.
Une nouvelle période de crise, avec des pressions renouvelées sur les tarifs du face à face et donc sur la
rémunération des formateurs (la masse salariale représente aujourd’hui en moyenne de 60% à 70% du
chiffre d’affaires des organismes spécialisés dans le face-à-face), risque de sonner le glas de certains
organismes déjà fragilisés lors des crises précédentes. Pourtant, ce sont souvent ces organismes-là que les
RF préfèrent.
Aujourd’hui Il est possible de concilier réduction budgétaire et qualité, peu importe la modalité choisie.
Les solutions à distance ou en e-learning de qualité existent, peuvent être combinées judicieusement avec
le présentiel pour créer des parcours blended à la fois cohérents, structurés et qualitatifs, tout en
réduisant les coûts globaux.
Dans tous les cas, comme les acteurs du marché ont pu le constater au cours de la période de la
première génération du e-learning, l’expérience montre que mieux vaut réduire le nombre
d’apprenants ou renoncer temporairement à la formation que de mettre en place une formation à
moindre coût, sans réflexion sur les besoins, les finalités et la cohérence des programmes, qui ne
fait que démotiver les apprenants, discréditer ses acteurs, faire fuir les talents et maintenir le marché
dans un cycle sans fin de non-qualité.
20
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
CONCLUSIONS
LES 3 LEVIERS QUI ONT FAÇONNE LE MARCHE DE LA FORMATION LANGUES
! LA MONDIALISATION
! L’EVOLUTION DES TECHNOLOGIES
! LES INTERVENTIONS DE L’ETAT
Pour mieux comprendre ce qui s’est passé au cours de ces 30 années, un bref retour en arrière
s’impose
Le marché français a connu, selon nous, 5 grandes étapes (la sixième est en cours):
1. 1971 - Création et essor du marché. loi Delors : financement de la formation par les
entreprises. La formation langues explose, tirée par l’internationalisation. Les écoles se
multiplient, les anglophones affluent en France.
2. 1985 à 1997 – Investissements technologiques. Ouverture du marché Européen,
foisonnement des technologies multimédia et des centres de ressources, développement
de l’autoformation. Création des OPCA, « moralisation » du marché.
3. 1998 à 2001 - Rationalisation et industrialisation. Fin du monopole France Telecom.
Appels d’offres nationaux, globalisation des besoins dans les grandes entreprises,
émergence des ensembliers parisiens, essor de l’Internet, le e-learning suscite espoirs et
craintes
4. 2001 à 2005 – Les années de crise. Réduction des coûts, fragilisation des organismes.
Emergence de l’offshore, flop du e-learning 1.0, le haut débit se généralise. DIF.
5. 2006 à 2008 – Convergence et diversification. Le DIF s’envole. Convergence des
technologies, internationalisation de la formation à distance, le blended learning
s’impose. Les grandes entreprises mondialisent leurs dispositifs. Emergence des
nouveaux entrepreneurs, professionnalisation, foisonnement des réseaux. Le
recrutement de formateurs devient plus problématique.
6. 2009 ? La crise, la réforme, la formation à distance, le blended, le web 2.0, la
diversification des acteurs, la certification qualité, la concentration du marché, les
réseaux sociaux, l’avenir du face à face, les formateurs de demain
REPONSES
Au début de cette enquête, nous avons interrogé les acteurs du marché pour identifier les questions
qu’ils se posaient et les réponses qu’ils recherchaient. Nous avons ensuite tenté, à travers les
recherches menées par l’équipe, de trouver des réponses claires à ces questions.
Plutôt que de donner ici une synthèse de nos conclusions, c’est à dire une vision linéaire d’une réalité
mouvante, multidimensionnelle et souvent paradoxale, nous avons préféré reprendre la liste des
questions et répondre aussi clairement que possible à celles qui nous paraissent les plus importantes,
à partir des éléments que nous avons pu recueillir au cours de l’enquête.
Lorsque cela ne représenterait qu’une répétition d’éléments déjà détaillés dans le rapport, nous
renvoyions le lecteur au chapitre concerné.
21
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
1) CARACTERISTIQUES DU MARCHE ET EVOLUTION RECENTE
Quelles sont les principales caractéristiques du marché de la
formation professionnelle langues aujourd’hui ?
(Voir section 2 chapitre 1 : Analyse de l’Offre).
C’est un marché très dynamique, en avance sur la plupart des
autres pays grâce à l’investissement public et au goût des français
pour les technologies. Il est majoritairement constitué de PME et
l’activité est atomisée et difficile à cerner. On peut évaluer le chiffre
d’affaires à entre 375 et 400 M€. 10 à 20% de l’activité concerne la
formation à distance. Quelques grand réseaux dominent, dont les
plus grands relèvent du secteur public et parapublic (Greta et CCI)
avec 26% du marché. Plus de 40% du chiffre d’affaires se fait en Ile de France.
Les organismes travaillent de plus en plus en réseau : sous la pression des grandes entreprises,
qui centralisent leurs dispositifs et pour pouvoir intégrer la part croissante des technologies
dans l’activité.
On peut dénombrer 5 segments :
1) les 6 grands réseaux, captant 42% de l’activité (Wall Street Institute, CEL/CCI, Greta,
Inlingua, Berlitz et Telelangue),
2) les réseaux en formation, comprenant d’une part les grands « ensembliers » parisiens,
spécialisés dans le pilotage de dispositifs multisite depuis 10 ans et de l’autre trois
nouveaux réseaux en formation, dont un est constitué de 25 organismes régionaux
indépendants (Canspeak) et les 2 autres appartiennent à des entrepreneurs spécialistes
de gestion (ETC et Linguaphone).
3) Les réseaux régionaux
4) Les organismes régionaux indépendants (1 à 2,5 M€)
5) Les organismes locaux ou locaux régionaux, avec moins de 1 M€ de chiffre d’affaires (une
taille critique)
Le marché est à première vue stable (les plus grands organismes sont les plus anciens), mais
depuis 10 ans, de nouveaux acteurs à croissance très rapide sont entrés et commencent à
bousculer les majors : les formateurs à distance, les franchisés de Wall Street Institute, les
nouveaux entrepreneurs. Les acteurs de la formation à distance, parmi lesquels il faut
aujourd’hui inclure Telelangue, les spécialistes des cours par téléphone et les éditeurs de elearning, s’internationalisent et diversifient leur activité, concurrençant de plus en plus le
présentiel grâce au développement du haut débit et au recours aux formateurs, localisés dans
des pays où les coûts salariaux sont beaucoup moins élevés qu’en France.
La mondialisation de la formation commence à mettre en cause les frontières géographiques,
les logiques territoriales, le dimensionnement des organismes, les problématiques de
management et les modalités pédagogiques de l’activité de formation langues.
Après la crise en 2002, dont les effets se sont fait sentir jusqu’en 2005, le marché a connu une
période de croissance forte, soutenue par la montée du DIF, qui a duré jusqu’au 4ème trimestre
2008, mais les organismes traditionnels restent financièrement fragiles, avec des marges
faibles, car les prix n’ont pas suivi l’inflation. Les meilleurs formateurs se tournent vers d’autres
professions, car les salaires moyens ont suivi la courbe des prix.
La concentration est-elle en marche ?
Le nombre d’organismes ne semble pas diminuer, au contraire. Cependant, les organismes les
plus grands et les spécialistes de la formation à distance gagnent des parts de marché. Et les
organismes travaillent de plus en plus en partenariat ou rejoignent des réseaux. 68% de l’activité
se réalise aujourd’hui dans le cadre de réseaux. C’est l’activité qui se concentre, pas le nombre
22
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
d’organismes. La tendance est à une concentration vers le haut et à un émiettement vers le
bas.
L’activité se professionnalise et s’industrialise – Il faut de réelles compétences en gestion
aujourd’hui, et une capacité d’investissement, pour exister sur le marché. Il sera donc de plus en
plus difficile, non pas de créer un organisme, mais d’atteindre une taille suffisante pour exister
sur le marché et avoir accès aux appels d’offres.
Y a-t-il une taille critique pour un organisme de formation?
Il y a certainement une taille critique à 1, 1,5 millions d’euros, 15 à 20
employés et une deuxième à 2,5, 3 millions d’euros, plus de 50 employés..
Mais cela ne concerne que des organismes de formation langues
« classiques », déployant une activité de face-à-face pédagogique. Le
rapport entre l’effectif d’un organisme et son CA est de moins en moins
pertinent et la notion même de taille critique va devenir un peu abstraite.
Est-ce vrai que les prix ont baissé ?
Non. Les prix aujourd’hui sont les mêmes qu’il y a 8 ans, en moyenne. Mais ils ont baissé en
valeur réelle, entre 15 et 20%, selon nos estimations (voir analyse en section 1, chapitre 3)
2) LA CONCURRENCE ET LA MONDIALISATION
Assiste-t-on aujourd’hui à l’émergence d’un marché mondial de la formation langues ?
Il existe de très grands réseaux internationaux de formation langues depuis
bien longtemps. Ce qui est nouveau c’est l’essor de sociétés de formation
langues à distance. Les notions de territorialité, les frontières, les
spécificités des marchés locaux, perdent leur sens. Par définition, ces
sociétés-là ont un périmètre d’activité mondial (voir section 3 – La
Formation à Distance)
Il y a deux types d’acteurs sur le marché mondial de la formation à distance, en croissance très
rapide en France comme à l’international depuis 2000 :
! les éditeurs de e-learning : Englishtown, Auralog, Digital Publishing, GlobalEnglish, etc.,
Aujourd’hui, ils enrichissent leur offre avec du présentiel à distance (classes virtuelles, coaching
personnalisé par webcam, etc.) Ils ont réintégré le formateur.
! les sociétés d’enseignement par téléphone « offshore » : Telelangue, GoFluent - toutes
françaises, avec des formateurs délocalisés. Aujourd’hui, elles proposent du blended learning,
des classes virtuelles et créent leurs propres contenus e-learning.
La formation à distance gagne-t-elle des parts de marché ?
Oui, sans aucun doute. La croissance de Telelangue, de goFluent, de Proformation, d’Ecsplicite,
est très largement supérieure à celle du marché (voir section 3 – La Formation à Distance)
Les nouveaux concurrents menacent-ils les organismes traditionnels ?
Avec le blended learning qu’ils proposent aujourd’hui, on voit mal ce qui
les empêcherait de concurrencer ces organismes. En passant en direct, ils
obtiennent de meilleurs prix qu’en partenariat, utilisent leurs propres
plates-formes, font valoir leur marque. Les grandes sociétés recherchent
aujourd’hui des systèmes intégrés à distance à l’échelle mondiale. Les
spécialistes du secteur pensent qu’à terme, la FOAD représentera au
moins un tiers du marché (10% aujourd’hui) Les stagiaires sont de plus en
plus à l’aise avec ces outils, les pouvoirs publics le favorisent, des entreprises y trouvent leur
compte. La crise accentue la tendance.
Les organismes traditionnels seront menacés s’ils ne proposent pas du blended ou s’ils ne se
spécialisent pas dans le présentiel « à forte valeur ajoutée » En revanche, si les formateurs à
23
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
distance privilégient la croissance tous azimuts, négligent la qualité et les besoins spécifiques
des entreprises (formations métiers), il y aura un retour du présentiel. Ce ne sera pas la
première fois.
A terme, la sous-traitance se fera peut-être en sens inverse : les organismes de formation
deviendront les sous-traitants des formateurs à distance.
3) E-LEARNING ET BLENDED LEARNING
Comment évolue le e-learning – est-il en recul ou en progression ?
Il est actuellement en progression rapide. Auralog : +20%, 7speaking +68%, digital publishing
+21%, etc. Les éditeurs comme Englishtown ou GlobalEnglish annoncent des chiffres similaires.
Comment marche le blended learning?
C’est à la fois, lorsque c’est bien fait, l’approche pédagogique la plus complète, et celle qui doit
permettre d’assurer une rémunération à sa juste valeur de la formation en
face à face, en l’intégrant dans un prix global horaire compétitif..
Mais le blended learning demande une ingénierie de haut niveau, des
enseignants motivés et compétents, une organisation sophistiquée et des
outils perfectionnés (voir à ce sujet la section 3 – point de vue sur le Blended Learning)
La 2ème génération de l’e-learning est-elle en train d’arriver ?
Les annonces révolutionnaires se sont souvent soldées par des échecs cuisants (voir section 3)
Mais il est vrai qu’une « révolution » est en marche dans le e-learning. On a essayé l’interface
homme-machine : elle a donné de piètres résultats. Aujourd’hui la machine sert d’interface de
communication entre les hommes. C’est beaucoup plus motivant pour les apprenants.
4) LES PRODUITS ET LES RESSOURCES PEDAGOGIQUES
Quels sont les produits qui ont le vent en poupe ?
à
Les ressources pédagogiques destinées aux formateurs de face
face : les méthodes modulaires, les méthodes spécialisées par
métier, les « e-tools », les tableaux blancs interactifs, les
sites « sociaux » (Moodle, Facebook, etc..)
Où sont passés les éditeurs traditionnels comme Cambridge, Oxford, Pearson ?
Partis en voyage en Asie, mais aujourd’hui, ils sont de retour. (Voir section 4 )
5) LA DEMANDE Quel est l’état d’esprit des acheteurs et des responsables de formation
aujourd’hui ? Quels sont les critères qu’ils privilégient pour choisir leurs
fournisseurs ? (voir section 5, chapitre 3)
Beaucoup sont un peu désorientés par la complexité et la richesse de
l’offre. La formation linguistique n’est pas la priorité numéro 1, en
général. Ils veulent qu’on leur simplifie la tâche (logistique et suivi)
Dans l’ensemble, ils recherchent des solutions blended, des formateurs
compétents et stables, centrés sur les besoins professionnels, des prestataires de proximité
réactifs, bien organisés, qui comprennent l’environnement de l’entreprise, qui font ce qu’ils
disent et disent ce qu’ils font. Mais un critère essentiel reste le prix.
Avec la crise, la formation à distance et le e-learning sont favorisés.
Les très grandes entreprises internationales recherchent aujourd’hui des prestataires à
distance capables de déployer leurs systèmes au niveau mondial. Les produits doivent être
attractifs et surtout simples à mettre en place et à suivre.
24
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
6) LA SITUATION DES FORMATEURS
Quelle est la situation des formateurs linguistiques aujourd’hui ? Leurs salaires ont-ils baissé ?
Leurs conditions de travail se dégradent-elles ? En trouvera-t-on demain ?
Les salaires ont, dans l’ensemble, suivi la courbe des prix. Depuis 8 ans, le salaire moyen a baissé
de 15%, surtout pour les catégories les plus qualifiées. Les formateurs doivent se déplacer plus
souvent, sont souvent plus isolés. Ils manquent de formation et d’équipements. C’est
particulièrement difficile pour les formateurs des autres langues, qui doivent jongler entre
contrats, déplacements incessants, précarité.
Les meilleurs éléments ont tendance aujourd’hui à se tourner vers d’autres professions. Les
organismes ont du mal à trouver des formateurs compétents. Le métier risque de devenir un
« MacJob » de plus. C’est le contraire de ce que souhaitent les responsables de formation. Mais
la pression sur le prix du présentiel alimente la tendance.
A moyen terme et si les opérateurs de formation à distance sont capables d’offrir des
formations spécialisées de qualité, une partie substantielle des emplois se délocalisera vers les
pays « offshore »
Il restera néanmoins une place importante pour la formation face à face de proximité. Mais,
seulement pour les meilleurs, les plus spécialisés.
6) LA QUALITE
Assiste-t-on à une professionnalisation du marché ou à une « bureaucratisation » ?
La complexité réglementaire imposée par les pouvoirs publics et par
les 99 OPCA détourne une grande partie des ressources qui devraient
être consacrées à la prestation elle-même vers des tâches qui n’ont
qu’une valeur ajoutée marginale. Toutes les enquêtes confirment que
les DRH et les dirigeants des PME attendent une simplification et une
harmonisation des règles régissant la gestion de la formation. C’est
également le souci numéro 2 des dirigeants des organismes de
formation, après les marges. C’est aussi ce qui motive les tentatives
d’externalisation, largement absentes dans les autres pays européens,
où les règles sont plus simples.
C’est vrai aussi pour les appels d’offres, les procédures de reporting et les normes de qualité
des entreprises.
Mais c’est vrai que la formation linguistique est hors normes et que pour les clients, ça peut
parfois s’apparenter à un maquis. Il y a effectivement une professionnalisation du métier en
cours, à plusieurs niveaux :
Prestation : le blended learning, qui demande une ingénierie de haut niveau, un vrai travail
d ‘équipe et de gestion de projet, des financements, est loin d’être à la portée d’un organisme
travaillant seul. Pour pouvoir faire du vrai blended à l’échelle industrielle, il faut soit avoir une
surface importante, soit faire partie d’un réseau. Pour la formation à distance, il faut des
développeurs et des capitaux. Il faut des ressources de plus en plus professionnelles.
De même, il y a une nécessité de développer des outils de référence (tests, référentiels de
compétence) plus objectifs et surtout, communs et partagés.
Gestion : les clients et les OPCA demandent davantage aujourd’hui des procédures de
suivi et de reporting simples et sophistiquées à la fois, accessibles en temps réel (c’est à
dire sur l’Internet), une logistique impeccable, une réactivité administrative de tous les
instants. L’industrialisation de la formation est en cours et c’est d’abord au niveau du
« back office » que les organismes se professionnalisent. Selon Eric Castelain, du groupe
ETC :
25
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
« une société industrielle gagne en vendant davantage du service. Une société de service en
revanche gagne en industrialisant ses process. Ce que nous visons c’est l’industrialisation
individualisée »
Même son de cloche de la part de Philippe Joffre, de Langues et Entreprises :
« Nous parlons beaucoup chez Langues & Entreprises « d’industrialisation de l’individualisation »,
nous pensons que c’est un enjeu essentiel pour répondre aux besoins des grandes entreprises tout
en trouvant les conditions d’une rentabilité nouvelle. »
Ce qu’un autre prestataire traduit par :
« l’important n’est pas que la soupe soit bonne, mais qu’elle soit chaude et servie à l’heure »
Effectivement, l’enjeu principal entre professionnalisation et bureaucratisation est bien là :
jusqu’à quel point la forme va-t-elle primer sur le contenu ?
Le point clivant sera la priorité que les donneurs d’ordre accorderont à l’efficacité
opérationnelle des formations qu’ils achèteront. A ce niveau-là, il y a des demandes
différentes.
Il y aura donc de la place sur le marché à la fois pour les gestionnaires qui se spécialiseront dans
le service de marque à échelle industrielle, bien administré et de qualité raisonnable et une
autre pour les spécialistes du présentiel de proximité, qui se concentreront sur la qualité, la
spécialisation et la personnalisation du service. Il sera difficile de faire les deux à la fois. Et sans
doute impossible de continuer à servir des prestations de qualité moyenne administrées en
bricolant..
La labellisation qualité des organismes va-t-elle devenir obligatoire ?
Il
est très probable que cette labellisation sera de plus en plus
nécessaire pour participer à des appels d’offres. Tout y concourt : les
pouvoirs publics et les OPCA le souhaitent, 73% des responsables de
formation pensent que c’est nécessaire, les organismes eux-mêmes la
demandent. Aujourd’hui pourtant, seuls 20% des organismes de
formation langues sont labellisés, sous une forme ou autre. Et dans
certains cas, les donneurs d’ordre eux-mêmes ont une attitude plus
qu’ambivalente envers la certification qualité. Selon Philippe Marec :
« Il y a aussi un certain nombre de grands clients qui écrasent les prix en abusant de la faiblesse et de la
petite taille des organismes de formation. L’un d’entre eux m’a dit textuellement « nous aimons savoir
quels organismes sont qualifiés ou certifiés de façon à les éviter car ils sont chers » Je ne l’invente pas»
Par ailleurs, la labellisation qualité n’est pas une question simple.
Qui peut aujourd’hui certifier la qualité d’un programme d’e-learning ? Quelles normes
appliquer à une société de formation à distance ? Qui est capable de juger si un programme
« blended » répond aux normes – et à quelles normes précisément ?
Puis la certification qualité de sociétés de service peut être une procédure longue, lourde et très
coûteuse, inabordable pour une petite société, même si elle fournit un service irréprochable.
Néanmoins, les organismes non certifiées devraient anticiper cette tendance.
L’individualisation tant vantée est-elle en train d’être vidée de son sens par l’industrialisation
des dispositifs ?
L’individualisation répond à trois besoins : la nécessité qu’a l’individu moderne de fonctionner
de manière autonome dans un environnement en perpétuel flux, la nécessité pour un apprenant
de s’approprier les moyens de son apprentissage et le besoin pour les entreprises de mettre en
place des modalités de formation individualisées, tout en limitant les coûts.
L’industrialisation de la formation est à première vue incompatible avec les deux premières
définitions de l’individualisation. La centralisation des services de formation dans les très
26
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
grandes entreprises débouche souvent sur la création de catalogues de formation standardisés,
avec des modules individuels « granularisés » de 20, 10 ou même 5 heures, strictement
encadrés. L’apprenant est réduit à un rôle de consommateur, avec des choix limités. Il n’est plus
acteur de son parcours.
L’enjeu de « l’industrialisation individualisée » ou « l’individualisation industrialisée » est bien là.
Selon Bernadette Favre, d’Alcatel-Lucent Enterprises, (voir son entretien en section 5) :
« En fait l’enjeu c’est de pouvoir combiner l’individualisation avec la globalisation des besoins »
Si l’industrialisation est poussée trop loin, l’individualisation n’a plus de sens. Il faut donc trouver
des compromis entre ces concepts opposés, en fonction des besoins réels des apprenants et des
ressources disponibles. Il vaut mieux, à notre sens, former un nombre limité d’apprenants bien
que de tenter de former tout le monde au moindre coût, en systématisant le saupoudrage.
7) L’EUROPE
La France fait-elle cavalier seul en Europe ? Voit-on les mêmes tendances chez nos
partenaires ?
Cette question sera abordée dans une section complémentaire qui sera
publiée ultérieurement en annexe de l’étude. Mais la réponse est claire : oui,
la France fait cavalier seul en Europe, mais certaines tendances sont visibles
aussi chez nos partenaires européens.
8) LA REFORME
Quel va être l’impact de la réforme en cours sur le marché des langues ? Les organismes de
formation publics et parapublics vont-ils concurrencer de plus en plus les organismes privés ?
Cette question est traitée dans la section 1 – La Formation Professionnelle. Les principales
conclusions sont :
Si elle reflète les orientations actuelles de l’ANI, la réforme ne créera pas un environnement
très favorable pour le marché de la formation langues « traditionnel » dans les prochaines
années. Les formations transversales ou générales comme l’apprentissage des langues risquent
de voir leur part décroître. L’intervention croissante des pouvoirs publics va augmenter la
pression sur l’offre (garanties de résultat, certifications, procédures, standardisation et prix) La
collaboration croissante entre pouvoirs publics, OPCA et OF publics et parapublics (Greta, CEL,
Afpa, etc.) dans le cadre de la régionalisation, pourrait avantager ces organismes. Les OPCA
interviendront de plus en plus en amont dans la structuration de l’offre et deviendront
incontournables. Enfin, si les dispositions concernant le e-learning et la formation à distance se
confirmaient, les entreprises seront probablement tentées d’y avoir recours plus souvent.
A moyen terme, La réforme contribuera très probablement à accélérer la concentration de
l’activité en cours, en obligeant les prestataires à se professionnaliser, à se soumettre à des
procédures contraignantes, à industrialiser leur procès et à inclure une part de plus en plus
importante de formation à distance et d’e-learning dans leur offre.
9) LES PERSPECTIVES A COURT TERME ET A MOYEN TERME
Combien d’organismes de FPL resteront en course demain ?
Faire des prévisions est un exercice périlleux, car on oublie trop souvent une
loi fondamentale: le principe d’action réaction (boucles de rétroaction). C’est
pourquoi nous avons apprécié la réponse d’Antoine Faure, d’Inlingua, à cette
question : «…alors là, je n’en sais rien. A chaque jour suffit sa peine. On vit au jour
le jour, on est content quand le soleil se lève et que nous sommes toujours en vie »
27
Copyright Linguaid Consultancy Ltd 2012. Tous droits réservés. Co-auteurs Andrew Wickham et Joss Frimond. Reproduction interdite
La concentration du marché est déjà en cours. La concurrence de plus en plus vive des
formateurs à distance va aiguiser la compétition et les grands organismes vont sans doute être
poussés à acquérir de nouvelles parts de marché en région.
La crise accentuera en toute probabilité la tendance. Certains de ces organismes fragilisés
chercheront des acquéreurs, d’autres attendront de devenir exsangues avant d’agir. On peut
sans doute s’attendre aux premiers signes de regroupement à partir de l’été 2009. Les
défaillances de certaines entreprises profiteront à d’autres, en ouvrant des parts de marché.
Toutefois, l’effet du DIF, atténuera quelque peu la brutalité de la crise.
La réforme de la formation, qui commencera à produire ses premiers effets à partir de 2010, ne
peut qu’accentuer encore la tendance au regroupement des organismes.
A moyen terme la part de face à face globale diminuera inévitablement, si les formateurs à
distance sont capables de fournir un service professionnel.
Il est donc hautement probable que les organismes de formation en dessous d’une certaine
taille (1 million d’euros à Paris, 500 k€ en province), non liés à des réseaux, auront du mal à se
maintenir dans les années qui viennent, à moins d’être spécialisés dans des marchés de niche.
il y a environ 150 organismes aujourd’hui qui dépassent 500 k€ de chiffre d’affaires. On peut
donc prévoir qu’il n’y aura plus qu’une centaine dans les trois à cinq ans qui viennent.
Un enjeu décisif à moyen terme est : quelle sera l’action des CEL face au marché, une fois la
restructuration en cours achevée ? Avec un réseau potentiellement aussi puissant (20% de part
de marché FPL, > 75 M€), qui sera de plus en plus dans une logique de marché privé, deux
scénarios sont possibles : l’émergence d’un super-organisme de formation à tendance
dominante sur le marché français ou au contraire la dispersion : les logiques centrifuges
régionales, locales priment, avec l’élimination des centres les moins compétitifs.
Dans le premier scénario : comment se positionnera un tel super-organisme face aux grandes
entreprises qui centralisent leurs systèmes de formation au niveau mondial? Aura-t-il recours à
la formation à distance « offshore » ? Quelle sera l’attitude des pouvoirs publics et consulaires ?
Les organismes de formation privés seront-ils à même de résister face à un tel concurrent ou ce
phénomène provoquera-t-il une concentration accélérée du marché ?
Dans le second cas, qui nous semble le plus vraisemblable, certains CEL vont-ils se regrouper
avec des organismes de formation privés généralistes ou spécialisées dans les langues ? La
réponse à cette questions sera déterminante pour l’avenir du marché de la formation langues
en France.
28

Documents pareils

le marche de la formation langues a l`heure de la

le marche de la formation langues a l`heure de la DES RESISTANCES A LA CENTRALISATION Malgré l’application de plus en plus fréquente par les sièges parisiens des grandes entreprises d’une politique nationale de référencement et d’achats concernant...

Plus en détail