concis - Brugge Plus

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concis - Brugge Plus
concis
concis
TA B L E D E S M AT I È R E S
(Encore) plus est en vous...
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Nothing Really Ends!
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Programme
Introduction: Accents
Expositions
Art contemporain
Architecture et monuments
Musique
Arts du spectacle
Film et médias
Quartiers et monde
Littérature et débat
Enfants et jeunesse
Événements
Publications
Co m m u n i c a t i o n
Introduction: Le défi...
La politique de communication: ses origines multiples...
De la stratégie de communication à l’action
Action!
Fonctionnement de la presse: une mission prioritaire
La promotion nationale: une histoire cohérente
Promotion étrangère: un récit à part
Le réseau public
BRUGGE 2002, une opportunité pour le tourisme (résident)
Les partenaires
Administration, organisation et budget
Introduction
Vue d’ensemble du budget global
Coûts
Recettes
Administration et organisation interne
Etude d’impact BRUGGE 2002 – Résumé et conclusions
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(ENCORE)
PLUS EST EN
VOUS...
Mesdames et messieurs,
Ces visiteurs ont dépensé au total 42 millions d’euros en hôtels, restaurants, attractions, achats dans les magasins, soit une hausse de 25%. Si nous comparons ce résultat à quelques-uns des budgets dépensés, nous pouvons tirer les conclusions suivantes. Compte tenu du budget global de BRUGGE 2002 (+/- 4 27 000 000), nous constatons qu’un investissement de 1 euro a généré un résultat économique direct de
1,5 euro. Par rapport au budget communication de BRUGGE 2002 vzw (+/- 4 6 000 000),
nous voyons qu’un investissement en communication de 1 euro a généré un résultat
économique direct de 7 euros. Enfin, comparé aux fonds débloqués par la municipalité de Bruges (4 2 500 000) pour BRUGGE 2002, un investissement de 1 euro correspond à un résultat économique direct de 16,5 euros.
© JAN DARTHET
Sur le plan économique également, nous ne pouvions pas rêver meilleur projet.
Principalement le secteur devant vivre du tourisme de la façon la plus directe dans
cette ville a enregistré de bons résultats en 2002. Des projets culturels antérieurs
dans d’autres villes nous apprennent en outre que cet effet persiste encore quelques
années. Notre ville a donc de belles perspectives en vue!
Le projet BRUGGE 2002 a rapporté un chiffre d’affaires de
4 27 167 034,02. Ce chiffre est
couvert par, entre autres,
4 15 576 593,93 de subventions, 4 6 414 800,34 de fonds
de sponsors et 4 4 238 351,75
de revenus provenant du public (billets, merchandising…).
Lorsque l’on sait que la contribution de la municipalité de
Bruges s’élevait à 4 2 500 000,
on constate qu’un montant
d’environ 4 25 000 000 de
fonds non brugeois a été
investi dans le projet BRUGGE
2002, c’est-à-dire dans la culAutour de la marge
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La culture et les chiffres: deux notions qui, à première vue, se contredisent. Ce tome
de la boîte à souvenirs prouve le contraire. Tout ce qui était à l’ordre du jour avant et
pendant l’année est commenté dans cette partie, ici en détail, là en résumé. Ce tome
vous permet de flâner à travers l’année culturelle en notre compagnie, mais aussi de
confronter vos propres critiques aux impressions que nos collaborateurs ont gardées
de cette année. BRUGGE 2002 a sans conteste marqué un tournant pour Bruges. Une
année dont nous pouvons nous souvenir avec satisfaction et fierté. Je vous donne en
guise d’introduction d’ores et déjà quelques résultats marquants. La culture est subjective et certains programmes vous auront sans doute davantage plu que d’autres.
Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Mais vous ne pouvez nier que les 156
projets, qui ont engendré 1 227 activités différentes, vous ont fait vivre une année
unique. Vous n’étiez d’ailleurs pas tout seul, comme vous avez pu le constater!
Quelque 1 590 629 personnes ont visité une ou plusieurs des activités de BRUGGE
2002. Vous faisiez partie des 9% de Belges qui ont participé à BRUGGE 2002. Oui,
vous avez bien lu: à peu près 1 Belge sur 10 est venu à BRUGGE 2002.
A l’occasion de BRUGGE 2002, 120 000 touristes et 700 000 visiteurs d’un jour se sont
rendus à Bruges. Les hôtels ont accru leur occupation de 10,3% et ce, au cours d’une
année considérée comme année de crise par d’autres villes.
Jürg Conzett - passerelle sur la Coupure
© MUZEUL NATIONAL DE ARTA AL ROMÂNIEI, BUCAREST
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ture à Bruges. Avec l’investissement
des partenaires culturels dans le programme, dans les travaux de restauration et dans la construction du
Concertgebouw, nous estimons l’investissement total à l’occasion de l’année culturelle à 4 109 519 398,60. Le
budget de BRUGGE 2002 a tout à fait
été respecté. Nous sommes même
parvenus à faire grimper le chiffre
d’affaires initialement visé – en 1999 –
de 4 19 831 481,98 (800 000 000 BEF)
à 4 27 167 034,02 (1 095 915 436 BEF).
Ce tome présente encore d’autres
chiffres positifs, exposés en détail. Ils
sont le résultat de notre propre travail
de recherche et de l’étude d’impact
réalisée par le bureau d’études WES
pour le compte de la municipalité de
Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud
Bruges, l’Office du Tourisme de Flandre
et BRUGGE 2002. Merci aux nombreuses personnes qui ont collaboré au projet
BRUGGE 2002 d’avoir bien voulu mettre de l’ordre dans ces résultats.
Des chiffres positifs donc, qui enjolivent notre vision d’avenir. BRUGGE 2002 a
enthousiasmé la population belge et attiré les visiteurs motivés. Le projet était bénéfique pour la société et a des retombées positives sur l’économie de la ville. La culture est importante pour Bruges, et mieux encore, Bruges peut aujourd’hui être importante pour la culture. Nous continuerons donc sur la même voie et ce, conjointement
avec notre coordinateur de la gestion culturelle, nos nombreux partenaires culturels
et une nouvelle asbl, Brugge Plus. L’asbl Brugge Plus continuera à donner forme à la
gestion des événements culturels de notre ville. ‘Plus est en vous’, la devise qui se
cache derrière BRUGGE 2002, revêt ainsi un nouveau sens. Nous attendons d’ores et
déjà impatiemment l’année 2005, une nouvelle halte sur la voie culturelle ouverte par
BRUGGE 2002.
Patrick MOENAERT
Bourgmestre de Bruges
Président de l’asbl BRUGGE 2002
NOTHING
REALLY ENDS!
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Cette partie du rapport final se penchera plus en détail sur les résultats de BRUGGE 2002,
Capitale culturelle de l’Europe. Nous disséquerons le programme, passerons la communication en revue et nous attarderons sur l’aspect budgétaire du projet. Un point final sera mis
à cet ouvrage avec les résultats de l’étude d’impact réalisée par le bureau d’études WES pour
le compte de la municipalité de Bruges, l’Office du Tourisme de Flandre et BRUGGE 2002.
La légitimation de la culture?
Cela ne vous surprendra probablement plus, mais les résultats enregistrés par
BRUGGE 2002 sont très satisfaisants.
Non pas que nous n’ayons aucune remarque à formuler, au contraire. Vous constaterez à travers les textes que nous n’hésitons pas à adopter une attitude critique vis-àvis de nous-mêmes, mais aussi de nos partenaires.
Mais l’essentiel, à savoir la force de l’année culturelle dans son ensemble, est considéré comme une réussite par la plupart des observateurs. Cette appréciation nous
remplit bien entendu de joie.
Pourquoi ne pas essayer de mettre cela en œuvre pour 2002?
Nous savions bien entendu déjà, certainement depuis ‘Hans Memling, cinq siècles de
réalité et de fiction’ (1994) et ‘Bruges et la Renaissance: de Memling à Pourbus’ (1998),
que la ville de Bruges était capable d’organiser de grandes expositions. Mais l’organisation de trois événements de cette envergure en même pas neuf mois, on n’avait encore jamais vu ça. De plus, il y avait un public. Les piliers ‘Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud’, ‘[email protected]’ et ‘Le vaste monde à livres ouverts’ portèrent
l’année culturelle à plusieurs niveaux, et surtout au niveau du nombre de visiteurs,
ceux-ci constituant toutefois les fondements culturels du contenu du programme. Un
contenu se rapportant à l’histoire de la civilisation à la fois brugeoise et européenne!
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© PIERRE COULIBEUF
De même, la traduction du projet en chiffres – indéniables et étayés – nous donne
pleinement satisfaction. Les pages suivantes vous apprendront tout à ce sujet. Nous
analysons par ailleurs les chiffres de façon assez détaillée, tout comme l’étude d’impact. Et du reste, quels chiffres remarquables! L’impact d’un événement culturel
devient soudainement extrêmement tangible. Les chiffres s’avèrent trop souvent être
la ‘preuve’ de quelque chose que l’on sentait
et qu’en réalité on savait déjà. Ils font en
sorte que ce que l’on percevait intuitivement
devient subitement très concret.
Cela ne nous empêche toutefois pas de nous
étonner de l’empressement avec lequel on
‘saute’ sur les chiffres. La tentation est grande
d’apprécier la qualité d’un projet réussi sur la
base de toute une série de chiffres. Et de justifier ces chiffres! La question reste toutefois
de savoir si la culture doit encore et toujours
se légitimer…
Il s’agit pour nous de bien plus que de chiffres, ou plutôt de ce que ces chiffres représentent.
Les Guerriers de la Beauté
Le rapport préliminaire de Bart Carton signalait déjà qu’il fallait d’abord trouver une ‘profondeur’ à l’image de marque de Bruges
en tant que ville d’art, qui est quand même l’image de marque la plus importante.
Il est bien entendu plus difficile de comprendre quelle est précisément cette ‘profondeur’, lorsqu’un travail qualitatif a été et doit encore être fourni à l’égard de la ville
d’art, avec une expérience plus approfondie pour effet. Cette constatation requiert un
autre mode d’analyse que la simple juxtaposition ou superposition de chiffres.
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© A PRIOR
Ces expositions ont également démontré
le grand pouvoir d’analyse de Bruges en
matière d’histoire de l’art – une qualité
requérant une attention croissante et un
domaine d’application pour les années à
venir. Elles ont également démontré que
l’on peut aller au-delà des musées classiques. Et aussi que la richesse historicoculturelle à laquelle Bruges doit, jusqu’à
Octopus
aujourd’hui, son rayonnement, est sans
conteste due à une période très cosmopolite et multiculturelle de notre histoire.
Certes, cela, les spécialistes le savaient déjà, mais il est nécessaire de le montrer et de
le répéter au public.
Et si nous repensons à l’exposition ‘Le vaste monde à livres ouverts’, nous voyons à
quel point l’art contemporain est capable de s’intégrer parfaitement et de façon
convaincante dans un cadre culturel historique.
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Bruges en tant qu’atelier d’artiste
Une plainte assez souvent entendue était qu’il n’y avait que peu de créations contemporaines dans la ville. Cette ‘critique’ avait principalement trait à tout ce qui se rapportait de près ou de loin aux arts du spectacle. Après BRUGGE 2002, il est évident que
Bruges a démontré de façon convaincante qu’elle était une ville où la création est possible. Il suffit de penser à Josse De Pauw en qualité de nouveau directeur artistique
du théâtre Het Net ou à Jos van Immerseel et son orchestre Anima Eterna, qui a élu
résidence au Concertgebouw. Ou aux nombreux artistes qui ont travaillé ici au cours
d’une période de répétition. Si l’on parcourt une nouvelle fois attentivement l’ensemble du programme de BRUGGE 2002 en se demandant où et quand il y a eu création, on ‘trébuche’ littéralement sur un grand nombre de créations.
L’idée de ‘Bruges en tant qu’atelier d’artiste’ a été concrétisée et symbolisée dans le
‘Groenplaats’, un atelier pour artistes du spectacle inauguré en 2002 et coordonné
conjointement par Het Net et De Werf.
Une autre remarque que nous avons souvent entendue lorsque nous avons entamé
nos préparatifs, était le manque de rayonnement d’une scène culturelle active dans la
ville. A part Musica Antiqua, Cinema Novo et le Festival Cactus, Bruges ne semblait
pas considérée, par le monde extérieur, comme une ville où innovation culturelle
rime avec actualité. Les musées jouaient bien entendu leur rôle, mais leur réputation
transfrontalière revêtait principalement une dimension touristique. Suite à BRUGGE
2002, nous recevons d’innombrables réactions dont il ressort que Bruges est également appréciée en tant que ville culturelle actuelle. Non seulement les initiatives existantes ont pu renforcer leur rayonnement, mais certaines nouvelles initiatives seront
tout sauf éphémères. Nous pensons ici principalement au festival de jazz, qui a tout
pour devenir un classique. Avec le coffret de 10 CD ‘The Finest in Belgian Jazz’, De
Werf a fait date et produit une référence pour l’histoire musicale de notre pays.
Points d’attention et de discussion
Certains points d’attention, qui nous ont à juste titre préoccupés et que nous souhaitions régler, ne nous ont pas donné entière satisfaction.
L’art contemporain, par exemple. Ce sujet reste un point de discussion. Nous sommes partis du principe que chaque ville, chaque endroit, doit prévoir un espace pour
l’art contemporain. La manière dont un tel espace doit être occupé et défini varie
d’une ville à l’autre ou d’un endroit à l’autre. Notre point de vue consistant à situer
l’art contemporain comme une évidence dans la ville, comme un prolongement naturel d’une ville à la grande richesse historico-culturelle, n’a pas contribué à profiler
© WIM BAKKER
Une autre partie délicate du programme était le volet jeunesse, qui a également été
la cible des critiques avant 2002. Nous avons rapidement réalisé que les jeunes et les
enfants représenteraient une part importante du programme BRUGGE 2002. Nous
avons dès lors engagé trois collaborateurs à temps plein pour préparer le volet
‘Enfants et jeunesse’. Le résultat était à la hauteur de nos attentes. Pendant toute l’année, nous avons été submergés de toutes sortes d’initiatives. Le projet ‘Kunstenaars
in residentie (KIR)’ (Artistes en résidence) était en cours dans plusieurs écoles brugeoises. D’autres projets consistaient à inviter, pour de courtes ou longues durées,
des jeunes des quatre coins de l’Europe à Bruges afin qu’ils y donnent libre cours à
leur créativité: il y avait ainsi ‘Seven Joys, Seven Senses’, ‘Frontsid[t]e/Back[-]side’ et
‘Art Connexion’. La Culturomobile passa par quasi toutes les écoles brugeoises pour
mobiliser la créativité des enfants et nous avons consacré toute notre attention aux
jeunes en ‘difficultés’ grâce à des projets tels que ‘Sorry dat…’ et ‘Beet’.
Nous étions nous-mêmes fort concentrés sur le projet ‘Kaapstad’. A juste titre, pensons-nous, même si ce projet n’a pas dégagé tout son potentiel. Ce manquement est
manifestement dû – comme nous pouvons en conclure aujourd’hui – à quelques
aspects organisationnels défaillants dont la cause résidait dans notre association, et à
certains choix qui y étaient liés. Le concept du projet n’était pas en cause, ni le contenu de celui-ci. Il est regrettable que les leaders de l’opinion, la presse en tête, n’aient
pas fait la distinction, pour la perception de Kaapstad, entre, d’une part, la valeur d’un
concept, le contenu réalisé et, d’autre part, les manquements au niveau de l’organisation. Car saviez-vous par exemple que pas moins de 172 jeunes groupes, projets en
live et ‘performances’ DJ, dont 120 numéros belges, ont pu se produire et créer sur
le Stubnitz, ce magnifique bateau de pêche venant de Rostock? Ce projet n’a pas encore son pareil en Belgique. Le Stubnitz, qui est resté amarré au Coiseaukaai pendant
quatre semaines, a chaque soir été envahi par des centaines de jeunes.
C’est principalement Kaapstad, et sa réputation injuste de projet ‘raté’, qui a pesé sur
le rayonnement de l’entièreté du volet jeunesse. Un problème de perception s’est
manifestement posé ici. Car outre les projets déjà énumérés, on oublie l’œuvre cinématographique créée par les jeunes, leur engagement dans Stijlstraten, mais aussi le
‘sac culture’ Kabba, le ‘Petit récit’ pour les expositions, les Après-midi des Moines au
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BRUGGE 2002 comme un projet comportant également une bonne dose d’art contemporain. Malgré
la subtilité d’une exposition telle que Attachment+,
malgré la mesure dans laquelle le vaste projet
Octopus essaima dans la ville et malgré les œuvres
d’art uniques introduites par d’autres projets, cette
contribution se limita à une qualité propre – bien
que de temps à autre exceptionnelle – et ne contribua pas suffisamment au développement de la
réputation de BRUGGE 2002. La faute nous incombe certainement, mais nous partageons cette
responsabilité avec nos partenaires et les ténors
brugeois en la matière. Car il leur revient principalement à l’avenir de répondre aux questions restées
en suspens. Fort heureusement, les musées municipaux souhaitent jouer un rôle (de soutien?) de
100 Portraits de Zélande
plus en plus important à cet égard.
Un projet tel que ‘WHAT? A tale in free images’ est peut-être la meilleure source d’informations en l’occurrence. Cette exposition d’art vidéo organisée dans les greniers
du musée Memling était tout bonnement splendide. Il était toutefois évident que le
musée Memling convenait parfaitement pour abriter une telle initiative. Ce qui n’a
pas échappé à la direction des musées municipaux.
Grand Séminaire, le projet ‘Droits de l’enfant’ dans la Vrijdagmarktschool,
l’Académie municipale – département photographie avec ‘Brugge Inside Out’, etc.
Nous n’avons certes pas laissé les jeunes et les enfants de côté. Mais la demande de
continuité, d’approfondissement et de maximalisation reste, en effet. Et soyons clairs:
il incombe aux jeunes brugeois de répondre à cette demande. Les nombreux projets
de 2002 ont généré suffisamment d’expérience pour évaluer de quelle manière une
telle continuité peut être atteinte. Laissons au moins ce mérite à BRUGGE 2002.
‘Et le miracle eut lieu...’
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Ce qui nous met sans conteste le plus de baume au cœur, c’est la nouvelle architecture à Bruges. Au début de nos préparatifs, nous avons été confrontés à d’énormes
préjugés. Et face à cela se trouvaient quelques individus cherchant avec acharnement
des moyens d’enjamber ces préjugés. Nous avons volontiers été leurs complices dans
cette croisade. Une personne qui dépassait – et dépasse – toutes les autres est le
bourgmestre Moenaert. Nous n’avons pas été à l’origine de la décision de construire
une salle de concert, mais nous savons qui l’a prise. Nous souhaitions continuer sur
le même élan, et plusieurs projets uniques ont été envisagés, discutés et décidés.
Les nombreuses propositions que nous recevions évoquaient régulièrement la
demande de construction d’une passerelle sur la Coupure. Nous trouvions ce projet
passionnant, et vous connaissez la suite.
J’ai moi-même assez souvent été me promener dans la ville. Et à l’Île du canal. J’ai
fait part de mon étonnement quant aux incommodités qui s’y sont accumulées au
Service municipal des parcs et jardins, qui s’est à son tour mis en branle, suivi avec
enthousiasme par de nombreux partenaires. Avec le résultat que l’on sait.
J’ai été contaminé par l’enthousiasme du groupe d’architectes Archipel concernant
cet endroit symbolique sommeillant sous les arbres du Burg. Un peu plus tard, un
soir, le bourgmestre Moenaert et moi-même nous trouvions à cet endroit précis sur
le Burg. Nous avons discuté, médité. Il finit par dire, d’une façon bien à lui: “Je ne
suis pas contre, je ne suis pas contre...’. La suite, vous la connaissez.
© HELI REKULA
Nous avons pris des risques, en effet, mais nous avons réussi. Bruges a donné, avec
ces projets durables, un exemple de la manière dont l’architecture moderne peut être
intégrée de façon optimale dans une ville historique. ‘Et le miracle eut lieu… Bruges
a pris sa place sur la carte mondiale de l’architecture moderne dans les villes anciennes’. Ces propos n’émanent pas de nous mais de bOb Van Reeth, l’architecte du gouvernement flamand.
Attachment+
L’expérience de la culture dans toutes les couches de la société
Le Concertgebouw: une diversité parfaite
Comment décrire la plus-value apportée par le Concertgebouw à Bruges, à la Flandre,
à la zone internationale au sein de laquelle Bruges joue un rôle central? C’est à peine
possible! Cette plus-value n’est peut-être même pas encore entièrement connue. Ce
dont nous sommes d’ores et déjà convaincus, c’est qu’elle sera immense. BRUGGE 2002
en a fait l’expérience à travers la satisfaction et le bonheur des artistes se produisant
dans la salle de concert, et l’enthousiasme visible manifesté par le public à propos de
la salle et de l’ensemble du bâtiment.
Que pouvons-nous programmer dans une telle infrastructure? Nous avons choisi de programmer de façon cohérente dans les limites du projet que les architectes souhaitaient
réaliser. Une salle de concert pour la musique: cela était évident, pas de discussion. Mais
aussi pour de nombreuses autres activités: le choix de construire un tour de théâtre offrait
la possibilité d’aller beaucoup plus loin que la musique; la danse et le théâtre musical
nous semblèrent également possible. Nous y ajoutâmes encore le cinéma et toute une
série d’événements. Tout se mit en place dans la même année – la salle servait exactement
à tout ce pour quoi elle avait été conçue. Et pouvait probablement servir à plus encore, car
à l’époque, nous évitions encore scrupuleusement de proposer la communication orale
ou le théâtre à texte dans la salle de concert. Après une année d’expérience, nous sommes
toutefois convaincus que cette discipline y est aussi parfaitement possible.
Nous avons pu démontrer que le Concertgebouw pouvait/devait devenir un centre
artistique multidisciplinaire, tel que cela était prévu. Le Concertgebouw est un
endroit où un vaste éventail de disciplines et d’expressions artistiques est possible en
toute franchise et où un public aussi varié que nombreux peut être atteint. Le maître
d’ouvrage et les architectes le voulurent ainsi, et c’est ce qu’il advint.
Investissements durables, gains rapides
La liste des initiatives prises dans le cadre de BRUGGE 2002 et visant à donner de la
‘profondeur’ à la ville, la culture dans la ville, les habitants, les visiteurs, etc., est encore longue. Une expérience au niveau du contenu qui se rapporte, mais oui, à la beauté, mais aussi à la possibilité d’être agacé, de se forger une opinion, de s’engager…
bref, de donner un peu plus de piment à la vie.
Les chiffres sont muets à ce propos. Les chiffres disent par exemple que vous étiez
présent, que vous avez beaucoup dépensé ou que vous venez de loin. Nous le répétons: aussi importants les chiffres soient-ils, ce qui compte réellement est ailleurs:
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Les deux principaux points d’attention de la politique culturelle du ministre Anciaux
visaient un accroissement de la participation à l’art et à la culture, et un élargissement
des projets socioartistiques. Mais avant même que ces préoccupations figurent à l’ordre du jour ou soient dans l’air du temps, nous nous activions à préparer un projet
avec Dogtroep à la prison, à associer le centre d’asile de la Croix Rouge à BRUGGE
2002, à définir Wijk-Up, à lancer ’t Kl!kt, à développer un projet dans l’établissement
fermé pour jeunes De Zande, etc. BRUGGE 2002 a ainsi ‘comme par hasard’, semblaitil, pu réaliser plusieurs projets de qualité qui trouvaient manifestement leurs racines
dans un souci actuel d’expérience culturelle et d’implication dans la culture.
Pour nous, cela n’était toutefois pas un hasard: il était clair depuis le début qu’une
forme concrète devait être donnée à l’implication sociale de l’art et de la culture dans
le programme. Un objectif ne pouvant être atteint de façon optimale que grâce à une
implication maximale dans diverses situations brugeoises très concrètes. Croyez-moi,
l’engagement était énorme et il s’est réellement passé quelque chose avec les nombreuses personnes impliquées dans ces programmes. Ces préoccupations font toujours partie de l’offre culturelle brugeoise avec, entre autres, la poursuite de Wijk-Up,
mais aussi suite à l’intérêt manifesté par la prison pour de futurs projets.
c’est l’expérience qui a été vécue par les individus, ce sont les visiteurs qui quittent la
ville avec davantage que ce qu’ils étaient venus chercher, pour revenir plus tard. Ce
qui compte, c’est la conscience que la culture rend une société plus agréable et améliore la vie en commun proprement dite.
Le nouveau ‘look & feel’ d’une ville d’ambiance
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Comme je l’ai déjà dit, l’écho de BRUGGE 2002 et le résultat dans la ville même, avec
le public qui est venu et qui a participé, doivent être associés à notre communication.
Depuis le début, nous avons affirmé que la communication était d’une importance
capitale. Elle l’est toujours, bien entendu, mais dans notre cas elle l’est quand même
un peu plus. Nous avions pour tâche de lutter contre l’image de marque contraignante de Bruges, indépendamment de l’image de la ville d’ambiance, et de montrer
que Bruges est davantage que ce que l’on connaît d’elle. Nous avons dès lors résolument recherché une approche et une création d’image s’éloignant de ce qui était
connu. Avec des spécialistes en la matière, nous avons redoublé d’efforts jusqu’à arriver au résultat que tout le monde connaît à présent.
Outre la création d’image, l’information, principalement via la presse, a également
joué un rôle essentiel. La presse a participé, avec suffisamment de sens critique, à la
réalisation de BRUGGE 2002.
Il y avait naturellement à côté de cela l’information directement destinée au public.
Celle-ci était toujours très rigoureuse: des diverses éditions de la lettre d’information
Blauwdruk au programme unique, en passant par le magazine bimestriel D’heure en
heure et les nombreuses publications uniques visant à informer le public.
Et ça a marché! Bruges s’est fait remarquer, différente et défiante. BRUGGE 2002 était
reconnue. Cela aussi, c’est de la ‘profondeur’: chercher et trouver d’autres manières
de rendre Bruges célèbre. La communication avait trait aux chiffres, bien entendu,
mais elle a également fait en sorte que le projet bénéficie du contenu et de la présentation adéquats. La communication relative à BRUGGE 2002 s’inscrivait tout simplement dans le prolongement du programme, et servait surtout de guide pour une
Bruges différente avec un résultat différent.
Pour l’instant, force est de constater que les responsables ne l’ont pas encore bien
compris. De nombreux services touristiques se raccrochent trop facilement à l’image
connue de Bruges. Pour eux, seul compte encore apparemment le gain, et non le
contenu, qui peut toutefois être fort dérangeant pour la quantité. Il est à craindre que
les possibilités si convaincantes que BRUGGE 2002 a précisées par le biais de sa communication, ne sont pas suffisamment visées. Et ce, malgré le fait que l’Université
d’Anvers s’est principalement laissée convaincre, pour décerner son Prix de la
Gestion Culturelle à BRUGGE 2002, par notre communication externe.
Il faudra encore répéter maintes et maintes fois qu’il faut d’abord avoir quelque chose
qui en vaille la peine pour enregistrer de bons résultats commerciaux. Et il n’est pas
facile d’avoir un bon produit – cela demande, outre de la perspicacité et du travail,
également de la lucidité et du savoir-faire. Un bon produit génère toutefois de bons
chiffres – peut-être plus lentement, mais en tout cas dans la durée.
Les chiffres
Parlons finalement quand même des chiffres.
Vous trouverez dans les pages qui suivent ici et là des explications concernant les chiffres, mais voici d’ores et déjà quelques précisions.
BRUGGE 2002 a attiré au total quelque 1 590 629 visiteurs, dont 760 594 visiteurs
payants. La différence est égale au nombre de visiteurs ayant participé à des événements gratuits. La ville de Bruges a accueilli environ 700 000 visiteurs à l’occasion
de BRUGGE 2002. 9% de l’ensemble des Belges ont participé à une activité de BRUGGE
2002, soit pratiquement 1 Belge sur 10.
© M. BRASCHTER
David Moss (Institute for Living Voice)
Format 2002
C’est un élément peu connu, ou dont on ne se rend pas tout de suite compte, mais
l’art et la culture sont des secteurs à fort coefficient de travail. Cela, nous l’avons
appris à nos dépens. De nombreuses personnes ont collaboré à la réussite de la
Capitale culturelle. L’asbl BRUGGE 2002 employait 119,3 équivalents temps plein sur
base annuelle et ce, sans compter les bénévoles. Et sans parler des centaines de personnes employées chez nos partenaires culturels, commerciaux et communication.
Eux aussi ont participé à la réalisation de BRUGGE 2002.
Bruges après 2002
La constatation la plus agréable concernant l’ensemble de BRUGGE 2002 était peutêtre que le projet a rapidement bénéficié d’un appui général: partenaires culturels,
partenaires de soutien, pouvoirs publics, sponsors, visiteurs, etc.
Sans oublier la municipalité qui voulait une capitale culturelle, et qui l’obtint. Et le
bourgmestre et les échevins qui pensaient qu’un tel projet était non seulement réalisable, mais aussi nécessaire, et entièrement profitable à la ville de Bruges.
Ce qui nous amène à la question inévitable de savoir quel est l’effet de BRUGGE 2002 à
long terme. LA question que l’on pose toujours – et à juste titre, bien qu’une réponse
ne puisse être donnée qu’après de nombreuses années. Une question qui devient peu
à peu vide de sens.
Mais on peut aussi choisir d’offrir des chances concrètes au long terme. C’est ce que
nous avons tenté de faire à Bruges. Les programmes qui ont été mis sur pied en 2002
sont répétés, reviennent régulièrement ou ont acquis une place permanente dans l’offre culturelle. Il y a bien entendu les restaurations et les projets de construction de
bâtiments nouveaux qui restent et qui complètent la ville. Et la gestion des événements culturels que Bruges souhaite perpétuer. Précisément la raison pour laquelle
l’asbl BRUGGE 2002 continue à œuvrer sous le nom de ‘Brugge Plus’.
Mais l’élément essentiel est sans doute l’enthousiasme manifesté par les Brugeois
pour prendre part à des formes de culture actuelles, et l’intérêt renouvelé des nombreux visiteurs pour la redécouverte de la ville.
Le caractère durable de tout cela dépendra de la gestion menée, des partenaires culturels et du public. Un pari sans aucun doute gagné d’avance!
Mais le moment est venu à présent d’exprimer le grand plaisir que nous avons pris à
œuvrer à BRUGGE 2002.
Hugo De Greef
Directeur général
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C O N C I S
Comme nous l’avons déjà dit, on peut annoncer un programme – ce que nous avons
amplement fait – mais on ne sait qu’ultérieurement ce que ce programme représente dans sa totalité. Ce n’est donc qu’aujourd’hui que nous pouvons dire qu’un total de
156 programmes ont été présentés, soit quelque 1 227 activités.
Il est évident que l’art et la culture se rapportent en premier lieu aux artistes et à leurs
œuvres. Des centaines d’artistes ont ainsi apporté leur contribution à Bruges et
BRUGGE 2002. Certains venaient des quatre coins du globe, mais la plupart étaient
belges. La grande qualité de cette année culturelle témoigne de la qualité élevée des
artistes qui étaient et surtout qui sont présents dans notre pays. C’est à eux que vont
en premier lieu nos remerciements et notre estime.
PROGRAMME
Accents
Processus et évolution
Monter un programme est affaire de processus. Cette donnée nous est restée constamment à l’esprit. Analyse, prospection, sélection, approfondissement et bouclage,
voilà pour le contenu. L’organisation consistait à programmer, établir le budget et
mettre en œuvre, et pour fonctionner il fallait s’attacher les personnes appropriées ou
parfois les laisser s’en aller.
15
C O N C I S
En 1999, nous nous sommes concertés au sein d’un petit groupe de réflexion sur la
base du volumineux rapport préparatoire de Bart Caron. Il contenait une analyse du
champ culturel de Bruges et plus de 800 projets proposés par des Brugeois ou par
des organisations culturelles de Bruges et des environs. Nous en avons extrait sept
lignes de thèmes pour l’année culturelle. Hugo De Greef faisait alors ses débuts de
directeur général. Lorsque Katrien Laporte et Jan Vermassen furent engagés en
novembre comme directeurs de programme, ils affinèrent les lignes de thèmes par
sept lignes de force, afin de rendre l’ensemble plus concret et plus sélectif.
Vers le mois de mai 2000 nous étions en plein travail de prospection et de mise en
œuvre de concepts de projets. Nous étions convaincus que le programme ne pouvait
pas être une accumulation d’éléments isolés, mais qu’il devait concevoir la ville et son
caractère de capitale culturelle comme une entité. Nous avons fait le choix délibéré de
ne pas travailler selon un seul thème. Le programme fut toutefois coulé en une seule
histoire comptant cinq angles d’incidence: allier l’histoire et l’actualité, faire le lien
avec le XIXe siècle, tenter de laisser des traces, quitter les sentiers battus, faire la fête
et s’amuser. Tous angles ayant affaire avec le contexte de Bruges même et en même
temps si largement ouverts que les frontières puissent reculer. Dès novembre 2000
nous présentions cette histoire à la presse et à nos partenaires.
Nous nous sommes aperçus petit à petit qu’en fait, nous montions le contenu du programme en nous inspirant du poème “Un jour” que Peter Verhelst avait écrit spécialement pour BRUGGE 2002. Il nous a vraiment servi de fil rouge. Ici aussi nous innovions. Non pas un seul thème comme ordre de principe ni de disciplines impeccablement délimitées, mais un poème et une histoire racontant le contexte de la cité.
Autrement dit, un programme sans ligne directrice univoque, mais en plusieurs strates.
A la mi-2001 le programme était à peu près bouclé et nous pouvions lancer sa mise
en œuvre.
Travail d’équipe
© ROLAND PATTEEUW
La création du programme fut l’œuvre d’une
équipe soudée. Les personnes et les tâches évoluèrent aussi pas à pas. Le département ‘programme’ démarra en novembre 1999 avec trois
personnes et s’élargit en 2000 et 2001 jusqu’à
former une équipe de 10 programmateurs.
A partir de mars 2001, Gerd Van Looy rejoignit le
groupe comme directeur de production. Il lui
incombait de réaliser tous nos beaux rêves. En
juin 2001 s’en alla Katrien Laporte. A partir de
novembre 2001, divers collaborateurs de production furent engagés. C’est ainsi qu’au moment de
lancer l’année culturelle, nous pouvions tabler sur
une équipe de programme et de production composée de 28 personnes, sans compter les nombAttachment+
B R U G G E
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© HANS ENEMAN
reux bénévoles européens et les techniciens de projet qui aidèrent à réaliser le
projet.
Au fur et à mesure que diminuait le travail
de pur contenu, la distribution bien définie
des tâches entre l’équipe de programme et
l’équipe de production s’estompa, les projets furent redistribués et reçurent un seul
responsable à leur tête. Celui-ci n’était pas
seulement en charge de la qualité, mais
également de la communication, du suivi
budgétaire et de la réalisation du projet.
Circuit artistique De Slang, dans le cadre
de “Octopus”
Un large programme aux accents divers
Nous avons programmé large, mais nous estimions que chaque projet sélectionné
pouvait trouver sa place dans le programme de BRUGGE 2002, Capitale culturelle de
l’Europe. Il faut pourtant discerner dans le programme un certain nombre d’accents
et de points de gravité. Il y avait évidemment les trois grandes expositions qui couvraient toute l’année et requéraient un engagement intense, tant de notre équipe que
de nos partenaires communaux. Ce furent des événements-vedettes.
Le programme a, entre autres, certainement stimulé la création artistique en diverses
disciplines. Près de soixante pour cent des projets étaient nouveaux ou spécialement
créés pour BRUGGE 2002. Nous avons attiré à Bruges des artistes belges et étrangers
pour qu’ils travaillent en confrontation et en dialogue avec cette ville.
Un autre accent fut mis sur le large programme destiné aux jeunes. D’aucuns prétendent encore que BRUGGE 2002 n’a pas prêté attention aux jeunes… Sans doute
sont-ils restés eux-mêmes trop en marge de l’événement.
Un fort centre de gravité était perceptible dans la programmation du nouveau
Concertgebouw. Nous y avons vraiment tout mis à l’essai: tous les genres de
musiques, de danses, de paroles, d’images et de sons. C’était à chaque fois “la première fois”, à la grande satisfaction de la troupe, de l’artiste et du public.
Il était remarquable de voir un tel nombre de projets de parcours, se servant de la ville
comme scène. En matière de production surtout, ces projets exigeaient souvent plus
d’attention et de budget que nous le permettaient nos possibilités.
Un autre choix ne passa pas inaperçu, celui de programmer un volet social et artistique, non comme élément en marge, mais bel et bien comme composante à part
entière.
Citons pour conclure le programme d’architecture qui a rendu la ville si symboliquement actuelle.
Nous avions décidé de collaborer le plus possible avec les organisations culturelles
déjà existantes à Bruges. Non seulement cela les incita à s’impliquer, mais elles
purent ainsi vivre intensément cette année et en prolonger l’expérience pour les
années à venir. Nous avons aussi recherché des partenaires intéressants dans notre
propre pays et à l’étranger pour qu’ils créent ici des choses nouvelles. Songeons à
Dogtroep, Het Toneelhuis, Raimund Hoghe, A Prior, Flat Earth Society, Champ
d’Action, Villanella, sans oublier les architectes Toyo Ito, Jürg Conzett et West 8.
Nous commenterons ci-après dix groupes de disciplines différentes. Nous avons programmé 156 projets au total. Ce chiffre mérite d’être un peu nuancé, car même en
volume un projet n’était pas équivalent à un autre. Ainsi, Format 2002 comptait 19
programmes différents et Jazz Brugge 2002 a donné 20 concerts différents. Si nous
additionnons le nombre total des activités du programme, nous arrivons à un chiffre
de 1 227! Une année donc bien remplie, qu’avec grand plaisir nous vous racontons
plus en détail.
© PHILE DEPREZ
Patatboem
Expositions
Sommets d’art impressionnants
Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud fut l’événement-vedette au regard de l’histoire de l’art. Les Primitifs flamands comme citoyens du monde et source d’inspiration pour les peintres du Sud furent mis en exergue à l’aide d’un concept du dr TillHolger Borchert, dont le point de départ fut le croisement des cultures (‘Crossing
Culture’). Ces grands artistes vinrent en émigrés dans la ville de Bruges, attirés par
cette plaque tournante qu’était la ville au XVe siècle. Grâce à eux, elle devint aussi un
lieu de création artistique.
Il y eut un nombre impressionnant d’œuvres prêtées par divers musées étrangers. A
ce propos, le conservateur en chef dr Manfred Sellink et les Musées communaux ont
joué un grand rôle, ainsi que le comité scientifique international. Il y eut au moins
82 prêteurs, parmi tous les musées importants d’Europe et des Etats-Unis.
Nous avions opté pour une mise en forme fonctionnelle selon une scénographie de
Paul Vandebotermet. Il dessina un parcours équilibré, en tenant compte de la grande
affluence du public, des nombreuses visites guidées et des espaces tant soit peu limités du Musée Groeninge.
Cette exposition reçut pas moins de 321 919 visiteurs, battant ainsi tous les records
de l’année culturelle.
En marge de cette exposition eut lieu le 25 et 26 juin un colloque scientifique international ayant pour thème les nouvelles conceptions à propos des Primitifs flamands.
98 scientifiques y prirent part, en provenance d’Europe, des Etats-Unis et d’Australie.
Histoire pour grand public
La grande exposition d’été [email protected] fut conçue comme une promenade
historique dans les quartiers de la ville où florissait le commerce au moyen âge.
Quatre lieux illustrèrent ainsi l’histoire cousue d’or de la Bruges des affaires et des
finances, plaque tournante entre les villes hanséatiques et les nations commerciales
du Sud. L’idée de cette exposition vint du dr André Vandewalle des Archives communales, le concept fut mis au point et réalisé par NV Tijdsbeeld (Ronny Gobyn). La
scénographie en fut confiée à Pièce Montée (Rik Jacques). La présentation en était
délibérément accessible et plutôt éducative. Le parcours de promenade permettait au
public d’admirer une réplique de l’ancien palan municipal, construite à grandeur réelle et selon des schémas anciens par les élèves du VTI (Institut technique libre). Les
C O N C I S
Trois grandes expositions ont couvert toute l’année culturelle, et quelques autres, plus petites, ont développé des thèmes plus particuliers. A chaque moment de l’année, le visiteur pouvait choisir une à trois expositions, indépendamment des contemporaines. Elles ont accueilli
globalement 460 000 personnes.
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Découverte du monde, jadis et maintenant
Le vaste monde à livres ouverts fut la plus originale
des trois grandes expositions. Trois points de
départ ou collections s’allièrent en une quête de
l’essence et de l’évolution de notre civilisation. Les
mondes clos de l’ancienne abbaye des Dunes, des
collections de la bibliothèque comptant plus d’une
centaine de manuscrits et de l’art contemporain de
H.M. Enzensberger (Le mythe de l’Europe)
trois artistes réputés purent se lire à livres ouverts.
La réalisation fut de la main du curateur Laurent Busine, en intense collaboration avec
Ludo Vandamme et la Bibliothèque communale. L’exposition bénéficia d’une scénographie de Christian Kieckens, particulièrement raffinée et subtile. Sans égale était la
présentation des manuscrits, exposés sur des tables créées spécialement pour l’événement et disposées comme en une vraie salle de lecture.
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Guidance du public
La guidance du public s’est délibérément faite par des guides en chair et en os, et non
avec des audio-guides. Le Gidsenbond et le Gidsenkring organisèrent une vaste
action de guidance pour les trois grandes expositions (pour Attachment+ également).
Les visites guidées furent proposées en six langues: en néerlandais, français, anglais,
allemand, espagnol et italien.
Les nocturnes de ces expositions ont connu un vif succès. Il n’en fut organisé pas
moins de 121. Les trois expositions ont pu aussi s’enorgueillir de plusieurs visites
royales.
Le côté scientifique a suscité également beaucoup d’intérêt. Les Musées communaux
ont organisé près de trente conférences en marge de ces expositions.
© MARC MAILLARD
Freaks
© CHRIS VAN HOUTS
Flemish Masters of Business montèrent une présentation multimédia soulignant le lien avec le commerce et l’industrie de l’actuelle région brugeoise.
© SOFIE VAN PAESCHEN
Bl!ndman
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Bruges rétrospectivement
Opération éducative
Une action éducative forte et variée fut mise
en place au bénéfice des écoles, des enfants
et des jeunes. L’atelier ‘Sortez du cadre d’un
tableau’ accompagna l’exposition de Van
Eyck, les ‘Après-midi des moines’ furent
organisées pour les enfants durant Le vaste
monde à livres ouverts et un atelier de trois
jours envoya les jeunes à l’assaut de la ville,
armés de petits appareils photo. Et le
Culturomobile alla d’école en école, tandis
que le ‘Port d’attache’ de la cave de la
Maison 2002 – Perez de Malvenda fut le
lieu de ralliement créatif pour tous les jeunes de cette cité.
Benoît: Playtime - œuvre d’art au Stade Jan Breydel
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© BART VAN LEUVEN
Ces trois expositions programmées, nous avons imaginé de mettre en lumière le
passé si brillant de la Bruges médiévale en montrant comment était perçu au XIXe
siècle (jusqu’avant la Première Guerre mondiale) le patrimoine de la cité. Impact,
1902 Revisited était un ajout très intéressant à l’exposition Van Eyck. En effet, cette
exposition révélait l’influence qu’exerça une première rétrospective des Primitifs flamands organisée en 1902. Elle ne marqua pas seulement une étape dans le développement du tourisme à Bruges, elle influença aussi grandement les expressionnistes
flamands. Impact, 1902 Revisited fut mise sur pied par Eva Tahon des Musées communaux.
Portrait d’une ville, Bruges 1847-1918 souligna les différentes manières de regarder
Bruges durant la seconde moitié du XIXe siècle, ainsi que l’influence de la photographie sur l’image qu’on se forme d’une ville. Ainsi fut confronté le regard romantique
et plutôt conservateur de la plupart des photographes français au désir de modernisation de leurs collègues allemands. L’exposition fut conçue par Christoph Ruys et
mise en œuvre en collaboration avec le Service du Patrimoine de Bruges et les
Musées communaux. En marge de cette exposition, l’Académie Van Eyck de
Maastricht organisa un colloque ayant pour
thème le développement citadin et l’impact
de la photographie.
Pour conclure, BRUGGE 2002 reçut encore
une série de 100 portraits de Zélande et la
vidéo 100 ans de beauté, un projet en collaboration avec la province de Zélande.
Art contemporain
Déjà avant 2002, la place faite à Bruges à l’art contemporain était problématique. Il en est
de même après 2002. Bruges n’est pas un lieu où l’art contemporain serait évident, avec ces
acteurs qui se donnent réplique et contre-réplique, où vit le désir d’un véritable centre des
arts, d’un espace nouveau, blanc, vierge. Mais quoi, pour qui et par qui …?
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Bruges s’impose par sa qualité de ville d’art et de culture. Elle lance dès lors un défi
permanent, quoique extrêmement passionnant, à s’intégrer de manière tout aussi
valable. BRUGGE 2002 a fait la preuve d’une telle intégration, en accueillant une diversité d’initiatives qui se sont ensuite prolongées.
BRUGGE 2002 opta délibérément d’utiliser la ville elle-même comme scène. En des
lieux insolites, sur les places et en rue, une multitude de projets prit forme, ayant
pour but de surprendre les Brugeois et les visiteurs et de les familiariser avec l’art
contemporain au sein même de cette ville. Chaque projet en particulier présentait
une dimension cosmopolite qui a affecté et transcendé le contexte de la ville.
Riche par incertitude
Attachment+ fut l’exposition d’ouverture de BRUGGE 2002. Roland Patteeuw, force
motrice de la Kunsthalle Lophem, conçut une exposition originale avec des oeuvres
de 56 artistes, présentées dans les magnifiques bâtiments néogothiques de l’Ecole
supérieure pour enseignants de la Sint-Jorisstraat, lieu peu évident pour une telle
manifestation. L’exposition mit en lumière la sensibilité au temps et au caractère de
processus que l’art contemporain exprime de plus en plus, autrement dit: comment
l’incertitude est vécue comme une richesse. C’était du coup une formule passionnante pour une ville telle que Bruges. 12
531 visiteurs se sont rendus à cette exposition, à considérer comme une réussite.
Points de vue sur le territoire citadin
et la mobilité
WHAT? A tale in free images
© JAN DARTHET
Autour de la marge
Brugge Inside Out et Lost locations étaient
deux projets de photographie, respectivement dans six garages de parking et à la
gare. Brugge Inside Out présentait des
photos de Brugeois et de leurs intérieurs.
Cette exposition fut montée par Joost
Goethals,
en
collaboration
avec
l’Académie communale. Les photographes étaient tant professionnels qu’étudiants. Lost Locations était un projet de A
Prior en collaboration avec le Nederlands
Foto Instituut. Deux photographes belges
et deux néerlandais se sont rendus au
Japon pour y photographier à des endroits
perdus des espaces citadins, des paysages
ou des situations. L’impact des deux projets a été particulièrement important. Non
seulement parce que des centaines de
milliers de passants y furent confrontés,
mais parce que la capitale culturelle était
d’emblée visible à l’entrée de la ville.
© TIMOTHY INGELBRECHT, WEEKBLAD TIPS
Station2Station était lié à la mobilité.
Dans dix-huit stations service en direction de Bruges treize artistes se sont
chargés d’un réseau de projets artistiques, répartis sur toute la Flandre.
Michel De Wilde du Centre culturel de
Bruges et Robin Boone considéraient
plutôt leur projet comme une réflexion
sur le rapport si complexe temps-espace, sur la mobilité, le nomadisme, l’architecture… Le projet s’accompagnait
d’une remarquable vidéo sur ‘the
making of’, un site interactif et une
carte routière en guise de catalogue.
Wijk-Up Sint-Jozef
Tentacules d’art contemporain en ville
La question de jusqu’où l’art contemporain pouvait s’infiltrer dans le tissu urbain fit
l’objet d’une exploration tous azimuts. Le projet Octopus, selon un concept de Kurt
Vanbelleghem, fut le plus riche en ce sens. Il présentait divers projets à long terme,
des interventions courtes, un certain nombre d’événements et un colloque où a été
examinée la question de la place éventuelle de l’art contemporain à Bruges. En réponse
à la demande d’une halle d’art ‘white box’ furent construits un musée modulaire et
une halle d’art ‘jetable’. Un groupe d’artistes brugeois fut incorporé au parcours
Octopus par le biais du parcours d’art De Slang. A l’événement BRUGGE 2002 en fleurs
Octopus associa le volet contemporain des champs de tournesols de Honoré ∂’O et
Koen Deschuyter qui ne manquèrent pas d’attirer l’attention. Pour Octopus in situ
plusieurs artistes belges et étrangers travaillèrent à cinq endroits différents selon le
thème du lien entre l’histoire et l’actualité.
Malgré le discours intéressant, l’attention des médias, la promotion et la présentation
d’œuvres d’art importantes, ce projet n’a pas répondu à la grande attente qu’elle avait
suscitée. On peut l’imputer au choix de lieux inconnus en ville, à la multiplicité des
initiatives, à la lourde production et une équipe trop restreinte pour tout organiser.
Est beau ce qui est petit
Un projet plus modeste, mais à l’impact remarquable, fut Autour de la marge. Quatre
artistes et quatre personnes handicapées mentales travaillèrent en duo à un projet
artistique durant toute une semaine. Ce devint sans conteste un souvenir de BRUGGE
2002 à garder précieusement. Ce projet donna d’ailleurs lieu au tournage d’un film.
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© ALAIN GÉRONNEZ
Onderstromen/Bovenstromen (Courants
secrets et apparents), un projet de la collectivité d’artistes NICC, infiltra le
tissu urbain, ainsi que des situations
considérées comme évidentes par l’habitude. Un projet à distribuer des
coups d’épingles. Songeons aux “taxismiroirs” qui furent retirés du trafic
parce que, selon le règlement communal à Bruges, les taxis se doivent d’être
noirs. Etalés sur trois périodes de présentation, seize artistes ont pu donner
libre cours à leur créativité en s’exprimant à propos de situations quotidiennes à Bruges.
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© HERMAN SORGELOOS
Jan Broes organisa la Promenade des pierres, un
parcours tout de poésie de calligraphies sur
pierre, et il fit peindre de la calligraphie sur les
voûtes des halles du beffroi par plusieurs calligraphes de renommée internationale. En sus de
l’exposition internationale Une ville emplie de lettres qu’il organise chez lui tous les trois ans.
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Au stade Jan Breydel, l’artiste Benoît réalisa
Playtime, une magnifique peinture murale sur
azulejos, et divers projets plus restreints tout au
long de l’année. Benoît était pour ainsi dire le
‘dessinateur maison’ de BRUGGE 2002. La
Maison Arents exposa des oeuvres de Benoît
ayant pour thème le football et sa peinture
murale du stade Jan Breydel.
SS
Au-delà des limites de la culture d’images
La dernière période de la capitale culturelle s’est déroulée sous le signe du film et de
la nouvelle culture d’images. WHAT? A tale in free images était une exposition composée de douze installations vidéo ayant pour thème la perception de l’image, le
voyeurisme, l’interprétation et la manipulation d’images. Cis Bierinckx sélectionna
douze artistes étrangers qui produisirent des images poignantes. L’exposition eut lieu
dans les greniers du musée Memling; la scénographie très étudiée fut exécutée par le
bureau d’architectes Baro & Morel. Nous pouvons affirmer sans exagérer que cette
exposition a présenté pour la première fois en Belgique l’art innovant de la vidéo à
son niveau international.
Cet aperçu d’art contemporain ne peut manquer d’évoquer les trois artistes associés
à l’exposition Le vaste monde à livres ouverts. David Claerbout, José María Sicilia et
Giuseppe Penone y ont créé et présenté des oeuvres originales qu’ils avaient parfaitement intégrées dans ce cadre historique.
L’art contemporain a bénéficié d’une place inédite et de premier plan dans le programme de BRUGGE 2002. Si cette place n’offrit pas de réponses définitives à la question de savoir quelle doit être la présence de l’art contemporain dans une ville telle
que Bruges, elle aborda du moins la nécessité d’une recherche continuelle à cet
égard. En sachant qu’ici, la réponse ne sera jamais univoque. Et c’est pourquoi
Bruges est un lieu vraiment unique pour accueillir l’art moderne.
© TRUI GALLE
© HERMAN SORGELOOS
Antigona
Orgue dans l’Église Sainte-Walburge
Architecture et monuments
Bruges est une ville monumentale, gorgée d’architecture magnifique ayant traversé les siècles. Etant donné la qualité de ce patrimoine et la tendance brugeoise à le chérir avec nostalgie, BRUGGE 2002 a opté résolument de servir de catalyseur pour l’architecture contemporaine au sein de cette ville.
Tout un quartier rêvait depuis des années d’un pont pour piétons qui enjamberait la
Coupure. Avec l’aide de l’architecte du gouvernement flamand bOb Van Reeth,
BRUGGE 2002 se mit en quête d’un concepteur éminent qu’il trouva en la personne
de Jürg Conzett, ingénieur-architecte suisse. La Division des Voies hydrauliques de la
côte du ministère de la Communauté flamande fut tout de suite d’accord de réaliser ce
projet particulier. Jürg Conzett conçut un pont basculant très ingénieux en bois, pierre
naturelle et acier corten. Du bois et de la pierre bleue pour évoquer les matériaux naturels de nos contrées, et de l’acier corten parce qu’il se patine en prenant la couleur
des toits de tuiles brugeois.
L’Île du canal, le parking des cars de tourisme, fut réaménagée par la Région flamande et la ville de Bruges. La circulation du trafic fut repensée, on construisit une place
de ralliement avec des sanitaires et un nouveau pont vers le Minnewaterpark (Parc du
Lac d’amour). Le dessin en est remarquable, il est dû au bureau néerlandais West 8
qu’assistèrent les architectes Poponcini & Lootens.
Mais c’est sans aucun doute le nouveau Concertgebouw qui est la réalisation dont
l’impact est le plus grand. Comme candidate au titre de Capitale culturelle de
l’Europe, la ville de Bruges décida d’ériger une salle de concert. A l’issue d’un
concours international d’architecture, le projet fut confié au bureau d’architectes
Robbrecht/Daem. Le Concertgebouw fut réalisé en des délais particulièrement
courts, de telle sorte que le concert d’ouverture de BRUGGE 2002 put avoir lieu le 20
février 2002. Même si depuis, on met encore la dernière main à l’achèvement, le
Concertgebouw fait déjà partie intégrante du paysage urbain. Les dirigeants, musiciens, chanteurs, metteurs en
scène, artistes et le public sont
enchantés de l’excellente acoustique et des ressources du bâtiment.
Afin de mieux connaître la vision
sur la ville qu’ont des architectes
contemporains renommés, l’association d’architectes Archipel
organisa des conférences sous le
Concertgebouw
Jef Geeraerts (Le mythe de l’Europe)
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C O N C I S
L’association d’architecture Archipel avança l’idée d’implanter de l’architecture
contemporaine de qualité à la place du Burg, à l’endroit où s’élevait jadis la cathédrale
Saint-Donatien, et de la concevoir comme complémentaire aux divers styles d’architecture issus des siècles antérieurs. L’architecte japonais Toyo Ito construisit avec
grande retenue un pavillon, passerelle éphémère entre le présent et le passé. Ce
devint un modèle de haute technologie en stabilité et matériaux. Ce pavillon semble
flotter sur un plan d’eau circulaire se référant aux fondations de la cathédrale SaintDonatien. Dès le début, le pavillon acquit une grande valeur symbolique et bénéficia
d’une renommée internationale. Il fit l’objet de nombreux articles dans des revues
internationales spécialisées en architecture.
© PAOLO ROPALINO
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Dogtroep
titre Bouwmeesters-Kunstenaars-Visionairs (Architectes-Artistes-Visionnaires). Les quatre
conférences connurent une bonne affluence, particulièrement celle de Toyo Ito qui se
déroula dans la grande salle du Concertgebouw.
L’Epreuve de maîtrise est un projet de l’Architecte du Gouvernement flamand destiné
aux jeunes artistes, afin qu’ils développent un nouveau point de vue sur l’intégration
de l’art dans les nouvelles constructions. Bruges fut choisie à l’occasion de 2002.
Cinq jeunes artistes de différentes disciplines choisirent chacun sur une liste de bâtiments un site sur lequel travailler. Sous la guidance de Ivo Van Hove ils firent aboutir cinq projets créatifs: un projet carte postale pour l’édicule sanitaire de l’Île du
canal, un fit-o-mètre de mots et de signes à proximité du pavillon de Toyo Ito, un journal avec des images comme ‘museum in progress’, une vidéo avec cheval et charrette
dans le parking sous le Concertgebouw, une chorégraphie dans une sculpture près du
pont à la Coupure.
Signification actuelle pour les monuments et le patrimoine
Fin 2000, l’Unesco reconnut Bruges intra muros comme patrimoine mondial. Dans
la foulée de la préparation de BRUGGE 2002, nombre de restaurations furent effectuées, entre autres celles du Théâtre Municipal, du Franc de Bruges, de la tour de
l’église Notre-Dame, des salles de réception de l’Hôtel de ville et du greffe civil sur la
place du Burg. Pour cette dernière réalisation – une remarquable restauration en
polychromie – la ville de Bruges fut récompensée par le Vlaamse Monumentenprijs
2001 (Prix flamand des Monuments 2001).
Brugge 2002 accueillit également la fête d’ouverture des Journées du Patrimoine 2002.
Ce fut le coup d’envoi d’un festival de dix jours avec un parcours le long de monuments connus et inconnus, maisons et jardins aux portes ouvertes, un programme
contemporain Musique et Architecture de Champ d’Action, le programme pour jeunes Frontsid[t]e/Back[-]side, une apothéose de verdure et de fleurs en ville et une fête
de clôture dans le Parc Astrid fêtant ses 150 ans d’âge.
Outre les Journées du Patrimoine, BRUGGE 2002 prit encore deux autres initiatives à
son programme: le Week-end du Patrimoine du 20 et 21 avril avec un ensemble
d’événements placés sous le thème “collectionner”, organisés par le Service du
Patrimoine de Bruges, et la première Journée de l’Architecture, organisée par
l’Institut flamand d’Architecture, avec des visites guidées de projets d’architecture de
BRUGGE 2002.
Musique
La réalisation la plus importante que 2002 valut à Bruges est incontestablement le
Concertgebouw. BRUGGE 2002 fut le premier à y présenter des programmes. Nous fîmes le
choix de programmer des choses très diverses, en guise de mises à l’essai et d’explorations de
frontières. Mais nous avons également programmé certaines productions dans le dessein de
mettre parfaitement en valeur cette superbe infrastructure.
Nous avons également programmé des événements dans nombre de lieux disséminés dans la ville. Il y eut 39 projets au total, permettant à près de 300 orchestres ou
groupes de musiciens de se produire. Plus de 55 000 billets furent vendus. En comptant les manifestations musicales gratuites, nous arrivons à une estimation de près
de 90 000 auditeurs. Un large public pour un programme très diversifié.
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Séries
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Nous avons programmé bien des séries, tant symphoniques que vocales, du classique
au contemporain et expérimental. Sans oublier le folk, les musiques du monde et le
jazz. Hommage – Création était une série de cinq concerts pour orchestre, avec d’une
part, une oeuvre classique forte et d’autre part, une création flamande rarement
jouée. L’Orchestre national de Belgique, deFilharmonie, le Vlaams Radio Orkest,
l’Orchestre symphonique de Flandre et la Beethoven Academie exécutèrent cette
série et jouirent ainsi de leur première expérience acoustique dans la Salle de
Concert.
L’acoustique de premier ordre fut d’emblée perçue lors du concert d’ouverture le
20.02.2002, lorsque Anima Eterna inaugura le Concertgebouw avec ‘La création’ de
Haydn.
La plupart de ces orchestres se produisirent dans d’autres programmes tout au long
de l’année. Le Vlaams Radio Orkest donna un concert remarquable avec Raymond
van het Groenewoud et Will Tura. La journée AQUARIUS de la KBC, deFilharmonie se
donna à fond dans des créations d’étudiants en composition et un concert de clôture
avec Tom Barman (dEUS). Des orchestres
étrangers apportèrent, eux aussi, leur belle
contribution: le Wiener Symphoniker,
l’Orchestre National de Lille et The
Orchestra of the Renaissance.
La Salle de Musique de chambre emporta
sur-le-champ tous les suffrages, surtout
pour son atmosphère particulière de ‘cortile’.
Elle fut inaugurée par le Spiegel Strijkkwartet, le premier dans une série de cinq
prestigieux quatuors à cordes, dont les quatuors Keller, Danel, Schönberg et Minguet.
© STEFAAN YSENBRANDT
Festivals
Divers festivals furent organisés selon une
certaine ligne ou sous certains thèmes.
BRUGGE 2002 compléta de quelques
concerts Musica Antiqua, festival renommé
de musique ancienne. Près de 14 000
billets furent vendus pour cette quinzaine
du festival qui compta 27 concerts. BRUGGE
2002 imagina aussi de nouveaux festivals,
tels que American Air, un festival ayant
Films anciens au fil de l’eau
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pour thème la musique contemporaine d’inspiration américaine. Le concept était de
Lukas Pairon et Jean-Luc Plouvier, les exécutants étaient Klangforum Wien, Ictus, le
Quatuor Danel et Black Jackets Company entre autres. Ce ne fut pas un festival facile, mais il éveilla néanmoins chez le public de l’intérêt pour des styles de musique
moins connus.
Over-stemmen était un festival de deux jours présentant de nouvelles interprétations
d’ancienne musique polyphonique médiévale avec Bl!ndman, Grain de la Voix,
Ricercar Consort et Frederic Rzewski. Il semble ici aussi que le public doit s’initier
petit à petit à de tels festivals innovants, mais avec 600 auditeurs au total l’on peut
faire état d’un résultat excellent et satisfaisant.
Le nouveau festival Jazz Brugge 2002 récolta un magnifique succès avec ses 4 000
spectateurs et le vif intérêt que manifesta la presse. Il draina une foule de musiciens
européens haut de gamme issus du monde du jazz. Les organisateurs ont l’intention
de continuer à éditer ce festival tous les deux ans.
Brugge 2002 participa aussi au coffret cd ‘The Finest in Belgian Jazz’, avec groupes
de jazz belges au plus haut niveau, émis par le centre culturel De Werf. Un cd de la
série fut présenté chaque mois, accompagné d’un concert embargo. Ce projet connut
un rayonnement loin au-delà de Bruges et le coffret cd fut couronné du ‘Choc de l’année 2002’, attribué par le magazine français Jazzman.
NEXT.WAV,
un parcours en ville avec 19 installations de paysage sonore le long des
canaux, était un festival particulier à l’intersection de l’art contemporain et de la
musique, dont le concept nous vint de Joris De Voogt.
Trois écoles supérieures y collaborèrent: Le Fresnoy de Tourcoing (F), l’Institut für
Angewandte Theaterwissenschaft de Giessen (D) et le Rits de Bruxelles. NEXT.WAV fut
une réelle plate-forme pour ces jeunes artistes de son. Entre étudiants, artistes de son
et soundscapers renommés se tissa une passionnante interaction. En marge de ce
grand parcours, Clingfilm et (K-RAA-K) présentèrent un festival OFF.WAV où de jeunes artistes travaillèrent avec du nouveau recyclage.
Ce projet fit fort parler de lui au niveau artistique. Ce fut un véritable exploit d’avoir
pu finaliser tous ces projets correctement. Hypersensible, l’appareillage de haute
technologie placé dans des endroits insolites nous joua des tours plusieurs fois, sans
compter le fait que les installations furent quelquefois victimes de vandalisme ou
même de complète destruction.
Champ d’Action créa un festival Musique et Architecture, englobé dans les Journées du
Patrimoine. Sept compositeurs belges et étrangers se laissèrent inspirer par des lieux
© MEPHISTO
© A PRIOR
Octopus
© FOKKE VAN DER MEULEN
de Bruges très diversifiés. Espace et son
ainsi mariés animèrent un parcours
subtil et très diversifié d’architecture et
de musique à travers la ville.
Opéra
En matière d’opéra nous avons programmé Schöne Geschichten par le Prometheus
Ensemble sous la direction de Etienne Siebens, L’Orfeo par I Barocchisti sous la direction de Diego Fasolis et Il Re Pastore par Il Fondamento sous la direction de Paul
Dombrecht. En collaboration avec le festival bruxellois Ars Musica nous avons programmé What Next?, exécuté par deFilharmonie sous la direction de Peter Eötvös.
Mais le plus grand défi fut relevé par la nouvelle production d’opéra Antigona, que
BRUGGE 2002 co-produisit avec Muziektheater Transparant et Salamanque 2002.
L’orchestre baroque – sous la direction de Paul Dombrecht – et le chœur La Sfera del
Canto exécutèrent cet opéra de Tommaso Traeta, compositeur du XVIIIe siècle, selon
une surprenante mise en scène de Gerardjan Rijnders. Antigona eut sa première à
Bruges et se joua encore trois fois devant des salles combles.
© HUGO MAERTENS
Le vaste monde à livres ouverts
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C O N C I S
La voix humaine dans de nombreux
genres de musique fut reine au célèbre
festival d’ateliers Institute for Living
Voice, qui put tester à Bruges les multiples ressources du Concertgebouw.
David Moss, Meredith Monk, Lydia
Lunch, … ils étaient tous convaincus!
BRUGGE 2002 se manifesta encore pleiHaute Coiffure (Leeslamp)
nement en musique vocale par la soprano Maria Christina Kiehr, le Collegium Vocale dirigé par Paul Van Nevel et La Petite
Bande sous la direction de Sigiswald Kuijken. Toutes, tant qu’elles étaient, de superbes soirées à guichets fermés.
Pop, rock et underground
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BRUGGE 2002 et le centre de
musique Cactus de Bruges mirent
ensemble sur pied quatre concerts:
Chocolat Genius, Tindersticks,
Mafalda Arnauth et Marianne
Faithfull, et quatre Label nights, aux
labels connus et moins connus et
parsemés de DJ, VJ et effets à
médias multiples. Et le 21e Festival
Cactus eut lieu au Minnewaterpark,
avec entre autres St Germain
comme grand pôle d’attraction.
Mais l’événement de musique le
plus intense pour jeune public
s’est déroulé sur le Stubnitz.
BRUGGE 2002 amena ce cargo
Le pavillon de Toyo Ito sur le Burg
transformé de Rostock, en Allemagne, à Bruges, où il joua les
ports d’attache pour 170 prestations de petits groupes underground, groupes à leurs
débuts, connus et moins connus.
Musiques du monde et folk
© GALLERIA FRANCHETTI ALLA CA’D’ORO
Rembetika mena à bien trois projets de musiques du monde et de folk. La cinquième
édition du Brugges Festival présentait un programme solide avec Madredeus, Guo
Yue, Anouar Brehem, Koen De Cauter… Une aussi grande appréciation alla vers le
festival Anciens et Nouveaux Belges, où le folk belge déjà bien établi se retrouvait face
à des noms nouveaux: Jan De Wilde, Catherine Delasalle, Olla Vogala, Brise l’Ame,
Fluxus, Tango al Sur,… Et il y eut ensuite les Caravanes, musiciens qui passèrent trois
jours durant par plusieurs faubourgs de
Bruges, pour conclure par un happening de
deux jours dans le Parc Sebrechts.
Sans oublier...
Brugge 2002 avait aussi son “orchestre maison”. La Flat Earth Society ouvrit l’année culturelle par un cortège partant du pavillon de
Toyo Ito de la place du Burg vers le
Concertgebouw. Durant le week-end d’ouverture ils se produisirent dans de nombreux
endroits. Ils se rendirent même à la prison
pour un concert, collaborèrent à Patatboem et
jouèrent à en décorner les bœufs durant la
parade des marins de Sail. En guise de bouquet final, FES jeta des feux avec brio sur la
grande scène du Concertgebouw.
Signalons pour finir qu’un nombre de représentations de théâtre et de danse furent
accompagnées par de la musique live. Pour
ne citer que Ictus pour Rosas, le Vlaams
Radio Orkest pour le Lac des Cygnes et le
Madrigaalkoor pour SS.
Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud
© GAL
Arts du spectacle
Pour les arts du spectacle aussi, BRUGGE 2002 proposa un
programme varié et néanmoins très affûté de danse, théâtre,
nouveaux médias, nouvelles performances. Nous prîmes
parti pour l’innovation et le jamais vu. Les créations inédites
étaient prioritaires quant aux pièces existantes, mais même
quand celles-ci étaient présentées, c’était pour la première
fois sur la scène brugeoise. S’appuyant sur le courant actuel
et le désir de nombreux artistes de scène et de metteurs en
scène, les programmes étaient souvent multidisciplinaires en
combinant parole, danse et musique. On joua en divers
lieux, dans des salles techniquement équipées pour le théâtre, mais également en des lieux tout à fait inattendus.
Un des projets les plus marquants fut incontestablement Dogtroep à la prison de Bruges. La compagnie de
théâtre néerlandaise Dogtroep s’est construit une renommée d’approche non-classique. Quatre semaines durant les acteurs et les gens de théâtre se sont laissés enfermer en prison, afin de créer ensemble avec les détenus un spectacle où personne ne
pouvait plus distinguer les acteurs des prisonniers. La vie et les témoignages des détenus et la forte envergure créatrice de Dogtroep résultèrent en une œuvre mémorable.
L’ensemble de ce projet – la préparation, la création, la présentation, la concertation
intense avec le Ministère de la Justice et la direction de la prison – en firent un
événement inoubliable qui restera gravé dans la mémoire de cette année de capitale
culturelle.
De même, l’adaptation très poussée du Roi Lear de Shakespeare par Luc Perceval et
Het Toneelhuis, co-produit avec BRUGGE 2002, Schauspielhannover et Schauspielhaus Zürich. L. King of Pain ne laissa subsister que le L de Lear, en campant une histoire de déclin irréversible, de crépuscule du pouvoir et de corps dépérissant. La langue parlée elle-même était surprenante: une langue artistique et poétique spécialement mise au point – pas du néerlandais ni de l’allemand, mais néanmoins compréhensible par sa force d’expression.
Tout aussi retentissante fut la nouvelle représentation SS de Josse De Pauw et Tom Jansen
dans une production de Het Net. La pièce était basée sur le livre Les SS des années 60,
dans lequel l’artiste Armando et le journaliste Hans Sleutelaar interviewent huit
Néerlandais anonymes qui s’étaient rangés du côté des Allemands durant la Deuxième
Guerre mondiale. Un certain nombre de ces monologues sont transposés à la scène, dans
un jeu d’ensemble de théâtre, de danse, de chant choral et de film. L’intérêt du public pour
cette oeuvre fut si grand que s’est imposée une représentation supplémentaire.
Josse De Pauw est un des artistes qui vint à Bruges à l’occasion de BRUGGE 2002 pour
y travailler de manière créatrice. Il devint directeur artistique de Het Net et y lança la
série Sproken (Contes), soirées marquées par ses invitations de ‘produire quelque chose’
sur la scène de Het Net qu’il avait adressées à de jeunes artistes ou à des artistes amis.
A l’occasion de son quinzième anniversaire, Needcompany créa en 2002 Images of
Affection. L’affection mise en images. Le swing de cette représentation pouvait servir
de symbole pour la recherche de limites au théâtre et comment manier le langage si
vulnérable de la scène et des images.
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Novateurs et brise-frontières
Press Cartoon Belgium
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De Werf: productif et multiple
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Le centre culturel De Werf était explicitement présent dans le programme de BRUGGE
2002. Il y eut le coup d’envoi d’un nouveau festival de jazz et l’édition d’un coffret cd
en dix parties, il y eut les nouvelles créations Les (é)migrants, de kavijaks (zonder hoofdletters) [les kavijaks (sans majuscules)], Het Moment, Leeslamp (Liseuse), le festival pour
enfants Jonge Snaken (Jeunes gaillards) et la reprise de Passages, représentation de
danse et de musique.
‘Bruges convient-elle comme lieu d’incubation pour l’animation artistique?’ A cette
question s’efforça de répondre Les (é)migrants, donnant aux artistes émigrés et immigrés de traduire leur relation à cette ville, qu’elle soit altérée ou non. Du théâtre encore
une fois non classique, mais un projet pour lequel le public se déplaça du Centre
d’accueil de demandeurs d’asile de la Croix-Rouge et la Kruispoort afin de pouvoir
s’arrêter à quatre performances ou installations. L’entrée en ville et la sortie furent
symboliquement soulignées par le choix des lieux et la promenade qui les reliait entre eux.
Interpréter de kavijaks (zonder hoofdletters) était depuis longtemps un de ces rêves
sauvages que caressait l’acteur Kurt Defrancq. Ce livre de Jozef Vantorre raconte comment une grande famille de pêcheurs a pu enthousiasmer plusieurs générations
d’habitants de Heist. Ce fut une représentation en solo qui fit vibrer le public du
début jusqu’à la fin. De Werf mit également au point Het Moment, son nouveau projet avec des jeunes qui fut un réel défi. Prenant la pièce de théâtre Les Sursitaires de
Elias Canetti et le mythe de Narcisse comme point de départ, sept jeunes de seize à
dix-huit ans travaillèrent neuf mois à une représentation de l’individualité, des choix
à faire et de l’adulte en devenir. Les jeunes furent assistés par Ivo Opstaele, Jorre
Vandenbussche et Rik De Jonghe, mais déterminèrent eux-mêmes le contenu et la
forme de leur représentation.
Pour finir, De Werf présenta à guichets fermés à la Salle de Concert une ode au compositeur et musicien de jazz Kris Defoort, avc la reprise de Passages, une représentation de
danse et de musique et l’embargo du cd de jazz Sound Plaza par le Kris Defoort Quartet.
Arts d’amateurs sous les feux de la rampe
Pieter Aspe est une légende à Bruges. L’auteur le plus lu en Flandre a vu le jour dans
cette ville et y habitait jusqu’il y a peu. A la demande de BRUGGE 2002, il écrivit Vagevuur
(Purgatoire), un nouveau roman policier qui se déroule au Concertgebouw et dans les
alentours. Michel De Sutter adapta ce roman et en fit quatre pièces de théâtre au
dénouement passionnant. Coordonnés par Etienne Mommerency, le célèbre créateur
de cortèges, plusieurs compagnies théâtrales de la région brugeoise jouèrent
Ontmaskerd (Démasqué), un marathon des quatre pièces à la suite l’une de l’autre.
D’autres projets de compagnies d’amateurs firent partie du programme: un concert
© ROLAND PATTEEUW
© ANIMOTIONS
Concertgebouw, Salle de Musique de chambre (avant-projet)
Attachment+
avec les Cantores et le Pioneer Symphony Orchestra japonais, un événement réunissant
les écoles de danse brugeoises avec le Christian Dedeene Dance Factory, la Dansschool
Rose Deleyn, Fedes, le Ballet Olivia Geerolf, la Danshuis Tamara Jackson et la
Dansschool Ramon, Assebroek totaal présentant le spectacle total ‘Fanfare’ qu’ils
avaient créé eux-mêmes, ainsi que le fort apprécié [email protected], une chorale de vifs
sexagénaires américains.
Danse
Un Lac des Cygnes, beau à couper le souffle, que Jan Fabre et le Koninklijk Ballet van
Vlaanderen (Ballet royal des Flandres) présentèrent à Bruges, accompagné par la
musique jouée en direct par le Vlaams Radio Orkest. BRUGGE 2002 en fut co-producteur et en donna la première mondiale, caractérisée par la théâtralité si particulière de Jan Fabre.
Wim Vandekeybus et Ultima Vez furent nos hôtes avec deux représentations: la reprise
de Scratching the Inner Fields et la nouvelle production Blush.
De Berlin nous vint le magnifique spectacle de danse Nobody de la jeune chorégraphe
allemande Sasha Waltz, une des nouvelles étoiles au firmament international de la
danse. Meg Stuart l’est tout autant. Avec sa compagnie Damaged Goods, elle montra
sa nouvelle production Alibi, une représentation de défi et de confrontation, avec de
durs passages de danse et beaucoup de fragments de texte interpellant directement
le public.
La chorégraphe tchèque Lenka Flory présenta avec sa compagnie Déjà Donné sa nouvelle création In Bella Copia, une chorégraphie ludique exprimant rêves et souhaits,
relativisation et dégrisement.
Tous les programmes de danse bénéficièrent d’un large intérêt du public et se jouèrent souvent à guichets fermés. Ce qui prouve que les efforts fournis dans le passé
© DIMITRI VAN ZEEBROECK
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
Le Théâtre Municipal restauré
Eavesdropper
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La scène de danse en Flandre compte quelques compagnies de forte envergure internationale. Elles sont tout naturellement entrée en ligne de compte à BRUGGE 2002,
s’alignant à côté de compagnies étrangères. Il s’avéra que les ressources du
Concertgebouw au service des productions de danse impressionnèrent plus d’un, ressources encore plus manifestes quand elles sont combinées avec la musique jouée en
direct. A Rosas l’honneur de la dédicace. La compagnie de danse de Anne Teresa De
Keersmaeker célébrait en 2002 son vingtième anniversaire. Bon pour venir avec quatre représentations à Bruges, où jamais Rosas ne se produisit. Les reprises de
Drumming et Rain, la nouvelle représentation April Me et le film Fase, four movements
to the music of Steve Reich furent tous des révélations auprès du public. Relevons encore
la musique de Steve Reich jouée par Ictus pour accompagner Drumming et Rain, un
événement complet, garant d’ivresse artistique.
par le Centre culturel pour mettre de la danse contemporaine au programme ont résulté en un enthousiasme croissant du public.
Nouveaux médias et technologie
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La danse fut également présente en Format 2002, un nouveau festival sous le thème
des nouveaux médias et la nouvelle technologie dans les arts de la scène, que BRUGGE
2002 organisa en collaboration avec le Centre culturel de Bruges. Peter Roose fut le
commissaire de ce festival aux multiples facettes. Nous eûmes ainsi Charleroi/
Danses avec Body/Leisure, un spectacle de danse tourbillonnant dans une chorégraphie de Fréderic Flamand et un décor monumental de l’architecte-étoile Jean Nouvel.
Le groupe de jeunes belges HushHushHush dansa Bobo in Paradise, une confrontation de hip-hop et de mouvements corporels osés, presque mécaniques. La compagnie allemande Lilja présenta d’un pas léger Les Petits Poissons du chorégraphe Samir
Akika, où les danseurs s’essayèrent à l’interaction physique avec le média film en un
style décontracté à la Tarantino. Les danseurs de la troupe japonaise Leni-Basso firent
un pas de plus et livrèrent avec Finks une véritable bataille d’épuisement corporel,
une représentation multimédia hypnotisante et vive. Il y eut encore Paixão de As
Palavras en première à Bruges. Pour ce spectacle de danse sous le signe de la passion,
Claudio Bernardo s’inspira de la version que filma Pasolini de l’évangile de Matthieu.
Format 2002 signifia cependant plus qu’uniquement de la danse. Il y eut plusieurs
séances de musique où de la musique classique actuelle se combina avec des projections d’images, tels Ballet Mecanique du Hermes Ensemble, Screens de Champ
d’Action et Blattwerk de Arne Deforce. L’IPEM si réputé organisa durant trois jours
un atelier de nouvelle technologie en musique, réservé à de jeunes compositeurs. Ce
qui en résulta fut joué le dernier jour de Format 2002, qui se clôtura par Le Bal
Digital, avec plusieurs DJ et VJ, dont Walter Verdin. Granular Sythesis était pour la
première fois en Belgique et présenta Areal, production de son et de vidéo au caractère fortement méditatif.
Du côté de la parole et de l’image, nous eûmes la magnifique représentation intime,
quoique étrange, de Les Aveugles/The Blind. La troupe canadienne Théâtre Ubu fit de
la pièce de Maurice Maeterlinck une ‘fantasmagorie technologique’ par des masques,
bandes son et projections.
Le projet pour ainsi dire le plus ambitieux de Format fut la nouvelle création
Philoctetes d’Eric Joris, sur un texte de Peter Verhelst. Il se laissa inspirer par le mythe
grec de Philoctète et décrivit la guerre à l’intérieur du corps contre les blessures et le
dépérissement, en corollaire avec le rapport humain à la technologie. Ce fut un spectacle autobiographique particulièrement attachant, avec l’acteur Paul Antipoff paralysé jusqu’au cou et se servant d’une installation commandée par ordinateur.
Et pour finir, nous fut présenté un Circuit Format avec diverses installations, telles
que Archive du The Wooster Group, Pedestrian de Paul Kaiser et Riverbed, Katafalk de
la cie Mossoux-Bonté et une installation d’Eric Joris et de sa collectivité Crew.
Format 2002 fut important, surtout en son aspect d’expérimentation. Par son côté
artistique ce fut une révélation pour Bruges et bien au-delà. Des projets encore jamais
créés ou montrés furent présentés ici. Malgré l’ignorance quant au contenu, le public
montra un intérêt tout à fait satisfaisant, et la critique en fut particulièrement positive.
En co-production avec BRUGGE 2002, Les Philosophes, le dernier spectacle de l’artiste
Josef Nadj – de renommée internationale – présentait, lui aussi, une dimension multimédia. Sur des textes de l’écrivain juif polonais Bruno Schulz, Nadj présenta une
œuvre multidisciplinaire mêlant vidéos, danse et nouveau langage d’images dans
une arène ronde, spécialement conçue à cet effet. Woyzeck, une pièce antérieure de
Nadj, fut jouée au Concertgebouw et le Centre culturel se chargea d’une présentation
de ses œuvres plastiques.
En dehors des lignes
© DIETER TELEMANS
Autour de la marge
© STEFAAN YSENBRANDT
Week-end de la Verdure
Certaines représentations étaient non
conventionnelles à cause des moyens
utilisés ou des lieux où elles se déroulaient ou encore par leur caractère multidisciplinaire. Patatboem possédait ces
trois atouts, et bien davantage. Cette
nouvelle création de la collectivité théâtrale Laika de Peter De Bie mélangea
goûts, odeurs, couleurs et sons, les
porta à ébullition et les centrifugea jusqu’à obtenir un spectacle pour tous les
sens. Avec quelques musiciens de la
Flat Earth Society, Peter Vermeersch
accompagna de musique cette performance fascinante, à la grande joie d’un
large public.
Juste à la fin de l’année culturelle nous
avons encore programmé la dernière
création Parrots and Guinea Pigs de Jan
Fabre, qui fut co-produite par
Salamanque 2002. Une représentation
multidisciplinaire dans laquelle Fabre
alla délibérément plus loin dans sa
quête de métamorphose, la différence
entre l’homme et l’animal et la transformation du corps, la différence entre
instinct et perception des sens.
Et pour finir, nous évoquons avec plaisir
Le Bordel des Contes de fées. Qu’y-a-t-il de
plus sensuel que de se laisser cajoler personnellement dans une ambiance intime,
dans la mollesse des coussins, en écoutant les yeux fermés les histoires de Peter
Verhelst que vous chuchotent à l’oreille un acteur ou une actrice caressants? Ce
magnifique projet de Peter Verhelst, dans une production de Het Toneelhuis, fut
conçu spécialement pour BRUGGE 2002 et se poursuit dans ses tournées en Belgique
et à l’étranger, où il récolte de vifs succès.
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C O N C I S
© MAURICE BOYER
Dogtroep
Nous reçûmes en invité Raimund
Hoghe, un autre artiste étranger et
auteur de théâtre se profilant tout en
force. Il séjourna plusieurs semaines à
Bruges pour élaborer son projet expérimental avec douze jeunes de près de
vingt ans. Avec beaucoup de musique
chantée – de Dalida à Bach – et peu de
paroles, un minimum de gestes et une
sensualité émouvante, il fit de Young
People, old voices un projet qui rendit
force et puissance à ce que vit un
homme de l’intérieur, grâce à cette
confrontation d’être jeunes et de voix
anciennes.
Film et médias
B R U G G E
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Création
Q-tag, l’organisation brugeoise pour les jeunes
et le film, permit à cinq jeunes entre seize et
dix-huit ans de réaliser leur propre film, un
court métrage. Une année de sessions de
remue-méninges et d’ateliers sur l’écriture de
scénario, la régie, la caméra, la lumière, la
photographie et le son aboutit à El Fish d’Or, un
court métrage haut en couleur, abstrait et poétique.
El Fish d’Or
© ALMASI LAJOS
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© Q-TAG
Nous ne pouvons pas passer outre au fait que le
film et la culture visuelle interviennent de plus en
plus explicitement dans notre culture et qu’ils la
déterminent de plus en plus. BRUGGE 2002 n’est
pas resté insensible aux rêves rebelles d’un certain
nombre de cinéastes et a permis à quelques nouveaux projets de germer avant de se développer.
Côté contenu, c’est d’une manière fort différente
que plusieurs projets se sont vu offrir une place
dans le programme.
Quatuors à cordes
Le drame de quarante-huit réfugiés chinois décédés en 2000 dans un conteneur
inspira Jan Lauwers, metteur en scène et plasticien, à réaliser son premier long
métrage, Goldfish Game. Un film sur la jalousie, le pouvoir et les idéaux perdus.
Dans leur court métrage Het oog van de Zee (L’œil de la Mer), le réalisateur Dany
Deprez et l’auteur-philosophe Frank Van De Veire racontent une histoire d’amour,
avec un style de caméra faisant penser à un film à suspens et avec la nature intervenant comme troisième personnage. Sur le plan de la production, ils ont intentionnellement opté de collaborer avec les écoles supérieures Sint-Lucas Gent et Narafi
Bruxelles, et les acteurs n’étaient pas des professionnels. Pour le projet, cela signifia
un engagement supplémentaire.
Production
Le festival du film Cinema Novo s’impose depuis plusieurs années déjà comme le
moteur de la distribution de films venus d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. En
concertation avec Cinema Novo, BRUGGE 2002 a décidé d’attribuer deux primes pour
la postproduction. Les deux films ont été présentés lors du festival Cinema Novo.
Rachida est même allé au-delà et a obtenu une Sélection officielle à Cannes. Le film
a été reprogrammé lors du mois du film BRUGGE 2002 en automne.
Dany Deprez et Jean-Claude Van Rijckeghem arrivèrent à BRUGGE 2002 avec un scénario très convaincant, et nous avons accepté avec plaisir de leur donner un premier
coup de pouce. Ainsi, on trouva relativement vite les moyens nécessaires pour le film
de famille Science Fiction. Le résultat est un film splendide qui a presque entièrement
été tourné dans la région de Bruges.
Le contenu comme lien
Les projets de film suivants ont été réalisés parce que leur contenu constituait un lien
inhérent avec d’autres aspects du programme BRUGGE 2002.
Le 18 mars 1982 Fase, four movements to the music of Steve Reich passa en première au
Beursschouwburg à Bruxelles. Ce serait le début d’une carrière internationale particulièrement réussie de la compagnie de danse Rosas. A l’occasion des 20 ans de
Rosas, Thierry De Mey réalisa une version filmée des débuts d’Anne Teresa De
Keersmaeker. La version filmée de cette chorégraphie répétitive et minimaliste montre un dynamisme surprenant et inoubliable dans un positionnement spatial clair et
une photographie poétique.
Les Guerriers de la Beauté est le résultat d’une rencontre entre le cinéaste français
Pierre Coulibeuf et le chorégraphe flamand Jan Fabre. Coulibeuf parvint à égarer le
spectateur dans l’univers bizarre de Fabre. Un film comme un labyrinthe, où le spectateur est tantôt guidé, tantôt trompé.
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C O N C I S
Pendant le printemps de 2002, le projet Autour de la marge réunit quatre personnes
handicapées mentales et quatre artistes professionnels lors d’un atelier qui dura une
semaine. Gerard Preszow en distilla le documentaire Duos en résidence. Le film va à
la recherche de l’essence de la confrontation artistique dans ce projet. Un document
qui montre les malentendus, les clichés, les douleurs et les plaisirs des quatre duos à
l’intérieur des limites non marquées de l’art.
Bruges et le film
Bruges en images. Bruges photogénique. Bruges comme décor, comme document,
comme méditation. La collaboration avec la Cinémathèque royale mena à un programme particulièrement et vivement varié, avec des extraits soigneusement restaurés provenant des documentaires et des films de fiction, des films de promotion et
des publicités d’antan. Le tout fut présenté sur un bateau Euroline qui se trouvait sur
le canal reliant Bruges et Zeebrugge. Films anciens au fil de l’eau fut composé par deux
étudiants fraîchement diplômés de l’école de cinéma RITS: Filip De Zeure (régie) et
Samuel Vanwalleghem (composition).
© PROVINCIAAL MUSEUM VOOR FOTOGRAFIE ANTWERPEN
Portrait d’une ville, Bruges 1847-1918
Malpertuis (Harry Kümel) et The Nun’s Story (Fred Zimmerman) sont deux classiques
qui ont partiellement été tournés à Bruges. Lors du mois du film BRUGGE 2002, le
public put exceptionnellement revoir les deux films sur grand écran. Une version soigneusement restaurée de Malpertuis fut présentée au public en présence du metteur
en scène. La discussion qui suivit la présentation dans le café De Republiek, apporta
un témoignage véritable d’une partie de l’histoire du film flamand.
Atelier
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Brugge 2002 se voulait être un stimulant pour l’organisation d’ateliers et de masterclasses spécialisés, qui pourraient faire de Bruges un lieu de rencontre de la création
et de la formation artistiques. Il n’y avait pas que le court métrage L’œil de la Mer.
Pendant Cinema Novo on organisa aussi une masterclass de plusieurs jours pour les
étudiants du RITS et de Sint-Lukas Bruxelles, qui les fit tomber sous le charme du
cinéaste japonais Masahiro Kobayashi. Il en va de même pour le projet du court
métrage El Fish d’Or de l’asbl Q-tag, que nous avons déjà mentionné plus haut, qui
permit à de jeunes cinéphiles, assistés d’experts, de faire leurs premiers pas dans la
réalisation d’un film.
Tomber sur des images
A longueur d’année, le public put voir toutes sortes de projets de courts métrages.
Une série d’écrans 16/9 se trouvant à certains endroits fixes, tels que la Maison 2002
et le Comptoir de la culture, et à d’autres endroits temporaires dans le centre de la
ville, et l’écran géant du Concertgebouw, faisaient fonction de lieux de projection
publiques. C’est là que pendant l’année culturelle se développa une dynamique fascinante d’expériences, de jeunes talents moins connus. Ainsi, il y eut le circuit du
court métrage de Cinema Novo dans la ville, grâce auquel sept courts métrages
d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine furent accueillis dans un forum public. Format
2002 présenta l’inoubliable Pedestrian sur et autour du Concertgebouw, pendant
Station2Station David Neirings fit passer ses images imprégnées de spatialisation
urbaine, pendant le projet d’écoles Seven Joys / Seven Senses de jeunes Européens
montèrent pendant toute une semaine chaque soir 1 minute d’expériences cinématographiques fraîches, et nous en passons.
Nouveaux médias
Les nouveaux médias ne constituaient pas la composante la plus frappante du programme, mais ils étaient bel et bien présents dans les différents projets. Par exemple,
lors du festival KIR, avec une projection internet de Honoré ∂’O et une installation
multimédia de Mo Becha et de David Neirings.
Même s’il y avait The People Network (voir Littérature et Débat), ainsi que le projet
’t Kl!kt, un projet internet pour les quartiers, ou encore des projets de site web par-ci,
par-là, une nouvelle conscience des nouveaux médias et des applications technologiques dans l’art s’est avérée quasi inexistante. En revanche, les nouvelles technologies et les médias constituaient explicitement le point de départ pour le nouveau festival Format 2002, qui a été mis sur pied en collaboration avec le Centre culturel.
© SÉBASTIEN REUZÉ
Ben Okri (Le mythe de l’Europe)
Quartiers et monde
Plus que n’importe quels projets culturels, les projets de participation sont sujets à la participation, au dialogue, à l’interaction, à l’intensivité du temps et à la recherche fragile d’un
équilibre entre la créativité, la qualité, l’engagement et l’accessibilité.
Malgré une vie de quartier et de société animée à Bruges, d’une part, et un large éventail
d’initiatives culturelles et artistiques, d’autre part, ces deux mondes semblaient plutôt coexister séparément. Une participation au sens actuel du mot n’était de toute façon guère perceptible à la fin du vingtième siècle à Bruges.
La plupart de ces projets ont eu un succès énorme et ont
en plus attiré des milliers de personnes. Si l’on veut parler de participation et qu’on veut faire tomber des barrières, cela peut compter! Grâce à ces projets, de nombreuses centaines de personnes ont par exemple découvert le
Concertgebouw, la Bibliothèque Municipale ou l’une des
nombreuses initiatives de BRUGGE 2002.
Le projet recouvrant le plus d’activités fut incontestablement Wijk-Up. Trois quartiers de Bruges – Sint-Pieters,
Zeebrugge et Sint-Jozef – montèrent un authentique festival. Chaque festival durait cinq jours et offrait une multitude d’activités. Certaines de ces activités furent organisées dans les trois quartiers, d’autres furent uniquement
mises au point dans et par l’un d’entre eux. Le Chapiteau
d’Escale constituait en quelque sorte le fil rouge, qui
© STEVEN SLOS
Sous le dénominateur Quartiers et Monde nous pouvons distinguer trois sortes de
projets:
• Les initiatives BRUGGE 2002 où nous avons recherché une collaboration avec les
quartiers et les partenaires culturels (Wijk-Up, Stijlstraten).
• Les initiatives du terrain, provenant surtout des groupes d’action ou des compagnies d’amateurs qui ont mis au point un événement à grande échelle en dialogue
avec BRUGGE 2002 (Bruggen met het Zuiden [Jeter des ponts entre Bruges et le
Sud], Journée de la Solidarité, Semaine des arts d’amateurs, Assebroek Totaal, Écoles de danse,…).
• Les initiatives pour lesquelles des organisateurs cherchaient à collaborer avec
BRUGGE 2002 afin d’entamer un travail de réflexion et d’agir sur une base de participation et de réflexion (’t Kl!kt, Histoire orale, Congres Van Straks en Nu [L’avenir
… et le présent]).
[email protected] - reconstruction du
palan municipal historique
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C O N C I S
BRUGGE 2002 avait la très sérieuse intention de prévoir des projets socioartistiques au
sein de son fonctionnement. Pour réaliser cet objectif, l’organisation a même engagé
un collaborateur de programmation à temps plein.
BRUGGE 2002 redoutait, d’une part, un discours superficiel et quantitatif sur la participation et, d’autre part, les effets secondaires fâcheux qui résultent d’initiatives
socioculturelles ou socioartistiques trop uniques ou trop éphémères et qui laissent
leurs traces dans la vie de société. C’est pourquoi le dialogue et la confrontation n’ont
été évités à aucun moment. Ce qui serait finalement réalisé grâce à ces projets, dépendait donc autant de l’ardeur sur le terrain que des efforts de l’équipe de BRUGGE 2002.
Nous avons toujours eu la conviction que cela n’aurait pas de sens de lancer des projets, si aucune dynamique de base n’était présente dans les organisations ou les quartiers. Et heureusement, une bonne dose de fête fut loin de nous déplaire.
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allait de quartier à quartier. La cinémobile fut également utilisée à trois reprises.
L’ouverture officielle dans les trois quartiers se fit chaque fois avec des discours des
riverains et avec un programme culturel que le quartier composa lui-même. A SintPieters, Flat Earth Society fut à l’honneur avec un défilé de fanfares, à Zeebrugge on
jalonna un itinéraire artistique et Sam Louwyck y présenta de la danse et du théâtre
de mouvement et à Sint-Jozef, Johan Debruyne composa un parcours d’arts avec
l’œuvre d’artistes qui avaient travaillé plusieurs mois dans le quartier même. On y
joua au Push Corner, un jeu de football spécial avec un ballon carré, imaginé par l’artiste contemporain Fabrice Hybert. Pendant les trois semaines de Wijk-Up on put
aussi voir circuler le Kamishibai. Ce vélo aux narrations recueillit des histoires qui
résultèrent finalement dans la publication de trois beaux livres d’enfant avec des narrations provenant de ces trois quartiers. Mais le programme offrit bien plus que cela,
avec des podiums libres, des concours ‘à la recherche d’une nouvelle star’, des présentations pour enfants, un bal populaire, et surtout une grande ambiance de fête.
Stijlstraten (Rues stylées) visa aussi à cette ambiance de fête et attira pendant tout un
week-end l’attention sur la Langestraat à Bruges. Cette rue a la réputation d’être la rue
offrant la plus grande diversité de Bruges – on y trouve toutes sortes d’établissements, du restaurant trois étoiles au cybercafé. Un bus décapotable emmena les visiteurs, passant devant des spectacles flamboyants racontant des faits, des légendes et
des mensonges, avec des acteurs du quartier dans la peau de notables locaux et de
fous du village. La partie off se déroula de façon plus sérieuse: des habitants et des
commerçants, des organisations et des centres de services locaux y ouvrirent leurs
portes pour une rencontre.
’t Kl!kt fut un projet remarquable pour une capitale culturelle. L’objectif était de faire
participer des gens peu qualifiés à BRUGGE 2002. D’une part, des cours et des échanges d’expériences durent familiariser des gens de ce groupe cible avec les nouveaux
moyens de communication tels que l’internet et le courrier électronique. D’autre part,
le programme de BRUGGE 2002 constitua le point de départ de toute communication,
jusqu’à la participation même. Beaucoup de gens qui ne passeraient jamais le seuil
du Concertgebouw ou d’une exposition le firent cette fois-ci, car ils furent bien préparés et ils purent se donner rendez-vous pour y aller ensemble.
Avec Wijk-Up et Stijlstraten, BRUGGE 2002 a expérimenté avec de nouvelles formes
de culture populaire, ce qui, à juste titre, doit recevoir une attention particulière
aujourd’hui. Nous avons choisi des projets qui se réalisaient en dialogue et en
confrontation avec les habitants, mais qui contenaient toujours une plus-value –
artistique ou non – par rapport aux choses connues et banales.
© MICHAEL MAIERHOF
Bart Moeyaert (Le mythe de l’Europe)
Littérature et débat
BRUGGE 2002 n’a jamais eu l’ambition de présenter un programme littéraire représentatif
ou à grande échelle. Ce que nous voulions, c’était que la littérature et la réflexion soient présentes comme fil rouge, comme inspiration respirant tranquillement à travers le programme. Le fait que nous avons choisi un poème comme thème et fil rouge de BRUGGE 2002 en
est un bel exemple. Jamais avant, la poésie n’a pu transmettre à un public un programme
culturel d’une année entière avec une aussi grande évidence.
Du mythe contemporain au bordel des contes de fées
en passant par la littérature de chevet
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C O N C I S
Il y eut des discours et des rencontres avec les grands maîtres européens des belleslettres, qui vinrent réfléchir sur le mythe et la réalité dans l’Europe d’aujourd’hui.
Ceci s’inscrivit dans une série de sept rencontres littéraires internationales sous le
titre De mythe Europa (Le Mythe de l’Europe), avec comme invités éminents Bart
Moeyaert, Kader Abdolah, Moses Isegawa, Jef Geeraerts, Andreï Makine, Adriaan Van
Dis, Hella Haasse, Orhan Pamuk, Jonathan Coe, Ben Okri, Julia Kristeva, Pierre
Mertens, H.M. Enzensberger et Cees Nooteboom, et comme modérateur Jean-Pierre
Rondas.
Il y eut la réflexion de tous les jours, la biographie du passant qui devint histoire dans
The People Network, connecting cultures, un projet de réseau multimédia qui se déroula simultanément à Berlin, Amsterdam et Bruges.
© YVES JEANMOUGIN
Il y eut la fête des livres pour enfants:
Onder dak, l’ouverture officielle de la
Semaine du livre flamand pour la jeunesse.
Il y eut l’intimité des moments de lecture et d’écoute où des auteurs dévoilèrent leur littérature de chevet au
public dans la maison de théâtre De
Werf. Dans la série Leeslamp
(Liseuse), nous pûmes jeter un coup
d’œil dans la bibliothèque de sept
compagnies de théâtre flamandes et
néerlandaises.
Ou encore: les excès obstinés du collectif littéraire brugeois ’t Venijnig
Gebroed avec GAT, une expérience littéraire qui réécrivit une légende locale
en un parcours multidisciplinaire à
travers la ville.
Kunstkoters
© JOOST GOETHALS
Il y eut moyen de réagir à des
moments d’inspiration ravivante, tel
que le cross-over entre Wijk-Up, le
projet du Service du Patrimoine sur le
patrimoine oral et le programme pour
enfants en collaboration avec Art
Basics for Children (ABC), qui produisit
Brugge Inside Out
trois livres kamishibai, dans lesquels la culture populaire se
confond à la littérature pour
enfants.
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© TRUI GALLE
Et dire que nous n’avons toujours pas parlé du Bordel des
Contes de fées de Peter Verhelst,
qui offrit aux visiteurs la possibilité de se régaler d’une narration sur un fond d’expérience
voluptueuse totale, les remplissant ainsi d’énergie.
Benoît
Réflexion et débat
A pas mal d’instants, la réflexion fut très concrètement présente: les débats, les
congrès, les conférences et les moments d’échanges d’idées concernant tous les
moyens par lesquels l’art essaie de sauver le monde.
Pendant la série de conférences Vivés 2002 (en collaboration avec la Volkshogeschool
et le Collège de l’Europe) sur la défavorisation, la culture et le développement urbain,
par exemple. Ou Na de Beeldenstorm (Au-delà de l’iconoclasme), un colloque de trois
jours (organisé par l’asbl Moritoen) pendant lequel des philosophes se penchèrent
sur la spiritualité et le sens qu’on donne à la vie aujourd’hui. Un colloque et une série
d’exposés sur la photographie et le développement urbain dans le cadre de l’exposition
Portrait d’une ville, ou une série de conférences Architectes, artistes, visionnaires de
l’association architecturale Archipel, pendant lesquelles des architectes vinrent raconter leur vision sur la place de l’architecture contemporaine dans une ville telle que
Bruges. Il y eut les conférences du groupe Christenen 2002 et un colloque international Recht op Cultuur (Le Droit à la Culture), où les participants échangèrent leurs
expériences et leurs idées sur l’intégration culturelle dans notre enseignement européen. Et finalement, Bruges fut en 2002 la ville d’accueil de bon nombre de congrès,
tels que le Congrès européen d’Oxfam sur le commerce équitable, le congrès sur le
tourisme culturel de la K.U.Leuven et l’Office du Tourisme de Flandre, le congrès
international d’Europa Nostra etc.
Klinkers
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
ENFANTS ET JEUNESSE
Nous étions prévenus. Que d’une année à l’autre, la jeunesse se casse la voix en vain, que
les maisons de jeunesse font faillite, qu’il n’y a pas ou insuffisamment d’espaces de répétitions
ou de salles de fêtes ou qu’ils sont surréglementés, que les fauteuils de cinéma sont sûrement
déchirés et que, pour le reste, il ne se passe jamais rien. Qu’une fois dix-huit ans, on referme tout simplement la porte derrière soi pour aller chercher ce que l’on n’a pas, à Gand,
Anvers ou Bruxelles, et pour ne plus jamais revenir. Que Bruges, c’est fichu pour les jeunes.
Pris entre les faits et les discours, BRUGGE 2002 décida de s’occuper de ce domaine
rebelle. Le simple fait que BRUGGE 2002 engagea trois programmateurs jeunesse à
temps plein dans son équipe propulsa le programme pour les jeunes en tête de la
liste des priorités!
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Captez la ville
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
Kaapstad n’obtint certainement pas le succès dont nous et beaucoup d’autres avions
rêvé, mais il fut assez important en tant qu’affirmation et preuve que, quoi qu’il en
soit, la ville de Bruges et les jeunes forment une cohésion. En novembre 2002,
Bruges avait probablement mûri d’une décennie par rapport à l’année 2000. La maison des jeunes Den Dwarskop a été sauvée de la faillite, le site de Kaapstad abritera
le nouveau Centre régional pour la culture des jeunes, au cours de ces deux dernières
années, on a trouvé des podiums et des moyens pour les organisations de jeunes, des
projets inoubliables sont passés en revue, on a construit une salle de concert avec des
places debout pour des concerts de musique pop et rock, le nouveau plan politique à
suivre concernant les activités sociales en faveur de la jeunesse est entré en vigueur,
… Il y a eu beaucoup de démarches, il y a eu beaucoup de recherches, il y a eu des hauts et des bas,
mais quand on se trouvait “en bas”, on a trouvé les
moyens de rebondir encore plus haut la fois suivante.
Outre ce propre programme – qui fut très intense tant du point de vue du budget, que de celui de
l’organisation ou de la production – la ville dut
aussi capter l’attention comme étant la Place To
Be. Des événements pour les jeunes qui font
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A vrai dire, une scène de jeunes mécontents et insoumis n’est en soi pas une donnée
anormale. En fait, il s’agit plutôt d’un must. Une première grande tâche consistait à
donner un porte-parole à ces voix. Un podium et un forum pour une culture de jeunes.
Pour cela, il fut créé une devise et un cadre: Kaapstad. Pendant un mois entier, la culture des jeunes se trouva au centre de BRUGGE 2002. Le site du festival présenta plein
d’activités avec des ateliers et des présentations: la musique, l’art vidéo, la mode, la
stand-up comedy, le cinéma, … Le site se trouvait à côté du bateau de concert allemand Stubnitz, un entrepôt, un emplacement de conteneurs et le bâtiment Entrepot,
le futur centre des jeunes. Le Stubnitz fut le pôle d’attraction central. Pendant plus de
trois semaines, pas moins de cent vingt groupes belges et une cinquantaine de groupes étrangers y présentèrent leur numéro.
Au même moment, en ville, plusieurs organisations mirent la dernière main à différentes productions pour les jeunes: des répétitions de théâtre (Beet, Sorry dat..., Het
Moment,…), un court métrage (El Fish d’Or), et un projet international surprenant qui
visait à orner huit façades en ville de créations entêtées sur le patrimoine et l’architecture (Frontsid[t]e/Back[-]side).
salle comble à Anvers, Gand ou Bruxelles, devaient aussi pouvoir se tenir à Bruges,
entendait-on dire. La finale de De Kunstbende descendit à Bruges et s’empara du
Concertgebouw avec verve, tout comme différents autres festivals d’art pour enfants:
Kunstkoters, Oorsmeer et Onder Dak, l’ouverture de la Semaine du livre flamand pour
la jeunesse 2002.
La Culture est entrée à l’école comme sur des roulettes
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BRUGGE 2002 était aussi emporté par un souci social plus large sur la place que tient
la culture dans la vie quotidienne et plus particulièrement à l’intérieur des murs scolaires. Nous avons conçu une série de projets qui se sont développés de manières différentes, mais qui avaient comme point commun la culture en tant que méthode
d’apprentissage.
Pour l’enseignement primaire, il y eut le Culturomobile, qui roula littéralement dans
les cours de récréation brugeoises, un véritable attrait roulant de la Capitale culturelle. Il s’agit d’un lieu de travail où les enfants purent réfléchir sur l’art et la culture de
façon active et créative. Ensuite, fut développé le projet Kabba: un sac rempli de culture sur mesure pour les enfants. Ainsi, à travers trois promenades thématiques les
enfants apprirent à découvrir la ville de façon active et à partir de leur propre monde
d’expériences. Avec une fierté appropriée, nous pouvons dire que ce projet fut le coup
dans le mille et qu’il peut être considéré comme l’un des projets innovateurs quant à
l’expérience urbaine actuelle. Plus de 3 316 enfants se mirent en route avec ce sac culturel, et le projet aura une suite.
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
L’air de carillon de BRUGGE 2002
© DANIËL DE KIEVITH
Pour l’enseignement secondaire, fut élaboré le projet KIR (Kunstenaars in Residentie –
Artistes en Résidence). Un projet lors duquel six trios d’écoles, d’entreprises et d’artistes entrèrent en dialogue l’un avec l’autre pendant toute une année scolaire. KIR fit
ainsi œuvre de pionnier dans de nouveaux accords de coopération et il souleva des
questions jusqu’alors étrangères aux participants, qui pour la première fois se
confrontèrent de façon aussi concrète. Des questions sur la globalisation, l’internationalisation, les missions d’entreprise, les formes et le contenu didactiques de l’enseignement comme réflexion sous-jacente. KIR collabora avec un éventail de niveaux
de formation et se porta volontairement candidat comme ‘cobaye’ pour de nouvelles
formes d’intégration culturelle dans notre enseignement. Vu sa grande importance,
le projet fut également suivi de
près par le monde scientifique et
il donna lieu à l’organisation
d’un colloque international,
Recht op Cultuur (Le Droit à la
Culture).
Du 2 au 12 mai, ces projets d’enseignement et d’autres projets –
dont le projet international d’ateliers artistiques Seven joys /
Seven senses regroupant cent cinProcession du Saint-Sang
quante élèves de sept pays – présentèrent leurs résultats au
grand public lors du festival
KIR, un festival de l’enseignement qui se nicha un peu partout en ville. Les idées qui
avaient occupé des dizaines de
jeunes pendant toute une année,
purent ainsi entrer en interaction avec le monde extérieur.
Événements
Nous ne l’avions jamais nié: c’est avec la plus grande générosité que, dès le début, BRUGGE
2002 a également intégré les événements dans son programme. L’année culturelle fut truffée
de fêtes traditionnelles et d’exemples de spectacles qui incitèrent beaucoup de monde – selon
nos estimations, quelque 750 000 personnes – à se réunir en ville.
Pourtant, la fête populaire et l’événement ne pouvaient pas être une raison ou une
excuse pour dévaloriser le programme sur le plan de la qualité ou de l’innovation.
Pour chaque événement repris dans le calendrier de BRUGGE 2002, le critère fut de
savoir comment il pouvait créer une plus-value pour l’ensemble du projet.
Valeurs stables
Nouveau pour Bruges
En plus, des initiatives uniques virent le jour à l’occasion de la Capitale culturelle et
d’autres vinrent exceptionnellement à Bruges. Le festival d’été Klinkers programma
Freaks, une ‘représentation théâtre-cirque’ multimédia pour le moins inhabituelle du
Frontsid[t]e/Back[-]side
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Tout d’abord, il y eut toute une série d’événements et de happenings traditionnels
pour lesquels les organisateurs – en concertation avec BRUGGE 2002 – cherchèrent
une actualisation ou un surplus de fête, afin de consolider le programme annuel.
Nous pensons ici à la Procession du Saint-Sang, le Cortège de l’Arbre d’Or, l’Apothéose de
la Fête de la Communauté flamande, Sail 2002 et le Week-end de la Verdure. Les organisateurs de la Procession du Saint-Sang et du Cortège de l’Arbre d’Or s’engagèrent à
donner un renouveau intrinsèque à la notion de cortège du point de vue du contenu
et/ou de la scénographie. La pratique se limita cependant à donner l’impulsion à un
renouveau plus essentiel ou plus fondamental. Pour les événements vedettes auprès
du grand public tels que Sail et le Week-end de la Verdure, le programme classique
fut enrichi avec des ingrédients actuels moins évidents en 2002. Ainsi, Flat Earth
Society de Peter Vermeersch honora l’événement Sail 2002 de sa présence musicale
tandis que le Week-end de la Verdure, BRUGGE 2002 en Fleurs, attira l’attention sur
les créations et les installations d’horticulture contemporaine.
Theater Froe Froe, et avec Benenwerk (Jeu de jambes), il mit sur pied une fête de clôture exubérante. Benenwerk, ce fut une nuit d’été tourbillonnante pleine de musique et
de danse, sur et autour de huit podiums différents situés sur toutes les petites places du
centre de la ville de Bruges. Une fête populaire fort animée pour des milliers de fêtards!
Une ensemble merveilleux de nouvelles promenades thématiques à travers 100 histoires fut lancée en collaboration avec la ville de Bruges. Elles furent publiées sous le
dénominateur Brugge op zijn kant (L’autre face de Bruges). Les quatre itinéraires
emmènent le visiteur le long de sentiers moins connus et mystérieux, le plongeant
dans le passé brugeois.
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Un autre événement marquant en 2002 fut la 22e édition du rendez-vous international annuel Journées hanséatiques de l’Ère contemporaine, qui eut lieu à Bruges. Cette
impressionnante réunion internationale des villes hanséatiques dura quatre jours,
offrant un programme varié alternant activités culturelles, touristiques et économiques. Grâce à la dynamique du programme de la Capitale culturelle, le contenu traditionnel de tels rendez-vous put être abandonné.
Fête avec un grand F
Ensuite, il y avait bien entendu les moments de fête exclusifs et inoubliables qui
caractérisent le titre unique de Capitale culturelle de l’Europe. Il va de soi que nous
comptons parmi eux la grandiose fête d’ouverture et l’événement de clôture officielle.
L’O-journée qui constitua l’apothéose de la semaine d’ouverture peut de toute façon
s’orner avec fierté du titre de ‘jour du public des plus grands extrêmes’. 11 539 billets
vendus et plus de trente activités différentes pour un public allant des tout-petits au
fins connaisseurs de la culture, de la jeunesse impétueuse au noceur exubérant et
dans les conditions atmosphériques les plus bizarres. La consécration de ce jour fut
le feu d’artifice japonais Edo qui eut lieu le soir sur ’t Zand.
Une autre fête 2002 exceptionnelle fut offerte par le Cirque Plume, qui avait dressé
son chapiteau au bord de la ville. Presque 10 000 personnes achetèrent un ticket
pour assister au spectacle envoûtant Récréation de cette compagnie française.
Comme événement de clôture, on opta pour un rassemblement à petite échelle au
Burg à Bruges. Avec de la musique, une vue rétrospective de l’année sur grand écran
et un verre rempli en main, quelque 2 500 Brugeois et partenaires de BRUGGE 2002
clôturèrent ensemble l’année culturelle réussie dans le cœur de la ville.
Le volet du programme ‘Événements’ ne fut peut-être pas le point d’orgueil principal
de BRUGGE 2002, mais grâce à lui, des milliers de visiteurs trouvèrent le chemin vers
la Capitale culturelle pour un jour de plaisir inoubliable. Et la fête et la légèreté, n’étaient-elles d’ailleurs pas une des lignes de force qui devaient orienter le programme?
© LAJOS SOMLOSI
© MAURICE BOYER
Dogtroep
Woyzeck (chorégraphie: Josef Nadj)
Publications
Pour plusieurs expositions et autres événements, nous avons fait réaliser des catalogues.
Dans ce but, nous avons mis sur pied une collaboration unique avec trois éditeurs. L’idée
provenait de l’éditeur Ludion, qui s’occupait aussi de la coordination et qui collaborait avec
les maisons d’édition Lannoo et Stichting Kunstboek. La politique de publication se concentrait autour de trois publications clés et un certain nombre de publications de circonstance.
Chacune des trois grandes expositions avait un catalogue et un produit dérivé sous forme
d’un magazine. Du point de vue budgétaire, la politique de publication était considérée
comme un tout, ce qui signifie que les publications moins évidentes pouvaient être financées
par les revenus des autres publications. Les bénéfices ont finalement été partagés moitié-moitié entre l’éditeur et BRUGGE 2002. Au total 15 livres ont été publiés.
En outre, certains projets se sont chargés eux-mêmes de leur propre catalogue. La gestion et
la distribution étaient alors réglées par projet. De cette façon, 13 publications ont vu le jour.
Publications clés
| LE SIÈCLE DE VAN EYCK. LE MONDE MÉDITERRANÉEN
ET LES PRIMITIFS FLAMANDS 1430–1530
Till-Holger Borchert (red.)
Ludion ■ En néerlandais, français, anglais, allemand ■ Couverture rigide & couverture souple
24 x 30,5 cm ■ 272 pp ■ 380 illustrations en couleurs ■ F (CR) ISBN 90-5544-395-6
F (CS) ISBN 90-5544-394-8 ■ E (SC) ISBN 90-5544-396-4
| BEAUX ARTS COLLECTION / LUDION FOCUS
LE SIÈCLE DE JAN VAN EYCK
Fieke Tissink
Ludion ■ En néerlandais, français ■ Couverture souple ■ 24 x 30 cm ■ 48 pp
52 illustrations dont 36 en couleurs ■ N (SC) ISBN 90-5544-399-9
| LES MARCHANDS DE LA HANSE ET LA BANQUE DES MÉDICIS
Bruges, marché d’échanges culturels en Europe
Dr André Vandewalle
Stichting Kunstboek ■ En néerlandais, français ■ Couverture rigide et couverture souple
30 x 24,5 cm ■ 192 pp ■ 170 illustrations en couleurs ■ N (CR) ISBN 90-5856-055-4
N (CS) ISBN 90-5856-054-6 ■ F (CR) ISBN 90-5856-053-8 ■ F (CS) ISBN 90-5856-058-9
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Ci-dessous, vous trouverez une liste complète des publications.
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| [email protected] DICI
BRUGES, MARCHÉ D’ÉCHANGES CULTURELS EN EUROPE
Guide du visiteur
Dr André Vandewalle
Stichting Kunstboek ■ En néerlandais, français, anglais ■ Couverture souple ■ 24,5 x 30 cm
48 pp ■ 60 illustrations en couleurs ■ N (CS) ISBN 90-5856-072-4 ■ F (CS) ISBN 90-5856-073-2
E (CS) ISBN 90-5856-056-2
| LE VASTE MONDE À LIVRES OUVERTS
Manuscrits médiévaux en dialogue avec l’art contemporain
Laurent Busine, Noël Geirnaert, Ludo Vandamme, Hilde Lobelle e.a.
Lannoo ■ En néerlandais, français ■ Couverture rigide ■ 24 x 30,5 cm ■ 192 pp
N (CR) ISBN 90-209-4716-8 ■ F (CR) 90-209-4717-6
B R U G G E
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| OKV – LE VASTE MONDE À LIVRES OUVERTS
Manuscrits du moyen âge
Lannoo ■ Openbaar Kunstbezit in Vlaanderen ■ En néerlandais, français ■ Couverture souple
28 x 22 cm ■ 40 pp ■ N (CS) ISBN 90-209-4939-X ■ F (CS) ISBN 90-209-4941-1
Publications de circonstance
| OMTRENT BRUGGE
Indrukken en Gedachten (Impressions et Réflexions)
Bart Caron, Lieve Jaspaert (réd.)
Stichting Kunstboek ■ En néerlandais ■ Couverture souple ■ 17 x 24 cm ■ 168 pp
ISBN 90-74377-87-4
| ATTACHMENT+
Onzekerheid als rijkdom (L’incertitude en tant que richesse)
Roland Patteeuw
Lannoo ■ En néerlandais ■ Couverture souple ■ 15 x 21 cm ■ 256 pp ■ 250 illustrations
N (CS) ISBN 90-209-4718-4
| OFFICIUM
Gezongen getijdenboek (Livre d’heures canoniales chantées)
Ignace Thevelein
Lannoo ■ En néerlandais ■ Couverture souple ■ 20 x 25,2 cm ■ 96 pp
N (CS) ISBN 90-209-4767-2
| BRUGGE OP ZIJN KANT
Geïllustreerde wandelgids in 100 verhalen (Découvrir Bruges à travers 100 histoires)
Brigitte Beernaert, Jan D’hondt, Bernard Schotte, Ludo Vandamme
Stichting Kunstboek ■ En néerlandais ■ Couverture souple ■ 11 x 23 cm ■ 240 pp
118 illustrations en couleurs ■ N (CS) ISBN 90-5856-059-7
| DÉCOUVRIR BRUGES À TRAVERS 33 HISTOIRES
BRUGGE 2002
Brigitte Beernaert, Jan D’hondt, Bernard Schotte, Ludo Vandamme
Stichting Kunstboek ■ En néerlandais, français, anglais, allemand, espagnol ■ Couverture souple
11 x 23 cm ■ 72 pp ■ 72 illustrations en couleurs ■ N (CS) ISBN 90-5856-069-4
F (CS) ISBN 90-5856-070-8 ■ E (CS) ISBN 90-5856-071-6 ■ D (CS) ISBN 90-5856-064-3
S (CS) ISBN 90-5856-063-5
| OCTOPUS
Archive
A Prior ■ En anglais ■ Boîte d’archives avec des photos, des livrets, des brochures, multiples etc.
24 x 33 x 8 cm
| CONTEMPORARY ARCHITECTURE IN BRUGES
NIEUWE ARCHITECTUUR IN BRUGGE (L’Architecture nouvelle à Bruges)
Marc Dubois
Stichting Kunstboek ■ Édition bilingue: anglais, néerlandais ■ Couverture souple ■ 22,7 x 22,7 cm
84 pp ■ ± 60 illustraties ■ ISBN N (SC) 90-5856-068-6
| BRUGES, PORTRAIT D’UNE VILLE 1847–1918
Christoph Ruys
Ludion ■ En néerlandais, français ■ Couverture rigide ■ 27 x 22 cm ■ 144 pp
91 illustrations en bichromie ■ N (CR) ISBN 90-5544-427-8 ■ F (CR) ISBN 90-5544-417-0
| ONDERSTROMEN/BOVENSTROMEN
Interventions in Public Spaces
NICC West-Vlaanderen
Ludion ■ En néerlandais, anglais ■ Couverture souple ■ 19,5 x 26,5 cm ■ 112 pp ■ 185 illustrations
ISBN 90-76884-03-X
| DE MYTHE EUROPA
Bart Moeyaert, Kader Abdolah
Het Beschrijf - Brugge 2002 – Openbare Bibliotheek Brugge ■ En néerlandais
Couverture souple ■ 11 x 15 cm ■ 44 pp
C O N C I S
Ward Daenen, Kurt Vanbelleghem
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Publications des projets
| IMPACT 1902 REVISITED
Early Flemish and Ancient Art Exhibition, Bruges 15th June – 15th September 1902
Piet Boyens, Veronique De Boi, Benoit Kervyn de Volkaersbeke, Eva Tahon
Openbaar Kunstbezit in Vlaanderen ■ En néerlandais, français, anglais ■ Couverture souple
15 x 21 cm ■ 80 pp ■ 54 illustrations ■ ISBN 90-76099-43-X
| BRUGGE INSIDE OUT
Un portrait intime
Joost Goethals, Josse De Pauw, Johan Debruyne, Luc Rabaey
Fotohuis Brugge ■ En néerlandais, français, anglais ■ Couverture rigide ■ 26,5 x 26,5 cm ■ 93 pp
100 illustrations
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| TOYO ITO BUILDS THE BRUGES 2002 PAVILION
B R U G G E
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Hera Van Sande
Stichting Kunstboek ■ En anglais ■ Couverture souple ■ 15 x 30,5 cm ■ ISBN 90-5856-076-7
| LOST LOCATIONS
Kurt Vanbelleghem, Ward Daenen
A Prior ■ Livre de photos ■ Couverture rigide ■ 34 x 24 cm ■ 22 pp ■ 34 illustrations
| KABBA
Tomas Creyf (texte), Pieter Gaudesaboos (illustrations)
Lannoo ■ Guide de promenades pour enfants ■ En néerlandais ■ Couverture souple à anneaux
| KANTTEKENING
Autour de la marge – Cross over the mind
Carine Fol
Art en Marge ■ En néerlandais, français, anglais ■ Couverture souple ■ avec cd-rom ■ 26 x 21 cm
68 pp ■ 41 illustrations
| EEN STAD VOL LETTERS
Zevende Internationale tentoonstelling van hedendaagse kalligrafie
(7ième exposition internationale de calligraphie contemporaine)
Jan Broes
En néerlandais ■ Couverture rigide ■ 22,5 x 28,5 cm ■ 160 pp ■ 195 illustrations
| STATION2STATION
Michel Dewilde, Robin Boone
Geocart ■ En néerlandais, anglais ■ Carte routière ■ 13 x 24,5 cm ■ 13 illustrations
| BABY POP EN BILLYBOEF
Pascale Platel (texte), Steve Michiels (illustrations)
Lannoo ■ ABC ■ Livre d’enfant Kamishibai ■ En néerlandais ■ Couverture rigide ■ 24 x 23 cm
13 pp ■ 11 illustrations ■ ISBN 90-209-4987-X
| ENGELTJES OP ZONDAG, BOEFJES IN DE WEEK
Gerda Dendooven
Lannoo ■ ABC ■ Livre d’enfant Kamishibai ■ En néerlandais ■ Couverture rigide ■ 24 x 23 cm
14 pp ■ 12 illustrations ■ ISBN 90-209-4987-X
| DJUK, HET KOLENPAARD VAN FORT LAPIJN
Henri Van Daele (texte), Klaas Verplancke (illustrations)
Lannoo ■ ABC ■ Livre d’enfant Kamishibai ■ En néerlandais ■ Couverture rigide ■ 24 x 23 cm
14 pp ■ 12 illustrations ■ ISBN 90-209-4988-8
Hendrikus De Clerck (1872-1954), Koen Broucke (dessins)
Ubicumque ■ En néerlandais ■ Couverture souple ■ 13,5 x 17,5 cm ■ 112 pp ■ 66 illustrations
| DR. OXYMORON
Alain GéronneZ
BRUGGE 2002 (Sint-Jozef) ■ Adaptation de Dokter Ox. de Jules Verne ■ En néerlandais
Couverture souple ■ 13 x 19,5 cm ■ 144 pp.
| THE FINEST IN BELGIAN JAZZ
Defoort-Turner-Black Sound Plaza; Erik Vermeulen; Bert Joris Quartet; Philip Catherine; Ben
Sluijs Quartet; Octurn; Nathalie Loriers Trio + Extensions; Aka Moon; Greetings from Mercury;
Brussels Jazz Orchestra
Coffret cd avec 10 cd + publication
De Werf ■ ISBN 90 – 807 – 378 – 1 – X
| MULTIPLE VOICE
Bl!ndman Saxophone Quartet
CD
Universal Music Belgium
| MADREDEUS & THE FLEMISH RADIO ORCHESTRA
Conducted by Bjarte Engeset
Recorded live at Stadsschouwburg Brugge April 4th, 2002
Double cd & DVD
EMI – 7243 5 41066 2 0
C O N C I S
| HENRIETJE TUF TUF OF DE NAFTEMAKER
Een merkwaardige levensgeschiedenis in Zeebrugge
(L’histoire d’une vie bizarre à Zeebrugge)
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COMMUNICATION
LE DÉFI: TRANSMETTRE À UN MAXIMUM
DE GENS L’ENTHOUSIASME QUE
LES ARTISTES MÉRITENT
L’évaluation de la communication d’un projet tel que BRUGGE 2002, Capitale culturelle de
l’Europe n’est pas une entreprise simple. La tâche complexe du département de communication consistait à canaliser la multiplicité et la diversité des informations et des objectifs.
De quelle façon, à quel sujet et quand doit-on informer, sensibiliser et/ou motiver les différents groupes cibles ? Telle était la question centrale qui constituait le point de départ de la
politique de communication de BRUGGE 2002. En outre, l’accent a été mis différemment sur
ces missions, en fonction de la phase de déroulement du projet. Dans cette évaluation globale, nous nous limitons à quelques axes importants de la communication, avec ses points
forts et points faibles.
© MUSÉES MUNICIPAUX DE BRUGES
Dès 1995, l’administration de la ville de Bruges a mené une sorte de campagne de
précommunication: grâce à une campagne de sensibilisation du public et à une campagne de presse et de lobbying, la candidature de Bruges au titre de ‘Capitale culturelle de l’Europe’ s’est inscrite sur toutes les lèvres. Cette phase s’est clôturée par une
manifestation sur le Markt le 13 novembre 1997.
En 1998, Bart Caron s’est vu confier, en tant qu’‘informateur culturel’, la tâche d’élaborer le contenu de ce projet culturel, en étroite concertation avec de nombreuses
institutions et organisations du secteur culturel et économique. Le 28 mai 1998,
Bruges s’est vu décerner le titre de Capitale culturelle. Le rapport final de la phase préparatoire a ensuite été communiqué à la presse et au public.
Le 1er juin 1999, le directeur général Hugo de Greef et les cinq membres de son équipe se sont mis au travail et à partir de ce moment, on a œuvré, sous la direction de
celui-ci, au développement de la politique de communication. Un département de
communication a été créé sous la direction de Tine Verschaeve, puis de Kristine
Demulder (ad interim). Jusque fin 2000, ils ont accompli un travail énorme et ont
poursuivi notamment la mise sur pied de l’équipe de collaborateurs à la communication. Outre le chargé de presse, on a engagé un responsable de la promotion nationale, un responsable de la production et un responsable du sponsoring. L’Office du
Tourisme de Flandre a détaché un
collaborateur afin de préparer et élaborer des missions et objectifs de
l’Office du Tourisme de Flandre ‘sur
le terrain’.
Lorsque Reinhilde Weyns a débuté en
septembre 2000 en tant que directrice de la communication, un travail
préparatoire colossal avait déjà été
effectué. A partir de là, la communication devait s’accélérer, et le département de communication devait être
renforcé par la venue de trois collaborateurs presse supplémentaires, un
collaborateur à la production et un
Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud
C O N C I S
La politique de communication:
ses origines multiples…
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collaborateur pour la promotion nationale. Un coordinateur de projet et de tourisme
s’est concentré sur le contenu des conditions touristiques annexes.
De la stratégie de communication à l’action
B R U G G E
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Nous sommes convaincus que la principale condition d’une politique de communication fructueuse réside dans une flexibilité énorme et dans l’implication personnelle des personnes. Sur le plan politique, à la fois le directeur général et les artistes ont
contribué de manière essentielle à établir une stratégie de communication efficace.
2 0 0 2
Les experts externes et sous-traitants ont également joué un rôle important pour le
développement de la communication de BRUGGE 2002. L’agence de publicité LG&F a
positionné la ‘marque’ BRUGGE 2002 en Belgique et à l’étranger pour le grand public.
Le bureau graphique Megaluna a assuré la réalisation soignée du programme, du
magazine dérivé ‘D’heure en heure’ et du présent rapport final. Et enfin, citons
l’agence de publicité d’Artagnan, qui s’est chargé avec brio de la communication de
projet tout au long de l’année culturelle.
Afin de parvenir à un plan d’action concret, le directeur général devait, en collaboration
avec l’administration de la ville de Bruges, pouvoir formuler les objectifs du projet de manière
très précise. Ensemble, ils devaient également avoir une vision uniforme de la communication. En outre, dans le cadre du budget global affecté au projet, ils devaient pouvoir dresser
une évaluation correcte concernant la libération d’un budget “communication” suffisant. Ce
n’est qu’ensuite que le département de communication pouvait définir une stratégie et la
mettre en œuvre de manière efficace dans la pratique.
Une stratégie à la mesure de Bruges
La ville de Bruges proprement dite constituait un atout solide – mais aussi un défi –
pour la communication dans son ensemble. Chaque année, environ trois millions de
touristes visitent Bruges. La mission consistait d’une part, à encourager les gens à se
familiariser avec l’autre facette de Bruges. D’autre part, nous souhaitions inciter les
touristes plus intéressés par l’aspect culturel à séjourner durant quelques jours à
Bruges. Les préjugés sur cette ville ‘vieillotte’, ‘morte’ étaient bien ancrés, mais la
multiplicité et la diversité des projets, ainsi que le planning et l’organisation rapides
de BRUGGE 2002 ont été des atouts solides pour relever le défi.
Les grandes lignes et le ton de la communication ont été définis dans le cadre d’un
plan de communication intégré, global qui offrait néanmoins suffisamment d’espace aux nombreux projets possédant une propre structure organisationnelle pour mettre en valeur leur spécificité.
© STEVEN SLOS
Le pavillon de Toyo Ito sur le Burg
[email protected]
La phase préparatoire: sensibilisation
Durant la période précédant le démarrage de l’année culturelle (2000-2001), une
campagne de ‘branding’ a été lancée afin de familiariser le grand public à la ‘marque’
BRUGGE 2002. L’agence de publicité LG&F a développé à cet effet deux images de
campagne qui entremêlent les éléments anciens et contemporains de Bruges. Ces
images figuraient sur les brochures adressées au public et aux professionnels du
voyage, sur les cartes postales et sur les affiches.
Entre-temps, les partenaires promotionnels, les groupes cibles RP, le public local,
national et international ont également été informés de la préparation de l’événement
BRUGGE 2002. Notamment par le biais de la lettre d’information ‘Blauwdruk’ et de
sessions d’information et de briefings visant la population locale.
Tous ces efforts ont suscité des réactions positives de la part du public et des partenaires culturels.
53
C O N C I S
Cependant, un fossé de contradictions – presque classique mais exagéré – s’est creusé
entre le tourisme et la culture. Pour les partenaires touristiques – tant les partenaires
officiels que les partenaires privés – le projet culturel s’est parfois avéré périlleux. De
ce fait, le partenariat avec le secteur touristique n’a été que trop laborieux. Il s’est
avéré difficile de promouvoir une nouvelle image de Bruges par le biais des canaux
touristiques.
Démarrage de la communication du projet
Toute une série d’instruments de communication ont déjà été développés durant
cette phase préparatoire dont le but était, d’une part, de présenter l’ensemble du programme et, d’autre part, de sélectionner plusieurs fils conducteurs et temps forts
parmi cette offre importante de projets. Le week-end d’ouverture et les trois expositions principales – Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud, [email protected]
et Le vaste monde à livres ouverts – en particulier ont suscité une attention énorme.
Récapitulatif des principaux supports de communication durant cette phase:
• Les professionnels du voyage ont été conditionnés activement dès le début de
l’année 2001, notamment avec la brochure commerciale publiée dans sept langues (NL-F-D-E-SP-IT-JP) et présentant quelques éléments importants du programme, avec des informations pratiques sur les réservations.
• Une brochure grand public fut disponible dès février 2001 (NL-F-D-E).
• Le 20.02.2001, le site web mis à jour de BRUGGE 2002 a été lancé dans trois langues (NL-F-E).
• Un film de promotion d’une demi-heure (NL-F-D-E-SP-IT-JP) a présenté BRUGGE
2002 dans son ensemble et communiqué, outre les points essentiels du programme, l’ambiance de BRUGGE 2002 en particulier.
© JAN DARTHET
© KEES SPRUIT
Inauguration du Concertgebouw
Au-delà de l’iconoclasme
© TIMOTHY INGELBRECHT, WEEKBLAD TIPS
La passerelle sur la Coupure
B R U G G E
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• En septembre 2001 est paru le grand programme de BRUGGE 2002 en quatre langues (NL-F-D-E), soit un tirage total de 650 000 exemplaires. Cet ouvrage incluait
le programme complet, avec toutes sortes d’informations pratiques et touristiques.
• Dans le prolongement de ce programme, un dépliant accrocheur a été imprimé
(en NL-F-D-E-SP-IT).
• De novembre 2001 à février 2002, dix conférences de presse ont été organisées
à l’étranger en collaboration avec l’Office du Tourisme de Flandre. A cette occasion, on a fourni un dossier de presse détaillé et du matériel visuel innovateur
sur Bruges.
• BRUGGE 2002 a également marqué toute la phase préparatoire de sa présence,
avec un stand promotionnel ou avec du matériel d’information ou de promotion
lors de différents salons et événements en Belgique et à l’étranger.
La communication a atteint sa vitesse de croisière avec la campagne de lancement
globale. Elle a connu une première vague médiatique en novembre 2001, qui s’est
répétée en février 2002, juste avant l’ouverture de l’année culturelle. Cette campagne,
avec ses slogans et images ludiques, a surtout médiatisé BRUGGE 2002 comme un
événement ‘à ne pas manquer’ et a frappé dans le mille.
Un bureau de mediaplanning professionnel a défini un plan média optimal – avec un
résultat. Grâce notamment aux accords détaillés conclus avec les partenaires médiatiques de BRUGGE 2002, cette campagne a produit un énorme impact en peu de
temps. Les affiches abribus placardées dans toutes les gares importantes de la SNCB
et les spots radio et télévisés n’ont pas manqué leur objectif: on a beaucoup parlé de
BRUGGE 2002 en Flandre. Le défi de Bruges était à présent de faire ses preuves durant
l’année culturelle.
Action ! Les principaux piliers de
la communication de Brugge 2002 durant
l’année culturelle
La fête d’ouverture et les trois grandes expositions constituaient les principaux piliers du
planning de communication complet durant l’année culturelle. Ce sont ces initiatives qui
ont généré le gros de la vente de tickets, c’est pourquoi on a investi la plupart des moyens de
communication pour ces initiatives.
Fonctionnement de la presse: une mission prioritaire
La publicité gratuite était une priorité évidente pour le département de communication de BRUGGE 2002. C’est pourquoi nous avons veillé à l’élaboration correcte des
conférences de presse et à la précision et à
l’efficacité des banques de données des journalistes. Nous avons également tenu compte
au maximum des sensibilités de la presse
régionale par rapport à la presse nationale et
avons opéré avec soin pour les premières.
© JAN BROES
Fonctionnement de la presse nationale
PHASES
L’action de la presse s’est déroulée en différentes phases.
• 1. De mai 1998 à la première moitié de 2000, l’accent a principalement été mis
sur la sensibilisation et l’information de la population brugeoise, west-flandrienne
et flamande en ce qui concerne la nomination de Bruges au titre de Capitale culturelle de l’Europe.
• 2. De la deuxième moitié de l’an 2000 à la première moitié de l’an 2001, la population (locale et nationale) a été informée du point de la situation, des idées sousjacentes à la notion de Capitale culturelle, de l’infrastructure et des initiatives
préliminaires.
• 3. Durant la deuxième moitié de l’an 2001 et en 2002, l’accent a été mis sur le programme et la communication liée au projet (locale, nationale et internationale).
Une ville emplie de lettres
Le département de presse de BRUGGE 2002 a coordonné les actions de la presse en ce
qui concerne l’entièreté du projet BRUGGE 2002 – et donc, pas en ce qui concerne
chaque projet isolé. Les partenaires ont pu toutefois demander de l’aide et du soutien
pour leur travail de presse. Régulièrement, des ‘moments presse’ ont été organisés à
propos du projet en général, mais aussi de parties importantes du programme, par ex.
les projets d’architecture ou le programme musical. Les informations de presse sur les
trois expositions principales ont également été coordonnées de manière centralisée.
Des journalistes (locaux, régionaux ou nationaux) ont été invités à Bruges pour des
événements importants. Dix conférences de presse importantes ont été données:
• 3 février 1999: présentation du rapport final de Bart Caron ‘Een analyse van het
culturele veld’ (Une analyse du champ culturel) (Hôtel de ville)
• 31 mars 1999: nomination de Hugo De Greef au poste de directeur général
(Hôtel de ville)
• 27 septembre 1999: présentation du logo, des lignes thématiques et de la nouvelle équipe (Théâtre Municipal)
• 31 mars 2000: présentation des partenaires (Cour provinciale)
• 24 octobre 2000: présentation du déroulement du programme (Hogeschool
West-Vlaanderen, departement Lerarenopleiding)
• 24 septembre 2001: présentation du programme de l’année culturelle (Hôtel de ville)
• 14 mars 2002: Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud (Musée Groeninge)
• 29 mai 2002: [email protected] (Cour provinciale)
• 14 août 2002: Le vaste monde à livres ouverts (Grand Séminaire)
• 3 juin 2003: Présentation du rapport final de BRUGGE 2002 (Hôtel de ville)
Ces conférences de presse ont attiré de nombreux journalistes.
Pour divers autres sujets, plus spécialisés, la presse a été invitée de manière sélective,
c’est-à-dire soit la presse spécialisée, soit la presse régionale. En 2001, on compte ainsi
17 activités de presse; en 2002, nous avons invité la presse (locale, régionale ou nationale) 57 fois.
C O N C I S
ACTIVITÉS DE LA PRESSE
55
Bruges étant toutefois éloignée géographiquement de la presse nationale, le département de presse a accordé une importance énorme aux communiqués de presse. En
1999, 2000 et 2001, 18 communiqués de presse ont été transmis; durant l’année culturelle proprement dite, on en dénombre 67 au total.
En outre, on a bien entendu établi de nombreux contacts directs, surtout téléphoniques. Les journalistes qui ont visité Bruges ont été guidés à travers le programme
et, sur demande, l’un des collaborateurs de presse a visité plusieurs sites pertinents
avec eux.
COLLABORATION AVEC LA PRESSE RÉGIONALE
B R U G G E
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BRUGGE 2002 a collaboré de manière particulière avec plusieurs médias locaux.
Ainsi, la chaîne régionale Focus a consacré, tous les jours ouvrables du 20 février à
fin juin 2002, cinq minutes d’information à BRUGGE 2002. Radio 2 West-Vlaanderen
a assuré une information hebdomadaire et une émission mensuelle en direct sur le
programme de BRUGGE 2002. Outre les sources d’information courantes, BRUGGE
2002 avait également conclu un accord particulier avec les journaux Brugsch
Handelsblad et De Streekkrant et avec le journal culturel mensuel EXit.
Fonctionnement de la presse étrangère
Les grandes activités de presse internationales ont été systématiquement organisées
par l’Office du Tourisme de Flandre avec son réseau d’agences internationales,
Toerisme Brugge et BRUGGE 2002 vzw. L’Office du Tourisme de Flandre a assuré le
support logistique et financier, mais a élaboré le planning en accord avec Toerisme
Brugge et BRUGGE 2002.
Trois instruments ont joué un rôle important dans le fonctionnement de la presse
étrangère:
CONFÉRENCES DE PRESSE À L’ÉTRANGER
Dix conférences de presse internationales ont été organisées entre le 20 novembre
2001 et le 5 février 2002: à Hambourg, Cologne, Tokyo, Londres, Vienne, Madrid,
Paris, Lille, Milan et Rome.
Durant ces conférences de presse, le bourgmestre Moenaert, le directeur général De
Greef et le chargé de presse Jaspaert ont présenté BRUGGE 2002. Les journalistes ont
reçu un dossier de presse détaillé sur le programme.
Sans la collaboration de l’Office du Tourisme de Flandre et de ses agences à l’étranger, BRUGGE 2002 n’aurait pas reçu le même écho de l’étranger. Cependant, l’accent
© DIMITRI VAN ZEEBROECK
Hogeschool West-Vlaanderen, Sint-Jorisstraat (Attachment+)
L. King of Pain
sur le marketing urbain et le tourisme mis par les agences étrangères demeurait trop
important pour BRUGGE 2002. L’organisation a rarement eu l’occasion de souligner
certaines priorités au niveau du contenu et, par conséquent, de mettre pleinement en
valeur la spécificité de l’année culturelle.
VOYAGES DE PRESSE DES JOURNALISTES VERS BRUGES
Quatre voyages de presse ont été organisés à Bruges, voyages auxquels ont participé
537 journalistes étrangers au total.
1. 23 février 2002: journée d’inauguration, lancement de l’année culturelle
2. 13-15 mars 2002: accent sur Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud, et
intérêt pour [email protected] et Le vaste monde à livres ouverts (aperçu), projets architecturaux (e.a. Concertgebouw), Attachment+ et le Théâtre Municipal
restauré
3. 23 mai 2002: [email protected]
4.14 août 2002: Le vaste monde à livres ouverts
C O N C I S
Comme on s’y attendait, les voyages de presse ont attiré beaucoup de monde. Malgré
l’excédent de journalistes de la presse touristique, le gratin de la presse culturelle des
pays environnants a quand même répondu chaque fois présent – avec, en guise de
résultat, une série d’ailleurs impressionnante d’articles de presse (1540 dd
27/11/2002) dans les journaux étrangers de qualité.
Le planning de la presse étrangère posait un problème: l’inauguration de ‘Jan van
Eyck, les Primitifs flamands et le Sud’ ne coïncidait pas avec le week-end d’ouverture. Par conséquent, l’Office du Tourisme de Flandre n’a pas pu soutenir le week-end
d’ouverture sur le plan international. L’agence de l’Office du Tourisme de Flandre à
New York n’a pu être convaincue de l’importance de BRUGGE 2002 pour le marché
américain. Même en dépit du syndrome du 11 septembre, l’occasion nous a paru
manquée.
57
ACTIVITÉ CONTINUE
A l’occasion d’événements qui pourraient compter sur un accueil favorable sur le
plan international, par exemple le lancement de l’année culturelle et l’inauguration
des trois expositions principales, la presse internationale a été informée par e-mail.
Une sélection des principales agences de presse a reçu de plus amples informations
par courrier postal. 475 journalistes figurant sur une liste ont reçu tous les deux mois,
par e-mail, le calendrier des activités.
Cinema Novo
En outre, des journalistes étrangers – dont la plupart sont venus de leur propre chef,
quelques-uns par le biais de l’Office du Tourisme de Flandre qui leur a payé le voyage, ont visité Bruges tout au long de l’année.
ESTIMATION EN CHIFFRES DE L’INTÉRÊT PORTÉ PAR LA PRESSE ÉTRANGÈRE
B R U G G E
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En 2002, 958 demandes de presse nous sont parvenues. 489 journalistes ont trouvé
directement accès au service de presse de BRUGGE 2002 et 469 journalistes y ont
accédé via l’Office du Tourisme de Flandre. La France, suivie de l’Allemagne et des
Pays-Bas, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne, ont manifesté le plus vif intérêt.
L’action en Autriche, aux Etats-Unis, en Italie, au Danemark, en Suisse et en Suède a
également porté ses fruits. En outre, des demandes sont parvenues du Brésil, de la
Bulgarie, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Danemark, de l’Estonie, de la
Finlande, de la Grèce, de la Hongrie, du Japon, de la Lettonie, du Liban, du
Luxembourg, de la Norvège, de l’Ukraine, de l’Ouzbékistan, de la Pologne, du
Portugal, de la Russie, de la Slovénie, de la Tchéquie et de la Turquie.
BRUGGE 2002 a constitué, en général de façon ponctuelle, un sujet de discussion dans
tous les médias internationaux importants. On a prêté une attention particulière à Jan
van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud et aux trois principaux projets architecturaux (Concertgebouw, Pavillon de Toyo Ito et la passerelle sur la Coupure).
Conclusion
Le concept de Capitale culturelle est une formule connue. Par conséquent, BRUGGE
2002 a pu compter automatiquement sur l’intérêt de la presse nationale et étrangère.
En ce qui concerne l’étranger, la presse, issue en particulier des pays voisins et de
pays qui venaient juste d’organiser un événement ‘Capitale culturelle’ ou qui en organiseraient un à brève échéance, a manifesté davantage d’intérêt.
Le centre de presse a rassemblé 5004 articles de presse nationale sur BRUGGE 2002
entre mai 1998 et novembre 2002. Via l’Office du Tourisme de Flandre, le centre de
presse a reçu 1540 articles sur BRUGGE 2002 de l’étranger.
© WWW.XANTO.BE
La promotion nationale: une histoire cohérente
© HUGO MAERTENS
Les autres projets proposés parmi l’éventail énorme de BRUGGE 2002 ont été classés
en fonction de leur taille et de leur capacité. Ils ont également pu faire appel à toute
une série d’instruments de communication à la disposition de BRUGGE 2002. Parmi
ces instruments, on a opéré une sélection, en fonction de la durée, du budget et
de l’importance du projet par rapport à
l’ensemble de la programmation. Et cela,
en étroite concertation avec le directeur
du programme et le directeur général de
BRUGGE 2002. Ainsi, les expositions d’art
contemporain Attachment+ et Octopus,
le projet pour jeunes intitulé Kaapstad, le
parcours artistique sonore .WAV, l’exposition vidéo WHAT? et le festival multimédia
Format 2002 ont bénéficié d’une attention particulière dans le mediaplanning.
Le vaste monde à livres ouverts
Des ‘moments presse’ ont été organisés
en permanence par BRUGGE 2002 pour
les projets de petite et de grande envergure; on a réalisé brochures, petits programmes, dépliants, cartes postales, etc. Les
autres projets ont également été intégrés
avec soin, de manière claire et concrète
dans les supports de communication
généraux.
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C O N C I S
La campagne médiatique
Le plan media prévoyait trois vagues médiatiques durant l’année culturelle. Pour les
trois expositions principales, on a systématiquement utilisé tous les instruments de
communication quelques semaines avant l’inauguration. Pour le développement de
cette communication de projet, on a fait appel à l’agence de publicité brugeoise
d’Artagnan, qui s’est vu confier la mission de donner un visage et de conférer un style
reconnaissable aux expositions. La stratégie et le planning de communication relatifs
à ces trois expositions ont été élaborés par le département de communication de
BRUGGE 2002 et d’Artagnan, en étroite concertation avec la direction des Musées
municipaux. Cette collaboration aisée a généré trois images de campagne originales
et riches.
Ces images sont systématiquement apparues en tant qu’affiches d’abribus et bannières dans les principales gares SNCB de Flandre et de Wallonie, grâce à l’accord très
détaillé sur les médias conclu avec la SNCB. Elles figuraient sur les affiches des
magasins brugeois, sur les bus décorés de De Lijn, dans les spots radio et télévisés de
Radio 1, Klara, Radio 2, Canvas, TV1 et RTBF, et dans des publicités dans De
Standaard et Het Nieuwblad, Le Soir, La voix du Nord et la revue Knack.
En outre, pour ces expositions, des dépliants accrocheurs ont été distribués en grande
quantité et en quatre langues (voire en six langues pour Jan van Eyck, les Primitifs
flamands et le Sud), les musées ont développé des produits de merchandising et on
a vendu des catalogues et publications dérivées. De Standaard a développé, en collaboration avec BRUGGE 2002 et un partenaire commercial, des actions de grande
envergure destinées au grand public sur chacune des trois expositions, qui ont suscité un inévitable regain d’intérêt de la part des médias – et par conséquent, des recettes sur les tickets d’entrée.
Au terme de l’année culturelle, la Maison Perez de Malvenda sera utilisée par l’asbl
Brugge Plus afin de soutenir la politique des événements culturels de Bruges.
Promotion étrangère: un récit à part
En ce qui concerne l’activité et la promotion de la presse étrangère, trois partenaires
se sont associés: Toerisme Brugge, l’Office du Tourisme de Flandre et BRUGGE 2002.
Points de départ de la collaboration: la création d’une ‘publicité gratuite’, la conclusion de campagnes collectives de publicité avec des tours opérateurs étrangers et différents médias, et des actions axées sur la culture et les touristes résidents. La publicité payante n’entrait en ligne de compte que si un accord intéressant pouvait être
conclu avec un partenaire média.
La promotion à l’étranger s’est déroulée en trois phases importantes.
Durant la première phase – 2000 et 2001 –, on s’est orienté vers les professionnels
du voyage. En l’occurrence, il s’agissait surtout de prêter attention au projet BRUGGE
2002 via du ‘product placement’ dans les brochures de voyage. La préférence a été
accordée aux formules où les tours opérateurs étrangers intégraient une partie du
programme de BRUGGE 2002.
A partir de fin novembre 2001, se sont ajoutées les conférences de presse internationales et les voyages de presse étrangère, comme mentionné plus haut.
Durant une troisième phase, la promotion de BRUGGE 2002 a été assurée par le biais
d’actions ciblées adressées au grand public. A cet effet, on a tendu vers des promotions mixtes avec un partenaire commercial ou média, par exemple des publipostages
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B R U G G E
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
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Communication dans
la ville: Maison 2002
C’est dans la somptueuse Maison
Perez de Malvenda, récemment
restaurée, à la Wollestraat n° 53,
qu’a été créé un vaste espace de
rencontre central. Anne Mie
Minten a été désignée comme
coordinatrice. Trois partenaires se
sont portés garants d’une ornementation contemporaine du bâtiment: B Design et Fractal se sont
occupés du mobilier et de l’aménagement, Modular a conçu l’éclairage. La librairie De Brugse
Frontsid[t]e/Back[-]side, la Kruispoort transformée en mosquée
Boekhandel a vendu dans le magasin de BRUGGE 2002 des catalogues d’exposition, de la littérature
de référence et différents produits de merchandising. Au comptoir d’information de
BRUGGE 2002, une équipe de bénévoles locaux et européens ont guidé les visiteurs à
travers le programme proposé par BRUGGE 2002.
Derrière, au rez-de-chaussée, la sprl Koyot a exploité le B-Café, qui est rapidement
devenu the place to be pour tous ceux qui souhaitaient sympathiser avec les artistes,
les collaborateurs et le public.
Dans l’espace VIP, les partenaires pouvaient recevoir des invités. Dans les deux salles à l’étage ont eu lieu des présentations de livres, des réceptions, des activités liées
à BRUGGE 2002 et accueils de groupes dans le cadre du réseau public.
Au comptoir d’information, le profil des visiteurs variait, mais le public se composait
principalement de Flamands. En outre, Allemands, Britanniques et Français en particulier ont fréquenté les lieux.
61
à la clientèle d’un tour opérateur, des suppléments spéciaux à un journal, l’affichage
dans les stations de métro, etc.
Les lignes de force de la promotion commerciale et publique ont été tracées par le
Groupe cible Marketing et Promotion, sur la base des recommandations du groupe
cible Logement (voir section ‘BRUGGE 2002, une opportunité pour le tourisme (résident)’). Mais la réalisation était du ressort des agences étrangères de l’Office du
Tourisme de Flandre et de la cellule commerciale de Toerisme Brugge. A cet effet,
l’Office du Tourisme de Flandre, Toerisme Brugge et BRUGGE 2002 ont rassemblé,
outre leur budget de fonctionnement régulier, un ‘pool budget’ supplémentaire de
30 millions BEF (4 743 680,60) pour la production du matériel promotionnel pour
différents groupes cibles et marchés.
Comme il fallait s’y attendre, les organisateurs de voyages culturels ont manifesté un
vif intérêt pour cet événement culturel dans leur destination ‘city trip’ favorite. Le secteur traditionnel du voyage (entrées, tour opérateurs et hôtels) a entrevu dans BRUGGE
2002 une nouvelle opportunité pour promouvoir cette destination ‘classique’. La mise
à disposition rapide du matériel promotionnel, avec toutes les informations pratiques,
a contribué au succès des actions dans ce secteur, du moins en chiffres absolus.
Il convient toutefois de remarquer que notre enthousiasme vis-à-vis de certaines
actions promotionnelles étrangères n’a pas été débordant. Dans certains pays, on a
trop facilement opté pour un résultat direct, en axant les campagnes de promotion
sur le produit touristique ‘Bruges’ connu. Le message véhiculé par BRUGGE 2002 a
simplement servi de prétexte dans certains pays, et non comme produit en soi, à promouvoir. Même les efforts de l’Office du Tourisme de Flandre n’ont pas pu ébranler
réellement le fonctionnement traditionnel des professionnels du voyage.
Force est toutefois de constater que les partenaires qui ont respecté scrupuleusement
la définition du concept ‘BRUGGE 2002’ ont obtenu d’excellents résultats. De cette
manière, on a démontré que la recherche de la maximalisation des volumes est également possible à l’aide d’un scénario solide sur le plan du contenu. Le secteur touristique recherche encore trop souvent le travail sur les quantités. Si un produit
œuvre à l’amélioration de la qualité, le secteur touristique doit soutenir pleinement
celui-ci, sachant que cela peut aboutir à des résultats durables, mais qu’on ne présentera peut-être pas toujours immédiatement des chiffres satisfaisants.
C O N C I S
[email protected]
Le réseau public
Introduction
Personne n’est obligé de prendre part à la culture, mais la politique de participation à la culture entend au moins donner cette chance de participation aux gens. Les seuils qui font obstacle à cette participation sont abaissés. Bruges n’entendait pas seulement faire participer les
gens à un événement culturel, mais entendait aussi leur fournir la compétence – à ceux qui
le souhaitent – d’intégrer cette culture. C’est pourquoi on a imaginé une expérience concrète
destinée à encourager cette participation: le réseau public.
Une méthode de base à coefficient de travail élevé
B R U G G E
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62
Nous souhaitions rendre la démarche en faveur de Bruges un rien plus évidente.
C’est pourquoi nous avons cherché des personnes de contact dans les communes
avoisinantes, dans un rayon d’environ 50 kilomètres autour de Bruges. Tant dans les
provinces de Flandre occidentale et orientale que sur le littoral, des personnes étaient
disposées à s’investir dans le projet. Elles voulaient transmettre leur propre enthousiasme au public dans leur propre environnement, les stimuler et les mobiliser sur le
plan collectif.
Le coordinateur du réseau public était Bram De Vos. Il a trouvé, coaché et soutenu les
personnes de contact et a suivi de près les développements de ce réseau. Le ministre
flamand de la Culture à l’époque, Bert Anciaux, a soutenu financièrement cette initiative et lui a conféré une place parmi l’ensemble des projets de participation qui
étaient lancés ici et là en Flandre.
Lors du lancement de BRUGGE 2002, des personnes de contact ont œuvré dans toutes les communes de la région correspondant au réseau public initialement défini.
Certaines étaient actives dans différentes communes. Les personnes de contact ont
démarré à partir de leurs propres contacts, centres d’intérêt et canaux de communication. Certaines ont utilisé les canaux communaux officiels, par exemple le journal
d’information communal ou le site web de la commune. D’autres ont distribué la
documentation de BRUGGE 2002 par le biais de leur association ou entreprise.
BRUGGE 2002 a conclu un contrat de collaboration avec la firme de bus Eltebe, qui a
transporté des groupes à partir de et vers Bruges à des tarifs intéressants.
BRUGGE 2002 a soutenu le fonctionnement en réseau des personnes de contact, avec
le matériel nécessaire (brochures, programmes, etc.). En outre, le coordinateur a
donné plus de septante sessions d’information. Le coordinateur a répondu quotidiennement aux questions des personnes de contact par téléphone et par e-mail, et a
transmis deux fois par semaine un e-mail général contenant les informations les plus
© FRAUKE DENDOOVEN
Week-end de la Verdure
Toyo Ito avec son assistante et Hugo De Greef
récentes sur tous les membres du réseau. Lorsqu’un groupe se rendait en ville, il pouvait faire appel au coordinateur pour y être accueilli. Cela s’est produit surtout à la
Maison 2002 – Perez de Malvenda. Là, le groupe a bénéficié d’une introduction sur
mesure à l’événement auquel il allait participer.
Bilan d’une année de réseau public
Enquête et rapport d’enquête
En septembre 2002, Lien Phlypo de l’Unité de recherche Andragogie sociale et culturelle de l’Université de Gand a soumis des enquêtes aux groupes de personnes qui
ont fréquenté le réseau public. Sur les 250 bulletins-réponses, il ressort que 97,5%
des personnes interrogées étaient satisfaites de l’introduction que leur a fournie le
coordinateur, 95,6% se sont montrées satisfaites de l’activité culturelle à laquelle elles
ont participé dans le cadre de BRUGGE 2002 et 95,1% d’entre elles ont été satisfaites
de la personne de contact locale. 97,7% ont déclaré être satisfaites des sessions d’information. 80,9% ont déclaré avoir mieux appris à connaître les personnes de leur
entourage par le biais du réseau public et 84,4% des personnes interrogées disent
avoir fait la connaissance de nouvelles personnes grâce à ce réseau. Les résultats sont
excellents, nous pouvons en conclure que le réseau a atteint son objectif: augmenter
la participation et stimuler l’esprit de collectivité.
Un avenir ?
Reste à savoir si la poursuite du réseau public sera assurée ou non.
Le réseau s’est développé activement dans la région et la province. BRUGGE 2002 a
fourni la preuve que le public participe aux événements culturels via ce réseau et que
la méthode de travail fournit des résultats plus positifs. Le réseau existe, des personnes de contact sont disponibles. Il nous semble utile d’assurer à ces instruments une
certaine continuité pour la province de Flandre occidentale. En 2002, nous avons
déjà contacté les dirigeants et
fonctionnaires compétents dans la
province sur ce sujet, mais – à
notre grand regret – aucune suite
n’a été donnée à l’éventualité
d’une poursuite du réseau public.
L’expérience se serait avérée positive pour les nombreuses initiatives entreprises en Flandre occidentale. Pour nous – et sans
aucun doute aussi pour les nombreuses personnes de contact – il
s’agit là d’une occasion manquée.
Benenwerk ( Jeu de jambes)
63
C O N C I S
En tout et pour tout, le réseau public a été actif pendant 321 jours en 2002. 112 personnes de contact ont soutenu l’initiative.
28 parmi elles se sont limitées à la diffusion d’informations concernant BRUGGE
2002 et à la sensibilisation des habitants de leur commune;
84 parmi elles ont organisé au moins une visite de groupe à BRUGGE 2002;
56 parmi elles ont organisé plus de deux visites de groupe;
14 ont organisé quatre visites de groupe ou plus;
26 ont visité les trois expositions principales avec un groupe.
Pour la catégorie isolée des visites de groupe organisées, 12 714 personnes ont visité
la Capitale culturelle par le biais du réseau public. Deux grandes journées consacrées
au réseau public ont été organisées, auxquelles ont été conviées toutes les personnes
de contact.
Brugge 2002, une opportunité
pour le tourisme (résident)
Introduction
BRUGGE 2002 allait reprendre ce fil conducteur, jouant la carte du tourisme résident,
notamment parce que c’était bénéfique en termes de participation à la culture et d’expérience culturelle, et que cela souscrivait à un choix stratégique qui offrait à long
terme les meilleures garanties de développement du tourisme. BRUGGE 2002 produit
un effet multiplicateur immédiat sur le plan touristique, mais c’est également un
moment-charnière pour la perception de Bruges en tant que capitale culturelle vivante et pôle d’attraction touristique après 2002. Dans le cadre de BRUGGE 2002, des
initiatives ciblées ont été lancées afin de renforcer l’image de Bruges en tant que ville
de résidence.
L’impact de BRUGGE 2002 sur
le tourisme (résident)
La ville de Bruges, l’Office du Tourisme de Flandre et BRUGGE 2002 ont commandé
auprès du bureau d’étude WES une étude d’impact portant sur l’événement BRUGGE
2002. Cette enquête a beau faire figure d’instantané, elle peut inscrire ce type de projets culturels ambitieux dans une perspective plus claire. Elle est potentiellement
aussi le précurseur d’un plan de politique touristique qui doit délimiter l’orientation
stratégique pour les années futures.
L’étude WES fait mention de 3 050 000 excursionnistes et 556 000 touristes résidents récréatifs qui auraient visité Bruges durant l’année culturelle. En ce qui concerne
le nombre de touristes résidents, cela représente une hausse de 9% par rapport à
2001. L’impact de BRUGGE 2002 sur le public est considérable: on constate que 21% des
touristes résidents et 23% des touristes d’un jour sont influencés par BRUGGE 2002
dans le choix de Bruges comme destination.
Le total des dépenses des touristes excursionnistes et résidents récréatifs durant la période correspondant à l’année culturelle est estimé à près
de 213 millions d’euros. Partant du pourcentage
de touristes résidents et excursionnistes ayant
visité Bruges en raison de BRUGGE 2002, l’étude
WES conclut que la Capitale culturelle a généré
un surplus de 42 millions d’euros maximum au
niveau des dépenses, dont 25 millions d’euros
pour les touristes résidents et 17 millions d’euros
pour les touristes excursionnistes. Cela représente une augmentation maximale de 25%. Le sur-
© SAMMLUNGEN DES FÜRSTEN VON LIECHTENSTEIN, SCHLOSS VADUZ
B R U G G E
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A Bruges, la limitation dans l’espace imposée par un schéma de rues médiéval conjuguée à
un nombre de visiteurs annuel croissant exerce une pression toujours plus forte sur les autres fonctions de la ville et la qualité de vie. En 1990, une enquête incitait déjà l’administration de la ville à circonscrire le développement touristique dans une zone-clé, ce que l’on
appelle le triangle d’or. Cette même enquête soulignait les avantages d’une politique orientée
vers le tourisme résident pour une qualité de vie améliorée et une valeur ajoutée plus grande
sur le plan économique. La politique a désigné cette recommandation comme étant une
priorité essentielle, mais sa réalisation fut un échec, à défaut d’un véritable programme d’action d’accompagnement.
Jan van Eyck, les Primitifs flamands et le Sud
plus des dépenses a profité essentiellement aux restaurants et aux cafés (18 millions
d’euros), au logement (10 millions d’euros), aux détaillants (8 millions d’euros) et aux
attractions (5 millions d’euros).
L’étude WES n’émet toutefois que des jugements concernant l’impact sur le public et
les dépenses dans le segment de marché touristique-récréatif et durant la période où
Bruges a été Capitale culturelle, c’est-à-dire du 20 février au 17 novembre 2002. En
termes de chiffres et de dépenses, le total devrait être encore plus élevé si on prend
en compte tous les segments de marché sur une base annuelle (le tourisme de
congrès et d’affaires également).
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C O N C I S
Si nous examinons la question du tourisme résident en fonction de l’origine, l’étude
WES donne une image assez complète de Bruges durant la période où la ville était
Capitale culturelle de l’Europe.
Sur la base des statistiques de l’INS, certes pour les neuf premiers mois de l’année,
nous constatons, en ce qui concerne Bruges, une hausse spectaculaire du nombre de
visiteurs provenant de France, des Pays-Bas et d’Allemagne (+ environ 98 000 nuitées). L’intérêt accru pour Bruges est frappant sur le plan national (+ environ 19 000
nuitées, +18,4%). Une ombre au tableau: la diminution sensible du marché important (et grandiose) que représente le marché britannique pour Bruges (- 23 000 nuitées, - 7,1%). Notons une baisse sensible du marché américain (- 17,5%) et une légère
progression du marché japonais (+2,4%).
Comme on l’admettait avant le début de BRUGGE 2002, le tourisme des excursionnistes demeure (en dépit de tous les efforts) substantiellement plus important que le
tourisme résident, tandis que le surplus économique pour Bruges est réalisé principalement grâce au tourisme résident. BRUGGE 2002 a clairement marqué de son
empreinte la demande en matière de tourisme récréatif.
Au niveau des city trips récréatifs et vacances de courte durée, Bruges a consolidé sa
position par rapport aux autres villes d’art flamandes – Gand, Anvers et Bruxelles.
Elément non négligeable: de nombreux visiteurs, dont des touristes excursionnistes, envisagent de passer (de nouveau) un court séjour à Bruges au cours des prochaines années.
Position sur le marché du tourisme
Kader Abdolah (Le Mythe de l’Europe)
© INA VERREPT
© HARRY PIERIK
© JAN TERMONT & DIRK VAN DER BORGHT
Facteurs contextuels de réussite
La disponibilité des logements et leur prix abordable apparaissent depuis des années
comme le tendon d’Achille du secteur hôtelier brugeois. On admet que les prix des
chambres repoussent les clients potentiels de Bruges vers d’autres villes, et que cela
Après-midi des Moines
(Le vaste monde à livres ouverts)
Cirque Plume
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B R U G G E
On prévoyait que la demande de logement supplémentaire à l’occasion de BRUGGE
2002 ne pourrait pas toujours être satisfaite à Bruges. C’est pourquoi on a opté pour
un ‘système de trop-plein’, où la demande supplémentaire était progressivement
relayée à partir de Toerisme Brugge vers les alentours de Bruges, la côte et les autres
villes d’art. Dans la plupart des cas, les touristes ont toutefois pu être logés à Bruges
sur la base de la capacité existante. Le ‘trop-plein organisé’ par le biais de Toerisme
Brugge est resté relativement limité. Cette donne, conjuguée au constat que le nombre de nuitées a augmenté à Bruges, doit surtout avoir été bénéfique pour les journées du lundi au vendredi, en dehors des vacances et jours fériés. Cependant, le point
culminant des séjours demeure le week-end.
L’étude WES montre que 35,6% des touristes excursionnistes ayant visité Bruges en
2002 séjournent ailleurs (la côte ou une autre ville d’art) et y retournent après leur
visite. Ce ‘trop-plein non organisé’ montre que de nombreux visiteurs omettent
Bruges comme ville de résidence. Cela vaut aussi pour un pourcentage important de
professionnels du voyage, qui éprouvent toujours des difficultés à trouver des logements abordables et en suffisance. Il en résulte que de nombreux tours opérateurs
ont intégré BRUGGE 2002 dans leur offre, mais ont associé cet événement à un séjour
sur la côte ou dans une autre ville d’art.
La disponibilité des logements et leur prix abordable demeurent donc des points prioritaires pour le développement ultérieur du tourisme de résidence.
Facteurs de réussite liés au projet
LE PROGRAMME DE BRUGGE 2002
L’étude WES montre que la saison touristique a débuté plus tôt en 2002, comparativement aux autres années, et cela grâce à BRUGGE 2002. Pour le secteur du logement,
le fait que la période moins fructueuse du lundi au vendredi puisse être mise à profit, constituait un point essentiel. En dépit de limitations au niveau du programme et
du budget, BRUGGE 2002 a comblé au maximum le potentiel touristique, et en particulier celui du tourisme de résidence. Le but était de présenter la ville sous un nou-
© A PRIOR
66
favorise le tourisme d’un jour. A la demande de
BRUGGE 2002, le secteur hôtelier a pris le ‘libre’
engagement de ne réaliser aucune hausse de
Octopus
prix injustifiée en 2002. Une étude de l’asbl
Hotels Brugge & Regio montre que les prix des
chambres ont continué de progresser d’environ 5,09% en 2002.
Par rapport aux prix courants du marché dans des villes européennes analogues, les
hôtels de Bruges sont relativement bon marché, mais par rapport aux autres villes
d’art flamandes, ils demeurent plutôt chers. L’initiative de sensibilisation du secteur
hôtelier était donc louable, mais trop ‘facultative’ pour parler d’une véritable amélioration de la position concurrentielle. Les formes de logement moins onéreuses, telles
que les auberges de jeunesse de Bruges, intensifient le problème de la concurrence.
veau jour, et de surcroît durant les jours de la semaine où la ville offrait encore des
possibilités d’accueil et de logement aux visiteurs. Ce sont les trois expositions principales qui ont produit l’impact le plus important. A partir de la mi-mars jusqu’à la
fin de l’année culturelle, une exposition figurait quotidiennement au programme.
Une étude préalable a montré que ces expositions à succès ont un potentiel énorme
de tourisme de résidence.
PROMOTION INTERNATIONALE
Le recrutement international pour un projet tel que BRUGGE 2002 est indissociable
du marketing urbain général. C’est pourquoi on a choisi de renforcer l’image de
Bruges en tant que ville de résidence. A cet égard, les trois expositions principales ont
fait fonction d’‘appâts’ pour les touristes.
La promotion internationale s’est concentrée sur les pays voisins, l’Italie, l’Espagne,
l’Autriche, les Etats-Unis et le Japon – des marchés importants pour le tourisme de
résidence à Bruges. On dénombre trois grands groupes cibles: les professionnels du
voyage (ce que l’on nomme ‘trade’), le public et la presse. Les actions visant ces groupes cibles ont connu une approche différente sur le plan de la technique de marketing. Ainsi, la promotion destinée au grand public avait pour fil conducteur le message suivant: ‘Prenez le temps de visiter Bruges’, et visait à encourager les city trips
ou ‘short breaks’ (petites escapades). Dans la ‘trade communication’, axée en premier
lieu sur les tours opérateurs culturels, l’accent était mis sur la disponibilité des logements et leur prix abordable proposés. L’action de la presse se concentrait sur l’image
globale de Bruges et de BRUGGE 2002.
L’étude WES révèle une très haute appréciation en ce qui concerne la communication
de et à propos de BRUGGE 2002. Celle-ci est considérée comme étant mûrement réfléchie et innovatrice.
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C O N C I S
DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL DU PRODUIT
BRUGGE 2002 a offert aux professionnels du voyage différentes ‘bases’ qui pouvaient
être exploitées dans leurs propres formules de séjour. Le secteur a réagi avec empressement à cette offre.
L’élément le plus innovateur de cette offre était le Pass BRUGGE 2002. Moyennant
un prix démocratique, les visiteurs pouvaient, durant trois jours, se délecter du
© JAN VERNIEUWE
Jonge Snaken ( Jeunes gaillards)
programme proposé par la Capitale culturelle. Le Pass BRUGGE 2002 était une bonne
idée en soi, mais guère rentable en raison des avantages tarifaires réduits dont bénéficiait le titulaire du Pass, de sa complexité d’utilisation et de l’offre supplémentaire
relativement limitée, où ne figurait pas l’offre permanente des musées de Bruges. La
durée d’utilisation (trois jours) a également empêché le client d’utiliser ce Pass avantageux de manière optimale. Pourtant, cette formule a un potentiel d’avenir, en particulier dans le secteur du logement. Finalement, 1513 Pass BRUGGE 2002 ont été délivrés, cela représente une quantité relativement énorme par rapport aux formules de
séjour classiques.
ACCUEIL ET INFORMATION SUR PLACE
Les représentants des employeurs, travailleurs, du secteur horeca de Flandre et de
BRUGGE 2002 se sont associés afin d’optimaliser aussi l’‘accueil de première ligne’.
Avec une initiative de formation ciblée, les travailleurs de l’horeca étaient parés pour
BRUGGE 2002. L’accent était mis sur l’amabilité avec la clientèle et la fourniture d’informations. Cette initiative s’est avérée très fructueuse.
Afin de traiter les demandes de tours opérateurs avec professionnalisme, une cellule
‘trade’ a été créée au sein de Toerisme Brugge. Cette cellule devait débuter le 1er avril
2001, mais n’a finalement démarré que le 1er septembre 2001. La cellule ‘trade’ a été
confrontée à de nombreux petits problèmes mais, une fois sa vitesse de croisière
atteinte, elle a constitué un maillon important dans le fonctionnement de BRUGGE
2002. Les professionnels du voyage pouvaient s’adresser à cette cellule pour obtenir
des informations commerciales spécifiques, du matériel promotionnel et des tickets
moyennant un tarif professionnel. Toerisme Brugge continue et continuera – après
2002 – à profiter du savoir-faire et des contacts établis par cette cellule durant l’année culturelle.
Le rapport entre BRUGGE 2002 et le secteur touristique
La synergie apparemment logique entre la culture et le tourisme n’est pas aussi évidente que cela en réalité. Les contacts entre le secteur touristique et le secteur culturel se sont avérés rares voire inexistants à l’aube de BRUGGE 2002. La compréhension
© A PRIOR
B R U G G E
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En ce qui concerne la satisfaction des touristes sur l’accueil et l’information, Toerisme
Brugge s’est vu attribuer un score de 2,9 sur 5. Les touristes résidents ont attribué un
score légèrement supérieur aux fournisseurs de logements: 3,5 sur 5 pour l’accueil et
3,3 sur 5 pour les informations fournies. L’étude WES attire l’attention sur le problème de la dispersion des centres d’information destinés aux visiteurs. Sans doute
aurait-il mieux valu assurer l’information et la billetterie à partir d’une entité centrale,
comme on l’avait envisagé avant le lancement de BRUGGE 2002.
Octopus Outside
[email protected]
mutuelle faisait même souvent défaut, notamment en raison du manque de connaissance et de compréhension des problèmes et des sensibilités de chacun.
Sous l’impulsion du coordinateur tourisme, Dieter Dewulf, BRUGGE 2002 a réuni les
acteurs publics et privés des deux secteurs dans les groupes de travail ‘Logement’,
‘Marketing et Promotion’ et ‘Accueil’. Une concertation régulière a permis une
convergence de points de vue parfois divergents et la réalisation de projets concrets,
tels que le plan d’action relatif au tourisme de résidence et le projet d’accueil de première ligne. Outre cette concertation de groupes de travail, six réunions d’information ont été organisées pour le secteur du logement et les services du tourisme, réunions durant lesquelles on a fourni des éclaircissements sur le programme, les conditions touristiques annexes et la vente des tickets. Le secteur du logement et les services du tourisme ont été informés en permanence sur BRUGGE 2002, par le biais de
lettres d’information.
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C O N C I S
La communication entre BRUGGE 2002 et le secteur touristique, les fournisseurs de
logement en particulier, était relativement intense. Comme le montre l’étude d’impact
du WES, ces efforts ont été hautement appréciés et ont permis un certain rapprochement des parties. Il appartient à la ville, et à Toerisme Brugge en particulier, d’œuvrer en
permanence à la communication et aux relations avec les autres partenaires touristiques.
Les partenaires
Chiffres
BRUGGE 2002 a bénéficié du soutien de nombreux pouvoirs publics, dont la contribution s’élève à 4 15 576 593,93 (628 358 251 BEF), soit 57% des recettes de BRUGGE
2002. Les personnes familiarisées avec le secteur culturel savent que le pourcentage
des aides publiques est généralement bien plus important. Sur le chiffre d’affaires total
de BRUGGE 2002, qui atteint 4 27 167 033,70 (1 095 915 422,75 BEF), les recettes du
sponsoring cash ont couvert 4 4 232 320,02 (170 731 366 BEF) du budget total des
recettes. Le sponsoring en nature et le mediasponsoring atteignent une valeur totale
de
4 2 096 198,32 (84 560 431 BEF). Le programme de sponsoring représentait
donc un total de 4 6 414 800,34 (258 772 404 BEF) de moyens, soit 23,61% des recettes totales.
Catégories de partenaire
Les partenaires principaux correspondent aux premiers et plus importants partenaires de BRUGGE 2002. Ils ont joué un rôle essentiel dans la communication et ont soutenu dès le départ l’ensemble du projet BRUGGE 2002. En outre, ils se sont associés,
sur le plan de la communication, à un projet ou thème important. Parmi eux, huit
© LIEVE VAN CAUWELAERT-VAN BUYTEN
© PATRICK DE SPIEGELAERE
Onder dak
Kris Defoort
partenaires ont opté pour l’une des trois expositions principales.
Les partenaires principaux médias, qui ont également été associés au projet dès les
premiers préparatifs, ont mis à disposition un espace médiatique par le biais de leurs
canaux spécifiques.
Les partenaires associés, groupés ou non sous un dénominateur commun, ont soutenu une série de projets de BRUGGE 2002.
Les partenaires de projets ont soutenu un projet spécifique du programme de
BRUGGE 2002.
BRUGGE 2002 comptait au total 46 partenaires. 26 de ces partenaires ont apporté leur
contribution en cash, un nombre identique de partenaires ont opté pour le sponsoring en espace médiatique ou en nature. (Certains partenaires ont opté pour une
combinaison cash-nature.)
B R U G G E
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Contenu du partenariat
Un contrat de sponsoring implique que l’on donne et que l’on reçoit. L’entreprise achète au fond un produit tangible. Dans le cas de BRUGGE 2002, ce produit équivalait à: une
série d’activités représentatives (dont des nocturnes), des tickets d’entrée pour les différents événements et autres produits (visites guidées de la ville, utilisation de l’espace
VIP, invitations aux inaugurations, etc.) et la visibilité au niveau de la communication
de BRUGGE 2002 (publicités, mentions du logo, visibilité sur place, etc.). Outre ce résultat tangible, citons l’aspect incalculable mais peut-être le plus précieux: l’image.
Bénéfices
Les nocturnes constituent sans aucun doute la part la plus tangible des recettes de
sponsoring. Les partenaires ont enregistré 75 nocturnes, presque exclusivement pour
les trois expositions principales. Cela est compréhensible – ces expositions de haute
qualité offraient d’énormes possibilités pour ce qui est de capter l’attention d’un large
public. Il est toutefois regrettable que les partenaires n’aient pas soutenu des projets
moins importants mais tout aussi valables, tels que Attachment+, WHAT? A tale in
free images, Octopus ou .WAV. Néanmoins, tant les partenaires que leurs hôtes ont
été très satisfaits des nocturnes.
Au total, 28 833 tickets ont été mis à la disposition des partenaires.
BRUGGE 2002 a utilisé pleinement ses supports de communication pour signaler la collaboration des partenaires sous la forme de publicités, de mentions du logo et du nom.
Evaluation
Hormis la visibilité au niveau de la communication générale de BRUGGE 2002 et la
revalorisation de l’image des partenaires, les bénéfices représentent une valeur de
© FRAUKE DENDOOVEN
Wijk-Up
de kavijaks (zonder hoofdletters)
71
4 1 359 417 (54 840 000 BEF), estimée au prix de vente. Sur ces bénéfices, les nocturnes
données en retour représentent un prix de vente total de 4 789 000 (31 850 000 BEF),
les tickets et chèques-cadeaux représentent 4 485 817 (19 500 000 BEF) et les autres
activités, dont 9 900 catalogues, représentent 4 84 600 (3 412 750 BEF).
Les dépenses générales réalisées par BRUGGE 2002 pour le fonctionnement des partenaires – réunions d’information pour les partenaires, les frais de personnel interne
et frais d’administration connexes, etc. – ont été calculées sur un total de 4 370 000
(15 000 000 BEF). Cela représente un investissement calculable de 4 1 729 417
(69 764 509 BEF).
Si nous déduisons les dépenses des recettes, nous obtenons un bénéfice net de
4 4 599 101,34 (185 527 288 BEF) soit un petit 72% des recettes totales de sponsoring.
Reste à savoir si les partenaires n’étaient pas trop nombreux, et si les entreprises ont
suffisamment contribué dans l’ensemble. En tout cas, on disposait de suffisamment
d’instruments pour personnaliser de manière satisfaisante la participation des partenaires à l’événement BRUGGE 2002. Cependant, il est peut-être judicieux d’évoluer
vers une forme de collaboration qui implique un nombre important de partenaires
principaux, médiatiques et associés, et où cette relation se transforme en une véritable relation de sponsoring. Celle-ci se traduirait surtout au niveau de la visibilité, de
la publicité et de l’implication des partenaires dans l’ensemble. On pourrait faire
appel aux autres entreprises, également cataloguées comme partenaires de l’événement BRUGGE 2002, en tant qu’‘acheteurs’, ‘utilisateurs privilégiés’ de certaines parties du programme. Cette relation aurait donc un caractère plus commercial.
Les Amis de BRUGGE 2002
Dans le cadre de la politique de sponsoring, on a réalisé le projet ‘Amis de BRUGGE
2002’ en 2000. L’objectif était double: d’une part, permettre aux entreprises et personnes privées qui souhaitent faire quelque chose en faveur de BRUGGE 2002, mais
pour qui le montant du partenaire s’avérait trop élevé, d’apporter également une
contribution financière; d’autre part, les Amis de BRUGGE 2002 se sont associés à une
série d’activités davantage axées sur l’aspect social du programme culturel.
On dénombre au total 131 inscriptions: 72 personnes privées, 57 entreprises et 2 administrations publiques. Cela représente un total de 4 85 750,00 (soit 3 459 146 BEF)
en termes de recettes.
C O N C I S
La passerelle sur la Coupure
ADMINISTRATION,
ORGANISATION
ET BUDGET
Introduction
Stratégie globale
La gestion administrative de BRUGGE 2002 était basée sur une stratégie en quatre volets:
1. Suivi constant de la situation financière de sorte qu’une correction était toujours possible, le cas échéant.
2. Gestion des risques grâce à des accords juridiquement étayés et fiscalement
justifiés.
3. Gestion du personnel appropriée et consciente des coûts.
4. Communication interne et externe explicite de la politique financière.
Cette stratégie devait être implémentée dans un contexte extrêmement complexe,
compte tenu de l’ampleur du projet, la limitation dans le temps et le nombre de collaborateurs et partenaires.
Volet financier
Au moment où Katrien Van Eeckhoutte a été nommée administratrice de BRUGGE
2002, BRUGGE 2002 vzw sous-traitait sa comptabilité à l’entreprise Fisko Data, qui
s’occupait de la gestion financière à distance. A compter de mars 2000, la comptabilité a été suivie en interne par un collaborateur administratif. Au cours de cette période,
le tableau budgétaire a été affiné. Un budget partiel a été attribué à chaque activité et
à chaque responsable de département.
Suite aux limitations du système comptable de l’époque, il a été décidé d’organiser un
suivi budgétaire extracomptable. Au printemps 2000, l’asbl a encore été plus loin en
développant un Project Management Information System (Promis), lequel permettait
de centraliser les principales informations pratiques et budgétaires pour chaque projet.
A l’été 2001, l’équipe financière a été renforcée par trois collaborateurs.
Un rapport financier était soumis au conseil d’administration sur base bimestrielle.
Après le contrôle externe du réviseur d’entreprises, les comptes annuels étaient soumis à l’approbation de l’assemblée générale avant la fin mars.
A compter d’octobre 2001, l’asbl BRUGGE 2002 a commencé la prévente des billets
pour les divers événements culturels. La vente des billets s’effectuait via le système
TicketTinck, une nouvelle application informatique élaborée pour le compte de la
province de Flandre occidentale, pour laquelle BRUGGE 2002 a servi de projet-pilote.
Un coordinateur chargé de la vente des billets d’une manière efficace et fiable, a été
engagé en septembre 2001. Il était assisté par une équipe de réceptionnistes enthousiastes.
Volet juridique
En raison de la grande interaction de l’asbl BRUGGE 2002 avec de nombreux partenaires externes, des accords bien définis sont essentiels. C’est la raison pour laquelle
une juriste a rejoint l’association en janvier 2001: elle a conclu plusieurs centaines de
contrats avec des partenaires culturels, des artistes, des compagnies, des collaborateurs, des partenaires et des loueurs. De nombreux aspects fiscaux et sociaux ont également été réglés.
Volet personnel
L’asbl BRUGGE 2002 a été fondée en 1999 et s’est rapidement développée en une
entreprise moyenne employant plus de 100 travailleurs, ce qui impliquait une gestion du personnel adéquate et à fort coefficient de travail. Des partenaires externes
C O N C I S
Aspects concrets de la gestion administrative
73
ont été sollicités, plus exactement un secrétariat social (ADMB) et une agence d’intérim (Randstad, notre partenaire principal). A compter de septembre 2001, l’agence
d’intérim a détaché une consultante interne à temps partiel. En 2002, l’asbl pouvait
compter, pour les emplois temporaires sur base intérimaire et pour la coordination
pratique des bénévoles, sur un collaborateur à temps plein détaché par la même agence.
Un coordinateur du personnel a été engagé en décembre 2001 pour rejoindre l’équipe
de la direction administrative.
Vue d’ensemble du budget global
B R U G G E
2 0 0 2
74
BRUGGE 2002 vzw fonctionnait avec un budget global de ¤ 27 167 034,02 (1 095 915 436 BEF),
dont ¤ 2 096 198,32, soit 7,72%, provenaient du sponsoring en nature. Les dépenses et recettes de trésorerie s’élèvent au total à ¤ 25 070 835,70 (1 011 355 005 BEF). Il s’agit exclusivement du budget réalisé dans le cadre de la comptabilité de l’asbl BRUGGE 2002. Un chiffre
d’affaires important a également été réalisé par les partenaires culturels, les pouvoirs publics
et divers partenaires privés.
Certains programmes ont intégralement été financés par BRUGGE 2002, d’autres ont
été co-financés par des partenaires culturels et d’autres encore ont été entièrement
financés par le partenaire lui-même. Sans oublier les projets architecturaux dont
BRUGGE 2002 n’était pas le maître d’ouvrage, mais qui ont toutefois été intégrés dans
le programme, tels que le réaménagement de l’Île du canal et de la passerelle surplombant la Coupure. BRUGGE 2002 a également participé à la réalisation de l’espace
de répétition et de création Groenplaats, mais ce projet a bénéficié d’un apport des
pouvoirs publics et de divers partenaires culturels.
Outre l’apport extérieur, les partenaires communication ont investi dans les mêmes
proportions, en particulier les divers services touristiques: l’Office du Tourisme de
Bruges et le service du tourisme Westtoer, et surtout l’Office du Tourisme de Flandre.
La municipalité de Bruges (en collaboration avec d’autres pouvoirs publics) a également profité de l’occasion offerte par BRUGGE 2002 pour construire une salle de
concert unique et réaliser plusieurs restaurations importantes dans la ville.
L’addition de ces diverses sources de financement donne un total de 4 109 519 398,55
(4 418 001 586 BEF). Un investissement dans la culture unique et rarement vu pour
une ville.
Budget - BRUGGE 2002
Restaurations à l’occasion de BRUGGE 2002**
4 27.167.034,02
4 13.500.000,00
4 43.852.364,53
4 25.000.000,00
Total
4 109.519.398,55
Budget - BRUGGE 2002 partenaires culture et communication
Construction Concertgebouw*
* source: conférence de presse Concertgebouw vzw, juillet 2001
** source: article E. Goedleven dans la partie 5 de ce rapport final, ‘Brugge 2002, een verhaal in woorden’
Coûts
Type de coûts
TYPE DE COÛTS
CHIFFRES ABSOLUS
Marchandises
0,09%
Frais divers
4 24.695,13
4 20.985.496,24
4 5.246.474,54
4 910.368,11
Total
4 27.167.034,02
100%
Services et biens divers
Frais de personnel
POURCENTAGE
77,25%
19,31%
3,35%
Marchandises
Au total, BRUGGE 2002 a collaboré avec 1 456 fournisseurs différents pour un montant total de 4 20 985 496,24 (soit 77,25% du budget global).
Centres de coûts
TYPE DE COÛTS
CHIFFRES ABSOLUS
Programme
61,14%
Frais généraux
4 16.609.769,73
4 5.943.520,19
4 4.613.744,10
Total
4 27.167.034,02
100%
Communication
POURCENTAGE
21,88%
16,98%
Programme
Au total, 4 16 609 769,73, soit 61,14% du budget global de BRUGGE 2002, ont été
dépensés en frais de programme et coûts de production directs. La part pouvant être
directement attribuée aux divers projets s’élève à 4 11 668 460,10.
Ventilation pour chaque discipline:
Expositions
Art actuel
36,32%
8,66%
Architecture et monuments
9,43%
Musique
9,39%
Arts du spectacle
11,79%
Film et médias
1,23%
Littérature et débats
1,58%
Enfants et jeunesse
8,27%
Evénements
9,89%
Quartiers et monde
3,45%
Total
100,00%
C O N C I S
Personnel
Au total, 155 personnes ont travaillé directement pour BRUGGE 2002 vzw de janvier 1999 à
mars 2003. Un total de 4 5 246 474,54 a été dépensé en frais de personnel, soit 19,31% du
budget global de BRUGGE 2002 vzw. Outre ces frais de personnel directs, BRUGGE 2002 a fait
appel à du personnel des musées municipaux et à des travailleurs intérimaires par l’entremise du partenaire en nature Randstad. Quelque 4 1 162 884,49 ont été facturés à cet effet. Une
équipe de 85 bénévoles a également totalisé 976 jours de prestations. BRUGGE 2002 a conclu
une charte avec STC, la ville de Bruges et Randstad en vue d’engager des chômeurs de longue
durée, après une formation appropriée, pour participer à l’organisation de BRUGGE 2002.
75
Ces répartitions budgétaires ne reflètent pas le degré d’importance de la discipline au
sein de l’ensemble. Le fait est que certaines disciplines coûtent plus cher en production que d’autres.
Les coûts de production généraux s’élèvent à 4 4 941 309,63. Ce budget comprend
également, entre autres, l’action des bénévoles européens et l’organisation de nocturnes. Ne sont pas compris les nombreux investissements réalisés par les partenaires culturels dans le cadre de BRUGGE 2002.
B R U G G E
2 0 0 2
76
Communication
Un total de 4 5 943 520,19 a été dépensé en frais de communication, ce qui correspond à 21,88% du budget global de BRUGGE 2002.
Un montant total de 4 1 765 984,18, soit 29,71% du budget communication, a été
négocié dans le cadre du mediasponsoring. Les frais de publicité se sont élevés pour
leur part à quelque 4 369 149,12. La conception et l’impression du matériel promotionnel ont représenté un montant total de 4 1 332 296,06. Le budget communication prévoyait également suffisamment de marge pour le développement et l’entretien du site web, l’organisation du service de presse et des relations publiques. Les
dépenses relatives aux partenaires (à l’exception des billets), représentant un montant
total de 4 94 307,05, étaient également comprises dans le budget communication.
Frais généraux
Un montant total de 4 4 613 744,10 a été dépensé en frais généraux, ce qui représente
16,98% du budget global de BRUGGE 2002.
Ce montant comprend une part importante de frais de personnel (67,64%). D’autres frais
importants sont les frais généraux spécifiques – loyers et frais relatifs aux bâtiments,
infrastructures de service aux collectivités, imprimés, fournitures de bureau, frais de communication et frais d’assurance généraux. Les frais de fonctionnement et charges salariales du coordinateur tourisme étaient également prévus dans le budget frais généraux.
Recettes
CHIFFRES ABSOLUS
Subventions
Structurel
4 13.514.410,06
4 2.062.183,87
4 4.137.709,14
4 94.610,88
4 2.096.198,32
4 86.282,00
4 15.576.593,93
57,34%
4 6.414.800,34
23,61%
4 4.008.072,35
4 81.543,29
Publications
4 148.736,11(*)
Récupération de frais 4 259.411,70
Vente représentations 4 334.183,25
4 4.008.072,35
4 230.279,40
0,85%
4 937.287,68
3,45%
Autre
Sponsoring
POURCENTAGE
Général
Projet
Nature
Fondation Roi
Baudouin et Amis
de BRUGGE 2002
Vente de billets
Merchandising
et Publications
Autres recettes
Merchandising
14,75%
et nocturnes
Recettes d’exploitation 4 16.821,07
Produits financiers
4 181.620,94
Produits exceptionnels 4 145.250,72
Total
4 27.167.033,70
100%
(*) Le montant des commissions sur publications est une estimation réaliste sur la base des chiffres
de vente au 28/02/03.
Subventions
Les organismes dispensateurs de subventions suivants ont contribué à la réalisation
de BRUGGE 2002: la Communauté flamande, le gouvernement fédéral (par l’entremise de la Loterie nationale), la municipalité de Bruges, la province de Flandre occidentale, la Commission européenne, l’Office du Tourisme de Flandre, la
Communauté française de Belgique, EU-Japan Fest, la Région de Bruxelles-Capitale,
l’Institut Goethe, le Collège de l’Europe et Jint vzw.
Organismes dispensateurs de subventions structurels
ORGANISME DISPENSATEUR STRUCTUREL
MONTANT
Commission européenne
1,84%
Municipalité de Bruges
4 500.000
4 4.957.870,50
4 4.957.870,50
4 619.733,81
4 2.478.935,25
Total
4 13.514.410,06
49,75%
Loterie nationale
Communauté flamande
18,25%
77
18,25%
2,28%
9,12%
Les contrats de subvention ont résulté en mentions de noms, mentions de logos,
mentions dans des textes rédactionnels et dans un certain nombre d’activités représentatives (nocturnes, billets, publications, etc.). Un accord spécial a été conclu avec
la Loterie nationale, prévoyant, entre autres, la mention de cet organisme en tant que
partenaire de [email protected]
Autres organismes dispensateurs de subventions
La Communauté française de Belgique a apporté un soutien global à BRUGGE 2002
en raison de la participation de divers artistes wallons. La Région de BruxellesCapitale a apporté un soutien global à BRUGGE 2002 en vue de souligner la présence
d’artistes et d’organisations culturelles bruxelloises.
La Communauté flamande a soutenu – outre par l’octroi d’une subvention structurelle – BRUGGE 2002 dans le cadre du réseau public, du pavillon de Toyo Ito,
Kaapstad, ’t Kl!kt, The People Network, .WAV, KIR et Kabba. Jint vzw a soutenu le projet Stubnitz.
Le gouvernement fédéral a soutenu – en plus de la subvention octroyée par l’entremise de la Loterie nationale – le concert de l’Orchestre national de Belgique et la série
de conférences Vivés.
Divers organismes étrangers ont également apporté leur soutien direct à BRUGGE
2002. Grâce à son soutien financier, la Commission européenne, département
Jeunesse, a permis à 20 jeunes issus de 15 pays européens de participer activement à
l’Année culturelle pendant un an. EU-JapanFest a soutenu le feu d’artifice Edo à l’occasion de l’inauguration de l’année culturelle, le pavillon de Toyo Ito et l’exposition
Lost Locations. L’Institut Goethe a soutenu diverses représentations dans le cadre de
Format 2002.
Les subventions indirectes, grâce auxquelles des artistes étaient directement subventionnés par un organisme dispensateur de subventions (étranger), ne sont pas reprises dans le budget de BRUGGE 2002 vzw. Les projets ‘Format 2002’ et ‘Young People,
Old Voices’ ont ainsi été soutenus par Nordrhein-Westfalen.
C O N C I S
Prov. de Flandre occidentale
POURCENTAGE PAR RAPPORT
AU BUDGET GLOBAL
Sponsoring
BRUGGE 2002 vzw a reçu 4 6 414 800,34 de ses partenaires, soit 23,61% du budget global.
Le cash sponsoring se taille la part du lion: 4 4 318 602,02, soit 67,32% du sponsoring
total. Les partenaires principaux ont contribué à raison de 4 3 505 580,66, les partenaires associés ont apporté 4 632 128,49 et les partenaires de projets, 4 94 610,88.
En outre, les Amis de BRUGGE 2002 vzw et La Fondation Roi Baudouin ont également
apporté leur contribution, respectivement 4 85 750,00 et 4 532,00.
Le sponsoring en nature représentait 4 2 096 198,32, soit 32,68% du sponsoring total.
Vente de billets
B R U G G E
2 0 0 2
78
La province de Flandre occidentale a soutenu BRUGGE 2002 en organisant la vente
des billets et la réservation des visites guidées par le biais de la nouvelle structure
TiNCK. Outre un soutien matériel (hardware et software), BRUGGE 2002 a également
bénéficié d’un soutien en personnel pour la prévente téléphonique et électronique et
la réservation de billets.
La vente de billets a rapporté 4 4 008 072,35 à BRUGGE 2002 vzw, soit 14,75% des
recettes totales. Aperçu de la ventilation pour chaque discipline:
Expositions
71,09%
Autres
4 2.849.416,76
4 53.065,75
4 3.629,18
4 299.838,46
4 254.275,84
4 10.487,60
4 20.227,27
4 42.768,15
4 158.478,69
4 16.463,10
4 299.421,55
Total
4 4.008.072,35
100,00%
Art actuel
Architecture et monuments
Musique
Arts du spectacle
Film et médias
Littérature et débats
Enfants et jeunesse
Evénements
Quartiers et monde
1,32%
0,09%
7,48%
6,34%
0,26%
0,50%
1,07%
3,95%
0,41%
7,47%
Comme il fallait s’y attendre, le plus grand nombre de billets a été vendu dans le
cadre des trois grandes expositions. Les billets étaient également vendus par des distributeurs étrangers, et chez nous, les partenaires en nature VUM et SNCB ont aussi
vendu des billets supplémentaires. BRUGGE 2002 a pu maximaliser les produits provenant de la vente des billets pour ces trois expositions, ce qui a permis de réaliser
d’autres initiatives.
La nature de la discipline est essentielle pour l’appréciation de ces chiffres. Les produits provenant de la vente des billets pour les programmes ‘Architecture et monuments’ ou ‘Film et médias’, par exemple, étaient quasi inexistants, voire nuls. La catégorie ‘Autres’ comprend les produits issus de la vente d’abonnements, de Pass
BRUGGE 2002, de “Poorterspas” (cartes de réduction pour les Brugeois et le personnel de la municipalité de Bruges) et de visites guidées. Quelque 9 384 exemplaires du
“Poorterspas” et 1 513 Pass BRUGGE 2002 ont été vendus au total. De même, 4 393 visites guidées ont été réservées via BRUGGE 2002.
Merchandising et publications
Au total, BRUGGE 2002 vzw a retiré 4 81 543,29 de la vente d’articles de merchandising et de la commission sur la vente de ces articles. Le décompte final avec les partenaires publication – les éditeurs Ludion, Lannoo et Stichting Kunstboek – sera définitivement établi fin 2003. Les produits attendus (sur la base des chiffres de vente au
28/02/03) s’élèvent au total à 4 148 736,11.
Autres recettes
Administration et organisation interne
Le projet BRUGGE 2002, Capitale culturelle de l’Europe, se présentait sous la forme
d’une asbl. BRUGGE 2002 vzw avait pour objectif de se charger de la coordination et
de l’organisation d’activités dans le cadre de BRUGGE 2002, Capitale culturelle de
l’Europe, et d’en assurer le financement, l’organisation et la promotion. L’association
a été gérée par le conseil d’administration et l’assemblée générale. Cette dernière était
compétente, entre autres, pour nommer les administrateurs et pour approuver le
budget et les comptes annuels.
L’organigramme peut être schématisé comme suit.
Le niveau administratif se composait de l’assemblée générale, du conseil d’administration et du bureau. Ces trois échelons administratifs avaient pour président Patrick
Moenaert, bourgmestre, et pour vice-président Yves Roose, échevin de la culture.
La gestion quotidienne revenait au directeur général, Hugo De Greef. L’organisation
interne était gérée par trois départements: le département Communication, avec
comme directeur Reinhilde Weyns, le département Administration, dirigé par
Katrien Van Eeckhoutte, et le département Programmation et Production, avec pour
directeur Jan Vermassen et pour chef de production Gerd Van Looy.
Chaque département était dirigé par un directeur qui, avec l’aide d’une équipe de collaborateurs et d’assistants, coordonnait et réalisait les activités. Au niveau du staff, les
directeurs étaient représentés, pour la gestion journalière, par le directeur général
Hugo De Greef. Le directeur général était tenu de rendre compte au conseil d’administration de l’asbl. En interne, chaque département faisait un point de la situation
concernant son fonctionnement lors des réunions d’équipe. Chaque département
organisait sa propre concertation pour la gestion journalière.
79
C O N C I S
Un montant de 4 937 287,68, soit 3,45% du budget global, a été retiré des autres
recettes.
La vente de représentations et de nocturnes exclusives à des organisations et entreprises a généré un produit de 4 334 183,25. Au total, BRUGGE 2002 vzw a récupéré un
montant de 4 259 411,70 de frais. Grâce à une bonne ventilation des recettes, nous
avons perçu 4 181 620,94 de produits financiers pendant toute la période de 1999 à
2003 inclus.
ETUDE D’IMPACT
BRUGGE 2002 –
RÉSUMÉ ET
CONCLUSIONS
A la demande de BRUGGE 2002 vzw, WES Onderzoek & Advies a évalué l’impact culturel,
économique et social de BRUGGE 2002, Capitale culturelle de l’Europe. Cette évaluation est
basée sur les résultats de quatre enquêtes différentes.
1. Durant la période de juillet-novembre 2002, nous avons organisé une large enquête
publique auprès de 830 touristes en séjour et 897 touristes d’un jour, tant belges
qu’étrangers, leur demandant notamment à quel point BRUGGE 2002 avait motivé leur
visite, quelles sources d’information ils avaient consultées et ce qu’ils avaient fait.
3. La troisième enquête avait trait aux questions d’enquête posées aux participants d’événements dans le cadre de BRUGGE 2002. Près de 5 900 participants à douze activités culturelles de BRUGGE 2002, sélectionnées de manière équilibrée, reçurent un formulaire
d’enquête les questionnant notamment à propos du rôle de ces activités lors de leur visite
à Bruges, les sources d’information qu’ils avaient consultées et leur appréciation de ces
activités. Au total, 1 700 personnes renvoyèrent le formulaire dûment complété.
4. Pour finir, nous eûmes des interviews de fond avec 30 personnes intéressées et parties prenantes importantes, ayant leurs activités dans le secteur culturel et touristique à Brugesmême ou en dehors, les interrogeant à propos de leur point de vue sur l’impact culturel,
économique et social de BRUGGE 2002 et comment ils voyaient les développements futurs,
tant souhaitables que possibles.
Dans les paragraphes suivants, nous structurons les constatations et les conclusions les plus
importantes issues des quatre enquêtes, en fonction de l’impact culturel, économico-touristique et social. Dans un dernier point, nous prêtons attention à un certain nombre de directives orientées vers l’avenir.
81
C O N C I S
2. Lors d’un sondage effectué auprès de presque 6 000 personnes, pouvant être considérées
comme représentatives de la population belge, nous avons demandé dans quelle mesure
elles avaient participé aux activités organisées dans le cadre de BRUGGE 2002, Capitale
culturelle de l’Europe.
Impact culturel
L’impact culturel de l’événement BRUGGE 2002 se situe sur plusieurs plans.
Infrastructure
Les réponses des personnes intéressées comme parties prenantes font apparaître
qu’elles considèrent que l’aspect le plus important et le plus durable de BRUGGE 2002
sont les réalisations en matière d’infrastructure.
On évoque surtout les restaurations de monuments et les nouvelles réalisations telles que le
Concertgebouw, le pavillon de Ito, la Magdalenazaal, la Groenplaats, le pont de la Coupure,
la Kanaaleiland (Île du canal), etc. Nombre de ces projets d’infrastructure présentent, en
outre, une indubitable fonction de signal, grâce à l’introduction d’éléments contemporains.
B R U G G E
2 0 0 2
82
Programmation
Les parties prenantes expriment une grande satisfaction générale au sujet de la programmation. Les expositions sont particulièrement considérées comme des points
forts. Il en va de même pour les arts de la scène.
Certains firent remarquer que les arts plastiques contemporains étaient peu ou pas
représentés à l’occasion de BRUGGE 2002. L’art moderne ne fut pourtant pas oublié,
mais la programmation de tels événements fut finalement peu présente dans l’image qu’on se forma de BRUGGE 2002. La programmation destinée aux jeunes fut également jugée faible par les parties prenantes.
Cette appréciation fut confirmée par les résultats de l’enquête concernant les événements. Il
en ressort que le contenu des événements les plus examinés a répondu aux attentes du public.
Organisation et collaboration
Les témoins privilégiés de BRUGGE 2002 jugent unanimement que l’événement fut
très positif, professionnel et énergique. La collaboration de BRUGGE 2002 avec les différents partenaires du secteur culturel et touristique, tant à Bruges qu’au dehors, avec
la ville de Bruges et les sponsors fut jugée très bonne.
Selon les témoins privilégiés, c’est justement sur le plan de la collaboration qu’a pu se
faire une des réalisations les plus importantes de BRUGGE 2002, créant ainsi une grande
amélioration de la communication et de la concertation entre les divers agents locaux.
Impact public
L’impact public fut important, comme les données des diverses enquêtes le prouvent:
■ 6% des touristes en séjour (belges et étrangers) et 8% des touristes d’un jour (belges et étrangers) sont venus spécialement à Bruges durant la période de juilletnovembre 2002, à cause des activités programmées par BRUGGE 2002. 15% des
touristes en séjour et 15% des touristes d’un jour étaient motivés par BRUGGE 2002,
mais pas exclusivement. D’autres raisons jouèrent un rôle également. Ce qui signifie qu’au total, 21% des touristes en séjour (ce qui correspond à 120 000 touristes
en séjour) et 23% de touristes d’un jour (700 000 personnes environ, hormis les
Brugeois et les personnes des environs proches) ont décidé de se rendre à Bruges
en se laissant influencer par les activités programmées par BRUGGE 2002.
■ 9% de tous les Belges (Brugeois et personnes des environs proches de Bruges
compris) ont participé aux événements ou activités ou ont visité des expositions
dans le cadre de BRUGGE 2002. Ce qui signifie qu’environ 920 000 Belges ont plus
ou moins participé à l’année culturelle.
Image
Selon les parties prenantes, l’image de Bruges s’est élargie et rajeunie grâce à BRUGGE
2002. BRUGGE 2002 mit en lumière plusieurs aspects de la ville, faisant découvrir
ainsi à beaucoup de personnes des perspectives plus larges. On suppose que ce processus positif s’est répercuté d’abord et surtout sur l’attitude des acteurs culturels de
notre pays et celle de notre propre population. L’impact de BRUGGE 2002 sur l’image
de Bruges est probablement restreint auprès du public étranger.
L’enquête auprès du public révèle une image de Bruges encore toujours fortement
marquée par son caractère médiéval et monumental, une architecture et des édifices
authentiques, une histoire aussi riche que pittoresque, un cadre impeccablement
entretenu et une ambiance chaleureuse. Quant à susciter une image plus large
auprès du grand public, l’événement n’a signifié qu’un enclenchement du changement et il y a encore bien du chemin à parcourir.
Impact économico-touristique
Effet économique direct
Nous estimons la totalité des dépenses des touristes récréatifs de séjour et d’un jour
à Bruges durant la période de l’année culturelle (février-novembre 2002) à près de
213 millions d’euros, répartis en 124 millions dépensés par les touristes de séjour et
89 millions d’euros par les touristes d’un jour.
Compte tenu du pourcentage des touristes de séjour et d’un jour qui ont visité Bruges
avec BRUGGE 2002 comme motivation (qu’elle soit unique ou combinée avec d’autres
motivations), nous pouvons conclure qu’un surplus de 42 millions d’euros de dépenses a été généré par BRUGGE 2002, dont 25 millions d’euros par des touristes de
séjour et 17 millions d’euros par des touristes d’un jour. Ce qui signifie que, suite à
BRUGGE 2002, les dépenses ont augmenté de 25 % maximum.
Pour déterminer l’impact économique global, nous déduisons d’enquêtes similaires
à propos d’autres événements et destinations que l’impact économique direct en des
circonstances normales peut être majoré de 50%. Etant donné le très haut montant
investi en infrastructure, rénovations et fonctionnement de BRUGGE 2002 vzw, l’effet
final pour Bruges peut sans doute être revu à la hausse.
Position sur le marché touristique
Les parties prenantes considèrent unanimement les expositions comme les événements ayant eu le plus grand impact économico-touristique, parce qu’ils ont notamment pu générer des nuitées. De plus, il est généralement admis que, comparée aux
autres années, la saison touristique débuta plus tôt en 2002.
Moyens mis en oeuvre
Les parties prenantes interrogées témoignent de leur grande appréciation quant à la
communication de BRUGGE 2002. L’approche de la communication fut considérée
comme stratégiquement bien étudiée et innovante. Les effets de la communication
peuvent également se lire dans les enquêtes auprès du public.
■ Les sources d’informations principales que les touristes de séjour et d’un jour ont
consultées en vue de leur visite à Bruges sont Internet et le site de BRUGGE 2002,
des articles de journaux et de revues, le programme de BRUGGE 2002 et d’autres
brochures de BRUGGE 2002, des programmes radio et TV. Ce résultat reflète entre
autres choses la réussite du traitement presse.
C O N C I S
L’impact économique de BRUGGE 2002 résulte des dépenses qu’un tel événement suscite et
qui aboutissent dans l’économie locale, donnant lieu à la création de revenus supplémentaires. Nous appelons cela l’effet économique direct de BRUGGE 2002.
En outre, nous prenons également en considération l’impact sur le marché touristique de
Bruges, ainsi que les moyens mis en œuvre.
83
En ce qui concerne spécifiquement les événements en cause, nous constatons que
le programme de BRUGGE 2002 et d’autres brochures de BRUGGE 2002 ont grandement contribué à l’information. Les articles dans la presse écrite ont également
joué un rôle important. L’influence de la publicité et du site web de BRUGGE 2002
a été moindre, quoique non négligeable.
En ce qui concerne le fonctionnement de l’information, les parties prenantes estiment que l’éparpillement des points de contact avec le public a posé problème. Pour
le visiteur, il n’était pas toujours évident de savoir où s’adresser pour s’informer et/ou
prendre des billets. Plusieurs parties prenantes considèrent qu’il eût mieux valu que
l’information se fasse à partir d’une entité centrale (un centre de visiteurs, par exemple), se chargeant tant de l’information touristique et culturelle que de la billetterie.
En ce qui concerne la distribution des billets et des produits, les parties prenantes
sont d’accord quant à l’utilité de cartes avantages.
■
B R U G G E
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Impact social
En accord avec les témoins privilégiés, nous pouvons considérer que l’implication et
la participation des Brugeois à l’année culturelle furent importantes en général. En
témoigne le grand succès du Poorterspas, une carte avantages réservée aux Brugeois,
vendue à 10 000 exemplaires. En outre, nous pouvons déduire des résultats d’enquête qu’au moins la moitié des Brugeois participa plus ou moins à des activités dans
le cadre de BRUGGE 2002.
Directives d’avenir
Les études effectuées brossent non seulement un tableau précis de l’impact de BRUGGE 2002,
mais elles permettent également d’en tirer des leçons et de formuler des directives pour l’avenir. Ces directives peuvent être utiles pour la suite du développement culturel et touristique
de la ville de Bruges, en ayant comme objectif premier de promouvoir tant sa haute qualité
de cité historique et culturelle, que de ville bien vivante et contemporaine.
Nous devons être très conscients du fait que l’année culturelle n’a été qu’une première amorce
et qu’à l’avenir de gros efforts de continuation seront nécessaires en matière de programmation et de communication. Il va de soi que cela ne pourra se réaliser qu’à condition de se
pourvoir suffisamment en effectifs et moyens financiers.
Nous regroupons les actions futures en un certain nombre de lignes de force.
Infrastructure
Il apparaît clairement que sur le plan de l’infrastructure culturelle beaucoup de choses furent réalisées en vue de et durant l’année culturelle 2002. Les témoins privilégiés signalèrent néanmoins quelques lacunes et opportunités.
Nous en retenons la création d’un dépôt de patrimoine culturel comme possible
option d’avenir. Bruges dispose encore d’énormes quantités de matériel de patrimoine, aujourd’hui très dispersé et totalement inaccessible au public. Un dépôt de patrimoine ne répondrait pas seulement à l’aspiration d’une resserre plus centrale, mais
offrirait aussi une plus-value intéressante et originale aux visiteurs, à condition que
ce dépôt leur soit convenablement accessible.
Politique de culture et organisation
Nous avons perçu un grand souci de poursuivre l’élan créé par BRUGGE 2002 et de
conserver les connaissances et l’expertise accumulées par BRUGGE 2002. Afin d’y
répondre, il est nécessaire de créer une structure indépendante (une version allégée
de BRUGGE 2002 vzw, par exemple), agissant comme partenaire intermédiaire entre
les services de la ville et les acteurs du secteur culturel et touristique.
La poursuite de l’élan qu’amorça BRUGGE 2002 ne serait pas la tâche de cette nouvelle
structure uniquement. La ville aurait en outre la mission de donner forme à l’ambition
internationale de Bruges au plan culturel et touristique par des efforts importants et soutenus en matière de communication. Les résultats d’enquête démontrent que des investissements bien étudiés dans un bon traitement de marché sont générateurs de résultats.
Programmation
Rapport avec le tourisme
Bruges a comme mission de promouvoir constamment un tourisme de haute qualité
culturelle. La création de culture est d’abord la tâche du secteur culturel, bien entendu, mais il est de la plus grande importance que le secteur touristique y réponde en
retour et se serve de cette offre culturelle dans le développement du produit touristique.
Dans ce cadre, il importe également de prêter l’attention nécessaire à l’amélioration
de la force de frappe de Toerisme Brugge. La modernisation de Toerisme Brugge
s’impose, sur la base d’une politique claire concernant ce service de la ville.
Les enquêtes ont également mis le doigt sur le fait qu’à l’avenir il faudra veiller à éviter certaines évolutions non souhaitables, en l’occurrence:
■ Une dégradation du rapport qualité-prix;
■ L’émergence d’un nombre d’éléments négatifs quant à l’image de la ville, notamment une perte d’atmosphère, une population moins amicale et moins hospitalière
ou une cohue allant en s’amplifiant.
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C O N C I S
Donner forme à la vocation d’une cité de haute qualité historique et culturelle, bien vivante
et contemporaine, nécessite une programmation appropriée d’un niveau haut de gamme.
L’infrastructure culturelle nécessaire existe déjà. De plus, elle est exemplaire quant
aux développements à venir. Il s’agit maintenant d’ambitionner un haut niveau de
programmation à l’aide de l’instrumentation disponible. Il s’avère clairement que les
musées et le Concertgebouw seront les agents principaux de ces développements propres à atteindre le plus haut niveau d’ambition.
N’oublions toutefois pas l’importance d’événements à grande échelle ayant un rayonnement international. Ils s’imposent dans l’offre culturelle et permettent de maintenir régulièrement à niveau l’attention portée à la ville. Ces événements doivent être
greffés sur les fortes caractéristiques de la cité et renforcer son identité, ainsi que
l’image que nous souhaitons en donner.
RÉDACTION
Hugo De Greef, Jan Vermassen, Bram De Vos, Otmar Delanote, Jorijn Neyrinck
EN COLLABORATION AVEC
Katrien Van Eeckhoutte, Reinhilde Weyns, Dieter Dewulf, Joke Geldhof,
Lieve Jaspaert, Patrick Ronse, Elsie Roose, Peter Smet, Gerd Van Looy, Karine Ven
RÉDACTRICE EN CHEF
Mia Verstraete
TRADUCTION
Eurologos
CONCEPTION GRAPHIQUE ET PRODUCTION
Megaluna, arts+design
Stefan Loeckx • Graphisme
Chris Meuris • Coordination mise en pages
Rudi De Rechter, Ingrid Van der Haegen, Nadine Guldemont, Frederik Bachely,
Herma Lok, Stephan Leman • Mise en pages et assistance technique
Koen de Visscher • Coordination projet
Jurgen Darras, Koenraad Raeymaekers, Lut Van den Heuvel,
Ronny Van Ginderdeuren • Assistance coordination projet
Patrick Hannaert, Steven Annaert • DVD & CD-rom
IMPRESSION
Arte-Print
ÉDITEUR RESPONSABLE
Patrick Moenaert, Burg 12, B-8000 Brugge
Sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Albert II et Sa Majesté la Reine Paola
ORGANISMES DISPENSATEURS DE SUBVENTIONS
la Communauté flamande, la Ville de Bruges, la Province de la Flandre-Occidentale,
l’Union européenne, la Communauté française, la Région de Bruxelles-Capitale,
l’Office du Tourisme de la Flandre, le Gouvernement fédéral
PARTENAIRES PRINCIPAUX
Bombardier, Distrigaz, Electrabel, KBC, Groep Fabricom – Watco, Randstad,
Siemens, Winsol, Omob/Smap, Telindus, Loterie Nationale.
PARTENAIRES PRINCIPAUX MÉDIAS
De Lijn/Streep, NMBS, Roularta Media Group, Canvas/Radio 1,
De Standaard/Het Nieuwsblad, Le Soir, RTBF.