Paris-Miami - barnes.office

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Paris-Miami - barnes.office
07/08 DEC 13
Quotidien Paris
OJD : 323303
14 BOULEVARD HAUSSMANN
75438 PARIS CEDEX 09 - 01 57 08 50 00
Surface approx. (cm²) : 1584
N° de page : 30
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Paris-Miami
l'échappée belle
En Floride, les exilés français, séduit
par le dynamisme de cette ville
jeune et cosmopolite, se comptent
Un phénomène qui
s'accélère
Vue de Miami Beach
depuis les luxueuses hauteurs
de l'hôtel Setai.
PHOTOS P DELANCE/LE FIGARO
MAGAZINE RGA/REA DR
BARNES
8461948300508/FCC/OTO/1
Eléments de recherche : FPIM ou La Fédération des Professionnels de Immobilier de Miami : toutes citations
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Quotidien Paris
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Mathias
Gervais
Ce chef français veille
sur les cuisines du Setai.
Mamie Hélène a 97 ans. « Elle est mon
inspiratrice, celle qui m'a initié à la
cuisine, j'avais 8 ans », raconte Mathias
Gervais. Sûr, il deviendra chef. Un CAP
à 17 ans et tout s'enchaîne à la vitesse
d'une bonne étoile. Max Caligari (Logis
du Guetteur aux Arcs-sur-Argens),
Roger Vergé au Moulin de Mougins
(deux macarons Michelin), PEnoteca
Pinchiorri à Florence, bientôt triple
étoilée, l'hôtel Métropole à Monaco et
l'école Robuchon, méditerranéenne
d'un côté (2 macarons), japonaise
de l'autre (un). Il est temps pour Mathias
de voler de ses propres ailes. Elles le
posent à Miami. L'hôtel Setai veut être le
meilleur et offrir une cuisine à la hauteur
de son ambition. Il en confie les clefs à
ce surdoué doté d'une double expertise,
méditerranéenne et asiatique (son
épouse est japonaise). Dans le
restaurant intérieur, Mathias Gervais
marie les saveurs d'Europe et d'Asie.
Au gril, place aux viandes, qualité
américaine, cuissons françaises.
Autour des trois piscines extérieures,
il a eu carte blanche (et un budget
de 600 000 dollars) pour installer
la cuisine de ses rêves. « Je veux
restituer les saveurs de la Côte
d'Azur, ma salade varoise
et mon flan de légumes. »
Pour être reconnu comme
le chef numéro un de
Miami. Mamie Hélène
sera fière du gamin.
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MAURIN PICARD
ENVOYE SPECIAL A MIAMI
n chapelet d'îlots paradisiaques, cernés d'eaux bleu lagon,
défile sous les ailes du Boeing. Lovée
dans son écrin aquatique, Miami, l'envoûtante et ensorceleuse métropole de
Floride, resplendit au soleil de novembre. Pour les exilés climatiques fuyant
les frimas du Vieux Continent, le coup
de foudre est immédiat. Le cliché
d'une cité avachie, à l'indolence toute
caribéenne, vole en éclats au premier
regard. De downtown surgit une forêt
de gratte-ciel scintillants bordée de
palmiers, étonnamment hospitalière et
traversée par une brise légère venue de
la baie de Biscayne.
Les Français adorent. De Paris, les
vols affichent complet. Dans le flot, les
habituels touristes côtoient, c'est nouveau, les candidats discrets mais toujours plus nombreux à l'émigration en
bonne et due forme. « Depuis deux ans,
cela dépasse l'entendement », observe
Elizabeth Gazay, de l'agence immobilière Barnes, surprise par cet afflux
massif de compatriotes.
Combien sont-ils à sauter le pas ?
Difficile à dire. Il y aurait 30000 à
40 000 Français à Miami, pour seulement ll 000 inscrits au consulat de
France. Cette échappée belle traverse
tous les courants de la société : entrepreneurs, médecins, ingénieurs, galeristes d'art, collectionneurs, restaurateurs, artistes, couples et familles de
plus en plus jeunes, attirés par le soleil,
un ciel uniformément bleu et l'énergie
vitale d'une ville en pleine expansion,
au carrefour de l'Amérique du Nord,
du Sud et de la Caraïbe.
« Miami, c'est la France du Second
Empire : Hy a une euphorie immobilière,
financière, culturelle », avance Hélène
Lamarque, directrice d'une galerie
d'art dans Wynwood, quartier arty aux
fresques murales spectaculaires, symbole du renouveau de Miami, bouillonnant chantier à ciel ouvert avec ses
171 projets de tours futuristes.
L'engouement français pour la belle
ambitieuse de Floride, lui, s'est accru
avec la pression fiscale dans l'Hexagone. La campagne presidentielle de
2012, et son haro sur les plus aisés, a
laissé des traces parmi les entrepreneurs, stigmatisés pour leur aptitude à
« faire de l'argent », relève Bernard
Paran, de l'agence immobilière Collin's. Le ras-le-bol croissant de la
conjoncture économique et du climat
politique a accouché d'une envie franche et massive d'aller voir ailleurs. « K
y a une volonté de changer d'air, opine
Elizabeth Gazay, de vivre quelque chose
de nouveau et de découvrir le monde
avec ses enfants. »
« La France, c'est stressant », renchérissent Shannon et Gabriel Castrée,
un couple franco-américain, qui a
choisi de quitter Nantes pour s'installer
à Miami. Fatigues des tensions permanentes, des bâtons dans les roues, de la
bureaucratie hexagonale et de ses petites bassesses et munis de leur seule
bonne volonté, ils ont fait le pari
d'ouvrir un restaurant dans le quartier
de Coral Gables. Ouvert début 2012, le
Frenchie's American Diner ne désemplit plus, comme les avions d'Air France, par la grâce d'une cuisine simple et
excellente et de critiques dithyrambiques. « Ici, on peut vivre comme on
veut, travailler aux heures que l'on veut,
on ne risque plus de se faire regarder de
travers si l'on réussit », sourit Gabriel,
conquis et ravi d'avoir sauté le pas.
La magie opère sur les plus récalcitrants et fait tomber les préjugés vis-àvis d'un coin d'Amérique que l'on disait livré aux retraités. Surprise, là
encore. Miami est une ville jeune et
cosmopolite : « La maquette du monde
du futur », confirme Hélène Lamarque.
Où donc vivent ces Français si heureux et si libres d'entreprendre ? Pas
de jaloux au paradis : tous les quartiers
sont concernés, des plus historiques
ll Miami, c'est la France
du Second Empire : il y a
une euphorie immobilière,
financière, culturelle fi
aux plus récents, de la luxuriante Coconut Grove, au sud, à la très tendance
Buena Vista plus au nord, en passant
par les luxueux condos de downtown et
les belles propriétés de Miami Beach.
Et, surprise, les Français sont plutôt
appréciés. Dans cette ville à forte coloration hispanique, cela tient pour partie à ces élites sud-américaines, qui ont
jadis fréquenté les lycées français de
leur pays d'origine et en ont conserve
une francophilie sincère. Avec leurs
Thibault de Saint Vincent
Président de Barnes Immobilier
« Miami est une ville ou personne ne vous
attend ; sauf pour prendre vos dollars. Si
vous arrivez avec l'intention de placer
votre argent et de dormir tranquille au
soleil, c'est rate. En revanche, si vous
avez envie de bosser comme un
malade, le rève americain est a votre
portée. » Tout juste
quinquagénaire, president de la
societe immobiliere Barnes, Thibault
de Saint Vincent a débarque ici il y a
dix ans. Séduit par la douceur
enchanteresse
de l'île de Key Biscayne, cet
entrepreneur dans l'âme a realise
un rêve de jeunesse en s'y
installant avec sa femme et ses
quatre enfants. Apres avoir passe sa
BARNES
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licence d'agent immobilier - « // faut
continuer a faire ce que l'on sait faire » -,
cet ex-étudiant de Dauphine dirige
aujourd'hui une equipe d'une trentaine de
collaborateurs. Lucide sur les dangers de
ce paradis ensoleille aux allures de Far
West, il conseille les nombreux Français
qui traversent aujourd'hui l'Atlantique. Sa
clientele compte autant déjeunes
dynamiques que de retraites assagis.
Apres une crise terrible en 2006, le marche
immobilier s'est repris depuis mi-2011.
Une maison les pieds dans l'eau qui valait
un million de dollars en vaut désormais
le double ; pour un appartement, comptez
environ 7 DOO dollars le metre carre. Selon
le dirigeant de Barnes, le mouvement
devrait s'amplifier.
F. A.
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rendez-vous culturels et gastronomiques, les French Weeks, organisées
pour la sixième année consécutive par
la chambre de commerce franco-américaine de Floride (FACC), ont fait le
plein de visiteurs en novembre. À Buena Vista, le Bistro et le Deli des restaurateurs Claude Postel et Corentin Pinot
drainent une clientèle croissante, attirée tout autant par les réalisations du
premier, truculent maître chocolatier
à l'inimitable accent frenchy, que par
la chaleur proverbiale du second.
« C'est la French touch qui plaît aux
Américains, et qui les fidélise », explique Corentin, tout occupé à saluer les
habitués du lieu entre deux livraisons
de victuailles.
À deux pas de là, un quartier entier
sort de terre entièrement dédié au luxe
et appelé de ses vœux par LVMH.
« L'émergence du Design District (c'est
son nom), comme celle du port encore
modeste de Miami, va hâter la métamorphose de la ville », prédit Isabelle
Hudina, représentante du maroquinier
Longchamp, autre symbole du
« chic » à la française. Le « made in
France » reste un produit vendeur,
comme l'illustre l'émergence d'une
chaîne de télévision francophone, Canal Bleu, fondée par Charly Nestor, exanimateur du PAF lui aussi établi sous
les cocotiers.
De lycée français, en revanche,
point de trace, ce qui a parfois le don
d'interloquer les nouveaux arrivants,
certains de pouvoir scolariser leurs enfants dans un de ces établissements de
renom. L'offre scolaire francophone
BARNES
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« a fait un bond remarquable », corrige
volontiers Sophie Jamet, présidente de
l'association Fipa (French International Program Association), qui oriente
les familles vers les quatre écoles établissements publics dispensant un enseignement en français. 800 enfants en
bénéficient à l'heure actuelle, dont 450
petits Français. Et les places sont chères : victimes de leur succès, toutes ces
écoles refusent désormais du monde à
l'entrée.
Les chausse-trapes, en outre, sont
nombreuses pour les plus naïfs ou les
plus présomptueux, c'est selon, dans
leurs aspirations immobilières ou leur
quête de la sacro-sainte carte verte,
faute de projet professionnel bien ficelé
ou de reins suffisamment solides financièrement. « 200 000 dollars ne
garantissent plus un superbe appartement avec vue sur la mer », précise Marie-Charlotte Piro, de l'agence MC2
Realty. Avec ses pairs, elle vient de
fonder la Fédération des professionnels
de l'immobilier de Miami (FPIM), qui
se donne pour ambition d'accompagner les candidats à l'implantation et
de les avertir des pièges nombreux liés
à l'inflation grandissante. Mieux vaut
soupeser sa décision avant le grand départ.
Miami, ville-monde vorace et pressée, digère des vagues d'immigration,
douche les espoirs des plus fragiles, fait
et défait les fortunes, comme New?
York ou Dubaï avant elle. C'est aux
nouveaux arrivants, Français et
consorts, de comprendre les règles du
jeu. « L'enjeu en vaut la chandelle, sourit Hélène Lamarque. C'est le moment ou
jamais de venir. »•
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