L`activité caractéristique du service des soins psychiatriques à

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L`activité caractéristique du service des soins psychiatriques à
L’activité caractéristique du service des soins
psychiatriques à domicile
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À propos du document
Auteur : Vincent NEYSEN, Infirmier, responsable adjoint du service SPAD, chargé projet & qualité.
Collaboration : Brigitte SCHMITZ, Infirmière psychiatrique, responsable du service SPAD.
Édition : Juin 2011
Version : Partielle
Remerciements à toute l’équipe du SPAD pour leurs remarques judicieuses et leur collaboration active
Adrienne BANZ, Infirmière psychiatrique
Karin DE KROON, Infirmière psychiatrique
Muriel FOSSEPREZ, Infirmière
Marleen HABETS, Infirmière psychiatrique
Georges MAJERUS, Infirmier psychiatrique
Michelle NERI, Infirmière psychiatrique
Stephanie RECKEN, Infirmière psychiatrique
Filipe RIBEIRO, Educateur
Mireille SCHAUL, Infirmière psychiatrique
Romy SCHARFENBERGER, Infirmière psychiatrique
Romain SIMON, Educateur
Stephanie SORVILLO, Infirmière psychiatrique
Elke THIELEN, Infirmière
Tina WEBER, Infirmière psychiatrique
Ce document est destiné à l’usage interne du service des soins psychiatriques à domicile. Son
application est précédée d’une formation interne afin de garantir une utilisation uniforme et le meilleur
niveau de compréhension possible. Le document peut également être transmis en externe afin
d’illustrer l’activité concrète du service
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L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Table des matières
1. Introduction .............................................................................................................................. 4
2. Classification primaire des actes prestés au SPAD ........................................................................ 5
2.1 Schématisation. ................................................................................................................... 5
2.2 Description. ......................................................................................................................... 5
3. Classification secondaire des actes prestés au SPAD .................................................................... 8
3.1 Schématisation. ................................................................................................................... 8
3.2 Description. ......................................................................................................................... 8
4. Caractéristiques des actes ........................................................................................................ 11
4.1 Définition. ..........................................................................................................................11
4.2 Actes de soins Techniques ...................................................................................................12
4.2.1 Définition ................................................................................................................... 12
4.2.2 Description ................................................................................................................. 12
4.3 Actes Interdisciplinaires .......................................................................................................15
4.3.1 Définition ................................................................................................................... 15
4.3.2 Description ................................................................................................................. 15
4.4 Actes de soins Psychiatriques ..............................................................................................17
4.4.1 Définition ................................................................................................................... 17
4.4.2 Schématisation ........................................................................................................... 19
4.4.3 Description ................................................................................................................. 20
4.5 Actes Administratifs ............................................................................................................25
4.5.1 Description ................................................................................................................. 25
4.6 Actes spécifiques au Déplacement .......................................................................................28
4.6.1 Description ................................................................................................................. 28
5. Environnement associé ............................................................................................................ 30
5.1 Définition ...........................................................................................................................30
5.2 Description .........................................................................................................................30
6. Bibliographie ........................................................................................................................... 31
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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1. Introduction
Lors de la création du service des soins psychiatriques à domicile (2001), les responsables du
projet ont exploré le milieu de la psychiatrie ambulatoire et sont entrés en contact avec plusieurs
institutions étrangères. Grâce à ces contacts, ils ont eu l’opportunité d’observer le fonctionnement de
cette branche récente de la psychiatrie qu’est l’accompagnement à domicile. Afin de fonder leur travail
sur une base théorique, ils se sont inspirés d’une catégorisation d’actes existants. Celle-ci provient du
Centre Hospitalier de Rouffach, spécialisé en santé mentale et qui se situe dans le Haut-Rhin en
Alsace. Cette liste d’actes a été utilisée durant près de dix ans pour justifier le travail presté au sein du
service.
Depuis les deux dernières années, nous avons pu observer que le travail au sein du service a
évolué et s’est de plus en plus spécialisé. Il a fallu plusieurs mois pour parvenir à décrire et à définir
cette évolution. Les fondements théoriques ayant été revus, ils nous permettent actuellement
d’actualiser la liste d’actes existants et de la spécifier en fonction du travail exercé.
Le document présent consiste à décrire de la manière la plus explicite possible l’ensemble des
actes prestés par les soignants du service. Pour une question de facilité et de compréhension, ces
derniers ont été répartis en plusieurs catégories.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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2. Classification primaire des actes prestés au SPAD
2.1 Schématisation.
Figure 1 - Schéma organisationnel des actes prestés au SPAD - Août 2010 - Vincent NEYSEN
2.2 Description.
De façon générale, les actes prestés au sein du service sont répartis en deux catégories
distinctes, d’une part ceux qui sont encodés dans une base de données et d’autre part ceux qui ne le
sont pas.
L’encodage permet a posteriori plusieurs opérations. La première consiste à prouver et
identifier le travail effectué auprès de chaque patient. Il s’agira de l’historique du suivi. Une autre
opération consiste à utiliser les données encodées à des fins statistiques. Elles permettront de
visualiser ou de justifier différentes proportions ou répartition de la tâche de travail. Les actes prestés
qui ne sont pas soumis à l’encodage ne permettent aucune opération spécifique et sont simplement
définis de façon théorique.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Comme expliqués ci-dessus, les actes encodés représentent la majeure partie du travail réalisé
par les soignants. Celle-ci équivaut à environ 75 % du temps de travail d’un équivalent temps plein
ayant une activité soignante dans le service. Les 25 % manquants sont difficilement définissables et
correspondent à la catégorie « organisation des soignants ». Afin de pouvoir justifier cette partie
manquante en matière de temps de travail presté, nous avons décidé d’organiser une fois par année
une semaine de référence. Celle-ci consiste à récolter, de façon la plus précise possible, tout le temps
consacré à des activités qui ne sont pas soumises à l’encodage. L’objectif sera donc de pouvoir
attester le temps de travail et d’avoisiner les 100 % de temps de travail justifié.
La classification primaire, définie schématiquement à la page précédente, permet de ranger
les différentes activités qui induisent des actes spécifiques selon des catégories. Celles-ci sont au
nombre de cinq parmi lesquelles on retrouve trois activités relatives au suivi des bénéficiaires de soins.
Parmi celles-ci, la préparation des suivis, les suivis eux-mêmes et enfin l’organisation des
soignants. Ces activités ont pour objet d’assurer une qualité optimale des accompagnements. La
préparation des suivis est un ensemble d’actes qui comprend de la pratique (psychiatrie de liaison), de
l’administratif (fiche de recueil d’informations préalable à la prise en charge) et des déplacements
(pour assurer la psychiatrie de liaison). Cette préparation n’est pas soumise à l’encodage puisqu’elle a
lieu avant l’admission administrative du bénéficiaire de soins dans notre service. Elle n’est donc pas
imputable à ce dernier. Ci-dessous une série d’actions réalisées durant cette phase de préparation :

Assurer de façon hebdomadaire la liaison dans les services hospitaliers conventionnés

Établir un premier contact avec le demandeur

Être à l’écoute du demandeur

Faire connaissance avec le futur bénéficiaire de soins

Donner au demandeur, au bénéficiaire de soins, à sa famille ou aux proches les informations
principales quant au fonctionnement du service et à l’offre proposée

Recueillir les principales coordonnées administratives

Assurer une rencontre entre le bénéficiaire de soins et son futur référent

Transcrire de façon informatisée le compte-rendu dans la fiche « recueil d’informations
préalables au suivi »

Suivre la procédure en vigueur concernant l’admission des bénéficiaires de soins
La catégorie correspondant au suivi lui-même est la seule source alimentant la base de
données puisqu’elle regroupe l’ensemble des actes définis qui correspondent aux actions menées
durant l’accompagnement des patients. Cette classification est largement définie au point 3 de ce
document1.
1
Cf. Page 8
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Pour finir, les tâches qui correspondent à la gestion du service et à la gestion des projets ne
sont pas encodées. Celles-ci correspondent à du travail purement administratif et bureautique qui
favorise la stabilité et permet l’évolution du travail des soignants au sein du service. Ci-dessous une
série d’activités propres à ce type de travail :

Gérer les horaires des soignants (travail – maladies – remplacements – congés)

Assurer un suivi des appels téléphoniques, des demandes, des courriers électroniques, des
courriers postaux, etc.

Concertation interne relative au déroulement des suivis

Intervenir en situation de crise

Observer et cibler l’émergence de nouveaux besoins

Définir ces besoins

Développer des projets en relation avec les besoins du service

Présenter ces travaux aux divers intervenants concernés

Participer à des formations continues
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3. Classification secondaire des actes prestés au SPAD
3.1 Schématisation.
Figure 2 - Catégorisation des actes prestés au SPAD - Août 2010 - Vincent NEYSEN
3.2 Description.
Le modèle T – I – P – A – D – E a pour objet de trier l’ensemble des actes prestés en
catégories distinctes. Celles-ci sont au nombre de six. Elles précisent, d’une part, l’ensemble des actes
techniques et psychiatriques, et d’autre part, les actes interdisciplinaires et administratifs. Pour finir,
les déplacements ainsi que les différents environnements peuvent également d’être spécifiés.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Concept des actes de soins techniques
Cette rubrique regroupe les différents soins infirmiers dits « techniques ». On entend par là
les actes nécessitant une manipulation physique. La plus importante est relative à la manipulation du
traitement médicamenteux, que se soit sous forme de préparation, contrôle ou d’administration de la
médication. L’observation clinique des signes vitaux ou de la symptomatologie fait partie d’une action
fréquente qui nous permet d’estimer l’état général du patient ainsi que sa réaction au traitement. Les
actes infirmiers techniques dits de base ne sont quasiment pas prestés étant donné que les patients
nécessitant ce type de service peuvent faire appel à des organismes spécialisés dans les soins à
domicile généraux. Lorsque ces actes sont tout de même appliqués, ils s’inscrivent toujours dans un
objectif d’éducation pour la psychiatrie juvénile et d’enseignement au patient pour la psychiatrie
générale.
Concept des actes interdisciplinaires
Cette catégorie concerne les activités relatives à l’échange d’informations entre deux ou
plusieurs intervenants. Le rôle va de la simple transmission d’informations à la réunion
interdisciplinaire ou des décisions importantes peuvent être prises. Lors de ces échanges ou de ces
décisions, le patient peut être présent.
Concept des actes de soins psychiatriques
Les actes référencés sous ce groupe concernent le travail dit « psychiatrique ». On entend par
travail psychiatrique l’ensemble des actions qui permettent aux soignants de soutenir ou d’aider le
patient à surmonter ses troubles mentaux. Cette rubrique comprend les actes les plus utilisés par les
soignants du service puisqu’ils représentent les principes fondamentaux de la réhabilitation
psychiatrique dans toutes ses mesures. Les principes essentiels de cette réhabilitation sont le soutien,
l’aide, l’enseignement et la prévention. Cette notion d’actes spécifiques à la psychiatrie est plus
approfondie au point 4.42
Concept des actes administratifs
Ce groupe rassemble tous les actes propres au travail bureautique qui fait partie intégrante du
suivi des patients. En effet, bien que la majeure partie du travail de réhabilitation est pratique et
2
Cf. Page 17
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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consiste en activités réhabilitatives diverses, la partie administrative n’est pas à sous-estimer. Le
soignant se doit de notifier ses activités en précisant ce qu’il fait, pourquoi il le fait ainsi que les
conséquences qui en découlent. Cela permet de justifier le travail presté et d’observer l’évolution de
l’accompagnement.
Concept des actes relatifs aux déplacements
Cette catégorie permet de préciser les caractéristiques des déplacements que le soignant
effectue pour chaque patient. Cette notification sert à attester le temps consacré aux déplacements et
éventuellement à en tirer des conclusions afin d’assurer à l’avenir une répartition plus adaptée et plus
efficiente.
Concept des actes relatifs à l’environnement
L’environnement étant un facteur qui influence grandement le suivi et il nous semble
important de le notifier. Ce dernier peut être de trois sortes et est obligatoirement associé à chaque
acte. Le premier environnement correspond au domicile du patient. Il sera donc associé à un acte si
celui-ci est réalisé au domicile du bénéficiaire de soins, donc dans son environnement personnel. Le
deuxième environnement correspond au bureau du service SPAD qui s’étend à l’ensemble du domaine
CHNP. Cet environnement peut en effet être mis à disposition pour certaines activités. Pour finir,
l’environnement dit extérieur correspond à tout environnement qui se différencie du domicile du
bénéficiaire ainsi que du CHNP.
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4. Caractéristiques des actes
4.1 Définition.
« J’appelle acte, un mouvement volontaire, précédé par une intention, poursuivant un but »
J. Laurent3
La définition ci-dessus peut être pratique pour spécifier la signification que nous accordons au
terme « actes ». Par actes, nous entendons toutes manifestations ou actions concrètes qu'un soignant
accomplit volontairement afin d'atteindre un objectif précis avec le bénéficiaire de soins. Cette
explication correspond à une approche strictement théorique de ce que représente un acte presté au
sein du service. La vision concrète est définie ci-dessous.
Comme précisés dans l’introduction, les actes fondamentaux proviennent d’une base existante
(Centre hospitalier de Rouffach). Les dix années d’utilisation de cette dernière nous ont permis de
mettre un certain nombre de manquements en évidence. Pour rendre cette base de données plus
spécifique et adaptée à l’accompagnement SPAD, nous avons redéfini chaque acte afin qu’il
corresponde le mieux possible à la pratique concrète.
Certains actes ont été ajoutés dans le but de préciser une action déjà présente dans notre
ancienne classification et de la diviser en plusieurs actions plus développées. Notons pour exemple
l’acte relatif à la préparation de la médication, qui, dans la nouvelle base de données, se retrouve
divisé en quatre parties distinctes : la préparation ; la procuration ; le contrôle de la préparation ; le
contrôle de la prise.
Dans l’optique d’une utilisation statistique adaptée, un certain nombre d’actes inexistants
auparavant ont été ajoutés. Ceux-ci nous permettent d’augmenter la spécificité du travail,
essentiellement psychiatrique qui caractérise notre offre de soins.
3
Le Petit Robert, Paris, Dictionnaires le Robert, 2002, 2949 p.
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4.2 Actes de soins Techniques
4.2.1 Définition
Un acte technique est une action concrète qui nécessite une forme de mobilisation manuelle.
Ces actes sont principalement issus de la pratique infirmière et sont donc pour la plupart
exclusivement réservés aux soignants formés en sciences infirmières. Cependant, certains peuvent
être réalisés par les soignants non infirmiers. Ces précisions sont clairement notifiées ci-dessous.
4.2.2 Description
Tableau
Soins Techniques
Médication
Préparation de la médication
Contrôle de la préparation (préparation faite par le BDS) de la médication
Contrôle de la prise de la médication
Procuration de la médication
Injection dépôt
Relevé des signes cliniques
Relevé des paramètres vitaux & symptomatologiques
Soins infirmiers généraux
Autres soins infirmiers de base (pansements, injections, hygiène, tests…)
Explications
Médication
Préparation de la médication
Cet acte consiste à préparer la médication à la place du bénéficiaire lorsque ce dernier n’est
pas en mesure de réaliser la préparation seul, ou qu’il n’est pas apte à apprendre à le faire de façon
autonome. La durée standard est de 15 minutes, mais peut être adaptée en fonction des situations.
Cet acte est réservé aux soignants formés en sciences infirmières.
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Contrôle de la préparation (faite par le BDS) de la médication
Dans ce cas de figure, le bénéficiaire de soins prépare lui-même son traitement. Le soignant
se charge alors de contrôler cette préparation. Cet acte a donc une vocation d’enseignement au
patient, car il permet d’aider ce dernier à rectifier ses erreurs jusqu’à ce qu’il parvienne à le faire de
façon autonome. Cet acte doit être privilégié par rapport à la simple préparation. Cet acte est réservé
aux soignants formés en sciences infirmières.
Contrôle de la prise de la médication
Cet acte consiste à vérifier la prise même de la médication. Pour cela, le passage quotidien du
patient au bureau du service est préférable. Cette activité de contrôle n’est pas fréquente et doit être
faite avec l’accord du bénéficiaire. Elle peut soit, revêtir un caractère ponctuel afin d’aider le
bénéficiaire à surmonter une phase difficile soit être récurent si les capacités du patient ne lui
permettent plus de prendre de façon adaptée son traitement. Une observation de la tolérance aux
médicaments doit être assurée de façon régulière et transmise au prescripteur si des problèmes se
manifestent. Nous insistons sur le fait qu’il s’agit d’une action de prévention et non pas simplement de
contrôle arbitraire. Cet acte est réservé aux soignants formés en sciences infirmières.
Approvisionnement de la médication
Dans certains cas, il arrive que le soignant se charge seul de se procurer la médication en
pharmacie. Cette action est indépendante de toute forme d’enseignement qui consisterait à
accompagner le patient à la pharmacie ou à lui apprendre à le faire seul. On parle dans le cas présent
d’un acte que l’on fait à la place de la personne. Les circonstances dans lesquelles ce genre d’action
est menée sont précises. Soit l’approvisionnement représente un danger pour le bénéficiaire de soins
(dépendance et abus médicamenteux), soit elle est impossible pour ce dernier (déplacement
impossible pour diverses raisons).
Injection dépôt
L’injection4 dépôt consiste à injecter une solution médicamenteuse de la famille des
neuroleptiques au bénéficiaire de soins. Cette administration se fait en intra musculaire, sauf
prescription contraire. Elle demande une attention particulière ainsi qu’une observation régulière des
effets du médicament avec transmission éventuelle d’informations au prescripteur si des problèmes se
manifestent. Sans prescription médicale stipulant clairement la demande, cet acte ne peut être réalisé.
Cet acte est réservé aux soignants formés en sciences infirmières.
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Règlement grand ducal du 23 janvier 1998. Règlement grand ducal portant sur l’exercice de la profession
d’infirmier. Mémorial du Grand-Duché de Luxembourg
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Relevé des signes cliniques
Relevé de paramètres physiques & symptomatologiques
L’observation et l’évaluation du bénéficiaire de soins sont des activités régulières, nécessaires
et indispensables. Elles impliquent tant le côté psychique que le côté physique.
En ce qui concerne le psychique, on observera les comportements, les réactions (personnelles
et sociales), les symptômes positifs et négatifs.
Pour le côté physique, les paramètres vitaux (tension artérielle, pulsations, poids) seront pris
si le soignant le juge nécessaire ou si une ordonnance médicale le stipule. Cette sous-catégorie d’acte
est réservée aux soignants formés en sciences infirmières.
Soins infirmiers généraux
Autres soins infirmiers de base (pansements, injections, hygiène, tests instantanés)
Cet acte peut être considéré comme une catégorie à part entière puisqu’il comprend plusieurs
actions différentes. Celles-ci doivent faire partie des soins infirmiers de base (hors actes ci-dessus) qui
ne sont pas spécifiques à la psychiatrie. Cette forme de catégorisation nous permet de distinguer la
proportion d’actes infirmiers de base par rapport aux soins généraux. Cet acte est réservé aux
soignants formés en sciences infirmières.
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4.3 Actes Interdisciplinaires
4.3.1 Définition
Cette catégorie regroupe les actes propres à la notion d’échange d’informations entre deux ou
plusieurs intervenants. Les actes spécifiques définissent ces intervenants et le cadre dans lequel se
déroule l’échange.
4.3.2 Description
Tableau
Interdisciplinaires
Prescripteur
Échange d’informations
Échange d’informations
Échange d’informations
Autre(s) intervenant(s)
Échange d’informations
Échange d’informations
par téléphone avec le prescripteur
ou réunion avec le prescripteur sans le pôle bénéficiaire5
ou réunion avec le prescripteur en compagnie du pôle bénéficiaire
par téléphone avec divers intervenant(s)
ou réunion en présence d’un ou plusieurs intervenants
Explications
Prescripteur
SPAD.
Les trois actes ci-dessous concernent l’échange d’informations avec le prescripteur du suivi
Échange d’informations par téléphone avec le prescripteur
Durant le suivi, une transmission ainsi qu’un échange d’informations au prescripteur doivent
être assurés. Pour cela, les deux parties peuvent se contacter par téléphone. À noter que toute
information importante, transmise ou reçue, doit être clairement transcrite dans le dossier du patient
afin de pouvoir justifier à tout moment les décisions thérapeutiques.
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Pôle bénéficiaire = bénéficiaire de soins, familles et/ou proches du bénéficiaire de soins
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Échange d’informations ou réunion avec le prescripteur sans le pôle bénéficiaire
L’échange d’informations en présence physique des deux parties doit être privilégié à toute
autre forme de communication. Cet acte n’est à utiliser que lorsque le référent SPAD est seul en
réunion avec le prescripteur.
Échange d’informations ou réunion avec le prescripteur en compagnie du pôle bénéficiaire
Il arrive de façon fréquente que le soignant référent soit présent lors des consultations
habituelles du bénéficiaire auprès de son psychiatre (en compagnie ou non de sa famille). Cela permet
aux trois parties d’échanger des informations et de faire un bilan de la situation. Les consultations
peuvent également avoir un caractère plus exceptionnel si celles-ci font suite à une situation de crise.
Toutes ces entrevues doivent être encodées sous cet acte et un compte rendu doit toujours figurer
dans le dossier du patient.
Autre(s) intervenant(s)
Dans le cas présent, l’échange d’informations a lieu avec des intervenants autres que le
prescripteur du suivi. Notons qu’on entend par intervenant, toute personne qui de par sa profession
est en contact avec le patient et intervient dans la gestion de la situation. Citons quelques exemples :
l’assistant(e) social(e), le juge, le médecin généraliste, le tuteur, etc.
Échange d’informations par téléphone avec divers intervenant(s)
Lorsque le soignant échange des informations par téléphone avec un intervenant autre que le
prescripteur, cet acte-ci est à utiliser.
Échange d’informations ou réunion en présence d’un ou plusieurs intervenants
Lorsque le soignant échange des informations en présence physique d’un ou plusieurs
intervenants autre que le prescripteur, avec ou sans le pôle bénéficiaire de soins, cet acte-ci est à
utiliser.
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4.4 Actes de soins Psychiatriques
4.4.1 Définition
Nous pouvons définir les actes de soins psychiatriques comme étant des actions menées par
un professionnel de la santé mentale et qui ont pour cible d’assurer le meilleur niveau de réhabilitation
possible pour et avec le bénéficiaire de soins. La réhabilitation étant un terme récent, il convient de le
définir.
« La réhabilitation est l’ensemble des activités assurant aux patients les conditions physiques,
mentales et sociales optimales pour occuper par leurs moyens propres une place aussi normale que
possible dans la société »
Organisation mondiale de la santé, 1974
Le terme de réhabilitation est une notion centrale du travail quotidien des soignants. La
plupart du temps, les bénéficiaires de soins connaissent un déséquilibre des conditions décrites cidessus. Par contre, pour certains d’entre eux, les conditions physiques, mentales et sociales sont
toutes trois réunies et leur apportent un niveau satisfaisant d'intégration dans la société. Ces cas sont
certes plus rares et représentent une partie minime de notre travail, mais il convient de préciser que
le travail que l'on réalise avec ces bénéficiaires de soins a pour principal objectif le maintien de ces
conditions. C'est à ces fins que nous introduirons le terme de prévention.
La prévention se définit comme étant l'ensemble des mesures visant à éviter ou à réduire le
nombre et la gravité des maladies ou des accidents 6. Cette notion est essentielle et définit un vaste
champ d'action pour les individus qui en sont les acteurs. Avant de définir la vision de la prévention
propre au service, rappelons ce qui suit.
« La prévention primaire est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour empêcher l’apparition d’un
trouble, d’une pathologie ou d’un symptôme ;
La prévention secondaire vise la détection précoce des maladies, dans le but de les
découvrir à un stade où elles peuvent être traitées ;
La prévention tertiaire tend à éviter les complications dans les maladies déjà présentes »
Organisation mondiale de la santé, 1948
6
Le Petit Larousse, 1999, Paris, Larousse, 1998, 1786 p.
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Une des bases du service SPAD est qu'il n'intervient que pour des personnes auprès
desquelles un diagnostic psychiatrique a été mis en évidence. Dans ces conditions, des troubles sont
présents et une pathologie est détectée. Il conviendra soit de parvenir à une évolution positive du
niveau de bien-être bio-psycho-social, soit d'atteindre une stabilisation.
Afin de mieux visualiser ces différents types de préventions, illustrons ces derniers à l'aide d'un cas
concret qui pourrait correspondre à un accompagnement par le service SPAD.
1. Monsieur Dupond a travaillé pendant plus de 35 ans à la CFL (Chemins de Fer
Luxembourgeois) où il occupait une place de responsable d'équipe. Il est prépensionné depuis
quelques mois. Monsieur D se sent déprimé depuis quelques semaines et se rend compte qu'il
ne voit personne la journée puisque tous ses amis sont encore dans la vie active. Un jour il
reçoit une brochure de sa commune qui propose des activités bénévoles pour personnes
préretraitées et retraitées. On parlera à ce stade de prévention primaire puisque des moyens
sont mis en œuvre pour permettre à certaines personnes de rétablir un équilibre, en
l'occurrence social, qu'ils ont perdu. On essaye d'éviter toutes complications.
2. Monsieur Dupond se sent déprimé depuis plusieurs mois. Il se rend auprès de son médecin
généraliste qui prend le temps de parler avec lui et de l'écouter. Après leur discussion, le
médecin propose à monsieur Dupond de se rendre chez un confrère spécialisé en psychiatrie
et en santé mentale. A ce niveau, un symptôme est présent et persistant. Le médecin réalise
de la prévention secondaire en proposant de mettre des moyens en œuvre (consultation d'un
psychiatre) afin de détecter une éventuelle pathologie.
3. Cela fait trois fois que monsieur Dupond se rend auprès de son psychiatre. Ce dernier vient de
lui diagnostiquer une dépression. Pour tenter d'en diminuer les effets, il a prescrit un
traitement médicamenteux (antidépresseur) ainsi qu'un suivi psychiatrique à domicile. Ce suivi
a pour objectif de soutenir psychologiquement monsieur Dupond et de l'aider à apprendre à
structurer son quotidien de façon à rétablir un équilibre. Ce stade correspond bien entendu à
de la prévention tertiaire. La pathologie est présente et l'objectif est
d'éviter des
complications et aider le patient à retrouver un niveau de vie satisfaisant.
Suite à l’exemple ci-dessus, nous pouvons définir le travail réalisé au sein du service SPAD
comme étant une approche intégrée de la prévention tertiaire.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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4.4.2 Schématisation
Une grande partie du temps de travail des soignants sur le terrain correspond à des appels
téléphoniques reçus ou donnés. Ceux-ci peuvent être de deux types. Ils sont soit consacrés à un
simple échange d’informations, soit consacrés à du soutien. La schématisation ci-dessous distingue
clairement la présence physique de l’appel téléphonique et cible l’échange d’informations et le soutien.
Ces deux parties sont elles-mêmes divisées selon le ou les interlocuteurs. Il s’agit soit du bénéficiaire,
soit de sa famille. Afin de compléter ces actes dits de soins psychiatriques, deux notions définies plus
loin s’ajoutent à la liste : l’enseignement et/ou l’éducation ainsi que l’approche psychothérapique.
Figure 3 - Schéma organisationnel des actes psychiatriques prestés au SPAD - Août 2010 - Vincent NEYSEN
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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4.4.3 Description
Tableau
Soins Psychiatriques
Échange d’informations
Échange d’informations avec BDS par téléphone
Échange d’informations avec le BDS en sa présence
Échange d’information avec la famille et/ou les proches par téléphone
Échange d’information avec la famille et/ou les proches en leur présence
Aide et soutien
Aide et soutien du BDS par téléphone
Aide et soutien du BDS en sa présence
Aide et soutien de la famille et/ou des proches par téléphone
Aide et soutien de la famille et/ou des proches en leur présence
Enseignement / Éducation
Enseignement et/ou éducation au BDS
Enseignement à la famille et/ou aux proches
Approche psychothérapeutique
Entretien structuré
Explications
Échange d’informations
Cette catégorie recueille toute forme d’échange d’informations qui a pour objectif de récolter
ou de transmettre des informations. Ce groupe d’actes permet de justifier le temps passé à recueillir
ou à transmettre des données nécessaires au suivi. On peut considérer que cet échange
d’informations portera ses fruits au niveau de l’approche thérapeutique, mais cela de façon indirecte.
Il se distingue donc clairement des actes qui ont une visée thérapeutique directe. Deux dimensions
environnementales sont précisées. Soit l’échange à distance 7, soit l’échange en présence physique.
Échange d’informations avec BDS par téléphone
Cet acte est à utiliser pour notifier tout échange téléphonique avec le bénéficiaire de soins qui
a pour objectif de récolter ou de transmettre des informations.
Échange d’informations avec le BDS en sa présence
Dans le cas présent, le simple échange d’informations se fait en présence physique du
bénéficiaire.
7
Tout échange pendant lequel le prescripteur n’est pas présent physiquement : communication téléphonique,
email, etc.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
21
Échange d’informations avec la famille et/ou les proches par téléphone
Cet acte correspond à tout échange téléphonique que l’on a avec les proches et/ou la famille
du bénéficiaire de soins afin de récolter ou de transmettre des informations.
Échange d’informations avec la famille ou les proches en leur présence
Dans le cas présent, le simple échange d’informations se fait en présence physique des
proches ou de la famille du bénéficiaire.
Aide et soutien
Cette action consiste à utiliser des techniques de communication verbale afin d’apporter une
forme concrète d’aide et de soutien dont le bénéficiaire a besoin. Ces techniques de communication
sont pour la plupart communes aux soignants du service, mais peuvent se distinguer en fonction de
leur(s) parcours respectif(s). La plus utilisée des techniques est certainement l’écoute active. Notons
également la reformulation, la recontextualisation et le résumé. Il est indispensable d’adapter ces
techniques en fonction de l’ensemble des caractéristiques des bénéficiaires à qui l’on s’adresse.
Rappelons qu’une des conditions prioritaires pour assurer ces techniques est de s’assurer du caractère
rassurant et apaisant du cadre. Ci-dessous, une liste non exhaustive des principaux objectifs que
visent l’aide et le soutien au bénéficiaire de soins.

Rassurer et tranquilliser

Établir une relation de confiance

Favoriser l’expression des problèmes

Déceler les problèmes qui prédominent

Aider à la résolution des problèmes

Aider à évaluer et à critiquer les solutions proposées afin d’en définir leurs possibles
applications

Proposer des solutions alternatives si les solutions proposées sont inadaptées

Aider à la prise de conscience de soi

Aider à trouver ou retrouver un niveau d’estime de soi satisfaisant

Favoriser l’acceptation de la situation actuelle ou d’une nouvelle situation

Vérifier la compréhension du message transmis
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Aide et soutien du BDS par téléphone
Cet acte sera utilisé lorsque l’aide et le soutien apporté se font par l’intermédiaire d’une
communication téléphonique
Aide et soutien du BDS en sa présence
Dans le cas présent, l’aide et le soutien définis à la page précédente se font en présence
physique du bénéficiaire.
Aide et soutien de la famille ou des proches par téléphone
Cet acte correspond à tout échange téléphonique que l’on a avec les proches ou la famille du
bénéficiaire de soins afin de leur apporter l’aide ou le soutien nécessaire (défini ci-dessus).
Aide et soutien de la famille ou des proches en leur présence
Dans le cas présent, l’aide et le soutien apporté à la famille ou aux proches se font en leur
présence physique.
Enseignement / Éducation
Par enseignement ou éducation, on entend toute action qui a pour objectif de faciliter ou
d’organiser des expériences d’apprentissage selon les capacités et en adéquation avec les valeurs
morales et la culture du bénéficiaire de soins ou de ses proches. L’enseignement se caractérise de
différentes façons selon le contexte environnemental dans lequel il est réalisé et selon les techniques
que l’on utilise. Ce contexte peut être de trois formes. La plus fréquente est le domicile du bénéficiaire
de soins, la seconde est un contexte extérieur (milieu urbain, rural, etc.), tandis que la troisième
correspond au bureau du service. Une fois le contexte d’enseignement précisé, de nombreuses
techniques peuvent être appliquées. De façon générale, nous en distinguerons cinq.
1. La première, qui est aussi la plus commune d’entre elles, consiste à expliquer et transmettre
les éléments essentiels (sous forme d’informations) qui permettront au bénéficiaire de mettre
des actions en pratique afin d’atteindre des objectifs (apprentissage par réception, le patient
reçoit l’information que nous lui donnons).
2. Afin que le bénéficiaire parvienne à réaliser seul une action donnée, une deuxième technique
consiste à montrer à ce dernier la façon « correcte » de mener à bien une action
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
23
(apprentissage par imitation ; une fois l’action montrée, le bénéficiaire tentera d’imiter le
soignant).
3. Une fois cette deuxième étape réalisée, on peut inciter le bénéficiaire à s’exercer, donc à
répéter de nombreuses fois celle-ci. Action qu’il fait soit seule, soit en présence du soignant
(apprentissage par exercisation).
4. Une quatrième méthode consiste à motiver le patient à rechercher des informations relatives
à la façon d’arriver à réaliser seul une action donnée (apprentissage par exploration).
5. Pour arriver à ses fins, un bénéficiaire de soins peut trouver lui même ou inventer lui-même
des façons d’arriver à ses buts (apprentissage par création). Si ces façons sont adéquates et
adaptées, il conviendra de les soutenir et de les encourager.
Les principes décrits ci-dessus sont inspirés des bases des théories de l’apprentissage qui ont
été largement décrites ces dernières décennies par de nombreux théoriciens spécialisés dans le
domaine de la pédagogie et de la santé mentale. Pour illustrer ces bases théoriques par des exemples
concrets, citons quelques domaines dans lesquels une action d’apprentissage peut avoir lieu :

Alimentation (conseils diététiques, achats, …)

Finances (gestion, procuration, achats, …)

Hygiène (bases, …)

Tâches ménagères (entretien, nettoyage, linge, cuisine, …)

Contact social (activités, compétences sociales, …)

Démarches administratives (documentation, contacts, …)
Notons que l’enseignement et l’éducation sont des termes sensiblement proches l’un de
l’autre. Nous les distinguerons de la façon suivante : Lorsque l’action réalisée s’adresse à un enfant ou
adolescent, nous parlerons d’éducation. Par contre, lorsque l’action de transmettre une connaissance
s’adressera à une personne adulte, nous parlerons d’enseignement.
Enseignement et/ou éducation au BDS
Comme décrite ci-dessus, cette action consiste à utiliser des stratégies ou des méthodes
pédagogiques qui permettent d’apprendre au bénéficiaire à combler des besoins qui lui sont propres
par l’intermédiaire de l’introduction de nouvelles connaissances et compétences.
Enseignement à la famille ou aux proches
Lorsque les méthodes décrites sont appliquées pour la famille et/ou les proches, cet acte doit
être utilisé pour justifier l’action.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Approche psychothérapeutique
Par approche psychothérapeutique, on entend toute action spécifique qui a pour but de traiter
par des moyens psychologiques, des troubles psychiques ou organiques.
Comme nous l'avons rappelé ci-dessus, les personnes doivent obligatoirement souffrir d'une
pathologie psychique pour pouvoir bénéficier d’un suivi à domicile. Il est évident que les techniques
utilisées lors des accompagnements sont spécifiques au secteur de la santé mentale. La
communication est la base principale utilisée pour mettre en pratique ces techniques. L’ensemble de
ces techniques correspond à l'approche psychothérapeutique. Celle-ci peut être de différentes formes
selon le courant thérapeutique concerné. Citons pour exemple les approches systémiques,
rogériennes, comportementalistes ou encore cognitivistes. Afin de ne pas définir un acte pour chacune
de ces approches, un seul acte permet de justifier le temps consacré à une technique quelle qu'elle
soit. Nous appellerons ce dernier « l'entretien structuré ». Étant donné que des éléments à caractère
psychothérapeutique peuvent être utilisés dans les catégories définies précédemment (Aide et soutien
; Enseignement et éducation) il est important de préciser que l'utilisation de ces techniques ne doit
être justifiée qu'en cas d'entretien structuré. Les conditions sont définies ci-dessous.
Entretien structuré
Cet item est à utiliser lorsqu'un entretien répond aux caractéristiques de la définition de
l'approche psychothérapeutique définie ci-dessus et qu'il respecte les conditions suivantes :
 Planification en terme de temps (à quelle date? Quelle durée?)
 Planification en terme d'espace (où?)
 Sujet de l'entretien préalablement défini (de quoi parlera-t-on?)
 Mobilisation de techniques psychothérapeutiques
 Planification de la prochaine rencontre (quand se revoit-on?)
 Transcription écrite et synthétique du contenu de l'entretien (de quoi a-ton parlé? Les
éléments importants de l’entretien? Quelles sont les conclusions?)
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
25
4.5 Actes Administratifs
4.5.1 Description
Tableau
Administratif
Documentation
Travail sur documentation spécifique « dossier patient SPAD »
Travail sur documentation non spécifique
Rapport au prescripteur
Pré & Post suivi
Organisation et gestion d’une demande d’admission dans un hôpital
Organisation et gestion d’une demande d’admission vers une autre structure
Organisation et gestion du suivi SPAD durant le séjour dans une institution
Organisation et gestion du suivi SPAD préalable à la fin d’un séjour
Circonstances extraordinaires
Patient absent
Visite d’urgence
Temps d’attente
Explications
Documentation
Travail sur documentation propre au « dossier patient »
On utilise cet item lorsqu’on complète les fiches spécifiques au dossier SPAD du bénéficiaire.
Prenons pour exemple la fiche « rapport d’informations » que l’on complète après chaque rencontre
avec le patient ou dès qu’une information importante nous parvient.
Travail sur documentation non spécifique
Au contraire de l’item ci-dessus, cet acte permet d’encoder le temps que l’on passe à remplir
des documents qui ne sont pas spécifiques au dossier SPAD. On entend par là toute documentation
externe qui provient soit du patient, soit d’une autre institution.
Rapport au prescripteur
Le temps que l’on consacre à rédiger et envoyer un rapport au prescripteur du suivi peut être
encodé sous cet acte.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Pré & Post suivi
Organisation et gestion d’une demande d’admission dans un hôpital
Au cours de l’accompagnement, il arrive que l’état physique et/ou psychique du bénéficiaire
de soins ne lui permette plus de rester à son domicile et nécessite une hospitalisation. Cette période
étant souvent traumatisante pour le bénéficiaire, il convient parfois d’être présent afin de faciliter le
déroulement de l’admission à l’hôpital.

Formuler ou aider à la formulation d’une demande d’admission pour une structure (inclus le suivi
de cette demande)

Divers appels téléphoniques préalables à l’admission

Préparation du transfert (fiche de transfert, vêtements, médication, etc.) si celle-ci ne peut le faire
de façon autonome ou si son entourage ne peut le faire à sa place

Accompagnement (si l’état de la personne le permet ou éventuellement le nécessite) ou
organisation de l’accompagnement vers la structure
Organisation et gestion d’une demande d’admission vers une autre structure
Cet acte est à utiliser lorsque les démarches d’admission décrite ci-dessus ne concernent pas
directement un hôpital, mais une autre structure.
Organisation et gestion du suivi SPAD durant le séjour dans une institution
Afin de soutenir et d’aider le bénéficiaire de soins durant une phase d’hospitalisation ou de
séjour dans une institution, il est important de garantir une certaine forme de présence. Cette
extension du suivi habituel permet entre autres de maintenir une bonne relation de confiance entre le
bénéficiaire et son soignant référent, mais donne également la possibilité au soignant référent de
redéfinir les objectifs demandés pour la continuité du suivi.
Cette présence ne doit aucunement perturber le plan de soins ainsi que l’approche thérapeutique
menée au sein de l’institution en question. Elle se fait par l’intermédiaire d’actions citées ci-dessous :

Visites au sein de la structure dans laquelle séjourne la personne

Échange d’informations avec les différents intervenants de l’institution (appels téléphoniques,
courriers, emails, etc.)

Réunions multidisciplinaires
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
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Organisation et gestion du suivi SPAD préalable à la fin d’un séjour
Il peut arriver qu’un suivi à domicile débute alors que le bénéficiaire de soins est encore
hospitalisé dans l’une ou l’autre institution. Ce suivi temporaire permet au référent d’observer et de
faire un bilan de la situation à l’extérieur de l’institution dans laquelle il séjourne encore. Cette phase
permet également de préparer le suivi afin d’assurer une qualité optimale d’accompagnement.
Circonstances extraordinaires
Patient absent
Afin de notifier l’absence du bénéficiaire de soins au rendez-vous qui a été préalablement
planifié, nous utilisons cet acte.
Visite d’urgence
Lorsque nous nous rendons en urgence auprès d’un bénéficiaire de soins, l’acte présent doit
être encodé. Par urgence, on entend toute rencontre qui n’a pas été préalablement planifiée. Cette
rencontre doit faire suite à des informations que le référent a obtenues et pour lesquelles ce dernier
juge une intervention immédiate nécessaire.
Temps d’attente
Afin de justifier un délai d’attente durant lequel nous ne pouvons pas exercer notre activité,
nous utilisons cet acte. Voici quelques exemples pour lesquels l’acte peut être encodé.

Temps d’attente lors d’un retard du bénéficiaire de soins

Temps d’attente lors d’un retard du médecin

Temps d’attente lors d’un retard d’un intervenant autre
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
28
4.6 Actes spécifiques au Déplacement
4.6.1 Description
Tableau
Déplacement
Type de transport
Voiture de service
Voiture privée
Voiture CHNP
Transport en commun
Marche
Distance
Nombre de kilomètres
Durée
Nombre de minutes
Explications
Type de transport
Voiture de service
L’encodage de cet acte signifie que le soignant a utilisé une voiture de service du service
SPAD afin de se rendre à un rendez-vous relatif au suivi d’un bénéficiaire.
Voiture privée
L’encodage de cet acte signifie que le soignant a utilisé sa propre voiture afin de se rendre à
un rendez-vous relatif au suivi d’un bénéficiaire.
Voiture CHNP
L’encodage de cet acte signifie que le soignant a utilisé une voiture du CHNP (excepté les
voitures du service SPAD) afin de se rendre à un rendez-vous relatif au suivi d’un bénéficiaire.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
29
Transport en commun
On utilise cet acte pour notifier l’utilisation d’un transport en commun pour se rendre auprès
du bénéficiaire de soins.
Marche
Lorsque le soignant se déplace à pied pour rejoindre le bénéficiaire de soins, cet acte est à
utiliser.
Distance
Nombre de kilomètres
On utilise cet item pour signaler la distance parcourue lors d’un trajet avec une des deux
voitures définies ci-dessus. Cette distance est obtenue en réalisant le calcul suivant :
Nombre total de kilomètres parcourus sur la journée
Nombre de BDS visités
Durée
Nombre de minutes
On utilise cet item pour signaler le temps parcouru lors d’un trajet avec un moyen de
locomotion défini ci-dessus. Cette distance est obtenue en réalisant le calcul suivant :
Temps total des trajets de la journée
Nombre de BDS visités
Pour des questions de facilité, les trajets en voiture de service ou privée peuvent être encodés
grâce à l’équation suivante : 1 kilomètre = 1 minute. Celle-ci implique que la vitesse moyenne du
véhicule soit de 60 km/h. Il s’agit d’une approximation, libre aux soignants d’encoder le temps précis.
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
30
5. Environnement associé
5.1 Définition
Comme cela est précisé au point « Concept des actes relatifs à l’environnement »8, un environnement
doit être associé à tout acte que l’on encode. Ce nouveau critère, inexistant dans l’ancienne
standardisation, rend possible la précision spatiale dans la base de données. Pour des questions de
facilité, chaque acte a un environnement de base, appelé « environnement standard ». Ce dernier
correspond à l’environnement dans lequel l’acte en question a la plus grande probabilité de se réaliser.
Trois environnements distincts ont été définis.
5.2 Description
Tableau
Environnement
Type d’environnement
Domicile
Bureau
Extérieur
Explications
Domicile
Cet environnement accompagnera tout acte réalisé au domicile du bénéficiaire de soins ou
d’un autre membre du pôle bénéficiaire. Cet environnement correspondra donc principalement à
l’environnement personnel du pôle bénéficiaire.
Bureau
On entend par bureau, tout environnement relatif au service SPAD. Celui-ci peut également
être étendu à l’ensemble du CHNP. À noter que lorsque les soignants réalisent leur travail administratif
à leur propre domicile, ce dernier doit être considéré comme bureau. La voiture utilisée pour les
déplacements professionnels est également définie comme bureau.
Extérieur
Pour finir l’environnent dit « extérieur » doit être associé à tout acte dont l’environnement est
autre que le domicile du pôle bénéficiaire et autre que le CHNP.
8
Cf. Page 10
L’activité spécifique du service des soins psychiatriques à domicile – Version partielle – Edition 2011
31
6. Bibliographie
ALBERNE, Karin et Thierry (Docteurs en psychiatrie). Les thérapies familiales systémiques, Paris,
Masson, 2008, 305 p.
CARPENITO Lynda Juall, Manuel de diagnostics infirmiers, Paris, Masson, 2003, 800 p.
COTTRAUX, (Docteur en psychiatrie). Les thérapies comportementales et cognitives, Paris, Masson,
2004, 397 p.
CUNGI, Charly (Docteur en psychiatrie). L’alliance thérapeutique, Paris, Retz, 2006, 286 p.
DELCHAMBRE N., LEFEVRE M.-R., LIGOT A., MAINJOT N., MARLIERE M.-F., MATHIEU M.
(Infirmières), Guide d’observation des 14 besoins de l’être humain, Bruxelles, De Boeck, 2002, 71 p.
DENIS Brigitte, LECLERCQ Dieudonné (Docteurs en pédagogie), Introduction aux sciences de
l’éducation et de la formation, Cours de deuxième bac en psychologie, ULG, Liège, 2005, 180 p.
GODDET, Edith Tartar (Psychosociologue). Savoir communiquer avec les adolescents, Paris, Retz,
2006, 174 p.
NANDA INTERNATIONAL. Diagnostics infirmiers, Paris, Masson, 2007-2008, 388 p.
NEYSEN, Vincent et Yannick ZEEVAERT (Etudiants - Bachelor en sciences infirmières), La réhabilitation
des patients psychotiques adultes à domicile par les infirmières des soins psychiatriques à domicile
d’Ettelbrück, Mémoire de fin d’études, Institut Sainte Julienne, Liège, 2006, 137 p.
NEYSEN, Vincent (Bachelier en sciences infirmières), le fondement de la filière juvénile du service des
soins psychiatriques à domicile, CHNP, Ettelbrück, 2010, 24 p.
PASQUIER DE FRANCLIEU, Solène. Psychiatrie, Paris, Med-Line, 2006, 108 p.
(Le) Petit Robert, Paris, Dictionnaires le Robert, 2002, 2949 p.
SCHMITZ Brigitte (Infirmière psychiatrique) & DE LA FUENTE Modesto (Infirmier), standardisation des
actes infirmiers, Projet de mise en place du service SPAD, CHNP, Ettelbruck, 2001, 24 p.
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32
17, Avenue des Alliés
BP 111
L-9002 Ettelbrück
LUXEMBOURG
Tel : 00352-26823122
Fax : 00352-26824957
E-mail : [email protected]
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