La maison de quartier s`invite chez vous à la Chesnaie

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La maison de quartier s`invite chez vous à la Chesnaie
Saint-Nazaire
Rédaction : 1, boulevard de l’Atlantique
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Ouest-France
Jeudi 21 janvier 2016
La maison de quartier s’invite chez vous à la Chesnaie
Ce programme d’animations chez l’habitant propose spectacles, apéro-concert ou activités ludiques
à domicile. L’occasion de faire le point sur l’un des quartiers phare du renouvellement urbain.
« Le quartier a tellement changé »
Le rendez-vous est fixé chez Claire,
au rez-de-chaussée d’un immeuble
de la rue des Tulipes. Assises en
tailleur sur le tapis dans la salle à
manger, six mamans écoutent les
conseils d’Aurélie Le Marec. La jeune
artiste passionnée de culture japonaise leur propose un cours de furoshiki. Cette technique de pliage et de
nouage de tissu leur permet de créer
toutes sortes de sacs modulables en
s’amusant avec son bébé.
« Les langues se délient »
« C’est l’esprit d’ouverture qui règne
pour ces animations proposées à
domicile, rappelle Hélène Canton,
présidente de la maison de quartier.
L’idée c’est d’atteindre des gens
que l’on aurait jamais rencontrés à
la maison de quartier ou qui se déplacent peu. »
Le principe de ces animations
« hors les murs » reste le même depuis dix ans. « On essaye de balayer
toutes les tranches d’âge, prévient
l’animatrice Laurence Halgand. Par
expérience, on ne s’ennuie jamais.
Très vite, les langues se délient, le
cadre intimiste s’y prête bien. »
Les artistes sont de la région. Ils
viennent avant l’animation repérer les
lieux, préparer le salon ou la salle à
manger. Les habitants volontaires
s’engagent à accueillir dix à vingt invités. La maison de quartier apporte
Laura, 28 ans et son fils Jordan et Juliana, 35 ans.
Témoignages
«
Moment de convivialité au domicile de Claire, autour d’un atelier « bébé furoshiki » proposé par Aurélie Le Marec,
passionnée de culture japonaise.
ses chaises pliantes et le petit pot
convivial. Sept rendez-vous sont proposés cet hiver, toujours dans des
lieux différents.
Vendredi 29 janvier, à 18 h, party
game ; vendredi 5 février, à 10 h, atelier cuisine bio ; mercredi 10 février,
spectacle de magie ; jeudi 18 février, marionnette et chansons et le
La socialisation par l’apprentissage de la langue
Elles sont dix femmes de tous âges
réunies deux fois par semaine autour
d’Annick, leur professeur. Son cours
s’adresse aux débutants. Ce mardi
matin, elles sont entre femmes. Les
Polonaises sont en force aux côtés
d’une Espagnole, une Croate et une
Comorienne. Les échanges se font
en français, en priorité, mais le système D est de mise.
Jamila l’Espagnole joue volontiers
l’assistante interprète. Outre son petit
bagage en langue française, son espagnol lui permet de communiquer
et de traduire les exercices pour sa
voisine Anieska, Polonaise et hispanophone.
Michel GODIN.
classes. A cela s’ajoute un cours d’alphabétisation pour les personnes qui
ne savent ni lire ni écrire. « Ils peuvent être analphabètes dans leur
propre langue ou seulement en
français, explique Annick, à l’initiative de ce cours donné par la maison de quartier depuis 2001. Même
si au-delà de 50 ans c’est difficile,
cela permet au moins pour certains
de se socialiser. »
Nombre d’élèves fluctuant
Aller droit au but
« L’anglais est pratique quand on
n’arrive pas à se faire comprendre,
mais tout le monde ne le parle pas.
Je m’aide aussi du dessin », reconnaît Annick, leur professeur. Elle insiste sur le fait « qu’il ne faut surtout
pas abuser des langues de substitution. Si on veut progresser, il faut
faire des efforts. »
Pas de cours de grammaire pour
ces grands débutants, il faut aller
droit au but. « On pratique le français langue d’intégration (Fli) », prévient Annick, enseignante à La Baule
jusqu’à sa retraite, puis en mission
d’alphabétisation notamment en
Afrique avant de se consacrer plei-
vendredi 26 février, théâtre. Les inscriptions, obligatoires et gratuites, se
font à la maison de quartier.
Annick Even (debout), 78 ans et toujours le même plaisir à enseigner la langue
française.
nement à la maison de quartier. « Je
leur apprends l’essentiel pour qu’ils
soient en mesure de se débrouiller,
de s’intégrer. »
S’orienter en ville, lire les indications, savoir se tirer d’affaire à la Poste
ou dans un commerce et apprendre
quelques verbes incontournables est
essentiel. Le cours est ludique et les
« élèves » rient beaucoup. Les exercices sont pris très au sérieux. « Certaines mamans viennent ici pour
être en mesure d’aider leurs enfants
dans les devoirs », remarque Barba-
ra, d’origine allemande, responsable
d’un cours de français plus avancé.
Dans sa classe, sur une vingtaine
d’inscrits, ils ne sont que quatre à être
présents. Des élèves d’origine marocaine, turque, malaise et grecque.
Avant de rejoindre la maison de quartier, Barbara a enseigné sa langue
maternelle au lycée et au collège, à
Saint-Nazaire et à La Baule. « Pour
mes élèves, apprendre à conjuguer
est essentiel. »
Les cours de français sont enseignés à différents niveaux, dans trois
La fréquentation des cours est très
variable. « Le bouche à oreille fonctionne bien. On refuse du monde,
poursuit Annick. En revanche,
quand on voit arriver cinq ou six personnes d’une même famille, c’est
plus compliqué. » Les cours sont limités à dix personnes en moyenne.
Les gens sont sérieux mais pas toujours disponibles. « On ne sait pas
grand-chose d’eux. Certains arrêtent, ou déménagent parfois sans
prévenir. »
Alphabétisation, français comme
langue d’intégration ou comme
langue étrangère, « ces trois niveaux
d’apprentissage ne touchent pas
les mêmes publics », confie Annick,
totalement investie dans sa mission.
Bachelier ou analphabète, chacun a
trouvé sa place à la maison de quartier.
M. G.
La cafétéria, lieu de passage incontournable
Chaude ambiance entre habitués de la maison de quartier de la Chesnaie réunis dans la cafétéria, qui est tenue le mardi matin par Liliane, l’une des bénévoles
attitrée à ce poste stratégique.
Laura
Je regrette juste qu’ils aient
construit, en face de mon immeuble,
un nouveau bâtiment. Avant il y avait
des espaces verts mais maintenant,
je ne vois plus rien de ma cuisine !
Les bâtiments sont tous collés les
uns aux autres, alors qu’avant, les enfants pouvaient aller courir dehors.
Il y avait pas mal de délinquance
dans le quartier. Mais depuis quelques années, c’est devenu plus
calme. La maison de quartier organise beaucoup de choses pour les
familles, et je suis mère de trois enfants. Le seul problème, c’est que
tous les commerces sont regroupés à la Bouletterie. On aimerait
bien avoir un petit magasin dans le
coin.
«
»
Juliana
Ma maison de quartier, c’est
celle de la Chesnaie, même si j’habite la Bouletterie. J’ai même fait ma
demande pour venir m’installer dans
le quartier.
Aujourd’hui, je travaille comme
aide-soignante dans une maison de
retraite.
«
»
Michel Gonet
Avant, j’habitais à Nantes. Je
suis arrivé à la Chesnaie il y a deux
ans. L’environnement du quartier
est très agréable, la seule chose qui
manque, c’est un kiosque à journaux
et une boulangerie !
Mais sinon, en terme de transports
en commun, c’est parfait et très bien
desservi. D’ici, je prends le « busway » et je rejoins direct le centre
pour aller au cinéma.
»
«
Chantal Le Madec
Je suis née à Saint-Nazaire et
cela fait aussi deux ans que j’ai rejoint une nouvelle résidence dans le
quartier.
Avant je vivais dans un vieil immeuble, quartier Plaisance, mais je
me plais mieux ici.
»
«
Monique et Jean
Nous sommes propriétaires depuis dix ans d’une maison dans le
quartier. Le coin a été complètement
rénové depuis qu’on est arrivés. C’est
bien plus tranquille que ça ne l’a été
et on a l’essentiel à portée de main :
la Poste, la pharmacie… On a même
une église !
Auparavant nous habitions Pontchâteau. Quand on est arrivés à
Saint-Nazaire, nous vivions en appartement mais le jardin nous a trop
manqué. Alors, on s’est réinstallé en
pavillon.
»
Recueilli par
Claire ROBIN.
Michel, Jean et Monique, Chantal.
Chesnaie-Trébale : « Mutation pas terminée »
Deux questions à…
Yvon Renévot, élu de quartier
Chesnaie-Trébale
Pouvez-vous nous présenter
le quartier ?
Grâce à l’aide de l’État, il a bénéficié
pleinement du renouvellement urbain ces dernières années. Les transformations ont apporté de la sécurité
et de la mobilité avec une ouverture
sur le boulevard Georges-Charpak,
la Cité sanitaire, la ligne de transport
HélYce et le groupe scolaire flambant neuf Louis-Chedid. Je pense
qu’il y a un sentiment unanime de
satisfaction des habitants. La mixité
y est importante entre le logement
collectif et la zone pavillonnaire de
Reton à proximité. La plaine des jeux
et les jardins associatifs contribuent
au maintien du caractère paisible de
l’endroit auquel de nombreux habitants sont attachés. L’espace civique
doublé d’une maison de quartier n’a
pas d’équivalent ailleurs. C’est un
lieu original touchant toutes les tranches de population.
Offre-t-il encore
des perspectives ?
La mutation du quartier n’est pas terminée et la demande pour y habiter
reste forte. Il a perdu des logements
avec les travaux de restructuration
réalisés. L’offre s’est diversifiée. Elle
Yvon Renévot souhaite apporter
de l’emploi dans les quartiers.
s’étoffe rue des Hibiscus avec du locatif privé dans des collectifs de diverses tailles et du locatif social avec
la dernière tranche de l’immeuble
Plein Ciel. La place libérée par l’ancienne école Bayet-Escurat sera probablement affectée à du logement
individuel. Un centre médico-social
et un hôtel Éconuit près de Cap Santé verront le jour prochainement. Un
projet de regroupement d’activités
tertiaires avec des commerces de
proximité en rez-de-chaussée devrait
renforcer le développement économique. Le but de ces opérations est
de faire en sorte que l’habitant puisse
trouver tout sur place, y compris de
l’emploi.
Recueilli par
M. G.