Les Faux- monnayeurs

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Les Faux- monnayeurs
Les Fauxmonnayeurs
Dossier pédagogique — Français
Un film de Benoît Jacquot
Les Faux-monnayeurs
Un film de Benoît Jacquot
Dossier conçu par le site
Zérodeconduite.net.
Rédacteur en chef : Vital Philippot
Crédits et Sommaire
Rédactrice du dossier : Florence Salé,
professeure de Lettres
Ce dossier est strictement réservé aux
enseignants des établissements ayant
acquis le DVD Les Faux-monnayeurs de
Benoît Jacquot auprès de la boutique
DVD Zérodeconduite.
Sommaire
p. 04 | Fiche technique du film
p. 05 | Dans les programmes
p. 06 | Séquencier du film
p. 09 | Activités pédagogiques
p. 09 | 1 - Adaptation
p. 25 | 2 - Approches thématiques
Pour tout renseignement :
[email protected]
01 40 34 92 08
http://www.zerodeconduite.net
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 2
Introduction
L
e roman d’André Gide, Les Faux-Monnayeurs, a suscité
bien des envies d’adaptation : Marc Allégret (le modèle
d’Olivier dans Les Faux-Monnayeurs, et par ailleurs amant
d’André Gide), Luigi Comencini, Françoise Giroud, entre
autres, se sont tour à tour heurtés à la complexité d’une
œuvre où les voix et les regards s’entremêlent et s’entrecroisent,
avant qu’en 2009 Benoît Jacquot n’en réalise pour la télévision la
seule adaptation à ce jour.
«Ce que je cherche quand je fais un film, dit Benoît Jacquot à propos des Faux-Monnayeurs, c’est de montrer, au sens fort, les différences entre ce qu’on pense et ce qu’on fait, entre ce qu’on fait
et ce qu’on dit, entre ce qu’on désire et ce qu’on demande… en
un mot, tous les écarts possibles de la vie mentale et désirante.»
(Le Cinéma de Benoît Jacquot, Xavier Lardoux, Préface d’isabelle
Huppert, édition Ina/Arte, 2006)
Cette déclaration de Benoît Jacquot se révèle plus qu’éclairante
pour saisir la dualité profonde qui anime l’œuvre inscrite cette
année au programme des Terminales Littéraires, Les Faux-Monnayeurs, ainsi que le travail de son écriture, rapportée dans le
Journal des Faux-Monnayeurs dans le cadre de l’objet d’étude
«Lire-écrire-publier».
Reprenons en effet les instructions officielles : «Il s’agira donc bien
d’envisager deux des « actes » définis par les contenus du programme que sont « La genèse : lire-écrire » et « La publication :
écrire-publier », en concentrant notamment les analyses sur la
tension entre la publication d’un journal de bord de la création et
celle d’un roman qui interroge, avec le genre romanesque, l’écriture dans son rapport à la vie.»
Il s’agit bien d’écart, tout d’abord au niveau externe, celui qui
concerne la genèse de l’oeuvre, entre son plan et sa réalisation
dans un jeu de miroir, mais aussi de «tension» au niveau interne
entre l’écriture et la vie, puisque les principaux personnages sont
soit écrivains reconnus soit écrivains en devenir...
Le téléfilm de Benoît Jacquot réalisé en 2009 pour France 2 n’est
pas au programme, et il n’est pas question ici de l’étudier en tant
que tel, à la différence du film Œdipe Roi de Pier Paolo Pasolini
(Programme 2016-2017). Mais il s’avère fort utile pour accompagner les différentes lectures requises d’un roman passionnant
mais exigeant, moderne mais au charme suranné, sulfureux et
tendre, et ô combien foisonnant. L’adaptation faite par Jacquot
est un bon moyen, non seulement pour mémoriser l’intrigue et
ses personnages, mais aussi pour s’interroger sur tout ce que le
réalisateur aura laissé de côté, afin de stimuler chez les élèves
une connaissance profonde de l’œuvre, dont on sait qu’elle est
primordiale pour la réussite de l’épreuve.
Cet objectif, modeste, est celui du présent dossier, organisé en
deux parties.
La première partie s’attache au travail de l’adaptation pour mettre
en lumière le travail mené sur la structure dans le roman de Gide.
La seconde partie propose plusieurs approches complémentaires :
- une étude du système des personnages afin d’aider les élèves
à se repérer dans cet univers romanesque qui semble s’ouvrir à
l’infini.
- une réflexion sur le thème de la fausse monnaie dans le roman,
thème apparemment complètement laissé de côté par Jacquot,
pour en suivre non seulement les méandres mais aussi la symbolique.
- une autre réflexion sur la place d’André Gide dans le roman.
- quelques propositions de sujets possibles.
Dans un souci d’efficacité, mais aussi afin de mettre à la portée
d’élèves de Terminale un roman d’autant plus foisonnant qu’il
se double du Journal, les développements iront ici à l’essentiel.
NB : On propose de projeter le film après la lecture du livre, soit en intégralité, soit par parties («Paris», «Saas-Fée»,»Paris»), en fonction du degré
d’avancement et de l’implication de ses élèves.
Abréviations et édititions utilisées :
FM : Les Faux-monnayeurs, Folioplus classiques, 2007
JFM : Journal des Faux-monnayeurs, L’Imaginaire Gallimard, 1995
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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Fiche technique
Synopsis
Les Faux-monnayeurs
Dans l’agitation de l’entre-deux-guerres,
alors que Bernard, étudiant parisien de
17 ans s’apprête à passer son baccalauréat, il apprend qu’il est né d’une liaison
extra-conjugale. Cette révélation bouleverse la vie de son foyer. Il en profite pour
fuir et se réfugie chez son ami Olivier.
Un film de : Benoît Jacquot
Avec : Melvil Poupaud, Maxime
Berger, Laurence Corbier, Patrick Mille
Année : 2011
Langue : Français
Pays : France
Fiche technique
Durée : 123 minutes
Ce dernier est amoureux de son oncle,
Edouard, écrivain de 40 ans environ. Bernard sympathise avec lui et devient le
secrétaire de l’écrivain. Jaloux, Olivier
s’abandonne dans les bras de Robert de
Passavant, un écrivain homosexuel malhonnête et médisant. Sous l’influence de
son amant, Olivier va changer d’attitude à
l’égard de ses amis...
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Enseignement
Niveau
Dans les programmes
Programme de littérature pour l’année scolaire 2016-2017
Dans les programmes
Français
Terminale L
B. Domaine d’étude « Lire-écrire-publier »
Œuvres
- André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs.
- André Gide, Les Faux-Monnayeurs.*
* Le film de Benoît Jacquot n’est pas au programme.
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p. 5
Séquencier du DVD
DVD
Minutage
Descriptif
1
00:00:0000:11:11
Edouard rencontre Georges en train de remettre un livre qu’il avait volé chez les bouquinistes
des bords de Seine. Edouard lui donne 2,50F pour qu’il rachète ce livre.
Edouard se rend chez sa soeur Pauline pour y déjeuner en famille, c’est ainsi qu’il retrouve
Georges, qui est en fait son neveu. Il y rencontre également Olivier, son autre neveu.
Au jardin du Luxembourg, Edouard donne rendez-vous à Félix Douvier, le fiancé de Laura Azaïs,
leurs noces ont lieu. Edouard y retrouve sa soeur et ses neveux. Durant la cérémonie, il prend la
main d’Olivier.
2
00:11:11 00:20:33
Après la noce, le père de Laura se confie à Edouard en lui disant qu’il ne pense pas que Félix
soit l’homme qu’il faille à sa fille. Peu après, Edouard retrouve Olivier au lit avec une anglaise.
Il va ensuite rendre visite à M. Lapérouse, un homme âgé avec qui il discute avec émotion de
son petit fils.
3
00:20:33 00:29:15
Edouard suit son neveu dans la rue. Il a pris la décision de partir à Londres.
Quelques mois plus tard, Vincent, le frère ainé d’Olivier joue et perd tout son argent en compagnie de Robert de Passavant. Il est triste, Laura l’attend chez lui et il lui annonce qu’il ne pourra
pas l’aider.
Bernard, le meilleur ami d’Olivier découvre un secret qui est celui de sa vie, il est né d’une liaison
extra-conjugale. Il demande à Olivier de l’héberger. Avant de partir de chez lui, Bernard laisse
une lettre sur le bureau de son père.
4
00:29:15 00:35:53
Vincent va chez Passavant qui lui redonne les 5000 francs qu’il a perdu aux jeux.
Comme convenu, Bernard retrouve Olivier chez lui. Ils discutent dans son lit et parlent de l’oncle
d’Olivier qui arrive à la gare le lendemain.
5
00:35:53 00:48:32
Passavant et Lady Lilian Griffith attendent Vincent, elle lui parle de l’affection qu’elle a pour lui.
Vincent arrive et ils s’embrassent. Elle lui donne une clé pour qu’il la rejoigne durant la nuit.
Au petit matin, Bernard quitte la chambre d’Olivier. Edouard arrive de Londres, Olivier l’attend.
Dans une lettre, Laura a confié à Edouard qu’elle est enceinte mais pas de son mari, elle sollicite
son aide. Bernard a suivi Olivier, il ramasse le ticket de consigne d’Edouard et récupère sa valise.
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 6
Séquencier du DVD
6
00:48:32 01:00:18
Bernard vole le porte-feuille d’Edouard et va à l’hôtel. Il lit le journal intime d’Edouard et découvre le secret de Laura Azaïs. Il décide d’aller la voir- il lui parle d’Edouard et de Vincent qui
l’abandonne. Edouard arrive et fait comprendre à Bernard qu’il est au courant pour sa valise. Il
console Laura. Bernard propose à Edouard d’être son secrétaire.
Pendant ce temps, Olivier va chez Passavant qui le couvre d’éloges et lui propose d’écrire pour
sa revue.
7
01:00:18 01:09:10
Passavant, Vincent et Lady Griffith dînent au restaurant. Passavant parle de la proposition qu’il a
faite à Olivier.
A la pension Azaïs, Edouard rend visite à M. Lapérouse. Il lui propose finalement d’aller chercher
son petit fils durant l’été et de lui ramener. Edouard part donc en Suisse avec Bernard et Laura
Azaïs dans le but de trouver Boris.
8
01:09:10 01:18:20
Bernard avoue à Laura qu’il est amoureux d’elle. Félix Douviers lui a écrit, elle va retourner près
de lui. Edouard parle avec la doctoresse de Boris de la pension Azaïs et du fait d’y amener Boris.
Pendant ce temps, Passavant s’occupe d’Olivier, ils partent en vacances.
Bernard et Edouard parlent de l’avenir de Bernard et de l’accompagnement que celui-ci pourrait
fournir à Boris à la pension Azaïs.
9
01:18:20 01:29:34
La rentrée des classes. Bernard obtient son bac. Il retrouve Olivier et ils discutent de Passavant.
Ils décident de se retrouver le soir même à une soirée. Bernard propose d’y amener Edouard.
Bernard invite Sarah, qui loge elle aussi à la pension Azaïs, à la soirée. Le soir-même, Passavant
et Edouard discutent d’Olivier. Passavant flirte avec Sarah, Olivier est jaloux.
10
01:29:34 01:39:22
Un duel s’improvise sur la table entre deux hommes ivres. Edouard éteint la lumière. Bernard et
Sarah s’embrassent sous la table. Olivier se bat, Edouard l’emmène hors de la foule.
Bernard raccompagne Sarah Azaïs, ils finissent la nuit dans la même chambre.
Le lendemain matin, Edouard retrouve Olivier dans la salle de bain inconscient, il a essayé de se
tuer.
M. Profitendieu suit Bernard pendant qu’il retourne chez Edouard voir Olivier.
La mère d’Olivier vient lui rendre visite, elle dit à Edouard qu’elle cautionne leur relation. Edouard
va chez Passavant récupérer les affaires d’Olivier
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 7
01:39:22 01:51:21
Passavant exprime à Edouard le souhait qu’il avait qu’Olivier parte de chez lui.
Au jardin du Luxembourg, Edouard échange quelques mots avec Félix Douviers, le mari retrouvé
de Laura.
M. Profitendieu aborde Edouard dans la rue, il lui parle du vide qu’il ressent depuis le départ de
Bernard. Edouard décide d’en parler à Bernard.
Edouard rend visite à M. Lapérouse qui lui confie que Boris est plutôt indifférent à son grandpère.
12
01:51:21 01:59:25
Les enfants se moquent de Boris. Ils veulent monter une confrérie et souhaitent que Boris soit le
souffre-douleur. Ils décident de lui faire relever une épreuve avec le pistolet de son grand-père...
Pendant l’étude avec M. Lapérouse, Boris fait cinq pas et se tire une balle dans la tête.
Après la tragédie, Georges rentre chez lui et pleure dans les bras de sa mère.
Bernard est de retour chez son père.
13
01:59:25 02:00:00
Générique de fin
Séquencier du DVD
11
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 8
Activité 1
Adaptation
Les intentions de Benoît Jacquot
Activité 1 - Adaptation
Il n’est pas inutile de s’appuyer sur les extraits de cette interview où le réalisateur Benoît Jacquot donne les clés de sa démarche d’adaptation. Elles permettront de situer rapidement le projet du réalisateur ainsi que sa vision du roman.
« Enfin, il y a quelques années, une amie m’a montré les tapuscrits d’un projet d’adaptation des Faux-Monnayeurs pour Marc
Allégret, qui a été comme on sait à la fois un cinéaste renommé et l’intime de Gide. Lisant cela, qui avait beaucoup d’intérêt
mais était totalement impraticable, j’ai senti la corde se tendre de nouveau. Ce qui s’est accompagné de deux décisions :
proposer ce film à la télévision et m’attaquer seul au scénario. « Attaquer » est le mot juste parce que j’y suis allé brutalement, c’est-à-dire que j’ai fait des gestes qui peuvent sembler discrets à présent mais qui, sur le moment, étaient violents.
J’ai « rechronologisé » le roman, laissé de côté des pans entiers de l’histoire, des situations, des personnages. J’ai tenté de
« linéariser » sans perdre le feuilleté de l’écriture de Gide. La fameuse mise en abyme, qui retient beaucoup les commentateurs, j’ai essayé de ne pas la fétichiser, de ne pas la considérer comme incontournable, mais plutôt de donner un équivalent
du monde des Faux-Monnayeurs. »
« Ce n’est pas tant le geste littéraire que la mise en place très particulière, unique, singulière d’un univers qui m’a touché en
tant que lecteur et qui pourra sans doute en toucher beaucoup d’autres, longtemps encore. Ce qu’on appelle la modernité
des Faux-monnayeurs est pour moi un peu une tarte à la crème, un lieu commun, un cliché académique. Ça s’enseigne dans
les écoles et c’est sans doute très amusant mais je ne crois pas que ce soit ce qui fait la force et la pérennité de ce livre. C’est
plutôt, il me semble, cet aspect constamment paradoxal, notamment dans le fait que tout y est en même temps singulier et
universel, et ce monde qui se constitue, à la fois naturel et concerté, qui est pour un cinéaste une gageure immédiate et un
horizon de cinéma très favorable à la conception et à la fabrication d’un film. Et puis, disons-le, il y a au fond pour moi un
charme inaltérable, comme un parfum qui demeure, très capiteux, un peu vénéneux et en même temps parfaitement supportable, en tout cas propice à ce que j’aime montrer au cinéma. »
« Comme on fait couramment, j’ai chargé des assistantes de faire des recherches puisque, par définition, il s’agissait de visages peu connus. J’avais donné quelques caractéristiques assez vagues. Pour l’âge, entre 14 et 18 ans. J’ai donc vu pas mal
de comédiens impétrants et il se trouve que ceux qui me semblaient les plus proches en terme de justesse par rapport à ce
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p. 9
que je laissais deviner de leur rôle étaient les plus jeunes. C’est ainsi, je ne l’ai pas voulu. Mais cela m’a posé une question :
quel effet de représentation cela allait-il produire que des personnages sensés avoir au minimum 15 ou 16 ans soient incarnés
par des comédiens qui avaient à l’époque un an de moins – et, à cet âge, c’est considérable –, c’est-à-dire de faire interpréter
des adolescents par des préadolescents ? Assez vite, conforté par les avis que je demandais, il m’a semblé que ce côté « en
formation » apparaîtrait avec toute sa force si les personnages étaient non pas des adultes à l’état adolescent mais bien des
adolescents en voie de devenir adultes.
Là, pour le coup, l’effet était frontal, sans oblicité. Mais, après tout, j’ai passé mon bachot à 15 ans, alors pourquoi pas ? C’est
après, comme il arrive souvent, que je me suis dit que ce parti pris induisait l’idée d’un seuil. La voix n’est pas encore posée,
le corps n’est pas encore adulte, comme s’il y avait cette possibilité de revenir en arrière, à l’enfance. Et c’est quelque chose
qui, pour Édouard – en vérité un double de Gide – est immédiatement un objet de pensées et de sentiments. »
Source : http://www.cercle-enseignement.com/Lycee/Toute-l-actualite/Les-Faux-Monnayeurs-de-Benoit-Jacquot
Activité 1 - Adaptation
Que retenir de ces propos ?
- La jeunesse des comédiens, qui ne manquera pas d’interpeller les élèves, mais qui fait écho au roman lorsque Molinier dit
à Profitendieu : «Il me paraît que nous avons affaire ici à quelques créatures d’une insondable perversité et dont il importe
de nettoyer la société. Mais, encore une fois, ne vous saisissez pas des enfants ; contentez-vous de les effrayer, puis couvrez
tout cela de l’étiquette «ayant agi sans discernement» et qu’ils restent longtemps étonnés d’en être quittes pour la peur. Songez que trois d’entre eux n’ont pas quatorze ans et que les parents sûrement les considèrent comme des anges de de pureté
et d’innocence.» (p 20)
- Le travail de reconstruction chronologique (il parle de « rechronologis[er] », de « linéariser ») de l’intrigue
- L’indifférence à la question formelle de l’écriture (notamment la mise en abyme), dont l’étude est ressentie par Benoît
Jacquot comme « académique » et « scolaire » (et qui sont pourtant les questions qui doivent nous préoccuper au premier
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p. 10
La comparaison entre le roman et le film
Pour sensibiliser les élèves à l’originalité de l’écriture du roman, on peut leur faire remplir un tableau d’après le modèle suivant pendant la projection : les élèves remplissent la colonne chronologie du film et remplissent après, livre en main la partie
chronologie du roman.
Première partie - « Paris »
Chronologie du film
Chronologie du roman
I-1
I-2
I-3
Activité 1 - Adaptation
I-4
I-5
I-6
I-7
I-8
I-9
I - 10
I - 11
I - 12
I - 13
I - 14
I - 15
I - 16
I - 17
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p. 11
Corrigé
Première partie - « Paris »
Corrigé
Chronologie du film
Chronologie du roman
Georges chez le bouquiniste (00:00:36)
I - 1 : Bernard quitte le domicile de ses parents, en apprenant qu'il n'est pas le fils de son père.
Edouard se rend chez Pauline : Olivier fait lire son poème à
Edouard. (00:02:55)
I - 2 : M. Profitendieu lit la lettre de Bernard.
Edouard et Félix (00:08:09)
I - 3 : Bernard passe la nuit dans le lit d'Olivier.
Mariage de Laura (00:08:45)
I - 4 : Vincent chez Passavant, Gontran veille son père qui
vient de mourir.
"Quelques mois plus tard", Vincent perd son argent chez
Pedro avec Passavant (00:20:39)
I - 5 : Vincent chez Lady Griffith
Bernard découvre qu'il n'est pas le fils de son père et quitte
le domicile de ses parents pour rejoindre Olivier. (00:25:38)
I - 6 : Bernard quitte la chambre d'Olivier et dort sur un
banc.
M. Profitendieu rentre chez lui. (00:26:48)
I - 7 : Vincent le matin, chez Lady Griffith
Vincent chez Passavant, ils parlent d'Olivier. (00:31:22)
I - 8 : Edouard dans le train, arrive à Saint-Lazare (Lettre de
Laura et Journal)
Bernard et Olivier se retrouvent dans sa chambre.
(00:33:34)
I - 9 : Olivier vient chercher Edouard.
Passavant et lady Griffith attendent Vincent. (00:38:30)
I - 10 : Vincent s'empare de la valise d'Edouard et s'installe à
l'hôtel.
Bernard quitte la chambre d'Olivier. (00:44:48)
I - 11 : Bernard lit le Journal d'Edouard (anecdote de Georges
chez le bouquiniste)
Vincent et lady Griffith (00:46:47)
I - 12 : Journal d'Edouard (le mariage de Laura)
Edouard arrive à Paris en train et est accueilli par Olivier.
(00:47:15)
I - 13 : Journal d'Edouard (Visite chez La Pérouse, découverte de l'existence de Boris)
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 12
Bernard récupère le ticket de consigne. Edouard et Olivier
déjeunent au restaurant. (00:50:00)
I -14 : Bernard et Edouard se retrouvent à l'hôtel dans la
chambre de Laura.
Bernard lit le journal d'Edouard et se rend chez Laura.
(00:53:12)
I - 15 : Olivier chez Passavant pour devenir directeur de
revue.
Olivier est reçu chez Passavant (00:57:53)
I - 16 : Vincent chez Lady Griffith
Dîner à Rambouillet (01:01:09)
I - 17 : Dîner à Rambouillet : Vincent, Passavant et Lady Griffith
Corrigé
Synthèse
On constate d’abord, par la comparaison entre les deux colonnes, que le réalisateur a rendu sa linéarité à la trame temporelle
du roman grâce à une ellipse de quelques mois, sans faire de flash-back.
Dans le roman, c’est à partir du chapitre 8, par l’intermédiaire de la lettre de Laura et surtout du Journal d’Edouard que nous
comprenons tout ce qui s’est produit quelques mois avant, cet ensemble jouant le rôle d’une analepse.
Cette observation est à mettre en relation avec le deuxième cahier du Journal des Faux-Monnayeurs : « C’est à l’envers que se
développe assez bizarrement, mon roman. C’est-à-dire que je découvre sans cesse que ceci ou cela, qui se passait auparavant,
devrait être dit. Les chapitres, ainsi, s’ajoutent, non point les uns après les autres, mais repoussant toujours plus loin celui que
je pensais d’abord devoir être le premier. » (JFM p. 63).
En effet, dans le roman, le fait divers des faux-monnayeurs, qui donne son titre à la fois au roman de Gide et à celui de l’oncle
Edouard, à travers Strouvilhou et la pièce de fausse monnaie qu’a récupérée Bernard, est repoussé dans la deuxième partie
qui se déroule à Saas-Fée ; mais l’analepse de la première partie, qui permet à Bernard de comprendre les liens entre Edouard,
Laura, Douviers, Olivier et Vincent à travers le Journal d’Edouard, est aussi un moyen pour le romancier, non seulemement
d’informer son lecteur sur ce qui s’est déjà produit, mais aussi de faire découvrir ce passé par Bernard, offrant ainsi un autre
point de vue sur les faits.
Par ailleurs le lecteur qui découvre Georges avec Bernard dans la chambre d’Olivier se fait une certaine image de lui : pour Olivier, Georges est un petit qui ne connaît rien, la réplique de ce dernier ( « Imbécile, crie-t-il ; tu n’as donc pas vu que je faisais
exprès ?... Parbleu oui, j’ai entendu tout ce que vous avez dit tout à l’heure ; oh ! ce n’est pas la peine de vous frapper. » FM,
p. 41) montre qu’Olivier ne connaît pas bien son frère et qu’il a du répondant, mais quand Bernard découvre dans le Journal
d’Edouard que Georges a essayé de voler chez un bouquiniste et qu’il menace de faire chanter son oncle par la suite, c’est une
image plus inquiétante du petit Georges qui se dessine, que le tragique dénouement viendra confirmer.
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 13
Corrigé
On comprend donc que Benoît Jacquot mette en valeur le vol de Georges chez le bouquiniste en plaçant cette séquence en
ouverture de son film, comme s’il voulait insister sur la duplicité de l’enfant.
Cet événement est important, comme l’indique le Journal des Faux-Monnayeurs, dans la mesure où Gide lui-même en a été
témoin : « L’anecdote, si je voulais m’en servir, serait, il me semble, beaucoup plus intéressante racontée par l’enfant lui-même,
ce qui permettrait sans doute plus de détours et de dessous. » (JFM p. 42). Pour autant, il y a un écart entre le Journal et le
roman, qui ne se plie pas à la volonté de son auteur.
On observe en effet que l’anecdote sera racontée du point de vue d’Edouard dans son journal, néanmoins, la réaction de
Georges « Dites donc… ça vous arrive souvent de reluquer les lycéens ? » (FM p. 100) soulignée plus loin par son billet : «Si
vous racontez à mes parents l’histoire du livre, je (il avait barré : vous détesterai) dirai que vous m’avez fait des propositions. »
(p. 102) impose aussi dans le roman le point de vue de Georges dont la meilleure défense est l’attaque comme on le voit dans
la troisième partie.
En agissant ainsi, Jacquot déplace l’un des centres de gravité de l’œuvre (Bernard) au profit d’un autre (Georges). En effet,
c’est Bernard qui ouvre le roman et le ferme chez Gide. En tant que « bâtard » (un trait stendhalien qui caractérise notamment
Fabrice del Dongo), son personnage reprend certains traits de Lafcadio que Gide souhaite d’abord utiliser dans son roman
comme il l’écrit dans le Journal des Faux-Monnayeurs : « J’hésite depuis deux jours si je ne ferai pas Lafcadio raconter mon roman. Ce serait un récit d’événements qu’il découvrirait peu à peu et auxquels il prendrait part en curieux, en oisif et en pervertisseur. » (p. 13). On reconnaît là le rôle que va jouer Bernard découvrant le Journal d’Edouard, mais toutes les caractéristiques
immorales de Lafcadio sont métamorphosées chez Bernard en morale bienfaisante et généreuse.
De fait, en rejetant Bernard dans sa chronologie, le réalisateur insiste sur le fait que Georges est un faux-monnayeur qui ment à
sa famille, tandis que Bernard est celui qui ne supporte pas le mensonge et rompt avec elle. Le réalisateur va donc droit au but
pour imposer sans détours le thème de la duplicité dangereuse d’une enfance corrompue à travers Georges.
Le procédé de la voix-off permet aussi de faire entendre la voix du Journal d’Edouard et de mettre en valeur ses réflexions les
plus saillantes.
On observe enfin que le réalisateur se débarrasse de la femme de La Pérouse, qu’il loge d’ailleurs dès le début à la pension afin
de renforcer le duo Edouard-La Pérouse, alors que le déménagement n’interviendra que dans la troisième partie du roman.
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 14
Deuxième partie - « Saas-Fée »
Chronologie du film
Chronologie du roman
II - 1
II - 2
II - 3
II - 4
II - 5
II - 6
Activité 1 - Adaptation
II - 7
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 15
Deuxième partie - « Saas-Fée »
Chronologie du film
Chronologie du roman
Très haut dans les Alpes (01:05:07)
II - 1 : Lettre de Bernard à Olivier
"Je n'ai pas eu de mal à trouver le petit Boris" (01:05:50)
II - 2 : Journal d'Edouard, Edouard a retrouvé le petit Boris.
Discussion sur le roman (01:08:23)
II - 3 : Récit, histoire de la fausse pièce de dix francs et
Journal d'Edouard (qui a découvert la présence de Strovilhou)
Laura et Bernard (01:10:23) "Vous croyez qu'on peut aimer
l'enfant d'un autre autant que le sien propre?"
I - 4 : Récit et dialogue entre Bernard et Laura
"Pour moi Boris est guéri." (01:13:02)
II - 5 : Journal D'Edouard : "la maladie" de Boris et prévision
de son installation à la pension Azaïs
Pendant ce temps Passavant s'occupe d'Olivier (01:14:47)
"Moi je le tuerais."
II - 6 : Lettre d'Olivier à Bernard
II - 7 : Récit à la première personne, craintes du narrateur.
Corrigé
Synthèse
C’est la partie du film qui est la plus fidèle au fil narratif du roman.
Cette partie, moins dense que les deux autres se situant à Paris comme dans le roman omet néanmoins l’anecdote de la fausse
pièce de dix francs, tout comme le fil invisible autour du personnage de Strouvilhou.
C’est dans cette partie que se situent aussi les analyses les plus intéressantes sur le roman, notamment à travers la discussion
entre Edouard, Laura et Mme Sophroniska au chapitre 3, comme le montre cette citation reprise : « Oui, si je ne parviens pas à
l’écrire, ce livre, c’est que l’histoire du livre m’aura plus intéressé que le livre lui-même. », qui nous ramène à notre sujet d’étude
et notamment au Journal des Faux-Monnayeurs.
L’absence du dernier chapitre, qui dans le roman nous fait entendre la voix du narrateur/auteur, celle (peut-être) de Gide,
comme si elle était directement extraite du Journal des Faux-Monnayeurs, est notable. Elle correspond à la volonté de Benoît
Jacquot de ne pas s’embarrasser de la mise en abyme, figure jugée comme « trop scolaire » et qui aurait posé des problèmes
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Corrigé
d’adaptation.
Pourtant, ce chapitre 7 aura peut-être influencé le cinéaste dans la troisième partie, qui gomme toutes les références à la
relation tumultueuse et mortifère qui se déroule en Afrique entre Lady Griffith et Vincent (alors même qu’il les a représentés
jusqu’alors et ce de manière conforme au roman). On peut le voir à la lumière de l’extrait suivant : « J’espère ne pas revoir Lady
Griffith d’ici longtemps. Je regrette qu’elle nous ait enlevé Vincent, qui, lui, m’intéressait davantage, mais qui se banalise à la
fréquenter ; roulé par elle, il perd ses angles. C’est dommage, il en avait d’assez beaux. S’il m’arrive jamais d’inventer encore
une histoire, je ne la laisserai plus habiter que par des caractères trempés, que la vie, loin d’émousser, aiguise. Laura, Douviers,
La Pérouse, Azaïs… que faire avec tous ces gens-là ? Je ne les cherchais point ; c’est en suivant Bernard et Olivier que je les ai
trouvés sur ma route. Tant pis pour moi ; désormais, je me dois à eux. » (p. 244)
Cette intervention extraordinaire dans le roman tient de l’oxymore. En effet, d’une part s’y affirme fortement un auteur à travers sa prise de parole ; d’autre part cet auteur n’intervient que pour dire qu’il est emporté malgré lui par ses personnages et
qu’il ignore où ces derniers vont le conduire. En ce sens, l’auteur reprend ici non seulement les doutes de son propre personnage Edouard à travers la mise en abyme, mais aussi ceux de Gide lui-même. C’est comme si le lecteur se trouvait face à un
auteur-lecteur, et cela trouve sans doute une explication dans le Journal des Faux-Monnayeurs : « Je me retrouve en face de
mes Faux-Monnayeurs ; mais cette courte plongée dans Fielding m’éclaire sur les insuffisances de mon livre. Je doute si je ne
devrais pas élargir le texte, intervenir (malgré ce que m’a dit Martin du Gard), commenter. J’ai perdu prise. » (p. 81).
En effet le roman de Fielding, Tom Jones, est traversé par les commentaires de son auteur sur la fabrique du roman, de même
qu’on trouve chez Stendhal ces interventions d’auteur-narrateur (le célèbre « Nous avouerons que notre héros était fort peu
héros en ce moment. » dans La Chartreuse de Parme) qui créent une distance ironique et tendre à la fois entre le lecteur et les
personnages… Stendhal, qui est aussi une référence constante de Gide dans le Journal des Faux-Monnayeurs comme dans
son Journal (« Correspondance de Stendhal. Stendhal n’a jamais été pour moi une nourriture ; mais j’y reviens toujours. C’est
mon os de seiche ; j’y aiguise mon bec. » Journal - 8 décembre 1907- p 255).
Il va sans dire que dans ce passage, ce qui prime c’est l’opposition entre le romancier incarné par Edouard et la psychanalyse
incarnée par Mme Sophroniska, et que la méfiance d’Edouard (« L’inquisition dont elle me parlait, me parut à ce point attentatoire que j’eus peine à retenir un mouvement de protestation. » FM p. 195) reprend en écho les critiques de Gide lui-même dans
son Journal : « Freud. Le freudisme… Depuis dix ans, quinze ans, j’en fais sans le savoir. Il est nombre de mes idées qui, l’une
ou l’autre, exposée ou développée longuement dans un livre épais, eût fait fortune. » (Journal - 4 février 1922- p. 729), « Ah !
Que Freud est gênant ! Et qu’il me semble qu’on fût bien arrivé sans lui à découvrir son Amérique ! Il me semble que ce dont
je lui doive être le plus reconnaissant, c’est d’avoir habitué les lecteurs à entendre traiter certains sujets sans avoir à se récrier
ni à rougir. Ce qu’il nous apporte surtout c’est de l’audace ; ou plus exactement, il écrate de nous fausse et gênante pudeur .»
(Journal, 19 juin 1924, p. 785).
Pour autant, Mme Sophroniska est une lectrice intelligente comme l’indique cet extrait : « Son jugement, louanges et critiques
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m’a paru plus intelligent que ceux que j’ai coutume d’entendre, encore que son point de vue ne soit rien de moins que littéraire. Elle m’a dit s’intéresser presque exclusivement aux questions de psychologie et à ce qui éclairer d’un jour nouveau l’âme
humaine. Mais combien rares, a-t-elle ajouté, les poètes, dramaturges ou romanciers qui savent ne point se contenter d’une
psychologie toute faite (la seule, lui ai-je dit, qui puisse contenter les lecteurs). » (FM p 194-195). Cette notation rejoint celles
de Gide, très nombreuses dans son Journal des Faux-Monnayeurs : « Le mauvais romancier construit ses personnages, il les
dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir ; il les entend parler dès avant que de les connaître, et
c’est d’après ce qu’il leur entend dire qu’il comprend peu à peu qui ils sont. J’ai ajouté : les regarder agir – car pour moi c’est
plutôt le geste qui renseigne, et je crois que je perdrais moins perdant la vue, que perdant l’ouïe. » (JFM p85). C’est ainsi que
Gide note successivement à propos de ses personnages :
*comme Edouard : « Je dois respecter soigneusement en Edouard tout ce qui fait qu’il ne peut écrire son livre. Il comprend
bien des choses ; mais se poursuit lui-même sans cesse ; à travers tous, à travers tout. Le véritable dévouement lui est à peu
près impossible. C’est un amateur, un raté. Personnage d’autant plus difficile à établir que je lui prête beaucoup de moi. »
(JFM p. 67),
*comme Bernard et Olivier : « Bernard : son caractère encore incertain […] Olivier : son caractère peu à peu se déforme. »
(JFM p. 69),
*comme M. Profitendieu : « Profitendieu est à redessiner complètement. Je ne le connaissais pas suffisamment, quand il s’est
lancé dans mon livre. Il est beaucoup plus intéressant que je ne le savais. » (JFM p 87).
On voit combien la mise en abîme est profonde, du Journal au roman, de la vie à la fiction, du roman dans le roman au roman,
mais derrière ce qui pourrait n’apparaître que comme un jeu (dont d’ailleurs se débarrasse Jacquot), une idée centrale émerge,
celle de la formation (thème central aux yeux du réalisateur), car le « work in progress », les mouvements de l’écriture de Gide
(à ce titre, le roman n’est-il pas le plus « lawless » des genres littéraires ? À moins que cela ne soit le Journal, héritage de Montaigne ?) sont nécessaires pour rendre compte de cette donnée constitutive de l’identité que sont les esprits en formation,
esprits jeunes d’une part comme Bernard et Olivier, plus vieux d’autre part comme Profitendieu ou La Pérouse, ou mûrs comme
l’oncle Edouard.
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Troisième partie - « Paris »
Chronologie du film
Chronologie du roman
III - 1
III - 2
III - 3
III - 4
III - 5
III - 6
III - 7
Activité 1 - Adaptation
III - 8
III - 9
III - 10
III - 11
III - 12
III - 13
III - 14
III - 15
III - 16
III - 17
III - 18
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 19
Troisième partie - « Paris »
Corrigé
Chronologie du film
Chronologie du roman
Comme promis de retour à Paris, Edouard amène son
petit-fils à La Pérouse. (1:19:08)
III - 1 : Journal d'Edouard (La Pérouse et Molinier)
Rentrée des classes à la pension (1:20:18)
III - 2 : Journal d'Edouard (Rachel)
Bernard obtient son baccalauréat au rattrapage d'octobre.
(1:20:52)
III - 3 : Journal d'Edouard (La Pérouse et ses pistolets)
La Pérouse chahuté (1:23:24)
III - 4 : Pension Azaïs, Léon Gueridanisol et son groupe
Le banquet des Argonautes (1:25:30)
III - 5 : Bernard passe l'écrit, Olivier l'attend ; Gueridanisol écoule sa fausse monnaie, Olivier invite Bernard à la
soirée des Argonautes
La tentative de suicide d'Olivier (1:33:20)
III - 6 : Journal d'Edouard, les soupçons de Pauline sur
Georges
Bernard suivi par M. Profitendieu va prendre des nouvelles d'Olivier, puis Pauline. (1:35:29)
III - 7 : Armand et Olivier
Edouard va chercher les affaires d'Olivier chez Passavant.
(1:39:29)
III - 8 : Le banquet des Argonautes.
Edouard et Félix au jardin du Luxembourg (1:41:23)
III - 9 : Tentative de suicide d'Olivier chez Edouard
Profitendieu rencontre Edouard dans la rue. (1:42:12)
III - 10 : Lettre de Laura qui informe Edouard que Douviers
veut réparer l'affront fait à Laura, Journal d'Edouard qui
relate la visite de Pauline
Edouard et La Pérouse à la pension (le bruit et le pistolet)
(1:46:15)
III - 11 : Edouard va chercher les affaires d'Olivier chez
Passavant (lettre de Lady Griffith), Strouvilhou reçu par
Passavant.
Boris et la confrérie des hommes forts, suicide (1:52:30)
III - 12 : Journal d'Edouard sur l'écriture du roman et rapportant la visite de M. Profitendieu.
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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Après la tragédie (1:58:05) : Georges et Bernard rentrent
chez eux, comme des rescapés. La dernière phrase du
film en voix-off : "Pourrait être continué, c'est sur ces
mots que je voudrais continuer mes Faux-Monnayeurs".
III - 13 : Bernard et la lutte contre l'ange
III - 14 : Bernard retourne chez Edouard. Sarah rentre en
Angleterre.
III - 15 : Edouard chez La Pérouse ( le petit bruit irritant),
avec Georges (lecture d'un extrait de son roman)
III - 16: Armand et Olivier (lettre d'Alexandre, le frère d'Armand qui vit en Afrique)
III - 17 : Boris apprend la mort de Bronja, Gheridanisol
s'empare du talisman et profite de son désarroi pour
feindre de l'accepter dans la confrérie des hommes forts.
III - 18 : suicide de Boris, Journal d'Edouard, Bernard
rentre chez son père
Corrigé
Synthèse
On remarque que le film taille dans le roman pour ne conserver que ce qui l’intéresse :
- Armand, Rachel, Strouvilhou disparaissent, tout comme la lutte métaphorique de Bernard avec l’Ange
- Rien n’est dit au sujet de la fausse monnaie (ni par M. Profitendieu, ni par la confrérie)
- Les allusions à Vincent et Lady Griffith disparaissent
En laissant de côté toutes ces intrigues secondaires ou simplement esquissées dans le roman, Benoît Jacquot resserre son
intrigue autour d’Edouard et des conséquences de ses actions.
En effet, il sauve Olivier mais manque indirectement de le tuer, il rend Bernard à son père, mais a plongé Boris dans la gueule
du loup en l’inscrivant à la pension.
Néanmoins la dernière parole d’Edouard en voix-off (« Pourrait être continué, c’est sur ces mots que je voudrais continuer
mes Faux-Monnayeurs. ») renvoie au Journal des Faux-monnayeurs p. 94 : « Celui-ci, s’achèvera brusquement, non point par
l’épuisement du sujet, qui doit donner l’impression de l’inépuisable, mais au contraire par son élargissement et par une sorte
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 21
d’évasion de son contour. Il ne doit pas se boucler, mais s’éparpiller, se défaire… ».
Cette taille opérée dans le roman par le réalisateur nous ramène aussi dans le même ouvrage à cette image végétale du roman qui pousserait comme une plante : « Le livre, maintenant, semble parfois doué de vie propre ; on dirait une plante qui se
développe, et le cerveau n’est plus que le vase plein de terreau qui l’alimente et la contient. Même, il me paraît qu’il n’est pas
habile de chercher à « forcer » la plante ; qu’il vaut mieux en laisser les bourgeons se gonfler, les tiges s’étendre, les fruits se
sucrer lentement ; qu’en cherchant à devancer l’époque de leur maturité naturelle, on compromet la plénitude de leur saveur. »
(p. 78-79).
Corrigé
On peut néanmoins s’interroger sur le choix d’avoir supprimé dans l’adaptation (il ne reste aucune référence à l’intrigue des
faux-monnayeurs que sont Strouvilhou et Ghéridanisol) l’une des deux sources matricielles de l’œuvre, telle qu’indiquée dans
le Journal des Faux-Monnayeurs : « Il s’agit de rattacher cela à l’affaire des faux-monnayeurs anarchistes du 7 et 8 août 1907,
- et à la sinistre histoire des suicides d’écoliers de Clermont-Ferrand (5 juin 1909). Fondre cela dans une seule et même intrigue. » (p. 22-23).
Peut-être faut-il y lire la volonté chez le cinéaste de surprendre et déconcerter le spectateur, comme le lecteur de Gide est
d’ailleurs surpris, en l’amenant à s’interroger sur l’identité de ces faux-monnayeurs, dont Passavant semble être le porte-parole
(« À vrai dire, c’est à certains de ses confrères qu’Edouard pensait d’abord, en pensant aux faux-monnayeurs ; et singulièrement au vicomte de Passavant» FM p 210). Car Gide écrit aussi comme Stendhal pour ses happy few : « Puis mon livre achevé,
je tire la barre, et laisse au lecteur le soin de l’opération ; addition, soustraction, peu importe : j’estime que ce n’est pas à moi
de la faire. Tant pis pour le lecteur paresseux : j’en veux d’autres. Inquiéter, tel est mon rôle. Le public préfère toujours qu’on le
rassure. Il en est dont c’est le métier. Il n’en est que trop. » (JFM, p. 96).
Néanmoins Benoît Jacquot conserve la brutalité d’un dénouement, dont seuls les lecteurs, les spectateurs mais aussi les protagonistes (qui ne diront rien) connaissent les sinistres mécanismes, conformément au désir de Gide : « La terrible scène du
suicide gagnerait, il me semble, à ne pas être trop annoncée. On verse dans le morne, par excès de préparation. » (JFM, p. 95).
C’est la même stupéfaction en effet qui étreint dans le roman et le lecteur et Edouard, confinant au silence : « Sans prétendre
rien expliquer, je voudrais n’offrir aucun fait sans une motivation suffisante. C’est pourquoi je ne me servirai pas pour mes
Faux-Monnayeurs du suicide du petit Boris ; j’ai déjà trop de mal à le comprendre. Et puis je n’aime pas les «faits divers». Ils ont
quelque chose de péremptoire, d’indéniable, de brutal, d’outrageusement réel… Je consens que la réalité vienne à l’appui de
ma pensée, comme une preuve ; mais non point qu’elle la précède. Il me déplaît d’être surpris. Le suicide de Boris m’apparaît
comme une indécence, car je ne m’y attendais pas. » (FM p. 417).
C’est pour le coup vertigineux : le suicide de Boris n’apparaît pas dans le roman Les Faux-Monnayeurs d’Edouard, mais dans le
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 22
roman Les Faux-Monnayeurs d’André Gide.
Il s’agit là encore d’une manière pour Gide de rappeler sa différence avec son double, mais les interprétations possibles sont
multiples. Edouard semble au premier abord faire preuve de sensibilité et d’éthique en refusant d’utiliser le suicide de Boris.
Mais ne peut-on pas lire aussi dans son refus une forme d’égoïsme, et une manière de nier sa part de responsabilité ?
Corrigé
Enfin c’est sur le personnage de Bernard que s’achèvent le roman et le film.
Dans le roman, cette structure circulaire met en relief Bernard comme un personnage à la fois périphérique et central. À l’instar
d’Edouard, il est en effet au croisement des différents milieux et des différentes familles, alors qu’Olivier, pour ne prendre que
cet exemple, ne côtoie ni La Pérouse ni Boris, ni Laura. C’est ce qui fait de Bernard un possible héros.
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 23
Activité 2
Approches thématiques
I/ Les différentes familles ou cercles
Activité 2 - Approches thématiques
Faire apparaître l'arbre généalogique des personnages, dans le film (cadres avec photos) et dans le roman.
I/ Les Molinier
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Activité 2 - Approches thématiques
II/ Les Profitendieu
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III/ Les Azaïs
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p. 26
Activité 2 - Approches thématiques
IV/ Les Passavant
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Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 27
V/ Les Lapérouse
Activité 2 - Approches thématiques
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Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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I/ Les Molinier
Le grand-père
Pauline
Edouard
George
Olivier
Vincent
Corrigé
Oscar Molinier
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 29
Corrigé
II/ Les Profitendieu
Charles
Albéric Profitendieu
Mme Profitendieu
Cécile
Bernard
Caloub
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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III/ Les Azaïs
Le vieil Azaïs
Corrigé
Prosper Vedel
Laura
Rachel
Mélanie Vedel
Sarah
Armand
Alexandre
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IV/ Les Passavant
Corrigé
Le comte de Passavant
Robert de Passavant
Gontran de Passavant
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p. 32
V/ Les Lapérouse
Mme Lapérouse
M. Lapérouse
Une jeune musicienne
russe
Corrigé
Leur fils
Boris
Dossier pédagogique - Les Faux monnayeurs
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p. 33
II/ Le thème de la fausse-monnaie
Il s’agit pour les élèves d’étudier ce thème en relevant dans les deux œuvres au programme tous les éléments qui y font référence.
Activité 2 - Approches thématiques
1- Le fait-divers, comme point de départ. Le personnage de Lafcadio.
Journal des faux-monnayeurs :
p. 20 « Et ce matin, je me demande pourquoi pas le jardin du Luxembourg et précisément ce lieu du jardin où se fait le trafic
des fausses pièces d’or, derrière le dos de Lafcadio, et sans qu’il s’en doute, et tandis qu’il écoute et note cette conversation
d’ordre général, et si grave, mais que du même coup, le petit fait précis va réduire à l’insignifiance. Edouard qui l’envoyait làbas pour épier, lui dira :
« - Mon petit ami, vous ne savez pas observer ; voilà ce qui se passait d’important », - et il lui sortira la boîte pleine de fausses
pièces. »
p. 22 « J’ai ressorti ce matin les quelques découpures de journaux ayant trait à l’affaire des faux-monnayeurs. Je regrette de
n’en avoir pas conservé davantage. Elles sont du journal de Rouen (Sept 1916). Je crois qu’il faut partir de là sans chercher
plus longtemps à construire a priori.
Je retiens ceci que je mettrais volontiers en épigraphe du premier livre :
« Comme le juge demandait à Fréchaut s’il a fait partie de « la bande » du Luxembourg :
- Dites le « cénacle », monsieur le juge, réplique-t-il vivement. C’était une assemblée où l’on s’est peut-être occupé de fausse
monnaie, je ne dis pas non, mais où l’on traitait surtout les questions de politique et de littérature. »
Il s’agit de rattacher tout cela à l’affaire des faux-monnayeurs anarchistes du 7 et 8 août 1907, - et à la sinistre histoire des
suicides d’écoliers de Clarmond-Ferrand (5 juin 1909). Fondre cela dans une seule et même intrigue. »
p. 23 : « La société des faux-monnayeurs ( le « cénacle ») n’admet que des gens compromis. Il faut que chacun des membres
apporte en otage de quoi pouvoir le faire chanter. »
p. 25 : « Je ne puis prétendre à être tout à la fois précis et non situé. Si mon récit laisse douter si l’on est avant ou après la
guerre, c’est que je serai demeuré trop abstrait.
Par exemple, toute l’histoire des pièces d’or ne peut se placer qu’avant la guerre, puisque’à présent, les pièces d’or sont exilées. »
p. 32-33 : « Tout ce que je vois, tout ce que j’apprends, tout ce qui m’advient depuis quelques mois, je voudrais le faire entrer
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 34
Activité 2 - Approches thématiques
dans ce roman, et m’en servir pour l’enrichissement de sa touffe. Je voudrais que les événements ne fussent jamais racontés
directement par l’auteur, mais exposés (et plusieurs fois, sous des angles divers) par ceux des acteurs sur qui ces événements
auront eu quelque influence. Je voudrais que, dans le récit qu’ils en feront, ces événements apparaissent légèrement déformés; une sorte d’intérêt vient pour le lecteur, de ce seul fait qu’il ait à rétablir. L’histoire requiert sa collaboration pour se bien
dessiner.
C’est ainsi que toute l’histoire des faux-monnayeurs ne doit être découverte que petit à petit, à travers les conversations où
du même coup tous les caractères se dessinent. »
p. 54 : « Ce qu’on appelle un « esprit faux » (l’autre haussait les épaules devant cette locution toute faite et déclarait qu’elle
n’avait aucun sens) – eh bien ! Je m’en vais vous le dire : c’est celui qui éprouve le besoin de se persuader qu’il a raison de
commettre tous les actes qu’il a envie de commettre; celui qui met sa raison au service de ses instincts, de ses intérêts, ce
qui est pire, ou de son tempérament. »
p. 81 : « Le style des Faux-Monnayeurs ne doit présenter aucun intérêt de surface, aucune saillie. Tout doit être dit de la manière la plus plate, celle qui fera dire à certains jongleurs : que trouvez-vous à admirer là-dedans ? »
p. 88 : « Un autre article de leur code était ce que je pourrais appeler : la doctrine du moindre effort. Chacun de ces enfants
– à la seule exception de quelques rares, qui passaient pour poseurs et mauvais coucheurs – mettait un point d’honneur ou
d’amour-propre à tout obtenir en payant et en se foulant le moins possible ; que ce fût un objet qu’un tel se vantait d’avoir
pour se procurer à meilleur compte, que ce fût un problème dont tel autre avait découvert la solution sans avoir peiné sur les
calculs; un moyen de locomotion qui lui permettait de partir cinq minutes plus tard pour la classe, le principe restait le même.
« Pas d’effort inutile » était leur absurde devise. »
p. 97 : Martin du Gard me communique cette citation de Thibaudet :
« Il est rare qu’un auteur qui s’expose dans un roman, fasse de lui un individu ressemblant, je veux dire vivant… Le romancier
authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible ; le romancier factice les crée avec la ligne
unique de sa vie réelle. Le génie du roman fait vivre le possible; il ne fait pas revivre le réel.»
Synthèse
On constate que le fait divers s’estompe, que la fausse-monnaie devient le symbole du factice, de la tromperie et de la manipulation, que Lafcadio cède la place à Bernard, que c’est Bernard qui fait la leçon à Edouard et non plus Edouard à Lafcadio,
que la fausse-monnaie est surtout littéraire à travers la question du style et de ses enjeux.
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 35
III/ Où est Gide ?
1/ A partir du tableau ci-dessous, à quels personnages du roman pouvez-vous identifier André Gide ? Qu’en déduisez-vous ?
Tableau de correspondances entre la biographie de Gide et le roman et ses personnages.
Activité 2 - Approches thématiques
Biographie de Gide
Correspondances dans le roman
Amour de Gide pour sa cousine Madeleine
Amour passé d'Edouard pour Laura
La famille du pasteur Allégret
La pension Azaïs-Vedel
Rivalité de Gide avec Cocteau qui se lie avec Marc
Rivalité entre Edouard et Passavant qui propose à Olivier
de diriger une revue
Cocteau auteur du Grand Ecart
Passavant auteur de La Barre Fixe
Madeleine brûle les lettres de Gide (1918)
Mme La Pérouse brûle les lettres du frère de La Pérouse,
Oscar Molinier ne retrouve plus ses lettres, Edouard perd
son Journal.
Marc de Lanux, ancien professeur de piano de Gide
La Pérouse
Voyage au congo
Vincent devenu fou et Alexandre enrichi en Afrique
Gide exclu de l'Ecole Alsacienne pour onanisme
Troubles de Boris, se manifestant par l'onanisme
Gide commence une analyse avec Mme Sokolnicka qu'il
arrêtera au bout de six séances.
Cure de Boris par Mme Sophroniska et conversation sur le
roman
Repas du Mercure à la taverne du Panthéon, « Jarry, qui
soignait son personnage, avait aux yeux de tous, bu l'absinthe pure à plein verre, si bien qu'on n'était qu'à moitié
rassuré, quand on l'entendit annoncer, de sa voix blanche :
- Et maintenant nous allons tuer le petit Beck. »
Dîner des Argonautes, Jarry provoque Bercail.
« Et maintenant nous allons tuer le petit Bercail. »
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 36
Activité 2 - Approches thématiques
1908, lancement de la revue Aujourd'hui (avant de s'appeler La Nouvelle Revue Française), 1920, lancement de la
revue Le Coq par Cocteau et Radiguet.
Ratage du lancement de la revue Avant-Garde, par défection d'Olivier, prise en main du Fer à repasser par Strouvilhou et Cob-Lafleur
Misia Godebska, pianiste d'origine polonaise, épouse de
Thadée Natanson, d'Alfred Edwards et de Sert.
Elève et belle-fille de La Pérouse, personnage de Lady Griffith.
Gide fait la leçon au petit Yves Allégret en lui donnant à lire
ses feuillets.
Edouard essaie de faire la leçon à Georges.
En 1922, Gide remet 5000 francs à Elizabeth van Rysselberghe pour sa grossesse qui s'installe à Rapallo (jeu de
mot : Laura-pas)
Vincent doit remettre 5000 francs à Laura.
À Saint-Martin -Vésubie, en 1923, Gide avec Elizabeth, et
la petite Catherine qui vient de naître, fait de grandes randonnées.
Randonnées à Saas-Fée.
Eté 1923, Gide en Corse avec André Allégret et Elizabeth
Séjour d'Olivier et Passavant en Corse, qui s'oppose à celui
de Bernard et d'Edouard à Saas-Fée.
Synthèse :
On peut voir ici que Gide semble faire de lui-même la matière même de son livre.
Il est partout et nulle part à la fois, et s’amuse à masquer ses adversaires et rivaux (comme Cocteau) pour mieux les démasquer. Ce qui n’apparaît qu’à de rares reprises dans le Journal des Faux-Monnayeurs (comme l’anecdote concernant le vol du
livre chez un bouquiniste) prend avec ces informations, une dimension de grande ampleur.
Au-delà des problèmes liés à l’écriture autobiographique, il faut ici remarquer les jeux de mots concernant l’onomastique
(Passavant et La Barre fixe, Sophoniska, Laura…) qui désignent tout en déguisant.
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 37
IV/ Pistes d'études possibles :
On peut suggérer aux élèves de chercher à donner du contenu aux plans suivants, pour vérifier leur maîtrise du sujet et leur
faire effectuer des exposés.
Activité 2 - Approches thématiques
Le fait divers
a/ Aux origines du roman...
b/ mais caché,
c/ … car la vraie vie est ailleurs.
L'Authenticité
a/ Les faussaires dans le roman et les faussaires en littérature
b/ Le souci de l'authenticité en littérature et dans la vie
c/ La mise en abîme, du reflet à la réflexion
Le souci de la morale
a/ Un univers amoral, des personnages diaboliques
b/ Des personnages moraux, mais dont les tentatives peuvent échouer
c/ Une écriture romanesque qui se cherche et s'interroge
Le jeu / Le je
a/ Le jeu : gain et perte (Vincent)
b/ Les jeux de doubles et la mise en abîme
c/ Les jeux du je : dissimulations et révélations
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 38
" Famille, je vous hais ? "
a/ Des familles sans (re)-pères
b/ La place du diable (Passavant, Vautrin et l'héritage balzacien)
c/ Une famille à construire, un roman à bâtir
Activité 2 - Approches thématiques
La construction du roman
a/ Réfléchir le roman, questionner le fond et la forme
b/ Un ensemble foisonnant
c/ Une architecture maîtrisée
Le bâtard
a/ Lafcadio aux sources
b/ Bernard
c/ L'héritage stendhalien
Dossier pédagogique – Les Faux monnayeurs
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p. 39
Bibliographie
Pour aller plus loin
André Gide, Les Faux-Monnayeurs, Folioplus classiques, 2007.
André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs, L'Imaginaire Gallimard, 1995.
André Gide, Journal, La Pléiade, 1948.
Pierre Masson, Lire Les Faux-Monnayeurs, Presses Universitaires de Lyon, 2012.
Hubert Laizé, Leçon littéraire sur Les Faux-Monnayeurs de Gide, Presses Universitaires de France, 2001
Dossier pédagogique – Mustang
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p. 40

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