the bride - Devildead

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THE BRIDE
LA PROMISE
Titre original : BRIDE, THE
Autre titre : PROMISE, LA
Année : 1985
Nationalité : Angleterre / Etats-Unis
Acteurs : Sting {1}, Jennifer Beals, Anthony Higgins, Clancy Brown, David Rappaport, Geraldine Page &
Cary Elwes
Réalisateur : Franc Roddam
Scénario : Lloyd Fonvielle & Mary Shelley (livre)
Musique : Maurice Jarre
Après avoir créé, à partir de morceaux de cadavres, un être
humain de sexe masculin, le baron Frankenstein réussit à
donner la vie, de la même façon, à une femme, destinée à
devenir la compagne de sa précédente création...
Depuis le déclin du cinéma gothique britannique, au début
des
années
1970,
les
principales
transpositions
cinématographiques du mythe de Frankenstein ne se font plus
que sur le ton de la plaisanterie, plus ou moins respectueuse,
avec des titres comme CHAIR POUR FRANKENSTEIN,
FRANKENSTEIN JUNIOR ou THE ROCKY HORROR
PICTURE SHOW. Pourtant, le cinéma anglais fait montre, au
début des années 1980, d'un certain goût pour le cinéma
historique à grand spectacle (GREYSTOKE, par exemple...),
accompagné même par un petit renouveau gothique, auquel le
succès d'ELEPHANT MAN, tourné en Grande-Bretagne, n'est
sans doute pas étranger. Le chef-opérateur de ce dernier,
Freddie Francis, s'était distingué, dans les années 1960-70,
comme réalisateur de films d'épouvante Hammer ou Amicus.
En 1985, il signe, avec LE DOCTEUR ET LES ASSASSINS,
une nouvelle version de la lugubre affaire des
"Résurrectionnistes", déjà inspiratrice, entre autres, de
L'IMPASSE AUX VIOLENCES, un sommet de la grande
époque de l'horreur britannique. LA PROMISE, nouvelle
adaptation du roman "Frankenstein" de Mary Shelley, va, lui
aussi, tenter de relancer cette tradition anglaise. Il est suivi,
l'année suivante, par GOTHIC de Ken Russell, qui revient, de
son côté, sur la genèse mouvementée de ce livre.
A l'origine de LA PROMISE, le scénariste Lloyd Fonvielle
propose ce nouveau script à divers producteurs, parmi lesquels
Victor Drai, qui s'était auparavant illustré en produisant aux
USA deux remakes hollywoodiens de comédies françaises :
LA FILLE EN ROUGE de et avec Gene Wilder (à partir d'UN
ELEPHANT, CA TROMPE ENORMEMENT) et L'HOMME
A LA CHAUSSURE ROUGE interprété par Tom Hanks (basé
sur LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE)
! Drai se montre intéressé et Fonvielle lui suggère, comme
réalisateur,
le
britannique
Franc
Roddam
(QUADROPHENIA), pour lequel il avait auparavant rédigé le
scénario LA LOI DES SEIGNEURS. Le financement est
obtenu auprès du studio hollywoodien Columbia, quand bien
même le film sera tourné en Europe, notamment dans les
studios anglais de Shepperton.
La production parvient à convaincre la jeune Jennifer Beals,
révélée et starifiée par FLASHDANCE, d'incarner la créature
féminine. Le chanteur Sting, alors extrêmement populaire, doit
d'abord tenir le petit rôle du jeune soldat qui va séduire Eva.
Néanmoins, la tentation de mettre en vedette deux
personnalités aussi à la mode que ce musicien et Jennifer Beals
est trop grande, et l'équipe du film confie finalement à Sting le
rôle-clé du baron Frankenstein, pour lequel ils avaient d'abord
envisagé des comédiens plus expérimentés et âgés. Aux côtés
de ces deux jeunes gens, on trouve toute une galerie de
comédiens aguerris, comme Anthony Higgins (Moriarty dans
LE SECRET DE LA PYRAMIDE), ou Geraldine Page (LES
PROIES de Don Siegel). Le monstre, ici appelé Viktor, est
interprété par Clancy Brown (le Kurgan d'HIGHLANDER),
tandis que le nain Rinaldo est incarné par David Rappaport (le
chef des voyageurs temporels de BANDITS BANDITS).
Enfin, une équipe technique prestigieuse est réunie, avec la
costumière Shirley Russell (LES DIABLES), le compositeur
Maurice Jarre (LES YEUX SANS VISAGE), le chef-opérateur
Stephen H. Burum (LA FOIRE DES TENEBRES)... Pour les
principaux extérieurs, de nombreux pays d'Europe sont
envisagés, comme la Hongrie (où est censée se dérouler
l'action), l'Allemagne ou l'Autriche. Finalement, Drai
préfèrera tourner dans le sud de la France, au cours de l'été
1984, en Dordogne, notamment, ainsi que dans les villes de
Sarlat ou Carcassone.
Les travaux du baron Charles Frankenstein aboutissent
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enfin. Il a déjà réussi à donner la vie à un homme, conçu à
partir de morceaux de cadavres, et voilà qu'il va tenter d'en
créer son équivalent féminin, destiné à devenir la compagne de
sa première création. Le résultat dépasse toutes les espérances
du savant. Alors que le prototype était assez rapiécé et hideux,
la jeune femme est d'une parfaite beauté. Toutefois, elle rejette
la créature pour laquelle elle a été conçue, et une bagarre
s'ensuit, qui déclenche l'incendie du laboratoire, au cours
duquel le monstre périt... Tout du moins, c'est ce que pense
Charles Frankenstein, cette créature ayant en fait survécu et
s'étant réfugiée dans la forêt. Au gré de son errance, le monstre
se lie d'amitié avec Rinaldo, un nain se rendant à Budapest
pour s'y faire engager dans un cirque. Le petit acrobate baptise
alors la créature "Viktor". Les deux compagnons partent
ensemble sur les routes. Pendant, ce temps, Charles décide de
se charger de l'éducation d'Eva, c'est ainsi qu'il appelle sa
création féminine, afin d'en faire une femme moderne, cultivée
et libérée...
Le roman de Mary Shelley dans
lequel est né le personnage de
Frankenstein, est, avant toute chose,
un conte philosophique (fort macabre,
certes).
Conscient
que
cette
mythologie a été abordée plus qu'à
son tour sur le ton du cinéma de
terreur,
Fonvielle
et
Roddam
choisissent de s'éloigner délibérément
de ce domaine. Pour ce faire, ils
modifient largement la structure du
livre. Dans ce dernier, le monstre
exige que le jeune savant lui
construise une compagne, sous peine
d'assassiner sa fiancée. Le baron
accepte donc, dans un premier temps,
d'élaborer une telle "femme". Puis il
se ravise et détruit sa seconde
création, entraînant le meurtre de sa
fiancée par la créature. Frankenstein
traque alors cet assassin jusqu'au pôle
nord, où ils disparaissent tous les
deux. Dans le célèbre cycle Universal
consacré, dans les années 1930-40, au
mythe de Frankenstein, on se rappelle
que l'épisode de la compagne avait été
écarté du FRANKENSTEIN réalisé
par James Whale et interprété par
Boris Karloff, puis réutilisé comme
base de sa suite : LA FIANCEE DE
FRANKENSTEIN.
LA PROMISE s'ouvrant au moment de la naissance de la
créature féminine, il escamote une grande partie du roman
original. Les parties les plus macabres de l'ouvrage (les
diverses expériences de Frankenstein), dans lesquelles les
précédentes transpositions cinématographiques puisaient leur
essence horrifique (FRANKENSTEIN, FRANKENSTEIN
S'EST ECHAPPE ! de Terence Fisher...), sont ainsi
soigneusement contournées. Surtout, la créature féminine n'est
pas détruite aussitôt après sa "naissance". Au contraire,
Frankenstein en est si fier qu'il en fait sa pupille, et raconte à
son entourage qu'elle est sa fille adoptive. Le monstre, de son
côté, poursuit une existence d'autant plus paisible que son
créateur le pense mort. Le film va donc suivre, parallèlement,
deux récits : dans la demeure de Frankenstein, les rapports
entre le baron et sa belle création évoluent vers le drame ; sur
les routes, le monstre part à la découverte du monde et des
hommes le peuplant...
d'optimiste, qu'il est difficile de ne pas rapprocher des
aventures de Pinocchio. Matière inanimée à laquelle la vie a
été donnée (grâce à la science, en l'occurence), la créature
s'éloigne de son "père" (Gepetto devient ici Frankenstein) et
part sur les routes de son pays. Il y devient l'ami de Rinaldo,
un nain de cirque. Comble de la surprise, ce petit personnage
daigne même le baptiser Viktor, alors que son inventeur, bien
négligent à son endroit, ne l'avait même pas jugé digne d'être
nommé ! Rinaldo enseigne à son ami balafré à avoir confiance
en ses capacités et lui apprend à suivre, dans la vie, le chemin
dicté par ses rêves et son cœur. Les deux compagnons,
parfaitement complémentaires, sont embauchés dans un cirque
pour lequel ils élaborent un numéro très apprécié du public.
Mais le directeur de l'établissement, un vaurien, et son âme
damnée, Bela (!), veulent éliminer Rinaldo, qui défend trop
bien les intérêts de Viktor... Ces deux personnages négatifs
font à nouveau penser à l'histoire de Pinocchio, tant leur allure
et leurs manières évoquent les mauvais sujets du conte de
Collodi.
Toute
cette
intrigue,
relativement lumineuse et optimiste
dans son propos, a pour points forts
les paysages ensoleillés de la
campagne française où elle a été en
grande partie tournée, et, surtout, la
complémentarité et le talent de Clancy
Brown et David Rappaport.
Pendant, ce temps-là, dans le
château du baron Frankenstein...
Charles, admiratif devant Eva, sa
nouvelle créature, se charge d'en faire
une
personne
intelligente
et
indépendante, correspondant à son
idée de la femme de demain. Pour
décrire cette jeune fille, les auteurs se
sont inspirés de Mary Shelley ellemême, écrivain qui avait séduit le
poète Percy Shelley par sa grande
culture, et que les amis de son mari
tenaient en haute estime. L'actrice
Jennifer Beals a ainsi été choisie car
elle avait à peu près l'âge auquel
Mary a rédigé "Frankenstein" (19
ans). Mais, si Charles a ici une idée de
la femme en avance sur son époque
(bien qu'en phase avec des
personnalités du romantisme, comme
Georges Sand), son caractère est
possessif. Son esprit mesuré et son
coeur jaloux parlent deux langages
différents et tiraillent son âme. Sans
qu'il se l'avoue, la tendresse qu'il éprouve pour Eva n'est pas
celle que ressent un tuteur pour sa pupille. Frankenstein
enseigne à sa protégée l'indépendance, mais lorsqu'elle veut
vivre ses expériences par elle-même, il refuse de voir sa
création, sa "chose", lui échapper et lui désobéir.
LA PROMISE approche cette intrigue à la manière d'un
drame romantique, dans lequel Frankenstein devient un beau
dandy ombrageux et tourmenté, dont l'allure élégante ne
déparerait pas dans une transposition du "Portrait de Dorian
Gray". Comme on le voit, il est difficile de reprocher à cette
version de "Frankenstein" de manquer d'ambition ou
d'originalité !
Hélas, malgré de bonnes idées et de louables intentions, LA
PROMISE n'est pas totalement satisfaisant. En séparant son
film en deux récits parallèles, Roddam ne parvient à traiter
Ce second aspect de LA PROMISE paraît un conte teinté
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correctement ni l'un, ni l'autre. Si l'histoire de Viktor est à peu
près aboutie, les relations entre Frankenstein et Eva semblent
terriblement sous-exploitées et mal développées. Il y avait
pourtant matière à en faire un vrai beau long-métrage...
Surtout, après un démarrage sur les chapeaux de roue, les
développements des deux récits s'enlisent et tendent à se
ralentir l'un l'autre, jusqu'à créer une impression de lenteur
rébarbative et souvent ennuyeuse. Quant au dénouement, il ne
parvient pas à réunir, de façon convenable, les deux histoires.
LA PROMISE, lui redonnant sa chance plus de quinze ans
après sa sortie originale.
Emmanuel Denis
Clairement inabouti et inégal, LA PROMISE n'en a pas
moins plus d'un atout dans son jeu. Bénéficiant d'un beau
travail de direction artistique et de photographie, de décors
naturels admirablement choisis, et d'une interprétation
globalement de bon niveau, cette oeuvre reste une relecture
ambitieuse et, par moments, touchante du mythe de
Frankenstein.
Très mal accueilli par la critique à
sa sortie, son exploitation américaine
se passe mal, et son budget élevé
(environ 14 millions de dollars) ne
sera pas rentabilisé. LA PROMISE va
faire partie d'une série de bides
appelée à faire beaucoup de mal au
cinéma britannique. 1985 sera ainsi
une "annus horribilis" pour cette
industrie : ABSOLUTE BEGINNERS
de Julian Temple, REVOLUTION de
Hugh Hudson, LEGEND de Ridley
Scott, et LA PROMISE, d'onéreuses
productions tournées en GrandeBretagne par des anglais, ne réussiront
pas à s'imposer, notamment sur le
marché américain.
Jusqu'ici, LA PROMISE n'a été
publié en DVD qu'aux USA, chez
Columbia (zone 1, NTSC). Le film est
proposé dans son format 1.85 (avec
16/9) d'origine. La copie laisse
paraître quelques saletés par-ci par là,
tandis que la compression a un peu
tendance à faire des siennes dans les
scènes très sombres. Mais le résultat
reste plus que convenable et demeure
naturel et agréable.
La bande-son anglaise est proposée
en Dolby Surround d'origine, dans un
mixage tout à fait correct, bien que
globalement assez peu spectaculaire. On trouve encore
plusieurs doublages (en mono), parmi lesquels une piste
française, ainsi que de nombreux sous-titrages (dont un
francophone).
Outre le film, on trouve deux filmographies (Sting et
Jennifer Beals) et trois bandes-annonces (LA PROMISE,
DRACULA de Coppola et FRANKENSTEIN de Branagh).
Heureusement, on a encore accès à un nouveau commentaire
audio enregistré pour cette sortie par Franc Roddam. Son
propos est assez riche en informations et en anecdotes, ce qui
compense l'absence d'autres véritables bonus sur ce DVD. Le
réalisateur s'y livre notamment à une tentative d'analyse des
faiblesses de son film et des raisons de son échec commercial,
sans langue de bois aucune.
Somme toute, Columbia propose une édition très honnête de
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Spécifications de l’édition DVD chroniquée
Editeur : Columbia
Zone : 1 - USA
Format Disque : Simple face/Double couche
Durée : 114 minutes
Format d’image : 16/9 - 1.85
Format(s) sonore(s) : English (Dolby Surround 2.0),
Francais (Dolby Surround 2.0), Portuguese (Dolby
Surround 2.0), Spanish (Dolby Surround 2.0)
Sous-titrage(s) : English, Francais, Portuguese,
Spanish
Liste des bonus de l’édition DVD chroniquée
• Commentaire audio de Franc Roddam
• Bandes-annonces
• The Bride
• Bram Stoker's Dracula
• Frankenstein (1994)
• Filmographies
• Sting
• Jennifer Beals
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