20minutes.fr - Polémique au PS sur le nucléaire

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Polémique au PS sur le nucléaire
20Minutes.fr | 31.01.07 | 18h13
Ambiance électrique sur le dossier nucléaire. Nicolas Sarkozy a mis en cause mercredi les «déclarations insensées» de
Ségolène Royal qui a indiqué à plusieurs reprises qu’elle souhaitait réduire la part du nucléaire dans l’approvisionnement
énergétique du pays de 85 à 50% d’ici 2020. Selon le candidat de l’UMP, la socialiste ne dit pas «par quoi elle
remplacerait» ces capacités de production, «sans doute par la bougie, à moins que ce ne soit le charbon ou le pétrole»,
a ironisé le candidat UMP.
Il s’agit d’un «engagement électoral intenable», assurent les partisans du nucléaire qui listent les conséquences qu’aurait
la mise en œuvre de la plate-forme socialiste: 25.000 emplois locaux directs et indirects menacés, une consommation de
gaz naturel accrue de 35%, un surcoût annuel de production d’électricité de 2,5 milliards d’euros et une émission de 45
millions de tonnes équivalent CO2 par an supplémentaires. Au total, ce serait seize réacteurs qu’il faudrait fermer.
Un député en désaccord
«Désorienté», le député (PS) du Nord, Christian Bataille, assume lui aussi son désaccord avec Ségolène Royal. Selon
lui, «toute autre énergie de substitution entraînera une hausse du coût de l’électricité». L’éolien, par exemple, «est
sympa, poétique mais complètement insuffisant». «Les socialistes sont attachés traditionnellement au nucléaire qui
permet à la France de bénéficier d’une réelle indépendance énergétique», explique celui pour qui les propositions de
Ségolène Royal correspondent «à une position minoritaire au sein du parti». Surpris par le délai d’une quinzaine
d’années proposées par la candidate socialiste, il martèle que «le tempo pour planifier une politique énergétique, c’est un
délai de 50 ans.»
Selon lui, le programme de Royal sur le nucléaire est le fruit d’un «marchandage avec les anti-nucléaires» dont la «pièce
rapportée» est Bruno Rebelle, ancien dirigeant de Greenpeace France et actuel conseiller de la candidate. «Cet individu
irrationnel et affectif guidé par sa haine du nucléaire ne correspond pas à la nature de ce que sont les socialistes»,
accuse Christian Bataille qui ne s’explique pas comment le l’environnementaliste a intégré l’équipe de campagne. Il
regrette aussi qu’aucun débat participatif n’ait été organisé sur l’énergie nucléaire. «Ségolène Royal m’avait proposé en
septembre de constituer un groupe de réflexion et de la rencontrer mais ça ne s’est jamais fait.»
Changer le programme?
Avec d’autres socialistes favorables au nucléaire comme Jean-Marie Bockel, Eric Besson ou Dominique Strauss-Kahn, il
ne désespère pas pouvoir peser encore sur le programme énergétique de la candidate et la faire revenir à la
«rationalité».
Contacté par 20minutes.fr, Bruno Rebelle reconnaît «certaines tensions» au sein du PS. «La question du nucléaire est
complexe. Nos propositions, élaborées par des réseaux d’experts très compétents, sont compliqués à comprendre».
Aussi, le conseiller dit être en train de rédiger un argumentaire vulgarisé pour défendre la proposition énergétique de
Ségolène Royal. «Il s’agit d’une politique possible et réaliste. Nicolas Sarkozy, qui ne comprend pas très bien le sujet,
veut, lui, juste continuer comme avant», conclut-il.
[Une réaction plus complète de Bruno Rebelle à venir sur 20minutes.fr]
Alexandre Sulzer
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