Collection Agostino GIUSTI D LAURO M

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Collection Agostino GIUSTI D LAURO M
Éditions de l'A
Collection Agostino GIUSTI
D LAURO
M   
(1590)
Édition réalisée à partir de l'exemplaire original de 1590
conservé à l'Académie Philharmonique de Vérone
sous la cote VEaf, Fondo musicale antico, b. 86.
Nous dédions ce recueil à Florence Grasset.
Lyon, le 25 décembre 2013.
Association Musique & Étudiants – 2013 – Liergues.
Éditions de l'A – Collection Agostino GIUSTI sous la direction de Nicolas H.
Préface de Nicolas H.
Traductions de Liselotte É, Anaëlle J, Ida D L et Isolde V.
Gravure et réalisation : Éditions IN NOMINE
Nous adressons tous nos remerciements à l'Académie Philharmonique de Vérone, Jessica B, Constanze C,
Paolo C, Henriette D, la famille G D G, Daniel M, Émilie M, Julien R,
ainsi qu'aux traductrices.
1 édition – dépôt légal : 4 trimestre 2013
Contact : [email protected] – Site : www.asso-ame.org
ISMN : 979-0-1548-01-03-5
i
La collection A GIUSTI
'A M & E a vu le jour en janvier 2010 pour développer l'étude, la diffusion et la pratique de la musique ancienne dans le milieu universitaire. Les
Éditions de l'A ont été fondées pour répondre au volet
« diffusion » de notre objectif. Elles se proposent de publier des
œuvres musicales de la Renaissance et de la période baroque.
Généralement, les publications sont recueillies dans des collections axées sur un même compositeur, un même poète ou
un même genre musical, or les Éditions de l'A se sont fixé
comme pivot de chaque collection un même dédicataire ; en
effet, les dédicataires sont souvent des mécènes, or il n'est pas
d'art sans mécène, comme il n'y a pas de mécène sans art.
L
Le mécénat, dans le milieu musical, est une pratique
universelle qui met en jeu, entre autres, trois personnages qui
peuvent se confondre. D’abord, apparaît le mécène, celui qui
choisit de mettre à disposition d’artistes des moyens financiers
ou matériels favorables au développement et à la diffusion de
leur art ; en échange, il en acquiert un plus grand rayonnement
politique et culturel. Ensuite, vient le commanditaire qui se
propose de passer commande d’une œuvre spécifique pour un
événement spécifique ; il paye les artistes qui ne conservent
que la propriété intellectuelle de leur œuvre. Enfin, intervient
le dédicataire, c’est-à-dire la personne à laquelle l’œuvre est
donnée, offerte pour lui rendre honneur ou pour le remercier.
Étymologiquement, la dédicace déclare l’intention de l’artiste
envers le dédicataire ; l’acte de dédier une œuvre n’est donc
pas insignifiant, surtout quand le dédicataire est lui-même
musicien : la dédicace va alors influer sur la composition de
l’œuvre. Il est ainsi intéressant d’étudier les points communs
entre les diverses œuvres dédiées à un même dédicataire par
des compositeurs différents : c’est là le propos des Éditions de
l'A. La première collection des Éditions de l'A est con-
sacrée au comte Agostino Giusti (1548-1615) : riche mécène
de Vérone, il est célèbre – et célébré – pour son jardin, unique
dans sa ville. Cet amateur d'art a également été un musicien
membre de l'Académie Philharmonique de Vérone, de 1567 à
sa mort, et Padre Gravissimo dès 1595, titre honorifique réservé
aux académiciens d'exception. Le comte était encore très jeune
quand cette Académie a élu domicile dans la demeure de son
grand-père, Paolo Camillo, dans le quartier de San Vitale à
Vérone. Une vingtaine d'années plus tard, après le décès de ce
dernier en 1583, Agostino a interrompu le contrat de location
avec l’Académie Philharmonique et s’y est alors installé à demeure jusqu’à sa mort. L'Académie Philharmonique apparaît
en 1543 et continue d'exister de nos jours : elle avait pour
vocation initiale de rassembler des nobles véronais dans la pratique commune de la musique. Cette institution acquérait des
partitions et des instruments pour ses membres ; de même, elle
payait des maestri di musica pour coordonner les activités. Au
cours du temps, elle s'est diversifiée en offrant à ses sociétaires
des activités plus littéraires et philosophiques, voire théâtrales :
ainsi, en mai 1581, elle a monté une représentation de l'Aminta
de Torquato Tasso dans le jardin Giusti, dont elle était locataire.
Domenico Lauro, le Maiarino, est très lié au milieu
musical de la ville de Vérone. Chanteur à la cathédrale, il
dédie avec Francesco Stivori des livres de madrigaux à 3, 4
et 5 voix, respectivement aux comtes Agostino Giusti, Mario
et Alessandro Bevilacqua, tous trois membres de l'Académie
Philharmonique de Vérone. Ce premier livre de madrigaux à
3 voix, qu'il dédie au comte Agostino Giusti en 1590, a fort
probablement été commandé par le mécène, car trois des quatre
dédicaces que le comte Giusti reçoit sont justement à trois voix,
alors que la majorité des madrigaux de cette époque sont à 4 ou
5 voix et plus.
Nicolas H
directeur de la collection Agostino GIUSTI
La collana A GIUSTI
'A M & É ¹ è nata nel gennaio
del 2010 per sviluppare lo studio, la diffusione e la pratica
della musica antica in ambito universitario. Le Éditions de
l'A sono state fondate per rispondere alla parte «diffusione»
del nostro obiettivo. Esse si propongono di pubblicare opere
musicali rinascimentali e barocche. Generalmente, le pubblicazioni sono raccolte in collezioni raggruppate attorno ad un
unico compositore, un unico poeta o un unico genere musicale,
tuttavia le Éditions de l'A hanno scelto come perno di
ogni collezione un unico dedicatario; infatti, i dedicatari sono
spesso mecenati, e notiamo che non c’è arte senza mecenate né
L
mecenate senza arte.
Il mecenatismo, nel campo musicale, è una pratica universale che mette in gioco, tra l’altro, tre personaggi che possono
confondersi tra loro. Innanzitutto, c’è il mecenate, colui che
sceglie di mettere a disposizione degli artisti mezzi finanziari
o materiali favorevoli allo sviluppo e alla diffusione della loro
arte; in cambio, egli acquisisce una maggiore fama politica e
culturale. In seguito, viene il committente che si propone di
commissionare un’opera specifica per un evento particolare;
paga gli artisti che conservano solo la proprietà intellettuale
delle proprie opere. Infine, interviene il dedicatario, ovverosia
1. Associazione Musica & Studenti.
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ii
la persona alla quale l’opera viene data e offerta per renderle
onore o per ringraziarla. Etimologicamente, la dedica dichiara
l’intenzione dell’artista nei riguardi del dedicatario; l’atto di
dedicare un’opera non è dunque privo di significato, soprattutto
quando il dedicatario è anche musicista: in tal caso, la dedica ha
un impatto sul componimento dell’opera. Appare interessante
studiare i punti comuni tra le varie opere di diversi compositori
dedicate ad uno stesso dedicatario: è proprio questo l'obiettivo
delle Éditions de l'A.
La prima collezione delle Éditions de l'A è dedicata al conte Agostino Giusti (1548-1615): ricco mecenate di
Verona, è celebre –e celebrato– grazie al suo giardino, unico
nel suo genere a Verona. Quest’uomo, appassionato d'arte,
è stato anche musicista membro dell’Accademia Filarmonica
di Verona, dal 1567 fino alla sua morte, e Padre Gravissimo
della stessa dal 1595, titolo onorario riservato agli accademici
di particolare importanza. Il conte era ancora giovanissimo
quando la sede dell'Accademia venne fissata nella dimora del
nonno Paolo Camillo, nella contrada di San Vitale a Verona.
Una ventina d’anni dopo, alla morte del nonno avvenuta nel
1583, Agostino interruppe il contratto di locazione concesso
all’Accademia Filarmonica e vi si sistemò per viverci fino alla
morte.
L’Accademia Filarmonica apparve nel 1543 e esiste tuttora: aveva come scopo iniziale il radunare i nobili veronesi
nella pratica comune della musica. Quest’istituzione acquisiva
spartiti e strumenti per i propri membri; inoltre, pagava maestri
di musica perché ne coordinassero le attività. Col trascorrere
degli anni, ha diversificato le sue attività offrendo ai suoi soci
manifestazioni letterarie, filosofiche e perfino teatrali: così, nel
maggio del 1581, è stata recitata l’Aminta di Torquato Tasso nel
giardino Giusti allora affittato dall’Accademia.
Domenico Lauro, detto il Maiarino, fu legato al mondo
musicale della città di Verona. Cantante al Duomo, dedicò
assieme a Francesco Stivori alcuni libri di madrigali a 3, 4 e 5
voci, rispettivamente ai conti Agostino Giusti, Mario e Alessandro Bevilacqua, tutti e tre membri dell'Accademia Filarmonica
di Verona. Questo Primo libro di madrigali a 3 voci, che egli
dedicò al conte Giusti nel 1590, fu probabilmente ordinato
dal mecenate, poiché tre delle quattro dediche al conte Giusti
sono appunto per tre voci, mentre la gran parte dei madrigali
di quell'epoca era per 4, 5 o più voci.
Nicolas H
direttore della collana Agostino GIUSTI
Traduzione: Anaëlle J
e A GIUSTI collection
 A M & E ¹ was founded
in January 2010 with the purpose of developing the
study, promotion and performance of early music within an
academic framework. e publishing house Éditions de l'A ²
was created in order to publish and promote the music of the
Renaissance and Baroque periods. Its publications are generally
organized into collections of works by the same composer, the
same poet, a similar musical genre, or a particular focus on
music dedicated to a specific person. Indeed, the dedicatees
were often the musicians’ patrons. Without any patrons there
wouldn’t be any art, just as without art there wouldn’t be any
patrons.
T
Patronage in the musical world is a universal practice,
involving at least three characters who may well merge into
one. First comes the patron. He's the one who chooses to give
the artists the ways and means necessary for the development
and promotion of their art; in exchange, he acquires greater
influence in the political and cultural world. en comes the
person who commissions a specific work for a specific event: he
pays the artists, who then only keep the intellectual property
rights to their work. Finally comes the dedicatee, i.e. the person
to whom the work is dedicated, as a token of honour or
acknowledgement. Etymologically, the dedication displays the
artist’s intention towards the dedicatee. e act of dedicating
a work is not insignificant, especially when the dedicatee is
himself a musician, as it more often than not influences the
composition. It is therefore interesting to study the common
aspects between several works dedicated to the same person by
different composers, and this is the aim of Éditions de l'A.
e first collection of Éditions de l'A is consecrated to
Count Agostino Giusti (1548-1615), a rich patron of Verona,
famous for his gardens, which were unique in his city. Fond
of art, he was also a member of the Philharmonic Academy
of Verona as a musician from 1567 until his death, and Padre
Gravissimo, an honorary title used for exceptional academicians
only, since 1595. e Count was still very young when this
Academy took up residence on the estate of his grandfather,
Paolo Camillo, in the area of San Vitale in Verona. Some twenty
years later, after the death of his grandfather in 1583, Agostino
cancelled the lease agreement with the Philharmonic Academy
and moved into the residence until his death.
1. Association Music and Students.
2. AME's Publishing
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e Philharmonic Academy was created in 1543 and
iii
still exists today. Its first purpose was to gather noblemen from
Verona together to play music. is institution used to acquire
musical scores and instruments for its members; it also used to
employ some maestri di musica to coordinate its activities. After
its creation, it soon extended its fields to literature, philosophy
and drama. us, in May 1581, it organized a performance of
Tasso’s Aminta in the Giusti Gardens.
Giusti, Mario and Alessandro Bevilacqua, all members of the
Philarmonic Academy of Verona. is first book of madrigals
for three voices, dedicated to Count Agostino Giusti in 1590,
was presumably an order: out of the four books dedicated to
him, three are compositions for three voices, even though at
this period, madrigals were mainly written for four, five or more
voices.
Domenico Lauro, the Maiarino, is closely related to the
musical circles of Verona. As a singer in the Cathedral, he dedicated, together with Francesco Stivori, some madrigal books for
three, four and five parts, respectively to the counts Agostino
Nicolas H
director of Agostino GIUSTI collection
Translation: Liselotte É
Die A GIUSTI Sammlung
 V Association Musique & Étudiants entstand im
Januar 2010 mit dem Ziel, Studium, Verbreitung und
Aufführungspraxis der Alten Musik in Universitätskreisen zu
fördern. In diesem Rahmen wurde der Verlag Éditions de
l'A gegründet und hat die Publikation und Verbreitung
musikalischer Werke der Renaissance und des Barock zur
Aufgabe. Im Allgmeinen umfassen Notensammlungen verschiedene Veröffentlichungen zu einem bestimmten Komponisten, einem bestimmten Dichter oder einem bestimmten
musikalischen Genre; der Verlag Éditions de l'A hingegen
wählt als gemeinsamen Mittelpunkt einer jeden Notensammlung die jeweilige Persönlichkeit, der die Musikstücke gewidmet sind. Diese so durch Widmung geehrten Personen sind oft
Mäzene, denn es gibt keine Kunst ohne Mäzen, sowie es ohne
Kunst keinen Mäzen gibt.
D
In Musikerkreisen ist das Mäzenatentum eine allgemein
übliche Praxis, die unter anderem drei Personen ins Spiel
bringt, die sich jedoch überschneiden können. Zunächst ist
da der Mäzen, dessen Rolle darin besteht, den Künstlern finanzielle und materielle Unterstützung zukommen zu lassen,
um Entwicklung und Verbreitung ihrer Kunst zu fördern; als
Gegenleistung erwirbt er größeren politischen und kulturellen
Einfluss. Dann kommt die Person, die den Auftrag für ein
bestimmtes Werk zu einem bestimmten Anlass erteilt; dieser
Auftraggeber bezahlt den Künstler, der einzig die intellektuelle
Urheberschaft seines Werkes behält. Und schließlich kommt
die Person, der das Werk aus Dank oder Ehrerbietung gewidmet
wurde. Die Widmung zeigt die Einstellung des Künstlers der
so geehrten Persönlichkeit gegenüber; die Tatsache, dass ein
Werk vom Komponisten mit einer Widmung versehen wird,
ist somit nicht ohne Bedeutung, vor allem dann, wenn auch
der Empfänger der Widmung selbst Musiker ist: die Widmung
hat folglich auf die Komposition des Werkes Einfluss. Es ist
daher interessant, die Gemeinsamkeiten der von verschiedenen Komponisten geschaffenen und derselben Persönlichkeit
gewidmeten Werke genauer zu studieren: dieses Ziel macht sich
der Verlag Éditions de l'A zur Aufgabe.
Die erste Notensammlung des Verlags Éditions de
l'A interessiert sich für den Grafen Agostino Giusti (15481615): der reiche Veroneser Mäzen ist für seinen Garten
berühmt, den einzigen dieser Art in ganz Verona. Von 1567
bis zu seinem Tode war dieser Kunstliebhaber musikalisches
Mitglied der philharmonischen Akademie von Verona, 1595
wurde er sogar Padre Gravissimo, das heißt eines der leitenden
Mitglieder der Akademie. Der Graf war noch sehr jung, als sich
die Akademie im Palast seines Großvaters Paolo Camillo im
Viertel San Vitale zu Verona niederließ. Nach dessen Tode im
Jahre 1583, ungefähr zwanzig Jahre später, setzte Agostino dem
Mietvertrag mit der philharmonischen Akademie ein Ende, um
selbst in diesem Hause bis zu seinem Tode zu leben.
Die philharmonische Akademie wurde im Jahre 1543
gegründet und besteht bis heute: zunächst bestand ihre Aufgabe darin, Veroneser Adlige zum gemeinsamen Musizieren
zusammenzuführen. Diese Einrichtung erwarb Partituren und
Musikinstrumente für ihre Mitglieder; ebenso stellte sie Musikmeister ein, die die musikalischen Aktivitäten koordinieren
sollten. Im Laufe der Zeit hat sie sich diversifiziert, indem sie
ihren Mitgliedern Literatur, Philosophie, und sogar eaterveranstaltungen anbot: so hat sie im Mai 1581 Aminta von
Torquato Tasso im Garten der Giusti aufgeführt.
Domenico Lauro, genannt Maiarino, ist eng mit dem
musikalischen Leben Veronas verbunden. Als Sänger der Kathedrale widmet er den Grafen Agostino Giusti, Mario und
Alessandro Bevilacqua -- alle drei Mitglieder der Philharmonischen Akademie von Verona -- gemeinsam mit Francesco Stivori
Madrigalbücher zu drei, vier und fünf Stimmen. Das vorliegende Madrigalbuch zu drei Stimmen, das er dem Grafen
Agostino Giusti 1590 widmet, war höchstwahrscheinlich von
dem Mäzen in Auftrag gegeben worden, denn drei der vier dem
Grafen Giusti gewidmeten Madrigale sind für drei Stimmen,
wogegen die Mehrzahl der Madrigale aus dieser Zeit für vier,
fünf oder mehr Stimmen komponiert sind.
Nicolas H
Herausgeber der Agostino GIUSTI gewidmeten Reihe
Übertragen von Isolde V
www.asso-ame.org/giu03
v
Préface
 L est surnommé Maiarino avec son
frère Francesco. Il possède un patronyme très
courant dans la ville de Padoue, et certains musicologues
ont pu affirmer (trop vite, peut-être) que le compositeur
y est né, alors que d'autres soutiennent qu'il serait né à
Vérone. La confusion vient du fait qu'un autre compositeur homonyme aurait vécu et travaillé à Padoue avant
la naissance de notre compositeur, à la moitié du XVI
siècle. Après ses études à l'école des Accolytes de Vérone,
Domenico Lauro figure dès 1579 parmi les ténors qui
chantent à la cathédrale de Vérone.
D
Parallèlement au répertoire religieux, il compose
de la musique profane pour des mécènes véronais : il
dédie au comte Agostino Giusti son premier livre de
madrigaux à trois voix en 1590, imprimé par Ricciardo
Amadino à Venise, dans lequel il insère les neuf madrigaux de Francesco Stivori que nous avons déjà publiés
dans un précédent recueil. Cette collaboration entre les
deux compositeurs s'est déjà vérifiée par le passé avec la
publication du Primo libro di madrigali a quattro voci
de Francesco Stivori, qu'ils publient en 1583, et deux
ans plus tard avec le Primo libro de madrigali a cinque
voci. Or ces deux recueils sont dédiés à deux mécènes
très proches du comte Giusti et eux aussi membres de
l'Académie Philharmonique de Vérone : les comtes Mario
et son neveu Alessandro Bevilacqua.
Concernant le présent recueil, il s'agit très probablement d'une commande que le comte Agostino Giusti
aurait passée auprès des compositeurs, car trois des quatre
dédicaces que Giusti reçoit sont composées pour trois
voix, alors que la plus grande partie de la musique de cette
époque est composée pour quatre ou cinq voix et plus.
Chaque année, l'Académie Philharmonique de Vérone
commande une messe pour célébrer l'anniversaire de sa
création, le 1er mai 1543. Cette messe est ensuite jouée
par les membres de l'académie. Cette occasion est une des
seules (sinon la seule) où les Véronais peuvent entendre les
académiciens philharmoniques, qui jouent d'ordinaire en
cercle fermé. Les registres de l'Académie Philharmonique
mentionnent qu'en 1603, Domenico Lauro compose la
messe célébrative, à laquelle Stefano Bernardi ajoute des
concerti. On y apprend que les deux musiciens sont salariés
par l'académie.
Nous ne savons pas quand Domenico Lauro meurt.
En 1604, il se serait rendu à Padoue, puis en 1607,
Ricciardo Amadino publie son livre Missæ tres octonis
vocibus decantandæ ac omnibus instrumentorum generis accomodatæ. Des compositions de Lauro figurent également
dans des anthologies qui rassemblent les oeuvres des plus
importants compositeurs de la fin du XVI siècle.
Dans le recueil qu'il dédie au comte Agostino
Giusti, Domenico Lauro met en musique des vers qui
proviennent principalement de l'Arioste et de Guarini,
deux poètes favoris de cette époque et dont certains
poèmes connaissent même plusieurs versions musicales.
Nicolas H
Prefazione
 L era soprannominato Maiarino
assieme al fratello Francesco. Aveva un cognome
molto diffuso nella città di Padova, e alcuni musicologi
hanno potuto affermare (forse troppo in fretta) che il
compositore fosse nato in questa città, altri sostengono
che sarebbe nato a Verona. La confusione verrebbe dal
fatto che un compositore omonimo avrebbe vissuto e
lavorato a Padova prima della nascita di Lauro, alla metà
del XVI secolo. Dopo gli studi alla Scuola degli Accoliti
di Verona, il nome di Domenico Lauro appariva sin dal
1579 tra i tenori che cantavano al Duomo di Verona.
D
Parallelamente al repertorio religioso, compose musica profana per alcuni mecenati veronesi: dedicò al conte
Agostino Giusti il suo Primo libro di madrigali a tre voci
nel 1590. In questo libro, stampato a Venezia da Ricciardo
Amadino, ha inserito i nove madrigali di Francesco Stivori
da noi già pubblicati nella precedente raccolta. Questa
collaborazione fra i due compositori era già avvenuta in
passato con la pubblicazione del Primo libro di madrigali
a quattro voci di Francesco Stivori, pubblicato nel 1583,
e due anni dopo con il Primo libro di madrigali a cinque
voci. Queste due raccolte furono dedicate a due mecenati
molto vicini al conte Giusti, loro stessi membri dell'Accademia Filarmonica di Verona: si tratta dei conti Mario
Bevilacqua e suo nipote Alessandro.
www.asso-ame.org/giu03
Per quanto riguarda la presente raccolta, fu proba-
vi
bilmente commissionata dal conte Giusti ai due compositori, poiche tre delle quattro dediche al conte Agostino
Giusti furono composte per tre voci, mentre all'epoca
la maggior parte dei componimenti venivano scritti per
quattro, cinque o piu voci. Ogni anno, l'Accademia Filarmonica di Verona ordinava una messa per celebrare l'anniversario della sua creazione, che avvenne il 1 maggio
1543. Tale celebrazione venne in seguito suonata dai
membri dell'accademia. Solo in questa occasione (o quasi)
i Veronesi potevano ascoltare gli accademici filarmonici,
che di solito suonavano a porte chiuse. I registri dell'Accademia Filarmonica indicano che nel 1603 Domenico
Lauro compose la celebrazione alla quale Stefano Bernardi
aggiunse dei concerti. Leggiamo allora che i due musicisti
venivano stipendiati dall'accademia.
Non conosciamo con esattezza la data di morte di
Domenico Lauro. Nel 1604, si sarebbe recato a Padova, successivamente nel 1607, Ricciardo Amadino pubblicò il suo libro Missæ tres octonis vocibus decantandæ
ac omnibus instrumentorum generis accomodatæ. Alcuni
componimenti di Lauro appaiono anche in antologie che
riuniscono le opere dei più importanti compositori di fine
Cinquecento.
Nella raccolta che Lauro dedicò al conte Agostino
Giusti, egli mette in musica dei versi provenienti dall'Ariosto e da Guarini, due poeti molto conosciuti all'epoca e
di cui alcuni versi appaiono in diverse versioni musicali.
Nicolas H
Traduzione: Ida D L
Preface
  Domenico and Francesco are nicknamed Maiarino. His surname was very common in
Padua, and for that reason, some musicologists thought
that Domenico Lauro was born in that city; others said
that he was born in Verona. is missunderstanding perhaps comes from the fact that another composer named
Lauro lived and worked in Padua at the half of the 16
century, before Domenico's birth. Domenico Lauro studied at the Scuola degli Accoliti in Verona and from 1579
he sang as tenor at Verona's Cathedral.
T
At the same time, he managed to compose a religious and a profane repertory. In 1590, Domenico Lauro
dedicates to Count Agostino Giusti his Primo libro di
madrigali a tre voci published by Ricciardo Amadino in
Venice. In this book, Lauro includes the nine madrigals
of Francesco Stivori that we have already published in our
last book. is cooperation between Lauro and Stivori
has already occured in 1583 when Stivori published his
Primo libro di madrigali a quattri voci and in 1585, when
both composers published the Primo libro di madrigali a
cinque voci. ese books are dedicated to Count Mario
Bevilacqua and his nephew Alessandro. Both Bevilacqua are members of Verona's Accademia Filarmonica and
familiar with Count Giusti.
is book has probably been ordered by Count
Giusti from those composers because three of the four
books that Giusti received have been composed for three
voices. Although, the majority of the music from this
period is composed for four, five or more voices. e
1 may 1543, the Accademia Filarmonica of Verona was
created and until the 18 century, each year a mass took
place to celebrate this anniversary. is mass played by the
academical members was the only occasion during which
citizens could hear them; in fact, they usually played in
closed groups. In 1603, Domenico Lauro composed his
own celebrative mass and Stefano Bernardi added some
concerti. is detail comes from Filarmonica registers in
which we can also read that Lauro and Bernardi have been
payed by the Academy.
In 1604, Lauro probably went to Padua and in
1607, Ricciardo Amadino published his book Missæ tres
octonis vocibus decantandæ ac omnibus instrumentorum
generis accomodatæ. Some Lauro's compositions appeared
in some anthologies which joined the most important
composers of the end of the 16 century. Unfortunately,
we don't know when Lauro died.
In the book dedicated to Count Agostino Giusti,
Domenico Lauro used some verses coming from Ariosto
and Guarini for his music. ese poets are well known
in this period and some poems served several musical
versions.
Nicolas H
Translation: Ida D L
www.asso-ame.org/giu03
vii
Vorwort
 L und sein Bruder Francesco tragen
D
den Beinamen Maiarino. In Padua ist der Name
Lauro sehr geläufig; während einige Musikwissenschaftler
(vielleicht ein bisschen zu voreilig) meinten, dass der
Komponist in Padua geboren sei, behaupteten andere,
er sei in Verona geboren. Die Verwechslung mag daran
liegen, dass ein gleichnamiger Komponist Mitte des 16.
Jahrhunderts in Padua gelebt und gewirkt hat, und zwar
vor der Geburt des uns interessierenden Komponisten.
Nach seinem Studium an der scuola degli Accoliti zählte
Domenico Lauro ab 1579 zu den Tenören, die an der
Kathedrale von Verona sangen.
Neben seinem religiösen Repertoire komponierte er
profane Musik für Veroneser Mäzene: 1590 widmete er
dem Grafen Agostino Giusti sein erstes Madrigalbuch zu
drei Stimmen, das von Ricciardo Amadino in Venedig
verlegt wurde und in das er die neun Madrigale von
Francesco Stivori aufnam, die wir in einer vorhergehenden
Sammlung schon veröffentlicht haben. Die Zusammenarbeit zwischen den beiden Komponisten zeigte sich schon
anlässlich der Veröffentlichung des 1583 herausgebenen
Primo libro di madrigali a quattro voci von Francesco
Stivori und zwei Jahre später anlässlich des Primo libro
de madrigali a cinque voci. Beide Sammlungen sind zwei
Mäzenen gewidmet, die dem Grafen Giusti sehr nahe
standen und ebenfalls Mitglieder der Philharmonischen
Akademie von Verona waren: dem Grafen Mario Bevilacqua und dessen Neffen Graf Alessandro Bevilacqua.
Bei der vorliegenden Sammlung handelt es sich
höchstwahrscheinlich um einen an die beiden Komponis-
ten gerichteten Auftrag des Grafen Agostino Giusti, denn
drei der vier an den Grafen gerichteten Widmungen sind
Kompositionen für drei Stimmen, wogegen die Mehrzahl
der Madrigale aus dieser Zeit für vier, fünf oder mehr
Stimmen komponiert wurde. Um den Jahrestag ihrer
Entstehung am ersten Mai 1543 feierlich zu begehen, gab
die Philharmonische Akademie jedes Jahr eine Messe in
Auftrag, die zu diesem Anlass von ihren Migliedern aufgeführt wurde. Diese Aufführung war für die Veroneser eine
der wenigen Gelegenheiten (wenn nicht die einzige), dem
Spiel der Akademiker, die gewöhnlich nur im geschlossenen Kreise musizierten, beizuwohnen. Aus den Registern
der Philharmonischen Akademie geht hervor, dass die
Jubiläumsmesse 1603 von Domenico Lauro komponiert
und von Stefano Bernardi mit concerti bereichert wurde.
Man erfährt auch, dass die beiden Musiker bei der Philharmonischen Akademie in Anstellung waren.
Wir wissen nicht, wann Domenico Lauro starb. Im
Jahre 1604 soll er nach Padua gegangen sein und im Jahre
1607 gab Ricciardo Amadino seinen Band Missæ tres octonis vocibus decantandæ ac omnibus instrumentorum generis accomodatæ heraus. Einige Kompositionen von Lauro
befinden sich auch in Anthologien mit den wichtigsten
Werken der Komponisten des späten 16. Jahrhunderts.
In dem Band, den er dem Grafen Agostino Giusti
widmete, vertonte Domenico Lauro hauptsächlich Dichtungen von Ariost und Guarini, zwei beliebten Dichtern
dieser Zeit; von einigen Gedichten gibt es sogar mehrere
Vertonungen.
Nicolas H
Übertragen von Isolde V
www.asso-ame.org/giu03
2
Domenico LAURO
Donò Licori a Bacco
ª ª ª ª ª
Canto
€
Do nò Li co ri a Bac
ª ª ª ª ª
Tenore
€
Do nò Li co ri a Bac
8
€
Do nò Li co ri a Bac
sa
nò
Li co
ri a
€
nò Li co ri a Bac
16
co
U
ver mi
glia in vi
E
si
si
E
si
€
ver mi glia in vi
ver mi
na ro
U
na
sa
na ro
€
glia in vi
fe
ce
si
si
so Do nan do la
GIU-03
si
fe
ra
ce e
fe
ce
sa
cred' io di pa
so Do nan do la
Do
e
so
...
sa cre d'io di pa ra
sa Do
ro
cre d'io di pa ra di
sa
so Do nan do la
€
co
E
Bac
co U
€
..
na ro
na ro
u
.
co
ro
co U
Li co ri a Bac
na
€
Do nò
ª ª ª ª
ª
U
sa
na ro
co U
Basso
so
di
so
di
e
si vez zo
.
si vez zo
si
vez
zo
N 
Les métriques, les armures et les hauteurs de l'édition de 1590 ont été fidèlement reproduites. Seules
les clés ont été adaptées aux pratiques musicales actuelles.
- Cor mio mentre vi miro (Canto mes. 46) : le mi sur - le est un ré sur l'original.
N 
Le scansioni ritmiche, le armature di chiave e le altezze assolute delle note dell'edizione del 1590 sono
state riprodotte fedelmente; solo le chiavi sono state adattate alle pratiche musicali attuali.
- Cor mio mentre vi miro (Canto mes. 46) : mi su - le è un re nell' originale.
E 
Original time signatures, keys and pitches have been strictly reproduced. Clefs have been adapted to
modern usage.
- Cor mio mentre vi miro (Canto mes. 46) : E on - le is D in the source.
A  H
Taktzeichen, Vorzeichen und Tonhöhen entsprechen originalgetreu denen der Ausgabe von 1590. Nur
die Notenschlüssel wurden in ihrer Wahl den heutigen musikalischen Praktiken angepasst.
- Cor mio mentre vi miro (Canto M. 46) : das e auf die Silbe - le ist im Original als d.
T  M
I / T  C / I
La collection A GIUSTI
.............................................
i
Préface
.............................................
v
Donò Licori a Bacco
...........
2
La mia leggiadra Clori
...........
4
Morì quasi'l mio core
...........
6
Morir non puo'l mio core
...........
8
Cor mio mentre vi miro
...........
10
Dice la mia bellissima Licori
...........
12
La bella man vi stringo
...........
14
Quel lampo
...........
16
A voi Signor
...........
18
Che senza ch'assoldiate
...........
20
Non havete a temer
...........
22
Avorio e gemma
...........
24
.............................................
27
Note éditoriale

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