Rue Frontenac - Élise Guilbault : « Avec Bernard Émond, il ne faut

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Rue Frontenac - Élise Guilbault : « Avec Bernard Émond, il ne faut
Rue Frontenac - Élise Guilbault : « Avec Bernard Émond, il ne faut pas jouer, il faut être. »
Écrit par Maxime Demers
Vendredi, 06 novembre 2009 15:43 - Mis à jour Vendredi, 06 novembre 2009 17:13
Avec La Donation, c'est la troisième fois que Bernard Émond se tourne vers Élise Guilbault
pour donner vie au personnage central d’un de ses films (après
La Femme
qui boit
en
2001 et
La Neuvaine
en 2005). Mais même si elle est habituée de jouer devant sa caméra, l'actrice admet qu’il faut
toujours s’ajuster à la façon bien particulière qu’a Émond de diriger ses acteurs.
« Jouer pour Bernard (Émond), c’est assez spécial, très exigeant et assez défiant »,
souligne-t-elle en entrevue à RueFrontenac.com.
« C’est même parfois éprouvant parce qu’il faut laisser de côté le maniérisme et l’armure qu’on
finit par se construire avec les années et qui nous rendent souvent service. Jacques Godin
(qui lui donne la réplique dans le film) a dit à ce sujet : Ça m’a pris tant d’années à apprendre à
jouer et là, on me dit de ne pas jouer
.
C’est exactement cela. Bernard ne nous demande pas d’illustrer quelque chose, il nous
demande d’être. Et ça, pour un acteur ou une actrice, c’est une phrase à mille piastres. Ça veut
dire que chaque petit mouvement, comme un clignement de yeux ou un mouvement de la tête,
peut donner lieu à une interprétation et Bernard ne veut absolument pas cela. On s’éloigne
totalement du naturalisme ou du surréalisme. Bernard n’est pas intéressé à cela. »
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La retenue qu’exigent ses personnages dans les films d’Émond est, par conséquent, à des
années-lumière de la folie des rôles plus éclatés et colorés qu’on lui propose de jouer à la
télévision, par exemple. On n’a qu’à penser à sa Britany Jenkins dans Le Cœur a ses raisons
ou encore la Estelle qu’elle campe dans
Les hauts et les bas de Sophie Paquin
(et qu’on pourrait, selon certaines rumeurs, retrouver dans une nouvelle série du même
auteur).
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« À la télé, j’ai le loisir de me laisser aller et avec une spontanéité qui n’est pas possible avec
Bernard, dit-elle. Mais Bernard est un point d’orgue dans ma carrière, une espèce de passage
qui ne se compare à rien d’autre en 25 ans. J’aime ça comme j’aime aussi les rôles plus
extravagants qu’on me demande de jouer parfois à la télé. »
Retrouvailles
Élise Guilbault ne s’attendait pas à voir renaître un jour le personnage de Jeanne Dion, cette
urgentologue désespérée de la vie qu’elle campait dans La Neuvaine - et qui lui a valu le Jutra
de la meilleure actrice en 2006. C'est pourtant ce personnage qu'elle reprend dans
La Donation
, qui clôt d'ailleurs la trilogie d'Émond sur les vertus théologales entamée il y a quatre ans avec
La Neuvaine
.
« Pour moi, quand c’est terminé, c’est terminé et c’est très rare que je repense à un
personnage que j’ai joué une fois que le film ou la série télé a pris fin, avoue-t-elle. Je dirais
même que je serais capable de ne pas voir ce que j’ai fait tellement que je considère mon
travail terminé aussitôt que la dernière prise a été tournée et que le réalisateur est satisfait de
ce que j’ai fait. Jeanne, pour moi, c’était donc terminé. On avait fait le film il y a quelques
années et c’était ça. Mais tout d’un coup, Bernard (Émond, le réalisateur) m’appelle et me dit :
Élise,
qu’est-ce que t’en penserais si Jeanne abandonnait le milieu urbain pour aller travailler en
Abitibi ?
»
Le scénario de La Donation n’a néanmoins pas pris naissance à partir du personnage de
Jeanne Dion. Pour ce cinquième long métrage de fiction, Bernard Émond s’est d’abord inspiré
de l’Abitibi, où est campée l’histoire. Le personnage de Jeanne Dion, qui lui trottait alors dans
la tête, s’est imposé en cours de route.
« Ça s’est fait tranquillement, une scène à la fois, explique Élise Guilbault. Bernard était très
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intéressé à voir ce qui pouvait arriver à ce personnage après ce qu’elle a vécu dans La
Neuvaine
.
On s’est dit qu’elle aurait les cheveux plus courts, plus de coquetterie, plus aucune volonté de
séduire ou de charmer. Elle est complètement face à sa vie avec tout le courage que ça prend
pour tout quitter. C’était donc des retrouvailles avec un personnage qui était couché sur papier
et surtout avec Bernard que j’adore. Bernard et sa signature, qui est complètement unique en
son genre. »
• La Donation a pris l’affiche vendredi (le 6 novembre).
• Pour lire notre entrevue avec Bernard Émond
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