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Acquérir un ordinateur de plongée
Par Cyrille Turc - Version 1.00 – 21 Mars 2007
Lorsque les hommes ont commencé à utiliser l’air comprimé pour respirer,
les phénomènes liés à la saturation du corps en azote étaient inconnus. En
1670 Robert Boyle fit une expérimentation enfermant une vipère dans un
récipient et en faisant le vide à l’air d’une pompe. Il nota la présence d'une
bulle allant et venant derrière la cornée de l'animal, à l'intérieur de l'œil.
Pour la première fois dans l’histoire humaine un dégazage "anarchique"
consécutif à un accident de décompression était observé.
Puis apparurent des tables de plongée, qui standardisèrent le calcul et la
planification des plongées. Conçues au départ pour les militaires elles
furent adoptées massivement par les plongeurs loisirs, et ne furent détrônées
que récemment par les ordinateurs de plongée. Ces derniers les remplacent
avantageusement car optimisant le calcul de la décompression.
Fig. Robert Boyle
De nos jours tous les plongeurs sont confrontés un jour ou l’autre à un casse-tête : acquérir un
ordinateur de plongée.
Cet article sur l’ordinateur de plongée développera les points suivants :
1. Principe de fonctionnement
2. Types de d’ordinateurs
3. Utilisation
4. What-if
5. Entretien
6. Erreurs à éviter
7. Mes choix personnels
1. Principe de fonctionnement
Lorsque l’on utilise des tables il faut au minimum être équipé d’un profondimètre et d’un
chronomètre. Un ordinateur de plongée doit donc logiquement mesurer au minimum ces deux
paramètres physiques, et parfois en complètement la température de l’eau. Depuis plusieurs années
les modèles ont évolué, intégrant par exemple dans le calcul de la décompression la pression du
ou des blocs, la pression partielle d’oxygène du mélange respiré. Récemment sont arrivés sur le
marché des modèles intégrant d’autres paramètres pour la décompression telle la mesure du poul,
et l’affichage sans fil de la pression des blocs.
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Fig. schéma (simplifié) : ordinateur de plongée de 1e génération intégrant la température dans le calcul de la décompression
2. Types d’ordinateurs
2.1 Première génération:
Ces modèles sont conçus pour une plongée à l’air (sans gestion de gaz) et mesurent :
profondeur (m/ft)
temps (min, sec)
température de l’eau (C/F) [optionnelle]
Les plus simples n’affichent pas la durée des paliers mais seulement un symbole indiquant qu’il faut
s’arrêter immédiatement pour effectuer un palier, s’éteignant automatiquement une fois le palier
terminé. Les plus sophistiqués affichent la durée des paliers, intègrent les plongées répétitives ou de
type yoyo (e.g. exercices de remontée PA), les remontées rapides et gèrent un seul mélange (air).
Certains modèles disposent (en option) d’une interface PC (sérielle RS232C) pour pouvoir analyser
les données ou régler l’ordinateur (e.g. unités, alarme).
Fig. Aladin Pro (à gauche) et le Suunto Octopus II (à droite)
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2.2 Deuxième génération:
Les machines de cette génération intègrent (dans le calcul de la décompression) les paramètres
suivants :
-
% d’oxygène (1 seul mélange Nitrox)
pression du bloc (par flexible HP)
En outre ils comportent en général un rétro-éclairage de l’écran, ainsi qu’une interface de
connexion PC (sérielle RS232C ou USB 1.1).
Fig. Aladin Air (à gauche), Suunto Stinger (au centre) et le Suunto Vyper (à droite),
2.3 Troisième génération:
Ces modèles intègrent également (dans le calcul de la décompression) les paramètres suivants :
pression du bloc (par sonde sans fil)
gestion de 1-3 mélange(s) Nitrox (activation manuelle ou automatique par sonde de
pression)
Fig. Suunto D6 (à gauche), le Suunto D9 (au centre), et le Cressi Archimede II (à droite)
Certains appareils sont dotés d’un compas électronique, ou affichent la pression du bloc du ou des
binômes. Leurs interfaces PC sont uniquement de type USB ou Infrarouge.
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2.4 Quatrième génération:
Ils intègrent en complément (dans le calcul de la décompression) les paramètres suivants:
gestion de plus de 3 mélanges de compositions variées (Air, Nitrox, Héliair, Héliox,
Trimix, etc)
gestion de la pression partielle d’oxygène (ppO2 du mélange) respiré en circuit ouvert ou
fermé (plongée en recycleur)
poul du plongeur
Par rapport à la génération précédente, leur logiciel (angl. BIOS) peut être mis à jour afin de
bénéficier ainsi des dernières avancées en matière de décompression. Certains tels le VR3 de
DeltaP offrent des options supplémentaires payantes (e.g. plongée air, plongée Nitrox, mélanges
ternaires, circuit fermé, analyseur d’oxygène, etc) que l’utilisateur peut activer en tapant un code
PIN sur l’ordinateur de plongée. Les plus sophistiqués sont étanches à plus de 200 mètres de
profondeur et proposent parfois un écran couleur en option (e.g. VR3 C4 Spectrum). L’utilisateur
peut changer le fond d’écran, télécharger des jeux ou des e-books sur son ordinateur. Récemment
le dernier né d’Uwatec (Galileo Sol) a bouleversé le marché avec de nouvelles fonctions innovantes
telles la gestion du poul, l’affichage automatique informations médicales en cas de violation des
paliers (e.g. accident de décompression), carte bitmap de sites de plongée téléchargeables, etc).
Fig. VR3 C4 Spectrum(à gauche), Uwatec Galileo Sol(au centre)
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On peut fort parier que les 10 prochaines années amèneront de nouveaux appareils encore plus
performants. Imaginons pêle-mêle les fonctionnalités suivantes :
Signal de détresse envoyé au bateau ou satellite au cas ou le plongeur se retrouverait seul
à la dérive
Sonar pour la localisation du bateau ou pour la localisation du plongeur depuis la surface
(e.g. recherche d’un plongeur disparu mort ou vif…)
Technologie sans fil Bluetooth ou WIFI pour échanger des informations entre ordinateurs
de plongée ou avec des PC directement ou pourquoi pas via l’Internet (mise a jour
automatique, envoi des données a DAN, etc)
Technologie RF-ID pour un comptage automatique des plongeurs (à la mise à l’eau et la
sortie)
Mesure du niveau de bulles en temps réel avec sonde Doppler
Etc.
3. Utilisation
3.1 Avant de plonger
Vérifier si les piles sont suffisamment chargées. Dans le cas de plongée Nitrox, entrer également les
paramètres suivants:
• %O2 du ou des mélanges utilisés
• ppO2 maxi (1.4-1.6 bars)
• Alarme de profondeur maxi
3.2 En cours de plongée
•
•
•
Vérifier régulièrement la profondeur ainsi que le temps de plongée total
Vérifier la limite de non-décompression (i.e. temps restant avant de devoir faire des paliers)
Vérifier la pression du ou des blocs (si transmetteur de pression sans fil)
3.3 Apres la plongée
•
•
•
Rincer immédiatement à l’eau douce et sécher avec un chiffon propre
Noter dans le carnet de plongée les paramètres, en incluant également le % de batterie
restant)
Analyser le profil de la plongée grâce à l’interface PC. Chercher les erreurs commises
(remontée rapide, palier non respecté, difficulté à se stabiliser en cours de palier, etc. Il est
également fort intéressant de comparer son propre profil avec celui du binôme (à condition
que les ordinateurs soient identiques), ce qui est possible avec le logiciel Uwatec
SmartTrack.
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3.4 Que faire en cas de panne en cours de plongée ?
Cela m’est arrivé en situation réelle à deux reprises :
• La première fois alors que je préparais le niveau 2, l’Aladin du moniteur est lâchement
tombé en panne de batterie. Nous avons donc utilisé mon Octopus II pour finir la plongée.
• La deuxième fois, je plongeais à Marseille sur l’épave du Miquelon, fin 2006. Mon Aladin
Pro affichait 69% de batterie et lors du palier de 3m s’est mis à donner des informations
totalement incohérentes alors que mon D6 avait déjà annoncé la fin des paliers : e.g.
«encore 2 min de paliers», puis 1 minute plus tard «encore 15 min de paliers», etc. J’ai
donc fini la plongée (en me basant sur le D6 et sur les ordinateurs de mes binômes :
également 2 Aladin), ce qui a provoqué la fureur de l’Aladin (se mettant alors en mode
SOS pour se «venger»). Je l’ai donc mis de coté pour ne plus plonger avec sans avoir au
préalable fait changer la pile. Anecdote, l’ordinateur d’un de mes amis (acheté en même
temps que le mien) est aussi tombé en panne … une semaine plus tard avec également
69% de batterie).
4. What-if* ?
Mieux vaut prévenir que guérir nous dit le vieil adage, d’où ces quelques pistes de réflexion
personnelles :
#1 : en plongée Solo, la redondance est indispensable (a moins peut-être … de plonger dans 15
mètres d’eau sur un site que l’on connait bien et ou on ne peut descendre plus profond sans
creuser…).
• soit 1 profondimètre électronique et des tables en complément de l’ordinateur (quid des
plongées successives… planifier avant de plonger : WHAT IF!)
• soit 2 ordinateurs (idéal)
#2 : en plongée binôme, il est bien de connaitre le modèle d’ordinateur utilisé par le binôme (utile
si le notre tombe en panne) et de s’assurer avant de plonger que les batteries sont en état (ne pas
attendre qu’elles soient à plat, mais changer de manière préventive).
#3 : dans le pire des cas (plus d’ordi : panne, perte) et pas d’ordinateur de secours. Que faire ?
- Remonter a la vitesse des plus petites bulles expirées.
- Si on a un parachute : l’envoyer le plus tôt possible (e.g. depuis 10-20 m de fond avec un
moulinet ou spool).
• Utiliser de préférence le parachute de secours (de couleur JAUNE, ou a défaut 2
parachutes cote a cote) pour signaler a la sécurité de surface le besoin d’un bloc de
secours.
• Attacher un message au sommet du parachute indiquant le problème peut-être très utile.
Estimer la profondeur de palier de visu reste très aléatoire voire irréaliste (e.g. plongée de nuit ou
en visibilité réduite). Un parachute avec moulinet spool dont le fil est gradué (e.g. palier de 12m,
9m, 6m, 3m) sera alors très précieux pour maintenir les profondeurs de manière relativement
précise. En plus en rembobinant le fil a la main lors de la remontée, on remonte forcement a vitesse
lente.
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Enfin si l’on n’a pas de moyen de contrôler le temps (e.g. montre étanche >200m), autant rester au
palier en finissant son bloc, puis utiliser le bloc de secours et éventuellement le finir aussi (selon les
paramètres approximatifs de la plongée).
L’important est de planifier – AVANT DE PLONGER – les paramètres suivants :
temps maximum au fond
profondeur maximum (angl. MOD)
durée/profondeur des paliers
quantité de gaz
et de prévoir un dépassement accidentel de temps ou de profondeur (le fameux WHAT-IF !).
On peut alors noter ces informations sur une tablette ou dans un carnet étanche (type «Wet-Notes»)
ce qui sera très précieux en cas de problème, car il faudrait être fou pour s’amuser à faire des
calculs de paliers sous l’eau, stressé, et narcosé.
Note (*) : signifie en Français : «Que faire si… »
5. Entretien
Un ordinateur bien entretenu durera des années. Il faut donc prêter attention aux points suivants :
Changer la pile selon les recommandations du constructeur
Rincer a l’eau douce après chaque plongée
Stocker dans une boite ou un étui après la plongée (pour protéger des chocs)
Changer le bracelet tous les 5 ans ou plus souvent en fonction de l’usage (pour éviter la
perte par rupture en cours de plongée) et utiliser un élastique de sureté relié au poignet
Utiliser une protection d’écran (pour protéger des chocs et rayures)
6. Erreurs à éviter ?
Pour assurer un bon fonctionnement il est essentiel d’éviter les erreurs suivantes :
Ne pas rincer a l’eau douce après chaque plongée (corrosion des capteurs et des contacts
humides)
Laisser l’ordinateur exposé directement au soleil ou dans un espace surchauffé (e.g. voiture
en plein soleil)
Ne pas emmener son ordinateur en cabine lors de déplacements en avion (la cale de
l’avion n’est pas pressurisée, cela fausse donc les calculs de décompression)
Ne pas comprendre que chaque ordinateur utilise un modèle de décompression donné et
oublier les limites de ce modèle (e.g. plongées à profil inverse, limites d’altitude, etc)
Penser que plus le nombre de tissus du modèle est élevé, meilleur est l’ordinateur
Oublier de régler le pourcentage d’oxygène du mélange avant de se jeter a l’eau
Stocker l’ordinateur dans le sac de plongée sans housse ou boite de protection (chocs,
l’humidité)
Ne pas nettoyer les contacts humides (risque d’empêcher une connexion au PC)
Changer la pile soi-même quand on n’est pas qualifié pour cela
Prêter son ordinateur (ou emprunter celui d’une autre personne) si il a été utilisé pour
plonger depuis moins de 48h (sauf si modèle avec bouton de remise a zéro «RESET» tel
l’Archimède II).
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7. Mes choix personnels
7.1 Le Suunto Octopus II des débuts
Au début je me contentais des instructions du moniteur et n’ai acheté un ordinateur que lors de la
préparation du niveau 2 en Octobre1999, désireux de plonger à 20m avec des amis (hors club)
une fois ce brevet obtenu.
A cette époque j’hésitais entre un profondimètre électronique Uwatec (ainsi que des tables) et un
ordinateur de plongée. Mon moniteur me lança alors : «A ta place, entre un profondimètre
électronique et un ordinateur bas de gamme, je préférai pour environ 300 Francs de plus
l’ordinateur. Même si un modèle bas de gamme n’affiche pas la durée des paliers, il sera suffisant
pour plonger en sécurité». J’écoute le conseil et prends le nouveau Suunto Octopus II, modèle
simple de première génération (n’affichant pas la durée des paliers mais les intégrant dans ses
calculs).
Fig. Profondimètre Electronique Uwatec (gauche), Suunto Octopus II (à droite)
Cependant mon enthousiasme retombe vite au cours des jours suivants :
Problème no1 : personne au club ne peut m’expliquer son fonctionnement, car la plupart des
moniteurs sont équipés d’Aladin ou de Suunto Solution Alpha. Je dois donc me débrouiller seul
pour faire mon apprentissage. Les menus ne sont pas intuitifs, le manuel non plus.
Problème no2 : les plongées répétitives et les «yoyo» (type remontée PA). Ces genres de plongée
n’étaient pas intégrés par l’Octopus dans ses calculs (il se met donc en erreur).
Problème no3 : les piles. A cette époque je plonge peu (15-20 fois par an maximum) et la pile
dure moins d’un an. Même si le cout de la pile est dérisoire (~10 Euros) je trouve la consommation
excessive au regard du nombre de plongées.
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7.2 Aladin Pro, un fidèle compagnon de plongée
Préparant l’année suivante le niveau 3 à Cassis, je me rends très vite compte des limites de
l’ordinateur. Agacé je vais visiter le VieuxPlongeur a Marseille, qui me le reprend et me fait une
remise sur l’achat d’un Aladin Pro accompagné de son interface PC. Le lendemain j’ai hâte
d’essayer ma nouvelle acquisition.
Fig. Aladin Pro et son interface MemoMouse)
L’Aladin m’affiche enfin la durée des paliers, les menus sont simples et intuitifs. Cerise sur le gâteau
7 moniteurs sur 10 en sont équipés à cette époque, donc pas de problème pour avoir des
explications complémentaires sur son fonctionnement. Soucieux de progresser et d’éviter de répéter
des erreurs, j’analyse les plongées après chaque plongée grâce à l’interface PC et au logiciel
DataTrack : «Tiens une remontée trop rapide»… «Ah ce palier était parfaitement stabilisé… ». Une
vraie boite noire, comme celle des avions, mais pour nous plongeurs !
Bref l’Aladin exauce décidément tous mes vœux... En plus la pile dure longtemps, très longtemps
même (dans mon cas elle fera plus de 5 ans soit 150 plongées).
En 2004, lors de vacances a Aix-en-Provence je me forme a la plongée Nitrox, et soudain mes
illusions s’effondrent. L’Aladin est totalement dépassé ! Pourquoi n’ai-je pas acheté l’Aladin Pro
Nitrox (presque le même, mais de couleur bleue) ? Le club qui me prête un Suunto Vyper le temps
de la formation. Reste fâché avec mon «ex. ordinateur» je n’apprécie guère l’ergonomie
«Suuntoesque» (menus) mais suis forcé de reconnaitre les avantages d’un modèle spécial Nitrox.
En cours de plongée je compare les paramètres : l’Aladin croit que je plonge a l’air et a 36m
m’indique au bout d’un peu plus de 10 minutes qu’il me faut penser a remonter pour éviter les
paliers, alors que le Vyper donne presque le double de temps !!!!
Je regarde les modèles disponibles sur le marché et ne me décide pas. Apres tout l’Aladin Pro est si
fiable et si simple. Je vais donc plonger de temps a autre au Nitrox et faire comme si je plongeais
à l’air (optimisation de la décompression, mais pas de réduction du temps de paliers), tout en
veillant (manuellement) a ne pas dépasser la MOD (angl. Maximum Operating Depth = profondeur
maximale d’utilisation). Ils finiront bien par sortir de nouveaux modèles susceptibles de
m’intéresser.
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7.3 Suunto D6, beau et intelligent!
L’an dernier je continue à plonger au Nitrox de temps a autre et me passionne de plus en plus pour
la plongée technique. Mon objectif : les épaves profondes, voire carrément déraisonnables, donc
direction le Nitrox Avancé et le Trimix. Entre temps je lis un livre expliquant la plongée Technique
D.I.R. des plongeurs du WKPP. Ces plongeurs n’utilisent qu’un simple profondimètre et un run-time !
Nous voici revenus au moyen-âge de la plongée! Je ne veux pas entendre parler de profondimètre.
A la rigueur un ordinateur capable de fonctionner en mode profondimètre serait acceptable. Avec
la formation Nitrox Avancé on est autorisé à plonger profond à l’air et faire une décompression au
Nitrox ou à l’oxygène pur. Un ordinateur capable de gérer deux mélanges Nitrox (21-100%)
permettrait donc de plonger à l’air avec une plus grande marge de sécurité sur les épaves
comprises entre 50 et 65m, puis de décompresser au Nitrox. Sur le marché 4 modèles remplissant
une telle mission retiennent mon attention : l’Aladin Smart Tec, le Suunto D6, D9, et Vytec.
En septembre dernier je craque pour cette petite merveille, le nouveau Suunto D6.
Fig. Suunto D6 et son interface)
Au niveau fonctionnalités, algorithme, menus et look, rien à voir avec l’Octopus. Et en plus c’est
une très belle montre que l’on peut emmener au bureau (ou nagent beaucoup de «requins» et «de
rémoras») ou en déplacements professionnels sans se surcharger (et pourquoi pas en profiter pour
plonger. Apres tout il suffit d’avoir sa carte de niveau et le carnet… très léger dans les bagages).
Ce modèle est identique a son grand frère le D9, hormis le fait qu’il ne gère que 2 mélanges
Nitrox (contre 3 sur le D9) et n’a pas de transmetteur de pression sans fil (les changements de gaz
se font donc manuellement en cours de plongée). Le boitier est en inox et non en Titane. L’interface
PC de type USB 2.0 (identique a celle du D9) est vendue en option. Il gère également,
contrairement a l’Aladin Pro, les paliers profonds (angl. deep-stops) avec un algorithme RGBM.
C’est donc un ordinateur très moderne, beau, et intelligent !
Cependant je ne peux me résoudre à me séparer de mon fidèle Aladin Pro, je lui fais changer la
pile (~80 Euros, 4 semaines de délais) et plonge donc avec les deux ordinateurs, ce qui est parfait
pour la redondance en plongée solo.
Pour progresser en plongée technique ? Le D6 est largement suffisant pour des plongées Trimix (si
on l’utilise en mode profondimètre… les plongées de ce type sont de toute façon toujours planifiées
soigneusement) et parfait (en mode ordinateur) pour des plongées profondes à l’air avec
décompression Nitrox ou oxygène pur. Et question profondeur, je ne suis pas près de dépasser les
150m garantis par le constructeur (dans la pratique le D6 résisterait-il a 200m comme son grand
frère ?).
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7.4 Mon prochain ordinateur ?
Si je devais plonger en recycleur de type CCR (a ppO2 constante) aux mélanges ternaires un
modèle de 4e génération, tel le VR3 C4 Spectrum serait particulièrement indiqué. Ce modèle gère
plus de 10 mélanges différents et ne se bloque pas en cas d’erreur. En plus on peut le mettre à jour
et activer des options selon les besoins :
• Plongée à l’air, au Nitrox, au Trimix, à l’Héliair, à l’Héliox…
• Plongée en circuit ouvert ou ferme
En ce qui me concerne, en circuit ouvert le Suunto D6 me convient pour le moment parfaitement.
En conclusion : depuis environ deux ans,
de plus en plus de clubs proposent des
formations Nitrox, voire même des
formations Trimix ou recycleurs. En France
les mentalités bougent doucement, mais le
Nitrox progresse irrésistiblement. De nos
jours il est donc judicieux d’investir
directement dans un ordinateur Nitrox
affichant les paliers et si l’on en a les
moyens même un modèle multi-Nitrox (e.g.
Aladin Tec 2G, Suunto D6/D9/Vytec, ou
équivalents). De tels modèles sont suffisants
pour des plongées techniques aux
mélanges et ne montreront leurs limites que
si l’on envisage la plongée recycleur en
circuit fermé CCR (angl. Closed-Circuit
Rebreather). Aujourd’hui seul le VR3 est
réellement capable de tout (ou presque),
est évolutif, mais son prix élevé le rend
inabordable pour une majorité de plongeurs.
A chacun donc de choisir un ordinateur en fonction des plongées présentes et futures, car mieux
vaut investir dans un modèle que l’on ne changera pas au bout de 1 ou 2 ans.
Cyrille Turc
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Pour plus d’informations sur le sujet (liste non-exhaustive)
Fabricants :
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Apeks & Aqualung (www.aqualung.com)
Beuchat (www.beuchat.fr)
Cressi (www.cressi.it)
DeltaP (VR3) (www.vr3.co.uk)
Dive-Rite (www.diverite.com)
Mares (www.mares.com)
Oceanic (www.oceanic.com)
Poseidon (www.poseidon.se)
Suunto (www.suunto.fi)
Uwatec (www.uwatec.com)
Astuces :
AVERTISSEMENT : vous assumez l’entière responsabilité de l’utilisation que vous ferez des informations suivantes dans
votre pratique de la plongée. Modifier ou bricoler un ordinateur de plongée (ou son interface) est fortement déconseillé car
présentant de nombreux risques pour l’utilisateur en cours de plongée (exemple : informations erronées, panne, etc) pouvant
entrainer de graves blessures, voire même la mort.
•
•
Interfaces «faites-maison»
o Aladin (www.onplonge.com/Portals/0/PDF/aladin_interface_v.1.00.pdf)
o Archimede 2, Apeks Quantum, DiveRite Nitek Duo, TUSA IQ-700
(daniel.vvtp.tudelft.nl/site/downloads/DIY-pc-interface-seiko-dc-v1.pdf)
o Mares (www.geocities.com/SiliconValley/Horizon/4581)
o Suunto Solution Alpha (www.dcordes.freeuk.com/suunto.htm)
o Suunto Stinger, Spyder, Cobra, Mosquito, D3
(www.geocities.com/scubadiver_roli/english.html)
«Changement de pile sur Aladin Uwatec »: article d’Antoine Chabanis sur le site
plongeescout.com
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