Recyclage textile : le pouvoir des marques

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Recyclage textile : le pouvoir des marques
« Recyclage textile :
le pouvoir des marques »
Deuxième Édition
Assemblée Générale d’Eco TLC
Compte Rendu des échanges
5 juin 2015
Capital 8 - 32 rue de Monceau, 75008 Paris
L’événement en Images
Introduction
J érôme obry
Président d’Eco TLC
Je suis très heureux de vous accueillir. L’assemblée générale statutaire de notre organisme s’est tenue ce
matin. Notre éco-organisme contribue comme le prévoit son agrément à la gestion, en France, des déchets
de TLC usagés.
Si cet objectif principal de gestion est nécessaire, il n’est pas suffisant.
Nous nous interrogeons sur la façon d’aller plus loin, de renforcer la mobilisation effective de chacun dans
l’application du principe de responsabilité du producteur contenu dans la filière R.E.P.
Le nouvel agrément d’Eco TLC souligne particulièrement cinq axes d’actions qui visent à :
• sensibiliser les citoyens au geste de tri ;
• fournir un réseau de points d’apports et de centres de tri suffisamment maillé et adapté aux besoins ;
• augmenter la transparence et l’optimisation économique de la valeur de réutilisation et de recyclage ;
• encourager la R&D pour permettre l’émergence d’une économie plus circulaire ;
• développer la co-organisation de la filière et sa gouvernance ;
Qui est le mieux placé pour parler aux citoyens, pour compléter le réseau de collecte, pour mener des
recherches en amont et en aval sur l’éco design, pour construire et conduire de façon collaborative ?
Sinon les marques !
L’éco-organisme est un prétexte qui permet de fédérer et de mobiliser dans la même direction, c’est le sens
des tables-rondes maintenant que d’éclairer les nouveaux chemins.
Nathalie CROISÉ
Journaliste Environnement
Journaliste à BFM Business, j’anime l’émission Business Durable, dans laquelle j’évoque fréquemment les
enjeux qui nous réunissent ce matin. Je suis donc heureuse d’être parmi vous. Avant d’évoquer le pouvoir des
marques, nous parlerons des campagnes de sensibilisation.
recyclage textile :
le pouvoir des marques
offerts. Toutefois, H&M leur explique avant tout que
cette démarche permet de lutter contre le gaspillage.
Le service a été progressivement déployé dans les
190 magasins d’H&M en France. Plus de 1 250 000
kilogrammes de vêtements ont ainsi été collectés
en France. Le poids total des vêtements collectés
dans le monde entier atteindra bientôt 15 millions de
kilogrammes – soit 75 millions de tee-shirts.
Nathalie CROISÉ
Votre démarche a-t-elle vite porté ses fruits ?
R émi crinière
MOBILISER LES CONSOMMATEURs
Nathalie CROISÉ
Vous nous expliquerez, Rémi Crinière, les actions
qu’H&M mène auprès des consommateurs. Pourquoi
H&M s’est engagée dans cette démarche ?
R émi crinière
Responsable du département RSE - H&M France
Je souhaite évoquer le service de collecte de
vêtements qu’H&M a installé dans ses magasins voici
plus de deux ans. Auparavant, pour expliquer le sens
de cette démarche, il est utile de rappeler quelques
données chiffrées.
75 % des vêtements vendus en France ne sont
pas collectés. Cette proportion diminue, mais elle
demeure élevée.
Pour obtenir un kilogramme de coton, il faut 10 000
litres d’eau, selon les estimations les plus basses. Le
coût environnemental du coton est donc très élevé.
De plus, 10 à 15 % du volume total de pesticides
sont employés pour la culture du coton. Outre le
gaspillage des ressources qu’elle représente, cette
culture soulève donc un enjeu de santé.
Les vêtements représentent donc une richesse
qui doit être exploitée. Outre les problèmes
environnementaux, il faut noter que le coton
conventionnel ne peut demeurer la seule ressource.
Pour toutes ces raisons, H&M a créé, en février 2013,
un service de collecte. Ce service permet aux clients
d’apporter, dans tous les magasins d’H&M, toute
pièce de textile, quels que soient sa marque et son
état. Pour inciter les consommateurs à accomplir
cette démarche, des bons de récompense leur sont
Malgré nos actions de communication, de nombreux
clients ne connaissent pas encore notre démarche.
Pourtant, nos vendeurs les en informent. Nous
communiquons également au moyen de flyers ou de
stickers sur les vitrines. Le bouche-à-oreille entre
les clients est très utile. Le volume de vêtements
collectés double chaque année.
H&M sait concevoir des vêtements et les vendre,
mais ne sait pas les recycler. H&M a donc conclu
un partenariat avec I:co, qui appartient au groupe
Soex, leader mondial du recyclage des textiles. Les
vêtements collectés par H&M, pour la majorité
d’entre eux, sont utilisés en seconde main, car ils
sont en bon état. Le reste des vêtements collectés
est transformé en chiffon, recyclé – pour produire
des isolants phoniques ou thermiques – ou utilisé
comme source d’énergie. H&M cherche à développer,
avec Soex, des techniques de recyclage permettant
d’obtenir des fibres de meilleure qualité pouvant être
utilisées dans des vêtements. Le jeans que je porte
contient ainsi 20 % de coton recyclé.
Nathalie CROISÉ
Ces jeans connaissent un véritable succès.
R émi crinière
Un nombre croissant de nos articles contiennent
du coton recyclé. Il faut noter que certains clients
achètent ces articles sans savoir qu’ils contiennent
du coton recyclé, parce qu’ils leur plaisent.
Nous nous efforçons donc d’accroître la part des
textiles recyclés en fil.
Pour chaque kilogramme de vêtements récolté, H&M
reverse 2 centimes d’euros à des ONG. H&M a choisi
d’effectuer ce versement à l’UNICEF. Le site internet
permet aux clients de suivre ces versements. Nous
remercions enfin
nos clients pour
leur apport de
vêtements.
Isabelle ANTON
Directrice des achats et de l’offre produit - Okaïdi
Okaïdi appartient au groupe Ïdkids, qui regroupe les
marques Okaïdi, Obaïbi, Oxybul éveil et jeux, Rigolo
Comme la Vie – réseau de crèches. La mission
fondatrice du groupe est
d’entreprendre pour que
le monde progresse au
service de l’enfant qui
grandit.
Dans
chaque
service de l’Entreprise,
lorsque nous fixons les
objectifs de l’année, nous
avons pour ambition de
déterminer en quoi notre
métier est au service de
l’enfant qui grandit. J’ai
choisi de vous présenter
les actions pédagogiques
internes
et
externes,
s’adressant aux enfants
ou à leurs parents, en faveur de l’environnement.
Notre marque s’adresse en effet aux enfants et aux
parents, et, lorsqu’elle s’adresse à ces derniers, elle
le fait au moyen de supports pédagogiques qu’ils
peuvent utiliser dans leur relation éducative avec
leurs enfants.
Okaïdi a mis en place une collecte de textiles
usagés en 2007. Chaque année, cette opération,
qui se nomme Love Bag, est renouvelée. À compter
de la prochaine rentrée, nous expliquerons aux
consommateurs, dans le cadre de cette opération,
que la revente de textiles usagés servira à financer
l’ouverture de classes au Bangladesh. Nous avons
déjà financé la scolarisation de 600 enfants durant
un cycle primaire. L’objectif que nous poursuivons
est de mener une démarche sociale et sociétale dans
les pays de production – le Bangladesh est l’un des
principaux pays où nous nous approvisionnons.
Nathalie CROISÉ
Cette démarche a été entreprise tôt. A-t-elle été
comprise des consommateurs ?
Isabelle ANTON
Nous possédons 400 magasins en France et nous
parvenons à collecter 80 tonnes de textiles par an.
Nous portons nos efforts sur la communication,
afin que l’opération Love Bag soit de plus en
plus accessible à notre clientèle. Nos actions de
communication se déroulent dans nos magasins et
sur nos sites internet italien et français – la collecte
est menée dans toute l’Europe.
Le Groupe mène une démarche
pédagogique
en
faveur
de
l’environnement.
Actuellement,
alors que se déroule la semaine
mondiale de l’environnement, nous
distribuons, dans nos magasins, un
livret ludique intitulé Good World
et destiné aux enfants. Ce livre
présente les bons gestes à adopter
à la maison, en promenade à la
campagne, au bord de la mer, etc.
Nathalie CROISÉ
Les enfants pourront ainsi éduquer leurs parents.
Isabelle ANTON
En effet. Le lien entre l’enfant et ses parents est très
important à nos yeux. Notre ambition est de rendre
les enfants acteurs. À cette fin, nous permettons aux
enfants de déposer, sur notre site internet, leurs idées
pour favoriser le respect de l’environnement. Nous
sélectionnerons un enfant et nous l’accompagnerons
pour mettre en œuvre sa bonne idée.
La marque Okaïdi a créé une page internet où elle
présente l’ensemble de ses actions en faveur de
l’environnement. Nous y expliquons que nous
éteignons, chaque soir, l’éclairage de nos magasins,
afin de réduire notre consommation d’énergie.
Nous avons dématérialisé les bulletins de paie, et
nous nous sommes engagés dans une démarche de
dématérialisation totale de nos relations avec nos
clients, de façon à réduire notre consommation de
papier. Dans nos magasins, jusqu’à l’année dernière,
tous nos articles pliés sur table étaient pliés avec une
feuille de papier que nous avons décidé de retirer.
Nathalie CROISÉ
De
façon
croissante,
les
entreprises
communiquent avec les consommateurs par
l’intermédiaire d’internet, non pour faire la pub
de leurs produits, mais pour créer un lien avec
eux. Vous vouliez également évoquer la matière.
Isabelle ANTON
Nous nourrissons l’ambition d’être acteur en
amont de la filière. Nous avons donc choisi le
coton organique pour fabriquer nos tee-shirts.
Durant l’été 2015, nous commercialiserons ainsi
1,5 million de tee-shirts en coton organique, ce
qui sera indiqué sur une étiquette. Pour l’hiver
2015-2016, ce volume de tee-shirts sera plus
que doublé. En outre, nous commercialiserons
également des articles en denim recyclé. Ces
articles portent l’indication « 1996 », année
de naissance de la marque Okaïdi. Les jeans
en denim recyclé porteront une étiquette les
identifiant comme produit recyclé et indiquant
qu’ils sont produits dans une usine green. Très
peu d’usines possèdent ce label international
– qui garantit qu’elles
sont dotées d’un système
de
retraitement
des
eaux empêchant toute
pollution locale.
mener des actions de sensibilisation, de dispenser
des formations internes et de réaliser des actions
de communication externe. Il contient des outils
vous permettant une communication internet autour
des opérations de collecte en magasin. Vous pouvez
utiliser ces outils en l’état ou les personnaliser.
L’intérêt de ce kit de communication réside dans
la possibilité qu’il offre de diffuser des messages
adéquats et homogènes.
J ean -L oup BECKER
Vice-président - FNH
Lorsque nous avons décidé de créer l’écoorganisme TLC, notre but était que toute la
filière y participe - les marques, les grands
distributeurs et les commerces de vêtements.
La FNH organise, pour la quatrième année,
l’opération vide-dressing week. Entre quatre
cents et cinq cents magasins y participent.
Durant une quinzaine de jours, ils collecteront
des vêtements. Il est remarquable que les
consommateurs apportent aux magasins
participants des vêtements d’excellente qualité,
et même parfois neufs. Ils se montrent très
curieux de l’usage qui sera fait des vêtements
qu’ils apportent. Ils semblent heureux de
savoir que leur vêtement pourra être porté
par quelqu’un d’autre. Chaque opération videdressing week permet de collecter environ 50
tonnes de vêtements. Nous valorisons cette
opération localement - nous ne menons pas
de campagne de communication nationale.
L’opération est réalisée au profit de la CroixRouge, et chaque antenne de la Croix-Rouge
est libre d’y participer ou non. Alors que la
précédente opération vide-dressing week a eu
lieu en mars 2015, nos clients nous demandent
quand aura lieu la prochaine opération.
Nathalie CROISÉ
Quand aura-t-elle lieu ?
J ean -L oup BECKER
Elle se déroulera en mars ou en avril 2016.
Hélène JESSUA
Directrice Stratégie & Communication – Eco TLC
Une des missions d’Eco TLC est de se tenir aux
côtés des marques pour les accompagner dans
leurs réflexions et pour leur donner des outils de
communication auprès de leurs clients.
Nous disposons ainsi d’outils vous permettant de
déterminer quelles questions il faut se poser pour
organiser une opération de collecte en magasin.
Notre rôle est également de vous informer, au moyen
de newsletters, de flash-info et d’un outil de veille que
nous avons créé. Nous avons également conçu un kit
de communication « clé en main ». Il vous permet de
Nous disposons également d’outils de communication
externes destinés aux magasins et lieux de vente.
D’autres outils vous permettent d’établir un lien
avec notre site internet, lafibredutri.fr. Enfin, nous
proposons un outil cartographique permettant de se
géolocaliser et de trouver le point d’apport le plus
proche.
N’hésitez pas à communiquer votre engagement
à vos clients au moyen de nos outils. Vous pouvez
accéder à ceux-ci grâce à notre site extranet. Pour
utiliser ce dernier, il faut que le référent signe les
conditions générales d’utilisation et valide son accès
grâce à un mot de passe. L’usage de ce site extranet
est gratuit.
La mission d’Eco TLC est
également de relayer les
bonnes pratiques de ses
adhérents, grâce au site
internet
lafibredutri.fr,
qui a reçu plus de 468 000
visites en 2014, et à sa page
Facebook, dont le succès va
croissant - elle possède plus
de 17 500 fans. Les initiatives
relayées sont les opérations
de collecte en magasin, sous
réserve qu’elles permettent
aux
clients
d’apporter
des produits quel que soit
leur état et qu’elles soient
organisées dans le cadre
de la filière, c’est-à-dire
identifiées avec le logo de la filière. Il faut rappeler
que celui-ci apparaît sur l’ensemble des points
d’apport volontaire identifiés. Ce logo garantit au
citoyen que les vêtements qu’il apporte seront traités
conformément aux exigences environnementales
et sociales de la filière. Peuvent également être
relayées les actions relatives au développement de
produits – produits issus de TLC recyclés ou produits
recyclés.
Avec les éco-organismes concernés par la
signalétique Triman, nous avons développé un
affichage commun, afin de donner une cohérence
et une homogénéité à votre communication. Cet
affichage ne revêt pas de caractère obligatoire. Le
décret relatif à la signalétique Triman laisse une
grande flexibilité dans son application.
ÉCHANGES AVEC LA SALLE
traite chaque jour un volume considérable. Elle trie
les vêtements selon le type de produits et le type de
matière de façon très efficace. Nous ne possédons ni
l’expertise, ni les moyens d’effectuer ce tri.
Serge CRUTEL
Le pré-tri par produit favorise le tri. Il est certain que
la grande distribution ne peut trier les vêtements
selon qu’ils sont en polyester, en coton ou en soie.
Cependant, elle peut trier selon le type de produit –
par exemple, les chemises.
Isabelle ANTON
DE LA SALLE
Le label Usine Green est-il le label du groupe Ïdkids ?
Isabelle ANTON
Non, il s’agit d’un label international, attribué à
des usines dont les équipements sont conformes à
certaines règles. Au Pakistan et au Bangladesh, trois
usines possèdent ce label. J’ai visité l’une de celles
situées au Bangladesh. Son espace de travail est très
agréable ; les salariés disposent de zones de repos
comprenant des jardins.
Serge CRUTEL
Ingénieur conseil - Textel
Ma question s’adresse aux représentants de la grande
distribution. Une collecte de 1 250 000 kilogrammes
de vêtements a été évoquée. Cette quantité ne
représente que deux mois d’activité d’effilochage.
Le réemploi est une activité et le matériau en est une
autre. Le tri est, actuellement, une problématique
très importante. Serait-il possible, sur les lieux
de collecte, de prévoir des bacs distincts pour les
différents types de vêtement ? Ce pré-tri permettrait
de structurer la filière, de diminuer le coût du tri
et donc d’optimiser la réutilisation des matières.
La grande distribution, qui possède les moyens de
communication appropriés, pourrait s’engager dans
cette démarche, entraînant à sa suite l’ensemble de
la filière.
R émi crinière
Chacun doit jouer un rôle dans la communication.
Plus nombreuses sont les opérations, plus le
message qu’il ne faut pas jeter les vêtements est
transmis.
Cependant, la grande distribution ne peut pas
prendre en charge le pré-tri, car ce n’est pas son
métier. Son métier est d’informer ses clients qu’ils
peuvent apporter les vêtements dont ils n’ont plus
l’usage. La grande distribution noue des partenariats
avec des acteurs dont le tri est le métier. Nous avons
visité l’usine de notre partenaire située à Wolfen. Elle
Cette démarche serait difficilement compréhensible
par nos clients. Ceux-ci se demanderaient, par
exemple, si les blouses doivent être placées dans le
même bac que les chemises.
DE LA SALLE
Commerçant indépendant affilié à la Fédération
Nationale de l’Habillement, je crois qu’il ne faut
pas montrer de précipitation. Rappelons que nous
récupérons des vêtements qui, voici quelques années,
étaient incinérés. La récupération s’accroît. Il faut
progresser sans se hâter, et une nouvelle norme de
récupération ne serait pas judicieuse. Il faut, avant
tout, augmenter les quantités collectées.
R émi crinière
Le pré-tri soulèverait des difficultés de stockage et
de transport.
Alain CLAUDOT
Directeur Général - Eco TLC
D’une manière générale la collecte des TLC usagés
concerne les vêtements, le linge et les chaussures
et certaines enseignes spécialistes collectent
de façon ciblée en fonction des produits qu’elles
commercialisent. Ainsi, Carré Blanc ne collecte que
le linge de maison. D’autres sociétés ne collectent
que les soutiens-gorge, d’autres encore seulement
les chaussures. Les cordonniers réparent les
chaussures usagées, et peut-être existera-t-il à
l’avenir une éco-modulation sur les chaussures plus
durables. Pourquoi, le cas échéant, les cordonniers
ne seraient-ils pas des points de collecte ?
Soyez assurés que votre éco-organisme défendra la
position que la collecte en magasin ne devienne pas
obligatoire. La collecte doit demeurer une démarche
volontaire.
Bertrand CHERPIN
Responsable adjoint
d’exploitation - Le Relais
Quelles sont les motivations
que vous avez identifiées
chez les consommateurs
qui
apportent
des
vêtements ? Pourquoi la
marque Okaïdi a-t-elle
choisi le label usine verte
plutôt qu’ISO 14 001 ? Ce
label semble très exigeant.
Quelle proportion de vos
vêtements est fabriquée dans les usines vertes ?
Isabelle ANTON
Notre collaboration avec une usine verte a débuté
très récemment. La proportion de nos vêtements qui
y est fabriquée est donc très faible. Toutes nos usines
sont auditées techniquement et socialement. L’usine
verte avec laquelle nous collaborons nous a paru
posséder une avance de dix ans sur les autres usines.
Après l’effondrement du Rana Plaza, nombre de nos
clients nous ont interrogés, par l’intermédiaire de
notre site internet ou de Facebook, sur les conditions
de travail dans nos usines. Nous nous efforçons de
rassurer nos consommateurs.
Nathalie CROISÉ
Avez-vous pu identifier les motivations de vos clients ?
Isabelle ANTON
Je ne les connais pas.
R émi crinière
Concernant les attentes des clients, Madame Hélène
Fourneau a réalisé une étude sur les Français et
la seconde main. Cette étude a montré de multiples
motivations. Elle a également démontré que le
comportement des consommateurs dépendait
principalement de ce qui leur est communiqué. Si
la seule communication porte sur la remise de 5
euros offerte pour l’apport de vêtement, alors cette
remise constituera leur motivation. Si un vendeur
leur explique l’impact social et environnemental de
la démarche, celui-ci revêt une importance à leurs
yeux, la remise devenant secondaire.
Concernant la production, H&M travaille sans
intermédiaire avec environ 850 fournisseurs - qui
représentent plus de 1 900 usines, lesquelles
emploient environ 1,6 million de salariés. H&M
possède 25 bureaux de production qui occupent
2 800 collaborateurs. Parmi eux, cent sont des
auditeurs qui visitent les usines. Avant de conclure
un contrat avec un fournisseur, ils visitent ses usines
durant trois jours et rencontrent les salariés et les
managers. Ces visites permettent d’éliminer entre
25 et 30 % des fournisseurs potentiels. Les autres se
voient attribuer une note - Silver, Gold ou Platinium.
Cette note définit la durée de leur collaboration
avec H&M. Cette durée est de six mois pour les
fournisseurs Silver, d’un an pour les fournisseurs
Gold et de cinq ans pour les fournisseurs Platinium.
Les fournisseurs subissent des audits surprise
et, tous les dix-huit à vingt-quatre mois, un audit
complet. En outre, alors qu’ils ne représentent que
19 % de nos fournisseurs, les fournisseurs Gold et
Platinium honorent 60 % de nos commandes. En
effet, chaque membre des bureaux d’achat connaît
les notes attribuées aux fournisseurs, et passe
en priorité commande aux fournisseurs Gold et
Platinium. La liste des fournisseurs et les notes qui
leur sont attribuées sont publiées sur le site internet
d’H&M. De plus, ce site internet indique, pour chaque
critère d’audit, quels sont les fournisseurs qui sont
conformes. La seule manière de progresser est d’être
présent de manière quotidienne et d’inclure dans
la gestion du carnet de commandes les exigences
sociales et environnementales. Lorsque nous
constatons qu’un fournisseur ne respecte pas une de
nos règles, nous l’en informons. S’il ne mène pas une
action correctrice, nous ne faisons plus appel à lui.
En outre, ces avertissements sont valables pour une
durée de cinq ans, et si un fournisseur récidive, nous
ne recourons plus à lui.
Notre secteur doit faire
preuve d’une plus grande
transparence, en raison
du grand nombre d’idées
reçues. Je rencontre ainsi
fréquemment des ONG
et des collectifs. Nous
pâtissons des mauvaises
pratiques de certains. Nous
nous efforçons, par nos
actions, de faire évoluer la
situation globale. Notre CEO
est très engagé en cette
matière. H&M, entreprise
familiale suédoise, a été
créée voici soixante-dix
ans. En Suède, le respect
de l’environnement et le respect de l’individu ne sont
pas des notions récentes. Le CEO les impose à tous
les collaborateurs de l’Entreprise. Par exemple, tout
collaborateur est évalué chaque année selon quatre
indicateurs, dont l’un a trait au développement
durable.
J ean -L oup BECKER
Nous sommes très proches du consommateur. Je
voudrais citer le témoignage de deux commerçants
ayant participé à l’opération vide-dressing week. Le
premier rapporte avoir collecté, lors de sa seconde
participation à cette opération, une quantité cinq fois
plus grande de vêtements que lors de sa première
participation. Il indique son souhait de prendre
part à la prochaine opération. Un autre indique que
sa clientèle apprécie fortement cette opération et
qu’elle souhaite savoir quand elle sera renouvelée.
CONCEVOIR AUTREMENT
Nathalie CROISÉ
Pouvez-vous nous exposer les raisons pour lesquelles
vous avez mené, dans deux salons professionnels,
une enquête sur l’offre en produits recyclés ?
Fanny GARCIA
Expert RSE - Blue Quest
Blue Quest est un jeune réseau de consultants et
d’experts en responsabilité sociale et
environnementale. Il collabore avec de
nombreux secteurs, et notamment avec
le secteur textile. Nous entretenons
des relations étroites avec Eco TLC.
Nous avons voulu, avec lui, adopter le
point de vue d’un acheteur visitant les
salons Texworld et Première Vision et
recherchant des textiles recyclés. Il
s’agit d’une étude qualitative. Les deux
salons évoqués comportent chacun
des milliers de stands. Nous les avons
visités durant trois jours. Nous nous
sommes présentés aux stands en
acheteurs mystères. Nous n’avons pu
tous les visiter.
Chacun des deux salons propose une
offre éco-responsable mise en avant
par une signalétique particulière.
Il s’agissait d’un logo pour le salon
Texworld et de quatre cotes de performance en
matière d’éco-responsabilité et de développement
durable pour le salon Première Vision - matières
biologiques,
matières
recyclées,
production
respectueuse et ennoblissement respectueux.
Il apparaît que les produits recyclés représentent 10
% à 20 % de l’offre éco-responsable, dont les matières
biologiques et naturelles forment la majorité, en
raison des fortes attentes des marques. En raison
du durcissement des réglementations relatives au
management des substances dans l’industrie textile
et des événements tels que les campagnes Detox
de Greenpeace, une offre sur la partie substances
prédomine – en particulier sur les teintures. Ainsi, en
matière d’éco-responsabilité, le recyclage ne vient
qu’après ces deux sujets.
Nous
avons
examiné
l’offre de produits recyclés
des fournisseurs de fils
et de tissus. Il s’agit
majoritairement - dans
la proportion d’environ
deux tiers - d’articles en
polyester, qui appartiennent
à tous les niveaux de
gammes et dont les coloris,
s’ils pourraient être plus
variés,
répondent
aux
besoins pour le sportswear
et l’outdoor. En grande
partie,
ces
matériaux
proviennent du recyclage de matières plastiques, en
particulier de bouteilles. Il faut noter que ces produits
sont proposés par les stands éco-responsables, mais
également par des stands généralistes.
Le tiers restant est constitué de textiles recyclés
issus de matières textiles. Cependant, la traçabilité
de ces matières est mauvaise, peut-être parce que
le personnel commercial n’avait pas été formé à
répondre à des questions portant sur ces produits.
Certains valorisent le recyclage textile, mais, pour
se départir de la traçabilité et du management des
substances, une grande partie de l’offre est destinée
au pré-consommateur – recyclage de chutes de
production et d’invendus.
Nathalie CROISÉ
Pouvez-vous évoquer le coton recyclé ?
Fanny GARCIA
Certains stands proposaient du coton
recyclé. Il s’agit de la matière recyclée
la plus fréquente, après le polyester.
Les marques ont besoin d’autres
matières que le polyester. Certains
fournisseurs contournent la difficulté
en mélangeant le polyester recyclé
issu de bouteilles avec du coton.
Niels MEYER-JÜRES
Responsable des marchés européens - Freitag
Un film consacré aux textiles F-abric est diffusé.
Ces textiles sont fabriqués à partir de chanvre et de
lin, de fibres libériennes, et de Modal, de matières
premières cultivées sur le sol européen, fabriqués
par Freitag permettent de concevoir des vêtements
entièrement biodégradables.
Nous nous interrogeons sur la manière de collecter
les vêtements usagés, mais il est également
nécessaire de s’interroger sur la manière de produire.
Nous produisons nos matières premières en Europe.
Plutôt que de collecter et trier les vêtements, il est
plus simple de concevoir des vêtements entièrement
biodégradables - à l’exception des boutons, que
le consommateur peut toutefois dévisser. Ces
vêtements peuvent être compostés.
Nathalie CROISÉ
Ces textiles ont certainement nécessité un travail de
conception très important.
Niels MEYER-JÜRES
Les fibres que nous utilisons nécessitent, pour leur
culture, moins de pesticide que d’autres fibres. Il faut
rappeler que toute fibre naturelle est biodégradable.
Le produit obtenu en utilisant de telles fibres et des
fils de viscose est entièrement biodégradable. Nous
n’utilisons pas de coton, en raison de l’importante
quantité d’eau nécessaire à sa culture.
Les vêtements que nous concevons sont plus chers
que ceux vendus par la grande distribution, dont les
démarches éco-responsables présentent également
un intérêt.
La démarche de notre entreprise est un premier
pas. Si d’autres nous rejoignent, les volumes
augmenteront, et nous pourrons peut-être diminuer
les prix.
l’engagement que, au plus tard en 2020, la totalité du
coton que nous utilisons soit éco-responsable, qu’il
s’agisse de coton biologique, de coton relevant de la
better coton initiative ou de coton recyclé. En outre,
H&M s’engage à utiliser, pour fabriquer ses articles,
le polyester provenant de 60 millions de bouteilles en
2016 – contre 40 millions en 2015.
Nathalie CROISÉ
Utilisez-vous également le chanvre, le lin, de fibres
libériennes, et le Modal ?
Nathalie CROISÉ
Quel est votre marché ?
Niels MEYER-JÜRES
Notre entreprise n’emploie
que 150 salariés. Notre
marché
est
toutefois
mondial.
R émi crinière
Nathalie CROISÉ
Le tee-shirt que vous
fabriquez est vendu à 65
euros. Ce prix résulte sans
doute du fait qu’il est conçu
avec des matières produites
en Europe et qu’il a nécessité
une technologie coûteuse.
Votre entreprise est-elle
la première à proposer un
article entièrement biodégradable ?
Nous utilisons ces fibres. Les matériaux écoresponsables utilisés pour fabriquer nos articles,
à l’exception du better coton, qui n’est pas certifié
indépendamment, sont identifiés par une étiquette
verte.
Nathalie CROISÉ
Atteindrez-vous l’objectif que vous vous êtes fixé ?
R émi crinière
Niels MEYER-JÜRES
Le New York Times s’est interrogé sur la raison
pour laquelle une petite entreprise suisse a été la
première à concevoir un tel produit.
Nathalie CROISÉ
Faut-il Rémi Crinière, abandonner le coton ?
R émi crinière
La démarche de Freitag doit être saluée, mais il
n’est pas possible d’habiller toutes les personnes
avec les vêtements qu’ils produisent. Les initiatives
de Freitag et d’H&M ne sont donc pas concurrentes,
mais complémentaires.
Nous travaillons avec diverses matières écoresponsables. Nous n’abandonnerons jamais le
coton. Cependant, le nombre de magasins d’H&M
croît de 10 % par an ; H&M doit donc trouver
d’autres sources que le coton conventionnel – pour
des raisons d’impact social et environnemental et
pour des raisons économiques. Nous avons pris
Nous sommes en bonne voie. Cet objectif a été
annoncé voici plus de cinq ans, et nous avons établi
un plan de progression sur lequel nous sommes
en avance. Le coton biologique se développe, de
même que le better coton, et de nombreux labels
sont créés. La culture du better coton emploie 20 %
d’eau de moins que le coton conventionnel, 25 % de
pesticides de moins ; elle exclut le travail des enfants.
Entre 2014 et 2015, nous multiplierons par quatre le
nombre d’articles en coton recyclé. Pour y parvenir,
nous concluons des partenariats et nous réalisons
des investissements.
Fanny GARCIA
Comment priorisez-vous vos approvisionnements
entre le coton biologique, le better coton et le
coton recyclé ? L’empreinte environnementale du
coton biologique est forte, notamment parce que le
rendement des cultures est moindre. Celle du coton
recyclé est bien plus faible.
R émi crinière
Nous avons réalisé des investissements importants
dans le coton biologique. H&M a conçu sa première
collection de vêtements en coton biologique en
1993 – H&M France n’a été créé qu’en 1998.
H&M est le premier acheteur mondial de coton
biologique, mais ce coton ne représente que 15 %
de l’approvisionnement d’H&M en coton. Le coton
biologique ne représentera donc jamais la totalité du
coton employé par H&M. De même, il est impossible
que tous nos vêtements soient, un jour, fabriqués
avec du coton recyclé. En effet, tous les vêtements ne
sont pas collectés et ceux qui le sont ne sont pas tous
recyclés. Pour atteindre notre objectif, nous devrons
donc utiliser le better coton – qui représentera 70 %
du coton que nous utiliserons.
Nathalie CROISÉ
En 2014, 65 millions de tonnes de
filaments de polyester et de fibres de
coton ont été produites dans le monde.
On estime que, en 2020, la demande sera
de 90 millions de tonnes. Cyndi Rhoades
évoquera la démarche du recyclage
perpétuel de ces textiles.
Cyndi RHOADES
Fondatrice - Executive Circular Officer - Worn Again
Le coton/polyester constitue 70 % des textiles
utilisés pour la fabrication des vêtements. En 2014,
65 millions de tonnes de coton/polyester ont été
fabriquées, et, en 2020, cette quantité atteindra 90
millions de tonnes.
Chaque année, 16 millions de tonnes de vêtements
sont jetées en Amérique et en Europe. Les données
ne sont pas disponibles pour les autres continents,
mais il est probable que la quantité jetée soit égale à
la quantité fabriquée. Or ces vêtements constituent
une ressource qui pourrait être utilisée.
la qualité, les fonctionnalités et surtout le coût soient
équivalents à des produits en matière non recyclée.
Nous avons conclu des partenariats industriels avec
H&M et Kering, et nous sommes désormais proches
de dévoiler les résultats. Dès que la technologie
sera disponible, la production de vêtements pourra
commencer.
Un obstacle devra cependant encore être levé : il
faudra collecter les vêtements qui, aujourd’hui, ne
le sont pas. Pour ce faire, il
est nécessaire de changer les
mentalités. Les vêtements
usagés
sont,
dans
la
proportion de 55 %, réutilisés.
La quantité restante est
constituée à 75 % de fibres
de coton et de polyester. Nous
pourrons traiter ce stock, que
nous voulons obtenir à prix
nul – il est aujourd’hui de 75
euros par tonne.
Ainsi, le vêtement deviendra un produit circulaire.
Un des avantages de l’économie circulaire est de
constituer un approvisionnement à long terme et
durable. Le rôle du consommateur dans ce modèle
est de conserver les vêtements à l’intérieur du circuit.
Les gouvernements doivent favoriser cette économie
circulaire par des incitations fiscales.
Nathalie CROISÉ
Vous collaborez avec H&M et Kering, mais il serait
utile que tous les acteurs puissent utiliser la
technologie que vous concevez.
Cyndi RHOADES
Au Royaume-Uni, le taux de recyclage des vêtements
atteint 40 %, mais, aux Etats-Unis, il n’est que de 14
%.Le taux moyen mondial est de 20 % – il faut toutefois
noter qu’une partie des vêtements est réutilisée en
Europe de l’Est et en Afrique.
Nous ne voulons pas créer une technologie exclusive.
Nous voulons que celle-ci soit rentable et que d’autres
enseignes qu’H&M et Kering l’utilisent.
En 2004, notre vision, simple et ambitieuse, était
d’éradiquer le déchet textile. Nous avons conçu de
nouveaux produits, valorisé les fibres avec le concours
de marques intéressantes. Cependant, nous avons
constaté que notre démarche ne traitait que les
symptômes de la situation, et non ses causes. Il
s’agit, désormais, de réintroduire dans la production
le textile recyclé sous forme d’une nouvelle fibre.
Quand cette technologie sera-t-elle disponible ?
Il existe de nombreux obstacles au recyclage. Ainsi, il
n’est pas possible de modifier la couleur du polyester.
La plupart des fibres mélangées, en particulier le
coton et le polyester, ne peuvent être séparées.
Voici trois ans, nous avons réuni des ingénieurs
chimistes dans le but de trouver une technique pour
séparer le coton du polyester, récupérer celui-ci sans
le dépolymériser et extraire la cellulose du coton pour
en faire une fibre. Grâce à ces matières, nous voulons
créer des produits en polyester et en cellulose dont
Nathalie CROISÉ
Cyndi RHOADES
La première chose que l’on apprend dans le
domaine de la R&D est de ne jamais prendre
d’engagement de date. Plus nombreuses seront les
marques qui participeront à son
développement, plus tôt elle
sera disponible.
Jean-Luc BARTHARÈS
Directeur des relations
adhérents et R&D - Eco TLC
Je souhaite vous transmettre deux messages que j’ai
déjà communiqués à l’Assemblée Générale.
Dans le cadre de son action en faveur de la R&D,
Eco TLC a soutenu dix-huit projets. L’éco-organisme
ouvrira son sixième appel à projets le 1er septembre
2015. Le Comité scientifique souhaite l’orienter
vers l’éco-conception. Cet appel concernera donc
en priorité les metteurs en marché. Ceux-ci sont
généralement
insuffisamment
informés
des
actions de l’éco-organisme, qu’ils connaissent
principalement par l’éco-contribution. Je suis disposé
à répondre à leurs questions portant sur les projets
qu’ils ont conçus et qui seraient susceptibles d’être
financés dans le cadre du Comité Scientifique total.
Un faible nombre des projets qu’Eco TLC a soutenus
étaient portés par des metteurs en marché.
Eco TLC a mis en place, voici trois ans, un barème
éco-modulé pour des produits incorporant de la
matière recyclée, avec des résultats encourageants
(ces produits ont augmenté de 35 %) mais contrastés
(ils ne représentent qu’une très faible proportion
des quantités déclarées à l’éco-organisme). Nous
avons pour objectif d’étendre cette modulation selon
différents critères – qui pourraient être, par exemple,
la présence de perturbateurs ou de facilitateurs du
tri. Je fais appel aux adhérents pour prendre part à
cette réflexion. Nous créerons un groupe de travail.
ÉCHANGES AVEC LA SALLE
Jeanne MEILLIER
Chargée d’affaires - UP-TEX
UP-tex est un pôle de
compétitivité du Nord-Pasde-Calais. Quel pourcentage
de coton recyclé le pantalon
que porte Rémi Crinière
contient-il ?
R émi crinière
Le fil recyclé ne contient que du coton recyclé, et
il constitue 20 % du pantalon. Ceci est précisé sur
l’étiquette. Le recyclage mécanique produit des
fibres trop courtes pour être utilisées seules. Le
recyclage chimique produira des fibres plus longues
qui pourront être employées seules. Nous possédons
un service de veille en Suède pour examiner les
différentes technologies de recyclage.
Conclusion
Alain CLAUDOT
Ainsi lors du prochain appel à contributions, nous
pourrions demander à chaque entreprise de
s’autoévaluer.
Je suis très heureux de cette seconde édition du
« pouvoir des marques ». Nous avons pu mesurer
les progrès accomplis durant les douze mois qui
nous séparent de la première édition. Vous voyez,
à la tribune, un mannequin qui porte des produits
de différentes marques – H&M, Gentle Factory et
La Fibre du Tri. La veste, en denim, contient 20 %
de coton recyclé. Le jean, également en denim, en
contient 42 %, et le tee-shirt en contient 33 %. Enfin,
le sac correspond à la quantité de matière issue du
recyclage d’un jean et de sept bouteilles en plastique.
Vous pouvez mesurer la finesse du résultat de filature
et de tissage avec des matières recyclées.
Isabelle Anton évoquait sa volonté de rendre les
clients et les enfants acteurs. Le « pouvoir des
marques » ne peut que rendre les marques actrices.
Nous nous interrogeons sur l’opportunité de créer
des indicateurs clés pour mesurer l’impact des
actions de l’éco-organisme. Nous proposons que
l’un de ces indicateurs clés permettent d’évaluer la
mobilisation des entreprises sur le projet Eco TLC.
• Le niveau 0 correspondrait aux marques non
adhérentes,
• Le niveau 1 celui des marques contributrices en
règle avec la législation,
• Le niveau 2 et 3 celui des marques contributrices
et communicantes vers les citoyens sur
l’importance du geste de tri,
• Le niveau 4 celui des marques participant à la
collecte des TLC usagés.
Au-delà, les indicateurs distingueraient
les
entreprises qui proposent une offre de produits
recyclés, et, parmi elles, celles qui bénéficient de
l’éco-modulation. Ces indicateurs constitueraient
une grille d’évaluation des actions menées par nos
adhérents.
J érôme obry
Nos débats permettent de mesurer le lien qui existe
entre la capacité des marques à entrer en relation avec
leurs clients et leur capacité à générer une économie
circulaire. En cette matière, nous accomplissons
chaque année des progrès. L’éco-organisme peut
favoriser ces progrès en fédérant les marques et en
générant des contacts. Il appartient aux metteurs en
marché de communiquer à leurs clients les gestes
responsables. Dans le contexte français, cette mission
n’est pas aisée. Nous progressons cependant, et,
tout en conservant notre cœur de métier, qui est le
beau, nous passons progressivement d’une « société
du trop » à une « société du tri ».
Photographies réalisées par Raphaël de Bengy : www.raphaeldebengy.
com
Document rédigé par la société Ubiqus :
www.ubiqus.fr
Maquette réalisée par Eco TLC
Eco TLC est l’éco-organisme agréé par les pouvoirs publics.
Les missions d’Eco TLC pour faire progresser la collecte, le tri,
la réutilisation et le recyclage des vêtements, du linge de maison et des
chaussures :
La sensibilisation du grand public :
e
Un site d’information grand
public, ludique et clair avec
toutes les astuces pour avoir le
bon geste de tri, les actualités
des marques et des vidéos pour
inciter à participer et à relayer le
message autour de soi.
www.lafibredutri.fr
La mise à disposition d’outils
clé-en-main et d’informations
pratiques pour sensibiliser
tous les publics (interne et
externe) et pouvoir
communiquer son
engagement écoresponsable.
La collecte des TLC usagés :
Une cartographie regroupant
plus de 272 entités de
la collecte est en ligne
pour trouver facilement
le Point le plus proche
de chez soi : avec plus
de 35 000 PAV, il y en a
toujours un !
Le tri et le recyclage :
Le soutien financier à la pérennisation
et au développement des
opérateurs de tri industriel
qui s’engagent à maximiser la
valorisation par la réutilisation
et le recyclage des TLC en fin de
vie, en créant de l’activité et des
emplois et en réduisant les déchets.
Un logo « repère » pour
favoriser la reconnaissance
des Points d’Apport
Volontaire (PAV) : il est
apposé sur tous les PAV
participants.
L’innovation :
Le cofinancement des projets de
R&D pour créer de nouveaux
débouchés aux matières
issues du tri pour le recyclage des TLC et contribuer
à préserver les ressources
naturelles en détournant les
matières déjà produites des flux de
déchets.

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