u132 le du coyote

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u132 le du coyote
Revue de
de Musiques
Musiques Américaines
Américaines
Revue
LE
DU COYOTE
Février - Mars 2013
132
U
QUELQUES ENFERS DE LA COUNTRY MUSiC DES 60‘s
GOOD ROCKiN‘ TONiGHT - Thomas DENVER JONSSON - Marc THOMASSET
KiNG RECORDS - TiFFANY TRANSCRiPTiONS
Plumes
de Coyotes
Salut Jacques,
Avec ce nouvel abonnement je tenais à
remercier les amis connus et inconnus qui
ont témoigné leur sympathie lors du décès de
Louis*. Il attendait toujours avec impatience
que je lui apporte son fanzine préféré.
La musique lui a permis d'apaiser sa
souffrance, et, durant les cinq années de lourde
thérapie, il a beaucoup composé. Certaines de
ses compositions ont été enregistrées. Pour sa
mémoire, Gas Oil sortira un album en 2013.
Amicalement et meilleurs vœux à tous,
Gérard & Gas Oil
© *Louis Moore à qui Le Cri 131 a été dédié
Bonsoir J'ai recu hier le nouveau Cri avec une offre de
renouvellement. Le courrier de réabonnement
Bienfaiteur est parti ce matin. Tant que le Cri
gardera cette passion et cette qualité vous
pourrez compter sur mon soutien.
Amitiés, Jean-louis L.
Cher Coyote,
Pour une fois tu n'auras pas à me courir
après pour recevoir ta pitance annuelle ! Je
pense qu'il faut désormais te préserver en
raison de ton long cours, et sauvegarder tes
forces pour que tu continues à nous enchanter
encore longtemps de ton Cri salutaire. Dans
un monde qui hurle de plus en plus, et de
moins en moins à bon escient, ton Cri reste
clair, distinct, puissant et rassembleur. Quand
il nous parvient, nous savons qu'il reste encore
un espace protégé, mais évolutif, dans lequel
la musique et les musiciens que nous aimons
peuvent continuer à vivre leur passion et nous
la faire partager. Longue vie au Cri... sélectif !
Amicalement, Henri S
© Nous apprécions toujours autant ces élans
de sympathie. Merci à tous.
Cher Eric
Je tiens tout particulièrement à te féliciter
pour ta prise de position quand à l'image de la
country française (cf Le Cri 131 page 2).
C'est un combat que je mêne depuis au
moins quinze ans. Je me suis fait mal voir
par environ 95% de la country française (si
on peut encore appeler çà de la country), j'ai
quasiment arrêté les concerts, et je n'ose plus
dire aux musiciens que je fais de la country car
l'humiliation est quasi instantanée.
Ces images d'Epinal largement relayées par
la presse ne laissent aucune place à cette
culture qui, malgré ses excès politico-sociaux,
a une histoire à raconter, des sentiments à
diffuser, des échanges culturels et cultuels, et
moultes égarements humains etc.
Pour moi c'est une musique agréable à jouer
qui reste probablement la seule musique
populaire qui laisse encore un peu de place
à l'improvisation. Pour ce qui est de la presse
j'avoue que je ne lui jette pas (complètement)
la pierre car les journalistes qui s'occupent
de ce genre de sujets sont issus du bling
bling parisien et non pas du milieu culturel.
Ils relatent un événement populaire et non
pas la défense d'une culture. Ceci dit ces
"journalistes" pourraient faire un petit effort
intellectuel... Bref, je ne vais pas une fois de
plus étaler mes états d'âme Eric, car tout le
monde les connait déjà. Grace à cette prise de
position je me sens moins seul.
En espérant que ta prose serve un petit peu à
éclairer quelques âmes égarées.
Camarades, continuons le combat !
Lionel Wendling
© Quand nos musiques seront-elles enfin
considérées comme de réelles manifestations
artistiques ? Gardons (un petit) espoir... (JB)
PRiNCE FROM ANOTHER PLANET
Même après Noël, la musique d'Elvis est toujours un
cadeau ! Et même si le marketing sait fort bien exploiter
les archives, comme ici avec une majorité de rééditions,
on tombe sous le charme, et la cape qu'Elvis entrouve
sur son ventre (un peu arrondi) revigore l'envol de notre
adolescence complice à chaque fois... Magie !
Ce coffret deluxe sous-titré 40th Anniversary Edition,
propose deux CD et un DVD, ainsi qu'un fascicule très
intéressant rédigé par Lenny Kaye. Ce dernier (qui fut
le guitariste de Patti Smith) était alors correspondant du
magazine Cavalier et a suivi à la fois la conférence de
presse et les concerts au Madison Square Garden à New
York en 1972. (Les "vieux" Coyotes se souviendront qu‘il
avait également travaillé avec Waylon Jennings pour la rédaction de son autobiographie.
Lenny connaît la musique et sait écrire sur sa passion, le livret mérite notre attention).
Ces concerts, du 9 au 11 juin, ont cumulé une vente de 80 000 billets en 4 shows, avec
la confrontation (la première en 15 ans) du King au public new-yorkais réputé difficile
parce que blasé par l'abondance de talents qu'on lui propose. Mais le charme a opéré.
Le premier CD reprend principalement le spectacle du samedi après-midi, soit 23
chansons (avec les textes d'introductions) qui avait déjà été publié sur CD en 1997.
Le second CD offre l'intégralité du concert du samedi soir (une vingtaine de chansons)
déjà connu par une sortie CD quelques jours après le spectacle. Ces CD font en
partie double emploi (cf listings ci-dessous) car le répertoire est assez proche et les
interprétations n'ont pas de changements capitaux. Mais nul doute que les fans pointus
d'Elvis y trouveront sans doute de bonnes raison pour comparer et apprécier les deux !
Le DVD est évidemment l'élément du coffret (en soi un bel objet bien conçu) qui retient
principalement l'intérêt avec la conférence de presse où Elvis répond avec humour
comme un bon garçon (à côté de son père Vernon) et surtout le film inédit de Don Lance,
24 ans, spectateur assis au 4ème rang, qui a réussi à cacher sa caméra et 6 petits
bobines de 3' chacune. Malgré les coupures (changement de films et peur des membres
de la sécurité) on a la majeure partie des grands classiques. Il est toujours émouvant de
voir Elvis, malgré ses excès de gestes parfois. Musicalement tout fonctionne. L'orchestre
tourne à plein et, surtout, la voix d'Elvis est là, comme elle a toujours été jusqu'à la fin
de sa vie : belle, juste et expressive. Indispensable pour les fans, ce coffret peut aussi
convertir les plus jeunes à la réalité derrière le mythe : ils comprendront mieux pourquoi
Elvis reste le King, ce "prince venu d'une autre planète" (le titre fut celui de la presse de
l'époque) et pourquoi nous continuons à l'aimer encore et toujours ! © (JB)
CD 1 : 1. Intro : Also Sprach Zarathustra (Theme 2001: A Space Odyssey), 2. That’s All Right, 3. Proud
Mary, 4. Never Been To Spain, 5. You Don’t Have To Say You Love Me, 6. Until It’s Time For You To Go, 7.
You’ve Lost That Lovin’ Feelin’, 8. Polk Salad Annie, 9. Love Me, 10. All Shook Up, 11. Heartbreak Hotel,
12. Medley: (Let Me Be Your) Teddy Bear/ Don’t Be Cruel, 13. Love Me Tender, 14. Blue Suede Shoes, 15.
Reconsider Baby, 16. Hound Dog, 17. I’ll Remember You, 18. Suspicious Minds, 19. Introductions by Elvis,
20. For The Good Times, 21. American Trilogy, 22. Funny How Time Slips Away, 23. I Can’t Stop Loving
You, 24. Can’t Help Falling In Love, 25. End Theme (Orchestra).
CD 2 : 1. Intro : Also Sprach Zarathustra (Theme 2001: A Space Odyssey), 2. That’s All Right, 3. Proud
Mary, 4. Never Been To Spain, 5. You Don’t Have To Say You Love Me, 6. You’ve Lost That Lovin’ Feelin’,
7. Polk Salad Annie, 8. Love Me, 9. All Shook Up, 10. Heartbreak Hotel, 11. Medley: (Let Me Be Your) Teddy
Bear/ Don’t Be Cruel, 12. Love Me Tender, 13. The Impossible Dream (The Quest), 14. Introductions by
Elvis, 15. Hound Dog, 16. Suspicious Minds, 17. For The Good Times, 18. American Trilogy, 19. Funny How
Time Slips Away, 20. I Can’t Stop Loving You, 21. Can’t Help Falling In Love, 22. End Theme (Orchestra).
COYOTHÈQUE
Alabama Blues
Maryvonne Rippert
Nous avons assez souvent évoqué le "danger" du Net pour la survie du
papier (presse, magazine) pour saluer une initiative qui est sans doute
une des façons possibles de lier et exploiter plusieurs technologies.
Ainsi cet ouvrage est-il un des premiers liens "modernes" du livre
traditionnel, du support CD et de la puissance d‘Internet. Un bouquin
"sonore" et un disque "à lire aussi" : peut-être la bonne combinaison
pour intéresser désormais les plus jeunes à l‘émotion de la musique ?
Le roman de Maryvonne Rippert conte une histoire de rencontre
entre de jeunes lyonnais et un "vagabond" qui se rélève artiste quand il
exprime, grâce à son saxo, les nuances du blues. En même temps, la
bande originale du livre est réalisée par Les Chics Types (Christian Biral (guitare et chant),
Jean-Yves Demure (batterie), Cédric Vernet (basse, harmonica et ukulele) avec l‘aide de
Christophe Annequin (piano), Philippe Crova (guitare) et Eric Corbet (sax ténor). Elle se
présente sous la forme d‘un CD de 13 titres qui correspondent à des moments précis du livre,
lesquels sont accessibles également par l‘intermédiaire du Web (par flashcodes imprimés
aux emplacements correspondants dans les chapitres).
Ainsi on est à la fois dans le local typique (de la Sâone au Mississippi, Sur la route de
Tullins) et dans l‘universel des standards avec les reprises de Sittin‘ On The Dock Of The Bay,
Jumpin‘ Jack Flash ou Rockin‘ All Over The World, sans oublier bien sûr l‘aspect plus "roots"
qu‘implique toute mention du blues (par exemple avec la version acoustique de Alabama
Blues de J.B. Lenoir). Le tout est facile à lire et à utiliser, agréable à écouter, et devrait
être disponible toutes les médiathèques publiques (souhaitons-le !). On peut néanmoins
acquérir le livre ou le CD (voire les deux !) et faire son propre voyage initiatique en très bonne
compagnie pour le plaisir de flâner en blues ! (JB) www.chicstypes.fr, www.oskarediteur.com
Gérard HERZHAFT
Concerts & Conférences
Country Music
Blues - Cajun
Folk Song
Le Cri du Coyote n°132 page 02
04-72-33-45-89
www.jukeghblogspot.com
Photo de couverture extraite de
America‘s Music, The Roots Of Country
de Robert K. Oermann (Turner, 1996)
NEWS
Coyote Report
DRÔLE DE LONG TiTRE DE CD...
Ultimate Creedence Clearwater
Revival : Greatest Hits & AllTime Classics. Coffret avec
quelques inédits, mais sans
la totalité des titres pour des
raisons de droits, John Fogerty
refusant d'être associé à
certains titres de CCR !
MANDOLiNE : GATHERiNG
Après avoir joué avec Randy
Khors et Tony Rice, Aaron
Ramsey, de Mountain Heart
depuis in 2007, sort Gathering,
son 1er CD solo, avec Avec
Ron Block, Stuart Duncan, Tim
Crouch, Randy Kohrs, Patton
Wages, etc. Il partage le chant
avec Barry Abernath (Mountain
Heart) et Rickey Wasson (American Drive). Il signe (avec son
père Mike) 6 titres sur 12 et
reprend Fare Thee (Dylan) et
One Tear (Osborne Brothers)
REBORN (PiNECASTLE RECORDS)
Album prévu
en avril par
Mark Newton
et Steve
Thomas, qui
a joué ou
enregistré
avec Lonesome River Band,
Jim & Jesse, The Osborne
Brothers, Del McCoury, Lost &
Found, Ronnie Bowman, The
Whites, Aaron Tippen, Lorrie
Morgan. Le duo va tourner
avec Matt Wallace (basse)
BONNE FÊTE MAMAN
Le dernier CD des Dixie Chicks
(Taking The Long Way) date de
2006. Natalie Maines annonce
son 1er disque solo en mai,
titré Mother, chanson des Pink
Floyd qu'elle a interprétée en
tournée avec Ben Harper
THiS iS 40 : À DÉCOUVRiR ?
La B.O. du film annonce Yoko
Ono, Graham Parker, Lindsey
Buckingham, Paul Simon, Ryan
Adams, Paul McCartney, Wilco,
Norah Jones, Fiona Apple
Necro : Richard BLACKBURN
(70 ans) Ancien directeur de
Atlantic à Nashville (il a lancé
John Michael Montgomery,
Tracy Lawrence, Neal McCoy,
Confederate Railroad) il fut
également président de la
Country Music Association
THE DiXiE CHiCKS
Quelques (trop) rares concerts
du trio sont prévus cet été
THE VERY BEST OF THE POGUES
Compilation de 18 titres pour
accompagner vos boissons (!)
de l'illumination (If I Should Fall
from Grace with God) à la Dirty
Old Town (burp)... ©
Pour acquérir les anciens
numéros du Cri du Coyote
encore disponibles, voir
p 26 et remplir les bons
de commande p 41 & 42
Editorial
Bonjour,
La façade de l'ancien auditorium du
Ryman, en couverture de ce numéro,
est celle d'un "temple" qui abritait le
Grand Ole Opry, une belle cérémonie
musicale où les fidèles approchaient et
contemplaient leurs idoles. Mais, dans
le répertoire de la grande époque, qui
nous paraît parfois si lisse aujourd'hui,
voire désuet, se glissaient aussi de drôles de drames... quelquesuns de ces enfers sont présentés et analysés par Eric Allart.
Côté tradition et histoire, Marc Alésina nous offre la fin des
Tiffany Transcriptions et Bernard Boyat la suite de sa saga sur
King Records. Côté contemporain et découverte, deux artistes :
Marc Thomasset, musicien français par Serge Moulis et Thomas
Denver Jonsson, musicien suédois, un choix dans l'esprit Lone
Rider, interviewé par Eric Supparo. Côté concerts, de nombreux
rendez-vous dont le Good Rockin' Tonigth d'Attignat, présenté
par Bernard (et, qu'on me pardonne une mention toute chauvine,
les Martiotti Brothers au Buis-les-Baronnies le 11 mai).
Dominique Fosse et Roland Lanzarone sont au rendez-vous
de leur chroniques respectives sur l'actualité du bluegrass et
de la country australienne, tandis que Bernard Boyat propose
ses sélections Cajun et Crock 'n' Roll. Lionel Wendling finit
d'installer son nouveau nid et présente deux albums. N'oublions
pas Disqu'Airs avec, en plus des sus-cités, Christian Labonne,
Jean-Jacques Corrio, Alain Fournier, Sam Pierre (et moi)...
Liste moins plaisante, celle des disparitions : je garde au cœur
un concert de Dave Brubek, peu de temps avant la mort de Paul
Desmond. Et comment de pas être ému en repensant à Mike
Auldridge, comme à John Duffey, admirés avec Seldom Scene
en 1975, puis à Toulouse ? On en reparlera bien sûr.
En attendant un album est annoncé réunissant Mike Auldridge,
Rob Ickes et Jerry Douglas... il ne nous consolera pas, mais
donnera vigueur au constat permanent : la musique continue !
Je vous souhaite santé et bonne année. Défendez vos passions
en soutenant Le Cri, et les musiciens, par leurs concerts et leurs
disques. Bonne musique à tous, cordialement, Jacques
Scalpel absent exceptionnellement, mais pas émoussé ! :
Bonjour,
J'étais en train de finir le document pour le numéro à paraître
quand la foudre est tombée hier soir sur un arbre proche
de notre maison. Il y a eu un pschtttt... écran noir. Avis du
spécialiste : disques durs (du PC et externe)... MORTS ! Rien
n'est récupérable. Heureusement, ce n'est pas mon ordinateur
professionnel. Mais je n'aurai pas le temps de refaire la
chronique cette semaine. Je suis désolé et abasourdi... Serge
PS : Le titre de l'album de Francis Cabrel chroniqué dans le
n°131 est Vise le ciel (non le vent), mille excuses pour l'erreur.
DANGERS DU ROCK 'N' ROLL
Selon Futura Science, une étude
britannique sur 1489 artistes dont
un album fut parmi les meilleures
ventes de 1956 à 2006, constate
qu'en 50 ans, 137 stars sont mortes,
soit 9,2% du total. Espérance de
vie des rockeurs britanniques :
39 ans, nord-américains : 45 ans.
Ceux qui ont une carrière solo ont
deux fois plus de risques de mourir
prématurément que les membres
d’un groupe. Au Royaume-Uni,
un soliste sur dix connaît une fin
tragique (un sur cinq aux USA).
Les artistes morts à la suite d’un
comportement à risque ou d’une
overdose ont le plus souvent eu
une enfance difficile (abus sexuel,
violence physique, un proche en
prison, parent toxicomane, etc.).
Sommaire
Jacques Brémond
MiRACLE ?
Le 26-11-2012
fut le premier
jour sans crime
à New York !
Gazette
Express
02
02
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04
08
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43
44
Plumes de Coyotes
Coffret Elvis
Editorial
Quelques enfers de la
Country Music des 60's
Avenue Country
Coyothèque
Noix de Cajun
Tiffany Transcriptions
Kanga Routes
Nuit de la Glisse
King Records
Bluegrass & C°
Coyothèque
Thomas D. Jonsson
Disqu'Airs
Marc Thomasset
Crock 'n' Roll
Heaven's Door
Good Rockin' Tonight
Concerts
Cabas du Fana
News - Coyote Report
Nous n'avons pas pu
réaliser l'interview prévue de
Sanseverino, mais... à bientôt !
"Tout vient d’une envie suivie d’une
idée très simple : écrire des chansons
qui ne sonnent bien qu’en anglais,
avec une rythmique bluegrass (...).
Je suis fan du country western
swing hillbilly, qu’on a l’habitude de
chanter traditionnellement avec une
voix plutôt “nasale”. Je chanterai
en french ! J’appelle donc tous les
musiciens bluegrass de France, ils
sont onze... J’en choisis quatre et je
monte mon groupe." Sanseverino
SON DADA : UN RÉGiME SANS SELLE
Carlos R. Romero, 32 ans, a été "pris" en train
de faire l'amour avec sa charmante compagne
Doodle : une ânesse naine ! Or la loi en Floride
considère que c'est un crime, car une activité
"sans consentement". Mais l'avocat plaide la
"liberté", laquelle serait sans aucun lien avec
cette considération "morale ou religieuse"...
ÉLECTiONS AMÉRiCAiNES : PAS VRAiMENT DE SURPRiSE
Ils ont soutenu Romney : Trace Adkins, Rodney Atkins, Zac
Brown, Charlie Daniels, Sara Evans, Lee Greenwood, Jo Dee
Messina, Ronnie Milsap, Randy Owen, Collin Raye, John Rich, Kid
Rock, T.G. Sheppard, Ricky Skaggs, Hank Williams Jr. (cet abruti a
comparé Obama à Hitler !), Gretchen Wilson, Lynyrd Skynyrd, The
Oak Ridge Boys, The Marshall Tucker Band, etc.
Ils ont soutenu Obama : Jeff Beck, Jimmy Buffett, Eric Church,
Neil Diamond, Buddy Guy, Merle Haggard, Mick Jagger, Elton
John, Quincy Jones, Brad Paisley, B.B. King, Carole King, Kris
Kristofferson, Dave Matthews, Paul McCartney, John Mellencamp,
Bette Midler, Randy Newman, Axl Rose, Paul Simon, Bruce Springsteen, James Taylor, Crosby, Stills & Nash, etc.
DOCUMENTAiRE À VOiR SUR iNTERNET : THE ARCHiVE, LA PASSiON DE LA COLLECTiON !
Petit film de Sean Dunne sur Paul Mawhinney, qui possède un million de LP's et un million
et demi de singles ! Depuis la fermeture de son magasin en 2008, il cherche à vendre sa collection
(estimée 50 millions de dollars). Il en demande trois millions, mais n'a pas trouvé d’acheteur. Lien :
http://www.cvltnation.com/worlds-largest-vinyl-collectionthe-archive-documentary-now-showing/
Le Cri du Coyote n°132 page 03
Eric ALLART
"Je vais te tuer et ensuite je vais
t’enterrer dans une boite d‘environ
la moitié de ta taille"
QUELQUES ENFERS
DE LA COUNTRY
MUSiC DES 60'S
C’est un fait établi : à la suite de l’explosion traumatique du rockabilly dans les
années 50, l’industrie nashvillienne décida en réaction, à la fin de la décennie, et
jusque dans les années 70, de produire un genre formaté et maîtrisé, consensuel,
plus urbain et aux visées nettement commerciales, à savoir le "Nashville sound".
Tournant le dos aux saveurs traditionnelles qui irriguaient encore le honky
tonk des années 50, marqué par le météoritique Hank Williams, le nouveau style
est plus policé, il évince les fiddles et steel guitares au profit des arrangements
écrits, symphoniques et léchés, Patsy Cline et Jim Reeves incarnent cette mutation
qualitative imputable aux studios RCA et à Chet Atkins.
Alors que le rockabilly est un appel de la jeunesse au sexe et à toutes les formes
d’hédonisme, y compris contrarié, Nashville vise la génération des parents, en
faisant assaut de platitude et de consensus. On a même parlé de stérilisation pour
ce processus créatif aussi aseptisé qu’une photo officielle de JFK. Derrière les
roucoulades chromées des Browns, les back-ups sucrés des Anita Kerr singers, la
belle voix grave de crooner de Jim Reeves on pourrait croire que la décennie n’est
qu’un long cruisin’ au ralenti sur une highway feutrée en direction d’un superstore
au design aussi futuriste qu’un atelier de la NASA.
1- Southern hospitality et tueurs en série.
Comment analyser cette propension à incarner, en focalisation interne, le point de vue
déshumanisé du tueur en série ? Pourquoi cette émergence du maniaque sexuel totalement
opposé à l’image consensuelle, familiale et religieuse du mainstream nashvillien des 60's qui
lui coexiste ? Je ne suis ni anthropologue ni sociologue mais il se passe quelque chose.
Est-ce une réaction malsaine et machiste au frémissement des futurs mouvements de
libération de la femme ? Un écho du poids des vétérans rapportant sur le territoire US leur
trauma post seconde guerre mondiale, post Corée et bientôt post Vietnam ?
Une séquelle de l’assassinat de JFK, officiellement attribué à un ancien
Marine retourné par les communistes ? Toujours est-il que les femmes
dégustent, même quand on y met les formes d’une délicieuse courtoisie
sudiste un peu désuète...
Dolores
Please stay inside the house tonight, Dolores.
Lately there’s been violence in the streets.
The moon is full but hearts are dark, Dolores.
Danger in every stranger you meet. There’s a killer in the neighborhood, Dolores.
A man who sees a girl and goes berserk.
And you’re just the kind of woman that he preys on.
And my mind stays so upset it’s hard to work.
While I’m working nights, I’m making my collections.
A few quarters for insurance every week.
Sometimes I can hardly find directions for fear some
harm may fall you on the street. The paper says the slayer struck another. Even now, the law is searching for a clue. And they’ve called me to identify your body. Dolores,
How could I know that it was you?
I’d you’d stayed inside the house tonight, Dolores…
Traduction au verso
Eddie Noack (1930-1978). Attachant second couteau du honky
tonk des années 50-60, Eddie Noack, universitaire admiré par Hank
Williams, enregistra chez Starday de belles plages de chansons
dépressives. Il n'eut pas la carrière qu’il méritait mais depuis les
années 80, son œuvre réévaluée lui vaut une estime forte chez les
amateurs de honky tonk classique. En particulier pour la qualité de
son écriture ayant fourni du matériel pour d’autres artistes.
Originalement gravé par Loy Clingman chez Liberty Bell It’s nothing to me a peut-être été
écrite par Leon Payne sous un pseudonyme. J’en ai trouvé plusieurs versions intéressantes,
celle de Buddy Long en 1959, toute en suggestion et douceur, une de Jim Reeves de 1961
et l’excellente reprise par Sanford Clark de 1968, créditée à tort à Harry Johnson.
Un homme de bien essaie parfois de prévenir, de conseiller ceux qui s'engagent sur la
pente fatale. Mais comme nous le savons en France, "les cons ça ose tout", et selon les
classiques engrenages du destin il existe un point de non-retour où s'engage l'imbécile trop
arrogant pour entendre les avis du sage.
Prévenir un crétin de sa mort imminente quand il vous envoie que "ce n'est pas vos
oignons" ne peut aboutir qu'à une grande lassitude et à un début de cynisme désabusé.
Moderne, cette chanson l'est par son usage du coup de feu qui résout la situation, donnant
à la scène immédiateté et réalisme. Plus con, on meurt, vidé de son sang sur le sol, ou de
retour à Sing-sing. Pour le narrateur c’est devenu sans importance.
It’s nothing to me
Take your drink to the end of the bar, buddy
Let her be, now don't be a fool
I'd soon have a hot seat in Sing Sing, buddy
Than to sit down by her on that stool.
What's that you say/ I guess you're right
It's nothin' to me.
- InstrumentalSee that man she belongs to him, buddy
Better drink up and go while you can
Le Cri du Coyote n°132 page 04
I can tell by the way he looks at you, buddy
He's sure out with temper jealous man.
What's that you say/ I guess you're right
It's nothin' to me.
- Instrumental- (et coup de feu !)
There you are stretched out on the floor, buddy
Now you see what you made him do
Here they come to take him off to jail, buddy
And tomorrow someone will bury you.
Oh, well that's life/ Or it was/ It's nothin' to me...
Traduction au verso
La réalité est plus intéressante et
plus riche, et je propose de la parcourir
avec quelques thèmes et chansons
emblématiques du "coté obscur".
Les thématiques malsaines et violentes
existent dans l’arborescence de la
country-music depuis ses origines oldtime les plus lointaines. Sans remonter
aux sagas scandinaves ou aux ballades
anglo-irlandaises, la chanson country
a longtemps eu la fonction de vecteur
de récit d’actualité sur les guerres, les
faits divers sanglants, les catastrophes
spectaculaires.
The great Titanic, Banks of the Ohio,
conjuguaient une certaine complaisance
pour le mal avec un voyeurisme atténué
par une morale qui rendait la chose
socialement acceptable. De plus,
chaque incursion dans l’horreur et la
violence était jugée in fine à l’aune d’une
religiosité intraitable. Quand Roy Acuff se
désolait d’une catastrophe autoroutière,
le pire pour lui, dans les 30's, était que
personne ne priait...
Le Western swing des 30's pratiquait
le double-talk et rivalisait d’imagination
pour chanter le sexe et l’alcool en
esquivant la censure. Mais c’était une
musique vivante et positive. Le Honky
tonk de l’après-guerre, s’il se complaisait
dans la dépression alcoolique et les
naufrages sentimentaux, ne dépassait
pas certaines limites.
Or, les 60's voient l’émergence de
pures provocations, avec une écriture
et un sens du second degré typique
d’une modernité inédite. Même si on
avait bien remarqué les quelques lignes
sulfureuses de Johnny Cash dans
Folsom prison blues où il évoquait en
1956 avoir "tué un homme, rien que pour
le regarder mourir", le répertoire hillbilly
restait maîtrisé et reflétait les valeurs
dominantes d’une société moralisatrice.
Sans prétendre à l’exhaustivité, voici
mis en lumière quelques diamants noirs,
quelques pierres tombales jalonnant le
chemin obscur du refoulé, de l’indicible,
du monstrueux, à travers des artistes
inconnus et des stars intégrées à
la machinerie commerciale qui ne
rechignèrent pas à donner parfois dans
le scabreux.
Traduction des chansons :
Eric Allart
Anita Kerr Singers
Happy Days
The girl on death row
Her eyes were once so full of dreams.
Her young heart filled with lover schemes.
Now every second she must borrow.
They take her life tomorrow.
Is she guilty? She says no.
The girl on death row.
Now someone holds her trembling hand.
Another says please understand.
Why can't they see it in her face?
Another should be in her place.
Is she guilty? She says no.
The girl on death row.
Her young dreams never will come true.
Her innocence they never knew.
Until they've found the guilty one.
They're sorry now for what they've done.
But it's late, too late
For the girl on death row.
...The girl on death row...
Lee Hazelwood
& Sanford Clark
A la violence spontanée du fait divers peut répondre une horreur
encore plus grande dans celle instituée par l’Etat, quand c’est la
machine judiciaire qui débloque et qui amène une pauvre jeune fille
innocente dans le couloir de la mort.
Un summum de perversion transpire dans le phrasé de Sanford
Clark, (1935) lorsqu’il évoque La fille du couloir de la mort Excellent
chanteur de rockabilly et de country, Sanford Clark reste un exemple
emblématique d’artiste à fort potentiel négligé par ses producteurs
et maisons de disques, délaissé au profit de Pat Boone dans les
50's, et au profit de Nancy Sinatra dans les 60's.
Il surjoue son personnage de crooner sucré pour teenager, en totale
opposition avec les dernières minutes de la vie de cette fille dans le couloir de la mort.
2- La vengeance doit être immédiate.
Wynn Stewart (1934-1985) est un des cofondateurs du son Bakersfield, petit homme
complexé qui n'arriva pas à gérer sa carrière et à profiter des opportunités commerciales,
Wynn Stewart livre avec I'm gonna kill you un bijou d'ultraviolence complètement opposé
à la tonalité dominante de son répertoire
sentimental, sucré et auto dépréciatif. On
pourrait en trouver des prémisses dans Long
black Limousine, reprise par Merle Haggard,
où le narrateur félicite celle qui l'a abandonné
pour mener la grande vie. Cette dernière
s'achevant brutalement dans la fameuse
limousine noire, en réalité un corbillard, où
la destinataire de la chanson est enfin suivie
par tout le gotha du monde friqué qu'elle a
voulu intégrer.
"Je m'en vais te tuer" adopte un ton nettement
Wynn Stewart,
plus direct, menaçant et agressif. Il va y
Jackie Burns
avoir du sang, du démembrement et des os
Ralph Moone
brisés...
I’m gonna kill you
Why did you ever tell me that you loved me
When you knew that it was all the lie
I think that you deserve to and I think I got the nerve to
Make this the last day of your life
I'm gonna kill you I think I'm gonna kill you
I'm gonna close your cheatin' bedroom eyes
I'm gonna kill you I think I'm gonna kill you
And bury you in a box about half your size
You told you you were just goin' to the store
Seems like a month of Sunday since you've been gone
I've been sittin' here walkin' the floor
You'd better be prepared when you walk through that door
Cause I'm gonna kill you...
I'm gonna kill you simply gonna kill you
And bury you in a box about half your size
Porter Wagoner (1927-2007) est une des superstars nashviliennes des 60-70's.
Connu en France comme le partenaire de Dolly Parton, il incarne l'exemple du chanteur
attaché à un véritable groupe, le suivant
régulièrement sur scène et dans son émission
de TV où il convia le gratin de son époque.
Immergé dans la religion et la mise en
scène du thème de la déchéance alcoolique,
Wagoner reste une icone du white trash
polychrome, prince des néons, décoré
comme un grand magasin de Noël dans ses
costumes en rhinestones.
Il nous donne en 1967 un récit de série noire
où la violence éclate dans le cadre le plus
anodin, dans le quotidien professionnel et
Le Cri du Coyote n°132 page 05
Dolores
Je t'en prie, reste à la maison ce soir Dolores.
Ces derniers temps les rues sont devenues
violentes. La Lune est pleine mais les cœurs
sont noirs, Dolores. Et le danger en tout étranger
que tu croises. Il y a un tueur dans le voisinage,
Dolores, Un homme que ça rend dingue de voir
les filles. Et tu es exactement du genre qu'il rêve
d'avoir. Et j'en ai l'esprit tellement préoccupé que
j'ai du mal à travailler. Comme je travaille la nuit je
vais percevoir des cotisations, quelque monnaie
pour les assurances chaque semaine. Parfois
j'en ai même du mal à trouver mon chemin par
crainte du mal qu'on pourrait te faire dans la rue.
Les journaux disent que le tueur en a frappé une
autre. La police est encore à la recherche d'un
indice. Et ils m'ont appelé pour identifier ton
cadavre.Dolorès, comment pouvais-je savoir que
c'était toi? Si tu étais restée à la maison ce soir
Dolorès... Hmm
C'est pas mes oignons
C’est pas mes oignons/ Prend ton verre au bout
du bar, mon pote/ Laisse là tranquille maintenant,
ne fait pas l’idiot/ Je préférerai avoir un siège au
chaud à Sing-Sing, mon pote/ Que de rester à
coté d’elle sur ce tabouret/ Qu’est-ce que tu as
dit ? Je crois que tu as raison/ C’est pas mes
oignons
Tu vois cet homme, elle lui appartient mon pote/
Tu ferais mieux de boire et de partir tant que tu
peux encore/ Je peux t’assurer à la manière dont
il te regarde, mon pote/ Que c’est un jaloux à bout
de nerfs/ Qu’est-ce que tu as dit ? Je crois que tu
as raison/ C’est pas mes oignons
Instrumental, (parfois suivi d’un coup de feu selon
les versions).
Te voila maintenant étalé sur le sol, mon pote/
Ca-y-est, tu vois ce que tu l’as amené à faire/
Les voilà qui l’emmènent en prison, mon pote/ Et
demain quelqu’un va t’enterrer/ Oui c’est la vie/
Enfin, ça l’était… C’est pas mes oignons
La fille du couloir de la mort
Autrefois ses yeux étaient plein de rêves/ Son
jeune cœur empli de clichés romantiques/
Maintenant elle compte chaque seconde/ Ils
prendront sa vie demain/ Est-elle coupable ? Elle
dit que non/ La fille dans le couloir de la mort./
Maintenant quelqu’un tient sa jolie main/ Un autre
lui dit "s’il te plait, il faut comprendre"/ Pourquoi ne
lisent-ils pas sur son visage/ Qu’une autre devrait
être à sa place/ Est-elle coupable ? Elle dit que
non/ La fille dans le couloir de la mort./ Ses rêves
d’adolescente ne deviendront jamais réalité/ Ils
ne sauront jamais qu’elle est innocente/ Jusqu’à
ce qu’ils trouvent la coupable/ Ils seront désolés
alors pour ce qu’ils auront fait/ Mais il est tard,
bien trop tard, pour la fille du couloir de la mort./
La fille du couloir de la mort…/ La fille du couloir
de la mort…
Je vais te tuer
Pourquoi m’avoir dit que tu m’aimais ?
Alors que tu savais que ce n’était qu’un mensonge/
Je pense que tu le mérites, et que j’en ai la force
De faire d’aujourd’hui le dernier jour de ta vie
Je vais te tuer, je pense que je vais te tuer
Je vais clore tes yeux adultérins pour chambre à
coucher/ Je vais te tuer, je pense que je vais te
tuer/ Je vais te tuer et ensuite je vais t’enterrer
dans une boite d‘environ la moitié de ta taille Tu m’as dit que tu allais seulement au magasin
On aurait dit dimanche que tu étais partie depuis
un mois/ Je suis resté la assis, et à arpenter la
pièce/ T’as intérêt à être prête quand tu franchiras
cette porte/ Parce que je vais te tuer, je pense que
je vais te tuer/ Je vais clore tes yeux adultérins
pour chambre à coucher/ Je vais te tuer, je pense
que je vais te tuer/ Je vais te tuer et ensuite je
vais t’enterrer dans une boite d‘environ la moitié
de ta taille La chambre capitonnée
Dans un grand immeuble, cerné de murs de
pierres, il y a une chambre capitonnée/ Quand un
homme voit et entend des choses qui n’existent
pas,/ Il est bon pour la chambre capitonnée/ Des
illusions dans un esprit tordu, pour se sauver
de l’autodestruction, Hmm, il y a la chambre
capitonnée/ Où un homme peut se ruer contre les
murs, jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent et
le laissent à terre, assommé dans l’attente d’une
aide, dans la chambre capitonnée
Dans sa vision brouillée d’une malédiction,
psychopathe, dans la chambre capitonnée
Dans la chambre à coté de la mienne, un homme
hurle un prénom de femme, cogne les murs en
vain, il est dans une chambre capitonnée
J’entends des pas marteler le sol, mon dieu,
j’espère qu’ils ne vont pas s’arrêter à ma porte,
Hmmm, dans la chambre capitonnée
Maintenant ils viennent me chercher et ils me
trouvent en train de brailler de jolis mots, essayant
de les faire rimer/ Hmm, je suis un psycho, dans
la chambre capitonnée Hmmmmmm.
I left the store two steps behind the stranger
From there to my house his car stayed in sight
But it wasn’t till he turned into my drive that I learned
I was witnessing the cold hard facts of life
I drove around the block till I was dizzy
Each time the noise came louder from within
And then I saw our bottle there beside me
And I drank a fifth of courage and walked in
Lord you should’ve seen their frantic faces
They screamed and cried please put away that knife
I guess I’ll go to hell or I’ll rot here in the cell
But who taught who the cold hard facts of life
Who taught who the cold hard facts of life
Porter Wagoner
The Cold Hard Facts of Life
I got back in town a day before I’d planned to
I smiled and said I’ll sure surprise my wife
I don’t think I’ll phone I’ll just head on home
For I didn’t know the cold hard facts of life
I passed a little winestore on the corner
I pictured big champagne by candle light
I stopped the car right then got out and hurried in
My mind not on the cold hard facts of life
A stranger stood there laughing by the counter
He said I’ll take two bottles of your best
Her husband’s out of town and there’s a party
He winkled as if to say you know the rest
Porter Wagoner continue dans une veine semblable avec un meurtre passionnel bien plus
maitrisé dans son modus-operandi, dans une chanson écrite par Willie Nelson :
I just can't let you say goodbye
I had not planned on seeing you, I was afraid of what I'd do
But pride is strong, and here am, I and I just can't let you say
goodbye/ Please have no fear, you're in no harm as long as
you're here in my arms
But you can't leave so please don't try but I just can't let you
say goodbye/ What force behind your evil mind can let your
lips speak so unkind ?
To one who loves as much as I, I just can't let you say
goodbye/ The flesh around your throat is pale intended by
my fingernails
Please don't scream and please don't cry cause I just can't let
you say goodbye
Your voice is still, it speaks no more, you'll never hurt me
anymore/ Death is a friend to love and I cause now you'll
never say goodbye
Le mal est inéluctable et justifié quand les
avertissements n’ont pas été entendus, on ne se moque
pas impunément du gars de la campagne sur la voie de
la vengeance. Il doit y avoir châtiment, y compris pour le
narrateur meurtrier qui annonce son suicide, mais avec
courtoisie et raffinement, car Johnny Paycheck (19412003) conserve la classe du gentilhomme sudiste en
toutes circonstances !
Paycheck avait tout pour être George Jones à sa
place : Un sens inné du honkytonk dépressif, un vocal
maniéré et douloureux, une intégrité stylistique qui font
de ses sessions chez Little Darlin’ un corpus considéré
aujourd’hui comme classique et repris par Rex Hobart
and The Misery Boys, ou Dale Watson. Personnage
violent et tourmenté (drogue, alcool, homicide qui lui vaut d’être incarcéré de 1989 à
1991), il aura toujours eu une attitude marginale vis-à-vis de Nashville, en dépit d’une
reconnaissance tardive en 1997.
Pardon Me I've Got Someone To Kill
I know you'll excuse me if I say goodnight
I've got a promise to fulfill
Thank you for listening to my troubles
Pardon me I've got someone to kill
I warned him not to try and take her from me
He laughed and said if I can I will you know I will
So tonight when they get home I'll be waiting
Pardon me I've got someone to kill
I know I'll surely die for what I'm about to do
But it don't matter I'm a dead man anyhow
This gun will buy back the pride they took from me
And also end this life of mine that's worthless now
By the time you tell the sheriff it'll all be
He'll find me at their big house on the hill
He'll find a note explaining why I killed us all
Now it's time to go I've got someone to kill
Johnny Paycheck
Pardonnez-moi, il faut que j’aille tuer
quelqu’un
Je sais que vous me pardonnerez si je vous
souhaite une bonne nuit,/ J’ai une promesse à
remplir/ Merci d’avoir prêté une oreille attentive
au récit de mes ennuis
Pardonnez-moi, il faut que j’aille tuer quelqu’un
Je l’ai prévenu de ne pas essayer de me la
prendre/ Il a rit et a dit "Si je peux, tu sais que
je le ferai"/ Alors ce soir, quand ils rentreront à la
maison, je serai là à attendre
Pardonnez-moi, il faut que j’aille tuer quelqu’un
Je sais que je vais surement mourir pour ce que je
m’apprête à faire/ Mais ça n’a pas d’importance,
je suis un homme mort de toute façon/ Ce fusil va
racheter la fierté qu’ils m’ont ôtée/ Et aussi mettre
un terme à ma vie, désormais sans valeur
D’ici à ce que vous avertissiez le sheriff, tout sera
terminé/ Il me trouvera dans leur grande maison
sur la colline/ Il trouvera une note expliquant
pourquoi je nous ai tous tués
Pardonnez-moi, il faut que j’aille tuer quelqu’un
banlieusard du quidam animé des meilleures intentions qui va se muer instantanément en
boucher sadique une fois trahi. Point de remords, mais un sens épique de la tragédie, c’est
le destin qui l’a voulu, la chanson déroule une gradation, une mécanique implacable.
Cette dernière fut un succès notable pour Wagoner, dans un pays où la peine de mort
était déjà consensuelle on pourra s'étonner de la popularité du thème de l'assassinat sans
procès dans un mode opératoire particulièrement sauvage et sadique :
"... Ils criaient et pleuraient, s'il te plait, pose ce couteau ..."
3. Aux portes de la folie
Unique expérience que cette plongée dans la chambre capitonnée, d'un dément qui "hurle
de jolis mots et qui tente de les faire rimer", dans une atmosphère hallucinée où la peur et la
déchéance sont omniprésentes. La folie ne préserve pas du mal d'amour, de la solitude et
du sens de la tragédie puisque l'homme d'à coté "crie le nom d'une femme, mais en vain..."
puisque lui aussi est dans la chambre capitonnée. La version de Wagoner est rugueuse,
le vocal implorant. La déglingue apparait soulignée par le final où les instruments partent
en vrille, dans un délire bruitiste où la steel joue faux, accentuant le malaise sous les
onomatopées d'un narrateur en fin de course
Rubber room
In a buildin' tall, with a stone wall around, there's a rubber
room/ When a man sees things and hears sounds that's not
there, He's headed for, the rubber room
Illusions in a twisted mind to save from self-destruction hmm
it's the rubber room
Where a man can run into the wall, till his strength makes him
fall, and lie still, And wait for help, in the rubber room
From his blurry vision of doom, a psycho, in the rubber room
Le Cri du Coyote n°132 page 06
The man in the room right next to mine, screams a woman's
name, hits the wall in vain, he's in the rubber room
I hear footsteps poundin' on the floor
God I hope they don't stop at my door
Hmm I'm in the rubber room
Now they've come to get me but they find
I'm a screamin' pretty words tryin' to make 'em rhyme
I'm in the rubber room hmm a psycho
I'm in the rubber room hmm
Porter Wagoner
Les dures et froides réalités de la vie Je suis rentré en ville un jour plus tôt que prévu
J’ai souri et me suis dit que j’allais surprendre ma
femme/ Je n’ai pas pensé à téléphoner, seulement
à rentrer à la maison/ Parce que j’ignorais les
dures et froides réalités de la vie
J’ai croisé un petit marchand de vin dans le coin/
Je me suis représenté un diner aux chandelles
avec du champagne/ J’ai arrêté la voiture et je
m’y suis empressé/ J’ignorais encore les dures et
froides réalités de la vie
Un étranger était là, à rire à la caisse/ Disant "Je
vais te prendre deux bouteilles, il y a une fête, Son
mari n’est pas en ville", il a cligné de l’œil comme
pour dire "Tu devines le reste"/ J’ai quitté le
magasin deux pas derrière cet inconnu./ Jusqu’à
la maison sa voiture est restée en vue/ Mais c’est
quand je l’ai vu se garer sur mon parking que j’ai
appris/ Que j’étais le témoin des dures et froides
réalités de la vie/ J’ai fait le tour du bloc jusqu’à
ce que ma tête me tourne,/ Chaque fois le bruit
se faisait plus fort à l’intérieur,/ Alors j’ai vu ma
bouteille à coté de moi, j’ai pris une dose de
courage et je suis entré/ Bon dieu, vous auriez vu
leurs visages forcenés/ Ils criaient et pleuraient,
s'il te plait, pose ce couteau/ Je crois que j’irai en
enfer, ou que je vais pourrir dans cette cellule/
Qui nous enseigne ? Qui ? Les dures et froides
réalités de la vie ?/ Qui nous enseigne ? Qui ?
Les dures et froides réalités de la vie ?
Seulement parce que je ne peux pas te
laisser dire adieu
Je n’avais pas prévu de te voir, par peur de ce que
je ferais/ Mais la fierté est un sentiment puissant,
me voici, et je ne peux pas te laisser dire adieu
N’ai pas peur je t’en prie, on ne te fera pas de
mal tant que tu seras dans mes bras/ Mais tu ne
peux pas partir, alors s’il te plait n’essaye pas, je
ne peux pas te laisser dire adieu/ Quelle force,
derrière ton âme mauvaise, pousse tes lèvres à
parler si méchamment ?
A quelqu’un qui t’aime autant que moi, je ne
peux pas te laisser dire adieu/ La chair autour de
ta gorge est rendue pâle par mes ongles/ Je t’en
prie, ne crie pas et ne pleure pas, parce que je ne
peux pas te laisser dire adieu/ Ta voix s’est tue,
ne parle plus, tu ne me feras plus jamais mal/ La
mort est douce, à l’amour autant qu’à moi, car tu
ne me diras jamais adieu.
Psycho
Can Mary fry some fish, Mama
I'm as hungry as can be
Oh lordy, how I wish, Mama
You could keep the baby quiet 'cause my head is killing me
I've seen my ex last night, Mama
at a dance at Miller's store
She was with that Jackie White, Mama
I killed them both, and they're buried
Under Jenkins sycamore.
Don't you think I'm psycho, Mama
You can pour me a cup
If you think I'm psycho, Mama
You better let 'em lock me up
Don't hand the george to me, Mama
I might squeeze him too tight
And I'm as nervous as can be, Mama
So let me tell you 'bout last night
I woke up in Johnny's room, Mama
Standing right by the bed
With my hands near his throat, Mama
Wishing both of us were dead
You think I'm psycho don't you, Mama
I just killed Johnny's pup
You think I'm psycho don't you, Mama
You'd better let 'em lock me up
You know the little girl next door, Mama
I think her name is Betty Clark
Oh, don't tell me that she's dead, Mama
Why I just seen It in the park
She was sitting on a bench, Mama
Thinking of a game to play
Seems I was holding a wrench, Mama
Then my mind walked away
You think I'm psycho don't you, Mama
I didn't mean to break your cup
You think I'm psycho don't you, Mama
Mama, Mama why don't you get up?
Eddie
Noack
Eddie
Noack
Si on est en droit de trouver inquiétants les propos d'un aliéné privé de liberté, que dire de
ceux de celui qui reste dans le déni ? Comment concilier les propos enjoués d'un bon fils
avec les forfaits perpétrés par un tueur psychopathe ?
Eddie Noack incarne avec Psycho cette dualité schizophrène avec un sens aigu du
réalisme, l'effet est amplifié par le contraste perpétuel entre une énumération macabre de
victimes et la musique laid-back, tranquille ballade honkytonk sentimentale parfaitement
représentative du mainstream rythmé par le boom-chicka de l'époque.
Ecouter "Psycho" c'est voir Norman Bates sorti de son Motel paumé et en chasse dans la
grande ville, Hitchcock et Tarantino auraient apprécié !
Mais la folie "naturelle" n’est pas la seule, les 60's n’ont pas laissé que des odes à
la défonce. Alors que les hippies plongent dans les trips psychédéliques, les ravages
déshumanisants du LSD sont énoncés par Wendell Atkins sur un ton badin qui en accroit
encore la violence assassine. Cette chanson fait naturellement penser au Cocaïne blues
des 40's dont elle est une héritière. Cependant elle s’impose des limites au délire qui lui
confèrent un réalisme à mon avis plus déstabilisateur.
Psycho
Est-ce que Mary peut faire frire du poisson
Mama,/ J’ai une faim de tous les diables/ Bon
dieu, comme ça me plairait Mama/ Que tu puisses
calmer le bébé parce que ma tête me torture
J’ai vu mon ex hier soir, Mama, danser à la
boutique de Miller/ Elle était avec cette Jackie
White, Mama, je les ai tuées toutes les deux et
les ai enterrées sous le sycamore de Jenkins
Ne crois pas que je sois un psychopathe Mama,
Tu peux me servir une tasse/ Si tu crois que je
suis un psychopathe, Mama/ Tu ferais mieux de
les laisser m’enfermer/ Ne me met pas George
dans les bras, Mama,/ Je pourrais le serrer trop
fort/ Et je suis aussi anxieux qu’on puisse l’être
Laisse moi te parler d’hier soir/ Je me suis réveillé
dans la chambre de Johnny, Mama/ Debout
à côté du lit, avec mes mains sur sa gorge,
Mama/ Désirant qu’on soit morts tous les deux/
Tu penses que je suis un psycho n’est-ce pas,
Mama/ Je viens juste de tuer le chien de Johnny/
Tu penses que je suis un psycho n’est-ce pas,
Mama/ Tu ferais mieux de les laisser m’enfermer
Tu connais la petite voisine, Mama, je crois que
son nom c’est Betty Clark/ Ne me dis pas qu’elle
est morte Mama/ Parce que je viens juste de la
voir dans le parc/ Elle était assise sur un banc,
Mama, cherchant à quel jeu jouer/ On dirait que
j’étais en train de tordre quelque chose, Mama
Quand mon esprit s’est mis à divaguer
Tu penses que je suis un psycho n’est-ce pas,
Mama/ Je n’avais pas l’intention de casser ta
tasse/ Tu penses que je suis un psycho n’estce pas, Mama/ Mama, Mama, pourquoi tu ne te
lèves pas ? Mama ? Mama ?
Le LSD a fait de moi une épave
J’ai été marié une fois à Betty Lou et deux fois à
Carol Sue/ Ces saletés de femmes m’ont presque
rendu fou, j’en ai un blues hallucinatoire/ J’ai
commencé à prendre du LSD, ça m’a donné un
sacré coup de fouet/ Mieux que la gnôle et facile
à prendre, mais ça m’a transformé en malade
mental
J’suis sur la route de la prison de Walpole pour
me débarrasser de cette folie/ J’suis sur la route
de la prison de Walpole, et je n’en reviendrai pas
J’ai pris des couteaux et j’ai tué mes femmes,
je suis parti dans la nuit/ Le LSD m’a défoncé,
je ne savais plus ce que je faisais/ Jusqu’à ce
que la sentence du tribunal soit prononcée, me
condamnant à vie/ Si jamais vous envisagez de
prendre du LSD, pensez à cette histoire que je
vous ai racontée/ Provoquer la bagarre avec vos
nouvelles femmes peut vous couter la vie/ Et
vous dépouiller de tout votre argent/ Le LSD a fait
de moi une épave (x2) Le LSD a fait de moi une
épave, et je n’en reviendrai pas
And I won‘t be comin‘ back.
I took some knives
And I killed my wives, I took off in the night.
The LSD wore off on me, I didn‘t‘ know what I‘d done
Until in court my case was heard
The sentence I got was life. (Refrain)
If you ever attempt to use LSD/ Think about this story I‘ve
told/ Bringin‘ new women strife Maybe costin‘ your life And
use up all your gold.
(Refrain) LSD made a wreck of me. LSD made a wreck of me.
LSD made a wreck of me, And I won‘t be coming back.
Lester Still, Duane Eddy & Lee Hazlewood
Ambivalentes, ces chansons le sont par le décalage du point de vue. Il y a toujours constat
de l'horreur et des turpitudes de la nature humaine, comme on pouvait déjà le constater au
début du XXème siècle. Mais dans les 60's la country music fait entrer la perspective dans
la tête de l'auditeur, ce que l'on nomme en analyse littéraire la focalisation interne.
Le procédé, qui existe aussi au cinéma, éclaire d'un jour nouveau la représentation d'une
société qui se proclamait extérieurement policée et civilisée, cet idéal Colgate-Kennedy
de consumérisme bigot. Alors que les médias insistaient sur les dangers extérieurs de
l'apocalypse nucléaire, alors que le rouge et la paranoïa Mac Carthyste s'éloignaient, voici
surgir le refoulé, l'inaudible, l'invisible, l'inacceptable : le mal intérieur. Le temps n'est pas
encore tout à fait venu de la grande critique de la société.
Mais des jalons se posent dans ce qui semblait être le temple du consensus de la middle
class américaine. Le voisin, nous mêmes, portons notre part d'ombres, et c'est fasciné que
l'auditorat, à priori peu éduqué, va se confronter à une lecture quasi psychanalytique de
son propre subconscient. Il n'y a plus d'individus innocents. Il n'y a plus de surmoi religieux
pour endiguer le mal. Et on prend même un plaisir malsain à contempler son œuvre.
Wendell Austin
LSD
I was married once to Betty Lou
And twice to Carol Sue
Those doggone women nearly drove me mad
I got hallucination blues.
I started using LSD, It gave me quite a kick
Better than booze and easy to use
But it made me mentally sick
I‘m on my way to Walpole Prison
Got the monkey off my back,
I‘m on my way to Walpole Prison
Conclusion
Quelques sources :
-L’auteur de ces lignes a été "initié" à ces déviances par Tex Edwards & Out On Parole, un CD
New Rose (n°223, 1989), reprenant dans un style punktry nombre de titres évoqués ci-dessus.
A noter la participation de Marty Muse (pedal steel) et Howard Kalish (fiddle) membre du
Cornell Hurd Band, tous deux vus au Country-Rendez-Vous Festival de Craponne.
-La compilation God Less America de Tim Warren présente 16 bizzareries country de la période
1955-66, sur laquelle figure Dolores.
-Le label Trailer-Park Records offre une collection de 8 CD (qui fleurent bon leur bootleg i) intitulée
Twisted Tales From The Vinyl Wastelands dont les sources tapent aussi dans les répertoires
rock et garage. Classement thématique furieux où l’on peut se saisir du volume IV Hippie In A
Blunder contenant le précieux LSD de Wendel Austin.
Extraterrestres, nudistes, pizzas, hippies, beurre de cacahuète d’Elvis, anticommunisme primaire
et patriotisme outrancier, cette anthologie démente nécessite parfois d’oublier nos exigences
musicales pour nous concentrer sur les textes, transcription de vinyls oubliés enregistrés à
l’arrache sur de petits labels, parfois à la limite de l’audible...
Mais l’expérience, pour extrême qu’elle soit, vaut le détour. (Eric Allart)
Le Cri du Coyote n°132 page 07
On a longtemps, et à juste titre mis l'accent
sur le folk-boom, ce phénomène exogène,
où l'intelligentsia urbaine de la côte Est
va dénoncer, pêle-mêle, la ségrégation,
l'engagement au Viêt-Nam et la sclérose
interne d'une société dominée par les
valeurs rigides de la génération de ceux qui
avaient 20 ans en 1940.
Il est temps de porter crédit à ces quelques
artistes d’avoir su, de façon certes marginale
et souterraine, montrer qu’au sein d’un
genre souvent perçu comme exclusivement
futile, existaient des zones de folie tout
aussi contestatrice que celle des rebelles
labellisés. ©
Jacques
DUFOUR
AVENUE COUNTRY
"On me dit que la country music n’utilise plus de fiddles ou de
steel guitares de nos jours. Mais vous savez quoi ? La country
music n’a plus de vrais chanteurs de country de toute façon !"
Sammy Kershaw
Sans être aussi catégorique que cet artiste de l’école des néotraditionalistes des années 90 il faut bien constater une dérive
constante de la country faite à Nashville vers le rock. Il faut dire qu’à
l’heure actuelle la cible du show business de Music City ne sont plus
les adultes qui écoutaient Merle Haggard ou même Garth Brooks
mais les ados qui peuvent rêver à ou s’identifier à Taylor Swift. Tout
n’est cependant pas sans espoir car la country traditionnelle reste
néanmoins présente grâce à de nombreux artistes au Texas, en
Europe et certains même à Nashville ! Cette rubrique continuera,
comme elle l’a toujours fait, à vous présenter les albums dignes
d’intérêts et à vous mettre en garde concernant ceux à éviter, en
privilégiant les réalisations respectueuses de la tradition qui a bâti
l’histoire de ce style musical que nous aimons.
Très bonne année 2013 à Toutes et à Tous.
TOMMY ALVERSON : Texas One More Time
Il me semble avoir déjà chroniqué un album
de cet auteur-compositeur Texan pour le
Cri. Mais on en voit tellement défiler sur
nos platines… Et question recherches, c’est
limité, étant bloqué, au moment où j’écoute
ce CD, dans ma cabane au fond du jardin,
jumelles à la main, pour observer mésanges
et chardonnerets dans leurs mangeoires.
Tommy Alverson a dû arpenter bien des
scènes avant de réaliser cet album et sa gorge a dû sentir couler
des boissons plus fortes que des sirops de canneberges dans les
multiples honky-tonks où il a exercé ses talents. J’ai bien aimé cet
album pour la variété des chansons proposées : du shuffle, du texmex, de la ballade, du western swing, de la country calme ou dans
le style de Jim Lauderdale. Le tout constamment souligné par la
pedale steel guitare, le fiddle ou parfois un bon piano jazzy. Le vocal
de Tommy est chaleureux, paisible et les musiciens excellents.
Seuls deux ou trois titres plus alternatifs, voir funky, me laissent
de marbre. Il en reste neuf pour prendre du plaisir. C’est suffisant
pour considérer Texas One More Time comme un très bon disque
de country.
JOSH TURNER : Punching Bag
Dix ans après la sortie de Long Black
Train et quelques albums plus tard Josh
Turner est toujours présent dans le paysage
commercial de Nashville et on ne peut que
s’en réjouir car cet artiste est l’un des rares
à perpétuer le style des néo-traditionnalistes
des années 90. A 14 ans il débutait sa
carrière en interprétant Diggin’Up Bones de
Randy Travis dans un concours de chant
et l’avenir confirmera que le style de ces deux chanteurs est très
voisin. Malgré l’annonce d’un retour, la country classique est encore
peu présente dans les charts (Billboard) où Alan Jackson et George
Strait réussissent encore à s’accrocher. Misons sur les jeunes
Easton Corbin ou Craig Campbell mais ce sont quand même les
sonorités pop de Lady Antibellum, Taylor Swift ou autre Lee Brice
qui retiennent l’attention des adolescents. Joe Nichols semblant en
retrait, Toby Keith et Trace Adkins étant capables du très bon comme
du pire, réconfortons-nous avec Josh Turner qui est constant dans
l’effort et dans la qualité. Le titre Punching Bag est un excellent
country rapide mais Josh est un adepte des tempos plus cool ou
medium qui ne capteraient pas outre mesure notre attention si ce
n’était le fait que la voix de Turner est certainement la plus chaude,
la plus captivante qu’on puisse écouter dans la génération actuelle.
Cette voix de basse enrobée de velours est aussi réconfortante
qu’un bon verre de vendanges tardives. Elle est particulièrement
mise en évidence dans Pallbearer où elle reçoit le soutient de la
mandoline de Marty Stuart et de l’accompagnement vocal d’Iris
Dement. For The Love Of God est un joyeux bluegrass composé
par Josh et que Dominique devrait écouter. Là c’est Ricky Skaggs
qui a été embauché pour tenir la mandoline ainsi que le banjo.
Aubrey Haynie est au violon. Le trop discret Tim Mensy est l’auteur
de la seule ballade I Was There. Punching Bag n’est peut-être pas
ALAN KENNEDY : Mobile Baby
J’ai trouvé cet album, confié par mon
rédac' chef, tellement bon que je me suis
fendu d’une petite recherche sur Google.
Je n’avais jusque là jamais entendu parlé
d’Alan Kennedy. Et ce qui saute d’abord aux
oreilles, c’est l’influence de Buck Owens
pour les titres rapides et de George Jones
pour les ballades. Avec des références
pareilles, qui sont on ne peut mieux exprimées tout au long de
cet album, on ne saurait souhaiter davantage pour se satisfaire
quand on aime sa musique bien country. On constate forcément les
influences laissées par les grands anciens mais en aucune façon
cet artiste ne s’érige en imitateur. Son vocal lui est bien propre et il
ne charge pas les effets à la Jones même dans les ballades telles
que The Door ou Picture Came With The Frame que l’on dirait tirées
d’albums du Possum. Les country rapides et les honky tonks sont
en majorité pour dynamiser l’ensemble. Feed The Cat en ouverture,
très Bakersfield, m’a bien plu car on ne parle pas souvent de chats
dans les chansons honky tonk. Les chevaux et à la rigueur les
chiens font nettement plus "country". Sinon il y a du fiddle et de
la pedal steel guitar partout. La seule reprise notable est le Honky
Tonk Blues de Hank Williams. Ah oui, au fait, ma recherche sur
internet, que je vous dise quand même : eh bien pas de bol, à
part deux ou trois chansons sur You Tube, Alan Kennedy n’a pas
de site et n’est référencé ni sur My Space, ni sur Facebook ! Par
contre j’ai trouvé des messages admiratifs de clampins comme moi
qui souhaitaient en savoir plus. Alors si vous êtes plus perspicaces
que moi (et vous n’aurez aucun mérite !) veuillez contacter votre
magazine préféré qui fera suivre…
l’album de l’année mais certainement un bon choix d’écoute pour
tout adepte de country classique réalisée à Nashville.
THE TiME JUMPERS
La renommée du Station Inn ne remonte
pas à la présence hebdomadaire des Time
Jumpers. Ce bar musical quasi mythique
figurait déjà parmi les lieux de visite
incontournables des amateurs de bluegrass
et de country acoustique en 1979, année de
mon premier passage à Nashville. Malgré
l’évolution continuelle de la musique country
le Station Inn est resté fidèle à la tradition.
D’où une fréquentation permanente par les musiciens et les
touristes mélomanes venus du monde entier. Et les Time Jumpers
ont grandement contribué ces dernières années à la renommée
de cette salle conviviale qui est devenue un véritable lieu de
pèlerinage. La dizaine de membres qui constituent cet orchestre de
western swing étaient d’abord des musiciens qui se rencontraient
régulièrement dans ce bar pour faire le bœuf et jouer les classiques.
C’est ça l’esprit du Station Inn. Des pointures qui venaient là pour
s’amuser lorsque leurs autres engagements le leur permettaient.
Puis l’idée a germé de constituer un véritable groupe mais qui
ne jouerait que le lundi soir et qu’en cet unique lieu. Pour sceller
cette concrétisation un double album a été réalisé, enregistré "live"
bien sûr, en 2006, Jumpin’ Time. On y retrouve deux chanteuses,
Carolyn Martin, qui depuis est partie, et la sublime Dawn Sears.
Son mari Kenny Sears est le violoniste avec Joe Spivey et Aubrey
Haynie. Il y avait également Doug Green des Riders in the Sky, Jeff
Taylor (accordéon), Dennis Crouch, Andy Reiss et John Hughey,
le pedal steel guitariste hélas décédé. Depuis le groupe s’est
enrichi de la présence de Larry et Paul Franklin et surtout de Vince
Gill qui compose de nouveaux morceaux et chante avec Dawn
Sears qui a souvent été sa choriste. Ce nouvel album ne contient
aucune reprises de classiques. Vous les retrouverez sur le premier
enregistrement. L’esprit et le style n’ont pas changé pour autant,
fort heureusement. Il est toujours très "roots" et axé sur le western
swing. Dawn Sears chante sur cinq titres. Je ne saurai jamais
pourquoi cette chanteuse au vocal si caractéristique et séduisant
n’est pas devenu une star. Trop timide sans doute. Elle est capable
de tout chanter. Du slow feutré et jazzy (Faint Of Heart), du honky
tonk solide (Someone Had To Teach You), du western swing (Texas
On A Saturday Night en duo avec son mari), une valse lente (So Far
Apart)ou une chanson western (Yodel Blues avec Doug Green et
Le Cri du Coyote n°132 page 08
Vince). Gill interprète le shuffle New Star Over Texas, le honky tonk
swing On The Outskirts Of Town, la ballade Three Sides To Every
Story et un autre honky tonk The Woman Of My Dream. Il reste une
chanson western pour Ranger Doug, Ridin’ On The Rio, un bon
western swing, Nothing But The Blues, pour Kenny Sears et un
indispensable instrumental, un swing signé Larry Franklin, Texoma
Bound. Ah qu’une soirée au Station Inn avec les Time Jumpers doit
être agréable !!
JANiE FRiCKE : Country Side Of Bluegrass
Janie Fricke fait partie de ces artistes
dont le nom dit vaguement quelque chose
à la génération actuelle. Une vague en
remplace vite une autre et même les grands
noms sans actualité arrivent à s’effacer des
mémoires. Pourtant sur une période de deux
ans, de 1982 à 1984, Janie Fricke réussi la
performance d’obtenir pas moins de sept
n°1 pratiquement d’affilée. Si l’on redescend
jusqu’en 1980 et que l’on remonte de l’autre côté jusqu’en 1986,
le score s’enrichi de neuf Top 10 et d’un neuvième n°1. Le premier
ayant été obtenu en 1978 grâce à un duo avec Charlie Rich. Un
palmares que beaucoup de vedettes actuelles peuvent envier et
récompensé par deux CMA awards de chanteuse de l’année en
82 et 83. Janie, qui a commencé sa carrière en enregistrant des
jingles commerciaux, a aujourd’hui 65 ans et est toujours active.
Bien que son style de country était plus proche de la variété/
pop, à l’instar d’un Kenny Rogers, elle a choisi de réenregistrer
un certain nombre de ses anciens succès, dont quatre de ses n°1
ainsi qu’une reprise de Please Help Me I’m Falling In Love (Hank
Locklin 1960), en se faisant accompagner par des musiciens de
bluegrass. Ne vous méprenez pas cependant, sur le contenu de cet
album au titre faussement évocateur, Country Side Of Bluegrass.
On est loin de Bill Monroe ou des Grascals. Janie Fricke n’est pas
musicienne comme Rhonda Vincent et son vocal ne ressemble en
rien à celui d’Alisson Krauss. Ses chansons restent country avec
un accompagnement acoustique. Parmi les musiciens qui jouent
sur cet album on relève les noms de Randy Kohrs (dobro), Andy
Leftwich (fiddle), David Talbot (banjo), Mark Fain (basse), Johnny
Hiland (guitare), Luke Bulla (mandoline et fiddle). Hélas point
d’invités. Une seule reprise extérieure à son répertoire et qui n’a
rien à voir avec le bluegrass, Ring Of Fire, sur laquelle intervient
Glen Duncan (mandoline et fiddle). Janie Fricke est une grande
chanteuse qu’on peut rapprocher de Reba McEntire. Son vocal n’a
rien perdu de son attrait et, souligné par les virtuoses pré-cités, il
est particulièrement mis en valeur. Les tempos sont variés, certains
titres plus bluegrass que d’autres, et vous pourrez aisément ranger
l'album entre ceux d’Emmylou Harris et les acoustiques de Dolly
Parton. Une excellente galette de country classique.
RUBY DEE & THE SNAKEHANDELRS : North Of Bakersfield
Le Capitaine Haddock se demandait s’il
devait dormir avec la barbe au-dessus ou
au-dessous de la couverture. Et moi je me
pose la question de savoir si Ruby Dee est
une chanteuse de rockabilly qui fait aussi
de la country ou si elle est une chanteuse
de country qui aime le rock and roll. En tout
cas je découvre avec plaisir cette artiste
d’Austin que les rockers trouveront trop
country, et les amateurs de country trop rockabilly. Je pense que
nous sommes assez nombreux toutefois à apprécier les deux
styles sans trop nous poser de questions, beaucoup d’entre nous
ayant découvert la country après une première époque rock and
roll. Qu’elle ait donc une fesse sur deux chaises différentes n’est
pas un inconvénient. Les titres rockabilly ou rock and roll sont plus
élaborés musicalement, et plus longs, que ceux que l’on entend
habituellement joués par les formations "rockab" pures et frustes.
En cela ils retiennent davantage l’attention. Le guitariste de Ruby
est fort bon et souvent inventif dans son jeu. La rythmique batterie/
contrebasse est solide et les chansons country bénéficient de la
présence d’une pedal steel guitare. Le CD m’ayant été fourni sans
information, je suppose que les onze titres sont des compositions
de la chanteuse qualifiée également de compositrice. En tout cas
ne figure aucune reprise. Je trouve une certaine analogie entre le
style de cette artiste et celui de Karling Abbeygate et question vocal
Ruby Dee n’a rien à envier à Imelda Mey. Une bonne découverte.
Jacques Dufour à écouter sur Rockin‘ Boy Saloon :
Lyon Première 90.2 FM Dimanche 20h-22h
(www.lyonpremiere.com)
et à lire aussi sur www.countrybulletin.free.fr
KiX BROOKS : New To This Town
Ronnie Dunn a sorti son premier album
solo quelques mois après la séparation du
duo le plus célèbre de la country musique
(cf le Cri 126). C’est à présent le tour de la
seconde moitié de Brooks & Dunn de sortir
le sien, pratiquement deux ans après la
dernière grande tournée 2010. Beaucoup
d’observateurs sont dubitatifs sur les
chances de succès de Kix Brooks en solo.
En effet ce dernier a connu une courte et modeste période en
solitaire en 1989 avant sa rencontre avec Dunn qui était LA voix du
duo. Ronnie prenait à son compte les trois quarts des vocaux. On a
vu que son premier album se situait dans la continuité du style B&D
mais un chouilla plus moderne. Qu’en est-il de celui de Brooks ?
Eh bien s’il y avait une possibilité d’être encore plus moderne, il l’a
saisie. Et à tel point que placer son album dans le rayon country
d’un magasin de disques serait totalement déplacé. En étant gentil
et conciliant je dirai que l’on peut qualifier quatre chansons sur
les douze de country ou assimilées country. Trois sur lesquelles
on peut entendre une pedal steel guitare, en quelque sorte pour
justifier encore le port du stetson et des boots. Et le reste ? Ben
le reste est du domaine du pop/ rock avec les grosses guitares
habituelles. Les Stones pourraient aisément reprendre quelques
titres. Alors commander un album pour trois morceaux potables, ça
n’en vaut vraiment pas la peine. Maintenant, il se peut que ce genre
de musique convienne à vos enfants ou petits enfants…
LiSA MATASSA : Somebody’s Baby
Moi aussi j’ai une cabane en bois au fond
de mon jardin, mais je n’ai pas la blonde
couchée en travers d’un fauteuil devant
pour l’agrémenter… Lisa Matassa vit à Long
Island à une cinquantaine de kilomètres
de New York, mais elle est originaire de
Floride. Quand elle était jeune elle s’exerçait
à reprendre les chansons de Patsy Cline,
Loretta Lynn ou Johnny Cash. Formation
des plus classiques donc. La musique de Matassa est pourtant
résolument moderne. Les guitares sont fortes mais ne couvrent
cependant pas sa voix qui est particulièrement puissante. Cette fille
a de l’énergie comme en témoignent Girl With A Rock’n’Roll Heart
ou Wouldn’t You Like To Know qui nous rappelleraient Pat Benatar.
D’autres titres sont conformes à la new-country actuelle (Learning
As You Grow, Somebody’s Baby). Le caractère répétitif des paroles
de certaines chansons la rapproche davantage de la pop que de la
country malgré quelques touches de violon. C’est dans les ballades
que le talent réel de Lisa Matassa se dévoile de manière indéniable.
Ecoutez Heaven, une composition de Bryan Adams, pour vous en
convaincre. Cerise sur le gâteau, sa reprise du splendide I Will
Always Love You, enregistrée en public, rend totalement justice à
Dolly Parton. J’attends avec impatience le prochain album de cette
artiste qui devrait s’envoler pour une solide carrière, en espérant
toutefois qu’elle ne s’éloigne jamais de ses racines.
McKENZiE : And Then We Wrote
Personne ne s’appelle McKenzie : ce
patronyme cache un couple constitué de
la chanteuse Zoe Caryl et du guitariste
Kenny Plenderleith. Ils sont Anglais et plus
précisément de l’Essex. On dit habituellement
chez moi que "dans l’Ain on est bien". Mais
dans l’Essex c’est peut-être encore mieux !
Tous deux sont les auteurs des douze
chansons de ce nouvel album, aidés par
un ami pour six titres. Ils sont accompagnés par un bassiste et un
batteur ainsi que par deux pedal steel guitaristes que l’on entend
relativement peu. Pas de fiddle. L’ensemble est somme toute assez
country bien que non traditionnel ni moderne. Le principal attrait
de McKenzie se situe dans le vocal de Zoe qui est agréable et
puissant. Pour détailler le répertoire Runaway Wife en ouverture
est une chanson de trains. Give It All Away est dans un registre
plus soul. Sign Them For Susan, Coffee Cup Dreams, Winter Chill
et The Answer sont des slows ou des ballades plaisantes. My Sister
serait plus western avec d’intéressantes harmonies vocales dues à
la chanteuse Kay D. Autre invité, Tim McKay, chanteur Britannique
qui interprète la chanson la moins intéressante de tout le lot. Il aurait
dû rester tranquille dans son cottage. The Goodnight Waltz est une
valse lente acoustique choisie pour le final. Le meilleur titre est Not
Today Jose qui rappelle les Mavericks de la période All You Ever Do
Is Bring Me Down. Pas de chansons rapides mais un album malgré
tout assez séduisant grâce, je me répète, à la jolie voix de Zoe.
Le Cri du Coyote n°132 page 09
AVENUE COUNTRY
MARK REMiNGTON : Generations
Mark Remington n’est pas de la dernière
génération des country singers puisque né
en 1947 à Los Angeles. Et son père encore
moins. Non, ce n’est pas l’inventeur de la
machine à écrire mais Herb Remington jouait
de la pedal steel guitare au sein des Texas
Playboys de Bob Wills. Vous imaginez non
sans raison que son style de musique doit
être imprégné des influences paternelles.
En effet cet artiste à la carrière discrète et qui vit au Nouveau
Mexique nous offre un album qui aurait pu être enregistré 40 ou 50
ans en arrière. D’une voix plaisante à défaut d’être extraordinaire
Mark enchaîne shuffles, western swing et chansons bien country,
de la valse au western. Je ne sais si Remington compose mais
je n’ai identifié que les reprises de South Of The Border et de
l’instrumental Ricochet Rag. Un album tranquille qui nous repose
des guitares surchauffées.
KK MiLLER : I’m OK With Me
Voici une ravissante brunette qu’on serait
ravi d’avoir pour copine et fier de présenter
à ses amis. Et en plus elle chante, et même
très bien. I’m Ok With Me est un album
enregistré à Nashville et moi je suis tout à
fait OK avec elle bien que mon rédacteur
en chef pense que je préfère les blondes…
KK Miller n’est pas une pure chanteuse de
country. Elle a une puissance vocale qui la
place au côté des Dion, Fabian ou Wynonna et dans un registre
assez variété/ pop avec, heureusement pour nous sinon je n’en
parlerais pas, quelques écarts country, surtout dans la seconde
partie de son album. Richard Carpenter, son producteur, a co-
COYOTHÈQUE COUNTRY
KACEY JONES : Sings Mickey Newbury
Je souhaite revenir sur un album paru en 2006
et passé complètement inaperçu. C’est une
œuvre délicate et fort réussie : un hommage à un
grand compositeur, Mikey Newbury,
réalisé par une artiste injustement
méconnue, Kacey Jones. Il faut dire
que cette chanteuse californienne de
country a opté pour un genre qui n’a
somme toute que peu d’adeptes, la
chanson humoristique.
En France nous avions Stella dans
les années 60. Les plus anciens se
souviennent certainement des Parents Twist ou
du Folklore Auvergnat. Je n’irai pas jusqu’à dire
que Kacey Jones est l’Annie Cordy de la country
mais avec des compositions telles que Tous Les
Hommes Que J’Aime Sont Soit Mariés, Homos
Ou Morts, Ne Jamais Porter De Panty A Une
Partie ou encore Le Gros Cul De La Reine De
La Patate Douce, elle n’avait guère de chances
de bien figurer au Billboard…
C’est pourtant une chanteuse de grande
classe au velouté de voix particulier et aisément
identifiable. Quand elle redevient sérieuse et
s’éloigne de la gaudriole, Kacey Jones témoigne
d’une classe comparable à Lacy J. Dalton ou
Suzzy Bogguss. Et cet album en est un parfait
exemple. Mentionnons également le fait que
Kacey a produit un album de Kinky Friedman, le
chanteur/ auteur de polars.
La plupart des lecteurs du Cri connaissent
sûrement le répertoire de compositeur de
Mikey Newbury, vénéré entre autres par Kris
Kristofferson. Son nom m’est apparu d’abord
par les reprises de ses chansons par Jerry Lee
Lewis comme She Even Woke Me Up To Say
Goodbye ou Why You Been Gone So Long.
Ce chanteur/ compositeur Texan décédé à
l’âge de 62 ans en 2002 est surtout connu par
BRiTNi HENDRiCKSON : Drive Me Crazy
Ouais, la petite Britni, elle m’a "drivé" crazy !
Quel bel exemple cet album enregistré par
une jeune fille de quinze ans originaire de
l’Oklahoma. Et blonde de surcroit ! Onze
chansons bien country interprétées avec
fraîcheur et justesse par cette adolescente
qui se situe dans un registre très classique.
En effet on y retrouve des standards que
personne n’ose plus reprendre et c’est dommage, comme Rocky
Top, Gonna Find Me A Bluebird, Snowbird ou Deep Water. Britni
aime le style honky tonk et nous le prouve avec Plug My Heart Into
The Jukebox ou Drive Me Crazy. Killin’ Me With Those Love Songs
fait très Loretta Lynn. Il y a aussi naturellement des ballades comme
Handle With Care et surtout la très belle Tell Me Something New qui
fait immanquablement penser à Patsy Cline. Du sur mesure pour
Mandy Barnett ou Shelby Lynne. Que dire de plus ? Que ce genre
d’album est trop rare pour ne pas s’y intéresser. Que des anciens
de mon âge sortent encore des albums, c’est bien, mais que des
jeunes reprennent le flambeau de la country traditionnelle, c’est
encore mieux ! Vivement la suite… Axbar Records
composé sept titres qui vont du country tonique (Let It Ride) à la
ballade en passant par la soul ou la new-country/pop. Il y a deux
reprises de classiques. Quand j’ai lu Take Me Home Country
Roads j’ai pensé avoir affaire à une énième resucée bateau. Faux.
L’énergie ici déployée avec l’aide de musiciens percutants font
de cette version la meilleure qu’il m’ait été donné d’entendre, tout
simplement. Et le Honky Tonkin d’Hank Williams reçoit le même
habillage décapant. La bien country Timeless And True Love figurait
sur le premier album des délicieuses MacCarter Sisters. Enfin la
valse lente I Wish He’d Been Drinkin’ Whiskey est empruntée à Terri
Clark. Si KK décide de consacrer la totalité de son prochain album
à des chansons country de ce calibre, il ne faudra pas chercher
ailleurs mon Cri du cœur ! ©
Un bon album que l’abondance de l’actualité
ne nous a pas permis de traiter en son temps
les reprises de ses compositions par de très
nombreux artistes de Cash, Jennings, Ray
Charles, Brenda Lee à Linda Ronstadt, Willie
Nelson en passant par Tom Jones, Kenny
Rogers ou Solomon Burke. Avec ces
quinze reprises Kacey Jones permet
de mieux cerner l’importance de son
œuvre, pas forcément très connue
par chez nous.
On peut cependant discuter du
choix des titres : An American Trilogy,
peut-être sa composition la plus
connue (Elvis, Glen Campbell…)
n’a pas été retenue. Cet album ne contient
quasiment que des ballades à l’exception de
la reprise de Why You Been Gone So Long
traitée d’une façon plutôt soul, de la valse Lie
To Me Darling et du jazzy/ blues Apples Dipped
In Candy avec trompette. Un seul country avec
San Francisco Mabel Joy (un succès pour Joan
Baez). Du reste, à part ce titre, rien n’est country
dans cet album qui est à classer dans la variété
américaine aussi appelée outre Atlantique "Adult
Contemporary". Le piano est très présent avec
les cordes et parfois le violoncelle. Mais la magie
opère grâce au vocal feutré et enjoleur de Kacey
Jones. N’écoutez pas cet album si vous êtes
seul et triste. Gardez-le pour une soirée intime
et romantique. Et n’oubliez pas les bougies… ©
Groupe Facebook "Music Live Pics" :
Emmanuel Marin (Pixels Country) :
www.emarin-country.fr
Roger Lyobard (Country Gone) :
www.countrygone.fr
Daumy (Fotozic) : www.fotozic.com
Le Cri du Coyote n°132 page 10
NEWS
Coyote Report
BLUES DANS LE ROCK ‘N’ ROLL
Bel article (9 pages !) de l’ami
Bernard Boyat sur Billy Lee
Riley (Blues Magazine n°67)
RENCONTRE : EAST & WEST
Robert Křesťan et le groupe
Druhá Tráva ont édité un
nouveau CD (Live in Telci) et
enregistré un DVD avec Peter
Rowan lors de leurs concerts
communs cet automne
GUiTARE ViNTAGE N°10
Le magazine
des passionnés
de belles
guitares, sous
la direction
de Christian
Séguret vous
attend dans les
kiosques
THE RAGE NOUVEAU EST ARRiVÉ
Pour remplacer Ben Helson,
Josh Williams revient avec
Rhonda Vincent, Hunter Berry
(fdl) Aaron McDaris (bjo) Brent
Burke (dob) et Mickey Harris
(bss). Josh avait joué avec The
Rage de 2004 à 2007, cf le CD
live et le DVD Ragin’ Live
CANCER EN RECUL
Chris Wade, 24 ans, banjoïste
de Marty Raybon, devrait
reprendre ses activités
dans l'année. Même issue
positive pour le dobroïste Phil
Leadbetter et le songwriter
Wade Hayes. Dieu est bon
comme on dit là-bas ! ©
NOiX DE CAJUN
ERNEST JAMES ZYDECO : Three Steps From La La
Il s’agit du troisième CD du groupe de ce
chanteur/ accordéoniste de Kansas City,
Missouri, qui inclut Barry Barnes (frottoir),
Jaisson Taylor (batterie), Mike Stover
(basse) et Tony LaCroix (guitare). Il n’hésite
pas à innover dans son zydéco : on trouve,
par exemple, Mike Stover à la steel guitare,
Jaisson Taylor aux tambours africains ou
l’invitée Betse Ellis au violon. Le titre de
l’album suggère bien quel en est le contenu : du zydéco moderne
(Glory glory au parfum reggae), du plus traditionnel (Zydeco
mothers’ day a un parfum blues de Chicago), de l’inattendu avec
la ballade gospel Man across the street, mais aussi une tentative
de renouer avec le zydéco des débuts, au temps où cette musique
s’appelait la la. Les danseurs se régaleront avec un tel contenu.
3810 Terrace street Kansas City MO 64111
SHiRLEY JACKSON & Her GOOD ROCKiN’
DADDYS : When The Money’s All Gone
La chanteuse/ saxophoniste ténor canadienne Shirley et ses Good Rockin’ Daddys,
Dawn Hatfield, fille (sax bar), Rob MacIntosh
(sax tén), Dave Harrison (tpt), Marc Doucet
(gtr), Jef James Wirchenko (cbs) et Marks
Lockhart (bat) proposent un album qui devrait
intéresser les amateurs de bon rockin’ R’n’B/
blues solide, de musique louisianaise et les danseurs (Yo-yo baby,
Swingin’ at Lester’s). D‘un côté, avoir 13 compositions sur 13 évite
le déjà entendu, de l’autre, la forte section cuivres est incitative à
les laisser s’exprimer sur des soli, ce qu’ils font allègrement, sur
les titres chantés comme sur les instrumentaux. Est-ce le fait
d’habiter rue de Lake Charles ou une coïncidence fortuite, mais,
en sus des morceaux un peu néo-orléanais (When the money's
all gone, Skiddy-wo, King’s stomp), deux des ballades bluesy, les
mélodieuses Don’t cry et Over a lifetime pourraient aisément être
transformées en swamp pop, justement avec l’appoint des saxos.
Une piste que j’aimerais la voir suivre. www.shirleyjackson.ca
8 Lake Charles Drive, Dartmouth Nova Scotia B2X 2TZ, Canada
RED WAGONS : Jumpin’ With Friends
Comme sur le précédent CD de 2007,
Ullalla Boogie, on trouve le même mélange
de boogie (l’instrumental Huckleboogie,
l’excellent boogie lent Blue light boogie),
jump blues/ R’n’B (Party girl, I want to love
somebody, Hey bartender), rock 'n' roll et
swing, enregistré en divers lieux, à divers
moments, avec des amis comme Junior
Watson, Sugar Ray Norcia, Lynwood Slim, Gordon Beadle, Mitch
Woods, Igor Prado, qui s’ajoutent (pas tous à la fois, quand même, le
studio aurait été trop exigu !) à Marco Meucci (pno), Simone Crinelli
(sax bar), Roberto Marocchini (sax tén), Ricardo Bossi (sax tén,
alto, bar), Alessandro Angelucci (gtr), Lucio Villani (cbs) et Carlos
Del Carlo (bat). Leurs influences Louis Jordan, Louis Prima, entre
autres, se sentent dans le fait que les musiciens ont droit à de longs
soli et interviennent dans des répons et que nombre de morceaux
du CD ont un fort parfum néo-orléanais (Big Mamou, My baby’s
quit me, Let’s get high, Mess around, Kidney stew, l’instrumental
Congo mombo). Tout cela est très dansant et j’en connais qui s’en
régaleront autant les gambettes (y compris sur Chicago cha cha,
seul titre que je trouve incongru) que les oreilles. Alors, musique,
maestri, per favore !
Via del Serafino 134, 00142 Roma (Italie), www.redwagons/redwagons.ht DVD
ELViN BiSHOP :
That’s My Thing
Ce DVD est consacré à un concert
d’Elvin le 17 décembre 2011 à Redwood City, Californie et doit donner
une bonne idée de ce qu’il fait sur
scène. Elvin, auquel je trouve un petit
air de Joe Ely, est tantôt debout avec
sa guitare, mais sans exubérance,
tantôt assis comme un papy, se mêlant quand
même à l’assistance lors de l’instrumental El
Bernard
BOYAT
LAFAYETTE RHYTHM DEViLS : Devil On A String De la compo originelle du groupe, il y a
huit ans, ne subsistent que le chanteur/
guitariste Randy Vidrine et le batteur
Donald LeJeune pour ce quatrième album.
J’aurai surtout noté, parmi les nouveaux, la
mignonne Yvette Landry. La majorité des
titres est empruntée à Shirley Bergeron,
Adam Hebert, Charivari et Mouton Noir.
Les reprises les mieux réussies sont les
belles valses Crawfish waltz, B.O. sparkle waltz (Yvette au vocal),
Je peux pas dormir le soir, La valse de mémère et pépère, ainsi que
Frisson two-step, Rolling pin special, The monkey and the fiddle et
un des titres qui évoquent, pour moi, le mieux le pays cadien, Le
sud de la Louisiane. Ne vous fiez pas aux titres en anglais, tout est
chanté en cadien, sauf l’excellent instrumental qui clôt le CD.
710 The Boulevard Rayne LA 70578 et www.lafayetterhythmdevils.com
HAWKTONES : In The Open
Le groupe a été monté par le chanteur/
harmoniciste Hank Mowery et Junior Valentine, au milieu des 90's. Il a vu le personnel
changer et, en 2012, pour ce CD public, il
était composé, outre Hank, de Troy Amaro
(gtr), Chris Bracey (bat), Chris Corey (pno)
et Junior Valentine (bs). Comme ils sont
basés au Michigan, vous allez penser qu’ils
sont influencés par le blues de Chicago. Ils le sont, mais n’oubliez
pas que Jimmy Reed et Little Walter ont influencé le swamp blues
louisianais. En juste retour, cette influence louisianaise est très
sensible sur certaines mélodies des Hawktones (You got me a une
ligne mélodique très Fats Domino, Snatch it and hold it et Too late
ont un rythme bien néo-orléanais). Ils reprennent, de manière très
convaincante, You ain’t nothin’ but fine de Rockin’ Sidney et The
things I forgot to do est un swamp blues lent et mélodieux. Quant au
reste, hormis l’instrumental In the open, que je trouve moyen et trop
funky, c’est du jumpin’ jivin’ blues sautillant, rockin’ blues, rockin’
R’n’B de très bon aloi, avec un Lonesome train presque rockabilly
léger. Très recommandé. 5234 N Elderberry Cy. SE, Kentwood MI 49512
LAZY BUDDiES : Play It Loud !
Fainéants comme le prétend leur nom, les
potes rennais? Sûrement pas, avec une
quatrième réalisation discographique en
six ans. Celle-là est en public, enregistrée
en mars 2012 à la salle du Tambour à
Rennes. On y trouve dix titres (j’aurais bien
fait avec une demi-douzaine de plus) dans
la lignée habituelle du sextette composé
de Soazig Lebreton (vo), Fred Rousseau
(cbs), David Avrit (bat), Dominique Genouel (hca), Guillaume
Rousseau et Nico Fleurance (gtrs), dont on retrouve certains sur
leurs parutions antérieures et d’autres inédits. On trouve quelques
titres bien enlevés, Hula hoop, avec harmonica bien présent, Work
what you got et, bien sûr, This little girl's gone rockin', titre qui va
comme un gant, ou plutôt comme un fourreau lamé à Soazig. Outre
ces morceaux, j’aime toujours leur penchant pour le swamp blues
louisianais de Crowley, auquel ils pourraient avoir la bonne idée
d’ajouter un sax gras et seyant. Enfin, ils nous gratifient d’une
superbe ballade teen (avec un coup du sax susmentionné, ce serait
génial), Fairy tale of a womanizer.
LB 2, 3 rue Saget 44000 Nantes et www.lazybuddies.com
Bo. De cette prestation, on retiendra
certains baratins un peu longuets
pour présenter des morceaux (le jour
où les artistes auront compris que
cela fait surtout retomber l’ambiance,
ce sera une bonne chose), la
présence d’une contrebassiste, Ruth
Davies, du tromboniste Ed Earley et
du batteur Bobby Cochran, excellent
sur les deux jump blues/ R’n’B qu’il
chante (Gettin' my groove back, avec
répons et Party 'til the cows come home) et du
pianiste S.E. Willis, qui passe à l’accordéon sur
Le Cri du Coyote n°132 page 11
quelques titres, dont Arkansas line, au parfum
country tex et Calling all cows qui fleure bon le
zydéco. Quelques morceaux lents sont un peu
lassants, mais l’ensemble concorde bien avec
les enregistrements studio d’Elvin, du bon
rockin’ jumpin’ blues/ R’n’B. On passe donc un
bon moment. (BB) Delta Groove
16501 Sherman Way #100 Van Nuys, CA 91306
LUG RECORDS
Blues Country R'n'R (CD & LP)
Occasions & Raretés
www.lugrecords.com 03-85-82-04-01
TiFFANY TRANSCRiPTiONS : BOB WiLLS & HiS TEXAS PLAYBOYS
Marc
ALESiNA
2
Première
partie
dans
Le Cri
n°131
Chauffeur de bus non identifié, Tommy Duncan, Ocie Stockard, Tint Moore, Johnny Cuviello, Herb Remington, Millard Kelso, EldoN Shamblin,
Billy Jack Wills, Chip Esley (manager), Dean McKinney, Bob Wills, Evelyn McKinney. Octobre 1947
Little Betty Brown (instr) avec la voix de Tommy
Duncan Tiffany record 40 & Rhino vol 1
Li’l Liza Jane, Lead vo : Tommy Duncan ;
second vo : Bob Wills ; background vo : Texas
Playboys Tiffany record 4 & Rhino vol 8
Margie, Vo : Tommy Duncan ; background vo : Bob
Wills Tiffany record 29
Miss you, Vo : McKinney Sisters Rhino vol 10
My brown eyed Texas rose ; take 2
Lead vo : Tommy Duncan ; second vo : Bob Wills ;
duet vo : Tommy Duncan & Bob Wills Rhino vol 4
My life’s been a pleasure
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 18 & Rhino vol 9
My Mary, Vo : Bob Wills U.S. Private bootleg
My wild Irish rose inédit
Nancy Jane ; take 2
vo : Tommy Duncan ; background vo : McKinney
Sisters & Texas Playboys Rhino vol 1
New shoes (instr) inédit
Nobody’s sweetheart now
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 16 & Rhino vol 1
Patty on the turnpike (instr) Tiffany record 38
San Antonio Rose (Lum & Abner special)
Vo : Tommy Duncan Background vos : McKinney
Sisters & Bob Wills au final Rhino vol 4
Shame on you Vo : Tommy Duncan, Rhino vol 9
She’s killing me Vo : Tommy Duncan,
background vo : Texas Playboys Tiffany record 4
Stay a little longer take 2 Vo : Tommy Duncan
background vo : Texas Playboys Rhino vol 2
Sun bonnet Sue
Lead vo : Tommy Duncan ; duet vos : Bob Wills &
Tommy Duncan Tiffany record 32 & Rhino vol 8
Take me back to my boots and saddle
Vo : Tommy Duncan ; Background vo : McKinney
Sisters Tiffany record 16
Texas Playboy theme (opening)
Vo : Tommy Duncan ; Background vo : Texas
Playboys Tiffany records 1 et 37 & Rhino vol 4
Texas Playboy theme (closing)
Vo : Tommy Duncan ; Background vo : Texas
Playboys Tiffany record 37 & Rhino vol 4
That little boy of mine take 2 inédit
Trouble in mind Vo : Tommy Duncan ;
background vo & spoken : Bob Wills Rhino vol 8
When Irish eyes are smiling inédit
When my blue moon turns to gold again
Vo : Tommy Duncan ; background vo : McKinney
Sisters Tiffany record 16
White Christmas ; take 2 inédit
You are my sunshine Vo : Tommy Duncan, duet
vo : Bob Wills & Tommy Duncan Tiffany record 40
You don’t care what happens to me
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 41 & Rhino vol 9
You’re from Texas
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 2 & Rhino vol 4
Détail des séances d’enregistrements
aux studios Sound Recorders,
421 Powell street ; San Francisco, Ca.
30 mai 1947
Bob Wills : fiddle, background vo
Tommy Duncan : vo, Dean McKinney : vo
Evelyn McKinney : vo Tommy Spike Doss : vo
Tiny Moore : electric mandolin
Joe Holley : fiddle, Louie Tierney : fiddle
Millard Kelso : piano
Herb Remington : steel guitar
Eldon Shamblin : electric guitar
Ocie Stockard : banjo
Johnny Cuviello : drums
Billy Jack Wills : upright bass
At the end of the lane
Vo : Tommy Spike Doss Tiffany record 27
Big beaver (instr) Tiffany record 26 & Rhino vol 8
Cotton eyed Joe
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 25 & Rhino vol 2
Dusty skies
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 27
Goodnight waltz (instr) Tiffany record 26
I can’t go on this way Vo : Tommy Spike Doss
Tiffany record 25 & Rhino vol 7
I’m gonna be boss from now on
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 25 & Rhino vol 7
Moonlight on the prairie
Vo : Tommy Spike Doss ; duet vo : Spike Doss &
Texas Playboys Tiffany record 26
At the Woodchopper’s ball
(instr) Tiffany record 48 & Rhino vol 5
Beaumont rag
(instr) Tiffany record 47 & Rhino vol 4
C-Jam blues
(instr) Tiffany record 28 & Rhino vol 7
Cool water Vo : Tommy Duncan ; background vo :
Texas Playboys Tiffany record 28
Detour Vo : Tommy Duncan ; background vo :
McKinney Sisters Tiffany record 45
Dev’lish Mary
Vo : Tommy Duncan ; duet vo : Bob Wills & Tommy
Duncan Tiffany record 46 & Rhino vol 6
Elmer’s tune(instr) Tiffany record 46 & Rhino vol 9
Five minutes more
Duet vo : Tommy Duncan & McKinney Sisters Lead
vo : McKinney Sisters Tiffany record 45
For sentimental reasons
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 49
Have I told you lately that I love you Duet
vo: Tiny Moore & Dean McKinney Tiffany record 46
Heartaches
Vo : Dean McKinney, Tiffany record 45
Honeysuckle rose (instr)
Tiffany record 47 & Rhino vol 7
In the mood (instr) Tiffany record 49 & Rhino vol 9
It’s my lazy day Vo : Tommy Duncan
Tiffany record 28 & Rhino vol 6
La cucaracha (instr) Tiffany record 44
Linda Vo : Tommy Spike Doss, Tiffany record 48
Mama Inez (instr) Tiffany record 43
Many tears ago
New spanish two-step
(Aka “Many years ago”) duet vo : Tiny Moore &
Dean McKinney Tiffany record 48
Straighten up and fly right
Vo : Dean McKinney Tiffany record 27 & Rhino vol 1
lead vo : Dean McKinney ; duet vo : Dean McKinney
& poss. Tiny Moore Tiffany record 28
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 25
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 49 & Rhino vol 7
Vo : Tommy Spike Doss Tiffany record 27
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 49
Punkin stomp (instr) Tiffany record 47
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 26 & Rhino vol 4
She’s killing me inédit
There’s a big rock in the road
The west is in my soul
18 août 1947
Bob Wills : fiddle, vo, Tommy Duncan : vo
Dean McKinney : vo, Evelyn McKinney : vo
Tommy Spike Doss : vo
Tiny Moore : electric mandolin, fiddle, vo
Louie Tierney : fiddle, Millard Kelso : piano
Herb Remington : steel guitar
Eldon Shamblin : electric guitar
Ocie Stockard : banjo
Johnny Cuviello : drums
Billy Jack Wills : upright bass
Across the alley from the Alamo
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 48 & Rhino vol 4
Le Cri du Coyote n°132 page 12
No one to cry to
Oakie boogie
Ole buttermilk skies
That’s how much I love you
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 45
Too many irons in the fire
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 44
Wagon wheels
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 46
Yearning Vo : Bob Wills ; duet vo : Dean McKinney
& Bob Wills Tiffany record 47
30 août 1947
Bob Wills : fiddle, vo, Tommy Duncan : vo
Dean McKinney : vo, Evelyn McKinney : vo
Tiny Moore : elec-mandolin, fiddle, clarinet, vo
Millard Kelso : piano
Herb Remington : steel guitar
Eldon Shamblin : electric guitar
Ocie Stockard : banjo
Johnny Cuviello : drums
Billy Jack Wills : upright bass
All by myself vo : Dean McKinney Rhino vol 10
BF Goodrich
(intro, 6 radio spots) Annonces commerciales pour
les pneumatiques Goodrich, Par Bob Wills et
Cactus Jack Inédites (un extrait de 21 secondes par
Cactus Jack se trouve sur un CD pirate américain)
BF Goodrich
(closing, 6 radio spots) Commercial radio spots
inédits By Bob Wills & Cactus Jack
Bubbles in my beer
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 50
Chi baba chi baba inédit
Don’t be ashamed of your age
Vo : Tommy Duncan U.S. Private bootleg
Four or five times, Vo : Bob Wills ; background
vo : Texas Playboys Rhino vol 6
If I had my life to life over inédit
It’s a sin ; take 2 inédit
I wonder inédit
Joe’s place take 2 (instr) Rhino vol 7
Lonesome hearted blues
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 50 & Rhino vol 7
Lone star rag (instr) Rhino vol 1
Milk cow blues, # 2
Vo : Tommy Duncan Rhino vol 9
Mission to Moscow take 2 (instr) Rhino vol 1
Pair of broken hearts, inédit
Peg of my heart Vo : Dean McKinney inédit
Someday ; take 2 inédit
Sugar blues Vo : Bob Wills, Rhino vol 7
Sweet moments
Vo : Tommy Duncan, Rhino vol 7
Swing blues
In the shade of the old apple tree
take 2 Vo : Slim Andrews inédit
It’s a good day take 2 (Aka “It’s a great day”) Vo :
Dean McKinney & Tiny Moore Rhino vol 10
Jerusalem moan ; take 2 inédit
Jumpin’ at the woodside
(instr) Rhino vol 1
Kentucky waltz inédit
Let the rest of the world go by
take 5 Vo : Slim Andrews inédit
Little man you’ve had a busy day inédit
Mississippi delta blues
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 51
Missouri waltz inédit
My little buckaroo ; take 3 inédit
Old grey bonnet # 2 inédit
Patsy McCan take 3 Vo : Slim Andrews inédit
Rainbow at midnight
Vos : McKinney Sisters Tiffany record 50
Rose of old Pawnee inédit
(The beginning of) San Antonio Rose
theme 1 à 6 inédit
Tea for two (instr) Rhino vol 7
You can’t fool me inédit
30 décembre 1947
Bob Wills : fiddle, background vo
Tommy Duncan : vo
Dean McKinney : background vo
Evelyn McKinney : background vo
Tiny Moore : electric mandolin, fiddle
Joe Holley : fiddle, Millard Kelso : piano
Herb Remington : steel guitar
Junior Barnard : electric guitar
Ocie Stockard : banjo, fiddle
Monty Mountjoy : drums
Billy Jack Wills : upright bass
A sweet kind of love
Vo : Tommy Duncan & Bob Wills, Rhino vol 5
Take the A train (instr), Rhino vol 3
Three guitar special take 3 (instr), Rhino vol 5
Twelfth street rag (instr), Rhino vol 9
Waltz of the hills take 3 Tiffany record 50
What is life without love ; take 2 inédit
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 52 & Rhino vol 5
Barnard blues Vo : Tommy Duncan ; Spoken :
Bob Wills Rhino vol 3
Blackout blues Vo : Tommy Duncan Rhino vol 1
Blues for Dixie Vo : Tommy Duncan Rhino vol 8
Bob Wills boogie (instr) U.S. bootleg Private
take 3 (instr) Rhino vol 9
Vo : Tommy Duncan Rhino vol 1
2 takes Vos : Tiny Moore & McKinney Sisters Inédit
You just take her (instr) Rhino vol 3
Vo : Tommy Duncan Tiffany record 52
Dog house blues Vo : Tommy Duncan inédit
What is this thing called love
When I lost you
You’re only in my arms
Vo : Dean McKinney Rhino vol 10
6 septembre 1947
Bob Wills : fiddle, vo, background vo
Tommy Duncan : vo, Dean McKinney : vo
Evelyn McKinney : vo Slim Andrews : vo fiddle
Tiny Moore : electric mandolin, fiddle, vo
Millard Kelso : piano
Herb Remington : steel guitar
Eldon Shamblin : electric guitar
Ocie Stockard : banjo
Johnny Cuviello : drums
Billy Jack Wills : upright bass
Cotton patch blues
Cross my heart I love you
Each minute seems a million years
Vo : Tommy Duncan inédit
Go home with the girls in the morning
Vo : Tommy Duncan inédit
I had a little mule
take 2 Vo : Tommy Duncan ; background vo : Bob
Wills & Dean McKinney Rhino vol 6
I want to be near you Tiffany record 52
Little cowboy lullaby
2 takes (Aka “Little cowboy lament”) Vo : Tommy
Duncan take 2 on U.S. Private bootleg
Arkansas rag ; take 2 inédit
A smooth one take 2 (instr) Rhino vol 5
Be honest with me inédit
Blue skies ; take 3
Vo : Evelyn McKinney Rhino vol 10
Corinne, Corrina
take 2 Vo : Bob Wills Tiffany record 51 & Rhino vol 2
Crawdad song inédit
Crazy rhythm
take 2 (instr) Tiffany record 51 & Rhino vol 3
Don’t fence me in
take 2 Vo Tommy Duncan D 033
Don’t you tetch it
take 2 Vos : Mckinney Sisters Tiffany record 51
Feudin’ and fightin’ ; take 3 (Aka “Feudin’ and
fussin”) Vo : Mckinney Sisters Rhino vol 10
Home on the range
take 2 Vo : Tommy Duncan inédit
I’m an old cowhand
take 2 Vo : Tommy Duncan inédit
Le Cri du Coyote n°132 page 13
Misery Vo : Tommy Duncan inédit
Nothing but the best for my baby
Vo : Tommy Duncan Inédit
Papa’s jumpin’ (instr) inédit
Playboy chimes ; take 3 (instr) Rhino vol 6
Sally goodin, # 2 take 2 Vo : Tommy Duncan
background vos : Texas Playboys Rhino vol 6
She’s gone Vo : Tommy Duncan inédit
Siboney (instr) inédit
Silver lake rag (instr) inédit
South ; take 2 (instr) Tiffany record 52
& Rhino vol 8
Spanish fandango
take 3 Vo : Tommy Duncan Rhino vol 4
Still water runs the deepest
Vo : Tommy Duncan, inédit
Texarkana baby take 1 Vo : Tommy Duncan
Background vo : Bob Wills & Texas Playboys Rhino
vol 4. take 2 inédit
There’ll never be a sweeter girl than you
Vo : Tommy Duncan inédit
Les dates d’enregistrements des titres
suivants n’ont pas pu être identifiées :
(mars 1946 – décembre 1947)
Brain cloudy blues
Vo : Tommy Duncan U.S. Private bootleg
Can’t get enough of Texas Vo : Tommy
Duncan (poss. 1947) U.S. Private bootleg
Closed for repairs inédit
Cowboy stomp (instr)
(poss. 1946) U.S. Private bootleg
Dear old sunny south by the sea
Vo : Tommy Duncan U.S. Private bootleg
Deep water Vo : Tommy Duncan
U.S. Private bootleg
Devil ain’t lazy inédit
Draggin’ the bow inédit
Dream train inédit
Dreamy eyed waltz (instr) U.S. Private bootleg
Gambling polka dot blues inédit
Grey eagle (instr) CD D 033
Hot lick fiddlin’ man (instr) U.S. Private bootleg
I’ll keep on loving you
Vo : Luke Wills CD D 033
I’m afraid to love you inédit
I’m feelin’ bad Vo : poss. Tiny Moore
U.S Private bootleg
Josephine inédit
‘Neath Hawaiian palms inédit
Old shep 1946 Vo : prob. Luke Wills
U.S. Private bootleg
Over the Santa Fe trail inédit
Roll on little dogies roll on Vo : Tommy
Duncan background vos : McKinney Sisters
& Bob Wills au final CD D 033
Staccato waltz inédit
Sugar moon inédit
Sunrise serenade inédit
Tino schottische inédit
When pay day rolls around inédit
La liste des disques parus à l’époque a été dressée par le fond d’archives
de l’Université de Chapel Hill en Caroline du nord :
Southern Folklife Collection Transcription discs.
Bob Wills & His Texas Playboys Transcriptions
McKinney Sisters
The west is in my soul 3: Dusty skies 4: At the end of
the lane Side two: Record 28 1: No one to cry to 2: It’s
my lazy day 3: C Jam 4: Cool water
Records 29 and 30
Side one: Record 29 1: On the Alamo 2: Roly Poly 3:
Margie 4: A good man is hard to find Side two: Record
30 1: Too late 2: Sioux city Sue 3: Ding Dong daddy
4: Gay ranchero
Records 31 and 32
Side one: Record 31 1: Free from the chain gang now
2: Take me back to Tulsa 3: Chains of love 4: Up a
lazy river Side two: Record 32 1: River stay ‘way from
my door 2: Oh, Mona 3: Sun bonnet Sue 4: Iwa Jima
(sic)
Records 33 and 34
Side one: Record 33 1: I hear you talking 2: Under the
double eagle 3: Basin street blues 4: Don’t cry baby
Side two: Record 34 1: Texas play boy rag 2: Empty
chair 3: While cross on Okinawa 4: My window faces
the south
Records 35 and 36
Side one: Record 35 1: I’ll get mine 2: I can’t begin
to tell you 3: Hawaiian war chant 4: Cattle call Side
two: Record 36 1: Silver dew 2: Everybody does it in
Hawaii 3: No letter today 4: Ten years
Records 37 and 38
Side one: Record 37 1: Texas playboy, beginning
of theme 2: Texas playboy, beginning of theme 3:
Texas playboy, beginning of theme 4: Texas playboy,
ending of theme 5: Texas playboy, ending of theme 6:
Texas playboy, ending of
theme Side two: Record
38 1: Arkansas traveler
2: Durang’s hornpipe 3:
Big tatoes 4: Patty on the
turn pike
Records 39 and 40
Side one: Record 39 1:
Liebestraum 2: Nobody’s
darlin’ 3: Sweethearts or
strangers 4: Fat boy rag
Side two: Record 40 1:
Little Betty Brown 2: You
are my sunshine 3: Till the
longest day I live 4: Let
me call you sweetheart
Records 41 and 42
Side one: Record 41 1: I’m
waiting for ships 2: You
don’t care what happens
to me 3: Riding on a
hump-backed mule 4: G.I. wish Side two: Record 42
1: Put your arms around me 2: When day is done 3:
Wednesday night waltz 4: Aloha
Records 43 and 44
Side one: Record 43 1: There’s no disappointment
in Heaven 2: La Golondrina 3: There’s a silver moon
on the Golden Gate 4: Mama Inez Side two: Record
44 1: When my dream boat comes home 2: There
I’ve said it again 3: La Cucaracha 4: Too many irons
in the fire
Records 45 and 46
Side one: Record 45 1: Five minutes more 2: Detour
3: That’s how much I love you 4: Heartaches Side
two: Record 46 1: Wagon wheels 2: Elmer’s tune 3:
Dev’lish Mary 4: Have I told you lately
Records 47 and 48
Side one: Record 47 1: Honeysuckle Rose 2:
Yearning 3: Punkin stomp 4: Beaumont rag Side
two: Record 48 1: Across the Alley from the Alamo 2:
Woodchopper’s ball 3: Many tears ago 4: Linda
Records 49 and 50
Side one: Record 49 1: Oakie boogie 2: For
sentimental reasons 3: Ole buttermilk skies 4: In the
mood Side two: Record 50 1: Rainbow at midnight
2: Waltz of the hills 3: Lonesome hearted blues 4:
Bubbles in my beer
Records 51 and 52
Side one: Record 51 1: Don’t you tetch it 2: Crazy
rhythm 3: Mississippi delta blues 4: Corrine, Corinna
Side two: Record 52 1: Cross my heart I love you 2: I
want to be near you 3: South 4: A Sweet king of love
Tommy Duncan
Records 1 and 2
Side one: Record 1 1: Texas playboy theme 2: Blue
bonnet lane 3: San Antonio Rose 4: Spanish two-step.
Side two: Record 2 1: You’re from Texas 2: Worried
mind 3: Sleepy Rio Grande 4: Navajo trail
Records 3 and 4
Side one: Record 3 1: El Rancho Grande 2: Steel
guitar rag 3: Ten years 4: Letter from my kid. Side
two: Record 4 1: Silver on the sage 2: Little Liza Jane
3: Echoes from the hills 4: Chicken reel 5: She’s killin’
me
Records 5 and 6
Side one: Record 5 1: If it’s wrong to love you 2: Time
changes everything 3: Silver bells 4: Sally gooden 5:
Foley waltz. Side two: Record 6 1: Please don’t leave
me 2: My confession 3: Give my love to Nell 4: Little
Joe the wrangler
Records 7 and 8
Side one: Record 7 1: Don’t love nobody 2: Red
wagon 3: Sentimental journey 4: Makes no difference
now 5: Oklahoma hills. Side two: Record 8 1: Never
no more hard time blues 2: Back home in Indiana 3:
Love letters in the sand 4: Sweet Jennie Lee 5: No
wonder
Records 9 and 10
Side one: Record 9 1: I’m ridin’ for the rancho tonight
2: The moment I lost you 3: Tumbling tumble weed 4:
Over the waves. Side two: Record 10 1: Carolina in
the morning 2: Dreams of an old love affair 3: Baby
won’t you please come home 4: Pal of my lonely
hour
Records 11 and 12
Side one: Record 11 1:
Who’s sorry now 2: What’s
the matter with the mill 3:
Snow deer 4: You may
not be an angel 5: China
town. Side two: Record
12 1: Keep knockin’ but
your can’t come in 2: You
waited too long 3: You’re
tired of me 4: Done and
gone 5: Roseland melody
Records 13 and 14
Side one: Record 13 1:
Stoney point 2: My gal Sal
3: Sittin’ on top of the world
4: Sweet Georgia Brown
5: Soldier’s joy Side two:
Record 14 1: Cherokee
maiden 2: Hoppin’ Lucy 3:
Bring it on down to my house honey 4: Home in San
Antone
Records 15 and 16
Side one: Record 15 1: Ida Red 2: Smile darn ya’
smile 3: Red river valley 4: Rubber Dolly 5: Oklahoma
rag Side two: Record 16 1: When my blue moon turns
to gold 2: Take me back to my boots and saddle 3:
Nobody’ sweetheart now 4: Miss Molly
Records 17 and 18
Side one: Record 17 1: Ride on my prairie pinto 2:
There’s gonna be a party 3: Whose heart are you
breaking now 4: Traveling blues Side two: Record 18
1: Dear old southern home 2: Texas plains 3: My life’s
been a pleasure 4: Cowboy’s dream
Records 19 and 20
Side one: Record 19 1: Liberty 2: Black rider 3:
Goodnight little sweetheart 4: Cimarron roll on Side
two: Record 20 1: Do you ever think of me 2: Convict
and the rose 3: Jesse 4: I don’t know why
Records 21 and 22
Side one: Record 21 1: Smith reel 2: Last letter 3: Oh
what it seemed to be 4: I had someone else Side two:
Record 22 1: Paradise isle 2: Barefoot days 3: Faded
love 4: Brown skin gal
Records 23 and 24
Side one: Record 23 1: Columbus Georgia stockade
blues 2: I wonder if you feel the way I do 3: Covered
wagon Side two: Record 24 1: Little Star of heaven 2:
Maiden’s prayer 3: Just friends 4: We might as well
forget it
Records 25 and 26
Side one: Record 25 1: I can’t go on this way 2:
Cotton eyed Joe 3: There’s a big rock in the road 4:
I’m gonna be boss Side two: Record 26 1: Goodnight
waltz 2: New spanish two-step 3: Big beaver 4:
Moonlight on the prairie
Records 27 and 28
Side one: Record 27 1: Straighten up and fly right 2:
Le Cri du Coyote n°132 page 14
Personnel des séances
de San Francisco
Mars 1946 – décembre 1947
James Robert WILLS
dit Bob WILLS 6 mars 1905 ; Kosse – Turkey,
Texas, 13 mai 1975 ; Fort Worth, Texas
Billy Jack WILLS
26 février 1926 ; Memphis, Texas 2 mars
1991 ; Oklahoma City, Oklahoma
Luther Jay WILLS
dit Luke WILLS 10 septembre 1920 ; Memphis,
Texas 21 octobre 2000 ; Las Vegas, Nevada
Thomas Elmer DUNCAN
dit Tommy DUNCAN 11 janvier 1911 ; Whitney,
Texas 25 juillet 1967 ; San Diego, Californie
Martha Dean McKINNEY-MOORE
dite Dean McKINNEY (épouse de Tiny
Moore) 1922, Alabama 9 novembre 2009 ;
Sacramento, Californie
Margaret Evelyn McKINNEY – STEVENS
dite Evelyn McKINNEY (a épousé Billy Jack
Wills) 5 mars 1924 ; Birmingham, Alabama 24
décembre 2011 ; Sacramento, Californie
Billie M. MOORE
dit Tiny MOORE 12 mai 1920 ; Port Arthur,
Texas 15 décembre 1987 ; Jackpot, Nevada
James C. HOLLEY
dit Joe HOLLEY 1917 ; Stephenville, Texas
25 juillet 1987 ; Fresno, Californie
Lester Robert BARNARD Jr.
dit Junior BARNARD 17 décembre 1920,
Coweta, Oklahoma 15 avril 1951 ; Fresno,
Californie
William Ellsworth BRASHEAR
dit Alex BRASHEAR, date de naissance
inconnue, 1983 ; Fresno, Californie
Lewis E. TIERNEY
dit Louie TIERNEY, jour de naissance inconnu,
décembre1964 ; Big Spring, Texas
Estel Eldon SHAMBLIN
dit Eldon SHAMBLIN 24 avril 1916 ; Clinton,
Oklahoma 5 août 1998 ; Tulsa, Oklahoma
Millard KELSO
25 avril 1912 ; Cleveland, Oklahoma 12 mars
1968 ; Santa Clara, Californie
Ocie Blanton STOCKARD
dit Ocie STOCKARD 11 mai 1909 ; Crafton,
Texas 23 avril 1988 ; Fort Worth, Texas
Noel Edwin BOGGS
dit Noel BOGGS 14 novembre 1917 ;
Oklahoma City, Oklahoma 31 août 1974 ;
Granada, Californie
Herbert Leroy REMINGTON
dit Herb REMINGTON 9 juin 1926 ,
Mishawaka, Indiana vit à Houston, Texas
Roy HONEYCUTT
11 août 1926 vit à Alamosa, Colorado
John Anthony CUVIELLO
dit Johnny CUVIELLO
8 août 1915 ; Fresno, Californie
John Melvin MOUNTJOY
dit Monte MOUNTJOY
Lloyd Thomas DOSS
dit Tommy Spike DOSS 26 septembre 1920;
Weiser, Idaho 25 octobre 2011 ; Enterprise,
Oregon
Lloyd ANDREWS
dit Slim ANDREWS 8 décembre 1906 ;
Spavinaw Creek, Arkansas 3 avril 1992 ;
Gravette, Arkansas. ©
Remerciements à Chantal et à la
Western Swing Newsletter. Marc ALESiNA
KANGA ROUTES
THE LONG AND THE SHORT OF iT :
Standing In The Station, Twin Flames, My Forever Book
David Baird, guitariste et chanteur
éclectique à la voix chaude se produisait
solo depuis 30 ans quand en 2008 une
pianiste admiratrice, Patsy Toop, l’a rejoint
et l’accompagne depuis au clavier en
chantant solo ou aux harmonies vocales
une musique country, folk, bluegrass, cajun,
tout en préférant la new country. Comme
Patsy est de grande taille, David et elle ont
appelé avec humour leur duo La Grande et le Petit et c’est ainsi
qu’ils s’affichent sur les images. Depuis, ils composent ensemble et
en deux ans ont fait paraître deux albums Standing At The Station
(2011) et Twin Flames (2012) ainsi qu’un EP de 6 titres My Forever
Book. Particulièrement réussi ce dernier
renferme quatre compositions : l’entraînante
cajun My Forever Book (nos 2 cœurs battent
à l’unisson d’un amour rare et éternel), la
swingante My Life Is So Black And White
(ma vie s’écoulait en noir et blanc avant que
tu viennes la colorer), une new country rock
au tempo moyen avec ses sons prolongés
I’m Free (on m’a cru femme docile mais
j’ai quitté travail, connaissances et larmes, je suis liiiiibre) ainsi
qu’une ballade calmement rythmée Mr Norman en hommage à
Peter Norman, sprinter australien qui, médaillé d’argent aux J.O.
1968, est monté sur le podium arborant l’insigne des Droits de
l’Homme. Il a pour cela été sanctionné avec
interdiction de participer aux jeux suivants.
Les deux reprises sont Wagon Wheel (B.
Dylan) une cajun aux allures de bluegrass
(le long trajet d’un violoniste parti voir sa
belle au soleil) et la très belle interprétation
de la langoureuse Hallelujah (L. Cohen)
(malgré mes malheurs et mes échecs, ma
langue crie Hallelujah). Des deux premiers
albums je retiens les compositions dont certaines renferment de
grandes envolées romantiques comme Twin Flames new country
rock (à vivre ensemble un tel amour nous nous sentons identiques),
la latino When I Wake Up In The Morning (pour moi tu es un ange
descendu du ciel), la country au tempo moyen Out Of The Blue
(ton amour a effacé mon blues), et My Bluelight (tu as volé mon
cœur, prends ma main, je suis ta destinée) avec des accents latins.
L’amour se gâte dans la mélodieuse et calme Standing At The
KASEY CHAMBERS & SHANE NiCHOLSON :
Wreck and Ruins
C’est la première fois que Kasey et Shane
se lancent dans le bluegrass et ma foi
l’album est très bien réussi, il est même mon
préféré. Pour le réaliser ils se sont éloignés
à maintes reprises de la famille vers une
cabane isolée où, en dilettantes, ils ont coécrit leurs 13 chansons. Kasey nous avait
habitués à ses textes tristounets, ici elle
offre des airs joyeux en duo avec Shane.
Seuls deux titres, et en tempo moyen,
abordent le sujet de la mort : Have Mercy
On Me (quand l’ange viendra m’emporter
sur ses ailes blanches, prends pitié de moi
Seigneur) et Up Or Down (à ton dernier
souffle prononceras-tu une prière ou un cri
d’angoisse sur ce qui t’attend). Trois titres
ont un format country : le old time Rusted
Shoes (les chaussures rouillées et lourdes,
symbole de la paresse et l’intermittence
avec lesquelles ils ont écrit la chanson),
la langoureuse Till Death Do Us Part, déclaration d’amour accompagnée d’un banjo
et d’un bourdonnement continuel au fiddle
(pour l’amour qui nous unit je chanterai
Alléluia jusqu’à ce que la mort nous sépare)
et, malgré le rythme joyeux, Familiar
Roland
LANZARONE
Station (debout sous la pluie voyant passer les trains je songe à
mon amour perdu et aux bleus ciels d’antan). Parmi les autres on
trouve dans le style J. Cash, Robyn, femme du bush attachante,
aimante et inlassablement active, une chanson en hommage
aux femmes du bush. Enfin Through My Eyes est une histoire
cauchemardesque en forme de blues qui se termine bien. Les
reprises incluent des country tels Jackson (J. Cash) interprétée
en duo, Hey Soul Sister (Train) fortement rythmée et chantée par
Patsy, les galopantes Lookin’ Out My Back Door (Creedance) et
Jolene (D. Parton). On trouve aussi la trottante There’s Something
In The Water (B. Fraser) et en forme de calypso When I Wake Up
In The Morning (Van Morrison). Avec David (guitare) sont présents
dans l’EP : Michael Zammit (gt, bs, clav, dr), Ian Tritt (fd) et Gary
Carruthers (bj, mnd). Une bien agréable musique. 34 First Avenue,
North Altona, Melbourne Vic 3025, www.thelongandshortofit.com.au
LEE KERNAGHAN: Beautiful Noise
Cet album de Lee, super star australienne,
sorti en octobre, propose une musique new
country, pop, hip hop et rock qui plait aux
jeunes désireux de s’éclater, se trémousser,
s’agiter dans les discothèques et sur les
terres desséchées de l’Outback. Il le dit dans
Dirt Music (comprenez musique dans la
poussière) et encore dans Party Town, new
country rock montrant les jeunes broussards
débarquer en ville dès le coucher du soleil pour s'emplir les oreilles
de musi-que forte. Les 11 compositions de Lee sont co-écrites avec
les plus connus des songwriters du pays : Garth Porter (10 titres),
Colin Buchanan (9), Matt Scullion (4), James Blundell (1), Lindsay
Rimes (1) et Robby K. avec laquelle il partage le duo dans New
Kind Of High, un new country rock en mid tempo décrivant un coup
de foudre et une passion éternelle. Flying With The King est une
ballade country admirative de Slim Dusty où est décrite la joie d’un
petit garçon fier d’avoir voyagé en avion aux cotés du King, tandis
que Keeping On, mid tempo new country est une marche qui rend
hommage aux infatigables travailleurs du bush, solides comme le
rock et sûrs d’eux comme l’est le lever du soleil. Le camionneur de
l’Outback écoutant une musique qui fait rocker son camion est le
sujet de Ute Me un mélange de rock et de hip hop, et dans le même
style It’s Only Country décrit le bonheur de vivre dans l’Outback (et
tant pis si tu n’aimes pas mes bottes, mon chapeau et mon pickup). Viennent ensuite les chansons d’amour : Beautiful Noise (le
bruit plaisant du battement de cœur de sa belle quand il conduit,
cheveux au vent, une Chevy sur les grandes routes). Cette chanson
au rythme dynamique est présente en deux styles, l’un électrique
Strangers décrit l’indifférence
que se revoient deux êtres
dont l’amour s’est éteint. En
up-tempo cajun avec un violon
très présent Flat Nail Joe est
le banjoïste qui pour éviter
de jouer arrive toujours en
retard au concert. La suite est
en bluegrass dont la superbe
Adam and Eve qui, chassés du
paradis, courent à la recherche d’un bateau
ou d’un avion pour les conduire sous
d’autres cieux (peut être une allusion aux
boat people !). Autres tempos moyens The
Quiet Life (nous pourrions faire ensemble
des choses extraordinaires, voyager, devenir
célèbres ou bien vivre heureux ensemble
en toute simplicité) et Your Sweet Love
duo où il énumère les grandes distances
parcourues alors qu’elle lui répond "je
manque d’espace". Mais il fallait bien une
chanson triste pour Kasey : Troubled Mind,
langoureuse valse en bluegrass sobrement
accompagnée d’une guitare et d’un banjo
(mon esprit troublé ne ressent ni souci ni
solitude même à l’approche de dormir dans
une tombe). Les trois pièces restantes sont
à l’inverse des up-tempos malgré des titres
Le Cri du Coyote n°132 page 15
tels: Wreck And Ruin autour
de moi tout tombe en ruine
chanté par Kasey & Shane sur
un air joyeux ou Sick as a Dog
(enrhumée et fiévreuse j’ai la tête
qui bourdonne, je suis malade
comme un chien) et Dustbowl
à la cadence d’un train et d’une
voix qui l’imite annonçant la
panne dans un lieu-dit de
l’Outback. Les 10000 premières copies du
CD sont accompagnées d’un 2ème CD
de cinq belles reprises australiennes dont
quatre au tempo modéré : Misdiagnosed
(Harry Hookey), Good Enough (Harmony
James), Lead Balloon (Sarah Humphreys),
la triste She Waits Till I’m Asleep (Steve
Grady) et l’up-tempo Where No One Knows
My Name (Quarry Mountain Dead Rats)
rythmée comme un train. Une nouvelle
équipe de musiciens accompagne Kasey
(bjo) et Shane (gt, mnd, accd, harm, bj,
perc) : John Bedggood (fd, mnd), Jeb
Cardwell (bj, dbr, gt), James Gillard (ctr bs)
et Steve Fearnley (dr, perc). Un album que
je vous recommande vivement, impossible
d’être déçu. Liberation Music, 135 Forbes St.
Wooloomooloo NSW 2011
et l’autre country rock. Bang Bang, new country moyen, propose un
thème semblable (le bruit du cœur battant d’amour). Encore plus
sentimentales Splash, mid tempo new country, évoque le souvenir
nostalgique d’un amour d’été près de la rivière et Peace Love &
Country, ballade country plutôt calme, déclare "dans le bush près de
toi j’ai trouvé la paix et l’amour". A part Lee (gt, clav) des nombreux
musiciens présents les plus connus sont : Rod Mc Cormack (gt,
bj, mnd) Matt Fell (bs), Pet Drummond (dr), Matt Scullion (gt él) et
Lindsay Rimes (gt, bs, sl). Cette country 100% australienne dans
l’esprit, très bien accueillie, vaut à l’album la première place dans
les charts. www.leekernaghan.com, ABC Music/ Universal Music Australia
3 Munn Reserve, Millers Point NSW 2000
THE McCLYMONTS: Two Worlds Collide
Après 5 Guitares d’Or, parmi d’autres awards
et deux albums : Chaos And Bright Lights
et Wrapped Up Good de statut de Disque
d’Or (Cri 104 & 116) c’est dans un registre
pop-rock que les trois séduisantes sœurs
McClymonts (Brooke, Samantha et Mollie)
livrent ce 3ème album bien différent des
précédents. Fruit de séjours prolongés aux
USA, l’influence américaine est bien évidente
dans ces 11 compositions dont quatre co-écrites avec l’éminent
songwriter australien Lindsay Rimes et, parmi les Américains, Ross
Copperman (2) et Nathan Chapman (2), ce dernier est aussi le
producteur. Si on trouve des mid tempos et une ballade, la majorité
des chansons sont des up tempos. Ils commencent souvent dans le
calme, prennent ensuite de la puissance et même des consonances
grunge. Les textes montrent surtout diverses facettes des relations
amoureuses. Dans certaines l’amour est sublime c’est le cas du
pop bruyant Two Worlds Collide décrivant un amour fusionnel (tous
deux nous ne faisons qu’un) ou de Little Old Beat Up Heart (toi seul
sait faire battre mon cœur, en me considérant ton univers) mais
il peut exprimer le regret de perdre quelqu’un qu’on aime comme
dans Where You Are (je t’ai entendu dire mon nom quand tu as
fermé les yeux, tu restes dans mon cœur et dans mes rêves) ou
dans Piece Of Me (chaque fois que tu pars mon cœur se brise et tu
en emportes les morceaux) ou encore dans Everybody’s Looking
To Fall In Love exprimant le désir de ne pas perdre celui qu’on
aime, nous avons tous tant besoin d’amour. Dans The Easy Part on
est face à un égoïste, qu’on incite à apprendre à aimer et à partager
pour rendre les choses plus faciles. Dans d’autres les choses se
gâtent, exemple Those Summer Days (des conjoints vivant comme
des étrangers, sans se parler, pensant au grand amour passé), dans
This Ain’t Over Monsieur prend la mouche, s’en va, au moment où
elle veut s’excuser ou dans Feel Like Going Home, ballade calme
exprimant le raz le bol et le désir de rentrer à la maison. Les choses
empirent dans le grungy How Long Have You Known (depuis quand
voulais tu rompre ? le savais-tu quand je te disais je t’aime ?). Très
différente est Sweet, new country sautillante avec un violon cajun,
décrivant une briseuse de cœurs d’hommes qui n’éprouve aucun
regret d’être faite ainsi. L’album enregistré aux USA avec des
musiciens vraisemblablement américains (fd, ukel, mnd, bj, ped-st,
bs, clav, dr) est édité sur Universal Music Australia.
www.universalonline.com.au, www.themcclymonts.net
CLANCY : Drive
Je ne trouve pas assez de
mots pour exprimer le plaisir
que je ressens à écouter ce
1er album de Clancy Hutson
"broussard au prénom mythique
en Australie" qui fut tour à tour
conducteur de bétail, chauffeur
de poids lourds avec même
une expérience de vie en ville.
De son plaisant accent trainant australien et
soutenu par d’excellents musiciens, il nous
livre d’une voix grave et chaleureuse ses
ballades, honky tonk et rockabilly avec un
feeling qui rend vrai les histoires contées
dans les 11 titres dont 8 écrits par lui même.
Ses traits d’humour vis-à-vis de la gent
féminine prennent la forme de honky tonk
dans Thank You For Leaving (merci d’être
partie, depuis je suis heureux comme un
esclave qu’on déchaine) et de rockabilly
dans You Do The Drinkin’ (bois donc mon
gars, je réfléchis pour toi, dit-elle au bar,
s’adressant au cowboy titubant dont elle
KRiSTY COX : Miles & Timezones
Formée au Collège de Country Music de
Tamworth en 2004, la jeune Kristy originaire
d’Australie Méridionale, a poursuivi des études universitaires en vue d’une Licence de
Commerce sans toutefois renoncer à la
musique. Ainsi son 1er album From My Eyes
paru en 2006 a été suivi en 2008 par The
Falllen et en 2010 par l’acoustique Breaking
New Ground à la tonalité bluegrass qui lui
rapportera en 2011 trois Awards Victoriens (Duo, Voix Féminine
et Prestation) et deux Awards Nationaux (Duo & Bluegrass). C’est
en janvier 2012 qu'est paru cet album produit par Jerry Salley,
songwriter américain bien connu, auteur de 5 des 11 titres. Quant
à Kristy elle en a co-écrit 4 avec Lachlan Davidson un des plus
fameux bluegrassmen australiens. Une de ces chansons If I Keep
On Loving You, bluegrass au rythme effréné, leur a valu la palme
du concours de composition bluegrass en 2012. Pour les autres, 2
sont des up tempos sur des thèmes autobiographiques : Life Is A
Mystery (l’insouciante petite fille à présent grande et diplômée part
découvrir le vaste monde et comprend que la vie est un combat)
et Find Out By Myself (je veux tout faire à ma manière, même si
elle n’est pas la meilleure), quant à la chanson titre c’est sur un
rythme moyen qu’elle évoque le décalage horaire perturbant la vie
de deux amants situés aux antipodes l’un de l’autre ; quand l’un se
couche l’autre se lève. Deux autres bluegrass en mid tempo sont
de Michael Fordinal & April Geesbreght : Little Bit Of Wonderful
(l’amour heureux rend la vie merveilleuse), il a valu à Kristy l’Award
de Star Feminine Montante au festival des Indépendants en 2012
et I Hate That I Still Love You sur le thème opposé (la déception
amoureuse de qui a cru à un amour éternel). Les titres de Jerry
Salley co-écrits avec divers auteurs dont l’Australienne Tamara
Stewart pour Sure As The Devil (il l’a quittée mais elle le reprendrait
volontiers) sont musicalement différents. Ainsi You Won’t Find That
Here (un amour vrai est constant, on ne le sollicite pas seulement
de temps en temps sinon on le perd) est une valse au tempo moyen,
Her Past Is Looking Brighter (elle a quitté son bel amour pour aller
briller à NY mais le regrette parfois) est un slow de toute beauté et
A Hard Secret To Keep un bluegrass calme (les amants infidèles
portant difficilement leur secret) où Jerry partage le duo avec Kristy.
Reste Every Blue Moon un bluegrass dynamique. A l’enregistrement
réalisé à Nashville, ont participé : l’Australien Kim Warner (mnd) du
groupe The Greencards et six musiciens américains qui jouent pour
des stars telles Dolly Parton & Ricky Skaggs (gt, bs, bj, fid, dbr,
perc.). La CMAA a nommé Kristy finaliste pour deux Guitares d’Or
de janvier 2013 (Nouveau Talent et Album Alternatif de l’année).
Bonne chance Mademoiselle. www.ktistycox.com
L’album est distribué par WJO : www.checkedentertainment.com
Le Distributeur WJO assure la franchise de port
(free shipping) si vous la lui rappelez en citant Le Cri du Coyote.
Site : www.checkedentertainment.com
WJO Distribution–Checked Entertainment, Shop 68
Salamander Bay Shopping Centre.
Salamander Bay, NSW 2317 Australie
[email protected] et [email protected]
est éprise) mais c’est encore
en honky tonk dans Can I
Change My Mind qu’il raconte
le coup de foudre pour la belle
inconnue rencontrée au bal
et qu’il rêve de revoir. Parmi
les ballades deux traitent de
chevaux : la galopante Let em
Go (récit d’une chevauchée
rocambolesque sur un jeune
étalon à peine dressé) et Leave Him In
The Long Yard fameuse reprise de K. & M.
Dixon à propos d’un cheval méritant une
agréable retraite dans un grand champ
après tant de services rendus. Autre belle
reprise, Purple Roses de John Williamson
vous ferait fondre dans vos bottes avec son
ton mélodieux plein d’amour (tu t’efforces
de paraître plus jeune, ma femme adorée,
alors que mes yeux continuent à ne voir
que la jeune épousée). Tout aussi calme et
délicieuse est A Walk In The Rain (l’homme
heureux près de celle qui lui apporte
réconfort et qui par amour accepte de la
Le Cri du Coyote n°132 page 16
voir s’envoler affrontant courageusement
la douleur de la séparation). Deux autres
histoires de cœur sur des tempos différents
se déroulent, l’un en mid-tempo dans le très
beau Drive (elle a préféré la ville, lui le bush
mais les années de séparation finissent par
les ramener l’un vers l’autre) et Going Home
Alone plus soutenu (à chaque adieu tu me
brises le cœur, pourquoi ne pars-tu pas tout
bonnement). Plus modérés sont Life Is Like
a Rodeo (L. Waddington (bs, gt, dr) (dans la
vie, comme au rodéo, il faut tenir bon quoi
qu’il arrive) et l’extraordinaire Old Mates,
une ode à l’amitié, reconnaissance envers
ceux qui n’ont jamais hésité à se déranger, à
tout abandonner pour venir à notre aide. On
retrouve Clancy à la guitare avec Lindsay
Waddington (bs, dr), Charley Boyter (gt),
Peter Salata (bs), Lawrie Minson (st, dbr,
hrp), Mark Rigney (bj), Hugh Curtis (fd,
mnd) et d’autres encore.
(en mp3 : www.cdbaby, option Traditional Country)
Kross Kut Rds, PO Box 4819, Robina Town Centre
Qld 4819 (ww.clancyscountry.com)
KANGA ROUTES
GARY SHEARSTON : The Great
Australian Groove
Dans le folk australien
Gary occupe une place
particulière à cause de
son franc parler et pour
avoir, le pre-mier, usé
de l’accent australien
qui faisait sourire les
Anglais et conduisait
les autres chanteurs à imiter Hank Williams ou
la diction irlandaise. Né dans l’Australie rurale,
devenu journaliste, il n’a pas oublié ses racines,
et fait revivre dans un de ses 14 albums les
bushrangers : Bolters, Bushrangers & Duffers
et a redonné vie aux anciennes ballades du
bush comme dans The Springtime it Brings the
Shearing et Folksongs & Ballads of Australia.
Avec son esprit critique épris de justice sociale
il a blâmé l’Etat pour le traitement infligé aux
Aborigènes ce qui l’a souvent desservi. Lors
d’un concert à Sydney en présence d’une très
nombreuse assistance, la Police est venue
l’avertir d’une menace de mort, il a continué à
chanter ! Son attitude d’opposant à la guerre
du Viet Nam lui a interdit la Green Card aux
USA, l’empêchant d’enregistrer sur invitation
de Warner Bros., sa Sometime Lovin rendue
célèbre par Peter, Paul & Mary. Très croyant et
ne supportant pas l’injustice, il a fini par entrer
dans les ordres Anglicans où il a exercé 11
ans le ministère, avant de prendre sa retraite
en 2003. Il reste pourtant actif, la preuve : cet
album avec son fils Luke (dr) Lee Williams
(bs) et Roger Ilot (gt, pd-st, clav) contient 18
compositions où règnent folk et new country
rock. Le folk prend la forme de marche dans
Heading Home ou From Goodness Knows
Where ou The Great Australian Groove (j’ai
des chants plein la tête, je les chante avec ma
guitare) ou dans Frost Across The Tablelands
(apprendre à vivre avec peu, pour que d’autres
puissent simplement vivre). Le tempo est
sautillant sur Glitch In The Glitz avec un goût
de hip hop (il ne suffit pas de voir, entendre,
sentir, il faut regarder, écouter et ressentir)
et When The Push Come To Shove et Use
Your Imagination (use d’imagination pour
surmonter revers, déceptions et problèmes).
On découvre un rythme trottant dans Down
The Murrumbidgee et Strolling (le plaisir de se
promener en bord de mer, regarder la nature
et les enfants jouer), une jolie valse lente dans
Never Give In (aime et n’abandonne jamais
face au remord, au blues à la dureté de la
vie) et un folk moyen dans Phantoms Of Night
(regrets de fautes passées qui hantent mon
sommeil). En plus dynamique, In All Humility
(respectons la seule planète sur laquelle
nous pouvons vivre) Strangers et, avec une
ritournelle rappelant les chansons bretonnes,
There Came A Criminal (ils ont criminalisé et
tué le juste). Enfin les new country rock sur un
bon tempo martelé par la batterie: A Kindness
To Keep, Passport Undertow (on lui a refusé
le visa pour la terre promise, il doit repartir
vers sa pauvreté) What Is Love (on n’aime pas
pour soi, l’amour peut même briser un cœur) et
Need Me Some Love (elle m’a promis l’amour,
m’en a donné un peu, puis elle est partie en
l’emportant). Rousabout Rds, division de
Undercover Music, PO Box 561, Alexandria, NSW 2015
www.undercovermusic.com.au www.garyshearston.com
Ecoutez Roland dans Kanga Routes sur RCF
Haute Normandie. Une semaine sur deux.
Lundi 18h30/ rediffusion mardi 19h30
http://www.rcf.fr/radio/rcf76rouen
LA
NUiT DE LA GLiSSE
Lionel
WENDLiNG
Chers Coyoteurs : étant encore dans des travaux de rénovation, je ne suis
pas en mesure de concocter un article complet. Malgré tout, je ne vous laisse
pas tomber car je suis sûr que vous attendez ma prose avec une impatience
non-dissimulée (laissez-moi y croire c'est tout ce qu'il me reste...).
Une fois n'est pas coutume, je vais chroniquer deux albums de steel...
Lors de ma précédente chronique j'ai parlé de Terry Crisp que j'ai eu la chance de
revoir en Irlande. Il avait accepté une interview mais je n'ai toujours pas de réponse.
Je ne désespère pas car il doit avoir beaucoup de boulot ou peut-être est il entrain
de renforcer son arsenal pour pouvoir se défendre, qui sait... Humour noir. Bref lors
de cette rencontre j'ai pu récupérer deux de ses albums :
Burnt To A Crisp
J'avais cet album en vinyle depuis 1981. Il était un parfait
clone de Buddy Emmons. A cette époque je le trouvais super
pour sa technique et son swing. Surtout il avait la capacité
de rejouer des morceaux qui sont devenus des standards de
la pedal steel guitare. Aujourd'hui, avec le poids des ans, je
suis un peu moins fanatique de ce genre de clonage mais il
faut néanmoins constater qu'y arriver est déjà tout un art.
- Mardi gras : introduction très 80's, slap et Dx7 à tout va.
Version un peu plus produite que la version live de Buddy
Emmons. Solis très véloce et syncopés rien à dire sauf du bien. - For the good
times : classique de Ray Price, bien mielleux et tout à fait adapté à la steel. Déjà
joué, rejoué, voir surjoué. Sans grand intérêt pour moi à part sa parfaite interprétation.
Utilisation de la steel doublée à l'unisson très en vogue en ces temps reculés. - At
E's : un de mes morceaux préférés de Buddy Emmons. Même approche, même
phrasé et même plan que l'original. A l'époque, j'eusse bien aimé savoir en faire
autant ! - Kitten on the bar : très fusion, morceau original avec beaucoup d'effets
et un arrangement très représentatif de l'époque. Solo à la Buddy comme le reste.
Pas terrible pour danser... - Somewhere over the Rainbow : pour une raison
indéterminée je n'ai jamais aimé cette ballade, mais elle est ici super bien jouée. - 6th
dimension : très fusion, avec et sans distorsion suivant les moments. Mises en place
compliquée mais fort bien interprétée. Pas terrible non plus pour danser... - Orange
blossom special : classique, toujours sympa à écouter surtout quand c'est bien fait,
c'est le cas. Beaucoup de cordes à vide sur le refrain. 2ème couplet en Do 6ème plus
inhabituel, j'aime. - Saturation : on s'attend à de la distorsion à tout-va mais il n'y en
a pas. Son clair et flanger. Pas mon morceau préféré de l'album.
Malgré une influence évidente de Buddy Emmons, l'album est quand même assez
original. Terry avait pris quelques risques surtout dans son choix de notes. La
production a un peu mal vieilli mais je vous conseille quand même de l'écouter.
Paid In Full
Album beaucoup plus récent. - Water sign : fusion et
groove plus funky avec thème doublé au sax. On reconnaît
toujours son influence "emmonsienne", mais joué avec plus
de personnalité et d'originalité. - 'Till I can make it on my
own : ballade sans intérêt majeur mais bien produite, bien
jouée. - Mexican shuffle : retour à la fusion avec un thème
doublé, bonne intervention du sax et du piano. Le solo de
steel est plus classique. Pas mon préféré mais toujours
bien produit. - Cold Cold Heart : retour à la country avec ce
traditionnel quasi incontournable. Shuffle avec double violon, très classique mais on
reconnaît le talent des Américains quand ils pratiquent leur culture. - Christy : fusion
néo-californienne avec thème, sax et steel. On est toujours dans le même moule. Je
trouve que ces morceaux ont tendance à trop se ressembler, mais au risque de me
répéter c'est toujours très bien joué. Solo de steel en C6, très "emmonsien". - Tune
88 : morceau à la Little Feat) avec un thème en distorsion. Il est souvent joué par
les steeleurs. Solo très rock avec distortion. Cela fait toujours son petit effet, surtout
quand c'est bien fait. - Funky chittins' : morceau moins nerveux, joué sur le même
principe que les autres : sax, steel et guitare. A ce stade cela commence un peu à
tourner en rond à mon goût... - My love : quatrième morceau avec introduction de
batterie, toujours aussi bien joué mais je commence à m'ennuyer. Plus abordable
pour les steeleurs moins confirmés. - Pintos and cornbread : je m'ennuie vraiment,
les thèmes sont de plus en plus identiques même si on reste dans le très bien joué.
- Bird for days : re-introduction de batterie. Morceau plus swing, on change de style
mais on reste dans le classique. Thème de steel néo-bebopien et solo à la Emmons.
- Together again : retour à la country. Un standard de Buck Owens Joué, rejoué,
surjoué... - Mexican grits : retour à la fusion, et au même genre de thème.
Conclusion et appréciations personnelles :
Comme tous ces albums de steel nashviliens, cela n'intéresse que la corporation. Le
mélange des genres ramène systématiquement la steel dans ses propres clichés et
retourne d'office dans son carcan. Cela joue toujours super bien mais je ne vois pas
un producteur de festival de jazz inviter un steeleur en écoutant ce genre d'album...
Les steeleurs américains jouent beaucoup mieux que nous mais rien n'en ressort
vraiment. A quand le Béla Fleck de la steel ? ©
Le Cri du Coyote n°132 page 17
2
SYD NATHAN
et les marques KiNG
Harris y trouve un engagement dans une
boîte de Curtis Mosby, où il gagne le surnom
de "Mr. Blues".
La grève du syndicat des musiciens de
1942 à 1944 l’empêche d’enregistrer et il
se concentre sur la scène. On le retrouve
en 1943 au Rhumboogie de Chicago, où
Lucky Millinder le remarque et l’engage
dans son orchestre, en mars 1944, lors
d’un long séjour au Regal de Chicago. Ils
partent ensuite à New York, où Harris fait
ses débuts à l’Apollo en avril, interprétant
Who threw the whiskey in the well. Ils sont
ensuite régulièrement au Savoy et c’est
ainsi, qu’avec Millinder, il tient le vocal sur
le titre mentionné pour Decca.
Une dispute sur le fric avec son patron,
à San Antonio, Texas, en septembre 1945,
l’amène à le quitter, ce qui n’est pas du goût
des promoteurs qui le réclament et, trois
semaines plus tard, Millinder met les pouces
et lui donne les 100 dollars réclamés par
spectacle, mais pour un seul concert, avant
de le sacquer pour de bon. Il est remplacé
dans la foulée par Bull Moose Jackson. En
juillet 1945, Harris signe chez Philo, marque
des frères Mesner, qui deviendra Aladdin.
On le retrouve aussi sur Apollo, Hamp-Tone
et Bullet. Il atterrit alors sur King, où il aura
une longue et fructueuse carrière.
King devient roi du R'n'B et des reprises
En 1948, Nathan promeut Glover au
rang de producteur, ce qui en fait un des
premiers Noirs à occuper un poste crucial
dans l’industrie musicale. Si le hillbilly
continue de bien marcher et d’être produit
abondamment par la marque, de 1948
à 1951 King sera "Le roi de tous" dans le
domaine du R’n’B. I love you, yes I do de
Bull Moose Jackson est, non seulement n°1
R’n’B, mais n°24 variété en 1948, derrière
une reprise du chef d’orchestre blanc
Sammy Kaye et Don Cornell au vocal, n°10.
En mars, Nathan rencontre Hal Neely, en
charge des ventes d’Allied.
En 1949, King passe aux 45 tours, grâce
à Neely. Peu après leur rencontre, Syd lui
demande de rénover l’unité de pressage,
déjà obsolète. Sa première mesure est
d’installer des presses pour 45 tours, ce
qui l’occupe de l’été 1949 jusqu’en 1950,
permettant à King de sortir des simples
dans les deux formats (78 et 45 tours).
Le 6 mai 1949, Blues stay away from me,
déjà évoqué, est enregistré à Cincinnati.
Il est n°1 country en janvier 1950 et reste
classé 23 semaines. Mais ce n’est pas tout.
Hank Penny enregistre, le 9 mars, à Los
Angeles, l’original de Bloodshot eyes (King
828). Le 13 avril, Wynonie Harris (King
4292) reprend le Drinkin' wine spo-dee-
o-dee de Stick McGhee (Harlem
1018, en 1946). Le 16 mai, c’est
Wayne Raney qui enregistre, à
Bernard Cincinnati, l’original de Why don’t
BOYAT
you haul off and love me ? (King
761), n°1 country et qui entre
dans le top 25 variété. C’est l’épouse de
Glover qui, en entendant le pressage-test à
la maison, suggère à son mari de le faire
enregistrer en R’n’B.
Ces trois derniers morceaux sont caractéristiques de la politique de reprises de
Nathan. Pour Drinkin' wine spo-dee-o-dee,
c’est du classique : il est emprunté à une
autre marque et c’est un Noir qui reprend
1ère partie :
Le Cri n° 131
"bluegrassifier" le Finger poppin’ time de
Hank Ballard par les Stanley Brothers est
un four mémorable.
Fondation de Federal
et arrivée des groupes
Signe que les temps commencent de
York Brothers
Wade Mainer
un Noir.
Mais les deux autres montrent que Syd
n’est jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit
de faire rentrer de l’argent en caisse.
Il va inaugurer une nouvelle formule :
faire reprendre un morceau maison par un
autre artiste de son écurie, surtout pour
multiplier les droits perçus (la quasi-totalité
des titres enregistrés sur King est déposée
sur sa maison d’édition) et, qui plus est, des
morceaux hillbilly par des Noirs !
En effet, le 15 septembre 1949, à New
York, Bull Moose Jackson met en boîte sa
version de Why don’t you haul off and love
me ? (King 4322), qui est un gros succès.
Il faudra attendre le 27 février 1951 pour
que Wynonie Harris grave, à New York, sa
reprise de Bloodshot eyes (King 4461), dont
il fait, lui aussi, un très gros tube. Quand
on vous dit que les emprunts marchaient
dans les deux sens ! Enfin, pas toujours,
car, en 1960, l’idée de Nathan de faire
Le Cri du Coyote n°132 page 18
changer, en janvier 1950, un article de
la revue Ebony (pour les Noirs) parle
d’une prestation de Bull Moose Jackson à
Knoxville, Tennessee en ces termes :
"Plus de 700 Blancs étaient entassés dans
le balcon supérieur qui leur était réservé,
selon les lois de ségrégation de l’état et
demandèrent la permission de descendre
sur le parquet de la salle, se mêler aux
Nègres et mieux voir le Moose".
Le Mississippien Sonny Thompson quitte
Miracle, marque de Chicago, pour signer
chez King, où il effectue une honnête
carrière jusqu’en 1955. Par la suite, il sera un
producteur renommé. En décembre 1950,
Nathan fonde la sous-marque Federal,
d’abord consacrée aux artistes noirs de la
côte ouest avec Johnny Otis, rejoint par
Ralph Bass en 1951, comme producteurs.
A peine fondée, Federal va décrocher
le gros lot. Un enseignant/ arrangeur/
chanteur/ compositeur/ pianiste noir né le
15 septembre 1921 à Savannah, Géorgie,
Billy Ward, fils d’un prédicateur, décide,
avec la promotrice blanche de New York,
Rose Ann Marks, de former un groupe pour
concurrencer les Ink Spots et les Orioles qui
marchent bien auprès du public blanc.
A l’automne 1950, il réunit un groupe
d’étudiants et les baptise Dominoes. Billy
racontera avoir choisi le nom car le groupe
était intégré racialement. Mais comme le
concept est trop en avance, il n’y a vite plus
que des Noirs : Joe Lamont (bar), Clyde Mc
Phatter (ten sol), Charles White (2e ten), Bill
Brown (bs).
En octobre 1950, ils participent à l’émission
TV de détection de talents d’Arthur Godfrey
et gagnent le concours. Le 30 décembre, ils
sont au studio King.
Ils enregistrent Sixty minute
déjà un certain vécu, qui feront
man, aux paroles à double
un bout de chemin avec
sens et avec la voix de Brown
Nathan. Ils produisent
en exergue, plutôt que celle
Bull Moose Jackson,
de McPhatter.
Little Esther et, surtout,
Sorti en mai 1951
Little Willie Littlefield.
(Federal 12022), il
est n°1 R’n’B dès
"Little Esther" Mae
la fin du mois, y
Jones est née le
restant 14 semaines et
23 décembre 1935 à
grimpe au n°17 variété,
Galveston, Texas. Elle part
la première fois qu’un
à Los Angeles en 1948,
groupe R’n’B y figure, se
est découverte par Johnny
vendant à plus d’un million
Otis, qui la fait enregistrer sur
et demi d’exemplaires,
Savoy et l’amène chez King.
Claude Ely
bien qu’interdit d’antenne sur de
Little Willie Littlefield, lui, est né le
nombreuses radios. Il sera repris très vite 16 septembre 1931 à El Campo, Texas. Il
par le chanteur hillbilly Hardrock Gunter débute au temple baptiste local et, après
(Decca 46363) et Bill Haley l’interprètera la 2ème Guerre, se produit à l’Eldorado
sur scène durant les années 1950.
de Houston. Le propriétaire du magasin
Les Dominoes en feront une suite, Can’t de disques de la ville, Eddie Henry, le fait
do sixty no more (Federal 12209). Dans le enregistrer sur sa marque, Eddie’s. Son
domaine de ces titres à double sens, on premier morceau, Little Willie’s boogie
trouvera encore, sur Federal/ King, The (Eddie's 1202, en 1948), est un succès au
deacon moves in de Little Esther (Federal Texas et attire l’attention de Jules Bihari, qui
12016), Drill daddy drill de Dorothy Ellis le fait venir à Los Angeles et l’engage chez
(Federal 12070), My ding-a-ling de Dave Modern. En 1952, Willie passe sur Federal,
Bartholomew (King 4544), futur tube de s’installant définitivement en Californie.
Chuck Berry, It ain’t the meat (it’s the motion)
Pour réduire les coûts, Nathan organise
des Swallows (King 4501), ainsi que Shake des sessions regroupant plusieurs artistes :
that thing (King 4716), Lovin’ machine (King pour celle dont il est question ci-après,
4485), Sittin’ on it all the time (King 4330), I sont conjointement en studio Little Willie
like my baby’s puddin’ (King 4342) et Keep Littlefield, Bobby Nunn (les Robins étant
on churnin’ (King 4526) de Wynonie Harris. à l’armée, il enregistre sans eux) et Little
Dans un autre domaine, le 25 juillet 1951, Esther. Le premier grand coup (mais à
Tiny Bradshaw et son orchestre mettent retardement, comme on va le voir) frappé
en boîte ce qui deviendra un classique du par Jerry et Mike a, en effet, lieu le 25 juillet
rockabilly lorsqu’il sera repris par le Rock (ou le 18 août ?) 1952, lorsque Littlefield
’n’ Roll Trio de Johnny Burnette, Train kept enregistre KC lovin’ à Los Angeles, avec
a-rollin’ (King 4497).
Maxwell Davis (sax tén), Jewell Grant (sax
alt et bar), Herman Tiny Mitchell (gtr), Ralph
Sainte Trinité et bluegrass
Hamilton (bs) et Jesse Sailes (bat). Produit
Avec un attelage Nathan/ Glover, on était par Bobby Robinson, il sort sur le Federal
déjà dans l’inhabituel. En y ajoutant Bass, 12110 en novembre.
on obtient une drôle de Trinité !
Ralph Bass est né le 1er mai 1911 dans le
K.C. Lovin’ ou Kansas City ?
Bronx, d’un père italo-américain catholique
L’idée du morceau est venue à Leiber en
et d’une mère germano-américaine juive. entendant le blues Sorry, but I can’t take
Dans sa jeunesse, il voyage dans le you, dont un vers annonce : “We’re goin’ to
Sud, où il constate de visu la puissance Chicago, sorry, but I can’t take you”.
émotionnelle de la musique noire dans les
Il s’en inspire, éliminant Chi-ca-go, qui n’a
salles de bal. La ségrégation le débecte et, que 3 syllabes, au profit de Kan-sas Ci-ty,
quand il devient producteur, il fait tout pour qui en a 4. De plus, Kansas City étant un
sortir les artistes noirs marginalisés dans le
"chitlin' circuit" et les amener dans le circuit
"normal". Il débute comme producteur chez
Black & White, est chez Savoy de 1948 à
1951, s’occupant de Brownie McGhee et
Johnny Otis, avant d’atterrir chez King.
Il manque à Nathan des artistes bluegrass
dans son écurie, même si J.E. et Wade
Mainer évoluent à sa frange. Pourtant, ce
n’est pas faute d’avoir tenté d’engager, à
la fin des années 1940, Flatt & Scruggs
et Jim & Jesse. Il faut donc attendre août
1951 pour voir au studio de la rue Brewster
le premier groupe vraiment bluegrass de
l’écurie King, Jimmy Martin, Bob Osborne et
les Sunny Mountain Boys. Ils sont suivis, en
janvier 1952, par Don Reno & Red Smiley
qui attaquent fort avec I’m using my Bible for
a road map, devenu un classique du genre.
Hormis un bref intermède chez Dot en 1957
et 1958, ils resteront toute leur carrière sur
King, enregistrant quelque 250 chansons.
Passage de Leiber & Stoller
C’est alors que vont débarquer dans
l’équipe Jerry Leiber et Mike Stoller, avec
Henry Glover & Johnny Ray
Le Cri du Coyote n°132 page 19
des centres les plus importants du blues et
jazz-blues, la chanson, dans l’esprit du duo,
sera un hommage à la ville et ses musiciens.
Stoller y colle une mélodie à la Count Basie.
Le duo le fait découvrir à Willie au domicile
de Maxwell Davis. C’est Bass qui décide
de le rebaptiser K.C. lovin’, qu’il juge plus
commercial, au lieu de Kansas City, comme
prévu et souhaité par Leiber. A l’époque,
il ne rencontre qu’un succès d’estime et
tombe, plus ou moins dans l’oubli. Tout le
monde pense la messe dite.
Coup de théâtre, il resurgit brusquement
début 1959, lorsque Kansas City, par Wilbert
Harrison, apparaît dans les classements du
Syd Nathan
Cashbox et du Billboard, ainsi que quatre
autres versions mentionnées : celles de
Rocky Olson, de Rockin' Ronald & the
Rebels, de Hank Ballard & the Midnighters
(King 5195) et la réédition de celle de
Littlefield (Federal 12351). Nathan n’a pas
perdu de temps ! Une semaine plus tard,
le Billboard annonce celle de Little Richard.
La version d’Harrison n’a coûté que 40
dollars et devient n°1 R’n’B, puis n°1 variété
pendant deux semaines, se vendant à plus
d’un million d’exemplaires…
NB : Ce sera un des plus gros tubes de Leiber &
Stoller, avec plus de 550 versions, aux USA, GrandeBretagne, Suède, Canada (Ville de Kansas, Montréal
j’ai rêvé de toi), Allemagne (Salt Lake City, Abends
auf dem Bahnhof von Kansas City), Mexique (Upa),
Pays Bas, Belgique, France, Espagne, Danemark,
Finlande, Tchécoslovaquie (Kapacity), Japon (Goin’
to Haleiwa), Italie, Jamaïque, Nouvelle Zélande,
Suisse, Chili, Australie (Melbourne City), Serbie
(Idem U Kanzas Siti), Pologne, Vénézuela, Croatie
(Ja idem u Cansas City), Brésil, Afrique du Sud. J’en
ai même écrit une adaptation française, Je m’en vais
à Commentry, qui attend un interprète dans mes
cartons…
Reprises à gogo
En septembre 1952, Nathan embarque
à bord du Queen Mary pour passer sept
semaines de prospection en Europe. En
octobre, il est à Paris. Sur les ChampsÉlysées, il tombe sur Hot Lips Page, qui lui
parle de quatre enregistrements effectués
dans un studio parisien l’année précédente.
Les deux compères s’y rendent, Nathan
désirant les écouter. Mais il découvre que
les propriétaires du studio ne veulent pas
céder les enregistrements : Page n’a pas
réglé les frais de session et ils les gardent
en guise de paiement. Syd offre de payer la
session et repart avec les morceaux.
En mars 1953, suite au tube Hound dog de
Big Mama Thornton, Nathan en enregistre
une reprise par Roy Brown, la déguisant en
Mr Hound Dog’s in town (King 4627) et il
en fait commettre une autre par Louis Innis
et Charlie Gore, celle-là devenue Female
hound dog (King 1212 ). Le même mois,
Bonnie Lou enregistre Seven lonely days
(King 1192) et elle met en boîte son seul
autre succès, Tennessee wig walk (King
1237), deux mois plus tard.
En août, Nathan rachète les disques
Glory de Miami, Floride, spécialisés dans
la musique religieuse country. Ce n’est pas
pour utiliser réellement la marque (trois
albums 25 cm sortis seulement), mais pour
récupérer les artistes eux-mêmes, qu’il
enregistre sur King.
1953 verra aussi arriver chez King Luke
Jefferson McDaniel, né le 3 février 1927 à
Laurel, Mississippi. Il quitte l’école à 14 ans
et travaille dans une fabrique de coton.
Le guitariste Howard Overstreet lui
fait découvrir la country et il se met à la
mandoline, puis à la guitare, formant, en
1945, un trio avec Howard et Red Davis. Il
rejoint ensuite Jam Up & Honey. Engagé en
1952 par Trumpet, de Jackson, Mississippi,
il y a deux simples. Jack Cardwell, animateur
à WKAB, le présente à Berny Pearlman et
Syd Nathan, qui l’engage sur King, où il
enregistre dès juin 1953 et sur laquelle il
aura six simples.
Il quitte King en 1955, signe chez Meladee,
commence à enregistrer du rockabilly sous
le nom de Jeff Daniels, genre dans lequel
il enregistre aussi pour Big Howdy, Astro,
Big B et Sun (sans sortie alors). Il travaille
ensuite pour radio WTUF de Mobile jusqu’en
1964. Il passe ensuite sur WALA. Au début
des années 1970, il fonde une compagnie
de transport routier à Baton Rouge et
se consacre à sa famille, raccrochant sa
guitare jusqu’en 1979, quand il enregistre
deux inédits. Vers 1980, il enregistre pour
Duell et, en 1991/ 1992, pour la marque
suédoise CMC. Il meurt le 27 juin 1992.
Autres marques : Venus, Sun (F), Micron
Music, Hydra (Al), Stomper Time (GB)
Hank Ballard et ses Midnighters
1954 sera essentiellement marquée par
l’arrivée de Hank Ballard et ses Midnighters
au sommet. Tout commence à Detroit en
1950, lorsque Charles Sutton rencontre,
lors d’un des innombrables crochets de
l’époque, quelques jeunes chanteurs des
quartiers Est qui veulent former un groupe.
Les Royals sont nés : Charles Sutton (bar
sol), Henry Booth (tén), Freddy Pride (bar)
et Sonny Woods (bs), plus Alonzo Tucker
comme arrangeur, compositeur et guitariste
occasionnel. Six mois après, Pride est
appelé sous les drapeaux mais, avant de
partir, il recommande aux autres le baryton/
ténor Lawson Smith.
A la fin de l’automne 1951, ils participent
à un des concours amateurs au Paradise.
Non seulement ils l’emportent (premier prix
de 25 dollars), mais ils sont remarqués par
Johnny Otis, alors tête d’affiche pour la
semaine dans cette salle. Il leur propose
de devenir leur impresario : s’ils signent un
contrat d’un an avec lui, il les fera enregistrer
Hank Ballard (à droite)
& The Midnighters
chez Federal. Bien sûr, ils acceptent et, une
semaine plus tard, Nathan les appelle et
leur envoie un contrat (leur garantissant un
"généreux" 0,5 % par disque vendu).
Leur signature est annoncée le 24
novembre 1951. Nathan leur prévoit une
session pour février 1952. Mais, de nouveau,
Oncle Sam se manifeste, appelant Smith.
Comme il connaît tous les arrangements
des morceaux, ils demandent à Nathan
d’avancer la session. Syd les recase début
janvier et leur envoie même 200 dollars
pour prendre le train de Cincinnati et aller à
l’hôtel. Il reste une semaine à Lawson avant
son incorporation.
Wynonie Harris
C’est ainsi qu’ils enregistrent 4 faces le 8
janvier 1952, avec la participation, sur All
night long, de Wynonie Harris, en studio
ce jour-là. Une semaine plus tard, il faut
pourvoir au remplacement de Lawson. Tous
les membres du groupe travaillent chez
Ford, sauf Sutton qui est chez Chrysler. Un
des copains d’usine de Woods est un certain
John Henry Kendricks, né le 18 novembre
1927 à Detroit, qui a grandi à Bessemer,
Alabama, et est revenu à Detroit en 1949,
pour travailler chez Ford. Ils font appel à lui
pour la session suivante, en mai, et il prend
le nom de Hank Ballard. D’autres sessions
suivent, ainsi que des sorties de disques,
mais leur carrière reste au point mort.
En janvier 1953, ils se retrouvent dans
une situation embarassante. Le promoteur
James "Spizzy" Canfield a engagé les 5
Royales, alors sur Apollo, pour une tournée
de 60 jours dans le Sud. Mais le premier
succès du groupe arrive juste avant le
départ de la tournée et, certains de trouver
des engagements mieux rémunérés, les
5 Royales se désistent. Or Canfield a
déjà lancé la publicité et les réservations
pour les galas et il se retrouve sans tête
d’affiche. Il découvre alors que les Royals
ont un style assez similaire et il les contacte
avec une offre intéressante pour remplacer
les 5 Royales. Quand il les rencontre, il leur
avoue que son "remplacer" signifie jouer
les doublures. Les Royals acceptent à
contrecoeur et ont un jour pour apprendre le
répertoire et les arrangements des autres !
Federal n’en sera pas informé, mais la
mascarade est éventée au bout de cinq
galas et Carl Lebow, impresario des 5
Royales, et Ben Bart, de l’agence Universal
Attractions, sont mis au courant. Ils portent
plainte et il est interdit aux Royals d’utiliser
les noms 5 Royales ou 5 Royals.
Le Cri du Coyote n°132 page 20
Zeb Turner
Work with me Annie et la polémique
Le contrat des Royals avec Otis expire
et ils prennent Al Green pour le remplacer
peu de temps, Nathan les convainquant
de signer avec un avocat de New York.
Résultat : ils ne toucheront pas plus de 20
dollars par soir au zénith de leur carrière en
1954 ! En juillet 1953, celle-ci décolle enfin,
avec Get it, n°6 R’n’B. Le 14 janvier 1954,
ils se retrouvent pour leur sixième session
Federal. Cette fois, c’est Ralph Bass qui
en est chargé. Il a une idée à propos des
paroles d’une chanson : "work with me",
et ils travaillent dessus avec Ballard. Le
résultat est Work with me Annie. Pourquoi
Annie ? Hank dira : "C’était juste un bon nom
commercial, comme "Annie get your gun",
"Little orphan Annie", mais cela aurait pu
être Mary ou Sue". En février, sort le 10ème
disque des Royals, le Federal 12169, avec
Work with me Annie. Il est n°1 R’n’B et reste
classé 25 semaines, n°22 variété et classé
3 semaines. Cela en dépit de l’interdiction
presque immédiate d’antenne !
Ronnie Peeks
Le succès viendra des juke-boxes et des
ventes en magasin. Les Midnighters feront
une trilogie des aventures d’Annie avec
Annie had a baby et Annie’s aunt Fanny.
Linda Hayes fera une chanson réponse
en 1955, My name ain't Annie (King 4752),
sur laquelle elle est accompagnée par les
Platters.
Peu avant l’envol du morceau vers les
sommets, un groupe d’animateurs radio
de la région de New York décide d’arrêter
de programmer les disques "cochons". Ils
montent une association, la Metropolitan
Disk Jockey Club & Association of
Broadcasters, dont les membres sont Hal
Jackson (WLIB), Bill Jenkins (WLIB), Jack
Walker (WOV), Leigh Kamman (WOV), Bill
Cook (WAAT), Tommy Smalls (WWRL),
Phil Landwehr (WWRL) et Hal "Doc" Wade
(WNJR).
A Los Angeles, les animateurs, craignant
les réactions des parents et de voir les
ventes de disques de R’n’B baisser,
s’autocensurent.
En septembre, Peter Potter, de la KLAC
(et présentateur de Juke Box Jury sur
CBS), déclare que les responsables de tels
disques ne sont pas les compositeurs, mais
les producteurs et les maisons de disques,
ajoutant que la majorité des morceaux
R’n’B "n’est pas bonne à radiodiffuser".
En octobre, radio WDIA de Memphis (50
000 watts) décide d’interdire tout disque
aux paroles suggestives et en informe les
maisons de disques.
La vraie hypocrisie débute alors. Les
marques visées clament bien fort leur
innocence. Ahmet Ertegün et Jerry Wexler
d’Atlantic déclarent : "Nous sommes fiers
de maintenir notre réputation de n’avoir
édité que des disques irréprochables".
Ils oublient simplement les Honey love
des Drifters, One mint julep des Clovers,
Shake rattle and roll de Joe Turner. Herman
Lubinsky, de Savoy, passant sous silence
le Double crossing blues de Little Esther
& les Robins, dit, pour sa part : "Nous ne
produirons pas sciemment de disques à
double sens ou suggestifs, même si nos
ventes doivent en souffrir". Bess Berman
d’Apollo surenchérit : "Je n’ai jamais sorti
de disque posant problème et ne le ferai
jamais". Alors, les Laundromat blues et
Baby don’t do it des 5 Royales ou le Little
side car des Larks ont dû sortir dans son
dos (à son insu de son plein gré ?).
Le seul à avoir la décence de ne rien
démentir sera Nathan. Pourtant, les titres
King, Federal et DeLuxe sont plus osés que
tous les autres réunis. Sa politique étant de
faire de l’argent, si les acheteurs veulent
des morceaux de ce type et acceptent de
les payer, il les sort. D’ailleurs, si un titre est
interdit d’antenne, est-ce que ça ne donne
pas envie d’aller l’acheter ?
En avril, Federal annonce que, pour éviter
toute nouvelle confusion entre ses Royals et
les 5 Royales d’Apollo, le nom du groupe est
volontairement changé en Midnighters. La
réalité est surtout que Nathan est en pleines
négociations secrètes avec les 5 Royales
pour les attirer sur King et il ne veut pas de
deux groupes ayant un nom si proche dans
son écurie. Comme les 5 Royales sont alors
de plus grosses vedettes, c’est aux autres
de changer de nom. Et, dès avril, les simples
de Work with me Annie sont pressés sous le
nouveau nom. Les Royals ont vécu.
Les Charms, encore des reprises
et de nouveaux producteurs
Le 1er septembre 1954, les Charms,
groupe d’ados de Cincinnati formé au lycée
Withrow par Bob Smith, puis Donald Peak
(ten), Rolland Bradley (ten), Joe Penn (bar,
ten) et Richard Parker (bs), puis rejoints par
Otis Williams, qui ont déjà enregistré pour
Rockin’, marque de Floride appartenant
à Henry Stone et en cheville avec King,
ainsi que pour DeLuxe que Nathan vient
de réactiver après avoir englobé Rockin’ et
engagé Stone, gravent Hearts of stone.
C’est une reprise du groupe californien les
Jewels, sortie sur la marque R & B.
La version des Charms va enterrer
l’originale : sortie (DeLuxe 6062) dans la
foulée de la session, elle entre dans les
hit-parades dès octobre et y restera 19
semaines, étant n°1 R’n’B et n°18 variété.
Don Reno
Stanley Brothers
Cette reprise en engendre d’autres, celles
des Fontane Sisters, n°1 variété, des
Goofers et Vicki Young.
1955 voit la sortie des reprises "countryfiées" des Tweedle dee de LaVern Baker
par Bonnie Lou (King 1436), Ko ko mo de
Gene & Eunice par Jack Cardwell (King
1442) et Pledging my love de Johnny Ace
par Cowboy Copas (King 1456), ainsi que
l’apparition du premier titre rock ’n’ roll de la
marque, le Seventeen (King 1470) de Boyd
Bennett & les Rockets, dans le Top 5.
Deux nouveaux arrivants complètent
l’équipe des producteurs/ directeurs
artistiques. Le premier est Andy Gibson,
violoniste/ trompettiste de swing, qui s’est
concentré sur la composition à partir de
1937 et s’est mis au R’n’B après son retour
de l’armée en 1945. Il devient directeur
musical pour Nathan.
L’autre est le chanteur/ guitariste Louie/
Louis Innis, né le 20 janvier 1919 à
Shelbyville, Indiana. Musicien professionnel
dès son adolescence, il part à Chattanooga,
Tennessee, au milieu des années 1930,
puis intègre le groupe de musiciens du Barn
Dance de radio WSB d’Atlanta, Géorgie.
Au début des années 1940, il monte à
Cincinnati et fait partie des Plantation Boys
William Otis & The Charms
Le Cri du Coyote n°132 page 21
du Midwestern Hayride, rebaptisés Pleasant
Valley Boys, tenant la guitare sur diverses
sessions King, dont celles d’artistes R’n’B.
Après avoir enregistré en 1947 pour
Sterling, il enregistre, en 1950, sans grand
succès, l’original de Good morning judge
(Mercury 6244), repris dans la foulée par
Wynonie Harris (King 4378) qui en fait un
tube. On retrouve alors Innis comme artiste
sur King. Il rejoint ensuite les Cumberland
Valley Boys de Red Foley à Nashville.
Nathan le nomme directeur artistique du
catalogue folk & western.
On ne gagne pas à tous les coups
Un échec retentissant de Syd, vu leur
destin ultérieur, sera celui enregistré avec
les Platters. Tout débute en 1952, lorsque se
monte, à Los Angeles, un groupe informel,
les Flamingos. Dans leur composition des
plus fluctuante, les membres les plus stables
sont Cornelius "Cornell" E Gunter (1er tén,
né le 14 novembre 1936 à Coffeyville,
Kansas), Gaynel Hodge (1er tén, né le 4
janvier 1937 à Los Angeles), son frère Alex
(né en 1935), Joe "Jody" Jefferson (2e tén),
Curtis Williams (bar) et Richard Berry (bs,
né le 11 avril 1935 à Extension, Louisiane).
Cela aurait pu être un supergroupe doowop, car Berry (auquel on doit l’original de
Louie Louie) fera partie des Debonaires,
Hollywood Bluejays, Flairs, Robins ou
Dreamers ; Gunter des Hollywood Bluejays,
Flairs, Debonaires, Ermines, Cornells,
Penguins et Coasters ; Gaynell Hodge
composera Earth angel et fera partie des
Blue-Aires, Hollywood Flames, Turks ;
Williams sera membre des Hollywood
Flames et des Penguins et Jefferson sera
dans les Turks !
Le premier à les quitter semble avoir été
Curtis Williams, remplacé par Herb Reed
(né le 7 août 1928 à Kansas City, Missouri),
alors mécanicien et membre d’un groupe
gospel, qui connaît Alex Hodge car ce
dernier sort avec une fille de son immeuble.
Les Flamingos (probablement Gunter,
Jefferson, Alex Hodge et Reed) passent à la
TV, dans le crochet réservé aux Noirs, Ebony
Showcase, chantant Old MacDonald, avec
Cornell en solo. Puis c’est Jefferson qui s’en
va, remplacé par David Lynch (2ème tén,
né le 3 juillet 1929 à St Louis, Missouri), qui
habite au coin de la rue des frères Hodge,
alors chauffeur de taxi.
Le plus dur à remplacer est Gunter, qui part
fin 1952 pour rejoindre les Flairs. Samuel
Anthony "Tony" Williams (né le 15 avril
1928 à Elizabeth, New Jersey) s’y colle. A
la fin des années 1940, il est sergent dans
l’USAF. Sa sœur, Bertha Williams, venue
vivre à Los Angeles, est devenue Linda
Hayes pour chanter et, début 1953, elle a
un succès avec Yes I know (Recorded In
Hollywood 244) réponse au I don't know
de Willie Mabon. Elle a Buck Ram comme
impresario et elle fait venir son frère, qui
a quitté l’aviation, à Los Angeles. Pour
subsister, il est laveur de voitures tout en
écumant les concours de chant le soir.
Alors qu’il passe à l’Alabam, il est remarqué
par Ralph Bass, alors occupé par la gestion
de Federal sur la côte ouest. Bass semble
avoir introduit Tony chez les Flamingos,
qu’il a aussi entendus à l’Alabam et a déjà
engagés sur Federal, où ils sont utilisés
comme chœurs non mentionnés, derrière
Big Jay McNeely en juillet 1953, sur
Nervous, man, nervous, par exemple. ©
Suite et fin au prochain numéro
BLUEGRASS & C°
The Mountains My Baby And Me (New
Time Records) est le huitième album des
GRASS CATS. En 2010, leur chanson A
Good Way To Get The Blues, composée et
chantée par le mandoliniste Russell Johnson
(dont l’album solo a été récemment Cri du
Coeur) s’était hissée en tête des charts
bluegrass. Johnson prend logiquement un
peu plus d’importance dans ce nouveau CD,
d’autant qu’un des deux autres chanteurs des Grass Cats, Steven
Martin, a laissé sa place à Alan Mullen qui ne chante pas. Tim
Woodall qui est passé du banjo à la basse il y a quelques années
interprète trois titres, Johnson neuf, et il y a un gospel chanté en
quartet. Sept chansons sont signées par Johnson, toutes dans un
style classique qui convient parfaitement à sa voix haut perchée,
souvent emmenées par le jeu dynamique de Rick Lafleur au banjo.
Chris Hill (fdl) et Johnson sont également d’excellents musiciens.
Le trio vocal est un des points forts du groupe, notamment sur The
Mountains My Baby And Me et Prisoner Of Your Love, deux titres
qui pourraient légitimement connaître le même succès que A Good
Way To Get The Blues. J’aime encore davantage la ballade ternaire
Life In The Mines avec son trio vocal qui plane au-dessus des
instruments. Johnson chante très bien la valse gospel Turning Point.
Le quartet est bien en place sur Meet Me Up In Heaven. Dommage
que la basse manque de groove sur le boogie Love With A Lifetime
Guarantee. Sinon, les Grass Cats auraient fait un sans-faute sur
les compositions de Johnson. Tim Woodall chante Unwanted Love
de Reno & Smiley, Your Love Is A Miracle –adaptation bluegrass
d’un succès de Mark Chesnutt– et What You Do To Me, tiré du
répertoire de Carl Wilson (frère de Dennis et ex-Beach Boy) et que
les bluegrasseux connaissent par New Grass Revival. Woodall
est moins convaincant que Johnson qui, comme à son habitude,
s’est attaqué à quelques monuments du rock et du folk. Il chante
très bien Blowin’ In The Wind de Dylan, même si le titre n’a pas
la tension nécessaire pour bien s’adapter au bluegrass. Hungry
Heart de Springsteen est marqué par l’excellente adaptation au
banjo de Lafleur. Le refrain manque néanmoins de punch, malgré la
qualité des harmonies vocales. Ce titre est trop lié au saxophone de
Clarence Clemons. Par contre, la réussite est totale pour le superbe
I Can’t Stand It de Clapton, joué avec la complicité du guest Brian
Batten, un nouveau dobroïste qu’on prend plaisir à découvrir sur
plusieurs titres de cet album.
The Gospel Side Of Dailey & Vincent est,
comme son nom l'indique, 100% gospel,
mais seuls trois titres rapides chantés en
quartet sont franchement bluegrass. Cast
Aside est du Quicksilver tout craché (Jamie
Dailey s'est fait connaître avec le groupe de
Doyle Lawson). Living In The Kingdom Of
God, écrit par Dailey, et Cross Over To The
Other Side Of Jordan sonnent également
comme des classiques du genre. DAiLEY & ViNCENT interprètent
en duo avec une guitare pour seul accompagnement Family Bible
de Willie Nelson. Leur complémentarité vocale s'illustre encore
sur le slow Come Back To Me et la valse Until At Last I'm Home.
Très belle interprétation également de Welcome Home de Dolly
Parton. Sur les quartets, le groupe a tendance à abuser de la voix
de basse de Christian Davis qui force parfois dans le grave. Mais
les excès sont dans le tempérament du groupe, réputé comme un
des meilleurs shows de la scène bluegrass. Ils ont tendance à en
rajouter. Ainsi, avec les cuivres, les cordes et les chœurs, Daddy
Sang Bass de Carl Perkins fait penser à une kermesse harlémoise.
Le piano, la batterie et les cordes donnent à Peace That Covers
All The Pain un arrangement que ne renierait pas Céline Dion. Le
talent et l’exubérance du groupe (renforcé sur quelques titres par
Bryan Sutton, Andy Leftwich, Stuart Duncan ou Scott Vestal) font
bien passer l'humour de Noah Found Grace In The Eyes Of The
Lord. Avec le même type d'arrangement (batterie et piano en avant)
sur The Fourth Man In The Fire, Dailey et Vincent sonnent comme
les Statler Brothers à qui ils avaient consacré leur précédent CD.
SANSEVERiNO :
TOURNÉE CHANSONS
& COMBO BLUEGRASS
Printemps
2013
Christian Séguret : mandoline
Jean-Marc Delon : banjo
Christophe Cravero : violon
Jidé Jouannic : contrebasse
Dominique
FOSSE
The Gospel Side est un album varié qu'il sera peut-être difficile
d'apprécier dans sa totalité mais il y a de belles réussites et le talent
vocal du groupe est indéniable.
Tout le monde connait Terry BAUCOM car il
a fait partie, dès leur création, de plusieurs
groupes importants de l’histoire du bluegrass
dont la plupart existe encore (Quicksilver,
Lou Reid & Carolina, IIIrd Tyme Out – Boone
Creek, avec Ricky Skaggs et Jerry Douglas
est le seul à avoir disparu). In A Groove
est un premier album solo tardif, à son
image de membre de groupe discret mais
talentueux. En plus de ses qualités de banjoïste, c’est un très bon
chanteur basse et baryton. C’est encore à ce rôle qu’il se cantonne
dans cet album choral (beaucoup d’invités) qui a le mérite de ne
pas être un grand fourre-tout. Il y a un style musical –le bluegrass
classique– joué par une équipe d’excellents musiciens (Baucom,
Adam Steffey/ mdo, Jason Carter/ fdl, Wyatt Rice/ gtr, Barry Bales/
cbss) au service d’interprètes triés sur le volet. Il y a bien entendu
un gospel avec la formation originelle de Quicksilver. Les Gibson
Brothers font du Gibson Brothers sur un titre de Buck Owens. Good
Time Mountain Man est une composition de Chris Stapleton qu’il
chante intégralement en duo avec Ronnie Bowman. L’arrangement
mené par le fiddle de Jason Carter a de faux airs cajuns. J’aime
beaucoup The Next Last Time par Ronnie Bowman avec le soutien
de John Cowan qui, de son côté, interprète le standard des Louvin
Brothers I Wish You Knew avec le concours de Russell Moore.
Ce dernier, Don Rigsby, Paul Williams, Jamie Dailey et Lou Reid
interprètent chacun un titre dans le plus pur style bluegrass. The
Sentence d’Eddie Adcock tranche un peu avec le reste de l’album
car il est joliment chanté en trio par Adam Steffey, Terry et son
épouse Cindy dans un registre medium. Il n’y a qu’un instrumental,
la composition de Baucom qui donne son nom à l’album.
David Grisman publie, sur son label
Acoustic Disc, Hard Core Bluegrass In
The Dawg House par DEL & DAWG. Il s’agit
d’enregistrements de Grisman avec le Del
McCoury Band (sauf Ronnie, mandoliniste
du groupe, présent sur seulement deux
titres) datant de 1992 et 1997, augmentés
de deux titres en duo mis en boîte en 2000.
Je regrette qu’il n’y ait pas plus de chansons
en duo car Grisman y a toute la place pour exprimer son talent
d’accompagnateur et de soliste dans le style traditionnel. Les
meilleurs titres de l’album sont ceux que Del chante seul, notamment
John Henry et Sittin’ On Top Of The World. Il n’est décevant que sur
Good Woman’s Love. L’interprétation de John Cowan avec New
Grass Revival et celle de Jim Eanes dans un style plus country
& western semblent inapprochables. Mike Garris, ancien bassiste
de McCoury et Grisman chantent assez médiocrement deux titres
chacun. Le duo Del-David sur We Can’t Be Darlings Anymore n’est
pas emballant non plus. Parmi les titres interprétés par Del, le
refrain en trio (avec Ronnie) de Cabin Of Love est faux. L’harmonie
low tenor de Grisman n’apporte rien à Country Boy Rock’ n’ Roll.
Elle est par contre bien placée sur Walkin’ The Dawg (sic) et The Hit
Parade Of Love. Le trio (avec Garris) passe bien sur Save It ! Save
It ! Si le bât blesse partiellement côté chants, le volet instrumental
est réussi. Chaque titre est une leçon de mandoline. Rob McCoury
(bjo) et Jason Carter (fdl) jouent avec le talent qu’on leur connait.
Le répertoire est presque exclusivement composé de chansons
popularisées dans les années 40 à 60 par Bill Monroe, Jimmy
Martin, Reno & Smiley, les Stanley Brothers et Del McCoury (20/20
Vision).
Connaissant la voix de tenor de Joe
Mullins, je suis un peu surpris que They're
Playing My Song (Rebel 1849), l'album de
Joe MULLiNS & The RADiO RAMBLERS, ne soit
pas plus bluegrass hardcore. Une raison
évidente est que Mullins partage les chants
lead avec Adam McIntosh qui a une voix
beaucoup plus douce que la sienne. Une
autre pourrait être la prise de son en studio
car Katy Daley qui clôture le disque et a été enregistré en public
apparaît beaucoup plus "trad" que les autres titres. Plusieurs chan
Le Cri du Coyote n°132 page 22
-sons me semblent manquer de la tension nécessaire au bluegrass.
C'est peut-être pour ça que parmi mes titres préférés, il y a les deux
instrumentaux, Steel Guitar Rag qui fait la part belle au banjo et
Cruisin' Timber (de David Harvey) qui comporte un bon break du
fiddler Evan McGregor. J'aime aussi le countrygrass Some Kind Of
War, le gospel a cappella Moses Set My People Free et le medley
consacré aux Osborne Brothers. Le reste, pourtant bien joué et
bien chanté, peine à accrocher notre oreille.
Music To My Ears (Skaggs Family
Records) de Ricky SKAGGS est un album
varié à base de bluegrass mais abordant
d'autres genres, sans doute la raison pour
laquelle Skaggs l'a coproduit avec Gordon
Kennedy qui a notamment travaillé avec
Clapton, Garth Brooks et Bonnie Raitt. Les
amateurs de bluegrass classique aimeront
You Can't Hurt Ham, chanson humoristique
écrite par Skaggs et Kennedy, basée sur une phrase de Bill Monroe.
Il y a une bonne version de Things In Life de Don Stover associant
deux banjos, clawhammer par Skaggs, picking par Justin Moses.
Skaggs a aussi composé l'instrumental New Jerusalem qu'il joue à
la mandoline comme la plupart des titres du CD. Il reprend Loving
You Too Well, valse écrite par Carter Stanley, Blue Night popularisé
par Bill Monroe puis Hot Rize, et Tennessee Stud en hommage à
Doc Watson. Rien d'extraordinaire mais bien fait. Les autres titres
sont affaire de goût. J'aime What Are You Waiting For composé par
Kennedy (gtr él) et le pianiste Ben Cooper avec un arrangement
country où leurs instruments dominent. J'apprécie moins leur ballade
Nothing Beats A Family avec ses chœurs envahissants. Kennedy
a aussi écrit You Are Something Else qui n'a rien de bluegrass
mais convient bien au banjo et au fiddle. Music To My Ears me fait
l'effet d'un gospel à l'eau de rose mais est tout de même mieux que
Soldier's Son que Skaggs chante avec le Bee Gee survivant Barry
Gibb. De la mauvaise pop eighties badigeonnée de banjo, de fiddle
et de flûte.
Dans les années 90, avec JD Crowe & The
New South, Robert HALE a pu faire apprécier
ses qualités de guitariste et de chanteur,
aussi à l'aise dans le bluegrass classique
que dans le countrygrass qui est devenu sa
spécialité avec le groupe Wildfire dans les
années 2000. Avec son premier album solo
Pure And Simple (Pinecastle 1179) il pousse
l'enveloppe un peu plus loin en arrangeant
plusieurs titres en country avec batterie, guitare électrique et
claviers. L'atmosphère générale reste cependant acoustique avec
la présence de ses anciens partenaires de Livewire, le groupe de
ses débuts (Scott Vestal/ bjo, Wayne Benson/ mdo, Ernie Sykes/
cbss), Randy Kohrs (dob) et Steve Thomas (dob). Did She Mention
My Name (Gordon Lightfoot), There's Another Baby Waiting For
Me Down The Line (Reno & Smiley), Waves Of Sorrow (Vassar
Clements) et le gospel Savior Save Me From Myself (Larry Cordle)
relèvent du bluegrass classique, pur et simple comme l'annonce
l'album, bien joué et bien chanté. L'instrumental Dirt Poor, une
composition de Hale, est plus moderne. Les titres country sont
bien moins convaincants, malgré la bonne contribution de Kohrs
et les harmonies vocales d'Alecia Nugent et Shawn Lane. Ce sont
presque tous des tempos lents, notamment les trois chansons
écrites par Hale. J'aime bien cependant These Old Blues de Larry
Sparks, le seul titre country mené par le banjo. L'arrangement
rappelle la période country de Ricky Skaggs. Le CD s'achève sur
un titre à part, la reprise de Sir Duke de Stevie Wonder, très bien
chanté par Hale, avec un arrangement calqué sur l'original mais
habilement adapté aux instruments bluegrass
Comme Kathy Mattea avec Coal, Scott
HOLSTEiN vient de consacrer un album entier
au monde de la mine, Cold Coal Town. Le
titre de l’album présage que ce dernier ne
sera pas plus gai que celui de l’interprète de
18 Wheels And A Dozen Roses. Il y a des
différences importantes cependant. Alors
que Kathy Mattea est seulement interprète,
Holstein a écrit les onze titres (9 chansons
et 2 instrumentaux). Il a convié des musiciens bluegrass qui
garantissent que la noirceur de ses chansons trempées dans le
charbon ne se transformera pas en gris de l’ennui pour l’auditeur.
Randy Kohrs (dob), Aaron Ramsey (mdo), Clay Hess (gtr), Tim
Crouch (fdl), Scott Vestal (bjo) et Jay Weaver (cbss) sont à la
hauteur de leur réputation. Ils s’amusent sur l’instrumental rapide
Leavin’ Charleston. La valse Holstein Waltz est menée par le fiddle.
Il y a un beau travail d’arrangement sur Cold Coal Town et Boone
County Blues. Scott Holstein a un timbre voilé, bluesy, proche de
celui de Chris Stapleton mais son chant est plus naturel, moins
forcé. Une manière de chanter peut-être pas très spectaculaire mais
efficace pour ce répertoire. Même Blackwater chanté a capella avec
Don Rigsby passe assez bien, encore plus pour les anglophones
car les textes sont loin d’être anodins. Clinch Mountain Hills est
un hommage aux Stanley Brothers. En plus des titres déjà cités, il
faut signaler The Spell avec une bonne partie de dobro et Montani
Semper Liberi, à ma connaissance la première chanson bluegrass
avec un titre en latin (c’est la devise de la Virginie Occidentale).
Dans leur premier album (Cri 123), The
HiLLBENDERS affichaient de belles qualités
de musiciens et d’arrangeurs mais les
chants n’étaient pas au même niveau. Ils
sont en nets progrès avec Can You Hear Me
(Compass 4585). On retrouve leur bluegrass
moderne qui fait plus que friser avec le
newgrass par moments, leurs arrangements
travaillés (Train Whistle, Concrete Ribbon),
les influences de Béla Fleck chez Mark Cassidy (son instrumental
Clutch) et celles de Sam Bush chez Nolan Lawrence (Broken
Promises). Chad Graves a tout de même tendance à trop en
faire au dobro. Il a écrit avec Cassidy l’instrumental new acoustic
Gettysburg. Côté voix, il y a toujours trois chanteurs principaux mais
Gary Rea a laissé sa place à Mark Cassidy et c’est tant mieux car
ce dernier est tout-à-fait convaincant sur le blues-rock Town Away et
la reprise Past The Point Of Rescue, un des premiers succès d’Hal
Ketchum, augmenté ici d’un original pont vocal en espagnol. Le
meilleur chanteur des Hillbenders est Lawrence. Il maîtrise mieux
la puissance de sa voix que sur le CD précédent sauf sur Talking
In Your Sleep des Romantics (groupe new wave des années 70)
trop chanté à l’énergie. Sur les autres titres, sa voix reste claire. Il
est excellent sur Broken Promises (sa seule composition) dont le
début ressemble à Love Someone Like Me de New Grass Revival.
Sur ce titre, les Hillbenders jouent en dignes héritiers de la bande
à Sam Bush. Jim Rea interprète quatre de ses compositions. Il
force trop sa voix dans le registre blues-rock et c’est dommage car
Heartache Thunderstorm a une intro originale et Spinning In Circles
une structure pop inhabituelle. Radio semble avoir été fort inspiré
de Turn Your Radio On de John Hartford. En misant davantage
sur Nolan Lawrence comme chanteur principal, The Hillbenders
pourraient devenir une formation majeure des prochaines années.
Ils méritent d’ores et déjà qu’on s’intéresse à leur musique.
CHATAM COUNTY LiNE est un quatuor
généralement considéré comme faisant
partie des jamgrass bands, ces groupes de
formation-type bluegrass jouant une musique
influencée à la fois par le bluegrass et par
le rock (ou d‘autres styles comme le cajun
pour Leftover Salmon) et dont les chansons
sont propices à de longues improvisations
à l‘instar de ce que fit New Grass Revival
dans les années 70 (eux-mêmes s‘inspirant de groupes comme
Creedence, Grateful Dead et The Who). Pourtant, la musique de
Chatham County Line me semble surtout attachée aux qualités de
songwriter de son chanteur guitariste Dave Wilson qui signe 12 des
16 titres de Sight & Sound, enregistré en public, et constituant une
espèce de Best Of puisque tous les morceaux sont tirés des cinq
albums studio enregistrés depuis 10 ans. La catégorie jamgrass
m’apparaît d‘autant moins adéquate qu‘aucun titre ne dépasse 5
minutes. La voix de Wilson fait parfois penser à celle de Todd Sheaffer,
le chanteur de Railroad Earth. Les puristes apprécieront peut-être
que certains arrangements soient allégés de leurs instruments non
bluegrass par rapport aux orchestrations studio, mais le live n‘a
pas que des avantages. Chatham County Line donne plus dans
l‘énergie que dans la précision. L‘accompagnement est parfois
brouillon (l‘instrumental Clear Blue Sky) ou bizarre (Speed Of The
Whippoorwill). D‘un autre côté, Nowhere To Sleep et Closing Town
sont les seules chansons vraiment bluegrass. By The Riverside
n‘en est pas loin mais mâtiné de swing. Rock Pile est boogie, Let
It Rock blues-rock. La rythmique de guitare donne un aspect folkrock à plusieurs chansons. Crop Comes In et surtout le très bon
Birmingham Jail ont un caractère dylanesque prononcé. Le banjo
de Chad Holt est souvent en avant dans les arrangements et il
s‘adapte à toutes les situations (Alone In New York pourtant loin du
bluegrass type). John Teer alterne mandoline et fiddle. J‘aime bien
son instrumental Gunfight In Durango. L‘album est accompagné
d‘un DVD de 13 titres dont 4 ne figurent pas sur le CD.
Le Cri du Coyote n°132 page 23
Suite au verso
BLUEGRASS & C°
On ne peut qu'inviter le lecteur à apprécier cet ouvrage
qui donne la primeur à l'instrument fétiche, la guitare
(électrique) dans toutes ses dimensions liées au rock, ce
concept musical fourre-tout issu du rock 'n' roll pétri de
diverses influences (rockabilly, blues, pop, jazz etc.).
Ainsi sont abordées la conception, l'histoire, la musicalité,
la technique, la culture, etc. On pourrait sans doute faire
le même constat pour d‘autres genres musicaux, mais
l'auteur s'attache à son cœur de cible, à l'évidence son
préféré, avec en arrière-plan le cliché du mâle maîtrisant
un solo dans un contexte rock de révolte adolescente.
Qui n'a rêvé de maîtriser son manche devant des jeunes
filles ébahies ? Mais heureusement l'histoire et l'évolution
du genre et de la guitare offrent bien plus de richesse culturelle que ces clichés !
Au premier abord, le livre apparaît un peu confus dans sa construction, avec des
redites et des digressions. Mais cette absence de rigueur "universitaire", sans
chronologie pointilleuse, donne peu à peu un certain charme à la lecture : on
suit Tony dans une sorte de confidence qu'il nous fait où bouillonnent les divers
éléments de sa passion, qu'il veut partager. Ainsi un détail amène un souvenir,
la mention d'un album une autre anecdote, etc. D'autant qu'il s'appuie sur la
connaissance de nombreux objets (certains devenus des fétiches) avec à la fois
la grande histoire du disque et des concerts, et les légendes liées aux fantasmes
qu'on ne se lasse pas d'évoquer. Sans oublier ses réflexions et constats par
exemple sur les vertus respectives de la Stratocaster et la Telecaster. Chacun
frottera son opinion aux mentions des grands marqueurs de l'instrument, de Chuck
Berry à Mark Knopfler ou de Eric Clapton à... son musicien français préféré !
Pour en revenir au nœud vital du livre, le lien organique de l'instrument avec le
genre, la guitare fut un temps menacée par l'assaut technique des claviers des
synthétiseurs et, aujourd'hui, par des rythmiques numériques. Mais l'électronique
ne remplace pas, du moins pour celui qui vibre pleinement, la fascination pour la
construction mélodique d'un solo. Tout au plus peut-elle compléter un temps la
multiplicité des sons (pédales, effets).
Tony appuie son analyse sur nombre de groupes et artistes qui, depuis 50 ans,
ont façonné notre esthétique avec celle que distillait, dans sa lente évolution,
la musicalité du rock. Il cite les albums qui ont compté et marqué leur temps
et complète notre expérience d‘une riche documentation. La diversité rend
compte en partie de la vitalité des musiques cousines (folk rock, country rock,
hard rock, glam rock, etc.) et s'arrête parfois pour écouter des témoignages,
grâce à la reprise d'interviews : Gary Moore, Tony Joe White, Jimi Hendrix (par
Steve Barker, BBC 1967), JJ Cale, Popa Chubby, Dave Alvin (par Jacques-Eric
Lagarde) Vincent Palmer, Patrice Bastien (boutique vintage). Bref, ça bouillonne,
et même si l'accord parfait est sans doute multiple, il est bigrement sonore et
séduisant. L'ouvrage offre en plus quelques photos originales. A lire, et peut-être
à re-parcourir pour approfondir certaines réflexions en les reliant à sa collection
de disques. Belle idée, Tony. © (JB) Ed.Camion blanc (www.camionblanc.com)
PS : Les amateurs de bluegrass vont sourire du cliché de la page 43 : "Le bluegrass, musique
à forte connotation celtique jouée par ces colons paysans ou gardiens de vaches (sic), naîtra
de ces chaudes soirées où l'on sort volontiers le violon (le fiddle), le banjo et la guitare pour
faire danser les couples (danses appelées square dance)". Ne vous arrêtez pas à ce détail
qui ne fait que 3 lignes sur 280 pages d'un livre intéressant qui mérite notre attention.
CONCERT MADE iN FRANCE
Avec le groupe Long Ryders,
Sid Griffin avait formé un groupe
de country-rock dans la lignée
des Byrds. Aujourd'hui établi en
Grande-Bretagne, il est à la tête
des COAL PORTERS qu'il présente
comme un groupe bluegrass
alternatif. J'aurais plutôt opté
pour la dénomination bluegrass
Canada Dry (sans que ça se veuille péjoratif). La
couleur du bluegrass mais sans être bluegrass. Les
instruments y sont : banjo, mandoline, fiddle, guitare,
contrebasse. Le sitar sur la reprise de Paint It Black
(Stones) et la scie musicale sur The Gospel Shore ne
dénaturent pas grand-chose. The Betsey Trotwood,
instrumental de Carly Frey (fdl) et John Breese (bjo) est
plutôt new acoustic, ce qui n'a rien d'inhabituel dans un
album bluegrass. Mais certaines rythmiques, plusieurs
interventions instrumentales et surtout les chants des
Coal Porters ne collent pas au bluegrass. You Only Miss
Her When She's Gone et Never Right His Wrong sont
les titres rythmiquement les plus proches du bluegrass
mais la mélodie de la première chanson et le pont
instrumental de la seconde les en éloignent. Ask Me
Again est trop laid back, The Gospel Shore trop blues
et Barefoot On The Courthouse Lawn trop ternaire
pour être bluegrass. Peu de drive de la part du banjo.
Le solo d'Ask Me Again est swing. Ce sont surtout les
voix des Coal Porters qui classent leur musique à part.
Celle de Griffin, légèrement nasillarde donnerait un côté
bluegrass s'il ne choisissait pas un phrasé qui en est
éloigné. Carly Frey et le guitariste Neil Robert Herd ont
des voix claires qui donnent une couleur folk rock et leur
prononciation très articulée est étrangère au bluegrass.
Pas étonnant que les Coal Porters aient plus de succès
dans les festivals de country alternative et de rock que
dans les manifestations bluegrass. Ce qui ne signifie
pas que leur musique soit inintéressante. Hush U
Babe/ Burnham Thorpe est original, avec un bon fiddle.
Bonnes adaptations de Heroes (David Bowie) et Paint
It Black. J'aime aussi la valse lente Red-Eyed & Blue et
le blues The Gospel Shore. Je trouve que ça manque
d'intensité, de la tension nécessaire au bluegrass, mais
l'album n'est pas sans charme.
L'album de Dewey FARMER
& Derwin HiNSON (Patuxent
233) est sans nom, signe qu'il
n'aura peut-être pas de suite.
Ce ne serait guère étonnant à
la fréquence avec laquelle ils
vont en studio. Le mandoliniste
Dewey Farmer a enregistré
avec Carl Story puis Al Wood
& The Smokey Mountain Boys dans les 60-70's. Le
banjoïste et guitariste Derwin Hinson a accompagné
Charlie Louvin il y a bien longtemps. Ensemble, ils
ont enregistré ce CD instrumental qu'on croirait sorti
des 50's et 60's. A cause du son des instruments
d'abord, très vintage. De la technique instrumentale
aussi, même s'ils brouillent les pistes en hors d’œuvre
avec une rythmique de mandoline funky sur Old Joe
Clark. Du répertoire enfin, avec des titres qui furent
très populaires il y a une cinquantaine d'années :
Over The Rainbow, Roly Poly, Arkansas Traveler et
même Yesterday des Beatles dans un arrangement qui
rappelle énormément celui des Country Gentlemen.
Le boogie blues Bluegrass Romp a le même côté old
school. Est-ce à cause des solos de guitare d'Hinson,
les arrangements d'Arkansas Traveler et Kansas City
Kitty semblent plus modernes. La version instrumentale
du gospel Jesus Savior Pilot Me ne s'imposait pas
vraiment. Snowflake Reel avec un passage jazzy, la
reprise de la valse Flatbush Waltz (Andy Statman) et
un ragtime écrit par Farmer sont plus agréables. Il y
a un beau solo de fiddle de Steve Thomas dans The
Bells Sing For Candrea, instrumental d'Hinson joué
avec des harmoniques. ©
Guitare et Rock
l'histoire d'un accord parfait
Tony Grieco
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Le Cri du Coyote n°132 page 24
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M
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Z
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History Department, Texas State University, San Marcos TX
78666, USA (Dir.Gary Hartman)
NO FENCES Friedrichsstrasse 16, 34117 Kassel, Allemagne
Eric
SUPPARO
i'M KiNGFiSHER (Thomas DENVER JONSSON)
La Scandinavie, entre autres qualités, abrite nombre de singer-songwriters de haute volée, et semble pouvoir, en plus du
gîte, leur offrir aussi le couvert (festivals, bars, théâtres), si frugal qu'il puisse être. Thomas Denver Jonsson y officie depuis
une dizaine d'années, enchaînant les albums (tous remarquables) avec une belle régularité. Seul sur scène avec sa guitare
acoustique (qu'il joue d'une façon peu conventionnelle et assez passionnante) ou judicieusement accompagné sur disque (on
l'a découvert en 2007, un sublime duo avec Jennie Stearns sur The Lake Acts Like An Ocean), modeste et outrageusement
talentueux, échappant aux étiquettes faciles, Thomas est un secret trop bien caché. Voici l'occasion de lever le voile…
et tordant les cordes de la guitare,
avec des arrangements qui se
Bonjour Thomas ! Quelques précisions
en acoustique. Pour l'écriture, j'ai
rapprochent de ceux d'un groupe.
s'imposent pour le public français…
laissé les récits de Fridtjof Nansen
Mais le noyau est simple, ma
d'où viens-tu ?
(ses premières expéditions au
Bonjour Eric ! (en Français). J'ai grandi guitare et ma voix, c'est ce que
Pôle Nord) m'envahir, et aborder
dans une petite ville paisible, Grums, le je fais quand je joue sur scène,
des sujets comme la nature, le
"midwest" de la Suède. Vers 20 ans j'ai pas seul. J'ai commencé dans
monde sauvage, inconnu, souvent
mal bougé dans le pays; mais depuis 5 ans une veine alt-country, donc j'ai
excitant de ces contrées-là. J'ai la
récolté ces comparaisons avec
je me suis établi à Lund, au Sud…
sensation aujourd'hui que les titres
Neil Young, Townes Van Zandt
Quelles ont été tes premières
de cet album les plus forts sont ceux
ou Gram Parsons au début. À
rencontres avec la musique ?
où j'ai réuni le plus grand nombre
J'ai été entouré de musique très tôt, ma l'aube de mon cinquième album,
de points communs entre
mère chante et joue du piano. Le goût de je pense être un peu plus
cet explorateur et mon
mes parents pour les années 50 et 60 a "non-conventionnel".
monde à moi, des
fortement coloré mes premiers contacts. Disons qu'un mélange
sentiments très inEt je suis toujours touché par Fats Domino, de John Fahey,
times. Pour ce qui
National,
Roy Orbison, Chuck Berry, The Crystals, The
est du présent, je
Del Shannon, tous ces gens-là. Quand Jason Molina et
viens de terminer
j'ai commencé, j'ai découvert la scène Cher me va mieux
les prises de sons
dite "americana" contemporaine, Ryan aujourd'hui !
Ph. Gustav ADBÅGE
des voix et guitares du futur alComment vois-tu ce "music
Adams, Bonnie Prince Billy mais aussi le
bum, Avian. J'ai travaillé un long moment
business" maintenant ? et dans ton
fabuleux "Solitary Man" de Johnny Cash.
pour en arriver là. C'est le petit dernier,
pays ? Comment la Suède traite-t-elle
Je suis également fan depuis longtemps
mon préféré à ce jour, inéluctablement…
les singer-songwriters ?
de musiques plus expérimentales, insL'essentiel est que je m'imagine faire ce L'album devrait sortir au printemps 2013 si
trumentales et post-rock. Le mélange n'était
pas évident quand j'ai commencé à écrire métier encore longtemps, je veux juste tout se passe bien. C'est est le deuxième
mes propres chansons, c'est plus partagé, sentir que j'évolue, que je vais vers le mieux, d'une petite trilogie pour laquelle j'ai déjà
d'année en année. Quitte à me taper la tête prévu le dernier épisode, très simple, avec
"de mise", désormais.
sur les murs pour y arriver. Le music business peut-être 3-4 musiciens avec moi sur tout
Tu as commencé très jeune...
Faire de la musique a été pour moi est un monstre en perpétuel changement, l'album, jouant sur les silences, un peu
une soupape de sécurité, quasiment c'est à la fois effrayant et excitant. Il faut tordu et bruyant par moments, presque une
thérapeutique. J'avais accumulé trop de apprendre à aimer ça. La scène musicale ambiance de quartet de jazz.
choses en moi et je devais agir. La musique suédoise est surchargée, dans tous les Pour tes enregistrements, quelle est ton
approche, le degré d'improvisation, la
est à ce titre un voyage intérieur et une styles. C'est une sorte de compétition à la
part de surprise des autres musiciens ?
épreuve physique libératrice, quand on fois difficile et motivante. Quand au public
Mon principe est le suivant : plus la
commence à tourner et monter sur scène suédois, que les salles soient petites ou
chaque soir. J'avais tellement de respect et grandes, il est généralement très accueillant, chanson est millimétrée sur le papier, au
d'admiration pour le métier de musicien que même si parfois il est un peu agité ! Il y a moment de l'écriture, seul, plus elle a droit
je ne pensais vraiment pas y arriver moi- toujours quelques mauvaises soirées ici ou à sa liberté quand on y travaille en studio.
Mon producteur, Carl Edlom, et moi-même,
même. Mais j'ai essayé… et j'aime toujours là mais c'est de plus en plus rare…
allons fêter dix ans de travail en commun
Tu es entre deux
ce sentiment de ne pas
l'an prochain. Il était déjà avec moi pour
albums, Arctic, sorti
trop maîtriser ce que je
mon premier single en 2003 (Then I Kissed
l'an dernier, et le
suis en train de faire.
Her Softly). On a trouvé nos marques avec
prochain en cours
Tu ne me croirais pas
le temps, quelques mots suffisent pour nous
d'enregistrement...
si je te disais le nombre
L'idée avec Arctic, cadrer mutuellement. Mais bien sûr ce n'est
de morceaux écrits
c'était de faire un album jamais évident de laisser quelqu'un d'autre
alors que je cherchais
de blues contemporain jouer avec ses "enfants"… Le plus étonnant
vainement à reprendre
à ma manière. J'ai c'est que lorsqu'un ami proche joue sur mon
les titres et accords
toujours la sensation album, j'ai une vraie confiance et je suis le
des autres. C'est un
que ce style est soit premier à lui demander d'aller plus loin dans
rêve devenu réalité,
trop intellectualisé, soit le spontané, me surprendre. Je peux aussi
forcément obsessiontrop démonstratif et tortiller des heures une simple ligne de
nel parfois…
gavé de performances piano de Carl, le malheureux...
Jouer en solo sur
Que penses-tu des nouveaux moyens
superflues. J'ai voulu
scène, c'est la
de diffusion digitaux ? Ces réseaux...
mélanger mes senliberté totale ?
Je vais être clair, c'est bon. Les changements
sations actuelles et une
Quand tout va bien
certaine façon de jouer depuis dix ans dans cette industrie m'ont
et que j'entre dans
"blues", en frappant aidé à vivre en tant qu'artiste. Ne serait-ce
ma bulle de plaisir sur
scène, c'est carrément
Discographie
narcotique...
2010- I'm Kingfisher - Arctic (Playground 118) CD
As-tu le sentiment de
2007- Thomas Denver Jonsson
faire partie d'un style
The Lake Acts Like an Ocean (Kite 2000) CD
musical précis ?
2005- Thomas Denver Jonsson
Barely touching it (Kite 1080) CD
S'il faut vraiment le
2004- Thomas Denver Jonsson
faire, indie-folk, ça me
First in line EP (Kite 1050) CDEp
va. C'est indie… et folk.
2003- Thomas Denver Jonsson
Je préfère garder la
Hope to her (Kite 1040) CD
chose un peu ouverte.
2003- Thomas Denver Jonsson
Un travail acoustique, Ph. Kristopher HEDBERG
Then I kissed her softly (Kite 1010) 7"
www.imkingfisher.com
Le Cri du Coyote n°132 page 25
que de pouvoir diffuser mon travail Thomas DENVER JONSSON
par des moyens alternatifs, même
après avoir été signé par un tout
petit label, et trouver des dates
à distance, se faire connaître
ailleurs… Il ne faut pas le nier,
ces connections sont bénéfiques.
Celà ne veut pas dire que l'on en
vit mieux, avec plus de revenus,
loin de là. Mais honnêtement,
c'est une chance, et je crois que
passer moins de temps à se
plaindre et plus à créer ou affiner
sa musique est la bonne voie. Les
temps changent et nous, artistes,
Ph. Nicholas WAKEHAM
ne devons pas agir comme le font
les grandes compagnies pétrolières quand des indé, du folk pur… Mais si l'on parle de mon
Panthéon intime, mes dieux maison, ce serait
carburants alternatifs arrivent sur le marché…
plutôt M. Ward, John Fahey, Jason Molina, Cat
Peux-tu toujours te passer
Power, Bob Dylan, Mogwai, Johnny Cash ou
d'une maison de disques ?
Même si la diffusion digitale tend à dominer Townes Van Zandt (Thomas Jonsson a participé
la chose, mon sentiment est que le format l'an dernier à un tribute-album avec une version
album est toujours valide et le travail sincère, de de To Live Is To Fly ndlr).
Ecris-tu autre chose que des chansons ?
sélection de talents, voire des chansons, d'un
J'ai écris un roman il y a quelques années, fini
maison de disque, reste important, au milieu
de ce nuage géant de musique disponible. et repris et bouclé mais… sans surprise ça se
J'achète des albums sur vinyle, et je n'imagine termine toujours sous la forme de chansons.
pas sortir un travail sans support physique à la Sur le prochain album, c'est le cas de The Lion's
clé. La promotion c'est un autre problème. C'est Share. L'idée d'écrire en longue distance me
de plus en plus difficile d'exister si les moyens plaît mais je ne sais pas si je tenterai l'aventure
sont limités, cela fait partie du jeu, pas de place ou même si j'en ai la capacité...
Pour terminer sur une note locale, peux-tu
pour de la naïveté de ce côté-là. Les gens qui
expliquer cet étonnant instrumental,
s'occupent de moi sur mon label font tout ce
"Sacha Distel" sur ton album de 2007
qu'ils peuvent pour m'aider, je crois.
The Lake Acts Like An Ocean) ?
Seul sur la route, tu écoutes quoi ?
Ha ! J'aime ce vieux EP
Etrangement, je résiste plutôt
de titres bossa nova, dont
au "style" dans lequel je suis,
un titre, Ting-Tong, et il y a
sans doute pour éviter les
une étonnante video que j'ai
clichés mais aussi pour ajouter
découverte qui s'y rapporte.
des dimensions, des références
Des raisons amplement suffidans mes propres morceaux.
santes pour donner son nom à
J'écoute beaucoup de choses
un des titres, non ?
dif-férentes. Un journal suédois
Connais-tu la France ?
m'a
demandé
dernièrement
Un peu, et j'aimerais vraiment
mon top-2012 personnel, et il y
y retourner. J'ai fait des dates
avait là Earth, Damien Jurado,
à Lyon, Dijon et Metz il y a
Peaking Lights, Cat Power, Diiv,
quelques années, et je m'en
Beach House, Thåström, Perfume
souviens bien. Le plus tôt serait
Genius, Lambchop et Bill Fay. De
le mieux ! Ce serait parfait... ©
l'instrumental étrange, de la pop
Ph. Kristoffer HEDBERG
ANCiENS NUMÉROS DiSPONiBLES
33- M-Chapin CARPENTER, Detour Band
34- Tom RUSSELL, The Jayhawks
35- Chris iSAAK, John Prine
36- Pete DROGE, Creadance Clearwater Revival
40- Spencer BOHREN
41- Alejandro ESCOVEDO, Milton Brown
55- Peter CASE, Bob Amos,
56- SONDAGE ‘99 (Emmylou Harris)
57- Hank SNOW, Calvin Russell
58- Neal CASAL, Chip Taylor
59- Kathy KALLiCK, Annabel, Kasey Chambers
60- Steve EARLE, Nickel Creek
61- Lionel WENDLiNG, Dale Watson
62- Lee HAZLEWOOD, Ryan Adams
63- Alan JACKSON, Eddie Shaver, Mark Stuart
64- Dolly PARTON, Gas Oil, David Olney
66- HANDSOME FAMiLY, Lost Highway
67- Liane EDWARD, Eric Taylor
68- Chet ATKiNS, W. Jennings
69- Waylon JENNiNGS, Honky Tonk
70- Jack iNGRAM, Northern Lights
71- GUNSHOT, Jeff Blanc
72- DETOUR BAND, Mickey Newbury
73- Rex FOSTER, Western Swing
74- JiM & JESSE, Townes Van Zandt
75- Maura O’CONNELL, Johnny Paycheck
76- SPECiAL CONSENSUS
77- Jean-Yves LOZAC’H, Ronny Elliott
78- Johnny CASH, Don M. Sampson, Slim Dusty
79- The KRUGER Bros, Little Bob
80- Marty STUART, Canyon Band, John Lilly
81- Wayne HANCOCK, Turquoise
82- Billy Joe SHAVER, Patrick Verbeke
83- Joy Lynn WHiTE, James Intveld
84- Charlie WALLER, Sid Griffin
85- Kelly WiLLiS, Wanda Jackson
86- Chip TAYLOR/ Carrie RODRiGUEZ
87- Liz MEYER, Audrey Auld Mezera
88- Mary GAUTHiER, Cornell Hurd Band, Chely
Wright, Kasey Chambers, Jimmy Martin
89- Merle HAGGARD, Vassar Clements
90- Moot DAViS, Vicky Layne, Keep Off The Grass
91- EVERLY BROTHERS, Phenix, Merle Watson,
Moon Mullican, Chris Whitley, Fred Eaglesmith
92- Mark CHESNUTT, Greencards, Mary-Lou
93- Jon RANDALL, James Hand, Ronnie Bowman,
JA Martinez, Springfield, Texas Swing Kings
94- Melinda SCHNEiDER, Todd Fritsch, James Leva,
Marie Dazzler, Fats Domino, Larry Rice
95- Tony Joe WHiTE, Ronnie Bowman,
Kris Kristofferson, Mariotti Bros, Ph. Kulcsak
96- Lionel WENDLiNG, Eddy Ray Cooper, Bob Wills,
Philippe Langlois, Bruce Bouton
97- 77EL DEORA, Bill Chambers, Chris Smither
98- Joe ELY, Zip Code 2025, Wanda Jackson
99- The CHERRYHOLMES, Dave Prior, Blue Railroad
Train, Tommy Alverson, Hank Thompson
100- RED MEAT, Jérôme Desoteux, Jimmy Cavallo
101- SPECiAL 48 p Nashville 70’s, Muhlenberg Sound,
Craponne, La Roche, Olivier Jouin, Jim Franklin,
Mick Larie, Lee Hazlewood, Graham Thompson,
El Toro, Gene Vincent, Bob Wills, etc.
102- Porter WAGONER, Michael W. King, Richard
Shindell, Eric Reynaud, Festivals, etc.
103- Hank THOMPSON, Equiblues, Mandolines de
Lunel, Dan Fogelberg, Lucinda Williams
104- Ray BENSON & ASLEEP AT THE WHEEL,
Jim Cohen, Tennessee Stud, Tom Paxton
105- Mike BLAKELY, Bonnie Bishop, Bruno Boussard,
Steel-Guitare Charvieu, Smocky Dawson, Bill Bolick,
106- 3FOX FiRE, Dierks Bentley, Adam Brand,
Texas Sapphires, Marcel Germann, Patsy Cline,
Hawkshaw Hawkins, Cowboy Copas
107- Ricky SKAGGS, Detour Studio, Don Helms, Artie
Traum, Buddy Harman, CRV, Courtelary, Lancy, etc.
108- George JONES, Festivals
109- Ernest TUBB, Pat MacDonald, Hatch Print,
Bo Diddley, Red Foley, Alan Leatherwood
110- The FLATLANDERS
111- The BASTARD SONS OF JOHNNY CASH,
Eric Chruch, Paul Clayton, Al Dexter, Dave Dudley,
112- Carrie HASSLER - Gerry Hogan, Eddie Noak
113- La ROCHE BLUEGRASS, Richard Dobson,
Country Rendez-Vous, Ferlin Husky
114- Lyle LOVETT, Lavardac, Irish Steel Guitar
115- Ray Wylie HUBBARD, Dolly Parton, Carl Smith,
Lou Millet, Cliff Richard, Tommy Duncan
116- Robert Earl KEEN, Raul Malo, Bobby Charles,
Paul McBonvin, Petre Nylund, Eddie Cochran,
Dale Hawkins, Buddy Holly
117- The GRASCALS, Slawek, Jimmie Skinner, Good
Rockin‘ Tonight, BJ Wills, Charlieu Steel Guitare
118- Dale Ann BRADLEY & Band, Ch. HowardWilliams, Miss Leslie, Quebe Sisters, Lucky, Tubb,
Roddy Jackson, Jefferson Noizet, Big John Mills,
Willie Nelson, Jimmy Dean, Hal Harris, BJ Wills
119- Jean-Jacques MiLTEAU, La Roche Blu
grass, Country Rendez-Vous, Dives-sur-Mer, Buddy
Reed, Digby Hardy, Plumes de Coyotes
120- The SWEETBACK SiSTERS, Gérard Herzhaft,
Le Cri du Coyote n°132 page 26
NEWS
Coyote Report
ARTiSTES EXEMPLAiRES
Claire Lynch et Tony Trischka
ont reçu l'award USA Fellowships, récompense nationale
pour encourager des artistes
influents. Le prix de 50 000
dollars permet de financer un
projet. Tony pense réaliser un
album sur la Civil War avec des
compositions et éventuellement
une version scénique
CONTRABAND
Titre de l'album de Otis Taylor
qui a reçu le Grand Prix du
Disque de l'Académie Charles
Cros (Telarc, distribué par
Socadisc. Otis annonce
également un CD en février :
My World Is Gone
COUNTRY CLASSiQUE
Hip-O Records sort Patsy
Cline on the Air : Her Greatest
TV Performances, Extraits
d'émissions TV de 1962 et
1963 : Country Style U.S.A,
Pet Milk Grand Ole Opry, The
Glenn Reeves Show
SAiNT AGRÈVE SANS MUSiQUE
Le festival Equiblues, pris dans
des difficultés financières,
n'aura pas lieu cette été. Les
amateurs d'équitation et de
country music remercient
Philippe Lafont et ses amis
pour les bons souvenirs
Nécro : Jean-Pierre LEMOZiT
Décédé à 70 ans, il était le
président du très prestigieux
Cahors Blues Festival
NEWS DE LiLLY OF THE WEST
Lilly Drumeva a recruté Lussy
Stoynev (fdl) et Pavlin Malinov
(drm) pour un projet de western
swing et prépare un clip pour la
St Valentin (Valentine Moon) ©
Radio
Country
Club
24h/ 24
et 7 j/ sur 7
www.radiocountryclub.com
Laetitia A‘zou, Hall of Glisse, Images de Festivals
121- Rhonda ViNCENT, Art Rosenbaum, Sonny
Burgess, Bob Wills, JD Crowe, Rounder (40 ans)
122- Tim O‘BRiEN, Red Simpson, David Hartley
123-4- SAM-ELViS-MARiON, BLUEGRASS 43
Tanya Tucker, Lisa Haley, Whitey Morgan, Ralph
Mooney, BoB Wills, Webb Pierce, Ray Price, etc.
125- Johnny HORTON, Festivals (Craponne, La
Roche, Namur) Paolo Conti, Dean Reed
126- Amber DiGBY, Jack Scott, Bob Dunn, Faron
Young, Christophe Marquilly
127- STARDAY : Une aventure musicale, Ocie
Stockard, Gretchen Peters, Marvin Rainwater, Hank
Williams, Roy Drusky, etc.
128- Christian SÉGURET, Johnny Bond, Link Davis
Katia Perrin, Joni Harms, Johnny Lee Wills
129- Ronnie BOWMAN, Bearfoot, Gerry Griffin,
Bob Wills, Tex Ritter, Coyote Européen
130- THE SONS OF NAVARONE, Country Rendez
Vous, Didier-Marc Bourelle, Johnny Cash,
131- Brad PAiSLEY, King Records, Johan Asherton,
Irish Steel Guitar Festival, Hank Williams : The Lost
Concerts, Bob Wills : The Tiffany Transcriptions
DiSQU'AiRS
WESTERN SWiNG AUTHORITY : All Dolled Up
Ce septuor canadien, composé de Shane
Guse (vln, vo), Stacey Lee Guse (vo), Paul
Chapman (gtr, vo), Dan Howlett (vln, vo),
Ed Ringwall (stl gtr), Matthew Lima (bs)
et Craig Bignell (bat), nous propose un
superbe deuxième CD de western swing. Le
groupe s’est bien approprié les neuf reprises
de classiques, dont Barnyard boogie qui
débute par des cris d’animaux de la ferme. La dixième, celle de
Pink panther, semble incongrue au départ, mais s’intègre bien dans
le lot. C’est à Stacy Lee que sont réservées les ballades, dont les
superbes I’ve got a feelin’, une des deux compositions, One of us
is lying et Maiden’s prayer. Quant à l’autre composition, All dolled
up, c’est un titre enlevé. Avec les superbes violons, guitare et steel,
le Western Swing Authority a de quoi venir voir. Il ne lui reste qu’à
étoffer le répertoire d’originaux. Chaudement recommandé. (BB)
WSA, 315 Arlene Pl, Waterloo ON, N2J 2G5 (Canada)
JOHN LEE HOOKER JR : All Hooked Up
Le registre vocal du fiston est différent de
celui du père, le style musical aussi. Le fait
qu’il soit né à Detroit, la ville de la Motown,
n’y est sans doute pas étranger. Après des
débuts très (trop ?) jeune dans le métier,
il succombe aux tentations proposées,
alcool et drogue, ce qui engendre divorce
et prison. Il s’en sort grâce à la foi (le titre
All hooked up se réfère à tout cela) et, depuis, a repris le chemin
des studios. Musicalement, on est loin du rockin’ blues paternel et
le CD intéressera plus les nostalgiques du R’n’B/ soul des années
soixante (le duo I surrender avec Betty Wright est très Sam and
Dave), de la variété ou du R’n’B funky voire du jazz cabaret. Seul
Listen to the music, au rythme un peu Bo Diddley, intéressera ceux
qui ne goûtent pas les styles précités. Un DVD du morceau Dear
John est inclus dans le boîtier. (BB) www.markpuccimedia.com
Mark Pucci Media, 5000 Oak Bluff Ct Atlanta GA 30350
TAS CRU : Tired Of Bluesmen Cryin’
Quatrième album de cet artiste assez
atypique, qui mêle diverses influences à
son blues, musique classique, country, folk,
variété entre autres. Ça ne marche pas
à tous les coups, ce serait trop beau, les
titres lents étant un peu lassants et d’autres
trop funky. Concernant les morceaux plus
rythmés, ils naviguent entre blues rock et
style plus classique, comme Changin' my ways, qui rocke gentiment
sur un rythme medium et un Sure do à la sauce Nouvelle Orléans
funky. L’impression d’ensemble est donc mitigée. (BB)
Frank Roszak Prod., 7400 Sepulveda Blvd # 330, Van Nuys, CA 91405
TERESA JAMES & RHYTHM TRAMPS : Come On Home
Les nostalgiques de Janis Joplin
trouveront sûrement leur compte sur ce
CD car, outre un vocal joplinien, Teresa
en emprunte souvent le style, avec une
guitare trop rock et pas assez ‘n’roll à
mon goût. Pour ceux que cette musique
laisse indifférents, comme votre serviteur,
qu’y a-t-il d’autre ? Une ballade jazzy bien
plate, un peu de variété pop rock, de R’n’B
des années soixante, de soul, dont la ballade mélodieuse Forgetting
you et deux titres un peu plus R’n’R, dont A long way from Texas,
avec piano léger, un peu à la You never can tell, cependant gâché
par des chœurs malvenus. Le chat est donc bien maigre pour les
vieux rockeurs. (BB) Jesi-Lu 1008, distr. Blind Raccoon, PO Box 40045,
Memphis TN 38174 et www.blindraccoon.com
SUNNY CROWNOVER : Right Here Right Now
Sunny, dont je n’avais point entendu parler
auparavant, semble être une touche à tout,
car les styles musicaux sont divers sur ce
CD, ce qui fait que certains titres sont loin
de nos musiques. Dans ceux qui nous
concernent, on note Oh yes I will!, un bon
R’n’B des années soixante, Love me right,
rockin’ R’n’B louisianais un peu swamp
pop, Cook in your kitchen, un bon R’n’R, I might just change my
B-STARS : West Coast Special
L’album précédent de ce groupe de San
Francisco m’avait enchanté et il avait
engendré une critique enthousiaste dans
ces colonnes, utilisée d’ailleurs dans la pub
pour ce nouvel opus et le charme n’est pas
rompu. Un seul mot résume à merveille ce
qu’ils proposent : superbe ! Le mélange
hillbilly bop/ western swing reste le même,
ainsi que la virtuosité des musiciens, en dépit de changements
dans le quintette, actuellement composé de Greg Yanito (gtr, voc),
Eric Reedy (cbs, voc); Pierre Laik (gtr sol); Larry Chung (stl gtr, vln);
Billy Zelinski (bat). Le seul titre non hillbilly bop ou western swing
est le hillbilly blues When the darkness turns to light. Aucun titre
faible sur les douze, avec une grosse majorité de compositions.
Elles sont tellement bonnes qu’on les croit sorties tout droit des
années cinquante, comme les reprises, ce qui n’est pas un mince
compliment. Aaah, take it away, Leon ! (BB)
Rust Belt, A-Town Agency www.atownagency.com
mind, teen rock enlevé et Trust your lover, rockin’ R’n’B. En ôtant
les scories pop rock/ variété voire country variété, elle sera bien
meilleure. (BB Shining Stone, distr Mark Pucci Media, adresse plus haut
AL BASiLE : At Home Next Door
Al Basile, dont je n’avais pas entendu
parler à ce jour, a partagé son existence
entre musique (chanteur, compositeur,
cornettiste blues et jazz), littérature
(poèmes, pièces de théâtre, SF) et enseignement, dans une école de Rhode
Island. Ce double CD, produit par Dave
Robillard, marque son retour sur la scène
musicale. Une fois ôtés les morceaux jazzy, soul / R’n’B funky des
années soixante ou blues lent, que reste-t-il ? Le chat est maigre.
Sur le premier CD, on note les rockin’ R’n’B medium I got to love and
be loved, 80 bells et Not the wrong woman, avec piano léger, ainsi
que le rockin’ blues lentTermites in my basement. Sur le second,
seuls Too much like fate et Only Jodie knows, un peu R’n’B néoorléanais, retiennent l’attention. En conséquence, les amateurs de
son Memphis des années 60 y trouveront plus leur comptant que
ceux de rockin’ R’n’B. (BB) Sweetsop, Mark Pucci cf adresse ci-dessus
Mark Pucci Media, 5000 Oak Bluff Ct Atlanta GA 30350
MARK BRiNE : Mark Brine And His Folkabilly Bluezgrass
Accompagné simplement par un violon, un
dobro et une contrebasse électrique, Mark
nous revient avec un album très old tyme,
acoustique et mêlant harmonieusement
country à l’ancienne, bluegrass, folk,
ragtime, blues et yodel. J’ai bien aimé les
titres plus enlevés, comme Momma's tears
ou In between the raindrops ainsi que
The picture that my daddy drew et Those
lonesome whistles au rythme de valse. Quant à Who's been diggin'
(The garden blues), voilà un morceau pour moi, le jardin me donnant
le blues lorsque je dois m’en occuper ! (BB) Wildoats OAT852
PO Box 962 Westmoreland TN 37186 et chez CD Baby www.cdbaby.com
HANK DAViS : One Way Track
Sa réputation actuelle repose sur des articles
musicaux, une collaboration aux rééditions
Bear Family, des livres de psychologie et un
sur le baseball, mais il est aussi un chanteur/
guitariste qui a commis trois simples à la
fin des années 1950 et enregistré tout un
tas de maquettes, dont certaines ont vu le
jour sur une demi-douzaine d’albums, tout
en conciliant musique, études puis enseignement universitaire.
Cette anthologie de 38 morceaux propose des titres issus des
simples Stacy, Mala, d’albums ou compilations et des inédits. Elle
rappelle une auberge espagnole, car on y trouve des tas de styles,
correspondant aux tendances de l’époque : ballade country folk
(souvent assez cashienne), rockabilly, R’n’R (dont un à la Jack
Scott), ballade honky tonk plaintive, honky tonk, un titre un peu
doo-wop, ballade cabaret un peu Charlie Rich, teen rock en duo à
la Everly, ballade western folk, gospel et instrumentaux. Le choix de
l’auditeur est donc large… (BB) www.bear-family.de
Bear Family BCD 17319, PO Box 1154, 27727 Hambegen (Allemagne)
Le Cri du Coyote n°132 page 27
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DiSQU'AiRS
CHRiS DANiELS : BETTER DAYS
Après un album solo en 1983, Chris
Daniels a fondé Chris Daniels & The Kings,
groupe r'n'b et swing dont la musique est
caractérisée par sa section de cuivres.
Ils ont enregistré une douzaine d'albums.
Récemment guéri (après une greffe) d'une
leucémie, Daniels a choisi d'enregistrer un
album solo acoustique où il aborde des
sujets très personnels, comme sa maladie (le swing humoristique
Medical Marijuana, l'émouvant Sister Delores) et le décès de sa
première épouse (I Still Think Of You avec la participation de Mollie
O'Brien). Daniels écrit de bonnes chansons et il sait varier les
arrangements. Longs solos de dobro (Ernie Martinez) et mandoline
(Sam Bush) sur la jolie ballade Better Days, choeurs gospel sur
le traditionnel Right Down Here, pedal steel (Lloyd Maines) sur
le country rock Good Ole Beast, cuivres sur le swing Therapy.
Wildcat Blues est rock. Le fiddle de Sam Bush et l'accordéon de
John Magnie donnent des airs cajun à South Carolina. Il y a un très
joli chant en harmonie de Mary Huckins sur la ballade Eldorado
Canyon. Ce bel album se termine en apothéose avec 3 titres (ou 4
pour la version double CD) enregistrés par Daniels avec New Grass
Revival en 1985 à Telluride : un instrumental et trois chansons de
Daniels qui ont visiblement inspiré Sam Bush, Béla Fleck, Pat Flynn
et John Cowan. Une belle grosse cerise sur le gâteau. (DF)
JACK SAUNDERS : A Real Good Place to Start
Tout d'abord, une petite mise en garde :
ne pas confondre Jack Saunders avec
Jack Saunders (!). Celui qui nous intéresse
est un songwriter basé à Houston, l'autre
était à la tête d'un orchestre de variétés il
y a plus de 70 ans. NOTRE Jack Saunders
arrive de temps à temps à enregistrer un
album personnel au milieu du travail qu'il
effectue dans son propre studio et de ses
collaborations à la guitare ou à la basse auprès de nombreux artistes
tels Greg Trooper et Ray Wilie Hubbard. Eveillé à la musique par
les Stones et les Beatles, convaincu de devenir songwriter par Bob
Dylan, un temps compagnon de club avec Townes Van Zandt et
Lucinda Williams, Jack n'en est qu'à son 4ème album sous son
nom. A Real Good Place to Start, il l'a enregistré dans son studio à
Houston, il l'a produit, il y joue la plupart des instruments même si
on retrouve le renommé Rick Richards à la batterie sur la plupart
des titres. Le résultat est très probant, de l'Americana d'excellente
facture, onze chansons dont aucune n'est faible, une voix très
agréable, des accompagnements très fins et parfaitement mixés.
Une très, très belle réussite. (JJC)
LESLiE KRAFKA : The White Cat Sessions
A peine vient-on de quitter Jack Saunders
chanteur et songwriter, que l'on retrouve Jack
Saunders producteur et multi-instrumentiste
de talent. C'est dans son studio de Houston,
le White Cat studio, qu'il a enregistré le
premier album de Leslie, élue Songwriter
de l'année en 2010 par l'association des
Songwriters de Houston. Notons par ailleurs
qu'on trouve sur l'album Wandering Troubadour, chanson de l'année
2010 pour la même association. En fait, Leslie a écrit 10 des 11
chansons de l'album, la 11ème, I miss Your Company ayant été
écrite au cours d'une virée dans le Yosemite Park par un collectif de
11 auteurs, The High Sierra Songwriters Group 2010, dont Leslie
faisait partie. Musicalement, on est en plein folk-country-rock avec
pas mal de mandoline en plus de la batterie de Rick Richards et de
diverses guitares. La voix ? Pas désagréable, sans plus. (JJC)
PATRiCK CROWSON : Past The Dead End
Kris Kristofferson, Townes Van Zandt, Willie
Nelson et Johnny Cash : ces 4 songwriters
sont, parait-il, les héros de Patrick Crowson.
Plutôt pas mal, comme goûts ! Mais lui, ça
donne quoi ? Ça donne quelque chose qui,
a priori, devrait plutôt plaire mais qui, in fine,
laisse un certain sentiment d'insatisfaction.
Ne sont en cause ni les chansons, ni la
qualité de l'accompagnement. Non, ce qui pose problème, c'est la
voix du monsieur, sa façon de la laisser traîner qui, à force, devient
lassante. Dommage car, par ailleurs, on en a pour son argent : 11
chansons, 66 minutes ! (JJC)
ROGER MORGAN FiSHER : Notes For A Novel
Notes for a Novel est le 3ème album de
Robert Morgan Fisher. Pas besoin de
chercher bien loin ce qui a motivé le titre de
l'album : pour ce songwriter, né à Austin, par
ailleurs auteur de courtes nouvelles et de
scenarii, le romanesque et la musique sont
intimement liés. Au point d'avoir inventé le
concept de "chansons compagnes", des
chansons composées en écho à certaines de ses nouvelles. Résultat
: sur certaines chansons, Anatomy 101 par exemple, on a vraiment
l'impression que Robert Morgan est là, juste à côté de nous, en train
de nous raconter une histoire. Pour nous français qui n'avons pas
tous une connaissance parfaite de l'anglais, il est toutefois important
de noter que la qualité des musiques et de des accompagnements
est également au rendez-vous. Sur ce disque entre folk et folk-rock,
on retrouve le bassiste et producteur Chad Watson et, selon les
morceaux, des pointures comme Dean Parks qui officie à la guitare
ou à la pedal steel, Ethan Wiley au "mandocello" et Janis Ian à la
seconde voix. Quant à Robert Morgan, c'est un fin guitariste et sa
voix s'avère très bien adaptée au genre pratiqué. (JJC)
MATHiS HAUG : Distance
Pour son 3ème album, le bluesman allemand
Mathis Haug, un temps guitariste d'Emily
Loizeau, a demandé à Jean-Jacques Milteau
d'en assurer la production. Ensemble, ils ont
invité le multi-instrumentiste américain Mike
Lattrell, établi dans le sud de la France, et
la saxophoniste de jazz Céline Bonacina
à se joindre à eux. Le résultat est inégal :
certains morceaux, comme Wise Advice, Heartbreaker ou The
Clown, emportent l'adhésion haut la main, d'autres, comme Sign
Of The Times ou Song For My Brunette sont plus faibles. En fait,
l'album sera mieux reçu par les amateurs de Ben Harper que par
ceux qui n'apprécient le blues que "pur et dur" ! (JJC)
THE LONESOME GAMBLERS
Après Love & Murder Train (2009) un
CD pétri de Woodie, Doc Watson et autre
Paxton, les Lonesome Gamblers récidivent
avec Sweet Butter Beans. Cet album
estampillé pure "Hillbilly Music" renvoie
aux racines (tordues ou pas) de la musique
country. La Carter Family prend la relève
avec Dixie Darling, Hank Williams et les
Delmore y sont également à l’honneur, escortés par le sifflet
lancinant du Freight Train d’Elisabeth Cotten. Nous sommes
conviés à une agréable révision des classiques du genre, sans la
moindre prétention, avec l’envie de bien faire et de nous séduire.
Les Lonesome Gamblers nous communiquent leur énergie. Leur
musique restitue sans peine l’atmosphère sombre des années de
luttes syndicales où l’on devait se contenter d’un bol de haricots
bouillis… avec ou sans beurre ! Une époque
révolue ? Pas si sûr, ces chansons sont
restées dans les mémoires…
Brady et ses écumeurs de saloon accompagnent Jacky Galou sur Le train qui vient :
un hommage aux mineurs et aux hobos
de toute condition. Catalogué depuis des
lustres "chanteur pour enfants", Jacky ose
s’aventurer sur les terres des folksingers.
A la manière de Graeme Allwright, Steve Waring ou Mary-Lou, il
s’adresse aux plus jeunes en dépassant les clichés de la musique
de cow-boy. Jacky fait revivre l’Ouest américain en s’efforçant de
garder le sens initial des chansons qu’il propose en français : les
enfants sont ravis et leurs parents découvrent un univers sans
folklore commercial. Les rythmes traditionnels sont taillés sur
mesure pour les guitares et le banjo des Lonesome Gamblers ! Ils
profitent de l’occasion pour mettrent en valeur la belle voix de Jacky
et démontrer leur savoir-faire. Cette french touch nous éloigne
beaucoup de Marc Taynor, le "singing cowboy français" des années
50, mais nous rapproche à coup sûr d’une musique country plus
authentique destinée aux grands enfants que nous sommes… de 7
à 77 ans ! (AF) [email protected]
Coyauteurs : Eric ALLART (EA) Bernard BOYAT (BB)
Jacques BREMOND (JB) Jean-Jacques CORRiO (JJC)
Dominique FOSSE (DF) Alain FOURNiER (AF)
Christian LABONNE (CL) Sam PiERRE (SP)
Le Cri du Coyote n°132 page 28
DiSQU'AiRS
DAViD OLNEY : Body Of Evidence/ Film
Noir/ The Stone/ Robbery & Murder)
Il a fallu un peu de temps à
David Olney pour conquérir la
reconnaissance du public (celle
de ses pairs lui est acquise
depuis longtemps) mais il est
désormais considéré comme
l'un des grands du continent
nord-américain, quelque part entre Tom Waits et
Leonard Cohen. Il s'ensuit pour lui une activité
inlassable, aussi bien en concert qu'en studio, avec
une approche différente. Body Of Evidence regroupe
trois EP publiés ces derniers mois et nous propose en
tout dix-sept titres (et deux interludes). Certains sont
de nouvelles compositions, d'autres des relectures de
morceaux anciens, comme les superbes Sunset On
Sunset Boulevard et Jerusalem Tomorrow, deux chansons dont on
ne se lasse pas. L'instrumentation est sobre, le rythme lent, à la
façon d'un Cohen, est celui de quelqu'un qui a le temps ; les fidèles
amis ici présents (Sergio Webb, Jack Irwin, Jim Hoke, Dave Roe,
Dan Seymour) confèrent à l'ensemble une couleur jazzy des mieux
venues. David Olney est un maître et, deux ans après Dutchman's
Curve, le confirme ici de belle façon. (SP) http://www.davidolney.com
JACK TEMPCHiN : Live At Tales From The Tavern
Jack Tempchin fait partie de ces artistes
moins célèbres que leurs œuvres. Si son
nom n'évoque pas grand-chose pour beaucoup, les choses changent dès que l'on parle
de Peaceful Easy Feeling et Already Gone,
et si on associe ces titres aux Eagles. Jack,
après deux albums chez Arista dans les 70's
(un en solo, et un avec le groupe Funky Kings,
trio de songwriters constitué à l'époque où
chaque label voulait son CS&N) Jack a eu une carrière discrète,
se contentant d'écrire, avec talent, pour d'autres (essentiellement
avec Glenn Frey). Ce n'est qu'en 1990 qu'il reprit, de loin en loin,
le chemin du studio. Ce live (combo CD + DVD) présente l'artiste
seul avec sa voix, sa guitare et son harmonica, dans une ambiance
intimiste. Il nous délivre onze de ses compositions les plus célèbres,
dont les deux précitées, mais aussi You Belong To The City ou Slow
Dancing, autres succès. C'est simple et beau, sans tapage, bien à
l'image de cet artiste discret. On pourra préférer la version DVD qui
présente les mêmes titres mais avec, en prime, les commentaires
et petites histoires de Jack. Il raconte notamment la naissance de
Already Gone, et comment Eagles a transformé en rock ce qui était
au départ un titre country. À l'écoute du CD (si l'on a regardé la
vidéo avant) on ressent comme un manque. (SP)
www.talesfromthetavern.com, www.peacefuleasyfeeling.com
SWEETHEARTS OF THE RODEO : Restless
Les sœurs Oliver sont de retour. Kristin
(Arnold, voix lead) et Janis (ex-Gill, harmonies
et guitare), après six albums en dix ans
nous avaient laissés sans nouvelles depuis
Beautiful Lies, publié en 1996. Si leurs deux
derniers disques, parus chez Sugar Hill,
avaient vu le duo amorcer un virage roots,
aux frontières du bluegrass, Kristin et Janis
ont voulu, avec Restless, renouer avec le style de leurs débuts : un
rock teinté de country, dans la lignée de ce que fait aussi Rosanne
Cash. Le temps n'a manifestement pas eu de prise sur les dames
qui semblent vraiment avoir pris du plaisir à cet enregistrement.
La magie d'antan est là, sans que la démarche soit le moins du
monde marquée au seau de la nostalgie. Les compositions sont
solides (Janis en co-écrit la majorité), les harmonies, rodées depuis
l'enfance, sont au top et il y a avec les frangines une bande de
pistoleros toujours prêts à dégainer qui constituent une garantie
tous risques. Quelques noms suffisent pour comprendre: Richard
Bennett & Kenny Vaughan (gtr), Al Perkins (pdl st), Richard Bailey
(bjo), Jeff Taylor (acc) ou Dave Pomeroy (bss) qui co-produit avec
les Sweethearts. On notera aussi que l'album se referme sur une
reprise de l'hymne hippie Get Together, tout un symbole, dans la
veine des Youngbloods de Jesse Colin Young! Voici en tout cas un
retour à la musique, à plein temps, qui annonce des lendemains
radieux. (SP)Good Trade Records, www.sweetheartoftherodeo.com
iNDiO SARAVANJA : Travel On
Tout juste un an après le délicat Little
Child, Indio poursuit sa route avec ce
nouvel album. Contrairement à ses prédécesseurs, il est enregistré avec un groupe,
des guitares électriques (une Fender rouge,
par exemple) une basse et une batterie.
Bref c'est un disque de rock. Ne vous
attendez cependant pas à un mur de son,
à des guitares saturées, souvenez-vous plutôt de ce que savait faire
Dire Straits, au début. Indio le dit lui-même : "mes héros électriques
m'ont rendu visite (c'est une image) pendant l'enregistrement".
Et il cite J.J. Cale, Neil Young, Mark Knopfler. C'est d'ailleurs de
ce dernier qu'il revendique la seule influence consciente avec le
titre, en forme d'hommage, Real World. Mais il est aussi difficile de
ne pas penser à Neil & Crazy Horse dès l'introduction de Johnny
Guitar. La guitare, parlons-en. Indio se révèle un très fin praticien
de l'instrument, jouant comme il compose, avec fluidité, élégance et
inspiration (écoutez un titre comme Black Angel pour vous faire une
idée). Les privilégiés qui connaissent son premier album (celui-ci
est son cinquième) ne seront pas surpris. Pour les autres, il serait
dommage de passer à côté d'un tel talent, une fois de plus. Indio
est l'un des meilleurs songwriters et l'un des interprètes les plus
sensibles de la si riche nouvelle scène de son pays et il parvient ici
à se défaire de l'image de Dylan Canadien qu'on lui colle souvent
lorsqu'il est seul avec sa guitare et son harmonica. Travel On,
enregistré par Leeroy Stagger et produit par Indio, est aussi un
modèle de construction, montant progressivement en puissance.
Desperate Man, une ballade, ouvre le disque avant une réjouissante
adaptation de Mam' Zelle Gibson de Georges Moustaki, à laquelle
le fan qu'est Indio tenait tout particulièrement. Travel On permet
d'entendre le charengo de son Argentine natale et la progression,
entrecoupée de moments de calme, se poursuit jusqu'au mystérieux
et quasi-religieux Train Is Coming Soon (un Slow Train Coming qui
aurait pris des allures de rapide aux accents bluesy). Et que dire de
Who Remembers Margaret ?, une ballade de plus de sept minutes
qui met fin au voyage. Je ne sais pas qui était cette Margaret,
sans doute une lointaine cousine de la Louise de Paul Siebel, je
sais seulement qu'elle a inspiré une chanson aux allures de chefd'œuvre, un portrait plein de pudeur et de nostalgie, démontrant
qu'Indio sait aussi raconter des histoires. Belle conclusion pour un
grand disque. (SP) Del Norte Records, www.indiosaravanja.com
BUDDY MILLER & JiM LAUDERDALE : Buddy And Jim
On ne présente plus Buddy Miller (60 ans)
et Jim Lauderdale (55) chanteurs, musiciens,
songwriters, producteurs. Leurs longues
carrières leur ont permis de se construire,
chacun de son côté, une œuvre des plus
riches tant en qualité qu'en quantité. Il
n'était donc pas illogique que ces amis de
longue date aient eu envie de faire un album
de duos, dans la lignée des des tandems
fraternels (Everly, Stanley, Louvin, Monroe) ou non (Jack & Jim,
Flying Burrito Brothers…) dont les harmonies mâles ont bercé leur
jeunesse. Il s'agit d'un véritable moment de fun, du plaisir de jouer
ensemble, et ce plaisir on le partage davantage au fil des écoutes.
Douze titres d'un country-rock d'excellente facture sont ici portés par
des harmonies qui ne sont pas loin de rappeller celles des Everly
Brothers, même si les voix sont moins aériennes. Les compositions
sont pour la plupart de Buddy et Jim, ensemble ou séparément,
ou avec le renfort de Julie Miller. On note en particulier Forever
And Day, écrite par Jim avec Frank Dycus, décédé récemment,
et trois reprises. Si la présence de South Is New Orleans de Jack
& Jim est une évidence, on peut-être surpris par celle de I Want
To Do Everything For You de Joe Tex ou The Wobble de Jimmy
McCracklin. Mais quand on sait que Buddy & Jim citent Sam &
Dave parmi leurs influences, on comprend mieux pourquoi il ont
choisi de refermer l'album avec ces deux titres. (SP)
New West Records, www.buddymiller.com, www.jimlauderdale.com
MARY GAUTHiER : Live At Blue Rock
Qu'ajouter à propos de Mary Gauthier à ce
qui a déjà été écrit? Je pourrais reparler de
ses débuts difficiles dans la vie (abandon,
adoption, fugue, prison, drogue, alcool…),
de ses débuts tardifs dans le métier (elle
a écrit sa première chanson à 35 ans alors
qu'elle en a aujourd'hui 50), mais tout cela
est déjà connu et je préfère vous inviter à
vous reporter à The Foundling (où elle évoque la recherche de sa
Le Cri du Coyote n°132 page 29
DiSQU'AiRS
mère biologique et à sa vaine tentative de la rencontrer) ou à
n'importe lequel de ses cinq disques précédents, tous impeccables,
regorgeant de portraits de personnages rencontrés par Mary au fil
de son existence et de peintures de scènes de la vraie vie. Mary, qui
confessait à ses débuts son admiration pour des anciens comme
Guy Clark, Townes Van Zandt ou John Prine fait maintenant partie
de cette même catégorie des grands songwriters qui ont quelque
chose à dire et savent comment le dire et le chanter. L'album Live
At Blue Rock la voit revisiter certains des meilleurs titres de son
répertoire, avec pour seul accompagnement sa guitare acoustique
et son harmonica, le violon de Tania Elizabeth (souvenez-vous des
Duhks) et quelques percussions de Mike Meadows et Tania. En
plus de huit de ses propres compositions (auxquels on ajoutera
Mercy Now, titre caché), Mary confesse une nouvelle fois son
admiration pour Fred Eaglesmith, l'ami canadien, dont elle reprend
trois chansons. Un seul regret : ne pas avoir été présent dans ce
Blue Rock Artists Ranch, à côté d'Austin où il semble faire si bon
écouter la musique acoustique de qualité. (SP) Proper Records.
http://www.bluerocktexas.com - http://www.marygauthier.com
KEViN DEAL : There Goes The Neighborhood
Kevin Deal a beau n'être pas un débutant
(c'est son 8ème album), il constitue une
découverte pour moi, et cela a double titre.
Il y a la musique, bien sûr, mais aussi le fait
que notre homme est artiste et artisan, plus
précisément "master craftsman in the art of
stone masonry". Et ce goût pour le travail
bien fait que possède l'artisan, spécialement
quand il s'agit de travailler une matière noble
comme la pierre, on le retrouve dans ce disque, inspiré et chaleureux.
C'est un album habité par la foi, la foi du tailleur de pierre qui forge
ses personnages comme il taille la roche. Ce n'est pas la foi prêchiprêchante dont nos oreilles sont trop souvent rebattues, c'est celle
de quelqu'un qui nous offre "des chansons gospel de grâce et de
rédemption, écrites par un pêcheur qui sait le prix qui a été payé
et la dette qui en résulte". Voilà pour l'inspiration, qui n'est pas
spécialement apparente à l'écoute parce que l'on entend surtout
l'œuvre d'un excellent songwriter texan (un de plus) qui a souvent
été comparé à Steve Earle ou Joe Ely. Sur la forme musicale, There
Goes The Neighborhood est d'abord un excellent album country
dont est absente toute mièvrerie, une galerie de portraits et de
réflexions, avec parfois des accents bluegrass, parfois d'autres qui
évoquent l'ambiance d'un saloon ou la solitude des montagnes.
L'inspiration est souvent spirituelle mais, même quand il reprend
Amazing Grace, Kevin en fait une lecture très personnelle. Citons
encore Gideon, qui donne immédiatement envie de fredonner et de
battre la mesure, ou encore I Need Revival un titre qui, tant sur la
forme, avec un banjo et un harmonica lumineux, que sur le fond, ne
peut laisser indifférent. Personne ne sera surpris d'apprendre que
Lloyd Maines a produit l'album. En revanche, certains musiciens
comme Rich Hood (dobro et pedal steel) ou Miles Penhall (guitares)
sont de véritables révélations. (SP) Blindfellow Rds. www.kevindeal.com
BOBBY BARE : Darker Than Light
Bobby Bare avait été un artiste prolifique,
labellisé country-folk, durant deux décennies
(de 1962 à 1983) avant de disparaître des
radars pendant plus de vingt ans et de
refaire surface avec The Moon Was Blue
en 2005. Cinquante ans après ses premiers
enregistrements, Bobby est revenu dans le
même studio RCA, à Nashville, où il avait mis
en boîte son premier hit, Shame On Me, pour enregistrer un album
de folk songs qu'il considère, certes, comme des folk songs mais
surtout comme de grandes chansons. Sa vision est large puisque,
en plus de quelques titres nouveaux, il reprend des morceaux qui
avaient été chantés par Woody Guthrie, Leadbelly, The Weavers,
Tex Ritter, The Kingston Trio mais aussi Merle Travis, U2, Bob Dylan
ou Dennis Linde. Quant à la liste des titres, elles va des traditionnels
tels que Tom Dooley, Banks Of The Ohio, Shenandoah, House Of
The Rising Sun à des compositions associées aux plus grands,
qu'il s'agisse de Woody Guthrie (Going Down The Road), Leadbelly
(John Hardy), Bob Dylan (Farewell Angelina) ou Merle Travis (Dark
As A Dungeon). Plus surprenantes sont les reprises de U2 (I Sill
Haven't Found What I'm Looking For) ou Alejandro Escovedo (I
Was Drunk où l'on peut entendre les harmonies d'Alejandro). Si
JAMES HAND : Mighty Lonesome Man
“Folks, like I said before and it's still true,
James Hand is the real deal”, a déclaré
Willie Nelson. Né à Waco, Texas, en
1952, James Slim Hand a joué pendant
des décennies de la pure musique honky
tonk sans que sa renommée ne s'exporte
hors de son état natal. Ce n'est qu'en
2006, après la sortie chez Rounder de
son premier album à distribution nationale, que les choses ont
changé. Mais pas le style, James fait toujours de la country music
solide, bien ancrée dans la tradition, quelque part à l'intersection
de Hank Williams, de Johnny Cash et de Merle Haggard. L'énoncé
de certains titres annonce bien la couleur : Lesson In Depression,
You Almost Fell, Years I've Been Loving You… La première fois que
l'on entend James Hand, on peut croire à une parodie de Luke the
Drifter mais, très vite, on comprend que l'on a affaire à tout autre
chose, un vrai songwriter qui, au-delà de la forme d'apparence
rustique, délivre un message qui présente un caractère actuel. Et
il y aussi une authencité, une sincérité, qui font que, quand notre
homme raconte ses petites histoires, on le croit parce que l'on sent
qu'elles contiennent une bonne part de vécu. Mighty Lonesome
Man, c'est douze titres de la plume de James, et deux bonus, dont
Get Rhythm de l'homme en noir. Il y a une majorité de ballades
à la Hank Williams ou à la Harlan Howard, quelques titres plus
rythmés, le tout délivré avec une voix parfaite pour le genre. Et il
y a l'accompagnement, impeccable, avec en tête le guitariste Will
Indian, son Luther Perkins à lui. On citera aussi Earle Poole Ball et
son piano d'or, qui swingue comme jamais, Cindy Cashdollar au
Dobro (un régal dans Now Not Later, dans la veine de Get Rhythm)
et à la pedal steel (qu'elle partage avec Gary Carpenter et Bobby
Flores), ou Beth Chrisman (de la Carper Family) au violon. Pour
conclure, une mention particulière peut être attribuée au titre Old
Man Henry, l'histoire d'un vieil homme de 77 qui se bat seul, jusqu'à
la mort, contre le passage d'une autoroute sur sa terre, là-même où
il vient d'enterrer Mary, la compagne de toute sa vie. C'est bien de
découvrir qu'on peut encore écrire de telles chansons et, ce qu'il est
permis d'affirmer, c'est que celle-ci place James dans la catégorie
des grands storytellers. (SP) Hillgrass Bluebelly Records
Dist. en France par Nayati Dreams. www.jamesslimhand.com
j'ajoute que la qualité intrinsèque de la voix de Bobby (77 ans)
est toujours là (avec juste, et c'est bien normal, un peu moins de
souplesse), que notre homme s'est entouré de quelques-uns des
meilleurs instrumentistes et vocalistes du bluegrass et de la country
music (pêle-mêle : Randy Scruggs, Buddy Miller, Glen Duncan,
Andy Leftwich, Eddie Pennigton, Jonathan Yudkin, Vince Gill, The
Whites…), vous aurez une idée de la teneur de ce CD. (SP)
Plowboy Records / http://www.bobbybaredarkerthanlight.com
JODY STECHER : Wonders & Signs
Jody Stecher est l'un des plus fins musiciens
acoustiques de la scène Americana, comme peut l'être Norman Blake dont il se
rapproche à bien des égards (à commencer
par le timbre vocal). Son habilité à la
guitare, à la mandoline ou au banjo n'est
plus à démontrer de la part de cet esthète
qui cisèle ses parties instrumentales tel un
maître-orfèvre. Il enregistre et chante, seul ou en duo avec son
épouse Kate Brislin, depuis 1974 et, si le couple est désormais en
semi retraite pour les concerts, il éprouve toujours le même plaisir
à chanter, mieux que jamais sans doute. Jody a également été
membre pendant cinq ans du Peter Rowan Bluegrass Band (il dit
être fan de Peter depuis l'époque de Earth Opera), prenant une
part active au CD Legacy. Il y a cependant une chose qu'il n'avait
jamais réalisée : enregistrer un album de ses propres œuvres.
Voilà qui est fait avec Wonders & Signs. L'album est riche (treize
morceaux originaux dont deux co-compositions) et présenté avec
un commentaire pour chaque titre (les textes des chansons sont
par ailleurs disponibles en ligne sur le site de Jody and Kate). Kate
Brislin est présente aux harmonies et l'on retrouve aussi deux
membres du Peter Rowan Bluegrass Band (Keith Little au banjo et
Paul Knight à la basse). Il est difficile de faire ressortir un titre plus
qu'un autre tellement la qualité est constamment élevée. Je mettrai
quand même le focus sur certains. Weasels And Snakes a été écrit
avec Chris Bashear qui fut le partenaire de Jody au sein des Perfect
Strangers, il y a une dizaine d'années. The Highway est une longue
ballade à l'ancienne (l'ambiance et la mélodie rappellent celle de
Wreck On The Highway), parfaitement servie par les voix de Jody
and Kate et le violon de Chad Manning. Long Time A-Comin' se
Le Cri du Coyote n°132 page 30
DiSQU'AiRS
caractérise par ses arrangements vocaux de style gospel alors que
Gwendolyn McGrath est un instrumental pour banjo du nom d'une
élève de Jody; il affirme, modeste, qu'il n'a fallu qu'une semaine à
sa protégée pour le maîtriser alors que lui-même a eu besoin de
deux mois. Et puis, il y a Osama's Pajamas mais, pour apprécier
pleinement la subtilité de ce titre, il est conseillé de se reporter aux
explications du site web. Jody écrit de son album: "Il y a quelques ici
chansons tristes, et quelques-unes qui sont drôles. La plupart sont
les deux en même temps. Si vous riez et pleurez au cours de la
même chanson, c'est que vous l'entendez comme je l'ai imaginée".
Tout est dit. (SP) Vegetiboy Music. http://www.jodyandkate.com
OUTLAWS : It's About Pride
Le retour (discographique) du groupe de
rock sudiste Outlaws a suscité des débats
notamment de ceux qui considéraient que la
formation ne pouvait pas survivre à Hughie
Thomasson, sa figure de proue. Sa voix et
sa guitare étaient pour eux indissociables
de l'image de marque du combo. La veuve
d'Hughie (terrassé par une crise cardiaque
en 2007) avait perdu en 2011 un procès pour utilisation abusive
du nom, contre Henry Paul et Monte Yoho, eux aussi membres (re)
fondateurs, tout comme Billy Jones et Frank O'Keefe, décédés en
1995. On se souvient de Outlaws et Lady In Waiting ou encore de
Hurry Sundown, comme d'albums où le rock sudiste trouvait ses
titres de noblesse avant que le groupe (après le départ d'Henry
Paul) n'évolue vers une espèce de hard-rock FM dont le principal
intérêt, vite lassant, était celui des duels de guitare en vogue à
l'époque. Outlaws nouvelle formule, c'est un compromis entre le
groupe du 1er album (Henry et Monte, avec une apparition de Joa
Lala qui était aussi présent pour Outlaws), le Henry Paul Band (Billy
Crain) et BlackHawk (autre groupe mené par Henry Paul avec Chris
Anderson, Randy Threet et Dave Robbins). Peu importe le nom,
seul importe le son et, si l'on ne peut oublier la voix de Thomasson,
on ne peut que se réjouir de retrouver un groupe aux compositions
plus concises, aux guitares, au demeurant excellentes, moins
bavardes, et aux harmonies tout à fait dans la continuité du groupe
originel. Le temps du débat est terminé, chacun restera de toute
façon sur sa position, mais il serait dommage de ne pas savourer
ce retour. (SP) Mirror Lake Records / http://www.outlawsmusic.com
JOHN WORT HANNAM : Brambles And Thorns
Quoi que né dans l'île anglo-normande de
Jersey, John Wort Hannam est un Canadien
qui vit désormais dans l'Alberta et fait partie
de ces trésors plus ou moins cachés que le
monde envie à ce beau pays d'Amérique.
Alors qu'il était enseignant dans une
réserve, il a été contaminé par le virus de la
musique à l'écoute d'un disque de Loudon
Wainwright III, fasciné par sa capacité à
raconter ses petites histoires en musique. Ensuite vint le parcours
classique : achat d'une guitare, apprentissage de quelques accords
et, cinq ans plus tard, il abandonnait l'enseignement pour essayer
de vivre de la musique. Voici son 5ème album, les précédents ayant
valu un nombre non négligeable de récompenses à cet auteur
compositeur dont le folk se teinte souvent de country. L'album
est produit par Leeroy Stagger (dont il reprend le titre Radiant
Land), et enregistré dans les conditions d'un live dans ses studios
Rebeltone. Dès les premiers accords de Great Lakes, on est séduit
par la voix émouvante de l'artiste, bien soulignée par le violon de
Scott Duncan, qui est très présent tout au long de l'album, tantôt
entraînant tantôt mélancolique. Les autres musiciens ne sont pas en
reste, en particulier le multi-instrumentiste John Ellis dont le dobro
enchante Nothing At All. Des textes de qualité, d'inspiration variée,
entre humour et émotion, des mélodies qui privilégient un aspect
country plutôt décontracté, cela suffit à classer J.W. Hannam parmi
les meilleurs successeurs de Gordon Lightfoot. Brambles And
Thorns est une belle confirmation, avec en point d'orgue le poignant
Beautiful Friend, dédié à un ami trop tôt disparu, qui referme l'album.
(SP) Borealis Records. http://www.johnworthannam.com
U
PAS V
À LA
!
TÉLÉ
N'oubliez pas d'en parler à vos amis :
l'abonnement au Cri du Coyote, ce sont des
heures de lectures et d'informations musicales
dans six numéros par an livrés chez vous !
VARiOUS ARTiSTS : The 1861 Project (Volume 1: From Farmers
To Foot Soldiers / Volume 2 : From The Famine To The Front)
Ce projet a démarré un peu par hasard.
Mark Fain, bassiste, a demandé à son ami
Thomm Jutz, producteur, compositeur et
musicien, s'il avait à son catalogue des
titres sur la guerre civile américaine pour
quelqu'un qui voulait en faire un disque.
Tel n'était pas le cas. Dès le lendemain,
Thomm se mettait au travail et écrivait un
titre avec Peter Cronin, puis un autre avec
Mark. Le commanditaire ayant mis son projet en sommeil, l'idée
d'un concept album sur un sujet qui le fascinait germa dans le
cerveau de Thomm qui, de fil en aiguille et avec l'aide de différents
songwriters se retrouva avec un capital de titres suffisant pour
en faire un disque. La liste des contributeurs, auteurs, chanteurs
et musiciens est impressionnante. On peut citer John Anderson,
Marty Stuart, Irene Kelley, Richard Dobson, Jon Weisberger, Dana
Cooper, Chris Jones... Ce disque passionnant allait bientôt avoir
un petit frère (centré sur la contribution à cette guerre des IrlandoAméricains) avec au générique d'autres noms prestigieux: Pat Alger,
Jim Rooney, Carl Jackson, Peter Cooper, Verlon Thompson Sierra
Hull, David Olney, Craig Market… Chacun d'entre eux (et c'est
valable pour ceux que je ne cite pas) a "une forte connexion avec
l'Irlande, par ses ancêtres, par sa naissance, ou simplement par le
cœur". Cela résume l'eprit qui préside à ce projet qui constitue l'un
des plus beaux portraits musicaux de cette période si importante
dans l'histoire des USA. Détail non dénué d'importance, Thomm
Jutz, l'âme et la cheville ouvrière de cette œuvre, qui en a co-écrit
tous les titres, l'un des producteurs et musiciens les plus respectés
et les plus sollicités de Nashville et des environs, est un bel exemple
de l'intégration à l'américane. Né en Allemagne, il n'a émigré qu'en
2003 et est devenu Américain alors que The 1861 Project était déjà
en cours. (SP) Cohesion Arts. http://www.1861project.com
MATRACA BERG : Love's Truck Stop
Même si elle a commencé sa carrière
discographique il y a plus de vingt ans (en
1990 avec Lying To The Moon), Matraca
Berg est davantage réputée comme
songwriter, et ses co-signaures à succès
(pour Reba McIntire, Patty Loveless, Trisha
Yearwood, Deana Carter, Suzy Bogguss,
Linda Ronstadt, Dixie Chicks) ne se
comptent plus. Un long passage de 14 ans entre Sunday Morning
To Saturday Night (1997) et The Dreaming Fields (2011) n'a pas
arrangé cet état de choses. Sans doute inspirée par ses tournées
avec Wine, Women & Song (Gretchen Peters, Suzy Bogguss
et Matraca), elle nous revient cette fois rapidement avec onze
nouveaux titres de toute beauté, onze ballades pleines d'une douce
nostalgie . Parmi les partenaires en écriture, on note la journaliste
Holly Gleason, les amis de longue date (Gary Harrison, Gretchen
et Suzy), deux des trois Pistol Annies (Angaleena Presley et Ashley
Monroe), Angel Snow, Phil Madeira. Sur le plan musical, la direction
des opérations a été confiée à David Henry qui, de violoncelle en
guitare, tisse la toile sonore idéale pour la voix et les compositions
de Matraca, bien secondé en cela par la révélation du disque,
Jason Goforth. Quelques complices viennent prêter leurs voix au
fil des titres parmi lesquels Kim Carnes, Suzy Bogguss & Gretchen
Peters, Emmylou Harris, sans oublier Jeff Hanna, son mari. Il reste
maintenant à espérer que Matraca ait désormais trouvé sa vitesse
de croisière, un disque ce cette trempe (qu'il vaut cependant mieux
ne pas écouter un soir de déprime) tous les dix-huit mois, ce n'est
pas trop. (SP) Proper Records. http://www.matracaberg.com
LiNDi ORTEGA : Cigarettes & Truckstops
Un peu plus d'un an après Little Red Boots,
Lindi Ortega, jeune Canadienne d'origine
mexicaine (par son père) et irlandaise (par
sa mère) revient, toujours chaussée de ses
bottes rouges et vêtue d'une robe courte,
pour un nouvel album qu'elle a choisi,
cette fois, d'enregistrer à Nashville. Elle y a
retrouvé son compatriote Colin Linden enrôlé
comme producteur. Il joue par ailleurs d'une
quantité d'instruments sur l'album, à commencer par le Dobro qui
a séduit Lindi à tel point qu'elle l'a souhaité omniprésent. L'album
commence par le morceau titre, une ballade, avant d'enchaîner sur
The Day You Die, plutôt drôle, contrairement à ce qu'on pourrait
penser. L'influence de Johnny Cash est sensible dans cette
composition et il a aussi inspiré Murder Of Crows que Lindi a écrit
Le Cri du Coyote n°132 page 31
DiSQU'AiRS
en pensant à lui. C'est ensuite Lead Me On, aux allures de country
music traditionnelle, qui incline plutôt du côté de Hank Williams.
Il n'y a pas un temps mort au long des dix chansons de l'album.
L'alternance, réussie, entre ballades et morceaux plus rythmés,
parfois aux frontières du rockabilly, y est pour beaucoup, et la voix
de Lindi, claire et puissante, toujours sensible, sait parfaitement
nous faire passer d'une atmosphère à une autre. C'est ainsi qu'elle
termine le disque avec Use Me, morceau revigorant où elle se
propose comme une alternative à toutes les drogues et excitants,
suivi de Every Mile Of The Ride, ballade mélancolique, dans la
même tonalité que Cigarettes & Truckstops (la chanson) qui est
une invitation à recommencer le voyage. (SP)
Last Gang Records. http://www.lindiortega.com
MELiSSA RUTH : Ain't No Whiskey
De la Californie où elle a fait ses études
de musique à l'Oregon où elle enseigne
la musique dans une école, Mélissa Ruth
a fait son chemin, sorti un premier CD en
2008, acheté une vieille Guild électrique
1958 avant d'enregistrer Ain't no whiskey
avec son mari, le beau-frère et sa sœur
qui assurent respectivement les parties de
guitare solo, de batterie et d'harmonies vocales. Résultat intimiste
navigant entre folk-blues et américana. Sa voix est agréable,
parfois plus enthousiaste que parfaitement en place mais le fait
d'habiter ses chansons rend cette chanteuse sympathique et
donne envie d'adhérer à son projet intitulé "Enregistrements pour
les absences de concert". Elle en explique simplement le concept :
"Etant professeur, je ne peux pas partir en tournée pendant l'année
et donc, je vous propose de petites vidéos faites à la maison avec
l'explication de l'origine et de l'inspiration d'une chanson avant de la
jouer en direct dans la foulée". Honnête et naturelle, what did you
expect ? (CL) http://www.melissaruthmusic.com
SURFiN’
HELL-O-TiKi : Attack Of Lady Octopussy
Ce groupe, né en avril 2009
et formé par Grégory SaintHuile (bat), Fabian Crema
(bs) et Emmanuel Gillard
(gtr) vient de Belgique.
Dans l'ensemble il pratique
un rockin’ surf instrumental
musclé bien classique. On y trouve un mélange
d’influences Dick Dale/ Link Wray/ Ventures /
Shadows, avec une pointe de garage, histoire
de donner un peu de piquant à l’affaire. La
guitare est frémissante comme il se doit, sur
des titres comme Nostromo, Mandosurf ou
Lost in Blackpool et Raining blood plus lents.
Le seul slow du lot,Corazon de Leon, est fort
bien ficelé. Comme dans le cochon, tout est
bon. Seul regret : dommage que les choristes/
danseuses Emmanuelle Vanitterbeek et
Mélanie Hoffman ne se voient pas sur le CD. Il
faudra songer à un DVD… (BB)
Rue du musée 2, 6630 Montelange (Belgique)
SWAGMEN : The Swagmen
Ce groupe canadien de
Colombie Britannique, a
été constitué à 5 dans les
80's, puis réduit à 4 : Steve
Graff (bss), Jay Johnson
(bat), Bob Nicholson (r-gtr)
et Edward Buquet (gtr sol).
Deux albums sont parus, en 1994 et 1999,
dont le premier vient d’être ressorti. Il ne
reste plus que Bob et Ed du quatuor original.
La lecture des titres des deux albums donne
une idée de leurs influences, puisqu’ils font
essentiellement dans les reprises, dont
certaines de titres peu connus (Streets of
desire, Pursuit of the leather girls) à l’exception
d’un titre sur ce CD. Du bon surf instrumental
PiERRE BASTiDE & BETTY STERN : Cool & Free Dobro
„Une seule prise, improvisation, matériel
de garage band, enregistrement internet.
J‘aime partager le son particulier de la
guitare résophonique avec mes amis et
particulièrement avec Betty Stern“. C‘est
ce qu‘écrit Pierre Bastide qui a aussi
tenu à partager ce disque démo de neuf
titres avec le Cri dont il est l‘ami. Il y a
d‘excellents musiciens en France, on le sait.
Pierre Bastide est un as du résonateur et sa renommée a depuis
longtemps dépassé les frontières. Avec Betsy Stern, de Berkeley
(ensemble ils deviennent Betsy & The Frenchman), chanteuse et
multi-instrumentiste, il nous offre cette petite demi-heure de bonheur
sans prétention mais avec cœur et talent. De bluegrass en blues,
aux frontières du jazz, Pierre est à l‘aise partout, comme chez lui.
Moondance de Van Morrison, le traditionnel Midnight Special ou
l‘improvisé (je le suppose) Slidin‘ In The Garage, tout glisse avec
la même aisance que le bottleneck sur les cordes. Je décerne une
mention spéciale pour The Lowlands (de Gary Scruggs), un titre
que j‘ai toujours beaucoup aimé et que je redécouvre ici. J‘exprime
aussi l‘espoir que ces enregistrements bénéficient vite d‘une large
diffusion. (SP) www.pierre-bastide.net, www.betsyandthefrenchman.com
JiMi HENDRiX : People, Hell and Angels
En attendant la sortie du CD, nous
reproduisons (une fois n‘est pas coutume)
des extraits parus dans la presse des propos
de Yazid Manou, LE spécialiste de Jimi :
„Si l’on considère qu’est un inédit toute
version différente non publiée officiellement,
ce sont des inédits. Evidemment, il ne faut
pas attendre 12 compositions absolument
jamais entendues. Il s’agit davantage d’une
compilation de versions inédites, de reprises de morceaux rares qui
ne font pas partie des trois albums sortis officiellement du vivant
de Jimi Hendrix. (...) Mais je dirais que la moitié de l’album est
constituée de versions que je ne connaissais pas. Et le son est très
bon. Certaines versions top vont hérisser le poil des fans. Il y a sur
à la Ventures et autres groupes californiens
et des reprises des Shadows, le tout fort bien
exécuté. Leur Bluey étant de fort bon aloi, il est
dommage qu’ils n’aient pas persévéré dans la
composition. Recommandé aux amateurs de
ces styles, en espérant voir l’autre CD resurgir
à son tour. (BB) www.theswagmen.com
3474 W 13th Ave, Vancouver BC ;V6R 2S1 (Canada)
MAD DOCTORS : Robots, Lasers, And
Disembodied Brains
Des têtes de vrais savants fous et pseudos à
l’unisson (Prof Friedrich
Schadenfreude, Dr Helmut
Pain et Snadian Brain !)
pour ce trio instrumental. La
pochette pourrait inciter à croire à une aimable
pantalonnade mais, une fois passés les
bruitages, les rires inquiétants, les annonces
parlées ou les petits dialogues au début de
certains morceaux, la musique est faite de
titres lents et menaçants en majorité, inspirés
par Link Wray et Dick Dale. D’autres sont un
peu plus Ventures. Du lot, je retiens surtout
Fallout et ses guitares galopantes, au rythme
Bo Diddley, le rockin’ surf Moon-based death
ray, le très menaçant Shamble, le guilleret
Bwa-ha-ha-ha !, Electro-shock rock aux riffs
bien R’n’R et Destroyer of worlds un peu à la
Hava naguila. Si on enlève le côté folklorique,
un morceau punk techno (?) et un autre avec
trop de dialogues, le reste est de la très bonne
musique instrumentale. (BB) 125-9700 Glenacres
Drive, Richmond BC, V7A1Y7 Canada
BONNEY & BUZZ : Play Rough
Les guitaristes britanniques
Bill Bonney et Pete “Buzz”
Miller, ex-Fentones et Peter
Jay et les Jaywalkers dans
les 60's, sont de retour sur
un 3ème CD pour Double
Crown,
ne
comportant
Le Cri du Coyote n°132 page 32
ARTiSTES DiVERS : Brave New Surf
Mis à part les Plagistes
qui chantaient de la variété
baptisée surf, mais qui
pratiquaient la planche,
les groupes instrumentaux
surf des débuts passaient
plus de temps en studio
que sur les flots. Nul besoin de posséder
une planche profilée pour créer des sonorités
évoquant la fureur des vagues. Il ne faut donc
pas chercher un rapport entre l’océan et les
20 groupes ou guitaristes actuels (de 2008 à
2011) qui figurent sur cette compilation, dont
certains n’ont jamais dû voir une mouette
de leur fenêtre. Ils viennent de Finlande,
Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Argentine,
Croatie, Suède, Italie, Alabama ou Austin. J’en
connaissais certains, j’en ai découvert d’autres.
Parmi mes préférés, figurent, dans des veines
différentes : Sea of glory (Los Twang! Marvels),
Washout (Aqualads), El palmero (Phantom
Four), 7 mares (Los Kahunas), Ewa on the
beach (Frankie & the Pool Boys), Estratosfera
(Thunderchiefs, groupe d’Austin avec Shaun
Young et Mike Guerrero aux guitares), Walking
tall (Eliminators), Karabasan (Deadbeats). Le
reste n’est vraiment pas mal non plus. Non,
le rockin’ surf instrumental n’est pas mort, il
bande encore ! (BB) Double Crown
PO Box 4336, Bellingham WA 98227-4336
que des originaux. Wounded Knee évoque
l’atmosphère du lieu du massacre des Sioux
de Big Foot en 1890. Jungle surf et The hunter
rockent bien, Mystery surfer, Deep sleep et
Low rider sont des ballades plus relax. Devil’s
slide a des riffs plus menaçants, Rampant est
presque du hillbilly boogie et Eternal surf une
ballade plus moderne. Encore une réussite du
duo. (BB) Double Crown, PO Box 4336
Bellingham WA 98227-4336
DiSQU'AiRS
-tout des morceaux dont on a restitué la section rythmique originale,
qui avait été ôtée sur les albums sortis du temps où Alan Douglas
gérait l’héritage (jusqu’en 1995). (...) Mais au fond, le mystère
reste entier : on ignore à quels projets étaient destinés tous ses
enregistrements. (...) Mes morceaux préférés : Hear My Train a
comin‘ et surtout Mojo Man car je n’en connaissais que 90 secondes
et cette version là est très roots, la prise est restituée dans sa
version originale brute. Le grand public ne l‘a jamais entendue. (...)
Intéressant et totalement inédit, Let Me Move You, un titre rock-soul
un peu R&B, une sorte de longue jam avec le saxophoniste Lonnie
Youngblood datant de 1969, que Jimi avait croisé au début de sa
carrière.“ (Album à paraître en ce début d‘année).
TRUCK STOP RULES : On the Rock
Trois ans après On Track, CD remarqué où
brillait déjà une belle virtuosité instrumentale,
avec 9 compositions sur 10 titres, Sébastien
Douzal (guitares électriques et acoustiques)
Marc Raynaud (guitare acoustique) François Virlogeux (basse) et Vivian Peres
(batterie) reviennent en pleine forme, dans
la foulée bienfaitrice d‘une expérience
accrue lors de concerts et de participations à de grands festivals.
L‘album comporte 10 titres originaux, à nouveau composés par
Marc Raynaud ou Sébastien Douzal pour cet engagement "sur
le rock", qu‘il faut entendre comme un choix dans le genre sur le
plan musical, même si la plupart des textes (inclus dans le livret)
pourraient aussi correspondre à l’univers de la country : un langage
simple et direct, avec ce qu‘il faut de vague à l‘âme, de souvenirs
d‘enfance, d‘injustice liée à la pauvreté, de solitude, d‘amour rêvé
ou expérimenté, d‘espoir de gloire, et même un bord de mer (et de
surf) pour ces méditerranéens. Au passage, on retrouve Laurent
Béteille (des Nashville Cats) au banjo sur From Dublin To Deep
Gap, en hommage à Doc Watson, seul lien musical plus "country".
Les tempos mériteraient un peu plus d‘amplitude ou de variété, mais
l‘unité de ton semble avoir été privilégiée. Les voix sont honnêtes.
Elles passent mieux à mon goût sur les morceaux rapides et
dans des harmonies efficaces pour cette musique directe et qui
"pulse". Les interventions instrumentales et les arrangements sont
en revanche plus remarquables, avec, cerises sur la galette, les
éclats de Telecaster qui éclairent plusieurs titres d‘agréables solos
et un instrumental. De quoi confirmer la montée en puissance de
ce groupe dans cette option musicale rock et de quoi satisfaire bien
des festivals et une bonne partie des amateurs coyotesques. (JB)
TOM McRAE : From The Lowlands
Le défi pour Tom McRae était de tenir seul
la scène pendant 1h30 avec sa guitare et
ses ballades qui pourraient endormir dans
la tiédeur diffuse d'une salle de concert.
L'anglais s'en en extrêmement bien sorti.
Sans utiliser d'artifice piteux du genre
"Vous allez bien ? je n'ai rien entendu,
vous êtes tous là ?" mais au contraire,
en parlant doucement, en racontant, parfois en français et plus
souvent en anglais, mais en faisant attention à parler lentement
pour être compris du plus grand nombre, Tom a réussi à instiller une
ambiance de veillée devant pas loin de 300 personnes. Il a parlé
de sa maison de disques qui l'avait empêché de jouer quelques
années auparavant au Transbordeur en annulant son concert au
tout dernier moment ; il s'est d'ailleurs excusé auprès de ceux qui
s'était déplacé pour rien et les a remerciés d'être venus à Feyzin.
Il a parlé de sa rencontre avec Bashung dont il a repris La nuit
je mens. Il a réussi à faire chanter la salle à plusieurs reprises
et quasi naturellement. Il a parlé de son dernier disque qu'il s'est
finalement résolu à éditer en auto-production pour éviter d'avoir à
se faire imposer des choix artistiques qu'il n'a plus envie de subir
et du contenu de ces nouvelles chansons. La plus marquante est
sans doute All that's gone dans laquelle il s'excuse de ne pas être
mort jeune de manière excentrique ni d'avoir rompu avec ses amis
comme une star digne de ce nom mais d'être resté lui-même au long
de ses 25 ans de carrière. Il y a eu des hauts lors de la sortie de son
tube She cut her hair en 2000 et de sa première tournée en France.
La période actuelle serait plutôt en demi-teinte car son seul moyen
de partir en tournée est de le faire seul, son tourneur ne croyant
plus à sa capacité à attirer du monde. Il dit avec humour : "Ce sera
grace à vous si je reviens en France avec un groupe en 2013".
Les chansons de Tom McRae ont une âme et il les chante avec
intensité. La tristesse affleure mais l'énergie est toujours présente.
Ses chansons demandent un peu d'attention que l'auditeur impliqué
ne regrette jamais. Sa voix est son atout n°1 : une voix chaude
et prenante qui arrive à passer dans les aigüs avec une maîtrise
étonnante. Attention, ce n'est jamais du Bee Gees : il y a de l'aigü
mais avec son lot de tripes garanti. La musique proposée lors de
ses récents concerts correspond à cet album dépouillé et intègre,
remarquable de classe et d'authenticité. Je laisse une de ses fans
conclure : "Sa voix me transporte au bord du vide, sur le rebord du
monde, aux confins d'émotions oubliées". (CL) www.tommcrae.com
www.truckstoprules.com (06 09 61 65 18).
PLATiNE PLUS
CASSiE TAYLOR : Blue
Si j’ai été plus que convaincu par sa prestation
sur le CD The Bluesmasters Vol 2 (voir Crock 'n'
Roll), ce 1er CD solo me laisse perplexe, car le
style musical est totalement différent : ici, pas
de rockin’ jumpin’ R’n’B, mais une douzaine de
ballades ou medium, soit variété sauce Chris
Isaak, soit cabaret bluesy ou variété, soit pop
rock. Dans le lot, ont intéressé mes oreilles la
ballade Americana variété Memphis, ainsi que
Spoken for, ballade bluesy et Haunted, ballade
medium cabaret bluesy. (BB) Hypertension distr.
Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
ARTHUR ADAMS : Feet back in the door
Like only she can do
Ce CD simple (deux titres) conviendra mieux
aux amateurs de soul/ R’n’B des 60's qu’aux
vieux rockeurs. (BB) c/o Frank Roszak Prod.
7400 Sepulveda Blvd #330, Van Nuys, CA 91405
JOHN FRiES : US 50
Originaire de New York, ce chanteur/
compositeur qui mène le trio Heat, propose un
CD 7 titres de ballades variété teintée de rock,
de style Chris Isaak, Americana rock bluesy
ou Americana plus country, comme US 50,
le meilleur titre du lot, très harmonieux. Les
amateurs de ce style de musique d’écoute
agréable y trouveront assurément leur content,
les autres passeront leur chemin. (BB)
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
DAViD MAXWELL : Blues In Other Colors
David est un pianiste dont le jeu s’inspire
énormément des musiques d’Inde et du
Moyen-Orient. Il fait ainsi appel, pour ce CD, à
Harry Manx au mohan vina, à Jerry Leake aux
tablas et au balafon, au Marocain Boujemaa
Razgui au oud et au raïta, ou à Fred Stubbs à
la flûte turque. Cela donne, à mes oreilles, des
instrumentaux style musiques du monde ayant
un vague rapport avec le blues, hormis Crying
the blues et Just the blues, qui en sont plus
proches. (BB) Mark Pucci Media, adresse ci-dessous
CLAUDE HAY : I Love Hate You
Si on admet que les Rolling Stones font du
R’n’R, on peut penser que ce compositeur/
musicien/ chanteur australien fait du blues.
Pour ma part, ce qu’il fait relève d’un mé-lange
rock/ pop rock/ variété/ bluegrass/ gospel assez
indéfinissable, parfois proche, justement, de ce
que font les Stones depuis un bout de temps.
Pas ma tasse de thé... (BB) c/o Mark Pucci Media,
5000 Oak Bluff Ct Atlanta GA 30350
NO REFUND BAND : The No Refund Band
Ce sextette, dont Ricky Jackson (vo) et Mike
Crownover, ce dernier sans soute apparenté à
Sunny (voir Disqu’Airs) propose un 1er CD qui
n’est pas pour les rockeurs. Ils n’y trouveront
que le rockin’ R’n’B Top side et une reprise
de Never been to Spain assez rockin’ R’n’B
Le Cri du Coyote n°132 page 33
à se mettre dans l’oreille. En revanche, les
amateurs de blues rock/ R’n’B funky, de soul
(Just to be blue, bonne ballade en duo avec
une fille) et de variété (plutôt qu’Eleanor Rigby,
je préfère le rugby) y trouveront leur compte.
(BB) Frank Roszak Productions, cf adresse plus haut
THEA HOPKiNS : Lilac Sky
Six titres sur le 3ème CD de cette chanteuse
des environs de Boston (j'écris Boston car
c'est plus facile à écrire que Massachusetts).
Il y a de bons musiciens et un bon groove
mais indépendamment des chansons (4
compositions sur 6), la voix de Thea est vraiment
très particulière et l'humble Coyauteur peine à
faire une critique objective avec cette voix de
gorge bizarre dans les baffles. On va quand
même souligner qu'elle a gagné un concours
d'auteur compositeur et que Peter Paul & Mary
ont repris une des ses chansons. Chacun sa
tasse de théa ? (CL) www.theahopkins.com
LUKE POWERS : Memphis Mermaid
Le 5ème CD de ce natif de Nashville ne contient
pas moins de 17 chansons. Accompagné par
un groupe complet, Luke passe de la country
au train song, de la ballade au honky-tonk avec
une petite valse sans jamais se départir d'un
son homogène et bien calibré. Le résultat est
propre mais n'arrive pas du tout à déclancher
un début d'hystérie, peut-être la faute à un
certain formalisme, à la voix lead ou à l'intérêt
des compositions. (CL) www.phoebeclaire.net
Serge
MOULiS
Marc THOMASSET : SECOND WiND
Connaissant Slim Paddy –rencontré à La Lanterne, bar rennais ouvert à tous genres d'expression
scénique- par l'intermédiaire d'un ami musicien en diable qui m'avait présenté le CD enregistré
avec Chris Fons (Cri 116), j'ai écouté avec grand intérêt le CD de Second Wind.
La scène française des musiques puisant dans la mémoire des divers genres nés aux USA
est très riche, il est nécessaire d'être à l'écoute des représentants gaulois qui les font vivre,
comme Marc Thomasset. Interview
Peux-tu nous
présenter le groupe
et les musiciens ?
Second wind à été
créé par Vincent Andioc et moi au début
de 2010, pour mettre
en
musique
les
textes de Slim Paddy,
poète et écrivain
durant les 15 ans
de sa période newyorkaise. Le batteur,
Édouard Pournin, 29
ans, professeur de
batterie à Rennes,
joue au bagad de
Rennes et dans les
combos Sambre et Dan Alleman. Il nous
a rejoints juste avant l'enregistrement. A
l'orgue et au piano, Vincenzo de Gregorio,
alias Enzo Napolitain, 34 ans, a rejoint le
groupe par l’intermédiaire de Slim, qui
avait enregistré le disque Slim Paddy and
the Wilcats. Comme chanteur, Slim Paddy,
54 ans, écrivain et poète harmoniciste, tu
connais son parcours : il rencontre en 2008
Vincent et moi, dans le groupe A Little Beat
Blues Band, dont ils font toujours partie. A
la guitare, Jano Eynard, 64 ans, guitariste
professionnel : il quitte la France en 1967
pour l’Angleterre où il vit pendant 12 ans,
puis aux USA pendant 4 ans. Jano a
partagé la scène avec Popa Chubby, Patrick
Verbecke et plein d’autres. Vincent Andioc,
46 ans, excellent guitariste de blues dont
le parcours est lié de près au mien, monte
Greg Dollar Blues Band en 2004, qui devient
A Little Beat Blues Band, groupe qui tourne
toujours et qui vient de décrocher le second
prix du tremplin blues de Jazz à Vannes,
avec le Greg Miller Band composé de Greg
Miller au chant et harmonica, John Barrett à
la batterie, Vincent Andioc à la guitare et moi
à la basse : Marc Thomasset donc, bassiste,
mais aussi guitariste, pianiste, harmoniciste,
joue en solo et monte mon premier groupe
garage à 25 ans, les Flagrandélires, comme
bassiste chanteur. J’ai fait aussi beaucoup
de musique traditionnelle du sud-Manche,
où je résidais à l'époque. Patrick Lecoq,
accordéoniste avec qui j’ai partagé durant
une dizaine d’années les planches du
groupe théâtral Élan Artistique, puis l’amour,
la famille, etc. Jusqu'à
ma rencontre avec
Vincent Andioc...
Comment
travaillez-vous ?
répétitions, scènes,
enregistrements...
Patrick Lecoq est
un ami de longue
date. Son influence
sur la musique traditionnelle est très
importante et s’étend
jusqu'à Caen, avec le
groupe Mes Souliers
Sont Rouges, dont on
connait très bien le
contre-bassiste Denis
Lefrançois. Pour l’instant, nous n’avons fait
que deux scènes, ce qui est très pauvre. Pour
l’enregistrement de Cheap Love Motel, on a
répété tous les 15 jours, en acoustique chez
moi, le samedi : on présentait les morceaux
qu’on voulait jouer ou explorer. Slim Paddy
cherchait les textes les mieux appropriés à
la musique. Par exemple, après avoir écrit
la musique de A Night Of Serious Drinking,
qui pour moi est un riff guitare qui en dit long
sur certains de mes excès, Slim avait dans
ses cahiers l’histoire de ce couple "déjanté"
qui fait une descente dans les bars de
Manhattan et qui
finit par se foutre sur
la gueule tellement
ils sont bourrés.
L’histoire du texte
épouse la musique
de ce morceau comme le gant de soie
sur la main d’une
chanteuse de jazz.
Le plus incroyable,
est que ce texte et
cette musique on
été écrits la même année à 2000 km de
distance! Pour Rock-A-Billy Baby, un matin,
au petit déjeuner, je lui présente la musique
et Jano a écrit les paroles sur le vif en 20
minutes. Nous voulions une ballade... un
soir, en préparant le diner des enfants, j’écris
sur le dos d’un faire-part de mariage, la
musique de City Light que Jano a remaniée
un peu pour des raisons de cohérence avec
le texte de Slim. Et, le dimanche, on allait
Le Cri du Coyote n°132 page 34
les essayer en studio en électrique. Avec
l’enregistrement du disque, il nous a fallu 62
jours, en partant de zéro, d’où l’ intérêt pour
nous de trouver un label afin que l’on puisse
faire d’autres disques !
Comment une joyeuse équipe aussi
diversifiée choisit-elle ses thèmes ?
Il n’y a pas vraiment de sujet de prédilection.
Nous écrivons tous de la musique et quand
l’un de nous présente un morceau, Slim
décide du texte qu’il va y mettre dessus, il a
recours à ses carnets de notes et, parfois,
change un peu les paroles afin que cela colle
mieux au riff. Les sujets sont très variés,
entre société, rapport homme-femme...
mais pas de politique ni d'écologie. Slim
écrit ses textes au gré de ses rencontres,
tout comme nous écrivons les musiques au
gré de notre vécu. Par exemple, Vincent,
qui a beaucoup souffert d’une séparation,
a écrit la musique de I Thought You Loved
Me et Slim, connaissant bien son histoire, a
écrit un texte spécialement pour ce morceau
tout à fait génial. Là, on est en plein dans du
Otis Redding !
Quel a été l'accueil à votre CD ?
Quelle a été la démarche pour sa
fabrication, la distribution, la promo ?
En créant Second Wind, nous avons pensé
que, pour faire des concerts et démarcher
des labels, un CD aiderait à asseoir notre
crédibilité. N’ayant
aucun budget, on
est allé présenter
le projet à Ted
Beauvarlet, qui est un
ancien guitariste de
Slim et responsable
du studio La Licorne
Rouge : il a accepté
le projet, en nous
faisant un prix pour
l’enregistrement
et le mixage. On a
raclé les fonds de tiroir Vincent et moi. Nous
sommes rentrés en studio pour cinq jours et
Ted a été obligé de le fermer à sa clientèle
pour nous accueillir. Il n’est pas possible
d’enregistrer un album comme Cheap Love
Motel dans un studio occupé par plusieurs
groupes et surtout nous voulions le faire
d’une seule traite. Ce sera la même chose
pour le suivant, dont l’écriture est presque
finie Le plus dur, c’est de trouver les fonds
soit environ 10 000 euros. L’accueil des
labels pour la distribution (Virgin, Because
Music et Musicast) a été quasi nul, le seul
qui m’a répondu c’est Musicast, qui ne veut
pas nous distribuer parce qu’on est pas
assez connus. Jano et Slim en ont envoyé
de leur coté, sans écho. Nous allons donc
nous orienter vers les concerts en espérant
nous faire remarquer et faire découvrir notre
démarche artistique. Nous n'avons aucun
recul sur l’impact de notre musique sur
un large public. Nous savons que Second
Wind se situerait dans le sillage de Grateful
Dead, sachant que nous sommes capables
de jouer aussi bien des ballades, du blues,
du rock, de la soul et même, du garage...
Ce qui est sûr, c’est qu’il est difficile de Slim Paddy : vo + harm, Jano Eynard : vo + gtr
faire la promotion d’un album auto-produit
Vincent Andioc : gtr, Marc Thomasset : bss
et que Second Wind a un besoin urgent de Enzo de Gresorio : key, Edouard Pournin : bat
trouver une personne pour travailler sur la
promotion du groupe !
morceaux. Je pense que Second Wind a
C'est en quelque sorte une "galère",
plus d’avenir à l’étranger qu’en France,
même si vous vous y retrouvez en
nous sommes en attente de réponse de
terme de plaisir de jouer et de fierté
labels anglais et allemands.
d'aller au bout de vos rêves.
Tu me dis que votre prochain album est
Pas de trop grande disparité dans les
quasi-terminé : c'est pour quand ?
ressentis de chacun ?
Pour l’instant nous sommes obligés de
Nous sommes tous d’âge mûr et nous le mettre en attente pour des raisons
prenons cela comme ça vient, nous de budget d’enregistrement. On espère
sommes patients et confiants en l’avenir en vivement que quelqu’un s’intéressera à
espérant un jour pouvoir sortir la tête hors notre projet afin de nous permettre de
de l’eau, pas pour la gloire et la postérité réaliser ce deuxième album qui sera un peu
mais juste pour continuer notre démarche plus rock que le premier. Il nous reste trois
artistique à travers d’autres albums. Les choix de morceaux à trouver. Nous sommes
musiciens se croisent, se quittent et se quatre à écrire avec, dans nos tiroirs, au
retrouvent. Certains changent de pays, voire moins une vingtaine de compos qui trainent
de continent ou même de planète, puis se depuis 30 ans ! Enfin, Second Wind a une
croisent à nouveau et cela fait Second Wind énorme capacité créatrice, donc avis aux
: le rock est la fontaine de jouvence qui lecteurs, qui peuvent déjà écouter quatre
nous donne notre éternelle adolescence, morceaux sur youtube. Si nous avions le
tout cela avec la foi des bluesmen qui fait budget maintenant, nous serions en mesure
que nous y croyons...
de sortir un album fin 2013 ou début 2014.
Tu m'as dit que votre travail n'amenait
Vos familles sont-elles impliquées dans
pas à la politique dans vos textes.
votre aventure musicale ?
Mais les changements des politiques
Je ne sais pas pour Édouard qui va
culturelles ont-ils eu un impact sur
bientôt être papa pour la seconde fois, sa
votre pratique musicale depuis le début
femme est professeur de musique, donc
des années 80 ?
elle est forcément impliquée, affectivement
Non, les changements politiques n'ont du moins. Slim et Enzo sont célibataires,
aucun effet sur la vie du groupe ou sur sans enfant. Jano a une fille mais elle n’est
l’organisation de la
pas impliquée dans
musique en général
le groupe. Quant à
dans notre pays, parce
Vincent et moi, c’est un
que les gouvernements
peu différent, puisqu’on
se suivent et se ress’est connus grâce à
semblent tous dans la
nos enfants qui étaient
politique culturelle ou,
dans la même classe.
plutôt, dans la nonIl y a 8 ans Vincent
politique
culturelle...
ramène un de mes
étant donné que ce
fils à la maison après
sont bien les banques
un anniversaire : les
qui gouvernent tout le
enfants filent jouer,
monde. Nous aurons
Virginie, ma femme, le
d'ailleurs un morceau
fait rentrer et il aperçoit
abordant ce sujet dans le prochain album. au salon mon Bassman Fender de 1966, qui
Tu l’as bien compris, Second Wind veut être est toujours mon ampli de scène. Virginie
politiquement correct, mais il suffit d’une lui explique que j’en suis le propriétaire
petite étincelle pour que tout s’embrase : mais que j’ai raccroché avec les groupes
c’est déjà arrivé sur scène avec moi. Sur de rock, pour des raisons de temps, de
la pratique ou l’influence musicale par groupe, etc., mais que je continue en solo.
rapport à la politique, je pense que Jano, J’arrive dix minutes plus tard, la discussion
qui est l’éminence grise du blues en France s’étale jusqu’au dîner, où il me demande
(quand on connait son CV !) n’a pas eu de monter un groupe de blues. Moi, très
énormément d’influence, étant donné que le méfiant, je lui colle ma guitare folk dans les
blues est une musique intemporelle. Et c'est bras. Il me joue plusieurs titres de Stevie
sans doute la même chose pour Vincent. Ray Vaughan et je lui dis "oui" : c’est ainsi
Patrick, lui, il préparait son départ pour les que tout à commencé. Quant aux enfants,
USA. Quant à moi, j’ai suivi le mouvement ils vivent cela très bien, jouant dans les
punk, avec les Clash ou les Ramones, cela backs-stages, parfois sur scène pendant
s’entend parfois dans l’écriture de certains les balances. Pour l’anecdote, nous avons
Le Cri du Coyote n°132 page 35
fait l’ouverture des 30 ans des Twins dans
le Sud-Manche. Après notre concert, les
enfants se sont installés au pied de la
scène des Souliers Sont Rouges et, quand
leur concert à commencé, les minots se
sont mis à pogoter. C’est Denis Lefrançois,
contre-bassiste-chanteur, qui les a extirpés
de la fosse pour les mettre sur scène, où
ils ont assisté à tout le concert, allongés
devant les retours. Ma femme est forcément
impliquée dans le groupe puisque toute
les répétitions se font chez nous, ce qui
veut dire dix personnes à table tous les
quinze jours... pas facile. Je la remercierai
jamais assez, sans elle, je n’aurais pas pu
poursuivre cette aventure.
N'auriez-vous pas la possibilité de
proposer un travail commun à d'autres
musiciens pour mettre en valeur
vos compétences et vos réseaux ?
Je ne sais pas ce que pensent les autres
mais, partager la scène ou une tournée
avec un autre groupe... pas de problème.
Par contre, travailler en studio avec un
autre musicien, je n’en vois pas l’intérêt
pour Second Wind. Faire des échanges
de contact, pas de problème, nous restons
toujours très attentifs à nos confrères et
restons ouverts à toutes propositions.
Quelque chose à ajouter pour le Cri ?
Oui, d’abord te remercier, Serge, pour
ton travail de contact. Grâce à toi, j’ai lu
pour la première fois une partie du Cri du
Coyote, au début de cette interview, et je
me suis vite rendu compte qu’il faut le lire
avec son ordinateur portable à coté de soi,
afin de mieux découvrir tous les groupes
dont il parle ! C'est une véritable revue
d’information culturelle musicale et il est
dommage qu’elle ne soit pas plus reconnue,
mais la véritable escroquerie du rock ’n’ roll
vient bien de la pauvreté de la politique
culturelle en France... ©
CROCK & ROLL
ARTiSTES DiVERS : The Bluesmasters Vol 2
Suite au premier volume
de 2010, un franc succès,
le guitariste Tim Tucker a
remis sur pied un groupe
pour
rendre
hommage
aux disparus (du moins à
certains, la liste est trop
longue) du blues. Cette fois, on trouve au vocal
Hazel Miller, Mickey Thomas et, surtout, la
bassiste Cassie Taylor, ici bien dans la lignée
des LaVern Baker/ Ruth Brown. D’ailleurs
les trois filles sont essentiellement dans une
mouvance jumpin’ rockin’ R’n’B, bien soutenues
par l’excellent harmoniciste Doug Lynn et avec
le superbe piano du regretté Pinetop Perkins
et la guitare d’Hubert Sumlin, tous deux
décédés fin 2011, sur certains morceaux. En
revanche, la présence de l’orgue sur I just
wanna make love to you édulcore le morceau,
qui devient plus une bluette qu’autre chose,
de même que la guitare d’Eric Gales est trop
moderne, brouillonne et son vocal ne convient
pas trop à Fine Cadillac, sur lequel il aurait
mieux valu laisser Cassie seule. Uniquement
des reprises très convaincantes, dont celles
de Bring it on home to me, Talk to me baby, Big
boss man, Little red rooster ou Get me a car
au rythme un peu néo-orléanais funky. Outre
I just wanna make love to you, la compilation
comporte deux autres ballades, excellentes
celles-là, Same old blues, de la soul et Honest
I do repris sauce un peu swamp pop, avec un
harmonica qui sonne très saxo. Ce deuxième
volume sera certainement aussi bien reçu que
son prédécesseur. Direct Music
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
WiLD BOB BURGOS & HOUSEROCKERS :
Real Gone Rockin’
D’accord, il n’est pas nanti
d’une voix très mélodieuse,
c’est le moins qu’on puisse
dire, mais on s’y est habitué
depuis le temps et, d’ailleurs
est-il besoin d’être un maître
du bel canto pour chanter du rock’n’roll ? Car,
tordons le cou une bonne fois au fait que les
groupes anglais des années 1970 faisaient du
rockabilly. Ceux dont Bob fit partie à l’époque,
les Savages de Screamin' Lord Sutch, les
Wild Angels, les Houseshakers ou Matchbox,
nous offraient du rock’n’roll et il continue de
le faire, la présence de saxo et piano dans
l’accompagnement en atteste d’ailleurs. Cet
accompagnement, crédité aux Houserockers,
varie suivant les lieux d’enregistrement
dispersés et étalés entre 2002 et 2011. Cela
s’entend aux prises de son qui fluctuent
d’un titre à l’autre. Tous les titres sont des
compositionsitions de Bob, à qui on peut juste
reprocher un certain manque d’imagination
pour les mélodies, mais pas de conviction. A
mes vieilles oreilles, ce sont les morceaux avec
piano et saxo, comme Loonabilly rock’n’roll ou
We’re gonna boogie et les deux instrumentaux,
Halcyon harvest et Twango, qui remportent la
palme. www.tcy-records.com
TCY, Im Haufland 23, 8627 Grüningen (Suisse)
TWO-BONES : Cruisin’ Down To Louisiana
Si le rockabilly est habituellement interprété par
des trios, ils ne sont ici que
deux Helvètes, de Zürich,
le chanteur/ guitariste Chris
Helbling et le contrebassiste
Beat Eck pour ce faire.
Et ceux qui douteraient encore de que le
rockabilly est essentiellement une musique
acoustique et que point n’est besoin de jouer de
la guitare plus vite que son ombre ou de taper
sur une batterie comme si sa vie en dépendait
en seront pour leurs frais. Tout au long des
19 titres, dont 3 compositions de Chris, dont
deux figurent sur son album solo de 2004, on
retrouve l’ambiance des enregistrements Sun
d’Elvis, dont on retrouve quelques-uns ici, plus
quelques titres plus R’n’R qui passent très
bien avec accompagnement minimaliste (le
superbe vocal presleyien d’Hebling y est pour
beaucoup), comme One sided love affair, Poor
boy, Paralyzed, mes préférés avec la reprise de
Blue days, black nights. L’absence de guitare
solo fait quand même bizarre sur certains
titres, comme Lotta lovin’ ou Boppin’ the blues,
tellement on y est habitué. Recommandé
aux amateurs de rockabilly classique, sans
fioritures. Rocking Flag 215, www.tcy-records.com
distr TCY, Im Haufland 23, 8627 Grüningen (Suisse)
MEMPHiS GOLD : Pickin’ In High Cotton
Qui se cache derrière cet
Or de Memphis? Chester
Chandler, né à Memphis en
1955, treizième enfant d’une
fratrie de quatorze. Son
père, musicien, l’initie à la
guitare dès ses 4 ans et il se
produit dès 8 ans dans la célèbre Beale Street.
On le retrouve ultérieurement, après l’armée, à
Washington, puis dans le groupe de tournée de
Deborah Coleman. En 1998, il sort son premier
CD, qui sera suivi de 3 autres, dont celui-ci est
le dernier en date, avec une dominante rockin’
blues medium du Delta, qu’il maîtrise bien. On
ne peut que regretter qu’il n’y ait que trop peu
de morceaux enlevés, comme les bons jump
blues Biscuit boogie, l’instrumental Back porch
Tennessee et Mississippi flatlands.
Stackhouse, distr. Blind Raccoon, PO Box 40045,
Memphis TN 38174 et www.blindraccoon.com
ELECTROPHONiCS : Talkin’ About
Vous aimez Louis Jordan,
Louis Prima, le saxophone
joué façon 50's ? Danser ?
Les Néerlandais Stephan
Hermsen (voc, gtr), Ronald
Roodbol (cbs), Peter Stienen
(bat), Ivo Sieben (pno, org),
André de Laat (sax tén) et Evert Hoedt (sax
bar) vont vous faire passer un joyeux moment.
Il s’agit de leur quatrième CD, après Feels Like
A Million (2006), Catch That Swingtrain (2007),
Little A Lot (2009). Tous les bons ingrédients
du rockin’, swingin’, jumpin’, jivin’ rhythm and
blues sont là et bien là sur les morceaux où
l’orgue ne noie pas les sons, ce qui rendent
l’ensemble un peu inégal, avec un instrumental
variété en sus. Au moment du choix des titres à
mettre en exergue, je me suis décidé pour les
plus enlevés et dynamiques : Mr. Francesco,
You make me nervous, Si! Si! Si !, I'm in the
mood et You make me feel. Débarrassés
de ces quelques scories, ils seront encore
meilleurs. Retro Swing1210, www.electrophonics.nl
J.P. REALi : The Road To Mississippi
Il s’agit du troisième album
de ce chanteur/ guitariste
acoustique, qui s’inscrit
dans la tradition des Son
House et Skip James,
auquel Mark Wenner, des
Nighthawks, donne un coup
de main à l’harmonica sur certains morceaux.
Dommage qu’il manque un peu de rugosité
dans le vocal pour coller à ce style, ça viendra
sûrement avec l’âge. Les deux instrumentaux,
Prelude et Coda, qui ouvrent et ferment le CD
sont très brefs et servent juste de mise en
bouche et de coup de l’étrier à un ensemble
dépouillé, hormis Bloozin’ in NYC et sa guitare
frémissante, rockin’ blues plus électrique.
Le Cri du Coyote n°132 page 36
Bernard
BOYAT
ARTiSTES DiVERS
First Came Memphis Minnie
C’est Maria Muldaur qui
est à l’origine de cette
compilation consacrée à son
héroïne Memphis Minnie,
une des premières artistes
de blues à passer à l’électrique en 1942.
Maria y a inclus des titres d’elle déjà parus, de
nouvelles reprises de Rory Block, Ruthie Foster
et Bonnie Raitt, ainsi que des enregistrements
classiques de Koko Taylor et Phoebe Snow.
Pour ceux ne connaissent pas Minnie, voilà
une occasion rêvée de découvrir son œuvre,
dont le célèbre Me and my chauffeur blues, ici
par Maria avec Roy Rogers à la guitare dans
une version dépouillée, comme When you
love me (Rory Block). Les autres excellents
moments sont Ain’t nothin’ in ramblin’ (Bonnie
Rait & Steve Freund) et Crazy cryin’ blues (M.
Muldaur), qui rockent bien, Long as I can see
you smile (M. Muldaur) et son parfum ragtime,
Lookin’ the world over (M. Muldaur), dont la
mélodie rappelle Milk cow blues. Le reste n’est
pas mal non plus. (BB)
Stony Plain, distr Mark Pucci Media, 5000 Oak Bluff Ct
Atlanta GA 30350, www.markpuccimedia.com
Quelques morceaux sont plus ragtime. Les
titres marquants sont Jefferson lament, un
vieux holler où guitare et vocal se répondent
et The road to Mississippi, très dépouillé, qui
rocke quand même.
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
HANS THEESSiNK & TERRY EVANS : Delta Time
Hans, chanteur/ guitariste/
banjoïste/ mandoliniste/ harmoniciste néerlandais, né
en 1948 et installé à Vienne,
Autriche, s’associe ici à Terry
Evans pour un album mêlant
titres enlevés, relax et
ambiance gospel, créée par le soutien d’Arnold
McCuller et Willie Green (autre chose que
les choeurs glapissants de fausses vierges)
sur une douzaine de reprises de classiques.
Côté relax, on notera les interprétations de
Blues stay away from me ou Honest I do. Côté
enlevé, ce sont How come people act like
that, The birds and the bees, I need money
et Mississippi qui retiennent l’attention. Enfin,
côté ambiance gospel, la palme revient à Delta
time, Build myself a home, Shelter from the
storm et Heaven’s airplane.
Blue Groove, Frank Roszak Prod., 7400 Sepulveda Blvd
# 330, Van Nuys, CA 91405, www.roszakradio.com
BOPCATS : 25 Years Of Rock'n'Roll
Les Bopcats de Richmond,
à ne confondre ni avec les
Australiens du même nom,
ni avec les quatre groupes
de Bop Cats, ont été
formés, dans les 80's, par
le chanteur/ guitariste Lindy
Fralin (ex-Fralin Pickups) et ses frères John
et Gary. De nos jours, ils comptent en leurs
rangs Lindy Fralin (voc, gtr), Paul Hammond
(voc, bat) et Steve Hudgins (voc, bs). Ils ont
sorti deux albums lors de leurs débuts, puis
se sont cantonnés dans le circuit des bars
locaux, n’éditant plus que des maquettes
promo ou des autoproductions. Extraits de
leurs archives, les 17 titres, dont nombre
d’originaux, présentés ici sont une sorte de
résumé de leur carrière. Ceci amène à mettre
en question l’étiquette rockabilly qui leur a été
collée. Car, de rockabilly, il n’y en a guère,
tout juste Wheels of mine. En revanche, on y
trouve du bon R’n’R : All I need, un peu à la At
the hop, Crazy lil’ baby, Jenny Jenny ou On a
roll à la Jerry LeeLewis. Ils font aussi de
bonnes reprises de Who drank my beer (Dave
Bartholomew), Red Cadillac (Bob Luman),
Marie Marie (Blasters), Get rhythm (Cash) et
Race is on (George Jones). Outre un country
rock Americana qui passe bien, ils devient
vers le rock ou la variété sur une poignée
de morceaux, ce qui fait qu’il y a à boire et à
manger là-dessus.
Eller Soul, Frank Roszak, cf adresse ci-dessus
MUDDY WATERS : King Of The Chicago Blues
Vol 2 1951 - 1961
Après un premier coffret
(FA 266 ) consacré à la
décennie 1941/ 1950, celle
des débuts de Muddy,
Gérard Herzhaft présente
une anthologie dédiée à la
décennie suivante. La première réflexion qui
m’est venue à l’esprit est la suivante : trois
CD pour dix ans de la carrière d’un géant,
c’est dérisoire quand on voit ce que sortent
les artistes actuels, qui ne lui arrivent même
pas à l’orteil (la cheville est trop haute !), pour
lesquels nous aurions droit au triple pour la
même durée. Cette remarquable (pléonasme
lorsqu’on parle de Frémeaux) réalisation est,
de surcroît, nantie d’un livret de l’ami Gérard
tel que je les conçois : clair, net et précis, à
la portée de tous, expliquant simplement le
passage de Muddy d’une musique rurale du
Delta avec accompagnement restreint à un
blues musclé et électrifié avec groupe complet
dès 1953. De plus, cerise sur le gâteau, on
a droit à une photo d’un Gérard jeune en
compagnie de Muddy. Les amateurs de blues
et des racines du R’n’R (Mannish boy, Baby
please don’t go, Hoochie coochie man, Got
my mojo working et j’en passe) seront déjà
familiers avec les titres de la période et se
régaleront à leur écoute. Bravo et merci Gérard
et Frémeaux. www.fremeaux.com
Frémeaux, 20 rue Robert Giraudineau 94300 Vincennes
ELViS PRESLEY : Elvis Presley & The American
Music Heritage 1956-1957 Vol 2
Conçu de la même manière
que le vol 1, un coffret 3 CD,
avec des versions originales
ou marquantes des reprises
d’Elvis de la période, ce
qui permet d’intéressantes
comparaisons (à ce petit
jeu Little Richard est gagnant haut la main),
ce deuxième volume reprend le cours de la
carrière elvisienne après When my blue moon
turns to gold again. On y voit l’évolution du
King vers d’autres styles que le rockabilly, puis
le R’n’R pur et dur des débuts, le gospel, la
country, chansons de Noël ou variété. Compilée
par Bruno Blum, la sélection présente les
enregistrements de la période 1956-1957 et
Bruno signe un fort intéressant livret, dans
lequel il s’étend, de manière un peu itérative,
sur la société et le milieu musical américain
de la période. Même si vous possédez déjà
ces enregistrements, avoir la possibilité d’une
comparaison immédiate entre originaux et
versions d’Elvis est un incontestable plus. Qui
peut se vanter d’avoir aussi les originaux ou
les versions de Bernard Hardison (Too much),
Jane Froman (I believe, repris chez nous par
Mouloudji, Je crois en toi), David Hill (I’m all
shook up) ou Steve Gibson (Blueberry Hill) ?
Encore un incontournable. www.fremeaux.com
MiTCH WOODS :
Blues Beyond Borders
Live In Istanbul (CD & DVD)
Ce binôme CD/ DVD
présente le concert du bon
gros pianiste/ chanteur
Mitch, ancien des Lost
Planet Airmen de Commander Cody et à la
discographie déjà conséquente, enregistré
lors du festival blues parrainé par Efes
Pilsen (excellente bière du coin) à Istanbul,
RYAN CAiN & THE ABLES : My Pistol Rides Shotgun N’ayant plus entendu parler de lui depuis un premier album sur Wild Hare
en 2008 (Cell Block Blues), j’avais oublié son existence. Il se rappelle à notre
bon souvenir, avec un nouveau groupe. Exeunt les Chaotics, bonjour les
Ables, formés en 2011 (Matt Eakle, Gary Hamrick, Evan Jones). Ryan fait
toujours du rockabilly (dont un excellent Yes indeed à la Johnny Burnette sur
Train kept a rollin’)/ hillbilly bop, avec quelques titres qui s’en démarquent. Et,
comme pour les vins où je préfère très souvent les blancs issus de vignobles spécialisés dans
le rouge et l’inverse (les vignerons sont peut-être plus attentifs à ce qui sera surtout destiné à
leur consommation et à celle des gens du coin ?), ce sont ces morceaux qui ont ma préférence :
l’excellent hot rod semi parlé Haunted hotrod, le tout aussi excellent honky tonk enlevé Kiss and
make up another lie et, surtout, la ballade What’s happened to me, très Sanford Clark Le reste
est aussi très bon. 207 Ryder avenue, Clarksburg WV 26301, www.cainandtheables.com
Turquie. Les morceaux du CD et du DVD sont
identiques et, comme on pouvait s’y attendre
de la part de Mitch, relèvent, à l’exception d’un
blues lent, d’un solide rockin’ R’n’B/ R’n’R ou
boogie carré, parfois avec répons du groupe
et bénéficiant de l’excellent saxo d’Amadee
Castenell. Mis à part le morceau cité, le reste
est vraiment excellent, avec plusieurs titres
très néo-orléanais (Mojo mambo, Crawfishin’
ou Long, lean and lanky) et de très bonnes
reprises de Rocket 88 et House of blue
lights. Les quelques images du public sur le
DVD permettent de se rendre compte qu’il y
a peu de femmes, dont quelques-unes avec
des foulards (bizarre pour aller écouter la
musique du Diable…). Outre le concert, ce
DVD, conçu comme un documentaire pour le
public américain qui ne connaît pas la Turquie,
montre l’ambiance dans le car de la tournée
avec le groupe de Kenny Neal, aussi de la
fête, la vie en tournée, les paysages et la fête
nationale à Izmir. Vous pouvez vous passer de
l’aspect folklo-touristique et ne vous intéresser
qu’à la musique, qui vaut le déplacement.
VizzTone 8812, Mark Pucci Media, 5000 Oak Bluff Ct
Atlanta GA 30350, www.markpuccimedia.com
JACK BRADSHAW : Saturday Night
Jack est né en 1930 à
Scutty, Kentucky. Orphelin
très jeune, il est élevé
dans le Tennessee par des
parents. A la fin des 40's, il
travaille au Texas et c’est
à Lubbock qu’il forme son
premier groupe, le Tennessee Trio, au sein
duquel il tient la mandoline. Ils sont engagés
par le KSEL Jamboree, puis Jack travaille
dans le spectacle de Bill et Joe Callahan.
Déclaré inapte à l’armée, il part dans le nord et
s’installe à La Porte, Indiana, où il travaille sur
radio WLDY. Il commence à enregistrer pour
Harry Glenn dans le studio WWCA de Gary,
Indiana, en 1954. Il devient ensuite prédicateur
et enregistre des morceaux religieux sur
Christian Way, en chantant encore, à La Porte,
à 82 ans. Sa carrière discographique séculière
s’étale sur 6 ans seulement, de 1954 à 1960,
sur Mar-Vel (6 simples), Glenn (2), sa marque
Jack Bradshaw (1 et 1 super 45 t) et Decca (1).
La totalité de ces enregistrements, y compris
des inédits, a déjà fait l’objet, en 1983, du 33 t
Cowboy Carl CCLP 109 Jack Bradshaw Story,
que Bear Family reprend intégralement et avec
les morceaux quasiment dans le même ordre,
sur ce CD dans la série Honky Tonk Heroes, ce
qui permettra à ceux qui possèdent le 33 t, de le
laisser reposer. Musicalement, Jack colle avec
la country de son époque, entre l’avènement
du R’n’R et l’arrivée de la country variété de
Nashville. Pour ceux ne le connaissent pas,
il s’agit surtout de hillbilly enlevé, medium ou
plaintif, dont les titres-phares sont Don't tease
me, aux soli de guitare de Pappy Walters
très western swing et Searching, de honky
tonk, plus deux valses. Pour les amateurs
de rockabilly, ce sont les titres entre hillbilly
bop/ bluegrass et rockabilly, qui retiennent
l’attention : Joe-Joe, Saturday night special,
Naughty girls, Let's baby, My heart, my heart,
Flirting with me et Two rocka four. Bear Family,
PO Box 1154, 27727 Hambegen (All.)
Le Cri du Coyote n°132 page 37
BiLLY BROWN : Did We Have A Party
Comme certains lecteurs,
j’ai découvert Billy grâce
aux compilations Columbia
Rockabillies. Originaire de
Virginie Occidentale, sa
famille part en Floride, où
il apprend la guitare. En
1950, il signe chez Columbia. Appelé sous
les drapeaux en janvier 1951, il fait partie du
Théâtre aux Armées, récréant les troupes
à Camp Rucker, Alabama, animant aussi
une émission sur une radio locale. Libéré en
janvier 1953, il part en Orégon et Idaho. Il y
rencontre Hank Penny, avec qui il enregistre
une session partagée à Hollywood. Eté 1957,
il part à Atlanta, Géorgie, et rencontre Bill
Lowery, qui lui organise une session pour
Stars, début d’une courte période R’n’R/
rockabilly. Columbia réédite le simple et le
réengage. Il passe chez Republic en 1960.
Victime d’un accident presque fatal en 1961,
il devient prédicateur, avant de revenir à la
country en 1967. En 1969, il enregistre pour
Challenge, puis pour diverses marques (Chart,
Action, Stardom, M, Music Note) et se produit
dans les Sheraton Inn et Holiday Inn. En 1983,
victime d’une crise cardiaque, il abandonne la
musique et se reconvertit, vivant en Floride
jusqu’à son décès le 10 janvier 2009... C’est
un réel plaisir que d’avoir dorénavant tous ses
titres R’n’R/ rockabilly sur le même support,
qui contient aussi du teen rock, du hillbilly,
de la country nashvillienne (He'll have to go,
original du tube de Jim Reeves), un peu de
yodel, de ballade teen, le tout datant de 1950 à
1969 et provenant de chez Columbia, Decca,
Stars, Republic, Challenge, plus deux inédits
sur cette marque. Les morceaux d’intérêt
pour les rockeurs sont Flip out, avec les
Jordanaires en soutien, Run' em off, piqué à
Onie Wheeler, Meet me in the alley, Sally, It's
love, son célèbre Did we have a party, Next,
Don't hold back, Lost weekend, Look out heart
et Let there be love.
Bear Family, PO Box 1154, 27727 Hambegen (All.)
MARTY ROBBiNS : Rocks
On ne présente pas ici un
tel géant de la country, dont
la bio est dans le Cri. S’il a
obtenu le succès grâce à El
Paso, ses ballades western
ou sa country variété,
Marty a aussi enregistré du
rockabilly, du rock’n’roll, entre 1954 et 1956,
du teen rock et de la country plus musclée.
Son premier 33t Columbia, en 1956, le CL
2601 fut, d’ailleurs, titré Rock'n' Roll'n Robbins.
Les 29 titres de cette compilation en incluent
la totalité et recoupent partiellement, le CD
Bear Family du même nom, ainsi que celui du
33t Country Classics Library CCL 1129, son
répertoire rythmé n’étant pas extensible. Nous
nous intéresserons donc aux morceaux qui
n’y figurent pas, les autres étant suffisamment
connus. Les meilleurs sont sûrement I'll know
you're gone (1956), duo hillbilly bop avec Lee
Emerson, son impresario, très Jimmy & Johnny,
et Sugaree (public, lieu et date inconnus), seul
enregistrement, bien sauvage, connu de sa
compo par lui. Relèvent de la country, I can't
CROCK & ROLL
quit (1956), morceau rapide, Sometimes I'm
tempted (1961), country variété rythmée avec
chœurs et Baby's gone (1965) country rock
avec une guitare trop moderne à mon goût.
You've been so busy baby (1966) est un titre
bluesy un peu swamp, avec orgue. Enfin, dans
le domaine teen, Jeannie & Johnny (1958),
est un bon teen rock, Ain't life a cryin' shame
(1959), est plus variété avec choeurs et She
was only seventeen (1957), est une belle
ballade medium. Bear Family (All.)
JASON ViVONE : Leather Rinse Repeat
Je serais curieux de savoir
combien il développe au
spiromètre, car son vocal
puissant
laisse
prévoir
de beaux poumons, qui
conviennent
bien
aux
titres musclés, mais pas
aux quelques ballades variété bluesy, qui se
trouvent sur la fin du CD. Le reste consiste en
blues, soit plus rural, soit ragtime, soit rockin’,
avec une slide souvent très présente. Il en
ressort surtout The Nina, the Pinta, the Santa
Maria, morceau dépouillé mais qui rocke bien,
avec répons d’un choeur féminin (c’est la
première fois que j’entends rendre un morceau
parlant des 3 caravelles de Christophe Colomb),
The Black Lone Ranger, rockin’ blues lent en
hommage à James Ramsey, artiste de blues
noir qui se produisait vêtu comme le Lone
Ranger (décidément, Jason a une inspiration
peu courante), One hot mother, rockin’ blues
lent, et Do the nod au rythme syncopé à la Bo
Diddley. Intéressante découverte.
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
Marc Alésina
Gilles Vignal
JAKE LEAR : Diamonds And Stones
J’ai eu du mal à lire les titres,
écrits à la main et très fin,
sur le dos de la pochette…
Nonobstant ce point de
détail, il s’agit d’un album
plus blues rock que rockin’
blues dans l’ensemble. Les
djeunes trouveront donc sûrement mieux leur
content que les fossiles dans mon genre sur
la majorité des morceaux. Pourtant, Jake, peu
après la moitié du CD, se met à faire deux
bons rockin’ blues, Jack O’diamonds, lent,
plus acoustique et dépouillé que le reste des
morceaux, et Work work work, enlevé, ainsi
qu’un bon boogie instrumental qui rocke bien,
Boogie time, pour boucler le tout. Comme
quoi, il faut toujours écouter un album de bout
en bout, on peut avoir d’agréables surprises.
distr. Blind Raccoon, cf ci-dessus
OL’ BRY : We Don’t Care
Les Bryoles (ne pas
confondre avec le groupe
ibérique Los Brioles) sont
formés en janvier 2010 par
Eddie (voc, gtr) et Thierry
(cbs) Gazel, rejoints par
Marcelo (bat). Ils deviennent ensuite les Ol’
Bry, avec Rémy (sax) et Diego (gtr sol). Leur
éclectisme est remarquable, les autorisant à
piocher aussi bien dans des choses récentes
(J.D. McPherson) que dans le meilleur de la
soul et du R’n’B du début des années soixante,
lorsque ces musiques s’apparentaient encore
au R’n’R, et de le restituer à leur manière. Parmi
les reprises, on notera celles de (Solomon
Burke), transposé en R’n’R fort gouleyant à
la Presley avec sax, de Rainin’ in my heart
(Slim Harpo) en rockin’ doo-wop enlevé, de
My girl (Temptations), de Duke of Earl, très
bonne reprise acapella, style qui leur convient
à merveille et dont ils devraient plus abuser, et
du North side gal (J.D. McPherson), jusque là
inconnu à mon bataillon, bon rockin’ R’n’B avec
répons. Les 6 compositions, bonne proportion,
sont plus inégales. J’ai surtout apprécié les
deux bien R’n’R, Let me dance, un peu à la
Party, avec choeurs à la Jordanaires et Cute &
pretty. En tout cas, on peut les adouber dans
la confrérie du R’n’R. www.rockparadise.fr
Rock Paradise, 42, rue Duranton 75015 Paris,
ARTiSTES DiVERS : Rockers Kulture 4
Rock Paradise continue
sa croisade (récompensée
par le parrainage de l’aprèsmidi des Grenouilles du
prochain festival d’Attignat)
pour la scène française
du rockabilly/ R’n’R avec
quelques groupes déjà connus de ma part
et beaucoup d’autres que j’ai découverts, sur
des reprises et pas mal d’originaux, ce qui
est très bien. Concernant les groupes que je
connaissais (Drew Davis, les Hip Quakers, les
Moscats), les morceaux sont connus, inutile
d’y revenir. Pour ce qui est des nouveautés,
j’ai bien aimé les Capitols, Wild Goners,
Hoop’s 45, au rockabilly classique et sautillant,
avec de très bons guitaristes. Celui de Marilyn
& les Rockin’ Bombs est correct, mais son
vocal semblerait mieux convenir à du rockin’
R’n’B. Dans un créneau bon R’n’R au rythme
boom-chicka-boom, les Slackjaws me plaisent
bien, de même que Milwaukee et une reprise
très hillbilly bop du Blue moon nights de John
Fogerty. Enfin, j’ai craqué sur Little Lou, au
vocal Wanda Jackson jeune, et son excellent
R’n’R sauvage à la Little Richard. Le reste
n’étant pas mal non plus, en dépit de quelques
prises de son faiblardes et d’un ou deux titres
un peu anarchiques, voici une compilation
recommandée, car ce sont ces jeunes qui
entretiennent la flamme et représentent l’avenir,
ne l’oubliez pas. Rock Paradise cf ci-dessus
DiSCOGRAPHiE : Johnny & Dorsey BURNETTE
http://burnettebrothers.user.fr
Knockin' On Heaven's Door
MUSiQUE & AMiTiÉ
Pierre était un ami de Doc
et Rosa Lee Watson depuis
bien longtemps. Il a partagé de
nombreux séjours avec eux et son
courrier témoigne d'une émotion
que nous comprenons et tenons à
partager avec les lecteurs du Cri :
Bonjour à tous,
Les mois se suivent et se
ressemblent parfois. Rentré à
la maison ce soir, après trois
jours d'escapade, le répondeur
clignotait, l'un des messages
m'annonçait une bien triste
nouvelle : Rosa Lee Watson est
décédée ce jeudi 22 novembre au
Glenbridge Health & Rehabilitation
Center de Boone.
Mon sang s'est glacé et des
milliers de souvenirs de ces trente
dernières années ont ressurgi.
Mais je dois accepter qu'une
belle vie d'amour et de respect
comme l'ont connue Doc & Rosa
Lee, avec soixante quatre ans de
mariage, doit cesser un jour.
Rosa Lee n'a pas survécu six
mois à Doc, la mort a été plus
forte que la séparation et ils sont
à nouveau ensemble, comme ils
l'avaient toujours voulu...
Pierre Brau-Arnaüty
Martin FAY (76 ans) 14 novembre
Violoniste, fondateur du groupe de folk irlandais
des Chieftains en 1962, vainqueur de six Grammys
qui a fait connaître la musique irlandaise dans le
monde entier depuis le premier album sur Claddagh
Records. Il avait pris sa retraite en 2002 après 30
albums et d'innombrables concerts
Bernard Joseph LANSKi (85 ans) 15 novembre
Célèbre tailleur
de Memphis sur
Beale Street (avec
son frère Guy). Si
Elvis Presley a été
son meilleur agent,
dès le Ed Sullivan
Show
jsuqu'à
son costume de
funérailles, il a
habillé nombre de
musiciens divers :
Rob Orbison, Johhny Cash, Jerry Lee Lewis, B.B.
King, Steven Tyler, Isaac Hayes, Robert Plant, Dr.
John, Rufus Thomas, etc.
Frank DYCUS 23 novembre
Chanteur/ songwriter auteur de 500 chansons (avec
Dean Dillon, Jim Lauderdale) dont des succès pour
Mark Chesnutt (Gonna
Get A Life) Gary Allan (Forever And A Day) George
Jones (I Don’t Need Your
Rockin’ Chair) et George
Strait (Marina Del Ray)
ainsi que Honky Tonk
Crazy, Unwound, etc.
Le Cri du Coyote n°132 page 38
Mickey BAKER (87 ans) 27 novembre
Né Mac Houston Baker, orphelin, il devient guitariste
après une jeunesse mouvementée. Dès 1949 il a
son groupe et commence à enregistrer pour Savoy,
King, Atlantic, et fait des essions pour Ray Charles,
Ruth Brown, Louis Jordfan, Big Joe Turner, Ivory Joe
Hunter, Coleman Hawkins, etc. Associé un temps
en duo avec Sylvia Robinson (cf le fameux Love Is
strange) il poursuit sa carrière et s'installe en France
(joue pour Ronnie Bird entre autres).
Eric "Lefty" FROMM (49 ans) 12 décembre 2012
Dans les années 1985-2000, avec K-Country
(Radio Porte Sud) il fut le premier animateur radio
à diffuser de la Country Music et du Bluegrass sur
les ondes alsaciennes. Ami des amateurs locaux (il a
participé à des concerts et des voyages aux USA) et
passionné par l'Amérique, il se battait depuis 2 ans
contre une tumeur au cerveau. Il dormira désormais
en paix au Grand Canyon. (Merci à Olivier Fritz)
Willie ACKERMAN (73 ans) 13 décembre
Batteur depuis
1957 à Nashville,
en studio (RCA),
sur le Grand Ole
Opry et le show
TV Hee Haw, il a
joué pour Louis
Armstrong,
les
Monkees et sur de
nombreux albums country de Willie Nelson, Loretta
Lynn, Waylon Jennings, Johnny Cash, etc. Il est sur
des classiques comme Amos Moses (Jerry Reed)
El Paso (Marty Robbins) ou The Last Tour (George
Jones). © (JB)
Good Rockin'
Tonight 2013
CARRÉ D’AS POUR UN FESTiVAL
Bernard
BOYAT
L’édition 2013 de la Good Rockin’ Tonight se tiendra du 25 au 28 avril à Attignat (01) avec quatre têtes d’affiches
américaines, présentées ici par ordre alphabétique. Il faut y ajouter Jimmie Lee Maslon, un ancien des disques
Rollin’ Rock, un peu éloigné de la scène musicale ces derniers temps.
Rayburn ANTHONY
Rayburn est né le 23 mai
1937 à Humbolt, Tennessee,
dans une fratrie de huit. Son
père est fermier et peintre
en bâtiment. Il se met à la
guitare sur l’instrument de
son frère aîné Bob, qui joue
dans un groupe local, si bien,
qu’à 15 ans, Bob l’utilise
comme guitariste rythmique
et comme chanteur, le
groupe se cantonnant à des
instrumentaux.
Il est remarqué par W S
"Fluke" Holland, batteur de Johnny Cash,
Carl Perkins et Carl Mann, au Pineridge
de Jackson. Holland l’emmène voir Sam
Phillips chez Sun, pour une audition, seul au
piano. Elle est concluante et Sam l’engage
sans plus attendre. On est en 1959.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser,
il n’enregistre alors pas de rockabilly. Le
contenu des trois simples Sun, 333 (crédité
à Ray B. Anthony), 339 et 373, relève d’une
variété vaguement country, seul There's no
tomorrow sonnant un peu à la Carl Mann
de Mona Lisa. Parmi la vingtaine d’inédits
d’alors, il n’y a qu’Hambone (compilation
Sun Box 109) à avoir un parfum rockabilly.
Rayburn a raconté une anecdote à propos
d’un enregistrement Sun : ayant du mal à
faire sortir l’ambiance d’une ballade, Sam lui
dit d’imaginer qu’il est en train de la chanter
à une belle blonde, en pure
perte. Aussi, Sam décrète
une pause et il revient, un
moment plus tard, avec une
blonde qu’il fait asseoir à
côté de Rayburn. "Ca m’a
juste rendu encore plus
nerveux" en dira-t-il.
Après Sun, Rayburn
compose pour la maison
d’édition de Bill Black, avec
des amis comme Tony
Austin et Gene Dobbins.
Leur premier succès arrive
avec la face B du Born a
woman de Sandy Posey. Il part alors à
Nashville et travaille au studio Music City
Recorders de Scotty Moore, ce qui lui
permet de peaufiner ses maquettes. Il part
en tournée avec Billy Walker, qui enregistre
certaines de ses compositions, deux d’entre
elles entrant au Top 10, dont Sing me a love
song to baby, n°11. Il place d’autres titres
auprès de John Conley, Charlie Louvin et
Melba Montgomery, Vern Gosdin, Conway
Twitty et Loretta Lynn, Faron Young, les
Jordanaires, Charley Pride, Jerry Lee Lewis
et, même, du groupe écossais Colorado.
Il accompagne aussi Melba Montgomery,
Bobby Bare, Carl Perkins et, pour un seul
gala, Linda Gail Lewis à la basse.
Grâce à Bobby Bare, il signe chez Polydor,
puis part chez Mercury, Mega, Stop. Il
obtient divers succès dans les hit-parades
Emission radio Jim Pewter, L.A. En 1948, il forme un groupe
Ray CAMPi
debut 70's, coll.B. Boyat avec des étudiants locaux,
D’origine juive italienne, il
dont Bert Rivera, plus tard
est né Charles Raymond
steel guitariste de Hank
Campi le 20 avril 1934 à
Thompson, Leon Hankins
Yonkers, New York où il
(gtr), Douglas Burton (vln),
passe son enfance.
Harold Layman (ac). Sous
A 8 ans, pour se faire de
le nom de Ray Campi &
l’argent de poche, il surveille
his Camping-Out Cowboys,
les voitures garées dans
ils enregistrent au moins 4
sa rue, premier emploi
titres au studio Audiodiscs à
d’une longue liste, car la
Austin, en 1949.
musique ne sera jamais son
Devenus Ramblin' Ray & the Ramblers,
activité unique, qui inclura, au fil des ans :
coupe et vente de sapins de Noël, cireur avec Chris Locklin (bat), cousin de Hank,
de chaussures, serveur de restaurant, ils retournent au même studio en 1950,
ramasseur de quilles dans un bowling, passent sur radio KTAK de Taylor et sur
placier et vendeur à l’entracte dans un radio KNOW le samedi après-midi, jusqu’en
cinéma, projectionniste, forain, vendeur 1952, lorsqu’il rencontre Red Sovine, qui lui
de coupons d’essence, de programmes trouve une audition qui ne mène à rien.
Ray et ses Ramblers, Pee Wee Faury (bs),
de matches de football, employé dans une
entreprise de revêtement de sol, installateur Bert Rivera (stl gtr), Douglas Burton (vln)
d’équipement téléphonique, gardien de et Leon Hankins (gtr rtm) enregistrent des
parking, vendeur de chemises, électricien, titres à l’université du Texas en 1951.
Ray va ensuite à l’université apprendre
employé de maison d’édition musicale,
directeur adjoint de cinéma, propriétaire la comédie. Après d’autres tentatives
d’une marque de disques, vendeur au infructueuses, dont une chez Imperial, il
rayon habillement d’un grand magasin., persuade Bob Tanner, de la marque locale
restaurateur pour un studio de cinéma, TNT, de lui donner sa chance en août 1956.
camionneur, vaporisateur de peinture dans Il se rend au studio de la marque à San
un garage, conducteur de bulldozer et, enfin, Antonio, avec Johnny Maddox (gtr sol) et
d’enseignant de collège à Van Nuys, poste Henry Hill (bs). Son premier simple, le TNT
145 Play it cool/ Catapillar (sic) (Ray Campi
qu’il occupera une quinzaine d’années.
Ses parents déménagent à Austin, Texas, with John and Henry), qui sort aussi sur le
en 1944. Il se met à la guitare deux ans 45t quatre titres TNT144/145 partagé avec
plus tard et, dès 1947, il joue du hillbilly à Jerry Dove, est un échec commercial. Une
l’entracte pour le public, dans un cinéma. 2ème session, en novembre, reste inédite.
Le Cri du Coyote n°132 page 39
GRT 2008
Ph. B. Boyat
country, avec Maybe I should have been
listening, What do you need with another
man, Cheating fire, ou Shadows of love.
Son disque le plus intéressant de la période
est sans doute le Stop ST 350, avec I walk
the line, en duo avec Joyce Reynolds.
Par la suite, il enregistre pour Bob Grady,
Sunray, Indigo, CMC (Suède, où il est alors
populaire), dont des albums de musique
religieuse.
Un passage au festival rockabilly de
Jackson en avril 2000 lui permet de
renouer avec W. S. Holland. Il y interprète
un morceau, enfin, rockabilly, Jackson
was jumping, qui mentionne W.S., Tony
Austin, Kenny Parchman, Carl Mann et les
Perkins.
Il commence alors à écumer les festivals
rockabilly et enregistre des titres plus
rythmés. Après un premier passage à la
GRT 2008, il effectue son retour en Bresse.
GRT 2008
Ph. B. Boyat
Avec un nouveau groupe incluant Johnny
Maddox (gtr sol), Henry Hill (bs), Harold
Layman (tamb), Tommy Griffith (bat) et
Bobby Reed (pno), il enregistre une demidouzaine de titres à l’université du Texas
puis, avec Johnny Maddox , Henry Hill et
Harvey Campi (bong, voc), il en enregistre
d’autres au studio de Roy Poole à Austin,
dont des reprises de Play it cool, Caterpillar
et une première mouture de My screamin'
screamin' Mimi.
Il participe aussi, à la guitare solo, avec
Johnny Maddox, Henry Hill et Harvey, à
l’enregistrement de How long will it be/ Uh
huh huh de Guy Brown (Echo HB 5002).
Il rachète son contrat TNT et passe chez
Dot, où le simple 15617 It ain't me/ Give
that love to me, avec les Snappers (Johnny
Maddox, Henry Hill, Bobby Reed, Harvey
Campi), enregistré à Dallas en juillet 1957,
n’a pas plus de succès que la précédente.
Les deux titres sortent sur l’ultra rare simple
belge Versailles 9.1.020. Il reste encore
deux inédits de cette session.
Ray remet le couvert, l’année suivante, au
studio Radio House, avec Ed Nichols (pno),
Johnny Maddox, Henry Hill, Harvey Campi
et Joyce Webb et les Debs (choeurs).
Lors de la première session, sont
enregistrés My screamin' screamin' Mimi,
With you et Uh huh huh, pour la marque
locale Domino. Il en résulte le Domino 700
My screamin' screamin' Mimi/ Uh huh huh
(Ray Campi with Johnny Maddox, Henry
Hill, and the Debs). Une deuxième session,
avec Don Burch, Tommy Caspar, Jimmy
Williams, John Geoke (vo/ gtr), Ray Campi
(gtr/ mar) et Henry Hill, voit la mise en boîte
de You gambled et No time, édités sur le
Domino 701, crédité aux Slades.
Lors de cette année 1958, un nouveau
tour à la Radio House lui fera tenir, avec
ses complices habituels de l’époque à ses
côtés, la guitare sur le simple Domino 700
(même référence que le sien) de Joyce
Webb. Il va aussi faire un tour chez Norman
Petty à Clovis, Nouveau-Mexique, pour une
version inédite de Unchained melody.
Le quatrième disque sous son nom, le
D 104 Ballad of Donna and Peggy Sue/
The man I met (Tribute to the Big Bopper),
sur la marque de Pappy Daily, voit le jour
en février 1959. Les deux morceaux sont
enregistrés au studio Goldstar de Houston,
avec Link Davis (sax), Hal Harris (gtr), Doc
Lewis (pno). Suit une session à Austin,
qui engendre le simple Winsor 001 Billie
Jean/ Shenandoah, puis 6401 (le premier
pressage, effectué par Capitol, omet
l’introduction parlée).
En 1960, on retrouve Ray à Hollywood, au
studio Radio Recorders, avec Perry Botkin
Jr. et Gilbert Garfield, accompagnés de
musiciens de studio, pour le simple Verve
10208 Our man in Havana/ Reprieve of love,
crédité aux McCoy Boys. En 1961, avec les
deux mêmes, il enregistre le Colpix 166
French fries/ Hear what I wanna hear, plus
trois maquettes inédites. Il en enregistre
d’autres, au cinéma Fine Arts de Beverly
Hills et au studio 76.
En 1963, il participe à l’enregistrement, au
studio RCA de New York, du Tribute to six
de Ray Allen & The Upbeats (simple Blast
204 et 33 t Blast BLP 6804). Dans la foulée,
Rip MASTERS
Rip est né à Ranikhet, en Inde, benjamin
d’une famille de quatre enfants, deux
garçons et deux filles à une date qu’il ne
m’a pas dévoilée en dépit de plusieurs
demandes.
Son père, soldat de métier puis écrivain,
emmène la famille en Angleterre quand il a
trois mois, puis, de là, ils partent aux USA
alors qu’il a deux ans. Durant son enfance,
ils déménagent souvent, toujours sur la
côte est, et il fréquente pas mal d’écoles
différentes dans des états différents, New
York, Massachusetts, New Hampshire.
Rip commence à chanter à l’école, à l’église,
à la chorale scolaire et se met au piano.
Les méthodes d’enseignement musical ne
lui convenant pas, il se débrouille seul. Il
est influencé par les chanteurs rock’n’roll,
Duane Eddy pour les instrumentaux, mais
aussi la country et les pianistes de boogie
woogie.
Il monte son premier groupe au lycée,
à Deerfield, Massachusetts, les HeebieJeebies, ainsi baptisé parce que le guitariste
soliste, d’origine québécoise, est surnommé
"Heebie". Il y a un gars nommé Salvati à
l’autre guitare et un type surnommé "Box"
à la batterie. Il rejoint ensuite les Brewmen,
qui sont devenus Ground Effect, dans lequel
il tient chant et guitare rythmique, un groupe
rock’n’roll et surf. Ils deviennent vite pros et
passent un peu partout dans la région, dans
des endroits comme le Cheetah et l’Electric
Circus à New York. Lors d’une fête chez
l’acteur Burgess Meredith, il chante avec le
groupe de Teddy Randazzo.
En 1968, après ses études secondaires,
il part en Californie, monte plusieurs
groupes dans la région de San Francisco/
Santa Cruz, jouant au Family Dog et au
Mandrake. Il joue même un peu de blues
avec Mike Bloomfield au Mr Lee’s et avec
le Chico David Blues Band. Il part ensuite
à Los Angeles et joue au sein de nombreux
groupes, dont les Young Hearts, un groupe
de soul, Velver Turner, Maize, un groupe
rock chicano, Orange Pain, Future Formula,
Ground Zero, Stendek, Wisdom Fingers,
Days, Mammoth, Matador, All Night Express,
Johnny POWERS
Il est né John Leon Joseph Pavlik le 25
mai 1938 à Detroit, Michigan, aîné de cinq
enfants. Il grandit à Utica, où les Pavlik
se sont installés. Il baigne très tôt dans
la musique, divers membres de la famille
paternelle en jouant lors de mariages ou
bals locaux.
Mais c’est la découverte de la country
qui l’incite à se lancer, via Lonnie Barron,
chanteur louisianais qui, engagé dans
l’USAF, anime une émission sur radio
WDOG, Marine City, et joue dans les
environs de Richmond, Michigan.
Emballé, le petit Pavlik achète une guitare
et tente de jouer et chanter ce qu’il entend
à la radio. Il reçoit ensuite des conseils
de Marvin Maynard, musicien de Virginie
Occidentale venu s’installer à Utica.
En 1953, il rencontre Russ Williams Jr.,
guitariste du groupe country de son frère
Jimmy, les Drifters, qui se produisent au
Bill's Barn et ont une émission sur radio
WDOG. Russ et Johnny deviennent amis
et Johnny devient guitariste rythmique et
chanteur d’appoint des Drifters sur le simple
GRT 2008
Ph. B. Boyat
Le Cri du Coyote n°132 page 40
il enregistre une dizaine de titres à Allegro,
New York. En 1964, retour en Californie,
pour d’autres enregistrements, aux studios
Gold Star puis, en 1966, au studio 76. En
1968, il retrouve Henry Hill à Austin, pour
le Sonobeat 111 Civil desobedience/ He's a
devil. Sa carrière musicale n’a toujours pas
décollé...
Mais, un jour, le collectionneur/ revendeur
de disques britannique "Breathless" Dan
Coffey met la main sur ses simples Dot et
TNT et les propose sur ses listes d’enchères.
Le nom de Ray vient ainsi aux oreilles de
Ron Weiser, au moment où il fonde sa
marque Rollin' Rock à Los Angeles.
Ray enregistre prolifiquement pour Rollin’
Rock à compter de 1972. Devenu une des
figures culte du renouveau rockabilly, il
commence des tournées en Europe avec
ses Rockabilly Rebels, Kevin Fennell (gtr
sol), Rip Masters (pno), Pep Torres (gtr rtm)
et DJ Bonebrake (bat) et apparaît dans le
film Blue suede shoes (1981).
Depuis, sa discographie est devenue une
vraie jungle exponentielle : outre les onze
simples, deux super 45t et neuf albums
Rollin' Rock, on le trouve, avec des inédits
d’antan ou de nouveaux enregistrements,
sur des marques américaines, britanniques,
finnoises, allemandes, néerlandaises.
Après un premier passage à la GRT 2008,
le voici de retour à Attignat.
puis avec Gunfighter, un groupe formé par
des membres du Stone Canyon Band de
Rick Nelson et de Flash Cadillac.
En 1977, il est contacté par Ron Weiser,
qui l’utilise comme pianiste maison pour
les enregistrements de Gene Vincent, Tony
Conn, Chuck Higgins, Jackie Lee Cochran,
Jimmy Lee Maslon, Johnny Legend, Ray
Campi, Mac Curtis et Nikki & the Corvettes.
Avec Jimmy Lee Maslon et Kevin Fennel, il
devient le groupe de scène de Ray Campi,
tout en jouant avec les Range Rockers,
qui deviennent The Cool & the Crazy. Il
commence à enregistrer en solo en 1979.
Depuis, il compte un simple et neuf albums,
le dernier en 2010, à son actif. Il a aussi eu
des morceaux utilisés dans des films, Tully
en 2000 et Back by midnight en 2002.
Lui aussi est déjà venu à Attignat.
Rip attentif aux
explications de B. Boyat
Drifter101 Rainbow heart/ Teardrops and
memories.
NB : Il aurait aussi figuré sur un autre
simple du groupe, dont je n’ai jamais trouvé
la référence, Loveless kisses/ Dream on
little heart.
Russ lui fait découvrir Elvis et, comme
pour beaucoup d’autres, c’est la révélation.
Il décide de faire du rockabilly et monte un
groupe avec Russ Williams (gtr) et Marvin
Maynard (bs), le complétant sur scène avec
des membres des Drifters lorsqu’ils n’ont
pas d’engagement.
Le groupe, baptisé les
Rockets, suit Johnny, en
1957, pour se rendre chez
Jack et Devora Brown,
patrons des disques Fortune,
à Detroit.
Le résultat de cette session
est le Fortune 199 Honey let's
go/ Your love. Honey let's go
est très influencé par Jack
Scott, avec des chœurs à la Chantones,
Your love étant plus teen medium.
Le simple sort sous le nom de Johnny
Powers car un nom ne sonnant pas anglo
n’est pas souhaitable sur disque et Devora
lui dit qu’il faut changer. Remarquant qu’il
mange une barre chocolatée, elle lui en
demande le nom : c’est une Power House.
Elle décide de le baptiser Johnny Powers.
Après ce premier simple, Johnny est un
des premiers Blancs à passer à la salle de
bal Graystone dans le spectacle présenté
par l’animateur noir Frantic Ernie Durham
de radio WJLB. Il participe aussi à l’émission
TV de Dale Young sur CKLW, à Windsor,
Ontario. Il renomme ensuite son groupe les
Tom Cats, avec Stan Getz (gtr sol, aussi
bassiste de Jack Scott en concert), Marvin
Maynard (bs) et Johnny Clark (bat).
En 1957, il découvre la marque locale
Fox, de George Braxton. Il s’y rend pour
une session partagée (2 titres chacun) avec
Jimmy Kirkland, autre chanteur du coin,
avec Stan Getz (gtr sol), Marvin Maynard
(bs) et Larry Lick (bs). Il en résulte deux
simples, celui de Jimmy Kirkland & Stan
Getz & the Tom Cats et le Fox GB-916/917,
sorti en août, Long blond hair, toujours
avec des influences Scott/ rock, rockabilly
medium, pour Johnny. Long blond hair est
un succès régional, sans plus.
Début 1958, Johnny enregistre diverses
maquettes au studio Basement de Detroit,
qui ne verront le jour que bien plus tard.
Il prend alors comme impresario Tommy
Moers, qui travaille avec Charles Gray pour
Cosnat, société de distribution de disques.
Tommy met l’animateur radio Mickey Shorr
dans le coup pour des titres que Johnny
concote alors, dont Mama rock, toujours
influencé par Baby she’s gone. Johnny
l’enregistre, ainsi que Indeed I do et Ooby
dooby rock, qui sera perdu, au studio
Specialty de Detroit, avec Dave Robillier
(gtr sol), des Tom Cats de Stan Getz, qui
accompagne alors Jack Scott.
Johnny commet l’erreur de donner les
matrices des morceaux à Shorr, qui lui
demande de faire aussi des reprises de
deux succès du moment, Purple eater et
Good Rockin’ Tonight 25 au 28 avril à Attignat (01)
Renseignements 06-87-01-33-24 (www.bluemonday01.com)
Witch doctor, qu’il enregistre
au studio United avec le
groupe de Danny Zella. Ils
sont destinés à une édition
spéciale sur Leedon, marque
australienne de Lee Gordon.
1957
Mais les choses ne tournent
pas comme prévu : Mama rock et Indeed I
do sont dissociés. Le 2nd se retrouve sur le
Leedon 514, couplé avec Splish splash, le
1er sur le 518, avec Little star. Si le 514 voit
les deux morceaux crédités à Johnny "Scat"
Brown, le 518 a une face par le même et
l’autre créditée aux Moon Rockets.
Il semble que Gordon, alors aux USA pour
mettre sur pied une tournée australienne
avec Buddy Holly, à laquelle Johnny doit
participer, ait envoyé les bandes sans nom
ni détails et que le directeur de la marque,
Alan Heffernan, ait inventé Johnny "Scat"
Brown. Mais qui est l’interprète de Splish
splash ? C’est un chanteur australien, sans
doute Jerry Ash. Quant à Purple eater et
Witch doctor, ils sortent sur le Leedon 008,
crédité encore à Johnny "Scat" Brown, mais
le vocal de Johnny est effacé et remplacé,
probablement, par celui de Jerry Ash !
Finalement, Johnny refuse de participer à la
tournée australienne...
Fin 1958, Getz, qui ne joue plus avec
Johnny, ouvre un studio à Utica, avec
l’animateur radio Don Zee de Detroit. Johnny
se produit alors au Bill's Barn avec les
Paragons, groupe de Dearborn, Michigan,
qui incluent George Katsakis (sax) et les
jumeaux Mike (pno) et Greg (bat) Popoff, qui
deviendront les Royaltones. C’est avec eux
qu’il enregistre, début 1959, chez Getz, des
maquettes de With your love, with your kiss,
Waitin’ for you, Don’t go away et Don’t lie to
me. Cette bande atterrit entre les mains de
Sam Phillips et l’amène chez Sun.
Son contrat Sun datant du 6 juillet, il est
probable que l’unique session Sun de
Johnny s’est déroulée autour de cette date.
Le personnel est Brad Suggs (gtr), Jimmy
Van Eaton (bat), Billy Riley (bs), Charlie Rich
(pno) et Martin Willis (sax tén), qui ressort
le même solo que sur le One more time de
Billy Riley pour With your love, with your
kiss, dont la version originale paraît sans la
note finale. Sont enregistrés, outre ce titre,
Be mine all mine et une dizaine d’autres.
Il n’en résulte qu’un seul simple, le Sun 327
With your love, with your kiss/ Be mine, all
mine, sorti en septembre. Johnny repartant
à Detroit, il n’y aura guère de promotion et
comme c’est aussi le commencement de
ABONNEMENT & BON DE COMMANDE
Nom :
la fin pour Sun, il n’y aura pas de suite. Il
faudra attendre les frères Barbat pour voir
sortir le Sun français 604 Me and my rhythm
guitar/ Waiting for you.
Fin 1960, il est de retour à United
Sound pour enregistrer You're to blame et
Seventeen, sur le Tee Pee 398. Al Valenti,
une connaissance, lui parle alors d’une
nouvelle marque locale, lancée par Berry
Gordy, Tamla Motown. Il le rencontre et
devient le premier Blanc engagé par la
marque, où il n’est pas satisfait des méthodes
d’enregistrement de ses morceaux, qui
resteront inédits jusqu’à un album Roller
Coaster. Il se contente de claquements de
mains ou de coups de tambourin sur divers
tubes, comme Baby love des Supremes.
Il a, quand même, un disque édité sur la
sous-marque V.I.P. 25004 Give me a kiss/
She’s my baby, crédité aux Hornets (Mike
Valvano et lui).
En 1961, il enregistre des maquettes
pour RCA. En 1965, lors de sa dernière
année chez Motown, il se concentre sur la
production avec Getz et Larry Lick, montant
Sound Incorporated, qui s’occupe de
sessions, pressage et distribution.
Ils ont des succès avec Tim Tam & Turn
Ons et les Capreez et sortent des disques
de groupes locaux de tous styles ou
d’aspirants à la gloire tel Ted Nugent ou
les futurs Grand Funk. Il leur arrive aussi
de se tromper, rejettant Question Mark &
Mysterians. Ils éditent les morceaux sur les
marques Sound, Sidra, Drew, Trash, Fink.
Par la suite, Johnny fonde Power House
Productions en 1969 et produit des artistes
pour Epic, Capitol, Warner Brothers,
Roulette, Private Stock, Philly Groove,
Ariola America. Il profite du renouveau du
rockabilly pour se produire en Europe, dont
la France, passant notamment à Mirande et
à la GRT, où ce sera son retour. ©
GRT 2006
Coll B. Boyat
Chèque à l'ordre de Le Cri du Coyote
(BP 48 26170 Buis-les-Baronnies)
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Le Cri du Coyote n°132 page 41
CONCERTS
FEVRiER
01- Candye KANE
Caen (62)
01- Sarah SAVOY
& Thierry LECOCQ
Paris, Centre tchèque
02- SANDY
& PRAiRIE DOGS
Méry sur Oise (95)
03- MARY-LOU
St Philibert (56)
03- Candye KANE
Saint Nazaire (44)
05- Pura FE
Boulogne Billancourt (92)
08- Pura FE
Le Mans (71)
08- Mat VALLENS
& Thierry LECOCQ
Puteaux (92) Le Brazza
08- Dale WATSON
Disneyland (77) Billy Bob's
09- Eddy Ray COOPER
Romilly sur Andelle (27)
09- Ricky NORTON
Bordeaux (33) Th. Barrière
09- Pura FE
Aurilllac (15)
09- BOOTLEGGERS
Pau (64)
09- RN10 COUNTRY
Maintenon (28)
10- TENNESSEE STUD
Beauzac (43) Tea Country
11- MARY-LOU
Guidel (56) Collège Quéven
11- Otis TAYLOR
Paris, New Morning
13- Big Daddy WilSON
Montpellier (34)
14- Big Daddy WilSON
Lagarde (84)
15- Big Daddy WilSON
Berrre (13)
15- BUZZTOWN
Mennecy (91) Parc Villeroy
15- Mat VALLENS
& Thierry LECOCQ
Valenton (94)
16- David PHiLLiPS
Brussels (B)
16- SHAGGY DOGS
Thorbjorn RiSAGER
Tremblay en France (93)
16- MARS ATTACKS
DiMAGGiO CONNECTiON
The STARLiTERS
ROCKiN' BONNiE
LEGEND' 59
Montrevel-en-Bresse (01)
06-87-01-33-24
16 & 17- Orville NASH
HiLLBiLLY DELUXE
Cergy-Pontoise (95)
http://saloncountrywestern.fr
20- Big Daddy WilSON
Massy (91)
22- Big Daddy WilSON
Guebwiller (68)
22- David PHiLiPS
B- Haren, Toogenblik
23- CELTiC SAiLORS
Villejuif (94) Médiathèque
23- HOT RHYTHM & BOOZE
SPO DEE O DEE
Chris ALMOADA
& His BROKEN HEARTS
Pat Mc GiNNiS
& His THREE STARS
Villeneuve St Georges (94)
23 & 24- Festival Country
MODERN EARL
TENNESSEE STUD
OPEN ROAD COUNTRY BAND
JiM & The BEAMS
Liane EDWARDS
EARL & The HiGH TONES
Parc St Paul (60) Beauvais
28- David PHiLiPS
B- Moorslede, Nodige Deugd
MARS
01- David PHiLiPS
B- Waardamme, Cowboy Up
01- SANSEVERiNO
Conflans (78)
02- CHiLi CON COUNTRY
Pont St Esprit (30)
04- RN10 COUNTRY
Dreux (28)
07- SANSEVERiNO
Limoges (87)
08- SANSEVERiNO
Rouillac (16)
09- FLYiNG SAUCERS
GUMBO SPECiAL
Thouars (79)
09- SANSEVERiNO
Aubevoye (27)
11- David PHiLiPS
B- Kontich, De Wipschutter
14- David PHiLiPS
B- Haacht, Bastide
14 & 15- Thierry GANCHOU
& Thierry LECOCQ
Fontainebleau (77)
15- Jefferson NOiZET
Toulouse (31) CC H. Desbals
16- MARiOTTi BROTHERS
Pamiers (09) 06 19 38 03 79
16- SANSEVERiNO
Epinal (88) La Rotonde
16- CELTiC SAiLORS
Bailly Romainvilliers (77)
16- TENNESSEE STUD
Nivolas Vermeille (38)
16- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Blois (39)
16 & 17- DELTA SAiNTS
Beauvais (60)
18- BUZZTOWN
DELTA SAiNTS
BLUES POWER BAND
Paris (10°) New Morning
20- MARiOTTi BROTHERS
Romagnat (63)
20- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Clermont Ferrand (63)
21- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Massy (91)
22- SANSEVERiNO
Alençon (61) La Luciole
22- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Vaulx en Velin (69)
22- FLiPSONG
Carpentras (84) Th. Charité
22- MARY-LOU
St Brévin les Pins (44)
22- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Troyes (10) CC G. Philippe
23- Rachelle PLAS
Freddy DELLA
Le Neubourg (27)
06 0148 44 41
23- SANSEVERiNO
Roubaix (59) Colisée
23- FLiPSONG
Marseille (13) Le Lounge
23- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Cléon (76)
23- SANDY
& PRAiRiE DOGS
La Houssaye Béranger (76)
23- CELTiC SAiLORS
Triel (78) 01 39 70 22 00
24- MARY-LOU
LONESOME DAY
Quistinic (56) S. municipale
26- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Cholet (49) Théâtre St Louis
26- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Nice (06)
27- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Le Vésinet (78)
27- Jefferson NOiZET
Joe LOUiS
Jean-Jacques MiLTEAU
Aucamville (31)
27- SANSEVERiNO
Vincennes (94)
27- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Aucamville (31)
28- Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
St Etienne (42)
28- SANSEVERiNO
Montargis (45)
28- FLiPSONG
Paris (11°) Le Pop In
29- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Queven (56) Les Arcs
29- SANSEVERiNO
Issy les Moulineaux (92)
30- BUZZTOWN
ABONNEMENT & ANCiENS NUMÉROS
(à partir du dernier paru)
Membre : 29 Euros
Bienfaiteur : 34 Euros
AVRiL
02- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Rouen (76) Hangar 23
03- SANSEVERiNO
Nantes (44) S. Paul Fort
04- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Toulouse (31) Salle Nougaro
04- SANSEVERiNO
Gonfreville l’Orcher (76)
05- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Vendenheim (67) C. Culturel
05- SANSEVERiNO
Mamers (72) Théâtre
06- BUZZTOWN
Dourdan (91) Le Pitchtime
06- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Massy (91) CC Paul B
08- SANSEVERiNO
Clichy la Garenne (92)
09- Big Daddy WiLSON
Angers (49)
09- Eric BiBB
& Habib KOiTÉ
Angers (49) Le Quai
10- Mathis HAUG
Paris (10°) New Morning
11- SANSEVERiNO
Evreux (27)
12- Big Daddy WiLSON
Saint Saulve (59)
12- SANSEVERiNO
Moëlan sur Mer (29)
13- SANSEVERiNO
Mérignac (33)
12 & 13- TENNESSEE STUD
Chavanoz (38) Petit Théâtre
18 & 19- SANSEVERiNO
Irigny (69)
20- Rock 'n' Roll Party
ALEX & The ViNYLS
The TOWN REBELS
Yann CORRUPTED
& The CONViCTS
CLiFF & The TOWN
REBELS
Les Bordes (89) 0610187048
20- SANDY
& PRAiRiE DOGS
Villeneuve d’Asq (59)
20- TENNESSEE STUD
Lioriol s/ Drôme (26)
26- Boo Boo DAViS
CH- Thun, Cafe Mokka
26 au 28- G. Rockin' Tonight
Johnny POWERS
Ray CAMPi
Jimmie Lee MASLON
Rip MASTERS
The JETS
Dave PHiLLiPS
& The HOT ROD GANG
Jim CARLiSLE
WHEELS FARGO
Cri 132
& The NiGHTINGALE
Del RiO RAMBLERS
Earl JACKSON BAND
JUMPiN'UP
Tony MARLOW
Sandy LEE & WANTONS
The HOT ROCKS
COUNTRY CATTiN
Marco Da SiLVA
The ADELS
The BiG WiREMAN
BE BOP CREEK
HOWLiN' JAWS
JAMY & The ROCKiN' TRiO
The OL' BRY
Attignat (01) 06-87-01-33-24
29- Boo Boo DAViS
CH- Zurich, El Lokal
MAi
02- SANSEVERiNO
Boulogne sur Mer (62)
03- SANSEVERiNO
Nogent sur Seine (10)
03 & 04- Jefferson NOiZET
Toulouse (31)
Théâtre du Pont Neuf
04- Jason BOLAND
Pontivy (56)
04- Bain de Blues
Jimmy JOHNSON
J.C. BROOKS
& The Uptown Sound
Chick RODGERS
Nico DUPONTAL
& His Rhythm Dudes
Bain de Bretagne (35)
04- Bluegrass Festival
DEADLY GENTLEMEN
MONROE CROSSiNG
Chris JONES
& The NiGHT DRiVERS
The ROYS
A- Bühl
www.bluegrassfestivalbuehl.de
11- MARiOTTi BROTHERS
Buis-les-Baronnies (26)
12- MARY-LOU
& LONESOME DAY
St Brévin les Pins (44)
16- SANSEVERiNO
Cormeilles/ Parisis (95)
17- Kaleb MciNTiRE
Disneyland (77) Billy Bob's
18- Jarod BiRMiNGHAM
Disneyland (77) Billy Bob's
19- BOOTLEGGERS
Rennes (35)
24- BOOTLEGGERS
Cambrai (59)
24- SANSEVERiNO
Schiltigheim (67)
25- Ian SCOTT
Nadine SOMMERS
John PERMENTER
Grenoble (38)
25- SANSEVERiNO
Saint Marcellin (38)
Vérifiez les dates avant de
vous déplacer, une erreur
ou un changement
est toujours possible
Voir au recto
Le numéro : 4 Euros (port inclus)
Dernier paru : n°131
J'adhère à l'association :
je recevrai 6 bulletins
Manu GALViN
Jean-Jacques MiLTEAU
Joe Louis WALKER
Auxerre (89) Le Silex
Offre spéciale vente groupée
15 euros les 5 numéros
25 euros les 10 numéros
40 euros les 20 numéros
Indiquez la liste des anciens numéros
que vous désirez (cf liste page 26) :
Etranger : 32 Euros
Le Cri du Coyote n°132 page 42
Le Cabas du Fana
01.30.53.04.93 ou 01.64.63.69.53 (après 20h)
http://www.countrymusicmemorial.com
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vous contactez un correspondant. Merci!
SOURiS-THÈQUE
Disco (Marc Alésina, Gilles Vignal) :
http://sonnyburgess.voila.net
Blog de passionné rockabilly/ country :
http://rollcallblog.blogspot.com
Deke Dickinson (Photos/ News) :
http://muleskinner.blogspot.com
Blog de Gérard Herzhaft. Blues :
http://www.jukegh.blogspot.com
Site : http://www.gerardherzhaft.com
Documentaires variés dont musiques :
http://topdocumentaryfilms.com
Blog de notre ami Coyauteur Sam Pierre :
http://sampierre.blogspot.com
Blog pour amateurs de R'n'R & Country :
http://www.bopping.org
Classement européen Americana
(collectif dont deux Coyauteurs) :
http://www.euroamericanachart.eu
Une vidéo par jour, abonnement gratuit :
http://www.bluegrassonthetube.com
Groupe Facebook "Music Live Pics" :
Emmanuel Marin (Pixels Country) :
www.emarin-country.fr
Roger Lyobard (Country Gone) :
www.countrygone.fr
Daumy (Fotozic) : www.fotozic.com
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& PLAiSiR MUSiCAL
75 reprises inédites.
Coffret 4-CD
Chimes of Freedom : The Songs of Bob Dylan
Honoring 50 Years of Amnesty International
80 artistes dont Johnny Cash & The Avett
Brothers, Patti Smith, Pete Townshend,
Charlie Winston, Diana Krall, Sting, Mark
Knopfler, Steve Earle & Lucia Micarelli,
Billy Bragg, Elvis Costello, Jackson
Browne, Joan Baez, Sugarland, Adele,
Neil Finn, Carly Simon, Paul Rodgers
& Nils Lofgren, Sinéad O'Connor, Carolina
Chocolate Drops, Taj Mahal, Dierks
Bentley, Dave Matthews, Lucinda Williams,
Kris Kristofferson, Eric Burdon, Marianne
Faithfull, Pete Seeger, Bob Dylan, etc.
L'abonnement = des heures
d'informations (sur du papier !)
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du Coyote livrés chez vous !
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Cergy-Pontoise (95) 06.07.24.25.22
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du 21 au 27 avril et du 5 au 12 août
à Doucier (39) www.gillesrezard.com
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CARTER, HEAVY FUEL, DUTCH EAGLES
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HOBOES & MARY-LOU AUX USA
Hoboes : 2 avril, Palmetto (FL)
4 avril, Neptune Beach (FL) Mary-Lou : 11
avril 2013, Union Grove (NC) Mary-Lou +
Tammerlin : 19 avril, Neptune Beach (FL)
MOi, JE M'AFFiCHE COUNTRY !
La FFCLD (Fédération Francophone de
Country Line Dance) prépare une exposition
pour présenter notre paysage Country. Cette
initiative permettra à tous de découvrir la
richesse et la diversité de la Country Music
made in France. L'exposition sera reprise
dans un catalogue à destination du monde
entier, (l'exposition et déjà réservée par le
Canada). Les artistes français qui veulent
y figurer (gratuitement), doivent contacter
Rose Alleyson, coordinatrice :
Courriel : [email protected]
CHEZ NOS VOiSiNS
Tournées prévues en Allemagne :
TOY HEARTS (16-27 février) The DEADLY
GENTLEMEN (2-25 mai) et à l'automne:
The HENRY GiRLS, Valerie SMiTH
& LiBERTY PiKE, NEW COUNTRY
REHAB et le Bluegrass Jamboree
(25 nov.-17 déc.). Contact : Rainer Zellner,
Saarstrasse 8, D-72070 Tübingen, All.
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LA ROUTE 66 VUE PAR LES FRÈRES REiTZAUM
Texte et photos sur 288 p. (25€) Ed. Hugo & Cie
LE PAYS OÙ NAQUiT LE BLUES
L'ouvrage de Alan Lomax traduit par Jacques Vassal
Ed. Les Fondeurs de Briques, 672 pages + CD (35€).
THE ROLLiNG STONES : black and white blues, 1963.
Photos : Gus Coral. Texte : David Hinckley & Debra
Rodman. Lu sur Roll Call : "Ce beau petit bouquin présente
de jeunes Rolling Stones "En route pour la Gloire". (...)
Photos lors de l'enregistrement de I wanna be your man et
une tournée avec Bo Diddley, Jerome Green, Little Richard,
The Everly Brothers. Dans les loges, des Teds don Dan Coffey".
Consulter : http://rollcallblog.blogspot.com
ROLL ME UP AND SMOKE ME WHEN i DiE
Nouveau livre de souvenirs de Willie Nelson (qui nous invite à le
"fumer" !) cf Amazon : http://amzn.com/0062193643 et extraits sur
http://goo.gl/NsOvZ et http://goo.gl/MvK2t
RHYTHM & BLUES, COUNTRY, ROCK 'N' ROLL
La musique qui vit grandir Elvis, Jean-Christophe Bertin
(www.editions-carpentier.fr) (33,35€ + 4,10€ ou 6,50€ colissimo)
RÉSERVE TA DERNiÈRE DANSE POUR SATAN
Nick Tosches (Allia) 140 p., 6,20€
THE OTHER SiDE OF NASHVilLE
Sous-titré An Incomplete History & Discography
of the Nashville Rock Underground, 1976
–2006 de Rev. Keith A. Gordon & Friends (620
pages) 550 photos ce récit des "musidiens
cachés" court de Phonography, l'album de R.
Stevie Moore paru en 1946 à des interviews de
The Kings of Leon et Steve Earle, soit le grand
spectre des artistes "hors country" à Music
City, capitale de la religion. Pour amateurs
de Dave Olney, Steve Anderson, Tommy
Womack, Dave Willie & Jet Black Factory ou
encore Jason and The Scorchers et des groupes inspirés par le
punk comme les provocateurs Rednecks In Pain. ©
Dix choix du jour de Sam Pierre parmi les CD Americana parus en 2012 :
1- Jimmy LaFave Depending On The Distance, 2- Indio Saravanja Travel On, 3- Ben Bedford What
We Lost, 4- Bap Kennedy The Sailor's Revenge, 5- James Hand Mighty Lonesome Man, 6- Bob Dylan
Tempest, 7- VA. This One For Him : A Tribute To Guy Clark, 8- The Steel Wheels Lay Down Lay Down
9- Otis Gibbs Harder Than Hammered Nail, 10- Donna Ulisse All The Way To Bethlehem
Le Cri du Coyote n°132 page 43
PHOTO SOUVENiR
132
Bulletin de liaison de l’assocation à
but non lucratif (type loi 1901) :
"Découverte et promotion des
musiques issues des traditions
acoustiques nord-américaines
et leurs dérivées.“
Photo : François Robert, 1er décembre 1999 à la MJC de Saint Saulve
Richard Bennett, Mike Auldridge lisant Le Cri du Coyote, Jimmy Gaudreau, Dominique Fosse
NEWS
Coyote Report
TOULOUSE SO BLUES
Compétition et salon pro les 8
et 9 mars. Même si vous n’êtes
pas Born Toulouse (ha) venez
montrer vos douze mesures.
(www.bluesyou.com)
BLAST FROM THE PAST
Titre de l'album du groupe
italien Bluedust Bluegrass
Band qui rend hommage aux
grands pionniers (Monroe,
Scruggs, Flatt, Stanley) avec
Perry Meroni (vo, grt) Dino
Barbè (bjo) Josh Villa (vo, mdl)
Tony Spezzano (vo, gtr) Marco
Centemeri (vo, bss)
I'LL NEVER HONKY TONK YOU
Album de Amanda Cevallos,
avec Redd Volkaert, Dale
Watson, James Hyland, Lloyd
Maines, Earl Pool Ball, Augie
Meyers etc. Elle sera à Mirande
cet été si tout va bien
RALPH & CARTER STANLEY
Lonesome Melodies: The Lives
and Music of The Stanley
Brothers par David W. Johnson
University Press of Mississippi
300 pages, 16 photos 50$
MUSiC BUSiNESS EN DOLLARS
Selon Forbes, Taylor Swift (22
ans) a gagné 57 millions en
2012 devant Toby Keith (55) et
Kenny Chesney (44)
BLUEGRASS SUMMiT
Le rassemblement européen de
l'EBMA à Prague (15-17 mars)
sera suivi d'un stage avec Pete
Wernick (22-24 mars)
PENSÉE BLUEGRASS PATERNELLE
Shelby Ann, 18 ans, fille de
James King, s'est tuée dans un
accident de la route
THE OLD SCHOOL
Titre du prochain CD de Peter
Rowan (Compass Rds) produit
par Alison Brown. Onze titres
dont Freedom Riders (reprise
d'Odetta). Invités : Bobby
Osborne (Stealing My Time)
Jesse McReynolds (Mountain
Man’s Dream) Bryan Sutton
(Doc Watson Morning)
Traveling McCourys, Michael
Cleveland (fdl), Jeremy Garrett
(Infamous Stringdusters), Chris
Henry, Mike Witcher, etc.
ON L'A MANQUÉ EN 2012
Je ne quitterai pas ce monde
en vie, de Steve Earle (Ed.
L’Ecailler) traduit par François
Thomazeau (260 p, 18 €).
MUSiC iS LOVE
A Singer-Songwriter's Tribute To The
Music Of Crosby, Stills, Nash & Young
(Hemifran)
AMi E
T
COYO
CONCERT TiM BRADLEY
Avec l'aide de GC-Music
Consultant, concert de Tim
Bradley pour la première
fois en France le 27 Avril à
Vaugneray (69) au cours de
la soirée Blue Stars
UNE PETiTE iDÉE DE L'ENFER ?
La réunion, le 7 août à Galax
(Virginie) de 389 mandolinistes
jouant ensemble (!?!) 3 titres (!)
est homologuée comme record
du monde par le Guiness Book
COCHON QUi DORT
Un cheval entre dans un
bar country, commande une
bière, s'asseoit dans un coin
et commence à lire le journal.
Le barman est un peu surpris
mais, supposant le cheval
peu malin et ne sachant pas
compter, il ne lui rend qu'un
dollar sur son billet de vingt.
Le cheval ne dit rien... puis il se
lève, va au bar et commande
une autre bière. Le barman lui
dit alors avec un sourire :
- Vrai, c'est pas ben souvent
qu'on a des chevals par ici...
Et le cheval lui répond :
- A dix-neuf dollars la bière, ça
ne m'étonne pas du tout ! ©
The Coyote Staff
BEN BEDFORD
What We Lost
(Waterbug Records)
Cri du Cœur (Sam Pierre) Cri n°131
L’adhésion/ abonnement
est de 6 numéros.
Les Bienfaiteurs participent
au tirage au sort ”Ami-Coyote“
pour gagner des CD.
Les articles, signés, n’engagent
que l’opinion de leurs auteurs.
NB : Les documents non
sollicités ne sont pas renvoyés.
Directeur de la publication
Jacques BRÉMOND
Coyauteurs :
Marc ALÉSiNA
Eric ALLART
Bernard BOYAT
Christian BRÉMOND
Jean-Jacques CORRiO
Jacques DUFOUR
* Jean-Luc FAïSSE *
Dominique FOSSE
Alain FOURNiER
Gérard HERZHAFT
Christian LABONNE
Roland LANZARONE
Jacques MONTELLE
Serge MOULiS
Philippe OCHiN
Sam PiERRE
François ROBERT
Michel ROSE
Eric SUPPARO
Lionel WENDLiNG
ABONNEMENT :
29 Euros (6 n°)
Bienfaiteur: 34 Euros
Etranger: 32 Euros
AMi E
T
COYO
Liste des gagnants : Billy BiGOURET (42) - Jean-Jacques CORRiO (13)
Pierre GUiCHARD (69) - Jean-Marie KAMiNSKi (74) - Alain RENAUD (76)
Ce n° est dédié à Mike Auldridge
Le Cri du Coyote, BP 48, 26170 Buis-les-Baronnies ([email protected])
Le Cri du Coyote n°132 page 44