Zone Aérobie (Formule de Karvonen)(Volodalen.com)

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Zone Aérobie (Formule de Karvonen)(Volodalen.com)
Zone Aérobie
(Formule de Karvonen) (Volodalen.com)
Fc repos = fréquence cardiaque prise au matin avant toute forme d'activité
% visé = pourcentage visé à l'intérieur de la zone aérobie pour atteindre un effet spécifique.
Remise en forme générale : 60-70 %
Perte de graisse : 65-75 %
Développement du Vo2 max : 70-85 %
La fréquence cardiaque cible est le nombre de battement cardiaque à atteindre à chaque minute pour
obtenir l'effet d'entraînement désiré. Toutefois comme il est difficile de maintenir une fréquence cible,
le regroupement de différents pourcentages d'entraînement crée une zone d'entraînement. Chaque zone
d'entraînement a un effet d'entraînement spécifique.
Par exemple la zone qui permet une meilleure consommation des lipides (diminution du % de
graisse) se situerait entre 65 % et 75 % d'intensité et la durée devrait dépasser 20 minutes.
La zone qui permet après un certain temps d'entraînement l'amélioration du système cardiovasculaire (VO2 Max) se situerait entre 70 % et 90% d'intensité pour une durée minimale de 20
minutes.
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Estimation de la Fréquence cardiaque en fonction des différentes zones de travail
Votre Fréquence cardiaque maximale (FC max) théorique peut être calculée par la formule suivante :
 Hommes : 214-(0.8*age).
 Femmes : 209-(0.7*age)
Les différentes zones de travail sont calculées à partir de la formule de Karvonen :
FC = ((Fc max - Fc repos) x P/100) + Fc repos. (P = % de la FCmax)
2 Utiliser la FC dans le cadre de l'entraînement
La FC peut servir à fixer ou à contrôler l'effort effectué.
2.1 Fixer l'effort
L'utilisation de la FC pour déterminer l'intensité relative de l'exercice est basée sur le fait que
le pourcentage de la consommation d'oxygène, donc de la dépense énergétique d'origine
aérobie, et le pourcentage de la fréquence cardiaque maximale (FC maximale) sont liés
mathématiquement (Astrand et Rodahl, 1994). Grâce à cette proportionnalité, il suffit de
suivre l'évolution de la FC pour :
- connaître, de manière assez précise, la dépense énergétique aérobie d'une personne
- fixer la sollicitation aérobie.
Utiliser la fréquence cardiaque pour fixer le niveau d'effort, c'est :
1) se dire avant la séance : "aujourd'hui je vais courir à x puls/min",
2) s'assurer pendant la course que le niveau escompté est bien respecté. Si ce n'est pas le
cas,
3) adapter son effort de manière à se maintenir au niveau de la FC ou de la zone cible de
FC.
Un petit mot à propos du dernier terme que nous venons d'employer. Dans la mesure où
l'athlète vise à atteindre un niveau de FC, nous parlons de FC cible. Cette FC peut être
donnée sous forme d'une valeur précise ou, plus souvent, sous forme d'un secteur cardiaque
qu'il convient d'atteindre. Par exemple, l'intensité à obtenir peut être comprise entre 170 et
180 puls/min. Dans ce cas, nous parlons de zone cible de FC. Les cardiofréquence-mètres
actuels permettent de délimiter des zones cibles par des signaux sonores.
Trois grandes méthodes permettent de fixer les FC cibles :
2.1.1 Méthode de la fréquence cardiaque maximale
Dans le cadre de son entraînement, un athlète détermine les allures qu'il va adopter. Pour ce
faire, il prend souvent pour base commune la vitesse atteinte à la consommation maximale
d'oxygène (VMA). Il prévoit alors de faire telle séance à 85% de VMA, telle autre à 100% de
VMA (voir le secteur tout sur l'entraînement). Le principe de la méthode basée sur la
fréquence cardiaque maximale (FC maximale) est exactement le même. La FC ne fait que
remplacer la vitesse de course. L'athlète détermine sa FC maximale par exemple en faisant
un test progressif de course (tests). Il peut aussi se baser sur la formule d'Astrand : FC
maximale = 220 - âge (ce procédé est cependant entaché d'erreurs qui peuvent être
importantes). Une fois qu'il connaît sa FC maximale, il n'a plus qu'à calculer le pourcentage
désiré. Pour une FC maximale de 200 puls/min, une séance réalisée à 80% du maximum
donnerait une FC cible de 160 (80x200/100).
Une seconde méthode, proposée par un chercheur scandinave répondant au doux nom de
Karvonen, conduit à prendre en compte, non pas la seule FC maximale, mais la différence
existant entre la FC maximale et la FC de repos.
2.1.2 Méthode de Karvonen
Pour ce chercheur, plus que la FC maximale, compte l'amplitude des variations possibles
entre le repos et le niveau maximum. Cette amplitude est appelée FC de réserve - mais cette
précision n'est pas vitale -.
Karvonen propose de déterminer la FC cible à partir de la petite formule qui suit :
FC cible = FC repos + %(FC maximale - FC repos).
C'est un peu plus compliqué mais c'est censé être plus représentatif du véritable impact de
l'exercice sur l'organisme. Un athlète ayant une FC de repos de 50 puls/min, une FC
maximale de 200 puls/min et souhaitant s'entraîner à 80% de son maximum courra à : 50 +
0,8 x (200-50) = 50 + 120 = 170 puls/min.
Cette méthode conduit à des FC cibles plus élevées que la méthode précédente.
Les deux méthodes peuvent être entachées d'erreurs notoires :
- La première erreur a trait à la FC maximale. Si la formule 220 - âge donne réellement notre
FC maximale nous pouvons estimer avoir de la chance. En effet, cette formule est
statistique. Or une donnée statistique dit qu'il y a plus de possibilités pour que le résultat soit
proche de la valeur fournie plutôt que de n'importe quelle autre.
Pourtant, elle ne garantit nullement que tel sera le cas. Il suffit que la dispersion des résultats
autour de la moyenne soit grande pour que la plupart des personnes ne présentent pas une
FC maximale égale à 220 - âge. En plus de cette erreur liée à la dispersion, s'ajoute une
erreur liée au fait que, en général, les sportifs entraînés en endurance ont une FC maximale
légèrement inférieure à celle de la moyenne de la population.
Dès lors, il y a toutes les chances pour que la formule surestime leur FC maximale réelle et,
en conséquence, le niveau d'effort représenté par la FC cible.
- La seconde erreur porte sur l'hypothétique relation linéaire qui existerait entre l'effort fourni
et la fréquence cardiaque observée. Selon ces méthodes, 70% de FC maximale (ou de [FC
de réserve + FC repos] + FC repos) représenterait 70% du niveau maximal aérobie. Or, nous
avons vu que très souvent l'évolution de FC marquait un fléchissement avant d'arriver au
maximum de l'effort. De cette inflexion résulte une relation qui n'est pas aussi simple que
celle entrevue.
Une troisième voie permet d'éviter les erreurs inhérentes aux deux premières. Cette
approche prend en compte le rapport entre la FC et les vitesses de course.
2.1.3 Méthodes des FC alliées aux vitesses
Plutôt que de remplacer ex-nihilo les vitesses par la FC, cette méthode propose de partir de
la relation observée pour chaque athlète entre ces deux variables.
Au départ, il est nécessaire de faire un test permettant d'associer une FC à chaque vitesse
de course. Les tests progressifs s'adaptent parfaitement à cette tâche (voir la page tout sur
l'entraînement/transformer l'énergie/la filière aérobie - mais aussi la page outils
informatiques/tests).
A chaque palier du test, une FC moyenne est calculée. Cette FC est associée à la vitesse du
palier exprimée en fonction du dernier niveau atteint (% VMA). Prenons l'exemple d'un
coureur qui s'est arrêté à la fin du palier 20 km/h (VMA). A 16 km/h, il a relevé une FC de
170. 16 km/h représentant 80% de sa VMA (16x100/VMA), s'il veut faire une séance à 80%
de son maximum aérobie, il fixera sa FC à 170 puls/min.
Cette méthode ne prend pas en compte la FC maximale pour la détermination des FC cibles.
Seules comptent les relations observées pendant le test entre les vitesses de course et les
FC associées. Une telle stratégie est de loin la plus précise pour fixer le niveau de
sollicitation de la filière aérobie. Cependant, elle exige une réévaluation fréquente (toutes les
4 à 6 semaines) du lien mesuré entre FC et vitesse de course. En effet, la FC diminue assez
rapidement avec l'entraînement. Si cette baisse n'est pas prise en compte, les niveaux
cardiaques imposés risquent d'obliger l'athlète à adopter des allures souvent trop poussées.
A partir de la méthode des vitesses, nous pouvons avoir une idée moyenne de la relation
liant la FC et le niveau aérobie sollicité. La figure présentée ci-dessous fait le lien entre les
niveaux de FC, de VO2 et les zones de développement aérobie (tout sur l'entraînement).
VO2ou vitesses
65%
80%
VO2max
ou VMA
FC
70%
90
FC max
zones
Fractionné
Zone
rouge
Comparaison des intensités liant la méthode des vitesses (% VO2max ou % VMA)
et la méthode de la fréquence cardiaque (exprimée en % du maximum)
Footing lent à moyen
zone verte
Footing rapide
zone jaune
Allures intervalles
zone orange
Nous pouvons voir qu'il n'existe plus de relation d'identité entre le pourcentage de FC
maximale et celui de VO2max. Par exemple au niveau du footing rapide, la VO2max est
proche de 80% alors que la FC est, en moyenne, égale à 90% du maximum. Gardons à
l'esprit que les valeurs données correspondent à des moyennes. Elles ne dispensent pas
d'avoir recours à des données individualisées établies à partir d'un test progressif.
Jusqu'à présent, nous nous sommes servis de la fréquence cardiaque pour fixer l'allure de
course. Dans ce qui suit, nous discutons de la pertinence de cette stratégie.
Fixer ou contrôler l'effort ?
Un coureur a-t-il intérêt à régler son effort sur la seule base de la FC ? Nous avons vu que le
niveau cardiaque était un déterminant important de la filière aérobie. Dès lors, en l'absence
de tout autre indicateur (repères permettant de connaître la vitesse par exemple), sa prise en
compte permet d'avoir une idée assez précise de l'effort aérobie fourni.
La limite de ce raisonnement est que la FC ne prend pas en compte tous les déterminants de
l'effort. Elle n'est qu'un rouage - certes important mais pas unique - d'un système qui
l'englobe. Dès lors, elle peut très bien ne pas refléter une fatigue musculaire ou
psychologique, une lassitude ou un état d'euphorie. C'est pourquoi nous pensons qu'elle ne
devrait être qu'exceptionnellement utilisée pour fixer les allures.
Oui, mais si l'athlète n'utilise pas la FC pour fixer le niveau de l'effort à accomplir, sur quoi
peut-il se baser pour le faire ?
Par exemple, sur la vitesse - s'il dispose d'un parcours balisé - ou sur les sensations qu'il
ressent. Ce deuxième indicateur permet d'éviter l'enfermement dans le carcan du "tout prévu
à l'avance" et du "tout contrôlé en permanence".
La perception de l'effort est un indicateur beaucoup plus central que la FC. Il prend en
compte l'ensemble des informations en provenance de l'organisme et de l'environnement.
L'apprentissage de ses sensations permet à l'athlète d'utiliser de manière très fine cet
indicateur d'effort qu'il a en lui. Si la perception subjective de l'effort vous intéresse, vous
pouvez vous rendre à la page que nous lui consacrons (physiologie/la perception de l'effort).
Dans, tous les cas, nous allons voir que le recours aux sensations est fort utile même
lorsque la FC est prise en compte. Il permet en effet d'assurer un meilleur contrôle de l'effort.
2.2 Contrôler l'effort et suivre l'entraînement
Contrôler l'entraînement c'est, une fois une séance ou un cycle d'entraînement réalisé,
revenir dessus et se poser une question : que signifie l'impact observé ? Cette question
renvoie à l'évolution cardiaque attendue en fonction de l'entraînement effectué. La réponse
passe par la prise en compte des indices mesurés et de leur évolution avec l'entraînement.
Que mesurer ?
4 points clés de l'évolution cardiaque peuvent être relevés pendant une séance :
- la rapidité de la transition entre le repos et l'effort : passage de la FC de repos à la FC
d'exercice
- le niveau atteint à chaque vitesse de course
- la dérive cardiaque : pendant l'exercice, la FC a tendance à augmenter en dépit d'une
intensité restée stable. C'est cette élévation que nous avons appelée dérive cardiaque dans
le chapitre précédent.
- la rapidité de la récupération : à la fin de l'exercice, la fréquence cardiaque diminue plus ou
moins rapidement.
Enfin, deux indices supplémentaires peuvent être ajoutés dans le cadre du suivi de
l'entraînement : les fréquences maximales et de repos.
Six paramètres cardiaques utilisés
pour le suivi de l'entraînement :
1 la transition
2 le niveau atteint à chaque effort
3 la dérive cardiaque
4 la récupération
5 la FC maximale
6 la FC de repos
Ces valeurs évoluent différemment selon la difficulté de la séance et l'état de forme du
sportif. Leur dynamique permet d'évaluer l'impact physiologique d'une séance ou d'une
période d'entraînement sur un organisme.
Interpréter les effets d'une séance et d'un processus d'entraînement
Avant de voir les évolutions des critères cardiaques retenus, revenons sur le passage qui
précède. Dans nos propos, nous mêlons allègrement effets d'entraînements, difficulté d'un
exercice et état de forme ou de fatigue d'un athlète. Si nous nous permettons ces mélanges
c'est simplement que, selon le contexte, une même évolution cardiaque peut traduire ces
trois notions.
Un exercice physique produit un impact physiologique sur l'organisme qui le réalise. Or, cet
impact est à l'interface entre une difficulté externe (l'exercice) et une réponse interne
(l'organisme qui réalise l'exercice). Ainsi, l'impact ressenti peut être le fait :
1) de l'intensité de l'exercice (charge externe qui peut être objectivée par la vitesse par
exemple)
2) de l'état physiologique de l'athlète lequel peut être du à des facteurs passagers (forme ou
fatigue du moment) ou plus durables (effets d'entraînement).
C'est le contexte dans lequel la mesure cardiaque est effectuée qui va permettre de faire la
part de ces influences. Une réponse cardiaque plus faible est le reflet d'un moindre impact
de l'exercice sur l'organisme. A l'athlète et à l'entraîneur de déterminer si ceci est le fait d'une
moindre intensité de l'exercice (charge extérieure évaluée par exemple par la vitesse de
course) ou d'une meilleure capacité du sportif (adaptations internes suite à un entraînement
par exemple).
Ainsi, dans ce qui suit, nous pourrons parler tout aussi bien d'une séance facile que d'un
entraînement bien réalisé ; d'une séance dure que d'un entraînement aux effets néfastes ou
d'une fatigue du sportif.
L'explication est certainement confuse mais elle va s'éclaircir à la lecture des exemples qui
suivent. Commençons par parler du niveau de FC atteint à chaque vitesse de course.
2.2.1 Effets d'entraînement sur le niveau des FC à chaque vitesse de course
L'évolution de la fréquence cardiaque en général et le niveau du seuil cardiaque (point de
déflexion) en particulier sont modifiés par l'état d'entraînement, de désentraînement ou de
fatigue du sportif (par exemple, Lehnertz et Martin, 1988).
Cet effet peut être perçu sur les différents types d'exercice.
Pendant un test progressif, des athlètes bien entraînés dans le domaine de l'endurance
présentent une courbe nettement plus aplanie avec un point de déflexion survenant plus
tardivement (figure ci-dessous). Pour une FC identique, ils peuvent fournir une charge de
travail plus élevée. A ce titre, l'adaptation cardiaque présente un intérêt indéniable pour le
suivi de l'entraînement (Howald in Herren et al, 1988). Il suffit de faire un test progressif
avant et après une période d'entraînement pour faire le constat ou non d'une évolution
cardiaque correspondant à une amélioration de l'aptitude aérobie (décalage de la courbe
vers la droite).
Évolution de la fréquence cardiaque avec la vitesse de course aérobie
avant et après une période d'entraînement
Pour une même puissance absolue d'exercice, la fréquence cardiaque diminue donc après
une période d'entraînement (Billat et al 1999). Ainsi, si suite à quelques semaines de
pratique, l'athlète repère une baisse de sa FC sur un parcours effectué à la même vitesse
qu'avant l'entraînement, c'est certainement qu'il a progressé.
Cette baisse se retrouve au cours des exercices réalisés à vitesse constante ou sous forme
de fractionné.
Évolution de la fréquence cardiaque au cours d'un footing réalisé à la même vitesse
avant et après une période d'entraînement
Le profil présenté ci-dessus serait proche si nous avions comparé, à quelques jours
d'intervalle, un exercice intense et un exercice léger.
Outre, la valeur cardiaque plus faible associée à une même allure de course, les autres
paramètres cardiaques que nous avons donnés montrent eux aussi une évolution
significative.
2.2.2 La transition entre le repos et l'effort
L'adaptation cardiaque à l'effort est plus rapide chez des athlètes de niveau supérieur
(Courteix et al 1995). Après une période d'entraînement, un athlète met donc moins de
temps pour atteindre une certaine stabilité de FC. Cette évolution est particulièrement visible
au niveau de la figure montrant l'évolution cardiaque observée pendant un footing rapide
(partie verticale de la courbe). En revanche, elle est difficile à prendre en compte dans le
cadre du suivi de l'entraînement. C'est, en général, un indice qui n'est pas utilisé.
2.2.3 La dérive cardiaque
Nous avons signalé, dans la première partie, que la FC pouvait très bien ne jamais se
stabiliser même si la vitesse restait identique. Nous avons appelé "dérive cardiaque" cette
différence de FC repérée entre le début et la fin de l'exercice. Cette dérive montre que la
durée de l'effort comme l'intensité a un impact sur l'évolution de la FC.
Cette dérive est, elle aussi, réduite suite à une période d'entraînement.
Dérive cardiaque relevée au cours d'une séance de fractionné (5x1000)
réalisée avant et après une période d'entraînement.
La figure ci-dessus présente la dérive cardiaque observée au cours d'un même exercice
effectué avant et après une phase d'entraînement. Rappelons que si nous faisions la
représentation de deux exercices réalisés la même semaine mais à des intensités
différentes, le schéma serait exactement le même. L'exercice difficile provoquerait une dérive
importante alors que l'exercice facile pourrait ne pas induire de dérive cardiaque. La stabilité
de la fréquence cardiaque est simplement l'indice d'une bonne adaptation à l'effort que celleci soit le fait de l'exercice ou de l'état d'entraînement.
Le niveau d'adaptation cardiaque à l'exercice peut aussi être donné par la FC de
récupération.
2.2.4 FC de récupération
A l'issue d'un effort, la FC peut s'élever pendant 5 à 10 secondes ; mais ensuite, elle diminue
de manière très rapide. La baisse est d'autant plus marquée que l'athlète est entraîné et que
l'impact est faible.
Évolution de la récupération cardiaque après un même exercice de course
réalisé avant et après une période d'entraînement
L'entraînement s'accompagne d'une récupération cardiaque plus rapide.
Classiquement, la mesure est prise après une minute de récupération. Le simple suivi de la
fréquence cardiaque atteinte après cette minute permet de se faire une idée de l'intensité de
l'effort enduré par l'athlète (Noding et Mende, 1979). Généralement, un athlète bien entraîné
retrouve des valeurs proches de 120-130 pulsations/minute après une séance réalisée à la
VMA. Si l'intensité est plus élevée, si l'athlète est fatigué, ou si l'entraînement a été néfaste,
ces valeurs peuvent monter jusqu'à 150-170 pulsations/minute.
L'entraîneur du britannique Ovett - champion olympique du 800m à Moscou - déclarait que
lorsque son athlète était à sa meilleure forme, il pouvait enchaîner des courses de 500m
réalisées en moins de 1'05" et retrouver une fréquence cardiaque voisine de 90 puls/min
après 1 minute de récupération.
Finalement, nous observons que la fréquence cardiaque suit très finement l'évolution de
l'effort fourni. Plus la fatigue provoquée par l'effort aérobie est importante, plus la dérive et le
niveau cardiaque sont élevés, plus la récupération est lente.
Rappelons, une fois de plus, que ces adaptations doivent toujours être interprétées dans un
va et vient entre l'athlète et son environnement. Elles peuvent être le fait de la charge
extérieure ou de modifications internes à l'organisme (forme du moment ; effets
d'entraînement).
Parlons enfin, des deux indices supplémentaires qui peuvent être utilisés dans le cadre du
suivi de l'entraînement : les fréquences maximales et de repos.
2.2.5 La fréquence cardiaque maximale
La valeur de la FC maximale réelle (par opposition à la FC maximale théorie vue dans la
partie précédente) peut être obtenue par différents types d'exercices. Le test progressif de
course est celui le plus souvent utilisé. Toutefois, un footing rapide terminé par une
accélération maximale sur une durée proche d'une minute peut également faire l'affaire. Une
séance de VMA conduit également à la FC maximale dans les dernières répétitions… Dans
tous les cas, ces exercices sont à réserver aux athlètes entraînés ou en bonne santé. A
partir de la quarantaine, ils doivent être destinés aux seuls sportifs bien entraînés.
Suite à un entraînement aérobie, la FC maximale a tendance à diminuer légèrement. Nous
verrons dans le chapitre suivant l'explication physiologique de cette baisse. Cette évolution
est tout à fait habituelle. Elle ne dit rien de la capacité de performance du sportif. En
revanche, une baisse importante de la FC maximale (plus de 5 à 10 pulsations)
s'accompagne très souvent d'une perte de capacité à encaisser des variations d'allures, à
courir à des allures proches et supérieures à VO2max. Une telle adaptation est souvent le
fait d'un entraînement réalisé quasi exclusivement dans les allures modérées (footings lent à
rapide, zones verte et jaune).
2.2.6 La fréquence cardiaque de repos
Comme son nom l'indique, la FC de repos est mesurée pendant une période de calme.
Généralement, les moments les plus propices sont l'avant ou l'après "dodo". Étant donné
que sa valeur est sensible à la position (debout, assise ou couchée), à l'heure (elle est la
plus faible vers 3 heures du matin), à l'alimentation… il est conseillé de veiller à la mesurer
dans des conditions proches.
Dans tous les cas, la validité des mesures passe par le respect d'une période de calme de
plusieurs minutes précédant la mesure. Elle gagnera à être répétée pendant plusieurs jours.
L'entraînement aérobie provoque une baisse de la FC de repos. Si suite à une période
d'entraînement un athlète remarque que sa FC de repos a baissé c'est donc plutôt bon
signe. Mais attention ! Les signes de très bonne adaptation sont souvent proches des signes
de fatigue. En effet, une FC de repos extrêmement basse peut être le fait d'un état de fatigue
qui s'installe. Si tel est le cas, après une première période de "déprime", la FC de repos
devrait commencer à remonter.
Le diagnostic permettant de faire la part entre la fatigue momentanée (ou plus durable) et les
effets liés à l'entraînement, repose sur une mise en relation de la FC avec les sensations
ressenties.
2.2.7 Lire les FC à la lumière des sensations
Pour rendre compte de l'interprétation d'un entraînement basé sur la FC et les sensations,
appuyons-nous sur la lecture des niveaux cardiaques observés à l'issue d'une même séance
réalisée avant et après une période d'entraînement.
A l'issue de la séance "post-entraînement", quatre situations sont possibles :
1) les FC ont baissé et les sensations sont bonnes, l'exercice est accompagné d'une
impression de facilité
C'est le meilleur profil pouvant être obtenu. Indiscutablement, l'entraînement a eu des effets
positifs sur la filière aérobie.
2) les FC ont baissé mais les sensations sont mauvaises, l'exercice paraît difficile.
L'adaptation aérobie s'est améliorée mais le sportif est certainement fatigué. S'il prend le
temps de récupérer, il passera certainement dans la première catégorie. En revanche, s'il
persiste à s'entraîner durement sans s'accorder le temps du repos, il risque de tomber dans
le surentraînement.
3) les FC ont augmenté mais les sensations sont bonnes.
Cette adaptation est souvent observée dans les phases de reprise de l'entraînement.
L'athlète " a de l'énergie" pourtant ses systèmes fonctionnels aérobies ne sont pas à la
hauteur. Il peut très bien réaliser de bonnes performances dans les épreuves courtes (800m1000m). Le risque inhérent à cet état est d'accumuler les séances très fatigantes et de
tomber dans le surentraînement. Toutefois, le plus souvent, l'athlète évolue vers les
catégories 2 ou 1.
4) les FC ont augmenté et les sensations sont mauvaises
L'athlète n'est pas en forme. Il peut sortir d'une période d'inactivité assez longue ou ne pas
supporter son entraînement. Dans ce second cas, une période de repos et la réévaluation de
l'entraînement s'imposent.
Nous savons comment la FC évolue avec le type d'exercice effectué et avec le niveau
d'entraînement. Nous savons lire ces évolutions en termes d'état de forme et de niveau
d'entraînement. Essayons à présent de les traduire dans le langage physiologique. Voyons
ce qui, dans notre biologie, est susceptible d'expliquer les adaptations cardiaques liées à
l'entraînement (page suivante : déterminants biologiques de la FC)