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Dans
l’attente
d’un espoir
Haïti vit maintenant sous tutelle des Nations Unies
et attend beaucoup des résultats
des élections présidentielles prévues en février 2006.
(d'après "le Dessous des Cartes" – avril 2006)
Emplacement d'Haïti
Haïti est situé dans la mer des Caraïbes, dans l'archipel des Grandes Antilles.
Le pays occupe la partie ouest de l'île de Saint Domingue, et s'étend sur 28 000 km²,
comprenant les îles de la Tortue (au nord),
de la Gonave et de la Grande Cayemite (dans le Golfe de Gonave)
et l'île à Vache (au sud).
les Haïtiens
Les habitants d'Haïti sont tous descendants d'esclaves.
Ils furent importés du continent africain, à partir du XVIIe siècle,
pour travailler sur les plantations de sucre.
les Haïtiens
Mais cette origine commune ne donne pas pour autant une cohésion sociale à la population.
La fracture entre Créoles et “Bossales” (signifiant "peaux sales") est avant tout sociale.
Ainsi, les "Bossales" sont les Haïtiens noirs (90 % de la population)
et les "Créoles" sont les descendants d’esclaves affranchis et de mulâtres.
les Tensions sociales
Au lendemain de l'indépendance, en 1804,
les Créoles ont accaparé le pouvoir et les richesses,
espérant ainsi retrouver la réussite économique de l'époque coloniale.
les Tensions sociales
Or l’antagonisme entre Créoles et Bossales ne reflète pas seulement une opposition entre classes
mais également une opposition entre races.
Cette fracture perdure depuis près de 200 ans,
et explique en grande partie les tensions sociales du pays.
les Religions
Les Haïtiens tirent une partie de leurs croyances de leur origine africaine.
Le vaudou occupe ainsi une place importante dans la vie sociale.
Cette religion animiste, originaire du Dahomey, représente un système de référence
qui explique les mystères de la vie et de la mort.
les Religions
Bien que la grande majorité des Haïtiens pratique des rites vaudous,
80 % sont catholiques, 10 % baptistes et 6 % évangélistes.
Le président François Duvalier, dans les années 1950, utilisa d'ailleurs le vaudou,
en se faisant passer pour l'incarnation du Baron Samedi, c’est-à-dire le Dieu de la mort,
pour effrayer et contrôler la population.
Population
Haïti compte 8,5 millions d'habitants et a une densité de plus de 300 habitants au km².
La population urbaine se concentre dans les villes
de Cap Haïtien, Gonaives
et surtout de Port-Au-Prince, la capitale (2 millions d'habitants).
Un pays de montagnes
Haïti est principalement occupé par un relief accidenté
(les montagnes Noires, la chaîne des Matheux, le massif de la Hotte
et le massif de la Selle, qui culmine à 2700 m)
ce qui réduit les surfaces de terre disponibles pour la mise en culture.
Rappelons d’ailleurs "qu’Haïti" signifie "montagneux" dans la langue des Indiens arawak.
l'Agriculture
Depuis l'époque coloniale,
des plantations de cacao, de café, de canne à sucre, de coton, et de sisal, se sont développées.
Mais le pays cultive aussi
des mangues, du maïs, du sorgho, des haricots, et des tubercules
pour la consommation locale.
la Déforestation
L’agriculture a contribué au déboisement des montagnes.
Ce défrichement de nouvelles terres a par ailleurs permis de produire du charbon de bois,
qui reste souvent l'unique source d'énergie pour les ménages.
la Déforestation
En revanche, les conséquences de ces pratiques ont fait disparaître 97 % de la forêt primaire.
De plus, cette déforestation accélère l'érosion des sols, et réduit leur fertilité,
contraignant les habitants à l'exode rural.
l'Économie d'Haïti
L'agriculture est le principal secteur économique du pays.
Elle occupe près de 60 % de la population active et elle représente 30 % du PIB.
L’élevage de lapins, de porcs, et de volailles, ainsi que la pêche
contribuent aux chiffres de ce secteur,
ce malgré les nombreux cyclones qui réduisent considérablement les bancs de poissons.
l'Économie d'Haïti
Quant à l’industrie, elle se limite au textile et à des usines d'assemblage,
surtout depuis la fermeture de la mine de bauxite (en rouge).
Et contrairement à de nombreuses îles des Caraïbes, le tourisme ne joue plus de rôle majeur,
le Club Méditerranée a d’ailleurs fermé ses portes au début des années 2000,
pour cause d'instabilité politique.
la Pauvreté
Haïti est l'un des pays les plus pauvres au monde
(85 % de la population vit avec moins de un dollar par jour).
L'espérance de vie n’atteint que 52 ans,
et la mortalité infantile s’élève à 76 pour 1000, alors qu’elle est de 5 pour 1000 en Europe.
la Pauvreté
Le taux d'analphabétisme avoisine les 50 %,
et près d'un habitant sur deux n'a pas accès à l'eau courante et ni à l'électricité.
Par ailleurs, les inégalités sont particulièrement frappantes
puisque seul 1 % de la population concentre 50 % des richesses du pays.
l'Aide internationale et l'économie souterraine
L'aide internationale est un élément structurel de l'économie
qui contribue à près de la moitié du budget de l'État.
Plus de 250 organisations humanitaires fournissent une aide alimentaire ou médicale.
Mais certaines ONG américaines accompagnent leur soutien d’un discours religieux.
l'Aide internationale et l'économie souterraine
Par ailleurs, l’État n’est pas structuré, ce qui permet le développement
de la corruption, de la contrebande et des trafics en tout genre,
profitant de la position équidistante du pays
(1700 km de côtes, un espace aérien sans surveillance)
entre la Colombie et la Floride.
l'Aide internationale et l'économie souterraine
Selon la DEA américaine (Drug Enforcement Administration),
15 % de la drogue colombienne pénétrant sur le marché américain transiterait par Haïti.
Émigration des Haïtiens
La détérioration du niveau de vie pousse la population à l’émigration.
Aujourd’hui, un Haïtien sur cinq vit à l'étranger, soit une diaspora de près de 2 Mns de personnes.
Ils vivent principalement en République dominicaine (1 Mn) ;
aux États-Unis (400 000, notamment à Miami et à New York) ;
au Canada (à Montréal) ;
Émigration des Haïtiens
en France (transitant par la Guadeloupe ou la Martinique),
où 5000 demandes d'asile ont été déposées en 2005 ;
et aux Pays-Bas en passant par le Surinam.
Ces émigrés haïtiens enverraient au pays entre 500 millions et un milliard de dollars par an,
soit 25 % du PIB haïtien, ou presque trois fois le budget de l'État.
Criminalité, bandes armées, des milices telles que "les Chimères"
tout cela crée une grande insécurité,
et a conduit au report à quatre reprises des élections.
Haïti est sous tutelle internationale
depuis la fuite du président Aristide.
Et c’est la Minustah
– la MIssion des Nations Unis pour la STAbilisation en Haïti –
sous commandement brésilien,
qui est en charge
d'organiser les élections présidentielles libres en 2006.
L’enjeu de ces élections est multiple :
- réinsertion des bandes armées dans la société ;
- dire la réalité sur la violation constante des droits de l'homme,
et bien sûr corriger cette réalité ;
- organiser l'aide économique internationale pour le pays.
Car au fond :
- comment construire une nation haïtienne,
qui intègre l'ensemble de la population et pas seulement les élites
- comment édifier un État qui aurait des institutions stables ?
Cela va demander un long engagement de la communauté
internationale, pendant 15 ans, peut-être 20 ans.
La communauté internationale en aura-t-elle la persévérance ?
Et surtout en a-t-elle besoin ?