Paris-Brest-Paris 2015

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Paris-Brest-Paris 2015
Paris-Brest-Paris 2015
Contrôle de LOUDEAC km 448, il est 7h40 déjà 14h28 mn de vélo je décide de ne pas repartir. Je suis
transi de froid, les genoux bloqués et douloureux depuis la fin de la nuit (température inférieure à 10°C,
renforcée par un frisquet vent du Nord).
Pourtant tout avait bien commencé. La recherche du dossard au vélodrome, l’attente dans le sas de
départ avec Alain et Jean Charles . Une ambiance détendue où se côtoient près de 6000 cyclistes de
soixante nationalités différentes (des Coréens aux Russes en passant par l’Afrique du SUD avec une
colonie importante d’Italiens) avec tous types de vélos (pignon fixe, randonneuses, coursiers, couchés,
carénés, et même des formes de trottinettes à grandes roues).
Le départ est donné pour notre vague à 16h45, les premiers km euphoriques se font sous les bravos du
public de part et d’autre de la route.
Après une dizaine de km l’agglomération s’éloigne et la vitesse moyenne se stabilise entre 35 et 40
km/h. Le peloton reste compact, nous commençons à rattraper les derniers de la vague précédente
partie à 16h30, l’allure est soutenue, nous échangeons quelques mots de temps à autre avec Jean Charles
et Alain, tout va bien.
Au bout de 140 km, premier ravitaillement à MORTAGNE au PERCHE où nous attendent la famille
d’Alain avec le Camping Car et Marie France. Nous mangeons rapidement et nous équipons pour la nuit.
Nous laissons Jean Charles qui a décidé de rouler seul et moins vite.
Un groupe se reconstitue à la sortie MORTAGNE et la progression continue toujours soutenue (35
km/h).
Il fait maintenant nuit noire et nous arrivons au contrôle de VILLAINE LA JOUEL il est 23h25.
Contrôle rapidement effectué en quelques minutes, nous reconstituons un nouveau groupe avec de bons
rouleurs (dont Alain) qui n’hésitent pas à prendre des relais soutenus, et d’autres qui se contentent de
rester dans les roues. Je me sens bien, et je suis confiant pour la suite, je prends aussi quelques relais.
Nous arrivons à FOUGERES, il est 02H28, je prends mes 2 bidons, comme prévu à chaque contrôle, et un
peu de ravitaillement, et nous repartons dans la nuit noire.
Il fait vraiment sombre, nous ne voyons pas les élevages de porcs situés près de la route, mais nous les
sentons…Le froid se fait plus vif.
Un groupe se reconstitue à nouveau, nous rattrapons toujours des coureurs partis avant nous. Les feux
rouges à l’arrière des vélos qui apparaissent au loin sont peu à peu absorbés.
Je commence à avoir des difficultés à boire, car dès les premières gorgées je ressens un besoin urgent,
certainement le froid. Je commence à trouver le train un peu rapide et ne participe plus au relais.
Au contrôle de TINTENIAC à 04h25, je ne prends pas de bidons, il me reste suffisamment de boisson. Je
suis frigorifié, mais je me dis que dès le levé du soleil cela devrait mieux aller.
Les 85 km entre TINTENIAC et LOUDEAC vont me paraître interminables, l’allure a baissée mais reste
assez élevée. Personne ne parle, tous les coureurs baissent la tête.
Nous ne traversons pas de villages, la campagne est déserte, quelques bancs de brume garnissent les
fonds de vallée, et les premières lueurs de l’aube apparaissent. Je suis transi de froid, les articulations de
mes genoux sont gelées, grippées et me font souffrir de plus en plus. Je traîne en fond de peloton et
pense que nous sommes seulement au tiers du parcours. Les difficultés rencontrées il y à 4 ans en fin
d’épreuve, et la perspective d’une nouvelle nuit, m’amènent à réfléchir sur la suite…
A LOUDEAC il est 07h40, nous sommes en avance d’1 heure sur notre tableau de marche, nous
rattrapons Jean Pierre Cellier qui est parti 45’ avant nous, mais c’est décidé je vais rendre mon dossard.
Je vois Alain et Jean Pierre repartir, j’ai les genoux douloureux et gelés. Je suis déçu, je ne pensais pas
que le froid de cette nuit du mois d’août puisse m’handicaper à ce point. Je n’étais pas suffisamment
habillé (surtout les jambes). Pourtant toutes les conditions pour réussir étaient réunies :
Une bonne préparation, plus de 15 000 km accomplis.
Une assistance remarquable Marie France en voiture et Nadège et cie avec le Camping Car.
Des groupes de cyclistes tout au long du parcours.
Pas de pluie prévue .
Le vélo qui tourne à merveille, pas d’ennuis mécaniques.
Dommage…

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