Mai – Septembre 2016 Bulletin des Ursulines de l`Union Romaine

Commentaires

Transcription

Mai – Septembre 2016 Bulletin des Ursulines de l`Union Romaine
Mai – Septembre 2016
Généralat
Réunion Ursuline au Généralat
Caraïbes
Missions pour la Semaine Sainte au Venezuela
1
3
Indonésie
Congrès International Eucharistique aux Philippines
7
Afrique-sud
La Vie à Sainte Lucia
Jubilés – Professions
10
Bulletin des Ursulines
de l’Union Romaine
Via Nomentana, 236
00162 Roma
TEL 06-86-22-181
FAX 06-86-02-769
Généralat
RENCONTRE URSULINE AU GENERALAT
T
ous les trois ans l’UISG (Union Internationale des Supérieures Générales) tient
une assemblée plénière; entre 800 et 900 Supérieures Générales de Rome et de partout
dans le monde y sont présentes.
ère Cecilia a profité de l’occasion
pour inviter les Supérieures Ursulines qui venaient à l’Assemblée à loger au
Généralat et à se réunir le dimanche 8 mai.
I
L
M
es Ursulines présentes à cette rencontre, avec Mère Cecilia et des Conseillères, furent :
Sr Cäcilia Fernholz, Présidente de la Fédération des Ursulines de langue allemande,
et Sr Brigitte Werr;
Sr Cécile Dionne, de l’Union Canadienne,
Sr Theresa Campeau, Chatham,
Sr Anne Lewans, Prelate,
Sr Sandra Sherman, Toledo, USA,
Sr Janet Marie Peterworth, Louisville, USA,
Sr Anne-Marie Cauvas, USAM – Malet,
France,
Sr Anne Spilberg, Brentwood, Angleterre,
Sr Mary McHugh, Union Irlandaise,
Sr Bimla Minj, Congrégation de Tildonk,
Mère Paola Paganoni, Ursulines de St
Charles, Italie.
nformations, y compris interventions et
évènements peuvent être trouvé sur le site
web de l’UISG :
www.internationalunionsuperiorsgeneral.org
Le thème de l’assemblée de cette année est :
Tisser une Solidarité Mondiale pour la Vie.
« Nous souhaitons développer ce thème sous
plusieurs angles différents, notamment :
Prendre soin de la Planète ; les Problèmes du
Monde ; la Vie Religieuse; la Solidarité telle
que nous aimerions la vivre. Pendant cette
Assemblée nous célébrerons le Jubilé d’Or de
l’UISG. Nous ferons une lecture rétrospective
des moments importants de notre histoire ; et
avec le Plan Stratégique nous regarderons
vers le futur. » L’assemblée a lieu du 9 au 13
mai.
1
A
près le goûter, nous nous sommes réunies. Dans son introduction, Mère Cecilia nous a rappelé la présence d’Angèle parmi
nous (Et moi, je serai toujours au milieu de
vous, aidant vos prières), ses promesses et
l’assurance qu’elle est notre « fidèle amie. »
Ensuite chacune a partagé les évolutions récentes de sa congrégation.
d’avoir des liens plus forts et d’être un plus
grand soutien les unes aux autres.
L
es Ursulines de Tildonk au Congo sont
également un signe de paix important au
milieu de la guerre.
P
lusieurs sœurs ont mentionné la question
soulevée pendant leur chapitre : qu’est-ce
que le Seigneur nous demande aujourd’hui ?
B
eaucoup de sœurs ont le souci de la diminution, mais il y a aussi des signes
d’une vie nouvelle. Mère Paola Paganoni a
parlé de la maison ouverte par les Ursulines
de St Charles à Jérusalem. Il y a 491 ans, Angèle y est allée en pèlerinage et cette fondation est comme une extension de sa présence.
C’est aussi une signe prophétique, en ce moment où le Moyen Orient est dans une telle
agitation, de la paix et du soutien des personnes qui souffrent.
P
our certaines, c’est une restructuration de
leurs grands ou vieux bâtiments ; pour
d’autres, c’est une collaboration plus étroite
avec les laïcs ou le développement de programmes pour les Associés. Il y a des groupes
d’Associés qui ont surgi parmi les laïcs même
sans l’initiative des sœurs – signe de la vie du
charisme d’Angèle, qui, comme l’a dit une
sœur, ne nous appartient pas seulement à
nous ; il est quelque chose de plus grand.
M
ère Paola a invité les Ursulines d’autres
congrégations à rejoindre les sœurs làbas pour un séjour court ou long.
L
e temps est toujours trop court, mais ce
fut un après-midi de partage ouvert des
soucis, des idées, de nouvelles entreprises,
une occasion de faire plus ample connaissance.
M
ère Paola nous a aussi encouragées à
avoir des communications plus profondes et plus fréquentes entre nous afin
Statue de Sainte Angèle, Brescia House, Province d’Afrique-sud
2
Caraïbes
MISSIONS POUR LA SEMAINE SAINTE AU VENEZUELA
Sr Bogusława Kalinowska a accompagné le groupe de l’ « Academia Merici », Caracas, à La
Mora
C
ette année-ci nous avons commencé
une nouvelle mission à La Mora, près
de Colonia Tovar, un joli lieu dans les
montagnes, colonisé dans le passé par
l’Allemagne. Il y a là beaucoup
d’agriculteurs qui y plantent des arbres
fruitiers (de pêches ou d’abricots), des
fraises, des mûres (« mora »), des légumes,
etc.
Les missionnaires en route
N
ous sommes allées à La Mora le samedi précédant le Dimanche des Rameaux et sommes revenues à l’Académie
Mérici le Dimanche de Pâques, pour assister à la Messe avec deux autres groupes de
missionnaires, dans le Hall Sr Carmelita à
14h30.
P
endant la mission, nous avons visité
des familles presque tous les matins,
en partageant avec elles notre foi, les invitant à des activités dans l’école où nous logions, et en essayant de savoir quels étaient
leurs besoins : aide matérielle, différents
problèmes de famille, préparation aux Sacrements, etc.
L
’après-midi, nous avons généralement
préparé des activités pour les enfants
(comme confectionner des chapelets, illustrer un Chemin de Croix) ; pour les jeunes
(entretiens sur la drogue, sur l’importance
de l’Eucharistie), et quelques interventions
pour les adultes (par exemple, le Message
de la Divine Miséricorde).
La Beauté de La Mora
N
ous étions 14 personnes dans notre
groupe: 8 étudiantes en 5ième année du
“Bachillerato”, 4 autres personnes, une enseignante en maternelle et moi-même.
Nous avons travaillé ensemble avec 2
Sœurs de la Confraternité du Sacré Cœur
de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie,
qui ont œuvré dans cette mission ces 6
derniers mois. Donc pour nous toutes,
c’était la première Semaine Sainte à La
Mora.
L
e soir, nous avons participé aux célébrations de la Semaine Sainte, dont
une célébration particulière au Venezuela,
la procession du “Nazareno” (une statue du
Christ habillé en pourpre et parfois une
personne habillée de la même manière et
3
portant une croix durant la procession).
Dans notre procession, il y avait beaucoup
de personnes, dont celle qui était habillée
en “Nazareno”, qui marchaient pieds-nus,
en signe de repentance, et pour offrir à
Dieu quelques intentions particulières.
n’avaient pas la foi, mais nous avons vu
qu’il fallait la renforcer et donner un nouvel élan à leur vie. Bien sûr, la présence de
jeunes filles enthousiastes attirait d’autres
jeunes et créait une ambiance de joie et
beaucoup d’énergie. Cette année, j’ai eu
l’attention attirée davantage par la pauvreté
morale dont nous étions témoins et par la
mentalité fermée de quelques-uns qui ne
permettaient pas que leurs enfants soient
éduqués pour changer à l’avenir la manière
de vivre de leur communauté.
T
out notre groupe de missionnaires a
exprimé le désir de revenir ici pour
partager et aider davantage, non seulement
pendant cet événement particulier de la
Semaine Sainte, mais plus souvent, pendant l’année. Les missionnaires ont aussi
réfléchi à la manière dont ils pourraient
manifester toute la reconnaissance que
nous devons à Dieu pour tout ce que nous
recevons dans notre vie de tous les jours, et
partager tout ce que nous pouvons avec
ceux qui sont dans le besoin, surtout le besoin de la Miséricorde de Dieu et de la réconciliation.
Procession du Nazareno
L
a communauté locale nous a accueillies avec cœur, les bras ouverts, et
chaque jour une des familles nous préparait
les repas. Elle les apportait à l’école, ou
bien elle nous invitait chez elle, pour que
nous puissions partager le repas avec toute
la famille. En cette localité, nous n’avons
pas trouvé beaucoup de personnes qui
“Laissez les petits venir….”
Sr Bogusława Kalinowska et un des petits
*****
4
Sr Brenda Ferreira est allée à Maturín avec un groupe de 18 étudiantes (y compris 4 anciennes élèves) un professeur et un parent, deux médecins et un couple.
L
ont pu faire des progrès et dépasser leurs
préjugés en jouant ensemble.
e voyage de Caracas Est par la route
prend de 8 à 10 heures, selon le trafic,
pour arriver à un des états les plus riches
(en raison de ses gisements de pétrole).
Cependant, cette richesse ne se voit pas,
car on y trouve les mêmes queues qu’en
ville à l’entrée de tout centre commercial,
afin d’acheter ce qu’on peut y trouver.
S
an José de Buja est à une heure de
route en dehors de la ville. Il y a là
deux communautés, une créole, l’autre
d’indigènes Warao ; elles vivent l’une à
côté de l’autre, sans trop de compréhension
mutuelle,
de
communication
ou
d’interaction. En outre, peut-être le pire de
tout, l’Eglise n’y est pas présente. Il y a là
un bâtiment, peut-être en meilleur état matériel que les années précédentes, mais,
sans ressources ni personnel, comme dans
le dispensaire de la ville.
Artisanat l’après-midi
E
nsuite nous avons visité les familles
indigènes (surtout des femmes et des
enfants) le long des berges de la rivière.
Plus que de la pauvreté, il y a de la malnutrition. Les enfants mangent une fois par
jour du pain de manioc. S’ils disent qu’ils
ont faim le soir, on leur dit d’aller se coucher. Ils boivent l’eau de la rivière sans assainissement, rivière où tout le monde se
lave, fait la lessive, etc., d’où les éruptions
cutanées et les diarrhées. Les enfants ont
demandé du savon, parce que tout ce qu’ils
ont pour se laver est du détergent. Un enfant de trois ans semblait n’avoir pas plus
d’un an, avec des os en saillie, une peau
flasque, des traces de poux dans les cheveux ; il n’avait même pas assez de force
L
es enfants n’y manquent pas, peut-être
de 100 à 150 arrivaient tous les matins
et assimilaient l’enseignement ou l’activité
qui leur était proposée. L’après-midi, le
temps se passait en jeux et en travaux manuels où on cherchait à combler l’écart
entre les enfants de ces deux communautés
séparées. Alors qu’ils ne voulaient pas se
donner la main pour former un cercle, ils
5
pour boire l’eau qu’on lui portait aux
lèvres.
partagé avec l’enfant le plus proche. Un
autre adulte qui devait lire l’Evangile au
partage de la Parole, s’est excusé : il était
trop ému pour faire la lecture ce jour-là.
L
es personnes de la mission regardaient,
remplies d’effroi et de tristesse. Nos
étudiantes pouvaient comparer ce dont
elles jouissent dans leurs maisons avec ce
qu’elles expérimentaient dans une autre
partie de leur propre pays, à une courte distance de chez elles. Leurs rapports et leur
engagement envers les enfants étaient
spectaculaires. Chaque soir elles préparaient en équipe ce qu’elles allaient faire,
et elles travaillaient sans relâche pour
l’exécuter, dans une chaleur épuisante.
Leur enthousiasme était spontané et leur
dévouement touchant.
N
ous sommes partis profondément touchés par la réalité de cette terrible situation ; chacun cherchait ce qu’il pouvait
faire de plus pour aider nos frères et sœurs
dans le besoin. Ceux qui bénéficiaient de
contacts avec le monde médical cherchaient quels médicaments pourraient être
rassemblés auprès de leurs amis. Un autre
projetait de sauver ce qui restait d’articles
de toilette dans les hôtels. « Ce que vous
aurez fait au moindre de mes frères et
sœurs, c’est à Moi que vous l’aurez fait ».
C’est l’année de la Miséricorde, et le Pape
François nous demande d’avoir « l’odeur
des brebis ». Comment pourrions-nous être
les mains, les pieds, les yeux et la voix du
Seigneur?
L
es adultes étaient encore plus impressionnés. Les médecins qui étaient venus avec nous avaient les larmes aux yeux.
Le premier jour, ils ont sauvé un bébé qui
mourait, déshydraté. Ils ne pouvaient manger leur sandwich au déjeuner, mais l’ont
N
ous avons trouvé cette petite fille assise sur le sol,
à côté d'un adulte qui n’était pas vraiment responsable d’elle. Elle avait été laissée aux soins de son frère,
enfant de 6 ans, et la mère était partie (peut-être pour
aller pêcher - personne ne savait vraiment!) Les médecins et nous avons essayé de lui faire boire de l'eau,
d'un bouchon, mais elle ne la prenait pas. Plus tard, elle
a mangé un peu de pain et bu. Elle pouvait à peine se
tenir debout, beaucoup moins marcher. Le lendemain,
les médecins ont apporté un peu de lait et l’ont donné à
boire au frère. Il voulait l’apporter à la maison pour sa
sœur et ne l’a bu que quand ils lui ont montré une autre
bouteille qu'ils avaient préparée pour elle. Ce sont des
expériences humaines qui brisent le cœur et font des
merveilles pour nos étudiants qui, même si leurs vies
sont moins à l’aise aujourd'hui, ont encore au-delà de
ce dont ils ont vraiment besoin.
Enfant de trois ans malnutri
6
Indonésie
CONGRES EUCHARISTIQUE INTERNATIONAL AUX PHILIPPINES
Sr Emmanuela Gunanto nous partage son expérience du Congrès Eucharistique.
L
Estrella, mon amie des PhilipQuand
pines, m’a informée que le Congrès
e Cardinal sait sûrement comment
toucher le cœur des gens : « Vous êtes
une grande nation, la lumière de l’Asie.
Votre lumière a brillé dans toutes les parties du monde par vos fils et vos filles,
dont l’exemple de foi a été pendant des
siècles, un flambeau d’évangélisation.
Dans plusieurs parties du monde, le Catholicisme est présent grâce aux Philippins.
Chaque migrant venu des Philippines pour
travailler est un Paul de Tarse dans plus de
120 pays dans lesquels ils exercent leur
service. »
Eucharistique International (CEI) aurait
lieu à Cebu, du 24 au 31 janvier 2016, j’ai
pensé : « C’est ma chance, maintenant ou
jamais. Quand aura-t-il lieu de nouveau en
Asie, dans un pays voisin? »
L
e CEI se tient tous les quatre ans. Le
premier eut lieu à Lille en France en
1881, le prochain aura lieu à Budapest
(Hongrie), en 2020. C’est Cebu qui a été
choisi justement pour accueillir ce 51ème
CEI, pour commémorer les 500 ans du
Christianisme en Asie. Plus de 80% des
gens aux Philippines ont été baptisés.
I
l a continué avec ces mots encourageants: « Dieu vous a donné une nation
d’une beauté sans pareil, mais malheureusement elle a subi le défi de nombreux désastres naturels qui arrivent souvent. Que
ce 51ème CEI soit un moment de guérison
pour la terre, et de guérison pour le peuple
gracieux de ce pays et pour tous ceux qui
sont rassemblés ici. »
L
e Congrès a commencé le dimanche
par une Messe solennelle présidée par
le Cardinal Bo, sur la Place de
l’lndépendance, devant environ 350.000
personnes. Le Pape François a visité les
Philippines l’année dernière ; ainsi, pour
cet événement, il a envoyé le Cardinal Bo,
Archevêque de Myanmar comme Légat
Pontifical. Le Cardinal Bo a parlé aux fidèles en anglais, entrecoupé de quelques
phrases de Cebuano, accueillies par les
gens du lieu avec des applaudissements :
« Ako ay masaya na makarating dito sa
Cebu ! Je me trouve sur cette terre sacrée,
plein de reconnaissance et de joie, en apportant le message d’espérance et de joie
de la part du prophète de ce millénaire,
notre cher Saint Père François. Le Pape
François vous aime beaucoup ! »
7
E
nsuite, le Cardinal a mentionné trois
dimensions de l’Eucharistie:
pour la mission aujourd’hui ; il s’adresse à
tous ceux d’entre nous qui auront participé
à ce Congrès. Un autre monde est possible.
En attendant que monde soit réalisé,
l’Eucharistie continue à nous interpeller.
Notre mission continue à être incomplète.
1. A partir de la célébration eucharistique, un engagement eucharistique
pour la mission
L’adoration seule peut faire de nous de
bons dévots. Mais être dévot, c’est très facile. La Messe du dévot se termine en une
heure. Mais la Messe du disciple n’a pas
de fin. L’Eucharistie du dévot se limite à
des autels nets et bien décorés dans une
église. L’Eucharistie du disciple continue
dans les rues comme sur un autel. Le
Christ est mort dans la rue, il a été traîné le
long des rues, il a proclamé la Bonne Nouvelle dans les rues et affirmé la dignité
humaine dans les rues. Son autel était le
monde. Il a rompu le pain de la guérison Il
a rompu le pain de la nourriture. Il a rompu
le pain de la réconciliation. Il a rompu le
pain de la Bonne Nouvelle. Ses disciples
ont continué son œuvre. L’acte de
l’assemblée eucharistique était à lui seul
révolutionnaire dans les Actes des Apôtres.
Les premiers disciples ont été martyrisés
parce qu’ils se rassemblaient et rompaient
le pain.
3. L’Eucharistie, puissance qui guérit en
vue de l’Unité
Nous voyageons dans des temps incertains.
Une haine fondée sur la religion et la culture s’étend. Etre chrétien est tellement
risqué aujourd’hui. « Prenez la coupe ; ceci
est mon sang » ne sont pas de simples paroles de l’Eucharistie. Elles sont vraies
dans la vie de beaucoup de chrétiens aujourd’hui. Pas seulement des chrétiens : le
pays d’où je viens a affronté des guerres et
des conflits depuis soixante ans. Le monde
est fragmenté. L’humanité est plongée aujourd’hui dans les larmes et le sang. La vie
chrétienne offre une nouvelle version de
l’humanité par l’Eucharistie. L’Eucharistie
reste un signe d’espérance pour
l’humanité. La vie de communauté des
premiers chrétiens consistait en une amitié
tellement encourageante (Actes 2 et 4). Le
partage du pain était une expérience spirituelle, mais aussi une déclaration politique
dans un Israël colonisé, fragmenté. Paul
pouvait se vanter : Dans le Christ il n’y a
ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni
homme libre, il n’y a ni homme ni femme ;
car tous vous ne faites qu’un dans le Christ
Jésus. (Gal. 3,28) »
2. L’Eucharistie et les pauvres
L’Eucharistie est inséparable des pauvres.
Aujourd’hui, vous vous êtes rassemblés en
venant de différents contextes, mais quand
vous vous approchez de l’autel,
l’Eucharistie vous dépouille de tout votre
statut social. Vous êtes simplement un égal
parmi des égaux. Dans un monde
d’inégalités
et
d’indifférences,
l’Eucharistie reste constamment le flambeau de l’égalité humaine. L’Eucharistie
appelle la justice. L’Eucharistie appelle à
une troisième guerre mondiale, une troisième guerre mondiale contre la pauvreté.
L’Eucharistie demeurera comme un étendard révolutionnaire élevé tous les jours
sur des millions d’autels, criant pour qu’il
y ait de la justice, comme les anciens Prophètes. Il faut que le plus grand pays catholique d’Asie déclare une guerre qui lutte
pour les milliers de personnes éprouvant
toujours une pauvreté qui les force à une
migration risquée. Voilà l’appel du clairon
C
haque jour du Congrès commençait
par les prières du matin. Chaque matin
des intervenants remarquables donnaient
une ou deux conférences sur différents sujets : c’étaient le Cardinal Dolan, le Cardinal Gracias, le Dr Tamara Grdzelidze, un
théologien orthodoxe qui a été membre de
l’équipe dirigeante du Conseil Mondial des
Eglises, le Dr Josefina Manabat, Ambassadrice actuelle de la Géorgie au Saint-Siège,
le Père Timothy Radcliffe, OP, le Cardinal
Tagle et le Cardinal Turkson.
C
haque conférence était suivie d’un témoignage en relation avec le sujet
évoqué. Un témoignage très beau et émou8
vant a été donné par Mme Sarindhom Mativachranon, femme thaïe, ancienne élève
de Mater Dei, l’école des Ursulines à
Bangkok. Elle nous a raconté comment
elle a survécu et réussi sa vie malgré des
circonstances éprouvantes, à cause de la
puissance du pardon. Après son intervention, beaucoup de femmes se regroupées
auprès d’elle pour l’étreindre et
l’embrasser : « Sarindhom, nous vous aimons ! » Je me suis jointe à elles aussi et je
me suis présentée fièrement : « Je suis Ursuline ! ».
logue de vie. En donnant le témoignage de
vies transformées par l’amour de Dieu,
nous proclamons au mieux les promesses
du Royaume sur la réconciliation, la justice
et l’unité de la famille humaine. Notre
exemple peut ouvrir les cœurs à la grâce de
l’Esprit Saint qui les conduit au Christ
Sauveur.
«U
ne autre image que le Seigneur
nous offre est celle du lavement
des pieds à la dernière Cène. A la veille de
sa Passion, Jésus a lavé les pieds de ses
disciples, comme un signe d’humble service, de l’amour inconditionné avec lequel
il a donné sa vie sur la Croix pour le salut
du monde. L’Eucharistie est une école
d’humble service. Elle nous enseigne la
disponibilité d’être là pour les autres. Ceci
aussi est au cœur du disciple missionnaire.
L
a Sainte Eucharistie fut le moment pivot de ce Congrès. Une Messe très solennelle, présidée par le Cardinal Bo, eut
lieu à la fin du Congrès. Après la Messe, le
Pape est apparu sur l’écran pour nous donner en anglais le message de la fin, et sa
bénédiction :
«J
e pense ici aux conséquences du
typhon. Il a causé d’immenses destructions aux Philippines, pourtant il a aussi apporté à sa suite un mouvement immense de solidarité, de générosité et de
bonté. Les gens se sont mis à ne pas reconstruire simplement des maisons, mais
des vies. L’Eucharistie nous parle du pouvoir qui découle de la Croix et qui apporte
constamment une vie nouvelle. Elle change
les cœurs. Elle nous rend capable de nous
soucier du pauvre et du vulnérable, de le
protéger, et d’être sensibles aux cris de nos
frères et sœurs dans le besoin. Elle nous
enseigne à agir avec intégrité et à rejeter
l’injustice et la corruption qui empoisonnent les racines de la société.
«A
lors que vous vous préparez à
aller de l’avant après ce Congrès
Eucharistique, il y a deux gestes de Jésus à
la Dernière Cène sur lesquels je voudrais
vous demander de réfléchir. Les deux concernent la dimension missionnaire de
l’Eucharistie. Il s’agit d’une amitié autour
de la table, et du lavement des pieds.
«N
ous savons combien il était important pour Jésus de partager
des repas avec ses disciples, mais aussi, et
surtout avec des pécheurs et des exclus. En
étant assis à table, Jésus pouvait écouter les
autres, entendre leurs histoires, apprécier
leurs espoirs et leurs aspirations, et leur
parler de l’amour du Père. A chaque Eucharistie, à la table de la Cène du Seigneur,
nous devrions nous inspirer de son
exemple et rejoindre les autres, dans un esprit de respect et d’ouverture, afin de partager avec eux les dons que nous avons
nous-mêmes reçus.
«C
hers amis, que ce Congrès renforce en vous l’amour pour le
Christ. Qu’il vous rende capables, en disciples missionnaires, d’apporter cette
grande expérience de communion et de
sensibilisation missionnaire à vos familles,
à vos paroisses, à vos communautés, et à
vos Eglises locales. Qu’il soit un ferment
de réconciliation et de paix pour le monde
entier ».
«E
n Asie, où l’Eglise est engagée
dans un dialogue respectueux
avec les adeptes d’autres religions, ce témoignage prophétique doit avoir lieu souvent, comme nous le savons, dans un dia-
9
Afrique-sud
LA VIE A SAINTE LUCIA
Quelques extraits de la lettre du 25 février 2016 de Sr Elisabeth Marie Ansart, Province de
France/Belgique/Espagne, en service interprovincial à Sainte Lucia.
A
fois/semaine à St Lucia pour l'étude méthodique de cette langue bantoue. Grammaire, syntaxe, vocabulaire,... J'apprécie
ces cours qui permettent de comprendre le
fonctionnement de la langue. J'utilise autant que je peux ce que j'apprends avec le
personnel du centre de retraite et les personnes du village. Ce ne sont que quelques
phrases courtes ou quelques mots, pour le
moment, mais qui donnent reconnaissance
aux personnes à qui ils sont adressés……
lors que la saison d'été s'achève, trop
peu de pluie a abreuvé la terre du
Kwazulu-Natal. La sècheresse qui sévit
dans tout le pays touche aussi le bétail qui
meurt de faim et le pays déjà endetté doit
acheter maïs et blé à l'étranger. Pour ma
part, je suis contente de voir approcher
l’Automne à petits pas car le climat chaud
et humide de ces derniers mois est vraiment très chaud et très humide : 80%
d'humidité dans l’air, ce qui accroit la sensation de chaleur (30 à 35°C ressentis 5 à
10 fois de plus !) ; un temps orageux qui
nous vaut toutefois quelques beaux arcsen-ciel……
A
u « Retreat and Training Centre »
(RTC par la suite), j'ai entrepris les
aménagements nécessaires pour le rendre
plus accueillant (la salle à manger et les
chambres), pour trouver une place à une «
buanderie », faire des plantations intérieures et extérieures,... Ce lieu devient
plus vivant et chaleureux. Je me découvre
de nouveaux talents que je m'efforce d'exploiter au mieux.
B
ien sûr tout ne se fait pas sans peine et
sans impatience... Il y a toute une
nuance dans le vocabulaire local du « futur
proche » : quand on vous dit que l'on vient
«tomorrow » ça ne veut pas dire « demain
» mais « plus tard dans les semaines à venir »!
C
haque samedi matin des élèves de 1ère
sont aidés en maths par Sœur Timothy
et en sciences par John. Avant Noël, Nathi
a tenu à m’apporter son « carnet de notes »
de fin d’année. Il était tellement fier
d’avoir progressé. Parce qu’on a pris le
temps d’écouter sa demande et de trouver
les moyens d’y répondre, il exprime sa reconnaissance et dit maintenant de sentir
quelqu’un…..
D
epuis décembre, au RTC, nous avons
accueilli des sœurs de la Mercy pour
une semaine de session, un groupe d'étudiants infirmiers du Swaziland, 2 étudiantes d'Allemagne en service humanitaire avec les Frères Maristes à Johannesburg, des prêtres et une famille amie de
l'Evêque du Swaziland, un Père Blanc avec
des amis (qui reviendra pour une retraite
de 30 jours en juillet 2017 avec des novices), les prêtres du diocèse pour un
temps de retraite,... Fin mai, une retraite de
5 jours avec un moine bénédictin est envisagée.
S
œur Catherine et moi-même avonsnous aussi repris le chemin de l'école :
comme nous l'avait promis le Père Declan,
Servite de Marie, octogénaire, les cours de
zoulou ont commencé fin janvier. Nous
sommes un groupe d'une douzaine
d'adultes qui nous retrouvons 2
10
T
mot « humanité », mais il a un sens plus
vaste. Selon l'archevêque anglican Mgr
Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et
auteur d'une théologie « ubuntu » de la réconciliation : « Quelqu'un d'« ubuntu » est
ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé
parce que les autres sont capables et bons,
car il ou elle possède sa propre estime de
soi qui vient de la connaissance qu'il ou
elle a d'appartenir à quelque chose de plus
grand et qu'il ou elle est diminué quand les
autres sont diminués ou humiliés, quand
les autres sont torturés ou opprimés. » Le
monde entier ne pourrait-il pas tirer parti
de ce trait de la culture zouloue ?
out cela ne m'empêche pas de continuer quelques visites à Khula village
pour prendre nouvelle des amis : Gogo
Massinga a un nouveau bébé à charge depuis qu'un de ses petits-fils lui a laissé son
nouveau-né en cadeau.... Chaque fois je
suis frappée par son courage et son sourire
alors qu'elle a tellement à supporter.
J
'aime aussi rejoindre le groupe de
femmes qui se retrouvent 3 fois/semaine
au « Skill Centre » dirigé par Sr Catherine.
Nous confectionnons en ce moment bon
nombre de chapelets sous différentes
formes (dizainiers, colliers, bracelets,...)
car nous avons reçu une grosse commande
de notre école de Krugersdorp !
B
G
ientôt, les cours de tissage vont commencer. Malheureusement jusqu'à
présent Sr Catherine est elle-aussi confrontée au « tomorrow » de plusieurs charpentiers pour réparer les métiers à tisser !
ogo Gumbi qui était presque mourante à son retour de l’hôpital est
maintenant bien rétablie. Elle est toujours
très heureuse de recevoir la Communion
que nous lui apportons et ajoute maintenant sa voix aux chants de la célébration!......
J
e suis heureuse aussi
de
trouver
les
moyens de partager vêtements et nourriture
reçus de notre école et
du groupe des « Associées » de Bryanston,
ainsi que du matériel
pour les crèches fournis
par nos écoles de Krugersdorp et des frères
maristes de Johannesburg... C’est toujours
un moment fort quand
ceux qui en ont besoin reçoivent de tels
trésors… Il faut ici souvent bien peu pour
rendre les gens heureux.
S
ouvent des membres de la communauté
(catholique de Khula) se joignent à
nous pour rendre visite aux malades ou
personnes en besoin. Il y a là un vrai sens
de la communauté, de la famille élargie
qu'on appelle ici « ubuntu ». En zoulou, «
ubuntu » pourrait être une traduction du
11
JUBILES
Août -- Décembre 2016
Août
2
5
6
15
24
28
BOGUSZ Sebastiana
HUBCZUK Ludgarda
PACOCHA Bartłomieja
de SÉDOUY Marie de la Trinité
BRZUSZKIEWICZ Tekla
IMACH Maria Henryka
KAWA Grażyna
PANASIUK Lidia
PIETNOCZKO Ewa
SOBOLEWSKA Alodia
ZARZYCKA Agnes
JAWORSKA Maria
ŁACIAK Jadwiga
MAĆKOWIAK Blanka
ŻURAWSKA Margarita
BIZJAK Raphaela
LEKO M. Ksenija
BRAVO RAMÍREZ Ignacia
RODRÍGUEZ MEJIA F.Margarita
VASS Andrea
STANULLA GRABIS Erika
Poznań, Pokrzywno
Nałęczów
Poznań, Infirmarie Provinciale
Bayonne
Siercza
Salzburg
Tarnów
Tarnów
Kraków
Częstochowa
Tarnów
Rome, Cté du Généralat
Rybnik
Poznań
Tarnów
Salzburg
Slavonski Brod
Tabasco
Tepoztlán
Salzburg
Lima, Santa Ursula
POLOGNE
POLOGNE
POLOGNE
FRANCE/BELGIQUE/ESPAGNE
POLOGNE
SLOVENIE
POLOGNE
POLOGNE
POLOGNE
POLOGNE
POLOGNE
GENERALAT
POLOGNE
POLOGNE
POLOGNE
SLOVENIE
CROATIE
MEXIQUE
MEXIQUE
SLOVENIE
PEROU/CHILE
60
60
60
60
50
50
50
50
50
50
50
25
25
25
25
60
25
25
25
70
50
Saint Saulve, Merici
Bayonne
Ribeirão Preto
Trnava
Saint Malo
FRANCE/BELGIQUE/ESPAGNE
FRANCE/BELGIQUE/ESPAGNE
BRESIL
SLOVAQUIE
FRANCE/BELGIQUE/ESPAGNE
70
70
50
25
75
Georgetown, Guyana
Kaohsiung
Taipei
Kraków
Taipei
Salvador, N.S. da Soledade
Taipei
Capriolo
CARAIBES
CHINE
CHINE
POLOGNE
CHINE
BRESIL
CHINE
ITALIE
25
60
60
60
60
60
60
70
Galliate
ITALIE
50
Septembre
8
12
15
16
DÉSIRE Thérèse de la Vierge
LATAILLADE St.Jacques
COSTA Maria da Conceição
SÚSEDKOVÁ Faustina
THOMAS Marie-Thérèse
Octobre
6
7
21
JONES Claudiet
HSU Dorothy
KAO Marian
KOBIAŁKA Agata
LEE Marie-Claire
de MATOS Maria Auxiliadora
SIAO Marie de Lourdes
GUIDUCCI Angela
Décembre
28
TALLONE Michelina
12
PROFESSIONS
ONT ÉTÉ ADMISES A LA PROFESSION PERPÉTUELLE:
Grace Kathrin Santoso
Maria Wilfrida Meli Amatnua
Diana Novak
Mojca Cafuta
Julia Musioł
Katarzyna Wróblewska
Mária Anna Bartošová
Indonésie
Indonésie
Slovénie
Slovénie
Pologne
Pologne
Slovaquie
13
14-03-2016
14-03-2016
14-03-2016
14-03-2016
18-03-2016
18-03-2016
18-03-2016

Documents pareils