la forge de forgeneuve - Parcs et Jardins de Bourgogne

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la forge de forgeneuve - Parcs et Jardins de Bourgogne
LA FORGE DE FORGENEUVE
L'industrie du fer en Nivernais remonte à l'époque celtique. Le minerai se trouve à fleur
de terre et les forêts fournissaient le charbon de bois. Du Moyen Age au milieu du 19ème siècle
le fer et l'acier Nivernais étaient exportés dans toute la France. C'était avec le bois et l'élevage
une des principales ressources du pays.
La plupart des bâtiments de forge, rongés par les eaux et ébranlés par le choc des
marteaux ont aujourd'hui disparu. FORGENEUVE exploité jusqu'en 1870 a échappé à ce destin.
Epoque Gallo-Romaine - Une grande exploitation agricole (villa) occupe la vallée de
Pont-St-Ours à St-Saturnin.
10eme -15eme Siècles : De petites forges sont exploitées le long de la Nièvre. Au 15ème siècle, à la
demande des habitants de Nevers, le duc ordonne l'extinction des forges dans un rayon de 3
lieues (12 kms)
1487 : Construction d'une forge à Guérigny Fin 16
:
Construction de Forges à Beaumont et à Imphy 1640 :
Construction de FORGENEUVE par Pinet des Ecots 1644 :
Construction d'une forge à Pont St Ours
Fin 18ème - Babaud de La Chaussade rénove Guérigny et reprend, en les spécialisant, une
dizaine de forges voisines dont le Gué d'Heuillon (grosse forge), Pont St Ours et Forgeneuve (Fer
Blanc). Le groupe de Guérigny fournit alors 10 % de la production française de fer.
1793 : Les forges Nivernaises sont réquisitionnées pour la fabrication d'armes (canons de fusil et
piques)
1802 : FORGENEUVE est acheté par Jean-Joseph Sabatier, Maître de Forges et Préfet de la
Nièvre.
1815 : Les usines de Forgeneuve, Pont St-Ours et le Gué d'Heuillon sont achetées par
Antoine Fouque, qui les modernise. IL emploie 110 ouvriers dont beaucoup sont anglais,
belges ou allemands.
Entre 1822 et 1825, Fouque fait construire à FORGENEUVE un portail monumental et pour
loger les meilleurs de ses ouvriers, le bâtiment dit « LA CASERNE ». La production passe de 250
tonnes annuelles de fer blanc à 400. FOUQUE voit grand et les capitaux viennent à manquer.
Les banques locales essaient de le renflouer, ce qui est exceptionnel.
En 1832, c'est la faillite. Ses usines sont reprises par un Syndicat dirigé par Jacques André
Manuel député et banquier et Jean Desveaux, Maire de Nevers. Auguste Métairie, Maître de
forges à Précy (Cher) en prend la direction.
En 1834, Les usines emploient 250 ouvriers entre Pont-Saint-Ours et Forgeneuve.
\
En 1846 : Auguste Métairie achète PONT SAINT-OURS et FORGENEUVE moins du tiers du prix
estimé 15 ans plus tôt. Entre 1830 et 1850, la production annuelle de tôle et fer blanc passe de 400
tonnes à 260 tonnes.
En 1852 : L'ouverture du chemin de fer permet aux forges de Loraine d'exporter leurs produits à
bas prix. L'activité de FORGENEUVE est réduite et spécialisée dans les pièces de précision. En
1856, II n'y a plus que 30 ouvriers.
En 1870 : Extinction de la Forge. C'est l'une des dernières en France à fonctionner au charbon
de bois.
Quand en 1846, Auguste METAIRIE achète Forgeneuve, il détruit la vieille maison pour
construire l'actuelle. Il s'agrandit vers l'Ouest pour créer un parc en achetant le Domaine de
Saint-Saturnin. Il fait dessiner par Monsieur PATROLIN, un parc et un jardin sur un terrain
d'environ 2 ha et demi. Il y eu deux campagnes de plantations la première vers 1850 et la
seconde vers 1880. La propriété de la Famille METAIRIE sera entretenue soigneusement jusqu'à
la guerre de 1940 mais négligée par la suite.
Quand elle fut reprise en 1981, les bâtiments étaient en ruine, le bief comblé, le parc
encombré de ronces et de taillis. Heureusement de très beaux arbres subsistaient.
1989 1992 : Restauration des bâtiments et du bief, par Monsieur Philippe Denis
Les Différents Bâtiments
La forge : Construite en 1640 et rénovée à plusieurs reprises intérieurement en 1822. La force
motrice était fournie par 4 roues à aubes. Les fours ont été démolis.
Caserne :, Construite en 1822, on y logeait les spécialistes : Douze chambres à deux lits avec
chacune leur cheminée.
Bief : Creusé en 1640, rénové en 1822.
Communs : Anciens Logements d'ouvriers et magasins construits au I7 eme siècle
transformés au I9ème en écuries et remises.
Maison du Maître de Forge : L'ancienne maison 16ème siècle a été démolie en 1845 et
remplacée par la maison actuelle.
Maison du Directeur : De l'autre côté de la route construite en 1848.
Le PARC de FORGENEUVE
LABEL JARDIN REMARQUABLE
attribué en 2004 et 2009
HISTORIQUE
Du I7ème siècle jusqu'en 1820, les dépôts de charbon et de fer, ainsi que les chars à
bœufs qui servaient à les transporter, formaient l'essentiel du décor. On sait cependant que le bief
était bordé de noyers et que les meilleurs ouvriers, qui logeaient sur place, disposaient chacun
d'un jardinet. La maison du Maître de Forge, située sur la terrasse, avait un petit jardin.
En 1820, Antoine Fouque, en modernisant l'usine, chercha à améliorer le site. Les
murs du bief, le grand portail, la Caserne, montrent une recherche d'élégance. C'est à cette
époque que sont plantés les premiers platanes.
Quand en 1846, Auguste Métairie achète FORGENEUVE et détruit la vieille maison
pour construire le Château, il songe à s'agrandir vers l'ouest pour créer un parc. Il lui faudra
plusieurs années pour y parvenir en achetant le domaine de Saint-Saturnin et les près qui en
dépendaient. Il fit alors dessiner par Monsieur Patrolin, sur un terrain de deux hectares et demi,
un parc et un jardin. Il y eut deux campagnes de plantations, la première vers 1850, la seconde
vers 1880.
La propriété sera entretenue soigneusement jusqu'à la guerre de 1940, mais
négligée par la suite.
Quand elle fut reprise en 1981, par Monsieur DENIS, les bâtiments étaient en ruine,
le bief comblé, le parc encombré de ronces et de taillis. Heureusement de très beaux arbres
subsistaient et un vigoureux élagage (une soixantaine d'arbres furent abattus) permit de restituer
la structure du parc. Les grands gels de 1983 et de 1985 causèrent hélas, de graves dommages
aux nouvelles plantations qui durent être reprises à partir de 1986.
L'inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1989,
permit d'accélérer les travaux. En 1993, la Forge, la Caserne et les murs du bief étaient
restaurés, la cour dégagée et le bief remis en eau. Le parc avait repris l'aspect souhaité par son
créateur et mettait en valeur la belle architecture des bâtiments anciens.
DESCRIPTION DU PARC ACTUELLEMENT
Le parc se divise en deux parties :
LA FORGE ET LE BIEF.
On a cherché à recréer un paysage rustique qui mette en valeur dénaturer ce qui fut
un site industriel. On y trouve des arbres d'espèces locales, charmes, bouleaux, frênes, acacias,
cornouillers, noyers. Seule exception : une allée de cerisiers à fleurs, entre le portail et la Forge,
a remplacé les arbres fruitiers d'autrefois. Devant les murs de la cour, il y a un magnifique
parterre d'hortensias. Une vigne ancienne (antérieure à
1914) orne la façade de la Caserne. Ça et là des rosiers rugueux, des iris, des narcisses et des
steenbergias mettent des taches de couleur.
LE PARC
Pour protéger la maison des vents d'ouest, un massif boisé avait été installé vers
1850. Il a été nettoyé et partiellement replanté. Le sous-bois, déjà riche en perce-neige et
anémones, abrite maintenant une belle colonie de cyclamens.
Pour améliorer la protection phonique, une butte à été édifiée entre la route et la
maison. Elle est plantée principalement d'arbustes de terre de bruyère, magnolias,
rhododendrons et azalées. Une partie de la face sud est réservée à un massif de fleurs d'été.
La façade de la maison est égayée par une glycine, d'hydrangeas et, à leurs pieds,
de très belles pivoines arbustives.
Devant la maison, une pelouse de 4000 m2 descend jusqu'à la rivière et au jardin.
On y voit quelques beaux arbres dont un remarquable platane.
Le jardin, triangulaire, a environ 100 m de long. Il est bordé d'un côté par la rivière et
des deux autres par des arbres fruitiers. Autrefois potager il est surtout consacré aujourd'hui aux
plantes vivaces. On s'attache à y sélectionner des plantes adaptées au sol et au climat et dont
l'entretien est facile.
LA RESTAURATION DE FORGENEUVE
Après l'arrêt de la forge en 1871, Forgeneuve était resté le siège d'une importante
exploitation agricole et forestière. Jusque dans les années 60 le parc était bien entretenu. Puis la
mort d'Auguste METAIRIE, dernier descendant des anciens maîtres de forges, la destruction du
toit de la forge par la foudre et enfin la mort de Madame METAIRIE qui ne laissait pas d'héritiers
directs avaient entraîné un abandon progressif.
Monsieur Philippe DENIS, fils d'une cousine de Mme METAIRIE et connaissant
Forgeneuve depuis son enfance, a un peu follement décidé, en 1981, de reprendre cette
propriété.
Le parc était envahi de broussailles et d'arbres de toutes tailles, le bief comblé aux
trois quarts, les empellements en ruine, les bâtiments en très mauvais état. Il a d'abord envisagé
de raser ce qui restait des beaux bâtiments de l'ancienne forge et de concentrer ses efforts sur la
maison et le parc. L'inscription en 1989 à l'Inventaire Supplémentaire de la forge, des communs
et des murs du bief a heureusement permis une restauration complète qui lui a valu de recevoir en
1993 le prix ARTUS décerné par les V.M.F.
LE PARC.
Il restait, au milieu du fouillis, de très beaux arbres dont un platane exceptionnel.
Son premier travail a été de les dégager. Une soixantaine de grands arbres ont été abattus et un
hectare de ronces et de broussailles arrachés. Il lui a semblé que
l'important, puisqu'il avait finalement entrepris de restaurer la forge, était de reconstituer un
paysage.
La Nièvre traverse la propriété sur 1200 mètres, le bief pouvait redevenir un plan
d'eau de plus d'un hectare. Il a donc pris la rivière pour centre d'intérêt. Le bief a été curé et remis
en eau, quelques cinq cent arbres plantés. C'est à ce moment que le tracé définitif de l'autoroute
A77 a été adopté : il coupait la propriété en deux et modifiait le cours de la Nièvre en supprimant
un méandre. Un échangeur était construit dans la zone de protection ISMH ! Le projet comportait
une plantation d'arbres de haute tige pour protéger le site. Rien n'a été fait.
Le jardin proprement dit a été redessiné dans le même esprit : ouvrir une perspective
sur un paysage de campagne. Les plantes ont été choisies non seulement pour leurs qualités
ornementales mais aussi pour leur faculté de naturalisation. Cette restauration a été appréciée et
couronnée par le premier prix des jardins offert par le Conseil Régional de Bourgogne.
LE JARDIN.
,
:
II y en a en fait plusieurs
AUTOUR DE LA MAISON
Un ensemble de fleurs vivaces et d'arbustes dont les floraisons se succèdent toute l'année : les
bruyères (erica darleyensis) de novembre à avril, un superbe "Mahonia Charity"er\ janvier, des
azalées, rhododendrons et magnolias au printemps, des rosiers, un superbe "choisya ternate"
sous les fenêtres du salon qu'il embaume, les dahlias et des hydrangeas en été puis différentes
variétés d'aster jusqu'à la Toussaint.
LE JARDIN FLEURI
Une soixante d'arbres dont certains, très vieux, ont été abattus pour mettre en valeur
d'impressionnants spécimens comme ce hêtre pourpre de 1880, ce séquoia de 125 ans, encore
au début de sa carrière de 2000 ans et surtout cet extraordinaire platane d'environ 250 ans, de
30 mètres de haut et de 8 mètres de circonférence à 1 m du sol, qui peut se vanter d'avoir connu
l'Ancien Régime. Il est l'objet de soins attentifs
Une longue allée de gazon descend vers la rivière, entre deux larges plates-bandes
de rosiers et de vivaces, comme un chemin naturel qui se trouverait miraculeusement bordé de
fleurs magnifiques. Ici encore, l'histoire fait une incursion : ces iris bleus ont été importés
d'Amérique en 1780 et ces asters ont été offerts par Christophe Oberkampf, industriel du
XVIIIème siècle, qui fonda la fabrique de toile de Jouy et qui importa une très belle collection de
plantes d'Amérique.
D'autres asters trouvent refuge pour être sauvés de l'extinction, il s'agit de l'aster
pyrenaeus, une belle plante sans souci qui mérite bien un peu de compassion puisqu'elle
épanouit ses fleurs bleu clair de la mi-juillet à fin septembre, tout en supportant sécheresse et
calcaire.
Quand aux solidagos nains, c'est une spécialité maison, issue de sélections des
précédents propriétaires.
Il est ordonné autour d'une allée de 100 m et composé essentiellement de plantes
vivaces tels que pivoines, pavots et différentes variétés de géraniums ainsi que de nombreuses
variétés d'asters. Il compte également de nombreux arbres fruitiers
LE JARDINET
II est installé à l'endroit où les forgerons avaient un lopin de terre qu'ils
pouvaient cultiver, a été enrichi d'un petit jardin botanique.
Mais encore une fois, il s'agit d'un paysage complet. Sur les six hectares qui
entourent le bief on trouve, maintenant naturalisés, des milliers de narcisses, des perces neige,
des cyclamens, des steenbergias etc.....
INTERET BOTANIQUE
Mr. DENIS a cherché à obtenir des plantes de qualité qui, sans trop de soins
s'adaptent au sol (argile sur calcaire) et au climat assez rude de l'endroit. La plupart des
arbustes et des plantes vivaces sont produites sur place.
Il y a cependant quelques plantes rares dont un iris cultivé dans la famille depuis
deux cent ans et qui serait, d'après les spécialistes, la forme originelle et non mutée de l'/r/s
siberica.
GESTION.
En dehors de l'entretien habituel, assez important, on doit envisager un élagage
chaque année. L'entretien des bords de rivière pose aussi des problèmes toujours
renouvelés. François LAURENS, notre sympathique jardinier assume la responsabilité de
l'entretien et des plantations.
PERSPECTIVE ET DEVELOPPEMENT
Nous avons acquis cette propriété au début de l'année 2009, pour nous y installer
définitivement.
Nous continuons l'amélioration du Parc en supprimant des espèces d'arbres et
d'arbustes et plantons d'autres variétés dont le feuillage et la floraison enrichiront les lieux et
élargiront la collection des vivaces
1.
2.
3.
4.
Nos actions prochaines
Poursuivre la sauvegarde de la Forge et ses annexes en réhabilitant les bâtiments,
pour des expositions de peintures, soirées de concerts, et autres manifestations.
Favoriser et améliorer l'accès aux personnes en situation de handicap, création d'un
pont enjambant la rivière de façon à faciliter et rendre plus agréable la visite des 2
jardins.
Plans des jardins à créer avec fléchage pour remettre aux visiteurs, étiquettes
d'identification des végétaux à continuer.
Compléter les plantations, par de nouvelles espèces de vivaces, et autres arbustes
floraux
Les JARDINS de FORGENEUVE - Jean-Luc et Françoise MARTINAT 58660 COULANGES LES NEVERS - TELEPHONE 03 86 57 59 50 Mail
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