Analyse du Risque de Crédit Bancaire Migros (Genève)

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Analyse du Risque de Crédit Bancaire Migros (Genève)
Ludovico Lo Conte
Priscilla Thenard
EEW4
Finance & Risk management
TP 15 - Risque de crédit
16 mars 2007
.
Analyse du Risque de Crédit Bancaire
Migros (Genève)
¾ Le rapport d’activité 05: http://www.migros-geneve.ch/html/extref.jsp?extref=/pdf/MigrosRA05.pdf
¾ Le détail des calculs se trouve dans le fichier Excel joint.
Analyse de bilan
Equilibre entre dettes et capitaux :
Nous allons commencer par analyser les bilans de clôture 2004 et 2005 de Migros (Genève), ainsi
que leur évolution.
¾ L’actif net de la société, soit ses capitaux propres et ses provisions à long terme, se monte à
128,636 MCHF en 2004 et 132,711 MCHF en 2005, soit une progression de 3.17% de ses
richesses nettes.
En parallèle, il est intéressant de voir l’évolution de l’effet de levier et de la solvabilité générale de
l’entreprise.
¾ Le ratio de solvabilité générale de Migros (Genève) est de 74% en 2004 et de 71% en 2005.
Bien qu’il s’améliore sur la période, il nous indique que le poids des dettes de l’entreprise est
lourd dans son bilan. Un ratio de 70-75% est considéré comme maximal.
L’effet de levier, par le recours à la dette, permet de maximiser le rendement des fonds propres. Mais
l’effet joue à la hausse comme à la baisse, et plus fortement à la baisse.
¾ Nous avons calculé un effet de levier de 2.9 en 2004 et de 2.5 en 2005 pour Migros (Genève),
soit -14% sur la période. En effet on constate que les fonds propres ont augmentés d’environ 7%
(bénéfice 2004), et que les fonds étrangers, on diminué sur la même période de -8%.
NB : La variation est à imputer aux dettes fournisseurs. En effet elles ont diminuées de -9% entre
2004 et 2005. En parallèle, la valeur de ses stocks a, elle aussi, diminué (-11%).
¾ Le ratio d’indépendance financière nous montre la part de capitaux permanents, soit, tout ce
qui n’est pas financé à court terme. En 2004 il est de 39%, et il se monte à 41% en 2005. Ce ratio
est faible, même s’il montre une amélioration entre 2004 et 2005.
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Equilibres de court terme
Le Besoin en fonds de roulement, est caractérisé par la différence entre les besoins de financement
du cycle d’exploitation et les ressources apportées par le crédit fournisseurs. Il varie en fonction de
l'activité et il est nécessaire au cycle d'exploitation de l’entreprise.
¾ Le Besoin en fonds de roulement de Migros (Genève) est de -24,47 MCHF en 2004 et -14,87
MCHF en 2005.
Un BFR négatif est une situation typique des activités à faible valeur ajoutée comme dans le secteur
de la grande distribution.
De plus, c’est le reflet d’une politique volontaire de Migros de se financer à court terme « sur le dos »
de ses fournisseurs. Il faut savoir que la Migros impose à ses fournisseurs des délais de paiement de
60 jours, en revanche, elle vend ses marchandises au comptant.
Un BFR négatif devient alors une ressource permanente de l'entreprise. Si le chiffre d'affaires
augmente, le BFR négatif augmentent aussi. Et le cas contraire, une diminution du chiffre d'affaires
se traduira par une diminution des ressources, et l'entreprise devra réduire l'utilisation qu'elle fait de
ces fonds en dehors de l'exploitation.
Le fond de roulement se défini comme le surplus entre les capitaux permanents de l’entreprise et les
actifs immobilisés. Plus le fonds de roulement est élevé, meilleure est la solidité financière de
l’entreprise.
¾ Le fonds de roulement de Migros (Genève) est fortement négatif, d’environ 61,5 MCHF en 2004
et 42 MCHF en 2005, ceci pour un ratio de fonds de roulement de respectivement -46% et -37%.
On note toutefois une « amélioration » de 32% du fonds de roulement sur la période.
La même remarque pour le BFR négatif s’applique au fond de roulement négatif.
Le « quick ratio » permet de voir la part des emprunts à court terme qui est couverte par les liquidités
immédiatement disponibles et les réalisables. Le ratio de liquidité générale, inclut les stocks au
calcul, il devrait donc être proche de 100% pour satisfaire le principe d’équilibre. Les ratios de
liquidité de Migros sont très bas :
¾ Le quick-ratio : Ses liquidités et réalisables ne couvrent qu’environ 35% des emprunts à court
terme en 2004 et 43% en 2005 (soit une amélioration de 23%).
¾ Le ratio de liquidité générale : La totalité de ses actifs à court terme couvrent respectivement
54% et 63% des emprunts court terme (+17%).
Bien que les ratios montrent une évolution positive sur la période, ils restent excessivement faibles.
Tous ces indicateurs convergent dans leurs significations et on peut soulever le doute sur le côté
étique d’une telle politique envers ses fournisseurs.
A plus long terme se pose la question de la solvabilité pour l’entreprise elle-même. Il est vrai que - si
par un effet « en chaîne », les fournisseurs venaient à ne plus pouvoir supporter indirectement les
charges de financement de l’exploitation de Migros, ou encore si le climat politique et le rapport de
force venait à changer - l’entreprise deviendrait très vulnérable.
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Analyse de compte de résultat
Ci-dessous, le compte de résultat simplifié de Migros (Genève) :
Compte de résultat simplifié (en millier CHF)
CA net hors TVA
Autres produits d'exploit.
Total des produits d'exploit.
Charges de march. & prestations
Charges d'exploitations
Résultat opérationnel
Produits hors exploitation
Charges hors exploitation
EBIT (Résultat net av. int.&impôts)
Résultat financier
Résultat extraordinaire
Bénéfice avant impôts
Impôts
Résultat net
2005
1'092'840
19'928
1'112'768
-773'204
-339'022
542
2'916
-2'789
669
1'724
5'585
7'978
-892
7'086
2004
1'096'999
22'743
1'119'742
-770'186
-342'169
7'387
2'218
-1'080
8'525
1'731
152
10'408
-1'182
9'226
Variation
-0.4%
-12.4%
-0.6%
0.4%
-0.9%
-92.7%
31.5%
158.2%
-92.2%
-0.4%
3574.3%
-23.3%
-24.5%
-23.2%
¾ Le chiffre d’affaire net de Migros (Genève) est en baisse de 0,4% entre 2004 et 2005.
Toutefois, on peut considérer que le volume des ventes à cru de 0.8%, puisque le rapport
d’activité fait mention d’une baisse des prix de 1,2 % sur la période. La hausse de l’activité
implique que les charges d’achats ont augmenté.
Nous avons calculé et analysé les soldes intermédiaires de gestion pour lesquels nous obtenons les
résultats suivants :
Soldes intermédiaires de Gestion (en millier CHF)
Chiffre d'Affaire (Hors Taxes)
Charges d'achat (y compris var. stock)
= Marge Commerciale
Taux de marge sur CA
- Autres Achats consommés
- impôts et taxes (hors impôt sur le bénéfice)
+/- Autres produits / charges d'exploitation
= Valeur Ajoutée brute
Taux de VA sur CA
- Amortissements
- Personnel
= Excédent Brut d'Exploitation
Taux de EBE sur CA
+/- Résultat financier
+/- Produits - charges exceptionnels
- Impôt sur le bénéfice
= Résultat Net
2005
1'092'840
-773'204
319'636
29%
-72'116
-4'332
747
243'935
22%
-30'935
-212'995
5
0%
1'724
5'712
-355
7'086
2004
1'096'999
-770'186
326'813
30%
-70'800
-4'551
7'280
258'742
24%
-33'848
-218'025
6'869
1%
1'731
1'290
-664
9'226
Variation
-0.4%
0.4%
-2.2%
1.9%
-4.8%
-89.7%
-5.7%
-8.6%
-2.3%
-99.9%
-0.4%
342.8%
-46.5%
-23.2%
¾ Par l’effet de la baisse des prix et de la hausse des charges d’achat combinés, la marge
commerciale se dégrade de -2.2%.
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¾ Ceci, ajouté à la hausse des autres charges d’exploitation et autres achats consommés, la
Valeur Ajoutée, elle, se dégrade de -5.7%.
¾ Malgré des charges de personnel en baisse (-2.3%) et des amortissements en baisse (-8.6%),
l’Excédent Brut d’Exploitation est nul en 2005. Il était déjà très faible en 2004 avec un taux
d’EBE sur CA inférieur à 1%.
¾ Le résultat net se dégrade donc de 23,2%, et ce malgré la réalisation d’un bénéfice de CHF
12'259 milliers sur des ventes mobilières et immobilières. Ce bénéfice extraordinaire est absorbé
pour plus de 50% par la création d’un amortissement exceptionnel sur M-Parc, ainsi que par
l’augmentation des autres charges d’exploitation, notamment les prestations de service.
Les ratios de rentabilité traduisent ces faibles résultats, et la baisse de performance entre 2004 et
2005:
2005
Rentabilité Commerciale (RN/CA)
Rentabilité Financière (RN/FP)
2004
0.6%
6.6%
0.8%
9.3%
On note toutefois un taux de rentabilité des fonds propres relativement acceptable, à la vue des
autres données que nous avons analysé plus haut.
Le recours à la dette permet de maximiser la rentabilité des fonds propres, pour autant que le coût de
la dette soit inférieur à la rentabilité de l’entreprise. Migros utilise cet effet de levier, au travers de sa
la politique de financement de son exploitation par le biais des fournisseurs, soit à taux d’intérêt nul.
Analyse de la capacité d’autofinancement et d’endettement
Pour calculer la Capacité d’autofinancement (CAF) de Migros (Genève), nous avons ajouté au
Résultat net, le montant de la variation des provisions et amortissements sur la période, ainsi que la
valeur comptables des actifs cédés :
CAF
Ratio de CAF
Capacité d'endettement
Capacité de remboursement
2005
-4'430
-0.41%
-65
52'663
2004
42
¾ Nous obtenons pour l’année 2005 une Capacité d’autofinancement négative (-4.4 MCHF). Ceci
signifie que la CAF de Migros (Genève) absorbe 0,40% de son Chiffre d’Affaire en 2005.
¾ La capacité d’endettement de Migros (Genève), du point de vue bancaire, est nulle en 2005.
¾ Et la capacité de remboursement (des fonds étrangers par l’EBE), qui était de 42 ans en 2004
(!) est démesurée en 2005...
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Nous avons ensuite analysé la marge contributive de la société, pour laquelle nous avons trouvé les
résultats suivants :
Analyse de la marge contributive
Frais Fixe
Frais Variables
Marge contributive
Taux de marge contributive
Seuil de rentabilité
Seuil de rentabilité en % du CA
Point mort en jour
2005
339'564
773'204
319'636
29.2%
1'160'974
106.2%
382
2004
349'556
770'186
326'813
29.8%
1'173'339
107.0%
385
Variation
-2.86%
0.39%
-2.20%
-1.05%
¾ On observe que Migros (Genève) n’atteint pas son point mort opérationnel. Elle met 382 jours
en 2005 pour être rentable. En revanche, son seuil de rentabilité a légèrement baissé entre 2004
et 2005, grâce à la diminution de ses frais fixes.
Autres remarques
¾ Les annexes aux comptes annuels font état d’une baisse de -4% des actifs de la société mis en
gage, ainsi qu’une baisse des actif gagés revendiqués.
¾ Migros a fait plusieurs fois l’actualité depuis ce rapport de 2005, notamment courant 2006
lorsqu’en plus du fonds de roulement, et des frais logistiques déjà à la charge de ses
fournisseurs, elle demande désormais la marge lors des ses appels d’offre…
Conclusions
Comme mentionné tout au long de l’analyse, l’évolution de la situation financière de Migros (Genève)
entre 2004 et 2005 n’est pas réjouissante.
Bien que le secteur de la distribution alimentaire est connu pour être un secteur à faible valeur
ajoutées, la position du Groupe Migros en Suisse, leader sur le marché, la place dans une position de
force face à ses fournisseurs. Les pressions exercées, ne vont pas dans le sens d’un développement
sain à long terme des relations avec ses fournisseurs.
L’arrivée récente sur le marché des « discounters » est probablement une des causes de la décision
de baisser les prix de -1,2%, en plus d’une gamme de produit bon marché (M-Budget) et du rachat de
Denner dernièrement.
Notre avis n’est donc pas positif pour Migros (Genève), ni au niveau de ses performances, ni au
niveau de sa politique de gestion. D’un point de vue éthique tout d’abord, mais à long terme,
également quand à la solvabilité de l’entreprise.
Selon le rating de S&P, nous attribuerions B - à Migros (Genève), soit un rang classé très spéculatif.
Nous avons relevé d’un cran la note au regard de la réputation du Groupe Migros et de son caractère
« social », puisqu’il est le premier employeur de Suisse.
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